Communiqué Isranet
avril 2008
Un service de l’I.C.R.J.
l ’Institut canadien de recherches sur le Judaïsme

Prof. Frederick Krantz, Directeur

Volume VII, Numéro 331 • vendredi le 25 avril 2008

Seul, Israël...
Annette Paquot
La Voix Sépharade, 37, vol.5, mars-avril 2008/nissan 5768

Depuis sa création, Israël n’a connu que la guerre, guerre «classique» des armées arabes et guerre de guérilla des terroristes palestiniens. Il a perdu des soldats et des civils, tués, blessés, torturés, dans une proportion inimaginable pour ceux qui, depuis plus de soixante ans, justement, vivent dans des sociétés en paix et hyper-protégées. En Israël, les traces de ces guerres sont, partout, très frappantes : contrôles de sécurité à l’entrée des restaurants et des cinémas, camions calcinés sur la route de Jérusalem, arc de la Hurva, vestige de la synagogue détruite en 1948...

Et pourtant, en Israël, l’amour de la vie et le dynamisme l’emportent : les gens vivent quasi «normalement», travaillent, s’amusent, font du sport, prient, étudient et mettent leur génie au service du développement intellectuel et matériel de leur pays. Ils accumulent les réussites : créations culturelles, découvertes scientifiques, brevets industriels, miracles agricoles et sylvicoles etc. Où les gens ordinaires sont-ils aussi courageux? Quel pays peut se vanter de tels progrès en si peu d’années?

Les attentats-suicides ne cessent jamais longtemps, le Hezbollah ne désarme pas, les roquettes pleuvent sur les maisons de Sderot et l’Iran ne cache pas ses intentions génocidaires. Et pourtant, Israël fait preuve d’une retenue trop peu soulignée. Il est le seul pays à alimenter, à Gaza, ses ennemis déclarés en vivres et en énergie et, en Cisjordanie, à exposer ses soldats sur le terrain pour éviter des opérations aériennes massives contre ceux qui attaquent ses populations civiles. Agressé de la sorte, quel autre pays ferait preuve d’un tel sang-froid et d’un tel respect de l’autre dans la défense de ses citoyens? En état de guerre continuel, quel autre pays maintiendrait aussi longtemps une démocratie aussi ouverte et aussi effervescente?

Depuis sa naissance, Israël a été délégitimé, dénigré, calomnié de toutes les façons possibles. Créé par l’ONU et bénéficiant de ce fait d’une légitimité internationale unique, il n’est toujours pas reconnu officiellement et explicitement par bon nombre de pays. D’autres feignent d’ignorer cette non-reconnaissance ou sussurent à demi-mot que réclamer une vraie reconnaissance, claire et nette, comme condition à des négociations sérieuses avec ses ennemis est une exigence excessive de sa part. Quel autre pays est ainsi nié dans son être? À quel autre pays demande-t-on de faire une concession aussi absurde avant toute négociation? Et pourtant, Israël mène une diplomatie prudente et ouverte. Ses politiques de coopération avec le Tiers-Monde sont particulièrement généreuses et il s’obstine à rechercher la paix avec ceux qui le nient. Pourquoi est-il désigné si souvent à la réprobation générale?

On reproche à Israël de protéger ses citoyens des attaques terroristes par la construction du «mur». Ceux qui sans relâche dénoncent ce «mur» ont-ils condamné la barrière qui, en Irlande du Nord, sépara pendant des décennies les protestants des catholiques? La barrière érigée le long de la frontière entre les USA et le Mexique les préoccupe-t-elle autant? La «forteresse Europe», que de nombreux misérables tentent de rallier au péril de leur vie, n'est-elle pas plus barricadée que si elle était entourée d'un mur? Des dizaines d'Albanais ont péri noyés il y a quelques années pour avoir voulu y aborder. Plus récemment, des Africains sont morts au Maroc pour avoir tenté de franchir les barbelés derrière lesquels elle se retranche. Pourquoi n’y a-t-il pas de campagne mondiale de mobilisation contre tous ces dispositifs qui entravent la libre circulation des humains sur notre planète? Que cache ce désir de dénier au seul Israël le droit de se protéger d’intrusions pourtant bien plus meurtrières?

On impute à Israël le péché capital de la responsabilité du «problème» des réfugiés. Si les réfugiés palestiniens ne sont pas intégrés dans les pays arabes où ils se trouvent et vivent depuis trois générations dans des conditions misérables, ces pays n’en sont-ils pas responsables? À quel autre pays fait-on grief des fautes de ses voisins? Israël a, lui, intégré à peu près le même nombre de réfugiés juifs des pays arabes. Qui salue l’effort que cela a représenté?

On qualifie Israël d’État pratiquant «l’apartheid» à l’égard de ses citoyens arabes. L’accusation revient quasi rituellement. Pourtant, en Israël, les non-juifs peuvent fréquenter les mêmes lieux publics, trains, autobus, commerces, plages, que les juifs. Ils ont accès aux mêmes professions et aux mêmes fonctions administratives et jouissent des mêmes avantages sociaux que les juifs. Les Israéliens arabes le savent si bien que des sondages montrent que, majoritairement, ils ne veulent pas devenir citoyens palestiniens si cet État devait être créé : ils préfèrent garder leur citoyenneté israélienne. Qui le sait en Occident?

Soixante ans d’État, soixante ans d’hostilité injuste et soixante ans d’exemplarité. Israël est bien la création du peuple du livre et le produit de l’éthique juive. Quand les nations lui rendront-elles justice? L’honneur d’Israël survivra. Celui des nations est irrémédiablement compromis par les injustices dont elles se rendent coupables à son égard.

(Annette Paquot, Professeur à Université Laval, membre du conseil editorial de l'ICRJ)

Sécession Démocrate?
Laurent Murawiec
Metula News Agency (info # 012304/8), 23, avril 2008

Je vous l’avais annoncé il y a quelques mois : la campagne des présidentielles américaines est rude. Vedette aujourd’hui, les gémonies vous attendent demain. Hier intouchable, Barack Obama est aujourd’hui assailli de doutes. La hargne d’Hillary Clinton, frustrée de son rôle de candidate Démocrate « légitimiste », y est pour quelque chose. Mais plus encore, ce sont les nombreuses casseroles que traîne "Monsieur Propre", "Monsieur Espoir" et "Monsieur Audace" Obama, qui ont commencé à lui retomber sur la tête. Comme l’écrit le magistral économiste et intellectuel noir Thomas Sowell : « Madame Clinton est une menteuse, Obama est un mensonge ». C’est cette attrape qui s’effiloche aujourd’hui. Les affaires collent à la peau de l’ex-favori.

Obama ? Relations douteuses et suivies avec un affairiste pourri de Chicago. Un collecteur de fonds Démocrate, rouage de la culture de corruption, qui domine la ville depuis des décennies. Al Capone et le roi de la fraude électorale, le maire Démocrate Daley ; Chicago est la capitale de la magouille politico-mafieuse des Etats-Unis.

Obama, membre de la pseudo Eglise du « Révérend » Jeremy Wright, raciste noir, gourou d’un mouvement politique plutôt que religieux, qui a érigé en dogme la haine de l’Amérique, la théologie de la « libération » noire, proche de Louis Farrakhan. Wright, le nazi noir, sermonneur d’ineptes théories conspiratives sur le 11 Septembre 2001 et l’origine du SIDA.

Wright écume haineusement, en chaire, « Not God Bless America ! God Damn America ! » [ce n’est pas Dieu bénisse l’Amérique, c’est Dieu qui maudit l’Amérique] ; proche de l’extrême-gauche terroriste non repentie des Weather Underground.

Obama a depuis fait pire, en s’attaquant aux cols bleus « amers » dont le déclin économique « les fait coller à la religion et à leurs armes à feu », comme si le christianisme avait attendu le dernier tournant du chômage pour exister, et l’amendement constitutionnel qui donne droit au port des armes.

Pis, Obama a énoncé cette théorie marxoïde – la religion est l’opium du peuple, et les armes, sans doute, la cocaïne - devant un auditoire de très riches snobs de San Francisco ; on était en confiance, entre soi, on pouvait parler à l’aise de ces inférieurs. Lesquels, à révélation des propos, les ont très mal pris, les malappris.

Alors qu’il bénéficiait jusque là d’un « effet Téflon », le vernis d’Obama s’est craquelé et le personnage s’est lézardé : que savons-nous de lui ? se sont demandés bien des électeurs, Démocrates y compris. Ce qu’ils en ont appris a fait se détourner un grand volume d’électeurs. La campagne a changé de tour et de sens. Postée en embuscade, Hillary Clinton s’est emparée de tous les fils que laissait traîner la pelote, et tire dessus comme une diablesse ; elle joue sa survie politique. Les Clinton sont en temps normal méchants et sans scrupule dans le pugilat politique ; leur pugnacité et leur animosité sont décuplées par l’enjeu et la peur de perdre leur couronne.

