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Communiqué Isranet
Volume IV, Numéro 177 • vendredi, le 25 mars 2005 Que reste-t-il ? La honte, Lors de sa conférence de presse de mercredi [16 mars], le Président Bush a décliné une invitation à justifier sa politique de démocratisation du Moyen-Orient. Après deux ans d'attaques à son encontre, le qualifiant d'ignare historique à la poursuite du fantasme infantile d'une démocratie au Moyen-Orient, il eût pu se targuer d'un certain crédit. Pourtant, il a refusé, en partie par modestie (l'un des secrets de son succès politique, comme ce fut le cas de Ronald Reagan), et en partie parce qu'il a tiré les enseignements du risque encouru lorsqu'on crie victoire, après le succès de quelque mission que ce soit. Certes, le projet de démocratisation n'en est qu'à ses débuts. Nous ne savons pas encore si le Moyen-Orient d'aujourd'hui est l'Europe de 1989 ou celle de 1848. 1989 a vu l'effondrement rapide de l'empire soviétique ; 1848 a connu une floraison de révolutions libérales d'un bout à l'autre de l'Europe, lesquelles ont disparu en peu de temps. Néanmoins, 1848 présageait l'avènement de l'idée libérale dans toute l'Europe. (Vers 1871, elle a repris vigueur en France, par exemple.) Elle a marqué un tournant et un point de non-retour. L'histoire se souviendra du Printemps arabe de 2005 comme d'un tournant analogue pour le monde arabe. Toutefois, nous ne savons pas encore si ce premier épanouissement de la démocratie sera couronné de succès. Les baathistes syriens et iraqiens, leurs alliés djihadistes, et les divers autocrates régionaux sont farouchement décidés à le supprimer. Mais nous avons désormais la preuve qu'ils se sont trompés, ceux qui affirmaient, avec beaucoup d'assurance, que les Arabes constituent une exception en matière d'aspiration humaine à la liberté, qu'ils vivent dans une culture arriérée et faussée, qui les pousse à aimer leurs chaînes--et que l'idée selon laquelle les États-Unis pourraient aider à déclencher une révolution démocratique susceptible de renverser militairement leurs oppresseurs n'existe que dans leur imagination. En tant que partisan de cette notion de révolution démocratique, je ne suis pas étonné de ce que l'opinion adverse se soit révélée fausse. Je suis seulement surpris que cela se soit produit aussi rapidement--et que les électeurs, en Iraq, le peuple, au Liban, les femmes, au Koweït, les disciples d'Ayman Nour, en Égypte, se soient dressés avec tant d'ardeur pour exiger leurs droits démocratiques, dès que s'est opérée la première brèche dans la "stabilité" de la dictature qu'ils ont subie (et que nous avons soutenue) durant si longtemps. Ce spectacle étonnant a déclenché une vague d'examen de conscience. Lorsque un éditorial du Monde reconnaît "le mérite de George W. Bush", quand la première page de l'Independent, de Londres, titre : "Après tout, Bush n'avait-il pas raison ?", et quand un article du Spiegel s'interroge : "Se peut-il que George W. Bush ait eu raison ?", il est clair que quelque chose de radical s'est produit. Il ne s'agit pas seulement d'une brèche dans la muraille de l'euro-snobisme. L'Iraq et, plus largement, la doctrine Bush, ont toujours été davantage qu'une question purement intellectuelle. La conception condescendante de la gauche sur les Arabes plongés dans l'ignorance n'était pas seulement fausse sur le plan de l'analyse : elle constituait également une faillite morale. En fin de compte, si l'on remonte au moins jusqu'à la guerre civile espagnole, la gauche s'est toujours vantée d'être le grand champion international de la liberté et des droits de l'homme. Et pourtant, quand l'Amérique a proposé de renverser l'homme responsable d'avoir torturé, gazé et massacré des dizaines de milliers d'Iraqiens, la gauche s'est muée soudain en champion de l'inviolabilité westphalienne de la souveraineté [1]. En Espagne, un juge de gauche ordonne l'arrestation du pathétique et à demi sénile général Augusto Pinochet, huit ans après qu'il ait quitté ses fonctions, et devient un héros des droits de l'homme--exemple classique de morale gauchiste pour la galerie, au nom des victimes de dictatures depuis longtemps disparues. Par contre, pour les victimes des monstres contemporains qui continuent activement de tuer et d'opprimer--Khomeini et ses successeurs, les Assad de Syrie et, récemment encore, Hussein et ses fils--rien. Aucune sympathie. Aucune action. Mais une virulente hostilité à l'égard de la tentative américaine, courageuse et dangereuse, de sauvetage. L'intérêt de la gauche internationale pour les droits de l'homme s'avère n'être rien de plus qu'une arme utile pour son anti-américanisme. Jeane Kirkpatrick a attiré l'attention sur cet intérêt sélectif pour les victimes des alliés des États-Unis (tel le Chili), il y a 25 ans. Après la guerre froide, l'hypocrisie continue. Pour quel peuple arabe les cœurs européens battent-ils ? Les Palestiniens. Pourquoi ? Parce que cela permet la diffamation d'Israël--bastion avancé de la démocratie occidentale et, pire encore, fidèle allié des États-Unis. Se faire le champion de la souffrance des Iraqiens, des Syriens et des Libanais ne procure pas autant de satisfaction. Par conséquent, silence. Jusqu'à ce jour. Maintenant que la vraie rue arabe s'est dressée pour exiger les droits que l'Occident considère comme allant de soi, la gauche prend note. Elle est contrainte de reconnaître que ces ignares d'Américains, dirigés par leur stupide cowboy, pourraient bien avoir eu raison. Elle n'a pas le choix. Elle est honteuse. Un Libanais, au milieu d'une mer
d'un million d'autres Libanais, brandit une pancarte, sur laquelle on
peut lire : « Merci à vous, George W. Bush », et
toute cette euro-prétention, morale et intellectuelle, s'effondre. Traduction française : Menahem Macina pour upjf.org L'ONU
fait son autocritique La session annuelle de la commission des droits de l'homme des Nations unies, qui a débuté hier, cumule l'étrange paradoxe d'être à la fois l'événement le plus couru de la Genève onusienne et l'organe le plus critiqué des institutions internationales. Dans son discours d'ouverture, la haut commissaire pour les droits de l'Homme, Louise Arbour, qui vit cette année sa première commission, a elle-même relayé ces accusations. «Nous n'avons jusqu'à présent pas été à la hauteur de notre tâche de faire respecter les droits de l'homme, a-t-elle déploré. Nous donnons l'impression que faire des déclarations est notre objectif ultime.» Plus sévère encore, le rapport du comité des sages sur la réforme de l'ONU, commandé par Kofi Annan, affirmait en novembre 2004 que «la commission des droits de l'homme souffre d'un manque de crédibilité qui rejaillit sur la réputation générale des Nations unies». Manon Schick, porte-parole d'Amnesty International, explique son mauvais fonctionnement par «la composition de la commission, formée de 53 États qui défendent d'autres intérêts que ceux liés aux droits de l'homme» mais aussi par «l'aspect exceptionnel de la réunion, qui dure six semaines puis s'éteint pour ne se rallumer que l'année suivante». Nombre d'États où les droits de l'homme sont peu ou mal respectés, comme la Chine, n'ont jamais fait l'objet d'une condamnation. Les alliances politiques sur la scène internationale permettent dans les faits de n'épingler que les États plus isolés. Ainsi, l'an dernier, au moment où les milices soudanaises mettaient le Darfour à feu et à sang, Khartoum échappait à une condamnation. De même la présidence de la commission octroyée à la Libye en 2003 avait créé le scandale. Les personnalités indépendantes mandatées pour analyser le système onusien ont proposé l'élargissement du «tribunal» des droits de l'homme aux 191 membres de l'ONU. Cette idée est combattue notamment par Human Rights Watch, pour qui l'universalisation de la commission conduirait à sa neutralisation définitive. Seuls les pays respectueux des droits de l'homme devraient avoir le droit