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Communiqué Isranet Volume III, Numéro 156 • vendredi, le 29 octobre 2004 Sacrifier Israël L'axe central de la politique étrangère de John Kerry est le rétablissement de nos alliances, afin que le monde vienne à notre aide, particulièrement en Irak. Il répète cela sans cesse, parce que c'est la seule idée de politique étrangère qu'il puisse offrir. Le problème, pour Kerry, c'est qu'il n'est même pas en mesure d'expliquer comment il se propose d'y parvenir. Mais vous pouvez croire, comme je le fais, qu'il en a l'intention. Il y a peu de chances pour que
le seul fait d'arborer un nouveau visage europhile ébranle tellement
les alliés, que les troupes françaises se mettent à
arpenter les rues de Bagdad. Par conséquent, vous pouvez croire
que Kerry fait seulement preuve de cynisme en s'engageant à faire
venir les alliés en Iraq, alors qu'il se sait incapable d'y parvenir.
Mais vous pouvez croire, comme je le fais, qu'il en a l'intention. Réfléchissez un instant : contre quoi les Européens et les Etats arabes se répandent-ils en amères critiques au Moyen-Orient ? Quelle est (en dehors de l'Irak) la région à propos de laquelle la politique des Etats-Unis suscite le plus de frictions ? Quel est le problème qui, à lui seul, isole le plus l'Amérique de l'écrasante majorité des pays membres des Nations unies ? La réponse est claire : Israël. Quel prix devrons-nous payer aux
autres nations du monde en échange de leur soutien dans des régions
telles que l'Irak ? La réponse est claire : leur céder
à propos d'Israël. "Pour remplir leur part d'un nouveau marché avec nos alliés, les Etats-Unis doivent se réengager à… mettre un terme au conflit israélo-palestinien... Si nous nous réengageons dans le processus de paix et rétablissons, avec nos alliés, les liens qui s'étaient détériorés, qu'est-ce qu'un président démocrate devra leur demander en contrepartie ? En premier lieu, nous devrons leur demander un véritable engagement militaire et financier en Afghanistan et en Irak". Ainsi, aux termes d'un "nouveau marché avec nos alliés", l'Amérique se "réengage" dans le "processus de paix", et reçoit en échange aide militaire et argent pour l'Afghanistan et l'Irak. Ne vous laissez pas duper par l'euphémisme "processus de paix". On sait ce que le "processus de paix" a signifié au cours des huit années durant lesquelles Berger a été en poste à la Maison Blanche, sous Clinton - Maison Blanche dans laquelle Yasser Arafat a été invité plus souvent que n'importe quel autre dirigeant de la planète. Résultat : on a cru aux duperies d'Arafat en matière de paix, sans lui faire grief de ses incitations ni de son appui permanents au terrorisme. Résultat : une pression permanente sur Israël pour qu'il fasse concession après concession en matière de territoires - sans aucune contrepartie. Pire encore : Arafat a finalement déclenché une guerre brutale de terreur, qui a tué un millier d'Israéliens innocents. "Un réengagement dans
le processus de paix", c'est exactement ce à quoi les Européens,
les Russes et les Nations unies ont poussé les Etats-Unis pendant
des années. Croyez-vous que ces pays ont à coeur la sécurité
d'Israël ? Ils laisseraient immédiatement tomber Israël,
et c'est précisément pour ce faire qu'ils font pression
sur l'Amérique. Se réengager dans un "processus
de paix" alors que la violence continue et qu'Arafat est au pouvoir,
c'est défaire la politique moyen-orientale de Bush. Cette politique
- qui consiste à isoler Arafat, à soutenir le droit d'Israël
à se défendre en attaquant l'infrastructure terroriste
et en construisant une barrière défensive - a réussi
à vaincre l'Intifada et à obtenir une étonnante
réduction de 84% des victimes israéliennes innocentes. Vous voulez vous concilier "la
communauté internationale" ? Sacrifiez Israël. Graduellement,
bien sûr, et toujours sous les apparences de "la paix".
