Communiqué Isranet
décembre 2007
Un service de l’I.C.R.J.
l’Institut canadien de recherches sur le Judaïsme
Prof. Frederick Krantz,
Directeur
Volume VI, Numéro
315 • Vendredi, 28 décembre 2007
Sdérot est-il plus loin
qu’Entebbe ?
Naomi Ragen
Naomiragen.org, 23 décembre
2007
Traduction française : Menahem Macina
Ce soir, j’ai regardé une ancienne rediffusion du film
de l’opération d’Entebbe. On y voyait la scène
où Tsahal préparait minutieusement un vol représentant
une moitié de tour du monde, pour libérer des citoyens
d'Israël en danger. Il y aurait un véhicule ressemblant
à celui d’Idi Amin, que l’on déchargerait
d’un avion. Il y aurait un timing au dixième de seconde
près. C’était tellement dangereux, tellement loin.
Cela supposait tellement de connivences internationales et la possibilité
d’un désastre. Aussi, les généraux vont-ils
au ministère de la Défense pour y présenter leurs
plans. Shimon Peres qui interprète son propre rôle dans
le film les regarde tous et dit : « Je vais recommander au Cabinet
d’accepter cela et d’y aller ».
Je me suis frotté les yeux. Shimon Peres ? La colombe ? Il a
dit ça ?
Et j’ai pensé à Sdérot et aux roquettes qui
tombent, chaque jour, sur des maisons, et dont une a manqué de
peu une école pleine d’enfants, pas plus tard que la semaine
dernière. Sdérot, ça n’est pas à des
milliers de kilomètres, au plus profond de l’Afrique, mais
à la distance d’un jet de pierre (un tir de roquette ?).
Et pourtant, notre gouvernement ne semble pas capable de trouver l’énergie
pour accomplir la plus simple et la plus évidente des actions
afin d’arrêter ça : s’emparer de la zone d’où
sont tirés les missiles et l’en débarrasser.
Maintenant, pourquoi cela poserait-il un problème, alors qu’il
y a des années, une opération de sauvetage d’Israéliens
détenus en otages en Ouganda a été approuvée
par le gouvernement. Que s’est-il passé entre alors et
aujourd’hui ?
J’y ai pensé longuement et intensément. Ce n’est
pas que nos capacités aient diminué. Après tout,
l’armée israélienne est plus puissante et incomparablement
mieux équipée que jamais. Il n’y a qu’une
raison pour que nous - qui n’avons pas hésité à
envoyer des avions pour envahir un autre continent, malgré les
risques de condamnation internationale - soyons trop effrayés
pour lancer la frappe militaire indispensable qu’exige la protection
de notre arrière-cour : la perte de foi dans la justesse de notre
cause.
Des années de propagande internationale par le biais d’émissions
de CNN et de la BBC, qui entrent dans nos salons, ont, d’une manière
ou d’une autre, convaincu - au moins nos dirigeants – que
les Juifs d’Israël doivent vivre avec la terreur ; qu’ils
ne doivent pas faire des vagues ; qu’ils doivent, en fait, attendre
que les bombes atteignent pour de bon une école et pouvoir montrer
des images (Dieu nous en préserve !) de corps ensanglantés
d’enfants dans les hôpitaux, ou de parents gémissant
lors des funérailles. Ce n’est qu’alors que les mollassons
et les mollassonnes du gouvernement Kadima se décideront à
ternir leur image dans les émissions internationales en faisant
ce qu’ils doivent faire : agir avec décision et de manière
préventive pour sauver des vies. Avant qu’il soit élu,
j’avais rencontré Ehud Olmert. Notre échange avait
précédé le "désengagement" de
Gaza. Je lui avais demandé pourquoi il y était favorable.
Sa réponse avait été : « Si cela doit sauver
une seule vie, nous devons le faire ». La vie d’un soldat
ou d’un colon, ai-je supposé.
Monsieur Olmert, qu’en est-il de ce magnifique souci s’agissant
de la vie des enfants de Sdérot ? Y a-t-il le moindre doute sur
le fait que s’emparer des sites de lancement de roquettes mettra
un terme aux attaques et sauvera des vies ? Mais, là aussi, il
y a un changement. « Si cela peut sauver une seule vie »
a été le mantra qui a permis à Israël d’extirper
et de détruire des communautés juives entières.
Où est ce mantra maintenant que nous devons extirper et détruire
les terroristes de Gaza, qui se sont installés sur les décombres
des maisons juives pour menacer la vie de nos enfants ?
Ce dont il est question, ici, c’est de la force de caractère
d’une nation et de sa volonté de survivre.
Le mirage d'un
Etat palestinien
Luc Rosenzweig
Upjf.org, 28 décembre
2007
Après les réunions
d'Annapolis et de Paris, en dépit des beaux discours et de la
générosité de la communauté internationale,
la perspective de l'instauration d'un Etat palestinien est plus éloignée
que jamais.
En apparence, tous les protagonistes de l'interminable conflit israélo-arabe
s'accordent sur un point: il n'existe pas d'autre issue que le partage
du territoire de l'ancienne Palestine mandataire entre un Etat juif
et un Etat arabe, aux frontières internationalement reconnues
et ayant, pour le premier, Jérusalem-ouest pour capitale, et,
pour le second, Al Qods (Jérusalem-est).
Ces principes, que l'on a aujourd'hui coutume de désigner sous
le nom de "paramètres Clinton", en référence
aux documents établis sous l'égide de l'ancien président
américain, à la fin de l'année 2000, à Camp
David et à Taba, fondent l'action diplomatique de la communauté
internationale pour faire avancer un processus de paix en panne depuis
près d'une décennie. Ils ont fini par être acceptés
- grâce à Ariel Sharon - par l'écrasante majorité
de la classe politique et de l'opinion publique israéliennes,
constituent la doctrine de l'administration de George W. Bush sur ce
problème, et ont été adoptés - cette fois-ci,
semble-t-il, sans arrière-pensées - par la direction palestinienne,
incarnée par Mahmoud Abbas et son premier ministre Salam Fayyad.
Si l'on ajoute à cela le soutien actif de l'Union européenne
et de la Russie à la mise en oeuvre de cette solution, et celui,
plus discret mais bien réel, des pays arabes dits modérés
présents à Annapolis en novembre 2007, l'affaire pourrait
sembler en bonne voie. Un scénario optimiste devrait alors s'imposer:
remise en selle par le retour des subventions internationales et quelques
gestes significatifs de la part d'Israël (gel des implantations,
diminution des barrages routiers en Cisjordanie, etc.), la direction
palestinienne pragmatique parvient à reconquérir le soutien
populaire, y compris à Gaza, et à reprendre le dessus
sur les extrémistes du Hamas. La communauté internationale,
devenue vigilante, fait en sorte que les subsides alloués aux
Palestiniens ne s'évaporent pas dans la mal-gouvernance et la
corruption, et que la partie israélienne remplisse scrupuleusement
ses engagements de démantèlement des implantations dans
les territoires qui seront dévolus, à l'issue d'une ultime
négociation, au futur Etat palestinien.
