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Communiqué Isranet Volume V, Numéro 254 • vendredi le 29 septembre 2006 Renouer avec la représentation
maléfique des Juifs Pierre Vadeboncoeur ne pardonnera jamais Auschwitz aux Juifs. C'est ce qu'on serait tenté de répondre à l'article intitulé «Guernica bis» que l'écrivain a signé le 14 septembre dernier dans la page Idées du Devoir. Cette paraphrase du trait d'esprit attribué au psychologue israélien Zvi Rex («Les Allemands ne pardonneront jamais Auschwitz aux Juifs») synthétise l'insupportable culpabilité ressentie par certains Allemands pour le génocide des Juifs d'Europe et le processus de déculpabilisation qu'elle produit en inversant l'empathie en ressentiment, et les victimes en bourreaux. C'est ce même processus que l'on discerne lorsque M. Vadeboncoeur--qui n'a même pas l'excuse d'être Allemand--affirme qu'«il n'y aura pas de rémission, même dans mille ans» pour les crimes commis contre les Juifs en Europe car «le peuple juif n'aura jamais fini de demander réparation» en guise d'introduction à l'accusation centrale du texte : les Juifs ont répété cet été au Liban l'infâme crime de guerre commis par les nazis à Guernica. «C'était la tragédie de Guernica, écrit M. Vadeboncoeur, cette petite ville d'Espagne détruite par l'aviation allemande en 1937, pendant la guerre civile du fasciste Franco. Cela change le point de vue.» Et comment ! Car si les Juifs sont les nouveaux nazis et les Arabes les nouveaux Juifs, on peut s'affranchir de la culpabilité antérieure en compatissant infiniment avec les «nouveaux Juifs» et en diabolisant fabuleusement les «nouveaux nazis», tout en s'épargnant le labeur intellectuel d'une analyse nuancée et rigoureuse de la réalité. Car enfin, la perception que la «race juive» revendique une «incalculable créance historique au sein de nos sociétés» n'émane pas du réel, mais des démons qui visiblement hantent l'esprit de l'auteur. Les faits Cette agression non provoquée était la culmination de six ans d'incursions et d'attaques sporadiques par le Hezbollah contre Israël. Six années au cours desquelles le groupe terroriste a massé sur la frontière israélienne des dizaines de milliers de missiles de courte et moyenne portée livrés par un régime iranien en voie de nucléarisation militaire qui a fait de la destruction d'Israël un dogme. Qu'à cela ne tienne, les démons de M. Vadeboncoeur lui font apercevoir dans la réplique israélienne l'éclatement «sur le Liban et le Hezbollah [des] rancoeurs accumulées ailleurs depuis quatre ou cinq ans. C'est assez. La cause est entendue». Il faut croire que la cause a été entendue depuis longtemps par cet inquisiteur improvisé pour lequel l'«établissement initial» d'Israël sur une portion de la terre ancestrale des Juifs était en soi une «injustice» qui manifestement provoque chez l'auteur des débordements de rancoeurs, bien réelles celles-ci. La réplique d'Israël, faut-il le répéter, a consisté à neutraliser la menace qui pesait sur le nord du pays en s'attaquant aux lance-roquettes du Hezbollah, souvent situés dans des agglomérations urbaines. Si en effet, ces bombardements ont entraîné la mort de civils, ceux-ci n'étaient pas la cible de l'aviation israélienne. Si tel avait été le cas, le bilan des morts libanais serait considérablement plus lourd. En revanche, le bombardement aérien de Guernica par les nazis cibla intentionnellement la population civile de la ville dans le but explicite de l'anéantir. Ce simple constat révèle dans toute son ampleur le caractère odieux et délirant de l'accusation portée par M. Vadeboncoeur contre Israël et le peuple juif par association. S'il y a lieu de comparer les tactiques de l'une ou l'autre des parties dans ce conflit au bombardement de Guernica, on