Communiqué Isranet
janvier 2004
Un service de l’I.C.R.J.
l ’Institut canadien de recherches sur le Judaïsme

Prof. Frederick Krantz, Directeur

Numéro 116 • vendredi le 30 janvier 2004

L'indépendance de la CIJ en péril
Sylvain Shalom
Le Figaro, 30 janvier 2004

La dernière requête de l'Assemblée générale de l'ONU à la Cour internationale de justice (CIJ) de La Haye pour un avis consultatif sur la barrière de sécurité d'Israël constitue une menace aux valeurs fondamentales et aux principes fondateurs des Nations unies. De plus, elle met en danger la nature indépendante et apolitique de la CIJ ainsi que la promotion de la paix et de la sécurité du Proche-Orient. La Cour devrait rejeter cette tentative d'exploitation de son mandat à des fins politiques et devrait plutôt veiller à la légitimité et à la bienséance de l'institution.

Cette requête, déclenchée par une majorité automatique en faveur de toute initiative émanant des Palestiniens, a transgressé les propres règles de procédure et de répartition des pouvoirs de l'ONU.

Les organes politiques de l'ONU se sont déjà penchés sur le conflit israélo-palestinien : le Conseil de sécurité a approuvé à l'unanimité la résolution 1515, le 19 novembre dernier reconnaissant la feuille de route, comme l'unique manière de promouvoir la paix dans la région. Le Quartette (ONU, Etats-Unis, Union européenne, Russie) de son côté, a parrainé la feuille de route. Cette requête de la session extraordinaire d'urgence de l'Assemblée générale défie de front ce consensus de l'ONU.

Loin d'être une pure question de droit, cette demande d'"avis juridique" est clairement empreinte d'idées préconçues ; elle fait penser à la fameuse remarque d'Abba Eban selon laquelle "si l'Algérie proposait une résolution affirmant que la terre est plate et que c'est Israël qui l'a aplatie, elle serait votée à 164 voix, 13 contre et 26 abstentions."

Cette requête ne se réfère aucunement au terrorisme et à l'incitation à la haine de la part des Palestiniens ou à l'échec total du leadership palestinien à respecter son engagement internationalement reconnu à démanteler les infrastructures terroristes. Après plus de 19 000 attaques terroristes, plus de 900 morts et des milliers de blessés, Israël a entrepris la construction d'une barrière de défense antiterroriste dont le seul objectif est d'empêcher les terroristes suicide d'avoir accès aux bus, aux cafés et aux coeurs des villes israéliennes.

Alors que l'usage de barrières de sécurité pour empêcher l'incursion d'éléments terroristes est largement répandu parmi les Etats devant faire face au terrorisme, Israël n'est hostile à aucune discussion ayant trait à l'influence de la barrière sur la population palestinienne. Nous ne désirons pas les faire souffrir. En effet, les caractéristiques de la barrière, y compris son tracé et les mesures humanitaires telles que les points de passage et les «portes agricoles» pour faciliter la liberté de mouvement, ont été adoptées suite à des discussions et des consultations en Israël et avec la population locale. Le système judiciaire israélien, indépendant et fort respecté, a également été impliqué dans ce processus. Chaque Palestinien gêné par la barrière a le droit de faire appel directement auprès de la Haute Cour de justice israélienne.

On a observé un effort de longue haleine destiné à détourner l'ordre du jour des organes politiques et humanitaires de l'ONU. L'Assemblée générale de 2003, qui s'est clôturée il y a peu, s'est caractérisée par 19 résolutions anti-israéliennes. Or il n'y avait même pas une seule résolution relative au conflit du Cachemire par exemple. Cela contraste fortement avec l'échec de cette même assemblée à réunir une majorité de soutien aux résolutions proposées pour protéger les enfants israéliens du terrorisme ou à une proposition irlandaise condamnant l'antisémitisme. D'autres organes comme la Commission des droits de l'homme, présidée l'année dernière par la Libye, ont littéralement consacré la moitié de leur temps à des débats sur des problèmes israélo-palestiniens. Ceci étant, il n'est en rien surprenant que la conférence de Durban contre le racisme en 2001 ait tourné en un scandaleux festival de haine contre Israël et les Juifs.

La feuille de route appelle clairement les deux parties à résoudre le conflit par le biais de négociations directes et pacifiques. La première phase de ce plan demande aux Palestiniens de mettre directement un terme à la violence et de combattre le terrorisme. Cependant, depuis son adoption, deux premiers ministres palestiniens consécutifs ont publiquement annoncé qu'ils ne respecteraient pas ce premier engagement exigé par la feuille de route : démanteler les infrastructures terroristes. Les Palestiniens ont préféré chercher un appui international pour divertir l'attention et la porter sur les réactions israéliennes au terrorisme, plutôt que de régler le problème du terrorisme.

La communauté internationale doit dire non.

Le risque majeur, au-delà d'un tort considérable au processus de paix, est qu'un «succès» éventuel mènerait à d'autres dangereuses questions politiques capables de détruire les organes de notre communauté internationale, telles que des questions sur l'Irak, la Tchétchénie ou tout autre problème pouvant réunir une majorité d'Etats non démocratiques à l'Assemblée générale. La communauté internationale doit veiller à l'intégrité des institutions internationales fondées pour préserver les droits des citoyens de la communauté des nations. Nous ne pouvons tolérer le comportement destructeur des Palestiniens dans leurs efforts de se dérober aux engagements plusieurs fois acceptés par eux depuis le début du processus de paix en 1993 ; nous ne pouvons non plus tolérer qu'ils portent atteinte à la CIJ.

Le président américain Truman exprimait exactement la même idée en 1945, à la clôture de la conférence de San Francisco instituant les Nations unies : "Vous avez créé un bel instrument pour la paix, la sécurité et le progrès humain dans le monde", avait-il dit. "Le monde doit maintenant l'utiliser. Echouer dans son utilisation reviendrait à trahir tous ceux qui sont morts afin que nous puissions nous rencontrer ici en toute liberté et sécurité pour sa création. Qui chercherait à l'utiliser de façon égoïste, pour l'avantage d'une nation ou d'un petit groupe de nations, serait également coupable de trahison."

(Silvan Shalom est Vice-premier ministre et
ministre des Affaires étrangères d'Israël.)

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Des familles palestiniennes contre
le "culte de la mort"

Khaled Abu Toameh
Jerusalem Post, 20 janvier 2004

Un éditorialiste palestinien de premier plan a lancé une attaque cinglante contre le Hamas et le Jihad islamique pour avoir recruté des adolescents et des mères de famille pour des attentats suicides contre Israël, en disant que les Palestiniens en ont assez de cette "culture de la mort".

Dans les colonnes du quotidien de l'Autorité palestinienne Al-Ayyam, Hasan al-Batal, un célèbre éditorialiste très proche de l'AP, a félicité pour leur courage les familles de kamikazes qui se sont exprimées contre ce phénomène.

Cette attaque renvoie à un débat au sein de la societé palestinienne, au sujet de l'utilisation de femmes et d'adolescents en tant que bombes humaines.

Batal fait precisement référence aux familles de Reel al-Rayashi, une mère de deux enfants qui s'est fait exploser la semaine derniere au carrefour d'Erez, et d'Iyad Al-Masri, qui est mort quand, il y a quinze jours, sa ceinture d'explosifs s'est déclenchée prématurément en Cisjordanie. Geste
sans precedent, les familles ont condamne publiquement ceux qui avaient
envoye Rayashi et Masri commettre les attentats suicides.