de vote, soutient l'association. «Mais selon quells critères pouvons-nous définir ce type de pays ?», répond Hillel Neuer, directeur de UN Watch, une ONG qui s'intéresse au système onusien. Par exemple, dit-il, n'y intégrer que les États ayant ratifié tous les traits internationaux sur les droits de l'homme exclurait de facto les États-Unis! Cette année, 120 projets de résolution ont été déposés à la session de la commission, qui va durer jusqu'au 22 avril. Les représentants de la société civile monteront au créneau sur la lutte contre le terrorisme et les abus des droits de l'homme qui lui sont corrélés. «Il est urgent de mettre en place un mécanisme pour faire face aux abus commis au nom de la lutte contre le terrorisme», martèle Kenneth Roth, le directeur exécutif de Human Rights Watch. De même, les mauvais traitements envers les prisonniers sous surveillance américaine devraient être placés sous le feu des critiques. Une offensive en ce sens menée par Cuba l'an passé avait été rejetée par le groupe des pays occidentaux. Mais on murmure dans les couloirs onusiens que l'UE pourrait reprendre le flambeau cette année. Au rang des pays cibles, le Soudan ne devrait pas échapper à la condamnation de ses pairs. Le Népal, la Colombie et la Biélorussie peuvent également craindre des assauts concertés. Enfin, trois résolutions seront présentées sous la tutelle française : l'extrême pauvreté, les disparitions forcées et la detention arbitraire. Volume IV, Numéro 176 • vendredi, 18 mars 2005 Les
Nations Unies : 60 ans après la création de l'ONU : Première conférence sur l'antisémitisme «Les Nations Unies sont devenues le premier pourvoyeur global d'antisémitisme, d'intolérance et d'injustice envers le Peuple juif et son Etat», a affirmé le Pr. Anne Bayefsky aux participants de la première conférence de l'ONU sur l'antisémitisme, qui s'est tenue à New York, en juin 2004 (1). Après quelque 60 ans d'existence, l'ONU a organisé cette conférence sur l'antisémitisme afin d'atténuer la critique croissante de son indifférence à l'égard de ce fléau. Les organisateurs étaient mal préparés à l'intervention d'Anne Bayefsky, au cours de laquelle elle dit également : «Le tribunal de Nuremberg nous a appris que les crimes ne sont pas commis par des entités abstraites. Les acteurs de l'antisémitisme ne sont pas plus abstraits aujourd'hui que ne l'étaient les nazis d'hier. Aujourd'hui ce sont les prédicateurs des mosquées qui exhortent leurs fidèles à dynamiter des Juifs. Ce sont les auteurs des livres de classe de l'Autorité Palestinienne qui enseignent à une nouvelle génération la haine des Juifs et l'admiration pour ceux qui les tuent. Ce sont les producteurs de télévision et les bienfaiteurs officiels des régimes autoritaires, comme la Syrie ou l'Egypte, qui fabriquent et distribuent des programmes qui dépeignent les Juifs comme des conspirateurs mondiaux assoiffés de sang.» Bayefsky, qui est devenue, depuis, membre expert du Hudson Institut, a conclu son intervention en sommant le secrétaire général et l'ONU de prouver que la volonté d'éradiquer l'antisémitisme est sérieuse : «Commencez par identifier nominalement les terroristes qui tuent des Juifs parce qu'ils sont Juifs. Commencez par condamner les violateurs des droits de l'homme où qu'ils se trouvent, même s'ils vivent à Ryadh ou à Damas. Cessez de condamner le peuple juif parce qu'il riposte à ses assassins ; et la prochaine fois que quelqu'un vous demandera, à vous et à vos collègues, de vous lever pour observer une minute de silence en l'honneur de ceux qui détruisent l'Etat d'Israël, dites non. La conférence sur l'antisémitisme, conclut Anne Bayefsky, n'a été qu'une tentative de plus des Nations Unies pour séparer l'antisémitisme des Juifs d'Israël. «Dans une certaine mesure, elles y sont parvenues. Ce que dit l'ONU est une nouvelle version d'un thème ancien. Cela se résume à : "Certains de mes meilleurs amis sont Juifs, mais Israël est encore le pire violateur des droits humains dans le monde d'aujourd'hui". L'ONU pense que ces choses s'articulent bien ensemble. Elle n'admet pas qu'il s'agisse d'antisémitisme quand ce sont des Israéliens et l'Etat d'Israël qui en sont victimes, et la conférence sur l'antisémitisme s'inscrit en partie dans cette dynamique.» Le réquisitoire du peuple juif contre l'ONU Interrogée sur les principaux points du réquisitoire du peuple juif contre les Nations Unies, Anne Bayefsky signale que plusieurs accusations sont liées les unes aux autres. «Le premier grief est que l'ONU tente de dénier au peuple juif la réalisation effective de son droit à l'autodétermination, à savoir, la permanence et le bien-être de l'Etat d'Israël. Depuis la création des Nations Unies, le nombre des Etats-membres s'est accru. Le cadre essentiel de sa croissance et de la qualité de ses membres a été le principe de l'autodétermination, fondé dans la loi internationale et couplé avec la souveraineté, si certaines conditions sont satisfaites. Ce principe s'applique aux peuples ayant en commun différentes caractéristiques permettant de les définir : même histoire, même origine ethnique, même langue, ainsi qu'un lien historique et physique à un territoire défini. Le peuple juif satisfait à tous ces critères en terre d'Israël. Mais, autant l'ONU a accru le nombre d'Etats auxquels l'autodétermination s'applique, autant il a fait tout ce qui était en son pouvoir pour délégitimer l'autodétermination du peuple juif.» Déni du droit à l'autodéfense «La seconde accusation concerne le fait que l'ONU dénie à Israël le droit de se protéger efficacement contre les menaces mortelles auxquelles il a été confronté depuis sa création. L'autodétermination n'a aucun sens si un pays n'a pas le droit de se défendre contre de tels dangers. Le rôle de l'ONU vis-à-vis des victimes israéliennes a consisté à tenter de leur lier les mains, en affirmant qu'elles n'ont aucun titre à une protection. Le droit à l'autodéfense signifie, en bon français, la possibilité légale de riposter. L'ennemi immédiat auquel Israël a été confronté, ces dernières années, n'est pas une entité étatique, bien qu'il soit en partie constitué de participants agissant au nom d'Etats. Vaincre un tel ennemi implique certaines nécessités pratiques. Par exemple, la Convention de Genève et les lois de la guerre prévoient que des populations civiles utilisées comme boucliers humains par des combattants armés peuvent malheureusement subir des dommages lorsque des Etats se défendent contre de tels combattants. En agissant de la sorte, ceux qui tentent de se défendre contre ces combattants ne visent pas délibérément des civils, mais il est inévitable que ces derniers deviennent les victimes indirectes de la guerre. Qui est donc responsable de ces victimes civiles ? La réponse s'impose d'elle-même : ceux qui utilisent les civils comme boucliers humains, et non ceux qui tentent, comme dans le cas d'Israël, de se défendre contre une agression.» Israël est l'objet d'une discrimination de la part de Kofi Annan «Pourtant, la réponse de l'ONU a consisté à critiquer le fait qu'Israël riposte, et ce, même quand il y a eu très peu, ou pas de victimes civiles. Ces critiques, que l'on peut entendre régulièrement, sont émises par le Secrétaire général, Kofi Annan, et par de hauts représentants de l'ONU, tels Peter Hansen - qui était, encore récemment, Commissaire Général de l'agence UNWRA (UN Relief and Works Agency), ou Terje Roed Larsen, coordinateur spécial de l'ONU pour le processus de Paix au Moyen-Orient.» Bayefsky explique : «Quand Israël prend pour cibles des terroristes, l'ONU déclare qu'Israël viole la loi internationale en perpétrant une exécution extrajudiciaire, alors que les terroristes sont des combattants illégaux et qu'il s'agit d'une guerre. Ils n'ont aucun titre à un procès judiciaire avant d'être pris pour cibles. Pourtant, Israël essaie de les arrêter quand il le peut. Mais dans de nombreux cas, l'arrestation n'est possible qu'à