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Communiqué Isranet
Volume IV, Numéro 173 • vendredi, le 25 février 2005 Israël fixe les limites
Dimanche dernier Israël a franchi deux Rubicon. Le Cabinet a décidé, une fois pour toutes, de se retirer de Gaza et de démanteler 25 implantations - 21 à Gaza et quatre dans la partie nord de la Rive Occidentale du Jourdain. Toutefois, si Israël s'en était tenu là, ces mesures auraient été considérées, à juste titre, comme une une retraite pour Israël, une victoire pour le terrorisme, et une reddition unilatérale à une Intifada de quatre ans. C'est pourquoi la deuxième décision israélienne était si importante. Le Cabinet a également voté l'achèvement, sur la Rive Occidentale du Jourdain, de la barrière de sécurité qui séparera les populations israéliennes et palestiniennes et créera la frontière initiale entre Israël et la Palestine naissante. La décision concernant la barrière de sécurité montre clairement que le retrait unilatéral de Gaza n'est qu'une partie d'une plus vaste stratégie, la première idée stratégique sérieuse qu'ait eue Israël depuis sa période de confusion et de démoralisation totales au début de l'Intifada, en 2000. L'idée est la suivante: Israël doit (unilatéralement, au besoin) justifier après coup ses lignes défensives en montrant : premièrement, qu'elles protègent ses citoyens, deuxièmement, qu'elles désamorcent, de manière permanente, la menace terroriste palestinienne, et troisièmement, qu'elles ouvrent ainsi la voie à une paix finale. L'évacuation de Gaza et l'achèvement de la barrière sont les éléments complémentaires de cette stratégie. Gaza et la partie nord de la Rive Occidentale du Jourdain sont séparés d'Israël par des barrières. Pas un seul terroriste-suicide n'a pu les franchir. Résultat : le nord d'Israël jouit du calme. Mais à Gaza, qui est également entouré d'une barrière, le carnage a continué. Pourquoi? Parce que 8.200 Juifs vivent du mauvais côté de la barrière. Les défendre impliquerait d'énormes déploiements militaires israéliens, de grands dangers, et n'apporterait aucun bénéfice réel. Chacun sait que, finalement, cet îlot de Juifs, dans une mer d'un million d'Arabes, devra disparaître. Une fois qu'Israël aura quitté Gaza, et que le reste de la barrière de Judée-Samarie sera achevé, les populations israéliennes et palestiniennes seront presque parfaitement divisées dans leurs territoires respectifs, qui seront définis par cette frontière provisoire. La barrière approuvée par le Cabinet, dimanche dernier, laisse à peu près 1% d'Israéliens du mauvais côté (palestinien) de la barrière et quelque 0,4% de Palestiniens du mauvais côté (israélien) de la barrière. (Ces chiffres excluent la Jérusalem polyglotte.) Cette barrière défensive séparant les deux populations empêchera non seulement les terroristes-suicide de massacrer des centaines de civils innocents, mais elle modifiera toute l'équation stratégique du conflit israélo-palestinien. En effet, elle fera disparaître l'arme du terrorisme, que les Palestiniens ont brandie dans le passé, et qu'ils brandiront sûrement encore, à chaque étape des négociations, quand leurs demandes maximalistes ne seront pas acceptées. Il pourra, certes, y avoir des attaques-surprise. Mais il en va de même pour l'Espagne et l'Indonésie, comme pour une grande partie du monde aujourd'hui. Ce qui change, avec le retrait de Gaza et la barrière, c'est que le terrorisme comme arme efficace, menace permanente et atout stratégique, cesse d'exister. Et une fois cette option enlevée, les Palestiniens seront contraints, à terme, d'en venir à la conclusion collective que le monde attend depuis 57 ans - à savoir, qu'ils ne peuvent pas jeter les Juifs à la mer et doivent donc négocier un compromis pour une paix permanente. Il est possible que ce jour n'advienne pas immédiatement. Mais ce qu'il y a de remarquable, dans le plan de retrait et dans la barrière, c'est que, en attendant, ils créent un status quo stable avec un niveau minimal de violence. Durant cette période intermédiaire, Israël peut vivre en paix et les Palestiniens peuvent développer leurs institutions étatiques et commencer à envisager de mettre un terme final au conflit. Pourquoi Ariel Sharon a-t-il fait cela ? Le père du mouvement des implantations a-t-il perdu la tête ? Est-il devenu défaitiste ? Non. La droite israélienne a mûri et a abandonné le rêve erroné d'un Plus Grand Israël englobant les territoires palestiniens. Et la gauche israélienne a mûri, elle aussi : après s'être fait avoir par l'Intifada, elle a compris qu'on ne confie pas la vie de ses enfants à la promesse d'un ennemi qui aspire à vous détruire. Pour l'instant, on ne fait confiance qu'à la barrière défensive et à la puissance dissuasive de l'armée israélienne. Sharon n'a rien d'un rêveur, dans le style de Yitzhak Rabin et Shimon Peres, qui ont cédé des territoires contre un morceau de papier. Sharon, comme tout bon général - et il fut un grand général -, abandonne du terrain pour une ligne défensive stable. Tout le monde veut la paix, mais la véritable hantise de Sharon est le terrorisme. Dans les années 50, à l'époque où il était jeune commando, c'était un fanatique du combat anti-terroriste. Supprimez l'arme de la terreur et tout le reste suivra : la sécurité, la stabilité et les conditions pour une paix finale. Une paix basée non sur la bonne volonté d'un Sharon ou d'un Mahmoud Abbas, mais sur la nouvelle réalité du terrain: des nations séparées par la limite d'une barrière provisoire ayant pour but de faire régner une paix provisoire et de rendre possible une paix définitive. Merci à Menahem Macina (upjf.org) pour la traduction française. L'antisémitisme