Mettez une pression impitoyable sur Israël pour qu'il fasse des
concessions à une direction politique palestinienne qui a prouvé
(à Camp David, en 2000) qu'elle ne fera jamais la paix. Volume III, Numéro 155 • vendredi, le 22 octobre 2004 Comment
nous vivons maintenant en Israël L'autre
jour, j'ai acheté à mon épouse une jupe et un chemisier
dans une succursale de Benetton, à Ramallah. Je faisais des emplettes
au Centre commercial Plaza, un magasin rutilant de deux étages,
inauguré il y a environ un an, pour un coût estimé
à 10,2 millions de dollars, et qui s'enorgueillit également
d'un magasin d'articles de sport, d'un café-bar, d'un point de
vente de hamburgers, appelé McChain's, et d'un supermarché
style américain. Un endroit agréable : j'aimerais que
mon épicerie israélienne locale fût aussi propre
et appétissante ! Bien sûr, la Palestine n'est pas le Centre commercial Plaza, pas plus qu'Israël n'est le bar de Shakra. En effet, au vu des nouvelles de la région pour les deux semaines passées, on a une tout autre image de la situation : celle de jeunes enfants israéliens tués par un tir de missiles palestiniens ; de durs combats dans la bande de Gaza ; de multiples attentats terroristes synchronisés visant des Israéliens dans le Sinaï. Cependant, de l'avis de la plupart des Israéliens, ainsi que de beaucoup de Palestiniens, la violence de l'Intifada - qui vient d'entrer dans sa cinquième année, ce mois-ci - semble être en récession. Quiconque visite Jérusalem aujourd'hui ne verra pas la ville-fantôme qu'elle était en 2002, quand Israël subissait une moyenne d'une explosion-suicide par semaine. Et quiconque visite Ramallah trouvera ce qui est, selon les normes arabes (à l'exception des Etats du Golfe), une ville calme et prospère sur le plan économique, où les seules ruines causées par les Israéliens sont celles du quartier-général de l'Autorité palestinienne, délibérément laissées en l'état comme un monument d'agitprop arafatien. Comment les choses se sont-elles améliorées de façon aussi spectaculaire, et si rapidement, pour les Palestiniens comme pour les Israéliens ? Commençons en rappelant l'assassinat, par Israël, en mars, du dirigeant spirituel du Hamas, le Cheikh Ahmed Yacine. A l'époque, l'action avait été quasi universellement condamnée comme irresponsable et contreproductive. Un éditorial du Daily Telegraph - généralement pro-israélien - est allé jusqu'à écrire : "En accordant à Yacine le martyre qu'il implorait, les Israéliens ont donné [aux Palestiniens] un prétexte à de nouveaux attentats-suicide". [Et d'ajouter] : "Davantage de jeunes Palestiniens tomberont amoureux de la mort, et davantage de civils israéliens mourront avec eux". Pourtant, le résultat de cette action pour Israël a été près de six mois consécutifs sans terreur. Non que les groupes terroristes palestiniens aient manqué de motivation pour perpétrer des attentats, mais ils n'en avaient pas les moyens. Les dirigeants du Hamas, du Djihad islamique, et ceux des Brigades d'al-Aqsa de Yasser Arafat, ont dû passer leur temps à chercher à survivre, au lieu de planifier de nouvelles attaques. L'armée israélienne a emprisonné un nombre-record de suspects d'actes de terreur - quelque 6.000 d'entre eux sont aujourd'hui dans les prisons israéliennes -, et leurs aveux ont fourni des informations pour de futures arrestations. Mais le plus important, c'est que la barrière de sécurité a commencé à rendre le centre d'Israël presque impénétrable aux infiltrés palestiniens. (Le double attentat-suicide d'août, à Beersheba, a eu lieu précisément parce qu'il n'y a pas encore de barrière de sécurité séparant cette ville de la ville palestinienne de Hébron, d'où les terroristes ont été envoyés.) Considérées globalement, ces mesures prouvent ce qu'une légion de diplomates, de spécialistes et de journalistes se