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Communiqué Isranet Volume IV, Numéro 182 • vendredi, le 29 avril 2005 TIRERA-T-ON LES LEÇONS
DE L'HISTOIRE ? La question qu'on peut se poser raisonnablement est la suivante: "Est-ce qu'introduire le H'ezbollah dans le processus politique amènera ce groupe terroriste islamique à se transformer réellement en partenaire démocratique sur la scène Libanaise"? La France pense que oui. La résolution 1559 du Conseil de sécurité appelle au désarmement de toutes les milices. Au delà des mots, la France ne lèvera pas le petit doigt pour faire appliquer cette résolution. Malgré qu'elle ait participé à la rédaction du texte avec les Américains, l'automne dernier, la position de la France est de ne pas affronter le H'ezbollah. Au lieu de désarmer cette organisation, la France préfère lui offrir des avantages politiques. Qu'e le H'ezbollah garde ses armes et qu'il participe aux élections! La France est persuadée qu'en participant au pouvoir et en profitant des avantages du processus démocratique, cette organisation terroriste désarmera d'elle-même…, pour la raison que le H'ezbollah n'est pas seulement une milice et une organisation terroriste, mais aussi une force politique et sociale avec laquelle il faut compter. Si on la rendait illégale ou si on l'affrontait, on pourrait s'aliéner nombre de citoyens. Les Français préconisent la patience quant au déploiement des milliers de missiles dirigés contre Israël et estiment qu'on pourra venir à bout de l'agressivité de cette organisation en facilitant son intégration dans un Liban pacifique et démocratique… Il est très douteux qu'une organisation comme le H'ezbollah devienne un jour une force démocratique. Même si on la persuade d'entrer dans le processus, son fondement et ses objectifs resteront les mêmes. Et j'ajouterai qu'en lui laissant son immense arsenal intact, au lieu de renforcer la démocratie au Liban, cette organisation la sabotera. Pour exaucer les vœux de la France d'élections libres et transparentes au Liban, il faudrait que toutes les parties politiques acceptent un principe de base: il ne peut y avoir d'autre force militaire que celle qui est loyale au gouvernement. Un pays ne peut se permettre qu'une seule autorité et une seule loi. Dès l'instant qu'un parti politique a sa propre milice autonome et contrôle une partie du territoire, la voie est ouverte à l'anarchie. Les milices peuvent alors saboter le processus politique, intimider les électeurs, assassiner les opposants et utiliser leur pouvoir pour faire chanter l'autorité centrale. L'expérience et l'histoire de l'Europe montrent que la position de la France est erronée. Dans les années 20 du siècle dernier, les fascistes européens et les nazis avaient chacun son groupe militaire indépendant qui s'engageait dans des actions violentes, se substituant à l'autorité de l'Etat et même parfois la défiant. Comme le H'ezbollah (1), les fascistes et les nazis avaient de vastes réseaux d'aide sociale, d'assistance, des mouvements de jeunesse et des centres de charité pour vétérans de guerre. Comme le H'ezbollah, ces forces politiques avaient des dizaines de milliers d'adhérents. Les fragiles démocraties d'Italie et de l'Allemagne de Weimar ont toléré ces soit-disant forces politiques et leurs voyous armés, sous le motif qu'en les intégrant dans le processus politique, on pourrait transformer ces extrémistes en citoyens pragmatiques et, compte tenu des forces populaires qu'elles entraînaient, on ne pouvait pas les ignorer. Les Feikorps, précurseurs des SA et des SS, ont aidé à juguler la révolte Spartaciste, en liaison avec les "armées blanches" de Russie, tout en donnant aux vétérans allemands défaits de la 1ère guerre mondiale l'occasion de retrouver leur dignité. Ils ont été responsables de centaines d'assassinats politiques et de coups tordus, sans que le pouvoir central ne puisse réagir. En Italie pré-fasciste, l'attrait des "chemises noires" de Mussolini était identique, de même que leur rôle dans la chute de la démocratie. La composante militaire de ces mouvements était inhérente aux principes fondamentaux du groupe, et elle ne pouvait être contrôlée ou séparée de la composante politique, fasciste ou nazie. Dans l'Europe d'avant la 2ème guerre mondiale, cet espoir de rédemption des loups a mené aux catastrophes qu'on connaît. Faire entrer des extrémistes dans le processus politique leur a permis de le saboter et de s'emparer des rênes de l'Etat. La possession d'armes a facilité cette prise autoritaire du pouvoir au détriment de la démocratie. L'Europe a bien appris la leçon. Depuis 1945 tous les partis extrémistes ont été bannis et les théories à base de haine raciale sont devenus des crimes. Toutes les tentatives de reconstituer ces partis ont été jugulées. Lorsque dans les années 70, des groupes armés naquirent au sein des sociétés européennes pour réaliser des visions radicales et révolutionnaires, ils ont été combattus et ont été éliminés. Les groupes terroristes nés de griefs ethniques, comme l'ETA et l'IRA ont été combattus et les gouvernements n'ont jamais cédé devant la violence, demandant le dépôt des armes avant toute discussion politique. Pour devenir un partenaire crédible, l'IRA a dû baisser le niveau de ses revendications (indépendance) et accepter de désarmer pour appliquer l'accord dit de "Good Friday". Son incapacité à désarmer a été à l'origine de la suspension de l'accord politique. Pourquoi se passerait-il autrement au Liban? La France s'attend-elle à ce que les Libanais se conduisent différemment des Européens? Il faudrait comprendre que le loup ne peut se transformer en agneau et que les objectifs politiques du H'ezbollah correspondent aux fondements de leur doctrine violente et intégriste. (2) (Traduit et adapté par Albert Soued. Emanuele Ottolenghi est un professeur d'histoire à Oxford et à l'American Enterprise Institute) Notes de la traduction: (1) Il ne faut pas perdre de vue que l'endoctrinement des jeunes dans le fief du Hezbollah (le Sud du Liban) est du type fasciste, avec les mêmes arguments et le même salut que celui des nazis. (2) Ce raisonnement peut s'appliquer intégralement aux organisations terroristes sévissant au Moyen Orient, notamment en Palestine où elles sont nombreuses. De
jeunes Saoudiens endoctrinés par des islamistes ont changé
à la lecture d’articles de penseurs libéraux arabes
Chroniqueur
au quotidien saoudien Al-Watan, Adel-Toraifi a publié un article
[1] dans le quotidien saoudien Arab News (édité en anglais)
le 7 avril 2005, intitulé«Les jeunes meurtriers et les
victimes du djihad contemporain», article qui critique le djihad
en Irak et rapporte que les écrits des penseurs libéraux
arabes ont permis de réformer d'anciens islamistes. Voici un
résumé de l'article, qui peut être consulté
en anglais sur http://memri.org/bin/articles.cgi?Page=archives&Area=sd&ID=SP89805.