évolue L'antisémitisme peut sembler être un phénomène statique, immuable, mais en réalité l'histoire de la haine obsessionnelle des Juifs remonte à des millénaires et n'a jamais cessé d'évoluer. Les développements intervenus depuis la Deuxième Guerre mondiale et l'Holocauste ont été particulièrement rapides et profonds. Voici quatre des principales transformations en question:
L'étude globale de ces développements suscite plusieurs réflexions sur l'avenir, précaire, des trois principales communautés juives. Israël, entouré d'ennemis qui, au cours de la dernière génération, ont déshumanisé les Juifs d'une manière rappelant celle de l'Allemagne nazie des années 1930, est confronté au danger le plus brûlant. Dans les deux cas, les gouvernements ont lancé des campagnes systématiques visant à transformer le voisin juif en une menace bestiale qu'on ne saurait maîtriser qu'en la détruisant. Dans l'Allemagne nazie, cette attitude trouva son apogée dans les camps de la mort; aujourd'hui, elle pourrait, et je dis bien pourrait – je ne prédis pas que ce sera le cas –, déboucher sur une grêle de bombes nucléaires tombant sur Israël, une perspective qu'un puissant dirigeant iranien évoqua publiquement. Nous assisterions alors à un deuxième holocauste, impliquant une nouvelle fois six millions de Juifs. Les plus menacés sont ensuite les Juifs européens, bien que les dangers qu'ils affrontent soient plus ordinaires: isolation politique et sociale, déprédations commises par les islamistes, les terroristes arabes palestiniens et autres têtes brûlées, et sentiment grandissant que les Juifs n'ont plus d'avenir sur ce continent. Un exode pourrait donc bientôt s'y produire, à l'image de l'exode des Juifs qui, après la Deuxième Guerre mondiale, quittèrent les pays musulmans, où la population juive passa de 1 million environ en 1948 à quelque 60 000 aujourd'hui. Enfin les États-Unis: les Juifs américains n'en ont peut-être pas été conscients, mais les soixante dernières années ont constitué pour eux un âge d'or juif, probablement plus brillant encore que ceux d'Andalousie, d'Aragon, d'Allemagne, de Hongrie, de Lituanie et de Prague. Aujourd'hui cependant, quoique sous une forme moins appuyée qu'en Europe, les Juifs font face à des courants similaires évoluant dans la société américaine, et notamment à la poussée islamique choyée par la gauche. L'âge d'or juif américain, donc, touche à son terme. Les Juifs américains ont eu le luxe relatif de s'inquiéter de problèmes tels que les mariages interreligieux, l'avis de leurs coreligionnaires de par le monde, les prières à l'école et l'avortement; si la tendance actuelle persiste, ils devront se préoccuper de plus en plus de leur sécurité personnelle, de leur marginalisation et d'autres symptômes déjà bien visibles en Europe. Alors que s'approchent les commémorations du 60e anniversaire de la Victoire en Europe (V-E Day, Victory in Europe Day, ndt) et de la Victoire sur le Japon (V-J Day, Victory over Japan Day, ndt), il est clair que les problèmes apparemment enterrés dans les crématoires d'Auschwitz et de Birkenau ont repris vie et nous rejoignent, de plus en plus. (Adaptation française: Alain Jean-Mairet) Volume IV, Numéro 172 • vendredi, le 18 février 2005 Bush
et Sharon superstars ? Ils reviennent de loin. Chez nous et dans le monde entier, l'un et l'autre ont suscité une hostilité qui allait jusqu'à la haine. Après le 11 septembre 2001, nous étions tous des Américains. Et puis, changement de décor : tout a basculé. La guerre contre l'Irak réussit à rendre le président vainqueur presque aussi odieux que le dictateur vaincu. Elle a fait de George Bush l'ennemi public n° 1. Ariel Sharon, de son côté, est rejeté même par les esprits les plus favorables à Israël. Une immense majorité le considère comme un péril pour son pays et pour la paix. A eux deux, il y a encore quelques semaines, Bush et Sharon étaient au ban du monde démocratique dont ils se réclamaient. Deux séries d'événements ont retourné une nouvelle fois la situation. En Amérique, contrairement à toutes les prévisions, Bush a remporté sur Kerry, qui était le candidat de l'Europe et surtout des Français, une victoire écrasante. Ce triomphe imprévu n'aurait réussi qu'à irriter encore davantage démocrates et intellectuels à travers le monde entier si, contrairement, une fois de plus, à tous les pronostics, les élections en Irak n'avaient constitué un succès indéniable pour le président contesté. La mort d'Arafat émeut en France autorités et médias ; au Moyen-Orient, elle ouvre la voie à une possibilité nouvelle de négociations entre Israéliens et Palestiniens. La paix, dont chacun désespérait, est-elle devenue possible ? Tous les regards se tournent vers Sharon et vers Bush. Ils portent – qui l'aurait cru ? – les espérances du monde. Il n'est pas impossible que nous nous soyons trompés sur Sharon et sur Bush. Sharon apparaissait comme un faucon d'extrême droite qui mettait en danger les efforts des travaillistes genre Pérès en faveur de la paix. Peut-être est-il plus capable que personne de marcher sur les traces de Rabin et d'imposer la paix, non seulement à ses ennemis, mais – ce qui est plus difficile – à ses concitoyens ? Ce ne sont pas les socialistes, mais de Gaulle qui a pris le tournant douloureux de l'indépendance de l'Algérie. Il n'est pas impossible que Sharon, chef de guerre, se mette à rêver