condition d'envisager un nombre bien plus important de victimes et des risques inacceptables. L'autorité locale - l'Autorité Palestinienne - ne fait pas le moindre effort pour les arrêter. Quand Israël tua le terroriste Abel Aziz Rantissi, bien qu'il n'y ait pas eu de victimes civiles, le Secrétaire général, Kofi Annan, dénonça cet acte comme un assassinat extrajudiciaire - ce qu'il n'est pas. Au cours des dernières années, il y a eu 3.000 assassinats extrajudiciaires au Brésil, des gens abattus d'une balle dans le dos par des soldats en relation avec les autorités. Un rapport de l'ONU à ce sujet a été présenté, en 2004, devant la Commission des droits de l'homme. Annan a gardé le silence sur ces exécutions (2). De plus, des maisons utilisées par les terroristes pendant les combats sont des cibles militaires légitimes. Mais le Secrétaire général et son entourage critiquent Israël pour avoir pris pour cibles ces maisons. Plus important, eux et les principaux organes de l'ONU, y compris le Conseil de Sécurité, refusent d'appeler les organisations terroristes par leur nom, Hamas, Djihad islamique, ou Brigades des Martyrs d'Al Aqsa.» La barrière de sécurité Bayefsky souligne que les Nations Unie condamnent même l'utilisation par Israël de moyens non violents pour se protéger. La Cour Internationale de Justice a refusé de reconnaître la légalité de la barrière de sécurité d'Israël. «Parmi ceux qui ont voté en faveur de l'avis consultatif, figurait la juge Rosalyn Higgins, de Grande Bretagne. L'une des raisons qu'elle donna était que la règle d'autodéfense de la Charte de l'ONU ne s'appliquait pas aux moyens non violents. La décision de la Cour ne fait pas l'effort de prendre en compte le contexte de terrorisme et décide que l'autodéfense, dans l'article 51 de la Charte de l'ONU, ne s'applique pas aux actions entreprises contre des acteurs non étatiques. Cette opinion est problématique pour beaucoup d'autres nations démocratiques, pas seulement pour Israël.» L'ONU diabolise Israël «La troisième accusation que mérite l'ONU, c'est de diaboliser Israël dans le cadre du régime international de la protection des droits de l'homme. L'ONU fait d'Israël l'archétype du violateur des droits de l'Homme dans le monde d'aujourd'hui. On a adopté plus de résolutions et consacré plus de temps en réunions à propos de l'Etat d'Israël, dans l'histoire de la Commission des droits de l'homme de l'ONU, qu'à propos de tout autre pays dans le monde.» Dans son intervention à la Conférence de l'ONU sur l'antisémitisme, Bayefsky déclare : «Il n'y a jamais eu la moindre résolution à propos de la violation, depuis plusieurs décades, des droits civils et politiques d'un milliard trois cents millions de personnes, en Chine, ni à propos de ceux de plus d'un million de femmes travailleuses migrantes, en Arabie saoudite, qui sont détenues pratiquement comme des esclaves, ni à propos du racisme virulent qui a amené 600.000 personnes au bord de la famine, au Zimbabwe. Chaque année, on exige des organisations de l'ONU qu'elles produisent au moins 25 rapports sur de prétendues violations des droits de l'Homme par Israël, mais il n'y en a aucun concernant le système de justice criminelle iranien, qui requiert des peines telles que la crucifixion, la lapidation et l'amputation de la main droite et du pied gauche. Il ne s'agit pas d'une critique légitime d'Etats ayant un passé équivalent ou pire en matière de droits de l'homme. C'est une diabolisation de l'Etat juif.» La conférence de Durban Et Bayefsky d'ajouter : «Bien que la résolution stipulant que ‘le sionisme est un racisme' ait été formellement abrogée en 1991 [1], la conférence des Nations Unies sur l'antiracisme à Durban, en 2001, a donné lieu à une déclaration affirmant que les Palestiniens sont les victimes du racisme israélien. Israël est le seul pays spécifiquement qualifié de raciste. Contrairement à l'opinion populaire, l'influence de la conférence de Durban, n'est pas de l'histoire ancienne. C'est la pièce centrale du dispositif antiraciste de l'ONU, elle entraîne aujourd'hui des rapports, des résolutions et des conférences à travers le monde. Les dépenses afférentes à ces activités de 'suivi' sont imputées au budget de l'ONU, dont 22% proviennent des Etats-Unis. Ceci malgré le fait que les Etats-Unis ont quitté la conférence de Durban et refusé de s'associer à cette déclaration». Bayefsky observe que, dans la terminologie de l'ONU, la fausse analogie entre l'Afrique du sud et Israël est inlassablement répétée. «L'ONU a totalement inversé la question du racisme, malgré le démenti des faits. Les Etats arabes ont presque totalement vidé leurs nations de Juifs. Par contre, en Israël, un cinquième de la population est constituée d'Arabes, qui bénéficient de tous les droits démocratiques. Les Arabes ont plus de droits démocratiques en Israël qu'ils n'en ont dans le monde arabe. Cette perversion de la question du racisme est particulièrement grotesque à la lumière du fait que les Nations Unies ont été fondées sur les cendres du peuple juif. La déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 reconnaît cette dette, en ces termes : "l'indifférence et le mépris des droits de l'homme ont eu pour conséquence des actes barbares qui ont scandalisé la conscience de l'humanité". Mais, au fil du temps, l'ONU a fait, des victimes juives des nazis, l'équivalent de ces derniers au XXIe siècle». Déification des Palestiniens Tandis que les Israéliens sont diabolisés, les Palestiniens sont presque déifiés, remarque Bayefsky. «Le rapporteur de l'ONU, John Dugard, décrit les terroristes palestiniens comme 'durs', et affirme que leurs efforts sont caractérisés par 'leur détermination, leur audace et leur succès'. Chaque année, l'ONU célèbre le 29 novembre comme un jour de solidarité internationale avec le peuple palestinien, parce que c'est la date anniversaire du vote du plan de partition du mandat britannique sur la Palestine. Les Palestiniens l'appellent le début de 'Al Naqba', la catastrophe. En 2002, Kofi Annan a décrit le 29 novembre comme 'un jour de deuil et de chagrin'. En novembre 2003, face à la salle - en présence des représentants de 100 Etats-membres - se tenaient le Secrétaire général, le président du Conseil de sécurité, et le président de l'Assemblée générale. Il y avait un drapeau palestinien à leur droite, un drapeau de l'ONU à leur gauche, et, au milieu, une carte antérieure à l'existence de l'Etat d'Israël. Toutes les personnes présentes furent invitées à se lever pour observer une minute de silence à la mémoire de 'tous ceux qui ont donné leur vie pour le peuple palestinien'. Cela incluait donc les terroristes-suicide.» Bayefsky précise qu'elle fut la seule participante à ne pas se lever. Le 26 novembre 2004, le même scénario se réitéra, sauf que l'ambassadeur américain à l'ONU, John Danforth, qui présidait alors le Conseil de sécurité, s'arrangea pour n'entrer qu'après ce cérémonial d'ouverture. «Le lien inséparable forgé, à l'ONU, entre la diabolisation des Israéliens et la glorification des Palestiniens montre clairement que le coeur du problème n'est pas l'autodétermination palestinienne, dont la cause est mise sur le devant de la scène. Si l'ONU était motivée par le bien-être des Palestiniens, ses résolutions flétriraient les pratiques de l'Autorité Palestinienne et de leurs médias visant à inciter des enfants palestiniens à participer au conflit armé. La chose est contraire à la Convention de Genève et à la Convention de l'ONU sur les droits de l'enfant. Si l'ONU se préoccupait vraiment des droits de l'homme, elle flétrirait aussi la glorification des terroristes-suicide, ou l'utilisation intentionnelle, que font des terroristes, de la population civile comme boucliers humains, ou le refus des Etats arabes d'intégrer les réfugiés palestiniens de longue date dans leur société et de leur offrir le bénéfice de la citoyenneté, attitude qui est en nette contradiction avec la politique