conviendra que les attaques ciblées du Hezbollah sur les civils israéliens soutiennent mieux la comparaison. Et si on ne peut, heureusement, parler de massacre de la population du nord d'Israël, ce n'est pas parce que l'intention faisait défaut au Hezbollah, mais parce que, comme le souligne aujourd'hui Amnistie Internationale, des centaines de milliers d'Israéliens ont fui la région et que les villes septentrionales d'Israël sont fortifiées. Des propos corrigés Comme tout délire sur le peuple juif doit invariablement proposer une théorie du complot, M. Vadeboncoeur conclut son article sur la «politique impérialiste israélo-américaine» qui se tramerait au Proche-Orient. Dans un renversement des faits éhonté, M. Vadeboncoeur prétend qu'Israël a tiré la première salve d'une «offensive anticipée» contre la Syrie et Iran, alors que même les analystes arabes du Proche-Orient ont reconnu dans la déclaration de guerre du Hezbollah à Israël la première ronde de la guerre annihilatrice contre Israël qu'appelle de ses voeux le régime de Téhéran dont les visées justement impérialistes comme nouvel Hégémon régional font davantage trembler les États arabes de la région qu'Israël ou les États-Unis. Les démons judéophobes qui hantent le texte de M. Vadeboncoeur ne mériteraient guère qu'on s'y attarde s'ils ne trahissaient pas une tendance pernicieuse parmi certains intellectuels occidentaux à renouer avec une représentation maléfique des Juifs que l'on accable des crimes de leurs bourreaux passés pour mieux se délester d'un inexorable sentiment malsain de culpabilité qu'en dernière instance les Juifs ne leur ont jamais souhaité. En 1946, lors des procès d'Auschwitz, Hannah Ahrendt avait anticipé dans une lettre à Karl Jaspers le potentiel d'un antisémitisme, non pas en dépit d'Auschwitz, mais à cause d'Auschwitz : «L'innocence des victimes est tout aussi inhumaine que cette culpabilité [des criminels d'Auschwitz]. Des êtres humains ne peuvent pas être aussi innocents qu'ils l'étaient tous devant les fours à gaz. Il n'y a politiquement et humainement rien à faire avec une culpabilité qui se situe au-delà du crime et une innocence au-delà du bien ou de la vertu.» Non, les Juifs ne revendiquent pas une «incalculable créance historique» pas plus que l'État d'Israël n'est l'aboutissement d'une prétendue politique «impérialiste». Malgré ou plutôt étant donné les traumatismes qui ont jalonné sa longue histoire, le peuple juif n'aspire à rien de plus que la normalité qui lui est disputée par l'incessante remise en question de la légitimité d'Israël et cette tendance odieuse à utiliser à son encontre, telle une arme, les épisodes les plus tragiques de sa destinée. (Ghila Sroka est Présidente de Institut du judaïsme québécois) Volume V, Numéro 253 • vendredi le 22 septembre 2006 Message du Premier
ministre Ehud Olmert Chers amis, Non
à ceux qui règnent par la terreur sur la pensée
musulmane ! Les réactions quasi unanimes
aux déclarations du Pape Benoît XVI concernant l'islam
posent plusieurs questions et appellent autant de réponses. Serait-il
interdit désormais d'avoir un apport critique vis-à-vis
des religions ? Durant des siècles, intellectuels et théologiens
ont engagé le fer avec les tenants du dogme. Teilhard de Chardin
hier et Drewermann ou Hans Küng aujourd'hui connaissent de sérieux
ennuis avec leurs hiérarchies respectives. On se souvient des
débats qui secouent encore les communautés juives partout
dans le monde. Cela serait-il interdit en islam ? À moins que
l'on considère qu'il est interdit de parler de l'islam si l'on
n'est pas musulman ! Le débat intellectuel et théologique
