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DERNIÈRES INNOVATIONS TECHNOLOGIQUES EN ISRAËL

Volume no. VIII, No. 783 • 7 juillet, 2017 • 7 juillet 2017

Jewish World

  

    

 

 



 

 

 


COMMENT ISRAËL A DÉCLARÉ LA GUERRE AU CANCER DU SEIN

(ET RISQUE BIEN DE LA GAGNER)

          Atlantico, 7 decembre, 2016 

          

 

Israël aime prendre soin de sa population. En attestent les domaines dans lesquels l'État hébreu excelle. Alors qu'une grande part de ses femmes – et de ses hommes, car le cancer du sein les concerne aussi – sont anormalement exposés au risque de développer cette pathologie, de nombreux laboratoires de recherche contre ce type de cancer voient le jour. Et sont même à la pointe de la technologie sur le sujet, rapporte le site Ozy.

 

Si vous allez faire un tour sur les plages israéliennes durant l'été, vous aurez de bonnes chances d'assister au charmant spectacle de femmes et d'hommes aux formes et muscles plutôt agréables à l'œil. Il faut dire que la chirurgie esthétique est en plein essor du côté de la Terre sainte.

 

Il n'est ainsi pas rare de croiser du regard quelques poitrines plus rebondies que ce qui avait été décidé par Dame Nature. Il faut dire que cette fierté corporelle répond à un mal récurrent en Israël : une large part de la population est anormalement exposée au cancer du sein. Parmi les pays de l'OCDE, les Israéliennes (et Israéliens) affichent la triste statistique du cinquième plus haut taux de mortalité des suites de ce cancer. Selon l'Israel Cancer Association, un cancer du sein est diagnostiqué à environ 4 500 femmes chaque année, tandis que 900 en décèdent dans le même délai.

Pathologie nationale

 

Et à l'origine, une raison génétique. Il apparaît en effet que le gène BRCA1, connu pour favoriser le cancer du sein, est héréditaire chez les femmes juives ashkénazes, qui représentent 40% de la population d'Israël, indique Ozy. Un mal national contre lequel ont décidé de se battre les startups médicales israéliennes.

 

Et pour cela, les moyens sont là. Depuis 1974 et l'établissement de l'Office of the Chief Scientist, branche du ministère de l'Economie dédiée à la stimulation de la recherche et du développement, quelque 450 millions de dollars de budget (419 millions d'euros) sont investis chaque année pour faire grandir les startups les plus prometteuses. Rendez-vous compte : fin 2015, on ne décomptait pas moins de 725 startups médicales sorties de terre depuis la mise en place de ces subventions il y plus de 40 ans. Un rythme qui s'accélère, alors que trois ans auparavant, en 2012, on recensait 656 entreprises bénéficiaires. Des statistiques qui classent l'État hébreu juste derrière les États-Unis en termes d'investissement dans les startups du domaine scientifique. Si l'on calculait ce budget par rapport au nombre d'habitants, Israël l'emporterait alors haut la main, avec 423 dollars (394 euros) par habitant contre 186 dollars (173 euros) par Américain (chiffres de 2015). "Nous sommes une nation de startups, affirme Shai Melcer, directeur du laboratoire BioJerusalem, dans les colonnes de Ozy. Notre industrie biomédicale bénéficie d'un solide soutien".

 

Alors que le cancer du sein continuait d'atteindre de plus en plus d'Israéliennes, une grande part de ces startups scientifiques ont fini par concentrer leurs recherches sur cette maladie. Et ça paie : Israël se fait régulièrement remarquer pour les progrès impressionnants que font ses laboratoires pour la lutte contre le cancer du sein. "Prenez InSightech, illustre Melcer. Actuellement, ils sont en train de créer un outil capable d'ablater des tumeurs grâce à des ultrasons. S'ils arrivent à concentrer le faisceau d'ondes sur des zones profondes du corps humain, ils seront capables de brûler les tumeurs à distance". Autre exemple : celui de la startup IceCure, qui préfère aux ultrasons la cryoablation, qui consiste à éliminer la tumeur en la gelant.

 

En amont et en aval de la maladie, les startups israéliennes sont également très actives. L'entreprise Real Imaging permet de repérer avec précision une éventuelle tumeur. Si le cancer a déjà frappé une fois, le vaccin fourni par Vaxil bio Therapeutics permettra d'éviter d'en souffrir une deuxième fois. Enfin, le laboratoire Eventus Diagnosis permettra, par le biais d'analyses sanguines pointues, d'indiquer s'il y a un risque de développer la pathologie et comment l'éviter.

 

La lutte contre le cancer ne se réalise pas que par la science pure et dure, mais également en permettant aux femmes atteintes par la pathologie de retrouver une certaine féminité dont elles se sont senties privées après une mastectomie partielle ou complète. Ces startups l'ont bien compris, et se sont ainsi appliquées à rendre moins émotionnellement douloureux la perte d'un organe si intime et symbolique qu'est le sein. On peut notamment citer Orbix Medical, qui propose aux femmes la pose d'une prothèse en forme de soutien-gorge à installer sous la peau, ou encore ImpLite, fabricant de prothèses mammaires sans gel.

 

Alors pas étonnant que les femmes, malades du cancer ou non, profitent de ces innovations pour se doter du corps dans lequel elles se sentiront le mieux. Il fait chaud en Israël. Et c'est, comme en atteste le classement des pays dans lesquels on pratique le plus d'augmentations mammaires, dans les contrées chaudes que l'on opte le plus souvent pour cette chirurgie. Pas étonnant que 49% des femmes israéliennes se soient fait agrandir la poitrine. Malgré ses seulement 8 millions d'habitants, Israël est à la trentième place du classement des pays qui comptent le plus de chirurgiens plasticiens.

 

Reste à continuer les recherches, pour que toutes ces innovations finissent par être homologuées et pratiquées sur le plus grand nombre. Viendra alors le temps où l'on pourra enfin dire que l'on a vaincu le cancer du sein.

 

 

 

UHJ (ISRAËL) : DES BACTÉRIES FLUO ET UN LASER POUR DÉTECTER LES MINES ANTIPERSONNEL

Nature Biotechnology, 11 avril 2017

 

 

Un ancien résident du Moshav Dishon au nord d’Israël, raconte : « la nuit, les fedayin venaient enterrer des mines sur le terrain de football local quand nous dormions. Un jour, en janvier 1967, Yosef Cohen, un jeune homme de 18 ans en permission, a marché dessus durant un match et il est mort. C’était difficile de surveiller un Moshav entier ». En Israël, dans certaines régions, comme dans 70 pays dans le monde, les mines antipersonnel font encore des blessés graves. En 2015, une jeune officière israélienne a sauté sur une mine alors qu’elle marchait le long de la barrière de sécurité près de la rivière Saar. En 2010, Daniel Yuval, 10 ans, a perdu sa jambe lors d’une promenade sur les hauteurs du Golan. En mai 2013, le soldat, Roi Alphi, est mort alors qu’il nettoyait un champ de mines, toujours sur le Golan. Certaines zones de la vallée de la Arava et le long de la vallée du Jourdain sont également touchées.