envers tous les autres réfugiés dans le monde. La Section des droits palestiniens à l'ONU est la seule entité de ce genre dans toute l'organisation, qui soit consacrée à un peuple spécifique et financée par le budget ordinaire de l'ONU». Encouragement au terrorisme «La quatrième accusation qui peut être portée contre l'ONU a trait à l'encouragement au terrorisme. Des résolutions de la Commission des droits de l'homme des Nations Unies se réfèrent, par assimilation, à une résolution antérieure de l'Assemblée générale (1982 A/RES/37/43), qui affirme que tous les moyens disponibles, y compris la lutte armée, sont légitimes pour combattre l'occupation étrangère et pour obtenir l'autodétermination. Bien que la résolution de la commission se rapporte seulement à Israël, d'autres nations doivent réaliser que ce type de déclaration est une menace pour tous les pays confrontés au terrorisme». Bayefsky souligne que cette attitude est présentée dans un contexte qui encourage les gens à croire que la cause originelle du terrorisme à l'encontre des Israéliens serait très différente de celle du terrorisme auquel sont confrontées d'autres sociétés démocratiques. «C'est un mensonge promu par l'ONU d'affirmer que l'occupation serait la cause originelle de la violence dans le conflit israélo-arabe et que, si l'occupation cessait, il n'y aurait plus de terrorisme au Moyen-Orient. Parfois même, cette affirmation va jusqu'à prétendre que les sociétés démocratiques sont partout confrontées au terrorisme à cause de l'occupation israélienne. On affirme que le terrorisme fondamentaliste islamique qui sévit dans le monde entier disparaîtrait si Israël se retirait des territoires [palestiniens]. Si invraisemblable que s'avère être une telle assertion, elle s'est incrustée dans la psyché de beaucoup de sociétés démocratiques. En novembre 2004, le Comité pour les Relations Internationales du Congrès américain a révélé que des fonds du programme "Pétrole contre nourriture" des Nations Unies avaient servi à rétribuer des familles de terroristes-suicide palestiniens. Ce programme avait pour but d'apporter une assistance humanitaire au peuple irakien. C'est là un exemple supplémentaire de l'implication de l'ONU dans le terrorisme dirigé contre les Israéliens. L'ONU n'a jamais mentionné la relation étroite entre le terrorisme du Fatah et Arafat en tant que chef de l'Autorité Palestinienne. Quand elle parle du Hamas, du Hezbollah ou du Djjihad islamique, l'ONU n'utilise pas la dénomination d'"organisations terroristes". Cela paralyse tant la capacité des Etats que celle de l'ONU d'agir contre ces terroristes par des mesures politiques. En épargnant à ces organisations une critique directe et sans équivoque, l'ONU les encourage». Groupes régionaux Bayefsky fait également remarquer qu'Israël est le seul Etat qui ne soit pas pleinement membre d'un groupe régional de l'ONU. «Cela signifie qu'on lui refuse l'accès à des réunions, des sessions de négociations importantes, dans les organisations de l'ONU et les agences officielles en dehors de New York. Nombre d'organisations de l'ONU ont leur représentation officielle à Genève ou ailleurs. C'est le même cas de figure pour celles dont le siège est à New York, mais qui se réunissent à Genève. Quand la Commission des droits de l'homme de l'ONU se réunit pour six semaines, chaque année, les groupes régionaux se réunissent tous les matins, de 9 à 10 h. Même les représentants de l'OLP ont accès à l'un des groupes régionaux. Seul Israël est réduit à attendre dans le hall». Antisémitisme Bayefsky ajoute une autre accusation. «En réalité, la diabolisation d'Israël équivaut à de l'antisémitisme. Ce dernier, depuis la création de l'Etat d'Israël, ne consiste plus seulement en discrimination et en diabolisation d'individus juifs, mais également de l'Etat juif. La diabolisation d'Israël n'est pas une abstraction. Elle alimente le terrorisme et encourage les ennemis de la dignité humaine à prendre pour cibles et à tuer des Israéliens. C'est un antisémitisme de la pire espèce parce qu'il constitue une violation du droit des Juifs à la vie. Depuis leur création, et malgré leur dette historique envers le peuple juif et les victimes de l'Holocauste, les Nations Unies n'ont jamais adopté en Assemblée générale une seule résolution consacrée à la question de l'antisémitisme, ni un seul rapport traitant explicitement de ce sujet. Elles ont délibérément omis de mentionner l'antisémitisme et l'Holocauste, dans les traités et les déclarations de l'ONU des 40 dernières années. Tout au long de la décennie passée, des références mineures au seul mot "antisémitisme" ont été enterrées dans des résolutions, sans que ces mentions débouchent sur l'exigence d'une étude et d'un rapport détaillés sur le sujet - et ce contrairement aux rapports de l'ONU sur la discrimination à l'égard des Arabes et des Musulmans. L'ONU n'a fait aucun effort pour enquêter systématiquement sur l'antisémitisme sous toutes ses formes. A défaut de le faire, on ne peut l'explorer ni le décrire comme un phénomène mondial qui revient de manière endémique dans les sociétés musulmanes. Les ennemis d'Israël dans le monde arabe et à l'ONU jouent un rôle majeur en négligeant de vaincre les racistes de notre temps. Au contraire, ils procèdent à une inversion du racisme, en accusant la victime et en alimentant l'intolérance». L'assemblée générale de 2003 «Nous en avons eu un exemple lors de l'Assemblée générale de 2003. On y souleva la question de l'insertion du mot "antisémitisme", en préambule, dans une résolution sur l'intolérance religieuse. L'Irlande, Etat qui, depuis des années, avait joué un rôle-moteur dans la question de l'intolérance religieuse, était déterminée à ne pas mentionner l'antisémitisme. Aussi Israël décida-t-il qu'il initierait un amendement qui serait ajouté lors de la session de l'Assemblée. L'Irlandais fut déconcerté. Le ministre des Affaires Etrangères irlandais Brian Cowen et le ministre des Affaires Etrangères Silvan Shalom conclurent un arrangement selon lequel Israël retirerait sa menace d'amendement à la résolution sur l'intolérance religieuse. En échange, l'Irlande introduirait, pour la première fois dans l'histoire de l'ONU, une résolution sur l'antisémitisme. Israël était ravi de cette perspective. La délégation irlandaise siégeait dans le troisième Comité, attendant que la résolution sur l'intolérance religieuse passe devant le Comité sans mention de l'antisémitisme. Ils retirèrent alors la résolution sur l'antisémitisme, qu'ils avaient promise. Ils invoquèrent pour excuse l'absence de consensus. Entre autres, l'Irlande demanda le soutien des Iraniens. Ils prétendirent ensuite qu'ils avaient été surpris de cette opposition. Pour résumer : il n'y eut pas de résolution sur l'antisémitisme». L'édulcoration des résolutions Bayefsky décrit, dans un article, les développements postérieurs à la conférence sur l'antisémitisme de l'ONU, en juin 2004. Elle revient sur son affirmation que la conférence de juin a servi à une approche onusienne à deux voies : «Mettre les Juifs d'un côté, Israël de l'autre, et diviser pour régner» (3). Bayefsky fait observer que, durant plusieurs mois, il y eut des discussions à propos d'une résolution de l'ONU consacrée à l'antisémitisme. «Mais la bataille qui fit rage autour de la présentation d'une nouvelle résolution sur l'antisémitisme, autonome et significative, effraya tous les Etats-membres démocratiques de l'ONU. L'autre idée consistait à ce que l'Union Européenne (UE) parraine une résolution sur l'antisémitisme, au modèle de la déclaration de Berlin, qui fut adoptée en avril 2004 par l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE). Dans ce document il y avait une petite référence à Israël, mais les Européens ne purent aller jusqu'à dire que le terrorisme ayant pour but de purifier ethniquement Israël des Juifs était aussi une forme d'antisémitisme. Une autre attente manquée fut que l'Allemagne