serait-il définitivement tabou ? Antoine Sfeir est Directeur de la rédaction des Cahiers de l'Orient, auteur avec Nicole Bacharan de Américains-Arabes : l'affrontement (Seuil). Publiera en octobre Vers l'Orient compliqué (Grasset) Volume V, Numéro 252 • vendredi le 15 septembre 2006 Ahmadinejad à
l’Assemblée des Nations unies, à New York Traduction française : Menahem Macina
Si le président iranien négateur de l’Holocauste,
promoteur de la fabrication d’une bombe nucléaire, et sponsor
du terrorisme, pense qu’il va se pointer à New York, la
semaine prochaine, pour assister à l’Assemblée générale
de l’ONU, et s’en tirer sans être remis en question,
eh bien, il va avoir une surprise. Le lauréat du Prix Nobel,
Elie Wiesel, a ajouté son nom, mercredi, à la liste des
membres d’un groupe – peu nombreux mais très important
- de citoyens qui font pression pour que l’Iran soit expulsé
des Nations unies en réaction à ses violations de la Convention
pour la Prévention et la Sanction du Crime de Génocide,
de 1948. Hitler
à Genève: Qui se souvient de cette visite qui fit scandale
en 1939 ? Ci-après
la traduction française d’un article paru le 13 septembre
1939 dans la Jüdische Rundschau. Il témoigne de la révolte
morale de l’intelligentsia juive américaine à l’annonce
d’une visite de Hitler à la Société des Nations,
cette année-là. L’événement, qui avait
défrayé la chronique de l’époque, est complètement
oublié aujourd’hui. La "Remarque finale" vous
en dira davantage. (Menahem Macina). Volume V, Numéro 251 • vendredi le 8 septembre 2006 Les options de
l'Iran en cas d'offensive Introduction Le rapport intégral du Dr Raphaeli peut être consulté en anglais sur http://memri.org/bin/latestnews.cgi?ID=IA29206. Nous vous en proposons une version abrégée : A. Implications de la fermeture du détroit de Hormuz Le détroit de Hormuz est une bande d'océan étroite qui s'étend du Golfe d'Oman au sud au Golfe persique, au sud ouest. Sur la côte nord de trouve l'Iran et sur la côte sud se trouvent les Emirats arabes unis et Musandam. Entre 15 et 16.5 millions de barils de pétrole transitent chaque jour par le détroit de Hormuz, soit près de 25% de la production mondiale de pétrole par jour (table 1) La fermeture, ou même la menace de fermeture du détroit aurait un impact significatif sur le marché mondial de l'énergie et le prix du brut. Les conséquences seraient désastreuses pour l'Iran également, vu que l'arrêt des exportations iraniennes pourrait sérieusement endommager l'économie iranienne. Implications sur le marché mondial Le prix du brut connaît, comme celui de toute autre marchandise, des fluctuations importantes en temps de déficit ou de surproduction. La fermeture du détroit au passage des pétroliers provoquerait un grave déficit qui enverrait une onde de choc sur les marchés pétroliers déjà en proie à des difficultés. Il est aisé d'imaginer la hausse du prix du brut si la menace iranienne se concrétisait. La comparaison avec l'embargo arabe de 1973 sur le pétrole lors de la guerre de Kippour en donne une idée. En 1972, le prix du brut était de trois dollars le baril ; à la fin de 1974, il a quadruplé pour dépasser les 12 dollars. Si le prix du brut, qui varie actuellement entre 70 et 75 dollars, devait à nouveau quadrupler, il s'ensuivrait une récession économique mondiale aux conséquences inédites. Toutefois, le chute soudaine de l'offre de brut et la flambée des prix en découlant aurait un effet modérateur sur la demande mondiale en raison de mesures de conservation plus efficaces, notamment dans le secteur des transports. Par ailleurs, la plupart des pays de l'OCDE, dont les Etats-Unis, ont bâti des réserves stratégiques de brut susceptibles de répondre à leurs besoins de consommation pour une durée d'au moins six mois. Il convient en outre de relever les précautions prises par l'Arabie Saoudite, premier exportateur mondial de brut, pour prévenir un conflit