Ezer
Weizman s’est éteint à l’âge de 81 ans
Le septième président de l’Etat d’Israël s’est éteint dans sa demeure de Césarée ce dimanche soir. Ezer Weizman, âgé de 81 ans lors de son décès avait été hospitalisé à multiples reprises ces derniers mois dans le département de soins intensifs et d’aide respiratoire de l’hôpital Rambam de Haïfa. Ezer Weizman était le neveu du premier président de l’Etat d’Israël, Haïm Weizman. Il est né à Tel-Aviv et a grandit à Haïfa. Au cours de la Seconde Guerre Mondiale, Weizman fut pilote de chasse dans l’armée britannique. Weizman fut ensuite un des fondateurs de l’aviation militaire israélienne. Il en devint même le général en chef entre les années 1958 et 1966, avant de poursuivre sa carrière au sein de l’Etat-major jusqu’en 1969. Weizman fut un des généraux qui firent pression sur le gouvernement pour décider d’une attaque préventive, lors de la période de guerre larvée qui précéda la guerre des Six Jours. Après celle-ci, Weizman s’exprima en faveur de l’idée du «Grand Israël». Lors de la guerre de Kippour, il fut enrôlé comme conseiller spécial du chef d’état-major. En 1977, Ezer Weizman fut élu à la Knesset, puis devint ministre de la Sécurité dans le premier gouvernement Begin. A partir de 1978, Weizman changea d’opinion quant au «grand Israël» et se fit le partisan de renonciations territoriales en faveur de la paix avec l’Egypte. Il compte parmi les architectes des accords de Camp David. Enfin à partir de 1980 Weizman continua sa carrière politique dans le camp opposé à celui qui fut le sien, devenant député du parti travailliste mené par Shimon Pérès. Il fut parlementaire jusqu ‘en 1992, avant de se faire élire une première fois à la présidence de l’Etat d’Israël en 1993, puis une seconde fois en 1998. Cependant, Weizman fut contraint de démissionner en Juillet 2000 après la révélation d’un scandale financier, courant 1999. En effet, pendant dix ans, Weizman avait reçu des fonds de l’homme d’affaire Edouard Sroussi, sans en référer aux autorités. La magistrature a cependant décidé de ne pas le poursuivre pour cette affaire, essentiellement par égard pour son âge et en considération de son passé. L’ancien grand rabbin d’Israël, le Rav Israël Meïr Lau, actuel grand rabbin de Tel-Aviv, a tenu a souligner la simplicité de Weizman, qui a choisi de se faire inhumer dans le cimetière de Or Akiva, aux côtés de son fils et de sa bru, disparus tragiquement il y a de nombreuses années, plutôt qu’au Mont Herzl, aux côtés des grands hommes de l’Etat. Pour Ruby Rivline, l’actuel président de la Knesset, Ezer Weizman symbolisait Israël et a consacré sa vie à l’Etat et sa sécurité. «Il s’agit d’un deuil national» a-t-il souligné Volume IV, Numéro 181 • vendredi, le 22 avril 2005 La
Mythologie du Moyen-orient Le fait que le monde arabe soit dans uns état de chaos absolu, moral et autre, n’est pas la faute de l’Amérique et d’Israël – même si l’ONU le clame par ailleurs. Mardi le Rapport sur le Développement Humain Arabe a été publié sous l’égide du Projet de Développement de l’ONU (PNUD). Le projet a pour une large part porté le blâme du manque de développement du monde arabe en termes de progrès économique et de liberté politique sur la création d’Israël en 1948 et le soutien des USA à la poursuite de l’existence d’Israël , ainsi que sur la présence militaire des USA en Irak. Les conclusions du rapport sur Israël et les USA ont été immédiatement rejetées par les USA et Israël. Greg Sullivan, le porte-parole du Département d’Etat du bureau du Proche-Orient déclara, « Nous pensons qu’il est malavisé de blâmer Israël pour les problèmes et les défis auxquels le monde arabe est confronté ». Mark Regev, porte-parole du ministère des Affaires Etrangères, a été aussi catégorique, « depuis trop longtemps, trop de gens dans le monde arabe ont utilisé Israël comme une excuse pour justifier un comportement qui ne peut pas être justifié. Vous ne pouvez pas avoir des élections démocratiques à cause d’Israël et nous ne pouvez pas donner des droits égaux aux femmes en Arabie saoudite à cause d’Israël. Cela est bien sûr une manière de se défiler ». Les dénonciations américaines et israéliennes du rapport furent, bien sûr, totalement raisonnables. La notion que 300 millions d’Arabes vivent sous la botte parce que quelques 5 millions de juifs en Israël vivent en liberté et que l’Amérique soutient notre droit de vivre en liberté est manifestement insensé. De même aussi, il est illusoire de croire que 300 millions d’arabes sont ployés sous la charge parce que 2,3 millions d’Arabes palestiniens ont soi-disant leurs libertés écrasées par Israël, qu’ils sont volontaires pour accepter le droit de leurs régimes à les rendre esclaves et à les appauvrir économiquement et spirituellement. Pourtant la grande ironie portée en surface par de le rapport du PNUD est que, en dépit de la capacité des gouvernements aussi bien américain et israélien à faire la différence entre crachat et gouttes de pluie, en fait, aussi bien Israël et les USA fondent leurs politiques à l’égard des Palestiniens en particulier, et du monde arabe en général sur l’internalisation des proclamations ridicules du PNUD. Comment cela se manifeste-t-il en soi ? L’opinion parmi les décideurs politiques américains et les ministres types des Affaires Etrangères israéliens, tous deux poussés par leurs compagnons idéologiques en Europe et par la gauche internationale est fondée sur deux présomptions. La première est que le conflit palestinien avec Israël est la cause du conflit arabe avec Israël. La seconde est que les Palestiniens sont faibles et les Israéliens sont forts et que la manière de résoudre le conflit est de renforcer les Palestiniens et d’affaiblir Israël. La seconde présomption est ce qui conduit à la fois les élites des politiques étrangères israéliennes et les américaines à défendre la restitution de territoire aux Palestiniens et à soutenir l’acquisition d’armes, d’argent et de souveraineté par les Palestiniens. La première présomption est ce qui conduit Israël et les USA à ignorer la dépendance directe du conflit palestinien avec Israël d’un soutien extérieur des états membres de la Ligue Arabe conduits par l’Egypte. L’Egypte, comme le reste du monde arabe n’a jamais accepté le droit inhérent à l’existence de l’Etat juif au levant. Pourtant au cours des années, le ciblage rhétorique a glissé d’appels ouverts à la destruction d’Israël par la guerre à des appels ouverts à la destruction d’Israël par l’établissement d’un Etat palestinien et de l’immigration illimitée en Israël de millions d’Arabes nés à l’étranger. Ces appels sont obscurcis à un certain degré par une fixation publique de la faiblesse perçue et sur la réelle misère de 2,3 millions de Palestiniens en Judée, Samarie et à Gaza – toutes deux portées à la charge d’Israël. Pourtant la réalité sur le terrain est largement différente du tableau peint par les rapports de l’ONU dont les hypothèses de base, bien que fausses, forment les fondations de la politique américaine et israélienne dans la région. La misère noire dans laquelle des Palestiniens résident est totalement préméditée. Depuis 1949, la Ligue Arabe a décidé qu’aucun Etat membre n’accorderait la citoyenneté aux Arabes qui avaient quitté la terre d’Israël comme conséquence de l’invasion arabe de l’Etat juif naissant. Et ainsi ces gens misérables et leurs enfants et petits-enfants ont été ‘incarcérés’ dans la misère noire de camps d’internement de l’ONU pendant près de 60 ans. Quand au début des années 1980, le Premier Ministre d’alors Menahem Begin essaya de démanteler les camps à Gaza et en Judée et Samarie et d’apporter un logement permanent et décent à leurs résidents, les « réfugiés » furent prévenus, sous peine de mort, par la direction panarabe et l’OLP, de rejeter les offres d’Israël. La raison de cela était claire : si les Palestiniens avaient été autorisés à se développer librement, un mythe central - que la souveraineté juive est teintée du pêché original – un mythe qui fut créé pour justifier le rejet arabe continu d’Israël, aurait disparu. Et ainsi il persista le fait que bien que dans les dix dernières années l’Autorité Palestinienne ait reçu plus d’aide internationale par tête que toute autre autorité nationale dans l’histoire de l’aide internationale, les Palestiniens aujourd’hui demeurent dans un état de pauvreté abject. Par-dessus le marché, leur niveau de vie descendit en chute libre peu après que l’AP s’établît en 1994. Yasser Arafat et ses adjoints contrecarrèrent les efforts de développement en volant les milliards qu’on leur donnait. Que le rejet d’Israël forme toujours une base solide de l’unité arabe et islamique a été de nouveau rendu clair lors d’une conférence cette semaine en Malaisie consacrée à « la Paix en Palestine ». La conférence se donna elle-même un coup de fouet de guerre psychologique, en invitant cinq Israéliens et militants juifs anti-israéliens à participer aux débats. Conduits par le Premier Ministre de Malaisie Abdullah Ahmed Badawi, les participants ont appelé à une campagne internationale « d’apartheid anti-israélien », exigeant un boycott international total d’Israël jusqu’à ce qu’un Etat palestinien soit établi avec Jérusalem pour capitale et qu’Israël devienne un Etat non juif comme conséquence d’une immigration arabe illimitée. Le fait que les participants arabes et musulmans, (et juifs) exprimèrent des opinions qui étaient encore plus extrémistes que la rhétorique émanant de l’AP est démonstrative de la source de pression continue pour la prolongation indéfinie du conflit palestinien avec Israël. Revenons aux hypothèses qui forment la base de la politique américaine et israélienne envers les Palestiniens en