Communiqué Isranet
avril
2008
Un service de l’I.C.R.J.
l ’Institut canadien de recherches sur le Judaïsme
Prof. Frederick Krantz,
Directeur
Volume VII,
Numéro 331 • vendredi le 25 avril 2008
Seul,
Israël...
Annette Paquot
La Voix Sépharade, 37, vol.5,
mars-avril 2008/nissan 5768
Depuis sa création,
Israël n’a connu que la guerre, guerre «classique»
des armées arabes et guerre de guérilla des terroristes
palestiniens. Il a perdu des soldats et des civils, tués, blessés,
torturés, dans une proportion inimaginable pour ceux qui, depuis
plus de soixante ans, justement, vivent dans des sociétés
en paix et hyper-protégées. En Israël, les traces
de ces guerres sont, partout, très frappantes : contrôles
de sécurité à l’entrée des restaurants
et des cinémas, camions calcinés sur la route de Jérusalem,
arc de la Hurva, vestige de la synagogue détruite en 1948...
Et pourtant, en Israël, l’amour
de la vie et le dynamisme l’emportent : les gens vivent quasi
«normalement», travaillent, s’amusent, font du sport,
prient, étudient et mettent leur génie au service du développement
intellectuel et matériel de leur pays. Ils accumulent les réussites
: créations culturelles, découvertes scientifiques, brevets
industriels, miracles agricoles et sylvicoles etc. Où les gens
ordinaires sont-ils aussi courageux? Quel pays peut se vanter de tels
progrès en si peu d’années?
Les attentats-suicides ne cessent
jamais longtemps, le Hezbollah ne désarme pas, les roquettes
pleuvent sur les maisons de Sderot et l’Iran ne cache pas ses
intentions génocidaires. Et pourtant, Israël fait preuve
d’une retenue trop peu soulignée. Il est le seul pays à
alimenter, à Gaza, ses ennemis déclarés en vivres
et en énergie et, en Cisjordanie, à exposer ses soldats
sur le terrain pour éviter des opérations aériennes
massives contre ceux qui attaquent ses populations civiles. Agressé
de la sorte, quel autre pays ferait preuve d’un tel sang-froid
et d’un tel respect de l’autre dans la défense de
ses citoyens? En état de guerre continuel, quel autre pays maintiendrait
aussi longtemps une démocratie aussi ouverte et aussi effervescente?
Depuis sa naissance, Israël
a été délégitimé, dénigré,
calomnié de toutes les façons possibles. Créé
par l’ONU et bénéficiant de ce fait d’une
légitimité internationale unique, il n’est toujours
pas reconnu officiellement et explicitement par bon nombre de pays.
D’autres feignent d’ignorer cette non-reconnaissance ou
sussurent à demi-mot que réclamer une vraie reconnaissance,
claire et nette, comme condition à des négociations sérieuses
avec ses ennemis est une exigence excessive de sa part. Quel autre pays
est ainsi nié dans son être? À quel autre pays demande-t-on
de faire une concession aussi absurde avant toute négociation?
Et pourtant, Israël mène une diplomatie prudente et ouverte.
Ses politiques de coopération avec le Tiers-Monde sont particulièrement
généreuses et il s’obstine à rechercher la
paix avec ceux qui le nient. Pourquoi est-il désigné si
souvent à la réprobation générale?
On reproche à Israël
de protéger ses citoyens des attaques terroristes par la construction
du «mur». Ceux qui sans relâche dénoncent ce
«mur» ont-ils condamné la barrière qui, en
Irlande du Nord, sépara pendant des décennies les protestants
des catholiques? La barrière érigée le long de
la frontière entre les USA et le Mexique les préoccupe-t-elle
autant? La «forteresse Europe», que de nombreux misérables
tentent de rallier au péril de leur vie, n'est-elle pas plus
barricadée que si elle était entourée d'un mur?
Des dizaines d'Albanais ont péri noyés il y a quelques
années pour avoir voulu y aborder. Plus récemment, des
Africains sont morts au Maroc pour avoir tenté de franchir les
barbelés derrière lesquels elle se retranche. Pourquoi
n’y a-t-il pas de campagne mondiale de mobilisation contre tous
ces dispositifs qui entravent la libre circulation des humains sur notre
planète? Que cache ce désir de dénier au seul Israël
le droit de se protéger d’intrusions pourtant bien plus
meurtrières?
On impute à Israël
le péché capital de la responsabilité du «problème»
des réfugiés. Si les réfugiés palestiniens
ne sont pas intégrés dans les pays arabes où ils
se trouvent et vivent depuis trois générations dans des
conditions misérables, ces pays n’en sont-ils pas responsables?
À quel autre pays fait-on grief des fautes de ses voisins? Israël
a, lui, intégré à peu près le même
nombre de réfugiés juifs des pays arabes. Qui salue l’effort
que cela a représenté?
On qualifie Israël d’État
pratiquant «l’apartheid» à l’égard
de ses citoyens arabes. L’accusation revient quasi rituellement.
Pourtant, en Israël, les non-juifs peuvent fréquenter les
mêmes lieux publics, trains, autobus, commerces, plages, que les
juifs. Ils ont accès aux mêmes professions et aux mêmes
fonctions administratives et jouissent des mêmes avantages sociaux
que les juifs. Les Israéliens arabes le savent si bien que des
sondages montrent que, majoritairement, ils ne veulent pas devenir citoyens
palestiniens si cet État devait être créé
: ils préfèrent garder leur citoyenneté israélienne.
Qui le sait en Occident?
Soixante ans d’État,
soixante ans d’hostilité injuste et soixante ans d’exemplarité.
Israël est bien la création du peuple du livre et le produit
de l’éthique juive. Quand les nations lui rendront-elles
justice? L’honneur d’Israël survivra. Celui des nations
est irrémédiablement compromis par les injustices dont
elles se rendent coupables à son égard.
(Annette Paquot, Professeur
à Université Laval, membre du conseil editorial de l'ICRJ)
Sécession
Démocrate?
Laurent Murawiec
Metula News Agency (info # 012304/8),
23, avril 2008
Je vous l’avais annoncé
il y a quelques mois : la campagne des présidentielles américaines
est rude. Vedette aujourd’hui, les gémonies vous attendent
demain. Hier intouchable, Barack Obama est aujourd’hui assailli
de doutes. La hargne d’Hillary Clinton, frustrée de son
rôle de candidate Démocrate « légitimiste
», y est pour quelque chose. Mais plus encore, ce sont les nombreuses
casseroles que traîne "Monsieur Propre", "Monsieur
Espoir" et "Monsieur Audace" Obama, qui ont commencé
à lui retomber sur la tête. Comme l’écrit
le magistral économiste et intellectuel noir Thomas Sowell :
« Madame Clinton est une menteuse, Obama est un mensonge ».
C’est cette attrape qui s’effiloche aujourd’hui. Les
affaires collent à la peau de l’ex-favori.
Obama ? Relations douteuses et suivies avec un affairiste pourri de
Chicago. Un collecteur de fonds Démocrate, rouage de la culture
de corruption, qui domine la ville depuis des décennies. Al Capone
et le roi de la fraude électorale, le maire Démocrate
Daley ; Chicago est la capitale de la magouille politico-mafieuse des
Etats-Unis.
Obama, membre de la pseudo Eglise du « Révérend
» Jeremy Wright, raciste noir, gourou d’un mouvement politique
plutôt que religieux, qui a érigé en dogme la haine
de l’Amérique, la théologie de la « libération
» noire, proche de Louis Farrakhan. Wright, le nazi noir, sermonneur
d’ineptes théories conspiratives sur le 11 Septembre 2001
et l’origine du SIDA.
Wright écume haineusement, en chaire, « Not God Bless America
! God Damn America ! » [ce n’est pas Dieu bénisse
l’Amérique, c’est Dieu qui maudit l’Amérique]
; proche de l’extrême-gauche terroriste non repentie des
Weather Underground.
Obama a depuis fait pire, en s’attaquant aux cols bleus «
amers » dont le déclin économique « les fait
coller à la religion et à leurs armes à feu »,
comme si le christianisme avait attendu le dernier tournant du chômage
pour exister, et l’amendement constitutionnel qui donne droit
au port des armes.
Pis, Obama a énoncé cette théorie marxoïde
– la religion est l’opium du peuple, et les armes, sans
doute, la cocaïne - devant un auditoire de très riches snobs
de San Francisco ; on était en confiance, entre soi, on pouvait
parler à l’aise de ces inférieurs. Lesquels, à
révélation des propos, les ont très mal pris, les
malappris.
Alors qu’il bénéficiait jusque là d’un
« effet Téflon », le vernis d’Obama s’est
craquelé et le personnage s’est lézardé :
que savons-nous de lui ? se sont demandés bien des électeurs,
Démocrates y compris. Ce qu’ils en ont appris a fait se
détourner un grand volume d’électeurs. La campagne
a changé de tour et de sens. Postée en embuscade, Hillary
Clinton s’est emparée de tous les fils que laissait traîner
la pelote, et tire dessus comme une diablesse ; elle joue sa survie
politique. Les Clinton sont en temps normal méchants et sans
scrupule dans le pugilat politique ; leur pugnacité et leur animosité
sont décuplées par l’enjeu et la peur de perdre
leur couronne.
