Communiqué Isranet
juillet 2005
Un service de l’I.C.R.J.
l ’Institut canadien de recherches sur le Judaïsme

Prof. Frederick Krantz, Directeur

Volume IV, Numéro 194 • vendredi, le 29 juillet 2005

Réplique à Omar Aktouf - Face à la menace terroriste, le Canada doit rester vigilant
Elie Benchetrit
Le Devoir, 27 juillet 2005

Sûr de lui comme à son habitude, le professeur Omar Aktouf nous a servi une magistrale leçon de couardise politique dans Le Devoir et La Presse du 20 juillet dernier sous le titre: «Le Canada épargné, nous n'avons rien à craindre du "terrorisme international" si...»

Enseignant aux HEC, Omar Aktouf, qui a fait de l'altermondialisme et de l'antiaméricanisme ses principaux chevaux de bataille, n'y va pas en effet par quatre chemins. Le Canada, nous assure-t-il, sera épargné par la vague terroriste internationale, à laquelle d'ailleurs il ne croit guère, s'il suit ses judicieux conseils, c'est-à-dire en se comportant comme un élève sage et docile tout en ne s'acoquinant pas avec les États Unis et d'autres «satans» occidentaux -- comme la Grande-Bretagne qui, selon lui, n'a reçu que ce qu'elle mérite -- et, last but not least, en prenant ses distances avec Israël.

Le Canada devrait donc opter pour une neutralité, pour ne pas dire une servilité, bien au-delà de celle que pratiquèrent certains pays, et tout particulièrement la Suisse, lors de la Seconde Guerre mondiale, pour le plus grand bonheur du régime nazi et de ses dirigeants.

Courant islamiste radical

Les propos du professeur Aktouf auraient fait sourire en d'autres temps tant il relèvent d'une vision simpliste, naïve et étriquée de l'histoire. Malheureusement, à l'aube du XXIe siècle, nous ne pouvons ignorer que les démocraties occidentales, dont le Canada fait partie, sont engagées dans une guerre contre des tenants d'une idéologie perverse qui ont décidé d'instrumentaliser une religion à des fins politiques et choisi la violence pour l'imposer.

Ce que l'on appelle communément le courant islamiste radical, et dont M. Aktouf ne parle guère, représente une école de pensée qui eut pour théoriciens le Pakistanais Mawdoudi, l'Égyptien Sayyid Qotb (inspiré par le fondateur des frères musulmans, Hassan el Banna), tout deux d'obédience sunnites, et tout dernièrement l'imam Khomeini, chantre du chiisme et de la révolution iranienne.

Tous trois partagent une même vision politique de l'islam et appellent à l'établissement d'un État islamique. En ce sens, ils s'opposent tant au nationalisme séculier panarabe, incarné jadis par Nasser, qu'aux conceptions traditionnelles de l'islam qui ne font pas du combat politique une priorité absolue. [...]

Ignorer ou feindre d'ignorer que pour les maîtres à penser de cet islam radical, aussi bien que pour les poseurs de bombes, la religion est une idéologie de lutte politique, prétendre au contraire que ce combat s'inscrit comme une réponse à l'injustice, c'est faire preuve de cécité politique, voire souvent de mauvaise foi.

Il sied bien à l'heure actuelle d'expliquer, afin de ne pas le condamner, que le terrorisme c'est «l'arme du pauvre» et, pour reprendre les propres expressions du professeur Aktouf, que «toute violence est fille d'injustice, d'arbitraire, de misère et de désespoir». Malheureusement cette poudre aux yeux que l'on tente de nous jeter à chaque occasion où les tueurs frappent à Tel-Aviv, Paris, New York, Istanbul, Moscou, Madrid ou Londres, nous la retrouvons trop souvent sous la plume de certaines belles âmes à qui les journaux ouvrent généreusement leurs pages.

Et les Argentins ? Et les Kurdes ?

M. Aktouf nous parle en effet de misère, d'injustice, de désespoir en terres musulmanes, comme si les autres misères sévissant dans d'autre terres, celles de l'Amérique latine par exemple, étaient moins importantes. Et pourtant, jusqu'à preuve du contraire, les Amérindiens dépossédés de leurs terres au Pérou, en Bolivie ou dans la forêt amazonienne, les affamés des favelas de Rio ou de Buenos Aires, malgré leurs souffrances, ne vont pas se faire sauter dans les métros de New York ou d'ailleurs pour protester contre les multinationales qui pillent leurs richesses ou pour se venger des politiques iniques du Fonds monétaire international ou de la Banque mondiale.

L'exemple du peuple argentin au plus fort de la crise économique qui secoua le pays il y a quelques années est à méditer. Ce peuple eut en effet le courage de descendre dans la rue, armé, non de bombes, mais de tambours et de casseroles afin de forcer et d'obtenir la démission des dirigeants corrompus.

L'auteur de l'article évoque le «peu de dignité qu'il reste au peuple irakien», défendue, dit-il, par des «résistants» qui, étrangement pour des résistants, n'hésitent guère à assassiner femmes, vieillards et enfants dont le seul crime consiste à vouloir mener une vie décente après des décennies d'une dictature sanguinaire.

Omar Aktouf a-t-il jamais élevé la voix contre les crimes de Saddam Hussein, tortionnaire du peuple irakien et assassin du peuple kurde, un peuple meurtri victime également des combines des grandes puissances et qui mérite également respect et dignité, autant que tous les autres peuples de la planète ? En fait, dans son esprit, le seul conflit qui mérite que l'on en parle, c'est évidemment le conflit israélo-palestinien où les droits légitimes sont exclusivement palestiniens, et que le «mur de Sharon» dérange même s'il sauve des vies humaines.

Quant au génocide du Darfour ? Connais pas ! La dignité et l'intégrité physique des femmes afghanes bafouées par le régime rétrograde des talibans ? Balivernes que tout cela ! Et j'en passe.

Boîte de Pandore

Si les origines du professeur Aktouf, comme il le dit, son histoire, sa capacité de voir les choses autrement lui font dire catégoriquement «non, nous n'avons rien à craindre du terrorisme international», je pourrais rétorquer à mon tour, moi qui suis juif né en Afrique du Nord, fier de mes racines et de ma culture acquises dans un pays musulman ouvert et tolérant, le Maroc : oui le Canada, où j'ai choisi de vivre, doit craindre le terrorisme international et collaborer étroitement avec les pays démocratiques qui défendent les mêmes valeurs.

Ce fut, ne l'oublions jamais, la politique «pacifiste» mise en place par Chamberlain et Daladier à l'égard d' Hitler et illustrée par l'abandon de la Tchécoslovaquie en 1938 à Munich qui marqua en fait la reculade des démocraties. Il n'y eut point de paix, il y eut la guerre et en plus le déshonneur, avait conclu Sir Winston Churchill après la farce de Munich.

La politique «équilibrée» de la France au Proche-Orient inaugurée par de Gaulle en 1967 n'aura pas protégé Paris des attentats terroristes, d'origine islamiste, dans les métros en 1995. La non-intervention de la France dans la dernière guerre en Irak n'aura pas empêché que des journalistes français soient enlevés et maintenus en détention pendant des mois dans ce pays.

