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Volume IV, Numéro 207 Vendredi, 28 octobre 2005
COMMUNIQUÉ ISRANET
Un service de L’I.C.R.J.
L’Institut canadien de recherches sur le Judaïsme
Professeur Frederick Krantz, Directeur
B.P. 175, succursale H
Montréal, Québec H3G 2K7
Courriel : cijr@isranet.org
Internet : http://www.isranet.org
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Il en est de même des opinions de Drieu La Rochelle pour qui la
SHOA annonçait un nouveau chritianisme.Car les antisémites et les
vendeurs de spectacles racistes fournissent à tous les ennemis du
genre humain non pas des arguments rationnels qui puissent justifier
leur haine, mais des grimaces mille fois insipides que la farce de
Maître Patelin.
Mais c'est dommage que les intellectuels antisémites de la France
soient limités uniquement à leurs productions culturelles et ne
connaissent pas les travaux des chercheurs de la périphérie
francophone internationale.
Autrement, ils auraient pris le Métis Dieudonné dans son propre piège,
à savoir qu'au Québec (Canada) Juifs et Noirs sont vus et perçus
à travers les mêmes stéréotypes racistes.
Et cela ne date pas d'hier.
Nous savons qu'au cours des années 50, sous l'influence du Chanoine
Lionel Groulx, un vent d'antisémitisme balayait la province de Québec
au point qu'approché par le gouvernement fédéral pour être le
Gouverneur général du pays, le comédien Jean-Louis Roux a dû
refuser la nomination pour avoir porté dans sa jeunesse une insigne
nazie.
On eût dit qu'une grande partie de la jeunesse québécoise ait été
marquée par un genre de discours qui propageait la haine du Juif à
tel point que le gouvernement refusa l'accès à un port d'entrée
d'un bateau transportant ceux et celles qui fuyaient la déportation
vers les camps de concentration nazis.
Hélas les cousins des Français ( entendons ici les Québécois) ne
sont pas guéris des plaies de l'antisémitisme et du racisme qui
ont décimé une grande partie de l'humanité.En témoignent les élucubrations
de Dieudonné hier soir ( dimanche 16 octobre) à la télévision
française de Radio-Canada et une recherche d'envergure que j'avais
effectuée au Québec en prenant comme échantillon le roman qui n'échappe
pas au mouvement attraction/répulsion que reflète tout ce qui est
étranger.
J'ai suivi pour cela les méthodes et les théories générales de
l'antrhoposémiologie.
Sur tous les groupes ethniques ciblés dans mon étude et placés
sous la rubrique OSTRACISME les statistiques ont révélé que les
Juifs et les Noirs (Métis comme Dieudonné compris), dans tous les
contextes où ils se trouvaient en SITUATION sont ostracisés,
exclus de la société dite « de pure laine» et hais.
Bien sûr que mon étude peut être interprétée comme un écho de
la tolérance en France de ''l'antisémitisme'' de Dieudonné dans
la mesure où cette maladie et le racisme sont deux traits marquants
de ''l'oligarchie intellectuelle'' québécoise, traits renforcés,
ces dernières années par une espèce de snobisme dérivé d'un
sous colonialisme non pas anglophone, comme on a tendance à le
croire,mais français malgré une certaine hypocrisie qui porte à
croire à la bonne entente en Français et Canadiens français.
Je peux dire que la découverte de ce fait dramatique (antisémitisme
et racisme) a causé chez moi toute une commotion morale dans un Québec
qui s'affirme de plus en plus comme une société distincte.Je
comprends pourquoi Dieudonné a été reçu comme un Roi par les
producteurs de spectacles à Montréal et pourquoi hier soir des
personnalités du monde du cinéma lui ont réservé un si
chaleureux accueil. Pour des Juifs et des Noirs qui ont du mal à
force de se faire traiter de ''bêtes'', je rappelle mon livre :
LA QUESTION RACIALE ET RACISTE DANS LE ROMAN QUEBECOIS
Ed.Balzac.