dans le Golfe. Implications pour l'Arabie Saoudite La fermeture du détroit de Hormuz n'affecterait que partiellement l'Arabie Saoudite, premier exportateur mondial de brut. Implications pour les Etats-Unis L'importation de brut par les Etats-Unis ne serait que partiellement affectée par la fermeture du détroit. Les chiffres de juin 2006 pour les cinq plus grands exportateurs de pétrole aux Etats-Unis en millions de barils par jour sont le Canada (1.1799), le Mexique (1.1734), l'Arabie Saoudite (1.427), le Venezuela (1.008) et le Nigeria (0.996). Les autres exportateurs vers les Etats-Unis sont l'Irak, l'Angola, l'Algérie, l'Equateur et la Russie. Les Etats-Unis produisent pour leur part 5.2 millions de barils par jour. Le Venezuela pourrait mettre un terme à son approvisionnement pour marquer sa solidarité avec le régime théocratique d'Iran. Le président socialiste Hugo Chavez n'a en effet manqué aucune occasion, ces derniers temps, de se solidariser des forces du despotisme. Comme noté plus haut, les exportations de brut d'Arabie Saoudite pourraient également être affectées, mais seulement partiellement. (1) Implications pour l'Iran Les dix principaux pays destinataires des exportations iraniennes sont le Japon (de loin le plus important), la Chine suivie de la Corée du Sud, l'Italie, la France, les Pays-bas, la Turquie, l'Afrique du Sud, Taiwan et la Grèce. Il est certain que l'Iran pèsera une décision susceptible de porter atteinte à ses principaux clients en raison d'un éventuel conflit avec les Etats-Unis. Avec un taux de chômage qui atteint les 15 pourcents, les conséquences de l'assèchement des revenus du pétrole pourraient déclencher des réactions populaires contre le régime des mollahs de Téhéran. C'est pourquoi on peut imaginer que l'Iran évitera de prendre de trop gros risques, malgré ses menaces et sa capacité, réelle ou imaginaire, à détruire tout bateau passant par le détroit de Hormuz. B. Conflit et instabilité en Irak Un analyste des affaires étrangères a déclaré sur Al-Jazeera que "les alliés auraient tort d'attendre des Iraniens qu'ils exercent une influence apaisante sur les chiites irakiens alors que [les alliés] traînent l'Iran sur les charbons ardents avec la question nucléaire." (2) L'Iran maintient une forte présence en Irak, notamment dans le sud. On sait à l'heure actuelle que des centaines de membres de la Mukhabarat iranienne [renseignements] et les Gardiens de la Révolution ont infiltré différents services de sécurité irakiens, notamment au sud de l'Irak. Beaucoup d'autres pourraient entrer dans les deux villes saintes de Nadjaf et Karbala en se faisant passer pour des pèlerins ou en franchissant la frontière irakienne non surveillée. L'ambassadeur des Etats-Unis en Irak, M. Zalmay Khalilzad, a confirmé en juillet à la presse que les Iraniens maintenaient une présence militaire en Irak. Deux des plus puissantes milices irakiennes chiites, la Brigade Badr associée au Conseil suprême de la Révolution islamique en Irak (CSRII) et Jeish al-Madhi, qui connaît un fort essor sous la direction du religieux radical Muqtada al-Sadr, sont financées et entraînées par l'Iran ; l'Iran peut rapidement les pousser à l'action contre les forces multinationales, comme il a fait en encourageant le Hezbollah à attaquer Israël au Liban. Une récente étude de Chatham House montre que c'est Téhéran, plus que Washington, qui contrôle la rue irakienne. (3) Les affrontements qui ont opposé Jeish al-Mahdi et l'armée irakienne dans la ville de Diwaniya au sud de l'Irak fin août 2006 prouvent la capacité d'al-Sadr et de ses maîtres à Téhéran à initier une action militaire s'ils le souhaitent. Jeish al-Mahdi a déjà commis nombre de violences en cherchant à appliquer les règles de la Sharia dans les rues de