numéro 233 / numéro 234 / numéro 235 / numéro 236

Volume V, Numéro 236 Vendredi, 26 mai 2006
COMMUNIQUÉ ISRANET
Un service de L’I.C.R.J.
L’Institut canadien de recherches sur le Judaïsme
Professeur Frederick Krantz, Directeur Les
risques des négociations de "contournement" Joël
Fishman
Traduction:
Objectif-info.com "Pourquoi
nous efforçons-nous si vainement de réussir dans une entreprise
si vaine?" [ Henry Thoreau, Walden ]. On a
appris récemment que Mahmoud Abbas avait téléphoné au premier
ministre Ehud Olmert pour lui demander de reprendre des négociations
avec Israël. Dans le même esprit, la secrétaire d'État
Condoleeza Rice et les membres du Quartet ont essayé de persuader
Israël de s'engager dans des négociations, même si les chances
d'aboutir sont minimes. On peut se demander qui tirerait profit de
cette proposition qui semble assez innocente à première vue. Mahmoud
Abbas ne représente pas le gouvernement légalement élu de
l'Autorité palestinienne. Il est tout simplement dépourvu de la
légitimité qui reviendrait à un dirigeant démocratiquement élu.
Pour le meilleur ou pour le pire, le Hamas est arrivé au pouvoir
à l'issue d'élections légales, que l'administration américaine
a bien voulues. Si de véritables négociations devaient avoir
lieu, elles devraient être menées avec le gouvernement légal de
l'Autorité palestinienne, ce qui n'est pas possible actuellement.
Le Hamas ne reconnaît pas l'État d'Israël, et Israël ne considère
pas le Hamas comme un partenaire possible. De fait, Israël a établi
des critères pour caractériser un partenaire crédible pour des
négociations. Parmi les conditions préalables, on trouve les
obligations suivantes : la reconnaissance du droit d'Israël à
l'existence, la fin du terrorisme, le démantèlement des
organisations et des infrastructures terroristes, le respect des
accords déjà signés, et le choix d'un premier ministre doté de
pouvoirs suffisants et prêt à agir résolument contre le
terrorisme. C'est la politique d'Israël que le premier ministre
Ariel Sharon a définie il y a trois ans et demi, le 4 décembre
2002, à la Conférence de Herzlia. Les responsables politiques
israéliens savaient que si l'on renversait cette séquence, si
l'on renonçait à ces conditions préalables, on aurait la
certitude qu'un nouvel État terroriste s'édifierait à côté
d'Israël. Par conséquent, ce que les Américains ont appelé
avec légèreté un programme de « contournement » pour aider
Mahmoud Abbas, fait l'impasse sur les exigences stratégiques
fondamentales d'Israël et affaiblit en même temps son attitude
morale à l'endroit du Hamas. Mahmoud
Abbas n'a pas demandé des négociations parce qu'il veut la paix.
Sur le fond de cette question, il ne peut pas apporter ce qu'Israël
revendique. C'est à une situation de faillite morale et financière
qu'a abouti Mahmoud Abbas, qui se retrouve de fait hors jeu. Pour
lui, le fait même de négocier, même s'il n'a rien à donner en
retour, offre de nombreux avantages. Se retrouver dans la même pièce
qu'un délégué israélien, respirer le même air, cela lui confère
une certaine respectabilité et l'aiderait peut-être à trouver
des financements. Et, ce n'est pas le moindre avantage,
l'isolement politique de l'Autorité palestinienne pourrait être
brisé. L'Autorité
palestinienne n'a jamais vraiment renoncé à sa guerre contre
Israël, et elle se livre à un type de guerre où les négociations
sont un moyen d'affaiblir l'adversaire, d'obtenir des territoires
sans combattre, de jouer la montre, d'entraver et d'harceler
"l'ennemi sioniste". Des négociations sont aussi une
opportunité pour mobiliser les amis de la cause palestinienne en
Israël, qui déstabilisent sa démocratie à grand renfort de
discours agressifs et fracassants. Nos adversaires ont donc
beaucoup à y gagner, mais pas Israël. En réalité,
des hommes politiques bien intentionnés ont fait le même genre
d'erreur dans le passé. Shimon Pérès a cru naïvement que l'OLP
affaiblie qui avait pris parti pour Saddam Hussein pendant la
guerre du Golfe, montrerait de la gratitude envers Israël qui lui
évitait de tomber dans l'oubli. Revenant sur la décennie précédente,
le professeur Élie Kedourie, grand historien du Moyen-Orient,
posait la question : à quoi a-t-il servi de sauver Yasser Arafat
et l'OLP au cours de l'été 1982 en les escortant de Beyrouth
jusqu'à l'asile de Tunis ? De même, nous nous pouvons nous
demander ce qu'a apporté de bon le transfert de l'OLP à Gaza en
1993, ou, avec le bénéfice du recul, si la cause de la paix au
Moyen-Orient progresserait réellement du fait de l'établissement
d'un État palestinien (si jamais cette initiative a une
justification morale convaincante). Plutôt
que tirer une fois encore les marrons du feu pour le compte des
Palestiniens, il vaudrait peut-être mieux cette fois-ci que la
communauté internationale fasse assumer à l'Autorité
palestinienne les conséquences de sa décision initiale de négocier
et de son comportement déloyal à l'époque du soi-disant "processus
de paix d'Oslo." Dr.
Joël S. Fishman est membre du Jerusalem Center for Public
Affairs M.
Olmert visite Washington Adaptation française:
Alain
Jean-Mairet Quand un premier ministre
israélien fait une visite inaugurale à Washington, c'est
toujours un grand événement. En principe, il rencontre le président,
s'adresse au Congrès, fait une apparition sur les meilleurs
programmes télévisés, donne des discours devant des publics
influents et s'entretient en privé avec une série de notables.
