![]() |
|||||||||||
|
Communiqué Isranet
Volume V, Numéro 258 • vendredi le 27 octobre 2006 Accusations de meurtre aux heures
de grande écoute Traduction française : Menahem Macina pour debriefing.org Jeudi dernier [19 octobre], un tribunal français a déclaré Philippe Karsenty coupable d’avoir diffamé la chaîne de Télévision France 2 et Charles Enderlin, le chef de son bureau à Jérusalem. Karsenty, qui dirige un site Web de veille médiatique, du nom de Media Ratings, a appelé au licenciement d’Enderlin et d’Arlette Chabot, pour leur reportage télévisé du 30 septembre 2000 affirmant que les soldats de l’armée israélienne avaient tué, ce jour-là, un garçon de 12 ans, du nom de Mohammed al-Dura, au carrefour de Netsarim, à Gaza. Leur procès contre Karsenty était le premier des trois procès intentés par Enderlin et France 2 contre des Juifs français qui les accusaient, de plusieurs manières, d’avoir fabriqué une fausse accusation de meurtre contre Israël, en déformant intentionnellement les événements de ce jour-là au carrefour de Netsarim. Le second procès, à l’encontre de Pierre Lurçat, doit avoir lieu cette semaine [il a eu lieu le 24 octobre]. Lurçat avait organisé une grande manifestation contre France 2, le 2 octobre 2002, après la projection d’un documentaire allemand d’Esther Schapira, intitulé "Trois balles et un enfant mort : Qui a tué Mohammed al-Dura ?" Le film de Schapira conclut que les balles de Tsahal n’ont pas pu tuer l’enfant. Le 30 septembre 2000 était la troisième journée du djihad palestinien. Ce jour-là, une position de l’armée israélienne, au carrefour de Netsarim, était attaquée par les forces de sécurité de l’Autorité Palestinienne [AP]. Un échange prolongé de tirs avait suivi. Cet après-midi-là, le caméraman de France 2, Talal Abu Rahma présente une séquence filmée montrant un homme et un enfant qui s’abritaient derrière un fût, dans le carrefour. On sut plus tard qu’il s’agissait de Jamal al-Dura et de son fils de 12 ans, Mohammed. Enderlin, qui n’était pas présent sur les lieux, prit les 27 minutes de rushes et en fit un film de 50 secondes, dans lequel il accusait l’armée israélienne d’avoir tiré sur le garçon et de l’avoir tué. Le film d’Enderlin ne montre pas la mort de l’enfant. Il n’y a pas de taches de sang là où l’enfant et son père étaient recroquevillés. Aucune ambulance n’est venue les évacuer. Le corps de Mohammed n’a pas été autopsié. France 2 distribua son film gratuitement à quiconque le voulait, mais pas la totalité des 27 minutes filmées par Abu Rahma. Le film fut projeté, à plusieurs reprises, dans le monde entier et particulièrement sur les chaînes arabes de télévision. Les résultats de cette séquence furent meurtriers. Le 12 octobre, deux réservistes de l’armée israélienne, Yosef Avrahami et Vadim Novesche, furent lynchés par la populace, dans un poste de police de l’ AP, à Ramallah. La foule invoqua la mort d’al-Dura pour justifier sa barbarie. La commission Orr, qui enquêta sur les violentes émeutes d’Arabes israéliens en octobre 2000, déclara, dans son rapport final, que "l’image de Mohammed al-Dura, qui était diffusée par les médias, fut l’une des causes qui fit descendre les gens dans les rues du secteur arabe, le 1 er octobre 2000." D’innombrables terroristes-suicide et d’autres terroristes ont évoqué al-Dura pour justifier leurs crimes. Durant les six dernières années, la télévision de l’AP a diffusé sans interruption un film montrant al-Dura au ciel, encourageant d’autres enfants palestiniens à devenir eux-mêmes martyrs et à le rejoindre au paradis. Les Palestiniens ne sont pas les seuls à avoir utilisé al-Dura comme un instrument de recrutement terroriste. Il est en vedette dans les vidéos de recrutement d’al-Qaïda et sur les affiches du Hezbollah. Les meurtriers de Daniel Pearl ont parsemé d’images du film de France 2 leur vidéo de la décapitation de Daniel Pearl. Dans toute l’Europe, et particulièrement en France, des musulmans ont utilisé le nom de al-Dura comme un signal de ralliement lors de leurs attentats contre des Juifs – attentats qui se sont déclenchés peu de temps après la diffusion du film. Tout d’abord, Israël reconnut sa responsabilité dans la mort de al-Dura, sans procéder à une enquête. Toutefois, dans les semaines qui suivirent l’événement, les ingénieurs Nahum Shahaf et Yosef Doriel ont mené des investigations pour le compte du Commandement-sud de l’armée israélienne. Chacun de leur côté, les deux hommes prouvèrent mathématiquement et matériellement que, de leur position, les soldats de Tsahal qui étaient sur le terrain ne pouvaient pas voir les al-Dura et qu’il était matériellement impossible que leurs balles aient tué Mohammed. Ensuite, sur la base des résultats de leurs recherches, le Major-général Yom Tov Samia tint une conférence de presse, fin novembre [2000], au cours de laquelle il déclara que la probabilité que Tsahal ait tué al-Dura était faible. Mais Samia fut le seul officier de haut rang a émettre un doute sur la véracité du film. Le chef d’état-major de l’époque, Shaul Mofaz, désavoua l’enquête de Samia. Le Premier ministre, Ehoud Barak, ne contesta jamais la véracité de l’accusation meurtrière d’Enderlin contre l’armée israélienne. Au cours des années écoulées, des enquêteurs privés et des organes de presse ont pris sur eux d’enquêter sur ce qui s’était passé ce jour-là. Les résultats de leurs recherches ont au moins montré que la probabilité que Tsahal ait tué al-Dura était infime, et qu’il était plus probable soit que l’événement ait été mis en scène, soit qu’il ait été présenté de manière à mener à la conclusion qu’al-Dura avait été tué par Israël. Les rares personnes qui ont été autorisées à visionner le film en son entier ont affirmé qu’il était impossible de conclure que Mohammed avait été tué, car il lève la tête et prend appui sur un coude pour se soulever, après avoir été apparemment touché par les balles. Des organes de presse aussi respectés que le Wall Street Journal , CBS News, Atlantic Monthly et Commentary magazine , ont publié des enquêtes détaillées qui concluent toutes que la séquence a été soit mise en scène, soit tout simplement agencée pour montrer quelque chose qui ne s’est pas produit. Pourtant, alors que des personnes privées consacraient leur temps et leur énergie à prouver que France 2 avait intentionnellement diffusé à l’encontre d’Israël une calomnie meurtrière qui avait causé la mort et des blessures à des Israéliens et à des Juifs partout dans le monde et déshonoré l’armée israélienne, les responsables officiels israéliens ont gardé le silence. Le ministre des Affaires étrangères n’a jamais demandé à France 2 de montrer à ses fonctionnaires l’intégralité du film de 27 minutes. Ni Tsahal, ni les ministres des Affaires étrangères et de la Justice n’ont défendu l’armée israélienne ni remis en question la véracité du film d’Enderlin. A une date aussi récente que le 23 juin [2006], la porte-parole de Tsahal, le général de brigade Miri Regev a déclaré au Haaretz : « Je ne puis décider si Tsahal est, ou n’est pas responsable de la mort de al-Dura ». Dans le système judiciaire français, l’intérêt du peuple est représenté par un rapporteur [le ministère public, ou l’avocat général - Note du traducteur] qui recommande les verdicts aux juges. Il est rare que les juges ne tiennent pas compte des recommandations du procureur. Au cours du procès, Karsenty et ses témoins ont produit une série de preuves qui jetaient le doute sur la crédibilité