Mais, au-delà des Clinton, d’Obama et de la campagne électorale elle-même, se profile peut-être une évolution politique plus fondamentale. Je l’évoque présentement, plus comme une hypothèse de travail que comme un fait acquis.

Lors des primaires Démocrates de 2006, Joe Lieberman, sénateur sortant du Connecticut, ex-candidat à la vice-présidence, avait été vaincu par un jeune magnat des télécoms, richissime, gauchiste, intersection de Wall Street et de l’extrémisme anti-guerre. Le parti Démocrate, ou du moins l’électorat activiste, voulait se débarrasser de l’aile modérée du parti, ceux qui furent les « faucons » : les Démocrates anticommunistes de la Guerre froide, ceux qui pouvaient s’allier avec Ronald Reagan et ses successeurs. La forte tradition patriotique qui animait le parti du président Truman était ainsi marginalisée, et rejetée au profit des idéologues et des activistes.

Contrairement aux espoirs de ces derniers, Lieberman se présenta aux élections en tant qu’indépendant et emporta le morceau : l’électorat n’a que faire des hystéries marxo-peacenik, il les rejette sans ambiguïté. Les banlieues snobes du Connecticut votèrent pour leur semblable, le reste de l’Etat, pour Lieberman, dont l’assise sociologique est bien plus traditionnelle.

La campagne du sénateur Obama, on ne se lasse pas de le répéter, est socialement financée et assise sur de riches et très idéologiquement imbus membres de ce que l’on appelle quelquefois l’overclass, en symétrie de l’underclass des pauvres et des « exclus ». Underclass, ruraux miséreux, ou membres de la stagnation urbaine ; overclass, businessmen des bulles high-tech, des télécoms, des media et du monde du spectacle et de l’informatique, qui ont mis leurs startups en bourse et ont pris leur retraite à quarante ans, multimillionnaires et plus. Leur culture est la contre-culture, quelles que soient leurs qualités professionnelles ou entrepreneuriales. Ils méprisent la middle class traditionnelle, sans parler des cols bleus. Ils regardent de haut l’ « Amérique profonde ». Ils n’ont aucun rapport avec la culture patriotique ; la religion les fait bailler ; ils sont « progressistes », possesseurs des « lumières ».

Un épisode tout récent est révélateur. C’est devant un auditoire composé de très riches contributeurs à La Cause qu’Obama parlait, dans la ville-phare de l’overclass, San Francisco, où rien de ce qui est l’Amérique traditionnelle n’est toléré. C’est là, je l’ai dit, qu’ « entre soi », Obama, créature pomponnée de l’Université d’Harvard, a donné libre cours au mépris de fer qui anime les progressistes envers l’Amérique profonde : ce sont des primitifs stupides, incapables d’entendre le vrai, c’est-à-dire la philosophie de la Gauche, anti-militariste et anti-guerre, anti-républicaine et anti-conservatrice, anti-capitaliste et étatiste, « welfariste » et politiquement correcte.

Du haut de leur « éducation » supérieure, ces gens se gaussent des pedzouilles et des ignorants, dont il faut, en revanche, avoir pitié et compassion. Et dont il faut que l’Etat-nounou s’occupe : les gens normaux n’ont pas voix au chapitre, leur opinion ni leur vote ne compte – on les taxe et on décide pour eux. Beautés du socialisme des snobs.

C’est dans ces circonstances, je le répète, qu’Obama s’est gaussé de ces pauvres cols bleus, qui stagnent, « amers », dans leurs petites villes, « et collent à la religion et à leurs armes à feu », symboles et incarnations d’une Amérique tout étrangère aux chimères de San Francisco. Depuis, les retours de bâton ont été violents. La Pennsylvanie, Etat typique de ces petites villes industrielles et rurales, s’est retournée contre l’impudent. Ce dernier a bégayé, balbutié, nié et dénié, rien n’y a fait : tout le monde a entendu, et compris.

Le parti Démocrate, anciennement celui de l’alliance rooseveltienne, dont les ouvriers de l’industrie ont, pendant soixante ans, constitué part de l’ossature, est secoué. Des ouvriers, il ne lui reste que les bureaucrates syndicaux et les fonctionnaires. Nancy Pelosi, présidente Démocrate de la Chambre des Représentants, symbolise : venue de Baltimore, ouvrière, italienne et industrieuse, elle est aujourd’hui hobereau millionnaire à San Francisco. Violente et opportuniste adversaire de Bush, Mme Pelosi est-elle pour autant ultra-gauche comme Obama ? La question mérite le détour.

L’ultra-gauche obamesque, en effet, c’est son grand financier, George Soros, ennemi de tout constitutionnalisme, qui subventionne les campagnes pour la drogue, contre la police et l’armée, pour les réformes du droit qui subvertissent la constitution ; avortement illimité, « droit » à la mort, assaut généralisé contre les valeurs et les pratiques judéo-chrétiennes, rien n’arrête ce milliardaire agressif et dangereux. Il finance des centaines d’organisations extrémistes, comme moveon.org, l’agit-prop de l’ultra-gauche, infatigables insulteurs, casseurs et vociférateurs de l’extrême. Toutes sortes d’organes de presse en ligne, le Daily Kos ou le Huffington Blog, lui sont redevables. Il est peu de saletés propagandistes, de campagnes de rumeurs et de mensonges, qui ne lui doivent rien ; la campagne d’Obama y joue à plein. Milliardaire arrogant, snob, Soros est l’incarnation de cette overclass qui veut Obama.

Toute cette engeance s’est engagée à fond derrière Obama, elle a lâché Hillary Clinton, qui avait, jusqu’à l’apparition du beau jeune homme, largement profité des faveurs de la Gauche. Quoique très marquée idéologiquement, à la différence de son mari Bill, homme de pouvoir et de passions sensuelles, Hillary a stratégiquement choisi de rester dans la « maison » Démocrate. Nombre des déclarations émises au cours de la campagne des primaires en portent le sceau ; elle a su réorienter sa rhétorique vers le centre, parce qu’elle a pu puiser dans un répertoire Démocrate existant, s’adresser aux cols bleus, parler (souvent avec la maladresse que donne le manque d’habitude) religion, traditions, valeurs. Elle a parlé défense – anathème pour Obama -, elle a parlé travail, chasse, église et famille ! On n’attire pas les mouches avec du vinaigre. Elle a donc parlé sucre.

C’est un sucre qu’Obama n’a ni su ni voulu offrir ; son monde est ailleurs. Entre Démocrates des deux ailes, le clivage est acerbe, la rupture amère. Les ambitions et les rivalités personnelles sont réelles, le choc des ego est violent, mais ne suffisent pas à expliquer l’âpreté de la collision. Il y faut un moteur plus puissant : au titre d’hypothèse de travail, je suggère qu’il s’agit d’une tendance sociologique lourde et, si l’hypothèse devait être confirmée, durable.

Une sécession profonde serait en cours entre les Démocrates « traditionnels » et les « idéologues », entre modérés et activistes, entre centristes et ultra-gauche ; l’assise sociale en serait, d’un côté, une société enracinée dans les valeurs traditionnelles du parti Démocrate, dont un pan énorme est culturellement conservateur et socialement bâti sur des valeurs de ce type, et de l’autre, sur une prétention, « du passé, faisons table rase », au radicalisme social et culturel. Une manière de « changer la vie » dont certains, en Europe, ont déjà fait la futile expérience il y a un quart de siècle.

Quand Obama parle d’instaurer « un nouveau type de politique », non seulement s’agit-il de niaiseries, mais nous baignons dans le ridicule : il ne changera rien à rien. Le jeunes gens qui, par milliers, s’engagent sous sa bannière sont séduisants et sincères ; rien ou pas grand-chose ne sortira hélas ! de leur engagement. Les membres de la « génération du millénaire », comme les appelle déjà la profession journalistique jamais à mal de clichés, sont nombreux. Leur enthousiasme témoigne d’une défiance réelle envers le système politique et ses représentants – rien de plus. Obama les mobilise « sur des images » et non sur un contenu.

Qu’Obama soit un remake, en pire, de Jimmy Carter ne fait pas de Clinton, narcissique, manipulateur, sûr de son fait et de son droit permanent à se moucher du nez, ni de Madame, non moins sereine dans ses prétentions quasi-royales, des personnages recommandable ou dignes de gouverner. Mais cela égalise les perspectives.

J’avance donc, avec précaution, qu’une triple sécession pourrait être en cours entre Démocrates modérés (Joe Lieberman, par exemple) ; Démocrates ultra-gauche (Obama), et Démocrates « triangulés », comme Bill Clinton, comme Hillary aujourd’hui. Cette sécession correspond, dans l’hypothèse, à une différentiation profonde et nouvelle de la société américaine, qui, ayant trouvé une structure économique et sociale, se cherche une structure politique.