des lauriers de la paix. Si sa politique aboutit, après tant de drames et de deuils, à la création d'un Etat palestinien, il prendra place dans l'histoire. Sur les présidents des Etats-Unis, les Français ont depuis longtemps l'habitude de se tromper. C'est une vieille tradition, et ils y tiennent beaucoup. Ils ont sous-estimé Truman qui vendait des bretelles. Ils ont méprisé Reagan qui était un acteur de série B. L'un et l'autre ont été de très grands présidents. Le monde entier a traité Bush junior de crétin, et les Français se sont distingués dans ce jeu de massacre. S'il réussit à faire naître quelque chose qui ressemble à un espoir d'apaisement dans l'Irak déchiré et entre les frères ennemis de Palestine et d'Israël, il passera d'un seul coup du camp des réprouvés au statut de grand homme. Tout avait l'air perdu pour Sharon et pour Bush. Les voilà de retour au premier rang de l'histoire. Une nouvelle fois pourtant, souvenons-nous de nous méfier : rien n'est gagné pour eux. Après plus de cinquante ans d'une guerre inexpiable, est-il encore possible de réconcilier entre eux Palestiniens et Israéliens ? La paix exigera des sacrifices cruels de la part d'Israël. On a vu récemment l'opposition résolue des colons à tout changement de leur statut. Sharon doit affronter les extrémistes de tous bords : les terroristes arabes et les intégristes juifs. Rabin a été abattu, non par un assassin palestinien, mais par un assassin israélien. L'extrême droite israélienne représente désormais pour Sharon qui l'incarnait un risque presque aussi grand que les kamikazes musulmans intégristes qui ne relâcheront pas leur pression. Il lui faudra un mélange inouï de courage politique, de chance à peine vraisemblable et de vision de l'avenir. Le succès de Bush est dû aux Irakiens qui ont eu le courage d'aller voter malgré les menaces sur leur vie. Ces élections marquent la revanche de la majorité chiite sur la minorité sunnite à laquelle appartenait le clan de Saddam Hussein. Sera-ce un grand progrès de remplacer en Irak un régime laïque quelque haïssable qu'il ait pu être, par une République islamique – qui risque, au surplus, d'être assez proche de la théocratie iranienne ? L'Iran est désormais ouvertement désigné par le président George W. Bush comme une des pièces maîtresses de l'axe du Mal. Il est douteux que, après l'expérience irakienne, une opération militaire soit montée contre Téhéran qui représente aujourd'hui le danger majeur pour Israël. Va-t-on alors laisser l'Iran devenir la grande puissance – peut-être demain nucléaire – de cette région du monde ? Il est toujours permis d'espérer qu'une évolution interne finisse par se produire et que l'Iran prenne le chemin d'une modernisation et d'une démocratisation reniées avec brutalité par les ayatollahs. Dans l'état actuel des choses, un tel processus appartient au domaine de ce que les Américains appellent «wishful thinking». Sharon et Bush sont sortis du cercle de réprobation universelle où ils s'étaient enfermés. C'est déjà inespéré. Il leur reste beaucoup à faire pour transformer en victoire ce succès encore fragile et pour permettre à la paix de revenir au Moyen-Orient. La
main syrienne L'assassinat de Rafic Hariri,
ex-premier ministre libanais, porte l'empreinte de Damas. De Washington
à Paris en passant par les opposants à la tutelle de la
Syrie au Liban, on a la certitude que la mise en scène de ce
drame a été signée à Damas. Personne en
tout cas n'accorde de crédit à l'affirmation formulée
par un obscur groupe lié à la nébuleuse al-Qaïda
selon laquelle il serait l'auteur de cette tuerie. Volume IV, Numéro 171 • vendredi, 11 février 2005 Savoir
raison garder Prétendre que le débat sur le financement des écoles juives est resté circonscrit au niveau du simple échange d’opinions entre tenants de la laïcité pure et dure, outrés par la décision du gouvernement de financer à 100% les études séculaires dans le réseau des écoles juives et les adeptes de l’école privée, serait méconnaître la réalité. Le moins que l’on puisse dire c’est que le débat a débordé, et souvent dépassé les limites de la bienséance. Il suffirait de réécouter certains commentaires exprimés lors des lignes ouvertes radiophoniques ou de relire quelques éditoriaux dans la presse francophone pour se rendre compte que les dérapages furent nombreux. Il convient également de souligner la réserve voire la déception de la majorité de nos concitoyens québécois - y compris certains membres de notre communauté - à l’égard d’une décision très peu comprise parce que insuffisemment expliquée. Il serait souhaitable, maintenant que le rideau est tombé, de procéder à une analyse plus sereine qui tiendrait compte de certaines réalités historiques propres à l’histoire du Québec : Les trois réseaux scolaires historiques du Québec : L’Acte de l’Amérique du Nord britannique de 1867 avait confié aux provinces la responsabilité de l’éducation tout en y inscrivant des mesures pour protéger les droits acquis des minorités (protestante dans le cas du Québec). Si l’enseignement au Bas Canada puis au Québec était confessionnel, les écoles juives créèrent également un réseau parallèle qui ne bénéficia pas du financement consenti aux autres écoles. Les taxes scolaires des parents juifs furent versées au système public confessionnel dont ils étaient absents. Cela fut une injustice historique. Il faut se souvenir d’autre part que les écoles catholiques étaient interdites aux Juifs et que l’école protestante leur fut ouverte au début du siècle passé avec certaines