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Communiqué Isranet
Volume IV, Numéro 198 • vendredi, le 26 août 2005 SVP AIDEZ NOUS! LE SEUL ET UNIQUE INSTITUT
CANADIEN PRO- Nous vous prions
d’aider notre centre de recherche VOS DONS, DEDUCTIBLES D’IMPÔTS, SOUTIENNENT LES ACTIVITÉS CI-APRÈS DE L’ICRJ : *Le Communiqué Isranet
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anglais envoyée par email et lue à travers le monde. ..........SVP détachez et retournez ou payez en ligne à www.isranet.org........... Nom _________________________ Adresse__________________________ App. ___ Ville_________Prov./État/Dept _________ Code postal____________ Téléphone ____________ Fax ____________ E-mail__________________ OUI,
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à la nation du Premier Ministre Le jour est venu. Nous entamons
cette étape difficile et plus douloureuse que tout : l’évacuation
de nos implantations de Gaza et du nord de la Samarie. Cette étape
m’est difficile sur le plan personnel. C’est le cœur
lourd que le gouvernement d’Israël a pris la décision
du désengagement, et ce n’est pas à la légère
que la Knesset l’a entérinée. (Traduction française
de Menahem Macina pour le site www.upjf.org). L’abandon israélien
de Gaza est un retrait de désespoir. Contrairement aux concessions
d’Oslo de 1993, Israël n’affecte même pas de
recevoir quoi que ce soit en échange de la part des Palestiniens.
Néanmoins, cette unilatéralité est à la
fois raisonnable et nécessaire. Israël n’a pas de
partenaire avec qui faire la paix – Mahmoud Abbas n’a rien
à offrir et n’a rien offert – et, en l’absence
d’un partenaire, il n’y a qu’une seule démarche
logique : organiser de manière rationnelle ses lignes de défense
et se préparer à une longue attente. (Traduction française de Menahem Macina pour le site www.upjf.org). ---------------- Note du Traducteur [*] Allusion à un fait historique dramatique porté à l’écran. Résumé : En septembre 1944, l'opération du maréchal Montgomery débute, malgré le désaccord du général américain Patton. Il s'agit d'un coup décisif afin de précipiter la chute du IIIe Reich. Pour cela, il faut s'emparer des six principaux ponts sur le Rhin et les tenir afin de faire franchir les blindés et l'infanterie. L'opération sera un échec, les alliés perdront 17.000 hommes. Volume IV, Numéro 197 • vendredi, le 19 août 2005 SVP AIDEZ NOUS! LE SEUL ET UNIQUE INSTITUT
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Wiesel : «Israël veut la paix» Aujourd'hui...le Prix Nobel de
la paix, Elie Wiesel, familier de la scène politique israélienne,
analyse les défis qui attendent l'État juif et ses voisins.
Elie WIESEL. – Cette évolution d'Ariel Sharon ne m'étonne guère. Je m'y attendais depuis qu'il est devenu premier ministre. Car c'est une constante dans l'histoire d'Israël. Chaque fois qu'un général accède à des responsabilités politiques élevées, il se transforme en homme de paix. Et il place alors toute son énergie et toute sa créativité au service d'un règlement pacifique. Ce retournement philosophique, politique et humain a été opéré le jour où Sharon a dit publiquement – et à mon avis sans cynisme – qu'il voulait parvenir à la création d'un Etat palestinien. Etes-vous inquiet pour le déroulement du désengagement ? J'espère qu'à la dernière minute, ceux qui rêvent d'attiser la violence d'une frange minoritaire renonceront à leur politique du pire. Et que des voix rabbiniques et spirituelles s'élèveront pour les mettre en garde, et leur rappeler que la limite de la violence ne doit surtout pas être franchie. La décision du retrait de Gaza est une décision souveraine du peuple d'Israël. Elle ne saurait être contestée. Emmanuel Lévinas expliquait que la sainteté d'un homme est toujours plus sainte que la sainteté d'une terre. Est-ce cette distinction qui disparaît avec la modalité ultranationaliste du sionisme religieux ? Je me sens proche de l'inspiration de Lévinas et de son «humanisme de l'Autre homme». D'ailleurs, nous avons eu tous les deux l'immense privilège de bénéficier de longs échanges avec notre maître commun, Chouchani. Lorsque, dans la Bible, il est dit : «Vous allez bâtir un sanctuaire pour moi et je résiderai parmi eux», il est fait allusion à une sainteté qui dépend de la conduite des hommes et qui procède de leur capacité à observer un comportement