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Communiqué Isranet Volume IV, Numéro 203 • vendredi, le 30 septembre 2005 LES MUSULMANS EXPLOITENT ISRAËL Durant 2 jours, la presse Israélienne a célébré "les fruits de la paix", résultant du désengagement de Gaza, jusqu'au moment où il est apparu clairement qu'elle prenait ses désirs pour la réalité. Les liens diplomatiques avec le Pakistan ne se sont pas concrétisés, le roi Abdallah de Jordanie n'est pas venu en Israël et Hosni Moubarak a démenti les propos concernant son "éventuel désir" de visiter le pays. Pendant ce temps, les relations avec le Maroc, la Tunisie et les Etats du Golfe Persique sont restées au même niveau, n'ayant pas été élevées. On le sait depuis longtemps en Israël, il y a de nombreux indices de pétrole, mais personne n'a jamais rien découvert. Or depuis bien longtemps, les pays arabes et islamiques exploitent Israël pour faciliter leurs relations avec les Etats-Unis. Rien de nouveau à l'horizon. C'est ainsi que feu Anwar el Sadate avait agi. Il voulait tout simplement la paix avec les Etats-Unis, et le pont pour y parvenir était Israël. C'est ce que font les autres dirigeants de la région quand ils ont besoin de Washington, et c'est ce qu'est en train de faire le président du Pakistan, Mousharaf. En fait ils n'ont pas d'intérêt réel pour Israël, son économie ou son peuple. Cependant auparavant, les dirigeants arabes ou islamiques payaient ce comportement cynique d'une visite officielle ici ou même allaient jusqu'à établir des relations diplomatiques avec Israël. Aujourd'hui, il n'y a plus besoin de cela, une photo avec des dirigeants Israéliens suffit! Désirant obtenir une plus grande légitimité au sein du monde arabe, Israël accepte des rencontres entre ministres des Affaires Etrangères dans un pays tiers. Mais en agissant ainsi, Israël exempte les pays arabes de le rémunérer pour service rendu, à la grande joie de ceux-ci. C'est ainsi que le président Pakistanais Pervez Mousharaf a gagné sa légitimité en Israël qui lui ouvrira les portes du Congrès Juif Mondial à Washington, sans rien payer en retour. Or Israël doit exiger un prix. Comme l'opinion publique dans les pays du Moyen Orient est hostile à Israël, aucun dirigeant arabe n'oserait mettre en péril sa stabilité politique en allant visiter Israël ou en nouant des relations diplomatiques formelles avec lui. Le citoyen lecteur Israélien n'a aucune idée de l'ampleur de la haine que lui voue la rue arabe et de la propagande Palestinienne qui a réussi à influencer cette opinion publique, pendant les 5 années d'intifada. Quand est-ce qu'un chef arabe viendra ici signer un accord de paix avec Israël ? Seulement lorsqu'il aura perdu tout espoir et que c'est la seule issue pour sa survie politique. Il suffit de faire une rétrospective pour s'apercevoir que les dirigeants arabes qui ont signé la paix avec Israël n'avaient en fait pas d'autre choix. En janvier 1977, Sadat était au bord d'une faillite économique; au Liban, Bashir Gemayel n'avait plus aucun autre allié dans la région; en 1991, Yasser Arafat était tombé dans l'oubli international et en 1995, le roi Hussein de Jordanie venait de découvrir avec horreur qu'Arafat avait signé les accords d'Oslo. Dans chacun de ces cas, Israël avait offert à ces dirigeants arabes une légitimité. Israël doit abandonner cette impression qu'il a laissée dans les années 90, que nous devons mendier la venue de tout dictateur arabe ou musulman et nous devons réaliser que le Pakistan ne nous fait aucune faveur avec une photo d'opportunité. En effet, nous devons exiger un prix et demander la rémunération immédiate de toute rencontre (médiatisée), sous la forme d'une reconnaissance diplomatique ou sous toute autre forme politique. Israël a tendance à s'intéresser aux autres d'abord, ne comprenant pas qu'au Moyen Orient la règle contraire s'applique, comme le dit le fameux proverbe arabe: "celui qui ne se respecte pas lui-même n'est pas respecté par les autres". (Guy Bekhor, commentateur occasionnel du journal sur les Affaires arabes. ) Traduit par Albert Soued, écrivain, www.chez.com/soued LE