Culte de la personnalité, pompe et substance s'entremêlent
pendant que les deux chefs de gouvernement établissent une
relation stable, que le lien entre les États-Unis et Israël est
confirmé une nouvelle fois et que les questions touchant au
conflit israélo-arabe sont passées en revue. Lorsque Ehud Olmert
arrivera, dans quelques jours, le thème politique central sera
constitué de ce qu'il nomme le «plan de convergence», soit la
suite du retrait de Gaza opéré à la mi-2005 par une évacuation
comparable mais de plus grande envergure des soldats et des résidents
israéliens en Cisjordanie. David Makovsky a réuni
les différents composants de ce plan de portée considérable
dans une récente étude du Washington Institute for Near East
Policy intitulée Olmert's
Unilateral Option: An Early Assessment (l'option unilatérale
d'Olmert: une première évaluation). Il s'agit, entre autres des
projets suivants: La barrière de sécurité
israélienne servira de base pour l'établissement d'une frontière
avec la Cisjordanie, dont 92% seront placés sous le contrôle de
l'Autorité palestinienne. Israël conservera trois ensembles résidentiels
(Gush Etzion, Maale Adumim et Ariel) avec une population civile
israélienne estimée à 193000 personnes, mais au moins 60000
civils israéliens seront évacués de Cisjordanie d'ici 2010, par
la force si nécessaire. Les environs arabes de Jérusalem seront
incorporés dans la Cisjordanie, ce qui diminuera la population
arabe de la ville de 140000 personnes. Fait remarquable, le plan
ne mentionne pas l'avenir de la présence militaire israélienne. Le plan israélien est
peut-être unilatéral par nature, mais M. Makovsky relève que même
l'unilatéralisme nécessite des négociations. Ainsi, au cours de
sa prochaine visite à Washington, M. Olmert sollicitera l'appui
diplomatique et financier de Washington pour son projet de retrait.
Ce soutien lui semble acquis, car le gouvernement des États-Unis
ne s'oppose jamais à un retrait territorial israélien. Mais avant que le président
et le Congrès ne donnent leur aval à l'initiative d'Olmert, il
serait tout de même indiqué qu'ils consacrent quelques réflexions
à ses implications néfastes pour la sécurité américaine exposées
dans un important rapport réalisé par Caroline Glick pour le
Center for Security Policy: Ehud
Olmert's "Convergence" Plan for the West Bank and U.S.
Middle East Policy (Le plan de «convergence» d'Ehud
Olmert pour la Cisjordanie et la politique moyen-orientale des
États-Unis).
Mme Glick avertit que le plan de M. Olmert compromettra
probablement les intérêts sécuritaires des États-Unis en déstabilisant
Israël et la Jordanie. Avec une grande minutie,
elle documente comment le retrait israélien de Gaza en 2005 a
radicalisé la société arabe palestinienne, entraîné la chute
de Gaza dans l'anarchie, ouvert ses portes aux forces du
terrorisme, mis en danger l'infrastructure nationale israélienne,
entravé les troupes israéliennes, permis l'édification d'un
arsenal palestinien substantiel et créé une série de nouveaux
problèmes entre Israël et l'Égypte. Elle prévoit ainsi de même
que la cession prévue de territoires à l'Autorité palestinienne
va déstabiliser la Cisjordanie, porter préjudice à Israël et
«menacer directement la capacité de survie des Hachémites» en
Jordanie. Ces dommages auront des conséquences négatives pour
les États-Unis, affirme-t-elle, en: Depuis les années 1950,
le gouvernement des États-Unis a systématiquement encouragé les
gouvernements israéliens à céder des territoires, et je
m'attends à ce que cet usage persiste. Mais il vaut la peine de
signaler que plusieurs membres du Congrès – et parmi eux les sénateurs
Charles
Schumer et Jesse
Helms – ont fait
part de leur inquiétude en voyant Jérusalem compromettre sa
sécurité en abandonnant trop de terres. N'est-il pas concevable
qu'une telle circonspection parvienne à s'imposer également au
sein de l'exécutif? En décembre
2000, espérant contre toute attente, j'appelais
l'administration Clinton à remonter le moral de son allié défaillant
en adoptant plusieurs mesures, dont notamment la dissuasion de
nouvelles concessions territoriales par Israël. Aujourd'hui,
j'appelle l'administration Bush à constater l'évolution
lamentable du retrait de Gaza, à porter son regard au-delà des
attraits faciles d'un nouveau retrait israélien et à rester
conscient des dangers qu'implique une évacuation unilatérale de
la Cisjordanie – pour Israël, pour la Jordanie et pour les
États-Unis.
B.P. 175, succursale H
Montréal, Québec H3G 2K7
Courriel : cijr@isranet.org
Internet : http://www.isranet.org
___________________________________________
Makor Rishon,
le 19 Mai 2006
Daniel Pipes
New York Sun, 16 mai
2006
Prof. Frederick
Krantz, Editeur (Concordia Univ.)
Prof. Julien Bauer (Univ. du Québec
à Montréal)
Ori Bauer (Chercheur Associé,
ICRJ)
Baruch Cohen (Directeur de
recherches, ICRJ)
Jacqueline Douek (Assistante
Directrice, ICRJ)
Jean-Claude Léon (Communauté
Sépharade du Québec)
David Ouellette (Chercheur
Associé; Journaliste, ICRJ)
Prof. Jean Ouellette (Univ. de
Montréal)
Prof. Annette Paquot (Univ.
Laval)
Edmond Silber (Chercheur Associé,ICRJ)
Encouragez vos collègues, amis et parents à consulter notre
site Web pour obtenir de plus amples informations sur le Communiqué
Isranet. Pour vous joindre à notre liste d’envoi ou pour
vous désabonner, contactez-nous à : http://www.isranet.org/.

Volume V, Numéro 235 Vendredi, 19 mai 2006
COMMUNIQUÉ ISRANET
Un service de L’I.C.R.J.
L’Institut canadien de recherches sur le Judaïsme
Professeur Frederick Krantz, Directeur Plus
jamais ?