du film de France 2. Pour sa part, France 2 n’a pas envoyé de représentants au procès. Son avocate n’a remis en question aucune des preuves soumises par Karsenty, ni n’a procédé au contre-interrogatoire de ses témoins. Elle-même n’a pas cité de témoins. Elle s’est contentée de produire une lettre du Président Jacques Chirac en soutien à France 2. Le ministère public a recommandé la relaxe. Dans leur jugement, la semaine dernière, les juges ont argué que les allégations de Karsenty à l’encontre d’Enderlin ne pouvaient pas être crédibles puisque « aucune autorité israélienne, ni l’armée, pourtant la plus gravement mise en cause, ni [le ministère de] la justice n’avaient accordé le moindre crédit à ces allégations » concernant le caractère mensonger du film. Au long des années écoulées, les responsables israéliens ont justifié leur silence en disant que c’était aller à l’échec que de rouvrir l’affaire al-Dura. Nous serons accusés de rejeter la culpabilité sur la victime, ont-ils affirmé. Ce propos est à la fois lâche et irresponsable. Comme le montre le verdict français, sans une protestation israélienne, les protestations de personnes privées, si fondées qu’elles soient, tombent dans le vide. Quand Israël refuse de se défendre contre des accusations calomnieuses de meurtre, il donne une licence tacite de perpétrer des attentats contre Israël et le peuple juif dans le monde, au nom de ces calomnies. En 2000, Barak essayait désespérément de conclure un accord de paix avec Yasser Arafat. La dernière chose qu’il était prêt à admettre était qu’Arafat répandait des calomnies meurtrières contre Israël. Aussi garda-t-il le silence. C’est impardonnable mais compréhensible. Le silence prolongé d’Israël est le signe que la classe dirigeante israélienne n’a pas compris ce que la guerre des images requiert d’elle. Le film sur al-Dura, comme le massacre imaginaire d’enfants libanais à Kfar Kana, au Liban, cet été, montrent que la victoire ou la défaite dans les guerres se décident, aujourd’hui, en grande partie, à la télévision. Pour gagner, Israël doit passer à l’offensive et attaquer les images mensongères et déformées qui sont utilisées pour justifier le meurtre d’Israéliens et de Juifs partout dans le monde. Quand Karsenty a entendu le verdict du tribunal, la semaine dernière, il a dit : « Si ce jugement est confirmé, les Juifs devront se poser des questions sur leur avenir en France. La justice couvre les mensonges antisémites d’une chaîne publique. C’est un signal fort, c’est très grave. » On peut ajouter à cela que si le gouvernement israélien continue de garder le silence, alors que la bonne réputation de Tsahal, d’Israël et du peuple juif est traînée dans la boue par des images de télévision qui dénaturent les faits et qui sont diffusées par des groupes de presse étrangères ; si le gouvernement d’Israël ne fait rien pour défendre ceux qui sont persécutés parce qu’ils combattent ces déformations, alors, les Juifs devront se demander comment - diable ! – ils sont censés se défendre, si ce n’est en gagnant cette guerre contre ceux qui veulent leur destruction. Où
s’arrête le mistigri ? Il y a un mystère Bush, que j’essaie, depuis longtemps, de pénétrer et de faire comprendre. Prenons les déclarations de sa secrétaire d’Etat Condoleezza Rice, le 12 octobre, au gala de l’American Task Force on Palestine, une de ces opérations séduction à la soviétique, qui présentent une Palestine à visage humain et qui s’élève contre toutes les violences d’où qu’elles viennent, sauf, évidemment, la "résistance légitime...". « Je crois que l’Amérique ne pourrait laisser de legs plus important que de contribuer à mettre au monde un Etat palestinien pour un peuple qui a trop longtemps souffert, qui a été humilié trop longtemps, qui, depuis trop longtemps, n’a pas atteint son potentiel et qui a tant à donner à la communauté internationale et à nous-mêmes. Je vous donne ma parole en ce sens. ». Condi comparait, dans la foulée, la lutte pour l’établissement d’un Etat palestinien à la Guerre d’Indépendance des Etats-Unis et au mouvement des droits civiques. Le vertigineux crétinisme politique qui ressort de ces déclarations nous donne l’exacte température d’une administration Bush en perdition. Il importe moins de polémiquer avec ce crétinisme ou de critiquer l’ineptie de son contenu que d’en saisir les ressorts. Faisons un détour en Corée : il y a treize ans, l’administration Clinton avait décidé que la meilleure manière de traiter le problème posé par l’agressivité de Kim Jong-Il était de faire semblant. Madame Albright, surnommée par d’aucuns Madeleine Halfbright (Ndlr. A moitié futée), passa, en 1993, un accord avec l’abject régime de Pyongyang : contre un engagement à ne pas développer de nucléaire militaire, les Etats-Unis et leurs alliés, la Corée du Sud et le Japon, fourniraient nourriture, combustible et autres biens nécessaires au régime en banqueroute économique de Pyongyang. Pacta sunt servanda (les accords doivent être respectés), dit l’adage du droit romain – mais les dictateurs se contrefichent du droit, romain ou pas. Comme les régimes communistes et dictatoriaux l’ont toujours immanquablement fait après avoir paraphé un traité comprenant des clauses contraignantes, l’encre n’était pas sèche que commençait la truanderie, alors que les Etats-Unis s’en tenaient scrupuleusement aux termes des accords passés. Tout en recevant ses paiements en nature, la Corée du Nord accélérait son programme nucléaire militaire. Ma foi, c’est ce que l’URSS brejnévienne avait fait durant toutes les négociations de « limitation des armements » jusqu’à ce qu’elle dépasse les Etats-Unis en nombre de missiles. Cela n’avait jamais empêché les négociateurs de carrière de triompher, de traité ABM en SALT I et SALT II, de jubiler du « succès » de leur « méthode » et de la vanter comme la panacée. Ce, jusqu’à ce qu’à leur grand effroi, Reagan mette le pistolet sur la tempe soviétique, et que l’URSS flanche. Mais que ne fallut-il pas alors entendre sur ce « cow-boy » ! L’ignorant avait terni l’image de l’Amérique, affaibli l’Alliance Atlantique, renforcé les « durs » de Moscou, et j’en passe. Et en matière coréenne, Clinton et les clintonistas de se gargariser de leur grand exploit. Cela valait un Prix Nobel, pour le moins. On a même entendu ces jours-ci la camarilla clintoniste se vanter de ce que, pendant sa présidence, il n’y avait pas eu de problème. Pardi ! Kim avait passé ladite présidence à frauder. Mais l’important, ce sont les apparences ! Bush hérita du problème, alors que se multipliaient les signes de l’abandon complet par Kim des accords passés. La RDPC (République Démocratique et Populaire de Corée) envoyait des missiles balistiques dans les eaux territoriales de ses voisins, se retirait des accords multilatéraux de non-militarisation du nucléaire (traité de non-prolifération), menaçait derechef de se doter de la bombe et d’attaquer la Corée du Sud. Il faut admettre, à la décharge tant du frivole Clinton que du zigzagant Bush, que l’affaire était rude et le cas Kim Jong-Il épineux : il en aurait éreinté de plus sages et de plus adroits. Devant la difficulté, et bien qu’il ait très pertinemment inclus le régime dans son « Axe du Mal », Bush recula. On peut trouver la chose louable – on ne peut pas toujours résoudre tous les problèmes – ou regrettable ; voilà toutefois une reculade qui laissait le problème s’aggraver. Bush se lava les mains de la question coréenne, et, en