Daniel Pipes
New York Sun, 25
octobre 2005
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Volume IV, Numéro 206 Vendredi, 21 octobre 2005
COMMUNIQUÉ ISRANET
Un service de L’I.C.R.J.
L’Institut canadien de recherches sur le Judaïsme
Professeur Frederick Krantz, Directeur
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D'abord les Noirs, ensuite les Juifs
Lysiane Gagnon
La
Presse, 18 octobre 2005
Après les Noirs, les Juifs... Après le Doc Mailloux, Dieudonné... Jusqu'à quand la direction de Radio-Canada va-t-elle tolérer que Tout le monde en parle offre sa tribune aux racistes de tout acabit? Y a-t-il une seule télévision publique respectable qui diffuserait sans filtre ni encadrement ce genre de discours?
Scène Un. Guy-A. Lepage fait répéter au Doc Mailloux les propos infâmes qu'il tenait il y a deux ans sur le piètre Q. I. des Noirs et des autochtones. Non seulement il ne se trouve personne sur le plateau pour le contredire, mais Guy-A. est radieux: les propos de son invité sont percutants, ça va " faire parler "!
Le pire, c'est que les jours suivants, le directeur des programmes Mario Clément et son animateur-vedette se félicitaient encore de leur bon coup: dans leurs têtes de démagogues, il ne s'agissait que d'exposer le racisme sans s'enfarger dans la rectitude politique.
Scène Deux, dimanche dernier. Cette fois, le type qui va " provoquer la réflexion ", comme dirait sans doute Mario Clément, est Dieudonné, un humoriste qui est considéré, en France, comme un antisémite notoire. Ce numéro-là fut encore pire que le premier, parce qu'il s'est prolongé pendant près d'une demi-heure (Radio-Canada a retardé le télé-journal de 15 minutes pour le diffuser au complet), et que non seulement les animateurs, mais également les autres invités, souscrivaient très manifestement aux diatribes de Dieudonné.
Dans le sketch qui lui a valu sa réputation d'antisémite, Dieudonné est déguisé en Juif orthodoxe qui vante " l'axe américano-sioniste " et termine en faisant le salut nazi et en criant: Isra-heil! (comme dans Heil Hitler!).
L'émission va vite déraper. Dieudonné n'a même pas besoin de se défendre, il recevra ici complicité et sympathie. Lepage explique doctement que si ce sketch a fait scandale, c'est qu'on n'a pas le droit de rire du conflit israélo-palestinien. Pierre Falardeau en rajoute avec volupté: " On n'a même pas le droit d'en parler, même pas le droit de poser des questions sur Israël! "
L'affirmation est insensée. En France comme ailleurs, on discute sans arrêt du conflit israélo-palestinien, et l'on donne abondamment la parole aux anti-sionistes et aux critiques d'Israël. Ce n'est pas cela qui a choqué dans le sketch de Dieudonné, c'est le salut nazi pratiqué par un Juif, parce que cela touchait au domaine sacré de l'Holocauste. (Mais évidemment, pour Dieudonné le génocide nazi n'a rien de spécial; selon lui, les " génocides " importants sont l'esclavagisme et... l'Algérie (?).)
Lepage rappelle la fureur qui a accueilli le fameux sketch, sans mentionner les autres déclarations incendiaires de Dieudonné, qui a, entre autres choses, déclaré que les commémorations de la Shoah relevaient de la " pornographie mémorielle ", qu'Israël avait financé l'apartheid, que les Juifs " ont fait main basse sur tous les médias ", qu'ils ont été les premiers à profiter de l'esclavage (ce sont " des négriers reconvertis dans la banque "), etc. Dieudonné n'exclut même pas qu'ils aient inventé le sida pour décimer l'Afrique.