Les cas historiques de candidature triple, ou de scission triple, de l’électorat américain correspondent à des segmentations politiques et sociales fondamentales. Au pire, il s’agit de la rupture entre Etats esclavagistes et Etats anti-esclavagistes, qui donna lieu à la Sécession et à la Guerre civile. Moins dangereuse fut la candidature de Ross Perot en 1992 : en affaiblissant Bush père, elle occasionna l’élection de Bill Clinton, mais ne causa pas de cataclysme direct.

Il pourrait ici s’agir d’un entre-deux, mais mû par une impulsion sociale plus profonde. Cette scission putative du parti Démocrate me semble expliquer, au moins en bonne partie, la cassure ; expliquer pourquoi le parti est littéralement coupé en deux, pourquoi Obama n’a pas réussi à « faire le trou » ni à donner le coup de grâce à Mme Clinton.

Un parti Démocrate coupé en deux – les chances présidentielles de John McCain en seraient rehaussées, quoique les chances républicaines au Sénat et à la Chambre n’en soient pas forcément améliorées. Nous sommes en tout état de cause bien au-delà de la péripétie électorale.

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Volume VII, Numéro 330 • vendredi le 18 avril 2008

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Regarder la vérité en face en matière de violence islamiste
Jeff Jacoby
Boston Globe, 2 avril 2008

Traduction française : Menahem Macina

Le djihad mondial est antipathique. Par conséquent, "Fitna", le nouveau film controversé contre le Coran et la violence djihadiste, produit par le parlementaire hollandais Geert Wilders, est antipathique. Certains passages sont crus et violents, et l’on peut les considérer comme difficiles à regarder.

Mais on doit les regarder, ne serait-ce que pour garder en mémoire deux choses sur lesquelles les médias ne s'attardent généralement pas, par peur ou par souci du politiquement correct : les djihadistes mènent une guerre sanglante et barbare, et ils la mènent en faisant explicitement référence à leur religion.

Les 16 minutes du film de Wilders entremêlent citations du Coran et scènes d’actes islamistes de cruauté, tels les attentats d’Al-Qaida, à New York et Madrid, la décapitation de Nick Berg [*], et les "meurtres d’honneur" de femmes. Pour souligner le fait que de telles horreurs sont commises au nom de l’islam par des musulmans fervents, "Fitna" inclut des séquences de prédicateurs islamiques exhortant leurs fidèles à écraser les infidèles. (« Des gorges doivent être tranchées et des crânes doivent être fracassés », exhorte l’un d’eux, « c’est la voie vers la victoire »). Il comporte aussi des vidéos qui montrent à quel point cet endoctrinement de haine est répandu. Dans une séquence diffusée à la télévision saoudienne, une petite fille de 3 ans, répète ce qu’on lui a enseigné, à savoir : selon le Coran, les Juifs sont des singes et des porcs [2].

Toutefois, ce qui est objet de controverse dans "Fitna", ce n’est pas le comportement répugnant qu’il décrit, mais le fait que Wilders établit un lien entre un tel comportement et le Coran. La raison pour laquelle il fallait rendre cela aussi notoire n’est pas claire ; après tout, les djihadistes eux-mêmes citent abondamment le Coran pour justifier leur violence.

Quoi qu’il en soit, "Fitna" a été largement condamné. Le Premier ministre hollandais a publié des déclarations en néerlandais et en anglais, affirmant que le film « n’a d’autre but que d’offenser ». Le Secrétaire Général de l’ONU, Ban Ki-Moon l’a déclaré « agressivement anti-islamique ». La présidence slovène de l’Union européenne l’a stigmatisé comme « attisant la haine ».

Bien sûr, des condamnations sont venues également du monde musulman. Selon Reuters, le ministre des Affaires étrangères d'Iran a qualifié le film de « haineux, blasphématoire et anti-islamique. Le gouvernement indonésien a déclaré qu’il constituait « une insulte » envers l’islam. En Jordanie, 53 membres du Parlement ont demandé l’expulsion de l’ambassadeur hollandais. L’Organisation de la Conférence Islamique a dénoncé "Fitna" comme un « acte délibéré de discrimination à l’égard des musulmans » dans le but de « provoquer agitation et intolérance ».

Certes, il n’y a rien de subtil dans le film de Wilders. Quiconque n’en sait pas davantage sur l’islam, peut croire, après avoir vu le film, que cette religion est irrémédiablement violente, ou que tous les musulmans bouillonnent de haine religieuse. Ni l’une ni l’autre opinions ne sont fondées. L’érudit Daniel Pipes a écrit :

« Comme toutes les grandes religions, l’islam fait l’objet d’une quantité d’interprétations… Le djihad terroriste contre l’Occident est l’une des lectures de l’islam, mais il ne constitue pas l’essence éternelle de l’islam. »

Les radicaux qui soutiennent que c’est l’islam même qui est l’ennemi, nous condamnent, en fait, à une guerre sans fin. Ils trahissent également les modérés anti-islamistes du monde musulman, qui sont aussi dégoûtés des fanatiques que le sont les non-musulmans.

Pourtant, ce n’est pas que Wilders ait inventé quoi que ce soit. La violence que décrit "Fitna" est horriblement réelle, et les fanatiques qui commettent de tels actes disent explicitement qu’ils le font en tant que musulmans.

Entend-on le monde islamique s’en scandaliser ? Le ministre des Affaires étrangères d’Iran a-t-il jamais critiqué sévèrement la décapitation d’un otage, ou le prêche empoisonné d’un imam djihadiste, comme étant « haineux, blasphématoires et anti-islamiques » ? Combien de fois l’Organisation de la Conférence Islamique a-t-elle fulminé sa désapprobation à l’égard des "crimes d’honneur" et de l’antisémitisme islamique ? Quand Theo Van Gogh a été assassiné publiquement, quand les Taliban ont transformé l’Afghanistan en un Etat terroriste de répression, quand des fatwas ont été émises, condamnant à mort des caricaturistes danois, où était le chœur de l’angoisse musulmane ?

"Fitna", quels que soient ses défauts, n’est pas plus dangereusement inapproprié que l’ardeur avec laquelle les gouvernements occidentaux se sont hâtés de le dénoncer. Terrorisés par la perspective d’une violence islamique, désespérant de calmer des extrémistes qui répondent aux "insultes" par des manifestations violentes et le chaos, ils ont déploré de manière ostentatoire le fait que Wilders ait exercé sa liberté d’expression au lieu de la défendre. Ils n’auraient jamais réagi comme ils l’ont fait s’il s’était agi d’un film critiquant le christianisme, ou les Etats-Unis, ou la tradition européenne, et les islamistes le savent.

S’aplatir devant des brutes n’est pas une bonne manière de défendre la civilisation occidentale. Il y a place pour "Fitna" dans le marché des idées. Que le ciel vienne à notre aide si nous sommes trop timorés pour le dire.

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Notes du traducteur :

[1] Voir : M. Macina : "Quoi de plus horrible: Mahomet une bombe sur la tête, ou Nick Berg sans tête ?".
[2] Voir : "Les Juifs sont des singes et des porcs": une musulmane de 3 ans à la TV". La vidéo est introuvable sur Internet. Heureusement MemriTV l’a toujours dans ses archives.

Un Islam démocratique?
Daniel Pipes
Jerusalem Post,17 avril 2008

Adaptation française: Alain Jean-Mairet

On a l'impression que les Musulmans souffrent tout particulièrement du règne de dictateurs, de tyrans, de présidents, rois, émirs et autres hommes forts non élus – et cela reflète bien la réalité. Une analyse attentive de Frederic L. Pryor, du Swarthmore College, parue dans le Middle East Quarterly («Are Muslim Countries Less Democratic?» – Les pays musulmans sont-ils moins démocratiques?) conclut ainsi que «dans tous les pays à l'exception des plus démunis, l'Islam est associé à des droits politiques plus limités».

Le fait que les pays à majorité musulmane soient moins démocratiques incite à conclure que leur élément commun évident, la religion islamique, est en elle-même incompatible avec la démocratie.

Je m'inscris en faux contre cette conclusion. La situation difficile de l'Islam actuel reflète davantage les circonstances historiques que des caractéristiques inhérentes à l'Islam. En d'autres termes, l'Islam, comme toutes les autres religions pré-modernes, est non démocratique par l'esprit. Mais il n'a pas moins de chances que les autres d'évoluer dans une direction démocratique.

Cette évolution n'est facile pour aucune religion. Dans le cas du Christianisme, la bataille qui a permis de limiter le rôle politique de l'Église catholique a duré très longtemps. Si l'on estime que la transition a commencé avec le Defensor pacis de Marsile de Padoue, en 1324, on voit que l'Église a eu besoin de six siècles pour se réconcilier pleinement avec la démocratie. Pourquoi la transition de l'Islam devrait-elle être plus aisée ou plus rapide?