Mais, au-delà des Clinton, d’Obama et de la campagne électorale
elle-même, se profile peut-être une évolution politique
plus fondamentale. Je l’évoque présentement, plus
comme une hypothèse de travail que comme un fait acquis.
Lors des primaires Démocrates de 2006, Joe Lieberman, sénateur
sortant du Connecticut, ex-candidat à la vice-présidence,
avait été vaincu par un jeune magnat des télécoms,
richissime, gauchiste, intersection de Wall Street et de l’extrémisme
anti-guerre. Le parti Démocrate, ou du moins l’électorat
activiste, voulait se débarrasser de l’aile modérée
du parti, ceux qui furent les « faucons » : les Démocrates
anticommunistes de la Guerre froide, ceux qui pouvaient s’allier
avec Ronald Reagan et ses successeurs. La forte tradition patriotique
qui animait le parti du président Truman était ainsi marginalisée,
et rejetée au profit des idéologues et des activistes.
Contrairement aux espoirs de ces derniers, Lieberman se présenta
aux élections en tant qu’indépendant et emporta
le morceau : l’électorat n’a que faire des hystéries
marxo-peacenik, il les rejette sans ambiguïté. Les banlieues
snobes du Connecticut votèrent pour leur semblable, le reste
de l’Etat, pour Lieberman, dont l’assise sociologique est
bien plus traditionnelle.
La campagne du sénateur Obama, on ne se lasse pas de le répéter,
est socialement financée et assise sur de riches et très
idéologiquement imbus membres de ce que l’on appelle quelquefois
l’overclass, en symétrie de l’underclass des pauvres
et des « exclus ». Underclass, ruraux miséreux, ou
membres de la stagnation urbaine ; overclass, businessmen des bulles
high-tech, des télécoms, des media et du monde du spectacle
et de l’informatique, qui ont mis leurs startups en bourse et
ont pris leur retraite à quarante ans, multimillionnaires et
plus. Leur culture est la contre-culture, quelles que soient leurs qualités
professionnelles ou entrepreneuriales. Ils méprisent la middle
class traditionnelle, sans parler des cols bleus. Ils regardent de haut
l’ « Amérique profonde ». Ils n’ont aucun
rapport avec la culture patriotique ; la religion les fait bailler ;
ils sont « progressistes », possesseurs des « lumières
».
Un épisode tout récent est révélateur. C’est
devant un auditoire composé de très riches contributeurs
à La Cause qu’Obama parlait, dans la ville-phare de l’overclass,
San Francisco, où rien de ce qui est l’Amérique
traditionnelle n’est toléré. C’est là,
je l’ai dit, qu’ « entre soi », Obama, créature
pomponnée de l’Université d’Harvard, a donné
libre cours au mépris de fer qui anime les progressistes envers
l’Amérique profonde : ce sont des primitifs stupides, incapables
d’entendre le vrai, c’est-à-dire la philosophie de
la Gauche, anti-militariste et anti-guerre, anti-républicaine
et anti-conservatrice, anti-capitaliste et étatiste, «
welfariste » et politiquement correcte.
Du haut de leur « éducation » supérieure,
ces gens se gaussent des pedzouilles et des ignorants, dont il faut,
en revanche, avoir pitié et compassion. Et dont il faut que l’Etat-nounou
s’occupe : les gens normaux n’ont pas voix au chapitre,
leur opinion ni leur vote ne compte – on les taxe et on décide
pour eux. Beautés du socialisme des snobs.
C’est dans ces circonstances, je le répète, qu’Obama
s’est gaussé de ces pauvres cols bleus, qui stagnent, «
amers », dans leurs petites villes, « et collent à
la religion et à leurs armes à feu », symboles et
incarnations d’une Amérique tout étrangère
aux chimères de San Francisco. Depuis, les retours de bâton
ont été violents. La Pennsylvanie, Etat typique de ces
petites villes industrielles et rurales, s’est retournée
contre l’impudent. Ce dernier a bégayé, balbutié,
nié et dénié, rien n’y a fait : tout le monde
a entendu, et compris.
Le parti Démocrate, anciennement celui de l’alliance rooseveltienne,
dont les ouvriers de l’industrie ont, pendant soixante ans, constitué
part de l’ossature, est secoué. Des ouvriers, il ne lui
reste que les bureaucrates syndicaux et les fonctionnaires. Nancy Pelosi,
présidente Démocrate de la Chambre des Représentants,
symbolise : venue de Baltimore, ouvrière, italienne et industrieuse,
elle est aujourd’hui hobereau millionnaire à San Francisco.
Violente et opportuniste adversaire de Bush, Mme Pelosi est-elle pour
autant ultra-gauche comme Obama ? La question mérite le détour.
L’ultra-gauche obamesque, en effet, c’est son grand financier,
George Soros, ennemi de tout constitutionnalisme, qui subventionne les
campagnes pour la drogue, contre la police et l’armée,
pour les réformes du droit qui subvertissent la constitution
; avortement illimité, « droit » à la mort,
assaut généralisé contre les valeurs et les pratiques
judéo-chrétiennes, rien n’arrête ce milliardaire
agressif et dangereux. Il finance des centaines d’organisations
extrémistes, comme moveon.org, l’agit-prop de l’ultra-gauche,
infatigables insulteurs, casseurs et vociférateurs de l’extrême.
Toutes sortes d’organes de presse en ligne, le Daily Kos ou le
Huffington Blog, lui sont redevables. Il est peu de saletés propagandistes,
de campagnes de rumeurs et de mensonges, qui ne lui doivent rien ; la
campagne d’Obama y joue à plein. Milliardaire arrogant,
snob, Soros est l’incarnation de cette overclass qui veut Obama.
Toute cette engeance s’est engagée à fond derrière
Obama, elle a lâché Hillary Clinton, qui avait, jusqu’à
l’apparition du beau jeune homme, largement profité des
faveurs de la Gauche. Quoique très marquée idéologiquement,
à la différence de son mari Bill, homme de pouvoir et
de passions sensuelles, Hillary a stratégiquement choisi de rester
dans la « maison » Démocrate. Nombre des déclarations
émises au cours de la campagne des primaires en portent le sceau
; elle a su réorienter sa rhétorique vers le centre, parce
qu’elle a pu puiser dans un répertoire Démocrate
existant, s’adresser aux cols bleus, parler (souvent avec la maladresse
que donne le manque d’habitude) religion, traditions, valeurs.
Elle a parlé défense – anathème pour Obama
-, elle a parlé travail, chasse, église et famille ! On
n’attire pas les mouches avec du vinaigre. Elle a donc parlé
sucre.
C’est un sucre qu’Obama n’a ni su ni voulu offrir
; son monde est ailleurs. Entre Démocrates des deux ailes, le
clivage est acerbe, la rupture amère. Les ambitions et les rivalités
personnelles sont réelles, le choc des ego est violent, mais
ne suffisent pas à expliquer l’âpreté de la
collision. Il y faut un moteur plus puissant : au titre d’hypothèse
de travail, je suggère qu’il s’agit d’une tendance
sociologique lourde et, si l’hypothèse devait être
confirmée, durable.
Une sécession profonde serait en cours entre les Démocrates
« traditionnels » et les « idéologues »,
entre modérés et activistes, entre centristes et ultra-gauche
; l’assise sociale en serait, d’un côté, une
société enracinée dans les valeurs traditionnelles
du parti Démocrate, dont un pan énorme est culturellement
conservateur et socialement bâti sur des valeurs de ce type, et
de l’autre, sur une prétention, « du passé,
faisons table rase », au radicalisme social et culturel. Une manière
de « changer la vie » dont certains, en Europe, ont déjà
fait la futile expérience il y a un quart de siècle.
Quand Obama parle d’instaurer « un nouveau type de politique
», non seulement s’agit-il de niaiseries, mais nous baignons
dans le ridicule : il ne changera rien à rien. Le jeunes gens
qui, par milliers, s’engagent sous sa bannière sont séduisants
et sincères ; rien ou pas grand-chose ne sortira hélas
! de leur engagement. Les membres de la « génération
du millénaire », comme les appelle déjà la
profession journalistique jamais à mal de clichés, sont
nombreux. Leur enthousiasme témoigne d’une défiance
réelle envers le système politique et ses représentants
– rien de plus. Obama les mobilise « sur des images »
et non sur un contenu.
Qu’Obama soit un remake, en pire, de Jimmy Carter ne fait pas
de Clinton, narcissique, manipulateur, sûr de son fait et de son
droit permanent à se moucher du nez, ni de Madame, non moins
sereine dans ses prétentions quasi-royales, des personnages recommandable
ou dignes de gouverner. Mais cela égalise les perspectives.