sont efforcés de nier, à savoir : il y a une solution militaire au conflit. C'est vrai en deux sens. D'abord, une réponse militaire suffisamment forte au terrorisme n'alimente pas simplement un cycle de violence (ce qui est le cas d'une réponse militaire faible); au contraire, elle accélère la cessation du massacre. Cela permet aux Israéliens et aux Palestiniens de reprendre un semblant de vie normale. En second lieu, une solution militaire crée de nouvelles réalités concrètes et de nouvelles perceptions stratégiques, dont peuvent émerger des occasions politiques qui n'ont pu être saisies auparavant. Examinons le cas d'Israël. Bien que la barrière de sécurité soit considérée, à l'échelle internationale, comme "le mur de Sharon", en fait, durant les deux premières années de son mandat, le Premier ministre s'est tacitement opposé à la construction de la barrière, pour la simple et bonne raison qu'elle impliquait une sorte de frontière s'étendant sur toute la terre d'Israël, considérée comme indivisible. Mais le succès avéré de la barrière de sécurité a contraint Ariel Sharon à changer son point de vue. Dans la situation de conflit asymétrique dans le monde d'aujourd'hui, la sécurité d'Israël repose moins sur la possession d'une vaste superficie de territoire, que sur la séparation physique entre les Israéliens et la population hostile dans laquelle ils vivent. Et comme le but est de permettre à un maximum d'Israéliens de vivre d'un côté de la ligne, et à un maximum de Palestiniens de vivre de l'autre, le démantèlement d'au moins certaines implantations devient nécessaire. Le seul problème réel est la manière d'évacuer ces implantations sans provoquer des troubles intérieurs en Israël, ni envoyer un message de faiblesse à l'ennemi - et, bien sûr, tout en obtenant l'approbation parlementaire de ce processus. Voyons maintenant le cas de l'Autorité palestinienne. Comme la plupart des observateurs sérieux le reconnaissent maintenant, l'origine de cette Intifada n'a pas été un accès spontané de fureur populaire en réaction à la promenade de M. Sharon sur le Mont du Temple, il y a quatre ans. Ce fut une manoeuvre préméditée et opportuniste de Yasser Arafat, en vue de réaffirmer sa crédibilité révolutionnaire aux yeux des Palestiniens, tout en obtenant par la force le peu de concessions qu'Israël avaient consenties après la débâcle de camp David. Elle a échoué sur les deux plans. Israël a tourné le dos à la 'colombe' Ehud Barak, au bénéfice du 'faucon' Sharon. Et les Palestiniens, comme les Arabes en général, ont tourné le dos à Arafat. "Sous M. Arafat, l'Autorité palestinienne a commencé à s'écrouler", a écrit Ahmed Al-Jarallah dans Arab Times. "Les Palestiniens eux-mêmes ont commencé à remettre en cause la nécessité de son existence. M. Arafat devrait abandonner son poste, parce qu'il est le chef d'une autorité corrompue. Il n'a aucun titre à demeurer en politique. Il a détruit la Palestine". L'été passé, le mécontentement intérieur à l'égard d'Arafat a failli tourner à la révolte pure et simple. C'était aussi un résultat direct et positif de la politique militaire d'Israël. En montrant un Arafat faible dans son QG, elle a été cause qu'Arafat est devenu faible. En affaiblissant Arafat tout en démolissant simultanément le Hamas, cette politique israélienne a favorisé l'émergence d'une cohorte de dirigeants comparativement plus pragmatiques, prêts à abandonner cette Intifada dès qu'ils le pourront. Mais, par-dessus tout, en montrant aux Palestiniens que la douleur qu'ils subissaient était celle qu'ils avaient infligée, elle a imposé une discrète réappréciation de l'utilité de la violence comme outil politique. La question majeure pour les Palestiniens est de savoir vers quoi se dirige la cause de leur mouvement national. Durant 35 ans, elle s'est identifiée à la personne