L'adaptation de l'Islam aux usages démocratiques va exiger de profondes modifications de son interprétation. Par exemple, la loi anti-démocratique de l'Islam, la charia, est au cœur du problème. Élaborée il y a un millénaire, elle présuppose la présence de dirigeants autocrates et de sujets soumis, priorise la volonté de Dieu sur la souveraineté du peuple et encourage le djihad violent en vue d'étendre le territoire de l'Islam. En outre, elle privilégie, anti-démocratiquement, les Musulmans par rapport aux non-Musulmans, les hommes par rapport aux femmes et les personnes libres par rapport aux esclaves.

Pour établir des démocraties qui fonctionnent réellement, les Musulmans doivent rejeter à la base les aspects publics de la charia. C'est ce qu'Atatürk a fait, de manière frontale, en Turquie, mais d'autres ont proposé des approches plus subtiles. Ainsi, Mahmoud Muhammad Taha, un penseur soudanais, écarta les lois islamiques publiques en réinterprétant fondamentalement le Coran.

Les efforts d'Atatürk et les idées de Taha indiquent que l'Islam est en évolution permanente et qu'il est tout à fait erroné de le considérer comme immuable. Ou, pour reprendre la métaphore de Hassan Hanafi, professeur de philosophie à l'université du Caire, le Coran «est un supermarché où chacun prend ce qu'il veut et laisse ce qu'il ne veut pas».

Le problème de l'Islam réside moins dans sa nature antimoderne que dans le fait que son processus de modernisation n'a pratiquement pas encore débuté. Les Musulmans peuvent moderniser leur religion, mais cela nécessite des modifications majeures: plus de djihad pour imposer le règne de l'Islam, plus de citoyenneté de deuxième classe pour les non-Musulmans, plus de peine de mort pour le blasphème ou l'apostasie. Et à la place: libertés individuelles, droits civils, participation politique, souveraineté populaire, égalité devant la loi et élections représentatives.

Mais deux obstacles se dressent devant ces changements. Les liens tribaux, notamment au Moyen-Orient, restent d'une importance capitale. Comme l'explique Philip Carl Salzman dans son récent ouvrage, Culture and Conflict in the Middle East (Culture et conflit au Moyen-Orient), ces attaches créent un ensemble complexe fait d'autonomie tribale et de centralisme tyrannique qui empêche le développement du constitutionalisme, de l'État de droit, de la citoyenneté, de l'égalité des sexes et des autres conditions préalables à l'instauration d'un état démocratique. La démocratie ne pourra pas faire de progrès sensible au Moyen-Orient avant que ce système social archaïque basé sur la famille ne soit dépassé.

Au niveau mondial, le puissant et envoûtant mouvement islamiste fait obstacle à la démocratie. Il vise l'opposé des réformes et de la modernisation, il veut remettre en vigueur la charia dans son intégralité. Un djihadiste comme Oussama ben Laden peut afficher ses objectifs plus franchement qu'un politicien établi comme le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, mais tous deux aspirent à instaurer un ordre parfaitement antidémocratique, voire totalitaire.

Les islamistes réagissent de deux manières à la démocratie. Premièrement, ils la dénoncent comme étant non-islamique. Le fondateur des Frères musulmans, Hasan al-Banna, considérait la démocratie comme une trahison des valeurs islamiques. Sayyid Qutb, le théoricien des Frères, rejetait la souveraineté populaire, tout comme Abu al-A‘la al-Mawdudi, le fondateur du parti politique pakistanais Jamaat-e-Islami. Yusuf al-Qaradawi, l'imam télévisuel d'Al-Jazeera, affirme que les élections sont des hérésies.

En dépit de ce mépris, les islamistes sont impatients d'utiliser les élections pour s'installer au pouvoir et se sont montrés redoutables à la chasse aux votes; même une organisation terroriste (Hamas) a pu remporter une élection. Cela ne rend certes pas les islamistes démocrates – cela révèle juste leur flexibilité tactique et leur détermination à s'emparer du pouvoir. Comme Erdogan l'a dit de manière très révélatrice, «la démocratie est comme un tramway – quand vous arrivez à votre station, vous en descendez».

L'Islam peut un jour devenir démocratique, s'il s'y efforce. Mais d'ici là, l'islamisme constitue la principale force anti-démocratique du monde.

Hag Pessach Sameach!

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Volume VII, Numéro 329 • vendredi le 11 avril 2008

Un autre mythe délirant : Bush a discrédité les Etats-Unis
Laurent Murawiec
Metula News Agency (info # 010804/8), 8 avril 2008

Bush, nous dit-on, avec la Guerre d’Irak, a violé ce qui devrait être l’état naturel des relations internationales : le « multilatéralisme ». Multilatéralisme plus ou moins onusien, et, assurément, l’état paradisiaque de coopération et d’harmonie que représente l’Union Européenne. Représentation parfaite, pour peu qu’aucune Serbie ne s’attaque à ses voisins, auquel cas l’UE se débande en impuissance, jusqu’à ce que les Américains arrivent à la rescousse – recevoir des leçons d’action de Bill Clinton, n’est-ce pas un comble ?

Ce viol barbare du multilatéralisme, poursuit la belle histoire, a engendré un discrédit profond pour les Etats-Unis, dont la réputation, le prestige et la crédibilité se sont effondrés. Avant Bush ou avant l’Irak, tout allait bien ; après Bush et l’Irak, tout va mal.

Ce qui est regrettable, dans cette version simplifiée de l’Histoire, c’est qu’elle est fausse de fond en comble ; qu’elle fait preuve d’une ignorance insondable, digne d’une Marion Cotillard, mais proférée par de respectables professeurs, experts, journalistes et pontificateurs professionnels, hommes politiques. C’est sans parler des acteurs et autres fourreurs de nez dans ce qu’ils ne comprennent pas. John Kerry, Hillary Clinton et Obama se ruent sur ce pont aux ânes sans précaution ni vergogne.

L’Amérique adorée ? Jetons un œil dans la chronique du temps présent et du passé récent. Je ne reviens pas sur la virulente haine idéologique de l’Amérique, qui se manifeste dans l’intelligentsia européenne dès les XVIIIème et XIXème siècles. D’excellents auteurs l’ont montré avec brio, du regretté Jean-François Revel à l’Américain James Ceaser, de Philippe Roger à Pierre-André Taguieff. Par cet autre excellent auteur américain qu’est Jerry Muller, qui énonça que l’Amérique possédait, dès avant son indépendance, ce merveilleux avantage de permettre à tout un chacun de raconter n’importe quoi à son propos, même s’il ne connaît rien au sujet.

Limitons-nous au vingtième siècle, ancêtre direct du nôtre : trépigner à propos de l’Amérique est un exercice imposé, quoique adoré par le commun de ce qui fait profession de penser. Même anamour chez des nobélisés comme Harold Pinter, le dramaturge anglais qui n’écrit plus de théâtre depuis vingt ans, et chez les comédiens. La liste est trop longue. Y figurent les sinologues qui n’ont rien d’autre à faire, Charles Maurras et Georges Duhamel, les nazis raffinés, pas ruffians mais distingués, comme Ernst Jünger et Martin Heidegger, les Jean-Paul Sartre et autres stalinophiles, florescence accablante des épouseurs de lieux communs.

Mais ce n’est pas seulement dans l’orbe intellectuel que l’ont voit naviguer cette nef des fous. Les années vingt voient des millions de manifestants prendre les rues dans le monde occidental entier pour accabler les Etats-Unis à propos de Nicola Sacco et Bartolomeo Vanzetti, deux anarchistes italiens, exécutés le 23 août 1927 pour meurtre.

Sacco était coupable à cent pour cent, quant au cas de Vanzetti, il n’a pas encore été réglé : complice ou innocent (il aurait peut-être fallu trancher, Laurent, avant de l’électriser ? Ce qui ne change rien à la pertinence de ton argumentaire. Ndlr.). Cela n’empêcha pas, entre autres, H. G. Wells, le leader de la Société fabienne Harold Laski, Madame Curie, Albert Einstein, le journaliste Walter Lippmann, le poète Robert M. Lovett, Arthur M. Schlesinger Sr., le philosophe John Dewey, le critique H. L. Mencken, Anatole France, Romain Rolland, et tout l’appareil de l’Internationale communiste de mobiliser une haine militante envers l’ignoble Amérique, persécutrice, xénophobe et assassine. Ce fut, je crois, la première campagne de masse sur ce thème, précurseur d’innombrables redites.