Rayashi, 22 ans, a été recrutée par le Hamas, et Masri, 17 ans, par le Jihad islamique. Mardi, des sources palestiniennes ont confirme que Rayashi avait ete forcée a commettre l'attentat après que son mari eut découvert qu'elle le trompait avec un militant du Hamas.

Masri, equipe d'une ceinture d'explosifs, a été envoyé en mission mortelle quelques jours seulement après que son frère eut été tué par des tirs israéliens à Naplouse. Il semble qu'il se soit égaré, et il s'est fait exploser dans un champ près de Naplouse. Sa famille a accusé le Jihad d'avoir exploité la douleur provoquée par la mort de son jeune frère, et a exigé une enquête sur les circonstances de son recrutement.

Sous le titre "Des familles se rebellent contre la culture de la mort", Batal s'est attaqué au Hamas pour avoir recruté une mère de deux enfants en bas age, de 18 mois et de trois ans, pour commettre un attentat suicide. Il a souligné le "courage moral" de la famille de Masri, qui a condamné la "vie gachée" de leur fils. Il a aussi felicité la famille de Rayashi pour avoir refusé de recevoir des condoléances dans une "tente de deuil" qui aurait été montée à Gaza.

Batal a exprimé l'espoir que les réactions de ces familles constituent le signal d'un debut de changement de fond dans les normes liées a ce genre d'attentats.

"Les organisations civiques palestiniennes doivent soutenir l'appel de la famille Masri qui réclame une enquête contre ceux qui l'ont poussé (à commettre l'attentat suicide) en exploitant la mort d'Amjad, son frère agé de 15 ans. De même, les groupes de femmes doivent faire entendre leur voix et déclarer que le devoir maternel est plus important que le combat".

L'éditorialiste palestinien a prédit que, à moins que le peuple palestinien tout entier ne s'exprime de la sorte, "le jour arrivera très bientôt ou nous verrons des garcons de 10 ans et des femmes enceintes avec des ceintures d'explosifs". Et il pose la question : "Comment nous justifier vis-a-vis du monde si, d'un côté, nos enfants sont tués par l'armée israélienne, et si de l'autre, nous envoyons des enfants et des mèes de familles avec des ceintures d'explosifs? Comment les Palestiniens persuaderont-ils d'avantage de militants pacifistes du monde de risquer leur vie en solidarité avec les Palestiniens si nous commencons a équiper nos enfants et nos mères de ceintures d'explosifs.

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Le Monde : La faute aux choses
Ilan Tsadik
Metula News Agency, 30 janvier 2004

Les actes de violence extrême excitent les esprits, c’est une chose connue. Face à la mort en gros, lorsque les objectifs des assassins et le nombre de leurs victimes sortent du cadre des évènements explicables avec les clés habituelles de l’information, cela donne aux observateurs l’occasion de s’exprimer de façon plus ou moins décente. Gilles Paris et le Monde, ont pris depuis longtemps le pli étrange de dépersonnaliser les assassinats collectifs palestiniens et de déresponsabiliser leurs auteurs.

Cela aboutit, dans les chapeaux d’articles, à des tournures d’un goût tiré par les cheveux, du genre : "Un attentat-suicide en plein centre de Jérusalem a tué au moins dix personnes, jeudi 29 janvier, et blessé une cinquantaine d'autres". Sacrés attentats-suicide, il faudrait presque leur déclarer la guerre… Aux autobus aussi, d’ailleurs, puisque c’est un de ces animaux étranges, se mouvant sur quatre roues en caoutchouc, qui, selon Paris, "a explosé" rue Gazza.

Au Monde, les choses acquièrent une âme, vous devez le savoir, dès que, pour des raisons uniquement liées à leur ethnie, à leur nationalité et à leur religion, des terroristes arabes prennent l’initiative d’assassiner ou de mutiler des civils israéliens par dizaines.

Et si vous n’avez pas culbuté, j’entends si les choses ne sont pas assez claires dans la dépêche du quotidien parisien, vous conservez le loisir de vous remettre les idées en place en regardant la photo de l’attentat...

C’est tout de suite plus parlant, n’est-ce pas ? Rien de tel qu’une image d’actu pour saisir ce qui s’est effectivement passé, pas ? Vous remarquerez, en haut à gauche, monsieur Attentat-suicide en train d’effectuer son carnage et vous surprendrez monsieur Otto-Bus von Egged pendant qu’il a la mauvaise idée d’exploser, non loin de la résidence officielle du Premier ministre d’Israël.

Ca pourrait presque être drôle, si ces hyperboles mondaines ne se déchaînaient sur une arrière odeur de sang innocent et sur fond de décor de synagogues françaises qui brûlent. Dans l’article de Gilles Paris d’hier, le gugusse réussit le tour de force d’exprimer que monsieur Attentat-suicide "a été condamné par l’Autorité palestinienne" avant même de s’extirper de la forme sémantique passive et de donner enfin à ses lecteurs la première indication quant à la responsabilité humaine de ce crime de guerre.

Cela aboutit à une logique de dupes typique, à laquelle on nous a malheureusement habitués dans le quotidien dans lequel Cypel est rédacteur en chef, puisque l’organisation par qui Attentat-suicide a été revendiqué, c’est les Brigades des martyrs d'Al-Aqsa. Or lesdites Brigades forment l’expression terroriste principale des Tanzim et les Tanzim sont l’une des composantes de l’OLP dont Yasser Arafat est le chef.

Toi y en a pas comprendre ? C’est assez normal, puisque des journalistes indélicats aider toi à rien piger et à rester sur tes impressions simplistes de jouif y en a méchant et Palestinien y en a pauvre victime. Moi y en a t’expliquer simple :

L’Autorité palestinienne dirigée par Yasser Arafat condamne un crime de guerre du premier degré perpétré par une organisation terroriste dirigée par Yasser Arafat. C’est pas tout de suite plus clair ?

Le titre de l’article aussi est indécent, même s’il n’a très vraisemblablement pas été choisi par monsieur Paris : Un attentat-suicide à Jérusalem relance le cycle des violences. Il faudrait que quelqu’un dise au Monde qu’avant de relancer, peut-être, demain, le cycle de la violence, cet assassinat-collectif d’Israéliens a été perpétré aujourd’hui par des Palestiniens et qu’ils ont volé aujourd’hui leur existence à dix personnes innocentes de tout crime et qu’ils ont écorché, au plus profond de leur chair et de leur âme, une cinquantaine d’autres civils tout aussi innocents.

C’est parce que, dans un titre d’article, l’ontologie des journalistes veut que l’on exprime l’élément informatif principal du papier. Que faut-il dire alors de l’ontologie des gens du Monde, qui jugent que le risque de relance du cycle des violences--dont il faudrait sans doute démontrer préalablement l’existence. Je veux dire, que le Monde n’a nullement établi que les actes de guerre au Moyen-Orient étaient le résultat d’un cycle action-représailles plutôt que de l’exécution d’un plan stratégique prédéterminé. Qui se donnera la peine de lire les déclarations des Tanzim au lendemain de cet assassinat--collectif se persuadera sans difficulté que cette organisation ne réagit pas sur une base cyclique mais qu’elle réalise un plan d’éradication artisanale de l’Etat d’Israël--est plus significatif, à la fois que les souffrances d’innocentes victimes du terrorisme et que l’identité, la description des mobiles, la caractérisation de l’acte, et la dénonciation des méthodes des assassins et de leur crime.