DISCOURS HISTORIQUE DE MOUSHARRAF Lorsque la monnaie malaysienne s'effondra, à la fin de 1997, le premier ministre de l'époque, Mahathir Mohamad, déclara savoir «de source sûre» que les Juifs en étaient responsables. «Nous ne voulons pas dire qu'il s'agit d'un complot des Juifs, mais c'est bien un Juif qui a provoqué la chute de notre monnaie et il se trouve que [le financier George] Soros est un Juif.» M. Mahathir poursuivit en disant que, de même que «les Juifs veulent dépouiller les Palestiniens, (…) ils s'en prennent aussi à notre pays». L'antisémitisme de M. Mahatir est si typique du discours usuel dans le monde musulman au cours de la dernière génération que j'y ai trouvé un «parallèle inconfortable» avec l'Allemagne nazie des années 1930. Ce contexte révèle bien la nature historique d'un discours prononcé par le président du Pakistan, Pervez Musharraf, devant le Congrès juif américain le 17 septembre dernier. Qui plus est, lui aussi présenta George Soros comme un symbole des prouesses financières juives, mais de manière très différente. Louant les groupes juifs en Amérique, M. Musharraf observa que ceux-ci «avaient été aux premières lignes dans l'opposition à l'épuration ethnique des Musulmans de Bosnie» et ajouta: «On m'a dit que le principal contributeur de la cause bosniaque avait été l'homme d'affaires et philanthrope juif américain George Soros.» La couverture médiatique des déclarations de Musharraf porta surtout sur l'intention du Pakistan d'établir des relations diplomatiques avec Israël (Reuters: «Le président pakistanais enjoint les Juifs américains de l'aider à faire la paix»), mais l'élément durablement important du discours de Musharraf était constitué – outre du simple fait qu'il était prononcé devant une organisation juive – de ses commentaires respectueux, corrects et constructifs sur les Juifs. Il commença par relever le fait, important en soi, que les Juifs et les Musulmans «ont de nombreux points communs et de rares divergences dans leur foi et leur culture», puis il fournit trois exemples: la foi en l'unicité de Dieu, des salutations identiques et une phrase commune au Talmud et au Coran. Et il ajouta que Moïse est le prophète le plus souvent mentionné dans le Coran. M. Musharraf observa que «nos vécus et nos histoires s'entrelacent» puis développa son idée de ce qu'il appelle la «riche et très longue» histoire des relations entre les deux communautés. Il évoqua les «exemples remarquables» de Cordoue, Bagdad, Istanbul et Boukhara, l'âge d'or de l'Espagne musulmane et l'expérience partagée de l'Inquisition espagnole. En généralisant sur le thème de l'Inquisition, il affirma à juste titre que les Juifs et les Musulmans «ont non seulement vécu et prospéré ensemble, mais aussi souffert ensemble». Sur cette toile de fond, M. Musharraf décrivit les années postérieures à 1945 comme une aberration. Comme je l'ai souligné moi aussi, 1945 fut une année cruciale, marquant le moment où les Juifs cessèrent de quitter la Chrétienté pour l'Islam et inversèrent leur mouvement. Autrement dit, les six dernières décennies rompent avec un usage vieux de treize siècles. M. Musharraf évita d'attribuer la responsabilité de cette situation à quiconque et se contenta de noter que les problèmes intervinrent pendant «le siècle le plus sanglant de l'histoire de l'humanité». Il fit l'éloge des Juifs américains pour leur rôle dans la protection des Musulmans bosniaques et les loua pour avoir offert «un soutien légal, entre autres» aux Musulmans en Amérique. «Je souhaite reconnaître et saluer cela», dit-il. M. Musharraf flatta également les Juifs qu'il qualifia de «probablement la communauté la plus distinguée et influente» d'Amérique. Évoquant l'avenir, il mit l'accent sur l'importance de la compassion pour réparer les relations entre Juifs et Musulmans. Pour estimer l'importance de ce discours à sa juste valeur, il faut l'entendre avec des oreilles de Musulmans. Son affirmation, par exemple, selon laquelle l'Holocauste fut la «plus grande tragédie» du peuple juif peut sembler anodine, mais la pléthore de Musulmans niant l'Holocauste, avec parmi eux Mahmoud Abbas, en fait une déclaration importante. Le discours de M. Musharraf ne peut influencer sensiblement les opinions des Musulmans sur les Juifs que s'il s'inscrit dans un effort plus vaste. Ainsi, pendant la séance de questions, je lui demandai s'il avait pris des mesures pour s'assurer que sa vision des Juifs allait être répandue. Il admit qu'il n'y avait pas encore vraiment réfléchi, mais il s'engagea sur le champ, officiellement, en public, devant une série de caméras de télévision, à prendre de telles mesures. La démarche de M. Musharraf auprès des Juifs fait partie d'un projet plus étendu consistant à développer ce qu'il appelle la «modération éclairée» de l'Islam. Bien que pour l'instant, les paroles y dominent largement les actes, il faut reconnaître que même les seules déclarations constituent un progrès majeur. Hélas, parmi les dirigeants musulmans, seuls M. Musharraf et le roi Abdullah II de Jordanie se sont prononcés en faveur d'une version modérée de l'Islam, mais enfin ils l'ont bel et bien fait. M. Musharraf mérite qu'on reconnaisse et qu'on encourage ses efforts. Adaptation française: Alain Jean-Mairet L'ICRJ présente ses meilleurs vœux à tous ses amis pour une heureuse année prospère et paisible. Chanah Tovah 5766! AM ISRAEL CHAI! Volume IV, Numéro 202 • vendredi, le 23 septembre 2005 Le