jouât un rôle-moteur dans la présentation d'une résolution spécifique condamnant l'antisémitisme. Bayefsky écrit : «En des termes tout à fait propres au 'milieu', on fit comprendre à l'Allemagne qu'un tel rôle ruinerait son espoir d'obtenir un siège permanent au Conseil de sécurité, et tout sens de la responsabilité historique s'évanouit. Aucun autre membre de l'UE n'était plus prêt à se mesurer à l'opposition arabe ou musulmane. En définitive, le mot 'antisémitisme' fut autorisé dans la résolution sur l'intolérance religieuse. Mais l'opposition fut publique et considérable, et s'arrangea pour édulcorer la mention en la noyant, sous la forme d'un ajout mineur, au milieu d'un ensemble d'autres questions incluant l'islamophobie. Par contre, il y a une résolution annuelle de la Commission des droits de l'homme, qui se concentre sur la diffamation de l'Islam». Bayefsky fait observer : «Outre tout cela, il y a aussi parfois un flagrant antisémitisme déclaré. A la Commission des droits de l'homme des Nations Unies, le principal organe des droits de l'homme de l'ONU, les représentants palestiniens ont prétendu qu'Israël ne peut célébrer dans la joie [!] des fêtes comme Yom Kippour qu'en faisant couler le sang palestinien, et ont accusé Israël d'injecter aux enfants palestiniens du sang infecté par le Sida. Le délégué algérien à la commission 2002 et 2003 des droits de l'homme a déclaré que les actions d'Israël constituent une reproduction quotidienne de la 'Nuit de Cristal'. Il a également affirmé que les Palestiniens ont des chiffres tatoués sur leur bras, et s'est demandé combien de temps on allait attendre avant que les Israéliens commettent un massacre comme celui de Babi Yar. Aucun Etat, sauf Israël, n'a attiré l'attention sur cette déclaration». Quand on demande à des racistes leur opinion sur l'antisémitisme Bayefsky relate qu'en novembre 2004, un rapporteur spécial de l'ONU, en matière de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l'intolérance qui en découle, a organisé une réunion pour rassembler le matériau ayant trait à son futur rapport, et l'antisémitisme était au programme. «Le bureau du Haut-Commissaire de l'ONU pour les droits de l'homme et l'UNESCO invitèrent des experts à Barcelone. On leur demanda de fournir à Doudou Diène, le rapporteur de l'ONU, des conseils sur l'antisémitisme, la christianophobie et l'islamophobie». Dans une Libre opinion parue dans le Wall Street Journal, Bayefsky écrit : «A qui l'ONU demanda-t-elle conseil ? A Tariq Ramadan, de l'Université de Fribourg, en Suisse, qui s'était vu refuser l'entrée aux Etats-Unis, en août [2004], conformément à une loi concernant les étrangers ayant profité d'une position éminente dans un pays pour approuver ou faire leurs des activités terroristes, ou qui sont considérés comme un 'risque pour la sécurité publique, ou une menace pour la sécurité nationale'. Mais, apparemment, l'ONU estima qu'il valait la peine d'entendre les vues sur le racisme de celui qui avait affirmé, le 25 septembre 2001, que '[Oussama] Ben Laden était peut-être un homme de paille utile, comme Saddam Hussein, dont la présentation diabolisée sert peut-être d'autres projets politiques, économiques ou géostratégiques.'» (4). Bayefsky mentionne le fait que, parmi les invités, il y avait aussi quelques Israéliens de la frange extrême de la société du pays. «Ces gens sont ouvertement antisionistes et considèrent que la destruction de l'Etat juif contribuerait à un monde meilleur. L'ONU a invité à une conférence, supposée mener à la défaite de l'antisémitisme, des gens dont les vues sont aux antipodes de la lutte contre l'antisémitisme». Dans son article, Bayefsky résume le message du projet de rapport de la réunion de l'ONU : «Selon le premier jet du rapport, c'est la perception d'un soutien juif inconditionnel à Israël qui amène des gens à attaquer un cimetière juif, et l'antisémitisme était inexistant dans le monde musulman avant le conflit israélo-arabe (en dépit du mufti de Jérusalem et de son allié Hitler). Le premier jet du rapport suggérait donc que la manière de vaincre l'antisémitisme consistait, pour les Juifs, à couper les amarres avec la défense de l'Etat d'Israël. Et l'antisémitisme diminuera si les Juifs cessent d'insister sur le caractère unique de l'horreur de l'Holocauste. Doudou Diène, le rapporteur de l'ONU qui avait organisé cette conférence, écrivit dans son rapport d'octobre à l'Assemblée générale qu'en définitive, les actes d'Israël contribuaient à l'augmentation de l'antisémitisme. Bayefsky le cite dans son article du Wall Street Journal : «Le cycle d'extrême violence déclenché par la dynamique de l'occupation… a alimenté une haine et un antagonisme ethnique profonds… La population palestinienne… souffre… de discrimination. Même si Israël a le droit se défendre… un mur de sécurité… constitue un symbole discordant d'isolement, érigé par un peuple… marqué par le rejet du ghetto. L'un… [des] effet[s] de ce conflit est de… contribuer à l'accroissement de… l'antisémitisme». Bayefsky décode le message réel en ces termes : «Autrement dit, les Juifs sont responsables de l'antisémitisme. Ou encore : n'était l'insistance d'Israël à se défendre - de la même manière que le ferait n'importe quel autre Etat confronté à cinq décennies de guerres ayant pour but son éradication -, les Juifs se porteraient mieux». Les acteurs impliqués Quand on l'interroge sur les actions anti-Israël de certains officiels de l'ONU, Bayefsky mentionne Peter Hansen, le précédent directeur de l'UNWRA. «Récemment, il est allé jusqu'à défendre des membres du Hamas employés par l'UNWRA. Il a, à plusieurs reprises, déformé et faussement présenté les faits, à commencer par l'opération 'Bouclier de défense', à Jénine. L'un des communiqués de presse de l'ONU disait : 'Mettez un terme aux tueries dans les camps'. Un autre fonctionnaire de haut rang, qui exagérait l'ampleur des événements sur le terrain, fut Terje Roed Larsen. Kofi Annan et ses proches collaborateurs ont omis de dénoncer le terrorisme contre les Israéliens en s'abstenant d'évoquer nommément les terroristes et les responsables du terrorisme. La manière dont les Nations Unies traitent du terrorisme quand les Israéliens en sont victimes consiste à émettre des déclarations générales affirmant soit que les deux parties doivent cesser toute violence, soit que l'Autorité Palestinienne doit faire plus d'efforts pour mettre fin à la violence. Ces textes ne disent jamais qui est spécifiquement responsable de la violence dirigée contre les Israéliens. Le Conseiller spécial du Secrétaire Général de l'ONU, Lakhdar Brahimi, a appelé Israël - Etat-membre des Nations Unies - 'le grand poison du Moyen-Orient'. De tels commentaires n'ont rien à voir avec les Palestiniens. C'est de haine de l'Etat juif qu'il s'agit là». Commémoration de la libération d'Auschwitz Bayefsky réagit en ces termes à la session commémorative de janvier 2005 de l'Assemblée Générale et à l'exposition correspondante pour le 60ème anniversaire de la libération d'Auschwitz de cette manière : «Une semaine avant la session et l'ouverture de l'exposition, le Secrétaire Général fit faire un pas supplémentaire au plan de l'Assemblée générale d'établir un registre des dommages palestiniens considérés comme consécutifs à l'érection de la barrière de sécurité d'Israël. S'il se développait, il pourrait avoir de sérieuses implications économiques et politiques. Il n'est pas prévu d'enregistrer les dommages causés aux Israéliens par le terrorisme palestinien. Un mois avant l'exposition sur l'Holocauste, avait lieu une exposition annuelle liée au 'Jour de solidarité de l'ONU avec le peuple palestinien' qui souffre depuis longtemps de la catastrophe (Al Naqba, selon de nombreux membres de l'ONU) de la création de l'Etat d'Israël. Cette année, l'ONU a montré une série de photographies de Palestiniens, à la fois réalistes et stylisées, leur vêtement relevé au-dessus de leur taille, et