éthique. Pour tout dire, je ressens de l'inquiétude quand ce commandement est oublié. Et chaque fois, plus largement, qu'une religion sacrifie la relation éthique à l'idolâtrie et au fanatisme. Le judaïsme n'est pas plus menacé qu'une autre religion par ce type de dérives. Le fanatisme est une tentation universelle, qui induit les hommes à commettre des actes que le Dieu dont ils prétendent se réclamer ne peut que réprouver. Spinoza appelait cela : «Faire délirer les dieux avec les hommes»... En effet, si, par exemple, un fanatique se sert des rouleaux de la Torah pour tuer d'autres hommes, il ne fait qu'inverser l'échelle des valeurs religieuses – qui place toujours la vie au-dessus de la Loi. Comme vous le savez, dans le judaïsme, le lieu le plus saint est le Temple. Certains étudiants du Talmud ont des disputes fameuses sur ce que nous appellerions aujourd'hui des «études de cas». Imaginons, se disent-ils, qu'un homme mette le feu au Temple et, pour ce geste, soit tué par un autre. Et ils s'interrogeaient : «Lequel des deux est le plus coupable ?» Leur conclusion est limpide : s'il était resté en vie, le premier homme aurait dû être puni de trente-neuf coups de fouet. En revanche, le second, qui lui a ôté la vie, méritait, selon eux, la peine capitale. Ce midrash résume admirablement l'éthique du judaïsme : toute vie est plus sainte que le plus saint des lieux de la terre ! Quel est le plus grand danger pour Israël ? Rabbi Nachman de Bratzlaw insistait sur l'importance de ne pas avoir peur et de ne pas perdre l'espoir. Je m'interdis en toute occasion de céder au pessimisme. Je suis convaincu que Sharon veut la paix. Je pense aussi qu'un Etat palestinien va naître bientôt – et le plus tôt possible sera le mieux. Mais ce qui m'apparaît aussi, c'est qu'Israël a été, le premier, exposé au danger qui menace désormais le monde entier : le terrorisme suicidaire. J'ai coprésidé, avec le premier ministre norvégien, une conférence dont le thème était : «Combattre le terrorisme pour l'humanité». De nombreux chefs d'Etat – dont Jacques Chirac – avaient répondu à notre invitation. Nous avons réfléchi ensemble aux stratégies à déployer pour empêcher le terrorisme de vaincre. Pour ma part, j'ai proposé de déclarer le terrorisme «crime contre l'humanité». Certes, cette dénomination n'exercerait pas d'effet dissuasif sur les terroristes – mais sur leurs complices, en revanche, certainement. Il faudrait en outre arrêter de qualifier les auteurs d'attentats suicides de «kamikazes». Les kamikazes, historiquement, étaient toujours des soldats – et non des «partisans» engagés dans une guerre civile –, et leurs cibles étaient toujours exclusivement d'autres militaires. Quant aux nihilistes du XIXe siècle, dépeints par Dostoïevski ou par Camus, ils tuaient les gouverneurs, mais ils épargnaient leurs femmes et leurs enfants... En Israël, à New York, à Madrid ou à Londres, ce sont toujours les civils, de tous âges et de toutes conditions, qui sont visés. Longtemps, le terrorisme a été considéré comme une révolte désespérée. Est-ce toujours le cas ? J'espère que non, car cette interprétation repose sur un contresens. La grande majorité des terroristes impliqués dans les attaques du 11 Septembre étaient issus de familles très aisées. Où est, par ailleurs, le désespoir quand on choisit la mort, non pour mourir, mais pour tuer ? Il importe bien sûr, au plan mondial, de faire reculer la pauvreté et la malnutrition. Mais ne nous leurrons pas : ce n'est pas la misère, en l'occurrence, qui nourrit le terrorisme. C'est le fanatisme. Parce que ce dernier est un «apocalyptisme» ? En effet, le grand danger qui nous menace collectivement, c'est cette forme de guerre tout à fait atypique et inédite qui culmine dans le culte de l'anéantissement. Il est tellement facile, de nos jours, de tuer à grande échelle. Je suis hanté par ces scénarios de dévastation. Evidemment, mon activité d'enseignant et d'écrivain m'a convaincu du caractère décisif de l'éducation. Or celle-ci exige de disposer du temps. En avons-nous face à l'ivresse de destruction du terrorisme ? Face au spectre d'attaques chimiques et bactériologiques ? Sommes-nous menacés par un réflexe d'«apaisement» ? Entre l'appeasement et la paix, je choisis – vous l'aurez compris – la paix. Parce que l'appeasement n'est que la caricature de la paix. La