À l'évocation des sévices infligés à Dieudonné en France (condamnations dans la presse, annulation de spectacles, etc.), tout le plateau compatit aux malheurs de la pauvre victime du méchant lobby juif. Tout le monde rit de bon coeur lorsque Lepage cite la première phrase du spectacle par lequel Dieudonné a prétendu " s'excuser ": " Je m'excuse, ô peuple élu! "... et c'est l'hilarité générale lorsque Diedonné déclare que son titre original était: " Mes excuses, dans ton cul! "
Plus tard, l'émotion étreint le plateau lorsqu'il raconte une agression dont il aurait été victime aux mains de " quatre Israéliens " qui l'auraient attaqué " dans le dos ". " Déjà c'était signé ", dit-il avec un sourire entendu (les Juifs attaquent toujours dans le dos, comme il l'a déjà déclaré).
Ensuite, il reproche aux Français de s'être indignés davantage de l'attentat contre un centre social juif à Paris (" deux poubelles qu'on brûle dans la rue "), que de l'incendie qui, au même moment, coûtait la vie à des immigrés africains. Ici, le mensonge est double: outre qu'il n'y a pas d'équivalence entre un attentat à connotation raciste et un incendie accidentel, les désastres dans les hôtels où vivaient des immigrés ont au contraire déclenché énormément d'indignation en France. Mais bien sûr, on ne pouvait compter sur les animateurs pour remettre les choses dans leur contexte...
Des 4 bombes-suicides qui se sont fait exploser dans le métro de Londres le 7/7, l'un était un anglais d'origine jamaïcaine, et les 3 étaient également des anglais, d'origine pakistanaise, nés et élevés en Angleterre. L'un ce ceux-ci Mohamed Sidik Khan a enregistré un message vidéo qui donne froid dans le dos, car il annonce d'autres attentats. Cette vidéo a été diffusée par al Jazirah en septembre. Le journal The Guardian de Londres trouve que ce message est inquiétant, "pas seulement à cause de son contenu, mais à cause de celui qui le dit, d'une voix calme en anglais (et non pas en arabe, comme nous sommes habitués à voir et à entendre aujourd'hui), avec un accent authentique du Yorkshire, message dirigé vers les anglais de religion musulmane"
L'Europe, comme l'Angleterre, trouve bien sûr ses terroristes, dans la seconde génération de musulmans nés dans le pays. Et les services secrets britanniques ont découvert que ces jeunes gens sont devenus des extrémistes en écoutant les prêcheurs islamistes (dans les mosquées et les écoles coraniques anglaises).
Le 1er ministre Tony Blair a annoncé une nouvelle législation qui donnerait au gouvernement les moyens pour des actions préventives, y compris l'expulsion des prêcheurs de haine. Ces actions aideront les pouvoirs publics, mais elles ne suffiront pas pour résoudre le problème. Je voudrais donner ici l'exemple de ce que nous avions fait à Singapour dans les années 60. Nous avons créé par une loi "le Conseil Religieux Islamique" qui devait contrôler tous les sermons des mosquées et tout l'enseignement des madrassas (école coranique). Pourtant en décembre 2001, nous avons été amenés avec la Malaisie à arrêter le premier groupe de 30 activistes, nés dans le pays, et qui appartenaient à la Jamaa' Islamyah '(JI). Ils projetaient de faire exploser 7 camions contre des cibles américaines, anglaises, australiennes, israéliennes à Singapour! Nous avons arrêté un 2ème groupe de 21 militants islamistes en août 2002. Ces terroristes ont été endoctrinés par un prêcheur charismatique, dans des cours donnés dans l'intimité de maisons privées, pas dans les mosquées, ni dans les madrassas. Les recrues ont généralement des personnalités faibles ou vulnérables et une connaissance fruste de l'Islam. Rejoindre le jihad leur a donné le sentiment d'appartenir à un groupe secret qui leur donnait l'opportunité d'un sacrifice dans une mission rédemptrice, une revanche de l'Islam opprimé partout dans le monde.