A Cambridge, on s’enrôlait dans l’espionnage soviétique pour faire pièce non seulement à l’Angleterre mais aux Etats-Unis méprisés, parvenus, riches et puissants. Le futur premier ministre conservateur (!) Harold Macmillan d’écrire que les Anglais seraient Athènes et l’Amérique, Rome. Mais à gauche, ce n’était pas une Amérique romaine que l’on dénonçait, mais un pays de dégénérés incultes. La gratitude n’étouffe pas toujours ceux dont on sauve la peau.

Après-guerre, le parti communiste français mobilisa, en 1952, ses unités insurrectionnelles pour lancer de très violentes manifestations contre le général Matthew « Ridgway la Peste », - commandant en chef en Corée -, dénonçant la « guerre bactériologique » soi-disant menée par lui dans ce pays. L’ignominie était à son comble. Non seulement était-ce la Corée du Nord stalinienne qui avait envahi le Sud, sur avis de Staline, tout en braillant que celui-ci l’avait agressée, mais on nageait dans l’invention pure. On chercherait d’ailleurs en vain la moindre rétraction dans les 55 années qui ont suivi. C’était là l’œuvre des « organisations de masses » communistes dans le monde entier. On se vautrait en effet dans le multilatéralisme !

Quand le vice-président Richard Nixon se rendit en tournée de bonne volonté au Venezuela, en 1958, il fut l’objet de très violentes émeutes sur le thème « Yankee Go Home » (inscription qui fleurissait partout où les forces américaines protégeaient un pays de l’agression soviétique). Hugo Chavez n’a rien inventé ; il est simplement le perroquet attardé des années 50 et 60. Le président argentin Juan Perón, dont les préférences allaient sans ambages à Adolf Hitler et Benito Mussolini, avant, pendant et après la Deuxième guerre mondiale, mobilisa ses forces, sa femme Eva, ses descamisados, dans le même sens. Le président brésilien Jânio Quadros, qui soutenait Fidel Castro et l’asservissement de Cuba, ne cessait de s’attaquer aux Etats-Unis. On peut également ranger Daniel Ortega dans cette tradition sans gloire, ainsi que le dictateur bolivien Victor Paz Estensoro, le régime corporatiste et fascisant du Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI) mexicain, et les Sandinistes nicaraguayens.

Le dictateur égyptien Gamal Abdel Nasser, que courtisait ingénument John Foster Dulles, secrétaire d’Etat du président Eisenhower, et que la CIA avait largement contribué à hisser au pouvoir, décida, en 1956, qu’il y avait plus de dividendes à empocher du côté soviétique, et tourna son anti-impérialisme contre les Etats-Unis. De même les leaders du mouvement au nom usurpé de « non-alignés », qui se tenaient, de fait, en rang d’oignons derrière Moscou, quoiqu’un un ton en dessous. Il y avait là Sukarno l’Indonésien (ex pronazi et pro-japonais), Tito le communiste et, de façon plus posée et modérée, l’Indien Nehru. Nehru, qui préféra le socialisme et l’alliance chinoise, jusqu’à ce que les armées de Mao ne ratiboisent l’Armée indienne, en 1962, lors d’une attaque surprise lancée contre le « grand ami » asiatique. Nasser, qui cherchait, comme tous les dictateur et tyrans du Moyen Orient, à devenir l’hégémon régional, donna le ton et fut imité de toutes parts : l’ennemi, c’était l’Amérique, chacun le savait désormais, de la Méditerranée à l’Iran.

Je passe rapidement sur l’obsession anti-américaine du général de Gaulle, qui aurait donné sa chemise et sa culotte pour faire pièce aux Etats-Unis, tout en se prélassant sous leur parapluie atomique. Je passe tout aussi rapidement sur le fait que l’autre superpuissance, l’Union Soviétique, animait une incessante campagne de mensonge et de haine à l’encontre des Etats-Unis, dégénérés, impérialistes, bourgeois, exploiteurs, oppresseurs ; avec elle, les pays satellites, « frères » et amis, ne se lassaient pas d’entonner les mêmes inepties. Le mensonge était indéfiniment répété, selon le principe commun au Dr. Goebbels et à Vladimir Lénine. En Europe toujours, dans le cadre de la haine permanente qui l’animait tous azimuts, l’élite grecque stigmatisait tous ses voisins, Bulgares, Turcs, Albanais, catholiques, protestants, Juifs, Allemands, etc.. Mais le premier ministre, puis président grec, le socialiste Andréas Papandréou, visait tout particulièrement les Etats-Unis, accablés de tous les maux, et cible d’incessantes manifestations de rues, d’émeutes et de dénonciations. Les assassinats d’Américains en Grèce étaient monnaie courante. L’Italie n’était pas loin derrière, avec son parti communiste « intelligent ». L’Allemagne bruissait plusieurs fois par mois de centaines de milliers de manifestants anti-Pershing, l’émeute, là aussi, y était incessante et la haine de l’Amérique dégorgée matin, midi et soir par la gauche verte et rouge.

Est-il nécessaire de mentionner la Chine de Mao, engluée dans une perpétuelle diatribe contre Washington ? La gauche japonaise ? La Corée du Nord, et une grande partie de l’opinion sud-coréenne, qui n’en voulait pas trop à Kim Il-Sung d’avoir mis le pays à feu et à sang, préférant le grand massacreur au sauveur.

Puis vint l’effondrement de l’URSS. Bien des canailles se sentirent orphelines. Les billevesées d’un Francis Fukuyama prétendaient qu’il n’y avait plus d’idéologie : désormais, on allait gérer et non plus faire la guerre. On crut, un instant, aux « vacances » de l’Histoire, qui permirent à Bill Clinton de se consacrer à des activités du genre « faites l’amour, pas la guerre ». Cela vécut « ce que vivent les roses, l’espace d’un matin », cher Malherbe. Une petite dizaine d’année, où même la pire racaille, les Assad par exemple, n’osaient plus trop s’attaquer frontalement aux Etats-Unis. Une période durant laquelle l’ex-URSS s’était par trop autodétruite pour s’opposer vraiment à l’Amérique. C’était avant la manne gazière et pétrolière et le poutinage de la Russie néo-impériale. Ce fut une brève rencontre, poussée par d’inexorables et pressantes nécessités. L’Amérique était en vacances stratégiques, et elle avait gagné la Guerre froide.

Ce n’est évidemment pas que l’Amérique de la Guerre froide ait « joué propre » : entendez que, dans une guerre sans merci comme celle qui nous opposa au monstre soviétique, on choisit parfois les Somoza, les Syngman Rhee, les Franco. Ce n’est pas glorieux, mais on ne change pas tout partout et en tout temps. Machiavel a raison : qui cherche la perfection en politique internationale trouvera la défaite avec la noblesse de l’échec permanent.

Une fois le danger soviétique écarté, on put se livrer en toute aise aux démons : à menace disparue, forfanterie indépendante ragaillardie.

Et voilà Bush, accusé de s’être aliéné nos amis, nos adorables, nos fidèles, sympathiques et constants alliés, d’avoir renoncé au multilatéralisme, de ne pas respecter son Temple sacré, les Nations-Unies. Repaire de brigands tortionnaires et corrompus, baptisé « embryon de droit international » par ceux qui prennent l’ombre pour la proie.

Pour lâcher de telles inepties, il faut, au préalable, avoir oublié ou arasé le passé, et avoir inventé à la place un passé fictif. C’est bien ce que fait ce récit mythomaniaque. Le récit en question n’a pas grand chose à voir avec Bush, quelles qu’aient étés ses multiples erreurs d’orientation, de politique et de communication. Bush, ainsi que son secrétaire à la Defense Rumsfeld, et ses déloyaux secrétaires d’Etat, auraient pu et dû faire bien plus et bien mieux ; l’absence d’une véritable diplomatie américaine n’aura pas arrangé les choses.

Il y a des chiens qui ne dorment que d’un œil, que le moindre bruit réveille et fait aboyer. Ce moderne hydre de Lerne, cette Méduse de la haine de l’Amérique a cent têtes et cent yeux, j’ai voulu le montrer. Elle ne s’endort pas facilement, et se revigore en un souffle. Il n’est pas bon d’être envié et jalousé pour cause de puissance. Prendre l’effet pour la cause n’est pas de raison garder. La Guerre d’Irak aura été catalyseur, prétexte, alibi – en aucun cas n’aura-t-elle été la cause. La conclusion du sophisme, c’est que tout ira bien, l’instant que Bush quittera la Maison Blanche. Haha.

Le Maroc appelle au boycott d’Israël
Elias Levy
Canadian Jewish News, 6 Mars 2008

Le Maroc ne participera pas à l’édition 2008 du Salon du Livre de Paris, qui se tiendra du 14 au 19 mars, parce qu’Israël est l’invité d’honneur. Le ministère de la Culture du Maroc a demandé aux éditeurs marocains de ne pas se rendre à Paris pour prendre part à cette importante manifestation culturelle.