restrictions telles que sur le droit d’administrer, de voter etc.. et cette situation ne changea qu’après un demi-siècle. Le réseau des écoles juives a donc opéré en marge des commissions scolaires catholique et protestante. Bien que privé, le réseau scolaire juif est en fait un réseau quasi-public. Il se distingue pourtant des autres écoles privées par le fait que même les élèves qui ne peuvent payer les frais de scolarité y sont admis en vertu du principe qui veut que tout enfant juif qui le souhaite ait le droit à une éducation juive (les frais de scolarité de 50% des enfants du réseau scolaire juif sont subventionnés). C’est donc à l’ensemble de la communauté juive qu’a incombé le fardeau d’assurer et d’assumer cette subvention pour donner accès à l’éducation juive. Un vœu sincère de René Lévesque : À l’instar des écoles grecques, le statut d’école associée avait été accordé aux écoles juives. Dans le but d’encourager le rapprochement entre la communauté juive et la communauté francophone, le gouvernement de René Lévesque demanda la suspension de l’association avec la commission scolaire protestante majoritairement anglophone. René Lévesque souhaitait sincèrement que l’association se fasse avec la commission scolaire catholique. La communauté juive répondit donc à son appel et suspendit l’association avec la commission scolaire protestante. Or les négociations entre le réseau des écoles juives et la commission scolaire catholique n’aboutirent pas. Les écoles grecques et arméniennes bénéficièrent du statut d’école associée mais les écoles juives conservèrent le statut d’école privée. La déconfessionnalisation partielle du réseau scolaire : Lorsque les commissions scolaires perdirent leur statut confessionnel pour devenir linguistiques, on veilla à garder des dispositions spéciales afin de sauvegarder l’enseignement religieux qu’il fut catholique ou protestant. Or, il faut le souligner encore une fois, le statut du réseau d’écoles juives ne fut pas pris en considération par le gouvernement de l’époque et le dossier resta ouvert. La signification du financement égalitaire :
Pour les leaders de la communauté juive, le statut d’associé, prévu par la loi, représentait plus qu’une reconnaissance : un droit d’accès à l’égalité qui a été historiquement refusé. De ce point de vue, la déception est à la mesure des espoirs que la décision du gouvernement avait soulevés. En ce sens, l’annonce du statut d’associé aux écoles juives par le ministre Reid s’inscrivait dans un processus de plusieurs décennies. Ce projet d’association comportait une composante de rapprochement d’importance : Bien que la communauté juive soit en majorité anglophone, cinq des sept établissements scolaires juifs devaient s’associer avec une commission scolaire francophone. Par ailleurs et dans un autre ordre d’idées, bien que le débat sur la laïcité se soit soldé par une décision de déconfessionnaliser les commissions scolaires en 1997, de nombreuses clauses dérogatoires sont maintenues et renouvelées, ce qui démontre que la question confessionnelle est loin d’être chose du passé et que par ailleurs, le débat sur un statut scolaire inclusif et égalitaire, reste à faire. Un débat qui a dérapé La tentation de liaison entre la décision gouvernementale et le financement du Parti libéral par des membres de la communauté juive (et non par La Communauté juive comme certains journalistes l’ont affirmé), n’est pas invoquée pour expliquer les relations qui existent entre de nombreux groupements de la société et les partis politiques. Par ces allégations, certains journalistes ont empoisonné un débat en le déplaçant de son contexte. Car le vrai débat, le financement égalitaire par l’État, a été de toute évidence saboté. Au lieu de se féliciter de la tradition philanthropique des membres de la communauté juive (dont 20% des membres vivent au-dessous du seuil de pauvreté) qui dessert également la société québécoise, on a même été jusqu’à lui en reprocher son devoir de charité, chose que l’on ne ferait pas pour les œuvres caritatives québécoises oeuvrant au Québec et hors-Québec, y compris celle des membres des communautés culturelles. Un grand travail de réconciliation reste à faire Force nous est d’admettre que le projet de financement des écoles juives aurait pu être mieux géré, c’est le moins que l’on puisse dire. D’autre part, il faut également établir le constat à l’effet que, quand bien même les principales instances politiques ont tenu un langage responsable et modéré, cette crise a mis en évidence un fonds de préjugés que l’on croyait atténués ou disparus et qui ont réapparu au grand jour. Un grand travail de réconciliation reste à faire entre notre communauté juive, malheureusement parfois mal connue ou perçue à travers des stéréotypes négatifs, nos communautés culturelles qui sont parfois soumises à des attitudes similaires et l’ensemble de la société québécoise. Les médias ont un rôle à jouer. Certains, et non des moindres, ont su exprimer leur point de vue avec finesse et élégance en ramenant le problème à ses justes proportions et sans verser dans les excès où tant d’autres tombèrent malheureusement, projetant des stéréotypes appartenant au passé. D’autres journalistes de la télévision prirent le temps d’expliquer par l’image ce qu’était qu’une école juive. Nous souhaitons que leur attitude digne puisse servir d’exemple à tous ceux qui malheureusement n’ont pas su raison garder. (David Bensoussan est président de la Communauté sépharade unifiée du Québec.) Conférence
