Communiqué
Isranet
juin 2006
Un service de l’I.C.R.J.
l’Institut canadien
de recherches sur le Judaïsme
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Prof. Frederick Krantz,
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Prof. Julien Bauer (Univ. du Québec
à Montréal)
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Prof. Jean Ouellette (Univ. de Montréal)
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Volume V, Numéro
241 • vendredi le 30 juin 2006
Aimer ou démoniser Israël?
Jean Ouellette
Le Devoir, 27 juin 2006
Je vois déjà nos
faiseurs d'opinion incrédules esquisser un geste défensif
à la lecture d'un tel titre. Comment peut-on faire luire à
des esprits imprégnés de la vérité du narratif
palestinien la perspective d'une découverte, réelle ou
virtuelle, d'une terre que nos catéchismes d'antan qualifiaient
de sainte, mais que le mur de l'apartheid, selon une expression chère
à nos médias, rend à jamais inhospitalière
pour quiconque se targue de rejeter le sionisme au nom d'une vague défense
de l'antiracisme?
Peut-on imaginer, au-delà
des images qui nous assiègent, choquantes pour des yeux habitués
à plus de décence, que l'opinion des gens du Québec
demeure néanmoins ouverte à un discours moins idéologique
et, partant, susceptible de découvrir les attraits incontestables
de la réalité israélienne ? Y a-t-il, comme on
a pu le lire récemment dans Le Soleil, une vérité
israélienne des choses qui viendrait en contradiction avec l'interprétation
partagée par le reste du monde ?
Offensons les irréductibles
et lâchons le qualificatif à la mode : Israël est
un pays cool ! Je sens déjà que l'on ne m'aime plus. J'insiste.
Le pays ne se réduit pas aux paramètres du conflit israélo-palestinien
tel qu'il est rapporté dans nos médias. Chacun, selon
ses affinités personnelles, sa curiosité intellectuelle
ou encore selon ses intérêts professionnels, y trouvera
largement son compte.
Au risque de tomber dans le piège
d'un mercantilisme superficiel qui siérait davantage à
un publireportage, je citerai, ne serait-ce qu'en passant, l'attrait
irrésistible de l'industrie touristique d'Israël, tout en
prenant bien soin de souligner que ce petit pays dépourvu de
richesses naturelles a résolument opté pour une économie
fondée sur un savoir du plus haut niveau.
Il revient aux plus jeunes de
célébrer les plaisirs nocturnes de Tel-Aviv, souvent préférés
à l'austère découverte des richesses historiques
de Jérusalem la religieuse. Certains préféreront
les paysages ondulés de la Galilée ou encore la douce
piété de Safed, bien blottie au creux de ses collines
et toute vibrante encore aux élans mystiques qui l'animèrent
autrefois. D'autres, enfin, trouveront leur inspiration dans les déserts
de Juda ou seront sensibles aux variations extrêmes des températures
du Negev et à l'infinie diversité de ses coloris.
Mais Israël, c'est avant
tout sa population diversifiée et une jeunesse qui porte son
pays à bout de bras et qui, pour prix de son service, accepte
de reporter ses rêves et ses projets personnels à un âge
où les jeunes d'ici commencent déjà à se
sentir installés dans la vie. La jeunesse d'Israël offre,
pour qui veut dessiller ses yeux, une définition renouvelée
de la résilience.
Impératifs de protection
Exécrable propagande sioniste
? Sans aucun doute, répondront ceux parmi nous qui s'abreuvent
aux eaux délétères distillées par tous ces
experts et analystes de la scène internationale et crient au
scandale devant le «mur de la honte» érigé
sans grand enthousiasme par Israël.
Faut-il être aveuglé
par une fallacieuse définition du sionisme comme doctrine politique
pour songer à combattre l'entreprise sioniste au nom de je ne
sais quel antiracisme primaire ? A-t-on oublié, en ces cercles,
que l'infâme équation onusienne a bel et bien été
révoquée ? Faut-il être de droite et fascisant pour
comprendre que le mur dit de l'apartheid répond à des
impératifs de protection et qu'il tombera vraisemblablement sous
les pics des démolisseurs au terme d'un accord de paix ?
Pour d'autres, c'est le facteur
religieux qui est à la base de leur réticences envers
l'État juif. État théocratique, objecteront-ils,
sans se douter qu'ils définissent l'identité juive, individuelle
et collective, en termes empruntés à la théologie
chrétienne de façon à réduire la judaïté
à l'espace proprement religieux.
Ou alors, ils sont obnubilés
par l'engouement dont jouissent, chez nous et ailleurs, certains universitaires
juifs qui ont réussi à se convaincre que le sionisme contredit
les enseignements fondamentaux du judaïsme. Ces universitaires
sont notamment à l'oeuvre aux États-Unis, en France, et
parfois même en Israël. Chez nous, la thèse est développée
par l'auteur d'un livre intitulé Au nom de la Torah et lancé
tout récemment en anglais. L'ouvrage n'aura été
applaudi, somme toute, que par ceux qui estiment avoir des comptes à
régler avec l'État juif puisqu'il préconise l'élimination
d'Israël au profit d'une vague entité binationale.
La Palestine
Enfin, les partisans d'une représentation
visant à diaboliser Israël contesteront la légitimité
de l'État juif sur la base du cruel conflit qui oppose Israéliens
et Palestiniens. Les médias présentent ce conflit comme
une dispute territoriale (ce qu'il est aussi) entre deux mouvements
nationaux rivaux. Dans la mesure où le sionisme prend la forme,
à leurs yeux, d'une entreprise coloniale, l'enjeu, pour la population
indigène, est d'expulser l'occupant étranger.
Dans cette perspective, le terme
«occupation» reçoit diverses acceptions selon les
factions en cause. Les accords d'Oslo auraient pu, théoriquement,
régler le conflit défini dans ces termes. En utilisant
l'expression «le cycle de la violence» pour décrire
le conflit qui oppose Israël aux «militants palestiniens»,
beaucoup d'analystes brouillent commodément la distinction essentielle
que l'on se doit de faire entre les victimes d'actes terroristes et
ceux qui jugent bon de les perpétrer.
De là à accuser
Israël d'un déni de justice permanent à l'égard
de la population palestinien, il n'y a qu'un pas, et il est aisément
franchi. Les Israéliens sont alors perçus dans le rôle
peu enviable de ceux qui bloquent irrémédiablement les
aspirations légitimes des Palestiniens.
Fuseront alors, en certains cercles,
des attaques insidieuses contre des pratiques de l'armée israélienne
qui n'auraient rien à envier aux atrocités commises par
les nazis ! On sous-entend que les militants d'un mouvement national
peuvent recourir à tous les moyens, la terreur comprise, pour
réaliser leurs aspirations.
En réalité, le conflit
comporte une autre dimension, rendue plus évidente encore depuis
l'élection du Hamas : celle d'un mouvement islamiste proche des
aspirations des Frères musulmans dont il procède idéologiquement.
L'enjeu n'est plus l'occupation, mais la restauration à la Umma
islamique de la totalité de terres vues comme parti intégrante
de Dar Al-islam (La Maison de l'Islam) et tombées entre les mains
des infidèles que sont les Juifs qui se réclament du sionisme.
Une résolution du conflit
ainsi défini est plus difficile à entrevoir. Le plan de
désengagement du présent gouvernement israélien
découle logiquement de ce constat.
Je veux être réaliste.
Aucun argument n'ébranlera l'entêtement de ceux qui persistent
à croire qu'une sorte de faute originelle a entaché le
sionisme dès lors que le rêve nostalgique de Sion se transforma
en projet politique. Mais comment ne pas voir qu'en soutenant Israël,
les démocraties renforceront les factions modérées
et favoriseront peut-être ainsi l'émergence d'un État
palestinien ?
(Jean Ouellette, professeur retraité
de l'Université de Montréal [spécialiste en études
juives], est membre de l'equippe editorial de l'ICRJ)
QUE
PENSENT LES MUSULMANS DANS LE MONDE?
Daniel Pipes
New York Sun, 27 juin 2006
Pour le savoir, le Pew Research
Center for the People & the Press (Centre de recherche Pew pour
le public et les médias) effectua ce printemps un vaste sondage
intitulé «The Great Divide: How Westerners and Muslims
View Each Other» (Le grand fossé: comment se voient les
Occidentaux et les Musulmans). Le Centre Pew interrogea des Musulmans
dans deux types de pays: six d’entre eux ont une population à
majorité musulmane de longue date (Égypte, Indonésie,
Jordanie, Nigéria, Pakistan et Turquie) et quatre autres, situés
en Europe occidentale, ont des populations musulmanes minoritaires (France,
Allemagne, Grande-Bretagne et Espagne).
Ce sondage, qui examine également les opinions occidentales sur
les Musulmans, livre des résultats consternants sans être
vraiment surprenants. On peut les classer en trois rubriques.
Propension au conspirationnisme.
Aucune des populations musulmanes interrogées ne pense en majorité
que des Arabes ont perpétré les attentats du 11 septembre
2001 en Amérique. Les taux de Musulmans rendant des Arabes responsables
s’étendent de 15% seulement au Pakistan à 48% parmi
les Musulmans français. Le pourcentage de Turcs qui incriminent
les Arabes est tombé de 46% en 2002 à 16% aujourd’hui,
ce qui confirme des tendances négatives apparues récemment.
En d’autres termes, dans chacune de ces dix communautés
musulmanes, une majorité de gens considèrent les attentats
du 11 septembre comme une supercherie mise en scène par le gouvernement
américain, par Israël ou par quelque autre agence.