dont l'objectif était de montrer l'humiliation injustifiée que leur faisaient subir les Israéliens. Rien, dans l'exposition, n'indiquait le contexte de cette présentation. La session de l'Assemblée générale elle-même avait été réalisée de manière à n'avoir pas de résultat durable ; par exemple, elle ne comprenait pas de document final ni de déclaration d'intention commune. Bref, alors que l'ONU peut commémorer des Juifs morts depuis longtemps, les morts récents, ou le danger actuel et réel de plus d'Israéliens morts - pris pour cibles parce qu'ils sont Juifs dans leur patrie juive - ne sont pas mis en relation avec le message d'Auschwitz, ni ne sont l'objet d'une réelle préoccupation». La paralysie Bayefsky résume son opinion sur l'ONU : «Aujourd'hui, le mal de l'antisémitisme circule dans le corps de l'ONU comme un agent pathogène opportuniste. D'abord, la discrimination d'Israël, suivie de sa diabolisation ; la déification des ennemis de l'Etat juif ; la négation de la victimisation juive ; la dénonciation des Israéliens qui ripostent ; et finalement, le refus de désigner les agresseurs. Pourtant beaucoup nient encore qu'il s'agisse d'antisémitisme. Ils attribuent ces attitudes à des intérêts commerciaux, à des politiques régionales, à une identité de groupe, à une solidarité opportuniste - ayant pour but d'empêcher l'examen des violations des droits de l'homme dans son entourage -, ou à l'amélioration de carrières personnelles. Des spécialistes des sciences politiques considèrent qu'il s'agit d'un noyau dur d'Etats arabes et musulmans avec un programme politique ; un réseau de pays en développement qui comptent des pays arabes et musulmans parmi leurs amis, ou se retrouvent dans leur opposition commune à une longue liste d'intérêts occidentaux ; des démocraties libérales paralysées par la critique du colonialisme et du racisme ; des collaborateurs au sein des organisations non gouvernementales, et des représentants autoproclamés de la société civile. Les acteurs et les partisans de l'ONU persistent, de manière presque uniforme, dans leur déni de l'agent pathogène et de sa nature. En dernière analyse, cependant, alors que les motivations des acteurs internationaux varient, les terribles conséquences de cette combinaison de forces de lâcheté, d'opportunisme, d'antisémitisme - mobilisées et habilitées par l'ONU - sont les mêmes». Cette interview d'Anne
Bayefsky a été réalisée par Manfred Gerstenfeld Notes Note de la Rédaction
d'upjf.org Anne Bayefsky est membre titulaire du Hudson Institute et professeur invitée au Metropolitan College et à la Faculté de Droit de Touro. Elle a également enseigné à la Faculté de Droit de l'Université Columbia et à celle de l'Université d'Ottawa. Elle est actuellement en congé de l'Université de New York. En 2001, elle a publié un rapport en collaboration avec le bureau du Haut-Commissaire de l'ONU pour les droits de l'homme. A. Bayefsky a beaucoup écrit sur l'ONU. Elle a fait partie de plusieurs délégations canadiennes à l'Assemblée générale et à la Commission de l'ONU pour les droits de l'homme, dans les années 80 et 90. Volume IV, Numéro 175 • vendredi, le 11 mars 2005 Rencontre
avec Amine Gemayel Beyrouth – Le destin d’Amine Gemayel est intimement lié à celui du Liban. Son frère, Béchir, venait à peine de prendre le pouvoir, en 1982, lorsqu’il a été brutalement assassiné. Amine Gemayel a pris le relais à la présidence du Liban, alors en pleine guerre civile, jusqu’à ce qu’il soit forcé à l’exil en 1988. De retour au pays depuis cinq ans, ce chrétien maronite milite activement pour le retrait de l’armée syrienne. La Presse l’a rencontré à Beyrouth au début de la semaine, quelques jours avant l’importante manifestation pro-syrienne organisée par le Hezbollah. LA PRESSE : Le soulèvement populaire antisyrien, les manifestations dans les rues de Beyrouth et la démission du gouvernement libanais pro-syrien vous ont-ils surpris ? AMINE GEMAYEL : Ce qui se produit, c’est l’expression d’un ras-le-bol généralisé contre la situation politique intérieure : la corruption, le laisser-aller, l’incompétence des autorités en place. C’est aussi l’expression d’un ras-le-bol contre la présence syrienne au Liban. Contrairement à tous ses engagements, la Syrie a maintenu par la force son armée sur notre territoire alors qu’un retrait progressif avait été convenu à partir de 1991 dans l’accord de Taëf (qui a scellé en 1989 la fin de la guerre civile libanaise). C’est l’assassinat de Rafic Hariri (l’ancien premier ministre libanais, le 14 février) qui a déchaîné toutes ces passions. Le Liban était comme une marmite pressurisée. LP : La Syrie ne joue-t-elle pas un rôle de pompier au Liban, prête à éteindre les feux qui couvent entre les différentes communautés du pays ? AG : Quand il n’y a pas de pyromanes, on n’a pas besoin de pompiers. Le rôle de la Syrie au Liban a été beaucoup plus néfaste que salutaire. La Syrie a empêché les institutions libanaises de fonctionner. Elle a opéré une mainmise totale sur toutes les grandes institutions constitutionelles, comme la présidence de la république, le Conseil de ministres et la Chambre des députés. C’est la Syrie qui désigne les ministres, c’est elle qui contrôle la justice et l’armée, et même certains partis et syndicats. C’est toute la vie nationale qui est sous la coupe des services de renseignements syriens. Sans oublier la corruption massive et monstrueuse à l’avantage des responsables syriens et de leurs acolytes libanais. LP : Il n’y a donc pas de danger d’un retour à la guerre civile en cas de retrait syrien ? AG : On appelait le Liban « la Suisse de l’Orient » avant l’entrée de l’armée syrienne (en 1976, au début de la guerre civile). C’est depuis que l’armée syrienne est entrée au Liban pour jouer au pompier pyromane qu’elle a instauré le chaos institutionnel et politique au pays. Et c’est ce chaos, voulu par la Syrie, qui donne l’impression qu’elle est devenue indispensable. Elle a créé le vide institutionnel pour justifier la pérennité de sa présence au Liban. LP : Mais que veut donc la Syrie ? AG : Son objectif n’est rien d’autre qu’une annexion pure et simple. Elle refuse toujours de reconnaître pleinement la souveraineté libanaise. C’est plus fort qu’elle. Elle n’arrive pas à concevoir comment le Liban puisse être un pays indépendant. C’est ça, le fond du problème. Certains prétendent que notre pays a besoin de l’armée syrienne pour maintenir la paix civile et que sans elle, les Libanais s’entredévoreraient comme des cannibales. Mais en réalité, c’est que la Syrie considère que sa présence au Liban n’est qu’un premier pas vers une annexion, ce qui est un objectif national syrien viscéral, atavique. LP : Pour récupérer la souveraineté libanaise, l’opposition aura besoin de l’appui des musulmans chiites du pays, largement représentés par le Hezbollah et le parti Amal, deux formations qui s’opposent au retrait syrien. Mission impossible ? AG : Les chiites, les druzes, les sunnites, les chrétiens, les maronites : tous ont avalisé l’accord de Taëf, qui précisait que la présence de l’armée syrienne au Liban n’était pas éternelle. Les chiites sont beaucoup plus attachés à la souveraineté libanaise qu’on ne le croit. Ils ont beaucoup participé à la consolidation de l’entité libanaise à travers l’histoire. Pour le moment, la Syrie a établi des relations privilégiées avec eux, mais ces relations n’ont pris corps que depuis les quelques dernières années et sont donc éphémères. Le dialogue est impératif. Les chiites n’ont pas le choix d’aider à la consolidation du consensus libanais. LP : Voyez-vous l’avenir avec optimis[me] ? AG : Nous tournons la page sur 30 ans d’hégémonie syrienne. C’est une page triste de l’histoire du Liban, comme s’il avait été mis dans un congélateur pendant 30 ans. Le pays était fermé, isolé du reste du monde. Si ce n’était des Libanais eux-mêmes qui ont bravé tout le blocage, le Liban aurait été completement détruit. C’est