J’avance donc, avec précaution, qu’une triple sécession
pourrait être en cours entre Démocrates modérés
(Joe Lieberman, par exemple) ; Démocrates ultra-gauche (Obama),
et Démocrates « triangulés », comme Bill Clinton,
comme Hillary aujourd’hui. Cette sécession correspond,
dans l’hypothèse, à une différentiation profonde
et nouvelle de la société américaine, qui, ayant
trouvé une structure économique et sociale, se cherche
une structure politique.
Les cas historiques de candidature triple, ou de scission triple, de
l’électorat américain correspondent à des
segmentations politiques et sociales fondamentales. Au pire, il s’agit
de la rupture entre Etats esclavagistes et Etats anti-esclavagistes,
qui donna lieu à la Sécession et à la Guerre civile.
Moins dangereuse fut la candidature de Ross Perot en 1992 : en affaiblissant
Bush père, elle occasionna l’élection de Bill Clinton,
mais ne causa pas de cataclysme direct.
Il pourrait ici s’agir d’un entre-deux, mais mû par
une impulsion sociale plus profonde. Cette scission putative du parti
Démocrate me semble expliquer, au moins en bonne partie, la cassure
; expliquer pourquoi le parti est littéralement coupé
en deux, pourquoi Obama n’a pas réussi à «
faire le trou » ni à donner le coup de grâce à
Mme Clinton.
Un parti Démocrate coupé en deux – les chances présidentielles
de John McCain en seraient rehaussées, quoique les chances républicaines
au Sénat et à la Chambre n’en soient pas forcément
améliorées. Nous sommes en tout état de cause bien
au-delà de la péripétie électorale.
Début
de la page
Volume VII,
Numéro 330 • vendredi le 18 avril 2008
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Regarder
la vérité en face en matière de violence islamiste
Jeff Jacoby
Boston Globe, 2 avril 2008
Traduction française : Menahem
Macina
Le djihad mondial est antipathique. Par conséquent, "Fitna",
le nouveau film controversé contre le Coran et la violence djihadiste,
produit par le parlementaire hollandais Geert Wilders, est antipathique.
Certains passages sont crus et violents, et l’on peut les considérer
comme difficiles à regarder.
Mais on doit les regarder, ne serait-ce que pour garder en mémoire
deux choses sur lesquelles les médias ne s'attardent généralement
pas, par peur ou par souci du politiquement correct : les djihadistes
mènent une guerre sanglante et barbare, et ils la mènent
en faisant explicitement référence à leur religion.
Les 16 minutes du film de Wilders entremêlent citations du Coran
et scènes d’actes islamistes de cruauté, tels les
attentats d’Al-Qaida, à New York et Madrid, la décapitation
de Nick Berg [*], et les "meurtres d’honneur" de femmes.
Pour souligner le fait que de telles horreurs sont commises au nom de
l’islam par des musulmans fervents, "Fitna" inclut des
séquences de prédicateurs islamiques exhortant leurs fidèles
à écraser les infidèles. (« Des gorges doivent
être tranchées et des crânes doivent être fracassés
», exhorte l’un d’eux, « c’est la voie
vers la victoire »). Il comporte aussi des vidéos qui montrent
à quel point cet endoctrinement de haine est répandu.
Dans une séquence diffusée à la télévision
saoudienne, une petite fille de 3 ans, répète ce qu’on
lui a enseigné, à savoir : selon le Coran, les Juifs sont
des singes et des porcs [2].
Toutefois, ce qui est objet de controverse dans "Fitna", ce
n’est pas le comportement répugnant qu’il décrit,
mais le fait que Wilders établit un lien entre un tel comportement
et le Coran. La raison pour laquelle il fallait rendre cela aussi notoire
n’est pas claire ; après tout, les djihadistes eux-mêmes
citent abondamment le Coran pour justifier leur violence.
Quoi qu’il en soit, "Fitna" a été largement
condamné. Le Premier ministre hollandais a publié des
déclarations en néerlandais et en anglais, affirmant que
le film « n’a d’autre but que d’offenser ».
Le Secrétaire Général de l’ONU, Ban Ki-Moon
l’a déclaré « agressivement anti-islamique
». La présidence slovène de l’Union européenne
l’a stigmatisé comme « attisant la haine ».
Bien sûr, des condamnations sont venues également du monde
musulman. Selon Reuters, le ministre des Affaires étrangères
d'Iran a qualifié le film de « haineux, blasphématoire
et anti-islamique. Le gouvernement indonésien a déclaré
qu’il constituait « une insulte » envers l’islam.
En Jordanie, 53 membres du Parlement ont demandé l’expulsion
de l’ambassadeur hollandais. L’Organisation de la Conférence
Islamique a dénoncé "Fitna" comme un «
acte délibéré de discrimination à l’égard
des musulmans » dans le but de « provoquer agitation et
intolérance ».
Certes, il n’y a rien de subtil dans le film de Wilders. Quiconque
n’en sait pas davantage sur l’islam, peut croire, après
avoir vu le film, que cette religion est irrémédiablement
violente, ou que tous les musulmans bouillonnent de haine religieuse.
Ni l’une ni l’autre opinions ne sont fondées. L’érudit
Daniel Pipes a écrit :
« Comme toutes les grandes religions, l’islam fait l’objet
d’une quantité d’interprétations… Le
djihad terroriste contre l’Occident est l’une des lectures
de l’islam, mais il ne constitue pas l’essence éternelle
de l’islam. »
Les radicaux qui soutiennent que c’est l’islam même
qui est l’ennemi, nous condamnent, en fait, à une guerre
sans fin. Ils trahissent également les modérés
anti-islamistes du monde musulman, qui sont aussi dégoûtés
des fanatiques que le sont les non-musulmans.
Pourtant, ce n’est pas que Wilders ait inventé quoi que
ce soit. La violence que décrit "Fitna" est horriblement
réelle, et les fanatiques qui commettent de tels actes disent
explicitement qu’ils le font en tant que musulmans.
Entend-on le monde islamique s’en scandaliser ? Le ministre des
Affaires étrangères d’Iran a-t-il jamais critiqué
sévèrement la décapitation d’un otage, ou
le prêche empoisonné d’un imam djihadiste, comme
étant « haineux, blasphématoires et anti-islamiques
» ? Combien de fois l’Organisation de la Conférence
Islamique a-t-elle fulminé sa désapprobation à
l’égard des "crimes d’honneur" et de l’antisémitisme
islamique ? Quand Theo Van Gogh a été assassiné
publiquement, quand les Taliban ont transformé l’Afghanistan
en un Etat terroriste de répression, quand des fatwas ont été
émises, condamnant à mort des caricaturistes danois, où
était le chœur de l’angoisse musulmane ?
"Fitna", quels que soient ses défauts, n’est
pas plus dangereusement inapproprié que l’ardeur avec laquelle
les gouvernements occidentaux se sont hâtés de le dénoncer.
Terrorisés par la perspective d’une violence islamique,
désespérant de calmer des extrémistes qui répondent
aux "insultes" par des manifestations violentes et le chaos,
ils ont déploré de manière ostentatoire le fait
que Wilders ait exercé sa liberté d’expression au
lieu de la défendre. Ils n’auraient jamais réagi
comme ils l’ont fait s’il s’était agi d’un
film critiquant le christianisme, ou les Etats-Unis, ou la tradition
européenne, et les islamistes le savent.
S’aplatir devant des brutes n’est pas une bonne manière
de défendre la civilisation occidentale. Il y a place pour "Fitna"
dans le marché des idées. Que le ciel vienne à
notre aide si nous sommes trop timorés pour le dire.
---------------------------
Notes du traducteur :
[1] Voir : M. Macina : "Quoi de plus horrible: Mahomet une bombe
sur la tête, ou Nick Berg sans tête ?".
[2] Voir : "Les Juifs sont des singes et des porcs": une musulmane
de 3 ans à la TV". La vidéo est introuvable sur Internet.
Heureusement MemriTV l’a toujours dans ses archives.
Un
Islam démocratique?
Daniel Pipes
Jerusalem Post,17 avril 2008
Adaptation française: Alain Jean-Mairet
On a l'impression que les Musulmans souffrent tout particulièrement
du règne de dictateurs, de tyrans, de présidents, rois,
émirs et autres hommes forts non élus – et cela
reflète bien la réalité. Une analyse attentive
de Frederic L. Pryor, du Swarthmore College, parue dans le Middle East
Quarterly («Are Muslim Countries Less Democratic?» –
Les pays musulmans sont-ils moins démocratiques?) conclut ainsi
que «dans tous les pays à l'exception des plus démunis,
l'Islam est associé à des droits politiques plus limités».
Le fait que les pays à majorité musulmane soient moins
démocratiques incite à conclure que leur élément
commun évident, la religion islamique, est en elle-même
incompatible avec la démocratie.
Je m'inscris en faux contre cette conclusion. La situation difficile
de l'Islam actuel reflète davantage les circonstances historiques
que des caractéristiques inhérentes à l'Islam.
En d'autres termes, l'Islam, comme toutes les autres religions pré-modernes,
est non démocratique par l'esprit. Mais il n'a pas moins de chances
que les autres d'évoluer dans une direction démocratique.