La tactique des terroristes
Dans une vidéo diffusée par al Jazirah en août dernier, Ayman al Zawahiri, n°2 d'al Qaeda a averti qu'il y aurait des attentats si l'Angleterre ne retirait pas ses troupes d'Irak et d'Afghanistan. On peut se demander si Londres aurait été épargnée, si la Grande Bretagne n'avait pas soutenu les Etast-Unis en Irak. J'en doute. Comme toutes les autres villes d'Europe ou d'Asie, y compris Singapour, Londres était sur la liste d'Al Qaeda. JI était préparée à des attentats à Singapour en 2001, bien avant l'invasion de l'Irak, (qui n'est devenue depuis qu'un prétexte). Arrêtés, ces terroristes ont avoué qu'ils voulaient tuer les Américains et leurs alliés à Singapour.
S'ils parviennent à faire sortir d'Irak les Américains et leurs alliés, ces jihadistes vont triompher et la terreur se répandra partout dans le monde. L'objectif de Ben Laden et d'al Qaeda, ce n'est pas de faire sortir les Américains d'Irak, mais celui de contrôler l'Arabie Saoudite et son pétrole, et après cela, de conquérir le monde.
L'insurrection en Irak peut et doit être défaite par les Irakiens eux-mêmes et pas par les Américains. Une fois installé le gouvernement définitif, les forces américaines devront se retirer graduellement. C'est dans le meilleur intérêt de la population sunnite de participer aux prochaines élections, qu'ils approuvent ou non la constitution. S'ils refusent de participer au gouvernement, ils risquent une guerre civile sanglante, où ils finiront par perdre, car les shiites et les kurdes ont la volonté du pouvoir et le nombre, ainsi que l'aide américaine.
La
guerre idéologique
Afin de réduire le recrutement d'extrémistes, les Etats-Unis et l'Europe devraient discréditer leur idéologie, qui s'appuie sur une interprétation coranique spécieuse, prêche la haine contre les "infidèles" et cherche à répandre l'Islam par la violence.
Les Musulmans qui souhaitent faire partie du monde moderne de la science et de la technologie doivent se rendre compte où se trouve leur intérêt et doivent accepter d'affronter ces islamistes et les empêcher de prêcher la haine et la violence. Il faudrait qu'ils puissent parvenir à avoir des oulamas (érudits) et des oustaz (enseignants) qui prêchent que l'Islam est une religion de paix et pas de terreur, que l'Islam tolère les autres peuples et leur foi, comme par le passé.
Dans les pays où les musulmans sont minoritaires, comme en Angleterre, ces "modérés" doivent faire leur choix et adopter une attitude claire contre la terreur islamiste. Les Britanniques sont de plus en plus méfiants à l'égard des Musulmans quels qu'ils soient. Des mosquées ont été vandalisées et des Musulmans attaqués dans la rue. On a recensé 300 crimes ethniques à Londres dans la semaine qui a suivi les attentats du 7/7. Les chefs communautaires ont conseillé aux femmes d'enlever le foulard. Shahid Malik, un député musulman a dit à ses coreligionnaires "ce n'est pas suffisant de condamner, il faut affronter; l'extrémisme dans la cité, c'est NOTRE problème"
Au Pakistan ou en Irak, les Musulmans sont obligés d'affronter les islamistes, ou alors ils seront les témoins du renversement de leur gouvernement et ils seront ramenés à une ère féodale, comme celle des Talibans.
(Il ne faut pas se leurrer), la lutte contre ce fléau qu'est le terrorisme islamique prendra des années avant d'être jugulé. En attendant, le monde libre risque de voir ces terroristes acquérir des armes de destruction massive. Dans ce cas attendez-vous à un massacre horrible les programmes nucléaires des états-voyous doivent être stoppés et on doit confisquer leurs arsenaux.
(Lee Kuan Yew est l'ancien premier ministre de Singapour)
Traduit par Albert Soued, www.chez.com/soued
Note du traducteur
Cet ex-premier ministre avait la réputation d'être un "dur" et sa démocratie musclée.