paix, en revanche, mérite qu'on lui sacrifie beaucoup. Les Israéliens le montrent de manière exemplaire. Pour revenir au terrorisme de masse, je crains que, si rien de sérieux n'est entrepris, le XXIe siècle reste dans les annales de l'histoire comme le siècle du terrorisme. Aussi n'avons-nous plus qu'un seul recours. Lequel ? Celui de convoquer, au niveau international, une emergency conference permettant aux chefs d'Etat et aux principaux administrateurs de la police de prendre des initiatives concertées. En Europe, dans certaines franges de l'opinion, la dénonciation d'Israël et du sionisme a gagné récemment en vigueur. Comment analysez-vous ce phénomène ? Cette résurgence provient de lieux, de milieux et de personnes dont j'attendais autre chose. Depuis quelque temps, ce sont des personnes issues de l'extrême gauche qui ont pris la tête de l'offensive idéologique consistant à comparer l'Etat d'Israël à l'Allemagne nazie, ou à tracer un signe d'équivalence entre Ariel Sharon et Adolf Hitler. Une diabolisation aussi outrancière renvoie à une tentative de délégitimation extrêmement perverse, qui équivaut à légaliser l'antisémitisme. Quelles sont, d'après vous, les racines intellectuelles et politiques de ces dérives ? Contrairement à certains, je ne fais pas remonter l'origine de ce «nouvel antisémitisme» à la seconde intifada palestinienne. J'ai l'impression que cette grammaire de la haine a commencé à se déployer, en fait, dès la première intifada. De nombreux commentateurs et de nombreux journalistes ont alors commencé à perdre toute mesure dans leur façon de relater le conflit. Leur intelligence et leur faculté critique étaient littéralement hypnotisées par le spectacle schématique de l'affrontement entre des tanks et des enfants armés de pierres. Il est tellement plus facile de faire la critique des tanks que celle des parents envoyant leurs enfants en première ligne ! Et puis... n'oubliez jamais la force du conformisme. Du conformisme, c'est-à-dire ? Une partie de la gauche européenne, de ce point de vue-là, ne fait que suivre la mode quand elle reprend à son compte l'idée d'un «axe américano-sioniste» ou d'une convergence totale entre les intérêts, les ambitions et les moyens d'une petite nation comme Israël et d'une grande puissance comme les Etats-Unis. Maintenant, si vous ajoutez un ingrédient religieux à ces théorisations géopolitiques, vous obtenez un poison redoutable. Je suis assez étonné qu'aucun des auteurs de diatribes enflammées contre Israël oublie de mentionner qu'il n'y a jamais eu d'Etat palestinien dans l'histoire. Autre escamotage : lors du «plan de partage» de novembre 1947, les habitants juifs de Tel-Aviv ont dansé de joie, et ce, alors même que, selon ce document – rejeté par les Arabes – Jaffa ou Lydda devaient revenir à la partie palestinienne. Qui rappelle en outre qu'en 1967, le premier ministre israélien, Levi Eshkol, a envoyé trois messages au roi Hussein de Jordanie, dans l'espoir de le convaincre de ne pas entrer en guerre ? Ou enfin que l'OLP n'est pas née du refus de l'«expansionnisme» israélien, puisque sa création remonte à une année – 1964 – où il n'existait aucune implantation israélienne ? Mis bout à bout, ces amalgames et approximations finissent par promouvoir des rapprochements inopinés et des alliances malsaines entre des idéologies que tout sépare, d'un bord extrême à l'autre du spectre politique, hormis leur hostilité viscérale à l'égard des juifs. La visite d'Ariel Sharon à Paris, à la fin du mois de juillet, a-t-elle constitué l'esquisse d'une réconciliation entre la France et Israël ? C'est difficile à apprécier «à chaud». Ce qui est sûr, c'est qu'une affinité élective n'a jamais cessé d'exister entre la France et les juifs. Et j'aime à penser que ce n'est pas par hasard que la plupart des maîtres du Talmud, à l'instar de Rachi, étaient français. Dans mon enfance, à Sighet, j'ai d'ailleurs appris mes premiers mots de français en étudiant les commentaires de Rachi, cet homme qui n'hésitait pas à écrire, face à une difficulté d'interprétation : «Je ne sais pas.» Le
désengagement de Gaza, la barrière de sécurité
et la paix Dans le texte intitulé
«Une prison à ciel ouvert», publié le 12 août
2005 en page Idées du Devoir, Mme Phyllis Bennis et M. Ahmed
Abdirahman exposent leurs opinions sur le conflit israélo-palestinien.