 

Or, une équipe pluridisciplinaire de chercheurs israéliens (agriculture, informatique, ingénierie génétique) vient de découvrir une solution inédite pour détecter à distance les mines antipersonnel enterrées, à l’aide de bactéries fluorescentes enfermées dans des billes polymères éclairées par un système de balayage laser. Ce système est basé sur l’observation que toutes les mines terrestres laissent échapper des quantités minimes de vapeurs qui s’accumulent dans le sol au-dessus d’elles et sont un marqueur de leur présence.

 

Le principal défi dans la lutte contre les champs de mines est la détection. Les technologies actuelles n’ont guère évolué depuis la seconde guerre mondiale : les équipes de déminage risquent leurs membres et leur vie en entrant physiquement dans les champs de mines. Il existe un besoin criant de solutions efficaces pour la détection à distance des mines terrestres et des munitions non explosées.

 

Ce problème humanitaire a pris d’immenses proportions au niveau mondial. Environ un demi-million de personnes dans le monde souffre de blessures infligées par des mines et chaque année 15 à 20 000 personnes supplémentaires sont blessées ou tuées. Plus de 100 millions de ces engins sont encore enterrés sur la planète. Les territoires infestés des mines ne servent plus à rien car la population a peur de les utiliser. Les habitants manquent alors de nourriture et souffrent de malnutrition, avec de graves effets sur la santé et la croissance des enfants. Le bétail non plus n’est pas à l’abri. Une fois blessé, il est condamné à mourir de faim et de soif.

 

Les chercheurs de l’Université Hébraïque de Jérusalem (UHJ) ont présenté un nouveau système opérationnel combinant des bactéries et des lasers pour localiser à distance les mines enterrées et les munitions non explosées. Ils ont conçu des bactéries vivantes qui émettent un signal fluorescent lorsqu’elles entrent en contact avec ces vapeurs. Ce signal peut être enregistré et quantifié à partir d’un site distant.

 

Des bactéries génétiquement modifiées ont été encapsulées dans de petites billes polymères et dispersées à la surface d’un champ test, dans lequel de vraies mines antipersonnel ont été enterrées. À l’aide d’un système à balayage laser, le champ a été inspecté à distance et l’emplacement des mines terrestres enterrées a été déterminé. Cela semble être la première démonstration d’un système de détection des mines terrestres.

 

« Les données sur le terrain montrent que nos bio-capteurs sont efficaces pour détecter des mines terrestres. Pour que cela soit possible, plusieurs défis doivent être surmontés, telles que l’amélioration de la sensibilité et la stabilité des bactéries des capteurs, l’amélioration de la vitesse de balayage pour couvrir de vastes zones, et rendre l’appareil plus compact pour être utilisé à bord d’un véhicule léger sans pilote ou d’un drone », a déclaré le Pr Shimshon Belkin, de l’Institut de sciences de la vie de l’UHJ, responsable de l’ingénierie génétique des capteurs bactériens.

 

Les groupes de recherche participant à cette étude ont été dirigés par le Pr Shimshon Belkin à l’Institut Alexander Silberman des sciences de la vie ; le Pr Aharon J. Agranat du Département de physique appliquée et du Centre Brojde pour l’ingénierie et l’informatique innovantes (conception et construction du système de balayage à distance) ; le Pr Amos Nussinovitch de la Faculté d’agriculture, d’alimentation et d’environnement de Robert H. Smith (encapsulation de bactéries dans des billes polymères).

 

 

 

VOITURE AUTONOME :

LA PÉPITE ISRAÉLIENNE DE 15 MILLIARDS DE DOLLARS

Danièle Kriegel

Le Point, 23 mars, 2017

 

 

 

 

Israël et ses dirigeants ne sont toujours pas revenus du rachat record de Mobileye par Intel. La compagnie israélienne de haute technologie spécialisée dans les systèmes anticollision a été acquise par le groupe américain pour la modique somme de... 15,3 milliards de dollars (environ 14,3 milliards d'euros). C'est 15 fois plus que celle déboursée par Google (1,1 milliard de dollars) pour s'offrir une autre société israélienne, Waze, en juin 2013. Pourtant, à l'époque, cette prise de contrôle avait créé la sensation au sein de la Start-up Nation israélienne. L'énorme chèque signé par le géant américain des puces électroniques n'est pas la seule originalité de la transaction. Il ne s'agit pas, en effet, d'un « exit », une « sortie » au sens classique du terme, où les créateurs d'une start-up se contentent d'empocher le prix de la vente de leur invention en l'abandonnant. C'est plutôt une « entrée ». Ou, comme d'autres l'appellent, une fusion. Ainsi, un campus de 50 000 mètres carrés va être construit sous l'égide d'Intel, sur le mont Hotsvim, dans la partie nord de Jérusalem, où opère la société israélienne. Environ 4 000 nouveaux salariés s'ajouteront aux 660 employés actuels (parmi lesquels plus de 200 docteurs ès sciences).

 

Objectif : créer le plus grand centre mondial de la voiture autonome. En effet, c'est bien ce qui semble avoir motivé Intel : se positionner comme un des principaux fournisseurs de technologies sur le marché à croissance rapide des véhicules hautement et totalement autonomes. Venu pour la circonstance des États-Unis, le directeur général d'Intel, Brian Krzanich, a déclaré dans un communiqué : « Cette acquisition est un formidable pas en avant pour nos actionnaires, pour l'industrie automobile et le consommateur. Elle alliera les technologies d'Intel dans les domaines de la trajectoire et de la conduite du véhicule au savoir-faire de Mobileye en ce qui concerne la vision électronique… » Une fusion, donc, pour les intérêts bien compris de chacune des parties. Il s'agit, en outre, d'une revanche pour Israël qui n'avait jamais réussi à créer une industrie automobile : le pays se retrouve aujourd'hui au premier rang dans la course mondiale pour mettre la voiture autonome sur les routes.