sur Israël à l’Université de Montréal Les détracteurs d’Israël allèguent avec une assurance déconcertante que les Juifs antisionistes, c’est-à-dire farouchement opposés au droit à l’existence de l’État hébreu, sont légion dans le monde, surtout depuis l’éclatement de la seconde Intifada palestinienne, à l’automne 2000. D’après le politologue Julien Bauer, cette antienne, ressassée à la moindre occasion par les ennemis d’Israël, n’est qu’un mythe mensonger. « Les Juifs antisionistes ne représentent que 2 000 à 2 500 personnes dans le monde. Aujourd’hui, l’antisionisme à base religieuse, qui comptait bien plus d’adeptes entre 1900 et 1930, est un courant très marginal. Les contempteurs d’Israël essaient de faire croire que l’antisionisme est une idéologie dominante. C’est totalement faux! », a expliqué Julien Bauer au cours d’une conférence, intitulée « Sionisme et Israël : entre politique et religion », qu’il a donnée récemment dans le cadre des « Belles Soirées », le plus prestigieux Programme culturel de l’Université de Montréal. Professeur titulaire au Département de Science politique de l’Université du Québec à Montréal (U.Q.A.M.), Julien Bauer est un spécialiste reconnu des questions politiques israéliennes et du Moyen-Orient. Il est l’auteur de plusieurs essais remarqués sur la société israélienne et le conflit israélo-arabe : Politique et Religion (Presses Universitaires de France); « Le système politique israélien (P.U.F.)… D’après lui, l’État d’Israël est aujourd’hui le pôle identitaire commun de la majorité des Juifs. « Les Juifs sont quasi à 100% solidaire avec Israël. C’est une réalité irrécusable », dit-il. Julien Bauer subdivisa son exposé magistral en quatre parties : 1-Qui est Juif?; 2-Terre d’Israël et identité juive du 1er au 20ème siècle; 3-Le Sionisme moderne; 4-Israël (création de l’État juif -de la Déclaration Balfour à 1948-; Développements internes et externes (1948-2005); Israël dans l’identité juive contemporaine : continuité et rupture… Dans sa rétrospective historique, le professeur Bauer rappela que la Shoah, l’extermination de 6 millions de Juifs par les nazis pendant la Deuxième Guerre mondiale, a eu des conséquences désastreuses sur l’état démographique du peuple juif. « Cette effroyable entreprise d’extermination a diminué drastiquement la population juive mondiale. Si la Shoah ne s’était pas produite, il y aurait aujourd’hui non pas 13 millions de Juifs, mais 25 ou 30 millions. » Quelque 10 millions de Juifs vivent aujourd’hui en Israël et aux États-Unis. Dans les autres pays de la Diaspora, les Communautés juives sont aux prises avec un sérieux problème démographique, dû en grande partie à l’assimilation. Le nombre de mariages mixtes est très élevé dans ces contrées. « Israël est le seul pays au monde où le nombre de Juifs augmente. Et cela dans tous les groupes socioéconomiques. Dans tous les autres pays, la démographie juive est en régression. Israël est le pays où les Juifs ont le plus d’enfants. C’est indéniablement un signe de confiance en l’avenir. Ce constat peut paraître paradoxal dans la mesure où la situation géopolitique et sociale sévissant en Israël est moins paisible que celle prévalant aux États-Unis et dans d’autres pays occidentaux. En principe, c’est aux États-Unis, au Canada…, pays qui ne sont pas en guerre, où les Juifs devraient avoir plus d’enfants. Ce n’est pas le cas ». Julien Bauer étaya des réflexions fort perspicaces sur l’identité juive. Comment définir cette identité au sein d’un peuple qui n’est pas monolithique? « Il y a des Juifs qui insistent sur l’aspect religieux. C’est aussi bien le cas des Libéraux, qui sont des gens qui croient plus ou moins en Dieu, que des ultra-orthodoxes les plus rigoristes. Il y a des Juifs qui insistent sur l’identité nationale. C’est le cas des laïcs de droite et des laïcs de gauche. Il y en a d’autres qui insistent sur l’identité culturelle juive. La définition de l’identité juive par le biais de la culture pose quelques problèmes dans la mesure où on ne peut pas résumer l’Histoire, la religion et la culture du peuple juif à l’étude d’une langue, en l’occurrence l’hébreu ». Il y a aussi, ajouta-t-il, ceux qui insistent sur l’identité historique, en définissant leur judéité par rapport à un seul événement, la tragédie de la Shoah. « Cette conception de la judéité pose aussi un problème dans la mesure où il est difficile de limiter plusieurs millénaires d’une Histoire et d’une identité à un massacre. C’est comme s’il n’y avait eu aucune vie juive avant cette hécatombe… Par contre, force est de constater que le seul dénominateur commun concomitant à tous les Juifs revendiquant une identité juive est l’État d’Israël. C’est un pôle identitaire incontournable ». Ayant prononcé sa conférence la veille de la commémoration du 60ème anniversaire de la libération du camp d’extermination nazi d’Auschwitz, Julien Bauer demande à la centaine de personnes présentes d’observer une minute de silence à la mémoire des six millions de victimes juives de la Shoah. Sharon Regev, vice-consule de l’État d’Israël à Montréal, a assisté à la conférence du professeur Bauer. Volume IV, Numéro 170 • vendredi, le 4 février 2005 Chers lecteurs,
-------------------------------------------------------------------------------- Discours
d’Ariel Sharon à la session extraordinaire de la Knesset
«
Il faut toujours se souvenir qu’Israël est le seul endroit
au monde où nous, les Juifs, avons le droit et la capacité
de nous défendre, par nous-mêmes. Et nous ne renoncerons
jamais à cela » M.