particulier, et le monde arabe en général. Nous observons qu’en internalisant l’opinion que le conflit palestinien est la source du conflit arabe avec Israël et que la manière de résoudre le conflit palestinien est de conférer du pouvoir aux Palestiniens aux dépens d’Israël, Israël et les USA initient des politiques qui éloignent plus qu’elles ne rapprochent leurs objectifs déclarés de paix et de sécurité par la démocratisation de la société palestinienne et du monde arabe plus largement. Il en est ainsi parce que les hypothèses directrices ne sont pas seulement fausses, mais elles sont à l’opposé des faits de base. Ces faits sont que le conflit palestinien avec Israël est largement le résultat direct du rejet du droit à l’existence d’Israël par le monde arabe. Et affaiblir Israël, en renforçant les Palestiniens ou de toute autre manière, ne fait progresser aucun de ces objectifs. La force arabe est fondée sur le contrôle arabe des plus grandes réserves mondiales de pétrole ; sur des communautés d’immigrants arabes irrédentistes à travers le monde occidental et spécifiquement en Europe, qui exigent avec véhémence de leurs gouvernements hôtes d’adopter une politique étrangère anti-israélienne ou d’être confrontés à la violence et à l’instabilité sur place et sur les marchés pétroliers globaux ; et sur le terrorisme et le militantisme arabo-islamiques qui sont financés et engendrés dans le monde arabe autoritaire, et riche en pétrole Le fait que c’est la puissance arabe plutôt que la faiblesse palestinienne qui alimente les conflits est rendu bien clair par la politique de l’UE au Moyen-orient. Comme Bat Ye’or, la célèbre érudite de l’idéologie du jihad et de la politique euro-arabe l’a montré de façon on ne peut plus claire dans son nouveau livre « l’Axe Euro-Arabe », l’abandon par l’Europe occidentale de son soutien initial à Israël est survenu non pas dans le sillage de la stupéfiante victoire d’Israël lors de la guerre des Six jours en 1967, mais dans les suites de l’embargo pétrolier de l’OPEP en 1973. Ce fut l’attaque panarabe concertée sur les économies de l’Europe occidentale en 1973, non pas l’acquisition territoriale par Israël en 1967 qui entraîna l’Europe à embrasser la cause des Palestiniens. Et c’est le pouvoir que les électeurs et activistes migrants brandissent contre l’électorat européen et la menace de violence brandie par les terroristes arabes qui assure que bon an mal an, sans égard à la brutalité de la rhétorique et de la violence arabes, les Européens demeurent fidèles à l’idéologie d’une criminalité israélienne et d’une victimolâtrie palestinienne. Aussi bien les décideurs politiques israéliens et américains ont proclamé de façon répétée qu’en renforçant le leader palestinien Mahmoud Abbas, il gagnerait en légitimité parmi les Palestiniens pour avancer vers la paix avec Israël. Ils ont aussi proclamé que dans les suites du retrait planifié par Israël de ses forces et de l’expulsion de ses citoyens du nord de la Samarie et de Gaza cet été, l’AP sera renforcée et en conséquence, les chances de paix seront accrues. Pourtant de nouveau, les faits à la base contredisent cette vision. A la fin de l’été, les prix du pétrole atteindront sans doute près de 60 $ le baril. L’Egypte aura deux brigades armées installées dans la péninsule du Sinaï. Israël, cuisant ses blessures auto-infligées et supportant une charge sociale, financière et politique extraordinaire pour réinstaller des milliers de réfugiés israéliens, sera plus faible et donc moins en mesure de faire monter la volonté et la capacité de repousser des attaques terroristes. Finalement, il n’y a pas de raison de croire qu’Abbas, qui a consacré la plus grande partie de son temps depuis qu’il a remplacé Arafat à dorloter des terroristes et à chercher à se faire bien voir de leurs état parrains, se précipitera pour améliorer la situation économique des zones palestiniennes. En effet encore, faire avancer leur bien-être économique et politique est réellement en parfaite opposition aux intérêts de l’OLP Etant donné le fait que les gouvernements américain et israélien appuient leurs politiques sur les mêmes fausses présomptions qui ont formé la base du rapport du PNUD qu’ils sont si prompts à rejeter, peut-être la vraie question est-elle « pourquoi les a-t-il tant tracassés » ? Et la seconde question est, « sont-ils encore capables de dire la différence entre un crachat et des gouttes de pluie, quand adopteront-ils des politiques qui reflèteront cette distinction » ? Traduction française de Simon Pilczer, volontaire de l’IHC. Volume IV, Numéro 180 • vendredi, le 15 avril 2005 "Civilisation
de la Dhimmitude", Traduction française : Cathy Josse. Revue du livre : Eurabia : the Euro-Arab Axis [Eurabia : l'axe euro-arabe], par Bat Ye'or. Fairleigh Dickinson University Press, 384 pages. Quel que soit le conflit, ce qu'il est primordial de connaître, c'est son ennemi - ses pensées, ses valeurs, ses objectifs. Dans le cadre de la guerre actuelle contre l'Islamisme, nous, les Occidentaux, n'avons guère été à la hauteur dans notre effort pour comprendre notre ennemi tel qu'en lui-même. Nous avons jaugé son comportement à l'aune de nos idées préconçues et de nos catégories de pensée. En réalité, notre ennemi a su comprendre nos réflexes et exploiter les idéaux et les faiblesses de notre culture beaucoup mieux que nous ne l'avons fait des siens. Nous, Occidentaux, sommes devenus de plus en plus laïques, matérialistes et ignorants de notre passé. A nos yeux, toute cause est matérielle, tout comportement résulte du milieu physique, ou de forces psychologiques qui, elles-mêmes, ont leur origine dans des circonstances matérielles ou environnementales immédiates. C'est ainsi que nous expliquons le terrorisme islamiste comme une réaction à l'ignorance et à la pauvreté, ou à une blessure de la fierté nationale, ou à une tyrannie d'Etat, ou aux séquelles d'un passé colonial ou impérialiste. Les solutions envisagées sont donc également matérielles. Par exemple :
De telles analyses des racines du terrorisme ramènent, bien entendu, l'islamiste à des catégories matérialistes occidentales. Soit elles ignorent totalement, soit elles ne prennent pas en compte les aspects culturels, spirituels et historiques de ses motifs, lorsqu'elles les réduisent à n'être que des symptômes d'une cause matérielle plus profonde. Ces analyses évitent de se demander pourquoi tant d'autres peuples, plus pauvres et plus opprimés que ceux du Moyen-Orient, n'en viennent pas, pour autant, au terrorisme. Pour ce qui est de découvrir les racines du terrorisme islamiste, ces analyses, fondées sur l'aspect matériel, occultent plus qu'elles n'éclairent, surtout du fait que, depuis des années, l'ennemi est passé maître dans l'art de manipuler ces suppositions occidentales, qu'il considère comme des faiblesses, comme des symptômes de notre faillite spirituelle et de notre infériorité culturelle. Le livre de Bat Yé'or, intitulé Eurabia : the Euro-Arab Axis [1] constitue une exception majeure par rapport à la généralisation évoquée ci-dessus, et toute personne cherchant à connaître les motivations réelles de l'islamiste plutôt que les conceptions réductrices des Occidentaux à son sujet ferait bien de le lire avec attention. Bat Ye'or est une spécialiste de l'institution islamique de la «dhimmitude» [2], et c'est ce mot qu'elle a choisi pour décrire la condition des peuples dominés par l'Islam sans se convertir à sa foi, «les individus ou les peuples non musulmans assujettis, qui acceptent une soumission restrictive et humiliante à un pouvoir islamique dominant afin d'éviter l'esclavage ou la mort». La dhimmitude est «la conséquence directe du djihad», la conquête militaire de tout territoire non islamique, imposée par Allah à tout Musulman et à toute communauté musulmane, en tant qu'obligation spirituelle. L'histoire nous montre que l'Islam s'est répandu par la conquête violente des territoires non musulmans. C'est pourquoi, «au début du VIIIe siècle, afin de régir les relations entre Musulmans et non-Musulmans, a été élaboré un ensemble de règles fondées sur les conquêtes, les pratiques, la théologie et la jurisprudence islamiques». Cette «doctrine du djihad a défini les relations entre les Musulmans et les non-Musulmans, en termes de belligérance, d'armistices temporaires et de soumission». Le djihad peut être réalisé par la force, ou par des moyens pacifiques, tels la propagande, les écrits, ou encore la subversion de "l'ennemi", c'est-à-dire «ceux qui s'opposent à l'instauration de la loi islamique, ou à son extension et à sa mission, ou à la souveraineté islamique sur leurs pays». Tous les pays non musulmans sont considérés comme le dar al-harb, «le domaine de la guerre», jusqu'à ce qu'ils se soumettent à la loi islamique et entrent dans le dar al-Islam [le domaine de l'Islam]. L'ennemi infidèle est donc classé en trois catégories : ceux qui résistent activement à l'Islam, ceux qui vivent dans un pays qui jouit d'une trêve temporaire avec l'Islam, et ceux qui se sont soumis à l'Islam en échangeant le sol contre la paix - les dhimmis, qui vivent dans un système qui «les protège du djihad et leur garantit des droits limités dans le cadre d'un système discriminatoire, qu'ils doivent accepter, sous peine de devoir faire face à la conversion forcée, à l'esclavage, ou la mort». Le concept de djihad n'est pas une antiquité historique sans pertinence pour le monde moderne. On continue de l'étudier, de s'y référer, et des millions de Musulmans, ainsi que de nombreux théologiens de l'Islam, y croient passionnément, car il exprime une réalité spirituelle et une croyance puissantes, selon lesquelles, un jour, le monde entier deviendra musulman pour accomplir