De même, les Musulmans sont nombreux à nourrir des préjugés
contre les Juifs, de 28% d’avis défavorables parmi les
Musulmans français à 98% en Jordanie (où, si la
monarchie est modérée, la population est majoritairement
arabo-palestinienne). En outre, les Musulmans de certains pays (surtout
l’Égypte et la Jordanie) considèrent les Juifs comme
des conspirateurs, responsables des mauvaises relations entre Musulmans
et Occidentaux.
Les théories de la "conspiration" portent également
sur des thèmes plus larges. À la question "qui est
responsable au premier chef pour le manque de prospérité
des nations musulmanes?", entre 14% (au Pakistan) et 43% (en Jordanie)
accusent la politique de l’Amérique et des autres états
occidentaux, plutôt que des problèmes locaux tels que le
manque de démocratie, les lacunes de l’éducation,
la corruption ou l’Islam radical.
Cet esprit ayant recours aux théories de la "conspiration"
révèle un refus très répandu au sein de
la oumma de faire face aux réalités, une préférence
pour les clichés confortables des complots, des manigances et
des intrigues. Il met aussi en lumière des problèmes majeurs
d’adaptation à la modernité.
Soutien au terrorisme
Toutes les populations musulmanes sondées affichent de solides
soutiens à Ben Laden. À la question de savoir s’ils
ont confiance en lui, les Musulmans sont entre 8% (en Turquie) et 72%
(au Nigéria) à répondre par l’affirmative.
Les attentats-suicide à l’explosif sont populaires aussi:
les Musulmans sont entre 13% (en Allemagne) et 69% (au Nigéria)
à les juger justifiés. Ces chiffres épouvantables
indiquent que le terrorisme a de profondes racines parmi les Musulmans
et restera un danger pour de longues années encore.
Les Musulmans britanniques et nigérians sont les plus fortement
aliénés
La Grande-Bretagne présente une image très paradoxale.
Les non-Musulmans y ont des opinions remarquablement plus favorables
sur l’Islam et les Musulmans que partout ailleurs en Occident;
ainsi, seuls 32% des Britanniques interrogés jugent l’Islam
violent, soit sensiblement moins que les personnes sondées en
France (41%), en Allemagne (52%) ou en Espagne (60%). Dans le débat
sur les caricatures de Mahomet, les Britanniques montrèrent plus
de sympathie pour le point de vue musulman que les autres Européens.
D’une manière plus générale, les Britanniques
reprochent moins aux Musulmans d’être responsables des piètres
relations entre Occidentaux et Musulmans.
Mais en contrepartie, les Musulmans britanniques affichent l’attitude
antioccidentale la plus prononcée d’Europe. Ils sont en
effet beaucoup plus nombreux que leurs coreligionnaires de France, d’Allemagne
et d’Espagne à juger les Occidentaux violents, avides,
immoraux et arrogants. De plus, leurs opinions sont nettement plus extrêmes
au sujet des Juifs, de la responsabilité des attentats du 11
septembre ou de la place de la femme dans les sociétés
occidentales.
Cette situation britannique reflète le phénomène
du «Londonistan», où les Britanniques pratiquent
une politique de reculade préemptive – une faiblesse à
laquelle les Musulmans répondent par un regain d’agressivité.
Les Musulmans nigérians expriment généralement
les opinions les plus belliqueuses sur des questions comme l’état
des relations entre Occidentaux et Musulmans, l’immoralité
et l’arrogance supposées des Occidentaux et le soutien
en faveur de Bin Laden et du terrorisme suicidaire. Cet extrémisme
résulte sans doute de la violence caractérisant les relations
actuelles entre Chrétiens et Musulmans au Nigéria.
Paradoxalement, l’aliénation des Musulmans est la plus
marquée dans les pays où les Musulmans sont soit le mieux,
soit le plus mal acceptés. La bonne solution semble donc consister
en un moyen terme, où les Musulmans ne jouissent pas de privilèges
spéciaux, comme en Grande-Bretagne, et ne sont pas non plus confrontés
à un stade avancé d’hostilité, comme au Nigéria.
Dans l’ensemble, le sondage de Pew émet un message de crise
incontestable s’étendant d’un bout à l’autre
du monde musulman.
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Volume V,
Numéro 240 • vendredi le 23 juin 2006
APPRENDRE À
SES DÉPENS
Moshé Arens
Ha'aretz, 22 juin 2006
Bien qu'Israël soit suffisamment
fort et qu'il ait des réserves pour compenser les erreurs répétées
de ses dirigeants, nous avons le droit d'attendre de ceux-ci qu'ils
tirent les leçons de leurs erreurs, afin d'en minimiser les conséquences
pour les citoyens. Mais là, on voit bien qu'ils apprennent à
leurs dépens, et beaucoup d'Israéliens en payent le prix.
Et c'est le tour des résidents de Sdérot, d'Ashkelon et
des communautés aux alentours.
Depuis que les forces de Tsahal
se sont retirées du Liban-sud, on a clamé que les retraits
unilatéraux sur des lignes de "plus grande légitimité"
accroissent la force de dissuasion d'Israël, à l'égard
des actes de terrorisme contre des citoyens. Comme si la réponse
militaire d'Israël contre le terrorisme du Hezbollah n'était
pas suffisamment justifiée, quand Tsahal était déployé
dans le sud du Liban. Comme si une fois Tsahal replié sur la
frontière internationale, sa réponse contre les agissements
du Hezbollah aurait été sans doute mieux comprise par
le monde entier. Qui peut oublier les terribles avertissements d'Ehoud
Barak, alors 1er ministre, menaçant d'infliger de sévères
ripostes contre le Liban, si le Hezbollah continuait ses attaques après
le redéploiement de l'armée ? On a appelé les casques
bleus de l'Onu pour bien montrer au monde entier qu'Israël n'occupait
plus un seul cm2 de territoire libanais. Mais il s'est trouvé
que ceux qui étaient supposés recevoir ces avertissements,
le sheikh Nasrallah et le gouvernement Libanais, n'étaient nullement
impressionnés par nos menaces. Les attaques ont continué
de plus belle, la riposte israélienne est restée lettre
morte et la dissuasion à la frontière nord s'est écroulée.
On n'a rien appris de cette leçon.
Puis nos dirigeants ont continué avec la même rhétorique:
si Israël se redéploie sur les lignes de 1967 autour de
la bande de Gaza, alors les terroristes verront ce qu'ils n'ont jamais
vu, si jamais ils continuaient à attaquer Israël. Et d'ajouter
que le monde entier comprendrait toute riposte israélienne aux
actes de terrorisme, quelle que soit son ampleur dévastatrice…
L'auto-punition infligée
par Israël du fait du désengagement de Gaza, c'est à
dire l'évacuation forcée de 8000 résidents, la
destruction de leur maison et leurs champs abandonnés, aurait
dû convaincre les Palestiniens, ainsi que les amis et les ennemis
d'Israël, qu'à partir de ce moment, il n'y aurait plus d'excuse
aux attaques terroristes. Et ce message a été largement
diffusé par les chefs militaires et politiques afin qu'il n'y
ait aucun malentendu. Mais les roquettes Qassam ont continué
à pleuvoir, avec une fréquence encore plus grande et atteignant
des zones sensibles autour d'Ashkelon.
Ayant leur racines sans doute
quelque part près de la ville légendaire de Chelm (1),
nos dirigeants ont décidé que la réponse aux tirs
de roquettes Qassam serait des barrages continus d'artillerie "sur
des champs vides". Or ces tirs ont empêché de dormir
les habitants d'Ashqelon, mais ils n'ont pas empêché les
roquettes de continuer à tomber. Bien au contraire, avec leurs
"dommages collatéraux", ces tirs stupides d'artillerie
ont provoqué des critiques de partout. La dissuasion d'Israël
s'est une fois de plus écroulée. Et les terroristes sont
de plus en plus osés. Répétez après moi
"tout désengagement unilatéral affaiblit la dissuasion
d'Israël".
Avec des arguties du type "les
Qassam tombaient déjà sur Sdérot bien avant le
désengagement de Gaza!", "personne n'a été
tué par une roquette Qassam!", nos dirigeants refusent d'admettre
que le désengagement de Gaza a été un gigantesque
fiasco. Mais insister bêtement pour que ce désengagement
comprenne aussi le nord de la bande de Gaza et les localités
de Nitsanit, Dugit et Alei Sinaï, pour atteindre les lignes de
1967, cela a rapproché les zones de lancement des roquettes de
la ville d'Ashkelon.
Alors que les résidents
de Sdérot sont recroquevillés dans leur abri, nos dirigeants
se grattent la tête pour savoir quoi faire demain.
Israël est en tête
des nations dans la technologie d'interception balistique, mais la trajectoire
des Qassam est trop courte pour qu'une interception soit possible. Pour
le moment il n'y a pas d'autre solution que de réoccuper "unilatéralement"
une partie du nord de Gaza, que l'armée a abandonnée stupidement,
en août dernier. C'est pourtant si simple, alors pourquoi ne le
fait-on pas? Vous n'allez pas me croire, nos dirigeants ont honte d'admettre
leur erreur d'évaluation. (2)
(Moshé Arens est l'ancien
ministre de la défense)
Note de la traduction
(1)propos ironiques de l'auteur,
la méthode préconisée étant inspirée
de l'armée russe; de plus on peut penser que cette ville de Chelm
est l'image d'une judéité diasporique et non israélienne,
c'est à dire craintive, plus que prudente.