guise de politique, pria ses diplomates d’aller trouver le régime de Beijing, de s’y agenouiller devant elles, pour supplier leurs aimables majestés impériales pékinoises de bien vouloir ramener leur allié Kim à la raison. Zhiang Zemin, à l’époque empereur de Chine, acquiesça ; il ferait tout ce qui était en son pouvoir, oui, oui, et oui. Son pouvoir, en l’occurrence, était faible, tant Kim est une machine infernale incontrôlée. Mais si les Etats-Unis étaient très gentils avec la Chine, Zhiang se faisait fort de… ne rien faire du tout et de continuer de se laisser prier, tout en insistant sur le fait que Washington devrait faire preuve de compréhension envers les intérêts "légitimes" de la RDPC. La Chine a eu tout intérêt à brandir le spectre nucléaire nord-coréen pour exhausser sa propre importance. Ce faisant, Zhiang se plaçait dans la position favorite de l’Homme d’Etat chinois qui ne fait rien mais laisse les autres accourir à lui pour le prier de faire. La création du « groupe des six » de discussion sur la Corée (Chine, Russie, Japon, Etats-Unis, Corée du Nord et du Sud) institutionnalisa l’abandon d’un politique coréenne active des Etats-Unis au profit de la Chine : par diplomates interposés, Bush avait affermé sa politique coréenne à la Chine ; il avait, par là même, hypothéqué sa politique chinoise, puisqu’il avait toujours « besoin » de Pékin pour amadouer Pyongyang. Or, nucléaire ou pas, réussie ou pas, la détonation qui vient d’avoir lieu au Nord est une éclatante démonstration de la faillite de la ligne suivie par Clinton et par Bush. La RDPC a, ou aura, des bombes. On s’est laissé bercer d’illusions, le réveil est rude. Je me suis fort éloigné de Mlle Rice et de ses ineptes déclarations. J’y reviens : le diplomate a pour fonction de causer. Dans l’univers normal du diplomate, il n’y a jamais d’irréductible différence d’intérêts ou de politique, il n’y a rien qui ne puisse faire l’objet de ce que la langue française appelle joliment des pourparlers. On parle pour parler. Quand il s’agit de délimiter les droits de pêche au hareng entre la Suède et le Danemark, parler permet effectivement de réduire les différences marginales d’appréciation : des divergences de ce genre ont l’épaisseur d’une arête de poisson, et on peut les limer. Ailleurs, c’est la force, ou son bilan, le rapport de force, qui compte. Mais le diplomate n’en veut pas : il devient très agressif, non pas face au diplomate de l’autre côté de la table, mais envers le pelé, le galeux qui prend l’initiative d’affirmer : trêve de parlotte, il faut agir. Ce qui prime, c’est la parole, les entretiens, les démarches, les négociations, c’est de maintenir le décorum des Nations Unies, l’ « unité de la communauté internationale. ». Pour maintenir la fiction qui permet au diplomate d’exister, le diplomate invente sans désemparer d’autres fictions. L’histoire entière des accords d’Oslo en est l’illustration parfaite : en résumé, il s’agissait d’inventer une fiction dénommée « Arafat » et d’en faire un « homme d’Etat » responsable. Les efforts consacrés à inventer des dirigeants-palestiniens-interlocuteurs-valables, à mettre en route des plans, des cartes routières, des projets qui "mirobolent" dans tous les sens, de proposer, comme l’aimable benêt Dennis Ross, cent mille nouvelles nuances et mille et une propositions, en sont un autre exemple. Chante, chante encore, Schéhérazade ! Au bout du compte, le rêve finit avec la nuit. Au réveil, on bute sur la réalité : Arafat n’est qu’un gangster, les Palestiniens rejettent radicalement toute paix tant que son prix est l’existence d’Israël. La réalité résistât-t-elle au rêve ? C’est alors sur elle qu’il faut taper : Israël doit donc faire preuve de magnanimité, d’esprit de compromis, et faire les sacrifices « nécessaires » afin de satisfaire « la communauté internationale », laquelle inclut le Zimbabwe, le Laos, le Pakistan, l’Arabie Saoudite, Cuba, le Venezuela, la Russie poutinienne et le Quai d’Orsay. Mais ce qui est le comble de l’absurde – ou du comique, pour qui apprécie l’humour noir – c’est que les extravagantes notions énoncées par Miss Rice participent de l’Absurdie que je viens de décrire, alors qu’une ébauche d’accord tacite se fait jour entre des pays sunnites et Israël, depuis les premières heures de la guerre menée contre les agents libanais de l’Iran ! Les déclarations, les fatwas, les divers commentaires de presse, la rencontre ("secrète" en Jordanie. Ndlr) même entre Olmert et le prince Bandar (et d’autres éminents Saoudiens) en sont la preuve : pour l’heure, et dans un avenir prévisible, les dirigeants des Etats sunnites, Egypte, Jordanie, Arabie, émirats du Golfe, ont beaucoup plus peur de l’impérialisme chiito-persan, surtout en voie de nucléarisation, qu’ils ne sont attachés à démoniser Israël comme « le Juif des nations arabes ». Dans son pitoyable désir de faire risette « aux Arabes », en passant du baume sur la question palestinienne, et en évitant d’apercevoir l’éléphant irano-hamassien qui trotte sous son nez, Mlle Rice va donc complètement à rebrousse-poil d’une politique qui viserait – comme l’insiste son patron à la Maison Blanche – à isoler l’Iran pour contraindre Téhéran à modérer ou abandonner ses désirs atomiques. Mais la même Rice, et sa bureaucratie diplomatique, ne sont-ils pas également ceux qui prêchent la « négociation » jusqu’à l’extinction de voix avec les Ayatollahs, alors même que ceux-ci crachent sur la table des pourparlers dès que les autres s’y assoient ? Rice, Nick Burns son adjoint, et, derrière eux, la cohorte des James Baker, des George Bush-le-papa, des Brent Scowcroft, continuent ce qu’ils ont toujours fait, et que Bush-fils a rejeté, à plusieurs reprises. Leur « solution » pour le Moyen-Orient n’a jamais varié : seuls des militaires sunnites à poigne de fer permettent de « stabiliser » la région ; ceux qui troublent l’onde pure aux doux relents de pétrole, il faut les contraindre, il faut leur apprendre à vivre ! En ce qui concerne Israël, M. Baker, Secrétaire d’Etat de Bush père, l’avait si joliment exprimé : « F*^% the Jews. Anyway, they don’t vote for us » (Que les Juifs aillent se faire enc..er. De toutes façons ils ne votent pas pour nous) [Ndlr. Les Juifs votent traditionnellement démocrate aux USA]. Bush fils manque de l’attention, de la concentration et de la persévérance requises pour s’extirper de ce monde imaginaire de l’idéologie, assez puissant dans son emprise sur les esprits pour contaminer la réalité. Le voilà qui décide crânement d’une orientation stratégique, et qui en confie illico l’exécution aux membres de « l’équipe » en qui il a toute confiance et avec lesquels il se sent bien. Ceux-là – Rice aujourd’hui, Tenet et Powell hier - n’ont de cesse de le trahir, en douceur ou avec ostentation, et Bush devient le prisonnier de ses choix de personnels. Pour revenir à son idée de départ, il faudrait limoger X, Y… et même Z…, ce qui causerait des problèmes politiques à n’en plus finir. Mieux vaut attendre qu’une occasion de reprendre le dossier en main veuille bien tomber du ciel. Une fois qu’elle tombe du ciel, Bush reprend la main qu’il avait abandonnée. Entre-temps, les crises sont passées au rouge. Le mystère est malheureusement éclairci. D’aigle qu’il était, le président, dont la majorité républicaine à la Chambre des Représentants va sans doute disparaître dans quelques semaines, s’est mué en canard boiteux. L’accumulation des erreurs commises en Irak a largement