chasseur de nazis Rescapé des camps, il avait passé le reste de sa vie à traquer les criminels nazis. Il avait notamment retrouvé Adolf Eichmann. «Son moteur, c'était sa conscience, sa force intérieure et cette incroyable volonté de justice», témoigne un historien ayant travaillé avec lui. Il est mort hier dans son domicile viennois à l'âge de 96 ans.«Survivre est un privilège qui engendre des obligations», écrivait-il dans ses mémoires. Simon Wiesenthal a passé sa vie à remplir ces obligations-là. Depuis le 5 mai 1945, quand il sort décharné des camps d'extermination, ce Juif né en Ukraine a chassé les criminels nazis «pour la justice, pas la vengeance». Sa mère et des dizaines de membres de sa famille et de celle de sa femme ont péri dans les chambres à gaz. Architecte avant la guerre, Wiesenthal devient chasseur professionnel d'anciens nazis, installé à Vienne où il établit son centre de documentation juive. Grâce à son réseau d'informateurs, il localise Adolf Eichmann avant les services secrets israéliens. Le chef du département des affaires juives de la Gestapo et grand ordonnateur de la «solution finale» se cache sous un faux nom à Buenos Aires. Quelques années plus tard, Eichmann est enlevé par un commando israélien et jugé à Jérusalem, puis condamné à mort pour crimes contre l'humanité. Le tableau de chasse de l'ancien prisonnier de Mathausen compte d'autres célébrités : Karl Silberbauer, l'officier allemand qui arrêta la jeune Anne Frank, Frank Stangl, le commandant des camps de concentration de Treblinka et Sobibor, et Hermine Brausteiner, responsable de l'assassinat de centaines d'enfants à Majdanek. Et quelque 1100 criminels anonymes, arrêtés puis jugés grâce à son travail de fourmi. Des années à accumuler des preuves, à vérifier des informations et à monter des dossiers judiciaires avec trois collaborateurs et une pugnacité à toute épreuve pour retrouver des dignitaires du IIIe Reich confortablement rangés dans les dictatures d'Amérique latine ou d'ailleurs. Il se définissait lui-même d'abord comme «un survivant». Le plus célèbre des chasseurs de nazis a toujours rappelé que «le privilège d'avoir réchappé des camps d'extermination impliquait un devoir» envers toutes les victimes de la Shoah et en ce qui concerne les autres crimes du IIIe Reich. «Je suis un croyant et je m'imagine dans l'autre monde face à tous les Juifs morts dans les camps et je pourrai leur dire que je ne les ai pas oubliés», a-t-il confié autrefois dans une entrevue donnée au New York Times Magazine. C'était en 1964, deux ans après le procès et l'exécution en Israël d'Adolf Eichmann. Jusqu'à la capture d'Eichmann, Simon Wiesenthal travaillait presque seul, considéré comme un peu fou pour s'acharner à traquer les criminels nazis qui avaient réussi à s'enfuir après la chute d'Hitler (parfois avec l'aide de réseaux du Vatican) et qui vivaient cachés sous de fausses identités. Quand le monde, après les procès de Nuremberg, renonçait à juger les anciens nazis et préférait oublier, Wiesenthal n'abandonnait pas sa quête. «Dans les années 50, il incarna la chasse aux criminels de guerre nazis à une époque où personne ne s'y intéressait», rappelle Serge Klarsfeld, qui, lui aussi, a poursuivi cette traque en solitaire pendant de longues années. Pour Klarsfeld, comme pour Wiesenthal, il s'agissait de lutter contre l'oubli et de faire condamner les responsables du plus grand génocide du siècle. «Justice et non vengeance», titre Wiesenthal dans son autobiographie (publiée en 1989), reconnaissant toutefois qu'un jour il aurait été prêt à sortir des moyens judiciaires légaux quand il a vu, dans les papiers d'un nazi, la photo d'un enfant juif pendu par les testicules. Le procès d'Eichmann à Jérusalem sera un tournant dans la mémoire. Grâce à ce procès, on allait écrire, pour la génération de l'après-guerre, l'histoire du génocide des Juifs d'Europe par le biais de celui qui avait méticuleusement organisé leur extermination. Le travail solitaire de Wiesenthal sera alors légitimé et aussi repris par les autorités judiciaires