(2) alors que pensez-vous d'un
désengagement de Judée et de Samarie prôné
par Ehoud Olmert?
Traduit par Albert Soued pour
www.nuitdorient.com
Qui
est coupable de la douleur qui s’exhale sur une plage?
Charles Krauthammer
Washington Post, 16 juin 2006
Traduction française : Menahem Macina, l'UPJF.org
C’était une autre
de ces images qui font instantanément le tour du monde. On y
voyait une jeune Palestinienne gémissant d’un chagrin déchirant,
pleurant la mort de son père, de la seconde épouse de
celui-ci, et de cinq enfants du couple, tués par une explosion
sur une plage de Gaza. Puis vint la condamnation. Le Président
Mahmoud Abbas (un modéré !) appela immédiatement
ce massacre un "génocide" israélien et, pour
dramatiser le crime, adopta légalement la petite affligée.
La couverture de presse sensationnaliste et les accusations spectaculaires
font surgir la question toute simple : Pourquoi Israël bombarderait-il
une famille pacifique sur une plage ?
Maladroit, comme toujours, le gouvernement israélien a semblé
s’excuser à mi-mot, en exprimant ses regrets à propos
de ces morts, ce qui laissait entendre que, peut-être, elles avaient
été causées par un obus israélien perdu,
visant une position de lancement de roquettes. Mais ensuite, quelques
jours plus tard, une enquête militaire concluait qu’Israël
n’était pas en cause dans cette affaire.
Premièrement, parce que
les fragments d’engin explosif, qui avaient été
extraits des victimes (soignées dans des hôpitaux israéliens
– une forme de "génocide"), n’étaient
pas du type de matériau utilisé par l’artillerie
israélienne.
Deuxièmement, parce qu’une photographie aérienne
n’a pas permis de repérer [en cet endroit] un cratère
comme celui qu’aurait dû causer un tir de l’artillerie
israélienne.
Troisièmement, parce qu’Israël pouvait rendre compte
de cinq des six obus tirés en direction d’une position
de lancement de roquettes, située dans les parages, et que celui
qui manquait avait été tiré au moins cinq minutes
avant celui qui est censé avoir tué la famille palestinienne.
L’expert d’une branche
locale d’un groupe de défense des droits de l’homme
conteste les affirmations israéliennes. Soit. Concédons,
pour les besoins du débat, que la question de savoir s’il
s’agissait d’un obus perdu, reste sans solution. Mais la
question qui va de soi, et qui n’est pas posée, est celle-ci
: Qui encourt le blâme quand des Palestiniens installent des lanceurs
de roquettes pour atteindre Israël – et les placent à
moins de 400 mètres d’une plage remplie de familles palestiniennes
en ce jour de "Shabbat" musulman ?
Réponse : C’est un exemple supplémentaire de la
tactique palestinienne, classique et lâche, du bouclier humain,
qui consiste à attaquer d’innocents civils israéliens
en s’abritant derrière d’innocents civils palestiniens.
A ce "jeu"-là, les terroristes palestiniens –
et les gouvernements palestiniens (Fatah comme Hamas) qui leur permettent
d’opérer sans encombres – sont toujours gagnants.
En effet, si leurs roquettes lancées contre des objectifs israéliens
tuent des Juifs innocents, personne au monde n’y prête attention,
et c’est un succès de plus pour la guerre terroriste contre
Israël. Et si des attaques israéliennes préventives
contre ces bases de lancement de roquettes tuent malencontreusement
des civils palestiniens, l’image emblématique d’un
"massacre israélien" fait la Une du New York Times,
et les Palestiniens gagnent la guerre de la propagande.
Mais une autre question, encore plus importante, n’est pas posée.
Que les bases de lancement de roquettes soient situées tout près
des plages civiles, ou dans des zones éloignées, pour
quelle raison, somme toute, les Gazans lancent-ils des roquettes contre
Israël ? - Ils en ont tiré environ un millier, l’an
dernier.
Pour amener Israël à évacuer ses colons, à
mettre fin à l’occupation et à permettre aux Palestiniens
de parvenir à la dignité et à l’indépendance
?
Mais c’est exactement ce
qu’a fait Israël, l’année dernière. Il
a totalement évacué Gaza, démantelé toutes
ses installations militaires, retiré ses soldats, détruit
toutes les implantations israéliennes et expulsé la totalité
des 7000 colons israéliens. Puis, Israël a défini
la ligne qui sépare Israël de Gaza comme étant une
frontière internationale.
Gaza est devenu le premier territoire
palestinien indépendant qui ait jamais existé.
Et qu’ont fait les Palestiniens de cette indépendance,
de ce territoire judenrein sous contrôle palestinien ? Ils ont
utilisé leur indépendance pour lancer des roquettes sur
des civils dans les villes israéliennes des environs.
Pourquoi ? Parce que les Palestiniens préfèrent le statut
de victimes au statut d’Etat [1]. Ils l’ont démontré
depuis 60 ans, à commencer par leur rejet de la décision
des Nations Unies de créer un Etat Palestinien, en 1947, parce
qu’elles auraient aussi créé un petit Etat juif
mitoyen. Plutôt que d’y consentir, ils entrèrent
en guerre.
Un demi-siècle plus tard, au sommet de Camp David avec le Président
Bill Clinton, Israël renouvela l’offre d’un Etat palestinien
– avec Jérusalem pour capitale, sans le moindre colon juif
en Palestine, et sur un territoire continu représentant 95% de
la Cisjordanie (Israël devant se contenter des 5% restant et des
morceaux de territoires lui appartenant en propre).
Réponse palestinienne ? Une guerre, à nouveau –
la guerre terroriste d’Arafat, autrement dit : la seconde Intifada,
qui a tué des milliers de Juifs.
Cette adoption de l’état de victime et de martyr, du sang
et de la souffrance, est la maladie palestinienne.
On leur a offert un Etat indépendant.
On leur a donné la totalité
de la bande de Gaza.
Et ils répondent par des attaques de roquettes contre des villes
israéliennes pacifiques, situées – il faut le rappeler
– dans l’Israël d’avant 1967 !
Que peut faire Israël, si
ce n’est tenter d’extirper ces bases de lancement de roquettes
et leurs équipes ? Que feraient les Etats-Unis si des roquettes,
tirées par-dessus la frontière avec Mexico, pleuvaient
sur San Diego ? [2]
A présent, regardez à nouveau le terrible cliché
[3] et posez-vous la question : Qui est responsable du chagrin déchirant
de cette pauvre gamine palestinienne ?
----------------
Notes du traducteur
[1] L’expression anglaise sonne avec beaucoup plus de force :
" Because the Palestinians prefer victimhood to statehood ".
[2] Cet exemple américain peut ne pas être très
signifiant pour des Français, par exemple. On peut en fournir
plusieurs parallèles frappants. Je n’en évoquerai
qu’un seul – hypothétique, pour l'instant. Supposons
que les Basques français, après avoir en vain réclamé
leur indépendance - assortie de la rétrocession d’une
large portion de territoire français limitrophe, qu’ils
prétendraient leur avoir appartenu dans le passé -, se
mettent à bombarder des villes comme Narbonne ou Biarritz, que
croyez-vous que feraient l’Etat français et son armée
? Pour montrer que ce n’est pas là pure fiction, lire une
dépêche récente de l’AFP, intitulée
"L'ETA appelle la France à s'impliquer".
[3] Il s’agit, bien sûr, de la photo – qui a fait
le tour du monde - de la fillette se roulant, de désespoir, sur
le sable de la plage, près du cadavre de son père.
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Volume V,
Numéro 239 • vendredi le 16 juin 2006
Israël n'est
pas responsable de l’explosion
sur la plage de Gaza
Résultats de la commission d’enquête
Communiqué de l'ambassade d'Israël en France, 13 juin 2006
Le Ministre de la Défense,
Amir Peretz, le Chef d’Etat-Major, Dan Halutz, et le Général
Meir Kalifi, responsable de la commission d’enquête, ont
tenu une conférence de presse à Tel-Aviv, le mardi 13
juin pour présenter les résultats de ladite commission.
Amir Peretz a déclaré qu’il y avait suffisamment
de preuves pour attester que l’explosion sur la plage de Gaza
n’était pas due aux forces israéliennes, contrairement
à ce qui a été décrit.
Dan Halutz a confirmé ce fait, ajoutant que tous les tirs israéliens
du 13 juin dernier, provenant de la mer, de l’air ou de la terre
avaient été examinés en détail. Il ressort
de l’enquête que :
- Un éclat d’obus retiré du corps d’une des
victimes hospitalisée en Israël (hôpital Ichilov de
Tel-Aviv) a été examiné au laboratoire du Technion
(Haïfa) : il ne s’agit pas d’un obus utilisé
par Tsahal.
- Le trou laissé sur la plage, selon les photographies, ne semble
pas avoir été dû à une explosion par le haut
(cas d’un obus), mais à une explosion venant d’en
dessous (cas d’une mine).
- Israël a recueilli une masse considérable de données
indiquant que, durant les dernières semaines, depuis que des
commandos israéliens se sont infiltrés dans la bande de
Gaza (pour la première fois depuis le retrait israélien,
en août 2005) afin de neutraliser les cellules responsables des
tirs de roquettes, le Hamas a méthodiquement miné la plage
nord de la bande de Gaza pour empêcher les Israéliens d’y
revenir.