Cette évolution n'est facile pour aucune religion. Dans le cas
du Christianisme, la bataille qui a permis de limiter le rôle
politique de l'Église catholique a duré très longtemps.
Si l'on estime que la transition a commencé avec le Defensor
pacis de Marsile de Padoue, en 1324, on voit que l'Église a eu
besoin de six siècles pour se réconcilier pleinement avec
la démocratie. Pourquoi la transition de l'Islam devrait-elle
être plus aisée ou plus rapide?
L'adaptation de l'Islam aux usages démocratiques va exiger de
profondes modifications de son interprétation. Par exemple, la
loi anti-démocratique de l'Islam, la charia, est au cœur
du problème. Élaborée il y a un millénaire,
elle présuppose la présence de dirigeants autocrates et
de sujets soumis, priorise la volonté de Dieu sur la souveraineté
du peuple et encourage le djihad violent en vue d'étendre le
territoire de l'Islam. En outre, elle privilégie, anti-démocratiquement,
les Musulmans par rapport aux non-Musulmans, les hommes par rapport
aux femmes et les personnes libres par rapport aux esclaves.
Pour établir des démocraties
qui fonctionnent réellement, les Musulmans doivent rejeter à
la base les aspects publics de la charia. C'est ce qu'Atatürk a
fait, de manière frontale, en Turquie, mais d'autres ont proposé
des approches plus subtiles. Ainsi, Mahmoud Muhammad Taha, un penseur
soudanais, écarta les lois islamiques publiques en réinterprétant
fondamentalement le Coran.
Les efforts d'Atatürk et les idées de Taha indiquent que
l'Islam est en évolution permanente et qu'il est tout à
fait erroné de le considérer comme immuable. Ou, pour
reprendre la métaphore de Hassan Hanafi, professeur de philosophie
à l'université du Caire, le Coran «est un supermarché
où chacun prend ce qu'il veut et laisse ce qu'il ne veut pas».
Le problème de l'Islam réside moins dans sa nature antimoderne
que dans le fait que son processus de modernisation n'a pratiquement
pas encore débuté. Les Musulmans peuvent moderniser leur
religion, mais cela nécessite des modifications majeures: plus
de djihad pour imposer le règne de l'Islam, plus de citoyenneté
de deuxième classe pour les non-Musulmans, plus de peine de mort
pour le blasphème ou l'apostasie. Et à la place: libertés
individuelles, droits civils, participation politique, souveraineté
populaire, égalité devant la loi et élections représentatives.
Mais deux obstacles se dressent devant ces changements. Les liens tribaux,
notamment au Moyen-Orient, restent d'une importance capitale. Comme
l'explique Philip Carl Salzman dans son récent ouvrage, Culture
and Conflict in the Middle East (Culture et conflit au Moyen-Orient),
ces attaches créent un ensemble complexe fait d'autonomie tribale
et de centralisme tyrannique qui empêche le développement
du constitutionalisme, de l'État de droit, de la citoyenneté,
de l'égalité des sexes et des autres conditions préalables
à l'instauration d'un état démocratique. La démocratie
ne pourra pas faire de progrès sensible au Moyen-Orient avant
que ce système social archaïque basé sur la famille
ne soit dépassé.
Au niveau mondial, le puissant et envoûtant mouvement islamiste
fait obstacle à la démocratie. Il vise l'opposé
des réformes et de la modernisation, il veut remettre en vigueur
la charia dans son intégralité. Un djihadiste comme Oussama
ben Laden peut afficher ses objectifs plus franchement qu'un politicien
établi comme le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, mais
tous deux aspirent à instaurer un ordre parfaitement antidémocratique,
voire totalitaire.
Les islamistes réagissent de deux manières à la
démocratie. Premièrement, ils la dénoncent comme
étant non-islamique. Le fondateur des Frères musulmans,
Hasan al-Banna, considérait la démocratie comme une trahison
des valeurs islamiques. Sayyid Qutb, le théoricien des Frères,
rejetait la souveraineté populaire, tout comme Abu al-A‘la
al-Mawdudi, le fondateur du parti politique pakistanais Jamaat-e-Islami.
Yusuf al-Qaradawi, l'imam télévisuel d'Al-Jazeera, affirme
que les élections sont des hérésies.
En dépit de ce mépris, les islamistes sont impatients
d'utiliser les élections pour s'installer au pouvoir et se sont
montrés redoutables à la chasse aux votes; même
une organisation terroriste (Hamas) a pu remporter une élection.
Cela ne rend certes pas les islamistes démocrates – cela
révèle juste leur flexibilité tactique et leur
détermination à s'emparer du pouvoir. Comme Erdogan l'a
dit de manière très révélatrice, «la
démocratie est comme un tramway – quand vous arrivez à
votre station, vous en descendez».
L'Islam peut un jour devenir démocratique, s'il s'y efforce.
Mais d'ici là, l'islamisme constitue la principale force anti-démocratique
du monde.
Hag Pessach Sameach!
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de la page
Volume VII,
Numéro 329 • vendredi le 11 avril 2008
Un
autre mythe délirant : Bush a discrédité les Etats-Unis
Laurent Murawiec
Metula News Agency (info # 010804/8),
8 avril 2008
Bush, nous dit-on, avec la Guerre
d’Irak, a violé ce qui devrait être l’état
naturel des relations internationales : le « multilatéralisme
». Multilatéralisme plus ou moins onusien, et, assurément,
l’état paradisiaque de coopération et d’harmonie
que représente l’Union Européenne. Représentation
parfaite, pour peu qu’aucune Serbie ne s’attaque à
ses voisins, auquel cas l’UE se débande en impuissance,
jusqu’à ce que les Américains arrivent à
la rescousse – recevoir des leçons d’action de Bill
Clinton, n’est-ce pas un comble ?
Ce viol barbare du multilatéralisme, poursuit la belle histoire,
a engendré un discrédit profond pour les Etats-Unis, dont
la réputation, le prestige et la crédibilité se
sont effondrés. Avant Bush ou avant l’Irak, tout allait
bien ; après Bush et l’Irak, tout va mal.
Ce qui est regrettable, dans cette version simplifiée de l’Histoire,
c’est qu’elle est fausse de fond en comble ; qu’elle
fait preuve d’une ignorance insondable, digne d’une Marion
Cotillard, mais proférée par de respectables professeurs,
experts, journalistes et pontificateurs professionnels, hommes politiques.
C’est sans parler des acteurs et autres fourreurs de nez dans
ce qu’ils ne comprennent pas. John Kerry, Hillary Clinton et Obama
se ruent sur ce pont aux ânes sans précaution ni vergogne.
L’Amérique adorée ? Jetons un œil dans la chronique
du temps présent et du passé récent. Je ne reviens
pas sur la virulente haine idéologique de l’Amérique,
qui se manifeste dans l’intelligentsia européenne dès
les XVIIIème et XIXème siècles. D’excellents
auteurs l’ont montré avec brio, du regretté Jean-François
Revel à l’Américain James Ceaser, de Philippe Roger
à Pierre-André Taguieff. Par cet autre excellent auteur
américain qu’est Jerry Muller, qui énonça
que l’Amérique possédait, dès avant son indépendance,
ce merveilleux avantage de permettre à tout un chacun de raconter
n’importe quoi à son propos, même s’il ne connaît
rien au sujet.
Limitons-nous au vingtième siècle, ancêtre direct
du nôtre : trépigner à propos de l’Amérique
est un exercice imposé, quoique adoré par le commun de
ce qui fait profession de penser. Même anamour chez des nobélisés
comme Harold Pinter, le dramaturge anglais qui n’écrit
plus de théâtre depuis vingt ans, et chez les comédiens.
La liste est trop longue. Y figurent les sinologues qui n’ont
rien d’autre à faire, Charles Maurras et Georges Duhamel,
les nazis raffinés, pas ruffians mais distingués, comme
Ernst Jünger et Martin Heidegger, les Jean-Paul Sartre et autres
stalinophiles, florescence accablante des épouseurs de lieux
communs.
Mais ce n’est pas seulement dans l’orbe intellectuel que
l’ont voit naviguer cette nef des fous. Les années vingt
voient des millions de manifestants prendre les rues dans le monde occidental
entier pour accabler les Etats-Unis à propos de Nicola Sacco
et Bartolomeo Vanzetti, deux anarchistes italiens, exécutés
le 23 août 1927 pour meurtre.
Sacco était coupable à cent pour cent, quant au cas de
Vanzetti, il n’a pas encore été réglé
: complice ou innocent (il aurait peut-être fallu trancher, Laurent,
avant de l’électriser ? Ce qui ne change rien à
la pertinence de ton argumentaire. Ndlr.). Cela n’empêcha
pas, entre autres, H. G. Wells, le leader de la Société
fabienne Harold Laski, Madame Curie, Albert Einstein, le journaliste
Walter Lippmann, le poète Robert M. Lovett, Arthur M. Schlesinger
Sr., le philosophe John Dewey, le critique H. L. Mencken, Anatole France,
Romain Rolland, et tout l’appareil de l’Internationale communiste
de mobiliser une haine militante envers l’ignoble Amérique,
persécutrice, xénophobe et assassine. Ce fut, je crois,
la première campagne de masse sur ce thème, précurseur
d’innombrables redites.