B.P. 175, succursale H
Montréal, Québec H3G 2K7
Courriel : cijr@isranet.org
Internet : http://www.isranet.org
___________________________________________
Charles Krauthammer
Traduction française : Menahem Macina,
l'upjf.org
Quand quelque chose se produit pour la
première fois en 1871 ans, cela mérite attention. En
70, puis en 135 de notre ère, l’Empire romain a
brutalement écrasé les révoltes juives de Judée, détruit
Jérusalem, tué des centaines de milliers de Juifs, réduit
en esclavage et exilé des centaines de milliers
d’autres. Durant près de deux millénaires, les
Juifs ont erré dans le monde. Et aujourd’hui, en
2006, pour la première fois depuis lors, il y a à
nouveau plus de Juifs vivant en Israël – l’Etat
qui a succédé à la Judée – qu’en tout autre
endroit de la terre.
La population juive d’Israël vient d’atteindre
les cinq millions six cent mille âmes. La population
juive d’Amérique, qui était de cinq millions cinq
cent mille âmes en 1990, est tombée à environ cinq
millions deux cent mille, dix ans plus tard, et son déclin
abrupt, causé par la baisse des taux de fertilité et
les hauts niveaux d’assimilation, réduira ce nombre
de moitié au milieu du siècle.
Quand six millions de Juifs européens furent tués
dans l’Holocauste, seuls deux centres majeurs de vie
juive subsistèrent : l’Amérique et Israël. Ce
système à deux étoiles est toujours en vigueur
aujourd’hui, mais il vient d’atteindre un point où
il suffirait d’un rien pour qu’il bascule.
Chaque année, tandis que la population juive continue
de croître en Israël et de décliner en Amérique
(et dans le reste de la Diaspora), Israël devient de
plus en plus, comme c’était le cas au temps de
Jésus,
le centre du monde juif.
Une restauration des plus improbables et aux allures
d’épopée. Pour ne prendre qu’une des plus
remarquables réussites du retour : l’hébreu est la
seule langue morte de l’histoire connue à avoir été
remise en usage dans la vie quotidienne, en tant que
langue vivante d’une nation. Mais cette
transformation a un prix et comporte un danger : elle
modifie radicalement les perspectives de survie du
peuple juif.
Durant 2000 ans, les Juifs ont été protégés par la
dispersion – une protection qui n’empêchait pas
les communautés individuelles d’être régulièrement
persécutées et massacrées, mais qui était efficace
pour le peuple dans son ensemble. Décimés en un
lieu, ils pouvaient survivre ailleurs. Persécutés en
Espagne, ils pouvaient trouver refuge à
Constantinople. On pouvait les massacrer dans les régions
rhénanes au cours des Croisades, ou en Ukraine durant
l’insurrection de Chmielnicki, en 1648-49, mais ils
survivaient dans le reste de l’Europe.
Hitler a mis fin à cette illusion. Il a démontré
que l’antisémitisme moderne, conjugué aux
technologies modernes – voies ferrées,
bureaucraties disciplinées, chambres à gaz meurtrières
à l’efficacité industrielle – pouvait
s’emparer de gens dispersés et les "concentrer"
pour les anéantir totalement.
La fondation d’Israël constitua une déclaration
juive, adressée à un monde qui avait permis à
l’Holocauste de se produire – après qu’Hitler
eut très clairement exposé ses intentions. Il y était
proclamé que les Juifs recourraient dorénavant à
l’autoprotection et à l’indépendance pour se
défendre.
Et c’est ce qu’ils ont fait en créant une armée
juive, la première en 2000 ans, qui l’a emporté
dans trois grandes guerres de survie (1948-49, 1967 et
1973).
Mais, par une ironie cruelle de l’histoire, pour ce
faire il a fallu cette concentration, ce rassemblement
consistant à mettre tous les œufs dans le même
panier : un territoire exigu contigu de la
Méditerranée,
dont la partie la plus étroite est de quelque douze
kilomètres. Une cible tentante pour ceux qui
voudraient achever l’œuvre d’Hitler.
Ses successeurs d’aujourd’hui résident à
Téhéran.
Le monde a été très attentif à la déclaration du
Président Mahmoud Ahmadinejad, affirmant qu’Israël
devait être détruit. Mais il a prêté moins
d’attention aux formulations concernant la manière
exacte dont Israël serait détruit, à savoir : «
par une seule tempête », selon la promesse
d’Ahmadinejad.
L’ancien président, Hashemi Rafsanjani, le prétendu
modéré de la bande, a expliqué que « l’emploi
d’une bombe nucléaire contre Israël ne laisserait
rien subsister sur son sol, alors qu’il ne causerait
que des dégâts au monde de l’Islam ». Logique
impeccable. L’intention est claire : une attaque
nucléaire détruirait totalement le minuscule Israël,
alors que des représailles lancées par un Israël
mourant n’auraient pas d’effet majeur sur une
civilisation islamique d’un milliard d’individus,
dont les populations s’échelonnent de la Mauritanie
à l’Indonésie.
Dan sa course aux armes nucléaires, l’Iran précise
qu’en cas de problème, les Juifs seront les
premiers à souffrir. « Nous avons annoncé que, quel
que soit l’endroit (d’Iran) où l’Amérique
causera des dommages, le premier lieu que nous
ciblerons sera Israël », a déclaré le général
Mohammad Ebrahim Dehghani, un commandant de haut rang
des Gardiens de la Révolution. Hitler avait été légèrement
moins direct lorsqu’il avait annoncé, six mois
avant d’envahir la Pologne, que, s’il y avait une
autre guerre, « le résultat serait… l’anéantissement
de la race juive en Europe ».
La semaine dernière, Bernard Lewis, doyen des études
islamiques, qui vient d’atteindre ses 90 ans et se
souvient fort bien du XXe siècle, confessait que,
pour la première fois, il éprouve à nouveau le
sentiment d’être en 1938. Il n’a pas eu besoin
d’ajouter qu’en 1938, face à la tempête qui se
préparait, sous l’égide d’un ennemi fanatique et
agressif, qui se déclarait ouvertement ennemi de
l’Occident et, plus farouchement encore, des Juifs,
le monde n’a rien fait.