 

Éviter la « fatalité » des accidents de la route

 

Lorsqu'ils créent Mobileye, en 1999, Zvi Amiram et Amnon Shashua ont la quarantaine. Un âge avancé dans le monde des start-up. Mais ils ont ce que de jeunes entrepreneurs n'ont pas encore : une grande expérience dans leurs domaines respectifs. Pour Shashua, des années d'enseignement de l'informatique à l'université hébraïque de Jérusalem avec un grand nombre de publications au plan international. Amiram est, lui, un homme d'affaires aguerri avec une vision « business » à long terme. Deux cerveaux qui, chacun dans son domaine, ont une préoccupation : les accidents de la route qui, chaque année dans le monde, font 1 million et demi de tués et 50 millions de blessés. « Nous considérons cela comme une fatalité. C'est insupportable », répétaient-ils sans cesse. Ils se sont donc attelés, via leur spécialisation en matière de vision artificielle, à mettre au point un système d'alerte susceptible d'équiper tous les véhicules. Pari réussi. Dix-huit ans plus tard, leur invention est installée sur 16 millions de véhicules dans le monde. Mobileye assure détenir 80 % du marché mondial des systèmes anticollision et de conduite assistée, avec des rentrées nettes, pour l'année dernière, de 173,3 millions de dollars. Il y a 3 ans, en 2014, la société est entrée en Bourse à New York, où elle a rapidement eu la faveur des investisseurs.

 

Et maintenant ? Lors d'une conférence de presse à Jérusalem, en présence du Premier ministre Benjamin Netanyahu, du patron d'Intel et de Zvi Amiram, Amnon Shashua a défini ainsi son objectif : « Je vais dire quelque chose de bizarre. Ce n'est pas d'argent qu'il s'agit. Ce que nous voulons, c'est changer le monde. (….) Et si nous voulons changer le monde et devenir un acteur-clé, nous devons penser en termes d'industrie globale, pas seulement en termes de produit. Voilà la raison de notre fusion… » Car c'est bien à la conduite du futur que pensent les deux fondateurs de Mobileye. Avec l'idée que, d'ici une génération, l'image du chauffeur tenant un volant fera partie d'un passé révolu. « Mes petits-enfants, dit Zvi Amiram, ne croiront pas qu'un jour des gens aient pu conduire des voitures… » En attendant, Mobileye fait face à un défi : comment programmer la voiture autonome de façon à partager la route avec des conducteurs en chair et en os, parfois imprévisibles, et cela, avec une sécurité maximale, l'ordinateur devant s'adapter à diverses réactions humaines ? La compagnie israélienne estime être sur la voie d'une solution, notamment grâce à un simulateur qui examine dans ses moindres détails le comportement de l'homme. Pour parvenir à ses fins, Mobileye bénéficie de l'énorme infrastructure d'Intel. De son côté, la compagnie américaine est en pointe dans un secteur à très fort potentiel. En anglais, cela s'appelle du « win-win ». En français, du « gagnant-gagnant ».

 

 

 

 

 

 

ISRAËL VEUT FAIRE DU CANNABIS UN MEDICAMENT COMME LES AUTRES

BFM, 30 mars, 2017

 

 

 

Le gouvernement israélien finance cette filière promise à un bel avenir. Le marché mondial devrait atteindre 50 milliards de dollars en 2025. Le salon CannaTech qui s’est tenu la semaine dernière à Tel-Aviv a rassemblé quelque 700 participants. On y a vu des politiques, des chercheurs, des agriculteurs, des investisseurs, des médecins et des start-upeurs venus non pas pour fumer un joint, mais pour aborder la manière de faire du cannabis un produit pharmaceutique comme les autres.

 

Début 2017, le gouvernement israélien a annoncé son intention d'investir 2 millions d’euros dans la recherche liée à la marijuana médicinale afin d’inciter les investisseurs privés à financer la recherche sur un marché ultra-porteur. Les experts tablent sur un chiffre d'affaires mondial de 50 milliards de dollars en 2025.

 

Le cannabis thérapeutique est autorisé en Israël depuis une dizaine d’années pour les personnes atteintes du cancer, de stress post-traumatique ou de sclérose en plaques. Prescrit pas quelques médecins agréés, il se prend sous forme de pilules ou d’aérosols à inhaler. Mais, pour les autorités, il est temps de passer à la vitesse supérieure pour en faire un traitement reconnu internationalement.

 

100 millions de dollars pour le cannabis médical

 

Présent au salon, Yuval Landschaft, chef de l'unité de cannabis médical au ministère israélien de la Santé, a précisé le cadre dans lequel la filière va devoir travailler. L'État hébreu va définir des normes qui s'appliqueront à toutes les entreprises impliquées dans ce marché, depuis la culture jusqu’à la distribution. L'objectif est de distinguer le cannabis médical de son pendant récréatif. Et le gouvernement s'engage de son côté à investir 2 millions de dollars pour soutenir ce secteur.

 

Les pouvoirs publics ne sont pas seuls à soutenir ce secteur. Les start-up de la "cannatech" sont réunies dans un incubateur spécialisé. Selon le site francophone Israël Valley, 100 millions de dollars ont déjà été investis par des sociétés étrangères dans ces jeunes pousses en 2016. Il indique également que le marché du cannabis thérapeutique, pourrait faire grimper de 15% l’exportation de produits agricoles avec pour principal client, les États-Unis où une trentaine d’États ont décidé de légaliser l’usage médical de la marijuana. Car si la production américaine est active, les laboratoires pharmaceutiques recherchent des produits scientifiquement normés pour mener leurs travaux. D'autant que la légalisation de l'usage du cannabis sur l'ensemble du territoire américain est loin d'être actée.

 

Déjà, des partenariats entre les start-up américaines et israéliennes commencent à émerger. Sur CannaTech, l’américain CannRx et l’israélien, iCan ont dévoilé "ican.sleep", un médicament à inhaler pour améliorer le sommeil. Les deux entreprises comptent commercialiser leur médicament localement mais aussi aux États-Unis (là où c'est permis) et au Canada.

 

Syqe Medical est une autre start-up de la CannaTech qui a le vent en poupe. Elle a créé un inhalateur connecté dont le modèle rappelle celui de Nespresso. Il fonctionne avec des cartouches de cannabis adaptés à l’appareil pour diffuser la dose précise de THC qui a été prescrite par le médecin et cela dans combustion. Une sorte de joint électronique qui a permis à la jeune pousse d’être valorisée à plusieurs dizaines de millions de dollars. Syqe a déjà reçu l’agrément du ministère de la Santé et a passé un accord avec le laboratoire Teva qui distribuera l’appareil et les dosettes en Israël avant de l’exporter dans les pays où l’usage du cannabis médical est légal.