De la franche et brutale hostilité, les relations israélo-palestiniennes
passeraient alors à la méfiance sans affrontement, puis
à l'indifférence, avant de se transformer en une amitié
fondée sur une coopération transfrontalière profitable
aux deux parties.
Ce scénario, adaptation moyen-orientale de la grande réconciliation
intra-européenne de la seconde moitié du XXe siècle,
n'a malheureusement qu'une chance minime, voire nulle, de se réaliser.
Aussi forts, déterminés et sincères que soient
les promoteurs de ce compromis historique, ils se heurtent à
une loi d'airain : n'accède au statut d'Etat-nation qu'un peuple
qui est, jusque dans ses entrailles, décidé à le
devenir, et qui est prêt, pour cela, à accepter tous les
compromis nécessaires, même les plus douloureux, une fois
qu’il est établi qu'il ne peut parvenir à ses fins
par la seule force militaire.
C'est ce que nous enseigne l'histoire de l'Europe, y compris la plus
récente. Or, si l'on observe les discours, les actes et le comportement
de la société palestinienne dans toutes ses composantes,
y compris ceux des Arabes d'Israël et des réfugiés
dans les pays avoisinants, force est de constater que ce "désir
d'Etat" reste, pour une très large part, de l'ordre de l'incantation.
En ce qui concerne le Hamas - vainqueur, rappelons-le, des dernières
élections dans les Territoires -, la question est réglée,
explicitement: ce mouvement rejette la formule "deux Etats pour
deux peuples", et ne se réfère qu'à la notion
d"oumma", de communauté des croyants pour revendiquer
la souveraineté de l'islam (et non d'une future entité
étatique palestinienne) sur l'ensemble du territoire, y compris
Israël. Ce faisant, il rejette la perspective d'un Etat arabe en
Palestine au jour où serait anéantie "l'entité
sioniste".
Les Palestiniens réfugiés au Liban, en Syrie et en Jordanie,
et dont l'influence au sein de l'OLP (instance suprême du mouvement
national) n'est pas négligeable (on l'a vu lors des discussions
de Camp David), ne céderont pas d'un pouce sur leur "droit
au retour" dans les localités d'où ils ont dû
partir en 1948, ce qui est considéré comme totalement
inacceptable par Israël.
Les Arabes israéliens, qui constituent 20% de la population de
l'Etat juif, ont fait savoir, de manière très ferme, qu'ils
n'entendaient pas être "échangés" dans
le cadre d'un accord où leurs villes et villages proches de la
"ligne verte" seraient transférés à l'Etat
palestinien. Ils veulent rester israéliens pour d'évidentes
raisons économiques, et de plus en plus nombreux sont les intellectuels
et militants des droits de l'homme de cette communauté qui se
prononcent pour la constitution d'un Etat unique démocratique
et binational entre la Méditerranée et le Jourdain. Ils
demandent à Israël de renoncer au caractère juif
de l'Etat au profit d'une formule qui ferait d'Israël "L'Etat
de tous ses citoyens". Ces prises de positions rencontrent un écho
certain dans la frange d'extrême gauche israélienne, dite
post-sioniste.
Lorsque l'on discute avec les "Palestiniens de base", les
commerçants, enseignants, étudiants de Cisjordanie, une
fois que s'est instauré un climat de confiance qui les dispense
de la protectrice langue de bois, on entend des propos politiquement
fort incorrects. Leur rêve? Une sorte de "remake" de
l'émancipation sud-africaine, où le rôle des Blancs
dépossédés de l'exclusivité du pouvoir politique,
mais conservant la maîtrise de la vie économique, serait
joué par les Juifs d'Israël. Les mêmes, après
avoir vérifié qu'aucune oreille indiscrète ne les
écoute, n'hésitent pas à vanter les mérites
de l'administration militaire israélienne dans les Territoires,
jugée moins corrompue que l'Autorité palestinienne du
temps de Yasser Arafat. Ils évoquent également avec nostalgie
le temps, avant la première Intifada de 1987, où la liberté
de circulation des Palestiniens en Israël permettait à ces
derniers de travailler, étudier, se soigner dans des conditions
infiniment meilleures que celles qu'ils subissent aujourd'hui. Quant
aux chrétiens de Palestine, les plus intéressés
à la mise en place d'un Etat laïc depuis la montée
en puissance du Hamas, ils "votent avec leurs pieds", trouvant,
dès qu'ils en ont la possibilité et les moyens, des cieux
plus cléments aux Etats-Unis ou au Canada. Une méfiance,
généralisée et durable, règne, dans la population,
envers l'appareil politico-sécuritaire du Fatah, qui accapare
une rente essentiellement issue de l'aide internationale. Cela se traduit
soit par un recours des plus démunis au Hamas, dispensateur de
secours aux humbles, et l'émigration vers les pays du Golfe,
ou en Occident, des élites économiques et scientifiques.
Alors, comment et avec qui bâtir un Etat "viable", c'est-à-dire
capable d'apporter à une population l'assistance et l'encadrement
nécessaires à la mise sur pied d'une économie performante
et d'une démocratie réelle? Il est exceptionnel que ces
faits et ces discours soient relayés par les médias occidentaux:
ce propos, dérangeant pour les idées reçues, vaudrait
à celui - journaliste ou chercheur en sciences politiques - qui
s'en ferait le truchement une interdiction de fait de poursuivre ses
investigations en Cisjordanie et à Gaza.
L'existence, indéniable d'une conscience nationale arabe palestinienne,
qui s'est forgée en réaction à la réussite,
à tous égards exceptionnelle, du projet national juif
en Palestine, n'implique pas, ipso facto, l'adhésion de ce peuple
au modèle étatique qui lui est proposé par la communauté
internationale et une partie de sa classe dirigeante. On s'accorde,
faute de mieux, pour mettre sur le compte d'Israël, de l'occupation,
de la colonisation des Territoires, la situation lamentable dans laquelle
se trouve la grande majorité de la population. Mais, à
chaque fois que se dessine, de manière tangible, la perspective
de l'établissement d'une Palestine souveraine et indépendante
on fait en sorte de la faire échouer. Le dernier avatar de cette
machine à repousser cet aboutissement aux calendes est l'exigence
d'un "Etat palestinien viable", sous-entendu établi
sur la totalité des territoires conquis par Israël en 1967,
avec, en plus, un lien terrestre entre Gaza et la Cisjordanie. Il n'est
pas précisé ce qui ferait obstacle à la "viabilité"
d'une Palestine dont les frontières tiendraient compte des réalités
établies sur le terrain depuis quarante ans, notamment des rectifications
et échanges permettant d'englober les blocs d'implantations contigus
à la "ligne verte". La fin de l'occupation et le démantèlement
des colonies isolées au coeur des Territoires constituent des
exigences légitimes et indispensables à la naissance de
cet Etat. Mais l'obstacle majeur à la viabilité d'un Etat
palestinien, c'est la méfiance qu'il inspire à des Israéliens,
qui ne sauraient en aucune manière accepter l'existence et le
renforcement d'une entité hostile, à quelques encablures
de leurs centres vitaux.