C’est ce que rapporte le magazine marocain francophone Tel Quel.

“Le Stand W74 du Salon du Livre de Paris restera vide. Les éditeurs marocains boudent la manifestation parce qu’Israël en est l’invité d’honneur. La décision de boycott a été prise par le gouvernement “sur proposition de Touria Jabrane, Ministre de la Culture du Maroc”, rapporte une source proche du ministère de la Culture marocain” -information publiée dans l’édition de Tel Quel du 24 février 2008-.

La décision du Maroc de boycotter le Salon du Livre de Paris 2008 a été aussi rapportée par le très crédible magazine français Le Point, dans son édition du 21 février 2008.

“Les éditeurs algériens et marocains ne participeront pas au Salon du Livre de Paris, dont l’invité d’honneur est Israël, sous le prétexte qu’il s’agit là de fêter le 60ème anniversaire de la création de l’État hébreu. La Tunisie est sur le point de s’aligner sur ses voisins. La consigne, qui émanerait de la Ligue Arabe, a été adoptée par les gouvernements de ces deux pays et relayée vers leurs ministères de la Culture. Au Maroc, certains éditeurs marocains ont aussitôt réagi et décidé de venir à Paris à leurs frais, sans figurer sous la bannière Maroc. Ils en ont été fortement dissuadés par leur ministère de la Culture, sous peine de représailles. Le stand loué et équipé par l’Ambassade de France au Maroc restera donc vide. Une catastrophe pour ces éditeurs francophones, le Salon du Livre de Paris étant leur seule vitrine sur la distribution française, essentielle à leur survie”, écrit le journaliste Christophe Ono-Dit-Biot dans Le Point.

D’après L’Économiste, le plus important quotidien économique du Maroc, la décision de boycotter cette année le Salon du Livre de Paris a été prise au plus haut niveau du gouvernement marocain.

“La Ministre de la Culture, Touria Jabrane, a annoncé cette décision le dernier jour du Salon international de l’Édition et du Livre (SIEL) de Casablanca. “C’est une décision du gouvernement marocain qui respecte les sentiments des Marocains et des Arabes car, déjà, plusieurs voisins du Maghreb ont renoncé à aller à Paris”, a-t-elle assuré. Israël fêtera 60 ans d’existence. Pour un responsable du ministère de la Culture, “ces 60 ans représentent des décennies de violence envers le peuple palestinien. Et, bien entendu, le Maroc soutient la Palestine””, écrit la journaliste de L’Économiste, Loubna Moussali, dans l’édition du 27 février 2008.

L’Ambassade du Maroc en France a confirmé au Canadian Jewish News que le Maroc ne participera pas cette année au Salon du Livre de Paris. Elle a cependant refusé de nous préciser la raison pour laquelle le Royaume chérifien boudait cet événement. “Nous n’avons aucun commentaire à faire sur ce sujet”, nous a dit une responsable des Relations avec la presse à l’Ambassade du Maroc à Paris.

Même son de cloche au ministère de la Culture du Maroc à Rabat, que le Canadian Jewish News a joint. Un porte-parole de ce ministère a catégoriquement refusé de confirmer ou démentir les informations ayant trait au boycott du Salon du Livre de Paris 2008.

Trente-neuf écrivains israéliens, dont les romanciers Amos Oz, Abraham B. Yehoshua, David Grossman, Orly Castel-Bloom, Aharon Appelfeld, seront cette année les invités d’honneur du Salon du Livre de Paris.

Cette célébration de la littérature israélienne aura lieu durant la visite d’État que le Président d’Israël, Shimon Péres, effectuera en France, du 10 au 14 mars, à l’invitation du Président français, Nicolas Sarkozy. Shimon Péres sera le premier dirigeant étranger en visite d’État en France depuis l’élection à l’Élysée de Nicolas Sarkozy. Le Président français et son hôte israélien inaugureront le Salon du Livre de Paris le 13 mars.

David Bensoussan, président de la Communauté sépharade unifiée du Québec (C.S.U.Q.), déplore que les éditeurs marocains se soient associés à cette campagne de boycott contre Israël.

La Communauté Sépharade Unifiée du Québec entretient des relations très étroites avec les autorités marocaines et leur corps diplomatique en poste au Canada et à Montréal -les représentants attitrés du Maroc au Canada sont invités à toutes les grandes manifestations, notamment culturelles, organisées par la Communauté Sépharade Unifiée du Québec. Ces derniers sont souvent conviés à prendre la parole lors de ces événements.

“En ce qui concerne le Maroc, je suis peiné de constater que l’ouverture à la démocratie soit limitée car il semble -d’après le magazine Le Point- que des éditeurs marocains aient été découragés à participer au Salon du Livre de Paris. Pourtant, malgré les conditions particulièrement difficiles en Israël, la démocratie y est vibrante. Cette intention de boycott du Salon du Livre de Paris survient alors que nous nous efforçons de renouer le dialogue judéo-arabe, et spécialement le dialogue judéo-marocain. J’aurais souhaité non pas une attitude régressive ou conflictuelle, mais une attitude de dialogue entre les écrivains, qui contribuerait à sortir le Moyen-Orient de l’impasse actuelle.

Si seulement ceux qui vilipendent Israël ont droit à la cité, comment envisager un futur de paix auquel nous aspirons tous? Si seulement ceux qui se refusent à admettre la réalité d’Israël ont droit à la parole, comment le Maroc pourra-t-il s’épanouir dans une telle homogénéité?”, nous a dit David Bensoussan.

Le Président de la Communauté sépharade unifiée du Québec préconise un dialogue franc et ouvert entre les Juifs et les Musulmans marocains.

“En parallèle à certaines ouvertures, j’ai pu noter au Maroc une certaine uniformité d’attitudes. Après 40 ans d’absence, je suis retourné au Maroc, où j’ai pu constater combien les propos de Juifs d’extrême-gauche, ou de Juifs tout à fait marginaux, sont mis en exergue dans les milieux intellectuels. C’est comme si l’on voulait se gargariser de schèmes ressassés sans vouloir poser les bonnes questions ni même vouloir affronter la réalité judéo-marocaine en face dans toute sa diversité, sans vouloir assumer un passé dont on vante la grandeur de la coexistence en omettant systématiquement les moments particulièrement difficiles de cette coexistence. À quand l’ouverture d’esprit dont nous avons tous tant besoin? La liberté de penser n’a pas de borne. Pourquoi enfermer les débats, clôturer les esprits? Faudra-t-il attendre d’autres conflits meurtriers pour comprendre qu’il faut se parler? Pourquoi retarder inutilement l’avènement d’un dialogue véritable et celui d’une paix inévitable? Il est grand temps que les bonnes volontés s’expriment et que l’on trace la voie de la paix aux générations de l’avenir.”

La Communauté sépharade unifiée du Québec va t-elle s’enquérir de cette épineuse affaire, ou protester, auprès des autorités marocaines?

“Je préférerais avoir en main un communiqué marocain officiel avant de procéder”, nous a répondu David Bensoussan.

Il est très peu probable que le gouvernement de Rabat émette un communiqué officiel pour “justifier” son boycott du Salon du Livre de Paris 2008. Surtout pas à un moment où le Maroc, qui mène une lutte fougueuse contre les islamistes radicaux -d’après C.N.N.- édition Internet du 21 février 2008-, un réseau islamiste, qui avait planifié des attentats contre des personnalités politiques marocaines et des membres de la communauté juive du Maroc, vient d’être démantelé-, a grandement besoin du soutien de l’Amérique de George Bush et de la France de Nicolas Sarkozy. Donner publiquement son aval à cette campagne de boycott d’Israël, ce serait un camouflet pour ce grand ami du Maroc qu’est Nicolas Sarkozy, qui s’apprête à célébrer en grande pompe la réconciliation, tellement attendue, entre la France et Israël.

Ce boycott d’Israël au Salon du Livre de Paris s’inscrit dans la foulée d’une autre campagne véhémente de boycott anti-israélienne orchestrée par l’Union des écrivains arabes et des intellectuels de gauche italiens contre la Foire du Livre de Turin, qui consacre son édition 2008 à la célébration du 60ème anniversaire de l’État d’Israël. Cette manifestation littéraire aura lieu du 8 au 12 mai prochain.

Le célèbre écrivain marocain Tahar Ben Jelloun, que l’on peut difficilement suspecter de sympathies proIsraël, a publié dernièrement dans le quotidien italien La Repubblica un article pour dénoncer la campagne de boycott contre les écrivains israéliens à la Foire du Livre de Turin -on peut lire ce texte dans le Site Internet de l’écrivain (www.taharbenjelloun.org)-.

Tahar Ben Jelloun qualifie cette campagne anti-israélienne de “stupide”.