des différents pays (surtout l'Allemagne fédérale) où les crimes avaient été commis. Le chasseur de nazis sera désormais reconnu et salué comme une «conscience universelle». Personnage qui sera même mis en scène, à la fin des années 80, par Hollywood. Sans la guerre, Simon Wiesenthal aurait été un tranquille architecte dans la région de Lvov, en Galicie (dans le temps, en Pologne, aujourd'hui, en Ukraine). Les forces allemandes occupent la région en juin 1941, après le retrait de l'Armée rouge, et la machine du génocide des Juifs se met aussitôt en place. Simon Wiesenthal, Juif, est arrêté et déporté. Il survivra à une demi-douzaine de camps. En 1945, quand il est libéré de Mathausen par les troupes américaines, il pèse moins de 50 kilos. Quelques mois plus tard, il retrouve sa femme, Cyla, qui a aussi miraculeusement survécu. Il commence dés lors à travailler avec la War Crime Unit mise sur pied par les Américains. Certains grands dignitaires nazis sont jugés et condamnés au procès de Nuremberg. Mais c'est tout de suite la guerre froide entre l'Ouest et l'Est, et les alliés s'empressent d'utiliser des personnages au passé douteux pour espionner l'autre camp. En 1947, Wiesenthal crée à Linz, en Autriche, un centre d'information et de documentation sur les criminels nazis, qui s'installera ensuite à Vienne. Il veut localiser les criminels de guerre et apporter aux autorités compétentes les preuves de leurs crimes. Ce centre, sans moyens financiers ou modernes, sera le premier à récolter minutieusement les documents nazis et à recueillir les témoignages des rescapés et de leurs familles. Efficacité redoutable Dans un bureau vétuste d'une rue bourgeoise de Vienne, nous avons rencontré Simon Wiesenthal enfoui sous des piles de journaux, entouré de sacs de courrier venu du monde entier, avec de vraies et de fausses pistes de dénonciation des criminels en fuite, dans toutes les langues européennes. Parlant fort avec un terrible accent, il faisait penser à un Autrichien élégant de l'empire austro-hongrois. Il utilisait ses nombreux entrevues dans la presse internationale pour attirer l'attention sur certains anciens nazis, espérant que des voisins les reconnaissent et le contactent ou que les procédures judiciaires se mettent en marche. Sous ses allures archaïques, il fut d'une efficacité redoutable et fournira des renseignements indispensables à la justice. Mais son vedettariat pouvait aussi se retourner contre lui. Ainsi, Isser Harel, ancien patron du Mossad, qui a vraiment organisé la capture d'Eichmann à Buenos Aires, avait déclaré à la télévision allemande (ARD) que Wiesenthal avait plutôt gêné le travail des services secrets israéliens. Mais la polémique sera surtout à l'intérieur de son propre pays. «Si j'ai installé mon bureau à Vienne, c'est parce que je connais le rôle qu'ont joué les nazis autrichiens», affirmait volontiers Simon Wiesenthal, soulignant notamment que la petite Autriche a fourni «deux tiers des commandants de camps de concentration» et bon nombre des cadres de la machine de mort nazie. Mais, à la différence de l'Allemagne, il n'y a jamais eu en Autriche de réel examen de conscience. Il dénonçait sans trêve cette «amnistie froide». Ainsi, le premier cabinet de Bruno Kreisky, chancelier autrichien socialiste (et juif), comptait quatre ex-membres du Parti nazi. Il sort un dossier explosif : le chef du Parti libéral (droite), Friedrich Peter, auquel Kreisky est prêt à donner le poste de vice-chancelier pour disposer de son appui à la chambre, est un ancien membre du premier régiment d'infanterie SS responsable de nombreux massacres de Juifs derrière la ligne de front. En revanche, Simon Wiesenthal est resté plutôt réservé lors de l'affaire Kurt Waldheim, ex-secrétaire général de l'ONU et ex-président autrichien conservateur. Le Congrès juif mondial (CJM) avait découvert son passé nazi et sa participation, en tant que lieutenant de la Wermacht, à des déportations de Juifs, notamment dans les Balkans. Il aurait eu dans ses fiches de telles informations qu'il aurait choisi de ne pas rendre publiques. Accusations dont il se défendra, affirmant qu'il n'avait pas de preuves de l'engagement direct de Waldheim dans des crimes. «Si l'on traîne les nazis en justice, c'est aussi parce qu'ils doivent connaître l'éternelle peur d'être pris», affirmait-il souvent. Malgré les polémiques, il avait, à la fin de sa vie, la conscience du devoir accompli. Il a confié, dans le dernier numéro du magazine autrichien Format : «Mon travail est fait : les meurtriers de masse que j'ai cherchés, je les ai trouvés. Les autres sont aujourd'hui trop âgés et trop malades pour être poursuivis en justice.» Texte