Un Etat viable, ce n'est pas seulement la souveraineté d'un peuple
sur un territoire, c'est aussi la confiance placée par ce peuple
dans les institutions, les pratiques politiques et le projet collectif
que lui proposent ses dirigeants. Un Etat viable, c'est d'abord un projet
émancipateur d'une société civile encore imprégnée
de tribalisme et de clientélisme: jusqu'à ce jour, ce
projet n'existe que dans le discours de la bureaucratie palestinienne
à l'usage des naïfs d'Occident. Sur le terrain, l'emprise
des clans prédateurs, qu'ils se réclament de l'intégrisme
religieux ou des familles élargies traditionnelles, limite singulièrement
l'impact des tentatives réformatrices et modernisatrices des
"pragmatiques" du Fatah.
La société israélienne a, en majorité, choisi
la modernité mondialisée et l'hédonisme individualiste
comme mode de vie, de pensée et d'action. Elle a su tenir en
lisière ses intégristes religieux, confinés dans
leurs quartiers et leur pauvreté subventionnée, et a fini
par isoler dans leur rêve insensé les tenants du Grand
Israël biblique. David Ben Gourion et Vladimir Jabotinski se sont
réconciliés post mortem dans le réalisme lucide
du dernier Ariel Sharon.
Qu'il existe ou non un Etat palestinien n'est plus le problème
des Israéliens, pour autant que son existence ne vienne pas perturber
leur bonheur quotidien par des tirs de roquettes ou des attentats-suicide.
"Si la communauté internationale exige un Etat pour les
Arabes d'à côté, va pour un Etat..", soupire-t-on
dans les beaux quartiers de Tel Aviv, où l'on se sent plus proche
de Los Angeles que de Tulkarem, distante de vingt kilomètres.
La mondialisation a donné un coup d'accélérateur
à la disparition du "levantinisme" de l'Etat juif,
pour qui l'inclusion régionale n'est plus une condition sine
qua non de survie et de prospérité. Le travail des Asiatiques,
Turcs et Roumains a remplacé le travail arabe dans les secteurs
de l'agriculture et du bâtiment, à la suite de l'Intifada
Al Aqsa: les liens interpersonnels entre employeurs juifs et travailleurs
palestiniens, qui s'étaient tissés au cours de la période
1967-1987, sont irrémédiablement rompus.
Il reste pourtant une chance (ou un risque ?), pour les Palestiniens,
de se voir attribuer un territoire pourvu de tous les attributs de la
souveraineté : il n'existe pas de plan B.
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Volume VI,
Numéro 314 • Vendredi, 21 décembre 2007
Discours de l'ancien
Premier ministre d'Israël,
lors de la cérémonie de commémoration du vote de
l'ONU de novembre 1947
Benjamin Netanyahu
FrontPageMagazine, 12 décembre
2007
Traduction française : Albert Soued
La résolution de l'ONU
du 29 novembre 1947, reconnaissant un Etat Juif, fut un moment important
dans l'histoire de notre nation, et aussi un moment important dans l'histoire
de toutes les nations.
Depuis lors, nous avons fait la
paix avec l'Egypte et la Jordanie, mais l’obstacle à l’élargissement
du cercle de la paix demeure ce qu’il a toujours été
: le refus des ennemis d'Israël de reconnaître l’Etat
Juif, quelles qu'en soient les frontières.
Nos ennemis ne veulent pas d'un
état arabe à côté d'Israël, mais un
Etat arabe à la place d'Israël.
A maintes reprises, il leur a
été proposé un Etat arabe à côté
d'Israël : tout d'abord, dans le plan de partage de 1947, puis,
indirectement, dans les accords d'Oslo; et, plus tard et sans équivoque,
à Camp David, en 2000 ; et finalement, dans les innombrables
déclarations faites depuis lors tant par des dirigeants israéliens
que par des dirigeants internationaux, qui ont appelé à
deux Etats pour deux peuples.
Et comment nos ennemis ont-ils
répondu à toutes ces propositions ? A chaque fois, ils
les ont rejetées avec violence.
-
En 1947, ils ont lancé
des attaques terroristes, puis une guerre généralisée
pour détruire l'Etat Juif.
-
Durant le processus d'Oslo,
ils ont terrorisé Israël avec des terroristes-suicide.
-
Après Camp David, ils
ont orchestré la Seconde Intifada, au cours de laquelle plus
de 1 000 Israéliens ont été assassinés.
-
Et depuis, ils ont tiré
des milliers de Katiouchas sur la Galilée et des milliers de
roquettes Qassam sur le Négev, pour, disent-ils, "libérer
la Palestine occupée", c'est-à-dire Haïfa
"occupée", Akko "occupée", Sdérot
"occupée" et Ashqelon "occupée".
Ce faisant, le Hezbollah et le
Hamas ne font que suivre à la lettre les propos de Jamal Husseini,
cousin du Mufti et membre du Haut Comité Arabe, qui a déclaré,
quatre jours avant le vote du partage à l'ONU, en 1947
« Si les Juifs reçoivent,
ne serait-ce qu’une parcelle de la Palestine, nous la mettrons
à feu et à sang ».
Il est regrettable que même
les Palestiniens modérés refusent de soutenir la paix
avec Israël, en tant qu’Etat Juif. Ils sont favorables à
deux Etats pour un seul peuple, un Etat palestinien débarrassé
des Juifs, et un état binational qu'ils espèrent inonder
de Palestiniens, conformément à ce qu’ils appellent
la "loi du retour".
Tant qu’ils ne reconnaîtront
pas vraiment le droit du peuple Juif à avoir un pays à
lui, et tant que leurs dirigeants n’auront pas le courage du Président
Anwar al Sadate, il est très douteux que nous ayons un vrai partenaire
pour une paix authentique.
Dans ce contexte, on peut comprendre
ce qui s'est passé et ce qui ne s'est pas produit lors de l'adoption
de la résolution du partage de la Palestine, en 1947.
La résolution n’a
pas déterminé une fois pour toutes les contours d'un accord
final entre nous et nos voisins. Après tout, les Arabes ont refusé
l'établissement d'un Etat Juif et ont cherché à
le détruire. Le lendemain de ce vote, le Mufti lui-même
a dit :
« Ce que l'ONU a écrit
à l'encre noire, nous l'écrirons en lettres rouge sang
».