Selon le journal Haaretz, des Palestiniens ont été témoins
que des militants du Hamas se sont précipités sur la plage
après l’explosion et ont ramassé les débris
dus à l’explosion.
Enfin, comme l’avait déjà attesté le commandant
de Tsahal pour la région Sud, Yoav Galant, le dimanche 11 juin,
sur les 6 tirs terrestres effectués le jour de l’incident,
5 ont atteint leur cible (des emplacements de lancement de roquettes
Qassam), à 250 mètres de la plage. Le 6ème, dont
l’impact n’a pas été trouvé, a, de
toute façon, été tiré à 16h51, alors
que l’explosion sur la plage a eu lieu, d’après les
témoins palestiniens, entre 16h 57 et 17h 10 (pour plus de détails,
lire la version en anglais)
Les conclusions de l’enquête menée après le
drame survenu sur la plage de Gaza, le 9 juin, démontrant qu'Israël
n’est pas impliqué, la manipulation cynique des images
d’une malheureuse enfant pleurant la mort de sa famille n’a
eu d’autre objectif que de jeter, une fois encore, l’opprobre
sur Israël.
Israël défend ses citoyens
En vertu du droit international, Israël a non seulement le droit,
mais également l’obligation de défendre ses citoyens.
Nous déplorons toute perte de vies humaines lors des opérations
militaires destinées à protéger notre population
contre la menace terroriste à laquelle elle continue d’être
malheureusement exposée. Les civils palestiniens ne constituent
certainement pas une cible et les pertes civiles palestiniennes résultent
du fait que les terroristes opèrent, en toute connaissance de
cause, à partir de zones à forte densité de population.
Israël constate, malgré l’évacuation de la
bande de Gaza l’année dernière, une escalade inquiétante
de la terreur contre son territoire, qui se traduit non seulement par
une augmentation des tentatives d’attentats-suicide, mais aussi
par des tirs incessants de roquettes Qassam et, récemment, de
type Katioucha à portée plus longue et plus précise.
Ces tirs se font de plus en plus intenses, ces dernières semaines,
prenant la population des villes et kibboutzim du Néguev en otage.
En dépit de ces menaces et de la nette détérioration
de sa situation sécuritaire, Israël a répété
vouloir privilégier une solution négociée, sur
la base de la Feuille de route, qui fixe clairement l’arrêt
de la terreur comme première étape de son application.
Israël est prêt à négocier avec tout partenaire
palestinien qui renonce au terrorisme, qui reconnaît son existence
et s’engage à respecter les accords conclus. A cet effet,
il est important de rappeler que le gouvernement Hamas, fidèle
à sa Charte, refuse de reconnaître Israël, d’entamer
un dialogue politique, de renoncer à la terreur et de respecter
ces accords. Par conséquent, le Hamas rejette une solution à
deux Etats, préconisée par la communauté internationale
et dont le principe est accepté par Israël.
D’autre part, Israël constate, avec inquiétude, la
détérioration des conditions humanitaires de la population
palestinienne. Israël a proposé une aide importante par
le biais d’organisations internationales en vue d’améliorer
ces conditions, mais le Hamas, apparemment peu soucieux des conditions
de vie de sa propre population, rejette tout mécanisme de contrôle
concernant l’affectation de cette aide.
Tant que la population civile israélienne restera la cible des
terroristes, Israël ne pourra que défendre ses citoyens.
Israël ne vise jamais volontairement des civils palestiniens, mais
du fait que les lanceurs de roquettes choisissant de tirer à
partir de zones peuplées, des drames, tel celui du 13 juin, sont
inévitables. Israël regrette les morts de civils suite à
la frappe contre le camion du Jihad islamique, qui s’apprêtait
à viser Ashkelon.
Retrouvez plus d'information sur le site de l’Ambassade d’Israël
en France :
visionnez des vidéos, des cartes, consultez le catalogue de publications
et commandez en ligne, accédez à Rachel, une présentation
ludique et animée d’Israël pour les enfants, consultez
les anciennes Newsletters, consultez les documents de référence
et l'actualité.
Site de l’Ambassade d’Israël en France : http://paris.mfa.gov.il
Morts
de la plage de Gaza:
Une vidéo palestinienne truquée
Itamar Marcus et Barbara Crook
Palestinian Media Watch, 13 juin 2006
Traduction française : Menahem Macina pour l'UPJF.org
La télévision de
l’Autorité Palestinienne a diffusé, à plusieurs
reprises, un clip vidéo falsifié des événements
qui entourent la mort de sept membres d’une famille palestinienne
sur la plage de Gaza, vendredi 9. Dans une tentative d’imputer
ces morts à la marine israélienne, la Télévision
de l’Autorité Palestinienne (PA TV) a utilisé une
vidéo montrant un bateau israélien lance-missiles, faisant
feu à Gaza, plus tôt dans la journée du vendredi,
et l’a incluse dans les scènes du drame de la plage, créant
ainsi l’impression d’une responsabilité israélienne.
Cliquer sur le lien pour voir cette vidéo falsifiée par
la Télévision Palestinienne
Ci-après, la durée des images introduites frauduleusement
dans la séquence vidéo :
00 - :32 secondes : Le clip de PA TV débute par une scène
montrant le bateau lance-missiles tirant vers la côte de Gaza.
Une séquence audio de sirènes d’ambulances est ajoutée
pour créer l’impression fallacieuse que le bateau tirait
au moment où les ambulances étaient sur les lieux.
0:32 - 1:05 : On passe directement à la scène des victimes,
pour créer un lien fallacieux entre les deux actions.
1:05 - 1:09 : La prise de vues revient au vaisseau et montre un marin
regardant vers la plage à la jumelle, créant à
nouveau l’impression qu’il regarde l’évacuation
des victimes.
1:09 - 2:00 : La scène de l’évacuation continue
et se termine par le mot "Pourquoi ?" inscrit sur l’écran,
uniquement en anglais, indiquant que la cible de cette intoxication
est une audience étrangère, vraisemblablement les médias.
Bien entendu, la vidéo de la marine israélienne n’avait
aucun rapport avec les morts de la plage. En effet, réalisée
plus tôt dans la journée, elle avait déjà
été diffusée aux médias et sur Internet
par l’armée israélienne elle-même, à
16h, une heure avant le carnage.
Commentaire de PMW :
Il convient de noter que non seulement la vidéo est falsifiée,
mais que la scène de la plage conforte clairement l’affirmation
israélienne selon laquelle les morts n’ont pas été
causées par un obus israélien. L’impact d’un
obus de ce type eût creusé un cratère géant
[1] et répandu du sable sur toute la zone, ainsi que sur les
victimes. Il n’y a aucun cratère et les lieux de la plage
ne sont pas sens dessus dessous comme c’eût été
le cas si un obus israélien était tombé dans le
voisinage.
------------------
Note de la Rédaction de l'Upjf
[1] C'est l'inverse qui est vrai. Un obus de marine creuse un cratère,
nettement repérable, certes, mais pas "géant".
En réalité la configuration du terrain tel qu'il est visible
sur la vidéo mise en ligne en son temps, sur le site de Maariv,
témoigne d'un vaste souffle qui a bouleversé le sable
de la plage (indice d'une explosion de surface et non du résultat
d'un impact). En tout état de cause, aucun cratère n'est
visible. C'est ce qu'il faut retenir. Je rappelle au passage que je
soutiens cette thèse depuis le début de l'affaire, voir
: "La redoutable force de frappe médiatique des Palestiniens"
; "Gaza: bavure israélienne ou dissimulation palestinienne
de preuves ?" ; "Mélodrame et cynisme sont les deux
mamelles de la propagande de l’AP".
--------------------------------------------------------------------------------
LES ÉDITIONS DU LYS SONT HEUREUSES D’ANNONCER
LA PARUTION DU NOUVEL OUVRAGE DE DAVID BENSOUSSAN :
L’ÂGE D’OR
SÉFARADE EN ESPAGNE
GRANDEUR ET DÉCADENCE
DE LA CONVIVENCIA
Cet ouvrage donne un avant-goût
de ce que furent les grands moments de la cohabitation dans l’Espagne
des trois religions et à amorcer une réflexion sur cette
période mythique. Avec, comme finalité, le fait d’éveiller
chez le lecteur un certain intérêt qui le poussera à
mieux connaître le creuset des civilisations dont nous sommes
issus et à envisager l’avenir avec plus de prévoyance.
En ces temps où l’on
parle du choc des civilisations, les réflexions contenues dans
cet ouvrage sont plus que jamais d’actualité.
PRIX :
Amérique du Nord : $ 20.00 Frais de transport : $5.00
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passées par chèque bancaire ou visa (numéro et
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Volume V,
Numéro 238 • vendredi le 9 juin 2006
Les «causes»
du terrorisme
Annette Paquot
Le Devoir, 9 Juin 2006
Dans un éditorial sans
ambiguïté et très ferme consacré aux suites
de l'arrestation à Toronto des 17 personnes accusées de
complot terroriste et condamnant les pratiques religieuses extrémistes,
Josée Boileau note avec justesse qu'«il est très
agaçant de se faire dire que l'extrémisme est suscité
par les stéréotypes ethniques véhiculés
par ce qu'il faut bien appeler la majorité» (Le Devoir,
8 juin 2006).
Cette remarque pose la question des causes de l'extrémisme, du
terrorisme en général et du terrorisme islamiste en particulier.