Bush réaffirme sa détermination à faire progresser
la liberté dans le monde Dans son discours sur l'état de l'Union prononcé le 2 février devant le Congrès réuni en séance plénière, le président des États-Unis, M. George W. Bush, a déclaré que les élections du 30 janvier en Irak ouvraient « une nouvelle phase » au cours de laquelle les États-Unis allaient jouer de plus en plus un rôle de soutien. « Nous concentrerons de plus en plus nos efforts sur la formation de forces de sécurité irakiennes plus capables, encadrées par d'excellents officiers, et sur la création d'une structure de commandement efficace », a-t-il déclaré dans son allocution qui a été télédiffusée en direct à la nation. Le président s'est toutefois refusé à fixer un calendrier de retrait des forces américaines d'Irak, déclarant que cela risquait de faire le jeu des terroristes qui penseraient « qu'ils n'ont qu'à patienter ». « Nous sommes en Irak pour parvenir à un résultat, à savoir un État démocratique, représentatif de tout son peuple, en paix avec ses voisins et capable de se défendre. » M. Bush a déclaré que l'engagement de son gouvernement en faveur de la liberté dans le monde, mais particulièrement au Moyen-Orient, était « mis à l'épreuve en Irak » et que les États-Unis s'acquittaient avec honneur de cet engagement. Le président a applaudi au courage des millions d'Irakiens qui avaient bravé de lourds dangers pour participer aux élections : « Dans n'importe quelle nation, le fait de voter est un acte de responsabilité civique ; pour des millions d'Irakiens, c'était aussi un acte de courage personnel, et ils méritent le respect de nous tous. » Il a rendu un hommage particulier à la militante irakienne en faveur des droits de l'homme, Safia Taleb al-Suhail, qui assistait au discours en tant qu'invitée spéciale de Mme Laura Bush, l'épouse du président. Au sujet du processus de paix au Proche-Orient, M. Bush a déclaré que l'objectif souhaité, qui était de favoriser la coexistence pacifique de deux États, Israël et la Palestine, était « à portée de main » et que les États-Unis allaient aider les deux parties à l'atteindre. Il a indiqué qu'il demanderait au Congrès 350 millions de dollars au titre de l'aide aux réformes politique, économique et sécuritaire des Palestiniens. Le président a également affirmé qu'il chercherait, au cours de son second mandat, à bâtir des coalitions destinées à « vaincre les dangers de notre époque ». Il a demandé à la Syrie de cesser de soutenir le terrorisme et à « ouvrir la porte à la liberté ». Quant à l'Iran, M. Bush l'a appelé « le principal État dans le monde à soutenir le terrorisme ». Il a indiqué que son gouvernement travaillait, avec ses alliés européens, à obtenir que l'Iran renonce à son programme d'armement nucléaire et à son appui au terrorisme. La première moitié du discours a porté surtout sur les questions intérieures, en particulier la réforme du plan national de retraite qui, selon le président, « court à la faillite » à partir de 2042 si rien n'est fait pour y remédier. M. Bush a invité le Congrès à sauver et à renforcer le plan de retraite en en examinant honnêtement toutes les options. « Je travaillerai avec les membres du Congrès en vue de dégager la combinaison la plus efficace de réformes. » L'objectif étant « une plus grande sécurité lors de la retraite », le président a proposé la création de comptes de retraites personnels, qui permettraient à leurs titulaires d'investir une partie de leurs cotisations afin de faire fructifier cet argent « à un taux supérieur à tout ce que le système actuel permet d'obtenir ». M. Bush a par ailleurs préconisé une réforme de l'immigration qui permettrait à des travailleurs étrangers de « remplir des emplois que les Américains ne prennent pas » et qui assurerait un meilleur contrôle aux frontières. On trouvera ci-après les extraits du discours du président Bush se rapportant à la politique étrangère. (Début des extraits) Extraits
de politique étrangère du discours du président
Bush sur l'état de l'Union prononcé devant le Congrès
en séance plénière Le régime d'immigration des États-Unis est aussi dépassé - il ne convient plus aux besoins de notre économie et aux valeurs de notre pays. Nous ne devrions pas nous satisfaire de lois qui punissent des travailleurs assidus, désireux seulement de subvenir aux besoins de leur famille, qui privent les entreprises de travailleurs bien disposés et qui invitent le chaos à notre frontière. Le moment est venu d'adopter en matière d'immigration une politique qui permette aux travailleurs étrangers venus à titre temporaire de remplir des emplois que les Américains ne prennent pas, qui rejette toute amnistie, qui nous informe de ceux qui arrivent dans notre pays et de ceux qui en sortent et qui ferme la frontière aux trafiquants de stupéfiants et aux terroristes. (...) De concert avec ses alliés et amis, notre pays fait aussi face à l'ennemi à l'étranger, en prenant des mesures qui sont résolues, couronnées de succès et ininterrompues. Le réseau terroriste Al-Qaïda qui a attaqué notre pays a encore des chefs, mais un grand nombre de ses hauts commandants ont été éliminés. Il y a encore des États qui apportent un soutien aux terroristes et qui leur offrent un refuge, mais leur nombre a diminué. Il y a encore des pays qui cherchent à obtenir des armes de destruction massive, mais ils ne le font plus sans attirer notre attention et sans en subir les conséquences. Notre pays est encore la cible de terroristes qui veulent tuer de nombreuses personnes et nous intimider tous, mais nous poursuivrons notre offensive contre eux