Pourtant j'ai assisté à une information annuelle qu'il donnait à sa population, devant un tableau et avec des moyens vidéo. Il expliquait pendant des heures, comme un professeur, les résultats obtenus sur tous les plans, les insuffisances et ce qui restait à faire. Je n'ai jamais vu un dirigeant occidental expliquer directement et d'une manière aussi complète et aussi transparente l'état de la nation.
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Volume IV, Numéro 205 Vendredi, 14 octobre 2005
COMMUNIQUÉ ISRANET
Un service de L’I.C.R.J.
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Le mardi 6 septembre 2005 comparaissaient, devant la 14e chambre du Tribunal de grande instance de Nanterre, la maison d’édition Al Qalam et son gérant, Abdelila Cherifi Alaoui, pour provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’un groupe de personnes à raison de leur appartenance à une religion. Al Qalam est le diffuseur en France du livre d’Israël Adam Shamir L’autre visage d’Israël.
La LICRA (Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme), partie civile, était représentée par Me Marc Lévy. Les éditions Al Qalam étaient représentées par Me Éric Delcroix – ancien candidat du Front national, et défenseur habituel des négationnistes dont il partage ouvertement les thèses. Ce mélange de radicalités se traduisit dans la salle du tribunal et aux alentours, où les gardes du corps et les militants d’extrême droite côtoyaient les militants d’extrême gauche.
Sur le fond de l’affaire, les propos incriminés sont dénués d’ambiguïté. Ainsi, selon le livre, la domination des Juifs sur le monde ne serait pas qu’un rêve que les Juifs caresseraient en secret. Ce serait un objectif fondamental poursuivi intentionnellement par les Juifs. Dans les termes d’Israël Shamir: «Maintenant il semble que les Juifs (en tant que groupe distinct des non-Juifs) soient unis par une volonté commune, un objectif unique et un sentiment de puissance. L’intoxication par le pouvoir et l’unité a amené ces gens cauteleux à laisser tomber le masque, à renoncer aux faux-semblants. La nouvelle ouverture nous fournit un aperçu sans précédent de l’âme des Juifs et de leurs supporters Mammonites.»
Ainsi, les Juifs parviendraient à mettre en œuvre leur programme, à annihiler les autres systèmes de valeurs, à convertir le monde à leurs valeurs et à piller le reste de l’humanité. Voici comment Israël Shamir décrit la chose: «Dans le domaine de la pensée, la tendance brahmane des Juifs devrait être rendue visible et contestée. Le Brahmane n’est pas un ennemi mais sa tendance traditionnelle à la domination devrait être combattue par une meilleure visibilité et il devrait avoir à rendre des comptes. (…) L’emprise judéo-mammonite a éliminé les forces vives de l’Amérique et les a guidés vers le dépérissement. (…) L’appauvrissement des indigènes n’est que le revers de la médaille de l’enrichissement des communautés juives.»
Après avoir rappelé le contexte de cette affaire et lu les passages les plus significatifs du livre, le président du tribunal s’adresse à M. Cherifi Alaoui et lui demande si le livre publié par lui ne peut pas faire basculer dans un passage à l’acte des personnes qui, lisant ces propos, voudraient se libérer de cette prétendue domination juive. La réponse de l’accusé est à la fois brève et significative du sens qu’il attribue à la notion de responsabilité et de liberté: «Si je ne partage pas tout ce que pense l’auteur du livre, pour autant nous sommes je crois dans un pays libre, où toutes les idées peut être exprimées. Les propos du livre ne mettent pas en cause les Juifs mais ceux qui adhérent à la volonté de domination du monde.»