New York, Bali, Jérusalem, Madrid, Londres et maintenant Toronto
: le terrorisme islamiste interpelle émotivement chacun de nous,
qui sommes des cibles et ne voulons pas mourir. Il interpelle aussi
notre raison. Nous sachant menacés, nous essayons d'évaluer
l'importance et l'imminence de la menace, de définir sa nature
exacte et, mettant notre raison au service de notre survie, de trouver
les moyens d'y parer.
Dans cette démarche intellectuelle,
un des points auxquels s'attache le plus souvent notre réflexion
est tout naturellement celui des «causes» du terrorisme.
Comprendre, pensons-nous, c'est pouvoir reconstituer l'enchaînement
des causes. Si elle y parvient, notre raison est satisfaite. Notre instinct
de survie, lui aussi, est rassuré si nous pouvons répondre
à cette question car qui connaît les causes d'un phénomène
peut s'y attaquer. Supprimer la «cause» du terrorisme, c'est
briser cet enchaînement et donc pouvoir espérer échapper
à la menace.
Voilà ce qui explique,
je crois, qu'on s'interroge, dans tant de forums publics et tant de
conversations privées, sur les causes de ce phénomène.
La logique de ceux qui attaquent
Cette question des causes, certains
la posent fréquemment en s'attachant à ceux qui sont l'objet
des attaques terroristes c'est-à-dire les Américains,
les Britanniques, les Espagnols, les Israéliens, les Canadiens...
bref, à nous, citoyens des démocraties occidentales, qui,
à l'heure actuelle, sommes attaqués ou à tout le
moins menacés. Ils pensent que si les terroristes nous attaquent,
veulent nous détruire ou nous avoir à leur merci, c'est
parce que nous sommes trop ceci ou trop cela, parce que nous participons
d'un système qu'ils réprouvent ou parce que la politique
que mènent certains de nos pays est orientée de telle
ou de telle façon.
Mais il faut combattre cette
façon de voir les choses. La cause du 11-Septembre ne se trouve
pas chez les Américains, celle du terrorisme de l'intifada ne
se trouve pas chez les Israéliens et celle du complot fomenté
par les personnes récemment arrêtées à Toronto
ne se trouve pas au Canada. La cause du machisme ne se trouve pas chez
les femmes, celle de l'antisémitisme chez les juifs, celle du
racisme contre les Noirs chez les Noirs. La cause de l'intifada ne se
trouve pas dans l'occupation israélienne ni -- a fortiori --
dans la visite d'Ariel Sharon à l'esplanade des Mosquées.
Penser que la cause du terrorisme se trouve chez ceux qu'il attaque,
c'est déjà donner raison aux terroristes, entrer dans
leur logique et donc leur concéder un début de victoire.
Même quand nous considérons
les acteurs et reconnaissons que la haine et le mépris des femmes,
des juifs ou des Noirs se trouve dans le coeur des machistes, des antisémites
et des racistes, nous confondons trop souvent cause et motivation. Cette
haine les pousse à agir mais ne constitue pas la cause de leur
action.
Responsables
Il en va de même des terroristes
: dire que la cause du terrorisme réside dans le fait qu'ils
sont pauvres, occupés, exploités, objets de préjugés
négatifs ou de discrimination, c'est ignorer que d'autres populations
pauvres, occupées ou exploitées n'ont pas «produit»
de terrorisme et qu'on peut subir la discrimination et les préjugés
et lutter contre eux sans devenir terroriste kamikaze. En tant que sujets,
ils sont responsables de ce qu'ils font et pourraient agir autrement.
Oussama ben Laden aurait pu ne
pas attaquer le World Trade Center, les terroristes palestiniens auraient
pu ne pas faire sauter des autobus et des restaurants remplis de civils
et les jeunes Londoniens auraient pu ne pas mettre de bombes dans leur
métro. Ces actes sont les réponses qu'ils ont choisi d'apporter
à une situation donnée.
Raisonner en fonction de causes
fait l'impasse sur la responsabilité et sur la liberté.
Penser un phénomène humain de façon aussi mécaniste
nie aux acteurs leur pleine qualité de sujets responsables de
leurs actes. Cela conduit aussi à une indulgence complaisante
et dangereuse.
Les terroristes agissent pour
des raisons qui leur sont propres, ils sont inspirés par des
motivations précises et sans doute variées et ils poursuivent
des objectifs bien définis. Ni ces motivations ni les raisons
qu'ils invoquent ne sont des causes. Ce n'est pas à leurs victimes
d'assumer la responsabilité de leurs actions.
(Annette Paquot, professeure
titulaire à l'Université Laval, est membre du Conseil
Editorial de l'ICRJ.)
Le
«J'accuse» de Fatima Houda-Pepin
La députée libérale
dénonce la «propagande haineuse» des «extrémistes»
Antoine Robitaille
Le Devoir, 8 Juin, 2006
Québec -- Une «propagande
haineuse», un véritable «cancer», se dissémine
dans notre société depuis 25 ans, «sous couvert
de religion», l'islam «réductionniste», a accusé
hier la députée libérale de Lapinière, Fatima
Houda-Pepin, dans un entretien au Devoir où elle a remis en question
la représentativité de certains des porte-parole de cette
communauté. Seule élue québécoise musulmane,
elle insiste pour dire qu'elle ne veut d'aucune façon préjuger
de la culpabilité des 17 présumés terroristes torontois,
arrêtés vendredi. Elle souscrit évidemment aux appels
au calme et à la prudence.
Mais elle considère que Québécois et Canadiens,
quelle que soit l'issue des procès», doivent prendre conscience
d'un fait : «Tant et aussi longtemps qu'on laissera des gens,
ici, faire des endoctrinements et lancer des messages de haine à
l'encontre des autres parce qu'ils sont d'une autre religion, d'une
autre culture, d'une autre idéologie ou d'une autre pratique
religieuse, nous allons avoir des problèmes.»
Mme Houda-Pepin, qui n'a jamais
été tendre à l'endroit des sections radicales de
l'islamisme, avait présenté l'an dernier une motion à
l'Assemblée nationale (finalement adoptée à l'unanimité)
en opposition au projet de tribunaux islamiques en Ontario.
Elle s'inquiète des propos
auxquels les citoyens musulmans sont exposés «dans des
lieux de culte» ou «dans des cercles de réflexion
ou d'échange spirituels». Là, dit-elle, se tiennent
«des discours haineux extrêmement violents à l'endroit
de tous les "mécréants"; entendez par "mécréants"
tous ceux qui ne sont pas musulmans, d'une part, et, d'autre part, les
musulmans qui ne pensent pas comme eux». Selon la députée,
«la violence commence là : lorsqu'on propage un discours
de haine à l'encontre de l'autre, à cause de sa différence».
D'après elle, «il faut arrêter de se fermer les yeux
sur cette réalité parce que nous sommes tous perdants
si on continue de fermer les yeux sur ce phénomène».
Comme les skinheads
Elle s'étonne du fait que
l'on soit si vigilant envers les «discours haineux» que
propagent les «skinheads», par exemple, mais dès
que des propos de la même eau sont formulés dans un discours
«religieux», on laisse faire. «Je présume et
je suppose qu'il est permis d'interdire !», dit-elle en contre-pied
au fameux slogan de mai 1968, «il est interdit d'interdire».
Elle fait remarquer que le code pénal canadien contient «tout
ce qu'il faut» pour mettre fin à cette «propagation
haineuse sous couvert de religion». «C'est aux autorités
compétentes d'agir en conséquence», insiste-t-elle.
Surtout que toute cette haine
est un produit d'importation qui cause un problème de représentativité.
Ses propagateurs font partie, dit-elle, d'un «petit segment minoritaire»
chez les musulmans d'ici, «une mouvance alimentée aux conflits
importés d'ailleurs, aux sensibilités venant d'ailleurs;
elle s'est organisée autour d'un certain leadership importé
d'ailleurs», affirme-t-elle. Elle pense par exemple «à
des gens qui viennent ici comme imams, ils sont formés à
l'étranger, payés par l'étranger, pour promouvoir
au Québec et au Canada un islam de l'étranger qui n'a
aucun rapport avec la réalité et les contextes proprement
québécois et proprement canadiens».
Ce «segment» travaille
depuis longtemps au Canada, depuis quelque «25 ans», soutient-elle.
Et ceux qui le composent sont bien alimentés à tout point
de vue (financement, mobilisation, structure) et cherchent à
s'imposer par tous les moyens aux communautés musulmanes. «D'une
certaine manière, ils essaient de définir la communauté
au Canada et au Québec», dit-elle.
Mais il y a un problème
: «N'importe qui peut se déclarer imam», déplore
Mme Houda-Pepin. «Ce n'est pas comme le sacerdoce, où vous
avez une structure, une Église organisée, où les
titres valent quelque chose, où les gens ont passé à
travers une formation académique, une formation personnelle,
qui les a amenés à une reconnaissance d'un statut précis.»
Même si vous faites n'importe quel métier, soutient-elle,
«vous pouvez presque entrer dans une mosquée, dire que
vous voulez être un imam et vous êtes un imam ! Pourvu que
vous ayez l'argent qui coule derrière vous, parce que c'est ce
qui est nécessaire. Et alors, vous pouvez prendre la communauté
en otage».