jusqu'à la victoire. Poursuivre nos ennemis constitue une obligation essentielle de la lutte contre le terrorisme, et je remercie le Congrès d'avoir fourni à nos soldats hommes et femmes les ressources dont ils ont besoin. En cette période de guerre, nous devons continuer d'apporter un soutien aux membres de nos forces armées et de leur donner les instruments de la victoire. D'autres pays du monde entier se tiennent à nos côtés. En Afghanistan, une force internationale contribue à assurer la sécurité. En Irak, 28 pays ont envoyé des contingents, l'Organisation des Nations unies et l'Union européenne ont fourni une assistance technique pour l'organisation des élections et l'OTAN joue un rôle primordial dans la mission destinée à former des officiers irakiens. Nous coopérons avec 60 États dans le cadre de l'Initiative de sécurité en matière de prolifération de manière à découvrir et à empêcher le transfert de matières dangereuses. Nous collaborons étroitement avec des États d'Asie en vue de convaincre la Corée du Nord de renoncer à ses ambitions nucléaires. Le Pakistan, l'Arabie saoudite et 9 autres pays ont capturé des terroristes membres d'Al-Qaïda. Au cours des quatre prochaines années, mon gouvernement continuera de former des coalitions qui vaincront les dangers de notre époque. À long terme, la paix que nous recherchons ne sera établie qu'en mettant fin aux conditions qui favorisent l'extrémisme et les idéologies meurtrières. Si des régions entières du monde restent la proie du désespoir et voient la haine se répandre, elles deviendront un terrain propice au recrutement de terroristes, et le terrorisme régnera aux États-Unis et dans d'autres pays libres pendant des dizaines d'années. La seule force assez puissante pour stopper la montée de la tyrannie et de la terreur et remplacer la haine par l'espoir est le désir de liberté de l'homme. Nos ennemis le savent, et c'est pourquoi le terroriste Zarkaoui a récemment déclaré la guerre à ce qu'il a appelé « le principe diabolique » de la démocratie. Nous avons déclaré nos propres intentions : l'Amérique se tiendra aux côtés des alliés de la liberté afin de soutenir les mouvements démocratiques au Moyen-Orient et au-delà, avec l'objectif ultime de mettre fin à la tyrannie dans notre monde. Les États-Unis n'ont ni le droit, ni le désir, ni l'intention d'imposer leur forme de gouvernement à quiconque. C'est l'une des principales différences entre nous et nos ennemis. Ils cherchent à imposer et à étendre l'empire de l'oppression, dans lequel un groupe minuscule de dirigeants brutaux autoproclamés contrôle chaque facette de la vie. Notre but est de construire et préserver une communauté de nations libres et indépendantes, dotées de gouvernements responsables devant leurs citoyens et représentatifs de leur culture. Et parce que les démocraties respectent leurs propres peuples et leurs voisins, le progrès de la liberté conduira à la paix. Ce progrès connaît en ce moment un grand élan, confirmé par les femmes qui ont voté en Afghanistan, les Palestiniens qui ont choisi un nouveau gouvernement et les Ukrainiens qui ont affirmé leur droit démocratique d'élire un président. Nous sommes les témoins d'événements marquants de l'histoire de la liberté. Et dans les années à venir, nous ajouterons de nouveaux épisodes à cette histoire. Le début de la réforme et de la démocratie dans les territoires palestiniens montre le pouvoir de la liberté de briser les anciennes habitudes de violence et d'échec. Demain matin, la secrétaire d'État Rice entamera une tournée qui l'emmènera jusqu'en Israël et en Cisjordanie aux fins d'entretiens avec le Premier ministre Sharon et le président Abbas. Elle discutera avec eux de la façon dont nous et nos amis pouvons aider le peuple palestinien à mettre fin au terrorisme et à créer les institutions d'un État pacifique, indépendant et démocratique. Afin de promouvoir cette démocratie, je vais demander au Congrès 350 millions de dollars pour soutenir les réformes palestiniennes dans les domaines de la politique, de l'économie et de la sécurité. L'objectif de deux États démocratiques, Israël et la Palestine, vivant côte à côte en paix est à portée de la main, et l'Amérique les aidera à l'atteindre. Afin de promouvoir la paix et la stabilité dans le grand Moyen-Orient, les États-Unis coopéreront avec leurs amis dans la région afin de lutter contre la menace commune qu'est le terrorisme, tout en encourageant un renforcement de la liberté. Des réformes prometteuses sont déjà en train de prendre racine dans un rayon allant du Maroc à la Jordanie, en passant par le Bahreïn. Le gouvernement d'Arabie saoudite peut prouver son ascendant dans la région en accordant à son peuple un rôle accru lorsqu'il s'agit de déterminer son avenir. Et la grande et fière nation égyptienne, qui a montré le chemin conduisant à la paix au Moyen-Orient, peut maintenant montrer le chemin qui conduira à la démocratie au Moyen-Orient. Afin de promouvoir la paix dans le Grand Moyen-Orient, nous devons affronter des régimes qui continuent d'abriter des terroristes et cherchent à se doter d'armes de destruction massive. La Syrie permet encore que son territoire, ainsi que certaines parties du Liban, soient utilisés par des terroristes qui cherchent à détruire toute chance de paix dans la région. Vous avez adopté et nous appliquons la Loi sur la responsabilisation de la Syrie : nous attendons du gouvernement syrien qu'il cesse tout appui au terrorisme et ouvre la porte à la liberté. Aujourd'hui, l'Iran reste le principal État dans le monde à soutenir le terrorisme et cherche à acquérir l'arme