effacé pertinence du projet initial. La bureaucratie washingtonienne a plumé la volaille. Bush avait manifesté d’excellentes velléités au début du mois d’août, quand Israël commença à en découdre avec le Hezbollah. Il ne tint pas le choc. Quelques jours après, en pleine guerre, Rice se permettait d’exiger qu’Israël ne touche pas à la Syrie ! Il me semble, rétrospectivement, que l’affaire se soit nouée peu après la prise de Bagdad, quand le prédécesseur de Condi Rice, M. Colin Powell, rendit visite à un Béchar Assad qui, valises faites, blêmissait à l’idée du sort que lui réservait le Grand Satan. Powell délivra à Béchar un certificat de bonne conduite en matière de terrorisme, assurant le monde que le dictateur lui avait promis, sur tout ce qu’il avait de plus cher, qu’il fermerait les "rares" officines terroristes qui restaient à Damas. Tout ce que le monde musulman compte de tueurs patentés et de maîtres terroristes respira d’aise : les Américains avaient certes cassé Saddam, mais ils n’étaient pas assez sérieux pour aller chercher tous les escargots dans leurs coquilles. Béchar défit ses valises. On sait le rôle joué ultérieurement par la Syrie dans l’exportation massive de jihadis en Irak, sans parler du Liban. Quoique l’incorrigible stupidité de Powell et de l’engeance diplomatique en ait été l’agence exécutrice, la responsabilité ultime de la mésaventure stratégique incombe à… Bush : c’est lui qui a été élu, pas les bureaucrates. Sur sa table de travail, le président Harry Truman avait placé un écriteau : The buck stops here, expression de poker que l’on pourrait traduire par « le mistigri s’arrête ici ». Pour l’heure, le mistigri tourne en rond. Volume V, Numéro 257 • vendredi le 20 octobre 2006 L'abject Depuis plus de 15 jours, Robert Redeker, professeur de philosophie en France, est sous la protection de la police. Il est important de mentionner que, régulièrement, on le change de domicile. Idem pour sa famille dont on l'a séparé pour des raisons de sécurité. En un mot, Redeker subit un sort analogue à celui imposé à Salman Rushdie. Son crime ? Avoir insulté le prophète Mahomet, avoir brocardé l'islam. C'est du moins ainsi que les huissiers chargés d'imposer une lecture littérale du Coran, une lecture interdisant tout exercice de la raison, ont perçu la tribune qu'il avait signée dans le quotidien Le Figaro. S'il est vrai que le ton est volontairement polémiste, le texte n'en est pas moins exempt «d'idées nauséabondes», contrairement à ce qu'affirme la Ligue des droits de l'homme. Soit dit en passant, la réaction de la Ligue s'avère le symbole par excellence de la lâcheté qui, en cette affaire, a caractérisé les positions du ministère de l'Éducation comme celles d'associations oeuvrant sur le même front que la Ligue. Lorsque des fous de Dieu appellent à l'assassinat d'un homme parce qu'il aurait commis un délit d'opinion, que font ceux qui prétendent défendre la liberté d'expression, entre autres libertés ? Ils condamnent les uns tout en prenant soin de condamner l'autre. Pourtant... Dans son texte, Redeker écrit notamment ceci : «Exaltation de la violence : chef de guerre impitoyable, pillard, massacreur de juifs et polygame, tel se révèle Mahomet à travers le Coran.» Cette phrase a été particulièrement retenue par le prédicateur permanent de la chaîne al-Jazira qui, semaine après semaine, invite les «bons musulmans» à tuer les chiites lorsque ce ne sont pas les homosexuels et autres personnes jugées déviantes par ce fanatique. Toujours est-il que, dans Internet, caisse de résonance par excellence de ses propos, on invitait à tuer Redeker en prenant soin évidemment d'indiquer son adresse. On juge une phrase violente ? On répond par la barbarie. Et dire que ceux dont la mission consiste à s'ériger contre toute atteinte à la dignité physique de l'homme ont poussé l'odieux jusqu'à compter certaines de leurs obligations. Autrement dit, Redeker subit le feu croisé des huissiers de l'islamisme intégral et des avares de la bien-pensance. Exaltation de la violence... La semaine dernière, une gamine mange un sandwich dans un lycée de Lyon. Trois adolescents décident de la lapider, de lui lancer des pierres. Pourquoi ? En croquant un morceau de pain, elle avait interrompu le jeûne qu'impose le ramadan. Heureusement, la petite a échappé de peu à la mort, mais reste cette question : pourquoi des adolescents se sont-ils sentis en droit d'agresser violemment une condisciple ? Parce qu'ils sont convertis à la lecture salafiste ou littérale du Coran. Une lecture qui induit la violence, qui l'appelle. Pour avoir osé souligner cela, Redeker a été condamné à mort. Ceux qui comptent leur soutien ont un comportement abject. N'importe
quoi! Plusieurs observateurs anglophones ont conclu à une autre gaffe après qu'on leur eut rapporté les commentaires de Michael Ignatieff, qui s'est prononcé sur les crimes de guerre israéliens sur les ondes de Radio-Canada. Je pense qu'ils ont tort. Pour paraphraser la définition un peu cynique de Michael Kinsley, ancien rédacteur de la revue Slate, une gaffe survient lorsqu'un politicien dit ce qu'il croit vraiment à un journaliste. La remarque de M. Ignatieff cachait-elle une forme d'antisionisme, comme le premier ministre Stephen Harper l'a allégué un peu plus tard en semaine ? À mon avis, ce sont là des balivernes partisanes de la part de M. Harper. Ce que nous avons entendu de la part de M. Ignatieff est la chose la plus éloignée d'une gaffe, c'est-à-dire un politicien flattant bassement son auditoire en disant ce qu'il veut entendre, et rien d'autre. La déclaration grossière de M. Ignatieff cet été, selon laquelle le bombardement israélien sur Cana ne l'a «pas empêché de dormir», a donné des munitions à ses adversaires dans la course à la direction du Parti libéral du Canada (PLC). Ce qui a transformé cette déclaration en gaffe, c'est l'explication spontanée, pourtant éloquente, d'un expert qui avait longuement réfléchi à une question difficile : «Cana était franchement inévitable. C'est la nature de la guerre en cours [...]. Quand on en est rendu là, ça démontre bien qu'on est aux prises avec une guerre plutôt sale, et ça ne m'empêche pas de dormir.» Cependant, une deuxième gaffe est quasi impossible dans la vie politique parce qu'un politicien a normalement tout le temps nécessaire pour consulter les habiles conseillers à son service, grassement payés pour trouver la bonne façon d'échapper à n'importe quel désastre. Pour sa première gaffe, Michael Ignatieff a reconnu qu'il avait commis une «erreur». Il aurait pu répéter ce libellé pour se sortir sain et sauf de son entretien avec Guy A. Lepage. Au lieu de faire cela, il a déclaré qu'Israël était coupable d'un crime de guerre tout en gardant le silence à propos des actes du Hezbollah. À titre de «professeur en droits de l'homme», M. Ignatieff aurait dû savoir qu'Amnesty International a conclu après la guerre qu'en raison de la nature des armes utilisées par le Hezbollah contre les villes et les villages israéliens ainsi que des rapports faisant état de son intention de viser des civils, il est clair que cette organisation a violé les lois de la guerre. En tant que «professeur en lois de la guerre», il aurait également dû savoir que l'ancienne juge de la Cour suprême du Canada, Louise Arbour -- aujourd'hui à la tête du Haut-Commissariat des droits de l'homme de l'ONU --, a recommandé qu'une enquête soit menée sur les morts de civils, tant au Liban qu'en Israël.