Les affirmations qui y figurent appellent des rectifications et des
mises au point importantes. Soyons sérieux et voyons les choses comme elles sont : le désengagement est un geste unilatéral de bonne volonté qui, respectant les dispositions de la «feuille de route», représente une concession importante pour Israël. Néanmoins, les cosignataires de l'article cité s'obstinent à refuser de voir là le témoignage concret d'un désir de paix. Restons sérieux : on ne peut à la fois dénoncer comme insupportable et scandaleuse la présence de «colonies» juives à Gaza et ne pas considérer comme positif leur démantèlement. À propos du mur Mme Bennis et M. Abdirahman invoquent à plusieurs reprises la loi internationale et s'en prennent longuement au «mur» qui est achevé autour de Gaza depuis quatre ans et en voie de construction en Judée-Samarie. À ce propos, il faut rappeler quelques vérités élémentaires. Sur le «mur» lui-même d'abord. La plupart des photos publiées dans les médias montrent la clôture comme un mur, alors qu'en réalité 97 % de cette clôture est faite de fils de fer. Les 3 % constitués de mur dur (sept kilomètres) se situent le long de routes principales israéliennes pour empêcher les terroristes de tirer sur les véhicules israéliens. Le reste est un grillage électronique, non électrifié, équipé d'un système de détection par signal sonore, destiné à donner l'alerte en cas d'infiltration. Chaque tentative est signalée à un centre de contrôle qui active une caméra, ce qui permet l'intervention des forces de sécurité pour sauver des vies humaines. Quant à son efficacité, qu'on en juge : diminution de 90 % des attentats, de 70 % des morts et de 85 % des blessés, 1200 terroristes arrêtés, 63 attentats suicide contrecarrés, le tout dans la zone sécurisée par la barrière. Sur son tracé ensuite. La barrière est construite principalement sur des terres communales et non privées. Elle parcourt, oui, certaines terres agricoles appartenant à des fermiers palestiniens. Mais il faut savoir qu'environ 75 millions de dollars ont été débloqués par le gouvernement israélien afin de les indemniser pour l'usage de leur terrain. Cela correspond à cinq ans de revenus pour les personnes affectées par sa construction. Cette somme est renouvelable tous les cinq ans. De plus, les fermiers peuvent choisir de nouveaux sites, libres d'accès, sur lesquels les arbres seront replantés. Jusqu'à présent, plus de 60 000 oliviers ont été replantés dans le cadre de cette procédure. De plus, les fermiers palestiniens mécontents peuvent se plaindre à la Cour suprême d'Israël et certains d'entre eux ont eu gain de cause ! Si la barrière ne suit pas intégralement la ligne verte, c'est qu'elle n'est pas une frontière politique. Elle est amovible et temporaire : la frontière définitive, fixe, sera déterminée ultérieurement par des négociations de paix. La barrière de sécurité n'est donc pas en contradiction avec l'établissement d'un État palestinien indépendant. Sur l'avis de la Cour internationale de justice La Cour internationale de justice (CIJ), saisie par l'Assemblée générale des Nations unies, a effectivement donné, le 9 juillet 2004, un avis sur les conséquences juridiques de l'édification de la barrière de sécurité. Mais ce que Mme Bennis et M. Abdirahman ne disent pas, c'est que cet avis est purement consultatif et nullement exécutoire. On peut aussi, comme beaucoup d'experts en droit, estimer qu'il s'agit d'une politisation regrettable du droit international et que la CIJ n'est pas le lieu approprié pour traiter de ce sujet. En outre, elle le fait de façon partielle, sans tenir compte du protocole agréé par les deux parties, la «feuille de route», qui traite, elle, dans sa globalité et sa complexité, du conflit israélo-palestinien et demande en premier lieu de faire cesser le terrorisme. D'autre part, nos auteurs semblent totalement ignorer les décisions de la Cour suprême d'Israël qui n'a pas hésité à exiger un déplacement de la barrière chaque fois qu'elle a estimé que les critères sécuritaires pris en considération étaient disproportionnés par rapport aux exigences humanitaires. Et puisqu'on invoque le droit, ne faut-il pas rappeler que le premier des droits de l'homme est le droit à la vie ? S'il n'y avait pas de terrorisme, la barrière ne serait pas nécessaire. L'ancien premier ministre d'Israël Yéhud Barak a récemment déclaré : «Nous avons 900 raisons de construire cette barrière, vous pouvez compter ces raisons dans nos cimetières.» Pourquoi et Mme Bennis et M. Abdirahman passent-ils sous silence les 19 000 attaques, les 900 morts et les 6000 blessés par ce terrorisme depuis le début de la deuxième intifada ? Ne sont-ils pas plus importants qu'une attente, certes pénible, à des points de passage ? Nos auteurs semblent aussi ignorer que depuis l'établissement de la barrière, les points de contrôle ont nettement diminué et les permis de travail ont triplé, permettant à bon nombre de résidents de Samarie de trouver un emploi ! De l'huile sur le feu Le texte de M. Abdirahman et Mme Bennis se termine par un appel à l'action adressé aux Canadiens. Il parle de boycottage, de désinvestissement et d'autres sanctions