la volonté d'Allah. En conséquence, l'état normal des relations entre un pays musulman et un pays non musulman est la guerre. Si les armées islamiques ne parviennent pas à l'emporter militairement, alors, une période de «trêve» s'installe, une trêve soumise à plusieurs conditions, dont celle de permettre la propagation de l'Islam. «Le refus de permettre la propagation de l'Islam dans les pays concernés par la trêve est considéré comme un casus belli, et le djihad peut reprendre.» Les apologistes occidentaux et les Musulmans occidentalisés ne tiennent pas compte de l'idéologie du djihad, ou bien tentent de le rationaliser et d'en faire une sorte d'amélioration de soi, mais le témoignage de l'histoire confirme que, pour la civilisation islamique chauvine, la guerre est une nécessité provoquée par le refus de l'infidèle de se soumettre à l'Islam et de le reconnaître comme la réalité spirituelle la plus accomplie, telle qu'elle est voulue par Allah pour la race humaine tout entière. Ainsi, les notions occidentales de nationalisme, de co-existence pacifique entre Etats, de résolution de conflit par la médiation du dialogue et de la négociation des diplomates, celles de cosmopolitisme tolérant, de droits de l'homme, de séparation de l'Eglise et de l'Etat, et de démocratie libérale, sont toutes subordonnées aux exigences spirituelles de la religion, et l'on y a recours durant la période de «trêve», ou on les rejette complètement si elles sont incompatibles avec lesdites exigences. Il ne fait aucun doute que beaucoup de Musulmans, aujourd'hui, rejettent cette vision de l'Islam et désirent sincèrement adapter leur religion à ces conceptions occidentales modernes et bénéfiques, mais le fléau du terrorisme islamiste et le large soutien dont il bénéficie de la part de millions de Musulmans, laissent penser que des gens aussi tolérants sont une minorité. La thèse développée par Bat Ye'or, dans son livre Eurabia, est que le djihad est réapparu, depuis trente ans, comme «un facteur puissant dans les affaires européennes», mais qu'il a été presque complètement ignoré dans les analyses contemporaines. Après que la grande marée du déferlement musulman eut été stoppée, le 11 septembre 1683, devant les murs de Vienne, les siècles suivants ont vu la diminution de la puissance musulmane et l'ingérence grandissante de l'Europe dans les affaires du Moyen-Orient, aggravée par la profonde humiliation du démembrement de l'empire Ottoman après la Première Guerre mondiale. Et tout espoir que l'Islam puisse recouvrer sa gloire perdue par la force des armes fut anéanti lorsque le minuscule Etat d'Israël eut vaincu, par trois fois, les armées arabes. Ces dernières défaites ont confirmé que le djihad ne pouvait pas être réalisé par la force armée, mais qu'il fallait le continuer par d'autres moyens. C'est ce qu'affirme un résumé des remarques du Roi Hassan II du Maroc, lors de la réunion de la Conférence Islamique des Ministres des Affaires étrangères, en 1980 : «La signification du djihad pour l'Islam ne réside pas dans des croisades ni dans des guerres religieuses. Ce sont plutôt l'action stratégique, politique et militaire, ainsi que la guerre psychologique, qui, si elles sont utilisées par la Oumma islamique [la communauté mondiale islamique], nous donneront la victoire sur l'ennemi.» Pendant trente ans, ces moyens différents de mener le djihad ont réussi, de manière remarquable, à «transformer la civilisation judéo-chrétienne de l'Europe, héritière des importants acquis laïques de l'époque des Lumières, en une civilisation post-judéo-chrétienne asservie à l'idéologie du djihad et aux pouvoirs islamistes qui la propagent». Par conséquent, l'Europe devient l'Eurabia - une «civilisation de la dhimmitude», prête à sacrifier Israël, aujourd'hui, et sa propre identité culturelle, demain, afin d'obtenir, pour un temps, la tranquillité d'esprit et des bénéfices économiques. Dans Eurabia, Bat Ye'or documente à la fois ce «djihad par d'autres moyens», que les Etats arabes ont mené contre leur ennemi traditionnel, ainsi que la lâche conciliation [3] dont ont fait preuve les élites politiques européennes, face à cette menace que leurs ancêtres avaient jadis affrontée et endiguée, à Poitiers, en Andalousie, à Lépante et à Vienne. A l'inverse, «l'Europe, telle qu'elle se manifeste au travers des institutions de l'Union européenne, a abandonné la résistance, en échange de la dhimmitude, et l'indépendance, en échange de l'intégration dans le monde islamique de l'Afrique du Nord et du Moyen-Orient». L'analyse de Bat Ye'or nous montre les différentes manières dont ce Munich au rythme lent s'est mis en place, ainsi que les intérêts et les pathologies qui ont facilité cette conciliation. L'élément central de ce processus est Israël, ainsi que la mise au point à laquelle dut procéder le monde arabe après 1973, sa dernière tentative infructueuse de détruire l'Etat juif. L'une des contributions les plus importantes de Bat Ye'or est de montrer que la guerre contre les Islamistes et le terrorisme ne peut être séparée du destin d'Israël, qu'en fait, Israël mène, depuis soixante ans, une guerre à laquelle les Etats-Unis n'ont participé que récemment, sous la contrainte des événements du 11 septembre 2001. L'existence d'Israël est le symbole le plus douloureux et le plus humiliant de la domination occidentale sur l'Islam, encore plus douloureux et humiliant que les brefs royaumes des Croisés, ou la présence coloniale européenne. Car non seulement Israël existe sur des terres que les Arabes estiment avoir conquises de plein droit sur un peuple qu'ils ne peuvent tolérer que dans l'état servile de dhimmi, mais, en plus, ses réussites et sa prospérité mettent en lumière les inaptitudes politiques et culturelles des pays arabes riches en pétrole. La destruction d'Israël constituerait donc une étape importante pour la réaffirmation, d'une part, de la juste supériorité de la civilisation islamique et, d'autre part, de la décadence d'un Occident qui a abandonné son proche parent culturel [Israël] pour plusieurs raisons : la peur, la faillite morale, le manque de foi dans ses propres idéaux culturels, ses intérêts économiques, et sa tare particulière : l'antisémitisme. La défaite d'Israël deviendrait alors un modèle pour le rétablissement ultérieur de la supériorité islamique perdue depuis trois siècles. Selon Bat Ye'or, les signes les plus criants de cette conciliation des Européens avec l'agression islamique sont «l'anti-américanisme, l'antisémitisme/antisionisme et le 'palestinisme', qui bénéficient d'un soutien officiel». L'anti-américanisme est important pour plusieurs raisons : les Etats-Unis sont l'incarnation la plus complète et la plus puissante de l'Occident moderne, celle que les Islamistes haïssent le plus, une aversion qui coïncide avec le ressentiment européen envers la prééminence américaine dans les domaines militaire, culturel et économique ; outre, bien entendu, que les Etats-Unis sont aussi l'allié le plus inconditionnel d'Israël. L'antisémitisme coïncide, de manière similaire, avec le mépris des Arabes pour les peuples conquis qui ont refusé d'accepter le summum de la révélation divine prêchée par Mohammed, et la haine européenne fasciste du Juif, considéré comme l'incarnation de tous les maux présumés du modernisme, tels le capitalisme, l'anti-traditionalisme, le cosmopolitisme sans racines, etc. Cette convergence est évidente dans les écrits de René Guénon, un nazi français qui s'était converti à l'Islam et «prêchait la haine de la civilisation occidentale et de la laïcité occidentale moderne, et qui affirmait également que l'Europe ne pourrait être rachetée que par [l'adhésion à] l'Islam». Finalement, le «palestinisme» [4] devient le vecteur de la poursuite du combat avec l'Occident, vecteur qui exploite la haine des Juifs sous prétexte d'antisionisme et qui sert ainsi de façade [honorable] au traditionnel antisémitisme que la Shoah avait contraint à la clandestinité. Le palestinisme traduit aussi différentes pathologies culturelles des sociétés occidentales, telles que la haine de soi de l'Occident, l'idéalisation de l'«autre» non occidental, la fascination de la guérilla, le pathos du réfugié, et la culpabilité post-coloniale sentimentale. Toutefois, le but final n'est pas l'établissement d'un Etat palestinien, mais la poursuite du djihad contre l'Occident : «Le conflit israélo-arabe, auquel la diplomatie euro-arabe - qui procède par association - a volontairement donné des dimensions disproportionnées, n'est qu'un théâtre d'opérations, parmi d'autres, de ce djihad permanent à l'échelon de la planète qui a pour cible l'Occident tout entier. Les actes de piraterie aérienne de l'OLP, depuis 1968, les tueries aveugles, les prises d'otages et les attentats-suicide islamistes à l'explosif, ont été adoptés dans le monde entier comme des tactiques efficaces de djihad contre les Occidentaux et d'autres civils, y compris des Musulmans.» Toutefois, d'autres forces plus pragmatiques ont également joué un rôle dans cette dynamique de la volonté européenne de ménager les terroristes. Sous l'impulsion de la France, l'unification de l'Europe, en vue de faire pièce au pouvoir des Etats-Unis, a pu être facilitée par une intensification des liens avec le monde arabe musulman. La France, qui considérait le monde arabo-musulman et africain comme appartenant à sa sphère d'influence post-coloniale, estimait que «l'association de la France avec une fédération musulmane qui couvrirait l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient, lui conférerait une prédominance qui impressionnerait l'Union Soviétique et lui permettrait de rivaliser avec les Etats-Unis». Une telle stratégie séduisait autant les