nucléaire tout en privant son peuple de la liberté qu'il recherche et qu'il mérite. Nous nous associons à nos alliés européens pour signifier clairement au régime iranien qu'il doit renoncer à son programme d'enrichissement de l'uranium et à tout retraitement de plutonium, et mettre fin au soutien qu'il apporte au terrorisme. Au peuple irakien, je dis ce soir : vous qui voulez votre propre liberté, l'Amérique se tient à vos côtés. Notre engagement générationnel à la cause de la liberté, notamment au Moyen-Orient, est actuellement mis à l'épreuve en Irak et nous nous en acquittons. Ce pays est un front essentiel dans la guerre contre la terreur, c'est pourquoi les terroristes ont choisi d'y livrer bataille. Nos hommes et nos femmes en uniforme se battent contre les terroristes en Irak pour que nous n'ayons pas à les affronter ici sur notre territoire. Et la victoire de la liberté en Irak renforcera ce nouvel allié dans la guerre contre le terrorisme, encouragera tous les réformateurs démocratiques, de Damas à Téhéran, apportera plus d'espoir et de progrès à une région en proie aux troubles et, ainsi, dissipera une terrible menace qui pèse sur la vie de nos enfants et de nos petits-enfants. Nous réussirons parce que le peuple irakien attache une grande importance à sa propre liberté, ainsi qu'il l'a montré au monde dimanche dernier. Aux quatre coins de l'Irak, en prenant souvent de grands risques, des millions d'Irakiens se sont rendus aux urnes et ont élu 275 hommes et femmes pour qu'ils les représentent au sein d'une nouvelle Assemblée nationale provisoire. Une jeune femme, à Bagdad, a raconté qu'elle avait été réveillée par le son des mortiers le jour de l'élection et qu'elle s'était demandé s'il ne serait pas trop dangereux d'aller voter. Et de préciser : « En entendant ces explosions, j'ai compris que les insurgés étaient faibles, qu'ils avaient peur de la démocratie, qu'ils étaient en train de perdre (...) Je suis donc allée chercher mon mari, mes parents, et nous sommes tous allés voter ensemble. » Les Américains reconnaissent cet esprit de liberté, car ils le partagent. Dans n'importe quelle nation, le fait de voter est un acte de responsabilité civique ; pour des millions d'Irakiens, c'était aussi un acte de courage personnel, et ils méritent le respect de nous tous. L'un des grands défenseurs de la démocratie et des droits de l'homme en Irak est Safia Taleb al-Suhail. De son pays, elle dit : « Nous avons été occupés pendant 35 ans par Saddam Hussein. C'était cela la vraie occupation (...) Je remercie le peuple américain qui en paye le prix (...) mais surtout les soldats. » Il y a onze ans, le père de Safia a été assassiné par les services de renseignement de Saddam Hussein. Il y a trois jours, à Bagdad, Safia a finalement pu voter pour les dirigeants de son pays, et nous sommes honorés de sa présence parmi nous ce soir. Les terroristes et les insurgés sont violemment opposés à la démocratie, et continueront à l'attaquer. Pourtant, le mythe le plus puissant des terroristes est en train de se désintégrer. Le monde entier voit que les chauffeurs des voitures piégées et les assassins ne font pas que combattre les forces de la coalition : ils essaient de détruire les espoirs des Irakiens, qui se sont exprimés lors d'élections libres. Et le monde entier sait maintenant qu'un petit groupe d'extrémistes ne réussira pas à écraser la volonté du peuple irakien. Nous réussirons en Irak, parce que les Irakiens sont résolus à lutter pour leur liberté et à écrire eux-mêmes leur histoire. Ainsi que l'a déclaré le premier ministre Allaoui dans son allocution au Congrès, en septembre dernier : « Les Irakiens ordinaires sont impatients (...) de porter sur leurs épaules tout le poids de la sécurité de leur pays, aussi tôt que possible. » C'est le désir naturel d'une nation indépendante, et cela correspond également à la mission déclarée de la coalition en Irak. La nouvelle situation politique en Irak ouvre une nouvelle phase de notre tâche dans ce pays. Sur la recommandation de nos commandants sur le terrain et en consultation avec les autorités irakiennes, nous concentrerons de plus en plus nos efforts sur la formation de forces de sécurité irakiennes plus capables, encadrées par d'excellents officiers, et sur la création d'une structure de commandement efficace. À mesure que ces forces acquerront de l'autonomie et se doteront de responsabilités plus grandes en matière de sécurité, les États-Unis et leurs partenaires au sein de la coalition assumeront de plus en plus un rôle de soutien. En fin de compte, les Irakiens doivent pouvoir défendre leur pays, et nous aiderons cette nouvelle nation fière à assurer sa liberté. Récemment, un interprète irakien demandait à un journaliste : « Dites à l'Amérique de ne pas nous abandonner. » Lui et tous les Irakiens peuvent en être certains : alors que notre stratégie militaire s'adapte aux circonstances, notre engagement demeure ferme et inchangé. Nous défendrons la liberté de nos amis irakiens, et la liberté en Irak rendra l'Amérique plus sûre pour des générations à venir. Nous n'allons pas établir de calendrier artificiel de retrait, cela enhardirait les terroristes en leur faisant croire qu'ils n'ont qu'à patienter. Nous sommes en Irak pour parvenir à un résultat, à savoir un État démocratique, représentatif de tout son peuple, en paix avec ses voisins et capable de se défendre. Lorsque ce résultat sera atteint, nos soldats, hommes et femmes, qui servent en Irak rentreront chez eux couverts de l'honneur qu'ils y auront acquis.
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