Accepter les conditions des mouvements terroristes reviendrait, sans l'ombre d'un doute, à ouvrir une boîte de Pandore et surtout à rentrer dans une logique de la peur où les démocraties n'auraient rien à gagner et beaucoup à perdre. Céder à n'importe quel chantage pour s'acheter une paix illusoire, en se disant que peut-être ce qui arrive aux autres ne nous concerne guère, serait la pire décision qu'un État qui se respecte aurait à assumer.

Pays souverain et maître de son destin, le Canada doit le rester, il en va de son avenir. L'honneur d'un pays ne se marchande pas. Il ne faudrait surtout pas que les pays démocratiques épris de liberté et partageant les mêmes valeurs s'abîment dans la fatalité et la torpeur. Au contraire, plus leurs populations se montreront calmes et déterminées, plus l'effet de terreur sera un échec, et plus les terroristes subiront une défaite. [...]

(Élie Benchetrit est diplômé en science politique, universités d'Aix-Marseille et Amsterdam)

Que veulent les terroristes?
Daniel Pipes
New York Sun, 26 juillet 2005

Que veulent les terroristes? La réponse devrait être évidente. Pourtant, elle ne l'est pas.

Les terroristes de la génération précédente exprimaient clairement leur volonté. Lors du détournement de trois avions de ligne en septembre 1970, par exemple, le Front populaire de libération de la Palestine exigea et obtint la mise en liberté de terroristes arabes détenus en Grande-Bretagne, en Suisse et en Allemagne de l'ouest. Lors de l'attaque du siège du B'nai B'rith et de deux autres immeubles de Washington, D.C., en 1977, un groupe musulman hanafite exigea l'interdiction d'un film, «Le Message» (VO: Mohammad, Messenger of God), 750 dollars (au titre de remboursement d'une amende), la remise des cinq hommes qui avaient massacré la famille du leader hanafite et le meurtrier de Malcolm X.

Ces «exigences non négociables» liées à des prises d'otages provoquèrent des drames déchirants et autant de dilemmes politiques. «Nous ne négocierons jamais avec des terroristes», déclarèrent les responsables politiques. «Donnez-leur Hawaii mais rendez-moi mon mari», suppliaient les épouses des otages.

Ces temps sont si lointains et leur terminologie est à tel point oubliée que même le président Bush parle aujourd'hui d'«exigences non négociables» (en l'occurrence en matière de dignité humaine), oubliant l'origine sinistre de cette expression.

La plupart des attentats terroristes perpétrés de nos jours ne sont accompagnés d'aucune exigence. Des bombes explosent, des avions sont détournés et s'écrasent sur des immeubles, des hôtels s'effondrent. Les morts sont comptés. Les enquêteurs établissent l'identité des auteurs. De vagues sites web émettent après coup des revendications non authentifiées.

Mais les raisons de la violence ne sont pas explicitées. Les analystes, y compris votre serviteur, doivent donc spéculer sur les motifs. Ceux-ci peuvent être liés aux ressentiments personnels des terroristes, basés sur la pauvreté, des préjudices ou des sentiments d'aliénation culturelle. Par ailleurs, on peut discerner une intention d'influer sur la politique internationale:

* «frapper» à Madrid pour obtenir que les gouvernements retirent leurs troupes d'Irak.

* Convaincre les Américains de quitter l'Arabie Saoudite.

* Faire cesser l'aide américaine à Israël.

* Faire pression sur New Dehli pour qu'elle abandonne tout contrôle sur le Cachemire.

Tout cela pourrait avoir contribué à motiver les violences . Pour reprendre les termes du Daily Telegraph de Londres, les problèmes en Irak et en Afghanistan ajoutèrent à chaque fois «une nouvelle pierre à la montagne de rancunes érigée par des militants fanatiques». Mais aucun de ces éléments n'est décisif dans le choix de sacrifier sa vie pour tuer d'autres gens.

Dans presque tous les cas, les terroristes djihadistes nourrissent une ambition manifeste, celle d'établir un règne mondial dominé par les Musulmans, l'Islam et la loi islamique, la charia. Ou, pour citer une nouvelle fois le Daily Telegraph, leur «projet réel est l'extension du territoire islamique sur l'ensemble du globe et l'instauration d'un califat mondial basé sur la charia».

Les terroristes affichent cet objectif ouvertement. Les islamistes qui assassinèrent Anouar El-Sadate en 1991 décorèrent leurs cages de banderoles proclamant «Le califat ou la mort». Dans une biographie, l'un des penseurs islamistes les plus influents, et qui a inspiré Oussama Ben Laden, Abdullah Azzam , déclare que sa vie «s'articula autour d'un seul but, celui d'instaurer le règne d'Allah sur la Terre» et de restaurer le califat.

Ben Laden lui-même parla de veiller à ce que «le pieux califat prenne son essor depuis l'Afghanistan». Son principal adjoint, Ayman al-Zawahiri , rêvait aussi de rétablir le califat lorsqu'il écrivit «l'histoire, si Dieu le veut, va prendre un grand tournant dans la direction opposée, contre l'empire des États-Unis et le gouvernement juif mondial.» Un autre leader d'Al-Qaida, Fazlur Rehman Khalil , publie un magazine qui déclara: «Grâce à la bénédiction du djihad, le compte-à-rebours a commencé pour l'Amérique. Elle sera déclarée vaincue très bientôt», puis le califat sera mis en place.

Ou, comme l'écrivait Mohammed Bouyeri dans la note qu'il fixa sur la dépouille de Theo van Gogh , le cinéaste hollandais qu'il venait d'assassiner, «l'Islam vaincra grâce au sang des martyres qui répandent sa lumière dans chaque recoin de cette terre».

Il est intéressant de relever que l'assassin de van Gogh se montra contrarié par les motifs erronés qui lui furent attribués. Lors de son procès, il insista sur ce point: «J'ai fait ce que j'ai fait par pure foi. Je veux que vous sachiez que j'ai agi par conviction et que je ne l'ai pas tué parce qu'il était hollandais ou que j'étais marocain et que je me sentais offensé.»

Bien que les terroristes déclarent haut et fort leurs motivations djihadistes, les Occidentaux comme les Musulmans, trop souvent, ne les entendent pas. Comme l'observe l'auteure canadienne Irshad Manji , les organisations islamiques prétendent que «l'Islam est un spectateur innocent du terrorisme actuel».

Ce que veulent les terroristes est extrêmement clair. Et il faut fournir un effort monumental de dénégation pour ne pas le reconnaître, mais nous autres Occidentaux semblons bien en être capables.

Adaptation française: Alain Jean-Mairet

Top of the Page

Volume IV, Numéro 193 • vendredi, le 22 juillet 2005

Sharon : «Israël évacuera Gaza le 15 août»
Le Figaro, 22 juillet 2005

Le premier ministre israélien a accordé un entretien au «Figaro» à l'occasion de sa première visite en France, la semaine prochaine.

Le premier ministre israélien, Ariel Sharon, arrive mardi prochain à Paris, pour sa première visite en France depuis son élection en 2001. Il doit être reçu mercredi par le président Jacques Chirac et s'entretenir avec le premier ministre Dominique de Villepin. Jeudi, il rencontrera des représentants de la communauté juive française avant de rentrer en Israël. A l'occasion de cette visite, le chef du gouvernement israélien a accordé une longue interview au Figaro, où il s'explique sur le retrait historique de la bande de Gaza, occupée par Israël depuis 1967, le dossier nucléaire iranien ou l'antisémitisme en Europe.