antisémites que les néo-nazis et les ex-nazis, dont beaucoup avaient trouvé refuge et soutien dans un monde arabe qui partage leur haine des Juifs et d'Israël : «C'est ainsi que deux éléments ont scellé l'alliance franco-arabe des années 1960 : l'anti-américanisme français nourri par des ambitions frustrées de puissance et la convergence entre l'antisémitisme vichyssois français, et le désir arabe de destruction d'Israël. Dès lors et par la suite, l'Amérique et Israël ont été inextricablement liés par cette politique.» La France a cessé de vendre des armes à Israël et s'est mise, par contre, à armer des dictatures arabes, tels la Libye de Kadhafi et l'Iraq de Hussein. Lorsque, en 1973, pour riposter à la nouvelle défaite infligée par l'armée israélienne, les Etats arabes producteurs de pétrole décrétèrent un embargo sur le pétrole et quadruplèrent son prix, la politique de la France fut adoptée par la Communauté Economique Européenne. En novembre de cette même année, la CEE adopta une résolution commune qui érigeait les «droits légitimes des Palestiniens» en condition sine qua non de l'instauration de la paix au Moyen-Orient. Cette toute nouvelle conception d'une nation palestinienne fut le moyen inventé pour tirer parti des idéaux culturels occidentaux qui avaient peu de pertinence pour la culture arabe. «Les Arabes qui s'étaient installés en Terre Sainte, alors sous domination byzantine, après les premières conquêtes arabes, n'ont jamais manifesté le désir d'une quelconque autonomie politique ou culturelle qui les aurait différenciés des autres conquérants arabes musulmans des régions voisines. L'idée d'un peuple palestinien arabe distinct du reste de la nation arabo-islamique n'était pas seulement entièrement nouvelle, mais contraire à deux concepts historiques fondamentaux : celui de oumma (la communauté mondiale islamique) et celui de nation arabe - idéologie qui remonte aux années 1890 et prône un nationalisme totalitaire panarabe affirmant que les Arabes sont un peuple supérieur, et qui s'apparentait au panislamisme.» Après tout, si les Arabes désiraient tellement créer un Etat palestinien, ils auraient pu le faire à n'importe quel moment avant 1967, lorsqu'ils contrôlaient la bande de Gaza, Jérusalem-Est et la Rive Occidentale du Jourdain. La reconnaissance du peuple palestinien servit également de couverture à la légitimation du terrorisme, comme le prouve le statut accordé à l'organisation terroriste de l'OLP, et à son chef, Yasser Arafat, qui se métamorphosa alors en chef d'Etat, et fut traité avec tout le respect et les privilèges dus aux dirigeants légitimes. Dès lors, la rhétorique des «aspirations nationalistes» pouvait être manipulée et utilisée pour dissimuler le véritable objectif de l'OLP : la destruction de l'Etat d'Israël par un processus d'«étapes». «Au nom des droits des Palestiniens, de nouvelles horreurs allaient bientôt se déchaîner contre Israël et contre le monde». Par contre, en ce qui concerne les Européens, leur collusion avec le mythe de l'Etat palestinien leur valut la protection contre le terrorisme. Par exemple, après l'attaque, par des terroristes palestiniens, de la réunion de l'OPEC à Vienne, en 1973, le chancelier socialiste autrichien, Bruno Kreisky, adopta une politique pro-palestinienne, bien que l'Internationale Socialiste ait toujours été favorable à Israël. Kreisky devint l'infatigable artisan des relations publiques de Yasser Arafat, la politique de l'Internationale Socialiste changea de direction pour soutenir la création d'un Etat palestinien, en dépit de la volonté de l'OLP de détruire Israël, et Arafat fut accueilli à Vienne avec tous les honneurs réservés à un chef d'Etat légitime. L'embargo sur le pétrole fut suivi de la création du Dialogue Euro-Arabe (DEA) qui, à son tour, fut à l'origine de nombreuses organisations de rapprochement [en français dans le texte] euro-arabe, telle l'Association Parlementaire pour la coopération euro-arabe (APCEA). Toutes ces organisations sont financées par les contribuables européens qui, pour la plupart, ne sont pas du tout informés de ce que ces fonctionnaires et bureaucrates font de l'argent de leurs impôts. Pour les Arabes, la reconnaissance et le soutien de l'OLP et de ses exigences étaient le prix à payer par les Européens pour être épargnés par le terrorisme et pour que s'ouvrent à leurs entreprises les marchés économiques arabes : «la reconnaissance de l'OLP… était une condition essentielle pour l'octroi à la CEE des immenses marchés du monde arabe». La politique et l'économie seraient liées : en 1975, un membre belge de l'APCEA écrivait que le soutien de la campagne des Etats arabes contre Israël faciliterait le développement de liens économiques mutuellement bénéfiques : «Le monde arabe pourrait amener la main-d'œuvre et les matières premières, les Européens, la technologie», en particulier les armements et la technologie militaire. Nous voyons là les débuts de l'aide européenne à l'immigration musulmane, qui allait devenir progressivement une arme puissante dans la guerre contre l'Occident. C'est ainsi que les réunions du DEA [Dialogue Euro-Arabe] se concluaient régulièrement par des déclarations, de la part des Européens, qui s'alignaient, à la lettre, sur les positions arabes, particulièrement en ce qui concerne les «droits nationaux des Palestiniens», l'abandon de Jérusalem par Israël, et l'expression «territoires arabes occupés» pour désigner la bande de Gaza et la Judée-Samarie (c'est-à-dire, la Rive Occidentale), formule injuste qui occulte le fait qu'il s'agit de terres historiquement juives et que, tant qu'un accord définitif ne fixera pas leur frontières, ces terres resteront des territoires «disputés» [5], dont l'attribution finale doit être négociée. Mais la politique, la peur et l'économie ont modelé la politique européenne au Moyen-Orient : «Dorénavant, l'Europe ne verrait la question du droit à l'existence d'Israël qu'en relation avec le besoin européen de pétrole. Pendant la décennie suivante, en Europe, les réalités économiques et les menaces terroristes de djihad feraient nettement pencher la balance en faveur des ennemis d'Israël.» Jouant sur les idéaux occidentaux de tolérance, de respect multiculturel de «l'autre », de cosmopolitisme, etc, - tous étrangers à leur culture islamique -, les délégués arabes auprès de ces diverses institutions sont parvenus à faire, des échanges entre l'Islam et l'Europe, quasiment une voie à sens unique. Alors même que les Européens cédaient aux exigences et permettaient aux immigrés arabes d'être aidés financièrement et de résister à l'intégration tout en restant loyalistes envers leur pays d'origine, aucun Etat arabe n'envisageait d'accorder les mêmes faveurs, même à ses propres citoyens : «Alors que les Européens faisaient tout ce qu'ils pouvaient pour plaire à leurs partenaires arabes, le monde arabe n'acceptait ni n'appliquait aucune des mesures progressistes promues par le DEA. En fait, le DEA traitait de concepts largement étrangers au monde arabe. Que pouvaient réellement signifier la liberté de conscience et de religion, l'égalité des sexes et l'égalité en dignité de tous, dans des sociétés qui pratiquent la ségrégation des femmes et des infidèles, la mort comme châtiment de l'apostasie, les 'crimes d'honneur', la mutilation génitale et même la lapidation des femmes, et sont pétries de haine et de fanatisme religieux, entretenus par les valeurs de la sharia et du djihad, qui perdurent au cœur même de la civilisation arabo-musulmane ?» Pendant ce temps, tandis que des organisations, tel le DEA, légitimaient l'existence de l'OLP et son appel explicite à la destruction d'Israël, dans sa Charte de 1964, les attaques terroristes «se multipliaient, au niveau international, durant les années 70 et 80, qui virent le massacre, en 1972, des athlètes israéliens, aux Jeux Olympiques de Munich, les explosions d'avions, les attaques et les assassinats de civils perpétrés par le groupe Septembre Noir, et la guerre sanglante contre les Chrétiens au Liban». Pourtant, à la même époque, l'OLP est devenue membre de différents organismes onusiens, telle la Commission des Droits de l'Homme (dont Israël est exclu), et Arafat a été reçu comme un dirigeant politique et un chef d'Etat légitime, processus qui a culminé dans la fameuse Résolution 3379 de l'ONU, qui définissait le sionisme comme une forme de racisme [6], conférant ainsi une apparence encore plus légitime à l'antisémitisme et à l'assassinat des Juifs. L'ensemble de l'étude inestimable de Bat Ye'or contient une analyse soigneuse des transcriptions et des communiqués de différents séminaires, conférences et autres manifestations officielles, dans lesquels la politique de conciliation européenne avec la terreur et la 'diabolisation' d'Israël sont exposées en termes explicites. Maintes et maintes fois, ces documents arides révèlent l'érosion progressive de la volonté européenne de résister à une culture radicalement opposée à la sienne et n'ayant que du mépris pour ses idéaux les plus chers. En conséquence de quoi, le minuscule Etat d'Israël qui, depuis sa naissance, n'a cessé de subir de violents assauts contre son existence, a été transformé en paria international, qui doit porter la responsabilité de sa victimisation, comme le prouve la déclaration faite en 1996 par le Président français Jacques Chirac, qui impute la responsabilité du terrorisme à la «lenteur du processus de paix et à la frustration du peuple palestinien». Des siècles d'agression islamique contre les infidèles, justifiés par «d'innombrables versets du Coran et des hadiths, ainsi que par la jurisprudence religieuse musulmane», sont complètement ignorés dans cette analyse réductrice et égoïste. En