Les dirigeants arabes ne peuvent
pas venir aujourd’hui, 60 ans plus tard, et demander de remonter
le temps, comme si rien ne s'était passé. Ils ne peuvent
pas nous demander d'accepter un accord qu'ils ont eux-mêmes déchiré
en morceaux, parce que, ayant échoué à détruire
Israël, ils ont conclu, à présent, que les clauses
de cet accord dicteraient un sort funeste pour Israël.
Ben Gourion l'avait bien compris
lorsqu'il dit lors d'une des premières réunions du gouvernement
d'Israël :
« Les décisions
du 29 novembre sont lettre morte. Les frontières du partage sont
caduques. Jérusalem, ville internationale, est une pure fantaisie.
»
Il réaffirma ces idées dans son discours
à la Knesset, le 12 décembre 1949, lorsqu’il dit que
les décisions de l'ONU étaient nulles et non avenues.
Ainsi ni les frontières du
partage, ni l'internationalisation de Jérusalem ne sont des caractéristiques
éternelles du vote de l'ONU.
Ce qui est durable, c'est la reconnaissance
internationale du droit du peuple juif à son propre Etat, un droit
ancré dans la déclaration Balfour [de 1917], qui reconnaissait
le droit des Juifs à un foyer national sur la terre d'Israël,
droit réaffirmé tant par la conférence de San Remo,
en 1920, que par la Société des Nations, en 1922.
Mais le vote du partage de 1947
est gravé dans notre mémoire, parce qu'aussitôt après
le vote, la Grande Bretagne a commencé à quitter le pays,
ouvrant la voie à la bataille fatidique qui a failli effacer notre
existence.
Le vote du partage par l'ONU, en
1947, n'a pas fondé l'Etat d'Israël. Il a simplement reconnu
le droit historique du peuple juif à revenir dans sa patrie et
à y restaurer son existence souveraine.
Mais n’étaient cette
aspiration millénaire du peuple Juif à la terre d'Israël,
la présence continue de Juifs sur cette terre, à travers
les âges, et les 70 ans d'implantation intensive sur la terre, avant
le vote de l'ONU, ce droit historique n'aurait jamais abouti.
Et même cela n'aurait pas
suffi si, à la suite de l'horrible Holocauste, les membres de cette
petite nation n'avaient pas levé l'épée des Macchabées,
et repoussé, avec un héroïsme incomparable, l'assaut
arabe qui s’apprêtait à écraser l'Etat naissant.
La foi inébranlable en nos
droits nationaux historiques, l'effort d'implantation qui a concrétisé
ces droits, et la lutte armée qui les a défendus, voilà
ce qui a fondé l'Etat Juif.
Le vote de l'ONU a simplement entériné
cela au plan international. Cependant, le vote de l’ONU a été
une décision importante et historique, et il est bon que nous le
commémorions et il est juste que nous le commémorions aujourd'hui,
avec les distingués ambassadeurs des pays qui l'ont soutenu.
Mais réfléchissez
à ce qui serait advenu de cette décision de l'ONU, si nous
avions été battus lors de la Guerre d'Indépendance.
La clé de l'existence d'Israël
a toujours résidé dans le renforcement du sionisme et de
notre capacité à nous défendre, et cela reste toujours
la clé de notre existence et celle qui forgera une paix authentique
avec tous nos voisins arabes. Ce n'est que quand certains d'entre eux
auront reconnu la pérennité et l’indestructibilité
d’Israël, qu'ils se résoudront à faire la paix
avec nous.
C'est pourquoi j'ai été
choqué d'entendre, dans les médias, que notre Premier ministre
avait dit :
« S'il n'y a pas deux Etats,
c’en est fini d’Israël ! »
Monsieur le premier Ministre! L'Etat
d'Israël ne sera jamais liquidé ! C’est nous et nous
seuls qui déciderons de notre destin !
Notre existence ne dépend
pas du bon vouloir des Palestiniens à faire la paix avec nous.
Notre existence est garantie par notre droit à vivre sur cette
terre et par notre capacité à défendre ce droit.
Nous avons édifié
notre pays pendant 31 ans, avant qu'un accord de paix soit signé
avec l'Egypte ; nous avons continué à l'édifier pendant
16 autres années avant qu'un accord de paix soit signé avec
la Jordanie ; et j'espère que nous n’aurons pas longtemps
à attendre pour parvenir à réaliser un accord de
paix avec les Palestiniens et avec d'autres pays du monde arabe.
Mais nous ne faisons pas dépendre
notre existence de leur accord. Ç’a été la
politique de tous les gouvernements israéliens jusqu’à
maintenant, et ce doit être la politique de tous les gouvernements
d'Israël à l’avenir. Permettez-moi de le répéter
: C’est nous et nous seuls qui déciderons de notre destin
!
Au Moyen-Orient, la paix et la sécurité
vont de pair. En fait, la sécurité qui découle de
la force d'Israël, précède la paix et les accords de
paix. Et quiconque ne comprend pas cela restera privé de sécurité
et de paix.
Seul un Israël fort, confiant
dans la justesse de sa cause et dirigé par des chefs solides, sera
capable de conclure avec nos voisins la paix durable à laquelle
nous aspirons tous.
Palestiniens/ Le déshonneur
et le bonnet d'âne
Michel Gurfinkiel
MichelGurfinkie.com, December 16 2007
Un maire socialiste du Val
d’Oise a tenu dans l’hebdomadaire Le Point, le 6 décembre
dernier, des propos surprenants sur ce qu’il est convenu d’appeler
« la politique de la ville ». Le mieux est de les citer tels
quels : « Pendant vingt ans », dit le magistrat, « ma
commune a reçu des subventions pour soutenir le travail des associations
ou pour aider l’emploi, mais en 2002, quand Jean-Louis Borloo est
arrivé au ministère de la Ville et de la Rénovation
urbaine, il a fait une croix sur tout ça. L’argent est allé
au logement et au système éducatif. Les associations se
sont retrouvées asséchées. »
A première vue, ce reproche est incompréhensible. Le logement
et l’éducation ne sont-ils pas des priorités absolues
? Comment le maire peut-il tenir rigueur au ministre de les avoir prises
en considération ? Il le fait pourtant. Et d’une certaine
façon, il a raison. En homme de terrain, il sait en effet qu’on
ne fait pas régner l’ordre en améliorant les conditions
de vie de ses administrés, mais en s’assurant le soutien
des divers réseaux communautaires, religieux ou professionnels,
qui les encadrent : c’est à dire des fameuses « associations
». Cela ne se dit pas, en général. Mais c’est
le secret de Polichinelle.