Bagdad et ailleurs, et en privant l'Irak de ses derniers vestiges laïques. Cette milice a aussi été impliquée dans des meurtres de Sunnites. Si jamais al-Sadr émerge comme le seul leader du peuple irakien, il instaurera un régime de type taliban. L'Iran pourrait aussi, par des actes de sabotage, interrompre l'exportation de pétrole irakien, ce qui priverait le gouvernement d'un revenu de près de 25 millions de dollars en 2006, des moyens de payer les forces de sécurité, en transformant ces dernières en un élément d'instabilité politique. Parallèlement, une telle interruption enverrait une onde de choc sur le marché mondial de l'énergie en le privant de près de deux millions de barils par jour de pétrole irakien. Conclusions Si jamais les installations nucléaires iraniennes venaient à être attaquées, les représailles iraniennes seraient à envisager sur le sol irakien plutôt que sur le marché mondial de l'énergie ; ce serait à la fois plus efficace, moins risqué et meilleur marché pour l'Iran. L'Iran aspire à jouer un rôle de grande puissance au Moyen-Orient ; le défi lancé par Ahmadinejad au président George W. Bush avec la proposition d'un débat télévisé opposant les deux dirigeants révèle l'aspiration du premier à devenir l'égal ou le supérieur du second. Comme le note l'étude de Chatham House, "la présidence de Mahmoud Ahmadinejad a ajouté une complication à la dynamique des aspirations géopolitiques de l'Iran en introduisant à l'équation un millénarisme que même les Iraniens trouvent inquiétant." (4) Face à la Russie et à la Chine, il reste à voir si le Conseil de sécurité des Nations unies prendra des mesures contre l'Iran une fois passée la date limite du 31 août 2006 imposée à l'Iran. A l'instar des marchands rencontrés dans les marchés iraniens, les diplomates iraniens peuvent étirer indéfiniment les négociations sur leur "technologie nucléaire". Ce n'est que quand ils n'auront plus le choix qu'ils accepteront un arrangement. *Le Dr Raphaeli est analyste au MEMRI Annexe MEMRI TV Clip #1102 - Iranians
Test "Highly-Advanced Flying Boat" and Two Missiles MEMRI TV Clip #1097 - Iranians
Present New High Velocity Underwater Missile MEMRI TV Clip #1095 - Iranian
TV Shows Divers Train in Mine Planting MEMRI TV Clip #1065 - Footage
of New Iranian Nahang 1 Submarine MEMRI TV Clip #780 - Iranian Defense
Minister Ali Shamkhani on Iran's Space Activities MEMRI TV Clip #779 - Mesbah -
A New Iranian Satellite MEMRI TV Clip #676 - Iranian TV
Shows a Scale Model of "New Iranian Submarine" - The Ghadir MEMRI TV Clip #575 - Iranian Generals:
Recent Wars in the Region Allowed Us to Prepare for the Americans MEMRI TV Clip #272 - Footage from
Tehran Military Parade MEMRI TV Clip #252 - Iranian Revolutionary
Guard Official in Tehran University Lecture (Part II): We Plan To Target
US Nuclear Warheads on US Soil; Should Take Over England MEMRI TV Clip #212 - Iranian Minister
of Defense on Possible Iranian Preemptive Strike (1) La plupart des données
sont tirées de publications de l'Energy Information Administration
[agence américaine gouvernementale] Volume V, Numéro 250 • vendredi le 1 septembre 2006 Une petite musique
de mort Aux jeunes d'aujourd'hui, le conflit du Proche-Orient paraît éternel. Il leur semble qu'avant 1967 (bientôt quarante ans...), la paix régnait dans la région jusqu'à ce que la guerre de six jours (juin 1967) vienne y mettre un terme en détruisant au passage l'Etat palestinien qu'ils imaginent établi en Cisjordanie et à Gaza. Ce brouet d'ignorance nourrit une doxa qui a fait de ce conflit le coeur du monde, à l'instar des prophéties apocalyptiques qui, jadis, situaient à Jérusalem la rédemption de l'humanité. A ceux-là, il sera difficile d'entendre la petite musique de mort qui monte à pas feutrés depuis