En contrepartie, «l'immense
majorité» de cette communauté, dit-elle, ne se reconnaît
pas dans ces imams souvent invités par les médias pour
parler au nom des musulmans. «Il n'y a pas de leadership unifié,
il n'y a pas d'interlocuteurs qui vont refléter l'opinion, le
point de vue ou le sentiment de la très vaste majorité»,
déplore-t-elle. «Ceux qui s'intègrent, ceux qui
vivent en harmonie avec leur milieu ne sont pas organisés, n'ont
pas de voix reconnue pour refléter leurs sentiments et leurs
réactions.» Et cette situation est «profondément
dramatique», souligne Mme Houda-Pepin, parce que de nombreux membres
de cette majorité «non organisée» se sentent
floués : «Quand on les rencontre, ils vous disent : "Moi,
j'ai quitté mon pays, j'ai quitté ma famille pour fuir
l'extrémisme, la violence, le fanatisme, pour combattre ces éléments-là,
et ici, on m'associe à ceux qui représentent cela !"»,
raconte la députée.
Un «cancer»
Ainsi, s'il faut bien sûr
faire «tous les efforts nécessaires pour encourager l'intégration
des communautés musulmanes au Québec, au Canada»,
il faut aussi, selon elle, «avec la même énergie
et avec la même force, dénoncer les éléments
extrémistes qui sont en train de disséminer une vision
de l'islam qui est totalement en rupture avec ce qu'on devrait vivre
dans le monde moderne. C'est un vrai cancer qui est en train de se répandre
dans la communauté». À preuve, ces burqas qui se
multiplient chez nous et qui, notamment, étaient omniprésentes
autour du palais de justice : «C'est une violence faite aux femmes
de les forcer à porter ça, une ségrégation.
On leur apprend à haïr l'autre, on leur apprend à
ne pas donner la main à l'autre. On leur apprend à prendre
leurs distances par rapport à l'autre.»
Lutter contre l'extrémisme
ici, c'est du reste aider d'autres pays musulmans qui tentent de s'en
sortir, affirme-t-elle. Il faut en somme agir localement et penser globalement
car il y a aujourd'hui un extrémisme sans frontières qui
est un sous-produit de la mondialisation. «L'ayatollah Khomeiny,
lorsqu'il est rentré en Iran en 1979, il est parti d'où
? De la banlieue de Paris, rappelle la députée. Est-ce
que vous vous rendez compte que plusieurs mouvances qui se déploient
à l'heure actuelle dans le monde ont leurs pieds à terre
dans les pays démocratiques pour frapper ces autres pays qui
cherchent justement à leur barrer la voie chez eux ? L'internationalisation
est déjà là. Donc, personne ne peut mener ce combat-là
seul.»
Le discours de Mme Houda-Pepin
débouche sur un plaidoyer pour l'aide internationale à
ces pays aux prises avec l'islamisme, par exemple le Maroc. «Si
on est capable de dépenser des milliards de dollars pour envoyer
des soldats en Irak prétendument pour implanter la démocratie,
est-ce qu'on ne pourrait pas prendre le quart de cet argent-là
et aider des pays qui veulent aller vers la démocratie et les
soutenir dans leur destin ?»
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Volume V,
Numéro 237 • vendredi le 2 juin 2006
Dissuader ceux
qui sont déjà morts ?
Laurent Murawiec
BESA Center for Strategic Studies Bar
Ilan University , 25 mai 2006
Traduction française : Menahem
Macina
La dissuasion est effective lorsque
quelqu’un est authentiquement capable de menacer le centre de
gravité de son ennemi : la menace d’infliger des pertes
inacceptables, que ce soit dans une rixe de bar ou dans une escalade
nucléaire. La logique qui préside à la dissuasion
est : cela en vaut-il la peine ? Le rapport coût-bénéfice
de l’initiative envisagée est-il tellement négatif
qu’il réduirait à néant le capital investi
? La dissuasion est effective lorsque le prix à payer par la
partie sur laquelle elle s’exerce excède énormément
les bénéfices escomptés. Mais la dissuasion n’atteint
son but que si l’ennemi est capable de, ou disposé à
entrer dans la même logique. Si les règles du jeu de l’ennemi
sont différentes et qu’il raisonne selon d’autres
règles, il ne se laissera pas dissuader. Les Philistins ne pouvaient
rien faire pour dissuader Samson. Si le calcul est : je donne ma vie
terrestre sans valeur en échange du triomphe d’Allah sur
la terre et d’une éternité de béatitude,
si l’ennemi veut mourir, s’il désire l’apocalypse,
rien ne pourra l’en dissuader.
Quand Mahmoud Ahmadinejad était maire de Téhéran,
il a proposé avec insistance que les routes principales de Téhéran
soient élargies pour que – expliquait-il – le jour
de sa réapparition, l’Imam caché, Mohammed ibn Hassan,
dont la grande "occultation" a eu lieu en 941 de notre ère
puisse fouler des avenues spacieuses. Plus récemment, il déclara
au ministre indien des Affaires étrangères : « dans
deux ans, tout sera réglé », sur quoi le dignitaire
invité se méprit en croyant que l’Iran prévoyait
de posséder des armes nucléaires dans un délai
de deux ans. Il fut stupéfait d’apprendre plus tard qu’Ahmadinejad
avait voulu dire que le Mahdi apparaîtrait dans deux ans, ce qui
ferait disparaître tous les problèmes du monde.
A vrai dire, cette attitude n’est pas nouvelle, et elle ne doit
pas nous surprendre : les idées religieuses et leurs cousines
éloignées, les représentations idéologiques,
ne déterminent pas seulement les croyances de ceux qui y croient,
mais leurs actions. La vérité est comme envahie par la
foi, et la foi, à son tour, façonne la réalité
du croyant. La différence entre le religieux et l’idéologie
religieuse est la suivante : le croyant religieux admet que la réalité
est un donné, alors que le fanatique risque tout sur une pseudo-réalité
de ce qui devrait être. Le croyant religieux admet la réalité
et s’emploie à l’améliorer, tandis que le
fanatique la rejette, refuse tout compromis avec elle et essaie de la
détruire pour y substituer sa perception visionnaire.
Pat Moyniham fit un jour cette remarquable réponse à un
opposant : « Vous avez le droit à vos opinions, mais pas
à vos réalités ». Ahmadinejad vit davantage
dans ses croyances que sur notre terre commune. Nous avons la même
planète en partage, mais pas les mêmes réalités.
Le partage prend la forme de bombes et de balles.
Ahmadinejad veut hâter la réapparition de l’Imam
Caché, dont la venue, selon l’apocalyptique islamique traditionnelle,
et spécialement shiite, sera le Signe que l’Heure est venue,
que la Fin des Temps est proche. La politique d’Ahmadinejad ne
peut être appelée "radicale", par opposition
à "modérée". Sa politique est apocalyptique
et eschatologique. Sa perspective n’est pas terrestre mais vise
l’au-delà. Le célèbre Ayatollah Khomeiny
disait : « Nous n’avons pas fait une révolution pour
faire baisser le prix du melon ». Le rôle du Mahdi, lors
de sa réapparition, sera de prendre la tête de la grande
guerre finale qui aboutira à l’extermination des Incroyants,
à la fin de l’Incroyance et à la complète
domination de la loi de Dieu sur toute l’humanité. La Umma
[communauté musulmane] s’étendra jusqu’à
absorber l’ensemble du monde.
La politique mise en œuvre par la nébuleuse au pouvoir à
Téhéran – Ahmadinejad, les Pasdaran, les Basiji,
le ministère du Renseignement, le Guide Suprême Khamenei
– est apocalyptique et millénariste, mais aussi autiste:
rien de ce qui, dans le monde, contrevient à leur sens perverti
de ce qui est ou devrait être, n’a droit de cité
; inversement, tout ce qui, dans le monde, contredit leurs représentations
doit être éradiqué : seules leurs représentations
ont le droit d’exister. Dans leur révolte contre l’Ordre
du monde, ils sont déterminés à imposer à
ce monde un Ordre qui est incompatible avec la plupart des institutions
et des gens. Ils sont prêts à détruire un monde
qui refuse leur dawa et s’accroche, de manière opiniâtre,
à ses conceptions, pour faire prévaloir leurs vues extravagantes.
Le djihad contemporain n’est pas une question de politique (en
matière d’"occupation", d’"injustices",
de colonialisme, de néocolonialisme, d’impérialisme
et de sionisme), mais une question de foi gnostique. Par conséquent,
les tentatives de traiter le problème sous l’angle politique
ne permettent même pas de percevoir sa nature. L’aspirine,
comme la pénicilline, sont une bonne chose, mais elles sont de
peu d’utilité pour combattre les maladies de l’esprit.
J’insiste sur le fait que je ne dis pas ici que djihadistes sont
"cinglés". Je dis qu’ils sont atteints d’une
maladie de l’esprit, et cette maladie est la religion politique
du Gnosticisme moderne dans sa version islamique.
Faisons un retour en arrière, si vous le voulez bien, sur ce
qui s’est passé le 28 septembre 1971, au Caire. Le Premier
ministre de Jordanie, Wasfi al Tell, qui était menacé
de représailles par le mouvement palestinien, pour ce qu’on
a appelé Septembre Noir, en 1970, entre dans le salon de l’Hôtel
Sheraton. "Cinq balles, tirées à bout portant, [l’]atteignirent…
Il tituba… tomba, touché à mort, parmi les éclats
de verre sur le sol de marbre. Tandis qu’il agonisait, l’un
des tueurs se pencha sur lui et lapa le sang qui coulait de ses blessures".
La multiplication d’incidents similaires nous indique qu’il
ne s’agit pas de 'dommages collatéraux', ni d’événements
fortuits. Ils n’appartiennent pas à la sphère de
la politique traditionnelle, ils ressortissent plutôt à
un 'ailleurs' de la géopolitique.