Ce qui est vrai du Val d’Oise l’est aussi du tiers-monde et
singulièrement du Proche et du Moyen-Orient. Il est question, là
aussi, d’une aide économique, d’un « nouveau
plan Marshall », qui permettrait à ces régions de
« décoller ». Les Etats-Unis avaient lancé cette
idée pour le Proche-Orient à la conférence de Madrid,
en 1991. L’Union européenne l’a reprise à son
compte en 1994, dans le cadre du « processus de Barcelone ».
La France propose aujourd’hui une troisième variante : l’Union
méditerranéenne. Mais au-delà des propos officiels,
chacun sait que les crédits destinés au développement
finissent entre les mains des féodaux locaux. Et tel est bien le
but véritable de l’opération : payer ceux qui maintiennent
un minimum de paix et d’ordre. Ou qui passent pour le faire.
Bien entendu, ce calcul n’a de sens qu’à court ou moyen
terme. A long terme, il se retourne contre ceux qui s’y complaisent.
Une banlieue sans habitations décentes ni écoles dignes
de ce nom finit par flamber. Et les chiens de berger auxquels on a cru
pouvoir abandonner le tiers-monde se révèlent un jour pour
les loups qu’ils n’ont jamais cessé d’être.
La France va accueillir le 17 décembre une conférence internationale
pour l’aide économique aux Territoires palestiniens. Quatre-vingt-dix
délégations sont attendues. Le but, selon le Quai d’Orsay,
est « d’aider l’Autorité palestinienne à
se doter des capacités de construire un Etat viable ». Notez
bien la progression : aider, se doter, capacités de construire,
Etat viable. Cela ressemble beaucoup au rocher de Sisyphe. Ou à
la tapisserie de Pénélope.
Voici presque quinze ans que les accords d’Oslo ont été
signés, quatorze ans que l’Autorité palestinienne
est en place. Une aide internationale aussi importante que généreuse
a été octroyée aux Territoires palestiniens. On en
est pourtant toujours à aider à se doter des conditions
de construire quelque chose de viable. Pendant le même laps de temps,
la Catalogne est devenue un Etat quasi-indépendant et l’une
des régions les plus riches d’Europe, l’Irlande a rattrapé
la Grande-Bretagne, la Chine est passée du XVe siècle au
XXIe, l’Inde a émergé. Cherchez l’erreur.
L’erreur, c’est que depuis 1993, on a méprisé
le peuple palestinien et on lui a préféré les pirates
de la soi-disant Organisation de libération de la Palestine. Et
que ceux-ci, selon leur logique de pirates non repentis, n’ont pas
construit une Catalogne autonome palestinienne, en attendant une Catalogne
indépendante, mais transformé les Territoires palestiniens
en base barbaresque. Imaginons qu’en 1945 on ait méprisé
le peuple allemand et traité avec les "modérés"
issus du IIIe Reich, comme certains le souhaitaient. Aurions-nous eu depuis
soixante-trois ans la paix en Europe ? Telle fut l’erreur fatale
– je pèse mes mots - commise par Yitzhak Rabin et Shimon
Peres - et aussitôt endossée par un Occident englué
dans ses proches lâchetés.
Il y a, dans l’Autorité palestinienne actuelle, un homme
honorable qui n’y a rien à faire : le premier ministre Salim
al-Fayyed. Les autres, à commencer par le président Mahmoud
Abbas, furent des hommes-liges d’Arafat, loup travesti en berger
par la grâce d’Israéliens égarés. Vous
voulez la paix au Moyen-Orient ? Exigez l’épuration, comme
en 1945 après la chute du Reich de mille ans. Ou si le mot vous
paraît trop fort, la lustration, comme en République tchèque
après 1991. Sinon vous aurez la guerre, le déshonneur et
- en prime - le bonnet d’âne.
© Michel Gurfinkiel, 2007.
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Volume VI, Numéro
313 • Vendredi, 14 décembre 2007
Ce fameux rapport
favorise la guerre contre l'Iran
Daniel Pipes
Jerusalem Post, 13 décembre 2007
Adaptation française: Alain Jean-Mairet
La publication, le 3 décembre dernier,
d'un rapport du renseignement américain totalement inattendu, «Iran:
Nuclear Intentions and Capabilities» (l'Iran – intentions
et capacités nucléaires), a maintenant engendré un
consensus selon lequel la guerre contre l'Iran «semble être
hors de question». Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad,
déclara ainsi que le rapport infligeait un «coup fatal»
aux ennemis du pays et le porte-parole de son ministère des affaires
étrangères parla de «grande victoire».
Je m'oppose à ce consensus et je pense
qu'une action militaire contre l'Iran est plus probable aujourd'hui qu'elle
ne l'était avant la présentation du rapport.
L'élément central du rapport, contenu
dans sa première ligne, affirme: «Nous estimons avec une
grande certitude que Téhéran a suspendu son programme d'armement
nucléaire au printemps 2003.» D'autres analystes –
John Bolton, Patrick Clawson, Valerie Lincy and Gary Milhollin, Caroline
Glick, Claudia Rossett, Michael Rubin et Gerald Steinberg – ont
disséqué et réfuté avec adresse cette parodie
médiocre et scandaleuse de propagande politicienne, de sorte que
je n'ai pas à revenir ici sur ces aspects. En outre, des membres
importants du Congrès ne sont «pas convaincus» par
les conclusions des auteurs du rapport. Les dirigeants français
et allemands lui ont opposé une rebuffade, de même que l'Organisation
du Traité de l'Atlantique Nord; et même l'Agence internationale
de l'énergie atomique a émis des doutes. Les services de
renseignement britanniques pensent que leurs collègues américains
ont été menés en bateau et les experts israéliens
se montrent choqués et déçus.
Passons donc plus loin et examinons quelles sont
les implications à long terme du rapport de 2007.
Admettons un instant que le rapport de 2005 ait
été correct. Dans cette version, 16 agences de renseignement
américaines estimaient «avec une grande certitude que l'Iran
est bien décidé à développer des armes nucléaires».
Admettons également que les États-Unis puissent réagir
de trois manières à cet effort d'armement nucléaire:
- Convaincre les Iraniens de stopper leur programme nucléaire,
avec leur accord.
- Stopper leur programme à leur place par le biais d'une intervention
militaire (laquelle ne doit pas nécessairement consister en une
attaque directe des infrastructures nucléaires – il pourrait
aussi s'agir d'une action plus indirecte, telle qu'un embargo sur les
produits pétrochimiques raffinés importés en Iran).
- Permettre que l'Iran se dote de la bombe nucléaire.
Pour ce qui est de la troisième option,
le président Bush relevait récemment que quiconque «souhaite
éviter une Troisième Guerre mondiale (…) doit souhaiter
que [les Iraniens] soient empêchés d'acquérir le savoir-faire
nécessaire à la fabrication d'une bombe nucléaire».
Jusqu'ici, le rapport boiteux de 2007 ne l'a pas fait changer d'avis.