Propos recueillis à Tel-Aviv par Luc de Barochez et Patrick Saint-Paul

LE FIGARO– Après les dernières manifestations hostiles des colons, envisagez-vous d'avancer le retrait israélien de la bande de Gaza, prévu le 15 août, pour éviter d'autres incidents ?

Ariel Sharon– Nous étions prêts à commencer l'évacuation le 22 juillet. Mais les habitants des implantations et ceux qui les soutiennent nous ont demandé de respecter le caractère religieux de ces deux semaines en reportant le début du retrait au 15 août. Le plan de désengagement sera réalisé. Il sera appliqué, cela ne fait aucun doute, malgré toutes les difficultés et les manifestations très violentes. Je suis résolu à mener à bien ce projet et je vais le faire, conformément au calendrier établi et à la date prévue. Le désengagement de Gaza est très important pour Israël. Et il pourrait, je dis bien pourrait, ouvrir la voie à la feuille de route (NDLR : le plan de paix international parrainé par l'Union européenne, les Etats-Unis, l'ONU et la Russie et resté lettre morte), à condition, évidemment, que les Palestiniens commencent à s'occuper du terrorisme.

Le président palestinien Mahmoud Abbas ne le fait-il pas ?

Bien que Mahmoud Abbas comprenne les dangers du terrorisme, il n'a rien fait de sérieux pour lutter contre lui. Il doit agir. Il a commis une erreur très grave en signant un accord avec les organisations terroristes. Cet accord stipule qu'il ne doit pas agir contre eux et qu'il leur reconnaît un rôle dans la vie politique. Il doit y avoir un arrêt total du terrorisme et de l'incitation à la violence, une réforme fondamentale de tous les corps de sécurité palestiniens, un démantèlement des organisations terroristes et une confiscation de leurs armes.

Vous avez été le moteur du mouvement de colonisation dans les années 1970 et 80. Avez-vous commis une erreur à cette époque, ou bien la colonisation était-elle nécessaire à Israël pour négocier en position de force ?

J'ai dit aux Egyptiens il y a plus de 25 ans, lorsque je participais aux pourparlers avec Le Caire, qu'à mon avis les implantations israéliennes accélèreront la marche vers des négociations de paix. Parce que la partie adverse comprendra que si elle ne fait rien, elle ne fera que perdre du terrain. Etait-ce vraiment l'objectif de toute cette entreprise ? Non évidemment. Mais j'avais bien dit aux Egyptiens que tel serait le résultat. En même temps, il ne faut pas perdre de vue que ces territoires, surtout la Judée-Samarie (NDLR : la Cisjordanie), sont le berceau du peuple juif.

Doit-on en déduire que vous n'évacuerez jamais un endroit comme Hébron, en Cisjordanie ?

Disons les choses ainsi : nous avions un rêve il y a trente-cinq ou quarante ans, celui de retourner dans le berceau du peuple juif. Mais nous n'avons pas pu réaliser ce rêve en totalité. A ce propos, le plan de désengagement comporte un succès majeur. Il a été élaboré après un débat entre moi-même et le président Bush et ratifié par les deux chambres du Congrès américain. Et nous avons ainsi obtenu que les grands blocs de population juive (NDLR : en Cisjordanie) puisse rester en place. Car les choses ont tout de même changé ces trente dernières années. S'agissant d'Hébron, c'est une des villes saintes du judaïsme. Je ne vais pas citer des noms de villes maintenant, pour ne pas donner des idées à certains, ce n'est pas le moment. Mais quel autre peuple dispose d'un lieu où sont enterrés ses ancêtres, comme le caveau des patriarches, où sont enterrés Abraham, Sarah, Jacob, Isaac, Rébecca et Léa ?

Le premier ministre défunt, Yitzhak Rabin, disait que la Bible n'est pas une carte géographique. Etes-vous d'accord ?

La Bible est plus forte que toutes les cartes politiques. Pour que vous compreniez, voici la Bible (NDLR : Ariel Sharon brandit le livre saint qui était posé sur son bureau). Elle est toujours avec moi. Je vais vous raconter une anecdote. Il y a quelques années, j'étais alors ministre des Affaires étrangères, je suis allé au Vatican pour inviter le pape Jean-Paul II à l'occasion de l'an 2000. Il m'a dit que la terre d'Israël est sainte pour les Juifs, les Chrétiens et les Musulmans. Mais il a ajouté qu'elle avait été promise seulement aux Juifs. Quant à moi, je suis prêt à des compromis douloureux, mais pour une sincère et vraie paix.

Le mur, ou la barrière, que vous construisez en Cisjordanie, marque-t-il la frontière finale entre Israël et les Palestiniens ?

Non. C'est un facteur important dans notre dispositif sécuritaire. Le jour où nous reprendrons les négociations de paix avec les Palestiniens, et j'espère que ce jour arrivera, alors nous devrons nous entendre avec eux sur le tracé des frontières définitives. Ce sera la phase finale de la négociation.

Après le retrait de Gaza, avez-vous le feu vert américain pour annexer les grands blocs de colonisation en Cisjordanie ?

Les Etats-Unis sont d'accord pour dire qu'Israël ne pourra pas revenir aux frontières de 1949 ou de 1967. Les grands blocs d'implantations feront partie d'Israël, avec une contiguïté au territoire d'Israël. C'est l'un des plus importants succès de mes négociations avec le président Bush.

En reliant la colonie de Maale Adoumim à Jérusalem-Est, coupant ainsi le Sud du Nord de la Cisjordanie, comment garantissez-vous la contiguïté d'un futur Etat palestinien, stipulée dans la feuille de route ?

Il ne fait aucun doute que nous garderons pour toujours Maale Adoumim, qui est l'un des grands blocs de population juive dont je parlais, avec une contiguïté à Israël. Mais la partie Sud de la Cisjordanie, la Judée, ne sera pas déconnectée du Nord, la Samarie. Plusieurs solutions existent pour surmonter ce problème. Notre vrai problème, c'est que, dans le monde arabe, les populations ne reconnaissent toujours pas le droit du peuple Juif à vivre dans un Etat démocratique indépendant dans le berceau du peuple Juif. Dans notre région, les déclarations, les discours, les promesses et même les accords signés n'ont pas de valeur. Une seule chose compte : les actes. Si la communauté internationale veut contribuer à la paix, elle doit exercer une véritable pression sur les Palestiniens, pour qu'ils imposent un arrêt total des violences. Cela ouvrira toutes les possibilités. Sinon, nous n'avancerons pas.

Qu'allez vous dire au président Jacques Chirac concernant sa politique au Proche-Orient ?

Je voudrais exprimer mon appréciation au président Chirac et le remercier de m'avoir invité. J'ai beaucoup d'estime pour tous les liens bilatéraux qui sont en train de se développer entre nos deux pays. Nous avons toute intention de les approfondir et de les développer. Les échanges commerciaux s'élèvent à 2 milliards de dollars. Les relations concernant la défense et la sécurité sont bonnes et ont surmonté les épreuves. Je suis très satisfait de notre très vaste coopération culturelle et de notre dialogue politique global. La France est un pays important qui joue un rôle dirigeant dans un certain nombre de dossiers stratégiques au Proche-Orient, comme la situation au Liban ou le dossier nucléaire iranien. J'attache beaucoup d'importance à la coordination avec la France sur ces sujets, surtout en ce moment où ils arrivent à une étape critique.

Comment évaluez-vous les efforts déployés par les autorités françaises pour combattre l'antisémitisme ?