Avant son entretien à Radio-Canada, M. Ignatieff avait peut-être constaté que le premier ministre Harper avait reçu des éloges quasi unanimes dans les médias de langue anglaise pour avoir bloqué une résolution anti-israélienne au Sommet de la Francophonie mais qu'il avait été vivement critiqué au Québec. Peut-être M. Ignatieff avait-il également consulté son organisateur en chef au Québec, le député de Bourassa, Denis Coderre, qui, cet été, avait passé sous silence le rôle du Hezbollah, et qui, sur les ondes de Radio-Canada, avait expliqué que «ceci n'a[vait] rien à voir avec le Hezbollah». Le commentaire de M. Ignatieff sur les «crimes de guerre» faisait partie d'une plus grande entrevue qui a été très bien accueillie par les observateurs au Québec. Un chroniqueur a écrit qu'il avait «gagné son pari» tandis qu'une autre concluait que «l'étonnant» M. Ignatieff avait sûrement marqué des points auprès des électeurs. Ni l'un ni l'autre n'ont été choqués par son commentaire à propos d'Israël et son silence au sujet des actions du Hezbollah. Après avoir passé la majorité de sa carrière à l'extérieur du Canada, M. Ignatieff a peut-être pensé qu'un politicien peut dire une chose en français et une autre en anglais, comme c'était le cas autrefois, et qu'il aurait plus de chances la prochaine fois ! Mais les Canadiens savent maintenant qu'il est prêt à dire n'importe quoi pour plaire à son auditoire, que ce soit sur le Proche-Orient ou la reconnaissance du Québec comme nation dans la Constitution canadienne, comme il est en train de le faire ces jours-ci à l'extérieur du Québec. Volume V, Numéro 256 • vendredi le 13 octobre 2006 LE MAROC S'ISLAMISE Traduit par Bertus pour www.nuitdorient.com Il y a un peu plus de 3 ans, le Maroc a vécu le terrorisme islamique de plein fouet. Le 16 mai 2003, Casablanca a été secouée par 4 attaques simultanées qui ont laissé 45 morts et des centaines de blessés. Ces attaques ont été exécutées par des citoyens marocains membres du Groupe Islamique du Combattant Marocain, affilié à al Qaeda (acronyme GICM). Point n'est besoin de dire que le royaume fut stupéfait que certains de ses fils soient devenus aussi violents contre leur patrie. Aujourd'hui le démantèlement d'une vaste cellule islamiste confirme le fait que l'extrémisme se répand dans un pays réputé depuis longtemps comme le plus modéré dans le monde arabe. Dans une série d'arrestations le mois dernier, les autorités marocaines ont appréhendé 59 personnes et saisi 30 kg de TNT, plus que ce qui avait été utilisé lors des attaques de 2003, mais le même explosif. Les cibles visées étaient des chefs politiques et militaires, le site de Marrakech, première destination touristique, la base aérienne de Salé et l'ambassade américaine à Rabat. Mais ce sont les membres qui constituent l'aspect le plus troublant de cette cellule. Alors qu'en 2003, les bombes-suicide venaient des quartiers pauvres de Casablanca, aujourd'hui les suspects interpellés viennent de tous les milieux, 5 militaires, 3 policiers, un officier de la sécurité intérieure, 2 imams, et 4 dames de la société. Deux d'entre celles-ci, épouses de pilotes de la Royal Air Maroc, étaient volontaires pour une mission-suicide en Irak et en Israël. Le chef de cette cellule, Hassan Khattab, a passé 2 ans en prison pour son soutien aux attentats de 2003 et il a persuadé les dames de financer les prochains attentats, parce que le Maroc était "l'allié des américains et des sionistes". Par coïncidence, ces dames étaient les amies de Fatiha Hassani, la veuve du chef d'al Qaeda au Maroc, tué par les forces Saoudiennes en avril 2005. Les membres interpellés sont accusés de comploter "des actes terroristes pour renverser le régime et pour installer un califat islamique". L'infiltration de l'armée par des "jihadistes" a vraiment alarmé les autorités et dès le 31août, elles ont supprimé le service militaire obligatoire, pour éviter de former de futurs terroristes. De même, il a été interdit à tout militaire d'aller à la prière du vendredi en uniforme. En dehors de l'armée, il y a d'autres signes évidents de l'islamisation rapide de la société marocaine. D'abord l'habillement féminin, en quelques années les Marocaines sont passées de la minijupe au hijab. Une professeur de lycée se dénommant Soukaina (elle évite de donner son nom par peur de représailles) a été interviewée par le quotidien français Le Monde il y a quelques mois. Elle a précisé qu'elle ne reconnaissait plus son propre pays. Il y a 20 ans, son lycée n'avait qu'une prof voilée, aujourd'hui tout le monde est voilé, prof comme élèves. Il y a un an, Soukaina a été obligée de démissionner, sous la pression subtile des Islamistes qui lui demandaient de porter le hijab. Elle a conclu que ce n'était plus qu'une question de temps avant que les Islamistes ne gouvernent le pays. Partout dans les villes comme dans les villages, les vendeurs des rues proposent de la propagande islamiste en cassettes vidéo, CD et DVD, appelant au jihad et à la soumission des femmes, crachant leur antisémitisme et leur haine de l'Occident. Un des CD "best sellers" est une harangue d'un prêcheur salafiste appelé Abdallah Nihari, qui enseigne que "la femme est une créature de Satan", même quand elle est voilée. Pour lui, la libération de la femme est l'origine du mal dans la société. Les islamistes ont aussi leur propre police religieuse, des bénévoles qui opèrent en toute illégalité, surtout sur les plages, visant les couples non mariés pour les harceler, les assaillant et même, dans certains cas, les assassinant. Un autre signe d'islamisation se trouve dans les enquêtes faites auprès des jeunes. Une étude réalisée par l'Economiste en janvier 2006 montre que 44% des Marocains de 16/29 ans pensent qu'al Qaeda n'est pas une organisation terroriste, 38% ne savent pas et seulement 18% la considèrent comme telle. De plus en juillet 2006, un rapport du Ministère du Plan intitulé "Maroc 2030" révèle que la plupart des bacheliers rêvent de libérer la Palestine, la destruction d'Israël et la chute des Etats-Unis. Dans un tel environnement, il est naturel que le principal parti islamiste, le PJD (parti de la justice et du développement), lié aux Frères Musulmans, puisse avoir le vent en poupe. Déjà 3ème parti au Parlement, un sondage réalisé par l'Institut Républicain International prévoit que le PJD obtiendra 47% des voix aux élections parlementaires de 2007. Il deviendrait alors le plus grand parti du pays et le roi serait obligé de lui demander de former le nouveau