Il semble partager l'opinion de John McCain selon laquelle «seule
une perspective est pire encore que celle d'une action militaire américaine
– celle d'un Iran doté d'armes nucléaires».
Ainsi la vraie question n'est pas de savoir si
l'Iran doit être stoppé, mais de déterminer comment.
Or le rapport de 2007 a efficacement enterré
la première option, soit de persuader les Iraniens de stopper eux-mêmes
leur programme, car cette voie exige un large consensus extérieur.
Lorsque plusieurs pays cruciaux s'allièrent pour faire passer la
résolution 1737 du Conseil de sécurité en décembre
2006, les Iraniens réagirent de manière prudente et craintive,
mais la conclusion lénifiante du rapport de 2007 compromet une
telle coopération et l'exercice d'une pression suffisante. Si Washington
insiste auprès des nations occidentales, de la Russie, de la Chine
et de l'IAEA, il se verra opposer ce rapport en guise de fin de non-recevoir.
Pire encore, le rapport signale aux dirigeants iraniens fascinés
par l'apocalypse que le danger de sanctions externes est maintenant écarté
et qu'ils peuvent poursuivre leurs ambitions nucléaires en toute
tranquillité.
Ce qui nous laisse avec la deuxième option,
soit une intervention sous une forme ou une autre. Certes, cela paraît
peu vraisemblable à l'heure actuelle, dans le débat faussé
par l'effet explosif du rapport de 2007. Mais ce millier de mots couvert
de critiques acerbes pourra-t-il vraiment continuer de dominer la compréhension
américaine du problème? Pourra-t-il faire changer Bush d'avis?
Son influence persistera-t-elle d'ici un an? Sera-t-elle sensible dans
la politique du prochain président?
C'est extrêmement improbable, car ces projections
supposent un état stable et impliquent que ce rapport peut à
lui seul réfuter toutes les autres interprétations, que
la situation iranienne ne connaîtra aucun nouveau développement,
que l'enquête sur les intentions nucléaires iraniennes a
été bouclée à jamais au début décembre
2007. Mais le débat va au contraire certainement se poursuivre.
Alors, l'influence du rapport faiblira et prendra sa place, modeste, parmi
toutes les autres appréciations, techniques et non techniques,
officielles et officieuses, américaines et non américaines.
Bref, avec la première option maintenant
fragilisée et la troisième option restant inacceptable,
c'est la deuxième option – la guerre menée par les
États-Unis ou par les forces israéliennes – qui devient
la plus probable. C'est ainsi que des bureaucrates mesquins et manifestement
partisans ont, en tentant maladroitement de cacher des réalités
déplaisantes, contribué à concrétiser leur
propre cauchemar.
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Volume VI, Numéro
312 • vendredi le 7 décembre 2007
Petit aide-mémoire
américain en matière de nucléaire iranien
Laurent Murawiec
Metula News Agency, 5 décembre
2007
Comment comprendre la surprenante
« évaluation nationale de renseignement » (National
Intelligence Estimate, NIE) publiée avant-hier à Washington
sur le nucléaire iranien ? Ce petit aide-mémoire ne contient
aucune révélation flamboyante, mais essaie de cadrer la
question.
Ce que l’on a coutume
d’appeler la "communauté du renseignement" américaine
a échappé à tout contrôle politique. Elle intervient
à sa guise et quand bon lui semble dans l’arène politique
: l’exécutif, qu’elle est censée servir, n’en
tient plus les rênes ; la communauté du renseignement s’est
autonomisée, comme un fief féodal qui déclare son
indépendance envers son suzerain. Bush, et son vice-président
Cheney, soutiennent depuis longtemps que le programme nucléaire
et balistique de l’Iran constitue un danger pour le monde. Le contenu
de la NIE contredit brutalement tant ses propres élucubrations
antérieures que la politique de son gouvernement. Il est le produit
d’une révolution de palais, au moyen de laquelle le département
d’Etat et la CIA essaient de prendre le contrôle de la politique
des Etats-Unis envers l’Iran.
Il y a deux ans, en 2005,
le consensus auquel parvenait la communauté du renseignement américaine
concluait que l’Iran avait un programme secret de développement
d’armes nucléaires ; aujourd’hui, la NIE nous affirme
le contraire sans ciller, et assure même que ce programme a été
abandonné en 2003.
Nous,
de conclure : deux ans après son abandon supposé, la communauté
du renseignement croyait encore au programme; quatre ans après,
elle n’y croit plus. En dépit d’éléments
probants qui, au minimum, devraient inciter à plus de prudence
dans la généralisation des assomptions, on se rue sur une
conclusion qui se situe à cent quatre-vingts degrés de la
conclusion antérieure.
Le pourquoi, la logique de
l’abandon supposé du programme nucléaire ne sont pas
élucidés, sinon pour suggérer que la voie diplomatique
est la seule payante, - celle des concessions faites à l’Iran
-, ce qui cadre à merveille avec certains desseins politiques ;
on y reviendra ultérieurement.
La communauté du renseignement
américain s’est fichu le doigt dans l’oeil sur la solidité
de l’Union Soviétique (qu’elle croyait éternelle)
; elle n’a pas vu venir la crise du pétrole de 1973 ; elle
a radicalement rejeté les rapports qui prédisaient l’effondrement
du régime du Shah d'Iran ; elle n’a rien vu de l’ascension
d’Osama ben Laden et d’al-Qaida ; elle a protégé,
de tout son aveuglement, le rôle de l’Arabie saoudite dans
la terreur internationale ; elle soutient le « dialogue »
éternel avec les Frères Musulmans, hâtivement repeints
aux couleurs trompeuses de la « modération. ».
La communauté du renseignement
américaine fait preuve d’une corruption, à la fois
intellectuelle et morale, à toute épreuve ; elle est non
fiable ; ses interventions sont politiques ; la cocasse mansuétude
dont a fait preuve le président à son égard, depuis
qu’il n’a pas éjecté sans ménagement
George Tenet, patron de la CIA, coupable de non-assistance à Amérique
en danger, avant le 11 septembre 2001, et après, a instruit tout
un chacun à propos de l’impunité radicale dont bénéficierait
la CIA.
Sans être dans le secret
des dieux, ni « avoir lu l’intel » - phrase qui, à
Washington, vous vaut des regards envieux et une impunité totale
en matière d‘élucubrations (« I’ve seen
the intel »), – quiconque a étudié le régime
de Téhéran, les déclarations de ses dirigeants, l’idéologie
qui les anime, les stratégies qui président à leur
action, possède quelque intelligence quant à leurs motivations.
Visiblement, les organes du renseignement s’en contrefichent : ce
qui leur importe, c’est leur ligne politique.