 

 

 

Actualité 

 

 

 

 

LE PROGRAMME (COMPLET) DE LA VISITE

« HISTORIQUE » DE 3 JOURS DE MODI

Raphael Ahren

Times of Israel, 4 juillet 2017

 

 

 

Le leader de la plus grande démocratie du monde sera accompagné par Netanyahu tout au long de son séjour, un honneur habituellement réservé aux présidents américains. Le Premier ministre indien Narendra Modi est arrivé en Israël mardi après-midi pour une visite de trois jours, un séjour que les deux pays considèrent déjà comme historique.

 

A l’occasion de la célébration du 25e anniversaire de l’établissement de liens diplomatiques, la visite de Modi marque le premier pas en Israël d’un chef de gouvernement indien. En plus de s’asseoir avec des politiciens et des chefs d’entreprises, son programme détaillé comprend la rencontre d’une victime juive d’une attaque terroriste à Mumbai, la visite d’une ferme de fleurs, d’une usine de dessalement et du musée d’Israël. Ceci avant de participer, point d’orgue du séjour, à un rassemblement de milliers d’Indiens vivant en Israël, et de déposer des couronnes dans un cimetière militaire de Haïfa.

 

Modi a décidé de ne pas rencontrer de dirigeants de l’Autorité palestinienne, une position extrêmement rare chez les pays ayant de bons liens dans le monde arabe. New Delhi explique ceci dans le cadre d’un désir de bien faire la distinction entre ses relations avec Jérusalem et avec Ramallah.

 

« En tant que Premier ministre indien, je suis très heureux de cette visite sans précédent qui rapprochera nos deux pays et nos citoyens », a déclaré Modi sur son compte Facebook lundi.

 

« J’aurai des entretiens approfondis avec le Premier ministre Netanyahu sur l’ensemble de notre partenariat et son renforcement dans divers domaines, pour un bénéfice commun. Nous aurons également l’occasion de discuter de grands défis qui nous concernent tous comme le terrorisme », a-t-il écrit, postant une photo de lui-même avec Netanyahu.

 

Pour souligner l’importance que Jérusalem attribue à la visite de Modi, Netanyahu a dégagé son emploi du temps pour être aux cotés de Modi pendant presque toute la durée de son séjour dans le pays. Ce type d’attention d’un Premier ministre israélien est généralement réservé aux présidents américains.

 

« Je vais accompagner le Premier ministre à de nombreux événements lors de sa visite, comme il en convient pour le leader de la plus grande démocratie au monde », a déclaré Netanyahu lundi lors de la réunion hebdomadaire de son Cabinet. Mardi, avant l’arrivée de Modi à l’aéroport de Ben Gourion, Netanyahu et son homologue indien ont co-rédigé une déclaration soulignant l’importance de la visite de cette semaine.

 

« Le partenariat naturel entre l’Inde et Israël, formellement conclu il y a 25 ans avec des relations diplomatiques complètes, s’est renforcé d’année en année. Le lien profond entre nos peuples reflète nos nombreuses similitudes, non pas en taille mais en état esprit», ont écrit les deux leaders dans ce texte publié notamment dans les journaux The Times of India et Israel Hayom.

 

« Nos deux démocraties modernes et dynamiques s’appuient sur nos riches traditions historiques, tout en s’efforçant de saisir la promesse du futur pour nos peuples ». Israël et l’Inde sont des pays complexes, Modi et Netanyahu ont poursuivi : « Comme les asanas yogiques qui se fondent et tirent en même temps, nos deux pays font face à de nombreux défis. En travaillant ensemble, nous pouvons surmonter certains des défis. »

 

En plus de la haute valeur symbolique et des réunions diplomatiques, la visite de Modi a également une forte orientation économique. Les deux pays devraient établir un nouveau « Forum des PDG Inde-Israël », qui devrait servir de centre d’action pour favoriser le commerce.

 

« Je me joindrai aux chefs de file et aux start-up indiennes et israéliennes pour discuter de notre priorité partagée d’élargir la collaboration commerciale et l’investissement sur le terrain », a écrit Modi sur Facebook. « En outre, j’espère avoir une idée des réalisations d’Israël en matière de technologie et d’innovation grâce à des visites sur place. »

Modi, qui a visité Israël pour la première fois en 2006 en tant que ministre en chef du Gujarat, devrait débarquer à Tel Aviv, où il sera accueilli par une cérémonie officielle d’accueil, à laquelle participera Netanyahu.

 

En route de l’aéroport à Jérusalem, les deux Premiers ministres s’arrêteront à Mishmar Hashiva pour visiter la « Danziger Dan Flower Farm », l’une des principales sociétés de floriculture d’Israël. Avec le ministre de l’Agriculture, Uri Ariel, les Premiers ministres se renseigneront sur la manière « innovante » dont les fleurs y sont produites, selon le cabinet du Premier ministre.

 

Une fois que Modi et Netanyahu arrivent dans la capitale, ils se rendront au musée de Yad Vashem. Les deux dirigeants visiteront la Salle des Noms et participeront à une cérémonie commémorative dans la Crypte du Souvenir avant de se rendre au Mémorial des enfants. À 8 heures, Modi et Netanyahu publieront des déclarations aux médias à la résidence du Premier ministre sur la rue Balfour, avant de manger ensemble.

 

Mercredi matin, Modi tiendra une réunion de travail avec le président Reuven Rivlin. De la résidence du président, il se rendra à l’hôtel King David pour une autre réunion de travail avec Netanyahu. Une fois que les deux chefs auront déjeuné ensemble, ils assisteront à une cérémonie au cours de laquelle une série d’accords bilatéraux seront signés et feront des déclarations à la presse.

 

Dans l’après-midi, Modi doit rencontrer le leader de l’opposition Isaac Herzog et les membres de la communauté indienne. Puis il se dirigera vers le musée d’Israël, où, avec Netanyahu, il parcourra la route de la synagogue et contemplera une reconstruction de la synagogue Kadavumbagam de la ville de Cochin dans le sud de l’Inde. La structure en bois du 16ème siècle a « un plafond taillé et peint qui est influencé par les décorations des mosquées et des temples hindous », selon le Musée d’Israël.

 

« La communauté juive en Inde a toujours été accueillie avec chaleur et respect et n’a jamais fait face à une persécution », ont déclaré Modi et Netanyahu dans leur article commun mardi. « Les Juifs d’origine indienne en Israël sont fiers de leur héritage et ont laissé une empreinte indélébile sur les deux sociétés. Les deux communautés servent de pont humain entre nos nations. »

 

Mercredi soir, vers 8 heures, les deux Premiers ministres se joindront à un rassemblement majeur au parc des expositions de Tel-Aviv, qui devrait attirer quelque 4 000 participants. Avant que les deux dirigeants ne fassent leurs discours, l’événement sera animé par un programme culturel, avec une représentation du chanteur populaire Sukhwinder Singh de Bollywood.