Il y a certes des choix qui n’ajoutent rien à la respectabilité de notre profession. Celui-ci en est un. Surtout que Gilles Paris, dans son papier d’aujourd’hui, s’échine à dissocier Arafat des Brigades des martyrs. Selon ce journaliste, les "Brigades auraient rompu depuis deux ans avec la ligne officielle de l'Autorité palestinienne". "Rompu avec la ligne officielle"--Paris veut parler sans doute des improvisations solo du raïs, qui dépendent essentiellement de la composition de son auditoire, car personne de sensé ne peut distinguer de ligne officielle de l’Autorité Palestinienne à l’encontre du terrorisme--mais rupture avec l’Autorité Palestinienne en aucun cas ! De plus, Paris serait-il le dernier journaliste de l’international à ne pas lire les comptes-rendus de Sami el-Soudi ? J’ai des raisons d’en douter. Dès lors il n’ignore pas que le reclus de la Moukata abrite et protège 27 terroristes des Brigades dans son refuge. 27 personnes appartenant précisément au gang qui vient de commettre ce crime de guerre dans l’autobus de Jérusalem. Comment, dans ces conditions, le correspondant du Monde en Israël trouve-t-il l’impudence, envers les victimes et envers ses lecteurs, de propager l’idée que les assassins et Yasser Arafat ne feraient pas partie de la même organisation--l’OLP--et qu’ils ne partageraient pas les mêmes objectifs ?

Dans le chapeau de l’article d’hier, le Monde fait suivre la dépersonnalisation des causes de l’assassinat par le rejet implicite des mêmes causes sur les Israéliens. Si ! Ainsi, il faut comprendre que ce seraient les Israéliens, de par leur incursion d’avant-hier, qui auraient en quelque sorte généré le crime de guerre palestinien. Cet assassinat serait encore le résultat de l’impasse politique complète qui prévaut dans la région et qui est causé par le refus de Sharon de rencontrer Ahmed Qureï.

Ces propositions de causalité sont, bien entendu, factuellement infondées. Ca n’est pas uniquement que les faits sont rapportés par le Monde de façon inexacte et propagandiste--car les Palestiniens de l’avant-veille ne sont pas morts des suites de l’incursion de Tsahal à Gaza, ne s’étant pas agi d’une exécution capitale mais d’une situation de combat, durant laquelle des miliciens palestiniens armés ont spontanément engagé des soldats israéliens et qu’ils sont morts durant cet engagement ; de même que ça n’est pas Sharon qui refuse de rencontrer le nouvel homme de paille d’Arafat mais Qureï qui pose des pré-conditions, inacceptables pour le gouvernement israélien, à la tenue d’une telle réunion--c’est, beaucoup plus simplement, que le droit de la guerre mais aussi la culture humaniste, défendent que l’on justifie un crime de guerre ou un crime contre l’humanité par un épisode préalable d’un conflit. Faute d’appliquer strictement cette règle au conflit judéo-arabe et à inventer systématiquement des explications aux assassins, le Monde, dans le questionnement sur l’antisémitisme a vraisemblablement perdu son âme.

Et au lieu de rappeler que la Carte Routière (Road Map), qu’ils appellent Feuille de Route pour une raison qui ne nous échappe pas, "ce plan de paix international, étant restée lettre morte", les gens du Monde pourraient aussi bien, à notre avis, donner la raison de cette mortitude. Pour une fois, ils feraient de l’information. Ils pourraient dire ainsi, que la condition préalable, écrite et sine qua none de ce plan passe par le démantèlement des organisations terroristes palestiniennes par l’Autorité Palestinienne. Ils pourraient dire aussi que son chef, leur ami Yasser Arafat, refuse de désarmer ces organisations car il refuse de se priver de l’arme du terrorisme qu’il a lui-même instrumentalisée.

Sinon, tous les amphigouris, très lâches et très irresponsables, des articles du Monde à propos du Moyen Orient, pourraient se résumer à l’insulte suicidaire qu’a osée la station Radio Classique lors de son flash de 12 heures 30 hier, décrétant que le type d’acte, tel l’attentat de Jérusalem, était en fait la seule arme des désespérés. Au moins, les énergumènes de cette station ne font-ils pas, eux, en plus d’afficher leur déculture, injure à la langue français et à l’intelligence de leurs auditeurs.

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Numéro 115 • vendredi le 22 janvier 2004

Les journalistes Libanis dans le collimateur
de Damas

Marwan Haddad
Proche-Orient.info, 23 janvier 2004

« Ce n'est pas grave », m'ont dit mes confrères journalistes. Certes : ici, au Liban, rien n'est vraiment « grave ». Pas même l'absorption, qui se fait à pas de charge, de ce pays par le « grand frère » syrien. « Ce n'est qu'un accord de plus », m'ont encore dit mes confrères. Un de plus sur la déjà si longue liste des « accords de coopération et de fraternité » qui se signent au quotidien, ou presque, entre les deux pays.

Cet accord-là me fait pourtant entrevoir mon avenir en noir. Ses signataires : l'Ordre des journalistes libanais, présidé par l'inamovible Melhem Karam, et l'Union des journalistes syriens. En vertu de ce texte, entré en vigueur dès sa publication, le 21 janvier, je suis donc désormais tenu de « coordonner » et « unifier » mes « prises de positions » lors de toutes les « rencontres et conférences de presse » auquel je serai convié, tant à l'échelon national, qu'arabe et international.

Je me croyais libre, jusque-là, de poser toutes les questions qui me semblaient pertinentes. Des vétérans de la presse m'avaient même autrefois assené que la liberté, l'impertinence même sont des valeurs intrinsèques du métier de journaliste. Ma liberté sera donc désormais tributaire d'une coordination préalable avec les « journalistes » des médias officiels syriens. Officiels forcément, puisque le « grand frère » ne dispose pas de médias indépendants. Il est fort probable que l'on fermera les yeux, dans un premier temps, lors des conférences de presse, sur les questions n'ayant pas fait l'objet de cette fameuse « coordination préalable » (au fond, à quel moment se décidera-t-elle ?). Mais la menace restera toujours suspendue au-dessus de nos têtes ; et la moindre incartade, dans n'importe quel article, le couperet tombera : journaliste impertinent, va en prison !

«L'accord de coopération et de fraternité » comporte, m'a-t-on dit, un lot de consolation : désormais, à l'initiative de l'Ordre des journalistes libanais et de l'Union des journalistes syriens, des « échanges de visites de reconnaissance » seront organisés pour permettre à tous de prendre connaissance des « opérations de redressement et de construction dans les deux pays », puis d'en témoigner dans les médias écrits et audiovisuels. Mieux encore : des groupes de travail seront mis en place pour nous permettre, Syriens et Libanais, d'échanger nos « expériences » et nos « expertises », et de profiter du développement de la presse dans les deux pays.

J'irai donc en Syrie, encadré par des membres des Moukhabarat, et je reviendrai vous chanter les louanges de ce pays des libertés. J'oubliais de vous dire que la mise en place de cet accord a été favorisée par deux organismes : la Fédération des journalistes arabes, et un Comité permanent des libertés – inconnu jusque-là au bataillon. Objectif : m'aider, ainsi que tous les autres journalistes, à « assumer (nos) positions au sein des organisations populaires arabes ».