La CIA et consorts ont, depuis
longtemps, abandonné l’Humint (human intelligence) au profit
de compilations qui privilégient : la quantification, les interceptions
électroniques, etc. En un mot, l’apparence technique au détriment
de la substance politique. Ne soyons pas mesquins : il faut adjoindre
à cette liste les ragots des « alliés », comme
le Prince Turki d’Arabie, et la désinformation qu’ils
déversent.
C’est pour cela que
le doigt de la CIA reste encore et toujours fiché profondément
dans son œil. C’est toujours le cas.
Au minimum, il faut rester
complètement sceptique devant le jugement que vient de rendre public
la communauté du renseignement américaine : il n’a
aucune valeur de renseignement ; c’est une prise de position politique
de la part de l’appareil politico-vénal qui préconise,
depuis longtemps, une politique de conciliation à tout prix avec
les ennemis de l’Amérique au Moyen-Orient, et dont la Commission
Baker-Hamilton a été l’une des récentes incarnations
publiques.
La question se pose donc ainsi : la stratégie du régime
iranien visant, sans le moindre doute possible,
· l’hégémonie au Moyen-Orient,
· l’expansion révolutionnaire de la doctrine khomeyniste,
·l’utilisation systématique de la terreur à
cet effet, y compris toutes les armes et moyens disponibles,
· la destruction d’Israël,
·l’utilisation des positions et territoires gagnés
au Moyen-Orient pour répandre, au-delà, en Afrique, Europe,
Asie centrale, etc., les progrès du djihad d’Etat,
· l’acquisition d’armes nucléaires et de leurs
vecteurs est une évidence, un must et un objectif incontournable.
Combien de temps faut-il, de nos jours, à un Etat pourvu de moyens
financiers considérables pour mobiliser son programme nucléaire
civil de façon à construire des armes nucléaires
opérationnelles ? Le savoir-faire est-il disponible sur place ?
Le pays est-il doté des cadres techniques nécessaires ?
Les goulots d’étranglement technologiques ont-ils été
négociés avec succès ? A tout le moins, l’Iran,
renforcé par les proliférateurs nucléaires que sont
la Corée du Nord et la Russie, le Pakistan et quelques autres,
n’est pas démuni.
Conclusion générale : prendre le NIE, publié lundi
à Washington, avec un grain de sel de la taille de l’Obélisque
de la Concorde ! D’où vient donc ce désastre politique
? Il faut le relier à la lamentable farce qui vient de se dérouler
à Annapolis, où une pseudo-conférence de «
paix au Moyen-Orient » a permis à Condoleezza Rice, secrétaire
d’Etat et émanation du lobby des « réalistes
», dont James Baker et Lee Hamilton sont des figures connues, de
clouer l’ultime rivet dans le cercueil de la politique bushienne
de libération et de modernisation du Moyen-Orient.
La conférence s’est, en effet, tout entière déroulée
sous le signe de l’équivalence morale et politique entre
terreur arabo-musulmane, dénommée « palestinienne
», et légitime défense israélienne ; l’objet
consistait à faire plaisir aux potentats arabes et à gagner
leurs faveurs diplomatiques. Ca ne va pas loin, mais ça permet
de continuer l’absurde comédie du « processus de paix
». Dans ce cadre-là, les grands « deals » avec
l’Arabie, l’Iran, etc., sont loisibles – feue la politique
de Bush ne l’est pas. Bush a capitulé sur toute la ligne,
de façon d’autant plus absurde que les forces américaines
sont en train de gagner la Bataille d’Irak !
Les palinodies de ce genre gagnent des centimètres au comptant
et, à terme, elles perdent des kilomètres. Les factures
seront présentées plus tard. « Après nous,
le déluge. ». Apprenons à nager !
"Les années
perdues”: histoire du Moyen-Orient subvertie en propagande
Alex Safian
New York Post, 2 décembre
2007
Traduction française : Menahem
Macina
"The Lost Years: Radical Islam, Intifada, and Wars in the Middle
East 2001-2006", by Charles Enderlin (Other Press). ["Les années
perdues : Islam radical, Intifada et Guerres au Moyen-Orient – 2001-2006."]
Si vous demandez à cent personnes,
à Times Square ou Harvard Square, qui est Charles Enderlin, la
majorité d’entre elles, si ce n’est la totalité,
ne sauront pas quoi répondre. Mais si vous les interrogez sur la
plus fameuse réalisation d’Enderlin, l’identification
sera immédiate.
Enderlin est le journaliste français qui a donné au monde
le récit de Mohammed al Dura, l’enfant de Gaza, dont la mort
supposée a été saisie par une caméra, au début
de la dernière Intifada, ou insurrection, en septembre 2000. Enderlin,
qui, depuis 1990, est le correspondant, dans la région, de la chaîne
publique de Télévision France 2, n’était en
fait pas présent quand al-Dura fut abattu, mais son caméraman
l’était. Enderlin a monté et commenté la vidéo,
qui montrait Mohammed et son père s’abritant derrière
un baril de béton, tandis que des Palestiniens armés et
des soldats israéliens échangeaient des tirs. Selon Enderlin,
c’est un tir israélien qui a tué l’enfant et
touché aussi le père :
« …ici Jamal et son fils Mohammed sont la cible de tirs qui
proviennent de la position israélienne… Une nouvelle salve
de balles, Mohammed est mort et son père gravement blessé.
»
Quoique la vidéo ne montre pas que l’enfant est touché,
et ne prouve assurément pas qui lui a tiré dessus, si tant
est que quelqu’un l’ait fait, le jeune Mohammed est devenu
une icône du martyre des Palestiniens et de la prétendue
brutalité israélienne. Même la lointaine Tunisie a
émis un timbre représentant la mort tragique de l’enfant.
Mais bientôt, des questions ont surgi à propos de l’angle
impossible entre la position israélienne et celle des victimes,
et en raison des incohérences du récit d’Enderlin
et de celui de son caméraman. Les doutes se sont accrus quand des
observateurs extérieurs ont été autorisés
à voir les prises de vues non montées [rushes], qui semblaient
montrer des forgeries, comme c’était le cas de Palestiniens
tombant sur le sol comme s’ils étaient mortellement touchés,
pour se relever et quitter les lieux quelques moments plus tard. Par la
suite, même un observateur aussi modéré que James
Fallows, de l’Atlantic Monthly, concluait :
« Il apparaît aujourd’hui que la mort de l’enfant
ne peut avoir eu lieu de la manière dont l’ont relatée
la plupart des médias, et comme on le croit avec ferveur dans tout
le monde islamique. Quel qu’ait été son sort, il n’a
pas été abattu par les soldats israéliens connus
pour avoir pris part aux échanges de tirs de ce jour-là.
»
A mesure que grandissait la controverse, quelques critiques ont émis
l’accusation de fraude consciente, et France 2 ainsi qu’Enderlin
ont répliqué par une action judiciaire, qui n’a pas
encore abouti, accusant leurs critiques français de diffamation.