gouvernement. Le PJD est un parti qui utilise couramment le double langage, se présentant prudemment comme la version marocaine de la Démocratie Chrétienne allemande, l'âme de la modération, afin de ratisser large. Mais son histoire, son programme, ses adhérents ne laissent aucun doute sur ses intentions réelles. Dans son non officiel journal "Al Tajdid", le Renouveau, le PJD dévoile sa vraie nature. Mais le parti prétend qu'il n'a rien à voir avec al Tajdid, alors que les rédacteurs et les journalistes de ce journal sont les dirigeants du PJD, nombre d'entre eux étant des parlementaires exprimant des points de vue extrémistes, notamment sur les problèmes d'ordre moral ou de politique étrangère, vis-à-vis des Etats-Unis ou d'Israël. Ainsi par exemple, Al Tajdid explique le tsunami de décembre 2004 par la corruption des pays asiatiques et la punition divine qui s'est abattue sur eux, car ils ne suivent pas un Islam véritable… Le journal prédisant le même sort au Maroc, pour les mêmes raisons, (s'il ne s'amende pas). Mais ce qui est plus préoccupant ce sont les liens entre le PJD, Al Tajdid et le terrorisme. Juste après les attentats de 2003, la police marocaine arrêta le trésorier du parti à Kénitra, pour son implication dans le complot. A l'époque, l'idée du roi Mohamed VI et de la plupart des partis, était de mettre hors la loi le PJD. Mais on sait par la presse marocaine que le roi abandonna cette idée à cause des pressions de l'ambassadeur américain. De même le site web d'al Tajdid a un lien permanent avec l'Union du Bien, une organisation-mère regroupant tous les organismes caritatifs du Hamas, cinq d'entre eux classés comme terroristes par les Etats-Unis (specially designated global terrorist entity ou SDGT) et deux, accusés de soutien à al Qaeda. Enfin, selon le quotidien marocain Al Ah'dath al Maghrébia, Hassan Khattab, le chef terroriste qu'on vient d'arrêter, a été initié à l'islamisme par des membres du PJD, y compris le directeur d'al Tajdid, Abdallah Benkirane. Si on prend en compte tous ces éléments, il est déroutant que le rédacteur en chef d'Al Tajdid, Moustafa Khalfi ait reçu pour l'exercice 2005/6 un poste à l'association de science politique Fulbright. Cet honneur lui a donné l'occasion de travailler pour le membre du Congrès Jim MacDermott à Washington, de suivre des cours à l'Université John Hopkins et d'être un professeur visiteur à la Fondation Carnegie pour la "Paix Internationale". De même le patron du PJD, Saad el Din Othmani, a visité récemment Washington et rencontré des membres du Congrès. C'est assez pour conclure que certains à Washington se sont tranquillement faits à l'idée d'une victoire du PJD. L'OTAN
contre les djihadistes Adaptation française: Alain Jean-Mairet Colin Powell, alors secrétaire d'État, dit un jour de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord qu'elle était «la plus grande et la plus fructueuse des alliances de l'histoire». Cette affirmation est difficile à contredire; en effet, l'OTAN a déclaré et mené la guerre froide avec tant de succès qu'elle n'a même pas eu à combattre. Mais cette grande alliance se trouve actuellement en proie à ce que José María Aznar, l'ex-premier ministre d'Espagne, appelle «probablement la crise la plus profonde et la plus sérieuse de toute son histoire». Il y règne selon lui un «climat de crise permanente» créé par la perception de la perte «de la raison d'être [en français dans le texte] de l'organisation, de l'absence d'une mission». Les origines de cette crise sont aisément explicables. Depuis sa fondation, en 1949, et jusqu'à l'écroulement de l'Union soviétique, en 1991, l'OTAN était le principal moyen de contenir l'expansionnisme soviétique. Après sa victoire contre la menace soviétique, sa mission changea. Dans les années 1990, l'OTAN devint un instrument permettant d'envoyer des troupes chargées de favoriser la sécurité dans des régions telles que la Bosnie et le Kosovo. Et maintenant, dans l'après-11 septembre? Une étude brève, brillante et concrètement réalisable, intitulée NATO: An Alliance for Freedom (L'OTAN – une alliance pour la liberté) et publiée par le think-tank d'Aznar, la Fundación para el Análisis y los Estudios Sociales (FAES), nous apprend que la résistance à l'Union soviétique n'était pas le principe fondateur de l'organisation. L'OTAN avait en fait un objectif plus positif, à savoir de «sauvegarder la liberté, l'héritage et la civilisation commune des populations [des États membres], fondée sur les principes de la démocratie, des libertés individuelles et de l'État de droit». En guise de preuve que l'OTAN a toujours eu pour mandat de défendre la démocratie contre bien davantage que le simple communisme, on peut avancer le fait qu'elle a renoncé à la valeur stratégique du territoire et des forces militaires espagnoles aussi longtemps que le pays resta sous la coupe du gouvernement fasciste de Francisco Franco. Ce n'est qu'après sa mort, en 1975, et après la démocratisation de son gouvernement, que l'Espagne a été invitée à rejoindre l'alliance, en 1981. Un signe pointant vers ce que devrait être la nouvelle orientation de l'OTAN apparût au lendemain du 11 septembre, lorsque l'OTAN, pour la toute première fois, invoqua l'article V de son Traité, prévoyant qu'une attaque armée contre l'un de ses membres sera considérée comme une attaque contre toutes les parties signataires. Ainsi, après une décennie de «guerre en tant que travail social», l'OTAN prenait brusquement conscience de la menace de l'Islam radical. Aznar et l'équipe de la FAES se sont basés sur cette décision cruciale pour déclarer que «le terrorisme islamiste est une nouvelle menace partagée d'envergure mondiale, faisant peser un risque sur l'existence même des membres de l'OTAN». Rappelant les idéologies totalitaires des années 1930, ils préviennent à juste titre que «nous devons prendre [les] ambitions [islamistes] très au sérieux, peu importe à quel point elles peuvent paraître ridicules ou délirantes». Animés d'une réelle inspiration, ils soulignent également que le terrorisme «n'est que la partie strictement guerrière d'une offensive beaucoup plus large lancée contre le monde libéral et démocratique». La mission de l'OTAN doit donc consister «à combattre le djihadisme islamique et la prolifération des armes de destruction massive essentiellement, mais pas uniquement, parmi les groupes et les gouvernements islamiques». Cela implique de «placer la guerre contre le djihadisme islamique au centre de la stratégie de l'Alliance» et de faire de