des années et semble redoubler de vigueur cet été. Elle nous dit que "l'Etat créé en 1948" est à l'origine de "tous les problèmes de la région". Voire au-delà. D'autres parlent d'une "anomalie historique" appelée à disparaître. En France, par exemple, dans les sphères dirigeantes de l'Etat : Dominique de Villepin, alors secrétaire général de l'Elysée, se demandait en 2001 si, au regard du temps long de l'Histoire, Israël était plus qu'une péripétie ; ou au Quai d'Orsay : un ambassadeur de France qualifiait récemment Israël de "petit Etat de merde". Etape par étape, la petite musique de mort délégitime l'Etat en trop sur la terre. Elle nous dit qu'il fut fondé en 1948 (ex nihilo ?), "conséquence" de la Shoah, compensation offerte aux Juifs par l'Europe sur le dos des Arabes. En oubliant que les structures de l'Etat d'Israël étaient en place avant 1940, depuis le système de santé (1920) et la centrale syndicale Histadrout (1920) jusqu'au réseau de transports publics (1935) ; depuis le premier lycée hébraïque (1906) jusqu'à l'université du même nom (1925) ; depuis la force de défense (Haganah, 1920) jusqu'à la radio nationale (1934) ; et que la "colonie" de Tel-Aviv (1909) a déjà presque un siècle d'existence. Elle fait oublier, la petite musique, qu'à l'origine de cette violence sans fin est le refus sans fin de l'Etat juif. Elle masque que la réponse militaire "disproportionnée" fait écho à la négation disproportionnée du droit de vivre. Le Hezbollah, et derrière lui la "rue arabe", parle d'"entité usurpatrice" et d'"Etat transitoire", ignore Israël sur les atlas locaux et désigne les villes de l'Etat juif comme des "colonies". Tout se négocie sauf le droit d'exister. Si les armes des milices se taisent, la violence cessera. Si celles d'Israël renoncent à la disproportion, c'en sera fini de l'Etat d'Israël. A cette disproportion des enjeux, beaucoup, en Occident, restent sourds. Comme jadis les "compagnons de route" avaient été sourds face à la catastrophe soviétique. Comme auparavant les Munichois avaient été sourds quand, pour "sauver la paix", il s'agissait de sacrifier les petits. Les voici donc qui reprennent à mi-voix la petite musique de mort, celle qui permet de faire oublier que le refus de l'existence d'Israël, de quelque façon qu'on l'habille, à la mode nassérienne, baasiste ou hezbollesque, constitue la genèse de la violence. D'ailleurs, il suffit que l'armée israélienne faiblisse et que les centres urbains de l'Etat juif soient touchés, pour que l'apparente acceptation du fait israélien vole en éclats. Alors, la rue reprend le dessus, et avec elle la populace qui hurle au sang. En Orient, nul n'ignore les appels au massacre qui sont proférés. En Occident, on préfère pudiquement les ignorer, y voyant seulement du "lyrisme oriental", des "outrances verbales", en dépit des mises en garde répétées. Le désir de meurtre envers Israël est le seul "aphrodisiaque" toléré (dixit feu le roi du Maroc Hassan II) d'un monde arabe qui, avec l'Afrique noire, demeure la zone la plus régressive de la planète (en 2004, il ne se traduisait pas plus de livres dans ce vaste ensemble que dans un petit pays comme la Grèce). "Détruire Israël", disent-ils. Et il s'agirait d'une figure de rhétorique ? Depuis des siècles, les figures de rhétorique dégoulinent du sang des autres. C'est un appel au génocide, explicite ici, subliminal là, que susurre la petite musique de mort. Et des millions d'"idiots utiles" la reprennent en Occident, inconscients des enjeux, aveuglés par l'illusion d'une force militaire qui n'aura qu'un temps. Il y a plus de quarante ans déjà que Hannah Arendt écrivait à une amie (11 juin 1963) : "Je sais, ou je crois savoir que si une catastrophe devait atteindre cet Etat juif, pour quelque raison que ce soit (et même s'il s'agissait de sa propre folie), ce serait sans doute la catastrophe finale pour le peuple juif tout entier, quelles que puissent être alors les opinions de chacun d'entre nous." (Georges Bensoussan, professeur d'histoire et responsable éditorial du Mémorial de la Shoah (Paris), est l'auteur d'Europe, une passion génocidaire (éd. Mille et une nuits, 464 p., 20 €).) Positions