économiques contre le gouvernement israélien et les institutions et corporations qui travaillent avec lui. Au lieu de jeter de l'huile sur le feu et de condamner cyniquement les efforts concrets et les concessions douloureuses d'Israël dans la recherche de la paix, les personnes de bonne volonté et les ONG humanitaires devraient en priorité soutenir ces efforts et prendre en considération le prix humain (les souffrances de la mort et de la vie sous la terreur) et le coût financier (des millions de dollars) qu'ils entraînent pour les Israéliens. L'attitude opposée, dont le texte de M. Abdirahman et Mme Bennis n'est qu'une des manifestations parmi -- hélas ! -- de nombreuses autres, témoigne non d'un désir de paix et de justice, mais d'un extrémisme belliqueux de bien mauvais augure. Israël vit des moments particulièrement douloureux avec le retrait de Gaza. Les hommes et femmes de bonne volonté auront l'honnêteté intellectuelle de considérer cette situation comme la preuve supplémentaire, qu'une fois de plus Israël saura poser sur le terrain tous les gestes nécessaires, lorsqu'il trouvera un interlocuteur pour la paix. C'était le cas pour le démantèlement (par Sharon !) de Yamit et de huit autres implantations lors du retrait du Sinaï après les accords avec l'Égypte, c'était le cas pour le retrait du sud Liban, c'était le cas pour la paix avec la Jordanie. Reste à espérer que Mahmoud Abbas, contrairement à nos auteurs, saura interpréter les gestes courageux d'Ariel Sharon comme une ouverture et l'assurance qu'Israël, lors de pourparlers pour la paix, ne se contentera pas de bons mots. Ni du côté israélien ni du côté palestinien. (Joseph Gabay est Vice-président, Congrès juif canadien) Volume IV, Numéro 196 • vendredi, le 12 août 2005 Une semaine d'un
retrait historique, où va Israël ? Le 2 février 2004 à Jérusalem, le premier ministre israélien Ariel Sharon annonçait officiellement son intention de procéder dans de brefs délais à un retrait unilatéral et complet de la bande de Gaza. En Europe, dans leur immense majorité, les observateurs du Moyen-Orient réagirent à cette annonce sans précédent de façon sceptique, voire tout à fait incrédule. Ils en sont aujourd'hui pour leurs frais : en moins de dix-huit mois, le chef du gouvernement hébreu aura tenu sa promesse, sacrifiant sa fragile coalition gouvernementale nationaliste avec succès, surmontant à marche forcée les virulentes oppositions au sein de son propre parti, et obtenant à deux reprises un vote de la Knesset instituant ce retrait civil et militaire, le tout premier d'un territoire palestinien depuis la guerre des Six-Jours de juin 1967. Quelle mouche a donc piqué Ariel Sharon, si souvent présenté au mieux comme un fanatique du Grand Israël ? Brigue-t-il le prix Nobel dans la foulée de ses compatriotes Begin, Rabin et Pérès ? Craint-il soudain un châtiment divin, ou, plus prosaïquement, des pressions internationales herculéennes jusqu'alors ignorées ? A la vérité, la personnalité trop souvent fantasmée d'«Arik» ne correspond en rien à ces hypothèses. Son plan ne se comprend qu'à l'aune d'une conjonction de trois réalités valant paramètres : un profil personnel, un contexte géopolitique et un objectif précis pour l'Etat d'Israël. N'en déplaise aux promoteurs d'une vision manichéenne en diable du personnage, Ariel Sharon est un pur produit de la gauche sioniste laïque, celle des pragmatiques années de construction de l'Etat d'Israël. Enfant, il ne participe pas aux activités du réseau sioniste-religieux, et, adolescent, il fréquente un milieu socialisant et non la jeunesse nationaliste du Betar. Jeune officier de Tsahal, son héros sera le premier ministre d'Israël et fondateur travailliste de l'Etat, David Ben Gourion - et non le chantre du sionisme nationaliste Vladimir Zeev Jabotinsky, à l'origine lointaine du Likoud. Quant à ce grand parti de la droite israélienne, qu'il dirige effectivement depuis 2000 et à la tête duquel il fut élu en 2001 et réélu en 2003, Sharon ne le rejoint qu'à 45 ans ! Encore n'en devient-il pas de suite un pilier : après le scrutin de 1977, le poste ministériel que le premier ministre Likoud Menahem Begin lui confie est celui de... l'Agriculture. Il faut attendre la réélection de Begin en 1981 pour que le général Sharon obtienne enfin le prestigieux maroquin de la Défense. A ce poste, qu'il occupe moins de deux ans, il construit certes des implantations mais en démantèle - déjà - d'autres. Car, lorsqu'en avril 1982, fort de l'approbation de la Knesset (et du soutien de l'opinion publique), Begin ordonne à Sharon d'évacuer manu militari les 4 000 civils israéliens qu'il a lui-même encouragés dans leur démarche «pionnière», il obtempère sans broncher. A-t-il été pris au dépourvu ? Impossible. Dès la signature des accords israélo-égyptiens de Camp David, en octobre 1978, il apparaissait clairement que l'intégralité de la péninsule sinaïtique serait restituée, y compris Yamit et les huit autres implantations établies sous les gouvernements travaillistes Meir et Rabin. Sharon eut donc tout le loisir d'y réfléchir et, le moment venu, de démissionner. A aucun moment il ne menaça seulement de le faire. Autre hypothèse : Gaza serait en Eretz Israel (terre biblique) et non Yamit ? L'argutie ne tient pas : il n'existe au sein des grands rabbinats d'Israël aucune unanimité sur la question. En fait, la réalité, crue, est la suivante : le Sharon de l'évacuation du Sinaï préfigure dans le pragmatisme le Sharon de l'évacuation de Gaza. Ni plus ni moins «faucon» à l'heure actuelle que naguère, Sharon fait du Clausewitz : peser avantages et inconvénients par-delà ses espérances, accepter bon gré mal gré d'abandonner un élément devenu accessoire (y compris au sens instrumental du terme) au profit d'un objectif primordial, et choisir pour cela le moment idoine. En avril 1982, Sharon assume le sacrifice de Yamit afin d'obtenir la neutralité égyptienne dans l'opération «Paix en Galilée» déclenchée en... juin, soit six semaines à peine après le retrait définitif du Sinaï. Il fallait en effet pouvoir porter au nord les divisions blindées afin de briser l'infrastructure du Fatahland (Etat-OLP) au Liban, sans craindre un retour d'instabilité militaire au sud, à la frontière égyptienne. Telle fut réellement sa variable principale de prise de décision d'assumer l'évacuation forcée de Yamit. Homme d'Etat typiquement wéberien en ce qu'il distingue «l'éthique de conviction» de «l'éthique de responsabilité», Sharon, plutôt qu'adepte borné du Grand Israël, recherche constamment le plus grand Israël possible. Fondamentale, la distinction explique largement le plan de retrait de Gaza (et de quatre implantations cisjordaniennes isolées) conçu et mené hors de toute pression américaine, et établit l'incontournable lien avec l'évacuation intégrale du Sinaï en 1982. Se pose toutefois la question cruciale du moment : pourquoi maintenant ? Comme en 1982, un contexte géopolitique bien spécifique l'aura convaincu d'agir fortement et à front renversé. En premier lieu, le rapport de forces avec l'environnement arabe en général et l'Autorité palestinienne en particulier n'a jamais été aussi favorable : maintien de la paix avec les voisins arabes égyptien et jordanien en dépit de l'intifada, échec manifeste de celle-ci (de l'aveu même de Mahmoud Abbas), chute du nombre d'attentats grâce à la «barrière de sécurité», forte reprise économique, et, à partir de la fin 2004, mort naturelle d'Arafat et perte d'influence de la Syrie. En second lieu, jamais un gouvernement israélien et a fortiori une équipe majoritairement nationaliste n'a bénéficié du soutien si massif d'une Administration américaine. George W. Bush offrira ainsi le 14 avril 2004 trois garanties sans précédent en contrepartie du retrait israélien : 1- Rejet du «retour» sur le sol israélien des quatre millions de réfugiés et descendants de réfugiés palestiniens de la guerre de 1948. 2- Non-retour d'Israël aux frontières du 4 juin 1967 (dite «ligne verte»).. 3- Prise en considération de l'évolution démographique intervenue depuis 1967 en Cisjordanie (autrement dit des 250 000 juifs implantés depuis). Ces garanties, approuvées par le Sénat, sont au coeur de la stratégie de Sharon, et illustrent son objectif : annexer in fine quelques zones certes modestes (moins de 10% de la Cisjordanie, soit environ 500 km2), mais stratégiquement (Ariel, Givat Zeev), démographiquement (Maalé Adoumim) et historiquement (Goush Etzion) admises comme fondamentales. Dans cet esprit, Gaza, avec son rapport démographique intenable (1,3 million de Palestiniens, soit un tiers de la population palestinienne globale des Territoires, face à 8 000 Israéliens), son absence totale de ressources naturelles, son intérêt stratégique médiocre, sa charge religieuse assez faible, et, enfin, son contrôle aux coûts humains et économiques exorbitants, ne pouvait qu'être logiquement le premier des sacrifices territoriaux. A cet égard, la vision géopolitique de Sharon se distingue tout à fait de celle de son ami et rival politique Shimon Pérès. Il pense que chaque kilomètre carré de terre doit se négocier âprement, moins pour sa valeur biblique que par la nécessité d'accueillir encore au moins un million de juifs (d'où les zones des blocs d'implantations à conserver), que mieux vaut camper dans la posture du bastion que de rêver à un Eden utopique, qu'il faut tisser des partenariats de revers avec de lointains géants anciennement hostiles (Russie, Chine, Inde) plutôt que de chercher à s'intégrer dans un hostile et improductif environnement arabe. Or la vision contraire de Pérès a échoué. A part en rotation ou par intérim, l'actuel n° 2 du gouvernement d'unité nationale ne fut jamais premier ministre. Les discours lénifiants sur le sens de l'Histoire, le grand marché commun proche-oriental ou la paix abrahamique ne font plus recette en Israël, et ne l'ont jamais fait chez ses voisins arabes. C'est à travers la grille de lecture de Sharon qu'il faut penser ses objectifs lorsqu'il cède Gaza. En face, le président palestinien Mahmoud Abbas, courageusement, a décidé d'en finir avec les rêves chimériques de destruction de l'«entité sioniste», et tente de préparer au mieux la transition vers l'indépendance qui s'amorce. Comme Sadate jadis, mais, a contrario d'Assad ou d'Arafat, il a compris qu'une rhétorique flamboyante, le soutien