J'ai beaucoup d'estime pour l'action de la France contre l'antisémitisme. Je veux en remercier les autorités françaises et le président Chirac. Nous sommes préoccupés que l'antisémitisme se répande en Europe. L'action du gouvernement français, dans ce dossier, doit servir de modèle et d'exemple pour d'autres gouvernements européens. L'antisémitisme, au-delà de sa forme traditionnelle, revêt aujourd'hui un habit différent. Il devient un anti-israélisme très dur. Cependant, suite à certaines déclarations critiquant mes appels à l'émigration depuis la France vers Israël, je voudrais clarifier ma pensée à ce sujet. La politique de mon gouvernement est d'amener le plus grand nombre de Juifs en Israël. C'est très important pour notre pays. Notre objectif est de faire venir 1 million de Juifs dans les quinze prochaines années en Israël, du monde entier, y compris de la France.

L'immigration en Israël de Juifs français, dont deux avions entiers sont attendus la semaine prochaine, est-elle la conséquence de l'antisémitisme en France ?

Notre politique est d'accroître le plus possible la population juive en Israël. Cependant, on ne peut évidemment pas ignorer le fait qu'il y a de l'antisémitisme en France. On ne peut pas non plus ignorer le fait que 10% de la population française est d'origine musulmane.

Comment comptez-vous convaincre Jacques Chirac d'accepter que le Hezbollah libanais, qu'il considère comme un parti politique, soit inscrit sur la liste des organisations terroristes de l'Union européenne ?

Je lui dirai que le Hezbollah est une organisation terroriste parmi les plus cruelles et les plus radicales. La France joue un rôle central pour le renforcement de la démocratie au Liban. Nous reconnaissons la nécessité pour ce pays de devenir une démocratie indépendante. Mais il ne pourra pas le devenir si un de ses acteurs politiques est une organisation armée jusqu'aux dents. D'autant plus que cette organisation est le fer de lance de l'Iran et de la Syrie au Liban. La résolution 1559 de l'ONU (NDLR : qui appelle au désarmement du Hezbollah) est extrêmement importante. Il faut aider le Liban de manière politique et économique, mais aussi oeuvrer à renforcer ses capacités dans le domaine de la défense et de la sécurité. Cela aura une influence directe sur la stabilité de ce pays. Il faut aussi, absolument, réduire l'influence de la Syrie, qui est directement impliquée dans le terrorisme au Liban et chez nous. Les quartiers généraux des organisations terroristes les plus radicales comme le Hamas ou le Djihad islamique se trouvent à Damas. Elles opèrent contre Israël mais aussi aujourd'hui contre l'Autorité palestinienne. Il faut exiger d'une manière univoque le démantèlement de ces bureaux et leur expulsion de Damas. Il faut aussi insister pour faire évacuer toutes les forces étrangères du Liban : les forces syriennes, puisque la Syrie s'efforce d'y conserver son influence, mais aussi les Gardiens de la révolution iraniens.

Les attentats du 7 juillet à Londres sont-ils liés à la situation au Proche-Orient, en Irak ou en Israël ?

Je ne vois pas de lien direct. L'islam radical cherche à accroître son influence et son territoire. Ses partisans mènent une lutte de civilisations dans le but de renverser le monde démocratique et de le soumettre à leur vision du monde. Si le monde libre veut conserver ses valeurs, il doit agir avec la plus grande énergie contre le terrorisme. Il ne faut laisser personne influencer ces valeurs par le biais du terrorisme. Ce que nous voyons aujourd'hui au Proche-Orient, cela fait partie de ce que nous avons vu précédemment se dérouler en Europe ou aux Etats-Unis.

Juifs de France et Israël : les paradoxes de l’été 2005
Philippe Meyer
Judeoscope.ca, 20 juillet, 2005

On le sait, les juifs de France et Israël partagent depuis toujours une histoire d’amour, qui s’est encore intensifiée ces dernières années. L’ensemble des officiels israéliens le reconnaissent, le soutien moral mais aussi matériel, apporté par la communauté juive de France à Israël depuis le déclenchement de la 2ème Intifada est l’un des tout premiers au monde. Toute la panoplie sioniste à la disposition d’une communauté juive de diaspora a été utilisée. Et trois mots d’ordre partagés par tous résument depuis 2001 le sentiment envers Israël : fidélité ; amour ; inconditionnel. Cela reste évidemment vrai aujourd’hui encore. Cependant, cet été 2005 laisse apparaître certains paradoxes dans cette relation privilégiée et unique.

Jamais autant de juifs de France ne se sont rendus en Israël. Le nombre de touristes en provenance de France (juifs à une écrasante majorité) devrait dépasser les 300 000 en 2005. Un saut de plus de 20% en un an ; un nombre record depuis la création d’Israël ! Et pourtant. Jamais le débat n’a été aussi vif en France, au sein de cette même communauté juive, sur les conditions financières entourant ces voyages. Prix des billets d’avions, des hôtels, des séjours. Une partie croissante des juifs de France a l’impression de voir sa solidarité avec Israël être utilisée par certains et abusée par d’autres. Les critiques sont fortes, les déceptions sont grandes. Mais qu’importe ! Les avions demeurent pleins en provenance de Paris et les hôtels remplis de ces juifs de France qui restent teintés de bleu et de blanc.

Mais ce n’est pas tout. D’un côté, ces juifs de France repartent à l’assaut, comme jamais, des plages de Tel Aviv, des palaces d’Eilat, des appartements de Netanya, et du patrimoine de Jérusalem. D’un autre côté, la mobilisation, en France, de cette même communauté juive pour Israël semble donne des signes de détente. Au moment même où la situation exigerait au contraire une mobilisation forte comme rarement cela n’a été le cas. Il est des moments où l’Histoire accélère et propose à l’homme des étapes plus cruciales que d’autres. Des étapes qui, d’une façon ou d’une autre, laisseront des traces et façonneront l’avenir. La période actuelle est évidemment l’un de ces moments. Dans quelques jours commencera l’une des opérations les plus difficiles à mener par Israël depuis sa création. Se défaire, volontairement, d’une partie de sa Terre ; déraciner des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants qui n’ont jamais rien connu d’autre ; gérer des divisions au sein de la société israéliennes comme rarement elles l’ont été ; prendre le risque de créer un précédent que la Communauté internationale ne manquera pas d’utiliser concernant la Cisjordanie ; faire un tel sacrifice pour une paix que rien pour l’heure ne garantit. C’est cela le désengagement de la bande de Gaza. Un petit bout de terre, grand à peine comme quelques quartiers parisiens, théâtre d’une crise aux facettes multiples et imbriquées, et aux conséquences incalculables.