 

À Tel-Aviv, il rencontrera également des marchands de diamants du Gujarat, un État de l’Inde occidentale. « Je suis particulièrement impatient d’interagir avec la grande diaspora indienne dynamique en Israël qui représente un lien durable entre nos deux peuples », a écrit Modi sur Facebook.

 

Environ 12 000 ressortissants indiens non-juifs vivent actuellement et travaillent en Israël, ainsi que quelque 80 000 juifs israéliens avec au moins un parent d’origine indienne. Seulement 5 000 juifs demeurent en Inde aujourd’hui.

 

À Tel Aviv, Modi doit également rencontrer Moshe Holtzberg, le fils de deux émissaires de Chabad, Rabbi Gavriel et Rivkah Holtzberg, qui ont été tués lors d’une attaque terroriste de novembre 2008 à Mumbai. Il rencontrera probablement Sandra Samuel, la nounou de Moshe à l’époque, qui a sauvé le garçon le jour de l’attaque.

 

L’attaque contre la maison de Chabad de la ville indienne faisait partie d’une attaque de masse dans la ville par un groupe islamiste pakistanais qui a laissé 166 morts et des centaines de blessés. En plus des Holtzberg, quatre autres visiteurs juifs de la Maison de Chabad ont été tués dans l’attaque.

 

Jeudi matin, Modi et Netanyahu se rendront en hélicoptère à Haifa, où ils visiteront un cimetière où des soldats indiens qui se sont battus pendant la Première Guerre mondiale sont enterrés. On s’attend à ce que Modi pose deux couronnes – l’une pour les hindous et une autre pour les soldats musulmans – qui ont donné leur vie pendant la libération de Haïfa en 1918, comme il l’a expliqué dans son post sur Facebook.

 

En rentrant à Tel Aviv, Modi et Netanyahu s’arrêteront à Olga Beach pour visiter une unité de dessalement d’eau exploitée par G.A.L. Technologies de l’eau. « Les crises d’eau extrêmes d’Israël dans le passé l’ont placé dans une position unique pour comprendre la quête de l’Inde concernant des solutions d’eau efficaces », ont écrit les deux Premiers ministres. « L’adaptation rentable de la technologie israélienne aux besoins de l’Inde pourrait créer de nouvelles solutions que nous pourrions utiliser pour relever les défis de l’eau d’autres pays en développement à travers le monde ».

 

Modi et Netanyahu iront déjeuner avec des dirigeants indiens et israéliens au Dan Hotel, avant d’assister à une grande conférence sur l’innovation, au cours de laquelle cinq entreprises israéliennes et quatre entreprises indiennes feront des présentations.

 

En 1992, lorsque les relations diplomatiques ont été établies, le commerce bilatéral s’élevait à environ 200 millions de dollars. Aujourd’hui, il atteint 5 milliards de dollars, dont un cinquième concerne les exportations de défense israéliennes. « L’Inde est un marché d’exportation clé pour Israël », a déclaré le ministre de l’Economie, Eli Cohen. C’est un pays de 1,3 milliard de consommateurs, dont environ 300 millions appartiennent à la classe moyenne et supérieure, «avec un pouvoir d’achat égal à la classe moyenne des économies occidentales», a-t-il ajouté.

 

Après une courte rencontre avec des étudiants indiens jeudi après-midi, Modi se rendra à l’aéroport, où Netanyahu lui fera ses adieux lors d’une cérémonie officielle. « La visite historique de cette semaine, alors que nous célébrons 25 ans de relations diplomatiques complètes entre l’Inde et Israël, reflète non seulement la coopération étroite de nos gouvernements, mais aussi la grande sympathie et l’affinité entre nos peuples », ont écrit les deux Premiers ministres.

 

« Nous sommes convaincus que dans 25 ans, les Indiens et les Israéliens se souviendront de cette visite comme le premier des nombreux jalons historiques que nous avons posés pour la grande amitié entre nos peuples ».

 

 

 

 

 

 

33 ANS PLUS TARD, LE PRÉSIDENT DE LA

KNESSET REVIENT DANS SA CELLULE DE MOSCOU

Marissa Newman

Times of Israel, 1 juillet 2017

 

 

 

Pour un œil non averti, les couloirs décrépis de la prison de Butyrka à Moscou ressemblent à un voyage vers les entrailles de l’ex-URSS, – on se fige dans le temps. Au milieu des cages d’escaliers poussiéreuses, des murs jaunes détapissés et des épaisses portes en fer, une affiche met en garde les détenus – le traitement dont ils bénéficieront dépendra de leur comportement. « Pire que le crime, c’est le manque de honte d’avoir commis un crime », proclame un panneau qui accueille les anciens détenus au moment de leur libération.

 

Les gardes de Butyrka, certains vêtus avec des uniformes d’antan, médaillons et chapeaux pointus, d’autres en tenue de camouflage bleues, tripotent des trousseaux de clefs. Une production hollywoodienne sur la terre de la Guerre froide ne pourrait jamais imiter l’air menaçant de Butykra. Rien ne pourrait reproduire l’écrasante odeur d’humidité, qui se change en texture d’une pièce à l’autre, tout en conservant cette intense agressivité.

 

Mais en visitant la prison accompagné d’une délégation israélienne, Yuli Edelstein, président de la Knesset courtois et stoïque, en rit. En 1984, âgé de 26 ans, alors qu’il y était incarcéré pour 3 mois en attente de son procès pour avoir enseigné l’hébreu – bien qu’officiellement, il a été arrêté pour « possession de drogues » – il n’y avait pas de salles de bains dans les cellules ni de douches, et encore moins de bouilloires, rappelle Edelestein.

 

Les cellules d’isolement actuel sont un rêve, comparées à la cellule dans laquelle il a passé 20 jours après avoir attaqué un garde qui avait écrasé ses phylactères. Il se souvient de la planche de bois, couverte de glace, qui était déverrouillée de 22 heures à 6 heures du matin. Son ancienne cellule, la 138, qui abrite aujourd’hui 22 prisonniers, en accueillait à l’époque de son incarcération 40, dit-il.

 

Et il n’y avait évidemment pas de synagogue dans la zone juive de la prison, souligne l’ancien refuznik. Trente-trois ans après son incarcération et 30 ans après sa libération des camps de travail sibériens et son immigration en Israël, Edelstein est revenu mercredi visiter la prison en tant qu’homme politique israélien. Dans un récit animé de sa vie de détenu, Edelstein a décrit en hébreu ses efforts pour s’assurer un statut parmi les criminels de la prison, qui étaient, selon lui, impressionnés par sa résistance spirituelle. Il a ensuite parlé avec fierté des sculptures de pain qu’il réalisait durant sa grève de la faim, malgré un manque de talent artistique flagrant, a-t-il admis.