Pendant ce temps, et après la « MTV », une seconde chaîne de télévision privée libanaise risque la fermeture – pour impertinence, justement : la « New TV », qui a eu le front d'accuser les autorités libanaises de négligence dans l'octroi d'autorisations au Boeing d'UTA affrété pour Beyrouth, qui s'est écrasé au moment de son décollage, à Cotonou, le 25 décembre. « Diffamation », a décrété le ministre libanais des Transports, Négib Mikati. L'affaire est devant les tribunaux libanais. Mais pourquoi diable certains journalistes adorent-ils s'attirer des problèmes ? Révéler des magouilles ? Parler des pots-de-vin versés aux responsables ? Dénoncer les scandales, l'affairisme, les jeux politico-financiers ? Aux autres, les splendeurs du Spa inauguré il y a quelques mois au « Méridien » de Damas ; les visites guidées à Palmyre et, pourquoi pas, un cocktail d'accueil à la présidence syrienne. La vie peut être si douce…

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Ce voile qui agite la France
Ahmed Halli
Matin (d'Alger), 23 decembre 2003

Réfléchissez bien avant de donner le moindre sou à ces quêteurs barbus qui vous sollicitent votre bon coeur. Le moindre centime pourrait financer le prochain attentat intégriste en Turquie ou en Irak. Chaque pièce ou billet que vous croyez donner aux musulmans qui souffrent peut payer la balle qui tuera votre frère ou votre cousin. Les fonds ramassés par les islamistes ne servent pas seulement à acheter des hôtels en Allemagne. Ils soutiennent directement l'« effort de guerre» des groupes intégristes. Quand les Algériens le disaient et faisaient mine de vouloir assécher les sources financières du terrorisme, on les accusait de porter atteinte à la solidarité islamique.

Aujourd'hui, ce sont les Saoudiens qui l'affirment et leurs propos sont plus crédibles. Contrairement à nous, les éradicateurs saoudiens ne se laissent pas distraire en chemin par une « omra » ou par une prière surérogatoire. Ils se sont jurés d'extirper les racines du terrorisme et ils le font en bons jardiniers. C'est normal, ils savent ce qu'ils ont planté et l'endroit exact où le mal s'est enraciné. Le ministère saoudien de l'Intérieur a ainsi noté l'importance des sommes d'argent retrouvées chez les terroristes récemment arrêtés. Cet argent n'a pas été prélevé sur la cassette personnelle de Saddam mais sur celles des citoyens saoudiens. Il provient des quêtes qui se font, loin de tout contrôle, dans les mosquées, les écoles, les universités et les marchés. Les autorités saoudiennes savent désormais que l'argent qu'ils utilisent pour la propagation du wahhabisme peut être utilisé contre eux. Ils n'ont plus d'autre souci à se faire. La guerre du hidjab est gagnée. Le foulard islamique est désormais de mise de Baghdad à Casablanca. L'emblème de l'ignorance et de la superstition flotte aux vents de l'Est et de l'Ouest. En attendant ce Nord convoité et toujours inaccessible.

Voyez ! L'annonce d'une loi prochaine en France pour interdire le « hidjab » dans les écoles n'a pas provoqué la tempête attendue dans ce pays. Alors que les intégristes de Navarre font le dos rond, ceux de Beyrouth et du Caire fulminent. C'est un coup dur pour ceux qui croyaient reconquérir les banlieues de la France à défaut de l'Andalousie. Après avoir assuré sa domination sur le Machrek et le Maghreb, l'internationale du foulard veut sa revanche sur les croisés (c'est l'éternel argument de l'islam politique). Les laïcs écrasés ou convertis en pays musulmans, il reste la nouvelle bataille de Poitiers. Hélas, les avant-gardes installées à demeure ne sont pas aussi combatives que prévu. Malgré l'activisme de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) et les moyens de pression financiers et moraux dont elle dispose, la « hidjab connections » piétine. Les troupes se dispersent et se laissent même tenter par le giron de la république laïque. Les cohortes en hidjab lancées à la conquête de la citadelle laïque risquent le sort des grandes compagnies.

Imam attitré de l'UOIF et grand veneur en matière d'âmes féminines, Karadhaoui a appelé à la révolte. L'islam de France doit être aux couleurs de l'UOIF et porter hidjab. Karadhaoui revendique pour l'islam en Occident des privilèges que les pays musulmans n'accordent pas aux autres religions révélées. L'Egyptien Mohamed Selim El Aoua, qui a longtemps semé la mauvaise graine dans nos séminaires sur la pensée islamique, lui emboîte le pas. Feignant d'ignorer que la France est la fille aînée de l'Eglise, il dénonce l'interdiction faite aux filles musulmanes d'afficher leur soumission et leur statut d'inférieur. Dans un pamphlet publié par le quotidien qatari Al Raya, le prédicateur égyptien rappelle à Sarkozy et aux siens que le voile est une prescription divine. Il fait à peine mieux que Djamel Zitouni sommant Jacques Chirac de se convertir à l'islam. Selon lui, la question du voile islamique ne relève pas des affaires intérieures de la France mais de l'obéissance à Dieu.

C'est aussi le signal de la révolte à Beyrouth. Al Hayat, quotidien de Londres, a publié dimanche dernier à la une la photo d'une manifestation de protestation d'étudiantes libanaises. Elles sont toutes « hidjabisées », bien entendu, et ont l'air de ce qu'elles ne sont pas, des femmes libres. Quant aux étudiantes maronites, on ne leur a pas demandé leur avis et ça ne se fait pas en pays d'Islam. Al Hayat fait état de la lettre ouverte envoyée à Jacques Chirac par le chef religieux shiite Hussein Fadlallah. Ce dernier, qui n'a pas de penchants excessifs pour la tolérance et la liberté, estime que l'interdiction du port du voile est une atteinte à la liberté des musulmans de France. Fadhlallah ne voit pas comment un morceau de tissu peut menacer la laïcité en France. On voit très bien, par contre, ce que serait le sort d'un homme portant la kippa dans le quartier shiite de Beyrouth.


De Beyrouth à Damas, il n'y a que le pas d'un fantassin syrien occupant le Liban. De son côté, le mufti de la monarchie syrienne enjoint à Chirac de revenir sur l'interdiction du hidjab sous peine de perdre l'amitié des Arabes. Lui aussi proclame que le voile de la femme est un des fondements de l'islam. Il ne faut plus s'étonner alors d'entendre de jeunes Français musulmans proclamer que le voile « est un des cinq piliers de l'islam ». C'est dans ce contexte que le correspondant à Beyrouth du journal en ligne Elaph est revenu sur l'affaire du hidjab de Khedidja Benguenna, speakerine à Al Jazira. Reprenant la formule rituelle utilisée par les starlettes égyptiennes « repenties », la speakerine a affirmé qu'elle avait « vaincu le diable ». En fait, l'article, non signé, attribue plutôt la reconversion de Khedidja à l'influence des Frères musulmans très présents au sein de la chaîne. A chacun son gourou. Khedidja, ex-speakerine de l'ENTV, a adopté le hidjab sur les conseils d'un prédicateur égyptien qui se produit également sur Al Jazira.