effet, réduire le terrorisme à une réaction au «problème palestinien» est devenu un cliché en politique étrangère européenne ; ainsi, le long passé du djihad est complètement occulté. «La prise d'otages, l'égorgement rituel, l'assassinat des infidèles et des apostats musulmans sont des tactiques djihadistes légales, qui jouissent d'une haute estime et ont été minutieusement décrites, au fil des siècles, dans de très nombreux traités [sic] juridiques consacrés à ce sujet. Pourtant, [le ministre britannique des affaires étrangères, Jack] Straw et [l'ex-ministre des affaires étrangères français, Dominique] de Villepin ont déclaré à la presse que le monde arabo-islamique était révolté par le sentiment d'injustice qu'éprouvent les Palestiniens, et que cela constituait le problème le plus important pour le monde et pour les relations euro-arabes». Dans le même temps, le massacre de Chrétiens noirs par les Musulmans arabes, au Soudan, s'accélère, les Libanais sont occupés par les Syriens, et les Kurdes n'ont toujours pas de patrie, malgré 2.500 ans d'existence ininterrompue dans des territoires aujourd'hui dominés par la Turquie, l'Iran, la Syrie et l'Iraq. Concernant tous ces autres problèmes, l'élite européenne, dont le cœur saigne pour les Palestiniens, est restée silencieuse. L'analyse de Bat Ye'or offre une argumentation de poids pour comprendre que la politique européenne au Moyen-Orient est un exemple classique de la psychologie du dhimmi. «Les attitudes dhimmies de soumission, d'humiliation et de servilité, conjuguées à l'antisémitisme et à l'anti-américanisme, ont donné à la dhimmitude eurabienne sa texture complexe. Elles suivent le modèle djihadiste historique en fomentant l'animosité entre les groupes de dhimmis, et la division entre les nations infidèles.» C'est là une explication très convaincante de l'étrange avilissement des élites politiques, religieuses, culturelles et intellectuelles européennes, de leur ardeur à dénigrer leur culture et leurs valeurs propres comme inférieures à la civilisation islamique et à la culture des immigrés qui ont fui leurs propres sociétés, dont les dysfonctionnements sont, dans une large mesure, une expression de cette culture prétendument supérieure. La mentalité de dhimmi explique également la bonne volonté dont font preuve les gouvernements européens, depuis des années, en versant des milliards en liquide à des régimes brutaux et à des groupes terroristes, tel l'OLP, en conférant une légitimité à des assassins, et en participant à des conférences dans les capitales de tyrans qui torturent et massacrent leurs propres citoyens. Et cette orientation mentale clarifie le comportement des gouvernements européens qui, au cours des trois dernières années, ont entravé et perverti les efforts des Etats-Unis pour mettre fin à la mauvaise habitude qui consiste à chercher à se concilier les terroristes, et dont l'effroyable résultat est ce trou béant dans la partie inférieure de Manhattan, sans parler des centaines d'Israéliens déchiquetés par des assassins qui ont bénéficié d'un réconfort psychologique et matériel de la part de l'élite de l'Europe. En 1973, Jean Raspail, auteur français de récits de voyage, a publié un ouvrage intitulé : Le Camp des saints, une troublante allégorie du suicide culturel de l'Europe face à l'invasion d'une multitude de miséreux du Tiers-Monde. En tout cas, si le portrait, brossé par Raspail, de l'épuisement spirituel, culturel et moral de l'Europe s'est révélé correct, le monde européen ne se terminera pas par un tel éclatement, mais plutôt par un long et lent gémissement de conciliation, ainsi que l'illustre Bat Ye'or dans sa brillante analyse. Mais qu'en sera-t-il de l'Amérique ? Dans sa conclusion, Bat Ye'or reconnaît l'importance des actes posés par l'administration Bush, après le 11 septembre 2001, pour commencer à prendre le contre-pied de décennies de conciliation. «En tant que partie intégrante de la guerre déclarée par Bush au terrorisme, le conflit irakien a discrédité la complaisance et la collusion de l'Europe. Qui plus est, le Président George W. Bush a dévoilé le danger mortel du terrorisme islamique et l'a placé sur la sellette internationale, détrônant la 'cause palestinienne', ce qui a provoqué la colère de beaucoup d'Européens, du fait de l'affaiblissement du combat euro-arabe contre Israël.» C'est vrai, mais certaines considérations devraient tempérer notre optimisme quant à la victoire finale des Etats-Unis. D'abord, la récente élection [présidentielle] montre qu'un nombre important d'Américains ne comprennent pas encore la vraie nature du combat contre l'Islamisme. Trop de gens croient toujours que la pauvreté, ou l'intransigeance des Israéliens, ou encore les conséquences de la colonisation, ou bien les menaces guerrières unilatérales de Bush, ou enfin "l'arrogance" culturelle occidentale et le mépris de 'l'autre' à la peau foncée, expliquent le terrorisme islamiste. Des années de multiculturalisme thérapeutique, sur fond de calomnies d'inspiration gauchiste à l'égard de l'Occident, répandues par l'enseignement et la culture populaire, ont causé des dégâts. En conséquence, beaucoup d'Américains s'abandonnent à un relativisme culturel sentimental, ainsi qu'à une haine de soi, qui permettent de s'abstenir tranquillement d'exercer des jugements moraux et de désigner les responsables des assassinats terroristes. Et, bien entendu, l'ignorance pure et simple des faits historiques rend beaucoup d'entre nous vulnérables aux falsifications de l'histoire, qui étayent ce genre de relativisme. Ensuite, la politique du Président consistant à encourager les régimes démocratiques et la liberté politique au Moyen-Orient ne tient pas suffisamment compte de la force des idéaux culturels et religieux dans le conditionnement du comportement. La démocratie est, bien sûr, importante, à condition qu'elle s'accompagne des évolutions culturelles essentielles suivantes : le respect des droits de l'homme sans distinction de sexe, de secte, ou de race ; l'application de la loi ; la subordination de la religion au gouvernement ; le contrôle de l'armée par les civils ; un système judiciaire indépendant et transparent - tout cela est nécessaire pour que la démocratie instaure la liberté politique, au lieu de ratifier une nouvelle tyrannie, comme cela a été le cas des élections démocratiques algériennes, en 1993. Nous devons reconnaître le pouvoir de mobilisation des Islamistes, qu'ont des idéaux spirituels comme le djihad [7], et ne pas nous contenter d'expliquer que tout cela est la conséquence de l'absence d'élections. Finalement, je ne suis pas sûr que le Président ait "détrôné" la cause palestinienne.
Comme l'établit l'analyse de Bat Ye'or, le ressort du terrorisme islamiste, c'est Israël, mais pas de la manière qu'imaginent la plupart des gens. Pour le djihadiste, Israël doit être détruit. Si ce n'est pas par des bombes et des tanks, ce sera par des concessions au coup par coup et par le simple jeu de la démographie. Cela prendra peut-être cinquante ans, voire cent ans, mais, comme ce fut le cas pour les royaumes des Croisés médiévaux, Israël, en tant que manifestation de la puissance dynamique des idéaux culturels occidentaux ne peut être autorisé à survivre, car il constituerait un constant rappel de l'échec de la civilisation islamique. La guerre d'Israël est notre guerre, et tant que nous ne proclamons pas, haut et fort, ce lien dans nos discours publics et surtout par nos actions, tout ce que nous faisons d'autre nous permet seulement de gagner un peu de temps, durant lequel les forces de conciliation et l'ardeur meurtrière des djihadistes accomplissent leur œuvre. Bruce Thornton © VDH Private Papers, pour l'original anglais, et M. Macina et debriefing.org, pour la version française. --------------------------- Notes de la traductrice [NDT] et du réviseur [Menahem Macina] [1] Eurabia est
le titre d'une publication éditée par le Comité
Européen de Coordination des Associations d'Amitié avec
le Monde arabe (Paris) et réalisée avec la collaboration
du Middle East International (Londres), France-Pays Arabes (Paris) et
le Groupe d'Etudes sur le Moyen-Orient (Genève). [NDT]. Volume IV, Numéro 179 • vendredi, le 8 avril 2005 LES COMMUNIQUÉS ISRANET ONT BESOIN DE VOTRE SOUTIEN! Permettez-moi de solliciter personnellement - au nom de notre équipe d'associés universitaires, d'étudiants, d'employés et de volontaires avertis - votre contribution au soutien aux Communiqués quotidiens et hebdomadaires Isranet, uniques en leur genre et largement acclamés. L'ICRJ est un laboratoire d'idées indépendant et une fondation pédagogique qui doit mobiliser ses propres fonds de fonctionnement. Ce sont vos dons qui nous permettent de poursuivre notre travail en faveur d'Israël - nous vous prions de donner aussi généreusement que possible. Merci beaucoup, Frederick Krantz, ......DÉTACHER ET RETOURNER, OU CLIQUER ICI POUR ACCÈDER AU SITE SÛR... OUI, je souhaite appuyer les Communiqués quotidiens et hebdomadaires Isranet ( ) 36.00 $ ( ) 90.00 $ ( ) 180.00$ ( ) 360.00 $ ( )1 000.00 $ ( )Autre NOM ET PRÉNOM ________________ ADRESSE ET NO. D'APPARTEMENT_______________ VILLE _________________PROV./ÉTAT__________________________ CODE POSTAL _________ TÉL. __________COURRIEL _________________ Carte de crédit: ( ) Visa ( ) Mastercard #_________________________ Date d'expiration______ Veuillez établir le paiement par
chèque ou carte de crédit au nom du Canadian Institute
for Jewish Research et le faire parvenir à l'adresse suivante
: CIJR, Case Postale 175, Succursale H, Montréal, Qc. H3G 2K7 Les tribulations des chrétiens d’Irak -------------------------------------------------------------------------------- Introduction Des racines anciennes à