la détermination, l’ingéniosité et la témérité des Libanais qui ont gardé l’espoir en vie. LP : Rentré au Liban en 2000 après 12 ans d’exile à Paris, songez-vous à un retour en politique ? AG : On ne pose pas cette question aux Gemayel. Nous sommes pétris par l’action nationale de ce pays. Mon grand-père a été chassé par les Turcs en 1910. Mon père a été emprisonné par les Français en 1937 et 1943. Mon frère a été assassiné par les Syriens en 1982 et moi, j’ai été forcé à l’exile en 1988. Aujourd’hui, mon fils est un député très engagé dans l’action nationale. Alors, chez les Gemayel, c’est une tradition de relever le défi chaque fois que l’indépendance et la souveraineté du Liban sont mises en cause. (Isabelle Hachey est envoyée spéciale au Liban.) -------------------------------------------------------------------------------- Le quotidien saoudien Al-Riyad a dernièrement publié un article intitulé "L'instituteur de mon fils était un terroriste", écrit par Badria bint Abdallah Al-Bish, professeur de sciences sociales à l'Université du roi Saoud, en Arabie Saoudite. Elle y relate certaines expériences scolaires de ses enfants après le 11 septembre 2001, évoquant sa stupéfaction lorsqu'elle a découvert que l'un des terroristes de l'attentat du 30 décembre 2004, au ministère de l'Intérieur de Riyad, n'était autre que l'instituteur de son fils. Voici des extraits de l'article: [1] "Maman, savais-tu qu'Oussama Ben Laden est un héros ?" "Le lendemain des événements du 11 septembre, mon fils, qui était alors en CM2, rentrait de l'école. Il a fait irruption dans mon bureau pendant que je lisais, [s'est assis] jambes croisées, et m'a dit: 'Maman, savais-tu qu'Oussama Ben Laden est un héros qui a laissé le monde entier derrière lui pour aller dans les montagnes se battre pour Allah ?' Devant ma mine effarée, il a, l'air effronté, changé de position, certain de n'avoir pas fini de me surprendre, et m'a demandé: 'Maman, pourquoi ne cessons-nous pas [d'exporter] du pétrole aux Etats-Unis, afin qu'ils se plient à nos conditions ?' [Je rétorquai]: 'C'est très grave de parler comme ça ! Attention à ce que tu dis !'" "Mon fils, en CE2, a dessiné deux avions heurtant les tours jumelles" "Le lendemain des événements du 11 septembre, mon autre fils, qui était alors en CE2, m'a montré un charmant dessin, sur le thème suivant: 'Dessinez les deux avions heurtant les Tours jumelles'. Le professeur d'arts plastiques n'était pas conscient du fait que certains enfants n'avaient pas vu ces images pour la simple raison que leurs parents les préservent des images nuisibles. Voyant les choses d'un autre oeil, l'enseignant n'a pu s'empêcher d'exprimer son opinion pendant le cours de dessin. C'était il y a quatre ans, époque où ce genre d'incidents, qui survenaient sans arrêt, me mettaient en colère – jusqu'au jour où ce qui devait arriver est arrivé. Après l'attentat [de décembre 2004] au ministère de l'Intérieur, les photos et les noms complets des terroristes ont été publiés. Au moment du dîner, alors que je me restaurais, mon fils m'a informé que l'un des terroristes avait été son instituteur. Je faillis m'étouffer. Son instituteur, l'un des auteurs de l'attentat du ministère de l'Intérieur et de l'immeuble des forces de sécurité ?!! Avant l'attentat, l'enseignant avait coutume de traîner autour des salles de classe de mes enfants et de leur parler. En outre, avant l'incident, mes enfants disaient que c'était un homme bon (…) Comment un parent peut-il protéger ses enfants s'il les envoie à l'école, certain qu'ils se trouvent dans de bonnes mains, alors qu'en fait l'un des terroristes est l'instituteur de son fils ? Si [les enfants] se trouvent ainsi cernés par l'idéologie terroriste, que ce soit sur leurs écrans d'ordinateurs ou dans les journaux, où les pères peuvent-ils donc amener leurs enfants pour les préserver des hypocrites qui s'identifient à [l'idéologie terroriste], la justifient, pensant que nous devons libérer la Palestine avant de condamner le terrorisme ?" "L'idéologie terroriste existe depuis toujours" "L'idéologie terroriste existe depuis toujours, et nous le sentions [bien]. Nous lui donnions d'autres noms, autres que son [véritable] nom, de peur qu'elle ne soit révélée au grand jour et qu'elle ne nous détruise. [Cette idéologie] s'est emparée du contrôle de nos vies, menaçant tous ceux qui n'y adhèrent pas – à tel point que nous sommes devenus faibles face à elle (…)" -------------------------------------------------------------------------------- [1] Al-Riyad (Arabie Saoudite), le 24 février 2005 Volume IV, Numéro 174 • vendredi, le 4 mars 2005 La
polémique autour d'« Un monde sans Israël » Dans le numéro de janvier-février 2005 de la revue américaine Foreign Policy, Josef Joffe, le rédacteur en chef du grand hebdomadaire allemand Die Zeit, avait signé un article intitulé « A world without Israel » [«Un monde sans Israël»]. Joffe s'y efforçait de démontrer que les rivalités et les guerres interarabes, la montée de l'islamisme, la nature tyrannique des régimes de la région et l'absence d'un État-nation palestinien, bref tout ce qu'il est convenu d'appeler la crise du Moyen-Orient, auraient fait partie des réalités politiques de la région, qu'Israël ait vu le jour ou non. En faisant éclater les clichés en vigueur dans les milieux dits progressistes à propos des racines (root causes) de la crise moyen-orientale, Joffe s'est attiré les foudres des chantres de la bien-pensance politique et des thuriféraires, qui continuent d'ignorer superbement la voix des réformateurs arabes pour servir de caisse de résonance occidentale à la propagande des régimes dictatoriaux du Moyen-Orient. Le dernier numéro de Foreign Policy (mars-avril) propose six analyses1 consacrées à la critique de l'article de Joffe, ainsi que la réponse de ce dernier. Pour tout dire, ses détracteurs mettent en pièces et l'article et son auteur - Brian Klug allant jusqu'à traiter Joffe de raciste. D'autres, comme Mouin Rabbani, réifient la narration palestinienne, nécessairement biaisée, du conflit israélo-arabe, tandis que Juan Cole, en tentant de démolir l'argumentation de Joffe, prouve par l'absurde qu'il existe bien une classe d'intellectuels qui expliquent, en effet, tous les échecs et les excès des États arabes par la seule existence de l'État des Juifs au Moyen-Orient. Des six essais, seul celui du grand spécialiste américain du monde arabe contemporain (et partant, le seul des six intervenants qui soit un spécialiste reconnu de la région), le professeur Fouad Ajami, est favorable à Joffe. «Il y a chez Joffe», écrit Ajami, une authentique appréciation de 'l'Orient' […] tout ce que Joffe a fait, c'est simplement d'exprimer le genre de vérités qu'expriment les Arabes lorsque les Occidentaux ne sont pas là, loin des jugements et des attentes des étrangers»[/i]. Dans sa réponse à ses critiques, Joffe admet que l'exercice auquel il s'est livré - une sorte d'histoire spéculative - est loin d'être sans failles. Quoi qu'il en soit, il serait sans doute excessif de réfuter le message de Joffe sous prétexte d'invalider le moyen dont il s'est servi. (David Ouellette (Judeoscope.ca/CIJR) et Menahem Macina (UPJF.org) ont respectivement traduit la réponse de Joffe à ses détracteurs et l’analyse de Fouad Ajami de l’article controversé « Un monde sans Israël ».) Le