A Cambridge, on s’enrôlait dans l’espionnage soviétique
pour faire pièce non seulement à l’Angleterre mais
aux Etats-Unis méprisés, parvenus, riches et puissants.
Le futur premier ministre conservateur (!) Harold Macmillan d’écrire
que les Anglais seraient Athènes et l’Amérique,
Rome. Mais à gauche, ce n’était pas une Amérique
romaine que l’on dénonçait, mais un pays de dégénérés
incultes. La gratitude n’étouffe pas toujours ceux dont
on sauve la peau.
Après-guerre, le parti communiste français mobilisa, en
1952, ses unités insurrectionnelles pour lancer de très
violentes manifestations contre le général Matthew «
Ridgway la Peste », - commandant en chef en Corée -, dénonçant
la « guerre bactériologique » soi-disant menée
par lui dans ce pays. L’ignominie était à son comble.
Non seulement était-ce la Corée du Nord stalinienne qui
avait envahi le Sud, sur avis de Staline, tout en braillant que celui-ci
l’avait agressée, mais on nageait dans l’invention
pure. On chercherait d’ailleurs en vain la moindre rétraction
dans les 55 années qui ont suivi. C’était là
l’œuvre des « organisations de masses » communistes
dans le monde entier. On se vautrait en effet dans le multilatéralisme
!
Quand le vice-président Richard Nixon se rendit en tournée
de bonne volonté au Venezuela, en 1958, il fut l’objet
de très violentes émeutes sur le thème «
Yankee Go Home » (inscription qui fleurissait partout où
les forces américaines protégeaient un pays de l’agression
soviétique). Hugo Chavez n’a rien inventé ; il est
simplement le perroquet attardé des années 50 et 60. Le
président argentin Juan Perón, dont les préférences
allaient sans ambages à Adolf Hitler et Benito Mussolini, avant,
pendant et après la Deuxième guerre mondiale, mobilisa
ses forces, sa femme Eva, ses descamisados, dans le même sens.
Le président brésilien Jânio Quadros, qui soutenait
Fidel Castro et l’asservissement de Cuba, ne cessait de s’attaquer
aux Etats-Unis. On peut également ranger Daniel Ortega dans cette
tradition sans gloire, ainsi que le dictateur bolivien Victor Paz Estensoro,
le régime corporatiste et fascisant du Parti Révolutionnaire
Institutionnel (PRI) mexicain, et les Sandinistes nicaraguayens.
Le dictateur égyptien Gamal Abdel Nasser, que courtisait ingénument
John Foster Dulles, secrétaire d’Etat du président
Eisenhower, et que la CIA avait largement contribué à
hisser au pouvoir, décida, en 1956, qu’il y avait plus
de dividendes à empocher du côté soviétique,
et tourna son anti-impérialisme contre les Etats-Unis. De même
les leaders du mouvement au nom usurpé de « non-alignés
», qui se tenaient, de fait, en rang d’oignons derrière
Moscou, quoiqu’un un ton en dessous. Il y avait là Sukarno
l’Indonésien (ex pronazi et pro-japonais), Tito le communiste
et, de façon plus posée et modérée, l’Indien
Nehru. Nehru, qui préféra le socialisme et l’alliance
chinoise, jusqu’à ce que les armées de Mao ne ratiboisent
l’Armée indienne, en 1962, lors d’une attaque surprise
lancée contre le « grand ami » asiatique. Nasser,
qui cherchait, comme tous les dictateur et tyrans du Moyen Orient, à
devenir l’hégémon régional, donna le ton
et fut imité de toutes parts : l’ennemi, c’était
l’Amérique, chacun le savait désormais, de la Méditerranée
à l’Iran.
Je passe rapidement sur l’obsession anti-américaine du
général de Gaulle, qui aurait donné sa chemise
et sa culotte pour faire pièce aux Etats-Unis, tout en se prélassant
sous leur parapluie atomique. Je passe tout aussi rapidement sur le
fait que l’autre superpuissance, l’Union Soviétique,
animait une incessante campagne de mensonge et de haine à l’encontre
des Etats-Unis, dégénérés, impérialistes,
bourgeois, exploiteurs, oppresseurs ; avec elle, les pays satellites,
« frères » et amis, ne se lassaient pas d’entonner
les mêmes inepties. Le mensonge était indéfiniment
répété, selon le principe commun au Dr. Goebbels
et à Vladimir Lénine. En Europe toujours, dans le cadre
de la haine permanente qui l’animait tous azimuts, l’élite
grecque stigmatisait tous ses voisins, Bulgares, Turcs, Albanais, catholiques,
protestants, Juifs, Allemands, etc.. Mais le premier ministre, puis
président grec, le socialiste Andréas Papandréou,
visait tout particulièrement les Etats-Unis, accablés
de tous les maux, et cible d’incessantes manifestations de rues,
d’émeutes et de dénonciations. Les assassinats d’Américains
en Grèce étaient monnaie courante. L’Italie n’était
pas loin derrière, avec son parti communiste « intelligent
». L’Allemagne bruissait plusieurs fois par mois de centaines
de milliers de manifestants anti-Pershing, l’émeute, là
aussi, y était incessante et la haine de l’Amérique
dégorgée matin, midi et soir par la gauche verte et rouge.
Est-il nécessaire de mentionner la Chine de Mao, engluée
dans une perpétuelle diatribe contre Washington ? La gauche japonaise
? La Corée du Nord, et une grande partie de l’opinion sud-coréenne,
qui n’en voulait pas trop à Kim Il-Sung d’avoir mis
le pays à feu et à sang, préférant le grand
massacreur au sauveur.
Puis vint l’effondrement de l’URSS. Bien des canailles se
sentirent orphelines. Les billevesées d’un Francis Fukuyama
prétendaient qu’il n’y avait plus d’idéologie
: désormais, on allait gérer et non plus faire la guerre.
On crut, un instant, aux « vacances » de l’Histoire,
qui permirent à Bill Clinton de se consacrer à des activités
du genre « faites l’amour, pas la guerre ». Cela vécut
« ce que vivent les roses, l’espace d’un matin »,
cher Malherbe. Une petite dizaine d’année, où même
la pire racaille, les Assad par exemple, n’osaient plus trop s’attaquer
frontalement aux Etats-Unis. Une période durant laquelle l’ex-URSS
s’était par trop autodétruite pour s’opposer
vraiment à l’Amérique. C’était avant
la manne gazière et pétrolière et le poutinage
de la Russie néo-impériale. Ce fut une brève rencontre,
poussée par d’inexorables et pressantes nécessités.
L’Amérique était en vacances stratégiques,
et elle avait gagné la Guerre froide.
Ce n’est évidemment pas que l’Amérique de
la Guerre froide ait « joué propre » : entendez que,
dans une guerre sans merci comme celle qui nous opposa au monstre soviétique,
on choisit parfois les Somoza, les Syngman Rhee, les Franco. Ce n’est
pas glorieux, mais on ne change pas tout partout et en tout temps. Machiavel
a raison : qui cherche la perfection en politique internationale trouvera
la défaite avec la noblesse de l’échec permanent.
Une fois le danger soviétique écarté, on put se
livrer en toute aise aux démons : à menace disparue, forfanterie
indépendante ragaillardie.
Et voilà Bush, accusé de s’être aliéné
nos amis, nos adorables, nos fidèles, sympathiques et constants
alliés, d’avoir renoncé au multilatéralisme,
de ne pas respecter son Temple sacré, les Nations-Unies. Repaire
de brigands tortionnaires et corrompus, baptisé « embryon
de droit international » par ceux qui prennent l’ombre pour
la proie.
Pour lâcher de telles inepties, il faut, au préalable,
avoir oublié ou arasé le passé, et avoir inventé
à la place un passé fictif. C’est bien ce que fait
ce récit mythomaniaque. Le récit en question n’a
pas grand chose à voir avec Bush, quelles qu’aient étés
ses multiples erreurs d’orientation, de politique et de communication.
Bush, ainsi que son secrétaire à la Defense Rumsfeld,
et ses déloyaux secrétaires d’Etat, auraient pu
et dû faire bien plus et bien mieux ; l’absence d’une
véritable diplomatie américaine n’aura pas arrangé
les choses.
Il y a des chiens qui ne dorment que d’un œil, que le moindre
bruit réveille et fait aboyer. Ce moderne hydre de Lerne, cette
Méduse de la haine de l’Amérique a cent têtes
et cent yeux, j’ai voulu le montrer. Elle ne s’endort pas
facilement, et se revigore en un souffle. Il n’est pas bon d’être
envié et jalousé pour cause de puissance. Prendre l’effet
pour la cause n’est pas de raison garder. La Guerre d’Irak
aura été catalyseur, prétexte, alibi – en
aucun cas n’aura-t-elle été la cause. La conclusion
du sophisme, c’est que tout ira bien, l’instant que Bush
quittera la Maison Blanche. Haha.