Comme toutes les nouvelles converties, Mme Benguenna a attaqué les femmes qui ne portent pas le voile parce que « soumises au diable », selon Elaph. Ces attaques, note notre confrère, montrent bien le véritable objectif de cette opération même si Khedidja claironne que sa décision était une question personnelle. Un spécialiste des médias estime, en effet, qu'il s'agit d'une opération médiatique destinée à faire la promotion du voile. Il ajoute, cependant, qu'il serait erroné de penser qu'il s'agit seulement d'une décision à caractère politique et religieux. Khedidja n'a pas renoncé à l'exhibitionnisme (tabarroudj) puisqu'elle met des hidjab de couleurs vives comme le font les Malaisiennes et les Indonésiennes. Sa décision, ajoute-t-il, peut donc être motivée par l'âge.

Dans tous les cas, Khedidja a ajouté un boulet de plus au pied de la femme arabe.

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Numéro 114 • vendredi le 16 janvier 2004

Un plan de paix irremediablement voue à l’echec
Shlomo Avineri
Los Angeles Times, le 4 janvier 2004

Maintenant que l’agitation qui a accompagné les soi-disant Accords de Genève s’est quelque peu calmée, il est peut-être temps de chercher à comprendre pourquoi la plupart des Israéliens n’a pas réussi à se rallier aux grandes lignes non officielles de ce plan visant à obtenir la paix avec les Palestiniens. Le problème le plus important auquel les Israéliens sont confrontés est qu’il existe une grande différence entre ce que les auteurs du texte prétendent qu’il dit et ce qu’il dit réellement. Par ailleurs, la façon dont cette initiative a été présentée pose problème en termes de crédibilité.

Intéressons nous à l’identité des auteurs de la proposition. Ils se sont présentés comme étant des personnages publics israéliens et palestiniens indépendants, tels que des intellectuels et des écrivains. Ce n’est pas tout à fait exact. Du côté israélien, cette affirmation est vraie: le groupe était composé de politiciens de l’opposition, d’intellectuels et d’écrivains. En revanche, du côté palestinien, le groupe était complètement différent : le principal initiateur palestinien, M. Yasser Abed-Rabbo, est un ancien ministre de l’Information et de la Culture de l’Autorité palestinienne. De plus, lorsque la proposition a été dévoilée le mois dernier à Genève, une lettre de M. Yasser Arafat, président de l’Autorité palestinienne, qui dans l’ensemble soutenait l’initiative, a été lue, tandis qu’un certain nombre de ministres palestiniens assistaient à la cérémonie. En réalité, les Accords de Genève sont un document approuvé par une partie de l’opposition israélienne et par la plus grande partie du corps gouvernemental palestinien. Il ne s’agit pas d’un document émanant de deux « sociétés civiles ».

Les concepteurs présentent le document comme une acceptation explicite par les Palestiniens de l’existence d’Israël en tant qu’Etat juif. Or il n’en est rien. Dans son préambule, le texte fait vaguement référence au droit des Juifs à disposer d’un Etat, mais il n’est nullepart mentionné que cet Etat sera en Israël ; il pourrait aussi bien se situer en Ouganda. Dans la mesure où la cause profonde du conflit réside dans le refus des Arabes d’accepter Israël en tant qu’Etat juif, de nombreux Israéliens ont l’impression que les initiateurs du texte étaient loin d’être sincères.

Cette impression concerne également le problème du droit au retour des réfugiés palestiniens de 1948 et de leurs descendants, qui constitue la pierre angulaire du dogme nationaliste palestinien. Les concepteurs du plan affirment que, dans leur document, les Palestiniens renoncent explicitement au droit au retour en Israël dans les propriétés d’où ils avaient fui ou desquelles ils avaient été expulsés durant la guerre de 1948. Mais ce n’est pas le cas. Il est vrai que le droit au retour n’apparaît pas explicitement dans le document, mais celui-ci établit que le problème des réfugiés sera traité dans le respect de la résolution 194 des Nations Unies. Cette résolution datant de 1948 ne mentionne pas spécifiquement un droit au retour ; elle dit de façon simple et explicite que les réfugiés « feront leur retour ». On apprend à chaque enfant palestinien que la résolution 194 constitue la légitimation internationale du droit au retour des Palestiniens. Dans ce cas encore, de nombreux Israéliens ont eu l’impression que les concepteurs de la proposition n’avaient pas été honnêtes.

En ce qui concerne la question des implantations juives dans les territoires occupés, les concepteurs ont présenté leur plan en « assurant » que la plupart de ses habitants resteraient là où ils étaient installés. Une nouvelle fois, ceci n’est pas exact. La lecture des cartes ajoutées aux documents démontre que 140 000 de ces 220 000 habitants des implantations de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza devraient être installés ailleurs. Cela représente un grand nombre de personnes et implique des décisions humaines, économiques et politiques difficiles. Même ceux qui soutiennent l’idée de faire déménager nombre de ses habitants sentent que les auteurs du projet n’ont pas été honnêtes avec eux.

D’autres problèmes émergent à la lecture du document : l’accord envisage de mettre en place un Groupe International de Vérification et de Mise en application qui serait responsable de la réinstallation des réfugiés, des questions concernant les frontières et de la structure complexe amenée à superviser une Jérusalem à nouveau divisée. Les Nations Unies, les Etats-Unis et l’Union européenne ne seraient pas les seuls membres de ce groupe, mais également la Ligue arabe. Etant donnée la grande autorité qui est reconnue à cette structure internationale, de nombreux Israéliens craignent que la souveraineté et l’indépendance de leur pays ne soient sérieusement mises en péril, sinon perdues, et que le pays ne soit transformé en quasi protectorat.

A ce malaise s’ajoute le fait que les Accords de Genève stipulent non seulement que les réfugiés palestiniens de 1948 pourraient prétendre à des compensations, ce qui semble raisonnable à la plupart des Israéliens, mais que les pays arabes de la région bénéficieraient également de compensations versées par Israël pour les années durant lesquelles ils ont « hébergé » les réfugiés. Si l’on considère l’utilisation cynique que plusieurs pays arabes ont fait des réfugiés palestiniens pendant les décennies qu’a duré le conflit, cette clause semble être la goutte d’eau qui fait déborder le vase, d’autant qu’elle n’a jamais été mentionnée dans la campagne qui a précédé la publication finale du plan.

On peut comprendre pourquoi le pouvoir palestinien, dans lequel M. Abed-Rabbo a joué un rôle prépondérant, sent qu’il lui faut lui-même se sortir du précipice dans lequel il s’est précipité après des années de participation à des actes terroristes et à des attaques-suicides. Mais on ne doit pas alors s’étonner que de nombreux Israéliens, y compris ceux qui sont prêts à faire des concessions considérables, considèrent qu’avec le plan des Accords de Genève, ils ont été menés en bateau par la machine de propagande palestinienne et par quelques complices israéliens conscients ou naïfs.

(Shlomo Avineri est professeur de sciences politiques à l’Université
hébraïque de Jérusalem.)

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Assad altère son interview au New York Times: un message aux Américains,
un autre aux Syriens

Middle East Media Research Institute (MEMRI), Dépêche Spéciale n° 638

Dans un article affiché le 5 décembre 2003 sur Al-Rai, site du parti communiste syrien, le journaliste syrien Subhi Hadidi (1) critique l’omission de longs passages dans la version syrienne de l’interview accordée par le président Bashar Assad au New York Times le 30 novembre 2003. L’interview a été menée en arabe, puis traduite en anglais par le bureau des publications d’Assad pour le New York Times, tandis qu’une version arabe a été publiée par l’Agence de presse Sana, affiliée au gouvernement syrien, ainsi que par le quotidien Al-Sharq Al-Awsat, édité en arabe à Londres. Voici quelques extraits de l’article de Hadidi affiché sur Al-Rai : (2)

Deux langues, deux versions
« Le président syrien a accordé une longue interview au journal américain New York Times, révélant la mentalité de Bashar Assad quant à ses paroles, ses actions et sa façon de faire. Il s’agit de l’interview la plus importante d’Al-Assad accordée à la presse américaine, interview qui fournit un bon exemple de la philosophie qui domine au palais présidentiel (…)

Peut-on concevoir que le président fasse des déclarations destinées à la presse américaine (et donc internationale, vu que l’interview a été menée en anglais), et que ces déclarations diffèrent de celles publiées par les médias syriens ? Si tel est bien le cas (…) comment ce président peut-il être considéré comme jeune, moderne et partisan de la réforme (même au sens le plus large du terme), et comment peut-il être considéré comme responsable ?