Qui peut raisonnablement dire comment se conclura cette opération sans précédent et quelles en seront les conséquences à moyen et long terme ? Personne. La seule chose certaine aujourd’hui, c’est que, d’une façon ou d’une autre, plus rien ne sera jamais comme avant pour Israël une fois le désengagement entamé et a fortiori achevé. C’est l’avenir même de cet Etat d’Israël à la fois fort et fragile qui est en jeu. A moments historiques, débat crucial. Et pourtant. Ce débat là ne rencontre pas en France en général, et – plus grave – au sein de la communauté juive, un écho très prononcé. C’est le moins que l’on puisse dire. Peu de prises de positions officielles ou individuelles, peu de débats publics, peu d’analyses contradictoires, peu de réactions, peu de soutien. Tout se passe comme si après plusieurs années d’une mobilisation forte et admirable en faveur d’un Israël meurtri par les bombes humaines palestiniennes, les juifs de France semblaient éprouver le besoin de reprendre leur souffle. Grâce à Dieu (et/ou à Tsahal), les attentats se font plus rares. A tension apparente moindre sur le terrain, répond un état d’alerte psychologique descendu d’un cran. Or quand bien même la situation sécuritaire peut sembler moins tendue, elle demeure des plus risquée. Les groupes armés palestiniens conservent les armes et la volonté de les utiliser. La (nouvelle) Autorité palestinienne ne fait toujours preuve que d’un pouvoir, ou d’une volonté, des plus limité pour désarmer les terroristes. Et surtout, l’épisode du désengagement, aussi légitime et nécessaire soit-il, présente des inconnues qui s’apparentent pour l’heure davantage à des risques qu’à des garanties.

C’est dans ce contexte qu’Ariel Sharon se rendra à Paris les 27-28 juillet. Une visite capitale, tant sur le plan politique qu’émotionnel. Espérons qu’elle se déroule dans des conditions aussi favorables que celles qui avaient entouré le voyage du Président Katsav en février 2004. Mais espérons aussi que cette venue permette de raviver, si besoin était, la flamme, l’ardeur et la mobilisation des membres de la communauté juive de France pour Israël. Qu’ils se situent alors sur le sable de Tel Aviv ou sur le pavé parisien. Israël en a besoin plus que jamais.

Bienvenue Monsieur le Premier Ministre !

(Philippe Meyer est chroniqueur au Jerusalem Post (édition française) et à Judéoscope)

Top of the Page

Volume IV, Numéro 192 • vendredi, le 15 juillet 2005

Feu vert pour les prochains attentats terroristes
Sever Plotzker
Yediot Aharonot, 10 juillet 2005

« La nation de l’Islam et la nation arabe se réjouissent car le temps est venu de se venger du gouvernement britannique croisé et pro-sioniste… ». C’est en ces termes que s’ouvre la revendication par Al-Qaida de sa responsabilité des attentats terroristes du 7 juillet dernier à Londres.

Toutefois, malgré le communiqué explicite de l’organisation terroriste, malgré le carnage provoqué par les charges d’explosifs posées au nom et pour la cause de l’islam, le soi-disant public « éclairé » de Grande Bretagne n’a cessé, au cours des heures qui ont suivi les attentats, d’investir des efforts démesurés pour nier, atténuer et occulter les liens entre ces crimes odieux et l’intégrisme islamique.

La déclaration sans fondement d’un officier supérieur de la police britannique selon lequel « les mots islam et terrorisme sont incompatibles » nous a été assénée jusqu’à plus soif. Le quotidien londonien The Guardian a publié un article du journaliste musulman Faust Boni qui prétend que « la colère suscitée par la décision de Tony Blair de se joindre à Bush dans sa guerre en Irak a transformé en cible privilégiée tout le Royaume- Uni. » Quant à David Clark, membre important du parti Travailliste, il prédit : « Nous ne parviendrons pas à l’emporter sur le terrorisme si nous n’accordons pas une attention sérieuse aux doléances arabes… Nous ne sommes pas suffisamment attentifs aux droits des Palestiniens. » Articles, commentaires et titres de même nature envahissent les médias londoniens.

Ce vent mauvais a atteint jusqu’au bureau du Premier ministre Tony Blair, l’homme d’État le plus sérieux au monde, qui a déclaré dans une interview à la BBC : « Le monde doit traiter les racines profondes du terrorisme. » Et quelles sont ces racines? Pour Blair, ce sont “la pauvreté… et le conflit au Proche-Orient ».

Avec tout le respect que nous lui devons, le Premier ministre britannique a tort, comme ont tort les commentateurs qui s’empressent déjà de pointer un doigt accusateur non seulement en direction des terroristes mais aussi du président Bush, d’Israël, des « nantis » et de tout l’Occident. Ce faisant, ils disculpent les terroristes de leurs crimes.

Cette tentative d’enfouir la réalité telle qu’elle est sous des monceaux de verbiage ne sera d’aucune efficacité. Les vérités suivantes sont claires pour tout esprit sensé qui assiste aux des vagues de terrorisme du 21e siècle : en premier lieu, il s’agit d’un terrorisme musulman – ni anarchiste, ni sioniste, ni conservateur de droite . C’est le terrorisme des intégristes musulmans, qui croient au besoin de déclencher une guerre sainte globale contre les infidèles, les Juifs, les « croisés » chrétiens et les musulmans modérés.

Deuxièmement, nous avons affaire à des attentats terroristes commis par des musulmans riches et cultivés, pas par ceux qui croupissent dans la pauvreté et l’ignorance. Les pays musulmans baignent dans les centaines de milliards de dollars que leur rapporte leur pétrole. Les terroristes qui ont planifié et perpétré les attentats de New York et de Madrid étaient nantis, polyglottes et experts en technologies modernes. Ce profil socio-économique s’applique également aux leaders du Hamas et du Hezbollah. Il n’y a donc pas le moindre rapport, même le plus ténu, entre la guerre contre la pauvreté et la guerre contre le terrorisme.

En troisième lieu, les combattants du djihad ont déclenché leur guerre terroriste contre l’Occident en tel que tel et non pour « promouvoir » une quelconque solution au conflit israélo-palestinien ou contraindre les Etats-Unis à retirer leurs troupes d’Irak. Leur seul et unique objectif était et est toujours d’ébranler les fondations d’une culture occidentale honnie, dont ils souhaitent mettre en relief les faiblesses. Semer la destruction pour semer la destruction. C’est pourquoi le terrorisme d’Al-Qaida n’aurait pas cessé, il se serait même trouvé renforcé, si les Etats-Unis avaient décidé de réagir aux attentats en rapatriant leurs troupes d’Irak, ou si Israël s’était retiré sur la Ligne verte. Les jihadistes ont un tout autre système de référence, de portée beaucoup plus vaste : établir un nouvel ordre mondial conforme aux préceptes de l’intégrisme islamique.

Enfin, il n’y a qu’un seul moyen de lutter contre le terrorisme : lutter contre lui. Le frapper. L’éradiquer impitoyablement. La guerre contre ce fléau doit être totale, parce que le terrorisme est total. Jusqu’à la victoire décisive, jusqu’à la capitulation de l’ennemi. Tout compromis avec le terrorisme islamique, toute tentative de le comprendre ou en d’autres termes de l’excuser, fût-ce partiellement, revient à prendre cette pente glissante contre laquelle Churchill avait mis en garde en juin 1940, lorsqu’il s’opposa à toute négociation avec Hitler.

Peu de temps après ces attentats meurtriers et avant même l’identification définitive des victimes, le mécanisme d’auto-aveuglement s’est enclenché dans le Royaume Uni et toute l’Europe. Déjà s’est mise en marche la déviation de l’accusation des assassins vers d’autres. C’est ainsi que l’on prépare le terrain des prochains attentats.

L'israélisation de l'Europe
Mark Steyn
Jerusalem Post, 13 juillet 2005

(Adapté par Judéoscope de la traduction de Simon Pilczer.)