Le
Maroc appelle au boycott d’Israël
Elias Levy
Canadian Jewish News, 6 Mars 2008
Le Maroc ne participera pas à
l’édition 2008 du Salon du Livre de Paris, qui
se tiendra du 14 au 19 mars, parce qu’Israël est l’invité
d’honneur. Le ministère de la Culture du Maroc a demandé
aux éditeurs marocains de ne pas se rendre à Paris pour
prendre part à cette importante manifestation culturelle.
C’est ce que rapporte le
magazine marocain francophone Tel Quel.
“Le Stand W74 du Salon du Livre de Paris restera vide.
Les éditeurs marocains boudent la manifestation parce qu’Israël
en est l’invité d’honneur. La décision de
boycott a été prise par le gouvernement “sur proposition
de Touria Jabrane, Ministre de la Culture du Maroc”, rapporte
une source proche du ministère de la Culture marocain”
-information publiée dans l’édition de Tel Quel
du 24 février 2008-.
La décision du Maroc de boycotter le Salon du Livre de Paris
2008 a été aussi rapportée par le très crédible
magazine français Le Point, dans son édition du 21 février
2008.
“Les éditeurs algériens et marocains ne participeront
pas au Salon du Livre de Paris, dont l’invité
d’honneur est Israël, sous le prétexte qu’il
s’agit là de fêter le 60ème anniversaire de
la création de l’État hébreu. La Tunisie
est sur le point de s’aligner sur ses voisins. La consigne, qui
émanerait de la Ligue Arabe, a été adoptée
par les gouvernements de ces deux pays et relayée vers leurs
ministères de la Culture. Au Maroc, certains éditeurs
marocains ont aussitôt réagi et décidé de
venir à Paris à leurs frais, sans figurer sous la bannière
Maroc. Ils en ont été fortement dissuadés par leur
ministère de la Culture, sous peine de représailles. Le
stand loué et équipé par l’Ambassade de France
au Maroc restera donc vide. Une catastrophe pour ces éditeurs
francophones, le Salon du Livre de Paris étant leur
seule vitrine sur la distribution française, essentielle à
leur survie”, écrit le journaliste Christophe Ono-Dit-Biot
dans Le Point.
D’après L’Économiste, le plus important quotidien
économique du Maroc, la décision de boycotter cette année
le Salon du Livre de Paris a été prise au plus
haut niveau du gouvernement marocain.
“La Ministre de la Culture, Touria Jabrane, a annoncé cette
décision le dernier jour du Salon international de l’Édition
et du Livre (SIEL) de Casablanca. “C’est une décision
du gouvernement marocain qui respecte les sentiments des Marocains et
des Arabes car, déjà, plusieurs voisins du Maghreb ont
renoncé à aller à Paris”, a-t-elle assuré.
Israël fêtera 60 ans d’existence. Pour un responsable
du ministère de la Culture, “ces 60 ans représentent
des décennies de violence envers le peuple palestinien. Et, bien
entendu, le Maroc soutient la Palestine””, écrit
la journaliste de L’Économiste, Loubna Moussali,
dans l’édition du 27 février 2008.
L’Ambassade du Maroc en France a confirmé au Canadian
Jewish News que le Maroc ne participera pas cette année
au Salon du Livre de Paris. Elle a cependant refusé
de nous préciser la raison pour laquelle le Royaume chérifien
boudait cet événement. “Nous n’avons aucun
commentaire à faire sur ce sujet”, nous a dit une responsable
des Relations avec la presse à l’Ambassade du Maroc à
Paris.
Même son de cloche au ministère de la Culture du Maroc
à Rabat, que le Canadian Jewish News a joint. Un porte-parole
de ce ministère a catégoriquement refusé de confirmer
ou démentir les informations ayant trait au boycott du Salon
du Livre de Paris 2008.
Trente-neuf écrivains israéliens, dont les romanciers
Amos Oz, Abraham B. Yehoshua, David Grossman, Orly Castel-Bloom, Aharon
Appelfeld, seront cette année les invités d’honneur
du Salon du Livre de Paris.
Cette célébration de la littérature israélienne
aura lieu durant la visite d’État que le Président
d’Israël, Shimon Péres, effectuera en France, du 10
au 14 mars, à l’invitation du Président français,
Nicolas Sarkozy. Shimon Péres sera le premier dirigeant étranger
en visite d’État en France depuis l’élection
à l’Élysée de Nicolas Sarkozy. Le Président
français et son hôte israélien inaugureront le Salon
du Livre de Paris le 13 mars.
David Bensoussan, président de la Communauté sépharade
unifiée du Québec (C.S.U.Q.), déplore que
les éditeurs marocains se soient associés à cette
campagne de boycott contre Israël.
La Communauté Sépharade Unifiée du Québec
entretient des relations très étroites avec les autorités
marocaines et leur corps diplomatique en poste au Canada et à
Montréal -les représentants attitrés du Maroc au
Canada sont invités à toutes les grandes manifestations,
notamment culturelles, organisées par la Communauté Sépharade
Unifiée du Québec. Ces derniers sont souvent conviés
à prendre la parole lors de ces événements.
“En ce qui concerne le Maroc, je suis peiné de constater
que l’ouverture à la démocratie soit limitée
car il semble -d’après le magazine Le Point- que
des éditeurs marocains aient été découragés
à participer au Salon du Livre de Paris. Pourtant, malgré
les conditions particulièrement difficiles en Israël, la
démocratie y est vibrante. Cette intention de boycott du Salon
du Livre de Paris survient alors que nous nous efforçons
de renouer le dialogue judéo-arabe, et spécialement le
dialogue judéo-marocain. J’aurais souhaité non pas
une attitude régressive ou conflictuelle, mais une attitude de
dialogue entre les écrivains, qui contribuerait à sortir
le Moyen-Orient de l’impasse actuelle.
Si seulement ceux qui vilipendent Israël ont droit à la
cité, comment envisager un futur de paix auquel nous aspirons
tous? Si seulement ceux qui se refusent à admettre la réalité
d’Israël ont droit à la parole, comment le Maroc pourra-t-il
s’épanouir dans une telle homogénéité?”,
nous a dit David Bensoussan.
Le Président de la Communauté sépharade unifiée
du Québec préconise un dialogue franc et ouvert entre
les Juifs et les Musulmans marocains.
“En parallèle à certaines ouvertures, j’ai
pu noter au Maroc une certaine uniformité d’attitudes.
Après 40 ans d’absence, je suis retourné au Maroc,
où j’ai pu constater combien les propos de Juifs d’extrême-gauche,
ou de Juifs tout à fait marginaux, sont mis en exergue dans les
milieux intellectuels. C’est comme si l’on voulait se gargariser
de schèmes ressassés sans vouloir poser les bonnes questions
ni même vouloir affronter la réalité judéo-marocaine
en face dans toute sa diversité, sans vouloir assumer un passé
dont on vante la grandeur de la coexistence en omettant systématiquement
les moments particulièrement difficiles de cette coexistence.
À quand l’ouverture d’esprit dont nous avons tous
tant besoin? La liberté de penser n’a pas de borne. Pourquoi
enfermer les débats, clôturer les esprits? Faudra-t-il
attendre d’autres conflits meurtriers pour comprendre qu’il
faut se parler? Pourquoi retarder inutilement l’avènement
d’un dialogue véritable et celui d’une paix inévitable?
Il est grand temps que les bonnes volontés s’expriment
et que l’on trace la voie de la paix aux générations
de l’avenir.”
La Communauté sépharade unifiée du Québec
va t-elle s’enquérir de cette épineuse affaire,
ou protester, auprès des autorités marocaines?
“Je préférerais avoir en main un communiqué
marocain officiel avant de procéder”, nous a répondu
David Bensoussan.
Il est très peu probable que le gouvernement de Rabat émette
un communiqué officiel pour “justifier” son boycott
du Salon du Livre de Paris 2008. Surtout pas à un moment
où le Maroc, qui mène une lutte fougueuse contre les islamistes
radicaux -d’après C.N.N.- édition Internet du 21
février 2008-, un réseau islamiste, qui avait planifié
des attentats contre des personnalités politiques marocaines
et des membres de la communauté juive du Maroc, vient d’être
démantelé-, a grandement besoin du soutien de l’Amérique
de George Bush et de la France de Nicolas Sarkozy. Donner publiquement
son aval à cette campagne de boycott d’Israël, ce
serait un camouflet pour ce grand ami du Maroc qu’est Nicolas
Sarkozy, qui s’apprête à célébrer en
grande pompe la réconciliation, tellement attendue, entre la
France et Israël.
Ce boycott d’Israël au Salon du Livre de Paris s’inscrit
dans la foulée d’une autre campagne véhémente
de boycott anti-israélienne orchestrée par l’Union
des écrivains arabes et des intellectuels de gauche italiens
contre la Foire du Livre de Turin, qui consacre son édition 2008
à la célébration du 60ème anniversaire de
l’État d’Israël. Cette manifestation littéraire
aura lieu du 8 au 12 mai prochain.