d'Arafat ; lui absent, il n'y a vraiment pas grand-chose qui unit un Palestinien de Gaza à un Palestinien de Jénine, si ce n'est une identité arabe transcendantale et une haine commune d'Israël. A l'ère post-Arafat, attendez-vous à ce que la politique palestinienne se déplace dans des directions non palestiniennes : probablement panarabe, peut-être islamiste, voire - avec un peu de chance, un brin d'aptitude à la conduite d'un Etat et une période de calme - occidentale. En ce qui concerne Israël, ces quatre dernières années ont également apporté leur part de leçons. Sur le plan tactique, après des débuts mal assurés, les forces israéliennes de sécurité ont appris comment mater une insurrection massive de guérilla terroriste, un succès remarquable, que les stratèges militaires américains feraient bien d'étudier. Sur le plan stratégique, une majorité d'Israéliens ont conclu que, puisque la paix avec cette génération de dirigeants palestiniens est impossible, se séparer d'eux était essentiel. Et sur le plan moral, Israël a appris que même la démocratie la plus indisciplinée peut résister à un assaut prolongé de terrorisme, et choisir de ne pas y céder. Un choix rendu plus aisé, quand on sait qu'il n'y a pas d'alternative. (Bret Stephens, qui était, jusqu'à il y a peu, rédacteur en chef du Jerusalem Post, est à présent membre du Comité de rédaction du Wall Street Journal. ) (Merci à Menahem Macina (upjf.org) pour la traduction française.) -------------------------------------------------------------------------------- Elmasry:
Tout Israélien de 18 ans et plus est une cible légitime Comme Judéoscope le rapportait la semaine dernière, le Congrès islamique du Canada (CIC) et le National Post sont engagés dans un bras de fer de délégitimation réciproque. D'un côté, le CIC accuse du haut de toutes les tribunes médiatiques le National Post d'être un journal anti-musulman parce qu'il qualifie des organisations comme le Hamas de groupes terroristes islamiques. De l'autre côté, le National Post détecte dans le discours et les prises de position du président du CIC, Mohamed Elmasry, un certain extrémisme politique. Dans un éditorial publié aujourd'hui dans le National Post, l'empoignade est montée d'un cran. Intitulé «Hamas's Canadian Cheerleader» [Le partisan canadien du Hamas], l'éditorial rapporte un échange entre Elmasry et l'animateur de l'émission Michael Coren Live diffusée le 19 octobre dernier. Le National Post rapporte:
Le Congrès islamique du Canada prétend être représentatif des musulmans canadiens. Or il y a fort à parier que seule une minorité de musulmans, ici comme ailleurs, cautionnent aussi généreusement le terrorisme palestinien que M. Elmasry. C'est d'ailleurs le pari que fait le National Post en invitant les Canadiens musulmans à lui écrire pour se distancer des propos odieux de M. Elmasry. L'initiative du National Post est excellente: il est grand temps que les musulmans modérés dénoncent le CIC et sa prétention de parler en leur nom. Prétention qui est d'ailleurs renforcée par les politiciens canadiens les plus en vue: le 4 octobre dernier, le CIC a tenu sa soirée de gala annuelle à Ottawa. D'après le CIC, la vice-premier ministre et ministre de la Sécurité publique Anne McLellan, le leader de l'opposition (Parti conservateur) Stephen Harper et le leader du Nouveau Parti Démocratique Jack Layton étaient tous présents à la réception. Tous ont déclaré leur intention de collaborer avec le CIC lors de la révision des lois antiterroristes qui débutera en décembre prochain. Qu'une organisation dont le président appuie un groupe terroriste banni au Canada soit assurée de la collaboration de la ministre canadienne de la Sécurité publique dans la révision des lois antiterroristes est une dérision de ces mêmes lois.
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