Quand, dans les quelques prochaines années, les
mollahs d’Iran auront acquis les armes nucléaires
qu’ils convoitent, le nombre de Juifs vivant en
Israël,
atteindra précisément les 6 millions.
Jamais plus ?
Prof. Frederick
Krantz, Editeur (Concordia Univ.)
Prof. Julien Bauer (Univ. du Québec
à Montréal)
Ori Bauer (Chercheur Associé,
ICRJ)
Baruch Cohen (Directeur de
recherches, ICRJ)
Jacqueline Douek (Assistante
Directrice, ICRJ)
Jean-Claude Léon (Communauté
Sépharade du Québec)
David Ouellette (Chercheur
Associé; Journaliste, ICRJ)
Prof. Jean Ouellette (Univ. de
Montréal)
Prof. Annette Paquot (Univ.
Laval)
Edmond Silber (Chercheur Associé,ICRJ)
Encouragez vos collègues, amis et parents à consulter notre
site Web pour obtenir de plus amples informations sur le Communiqué
Isranet. Pour vous joindre à notre liste d’envoi ou pour
vous désabonner, contactez-nous à : http://www.isranet.org/.

Volume V, Numéro 234 Vendredi, 12 mai 2006
COMMUNIQUÉ ISRANET
Un service de L’I.C.R.J.
L’Institut canadien de recherches sur le Judaïsme
Professeur Frederick Krantz, Directeur
B.P. 175, succursale H
Montréal, Québec H3G 2K7
Courriel : cijr@isranet.org
Internet : http://www.isranet.org
___________________________________________
La sélection, qu’elle a faite récemment, de La Nuit, le récit
classique de l’Holocauste, par Elie Wiesel, pour son club du
livre de ce mois, dans le cadre du Oprah Winfrey Show [2],
promet de polariser l’attention d’un énorme public qui sait
encore peu de chose ou rien du tout de cette catastrophe
fracassante et définitive de notre temps. Dans ses émissions
avec Wiesel, dont il est prévu qu’elles incluent une visite
filmée à Auschwitz, nous verrons une femme afro-américaine
marchant dans le royaume de la nuit et au milieu des ombres.
Cette odyssée éducative peut ouvrir la voie à de nouvelles
compréhensions, entre autres, entre chrétiens et Juifs.
Qui pourrait se montrer réticent à ce propos ? Pourquoi
devrais-je, en particulier, être en proie au doute ? Le livre
de Wiesel m’a initié à des questions qui ont modelé l’œuvre
de ma vie dans le champ des études sur les chrétiens et les
Juifs. Je continue à considérer son chef-d’œuvre, publié
en France sous le titre La Nuit, en 1958, et dans son pays, en
1960, comme l’une des narrations de l’Holocauste, les plus
saisissantes jamais composées, et je suis impressionné par le
choix audacieux, qu’a fait Oprah, de le placer au centre de sa
rencontre et de celle de ses téléspectateurs avec le trauma
tellurique que fut la Shoah. Pourquoi donc, alors, ai-je si peu
confiance en la possibilité que cette combinaison unique de
talents réalise un miracle dans notre psyché collective ?
Mon malaise provient du soupçon que la lecture et la discussion
de La Nuit, de Wiesel, occuperont l’entièreté du programme.
En vertu de la puissance du plus grand club de livres de la
planète,
le public américain ira à Auschwitz, contemplera un pan réduit
du vaste et complexe paysage, et ne sera pas en mesure de
prendre garde à une série de difficultés beaucoup plus
proches de chez nous, au sens du foyer mental et culturel, habité
par tant de mes collègues chrétiens. Un génie littéraire et
une Télévision cathartique peuvent momentanément nous
captiver, mais il est probable que la plupart des téléspectateurs
sortiront sans dommage de cette expérience, avec des postulats
non vérifiés et potentiellement dangereux.
Mon anxiété a trois aspects. Le premier provient du caractère
intime du récit que fait le livre. Un jeune garçon juif,
originaire d’une petite ville d’Europe orientale, est balayé
par le mécanisme d’un meurtre de masse, et les lecteurs sont
envoûtés par une voix qui leur relate les événements
survenus dans un monde, méconnaissable tant il est déformé.
Nous assistons à leur déroulement au travers du regard
d’un enfant, dont l’ancrage dans sa famille, dans sa foi et
dans la perception de soi est méthodiquement brisé. Nous pénétrons
dans un royaume d’incertitude radicale et de désespoir, dans
lequel notre regard n’a pas le droit de porter plus loin que
les fils barbelés qui l’enclosent et le contiennent.
Et c’est là le problème. Dans le monde que dépeint Wiesel,
les organisateurs du génocide se trouvent en dehors du périmètre
du camp, et donc en dehors de la perception non informée du
lecteur. Les politiciens qui ont élaboré ces plans, les
bureaucrates et les technocrates qui les ont réalisés avec une
efficacité meurtrière, demeurent sans visage. Il n’est pas
possible de rendre compte de l’exécution soigneusement
orchestrée d’un meurtre de masse.
Dans le même ordre d’idées, nous traversons le récit de
Wiesel sans remarquer les « bourreaux volontaires » d’Hitler,
les gens ordinaires qui obéirent aveuglément aux instructions
et y acquiescèrent par leur silence. Beaucoup d’entre eux étaient
le produit du meilleur système éducatif du monde ; la plupart
avaient été baptisés au cœur même de la chrétienté. La
majorité silencieuse ne voulait pas en savoir trop. Les gens étaient
occupés, ils ne voulaient pas entrer en conflit avec les
autorités, ni mettre en danger leur existence ou celle de leur
famille. Ils ont feint d’ignorer les horreurs. Les justes,
ceux qui ont risqué leur vie pour sauver des innocents, furent
de rares exceptions qui n’ont fait que confirmer la règle.