la violence actuelle L'édifice (16 mètres sur 4) était composé de quinze portes voûtées. A l'intérieur, les archéologues ont trouvé les débris d'un autel et de croix gammées. Il y avait deux petits cimetières, un situé dans l'enceinte de l'église et destiné aux prêtres et le second situé à l'extérieur pour les autres membres de l'église. Sous Saddam Hussein, l'aile orientale de l'église fut transformée en camp d'entraînement pour une unité d'artillerie de l'armée irakienne. Plusieurs obus n'ayant pas encore explosé ont été retrouvés dans le périmètre de l'église. Après la destitution de Saddam, les tombes ont été profanées par des pillards espérant y trouver de l'or enterré avec les morts. Le Département irakien des antiquités reconnaît l'importance historique de l'église et envisage de la restaurer et de la préserver. Les chrétiens d'Irak Une violence contre les personnes Suspectés de collaboration Récemment, un groupe non identifié, appelé « Les Brigades d'élimination des &gents et espions chrétiens », a menacé d'éliminer ceux qui oeuvrent avec les forces de la coalition et de «les poursuivre jusque dans leurs maisons et églises». Les Brigades ont placé dans les zones chrétiennes des affiches sur lesquelles on peut lire: «La minorité chrétienne jouit de la paix et de la sécurité sur la terre des musulmans et dans notre pays en particulier. Ses membres ont occupé des positions élevées au sein de l'Etat. Mais leur malveillance à l'encontre des musulmans est devenue patente lorsque l'occupant est entré dans notre pays. Il a trouvé une grande assistance sous la forme de traducteurs et d'agents qui ont servi d'informateurs contre les musulmans. Leurs églises accueillent des groupes évangélistes. Ils répandent la corruption morale et la pornographie dans nos rues. Des musulmans ont été arrêtés, des femmes ont été violées et des maisons ont été détruites – car les chrétiens sont les agents des occupants.» La violence contre les églises La destruction des commerces Peu après la chute de Saddam, des groupes islamistes contrôlant les rues de nombreuses villes irakiennes ont commencé à prendre pour cibles les propriétaires chrétiens de commerces de produits alcoolisés. Ils ont, en premier lieu, ordonné aux propriétaires de fermer leurs commerces; s'ils ne se soumettaient pas, les islamistes mettaient à sac les boutiques et tuaient fréquemment leurs propriétaires. Le marchand de spiritueux Bashir Toma Alias fut tué d'une balle dans la tête au centre d'un bazar, à Basra, alors qu'il rentrait chez lui pour fêter Noël. L'Agence de presse chaldéenne réagissait le 7 octobre 2004 aux «attaques déplorables contre les chrétiens chaldéens en Irak» dans les termes suivants: «Ces crimes odieux ne se sont pas seulement soldés par la perte de vies innocentes, mais pire encore, ils ont placé ces familles chaldéennes, dont le gagne–pain a été pris pour cible, dans une situation extrêmement difficile. En l'absence d'emplois alternatifs, nombre d'entre eux vivent actuellement de dons des églises chaldéennes locales.» Le bulletin d'information assure qu'à moins que ces «terroristes islamistes» ne soient traduits en justice, «les Chaldéens irakiens continueront d'être une cible facile pour de tels criminels, résolus à imposer par la force leur version dévoyée de l'islam». Il a été rapporté que dans la ville de Basra au Sud de l'Irak, la deuxième ville d'Irak, des groupes chiites armés portant des noms tels que « La Revanche d'Allah », « Hezbollah (parti de Dieu) » et « L'Organisation des doctrines islamiques » parcourent les rues en infligeant des «sentences islamiques» aux vendeurs et consommateurs d'alcool, ainsi qu'aux prostituées. Quatre cents magasins chrétiens ont été fermés. Selon Faysal Abdullah , chef de l'Organisation des doctrines islamiques, l'islam «récompense ceux qui sont en quête de martyre et qui ont été désignés par Allah pour extirper le vice». La police reste fréquemment passive devant ces crimes commis en sa présence, soit par crainte des islamistes, soit par sympathie pour leurs objectifs. Les chrétiens se plaignent que des musulmans ont repris leurs commerces fermés par les islamistes, et continuent de vendre de l'alcool en public. Les islamistes s'en sont également pris à des coiffeurs chrétiens en raison de l'interdiction islamiste de se couper les cheveux et de se raser et la barbe. Harcèlement des étudiants Une enquête réalisée par le quotidien irakien Al-Mada révèle un sentiment similaire chez les étudiants chrétiens poursuivant des études dans d'autres instituts d'enseignement supérieur. Ces derniers ne comprennent pas la raison de ces attaques. Anna Mirfit Boutrus, une étudiante de 22 ans de l'université technologique de Bagdad , exprime ainsi son désarroi : "Pourquoi les terroristes veulent-ils nous empêcher d'observer nos rites religieux ? Pourquoi dynamitent-ils nos églises ? Pourquoi veulent-ils notre mort ? Que leur avons-nous fait ? Nous sommes citoyens de ce pays. C'est notre pays. Nous n'y renoncerons pas et nous n'en changerons pas." Les chrétiennes subissent des pressions constantes visant à leur faire porter le voile, avec menaces de mort à l'appui. Fête de Noël "En tant que responsables des communautés chrétiennes en Irak, nous sommes désolés de ce qui arrive à notre pays. Nos gens, nos ressources, nos immeubles et églises sont la cible d'opérations de destruction. Nous pleurons la mort tragique de plusieurs de nos enfants, les blessures et chocs psychologiques subis par d'autres. Plusieurs de nos citoyens ont été victimes d'expulsions, d'enlèvements et de vols humiliants." Sœur Warda, du Couvent des Filles de Marie, a estimé que la suppression des fêtes de Noël devait être placée dans son contexte : "Nous ne pouvons pas faire la fête, en autarcie de ce que nos proches et nos frères subissent dans notre pays blessé." Conversion à l'islam Quitter le pays "Les chrétiens des pays arabes fuient leurs pays d'origine. Les statistiques montrent qu'un grand nombre d'entre eux ont émigré dans des pays qui leur assurent, ainsi qu'à leurs enfants, une plus grande sécurité, tels que les Etats-Unis, le Canada, l'Australie et certains pays d'Europe. La cause de ce phénomène est le harcèlement qu'ils subissent dans des pays où ils se trouvent depuis des milliers d'années. Ce harcèlement est tantôt le fait du régime, tantôt celui de groupes extrémistes. " Saddam Hussein et les chrétiens
irakiens Les élections Pas moins de huit partis chrétiens se sont retrouvés en concurrence aux élections du 30 janvier. Les chrétiens étaient déterminés à voter, estimant qu'un gouvernement élu leur assurerait la sécurité minimale dont ils se voyaient privés. Ils comptaient aussi sur une participation massive des chrétiens irakiens expatriés. Le faible taux de participation des Irakiens en exil a sans doute déçu les chrétiens. Un des partis chrétiens, le Rafidain national , a obtenu près de 37 000 voix, lui donnant droit à un siège sur les 275 sièges de l'Assemblée. Le faible taux de votants chrétiens était involontaire : de nombreux chrétiens peuplent les provinces sunnites, notamment Ninevah et Salahudin, dans le "triangle sunnite". Des dizaines de milliers de chrétiens ayant eu l'intention de voter ont découvert, le jour des élections, que le Comité pour des élections indépendantes n'avait pas prévu d'urnes pour ces deux provinces - pour des raisons de sécurité. Les chrétiens se sont plaints que des dizaines de milliers des leurs se sont retrouvés, dans les faits, privés du droit de vote, notamment dans la ville de Mossoul. D'autres encore ont probablement opté pour la sécurité de leurs foyers, préférant rester chez eux plutôt que de prendre des risques en se rendant aux urnes. Qu'enseigne-t-on
dans les écoles islamiques? Adaptation française: Alain Jean-Mairet «Choquée» – c'est ainsi que Aisha Sherazi, présidente de l'école islamique Abraar d'Ottawa décrivit le sentiment de l'administration et du conseil de son école en apprenant, la semaine passée, que deux de ses enseignants avaient incité à la haine des Juifs. Mumtaz Akhtar, le président du Muslim-Community Council d'Ottawa-Gatineau, s'est également déclaré «choqué» en découvrant l'affaire de l'école Abraar. Mais ils ont peut-être été les deux seules personnes de la planète à être «choquées» de constater que des enseignants d'une école islamique soutiennent l'antisémitisme ou d'autres aspects du programme islamiste. Le fait est que les enquêtes réalisées dans les écoles islamiques révèlent régulièrement ce genre d'attitudes islamistes radicales. Quelques exemples: New York City: des recherches effectuées par le New York Daily News en 2003 montrèrent que les livres utilisés dans les écoles islamiques de la ville étaient «parsemés d'inexactitudes, de condamnations indifférenciées des Juifs et des Chrétiens et de déclarations triomphalistes sur la suprématie de l'Islam». Los Angeles: en 2001, la fondation Omar Ibn Khattab fit don aux autorités de l'instruction publique de 300 exemplaires du Coran (intitulé La signification du Saint Coran) qui durent être retirés des bibliothèques scolaires en raison de leurs commentaires antisémites. L'une des notes de bas de page disait par exemple: «Les Juifs, dans leur arrogance, affirmèrent que toute la sagesse et la connaissance d'Allah se trouvait dans leur cœur. (…) Leur prétention était non seulement arrogante, mais blasphématoire.» Ajax, Ontario, à 50 kilomètres à l'est de Toronto: l'Institute of Islamic Learning est une version canadienne des madrasas Deobandi extrémistes du Pakistan. Elle se concentre exclusivement sur les thèmes religieux, fait apprendre le Coran par cœur à ses étudiants, impose une ségrégation absolue d'avec la société canadienne et