Commençons par mentionner les chiffres : la version anglaise, publiée sur le site du New York Times, contenait 11.280 termes (…) L’agence de presse syrienne Sana et la presse syrienne officielle ont publié une prétendue ‘version complète’, qui ne contenait que 5.500 termes. Le journal londonien Al-Sharq Al-Awsat publie la ‘version arabe complète de l’interview’, qui comprend quant à elle 7.667 mots.

Où ont disparu les 2.200 termes si, comme l’affirme la presse américaine, c’est bien le bureau présidentiel qui s’est chargé de la traduction en anglais ? Qu’a dit Al-Assad à l’Amérique et au monde entier qu’il n’a pas cru bon de révéler aux Syriens ?

La partie omise comportait des questions et des réponses portant sur la situation intérieure [en Syrie], l’Irak, le Hezbollah, la normalisation avec l’Etat hébreu et la coopération sécuritaire entre les Etats-Unis et la Syrie. Ce sont là des domaines qui nécessitent des progrès particuliers, mais je me contenterai de mentionner brièvement une étonnante déclaration du président Al-Assad, présente aussi bien dans la presse occidentale qu’arabe :

‘A cette époque [en référence aux années 80], Saddam Hussein envoyait de gros wagons chargés d’explosifs dans le but de tuer des milliers de Syriens. Il a abattu plus de 15.000 personnes en quatre ans.

Est-ce bien vrai ? Saddam Hussein a-t-il tué 15.000 Syriens en seulement quatre ans ? Quand donc Saddam a-t-il perpétré ces massacres terrifiants, et où ? Pourquoi n’en entend-on parler que maintenant ? Comment le gouvernement a-t-il pu si longtemps garder le silence sur un nombre aussi impressionnant de victimes parmi ses citoyens ?

Ne s’agit-il pas là d’une déclaration surprenante, si elle est vraie, et plus surprenante encore si elle est fausse ? Et si c’est un simple lapsus, n’est-il pas plus gênant encore qu’un mauvais pas dû au manque d’expérience ou qu’une bévue due à un manque de savoir-faire ? »

Assad : L’opposition en Syrie est loyale à la Syrie face aux Etats-Unis
« Le contenu omis par les médias syriens avait trait à la situation intérieure et peut être divisé en deux [parties] : des questions gênantes posées par l’interviewer, contenant, il faut bien l’admettre, une pression menaçante, et les réponses à ces questions (…)

L’une des réponses du président fut : ‘(…) L’opposition syrienne dans et en dehors de Syrie n’est pas favorable au régime syrien, à la constitution ou au gouvernement syrien. Toutefois, elle est contre les déclarations américaines concernant l’apport de la démocratie en Irak. Je veux dire qu’elle s’oppose à l’importation de la démocratie par la force ou par d’autres moyens. Telle est clairement son opinion, comme on peut le constater à la télévision ou dans les journaux (…)

Si Al-Assad est conscient d’une telle conformité d’opinion de la part de l’opposition syrienne et la mentionne aux Américains presque avec fierté, pourquoi la cache-t-il au peuple syrien ? Ce malheureux peuple est-il arriéré au point que même cela lui soit caché – bien qu’il finisse tout de même par être mis au courant par la télévision et les journaux, comme le fait remarquer le président lui-même ? Et si le peuple syrien est aussi arriéré, comment Al-Assad peut-il en faire si généreusement l’éloge quand il évoque l’ ‘amour’ du peuple pour le président ? (…) »

Assad : Les exigences des minorités concernant leurs droits n’ont rien à voir avec l’opposition au régime syrien
« En est-il de même des autres parties omises, qui consistent en ce que l’on pourrait appeler ‘un dialogue de sourds’ ? (…) Prenons par exemple cet échange entre le journaliste américain et le président syrien :

[Question] : Il fut une époque où le dialogue était ouvert, où les gens allaient à des forums et où il y avait des débats. Tout cela a pris fin. Pourquoi donc ?

Al-Assad : Rien n’a pris fin. Vous pouvez vous rendre à l’Institut Al-Atassi, et nous en avons beaucoup d’autres.

Question : Il y a tout juste deux mois, ils ont essayé d’en organiser un [forum] à Alep, et les hommes ont été arrêtés à leur arrivée.

Al-Assad : Il s’agissait d’un débat sur une certaine ethnie. Ils ne critiquaient pas le gouvernement ; ils évoquaient les droits des Kurdes (…) C’est l’unité nationale qui est en jeu quand on parle d’ethnies. Nous avons des Tchétchènes, des Arméniens, et la loi en Syrie ne permet pas d’en parler. C’est notre loi. Je ne connais pas ces gens, mais ils font des manifestations que notre loi interdit. Cela n’a rien à voir avec le régime.’

La vérité est que les gens comprennent pourquoi les médias syriens évitent de publier ce passage. Il n’existe pas d’institut Al-Atassi ; il y a seulement un club de ce nom. Les résidents d’Alep n’étaient pas en train de manifester, mais de participer à un symposium politique portant sur les droits des Kurdes ; mais même s’ils avaient manifesté, quel crime auraient-ils commis ?

Le président sait-il que des centaines de milliers de Kurdes syriens n’ont toujours pas la citoyenneté ? Sait-il que leur situation est pire que celle des Bédouins du Koweït ? (…)

Un autre exemple d’omission révèle l’un des aspects de la philosophie du président Assad : (…) [Assad] imagine que l’Etat et les citoyens vivent dans une saine [réalité] démocratique, et fait l’éloge excessif des réformes qui se mettent doucement en place.

Devant rendre compte de la lenteur des réformes, il ne met toutefois pas en cause l’opposition de la ‘vieille garde’, du parti Baath ou des personnes corrompues au plus haut niveau du régime, mais l’attribue à pratiquement une seule cause : le manque de personnel qualifié à même de [gérer] la réforme.

Voyons le dialogue qui suit :

Question : Il y a deux ans, à Damas, on pouvait assister à toutes sortes de débats sur la démocratie, la loi et la réforme économique, mais tout cela a disparu.

Al-Assad : C’est faux. Je vais vous donner l’adresse d’Atassi, qui représente l’opposition.

Question : Mais cela ne fait qu’une personne. Autrefois, il y en avait des dizaines.

Al-Assad : Permettez que je vous pose une question : quel est le chiffre idéal ?

Question : Ce n’est une question de chiffre : les gens ne se sentent plus libres d’avoir un débat public.

Al-Assad : Pourquoi n’allez-vous pas pour vous faire une idée par vous-même ?

Question : J’ai cherché des débats. Il est très difficile d’en trouver.

Al-Assad : Vous voulez qu’on vous donne des noms ?’