Les soldats tuent. Les terroristes tuent. Le djihad moderne lape le
sang. La sacralisation du sang, la profonde admiration pour la sauvagerie,
le culte de l’assassinat, l’adoration de la mort, sont inséparables
du djihad arabo-musulman contemporain. Assassiner de manière
horrible, infliger des souffrances avec joie et de manière sanglante,
sont des comportements célébrés et présentés
comme des modèles à imiter et des actes exemplaires qui
plaisent à Allah. Ce ne sont pas là de purs échos
d’une attitude archaïque à l’égard de
la mort. J’ai rassemblé, comme peut le faire tout un chacun,
des dizaines d’exemples de sacrifices humains infligés
par des djihadistes islamistes de tout acabit. Cette pornographie du
crime est infinie. Elle va du meurtre gratuit de Léon Klinghoffer
[9], jusqu’aux instructions de Mohammed Atta– « Votre
couteau doit être bien aiguisé et vous ne devez pas causer
de la souffrance à votre animal durant le massacre ». Elle
passe aussi par le cimetière du Behesht Zahra, le "Paradis
des Fleurs", près de Téhéran, avec sa Fontaine
de Sang. Ou encore par ce rapport sur le meurtre d’un intellectuel
algérien, le "Dr Hammed Boukhobza, qui fut tué par
un groupe de terroristes islamistes dans la ville de Telelly […]
". "On ne se contenta pas de le tuer dans son appartement,
mais sa femme et ses enfants, qui voulaient fuir, furent contraints
de voir comment on le coupait littéralement en morceaux et lui
arrachait lentement les entrailles, alors qu’il respirait encore.
Manifestement, les terroristes aimaient voir cette souffrance et voulaient
que la famille du supplicié partagent leur plaisir."
L’accumulation de tels actes montre qu’ils ne constituent
pas un épiphénomène mais sont au cœur du dessein
du djihadiste. Ils sont diffusés 24 heures sur 24 et 7 jours
sur 7 sur des chaînes, telle Al Jezira et beaucoup d’autres.
On les regarde et les célèbre avec avidité, on
organise des projections privées et familiales. Pensons aux photos
et aux vidéos d’assassinats, Daniel Pearl, Paul Johnson,
meurtres en direct destinés à être vus par le public.
Une photo, prise le 12 octobre 2000, en est peut-être le pire
symbole : un jeune homme montre à une foule palestinienne jubilante
ses mains dégoulinantes du sang de deux soldats israéliens
assassinés. Il y a une demande publique correspondant à
l’offre : des films de meurtres gores sont utilisés comme
des repères identitaires. Ils témoignent du triomphe d’une
théologie de la mort, une "production de mort", comme
avaient coutume de dire les idéologues baathistes (la prétendue
distinction entre les nationalistes arabes ou panarabes apparemment
'laïques', et les structures religieuses, est vide de sens quand
il s’agit de vie ou de mort, comme c’est le cas), et une
'industrie de mort', comme un ouléma saoudien en vue l’appelait
fièrement. Il faut entendre le thème chanté d’un
chant funèbre hypnotique des Frères Musulmans : Allah
ghayatuna/Al Rasul zaimuna/Al Quran dusturuna/Al Jihad sabiluna/Al mawt
fi sabil Allah asma amanina/Allah akbar. Ces mots doivent être
pris au sérieux, voire littéralement, comme les événements
l’ont montré. Hassan al Banna a, à maintes reprises,
loué l’"art de la mort" de sa Confrérie
(fann almawt). C’est un amour de la mort, une pathologie
du martyre, ou un nihilisme : lorsqu'une société tout
entière s’oriente dans cette direction, cette société
est en train de devenir suicidaire. Une société qui entraîne
ses jeunes vers le meurtre et la recherche de la mort fait des choix
qui mènent à son extinction. « Nous aimons la mort
plus que vous aimez la vie ».
Si vous dépréciez et méprisez la vie et qu’à
l’inverse, vous concentrez tous vos désirs sur la mort,
le passage dévotement désiré vers la vie glorieuse
de l’au-delà par la voie de la shahada [martyre], 'troquer'
(comme dit le Coran) sa vie terrestre pour celle de l’au-delà,
est beaucoup plus facile, et prendre la vie des autres est une procuration,
c’est une obligation, un sacrifice. Le meurtre par suicide tel
qu’il est abondamment pratiqué contre Israël, l’Inde
et, plus récemment, les Etats-Unis, est causé par cette
pathologie collective de l’esprit, l’idéologie religieuse
gnostique. Il y a des causes secondaires, combinées, mais elles
ne sont que cela, des auxiliaires de l’idéologie.
Les croyants – ici, les djihadistes - sont les Elus : eux et eux
seuls, connaissent le dessein de Dieu sur le monde ; ils ont été
choisis par Lui pour mener et gagner la Bataille finale et cosmique
entre Dieu et Satan, et faire advenir la perfection sur la terre, en
l’occurrence, l’extension de la loi et du règne de
Dieu, le dar al islam, pour l’humanité tout entière.
Qui que ce soit d’autre a tort et est mauvais, jahili, c’est
un ennemi que l’on peut et que l’on doit tuer à son
gré. La réalité, c’est-à-dire la Création,
est irrémédiablement pervertie. Les Parfaits sont "une
élite de surhommes immoraux" (Norman Cohn), qui savent ce
que la réalité doit 'réellement' être. Ils
ont entrepris de transformer le monde pour qu’il soit conforme
à la 'seconde réalité' qu’eux seuls connaissent,
grâce à leur savoir exceptionnel, la gnose. Pour parvenir
de A à B, du monde mauvais d’aujourd’hui au monde
parfait de demain, des torrents de sang doivent être versés
dans un combat exterminateur, le sang de tous ceux dont les actes ou
dont l’existence même entrave l’accomplissement de
la mission du Mahdi. Grâce à leur condition extraordinaire,
les Parfaits sont au-dessus de toutes les lois et règles. Tout
ce qu’ils font est voulu et ratifié par Dieu. Leur intention
est garante de leurs actes. Eux seuls sont capables de décider
de la vie et de la mort. Le pouvoir que cette idéologie confère
à ses partisans est exaltant. Ils aiment la mort plus que nous
aimons la vie.
Durant cinq cents ans, de 1100 à 1600, l’Europe a été
ruinée par des insurrections gnostiques, des Flandres à
l’Italie du Nord, de la Bohème à la France : pastoureaux
taborites, flagellants, esprits libres, anabaptistes, etc. Le schéma
de croyance, décrit ci-dessus était le leur. Ils recrutèrent
des centaines de milliers de gens, menacèrent des royaumes et
renversèrent des duchés, ils massacrèrent des Juifs,
des prêtres et des gens riches, ils créèrent leurs
propres 'républiques' grotesques, sanguinaires et totalitaires.
"Bientôt nous boirons du sang au lieu de vin", affirmaient
les chefs de la principale rébellion, "ceux qui n’acceptent
pas le baptême… doivent être tués, puis ils
seront baptisés dans leur sang". Et un autre : "Maudit
soit l’homme qui retient son épée de verser le sang
des ennemis du Christ. Tout croyant doit laver ses mains dans ce sang…
tout prêtre doit légalement pourchasser, blesser et tuer
les pécheurs". Et "les Justes… ne se réjouiront
pas en voyant la vengeance et en se lavant les mains avec le sang des
pécheurs". Ecoutons Thomas Müntzer : "maudits
soient les incroyants… ne les laissez pas vivre plus longtemps,
les malfaisants qui se détournent de Dieu. Car un impie n’a
pas le droit de vivre s’il gêne le pieux. L’épée
est nécessaire pour les exterminer… s’ils résistent,
qu’ils soient massacrés sans merci… les impies n’ont
pas le droit de vivre, sauf si les Elus choisissent de le lui permettre…
Maintenant, attaquez-les… il est temps… Ces vauriens sont
aussi désespérés que des chiens… Ne prêtez
pas attention aux lamentations des impies ! Ils vous imploreront…
ne vous laissez pas apitoyer… Attaquez-les ! Attaquez-les ! Tant
que le fer est chaud, ne laissez pas votre épée se refroidir
! Ne la laissez pas boiter !"
En règle générale, on entend les mêmes harangues
de la bouche des islamistes radicaux. "Mourez avant de mourir",
dit Ali Shariati, le fidèle shiite. "Celui qui saisit un
fusil, un couteau de cuisine, ou même un caillou comme arme pour
tuer les ennemis de la foi a sa place assurée dans les cieux.
Un Etat islamique est la somme totale de fidèles individuels
de cette sorte. Un Etat islamique est en état de guerre jusqu’à
ce que le monde entier voie et accepte la lumière de la Vraie
Foi", dit l’Ayatollah Fazlallah Mahalati, organisateur des
pelotons iraniens d’assassinat. "Permettre aux infidèles
de rester en vie signifie leur permettre de causer davantage de corruption.
Les tuer est une opération chirurgicale ordonnée par Allah…
la guerre est une bénédiction pour le monde et pour toute
nation. C’est Allah lui-même qui ordonne aux hommes de faire
la guerre et de tuer… C’est la guerre qui purifie la terre",
a dit Ruhollah Khomeiny. Et l’article 15 de la charte du Hamas
illustre cela : "Je veux réellement aller à la guerre
pour Allah ! J’attaquerai et je tuerai ! J’attaquerai et
je tuerai ! J’attaquerai et je tuerai !" Comme je l’ai
dit, un soldat tue, un djihadiste aime tuer. Et quelle fut la lugubre
arithmétique prônée par certains djihadistes ? Puisque
les Américains ont, soi-disant, tué beaucoup de musulmans,
les musulmans étaient "en droit" de tuer 4 millions
d’Américains, enfants inclus. La Torah relate la fin des
sacrifices humains : elle déclare avec force que la Loi de Dieu
est : TU NE TUERAS PAS, ce qui fut adopté par les chrétiens.