Mais la voix impérative qui émane des crématoires exige que
nous affrontions les fondements idéologiques de ce meurtre de
masse, et cette confrontation nous conduit au seuil de la
tradition chrétienne. Au long des siècles, les enseignements
chrétiens ont cultivé le terreau d’une hostilité qui découlait
d’un mépris largement répandu pour le judaïsme et le peuple
juif. Ce caractère dédaigneux s’amplifiait dans l’interprétation
chrétienne de la Bible, et se répandait grâce à
l’entregent de brillants théologiens, renforcé par les
usages homilétiques et liturgiques, et incarné dans l’art et
l’architecture.
De nos jours, beaucoup de chrétiens sont inconscients de cet héritage
inquiétant, et ont tendance à en nier la virulence et la
longévité.
Et ceci, malgré l’écrasant consensus des historiens, et,
dans les récentes décennies, celui de la hiérarchie
ecclésiale,
selon lequel l’animosité enracinée dans la chrétienté a
constitué, en fait, une condition préalable de l’émergence
de l’antisémitisme moderne. Pour cette raison, l’Holocauste
impose aux chrétiens une obligation particulière, et le désamorçage
du parti pris, toujours toxique, constitue pour les chrétiens
un impératif de la plus haute urgence.
La Nuit, de Wiesel, fournit un aperçu de l’horrible expérience
des victimes ; elle ne brandit pas un miroir pour obliger les
chrétiens à se mesurer au point vulnérable de leur tradition.
J’aimerais croire que, dépassant les limites du livre, Oprah
examinera les courants antijudaïques qui animaient les perpétrateurs
de l’Holocauste et paralysèrent ceux qui se tenaient à l’écart.
Ce faisant, elle aiderait beaucoup d’Américains, spécialement
les Protestants, à relever un défi difficile, et apporterait
une contribution de son cru au témoignage révolutionnaire
émis,
en premier, par l’Eglise catholique romaine, lors du Second
Concile du Vatican, en 1965, quand elle rendit publique la déclaration
Nostra Aetate [§ 4].
Mais, pour des raisons qui constituent le second aspect de mon
anxiété, j’ai des doutes.
Les chrétiens apprennent à lire et à interpréter le monde à
la lumière de la vie, de la mort et de la résurrection de
Jésus.
En plaçant leurs combats dans la lumière de l’histoire,
telle qu’elle est narrée dans les Evangiles, ils sont
capables de percevoir le sens au sein de l’échec humain,
l’ordre au fond du chaos, et l’espérance dans l’épaisseur
du désespoir.
Que se passe-t-il lorsque des chrétiens "lisent" La
Nuit, de Wiesel, au prisme de leur histoire sainte ? Qu’est-ce
que la narration chrétienne contribue à faire découvrir dans
les réalités auxquelles Wiesel est confronté ? Que cache ou déforme
le regard chrétien sur le monde, à propos de cette
quintessence de l’expérience juive ?
Il me faut encore rencontrer un lecteur de La Nuit, qui ne soit
pas sorti boiteux [3] de cette rencontre. Les mémoires de
Wiesel se sont imprimées de manière indélébile dans
l’imagination de tous, avec la résistance à feuilleter les
pages. Peu de récits de l’Holocauste, en effet, ont autant
d’efficacité pour aider les lecteurs à ressentir la
transformation poignante d’un être en victime. Toutefois,
cette identification, rendue possible par le talent littéraire
de Wiesel, peut libérer une catharsis sans générer, pour
autant, une compréhension historique ou un discernement
théologique. Précisément, les chrétiens peuvent, par l’imagination, pénétrer
dans cette mémoire et en resituer les horreurs dans leur propre
cadre religieux : celui de la mort-et-de-la-résurrection
Dans l’une des scènes les plus bouleversantes du livre,
Wiesel évoque l’exécution du jeune garçon par les nazis.
L’enfant est pendu à la potence entre deux hommes. Comme les
prisonniers sont rassemblés et obligés d’assister à la
pendaison des victimes, ils ne peuvent éviter de voir
l’enfant, qui est trop léger pour que la corde puisse achever
l’œuvre de strangulation. L’agonie de l’enfant, qui se débat
faiblement entre la vie et la mort, suscite la question : « Où
est-il [Dieu] ? ». Et Wiesel de répondre avec intensité : «
Où il est ? Il est là, pendu à cette potence. »
Ces mots dénotent un effondrement de la foi. Pour des Juifs, en
particulier, ils peuvent être considérés comme les termes
d’une contestation radicale, une mise en accusation du Dieu
Qui, jadis, agissait dans l’histoire pour racheter Israël,
Son peuple, mais Qui, en cet instant le plus crucial de sa
détresse,
a omis de le sauver. Peut-être est-ce là le faible écho de la
plainte du Psalmiste, dont le but était de tirer le Seigneur de
Sa somnolence. Mais le silence de Dieu brise l’espérance. La
conscience accablante de Son absence, de Sa trahison, menace de
fracasser la possibilité même de la foi. Le narrateur, un
jeune homme élevé dans un pieux foyer juif, se retrouve dans
un engourdissement sinistre, dans un vide que rien ne peut
combler.
Pour beaucoup de lecteurs chrétiens, cependant, cet épisode résonne
de manière très différente. La où les Juifs voient la preuve
de l’absence de Dieu, les chrétiens découvrent, au milieu de
l’angoisse et de l’obscurité, une confirmation de la présence
rédemptrice de Dieu. Pénétrant au cœur de la ténèbre, Dieu
refuse d’abandonner ceux qui L’invoquent. Il n’est pas étonnant
que beaucoup de chrétiens aient lu le récit de Wiesel comme
"la crucifixion des Juifs", et les meurtres
d’Auschwitz comme des offrandes sacrificielles, qui expient
les péchés de l’humanité.