Assad veut-il dire que les clubs existent encore, comme autrefois ? Suffit-il de communiquer l’adresse de l’Institut Al-Atassi pour prouver l’existence de la liberté d’expression, sans même parler de la mise en place de la démocratie ? »

Assad cherchant à couvrir la corruption

« L’autre partie est encore plus surprenante, vu qu’elle repose sur l’exemple classique de la dérobade, au moyen de la langue politique moderne, de raffinement artistique, de tromperie et de l’art de s’esquiver.

L’[interviewer] interroge Al-Assad sur la corruption de l’entourage du président ; Al-Assad demande : ‘Pourquoi de mon entourage ? Que voulez-vous dire par là ?’ Sans hésiter, l’[interviewer] mentionne le cousin du président, qui fut pris dans une affaire de téléphones portables, et précise : ‘La liste est longue’. Le président répond : ‘Il est syrien comme tous les Syriens, et peu importe qu’il s’agisse de mon cousin, de mon frère ou de qui que ce soit d’autre. Il existe une loi en Syrie.’

Est-ce [la même] loi qui a puni Riyad Seif (3) d’avoir révélé les merveilles de l’affaire du téléphone portable ? Est-ce en vertu de l’esprit de cette loi que le président laisse entendre que Seif est en prison pour impôts non payés, tandis que d’autres ont essayé de menacer l’unité de l’Etat en ‘portant atteinte au régime syrien pluraliste ? (…)’

L’art de la dérobade devient silence dès qu’il s’agit du cousin, vu qu’il est syrien comme tous les Syriens, mais se transforme en accusation contre Riyad Seif, qui peut-être n’est pas syrien, et qui met en danger l’unité de l’Etat en s’occupant de problèmes ethniques (…)

Qui donc a édité, amendé et censuré l’interview du président ? Est-ce le protagoniste de l’entretien lui-même ? Est-ce un autre organisme, mieux versé dans la doctrine de la magie et du secret ? Pourquoi la traduction fournie au New York Times n’a-t-elle pas aussi été censurée ? Le palais [présidentiel] souhaite-t-il, en fournissant une traduction complète, persuader la presse américaine que le régime est géré avec intégrité et transparence, méprisant ce faisant l’intelligence des Syriens qui n’ont eu droit qu’à des passages sélectionnés ? »

(1) Hadidi réside actuellement à Paris et écrit, entre autres, pour le quotidien londonien Al-Qods Al-Arabi.
(2) Al-Rai (Syrie), le 5 décembre 2003 http://www.arraee.com/artical/nov/artical_05-01.htm
(3) Ancien membre du Parlement syrien condamné en juillet 2002 à cinq ans de prison pour avoir «illégalement tenté de changer la constitution.»

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Numéro 113 • vendredi le 9 janvier 2004

La duplicité morale de l’Europe
face à l’antisémitisme

Cobi Benatoff et Edgar Bronfman
Financial Times, 5 janvier 2004

[Traduction française exclusive de Prof. Annette Paquot et David Ouellette pour ICJR]

L’antisémitisme peut s’exprimer de deux manières: par l’action et par l’inaction. Remarquablement, la Commission européenne est coupable des deux. D’abord, la Commission a publié un sondage d’opinion déficient et redoutablement incendiaire qui prétendait identifier Israël comme la plus grande menace à la paix mondiale. Puis, elle a censuré une étude commandée par son propre Monitoring Centre [Note du traducteur : Observatoire européen du racisme et de la xénophobie] faisant état de l’implication de minorités islamiques dans la progression de l’antisémitisme européen.

Ne mâchons pas nos mots : ces deux actions étaient motivées politiquement et manifestaient un manque de volonté et de décence. Les faits sont en effet incontournables et il y a grand péril à les ignorer. Dans ce cas-ci, les personnes exposées au plus grave danger ne sont pas les obstructionnistes qui ont caché cette étude depuis près d’un an, mais les Juifs d’Europe : témoins et victimes du plus barbare acte de massacre et de cruauté perpétré de mémoire de ceux qui y vivent. À l’inaction, il faut opposer l’action et la transparence doit être la marque des institutions démocratiques; c’est pourquoi nous avons rendu public le rapport de l’Observatoire. Selon l’enseignement du Talmud, qui se tait consent et c’est pourquoi nous ne nous reposerons pas tant que chaque parlementaire européen, État membre et institution intergouvernementale n’aura pas en main un exemplaire de ce rapport.

L’importance de cette étude est claire pour quiconque la lit. Considérez seulement sa révélation la plus fondamentale voulant «que l’on ne peut nier l’existence d’un lien étroit entre la montée de l’antisémitisme et l’escalade du conflit au Moyen-Orient». Le rapport explique que la politique d’Israël envers les Palestiniens fournit un alibi pour «dénoncer les Juifs en général» à travers l’Europe.

Le rapport établit correctement que « des facteurs qui ordinairement déterminent la fréquence d’incidents antisémites… tels que la force et le degré de mobilisation que peuvent générer les partis et groupes d’extrême-droite … n’ont pas joué de rôle décisif» dans la propagation d’incidents antisémites depuis le début de la seconde intifada. L’étude conclut que les incidents antisémites commis pendant la période observée ont été commis avant tout par des extrémistes de droite, des islamistes radicaux, des jeunes musulmans et la gauche pro-palestinienne. Elle signale « que le postulat dominant de l’antisémitisme contemporain est toujours celui de la conspiration juive mondiale ».

Ces conclusions ne sont pas théoriques. En 2002, l’étude annuelle sur l’antisémitisme dans le monde du Congrès juif mondial conclut qu’avant le déclenchement de la seconde Intifada en septembre 2000, la violence physique était surtout dirigée contre des institutions, principalement les cimetières et les synagogues.

Au cours de 2002, toutefois, ce modèle a changé de manière spectaculaire et le nombre d’agressions physiques contre des individus juifs ou des personnes ressemblant à des Juifs, a presque doublé. En France, alors que le débat sur le port de vêtements et d’accessoires religieux à l’école se poursuit, le Grand Rabbin de France a dû suggérer aux hommes juifs de porter des casquettes de base-ball au lieu de la kippa traditionnelle pour des raisons de sécurité personnelle.

À l’extérieur d’Israël, la majorité des agressions antisémites violentes ont eu lieu en Europe occidentale. Que l’Union européenne dissimule ces faits empeste la malhonnêteté intellectuelle et la duplicité morale.

La lutte contre l’antisémitisme, la forme de racisme la plus ancienne du monde, a subi une immense défaite aux mains des censeurs européens. L’Europe a parachevé l’antisémitisme au siècle dernier et ceux qui désirent voir le continent libéré de ce mal ne peuvent permettre à une poignée de brutes, qu’ils soient dans la rue ou au parlement, de salir un peuple qui n’a de leçons à recevoir de personne dans l’histoire de l’apaisement et de l’inaction.

Les démocraties ne sont pas jugées en vertu du traitement qu’elles réservent aux majorités actuelles ou futures, mais en vertu du traitement de leurs minorités. Une épreuve majeure aura lieu le mois prochain à un séminaire convoqué conjointement par Romano Prodi, président de la Commission et le Congrès juif européen, qui confrontera le défi de l’antisémitisme sur le continent. Nous attendons ses résultats.