de (faux) frères arabes ou l'usage de la violence aveugle ne permettraient pas de vaincre. A terme, entre l'Etat d'Israël et celui de Palestine - dont Sharon évoqua lui-même l'avènement dès 2002 - courra une frontière. De part et d'autre de cette limitation de souveraineté traditionnelle consacrant un fossé de représentations identitaires abyssal, on ne s'aimera guère. Marquée au sol, elle matérialisera une paix froide, ce type de paix honteuse dont on se défie sur les rives de la Seine mais qui confère de la dignité et préserve infiniment plus de vies humaines, à l'image de la paix froide israélo-égyptienne de 1979, que l'inepte «guimauve adolescente» des années d'Oslo. Cette frontière nationale constituera le meilleur garant de la sécurité des deux peuples souverains, et rappellera que de «mauvaises paix valent mieux que de bonnes guerres». En définitive, ni sursaut de candeur chez ce général de 77 ans ni volonté soudaine de se voir nobéliser : chez le stratège Sharon, le retrait unilatéral de Gaza est frappé au coin de strictes considérations géopolitiques. A tort, on le tient ici pour généreux, là pour machiavélique : il n'illustre en définitive que la maxime napoléonienne selon laquelle «les Etats font la politique de leur géographie». (Frédéric Encel est Docteur en géopolitique et consultant, spécialiste du Moyen-Orient, professeur à l'ESG et il enseigne les relations internationales à Sciences po (prépa ENA). Il vient de publier avec François Thual Géopolitique d'Israël, Seuil, 2005.) Volume IV, Numéro 195 • vendredi, le 5 août 2005 L’ambition
mondiale de la terreur Les attentats terroristes à Londres, ce mois-ci, ont déclenché une avalanche de spéculations sur les causes possibles des atrocités et les motifs de leurs auteurs. Jusqu’il y a une semaine, le point de vue dominant, selon les médias britanniques, était que les attentats avaient été commis par des jeunes hommes «courroucés par l’engagement britannique en Irak». Ceci a créé l’illusion d’un rapport de cause à effet rationnel. Le quotidien londonien The Independent l’a exprimé crûment: Oussama Ben Laden avait prévenu que si «nous bombardons ses villes en Irak», il bombarderait «nos villes» en Occident. Le quotidien londonien ne s’est pas donné la peine d’aborder des questions désagréables telles que pourquoi, si l’Irak était le motif, aucun Irakien n’a participé aux attentats. Tout comme il n’a guère pris le temps de se demander pourquoi l’Irak devrait appartenir à Ben Laden, lequel, à l’exception d’une visite secrète en 1999, ne connaît même pas les lieux, et non pas au peuple irakien. Inutile de dire qu’il n’a guère fait état du fait que les terroristes qui tuent les Irakiens sont de la même famille idéologique que ceux qui ont attaqué Londres. Quoi qu’il en soit, la majorité des Britanniques, ayant accordé leur attention à leurs médias et lu les rapports sur une analyse effectuée par l’Institut royal des Affaires étrangères, un laboratoire d’idées qui lui aussi prétendait que Londres avait été attaqué parce que Saddam Hussein avait été destitué à Bagdad, allaient partir en vacances, convaincus qu’ils savaient pourquoi la Grande-Bretagne avait été ciblée. Puis vinrent les nouvelles de plusieurs opérations terroristes à des milliers milles de là. Celles-ci comprenaient des explosions dans trois villes algériennes, dans la ville pakistanaise de Quetta, dans la capitale libanaise de Beyrouth et, la plus mortelle de toutes, dans la station balnéaire égyptienne de Charm el-cheikh. Les mêmes médias qui avaient conclu à la libération de l’Irak comme raison pour les attentats de Londres, commencèrent à se demander si d’autres motifs avaient pu être en jeu. Ceci, en revanche, entraîna la reprise des explications classiques et leur application aux derniers attentats. Une des explications était la pauvreté. Ceux qui avaient massacré des innocents à Charm el-cheikh étaient en colère à cause de la pauvreté, observa un expert sans perdre son sérieux. La vérité, toutefois, c’est que la plupart des quelque 90 personnes qui ont perdu la vie à Charm el-cheikh étaient de pauvres gens qui venaient de trouver des emplois dans l’industrie touristique et qui commençaient à bâtir une vie modeste pour leurs familles… Si le tourisme, fer de lance de l’économie égyptienne, est blessé, ceci plongera le pays dans la récession, menaçant plus de 100 000 emplois, selon les évaluations gouvernementales. Une autre explication offerte par un expert américain était que les jeunes musulmans sont en colère à cause de leur déficit identitaire et qu’ils tentent de faire revire leurs traditions. Ceci, cependant, présuppose que les voitures piégées et le meurtre aveugle de passagers dans les transports en commun constituent une partie de l’identité et de la tradition islamiques. À l’exception des attentats au Liban, qu’on peut aisément attribuer aux services secrets syriens, les autres récentes opérations terroristes, dont celles de Londres et de Charm el-cheikh, sont clairement l’œuvre d’éléments connus sous la marque de commerce al-Qaida. Les attentats en Égypte surviennent presque deux ans après que la Gama'a Islamiyah (Société islamique) et ses rejetons tels