danger de prendre un bouc-émissaire Certains de ces critiques formulent un argument valide. L'histoire contrefactuelle, c'est de l'histoire stupide, ce qui est précisément la raison pour laquelle, dans les cours d'introduction à cette discipline, on enseigne aux étudiants à l'éviter. Certes, heuristiquement, les exercices d'histoire spéculative font courir l'esprit et l'imagination. Ils constituent une gymnastique mentale, pas des preuves. Mais pourquoi attaquer mon outil spéculatif, comme le fait Ilan Pappe, en donnant lui-même dans le contrefactuel ? Il m'étrille parce que je fume, alors que lui-même fume un tabac fort. C'est ainsi que je me demande où il a déniché ce chiffre de 50.000 Palestiniens tués par les Israéliens. L'État d'Israël n'a même pas réussi à tuer autant de combattants dans ses cinq guerres avec des nations arabes, à l'occasion desquelles il avait aligné contre elles la panoplie complète de sa puissance militaire. Dans leur ensemble, mes critiques ont recours aux insultes et aux attaques ad hominem, dont il est impossible de traiter, à défaut de répondre de la même manière - ce que je me refuse à faire, car nous avons tous dépassé l'âge du bac à sable. Des épithètes, telle celle d'«islamophobie» (Brian Klug), soulèvent une question plus grave, qui a beaucoup investi le débat postmoderne. On remplace les arguments par des propos polémiques pour disqualifier les interlocuteurs plutôt que se mesurer à eux. Puissions-nous avoir davantage de David Hume et de John Locke, et moins de Jacques Derrida et de Edward Saïd ! Je suis heureux d'apprendre que le fantasme antisémite qui veut que les Juifs dominent le monde n'est qu'un fantasme. Néanmoins, je voudrais référer Klug au site web du Middle East Media Research Institute [MEMRI], qui traduit, avec diligence, la presse arabe. Ce qu'on peut lire là sur les Juifs, avec une abondance répugnante, ferait sangloter d'envie même l'antisémite le plus endurci. Je voudrais donner respectueusement le même conseil à Mouin Rabbani et ajouter que mon argumentation ne dépend pas du tout de la «fiction commode d'une vaste conspiration antisémite». Par contre, je lis attentivement les médias arabes, et, hélas! l'antisémitisme arabo-islamique n'est pas une «fiction». Je suis également encouragé d'entendre dire, par Juan Cole, qu'en l'absence d'Israël, la Jordanie et la Palestine eussent été des «voisins amicaux». - Comme l'Iran et l'Irak ? Ou l'Irak et le Koweït ? Ou l'Égypte et la Libye ? De même, je n'émets pas d'hypothèses sur «la nature des sociétés arabes», mais, je cite copieusement, par contre, deux rapports publiés par le Programme de développement de l'ONU. Les auteurs arabes de ces rapports sont-ils aussi des «orientalistes» qui dénigrent les cultures moyen-orientales ? Malheureusement, en réfutant mon argumentation, Cole ne fait que la défendre, en prétendant que le climat de toute la région aurait été au beau fixe sans l'existence d'un État juif. Quant à Lieven, je lui suis reconnaissant d'être d'accord avec mon principal argument, à savoir, que ni Israël, ni ses politiques ne sont à la «racine» de «la haine musulmane de l'Occident ou des nombreuses pathologies du Moyen-Orient». Mais pourquoi l'attaque ad hominem, tout à la fin ? Je n'ai remis en question que ses interpellations antécédentes, pas sa conscience. Permettez-moi finalement d'assurer mes critiques que je n'aurais pas écrit cet article si le monde entier adorait les Israéliens et médisait des Arabes. En fait, j'aurais probablement fait le plaidoyer inverse. Mais la vérité est qu'Israël est devenu une cible presque universelle de dénigrement et de dénonciation, et qu'il était grand temps de répliquer à la marée montante de clichés qui menacent le bon sens et l'analyse réfléchie, pour ne rien dire de la faillite morale qui accompagne pareille répartition inéquitable du blâme. Critiquer Israël est une chose saine. Désigner un bouc émissaire est, au mieux, un acte irréfléchi, et, au pire, un acte de haine. (Josef Joffe est rédacteur en chef de l’hebdomadaire allemand Die Zeit.) Traduction française
: David Ouellette, pour Judeoscope.ca. L'Orient m'est totalement étranger… Ma mentalité à moi est celle d'un Occidental !», proclamait un jour fièrement Vladimir Jabotinsky, le père du sionisme révisionniste. Selon nos standards de langage et de sensibilité, c'était "politiquement incorrect", mais on ne peut mettre en doute l'exactitude historique de son assertion. Israël est au Moyen-Orient, mais il n'en est pas issu. C'est en cela que résident la force et le caractère incorrect et perturbant de l'article de Josef Joffe. Il fut un temps où je m'imaginais ce qui suit : Un savant entrait dans un laboratoire et isolait avec succès toutes les discordances (ou disons : les variances) qu'Israël cause à son voisinage moyen-oriental et musulman. Ce savant avait l'intelligence de ne tenir aucun compte des rumeurs ou des fausses évidences qui avaient amené d'autres chercheurs à demander des comptes à Israël. Il/elle prenait les mondes arabe et musulman pour ce qu'ils sont réellement. Mon savant faisait preuve d'une certaine forme de "respect" pour la vérité de l'histoire arabo-musulmane - sa puissance, ses méfaits, son combat pour l'ordre et la cohérence, l'antagonisme multiséculaire entre le gouvernant et les gouvernés, entre l'orthodoxe et les schismatiques, entre la campagne et la ville, entre ceux qui sont submergés par la modernité et ceux qui sont profondément violés par elle. En examinant les évidences, mon savant, j'en étais sûr, trouverait quelques perturbations induites par la présence, aux marges de cette vie, d'une entreprise politique et culturelle sioniste du nom d'Israël. Mais les vérités et les maux majeurs seraient arabes et musulmans, de bout en bout. En définitive, nous avons une telle lecture scientifique. C'est un Joffe du meilleur cru, qui écrit avec éclat et intrépidité, et cet article est l'un des plus audacieux. Il y a, chez Joffe, une authentique appréciation de "l'Orient". Je puis en témoigner, pour m'être souvent entretenu avec lui de problèmes du Moyen-Orient. (Je me suis rendu avec lui en Iraq durant une semaine très violente, en octobre 2003.) Cet article illustre parfaitement qu'il a correctement identifié le flux et le reflux de ces marées arabes autour d'Israël. Avec ou sans Israël, nous dit-il, une grande bataille ferait rage à propos de la présence de l'Occident, qui tape sur les nerfs des Arabes d'aujourd'hui. Avec ou sans Israël, nous rappelle-t-il, surgiraient des prédicateurs fondamentalistes, des Wahhabites intégristes, convaincus que les laïques qui les entourent, en Arabie et dans les pays voisins, sont des apostats qui vivent de manière impie. Et Joffe a bien raison sur ce
point : Il est bien vrai que les intellectuels arabes sont enclins à attribuer à Israël une grande part de responsabilité dans leur autopsie de ce dont ils souffrent. Mais cet exercice est pure comédie à destination des publics, journaux et entretiens télévisés par satellites de l'Occident, comme diraient les Arabes. Joffe n'a rien fait d'autre qu'exprimer le genre de vérités que formulent les Arabes lorsque les Occidentaux ne sont pas là, loin des jugements et de ce que veulent entendre des étrangers. Une guerre a eu lieu en 1948 : Les Sionistes ont gagné et les Palestiniens ont perdu, pourtant, les Palestiniens sont parvenus à retenir l'attention tant des Cours arabes, que des mouvements de gauche. Dans les prochaines années, ils pourraient participer à la rédaction d'une historiographie qui contrastera totalement avec les sources de la vie arabe. Jusqu'alors, l'histoire était convenable. Les dirigeants au pouvoir l'appréciaient parce qu'elle rendait acceptable la manière dont les classes dirigeantes gouvernent - en autocrates et en pillards. Et les intellectuels occidentaux y ont pris goût, parce qu'elle leur est tellement familière, et, ma foi, si occidentale. Et voici que Joffe ose défier cette orthodoxie. La tempête de critiques qu'il a provoquée est sans rapport avec la vérité de son argumentation. La controverse n'est qu'une attestation de l'obstination têtue des idées politiques et de leur aptitude à rester enlisées sur place, complètement vidées, tandis que le monde extérieur déferle sur elles et poursuit sa propre route. (Fouad Ajami est titulaire de la chaire Majid Khadduri et professeur d'Etudes du Moyen-Orient à l'Ecole d'Etudes Internationales Avancées de l'Université Johns Hopkins.) Traduction française : Menahem Macina, pour l'UPJF.
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