En toute sincérité, ce fut une sorte de soulagement, quelques heures après les explosions de Londres, de quitter les États-Unis pour la Grande-Bretagne. Les expressions américaines de solidarité avec la vaillante Angleterre prenaient des airs churchilliens, pour ne pas dire shakespeariens : nous les combattrons pour leurs délits [jeu de mot sur « breaches » (délits, transgressions) et « beaches » (plages) en référence au célèbre discours de Winston Churchill : « we will fight them on the beaches », NdT], cher ami. A la radio, certains invités des émissions de télévision jouaient les envolées d'Elgar et de « Rule, Britannia ». A l'arrivée à Londres, par contraste, je découvrais que la réaction locale envers les terroristes, telle qu'exprimée par les gars du pub du coin, était en fait plus pertinente: « foutez le camp, connards ! ».

En effet, il est vivement souhaitable que les connards de terroristes foutent le camp.

Mais qu'en serait-il s'ils ne le faisaient pas ? Si l'on voulait les combattre sur les plages, sur quelles plages irait-on ? Malgré l'empressement chez les amis de la Grande-Bretagne outre Atlantique, de présenter le 7 juillet comme le « 11 septembre de Londres », l'étiquette ne colle pas. Dans les 24 heures suivant le 11 septembre, il était clair que quelque part, quelque état souverain allait être envahi. L'Amérique ne pouvait tout simplement pas se permettre de ne pas répondre. Rien de la sorte ne transpire en Grande-Bretagne.

Certains lecteurs peuvent ne pas être d'accord, bien sûr. À peine la poussière s'était-elle reposée sur les attentats à la bombe de jeudi que Derrick Green m'envoyait un courriel de félicitations : « Je parie que vous, les suprématistes juifs, pensez que Noël est arrivé en avance, n'est-ce pas ? Etonnamment, vous allez maintenant pouvoir en faire encore plus à votre guise qu'auparavant et le peuple britannique va être entraîné dans de nouvelles guerres pour Israël ».

Ah, le Juif est infiniment fourbe, n'est-ce pas ? Le monde musulman a passé des décennies à colporter assidûment l'idée que la raison pour laquelle une vaste région, riche en pétrole, s'étendant sur des milliers de kilomètres, est dans un bourbier de difformité politique et autres sinistres psychoses est une minuscule bande de terre à peine plus large que mon comté du New Hampshire. Mais M. Green est la preuve de l'expansion galopante de la théorie post-11 septembre vers des rives encore plus farouches : il semble qu'une fine tranche de sinistres sionistes déstabilise aujourd'hui l'ensemble de l'Europe, si ce n'est le monde entier.

Quel que soit l'attrait de l'antisémitisme, il tend à ne pas trop bien fonctionner pour ceux qui investissent démesurément en lui - voir le troisième Reich et les régions les plus malades du monde arabe aujourd'hui. Et même parmi mes propres correspondants, la suspicion du Juif redoutable semble les aveugler à ce que laissent présager, peut-être plus vraisemblablement, les événements de la semaine passée: l'israélisation de la vie européenne.

Jeudi a été témoin d'un épouvantable acte de sauvagerie: le bilan final des morts, plusieurs douzaines, aurait été considéré comme un décompte spectaculaire à l'apogée de la campagne de terreur de l'IRA; des centaines de plus porteront les cicatrices de cette matinée pour le reste de leur vie; un immense trou béant a été soufflé dans la vie de milliers d'autres Britanniques, les familles et les amis des défunts. Si cela était survenu en 1975 ou en 1985, c'eût été un acte meurtrier qui aurait résonné pendant des semaines et des mois dans la vie politique britannique.

Et pourtant, et pourtant ? Dans la reconfiguration de la terreur post-New York, post-Bali, post-Madrid, ce fut arithmétiquement de la petite bière. La fulgurante précision d'avions utilisés pour démolir la ligne d'horizon de Manhattan faisait défaut. Cela s'ajoutait à un mauvais jour en Irak, ou à quelques jours en Thaïlande, où loin du regard de CNN ou de la BBC, quelque 800 personnes ont été tuées par les terroristes islamiques au cours des six premiers mois de l'année.

Les Britanniques et plusieurs forces de police continentales ont une longue expérience du terrorisme et sont compétents pour s'en occuper sous les contraintes politiques imposées à leurs opérations. Dans ses jours de gloire, l'IRA fit sauter des membres de la famille royale et du gouvernement britannique. À la fin de leur campagne, ils étaient réduits à transformer en bouillie des mémés et des femmes enceintes dans des centres commerciaux. Aujourd'hui, comme alors, les cibles de choix seront protégées contre le terrorisme, ce qui ne laissera que les cibles faciles - en un mot, vous, votre trajet de bus du matin, ce petit restaurant que vous aimez. Et, comme en Israël, les Européens s'habitueront à l'idée que régulièrement, par pur hasard, il y aura des jours où votre mari ou votre fille ou votre meilleur ami partira au travail et ne rentrera pas à la maison.

Je dis « Européens » parce que, étant donné qu'aux yeux des intellectuels occidentaux tout cela est la faute de George W. Bush, il existe des différences significatives entre la relation de l'Europe et de l'Amérique avec l'Islam. C'était feu l'ayatollah Khomeiny qui répandit l'idée que les États-Unis sont le grand Satan - une formule astucieuse en ce qu'elle reconnaît non seulement que l'hyperpuissance est le mal, mais qu'elle est aussi une grande séductrice. Et quand on compare le vaste nombre de djihadistes britanniques, européens et canadiens qui se sont pointés dans le feu de l'action en Afghanistan, au Pakistan, en Inde, en Irak, en Israël, en Bosnie, en Tchétchénie et au-delà avec le nombre relativement insignifiant de musulmans américains qui s'y sont laissés entraîner, on peut commencer à apprécier que le grand Satan est en effet un séducteur relativement efficace - au moins dans la mesure où l'Amérique semble remporter plus de succès dans l'assimilation que l'Europe ou le Canada. Bien sûr, pour assimiler, encore faut-il avoir quelque chose à quoi assimiler, et la nullité béante de l'idée européenne semble être quelque peu déficiente à cet égard.

Mais il existe aussi une autre différence, et c'est ce que j'entends par israélisation: les djihadistes comprennent que l'Europe est prête à être cueillie d'une manière que l'Amérique ne l'est pas. La Palestine mandataire était, selon la vieille plaisanterie, la terre deux fois promise - d'où une démocratie occidentale et une population musulmane mécontente vivant (en grande partie) dans deux solitudes, mais revendiquant le même morceau de bien immobilier.

Or justement, c'est aussi la manière dont de plus en plus de musulmans voient l'Europe. Et comme leur nombre augmente, il paraît probable que des dirigeants islamiques futés au Moyen-Orient adopteront la cause des droits des musulmans européens de la même manière qu'ils revendiquent leur solidarité avec les Palestiniens.

Quand la F rance a commencé à envisager l'interdiction du voile dans les écoles, elle a dépêché des ministres du gouvernement pour demander conseil à des imams égyptiens, acceptant implicitement la perception des érudits islamiques selon laquelle la cinquième République est désormais une province éloignée du dar al-Islam. Comme l'entité sioniste peut en témoigner, ce n'est pas un club auquel on veut nécessairement adhérer.

Peu de dirigeants européens ont une idée de ce qu'il faut faire à ce propos, mais, comme le soulignent cette loi française sur le voile, le projet de loi britannique sur l'incitation à la haine raciale et les réactions hollandaises au meurtre de Théo Van Gogh, la médiation entre ce que Tony Blair a appelé jeudi notre mode de vie et les valeurs musulmanes est déjà devenue une dynamique centrale de la politique culturelle européenne - un remarquable exploit pour une minorité dont les Européens étaient plus que vaguement conscients avant le 11 septembre.