“Il faut bien distinguer les choses: la politique d’un État n’est pas assimilable à la production littéraire de cet État. Je suis parmi ceux qui critiquent le plus durement la politique israélienne d’occupation, mais je ne confonds pas Ehoud Olmert avec Amos Oz, David Grossman ou Amir Gutfreund, écrit-il. Je peux aussi ne pas aimer tel ou tel ouvrage. Cela n’a rien à voir avec le pays d’origine de celui qui l’a écrit. Boycotter le Salon du Livre de Turin n’a pas de sens. Un peu partout dans le monde des écrivains israéliens rencontrent des écrivains arabes et palestiniens. Leur dialogue n’est pas celui de leurs États. Ils discutent, peuvent même se disputer. Le boycott est un aveu de faiblesse, une façon de généraliser le fanatisme et même de donner à l’État d’Israël des arguments pour se présenter non pas comme occupant des territoires palestiniens, mais comme victime.”

Pour Tahar Ben Jelloun, la logique des instigateurs de cette campagne de boycott anti-israélienne est des plus improductives.

“Je suis en train de lire le dernier roman d’Amos Oz, Vie et mort en quatre rimes, et j’ai mis de côté celui d’Amir Gutfreund, Les gens indispensables ne meurent jamais, pour le lire aux prochaines vacances car il fait 500 pages. Si je comprends bien la logique de ceux qui lancent une campagne de boycott du prochain Salon du Livre de Turin, il faudra que je jette ces deux livres et peut-être même les brûler. Pourquoi? Parce qu’ils sont écrits par des Israéliens. Du même coup, le public israélien devrait lui aussi jeter mes livres traduits en hébreu et les condamner à l’exil. On pourrait continuer ce petit jeu et empêcher par exemple que les poèmes du Palestinien Mahmoud Darwich ne rentrent dans les librairies et les maisons israéliennes. Ce serait une guerre contre la culture d’où qu’elle vienne. Cela est contraire à l’esprit de la civilisation arabe et ne pourrait produire que des catastrophes, élever le mur de l’incompréhension, de la peur et de la haine.”

À l’instar du Maroc, de l’Algérie et, fort probablement, de la Tunisie, les Associations d’écrivains égyptiens ont demandé aussi à leurs membres de boycotter le Salon du Livre de Paris. Le choix d’Israël comme hôte de cette manifestation littéraire a provoqué des réactions très hostiles dans les cénacles littéraires et intellectuels égyptiens.

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Volume VII, Numéro 328 • vendredi le 4 avril 2008

La menace d’un génocide d’Israël
P. David Hornik
FrontPage Magazine, 11 mars 2008

Traduction française : Menahem Macina

La véritable nature du "conflit arabo-israélien" – une agression génocidaire perpétrée par des Arabes et d’autres musulmans contre une démocratie pacifique – s’est montrée dans toute son horreur, le 6 mars au soir, quand un Palestinien est entré dans une yeshiva de Jérusalem, a tué par balles huit jeunes gens et en a blessé neuf autres, avant d’être abattu. La nature de la société gazane s’est également montrée dans toute sa "splendeur", le même soir :

Les rues de Gaza se sont emplies d’une foule de milliers de gens… Beaucoup d’habitants se sont rendus dans des mosquées de Gaza City et du nord de Gaza pour réciter des prières d’action de grâces. Des hommes armés tiraient en l’air pour célébrer l’événement et d’autres distribuaient des bonbons aux passants.

Le Hamas a déclaré qu’il « bénissait l’opération », et qu’elle « ne serait pas la dernière ». Le Jihad Islamique, lui aussi situé à Gaza, y est allé de sa tirade : « Nous saluons cet acte héroïque et soutenons ceux qui l’ont réalisé. »

Entre temps, en Cisjordanie, on a étrangement attribué au Président de l’Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas, une « condamnation » de l’attaque, alors qu’il semble qu’il ait seulement publié une déclaration selon laquelle il « condamne toutes les attaques qui visent des civils, qu’ils soient palestiniens ou israéliens ». L’organisation des Brigades des Martyrs d’Al-Aqsa, qui dépend d’Abbas, a été plus explicite dans une déclaration publiée dimanche [9 mars] à Ramallah, exprimant un total soutien pour ce qu’elle appelle une attaque « héroïque ».

Al-Hayat Al-Jadida, journal officiel de l’Autorité Palestinienne, a été, lui aussi, sans ambiguïté en insérant en première page une photo du terroriste tué, illustrée par une légende le qualifiant de shahid (martyr).

Mais si Abbas, favori de Condi Rice et de l’administration Bush et "partenaire de paix" du gouvernement Olmert, a éprouvé le besoin de publier une déclaration, relativement abstraite et de tonalité modérée, ni les dirigeants de Gaza, ni surtout la populace, n’ont fait preuve d’une telle réserve. Et le fait que Gaza, ou le "Hamastan", soit une société ignare, profondément éduquée à la haine, n’a pas empêché le correspondant du New York Times, Steven Erlanger, de s’y rendre la semaine dernière [du 3 au 6 mars], pour réaliser quelques scoops anti-israéliens.

Dans un reportage envoyé le 6 mars, avant l’attentat de Jérusalem, Erlanger se référait à l’« incursion militaire israélienne de 48 heures », effectuée quelques jours auparavant, « qui avait tué près de 100 Palestiniens », et affirmait : « Ici, les habitants ont été horrifiés par le nombre de civils qui, croient-ils, ont été tués… ».

Bien qu’il ait certainement été au courant des célébrations gazanes antérieures qui avaient suivi des massacres délibérés d’Israéliens, Erlanger n’a pas pris la peine de demander à ces habitants si cette expression d’« horreur » pour la mort de civils, concernait toutes les catégories de civils, ou une seule d’entre elles. Au lieu de cela, tout ce qu’il a été capable de faire a été cette concession au "traitement impartial" [de l’information] :

« Des contestations persistent à propos du nombre de morts civils non impliqués dans les combats : la moitié et plus, selon les responsables palestiniens, bien moins de la moitié, selon les responsables israéliens ».

Il va sans dire que, pour Erlanger, la parole des responsables palestiniens – entendez, le Hamas -, a le même poids que celle des Israéliens ; le Times et d’autres médias libéraux ne donnant jamais le plus infime signe d’assentiment au bénéfice d’une démocratie parlementaire, comparée aux organisations terroristes qui l’attaquent.

Mais les intentions d’Erlanger vont bien au-delà du fait de mettre Israël sur le même plan moral que le Hamas et la société qu’il a aidé à façonner. Il cite une certaine Mirvat Abu Shabak, fille d’un général du Fatah qui a fui Gaza après les tentatives d’assassinat dont il a été l’objet.

« Nous étions en train de dormir, pendant la nuit, quand il y a eu de nombreux tirs… Un tireur israélien embusqué a pris position dans la maison voisine ; il pouvait me voir comme je pouvais le voir. »

Selon Mirvat Abu Shabak, le tireur israélien s’en est pris à deux de ses jeunes enfants qu’il a tués de sang-froid [*] – à peu près comme les soldats israéliens qui, en 2000 à Gaza, ont été presque universellement considérés comme ayant tué l’enfant Mohammed Al-Dura, par pur plaisir, dans des circonstances qui se sont, depuis, révélées être une contrefaçon et une calomnie.

Mais Erlanger n’a pas posé de questions exigeantes à son interviewée parce qu’il a trouvé quelque chose d’aussi valable : Abu Ghraib, "preuve" que ce sont les militaires occidentaux – entendez : américains ou israéliens – qui sont brutaux et cruels, et que, selon la conception du monde des lecteurs libéraux du Times, on ne doit pas se défendre contre le terrorisme, parce que cela ne mène qu’à tuer des gens, à les rendre furieux, et à faire de vous un criminel.

En effet, Erlanger cite des Gazans qui approuvent la "résistance" à Israël, sans se demander ce que ce mot veut dire, maintenant qu’Israël a quitté Gaza, ni en quoi les roquettes qui pleuvent sur des civils en territoire israélien souverain constituent un acte de "résistance".

Mais cela entraînerait Erlanger trop loin des dévotions libérales à propos de l’"occupation" ; quiconque se demande pourquoi le désir des Gazans pour le sang israélien demeure si puissant, même après l’"occupation", devra prêter attention à l’endoctrinement antisémite génocidaire que les habitants de Gaza (et ceux de Cisjordanie) continuent à subir sans interruption dans les mosquées, les écoles et les médias.

Mais pour le cerveau libéral, [une telle démarche intellectuelle] serait pleine d’implications déplaisantes, à savoir :

qu’Israël et l’Autorité Palestinienne/Hamastan ne sont pas au même niveau moral ;
qu’Israël est dans son droit quand il combat la terreur ; que les Palestiniens pourraient vouloir faire aux Juifs presque exactement ce que les nazis leur ont fait ; et qu’en faisant constamment preuve de confiance et de "compréhension" envers les Palestiniens, on les aide en fait à atteindre leurs buts. Un imbroglio que même Steven Erlanger, audacieux explorateur de Gaza, se gardera bien de sonder.