L’inférence est presque irrésistible – un réflexe
religieux enraciné. François Mauriac, l’écrivain catholique
français qui fit tant pour faire connaître La Nuit au public,
exprime justement cette vue dans sa préface au livre :
Ai-je expliqué à [Elie Wiesel] que ce qui a constitué une
pierre d’achoppement pour sa foi est devenu la pierre
angulaire de la mienne ? Et que la correspondance entre la croix
et la souffrance humaine demeure, selon moi, la clé du mystère
insondable dans lequel la foi de son enfance a sombré ?
On peut s’interroger : et alors, quoi ? Le fait que, les yeux
rivés sur l’abîme de Wiesel, Juifs et chrétiens puissent en
déduire un éventail de significations diverses, ne doit
nullement nous perturber. Chaque communauté religieuse regarde
le monde à travers la perspective de sa propre narration, et
parvient à des conclusions disparates. Qu’y a-t-il de mal à
cela ?
Voilà ce qui est mal : les rêveries de Mauriac sont révélatrices
d’une tendance très ancienne à faire entrer, de force,
l’horreur de l’Holocauste dans les contours du scénario
chrétien.
Mais dès que le caractère irréductiblement spécifique de la
souffrance juive sous Hitler est mis à l’ombre de la croix,
et devient subordonné à la souffrance de l’homme de Galilée,
qui a pris sur lui les péchés du monde il y a 2.000 ans, le
destin d’un million et demi d’enfants juifs assassinés revêt
une signification théologique qui falsifie l’essence même du
désastre d’un peuple.
Les hurlements de ces enfants et de leurs parents torturés
n’ont pas amélioré le monde. Ils n’ont pas davantage
constitué une offrande sacrificielle ayant le pouvoir de rétablir
les liens d’intimité entre Dieu et l’humanité. Tout effort
pour faire entrer, de force, la souffrance de la communauté
juive dans un paradigme chrétien, associe à la violence
originelle une autre dimension de profanation.
En fait, la domestication de la souffrance juive par une
comparaison avec l’exécution de Jésus, dénote un échec de
la compréhension chrétienne du mystère qui est au cœur de la
crucifixion. Comme l’apôtre Pierre le rappelle aux chrétiens,
le réflexe humain fondamental face à la souffrance qui défigure
est soit de se détourner, soit de regarder, hébété et
fasciné,
en se tenant à distance, à l’abri du danger. La crucifixion
oblige les chrétiens à faire face à la douleur de quelqu’un
d’autre, en une confrontation qui les met dans une situation où
ils ne se sont jamais trouvés auparavant et dont on ne revient
pas indemne dans la quiétude de son chez soi. Imposer à la
souffrance des autres une signification déterminée de manière
transcendantale fausse ce défi.
Pour le dire autrement, une rencontre avec l’Holocauste met le
chrétien face aux limites de leur talent théologique et les
contraint à réexaminer l’affirmation selon laquelle une
nouvelle vie fait toujours suite à la mort. S’ils refusent le
défi, ils liront et interpréteront La Nuit, de Wiesel, d’une
manière qui se borne à répéter ce qu’ils ont toujours su.
De cette rencontre, ils n’apprendront rien, que ce soit sur
les autres ou sur eux-mêmes.
Le troisième aspect de mon anxiété provient d’interprétations
de ce livre qui aboutissent à ériger le peuple juif en "victime".
Ce qui est assez compréhensible. Dans le récit de Wiesel,
l’imagination du lecteur est envahie par l’alchimie démoniaque
du génocide nazi, qui, en effet, a laminé et transformé
chacun en victime impuissante. Mais ce fragment d’expérience
historique ne parvient pas à suggérer la profondeur, ni la
largeur, la diversité, ni l’hétérogénéité de la culture
juive, et il ne véhicule certainement pas une perception des
valeurs centrales de la civilisation qui furent attaquées et
détruites.
Je me demande combien de spectateurs de l’émission d’Oprah
feront une lecture erronée de cette destruction comme
constituant une preuve du caractère immuable du destin tragique
des Juifs. Dans les premières pages du livre, Wiesel montre les
Juifs de sa ville comme des experts dans la pratique de la négation
et de la dérobade, toutes habitudes qui semblent les avoir
rendus aveugles au programme nazi de meurtre de masse. Plutôt
que d’organiser une campagne de résistance armée, ou d’étudier
des stratégies de fuite, ils continuèrent à faire confiance
à la bonté et à la rationalité intrinsèques de l’humanité.
Il paraît difficile d’échapper à la suggestion qu’une
tendance incoercible à l’espoir a nourri une passivité
dysfonctionnelle. Il s’avère que toutes les autres ressources
héroïques de la tradition juive ont été écrasées sans
difficulté sous la botte des occupants nazis.
Au royaume d’Auschwitz, les Juifs étaient tout
bonnement livrés à la mort. Pourtant, même le massacre de
millions d’êtres humains n’a pas réussi à calmer l’appétit
nazi, qui ne faisait que croître à mesure qu’on le
nourrissait. Est-ce donc là le destin juif – une réitération
infinie de la destruction du Temple, des Croisades et de
l’Inquisition, des expulsions et des pogroms ? Ou ce crime
constitue-t-il quelque chose d’absolument unique ?
Il ne fait pas de doute que beaucoup de lecteurs, par empathie
avec la souffrance juive, trouveront une certaine grandeur à la
capacité d’endurer une longue histoire de douleur et d’y
survivre. Mais le rôle assigné, de ce fait, au peuple choisi
par Dieu ne correspond pas avec la condition de la communauté
juive des Etats-Unis, par exemple, qui a gravi les échelons de
la réussite sociale, a atteint une stabilité économique
enviable, et a contribué activement à tous les aspects de
notre existence nationale. Le statut de victime ne convient pas
davantage à l’Etat d’Israël, qui a résisté avec succès
aux assauts de ses ennemis arabes, et qui est convaincu que
seules la puissance militaire et l’endurance politique
garantiront son avenir.
Le résultat de cette dissonance a eu des implications
maléfiques.