Travailleur infatigable, Enderlin n’a pas laissé la controverse
le détourner de son activité, ni l’empêcher
de rédiger deux livres. Le dernier, Les années perdues,
affirme qu’en raison de leur militarisme obstiné, de leur
unilatéralisme et de leur duplicité, les dirigeants d’Israël
et des Etats-Unis ont gâché les chances de paix avec les
Palestiniens et « mené le Moyen-Orient au bord d’une
victoire majeure de l’islam radical. »
Le livre d’Enderlin est rempli de révélations.
Vous pensiez, comme le Président Clinton l’a affirmé,
qu’Israël avait accepté, et les Palestiniens rejeté,
les "paramètres de Clinton" - le plan final de paix offert
par le président, tout à la fin de son mandat ? Ce n’est
pas le cas.
Vous pensiez qu’Arafat avait planifié et contrôlé
l’Intifada, qui avait débuté quelques mois auparavant
? Erreur à nouveau.
Les mythes volent en morceaux, les uns après les autres.
Mais, en vérifiant les copieuses notes de bas de page, censées
confirmer ses assertions, des signaux troublants s’allument : beaucoup
de citations se réfèrent à des interviews qui ont
été apparemment – oui – filmées en vidéo
par un caméraman, puis montées et commentées ensuite
par Enderlin. Exactement comme la très douteuse vidéo de
al-Dura. Et quelques autres notes de bas de page semblent également
sujettes à caution.
Par exemple, Enderlin a-t-il raison quand il prétend qu’au
cours d’un appel téléphonique de décembre 2000
au Président Clinton, Ehud Barak avait gravement endommagé
les chances de paix en rejetant "secrètement" les paramètres
de Clinton ?
Cette affirmation soulève quelques problèmes, dont un gros
qui est que, comme cela a été largement relaté, à
l’époque, le cabinet israélien, dont Barak, avait
voté l’acceptation des paramètres de Clinton, si les
Palestiniens les acceptaient aussi.
Pour étayer son accusation, Enderlin cite Elusive Peace [Une paix
insaisissable], un livre accompagnant un documentaire du même nom
réalisé par la BBC. Mais le documentaire ne dit pas ce qu’affirme
Enderlin. Par exemple, le narrateur admet que
« le cabinet israélien a aussitôt accepté les
paramètres de Clinton, dans la mesure où les Palestiniens
en faisaient autant ».
On voit Barak racontant que, dans un entretien téléphonique,
il avait dit à Clinton :
« Je ne veux même pas discuter de ces paramètres, ni
du fait qu’ils me conviennent ou non. En l’état, nous
ne pouvons pas les accepter ».
Mais ensuite, Clinton est interviewé et dit :
« Du fait qu’Arafat ne les avait pas acceptés [les
paramètres de Clinton], Barak était l’objet d’une
énorme pression politique, aussi avait-il besoin de quelque marge
de manœuvre, pour donner l’apparence qu’il y renonçait,
lui aussi, et je comprenais cela. »
En d’autres termes, il n’y a absolument rien dans ces entretiens
de la BBC avec Barak et Clinton, qui corrobore la version légendaire
de l’histoire d’Enderlin.
Et qu’en est-il de son affirmation, selon laquelle « l’insurrection
palestinienne a été spontanée et… qu’Arafat
ne la contrôlait pas » ? Elle est contredite par de nombreuses
déclarations des dirigeants palestiniens eux-mêmes, tel Ali
Abu Mustafa, qui affirmait, deux mois avant que l’Intifada ne débute
:
« Nous allons sans doute nous trouver en confrontation avec Israël,
afin de créer des faits nouveaux sur le terrain… Je crois
que la situation dans l’avenir sera beaucoup plus violente que la
[première] Intifada. »
Et Imad Faluji, le ministre des Communications d’Arafat, déclarait
:
« Cette Intifada a été préparée à
l’avance. »
De même, en 2002, le général de brigade, Mazen Izz
Adin, Directeur de l’endoctrinement politique des Forces de Sécurité
Nationales palestiniennes, déclara, lors d’une manifestation
à Gaza :
« Nous devons être véridiques et sincères et
appeler les choses par leur nom. Un jour l’histoire rendra clair
le fait que toute l’Intifada et ses instructions venaient du Frère
Commandant, Yasser Arafat. »
Désespérant de disculper Arafat, Enderlin fait l’impasse
sur tout cela, ainsi que sur les récits de ses confrères
de la presse, qui étaient des témoins oculaires. Par exemple,
Charles Sennott, du Boston Globe, qui est tout sauf un apologiste d’Israël,
a relaté que le dirigeant palestinien, Faysal Husseini, contrôlait
directement les attaques palestiniennes sur le Mont du Temple de Jérusalem
et aux alentours. Selon Sennott, Husseini
« a reconnu que la manifestation d’hier était orchestrée.
»
Sennott a également relaté que
« les jeteurs de pierres… étaient fournis en projectiles
à l’aide de brouettes pleines de pierres qui venaient de
l’intérieur de l’enceinte de Al-Aqsa. Et les jeteurs
de pierres s’arrêtaient comme un seul homme, à presque
exactement 17 heures. »
Malheureusement, ces exemples des tentatives d’Enderlin pour abuser
ses lecteurs sont classiques – des déformations et même
des mensonges similaires foisonnent dans son livre.
On s’en consolerait si Enderlin était un cas isolé,
mais il n’en est rien. Parmi les journalistes qui, mécaniquement,
accusent Israël et exonèrent les Palestiniens, quels que soient
les faits, on compte le journaliste britannique, Robert Fisk, Orla Guerin,
de la BBC, Christiane Amanpour, de CNN, et beaucoup trop d’autres.
Et la représentation consistante qu’ils se font des Israéliens
comme étant les mauvais, et des Palestiniens comme étant
des combattants la paix, court en filigrane dans leur couverture des événements,
comme ceux de la Conférence d’Annapolis.
Le journalisme a parfois été appelé « le premier
jet de l’histoire », mais, dans les mains de Charles Enderlin,
il devient le premier jet d’une propagande malveillante.
Le seul intérêt de son livre, "Les années perdues",
est de servir à l’étude de la pathologie dont il est
le produit.
(Alex Safian est directeur
associé du groupe de veille médiatique CAMERA. )
Conseil
Editorial
Prof. Frederick Krantz,
Editeur (Concordia Univ.)
Prof. Julien Bauer (Univ. du Québec à
Montréal)
Ori Bauer (Chercheur Associé, ICRJ)
Baruch Cohen (Directeur de recherches, ICRJ)
Jacqueline Douek (Assistante Directrice, ICRJ) |
Jean-Claude Léon
(Communauté Sépharade du Québec)
Prof. Jean Ouellette (Univ. de Montréal)
Prof. Annette Paquot (Univ. Laval)
Edmond Silber (Chercheur Associé,ICRJ) |
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