exige la séparation totale des sexes. D'anciens étudiants se plaignirent de la dévotion touchant au culte due au dirigeant de l'école, Abdul Majid Khan, et dénoncèrent ce qu'ils considéraient comme une «religion dénaturée». Et puis, il y a le cas des quatre principales écoles islamiques de la région de Washington, D.C.: La Muslim Community School de Potomac, au Maryland, inculque à ses élèves un sentiment d'aliénation envers leur pays. Miriam, élève de 7e année, déclara à un journaliste du Washington Post en 2001 qu'«être Américaine, c'est juste être née dans ce pays». Ibrahim, élève de 8e année affirma pour sa part: «Être un Américain, cela ne signifie rien pour moi.» Un manuel de 2004 utilisé à l'Islamic Saudi Academy (ISA) d'Alexandria, en Virginie, et réalisé et publié par le Ministère saoudien de l'Éducation, enseignent aux élèves de 1ère année scolaire que «toutes les religions, à part l'Islam, sont des supercheries, y compris celles des Juifs [et des] Chrétiens». Un ancien élève de l'ISA particulièrement studieux, Ahmed Omar Abu Ali, a récemment été inculpé pour avoir préparé l'assassinat du président Bush. En 2004, le gouvernement américain annula les visas de 16 personnes liées à l'Institute for Islamic and Arabic Sciences in America (IIASA) de Fairfax, en Virginie. Pour reprendre les termes du Washington Post, «cette décision faisait suite aux accusations selon lesquelles l'institut, un satellite de l'université islamique al-Imam Muhammad Ibn Saud de Riyad, répandait une version de l'Islam que des critiques jugent intolérante à l'égard des autres tendances de la religion ainsi qu'envers le Christianisme et la Judaïsme». De plus, l'IIASA fait l'objet d'une enquête portant sur d'éventuelles liaisons avec le terrorisme. La Graduate School of Islamic Social Sciences d'Ashburn, en Virginie, qualifiée de «prétendue» institution éducative dans une déclaration sous serment justifiant une descente de police dans l'école, fit l'objet d'une saisie de ses livres de comptes, en 2002, sur le soupçon de liens avec le terrorisme. Et les écoles ne sont pas l'exception parmi les institutions islamiques d'Amérique du nord. Une récente étude menée par Freedom House révéla la présence, dans les mosquées américaines, de textes haineux anti-Juifs et anti-Chrétiens. Les principales organisations musulmanes américaines, notamment le Conseil des relations américano-islamiques (Council on American-Islamic Relations, CAIR), répandent l'antisémitisme et donnent une tribune à un néo-nazi. La même situation règne au Canada, ou le responsable du Congrès islamique canadien (CIC), Mohamed Elmasry, approuva publiquement le meurtre de tous les Israéliens âgés de plus de 18 ans. Aussi longtemps que les leaders musulmans se contenteront de se déclarer «choqués», avec la même honnêteté que le capitaine Louis Renault dans Casablanca, à chaque fois que transpirent de nouveaux signes du suprématisme islamiste, ce cancer poursuivra sa progression sans entrave. Les écoles islamiques, les mosquées et les autres organisations musulmanes telles que le CAIR et le CIC continueront de jouer au chat et à la souris aussi longtemps que cela fonctionnera. Et cela ne cessera de fonctionner que lorsque des pressions extérieures se feront sentir de la part des politiciens, des journalistes, des chercheurs, des Musulmans modérés et d'autres, qui affirmeront clairement le caractère inacceptable du venin islamiste. Alors, la réaction de «choc», aujourd'hui purement hypocrite, pourra se faire sincère. Volume IV, Numéro 178 • vendredi, le 1 avril 2005 Le
courage du Dr Aazam Personne au Canada n'a jamais cru à la version du gouvernement iranien dans l'affaire Zahra Kazemi, version selon laquelle la mort de la photojournaliste irano-canadienne en juin 2003 aurait été le résultat d'une chute provoquée par un étourdissement, lequel aurait été causé par une grève de la faim qu'elle menait alors qu'elle était détenue dans une prison de Téhéran. Non! Elle a été torturée, et sa mort constitue un meurtre. Des preuves formelles pouvant appuyer ce soupçon, la famille de Mme Kazemi et le gouvernement canadien n'en ont jamais eu. Il aurait fallu pratiquer une autopsie, ce que l'Iran avait rendu impossible en précipitant l'inhumation de la défunte. Pour tenter de satisfaire le Canada, une enquête avait été menée et un accusé trouvé mais innocenté au terme d'une parodie de procès. La prétention selon laquelle il s'agit bien d'un meurtre se trouve désormais renforcée par le témoignage rendu hier par le médecin qui a traité Mme Kazemi à l'hôpital où ses tortionnaires l'avaient conduite. Le Dr Shahram Aazam soutient qu'elle a été battue, torturée et violée. Il en a été à ce point choqué qu'il a voulu témoigner, ce qui l'a mené à fuir l'Iran et à demander le statut de réfugié politique au Canada. Son geste est empreint d'un grand courage car il ne lui apportera que des ennuis. Sa vie sera menacée et, comme tous les autres immigrants, il ne pourra pas retrouver son statut de médecin avant de nombreuses années. Le Dr Aazam ne cache pas que sa motivation profonde est la mise en accusation du régime des ayatollahs. Il souhaite obtenir que l'affaire Kazemi soit reprise par des États démocratiques et des organisations internationales de défense des droits. Il compte sur le Canada. Son témoignage a suscité une réaction de vive indignation de la part du premier ministre Paul Martin et du ministre des Affaires étrangères, Pierre Pettigrew, qui se sont toutefois faits avares de mots lorsqu'est venu le temps de faire état des mesures qu'ils comptaient prendre. Depuis le début de cette affaire, Ottawa a mesuré son action, qui a surtout été de l'ordre de la dénonciation. L'ambassadeur canadien à Téhéran a été rappelé et M. Pettigrew a récemment fait état devant la Commission des Nations unies sur les droits de l'homme de sa vive préoccupation devant les atteintes aux droits de la personne en Iran. Les nouvelles informations fournies par le Dr Aazam changent la donne. Des actions sont maintenant possibles. Plusieurs pistes s'offrent à Ottawa qui pourrait par exemple, en vertu du Code criminel canadien, ouvrir une enquête pour torture. Il pourrait aussi demander à la Commission des droits de l'homme des Nations unies d'ouvrir une enquête ou encore s'adresser à la Cour internationale de justice pour violation de la Convention sur les relations consulaires. Jusqu'ici, l'Iran a fait la sourde oreille aux protestations d'Ottawa. L'indignation du ministre Pettigrew n'impressionne pas les ayatollahs. Pour se faire entendre, il doit hausser le ton de plusieurs degrés et quitter sa réserve diplomatique. Le veut-il? La réponse est à venir. Le
martyre de Zahra Après son passage dans les cellules de la prison d'Evin, à Téhéran, le corps de Zahra Kazemi n'était plus qu'un amas de chair meurtrie. Nez et côtes cassées, ongles arrachés, flagellations au dos, vagin lacéré. Cette litanie d'horreur soulève l'indignation. Le Canada doit réagir. Mais comment? Le médecin militaire qui a examiné Mme Kazemi après son incarcération confirmait jeudi à notre collègue Laura-Julie Perreault ce dont tout le monde se doutait: Zahra Kazemi a été torturée. Le témoignage du docteur Shahram Aazam n'ajoute donc rien au dossier que l'on connaissait déjà. Rien, mais tout à la fois. Car il y a un monde entre le mot torture et cette description minutieuse d'ongles arrachés et d'os cassés. Le Dr Aazam ne nous a pas parlé de torture, il nous fait comprendre à quel point cette pauvre femme a souffert le martyre avant de mourir. Il est évidemment inadmissible que l'Iran traite ainsi une citoyenne canadienne. Mais le pays des mollahs n'a pas seulement torturé et tué Zahra Kazemi. On a grossièrement menti sur les causes de son décès: à ce jour, Téhéran prétend toujours que Mme Kazemi s'est tuée en se cognant la tête après s'être évanouie. Une fois morte, on a enterré la photo-journaliste en Iran, contre le gré de sa famille. Les autorités iraniennes ont ensuite monté un procès d'opérette pour " régler " le cas Kazemi. Cette attitude appelle de sévères remontrances. Le problème, c'est que le Canada est à peu près impuissant. Il n'a tout simplement pas les moyens de donner une bonne gifle à l'Iran. On a déjà rappelé l'ambassadeur en poste à trois reprises. Il serait toujours possible d'expulser les diplomates iraniens en poste au Canada ou de rompre toutes relations diplomatiques avec le pays. Mais disons que l'effet serait assez minimal. Des sanctions économiques? Un mince 0,06 % des exportations canadiennes vont vers l'Iran. La seule voie qui peut éventuellement faire mal, c'est la réprobation internationale. Le Canada a déjà fait quelques pas dans cette direction. " Les violations des droits de l'homme en Iran sont sérieuses et doivent prendre fin ", déclarait M. Pettigrew il y a deux semaines devant la Commission des droits de l'homme de l'ONU, pendant que le premier ministre Paul Martin qualifiait l'Iran de " menace émergente " au sommet de l'OTAN en février dernier. En langage diplomatique, ce sont là des mots brutaux. Mais le Canada doit se rendre au bout de ses petits moyens et porter officiellement plainte à la Cour de justice internationale. Les pays ne sont pas tenus de se soumettre aux jugements de ce tribunal, mais ses arrêtés ont du poids. La Cour a notamment blâmé le premier ministre israélien, Ariel Sharon, pour avoir construit illégalement un mur en Cisjordanie. Un jugement de ce tribunal dans l'affaire Kazemi n'ébranlerait sûrement pas la dictature des mollahs. Mais, du point de vue du Canada, c'est le moins que l'on puisse faire pour que les coupables des terribles souffrances d'une femme soient montrés du doigt.
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