Aujourd’hui, dans les réactions de mécontentement de
nombreux chrétiens européens et américains face au refus déterminé
d’Israël de céder au terrorisme arabe, nous avons vu, en
toute clarté, les priorités morales perverties d’un monde
pour qui les Juifs ne sont les bienvenus que quand ils se
conforment à un ancien scénario, atteignant à la noblesse
tragique, par impuissance et passivité, au travers du
sacrifice. Tout programme d’étude de l’Holocauste qui ne va
pas au-delà de La Nuit, de Wiesel, faillira à enseigner au
grand public chrétien américain le caractère mensonger et la
dangereuse arrogance de ce stéréotype.
Peut-être des possibilités pédagogiques se dissimulent-elles
dans mes doutes. Chrétiens et juifs vivent imbriqués dans un réseau
de relations complexes, et ni les uns ni les autres ne peuvent
espérer saisir la signification de leurs propres traditions, et
encore moins de celles des autres, sans peiner à la tâche. Une
lecture du chef-d’œuvre de Wiesel ne constituera pas un
substitut de ce labeur. Tôt ou tard, nous devrons prendre la
route qui s’éloigne d’Auschwitz. On peut seulement espérer
que la visite d’Oprah au camp de l’horreur absolue, où
souffrit Wiesel, sera le signe d’un commencement et non celui
d’une fin de ce voyage.
(Christopher
M. Leighton,
Pasteur Presbytérien, est un nouveau collaborateur de
Commentary. Durant les vingt dernières années, il a exercé
les fonctions de directeur de l’Institut d’Etudes Chrétiennes
et Juives de Baltimore, dans le Maryland.)
------------------------
[1] Oprah Winfrey, née le 20 janvier 1954, à Kosciusko,
Mississipi, est actrice, productrice et animatrice de télévision
aux Etats-Unis. C'est une personnalité extrêmement influente
dans son pays, et elle est l'une des premières femmes noires à
être devenue milliardaire, grâce à ses activités de
productrice notamment. C'est aussi une âme généreuse,
puisqu'en 2005, elle a offert une voiture aux 200 personnes
venues assister à son émission de talk-show ! (D’après le
site de Wikipedia). Cliquer pour voir le site de Oprah.
[2] C’est le titre de son émission littéraire télévisée,
très populaire en Amérique. La promotion qu’elle fait des
titres sélectionnés par elle vaut régulièrement à ces
ouvrages de devenir des bestsellers.
[3] Peut-être allusion au combat de Jacob avec l’ange, au gué
de Yabboq (cf. Gn 32, 23-33).
Prof. Frederick
Krantz, Editeur (Concordia Univ.)
Prof. Julien Bauer (Univ. du Québec
à Montréal)
Ori Bauer (Chercheur Associé,
ICRJ)
Baruch Cohen (Directeur de
recherches, ICRJ)
Jacqueline Douek (Assistante
Directrice, ICRJ)
Jean-Claude Léon (Communauté
Sépharade du Québec)
David Ouellette (Chercheur
Associé; Journaliste, ICRJ)
Prof. Jean Ouellette (Univ. de
Montréal)
Prof. Annette Paquot (Univ.
Laval)
Edmond Silber (Chercheur Associé,ICRJ)
Encouragez vos collègues, amis et parents à consulter notre
site Web pour obtenir de plus amples informations sur le Communiqué
Isranet. Pour vous joindre à notre liste d’envoi ou pour
vous désabonner, contactez-nous à : http://www.isranet.org/.

Volume V, Numéro 233 Vendredi, 5 mai 2006
COMMUNIQUÉ ISRANET
Un service de L’I.C.R.J.
L’Institut canadien de recherches sur le Judaïsme
Professeur Frederick Krantz, Directeur
B.P. 175, succursale H
Montréal, Québec H3G 2K7
Courriel : cijr@isranet.org
Internet : http://www.isranet.org
___________________________________________
Yigal Carmon
MEMRI, 21
avril 2006, No.270
Le briefing a été
sponsorisé par le sous-comité des relations internationales
pour le terrorisme international et la non prolifération, dépendant
de la Chambre des députés, et co-sponsorisé par les
dirigeants du Comité: le président Ed Royce (Républicain,
Californie), l'éminent membre Brad Sherman (Démocrate,
Californie) et le représentant Steven Rothman (Démocrate, New
Jersey). Ileana Ros-Lehtinin, présidente du sous-comité du
Moyen-Orient et d'Asie centrale, et le membre éminent Gary
Ackerman, ont aussi co-sponsorisé l'événement.
Estimation
Des trois menaces
islamistes qui pèsent aujourd'hui sur les Etats-Unis - Al-Qaïda,
l'Iran et les Frères musulmans -, Al-Qaïda et l'Iran ont
choisi d'atteindre leurs objectifs par la confrontation tandis
que les Frères musulmans ont opté pour la participation
politique. Ce choix a été essentiellement motivé par la
guerre mondiale contre le terrorisme, qui a poussé le Hamas (composante
de l'organisation mère que sont les Frères musulmans) à
comprendre que dans le monde de l'après 11 septembre, les
organisations terroristes n'ont pas d'avenir, tandis que par la
participation au jeu politique, elles pourraient toutefois
atteindre certains de leurs grands objectifs.
1) Elles ne peuvent être
respectées que pour un temps limité et pour des raisons
tactiques et en effet, le Hamas a entrepris de les respecter,
puis a fait marche arrière.
Le succès du Hamas, bien
que limité aux territoires palestiniens, pose une menace aux
intérêts américains dans la région. Si l'Occident se résigne
à la victoire du Hamas, les Frères musulmans pourraient fort
bien répéter ce succès en Egypte et en Jordanie. Abou Mazen
et l'OLP se retrouveraient encore plus mis de côté, tandis que
les régimes actuels en Jordanie et en Egypte pourraient se
trouver sérieusement menacés. Voilà qui mettrait en danger la
stabilité de tout le Moyen-Orient.
Cet espoir reste toutefois
timide. Contrairement à l'OLP, organisation nationale distincte
limitée à un peuple et à une terre, le Hamas est lié au
mouvement régional, et même mondial, des Frères musulmans,
qui bénéficient d'une structure islamique globale. En tant que
tel, il est vraisemblable qu'il demeure fidèle à ses
positions.