la victoire contre le djihadisme islamique «la mission clé» de l'organisation pour de nombreuses années. L'étude NATO: An Alliance for Freedom avance une deuxième recommandation centrale: celle d'inviter les pays qui sont à la fois démocratiques, stables et désireux de contribuer à la guerre contre le djihadisme islamique, à adhérer pleinement à l'OTAN. Le document met l'accent sur l'adhésion d'Israël, qu'il présente comme «un pas extrêmement important», et il approuve d'emblée l'adhésion à part entière du Japon et de l'Australie. Je proposerais peut-être d'ajouter à cette liste Taiwan, la Corée du Sud et le Chili. Pour encourager d'autres États en difficulté, l'étude suggère d'offrir un statut de membre associé à des pays tels que la Colombie et l'Inde. Je pense pour ma part que le Mexique et le Sri Lanka pourraient les rejoindre. Un thème que la FAES se contente d'effleurer sans le traiter explicitement est la possibilité que l'OTAN remplace les Nations Unies dans son rôle d'organe mondial central. À mesure que les NU s'enfoncent, passant d'un niveau déjà très bas à des profondeurs toujours plus vaseuses, il devient de plus en plus manifeste que pour se comporter de manière adulte, une organisation internationale ne doit accepter pour membres que des États démocratiques. Bien sûr, il serait possible de créer une organisation entièrement nouvelle, mais il serait plus aisé, plus économique et plus rapide de construire sur la base d'une structure existante, surtout si celle-ci a prouvé sa valeur. L'OTAN est ici un candidat tout désigné, à plus forte raison après la révision conceptuelle proposée par la FAES. Ce que José María Aznar et son équipe soumettent ainsi est le meilleur plan jamais proposé pour affronter l'Islam radical. Les politiciens sauront-ils prendre la balle au vol? Volume V, Numéro 255 • vendredi le 6 octobre 2006 L’État-Nounou ...ENCORE UN COMPLOT ! On savait que les juifs étaient responsables de la mort du Christ et des épidémies de peste au Moyen Âge, qu’ils buvaient le sang des enfants au petit-déjeuner, qu’ils conspirent pour dominer le monde et qu’ils étaient les vrais auteurs des attentats du 9-11. À ce réquisitoire impressionnant, vient de s’ajouter une pièce inédite : figurez-vous que les Juifs sont derrière la dernière sortie du pape Benoît XVI contre l’extrémisme islamiste ! Selon le professeur des HEC qui
fait circuler cette étonnante nouvelle sur le Web, c’est
un journal de Bahreïn, Akhbar Al-Khalij, qui a eu la primeur de
ce nouveau complot Les mêmes enquêteurs
rapportent une tendance croissante, dans la presse arabe, à voir Le quotidien jordanien Ar-Rai
a une autre théorie : si le pape a dénoncé les
courants violents de l’islam, c’est parce qu’il a
vécu sa jeunesse dans l’Allemagne nazie, et qu’il
est On a hâte de voir ce qu’Amir
Khadir, le cochef de Québec solidaire, pense de tout cela, Intimidation
de l'Occident : de Rushdie à Benoît Les violences des Musulmans en réaction aux remarques du pape s'inscrivent dans un schéma qui prend forme et s'accélère sans cesse depuis 1989. Six fois depuis lors, des Occidentaux firent ou dirent quelque chose qui déclencha des menaces de mort et des actes de violence dans le monde musulman. L'observation de la série d'épisodes permet de dégager des enseignements utiles. 1989 – le roman de Salman Rushdie Les Versets sataniques incite l'ayatollah Khomeiny à émettre un arrêt de mort contre lui et ses éditeurs sous le prétexte que l'ouvrage est «opposé à l'Islam, au prophète et au Coran»; les émeutes qui s'ensuivent font 20 morts, essentiellement en Inde. 1997 – la Cour suprême des États-Unis refuse de supprimer une frise de sa principale salle d'audience réalisée dans les années 1930 et montrant Mahomet en législateur; le Conseil des relations américano-islamiques monte l'affaire en épingle, provoquant des émeutes et des blessés en Inde. 2002 – le leader évangélique américain Jerry Falwell qualifie Mahomet de «terroriste», à la suite de quoi des églises sont brûlées et au moins dix personnes perdent la vie en Inde. 2005 – un article erroné de Newsweek prétendant que des enquêteurs américains de Guantanamo Bay «jetèrent un Coran aux toilettes afin d'ébranler des suspects» est pris au vol par le fameux joueur de cricket pakistanais Imran Khan et déclenche des protestations dans le monde musulman qui coûtent la vie à au moins 15 personnes. Février 2006 – le quotidien danois Jyllands-Posten publie douze caricatures du prophète Mahomet dont se sert un imam palestinien de Copenhague, Ahmed Abdel Rahman Abu Laban, pour dresser l'opinion musulmane contre le gouvernement danois. Il réussit si bien que des centaines de gens perdent la vie dans les troubles qu'il provoque, pour l'essentiel au Nigeria. Septembre 2006 – le pape Benoît XVI cite l'avis d'un empereur byzantin selon lequel l'Islam n'a rien apporté de nouveau sinon «des choses mauvaises et inhumaines», déclenchant l'usage de bombes incendiaires contre des églises et le meurtre de plusieurs Chrétiens. Ces six séries d'événements révèlent un quasi doublement constant de fréquence: huit ans entre la première et la deuxième série, puis cinq ans, trois ans, un an et six mois. La première occurrence – le décret de Khomeiny contre Salman Rushdie – fur une surprise totale, car personne n'aurait imaginé alors qu'un dictateur musulman pourrait dire à un citoyen britannique vivant à Londres ce qu'il était et n'était pas en droit d'écrire. Dix-sept ans plus tard, les appels à l'exécution du pape (y compris depuis la Cathédrale de Westminster à Londres) ont un aspect familier. Ces comportements scandaleux sont devenus routiniers, presque prévisibles. À mesure que s'enflamme la sensibilité musulmane, celle des Occidentaux tend toujours davantage au flegmatisme. Les incidents dont l'origine se trouvait en Europe (Rushdie, caricatures danoises, pape Benoît XVI) ont pris beaucoup plus d'ampleur que ceux issus des États-Unis (Cour suprême, Jerry Falwell, Coran aux toilettes), indiquant que l'agression islamiste est plus efficace contre les Européens que contre les Américains. Les islamistes ignorent les nuances. Le réalisme magique de Rushdie, l'intention positive de la frise de la Cour suprême, l'inexactitude manifeste de l'affaire du Coran jeté aux toilettes (avez-vous déjà tenté de faire passer un livre par les toilettes?), le caractère inoffensif des caricatures danoises ou les subtilités du discours de Benoît XVI – rien de tout cela n'a eu d'importance à leurs yeux. Ce qui agite les foules musulmanes et ce qui les