Mais s’il est déjà suffisamment dommage que des libéraux fassent preuve de telles attitudes, c’est pire encore quand une administration américaine soi-disant conservatrice, qui prétend mener une Guerre contre la Terreur, parle d’Israël et de ses agresseurs en les situant au même niveau moral, fait preuve de la même obsession pour "les Palestiniens" et du désir que leur culture malade bénéficie d’une pleine indépendance politique.

La Secrétaire d’Etat Rice, qui était en Israël dernièrement, est allée jusqu’à obtenir qu’Israël renoue le dialogue avec Abbas, et a réitéré sa confiance qu’Israël et les Palestiniens pourront parvenir à un accord final de paix vers la fin 2008. Sa croyance en cette paix n’a jamais faibli, ni après que le Hamas ait remporté les élections palestiniennes de janvier 2006, auxquelles il avait participé grâce à son insistance, ni quand des armes, des explosifs et des terroristes entraînés s’étaient déversés par la frontière entre Gaza et le Sinaï, abandonnée par les Israéliens, qu’elle avait contraints à ce faire.

La foi de la Secrétaire d’Etat en cette "paix" entre un allié démocratique et l’entité terroriste qui l’attaque a suivi son cours au milieu de la montée en flèche des attaques de roquettes, et elle est restée intacte, il y a peu, quand des fusées Grad, de fabrication iranienne, ont bombardé Ashkelon, et bien qu’Abbas ait déclaré à un journal jordanien qu’il n’avait jamais abandonné la voie de la violence, qu'il ait catégoriquement rejeté Israël en tant qu’Etat juif, et envisagé un autre gouvernement d’union nationale avec le Hamas.

Pour "honorer" la présence de la Secrétaire d’Etat américaine, Israël a stoppé son offensive, drastiquement retardée, contre la terreur à Gaza et contre le Hamas, que Rice a aidé à porter au pouvoir et protège régulièrement de la possibilité d’une sérieuse action militaire israélienne, et auquel elle a donné, une fois de plus, une chance de récupérer et de se reconstruire pour le prochain round, qui sera encore plus meurtrier.

C’est pourquoi le fait que, la nuit du massacre de la yeshiva, Bush ait appelé Olmert pour lui dire que « cette attaque barbare et méprisable contre des civils innocents mérite la condamnation de toutes les nations », ne nous est d’aucune aide. Il eût été beaucoup plus utile que Bush condamne ne serait-ce qu’en en parlant - non seulement cet acte spécifique, mais la dépravation génocidaire de la culture palestinienne dans son ensemble, qui permet à des gens de distribuer des bonbons après un massacre, de donner des noms de terroristes-suicide à des rues et à des écoles, et d’inculquer des passions meurtrières même à des petits enfants.

Si Bush voulait bien faire preuve d’assez de sincérité et d’intégrité pour regarder en face cette réalité – celle de quinze ans d’aide et de sollicitude massives qui n’ont engendré que corruption sans cesse aggravée, fanatisme, violence et haine – il se pourrait qu’il doive se demander s’il est moral ou sage de continuer à empêcher Israël d’agir contre la terreur et de le pousser à "négocier" sa viabilité future avec ses ennemis jurés.

Il aurait dû non seulement appeler Olmert le 6 mars pour lui présenter ses condoléances, mais aussi Abbas, le lendemain, pour s’enquérir de la raison pour laquelle l’organe de presse officiel de l’Autorité célèbre, en Une, comme un héros religieux, ce meutrier de masse.

Il devrait se demander pourquoi un président des Etats-Unis, qui prétend admirer le peuple juif et se soucier de lui, le pousse à nouveau sur le chemin mortel de la conciliation, et quel intérêt les Américains peuvent bien avoir à permettre à la terreur palestinienne de prospérer et d’être florissante, tout en prétendant que la terreur du Fatah n’existe pas et que ceux qui sont à sa tête sont des hommes d’Etat honorables.

Mais pour accéder à ce niveau de franchise, Bush, Rice et leur administration devront dépasser leur quête des faveurs arabes et européennes, ou l’aveuglement de ceux qui se veulent libéraux, abandonner leur politique destructrice envers Israël, mesurer les conséquences réelles de la culture génocidaire palestinienne, et se demander si l’Amérique doit assister et blanchir une telle société, et promouvoir ses objectifs politiques.

Un bon point de départ serait la campagne contre le génocide du Centre pour la Liberté, de David Horowitz, qui affronte la réalité des objectifs djihadistes cataclysmiques et le fait que, comme le remarque Robert Spencer, « la société la plus éminemment non musulmane, aux yeux des djihadistes, est, bien entendu, Israël ».

Face à Mahmoud Ahmadinejad d’Iran, à Hassan Nasrallah du Hezbollah, aux dirigeants du Hamas, Khaled Mashal et Mahmoud al-Zahar, et aux médias de l’Autorité Palestinienne qui émettent des déclarations génocidaires à l’encontre de l’Etat et du peuple juifs, le moins que l’Amérique puisse faire est d’encourager les courants les plus forts et les plus réalistes de la société israélienne, plutôt que les plus faibles et les plus délirants, renoncer au leitmotiv scandaleux d’un Fatah modéré et demandeur de paix, faire tout son possible pour aider Israël à survivre, au lieu de le pousser constamment à une passivité et à des concessions mortellement dangereuses.

[*] Voir M. Macina, Pour la suppression des journalistes-enregistreurs tout dévoués à la cause palestinienne".

Chroniques sur Durban 2
Les «oublis» de Doudou Diène, rapporteur spécial sur le racisme

Malka Marcovich
CRIF.org, 26 mars 2008

Dans ce commentaire, l’auteur rappelle que Doudou Diene, rapporteur spécial sur le racisme, présentait le 19 mars 2008 son dernier rapport reprenant pour la énième fois le concept de « légitimation intellectuelle démocratique » du racisme.

« Il fut salué par Israël et plusieurs associations juives pour avoir condamné en son temps la conférence négationniste à Téhéran, ces dernières s'inquiétant dans le même temps que la future conférence contre le racisme en 2009 ne réédite le climat de violence de celle de 2001.

Il fut porté aux nues par le Pakistan au nom de l'Organisation de la Conférence Islamique, par l'Egypte au nom du groupe africain, par la Palestine au nom du groupe arabe, pour avoir pris position fermement contre la "diffamation des religions" en particulier de l'Islam et pour avoir affirmé la nécessité de créer de nouvelles normes visant à limiter la liberté d'expression.

Le chantre du dialogue multiculturel n'a pas répondu aux questions de la représentante Baha'ï qui s'étonnait qu'il n'ait jamais mentionné les événements que son organisation avait pourtant fait porter à sa connaissance. Elle a du coup rappelé les discriminations et atteintes que subissent les Baha'ïs en Iran : - «mort aux Bahá'ís» peints contre des maisons, des magasins et des cimetières Bahá'ís ; lettres de menace, brochures antibahá'ís distribuées dans de nombreuses villes iraniennes, sans compter les campagnes systématiques de diffamation de la part des médias contrôlés par le gouvernement incitant à la haine religieuse. »

Avant Durban 2009, nous aurons d'autres échéances autour du 60ème anniversaire de la Déclaration Universelle. En attendant le panel interculturel organisé le 18 mars semblait donner le la. En écho à de nombreuses interventions de plus en plus audibles au Conseil qui affirment que les droits humains, tels que définis depuis soixante ans sont le monopole d'un groupe minoritaire de personnes, le patriarche ortodoxe Metropolitan Kirill a affirmé que :

- « le féminisme et l'homosexualité ont détruit la vie de famille et que l'avortement est une violation des droits de l'embryon. » Les associations de femmes présentes se sont uniquement inquiétées de la non représentativité des femmes dans le panel interculturel. Le MRAP qui co-anime avec Interfaith International la sous-commission sur le racisme et les discriminations de la Coordination des ONG de l'ONU à Genève, n'a pas daigné prendre la parole non plus sur les thèmes du racisme et de la limitation de la liberté d'expression. La LICRA et les organisations de défense des droits humains tels que la FIDH, Amnesty, Human Rights Watch n'ont pas défendu d'avantage ces valeurs. Il faut dire qu'elles n'ont rien dit non plus sur les violations des droits humains que subit la rapporteure spéciale de l'ONU, Sigma Huda pour qui une dizaine d'organisations de femmes se sont mobilisées le 8 mars dernier. Quant à la situation au Tibet, cela semble être vraiment le cadet des soucis du Conseil dont la 7ème session doit se terminer le 28 mars. »

Source : http://malkamarcovich.canalblog.com/archives/2008/03/20/8395316.html

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