Recommandations
Les exigences américaines
doivent donc se focaliser sur la transformation interne et idéologique
du mouvement. Elles ne doivent pas se focaliser sur le Hamas,
mais en priorité sur l'organisation mère: les Frères
musulmans. (Les conditions qui suivent devraient également
s'appliquer aux mouvements nationalistes laïques.)
1) L'adhésion à la
politique par l'exclusion de la violence et du recours à la
force. De mouvement de résistance armé, le Hamas doit devenir
un parti politique non armé. Cette exigence s'applique également
au Fatah, censé suivre la même transformation avec le
processus d'Oslo mais qui, jusqu'à ce jour, ne l'a pas fait.
Une fois que le Fatah aura pris des mesures en ce sens, la
pression sur le Hamas et les autres factions pour faire de même
sera plus forte. Et si le Hamas n'obtempère pas, il ne bénéficiera
pas de la reconnaissance internationale.
2) L'Adoption des valeurs
démocratiques. Celle-ci se fait longuement attendre. Une telle
adoption contrera l'érosion de la notion de démocratie qui,
ces dernières années, en est arrivée à n'englober que l'idée
d'élections libres.
L'ensemble des valeurs démocratiques
devraient inclure: l'égalité de tous devant la loi, sans
considérations de religion, d'appartenance ethnique ou de
genre, et l'adoption officielle dans le programme politique des
organisations concernées de toutes les libertés
constitutionnelles, incarnées par les conventions
internationalement acceptées, telles que la Déclaration des
Droits de l'Homme, la charte des Nations Unies, les conventions
des Nations Unies et les autres critères internationaux.
Un écho d’Israël ,
5 mai, 2006
A l’occasion du 58ème anniversaire de la création de
l’Etat d’Israël, le bureau israélien des statistiques
vient de publier son rapport annuel :
Aujourd’hui vivent en
Israël 7 026 000 personnes, soit 8 fois plus d’habitants
qu’en 1948, puisque la population du pays s’élevait alors
à 806 000 habitants.
Le nombre de Juifs en Israël s’élève à 5 639 000 (soit 76%
de la population totale du pays) ce chiffre ne comprend pas les
306 000 nouveaux émigrants qui sont enregistrés au ministère
de l’intérieur comme non-Juifs et qui constituent 4% de la
population d’Israël. 20% de la population est arabe (soit 1
387 000 habitants). Les étrangers qui vivent en Israël ne sont
pas inclus dans ces données, ils sont estimés à 150 000.
Depuis la dernière fête
de l’Indépendance, la population israélienne a augmenté de
118 000 personnes. 138 000 bébés sont nés en Israël durant
cette période.
66% des Israéliens sont nés en Israël (3 600 000) contre 34%
qui sont nés à l’étranger : 960 000 sont issus des pays de
l’ex-Union Soviétique, 150 000 sont natifs du Maroc, 110 000
de Roumanie, 77 000 d’Amérique du Nord, 70 000 d’Irak, 70
000 d’Ethiopie, enfin, 62 000 sont nés en Pologne.
En 1948, seuls 35% des juifs étaient natifs du pays.
Les nouveaux immigrants :
Le nombre d’immigrants est en légère baisse par rapport à
l’an dernier.
21 000 nouveaux
immigrants, contre 26 000 l’an dernier, sont montés en
Israël.
Parmi eux, 9 300 sont venus des ex-pays de l’Union Soviétique,
3 700 d’Ethiopie, 2500 de France, et 200 des Etats-Unis.
Répartition géographique de la population :
45% de la population d’Israël résident dans des villes de
plus de 100 000 habitants, soit 3 100 000 personnes.
On compte 5 villes de plus de 200 000 habitants : Jérusalem,
Tel Aviv, Haïfa, Richon LeTsion et Ashdod. Un quart de la
population du pays réside dans ces villes.
Jérusalem est la première ville d’Israël, avec 718 900
habitants - en 1948, elle en comptait 84 000. Lorsque Ben
Gourion proclama l’Indépendance, vivaient à Tel Aviv 248 500
habitants (30% de la population). Elle était la plus grande
ville d’Israël, aujourd’hui elle compte 378 800 habitants,
soit 5% seulement de la population globale d’Israël.
Haïfa est la troisième
ville du pays, avec 267 700 habitants - contre 98 600 en 1948.
14 villes sont peuplées de plus de 100 000 habitants, la
majorité d’entre elles sont des localités périphériques de
Tel Aviv.
Richon LeTsion est la quatrième ville du pays avec plus de 219
800 habitants, alors qu’elle en comprenait 11 000 à la création
de l’Etat d’Israël.
La population rurale représente seulement de 8% (571 600
personnes) de l’ensemble de la population israélienne, parmi
eux, il faut compter 118 000 résidents en kibboutz, soit 2% de
la population, alors qu’en 1948 ils constituaient 6%.
© Un écho d’Israël
Mis en ligne le 05 mai 2006, par M. Macina, sur le site upjf.org
Prof. Frederick
Krantz, Editeur (Concordia Univ.)
Prof. Julien Bauer (Univ. du Québec
à Montréal)
Ori Bauer (Chercheur Associé,
ICRJ)
Baruch Cohen (Directeur de
recherches, ICRJ)
Jacqueline Douek (Assistante
Directrice, ICRJ)
Jean-Claude Léon (Communauté
Sépharade du Québec)
David Ouellette (Chercheur
Associé; Journaliste, ICRJ)
Prof. Jean Ouellette (Univ. de
Montréal)
Prof. Annette Paquot (Univ.
Laval)
Edmond Silber (Chercheur Associé,ICRJ)
Encouragez vos collègues, amis et parents à consulter notre
site Web pour obtenir de plus amples informations sur le Communiqué
Isranet. Pour vous joindre à notre liste d’envoi ou pour
vous désabonner, contactez-nous à : http://www.isranet.org/.