 

L’expérience de la détention, aussi difficile soit-elle, est incomparable à celle des travaux forcés en Sibérie, pendant 2 ans et 8 mois, a insisté Edelstein à plusieurs reprises. « Ici, ce sont les portes de l’enfer, mais pas vraiment l’enfer », dit-il.

 

Entouré des lits superposés de son ancienne cellule, Edelstein, un membre du Likud doux et diplomatique, potentiel candidat à la prochaine présidentielle, a affirmé qu’il avait réussi à gagner le respect de ses co-détenus, et à recevoir la très convoitée couchette du bas, près de la fenêtre.

 

La légende de la direction de la cellule contraste de l’image politique d’Edelstein en Israël, qui est perçu comme un modèle de respect et de dignité au sein des parlementaires.

 

« C’est un statut qui s’obtient progressivement », a-t-il expliqué. Cette progression se manifestait notamment par le refus des corvées de ménage pour asseoir son autorité, et la fidélité à ses principes religieux. « Les criminels n’ont pas commencé à respecter la religion juive, mais ils ont vu une personne malmenée de toute parts, voler pourtant de ses propres ailes. » « Dieu règle tout », a-t-il ajouté, focalisant la majeure partie de son témoignage sur sa détermination religieuse derrière les barreaux.

 

Cette détermination a conduit Edelstein à sortir ses phylactères et son livre de prières devant son interrogateur soviet, et à lui dire que sa religion lui interdit de parler avant la prière. Mais l’interrogateur « n’a pas oublié », dit-il, et le jour où son interrogatoire a pris fin, les 40 prisonniers de la cellule 138 étaient alignés à l’extérieur, pendant que les gardes fouillaient pour trouver les artefacts religieux.

 

« Ils n’ont pas trouvé le siddour (livre de prières), je pense que j’avais été un détenu ingénieux, mais ils ont trouvé les phylactères », dit-il. Un garde soviet a ensuite piétiné les phylactères, se souvient-il. Edelstein perdit immédiatement son sang-froid et se jeta sur lui.

 

« Bien évidemment, au bout de quelque secondes, je mordais la poussière », souligne-t-il. Edelstein a été sanctionné et placé à l’isolement pendant 10 jours, qu’il a passés accroupi, accroché à un tuyau de chauffage qui dépassait du mur pour se réchauffer. En journée, il faisait la grève de la faim. Il utilisait ses rations de pain pour sculpter, se souvient-il, amusé, « un bateau avec un chien », entre autres créations artistiques. Avec beaucoup d’auto-critique sur son incapacité à tenir un crayon, il insiste : « je vous assure que j’ai fait de très belles choses avec ce pain ».

Edelstein a quitté sa cellule d’isolement pour son procès, en décembre 1984. Le procès a duré quelques heures, dit-il. Le verdict a été prononcé, et Edelstein, qui savait que l’on était en pleine fête de Hannouka, a crié à l’intention de sa femme Tanya, décédée en 2014 : « quelle bougie ce soir ? Quelle bougie ? ». Quand elle a fini par comprendre ce à quoi il faisait référence, elle lui a répondu « la deuxième ».

 

Cette nuit, dans sa cellule, le verdict en tête, il a réussi à craquer deux allumettes et à les tenir en main jusqu’à ce qu’il se brûle les doigts. Mercredi, quand Edelstein est entré dans la synagogue de la prison, avec ses murs bleus, son dôme et son rabbin, Aharon Gurevich, il a marqué une pause devant une étagère. Il a délicatement soulevé un sac de phylactères, à côté duquel était posée une menorah.

 

La visite de mercredi dans la prison s’est terminée par un passage dans la chorale de la synagogue, où un Edelstein fraichement religieux priait avant son arrestation, dans la cour de l’appartement où il a été arrêté, et dans le tribunal où sa sanction lui a été infligée.

 

Edelstein a expliqué que la synagogue était associée à des informateurs du KGB, dont un qui était garé devant la synagogue et qui prenait en photos tous les fidèles, dont de nombreux refuzniks. Bien que le simple fait de fréquenter une synagogue fut un motif suffisant pour être placé sous la surveillance du KGB, des centaines de fidèles venaient chaque semaine, dit-il.

 

Il a évoqué le souvenir de Mottel Lipshitz, abatteur rituel, mohel et cantor, à chaque Yom Kippour. « Il regardait autour de lui, et quand l’office était terminé, il chuchotait pour que seuls ceux qui étaient proches puissent entendre, ‘l’an prochain à Jérusalem’ ».

 

Dans la cour de son ancien appartement, enterré derrière un immeuble morne de l’époque soviétique, il a montré la fenêtre du cinquième étage, où les agents du KGB sont venus et affirment avoir trouvé une boite d’allumettes contenant 1,8 grammes d’opium et de haschisch, en septembre 1984. Le jour de la perquisition, deux « touristes » suédois, en réalité des juifs venus récolter des informations, sont arrivés à la porte avec des sac-à-dos, raconte-t-il.

 

« J’ai vu la scène et j’ai commencé à crier en anglais ‘il y a le KGB ! Ne rentrez pas. Je suis Yuli Edelstein, c’est une fouille, sortez !’ » Ces mêmes personnes sont revenues une heure plus tard, sans leur sac-à-dos, et ont à nouveau tenté d’entrer.

 

« Le lendemain, je les ai rencontrés, parce que je n’avais pas été arrêté [sur le champ], et je leur ai dit ‘vous êtes fous ? vous ne m’avez pas entendu ?’. ils ont répondu : ‘si mais nous avions vu qu’il y avait une fouille et nous savions que vous étiez Yuli Edelstein et qu’ils voulaient vous arrêter, nous étions venus vous sauver’. »

 

« J’ai raconté cette histoire à Stockholm [en 2014] à un repas de Shabbat, et un convive s’est levé et m’a dit ‘j’étais l’un de ces gens’. Donc je ne sais pas comment la roue tourne », a déclaré Edelstein. « Nous parlons toujours de nous. Nous étions les refuzniks et les prisonniers de Sion, mais il y avait des gens qui nous soutenaient », a-t-il dit. En mai 1987, après avoir passé 2 ans et 8 mois en Sibérie, Edelstein a été libéré. Il a émigré vers Israël deux mois plus tard.

 

Après son entré en politique avec le parti du Likud en 1996 et avoir détenu plusieurs portefeuilles ministériels, notamment celui de l’Immigration, Edelstein a été nommé président de la Knesset en 2013, et occupe toujours ce poste depuis. Il était à Moscou pour une visite officielle de 3 jours, invité par la présidente du conseil de la Fédération Valentina Matviyenko.