Les nations européennes ont déjà été les exportatrices des valeurs démocratiques dans le monde, les protectrices des droits humains et les fondatrices de la liberté des hommes. De notre vivant, l’Europe a aussi engendré et exporté le plus grand mal de l’humanité. Ce sont là des vérités indéniables. Au moment où l’Europe débat sur la question de savoir si sa constitution devrait faire référence à son histoire chrétienne, il n’est peut-être pas déplacé de citer le Nouveau Testament : « vous connaîtrez la vérité et la vérité fera de vous des hommes libres». L’Europe devrait tenir compte de ces mots.

(Edgar M. Bronfman et Cobi Benatoff sont respectivement présidents
du Congrès juif mondial et du Congrès juif européen.)

Merci à Prof. Annette Paquot, Université de Laval, et David Ouellette, chercheur associé de l'ICRJ et membre du groupe de recherche «Islam et identités nationales européennes» [Université de Montréal] pour cette traduction française.

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Le déshonneur du Président de la CE
Raphael Grynpas
Primo-Europe, 7 janvier 2004

Le quotidien londonien The Financial Times a publié, le 5 janvier 2004, un court article où d’éminents représentants des communautés juives Messieurs E.M. Bronfman, pour le Congrès juif mondial, et C. Benatoff, pour le Congrès juif européen exprimaient leurs griefs vis-à-vis de la CE pour sa « malhonnêteté intellectuelle (intellectual dishonesty) » et son « imposture morale (moral treachery) ».

En vrai démocrate et premier responsable politique de l’Union Européenne (UE), qui se veut un modèle d’ouverture, d’équité et de liberté d’expression, M. R. Prodi a décidé de punir ces gens, qui osent découvrir la laideur du politiquement correct européen, en supprimant le séminaire sur l’antisémitisme en Europe prévu le mois prochain à Vienne. Rappelons que c’est Monsieur Prodi lui-même qui avait proposé la tenue de ce séminaire lors de son dernier passage à New York, en réponse aux inquiétudes exprimées par les représentants de la communauté juive des Etats-Unis.

Monsieur le Président de la Commission Européenne (CE), dont le déficit démocratique constitue la réserve des honnêtes gens depuis près de 50 ans, a supprimé ce [séminaire] , parce que ce qui n’est pas dans l’ordre de ce déficit démocratique est tout simplement interdit.

En effet, ce qu’exprime la misérable missive du petit Prodi et de ses petits camarades revient à dire à d’authentiques représentants des communautés juives qu’ils n’ont pas droit à la parole, parce qu’ils ne plaisent pas au Prince. Cette censure est tragique parce qu’elle empêche un débat public entre les parties concernées visant à freiner la remontée de l’antisémitisme, lequel est enraciné dans la psychée de trop nombreux européens.

Cette annulation ressemble fort à une ignominie, mais ce n’en est sans doute pas une aux yeux du Président d’une institution qui rationalise la plupart de ses initiatives en invoquant les principes de la démocratie. Cela fait penser à la charité chrétienne des inquisiteurs ou, plus récemment, à la liberté offerte par la dictature du prolétariat. L’initiative du Président de la CE semblerait indiquer que la liberté européenne ne tolère pas la contradiction et encore moins l’accusation de comportements malfaisants.

Alors, pour continuer à justifier un discours lénifiant et plein de bons principes, la CE a choisi de se déshonorer en interdisant l’analyse publique (le séminaire annulé) de sa responsabilité dans la résurgence de l’antisémitisme. A moins que ce ne soit de la lâcheté. Monsieur Prodi et ses portes coton ont choisi le déshonneur au détriment de la recherche de la vérité.

Remarquons que cette manière de procéder est absolument identique à cette vielle coutume des antisémites, qui consiste à accuser les Juifs d’être la cause de l’antisémitisme. Il faut à la vérité dire que si les Juifs n’existaient pas, il n’y aurait pas d’antisémitisme, mais que Monsieur Romano Prodi ne serait pas un démocrate chrétien, mais un démocrate tout court… En effet, nous avons appris récemment que Jésus, Marie et Joseph étaient des Palestiniens. Certes, la CE n’est pour rien dans cette découverte, mais c’est la politique qu’elle mène systématiquement contre la légitimité d’Israël, comme le financement du terrorisme palestinien ou du moins le refus de l’UE de contrôler ce que l’Autorité palestinienne fait avec l’argent des contribuables européens, qui a permis à cette contre-vérité d’occuper les commentaires des amis de Monsieur Prodi et des encenseurs des Institutions européennes.

Pour illustrer les faits reprochés à la politique de l’UE, Messieurs Bronfman et Benatoff rappellent deux initiatives récentes d’organismes prétendument indépendants de la CE, qui les financent… La première est le rapport issu de Vienne qui dénonçait l’immigration musulmane et la gauche pro-palestinienne pour son activisme antisémite violent ; rapport que la Commission a tenté de dissimuler. La deuxième initiative est le sondage qui prétendait que près de 60% des citoyens européens voyaient en Israël, le pays qui menaçait le plus la paix mondiale. Or, comme nous l’avons montré sur ce site, ce sondage était intentionnellement biaisé et donc, ses résultats étaient totalement faisandés.

Dans ce dernier cas, la mauvaise foi de la Commission s’est étalée dans les déclarations de son porte-parole, qui n’a pas hésité à montrer dans quel mépris il tenait le public européen, mais semble-t-il, cela a échappé à la plupart des journalistes francophones, qui ne sont pas là pour investiguer mais pour sagement répercuter les positions officielles, les commenter et les défendre ; tout ça en toute indépendance, bien sûr.

Le minable prétexte invoqué par son Excellence Monsieur R. Prodi a une seule signification : la volonté de poursuivre la politique pro-Arafat de la Commission, c’est-à-dire de soutenir résolument l’irrédentisme palestinien au détriment des Palestiniens eux-mêmes et des Israéliens et, partant, de la paix entre un pays reconnu par 161 états et un état dont l’avenir dépend de la paix. En annulant le séminaire de Vienne, Monsieur Prodi et sa Commission ont choisi de continuer à entretenir cette maladie de l’âme qu’est l’antisémitisme, parce qu’ils se sont ainsi interdits de dégager les causes du mal.

Ne doutant pas que c’est un homme intelligent, il ne s’étonnera pas que la CE, c’est-à-dire l’UE soit exclue des décisions futures au Proche-Orient. En effet, quelle crédibilité les parties concernées par le conflit peuvent-[elles attribuer] à une Excellence qui se comporte comme un sale gosse : tu m’as critiqué, je vais te punir. Autant pour le niveau et la qualité de la diplomatie européenne. Or, les critiques de Messieurs Bronfman et Benatoff n’étaient tout au plus qu’une qualification de la manière dont la politique européenne au Proche-Orient est justifiée et défendue par la Commission, manière qui entretient et renforce l’antisémitisme.

Il reste à savoir si son Excellence Monsieur le Président Prodi et sa Commission sont prêts à assumer les conséquences de leurs choix, ou s’ils vont s’engager plus avant dans la malhonnêteté intellectuelle et l’imposture morale.

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N.B. Le président du CRIF, Roger Cukierman s'est déclaré d'accord avec les présidents du Congrès juif mondial et du Congrès juif européen qui avaient accusé hier la Communauté européenne d'antisémitisme, dans un article publié par le 'Financial Times'. (Guysen.Israël.News)

Le président de la Commission européenne, Romano Prodi, est revenu sur sa décision d'hier : le séminaire européen sur l'antisémitisme aura bien lieu comme prévu, en février 2004. (Guysen. Israël. News)

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