laisse froides est plutôt imprévisible. Le roman de Rushdie Les versets sataniques n'était de loin pas aussi offensant pour la sensibilité musulmane qu'une foule d'autres écrits médiévaux, modernes et contemporains. D'autres évangélistes américains ont dit des choses bien pires que Falwell sur Mahomet (Jerry Vines qualifia le prophète musulman de «pédophile possédé par le démon et qui avait douze femmes» sans provoquer de réactions violentes). Pourquoi le cas du prêcheur norvégien Runar Søgaard traitant Mahomet de «pédophile désorienté» resta-t-il un débat local alors que celui des caricatures danoises prit des proportions mondiales? Une explication possible est que des islamistes d'envergure mondiale (Khomeiny, CAIR, Imran Khan, Abu Laban) jouent généralement un rôle déterminant dans le passage entre un sentiment général de malaise et les débordements de rage. Si les islamistes n'agitent pas l'opinion, les choses restent relativement calmes. L'étendue des violences est plus imprévisible encore – personne ne pouvait s'attendre à ce que les caricatures danoises fassent le plus de pertes de vies humaines, tandis que la citation du pape en a fait le moins. Et pourquoi tant de violence en Inde? Ces incidents mettent aussi en lumière une totale absence de réciprocité des Musulmans. Le gouvernement saoudien interdit les Bibles, les croix et les étoiles de David, alors que les Musulmans publient régulièrement d'infâmes caricatures de Juifs. Aucun complot ne relie ces six épisodes de colère et d'agression, mais observés ainsi en rétrospective, ils se fondent pour former une seule et même campagne prolongée d'intimidation, qui promet de se perpétuer. Le message central – «vous autres Occidentaux n'avez plus le loisir de dire ce que bon vous semble sur l'Islam, le prophète et le Coran: vous aussi êtes soumis aux lois islamiques» – va se répéter encore et toujours jusqu'à que les Occidentaux se soumettent ou que les Musulmans réalisent que leur effort a échoué. L'humeur
du temps Le monde musulman se montre encore intolérant, fanatique et sectaire. Cette fois, c'est le pape Benoît XVI que l'on conspue et brûle en effigie sur les places publiques de l'islam. Comme ce fut la cas dans l'affaire des caricatures de Mahomet, des foules hurlantes se sont attaquées aux lieux de culte des minorités chrétiennes, notamment à Gaza et Bagdad. Une religieuse a même été assassinée en Somalie. Être un chrétien en pays musulman, c'est vivre à plein temps au milieu du péril de la persécution. Alors, le nouveau pape des catholiques, quel crime a-t-il donc commis pour provoquer une éruption aussi violente de l'extrémisme musulman? C'est quasiment pas croyable, mais sachez que le terrible forfait de Benoît XVI prend son origine dans un cours de théologie donné récemment à l'Université de Ratisbonne. Sur le moment, je me suis dit que cette leçon universitaire devait être un brûlot dévastateur pour susciter autant de clameurs haineuses. Je me suis donc empressé de le lire in extenso. Il s'agit d'un texte théologique dans lequel le pape explore les rapports entre la foi et la raison; il épilogue sur la "rencontre entre le message biblique et la pensée grecque". Évoquant un dialogue entre un empereur byzantin et un Persan cultivé, le pape affirme que la "diffusion de la foi à travers la violence est une chose déraisonnable". Il ajoute: "L'affirmation décisive dans cette argumentation contre la conversion au moyen de la violence est: ne pas agir selon la raison est contraire à la nature de Dieu". L'"insulte" à l'islam Voilà que les foules musulmanes estiment que le pape les a insultées et qu'il doit s'excuser. La fameuse "rue musulmane" s'agite, entre en convulsions. Parce qu'elle est offusquée que le Saint-Père condamne la propension à la violence de l'islam radical, elle ne trouve rien mieux que de se livrer à toutes sortes d'actes de violence: incendie d'églises, persécution des chrétiens et même assassinats! Force est d'admettre que le djihad, la guerre sainte, n'est certes pas une invention de l'Occident. Le djihad est au coeur de la religion musulmane. La frange extrémiste de l'islam - d'Al Qaëda aux Frères musulmans en passant par le Hamas et le Hezbollah - en a fait sa mission fondamentale. Des millions de musulmans, me dira-t-on, ne participent pas à la guerre sainte. Ce qui est tout à fait vrai. Mais on ne peut nier que le recours à la violence pour imposer sa foi et massacrer les "Infidèles" et les mauvais musulmans demeure, malheureusement, une dimension bien réelle de l'islam. Depuis des années, les terroristes qui ensanglantent le monde le font au nom d'Allah et de l'Islam. Il est vrai, comme certains l'ont rappelé, que l'Église n'a pas un passé sans tache. Elle a commis bien des péchés contre la raison. Les violences de l'Inquisition et les croisades meurtrières contre les hérétiques ont jalonné pendant trop longtemps l'histoire du catholicisme. Mais toutes ces horreurs sont choses du passé. Il y a longtemps que l'Église a abandonné la conversion par la force et la persécution des hérétiques. Il faut dire aussi qu'on ne retrouve pas trace de cette frénésie ecclésiale (qui a duré quelques siècles) dans le message évangélique. "Aucune des fautes de l'Église, écrit le philosophe Robert Redeker, ne plonge ses racines dans l'Évangile. Jésus est non-violent. Le recours à Jésus est un recours contre les excès de l'institution ecclésiale." Poussée de fièvre Devant cette poussée de fièvre dans l'islam, en réaction aux propos du pape, ils sont nombreux, en Occident, à prêcher l'apaisement en conseillant de prendre le chemin de la repentance. Le pape doit, selon ces prosélytes de la soumission inconditionnelle, se confondre en excuses, demander pardon et faire pénitence devant une mosquée. Il s'est dit attristé, cela suffit. Il faudrait, au contraire, le remercier d'avoir aussi clairement réclamer le rejet définitif de ce qu'Antoine Sfeir appelle l'"instrumentalisation de Dieu dans le recours à la violence". La conclusion de mon propos revient à un musulman, Aiman Mazick, secrétaire du Conseil central des musulmans, en Allemagne. "Les paroles du pape, écrit-il, sont probablement dirigées contre les groupes qui confondent l'islam avec une idéologie et qui abusent de la religion. Nous, les musulmans, voyons là également un problème. Nous devons faire notre autocritique et combattre le nihilisme qui s'est installé dans l'islam. Les musulmans qui aiment la paix doivent prendre leurs distances avec l'extrémisme." Puisse cet appel être entendu!
|
|