Pendant ce temps, ce ne sont pas principalement des islamikazes ou des bombes nucléaires portatives qui affluent aux frontières, bien qu'ils finiront par venir, mais une idéologie - féroce, séduisante et implacable.

Voilà l'ironie finale de l'israélisation de l'Europe: aussi consternante qu'elle puisse être pour les antisémites continentaux, dans ce scénario, ce sont eux les Juifs.

Top of the Page

Volume IV, Numéro 191 • vendredi, le 8 juillet 2005

Londonistan
Serge Truffaut
Le Devoir, 8 juillet 2005

En raison du nombre de radicaux islamistes installés sur les bords de la Tamise, Londres, dans les années 90, avait été surnommée Londonistan. Ces radicaux jouissaient jusqu'alors de la tradition du droit d'asile et de toutes les conséquences juridiques que cela suppose. En voici l'histoire.

Tout commence en Algérie en 1992 lorsque les autorités du pays prennent la décision d'annuler les élections afin d'empêcher l'arrivée au pouvoir des islamistes. Le geste a pour conséquence un essor immédiat du Groupe islamique armé (GIA). À la suite d'un attentat dans lequel des musulmans sont tués, une scission se produit. Les dissidents se rassemblent alors au sein du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC).

Figure de proue de cette organisation, Hassan Hattab s'installe à Londres au début de 1994 après avoir été adoubé par Oussama ben Laden responsable de l'implantation d'un réseau d'al-Qaïda en Europe. C'est du moins ce que soutient un universitaire, Rohan Gunaratna, dans son livre qui fait autorité auprès des bonzes britanniques de la lutte antiterroriste. Le titre ? Inside Al-Qaeda : Global Network of Terror.

Le choix de Londres, on s'en doute, avait été mûrement pesé. Comparativement à d'autres pays européens, la Grande-Bretagne avait ceci d'avantageux : la loi sur l'immigration est plus laxiste que sur le continent, les autorités respectent méticuleusement le droit à la vie privée et, enfin, les budgets accordés à la lutte antiterroriste -- avant le 11 septembre 2001 -- étaient constamment réduits.

Qui plus est, l'ensemble des lois afférentes au droit d'association, au financement des organismes de charité, etc., est plus souple qu'ailleurs. Par exemple, en France, juges et policiers peuvent s'appuyer sur la notion dite d'association de malfaiteurs pour mettre en garde à vue, envoyer en prison et autres. Il n'existe pas d'équivalent en Grande-Bretagne.

En juillet 1994, les partisans de Ben Laden ouvrent à Londres un bureau baptisé Advice and Reformation Committee. Un certain Khaled al-Fawaz est nommé directeur de cette officine. C'est de là qu'il planifie, assurent les services de renseignement américains, les attaques contre les ambassades du Kenya et de la Tanzanie.

Après la série d'attentats commis à Paris au cours de l'été 1995, dont l'explosion au métro Saint-Michel a été le point culminant, Rachid Ramda, un des auteurs de ceux-ci, a trouvé refuge à Londres, évidemment. Depuis des années, la France demande en vain son extradition. Ce qui va pour la France va également pour l'Allemagne. Certains radicaux réclamés par Berlin sont dans les environs de la Tamise.

Du milieu des années 90 à aujourd'hui, les islamistes vont faire de Londres leur centre opérationnel en multipliant associations et organisations qui servent de paravents à leurs basses besognes. Dans quel but ? Instaurer le califat et imposer la charia, en Grande-Bretagne notamment.

Parmi ces organisations, certaines méritent qu'on s'y arrête. C'est à Londres qu'Azzam Publications a installé son siège social. Cette maison d'édition porte le nom du leader spirituel d'Oussama ben Laden, qui a suivi son enseignement de 1979 à 1989. Pour Azzam, le djihad doit se poursuivre tant et aussi longtemps que le dernier des infidèles n'aura pas disparu de la surface de la Terre. Depuis sa fondation, en 1997, Azzam édite des livres aux propos incendiaires en plus de relayer les publications haineuses produites par des tiers, qu'elle distribue en usant des casiers postaux.

De tous les groupes organisés, la section londonienne du Islamic Liberation Party est une des plus célèbres. La raison en est simple : son leader, le Syrien Omar ben Bakri, clame haut et fort et en public sa haine des Occidentaux et des Juifs. Il est si fanatique, si actif, qu'il a greffé une ribambelle d'associations à son mouvement afin, entre autres choses, de recueillir des fonds destinés à l'entretien du réseau mais surtout au recrutement des terroristes.

Ceux-ci, c'est à retenir, sont presque toujours des musulmans détenant un passeport de l'Union européenne et qui, une fois conquis à la cause, sont envoyés en Jordanie pour parfaire leur entraînement.

Après le 11 septembre 2001, les autorités britanniques ont enfin convenu de modifier certains aspects de leur législation. Elles ont renforcé leur loi sur l'immigration et musclé celle qui touche au financement des organismes de charité. Mais elles n'ont toujours pas pris les mesures nécessaires au combat contre l'encouragement à la haine et la propagation de celle-ci, contrairement, une fois encore, à l'Allemagne et à la France. Il est écrit dans le ciel que tout cela est appelé à être modifié de fond en comble.

Dialogue de sourds
Judea Pearl
Jerusalem Post, 16 juin 2005

L'âge de la terreur, à ce qu'il semble, a fait germer une ère de dialogue. De nombreuses conférences ayant pour but de rapprocher l'Est et l'Ouest ont fleuri soudain. Il y a eu le récent sommet régional moyen-oriental du Forum économique mondial, en Jordanie. Quelques semaines avant la conférence huppée de Davos sur le Moyen-Orient, j'ai eu l'occasion de participer à un forum similaire de haut niveau, le "US-Islam World Forum", qui s'est tenu à Doha, au Qatar.

La conférence de Doa a vu se presser des centaines d'experts progressistes et des activistes de tous bords, qui ont discuté avec zèle tant des besoins de la démocratie que des moyens pour parvenir à des réformes et à la renaissance du monde musulman. Et comme on s'y attendait, pratiquement aucun des orateurs n'a manqué d'insister sur l'importance primordiale d’assister à des progrès dans la solution du conflit israélo-palestinien.

L'émir du Qatar, Sheikh Hamad bin Khalifa al-Thani a dynamisé la discussion en précisant que les conflits armés dans le monde arabo-islamique doivent cesser si nous voulons obtenir des résultats en matière de réformes et de progrès. Il a été suivi par le ministre des Affaires Civiles de l'Autorité Palestinienne, Mohamed Dahlan, qui a demandé à l'Amérique et aux pays islamiques de faire pression sur le premier ministre Ariel Sharon, pour qu'il cesse ce que Dahlan considère comme des manoeuvres dilatoires. En fait, presque chaque orateur a terminé son discours en affirmant que la crédibilité américaine dépendait de la solution du problème palestinien.

Rami Khouri, directeur du Daily Star au Liban, résume ces sentiments, en ces termes : La démocratie est essentielle, mais elle est incomplète sans une pleine souveraineté, et ne peut être prônée de manière crédible dans des situations d'occupation étrangère. La résolution du problème palestinien à ce propos est vitale pour le progrès de ce processus, et devra avoir lieu parallèlement au mouvement vers une réforme démocratique.