du discours d'Ariel Sharon à l'Assemblée Générale
de l'ONU Mes
amis et collègues, dirigeants et représentants des Etats
membres de l'ONU, je suis arrivé ici de Jérusalem, la
capitale du Peuple juif depuis plus de 3000 ans, et la capitale éternelle
et indivisible de l'Etat d'Israël. Volume IV, Numéro 201 • vendredi, le 16 septembre 20 Une
nouvelle unité militaire de femmes au Hamas : Le Hamas a dernièrement
créé des unités de femmes au sein de sa branche
armée, les Brigades Izz Al-Din Al-Qassem. Dans une interview
de l'hebdomadaire du Hamas Al-Rissala , la commandante de la première
de ces unités a déclaré que les femmes s'entraînaient
avec des armes légères et aspiraient au martyre. "Nous n'avons qu'un but : le djihad et la résistance jusqu'à la libération des terres" Question: Pour commencer, nous
aimerions savoir qui vous êtes. Et
si les États-Unis n'avaient pas envahi l'Iraq? Beaucoup de choses seraient différentes si George W. Bush n'avait pas décidé d'envahir l'Iraq. À certains égards, la situation serait pire:
Mais, si la guerre n'avait pas eu lieu, la situation serait plus favorable à d'autres égards:
Pour généraliser, les avantages de la guerre sont essentiellement liés à des questions de sécurité, et ses inconvénients apparaissent principalement au niveau de l'image et des attitudes. Le monde est plus sûr avec un Saddam Hussein qui attend son jugement en prison, mais il est aussi plus divisé. L'administration Bush s'est imposée sur le plan militaire, mais elle a échoué sur le terrain politique. Dans l'ensemble, la guerre s'est révélée plus positive que négative. L'impopularité et l'acrimonie sont un prix qu'il vaut la peine de payer pour que le gouvernement iraquien ne mette plus en danger les Iraquiens ou le reste du monde. Adaptation française: Alain Jean-Mairet Volume IV, Numéro 200 • vendredi, le 9 septembre 2005 Les
combattants palestiniens s'apprêtent à reprendre la lutte
contre Israël L'émir de Gaza est prêt à reprendre ses «activités normales» : terroriser Israël, pour libérer la Cisjordanie et Jérusalem-est de l'occupation israélienne. Coiffé de sa casquette militaire, armé de son fusil d'assaut Kalachnikov et de son revolver, cet homme dirige une force d'environ 150 combattants des Brigades Ezzedine al-Qassam, le bras armé du mouvement radical palestinien Hamas. Il figure en tête de la liste israélienne des militants à abattre. Mais la trêve officieuse, en vigueur depuis février, pour faciliter le retrait israélien de la bande de Gaza, lui a permis de circuler pendant plusieurs mois, sans craindre un assassinat ciblé. Il en a profité pour réorganiser ses hommes, les réarmer et se reposer. «C'était le calme avant la tempête», prévient-il. Sur les murs de Gaza, des fresques fraîchement peintes mettent en scène «la victoire de la résistance». Elles montrent des colonies protégées par des barbelés et des miradors sous le feu des militants armés. On voit des Israéliens qui s'enfuient en transportant des baluchons frappés de l'étoile de David. Des cavaliers verts, la couleur de l'islam, montés sur des chevaux blancs, brandissent le Coran et déferlent sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem. Comme la plupart des militants armés de la bande de Gaza, l'émir, qui se présente sous un faux nom, Abou Khattab, ne croit pas à une reprise du dialogue avec l'État hébreu après le désengagement israélien. «Nous avons attaqué les Juifs sans relâche, dans leurs colonies et sur leur territoire, affirme Abou Khattab. Nous avons rendu le prix de leur présence à Gaza insupportable. Sans cela, l'idée de partir ne leur aurait jamais effleuré l'esprit. Le retrait est une victoire de la résistance. Sharon continue de coloniser la Cisjordanie et essaie de nous voler Jérusalem pour toujours. Le combat continue.» L'émir de Gaza estime que quatre ans et demi d'Intifada ont rapporté davantage aux Palestiniens que les dix ans de négociations accompagnant la période des accords de paix d'Oslo. Abou Khattab est couvert de cicatrices. Il a échappé à trois tentatives d'assassinat. Lorsqu'il attaque Netzarim, après la mort de Yasser Arafat, en décembre dernier, pour montrer que la résistance existe toujours, les soldats israéliens le laissent pour mort, déchiqueté par des éclats d'une roquette tirée d'un hélicoptère. Les médecins le sauvent in extremis. Quelques semaines plus tard, il tire une roquette artisanale sur la ville israélienne