Dans sa plaidoirie, l’avocat de la défense, Me Delcroix, a recours à une stratégie utilisée notamment en matière de diffamation: «l’exception de vérité», consistant à tenter de démontrer que ce qui est dénoncé comme une diffamation est bel est bien avéré. On comprend aisément qu’en ce qui concerne l’incitation à la haine raciale, plaider l’exception de vérité c’est ouvrir une brèche béante qui ferait que le racisme soit tolérable, puisque ce qui le sous-tend serait avéré, incontestable, vérifié…
Me Éric Delcroix convoque successivement à la barre Karl Marx et l’écrivain juif Édouard Valdman, afin de nous convaincre que «la chasse à l’argent» est effectivement un «paradigme» induit du judaïsme. La citation d’Édouard Valdman est extraite de son contexte par l’avocat, qui suppose à l’écrivain des opinions contraires à celles qu’il exprime réellement. Mais sa citation de Karl Marx (La question juive) est exacte: «Quel est le fond du judaïsme? Le besoin pratique, l’utilité personnelle. Quel est le culte profane du juif? Le trafic. Quel est son dieu profane? L’argent. Eh bien, en s’émancipant du trafic et de l’argent, par conséquent du judaïsme réel et pratique, l’époque actuelle s’émanciperait elle-même (…) La conscience religieuse du juif s’évanouirait.» L’antisémitisme de Marx devient donc la référence grâce à laquelle un avocat notoirement affilié à l’extrême droite entend légitimer un discours antisémite contemporain.
En ce qui concerne l’aspiration des Juifs à dominer le monde, et la véracité des Protocoles des Sages de Sion, Me Delcroix souligne qu’Israël Shamir «s’interroge sur le sens, la valeur et la portée des célèbres Protocoles des Sages de Sion, dans lequel [sic] il voit, tout comme Soljenitsyne, un roman prophétique décrivant un siècle à l’avance ce qu’allait devenir l’Occident, à l’instar du fameux 1984 de George Orwell». Et Me Delcroix de poursuivre: «Le propos de Monsieur Shamir n’implique évidemment pas les Juifs du fait de leur religion, mais du fait qu’ils adhérent trop souvent, sous leur seule responsabilité individuelle, à des “idées” néfastes induites». Et il cite Israël Shamir: «Non, l’intérêt des Protocoles n’a pas disparu, car le plan qui y est décrit, consistant à instaurer un régime oligarchique (non nécessairement juif), est en train d’être mis en vigueur en temps réel; cela s’appelle le nouvel ordre mondial.»
Dans l’attente du verdict, prévu début novembre, on ne peut que s’interroger sur l’usage qui est ainsi fait de «l’exception de vérité», devant un tribunal français, en matière de racisme, d’antisémitisme et de provocation à la haine raciale.
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Les amis d’Israël Shamir: du rouge, du vert et beaucoup de brun
Le cas d’Israël Shamir est remarquable en cela qu’on y voit la jonction entre les «antisionismes» d’extrême gauche et d’extrême droite (1). Cette conjonction, que notre collaborateur a pu constater au tribunal de Nanterre, était visible au même moment sur le réseau internet. On a pu lire – simultanément, et dans des termes identiques – des textes de soutien à Israël Shamir sur des sites de la mouvance «altermondialiste» (Bellaciao, Altermonde, Oulala…), sur des sites islamistes ou nationalistes arabes (Arabesques, Nawaat, Quibla…) et sur des sites d’extrême droite (Géostratégie, Voxnr, Altermedia…) – plus le site de Dieudonné (LesOgres), qui contient les trois éléments à la fois.
L’un des partisans les plus fervents d’Israël Shamir est Christian Bouchet, animateur du site d’extrême droite «nationaliste-révolutionnaire» Voxnr. Le 3 septembre 2005, il faisait dans son éditorial un éloge enthousiaste du livre de Shamir, et concluait sur ces mots: «Je conseille à mes lecteurs parisiens de marquer leur sympathie et leur soutien aux éditions al-Qalam (la Librairie du Monde Arabe, 220 rue Saint Jacques, Paris) par une visite et un petit achat».