Le djihad d’aujourd’hui est une énorme régression
aux temps pré-abrahamiques, à Moloch et à Baal.
A l’époque moderne, en Occident, comme l’ont montré
Eric Voegelin et Norman Cohn, l’idéologie s’est transformée
et a pris des formes laïques – nazie et bolchevique, en particulier.
L’islam était lourdement chargé de contenus gnostiques,
et avait été formé par une matrice tribale, favorisant,
par nature, des tendances manichéennes ("eux" par rapport
à "nous"). Le saut de la religion seule à l’idéologie
religieuse était facile. Il fut accompli, au XIXe siècle,
par Jamal al Din al Afghani. Marchèrent à sa
suite : Abu Ala Mawdoodi, Hassan al Banna, Sayyid Qutb, Ali Shariati,
Ruhollah Khomeiny, Osama bin Laden. Le Hamas, le Hezbollah, le Deobandi
de l’Asie du Sud, la Jamaah Islamiyya indonésienne, les
Taliban, les Wahhabites, partagent cette conception.
Sachant cela, pourquoi ne décourageons-nous pas les modernes
gnostiques, les djihadistes ?
D’abord, nous ne le faisons pas. Ceux qui sont déjà
morts, qui se considèrent comme morts au monde et vivants pour
le monde à venir, ceux qui veulent mourir, ne peuvent généralement
pas être découragés. La foi a été
décrite comme une croyance aux choses invisibles. Le gnosticisme
est une croyance en une réalité imaginaire qui est considérée
comme plus réelle que la réalité commune : les
gnostiques ne croient pas à ce qu’ils voient, ils voient
ce qu’ils croient. On ne peut décourager cela. Imaginez
qu’Oussama bin Laden soit devant vous : comment allez-vous le
dissuader ? Et Zawahiri, ou Zarqawi ? Dissuasion ? N’y pensez
même pas. La dissuasion aurait pu marcher avant que le djihad
contemporain ait atteint sa masse critique, peut-être aux alentours
du milieu des années 1990.
Si notre ennemi était un simple 'terrorisme', nous pourrions
l’empêcher de nuire, chèrement, sans aucun doute
: en détruisant le lien entre Saoudites et Wahhabites et leur
mainmise sur le pouvoir, en balayant la force des ayatollahs iraniens,
et en exerçant une forte pression sur la nocive communauté
du renseignement militaire pakistanais – en fin de compte, les
parties centrales du terrorisme musulman. L’effondrement de cette
structure de terreur aurait entraîné celui du terrorisme.
Mais le terrorisme lui-même n’est rien d’autre que
le principal instrument du djihad : le principe directeur est le djihad,
pas le terrorisme. L’objectif des djihadistes (selon la terminologie
de Clausewitz, le Zweck), selon les mots mêmes du Coran, est de
jeter la terreur dans le cœur des incroyants, c’est un objectif
quasi militaire : une fois terrorisés, les Incrédules,
les schismatiques et les polythéistes se convertiront, se soumettront
ou mourront. L’objectif stratégique (Ziel) du djihad est
la mainmise gnostique sur le monde. Dans une certaine mesure, nous serions
capables d’affaiblir, d’entraver ou de retarder le Zweck.
Mais le Ziel est inconditionnel et ne peut être modifié.
Pouvons-nous empêcher le djihad de nuire en lui arrachant ses
crocs terroristes ?
Quelques contournements sont efficaces. La manière dont l’armée
israélienne et les forces de sécurité ont impitoyablement
épuisé la force du terrorisme islamique, principalement
par le rythme élevé de l’usure de son cadre de commandement,
est exemplaire et devrait faire l’objet d’études
et d’imitation ailleurs, dans des conditions différentes.
Le djihad contemporain, comme son émanation, le terrorisme, est
une chaîne intégrale : tant qu’il est islamiquement
fascinant d’être un membre du clergé qui promulgue
des fatwas appelant au meurtre de civils israéliens, ou de GIs
américains, le clerc continuera. Une fois mort, il cessera son
activité. Il en sera de même du président d’une
association de bienfaisance qui transfère de l’argent au
djihad. Même chose pour l’officier de haut rang du renseignement
qui entraîne ou infiltre des terroristes, pour le prédicateur
qui provoque, pour le professeur de madrasa ou d’université
qui fait du lavage de cerveaux, pour le prince qui ment par peur, et
pour l’ayatollah qui envoie des équipes de tueurs, etc.
Telle est la dissuasion que lançaient ceux dont on ne parle plus,
pour encourager les autres, comme on dit en français.
Le djihad est l’idéologie influente d’un certain
nombre d’Etats ; des Etats peuvent être contraints et frappés.
Cette approche est une variante de la notion de décapitation,
ou de la formulation de ciblage nodal créée par le théoricien
de la force aérienne militaire. Ce n’est pas tant le hardware
des djihadistes qu’il faut frapper que leur software, mais pas
par une frappe légère.
Qu’a fait l’Europe pour écraser les insurgés
gnostiques au début et à la fin de l’époque
médiévale ? Churchill a dit un jour : "Si Hitler
envahissait l’enfer, je ferais au moins une référence
favorable au démon à la Chambre des Communes". De
manière analogue, j’aurai un mot aimable pour l’Inquisition
(pas pour l’espagnole, toutefois), qui a fait du bon travail en
nettoyant ce gâchis. On les a pourchassés et tués.
Thomas Müntzer fut vaincu, capturé et décapité
en 1525. Le roi des Anabaptistes de Münster, John von Leyden et
son entourage furent exécutés en 1535. A titre d’avertissement
épouvantable, leurs corps furent suspendus dans des cages de
fer du haut de la tour de l’église Saint Lambert, dans
cette ville. Ceux qui survécurent se cachèrent dans l’attente
de jours meilleurs. Ce qu’ils avaient découvert, c’est
que leur révolte était sans espoir, qu’elle était
inutile et que de lever trop haut la tête était le plus
sûr moyen de la perdre. Leur volonté avait été
brisée. Le trauma qu’ils avaient subi pour l’avoir
fait était suffisant.
Un martyr aura des imitateurs, dix martyrs déclencheront admiration
et émulation. Un millier de martyrs morts à l’insu
de tous meurent en vain. Si Ahmadinejad et d’autres meurent en
vain et inutilement, ils ne mourront pas en martyrs, mais en rustres.
Leur mort est la seule chose qui compte pour le gnostique et pour le
djihadiste : si l’on enlève cela, il ne reste rien. Cela
ne veut pas dire, comme les jurés du procès de Moussaoui
semblent avoir été amenés à penser, qu’"on
ne peut pas faire de lui un martyr puisque c’est ce qu’il
veut". Il faut faire en sorte que sa mort soit solitaire, inutile
et ignorée.
Les morts banales, sans romantisme, triviales, font voler en éclats
la gloire de la mort du djihadiste. C’est George Patton qui a
dit : "Aucun salaud n’a jamais gagné une guerre en
mourant pour son pays. Il l’a gagnée en faisant mourir
pour son pays un autre pauvre et stupide salaud". La recette n’est
ni belle ni facile.
Les gnostiques européens vaincus sont entrés dans la clandestinité,
leur seul espoir reposait sur la transmission clandestine de leurs croyances,
spécialement à leurs enfants. La société
ne peut éliminer les croyances gnostiques, mais elle peut rendre
la souche inactive au lieu de virulente. Le djihad est inséparable
de l’islam et découle de ses principes les plus fondamentaux.
La rupture de ce lien ne se produira pas de sitôt. Mais, tout
au long de l’histoire, quand les conquérants islamiques
se sont heurtés à des adversaires de force égale
à la leur, ils se sont arrêtés. Quand ils ont subi
une défaite écrasante, ils ont battu en retraite, et ont
trouvé l’ouléma ou le faqi pour la justifier, comme
les 'prophètes' qui annonçaient l’"enlèvement"
[de l’Eglise] pour hier à 8h 09, et l’ont remis à
l’année prochaine. Mais souvenons-nous que la plupart des
fidèles ne sont pas rebutés par l’échec ridicule
des prophéties de leur prophète, précisément
parce qu’ils vivent dans la 'seconde réalité'.
Après l’extermination de leurs dirigeants, les insurgés
européens du Moyen-Âge se débandèrent et
se dispersèrent. Soumettre à un rythme élevé
d’attrition et à un ciblage nodal le dispositif djihadiste
dans le monde (par là, je tiens à le souligner, je ne
veux pas dire les 'terroristes' seulement, ou même en premier
lieu) me semble être un moderne équivalent de ce qui se
passa jadis. Si je puis rendre hommage à la chaîne de commandement
qui a orchestré son élimination, le cheikh Yassin n’avait
pas pour habitude de manier des armes à feu – il maniait
la mort. C’est ceux qui déploient les morts vivants qui
doivent être les cibles prioritaires.
(Voici un lien à l'article complet: http://www.upjf.org/actualitees-upjf/article-11325-145-7-dissuader-ceux-deja-morts-laurent-muraciec.html
pour ceux et celles qui veulent lire les notes du traducteur.)
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