de Sdérot, tuant une fillette âgée de six ans. «Une erreur, concède-t-il. Nous ne ciblons pas les enfants.» Il se dit «galvanisé» par le retrait israélien. Sur le mur du garage où il reçoit en cachette, Abou Khattab a affiché, aux côtés de posters de martyrs, la photographie de trois 4 X 4 flambant neufs qu'il vient d'acquérir. Ils sont destinés à transporter le dernier modèle des roquettes artisanales Qassam, qui mesurent plus de deux mètres. «Ashkelon et d'autres villes israéliennes sont à notre portée», prévient Abou Khattab. Selon lui, «le Hamas a décidé de poursuivre la résistance. Toutes les possibilités sont ouvertes : les tirs de roquettes, les infiltrations à la frontière Est de la bande de Gaza et aussi les opérations de martyrs (NDLR : des attentats suicide en Israël)». Le premier ministre Ariel Sharon a conditionné la reprise des négociations politiques avec les Palestiniens au désarmement des milices. Le Hamas veut participer aux élections législatives palestiniennes programmées en janvier, mais il refuse d'abandonner la voie de la lutte armée. «Comme Yasser Arafat, nous tenons dans une main la branche d'olivier et le fusil dans l'autre, affirme Abou Khattab. Si Israël nous accorde la création d'un Etat palestinien dans les frontières de 1967, nous déposerons les armes et laisserons aux générations futures le soin de décider s'il faut poursuivre la lutte ou non.» Il y a quelques jours, le ministre de l'Intérieur de l'Autorité, Nasser Youssef, a prévenu que les forces de sécurité confisqueraient les armes des militants une fois le retrait israélien achevé. Mais les forces de sécurité ont-elles les moyens de mater le mouvement islamiste radical par la force ? «Jamais nous ne remettrons à l'Autorité les armes des moudjahidins, affirme Abou Khattab. Si l'Autorité palestinienne tente de les confisquer, il y aura un coup d'Etat pour la renverser et ce sera la fin de Mahmoud Abbas.» A Gaza, le rapport de forces bascule peu à peu en faveur du Hamas. Les principaux groupes armés militent pour la poursuite de la lutte, afin de libérer la Cisjordanie. Minée par les divisions au sein du Fatah, partagé entre l'aile dure, fidèle à Yasser Arafat, et les partisans du modéré Mahmoud Abbas, l'Autorité palestinienne peine à s'imposer. «Nous ne déposerons pas nos armes tant que les territoires palestiniens resteront occupés, prévient Abou Yasser, un commandant du bataillon Jihad al-Amrari, des Brigades des martyrs d'al-Aqsa, un mouvement armé lié au Fatah. Si l'Autorité tente de les confisquer, nous sommes prêts à mourir pour nous défendre. Ce sera l'Intifada interne.» L'autre
Égypte Mascarade ou avancée démocratique? Un emmêlement complexe des deux, difficile à décanter. Dans l'immédiat, la première présidentielle pluraliste tenue mercredi en Égypte aura largement servi à déguiser la dictature exercée depuis 24 ans par le président Hosni Moubarak, que l'encadrement législatif du scrutin, les contraintes imposées à l'opposition et les manipulations faites à la clé dans les bureaux de vote assuraient, sauf incroyable surprise, de la victoire. Listes électorales déficientes, présence d'observateurs indépendants nationaux dans une poignée seulement des 10 000 bureaux de vote, absence complète de vérification internationale : l'élection aura été sous le contrôle exclusif du Parti national démocrate (PND) de M. Moubarak. Peut-être pas de fraude massive, avançait prudemment hier un chercheur de l'International Crisis Group, mais un grand nombre d'irrégularités rapportées par des journalistes, des témoins et des partis d'opposition. L'encre rouge ne tenant pas sur le bout des doigts, des électeurs par bus entiers ont voté et revoté de bureau en bureau. Ailleurs, des billets de tombola, dotés de lots allant du téléviseur à un pèlerinage à La Mecque, étaient distribués à ceux qui appuyaient le président. Exercice démocratique d'autant plus télégraphié qu'en amont, le gouvernement avait fait adopter au Parlement, en mai dernier, un amendement constitutionnel imposant à l'opposition d'exigeantes conditions de candidature et interdisant les partis politiques religieux. L'organisation islamiste des Frères musulmans, dont les racines populaires sont profondes en Égypte, s'est trouvée exclue d'office. Sous le travestissement, il reste que cette présidentielle objectivement historique a permis d'entrouvrir des espaces de contestation inédits dans un pays où la prison et la torture attendent la dissidence (comme ce fut le cas d'Ayman Nour, un des principaux candidats d'opposition à la