Sensible à cette question, j'ai été profondément impressionnée par la courtoisie avec laquelle ce sujet a été abordé. Ainsi, c'est à peine si le mot "occupation" a été prononcé, et les termes accusateurs habituels, tels que "brutal", raciste" et "apartheid", étaient heureusement absents du discours principal.

Cela contrastait nettement avec une autre conférence qui avait eu lieu au début de ce même mois, à Putrajaya, en Malaisie, au cours de laquelle le premier ministre malais aurait – dit-on - affirmé qu'Israël devrait cesser d'être «un état exclusivement juif et raciste», tandis que la délégation israélienne de gauche était snobée parce qu'elle était trop concernée «par les besoins et les attentes d'un Israël raciste». La grande majorité des participants à cette manifestation ont affirmé qu'Israël avait été créé sur des bases injustes, et que ce pays devait être démantelé, pacifiquement, bien sûr !

Séduite par l'aura de politesse de Doha, j'étais curieuse de savoir à quoi pensaient réellement les participants quand ils parlaient de «progrès» dans le conflit israélo-palestinien : un progrès vers quoi?

Du fond du cœur, j'espérais que les participants à la réunion de Doha seraient mieux disposés à l'égard de la solution "à deux Etats" et de la Feuille de Route qui y mènerait. Si ce n'était pas le cas, pensais-je, on serait à nouveau en grande difficulté. Les Musulmans nourrissaient peut-être un rêve utopique que les Etats-Unis ne peuvent exaucer, et, tôt ou tard, tout le processus de dialogue, toute la bonne volonté et les réformes qui en dépendent éclateraient en une explosion identique à celle qui a consumé le processus d'Oslo.

Je n'étais pas la seule américaine à avoir de telles inquiétudes.

Notre ex-ambassadeur à l'ONU, Richard Holbrooke, qui était dans le même groupe de travail que M. Dahlan, a expliqué que le monde arabe devait mettre du sien pour parvenir à un progrès significatif dans le processus de paix. Il a rappelé à l'auditoire que deux générations et demi d'Arabes ont été élevées avec des manuels scolaires où l'Etat d'Israël ne figure sur aucune carte, et qu'un déni aussi permanent, et à un niveau aussi radical, empêchait toute solution pacifique du conflit.

J'ai eu une conversation amicale à ce sujet avec l'un des adjoints de M. Dahlan, qui a reconnu : «Nous autres, Palestiniens, nous ne croyons pas à la solution à deux Etats, car nous ne pouvons accepter l'idée d'un "Etat juif". Le judaïsme est une religion et les religions n'ont pas d'Etat.»

Quand je lui ai fait remarquer que la société israélienne était laïque à 70%, liée à la terre par l'histoire et non par la religion, et que, par "Etat juif", les Israéliens entendent "Etat-national juif" (faute d'une meilleure expression), il m'a répondu : «De toute façon, la Palestine est trop petite pour deux Etats.»

Cela m'a quelque peu déçue, étant donné que l'Autorité palestinienne avait officiellement approuvé la Feuille de Route. «Feuille de route menant à quoi ?», me suis-je dit, «à un Moyen-Orient sans Israël ?» Où est la volonté de réforme et de libéralisme chez les dirigeants palestiniens post-Arafat, censés instaurer flexibilité et compromis ?

J'ai parlé de ma déception à un intellectuel égyptien, connu, dans le monde arabe, pour son esprit libéral. Sa réponse fut encore plus abrupte: «Les Juifs devraient se construire un Vatican, un centre spirituel, quelque part près de Jérusalem. Car il n'y a pas place pour un Etat Juif en Palestine, même pas pour un Etat national-juif. Les Juifs ont été expulsés de leur terre il y a 2000 ans, et cela devrait être définitif, comme ce fut le cas de l'expulsion des Maures d'Espagne, il y a 500 ans!»

Ce problème des élites musulmanes se manifeste encore, même à l'Université de Californie, à Irvine, où l'Union des étudiants musulmans a organisé une rencontre intitulée "Un monde sans Israël" - tout simplement. De même, en mai, on a pu entendre un aveu radiophonique haut en couleurs, de la part du rédacteur du journal égyptien Al-Arabi, Abd al-Halim Qandil : «Ceux qui ont signé l'accord de Camp David… n'ont qu'à pisser dessus et boire leur propre urine, parce que le peuple égyptien ne reconnaîtra jamais la légitimité de l'entité israélienne».

Cette déclaration crue de Qandil a contribué à me ramener à la réalité : en 2005, je suis toujours incapable de citer le nom d'un dirigeant, d'un journaliste ou d'un intellectuel musulmans, qui auraient reconnu publiquement que le conflit israélo-palestinien est un conflit entre deux mouvements nationaux légitimes.

L'une des parties rêve d'un monde sans Israël, l'autre voit Israël comme un partenaire important dans le développement économique et la démocratisation de la région. Ce conflit d'attentes provoquera-t-il un autre bain de sang ?

Je suis de cœur avec tous les Européens et Américains qui croient avoir trouvé une étincelle de souplesse, dans le camp musulman progressiste, concernant la légitimité de l'existence de l'Etat d'Israël. Mais, si l'on considère les nombreuses tentatives pour jeter des ponts vers le monde musulman, on peut se demander si cette débauche de bonne volonté ne devrait pas d'abord servir à élaborer des objectifs fondamentaux communs et des campagnes d'information pour les promouvoir, plutôt qu'à dissimuler l’abîme d’un désaccord fondamental. La non-résolution de différends déplaisants aura pour terrible conséquence un coût futur plus élevé.

Merci à Menahem Macina et upjf.org pour la traduction française.

(Judea Pearl est présidente de la Fondation Daniel Pearl, organisation qui développe la compréhension entre les cultures. J. Pearl est la mère de Daniel Pearl, reporter du Wall Street Journal, qui fut assassiné au Pakistan, en 2002, par Al Qaeda.)

Top of the Page

Conseil editorial
Prof. Frederick Krantz, Editeur (Concordia Univ.)
Prof. Julien Bauer (Univ. du Québec à Montréal)
Ori Bauer (Chercheur Associé, ICRJ)
Baruch Cohen (Directeur de recherches, ICRJ)
Jacqueline Douek (Assistante Directrice, ICRJ)
Jean-Claude Léon (Communauté Sépharade du Québec)
Prof. Jean Ouellette (Univ. de Montréal)
Prof. Annette Paquot (Univ. Laval)
Edmond Silber (Chercheur Associé,ICRJ)

Encouragez vos collègues, amis et parents à consulter notre site Web pour obtenir de plus amples informations sur le Communiqué Isranet. Pour vous joindre à notre liste d’envoi ou pour vous désabonner, contactez-nous à : http://www.isranet.org/.

Le Communiqué Isranet hebdomadaire est un service de l'ICRJ. Nous espérons que vous le trouvez utile et que vous l'appuierez et seconderez notre travail d'éducation pro-Israël, en faisant une contribution déductible d'impôts d'un minimum de 36.00 $ [veuillez envoyer un chèque ou votre information VISA/Mastercard à l'ICRJ (voir l'en-tête pour l'adresse)]. Tout don comprend un abonnement de membre à notre périodique reconnu, ISRAFAX, qui vous sera livré à domicile par la poste.


CIJR
Daily Briefing &
Communiqué