Le célèbre écrivain marocain Tahar Ben Jelloun,
que l’on peut difficilement suspecter de sympathies proIsraël,
a publié dernièrement dans le quotidien italien La Repubblica
un article pour dénoncer la campagne de boycott contre les écrivains
israéliens à la Foire du Livre de Turin -on peut
lire ce texte dans le Site Internet de l’écrivain (www.taharbenjelloun.org)-.
Tahar Ben Jelloun qualifie cette campagne anti-israélienne de
“stupide”.
“Il faut bien distinguer les choses: la politique d’un État
n’est pas assimilable à la production littéraire
de cet État. Je suis parmi ceux qui critiquent le plus durement
la politique israélienne d’occupation, mais je ne confonds
pas Ehoud Olmert avec Amos Oz, David Grossman ou Amir Gutfreund, écrit-il.
Je peux aussi ne pas aimer tel ou tel ouvrage. Cela n’a rien à
voir avec le pays d’origine de celui qui l’a écrit.
Boycotter le Salon du Livre de Turin n’a pas de sens.
Un peu partout dans le monde des écrivains israéliens
rencontrent des écrivains arabes et palestiniens. Leur dialogue
n’est pas celui de leurs États. Ils discutent, peuvent
même se disputer. Le boycott est un aveu de faiblesse, une façon
de généraliser le fanatisme et même de donner à
l’État d’Israël des arguments pour se présenter
non pas comme occupant des territoires palestiniens, mais comme victime.”
Pour Tahar Ben Jelloun, la logique des instigateurs de cette campagne
de boycott anti-israélienne est des plus improductives.
“Je suis en train de lire le dernier roman d’Amos Oz, Vie
et mort en quatre rimes, et j’ai mis de côté celui
d’Amir Gutfreund, Les gens indispensables ne meurent jamais, pour
le lire aux prochaines vacances car il fait 500 pages. Si je comprends
bien la logique de ceux qui lancent une campagne de boycott du prochain
Salon du Livre de Turin, il faudra que je jette ces deux livres et peut-être
même les brûler. Pourquoi? Parce qu’ils sont écrits
par des Israéliens. Du même coup, le public israélien
devrait lui aussi jeter mes livres traduits en hébreu et les
condamner à l’exil. On pourrait continuer ce petit jeu
et empêcher par exemple que les poèmes du Palestinien Mahmoud
Darwich ne rentrent dans les librairies et les maisons israéliennes.
Ce serait une guerre contre la culture d’où qu’elle
vienne. Cela est contraire à l’esprit de la civilisation
arabe et ne pourrait produire que des catastrophes, élever le
mur de l’incompréhension, de la peur et de la haine.”
À l’instar du Maroc, de l’Algérie et, fort
probablement, de la Tunisie, les Associations d’écrivains
égyptiens ont demandé aussi à leurs membres de
boycotter le Salon du Livre de Paris. Le choix d’Israël
comme hôte de cette manifestation littéraire a provoqué
des réactions très hostiles dans les cénacles littéraires
et intellectuels égyptiens.
Début
de la page
Volume VII, Numéro
328 • vendredi le 4 avril 2008
La menace d’un
génocide d’Israël
P. David Hornik
FrontPage Magazine, 11 mars 2008
Traduction française
: Menahem Macina
La véritable nature du "conflit arabo-israélien"
– une agression génocidaire perpétrée par
des Arabes et d’autres musulmans contre une démocratie
pacifique – s’est montrée dans toute son horreur,
le 6 mars au soir, quand un Palestinien est entré dans une yeshiva
de Jérusalem, a tué par balles huit jeunes gens et en
a blessé neuf autres, avant d’être abattu. La nature
de la société gazane s’est également montrée
dans toute sa "splendeur", le même soir :
Les rues de Gaza se sont emplies d’une foule de milliers de gens…
Beaucoup d’habitants se sont rendus dans des mosquées de
Gaza City et du nord de Gaza pour réciter des prières
d’action de grâces. Des hommes armés tiraient en
l’air pour célébrer l’événement
et d’autres distribuaient des bonbons aux passants.
Le Hamas a déclaré qu’il « bénissait
l’opération », et qu’elle « ne serait
pas la dernière ». Le Jihad Islamique, lui aussi situé
à Gaza, y est allé de sa tirade : « Nous saluons
cet acte héroïque et soutenons ceux qui l’ont réalisé.
»
Entre temps, en Cisjordanie, on a étrangement attribué
au Président de l’Autorité Palestinienne, Mahmoud
Abbas, une « condamnation » de l’attaque, alors qu’il
semble qu’il ait seulement publié une déclaration
selon laquelle il « condamne toutes les attaques qui visent des
civils, qu’ils soient palestiniens ou israéliens ».
L’organisation des Brigades des Martyrs d’Al-Aqsa, qui dépend
d’Abbas, a été plus explicite dans une déclaration
publiée dimanche [9 mars] à Ramallah, exprimant un total
soutien pour ce qu’elle appelle une attaque « héroïque
».
Al-Hayat Al-Jadida, journal officiel de l’Autorité Palestinienne,
a été, lui aussi, sans ambiguïté en insérant
en première page une photo du terroriste tué, illustrée
par une légende le qualifiant de shahid (martyr).
Mais si Abbas, favori de Condi Rice et de l’administration Bush
et "partenaire de paix" du gouvernement Olmert, a éprouvé
le besoin de publier une déclaration, relativement abstraite
et de tonalité modérée, ni les dirigeants de Gaza,
ni surtout la populace, n’ont fait preuve d’une telle réserve.
Et le fait que Gaza, ou le "Hamastan", soit une société
ignare, profondément éduquée à la haine,
n’a pas empêché le correspondant du New York Times,
Steven Erlanger, de s’y rendre la semaine dernière [du
3 au 6 mars], pour réaliser quelques scoops anti-israéliens.
Dans un reportage envoyé le 6 mars, avant l’attentat de
Jérusalem, Erlanger se référait à l’«
incursion militaire israélienne de 48 heures », effectuée
quelques jours auparavant, « qui avait tué près
de 100 Palestiniens », et affirmait : « Ici, les habitants
ont été horrifiés par le nombre de civils qui,
croient-ils, ont été tués… ».
Bien qu’il ait certainement été au courant des célébrations
gazanes antérieures qui avaient suivi des massacres délibérés
d’Israéliens, Erlanger n’a pas pris la peine de demander
à ces habitants si cette expression d’« horreur »
pour la mort de civils, concernait toutes les catégories de civils,
ou une seule d’entre elles. Au lieu de cela, tout ce qu’il
a été capable de faire a été cette concession
au "traitement impartial" [de l’information] :
« Des contestations persistent à propos du nombre de morts
civils non impliqués dans les combats : la moitié et plus,
selon les responsables palestiniens, bien moins de la moitié,
selon les responsables israéliens ».
Il va sans dire que, pour Erlanger, la parole des responsables palestiniens
– entendez, le Hamas -, a le même poids que celle des Israéliens
; le Times et d’autres médias libéraux ne donnant
jamais le plus infime signe d’assentiment au bénéfice
d’une démocratie parlementaire, comparée aux organisations
terroristes qui l’attaquent.
Mais les intentions d’Erlanger vont bien au-delà du fait
de mettre Israël sur le même plan moral que le Hamas et la
société qu’il a aidé à façonner.
Il cite une certaine Mirvat Abu Shabak, fille d’un général
du Fatah qui a fui Gaza après les tentatives d’assassinat
dont il a été l’objet.
« Nous étions en train de dormir, pendant la nuit, quand
il y a eu de nombreux tirs… Un tireur israélien embusqué
a pris position dans la maison voisine ; il pouvait me voir comme je
pouvais le voir. »
Selon Mirvat Abu Shabak, le tireur israélien s’en est pris
à deux de ses jeunes enfants qu’il a tués de sang-froid
[*] – à peu près comme les soldats israéliens
qui, en 2000 à Gaza, ont été presque universellement
considérés comme ayant tué l’enfant Mohammed
Al-Dura, par pur plaisir, dans des circonstances qui se sont, depuis,
révélées être une contrefaçon et une
calomnie.
Mais Erlanger n’a pas posé de questions exigeantes à
son interviewée parce qu’il a trouvé quelque chose
d’aussi valable : Abu Ghraib, "preuve" que ce sont les
militaires occidentaux – entendez : américains ou israéliens
– qui sont brutaux et cruels, et que, selon la conception du monde
des lecteurs libéraux du Times, on ne doit pas se défendre
contre le terrorisme, parce que cela ne mène qu’à
tuer des gens, à les rendre furieux, et à faire de vous
un criminel.
En effet, Erlanger cite des Gazans qui approuvent la "résistance"
à Israël, sans se demander ce que ce mot veut dire, maintenant
qu’Israël a quitté Gaza, ni en quoi les roquettes
qui pleuvent sur des civils en territoire israélien souverain
constituent un acte de "résistance".