 

Avant son procès en 1984, qui n’a duré que quelques heures, l’avocat d’Edelstein lui avait annoncé depuis le départ qu’il n’y avait rien à faire pour lutter contre les fausses accusations. Mais bien que son sort fut pré-écrit, une coquille s’est glissée dans le verdict, selon une traduction du document original fournie par le porte-parole de la Knesset mercredi, qui a confirmé que l’erreur figurait dans la version d’origine.

 

« Au regard des témoignages des témoins oculaires, la Cour a statué qu’ils ne sont pas [sic] vrais et cela parce qu’ils ont été objectivement confirmés par les preuves rassemblées dans cette affaire », peut-on lire. En rencontrant le président du tribunal, Edelstein a récupéré son acte de naissance original et une attestation de membre d’un syndicat. Il a rejeté ce geste, considéré comme une excuse.

 

« Je ne veux pas d’excuses. Je n’en n’ai pas besoin. Ce ne sont plus les mêmes gens », dit-il. Puis il a ajouté : « j’espère que je ne cause pas de problème à la présidente de la cour, mais quand je suis parti, elle m’a dit ‘vous être un exemple pour les autres, qu’il faut prendre sa vie en main et faire ce qu’on veut, pas ce que les autres veulent’. Donc si elle pense à ça aujourd’hui pendant un procès, j’aurais rempli mon rôle, il y a 33 ans. » Devant un banc des accusés qui n’existait pas à l’époque de son procès, Edelstein a paraphrasé sa déclaration durant le procès de décembre 1984.

 

« J’espère que la Cour tiendra un procès juste, parce que je ne suis coupable de rien qui ait trait aux drogues… Mais puisqu’il est possible que ce ne soit pas le cas, je suis confiant que mon peuple et mon Dieu m’aideront à rejoindre l’État d’Israël », a-t-il proclamé

 

« En fin de compte, c’est la seconde version qui s’est vérifiée, et la cour n’a pas été juste », a continué le président de la Knesset, « mais mon peuple et mon Dieu m’ont aidé à rejoindre l’État d’Israël. »

 

 

 

 

 

 

POUR FAIRE PRESSION SUR LE HAMAS ABBAS

VA LICENCIER 6 145 EMPLOYÉS DE L’AP À GAZA

Dov Lieber

Times of Israel, 4 juillet 2017

 

 

 

Autorité palestinienne a “envoyé en retraite anticipée” 6 145 employés de la bande de Gaza mardi. Cette mesure s’inscrit dans une stratégie visant à contraindre le groupe terroriste du Hamas a céder le contrôle de l’enclave palestinienne.

 

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« Cette mesure, les mesures précédentes et toutes les mesures qui seront prises dans ce cadre sont temporaires, et sont liées à l’abandon de la division [palestinienne] par le Hamas », a déclaré le porte-parole du gouvernement à Ramallah, Yusuf al-Mahmoud, dans un communiqué à l’agence de presse officielle de l’AP, Wafa.

 

Depuis le mois d’avril, l’AP a mis en place une série de dures mesures destinées à forcer le Hamas à céder le contrôle de l’enclave côtière, qu’elle a pris des mains du Fatah lors de violents conflits en 2007. Ces mesures se manifestent notamment par la baisse du flux d’électricité de 35 %, la réduction des salaires du gouvernement ainsi que l’assistance médicale fournie dans la bande de Gaza.

 

Mahmoud a déclaré que le licenciement de ces employés faisait partie de la « stratégie nationale pour mettre fin à la division et mettre en œuvre la vision du président Mahmoud Abbas de dissoudre la Commission administrative » et permettre au gouvernement palestinien d’endosser ses responsabilités dans l’enclave et de se préparer à des élections générales. Le Hamas a créé la Commission administrative en mars afin d’asseoir son pouvoir à Gaza.

 

Le porte-parole du gouvernement de l’AP a ajouté que le Hamas récolte « des centaines de millions de shekels mensuellement, qu’il ne reverse pas dans la trésorerie du gouvernement, et que parallèlement, l’AP alloue plus de 450 millions de shekels par mois » à Gaza.

 

Au début du mois d’avril, Abbas a réduit d’un tiers les salaires de dizaines de milliers d’employés du gouvernement pré-Hamas à Gaza, qui ont été payés pour rester chez eux depuis 10 ans. Dans une déclaration mardi le Hamas a dénoncé ces licenciements, qu’il a décrit comme une décision « immorale, inhumaine et qui n’a rien à voir avec les dissensions ».

 

Le groupe terroriste a assuré que cette mesure faisait partie d’un projet mené par Abbas pour « résoudre la question palestinienne dans la lignée du projet sioniste-américain ». Les salaires ont été versés afin de garantir la loyauté envers Abbas, mais ont par inadvertance, encouragé le Hamas en injectant des fonds dans l’économie fragile de Gaza.

 

L’annonce des licenciements surgit alors qu’il se pourrait qu’un nouveau gouvernement serait sur le point de se former entre le Hamas et Mohammad Dahlane, le rival d’Abbas au sein du Fatah.

 

Dahlane est un ancien chef du Hamas et homme de pouvoir à Gaza, qui a été expulsé des Territoires palestiniens par Abbas en 2011. Il était également considéré comme persona non grata par le Hamas et expulsé lors du coup d’état qui a permis au groupe terroriste islamiste de prendre le pouvoir dans la bande de Gaza il y a 10 ans.

 

Mais selon le dirigeant du Hamas Ahamd Yusuf, après des entretiens entre Dahlane, les dirigeants du Hamas et les renseignements égyptiens au début du mois de Juin, un accord de réconciliation est en cours.

 

Yusuf, qui s’est confié au quotidien jordanien al-Ghad lundi, dit que l’accord entre Dahlane et le Hamas verrait la création d’une nouvelle « commission de direction » à Gaza. Yusuf a ajouté que Samir Mashrawi, considéré comme le bras droit de Dahlane, est attendu à Gaza dans les prochains jours.

 

 

 

L’HOMMAGE DE LA FRANCE À SIMONE VEIL,

QUI VA ENTRER AU PANTHÉON

Times of Israel, 5 juillet, 2017

 

 

n hommage solennel empreint d’émotion a été rendu mercredi à Simone Veil, qui en signe de « l’immense remerciement du peuple français », entrera au Panthéon, où elle reposera au côté de son époux Antoine Veil, a annoncé Emmanuel Macron.

 

De longs applaudissements ont salué cette décision qui ponctuait l’hommage national à cette grande figure de la vie politique française et du combat pour l’émancipation féminine, rescapée de la Shoah et décédée vendredi à l’âge de 89 ans. Simone Veil sera la cinquième femme à reposer au Panthéon, ce temple républicain qui proclame sur son fronton: « Aux grands hommes, la patrie reconnaissante ». Quant à Antoine Veil, il sera admis avec elle en sa qualité d’époux.