que Takfir wal-Higrah (Anathème et Retraite), qui pendant 20 ans avaient mené une campagne terroriste contre l’État, eurent décidé de jeter l’éponge. Ces groupes canalisaient leurs efforts dans la destruction de l’État égyptien, qu’ils considéraient comme «pharaonique» et n’entretenaient aucune ambition djihadiste mondiale. Même l’Ikhwan al-Moslemeen (les Frères musulmans), qu’il faut considérer comme la grand’mère idéologique de tous les mouvements terroristes arabes et pakistanais, n’a jamais développé de stratégie de conquête mondiale. Le trépas des groupes terroristes islamistes traditionnels et le changement de stratégie des Frères musulmans, de la violence armée à la conquête du pouvoir par l’infiltration, a crée un vide qui a été partiellement comblé par les néo-terroristes du type connu sous la marque de commerce al-Qaida. Il n’en demeure pas moins que ces groupes, dont ceux qui ont frappé Londres et l’Égypte ce mois-ci, adhèrent à la plus radicale version de la vision du monde d’al-Qaida. Parmi les tenants de cette vision, certains théoriciens de la terreur soutiennent une stratégie régionale. Ils veulent que les «ghazis» islamiques (guerriers saints) se concentrent sur la conquête du pouvoir dans autant de pays musulmans que possible avant de passer à une stratégie de conquête mondiale islamique. Ils ont identifié l’Afghanistan, le Pakistan, l’Arabie Saoudite, l’Irak et l’Égypte comme les nations les plus immédiatement vulnérables. Parmi les adeptes de cette analyse, on retrouve des individus et des groupes qui, bien qu’ils soient des frères idéologiques, n’entretiennent pas nécessairement de liens structurels. Le principal acteur islamiste du Pakistan, Fazlur Rahman, l’«émir» des Taliban Mullah Muhammad Omar, l’Égyptien et numéro deux d’al-Qaida, Ayman al-Zawahiri, l’islamiste soudanais Hassan al-Turabi et Yussuf Qaradawi, le prédicateur installé au Qatar, partagent cette vue. Mais leur analyse est disputée par d’autres théoriciens de la terreur, dont ben Laden, Hamza al-Masri et Mullah Haqqani, qui favorisent des attaques directes et spectaculaires contre les principales puissances «infidèles», particulièrement les États-Unis et la Grande-Bretagne. Leur argument: l’«infidèle» peut être terrorisé au point de fuir le monde musulman, laissant ainsi les régimes locaux vulnérables aux attaques des «ghazis». Selon cette lecture, la tâche immédiate des «ghazis» est d’obliger les États-Unis et ses alliés de se retirer des États régionaux ciblés. Les derniers attentats à Londres et à Charm el-Cheikh ont été commis par ceux qui partagent la stratégie défendue par le second groupe de théoriciens terroristes. Les noms de code utilisés par les groupes qui ont revendiqué les attentats mettent ceci en évidence. Dans le cas des attentats de Londres, le nom de code employé était celui de Abu-Hufs al-Masri, le commandant en chef militaire d’al-Qaida tué par les Alliés lors de la libération de l’Afghanistan. Les attentats de Charm el-Cheikh ont été revendiqués par un groupe utilisant le nom de code de feu Abdullah Azzam, un Palestino-Saudien qui devint le parrain des «Arabes afghans» en combattant l’Armée rouge dans les années 1980. Les groupes responsables des derniers attentats à Londres et à Charm el-cheikh ne sont motivés ni par leur colère suscitée par la libération de l’Irak, ni par aucune souffrance causée par la pauvreté ou la crise identitaire. Ils ont une stratégie claire et calculée à sang-froid visant à modifier l’équilibre régional des forces en leur faveur par l’expulsion des «infidèles» occidentaux dans le but de s’emparer du contrôle de plusieurs pays musulmans - dont certains possèdent des ressources pétrolières immenses. Ceci constituerait le premier pas vers la restauration de l’Islam sur le sentier de la conquête mondiale depuis que les Ottomans ont levé leur siège à Vienne au XVIe siècle. Tout signe de faiblesse de la part de l’Occident dans l’affrontement de ce défi ne servirait qu’à faire remporter le débat à ceux qui dans les cercles islamistes soutiennent les options terroristes les plus radicales. (Amir Taheri est un écrivain iranien. Il est l'auteur d'une dizaine de livres sur le Moyen-Orient et l'islam.) Traduit de l'anglais par David Ouellette pour Judéoscope.ca ------------------------------------------------------------------------------- Il est déplorable que
le Vatican, qui est légitimement considéré par
des millions de gens comme un arbitre moral et une source de guidance
spirituelle, laisse supposer que le terrorisme qui frappe des Israéliens
est moins condamnable que celui qui atteint d’autres nations.
Et il est pire encore, de la part du Saint-Siège, de légitimer
sur un ton guerrier ce qui eût pu être considéré
comme une inadvertance involontaire. Mardi [26 juillet], un haut fonctionnaire
du Ministère israélien des Affaires étrangères
critiquait le Vatican pour avoir condamné les actes terroristes
commis en Angleterre, en Turquie, en Egypte et en Iraq, sans réprouver
l’attentat-suicide de Netanya, dans lequel cinq Israéliens
avaient été assassinés. Merci à M. Macina
et upjf.org pour la version française.
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