présidence), où prévaut la culture du soupçon et de la peur, un pays étouffé depuis 24 ans par l'état d'urgence décrété après l'assassinat de l'ancien président Anouar al-Sadate, en 1981. «Le débat politique a enfin été activé et ce processus comptera plus qu'un résultat acquis d'avance», affirmait hier au Caire Hala Moustafa, directrice de la revue al-Dimougratiya. Au cours des derniers mois, les manifestants sont descendus dans la rue, en défi explicite à la corruption du régime et en nombres qui ne s'étaient pas vus depuis des décennies. Vrai que les pressions réformistes exercées par Washington au Proche-Orient ne sont pas étrangères à la tenue de ce pseudo-scrutin. Mais c'est trop vite oublier les ressorts internes d'une effervescence sociale qui tient du courage d'hommes comme Ayman Nour et de regroupements comme Kefaya («Assez», en arabe), une organisation-parapluie de la société civile laïque et islamique qui remue depuis l'année dernière les eaux stagnantes de la vie politique égyptienne. Autre facteur : l'élection annonce pour Hosni Moubarak un déficit de légitimité au vu d'un taux de participation électorale qui pourrait à peine dépasser les 25 %. L'opposition, encore loin d'être un mouvement de masse, entre à petits pas dans de nouveaux territoires. Saura-t-elle les conserver ? Volume IV, Numéro 199 • vendredi, le 2 septembre 2005 Le
terrorisme entrave l'islam radical Les atrocités commises par les terroristes en Occident, telles que les attentats du 11 septembre 2001 et ceux de Bali, de Madrid, de Beslan et de Londres, aident-elles l'Islam radical à atteindre son but – l'accession au pouvoir? Non, elles sont contreproductives. En effet, l'Islam radical possède deux ailes distinctes – l'une violente et illicite et l'autre licite et politisée – entre lesquelles règne une forte tension. La stratégie licite a fait la preuve de son efficacité, mais l'approche violente lui met des bâtons dans les roues. L'aile violente est représentée d'abord et surtout par le fugitif le plus recherché de la planète, Oussama Ben Laden. Le populaire et puissant premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, représente l'aile licite. Tandis, comme le relève Daniel C. Twining, qu'«Al-Qaida a plus d'adversaires qu'aucune autre force dans l'histoire», des imams politisés tels que Youssouf Al-Qaradawi s'adressent à de très vastes audiences sur Al-Jazira et fréquentent des personnalités telles que le maire de Londres, Ken Livingstone. Alors que le chiite Muqtada Al-Sadr erre en Irak à la recherche d'un rôle à y jouer, l'ayatollah Sistani domine la vie politique nationale. Oui, le terrorisme tue des ennemis, répand la peur et perturbe l'économie. Oui, il stimule le moral et favorise le recrutement de non-Musulmans pour l'Islam et de Musulmans pour l'islamisme. Il donne aux islamistes une occasion de se battre pour leur cause de prédilection – par exemple l'élimination d'Israël ou le désengagement des forces coalisées en Irak. Comme l'observe Mark Steyn, il fournit des renseignements sur l'ennemi. Et, oui, il suscite des déclarations politiquement correctes sur l'Islam, qualifiée de «religion de paix» et sur les Musulmans, décrits comme autant de victimes. Mais, pour deux raisons essentielles, le terrorisme fait plus de mal que de bien à l'Islam radical. Premièrement, il alarme et galvanise les Occidentaux. Par exemple, les attentats à la bombe du 7 juillet se déroulèrent pendant le sommet du G8 en Écosse, alors que les dirigeants mondiaux se penchaient sur le réchauffement planétaire, l'aide à l'Afrique et les grandes questions macroéconomiques. Les événements londoniens incitèrent alors les politiciens à diriger leur attention sur le contre-terrorisme. Ainsi, les terroristes ravivent ce que Mona Charen appelle «le dernier résidu de détermination qui subsiste encore dans la civilisation occidentale avachie». Dans un registre plus général, M. Twining note qu'«Al-Qaida a produit un type d'entente entre grandes puissances sans précédent depuis le démarrage du concert européen en 1815.» (Même l'apparente exception constituée par les attentats à l'explosif de Madrid conduisit à un renforcement des mesures de contre-terrorisme en Espagne et dans toute l'Europe.) Deuxièmement, le terrorisme entrave la besogne discrète de l'islamisme politique. En période de calme, des organisations telles que le Muslim Council of Britain (MCB) et le Conseil des relations américano-islamiques (CAIR) font leur travail avec efficacité, s'approchent de leur objectif consistant à rendre l'Islam «dominant» et à imposer la dhimmitude (par laquelle les non-Musulmans acceptent la supériorité de l'Islam et les privilèges des Musulmans). Les Occidentaux réagissent généralement comme les grenouilles cuites lentement qu'ils sont censés être – sans rien remarquer. Ainsi, le Muslim Council of Britain jouit de l'anoblissement royal, d'un soutien enthousiaste du premier ministre Tony Blair, d'une grande influence au sein du ministère des affaires étrangères et du Commonwealth et d'une subvention de 250 000 livres sterling, à la charge des contribuables, allouée par le Département du commerce et de l'industrie. De l'autre côté de l'Atlantique, le CAIR s'est infiltré dans une série d'importantes institutions nord-américaines telles que le FBI, la NASA et le quotidien canadien Globe and Mail. Il a reçu l'appui de politiciens de haut rang, tant républicains (le gouverneur de Floride Jeb Bush) que démocrates (la leader démocrate de la Chambre des représentants Nancy Pelosi). Il a organisé un meeting entre des Musulmans et le premier ministre canadien Paul Martin. Il a obtenu d'un studio de Hollywood qu'il modifie la trame d'un film et d'une chaîne de télévision qu'elle diffuse une annonce publique. Il a harcelé une station de radio jusqu'à qu'elle licencie l'un de ses animateurs. Le terrorisme gêne ces progrès, fait naître de l'hostilité envers l'Islam et les Musulmans. Il vaut aux organisations islamiques une attention indésirable de la part des médias, du gouvernement et des forces de l'ordre. Le CAIR et le MCB doivent alors mener des combats d'arrière-garde. Les attentats à la bombe du 7 juillet ont gravement (quoique seulement momentanément) perturbé l'instauration du «Londonistan», le déclin de la Grande-Bretagne vers un multiculturalisme fatigué et une conception inepte du contre-terrorisme. Certains islamistes reconnaissent le problème. Ainsi, un intervenant Britannique apostrophait récemment ses coreligionnaires musulmans sur un site Web: «Vous ne savez donc pas que l'Islam est en pleine croissance en Europe??? Qu'est-ce qui vous prend de venir chambouler les choses???» Dans la même veine, un horloger musulman de Londres émit la remarque suivante: «Nous n'avons pas à combattre. Nous sommes en train de prendre le pouvoir!» Soumayya Ghannoushi, de l'université de Londres, souligne amèrement que les principales contributions d'Al-Qaida consistent à verser le sang d'innocents et à «attiser la flamme de l'hostilité envers l'Islam et les Musulmans». Les choses ne sont pas ce qu'elles semblent être. Le terrorisme nuit à l'Islam radical et aide ses opposants. La violence et l'agonie des victimes rendent ce fait difficile à comprendre, mais sans l'éducation par le meurtre, le mouvement islamiste licite progresserait beaucoup mieux. (Adaptation française: Alain Jean-Mairet) Radio-Canada
se rétracte: Dans son téléjournal du 3 août, Radio-Canada a admis qu'elle a erré en qualifiant de «colons» des Canadiens qui ont fait leur aliyah (retour à Israël) le mois dernier. En effet, le 12 juillet dernier, le téléjournal de Radio-Canada avait qualifié de «nouveaux colons» des juifs canadiens immigrant en Israël en vertu de la loi du retour israélien qui accorde à tout juif le droit de retourner sur sa terre ancestrale. L'animatrice, Josée Thibault, a expliqué, en guise de rétractation, que le télédiffuseur public ignorait «les futurs lieux de résidence de ces personnes», ce qui du coup ouvre une porte de sortie à Radio-Canada, puisque la formulation fait implicitement allusion à la possibilité que certains des nouveaux Israéliens aient bien pu s'installer dans les implantations juives en Judée et Samarie (Cisjordanie). En outre, la rétractation fait état de 400 immigrants canadiens, alors qu'ils n'étaient que 200. La rétractation de Radio-Canada survient après que Marc Attali, Consul général d'Israël à Montréal, eût adressé une lettre de protestation à l'ombudsman de la société d'État, dans laquelle il jugeait que le choix de langage du téléjournal pour décrire les nouveaux Israéliens revenait à «remettre en question la légitimité de leur décision d’immigrer en Israël et le droit d’Israël – berceau du peuple juif – à l’existence en tant qu’État juif indépendant». Des dizaines de Canadiens ont également protesté la caractérisation péjorative des immigrants canadiens à la suite d'un appel en ce sens lancé par HonestReporting.ca, une organisation indépendante qui promeut l'objectivité dans la couverture médiatique du conflit israélo-arabe.
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