Sur le propre site d’Israël Shamir (www.israelshamir.net), le compte rendu de l’audience au tribunal de Nanterre est signé de Maria Poumier, militante du courant «rouge-brun» et habituelle compagne de route des négationnistes. À la suite de ce compte rendu, on trouve un appel à adhérer à une nouvelle association nommée «Entre la plume et l’enclume», les adhérents se voyant offrir en cadeau… un livre d’Israël Shamir. Les adhésions sont à adresser à Mondher Sfar, un vétéran de l’antisémitisme qui publiait déjà des articles contre «le sionisme» dans la presse négationniste des années 90.
H. P.
NOTES
1. Sur Israël Shamir, nous avons publié: «Notre ami Israël Shamir» (L'Arche, n°543, mai 2003) et «Israël Shamir, l'antisioniste qui venait du froid» (L'Arche n°551-552, janvier-février 2004).
Voir également, sur internet, les dossiers mis en ligne par le site anti-négationniste PHDN: www.phdn.org/antisem/antision/shamir.html et www.phdn.org/antisem/antision/shamircitations.html
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L'ONU et le sens des mots
Parmi les propositions soumises par le Secrétaire général des Nations-Unies aux chefs d'État et de gouvernement réunis ces jours-ci à New York figure l'adoption d'une définition commune du terrorisme. On peut lire, en effet, dans le rapport intitulé Dans une liberté plus grande qui leur a servi de document de travail et a été rendu public en mars de cette année que « Les États doivent s’entendre sur une convention globale sur le terrorisme, fondée sur une définition du terrorisme claire et acceptée par tous. » Ce texte leur proposait d'affirmer qu'« aucune cause ou revendication [...] ne justifie que des civils et des non-combattants soient pris pour cible ou délibérément tués. » En juillet, M. Kofi Annan appelait à l'adoption de la définition du terrorisme proposée par le Président de l'Assemblée générale. Selon cette définition, moins forte que celle qu'il avait lui-même proposée en mars, mais à laquelle il s'était rallié, « constitue un acte de terrorisme tout acte qui vise à tuer ou à blesser grièvement des civils ou des non-combattants, et qui, du fait de sa nature et du contexte dans lequel il est commis, doit avoir pour effet d'intimider une population ou de contraindre un gouvernement ou une organisation internationale à agir ou à renoncer à agir d'une façon quelconque. »
On le voit, cette définition est centrée sur la cible des actes en cause, qu'elle ne désigne pas par des termes purement moraux comme celles qui parlent de « civils innocents », par exemple, mais par leur statut du point de vue du droit de la guerre. Pour cette raison, on pouvait espérer qu'elle serait plus facilement acceptée par tous que les définitions morales ou que celles qui insistent surtout sur les intentions, sur le statut politique (État ou organisation non étatique) ou politico-social (groupe oppresseur ou groupe opprimé) de leur auteur ou qui considèrent la qualité de l'acte lui-même de façon très générale et parlent d'« acte de violence » sans préciser les limites de cette notion. Il faut ajouter que la définition proposée avait un autre mérite: elle établissait un lien de sens étroit entre les mots terroriste et terreur, déjà unis par la ressemblance de leur forme, ressemblance qui découle du fait que, linguistiquement, l'un est dérivé de l'autre. En effet, pour pouvoir produire de la terreur et les réactions qui s'ensuivent dans une population, il faut que cette population se sache exposée à un danger réel. Une population qui n'est pas la cible d'attaques qui peuvent viser n'importe qui n'a aucune raison d'éprouver de la peur. Et, par définition, une population est composée de civils. Or la notion de peur est au coeur de celle de terrorisme; si on l'évacue, le concept perd toute substance. Ne pas placer la variable « cibles civiles » au centre de la définition aurait donc été un contresens, une absurdité.
Cette définition n'a pas pu faire consensus à New York à cause de l'opposition d'un certain nombre de pays musulmans, dont le Pakistan, l'Algérie, l'Égypte et la Syrie. Plusieurs analystes considèrent que cette incapacité de s'entendre sur une question aussi fondamentale est une des grandes déceptions de ce sommet. Le rejet de la définition proposée est significatif de la profondeur des dissensions - anciennes et bien connues - qui divisent la «communauté internationale» et qui, au sein des nations, opposent les différentes familles idéologiques au sujet du terrorisme.