 

« Cette vie de femme offre à notre regard des abîmes dont elle aurait dû ne pas revenir, et des victoires éclatantes qu’aucune autre qu’elle n’aurait su remporter », a déclamé le chef de l’Etat dans son éloge funèbre. « A ce mystère qui défie la raison commune et nous inspire tant de fascination, nous donnons en France un nom bien ancré dans notre génie national, et ce nom c’est: la grandeur » qui « fit la nôtre », a-t-il enchaîné.

 

Le cercueil de Simone Veil recouvert du drapeau tricolore avait fait son entrée dans la Cour d’honneur de l’Hôtel des Invalides porté par la Garde républicaine au son de la Marche funèbre avant d’être déposé à même le sol, à l’exact centre, sur un simple catafalque de bois vernis.

 

Il a quitté la cour une heure plus tard dans une lente procession au son du Chant des Marais, celui des déportés, entonné par les chœurs de l’armée française en souvenir de l’internement de Simone Veil et de sa famille au camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau.

 

Emmanuel Macron a rappelé les « combats » d’un « siècle » menés par Simone Veil, sa « bataille pour que cessent les conditions sordides et meurtrières dans lesquelles se déroulaient les avortements » lorsque, ministre de la Santé de Valéry Giscard d’Estaing, elle avait porté en 1974 la loi sur l’interruption volontaire de grosse (IVG).

 

Son « combat pour l’Europe » aussi, elle qui fut la première présidente du Parlement européen ou ceux pour « la ratification de la déclaration universelle des droits de l’homme à la tribune des Nations Unies », pour « la protection sociale » ou « contre le racisme et l’antisémitisme ».

 

Dans tous ces combats, « elle eut raison avant tout le monde, et souvent contre tout le monde », faisant face à « la haine venimeuse des uns, les injures exécrables des autres », s’est-il souvenu.

 

L’éloge funèbre du chef de l’Etat avait été précédé de celui des deux fils de Simone Veil. Ta « détermination constitu(ait) la trame de l’armure qui t’as permis de survivre à l’enfer », a lancé l’avocat Jean Veil.

 

Son frère Pierre-François, également avocat, s’est souvenu quant à lui des « combats » de leur mère et d’abord de celui pour la « réconciliation, pour une Europe de paix, de solidarité et de progrès partagé ».

 

« Cet hommage est ton ultime victoire sur les camps de la mort », a-t-il encore souligné, concluant par le « dernier mot » de sa mère, « prononcé faiblement mais si distinctement, avant de retrouver papa pour toujours: merci ».

 

Quelque 700 invités parmi lesquels des dizaines de personnalités françaises et étrangères ont assisté à cette cérémonie que la famille avait souhaitée ouverte au public, une foule d’anonymes se pressant dans les galeries de la cour d’honneur, baignée par un soleil estival. Outre le gouvernement français venu pratiquement au complet, plusieurs chefs de gouvernement étrangers avaient annoncé leur venue.

 

Valéry Giscard d’Estaing, 90 ans, a « regretté » en revanche, selon son entourage, de ne pouvoir être présent. Quant à Bernadette Chirac, elle représentait son époux Jacques Chirac au côté de leur fille Claude, tandis que Nicolas Sarkozy et François Hollande étaient présents, comme nombre de figures politiques, de Jean-Luc Mélenchon à Dominique Strauss-Kahn.

 

La quasi totalité des Premiers ministres de ces dernières années figuraient aussi parmi les officiels. Hélène Carrère d’Encausse, secrétaire perpétuelle de l’Académie française où siégea Simone Veil est également venue en compagnie de nombreux « immortels » ceints de leurs uniformes. A travers toute la France, les drapeaux européens ont été mis en berne mercredi sur les édifices publics tandis que les drapeaux français étaient parés d’un crêpe noir.

 

 

 

 

10 000 athlètes juifs aux Maccabiades (Juillet) en Israël

Israelvalley, 2017

 

 

 

Les Maccabiades sont une rencontre sportive juive organisée par la Maccabi World Union, à l’image des Jeux olympiques. La première édition de cette compétition a eu lieu en 1932. La délégation française a une Maccabiade formée par le Maccabi France qui regroupe les clubs Maccabi de France. Il existe aussi des Maccabiades continentales : Amériques, Europe et Océanie.

 

Tous les quatre ans, durant une quinzaine de jours au mois de juillet, ce sont des milliers d’athlètes qui se retrouvent en Israël dans le cadre des Maccabiades. Le record de participation devrait être battu à l’occasion de la 20e édition (4-18 juillet 2017) si l’on en croit le patron de la Fédération mondiale Maccabi, interrogé récemment dans les colonnes du Jewish Chronicle. « Nous attendons plus de 10 000 athlètes issus de 85 pays et pouvant concourir dans 41 disciplines différentes », a indiqué Amir Peleg. De nombreux athlètes qui étaient aux JO de Rio seront en Israël pour les Maccabiades.

 

LES J.O. DE RIO EN 2016. 51 athlètes israéliens dans 17 disciplines sportives étaient en compétition aux couleurs blanc et bleu aux Jeux olympiques. Les Israéliens avaient partagé le même bâtiment avec les Suisses et les Français dans le village olympique.

 

La gymnaste rythmique Neta Rivkin étatit le porte-drapeau d’Israël lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques à Rio de Janeiro. La délégation olympique qui avait été menée au stade par Rivkin étatit la plus grande qu’Israël n’est jamais envoyé depuis les premiers Jeux olympiques du pays en 1952. Les 51 qualifiés étaient en compétition dans 17 catégories de sport, y compris dans de nouvelles disciplines pour les Israéliens comme le golf, le triathlon et le vélo de montagne. Rivkin, qui avait terminé 7ème de sa catégorie aux Jeux de Londres en 2012, était l’un des 11 athlètes olympiques d’Israël qui espéraient une place sur le podium.

 

ISRAEL21c avait rencontré le gymnaste israélien Alex Shatilov.  Shatilov a remporté plusieurs médailles lors de championnats mondiaux et européens dans les exercices au sol et a participé aux Jeux olympiques d’été de 2008 et 2012 . «J’ai déjà deux fois participé aux Jeux olympiques et j’étais près du podium, et cette fois j’espère y arriver, ” dit-il. ” Je pense avoir une bonne chance. ” Shatilov s’entraîne 4 ou 5 heures par jour.

 

Nous vous souhaitons Shabat Shalom!
 

 

 


 


 

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