gênantes Je suis indépendantiste depuis près de 50 ans. Précisément depuis 1959. Alors que j'étais étudiant à l'Université de Sherbrooke. J'ai donc été membre du RIN puis du PQ depuis ce temps. Mais j'ai toujours été mal à l'aise avec les postures et les lieux communs tiers- mondistes, anti-américains, pacifistes et antisionistes du mouvement souverainiste. Il y a, au sein de la mouvance nationaliste du Québec, un certain nombre de postulats idéologiques qui m'agacent et qui me gênent depuis toujours. Par exemple, cette haine des Américains enkystée comme un chancre dans le cerveau d'une forte proportion de militants. Ce sont pourtant nos voisins (puissants sans doute) et ce sont nos partenaires avec qui nous partageons des valeurs fondamentales et fondatrices de la civilisation occidentale dont la liberté n'est pas la moindre. Malgré cela, le mouvement souverainiste a été largement contaminé par l'idéologie de gauche et la propagande socialo-communiste présentant les États-Unis comme une puissance coloniale et impérialiste qui se plaisait à asservir les peuples du monde entier. La guerre froide, une invention? Un autre exemple, plus récent celui-là, est relié à la guerre entre Israël et le Hezbollah. Il s'agit de cette tendance malsaine, au sein du mouvement souverainiste, à adopter, en toutes circonstances, une position défavorable pour ne pas dire hostile à l'endroit d'Israël. Cela m'a toujours embarrassé. Je me souviens d'un congrès du PQ (1981) où les délégués ont non seulement ovationné le felquiste Jacques Rose mais aussi une délégation palestinienne. Attitude typiquement gauchiste selon laquelle le Palestinien représentait, dans la mythologie socialo-communiste, l'archétype par excellence de l'opprimé en lieu et place du prolétaire. Je me souviens aussi d'un autre congrès où une résolution d'appui à l'intervention armée visant à libérer le Koweït envahi par l'Irak de Saddam (au mépris de toutes les règles du droit international) a été l'objet d'un débat acrimonieux au cours duquel les partisans de la motion (dont j'étais) ont été traités de valets de « l'impérialisme » américain. La motion fut certes finalement adoptée mais on voyait combien l'obsession antiaméricaine tourmentait bien des esprits. Les chefs souverainistes Je suis toujours indépendantiste mais je suis aussi toujours gêné de voir le mouvement souverainiste encore hanté par ces fantasmes vieillots tout imprégnés de haine envers nos voisins américains et la démocratie israélienne. Guerre,
mensonges et vidéos Mais où êtes-vous
? Où sont les grandes âmes, le scandale ? Les déclarations
des plus hautes autorités politiques du monde ? Depuis le 14
août, je cherche désespérément dans les colonnes
des journaux et sur les écrans la condamnation du bombardement
d'un orphelinat par l'armée sri-lankaise dans sa lutte contre
le mouvement terroriste des Tigres tamouls. Quarante-trois écolières
tuées, soixante autres blessées. Pas seize enfants sur
vingt-huit morts, comme à Cana. On ne peut qu'être abasourdi
devant la différence de traitement. Les victimes arabo-musulmanes
seraient-elles plus précieuses que les autres ? Pas nécessairement,
car qui s'émeut des meurtres de masse perpétrés
en Irak par des Arabes sur d'autres Arabes ? Non ce qui est en question,
c'est Israël ou, plus exactement, les Juifs.
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