Ce désaccord est aussi lourd de conséquences concrètes. Les définitions sont les assises de tout texte de nature juridique, de toute convention internationale, et la commission des lois de l'Assemblée générale de l'ONU devait avoir pour tâche de traduire, après son acceptation, la définition proposée en langage juridique. Il n'est donc pas étonnant que le sommet, qui devait s'engager à signer une convention contre le terrorisme avant septembre 2006, s'en soit tenu sur l'ensemble de cette question à un texte dilué et sans aucune portée réelle.
On se retrouve donc non seulement sans la définition proposée, mais sans aucune définition universelle. Et la situation est pire que celle qui existait auparavant. En effet, il ne s'agit plus maintenant d'une simple absence, qu'on pouvait croire ou feindre de croire accidentelle en quelque sorte, mais du constat explicite d'une impossibilité d'accord, qui officialise et consacre les divergences de conceptions dont je viens de parler.
Cette situation renforce ceux qui tirent argument de la variété des définitions existantes pour ne pas condamner les attentats sanglants qui visent des civils un peu partout dans le monde et pour bloquer toutes les mesures qu'on tente de prendre pour les combattre ou pour s'en défendre.
Sur un autre plan, tout aussi important, il faut souligner que, dans le débat sémantique qui a cours depuis quelques années dans les milieux médiatiques sur la désignation des attentats, cette consécration renforce la position de ceux qui tirent argument de la multiplicité des définitions et de la variété des usages linguistiques pour refuser de qualifier de «terroriste» l'assassinat de passagers du métro de Londres ou des autobus de Tel-Aviv. Chacun pourra donc, au gré de ses allégeances ou de ses convictions, et désormais en toute bonne conscience et en s'abritant derrière la «communauté internationale», appeler benoîtement et hypocritement «groupes résistants» ou «activistes» ou «radicaux» telles ou telles des organisations qui les commettent et les revendiquent.
Ce n'est pas la première fois que le langage est dévoyé par un pouvoir politique. On ose espérer que cela n'abusera pas les gens honnêtes et qu’ils se souviendront qu’au XXe siècle, toutes les tentatives en ce sens ont conduit à des catastrophes.
(Annette Paquot, membre du Conseil Editorial de L'ICRJ, est Professeur à l'Université Laval, spécialiste du vocabulaire et du discours politiques)
L'Europe est morte à Auschwitz.
Sebastien Villar Rodriguez
www.cyber-contact.com/toutinfo.html, September 2005
Je me promenais le long du cours Raval (Barcelone) quand je compris soudain que l'Europe était morte à Auschwitz. Nous avions assassiné 6 millions de Juifs pour importer finalement 20 millions de musulmans !
Nous avons brûlé à Auschwitz la culture, l'intelligence et
la capacité de créer. Nous avons brûlé le peuple du monde, celui qui
s'autoproclame le peuple élu de dieu. Car c'est le peuple qui a donné à
l'humanité des figures emblématiques capables de changer la face de
l'histoire (le Christ, Marx, Einstein, Freud…) et est à l'origine
d'essentiels acquis de progrès et bien-être.
On doit bien admettre qu'en relâchant ses frontières et en se pliant, sous un douteux prétexte de tolérance, aux valeurs d'un fallacieux relativisme culturel, l'Europe, a ouvert ses portes à 20 millions de musulmans souvent analphabètes et fanatiques que l'on peut rencontrer, au mieux, dans des lieux comme ce cours Raval évoqué plus haut, paupérisation du tiers monde et du ghetto et qui préparent, au pire, des attentats comme ceux de Manhattan ou Madrid, terrés dans des appartements que leurs ont été fréquemment fournis par les milieux sociaux officiels...
Quelle erreur nous avons commise !
Merci à Robert Taragano pour l'article ci-dessus.
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