Mais cela entraînerait Erlanger trop loin des dévotions
libérales à propos de l’"occupation" ;
quiconque se demande pourquoi le désir des Gazans pour le sang
israélien demeure si puissant, même après l’"occupation",
devra prêter attention à l’endoctrinement antisémite
génocidaire que les habitants de Gaza (et ceux de Cisjordanie)
continuent à subir sans interruption dans les mosquées,
les écoles et les médias.
Mais pour le cerveau libéral, [une telle démarche intellectuelle]
serait pleine d’implications déplaisantes, à savoir
:
qu’Israël et l’Autorité Palestinienne/Hamastan
ne sont pas au même niveau moral ;
qu’Israël est dans son droit quand il combat la terreur ;
que les Palestiniens pourraient vouloir faire aux Juifs presque exactement
ce que les nazis leur ont fait ; et qu’en faisant constamment
preuve de confiance et de "compréhension" envers les
Palestiniens, on les aide en fait à atteindre leurs buts. Un
imbroglio que même Steven Erlanger, audacieux explorateur de Gaza,
se gardera bien de sonder.
Mais s’il est déjà
suffisamment dommage que des libéraux fassent preuve de telles
attitudes, c’est pire encore quand une administration américaine
soi-disant conservatrice, qui prétend mener une Guerre contre
la Terreur, parle d’Israël et de ses agresseurs en les situant
au même niveau moral, fait preuve de la même obsession pour
"les Palestiniens" et du désir que leur culture malade
bénéficie d’une pleine indépendance politique.
La Secrétaire d’Etat Rice, qui était en Israël
dernièrement, est allée jusqu’à obtenir qu’Israël
renoue le dialogue avec Abbas, et a réitéré sa
confiance qu’Israël et les Palestiniens pourront parvenir
à un accord final de paix vers la fin 2008. Sa croyance en cette
paix n’a jamais faibli, ni après que le Hamas ait remporté
les élections palestiniennes de janvier 2006, auxquelles il avait
participé grâce à son insistance, ni quand des armes,
des explosifs et des terroristes entraînés s’étaient
déversés par la frontière entre Gaza et le Sinaï,
abandonnée par les Israéliens, qu’elle avait contraints
à ce faire.
La foi de la Secrétaire d’Etat en cette "paix"
entre un allié démocratique et l’entité terroriste
qui l’attaque a suivi son cours au milieu de la montée
en flèche des attaques de roquettes, et elle est restée
intacte, il y a peu, quand des fusées Grad, de fabrication iranienne,
ont bombardé Ashkelon, et bien qu’Abbas ait déclaré
à un journal jordanien qu’il n’avait jamais abandonné
la voie de la violence, qu'il ait catégoriquement rejeté
Israël en tant qu’Etat juif, et envisagé un autre
gouvernement d’union nationale avec le Hamas.
Pour "honorer" la présence de la Secrétaire
d’Etat américaine, Israël a stoppé son offensive,
drastiquement retardée, contre la terreur à Gaza et contre
le Hamas, que Rice a aidé à porter au pouvoir et protège
régulièrement de la possibilité d’une sérieuse
action militaire israélienne, et auquel elle a donné,
une fois de plus, une chance de récupérer et de se reconstruire
pour le prochain round, qui sera encore plus meurtrier.
C’est pourquoi le fait que, la nuit du massacre de la yeshiva,
Bush ait appelé Olmert pour lui dire que « cette attaque
barbare et méprisable contre des civils innocents mérite
la condamnation de toutes les nations », ne nous est d’aucune
aide. Il eût été beaucoup plus utile que Bush condamne
ne serait-ce qu’en en parlant - non seulement cet acte spécifique,
mais la dépravation génocidaire de la culture palestinienne
dans son ensemble, qui permet à des gens de distribuer des bonbons
après un massacre, de donner des noms de terroristes-suicide
à des rues et à des écoles, et d’inculquer
des passions meurtrières même à des petits enfants.
Si Bush voulait bien faire preuve d’assez de sincérité
et d’intégrité pour regarder en face cette réalité
– celle de quinze ans d’aide et de sollicitude massives
qui n’ont engendré que corruption sans cesse aggravée,
fanatisme, violence et haine – il se pourrait qu’il doive
se demander s’il est moral ou sage de continuer à empêcher
Israël d’agir contre la terreur et de le pousser à
"négocier" sa viabilité future avec ses ennemis
jurés.
Il aurait dû non seulement appeler Olmert le 6 mars pour lui présenter
ses condoléances, mais aussi Abbas, le lendemain, pour s’enquérir
de la raison pour laquelle l’organe de presse officiel de l’Autorité
célèbre, en Une, comme un héros religieux, ce meutrier
de masse.
Il devrait se demander pourquoi un président des Etats-Unis,
qui prétend admirer le peuple juif et se soucier de lui, le pousse
à nouveau sur le chemin mortel de la conciliation, et quel intérêt
les Américains peuvent bien avoir à permettre à
la terreur palestinienne de prospérer et d’être florissante,
tout en prétendant que la terreur du Fatah n’existe pas
et que ceux qui sont à sa tête sont des hommes d’Etat
honorables.
Mais pour accéder à ce niveau de franchise, Bush, Rice
et leur administration devront dépasser leur quête des
faveurs arabes et européennes, ou l’aveuglement de ceux
qui se veulent libéraux, abandonner leur politique destructrice
envers Israël, mesurer les conséquences réelles de
la culture génocidaire palestinienne, et se demander si l’Amérique
doit assister et blanchir une telle société, et promouvoir
ses objectifs politiques.
Un bon point de départ serait la campagne contre le génocide
du Centre pour la Liberté, de David Horowitz, qui affronte la
réalité des objectifs djihadistes cataclysmiques et le
fait que, comme le remarque Robert Spencer, « la société
la plus éminemment non musulmane, aux yeux des djihadistes, est,
bien entendu, Israël ».
Face à Mahmoud Ahmadinejad d’Iran, à Hassan Nasrallah
du Hezbollah, aux dirigeants du Hamas, Khaled Mashal et Mahmoud al-Zahar,
et aux médias de l’Autorité Palestinienne qui émettent
des déclarations génocidaires à l’encontre
de l’Etat et du peuple juifs, le moins que l’Amérique
puisse faire est d’encourager les courants les plus forts et les
plus réalistes de la société israélienne,
plutôt que les plus faibles et les plus délirants, renoncer
au leitmotiv scandaleux d’un Fatah modéré et demandeur
de paix, faire tout son possible pour aider Israël à survivre,
au lieu de le pousser constamment à une passivité et à
des concessions mortellement dangereuses.
[*] Voir M. Macina, Pour la suppression des journalistes-enregistreurs
tout dévoués à la cause palestinienne".
Chroniques
sur Durban 2
Les «oublis» de Doudou Diène, rapporteur spécial
sur le racisme
Malka Marcovich
CRIF.org, 26 mars 2008
Dans ce commentaire, l’auteur
rappelle que Doudou Diene, rapporteur spécial sur le racisme,
présentait le 19 mars 2008 son dernier rapport reprenant pour
la énième fois le concept de « légitimation
intellectuelle démocratique » du racisme.
« Il fut salué par Israël et plusieurs associations
juives pour avoir condamné en son temps la conférence
négationniste à Téhéran, ces dernières
s'inquiétant dans le même temps que la future conférence
contre le racisme en 2009 ne réédite le climat de violence
de celle de 2001.
Il fut porté aux nues par le Pakistan au nom de l'Organisation
de la Conférence Islamique, par l'Egypte au nom du groupe africain,
par la Palestine au nom du groupe arabe, pour avoir pris position fermement
contre la "diffamation des religions" en particulier de l'Islam
et pour avoir affirmé la nécessité de créer
de nouvelles normes visant à limiter la liberté d'expression.
Le chantre du dialogue multiculturel n'a pas répondu aux questions
de la représentante Baha'ï qui s'étonnait qu'il n'ait
jamais mentionné les événements que son organisation
avait pourtant fait porter à sa connaissance. Elle a du coup
rappelé les discriminations et atteintes que subissent les Baha'ïs
en Iran : - «mort aux Bahá'ís» peints contre
des maisons, des magasins et des cimetières Bahá'ís
; lettres de menace, brochures antibahá'ís distribuées
dans de nombreuses villes iraniennes, sans compter les campagnes systématiques
de diffamation de la part des médias contrôlés par
le gouvernement incitant à la haine religieuse. »
Avant Durban 2009, nous aurons d'autres échéances autour
du 60ème anniversaire de la Déclaration Universelle. En
attendant le panel interculturel organisé le 18 mars semblait
donner le la. En écho à de nombreuses interventions de
plus en plus audibles au Conseil qui affirment que les droits humains,
tels que définis depuis soixante ans sont le monopole d'un groupe
minoritaire de personnes, le patriarche ortodoxe Metropolitan Kirill
a affirmé que :
- « le féminisme
et l'homosexualité ont détruit la vie de famille et que
l'avortement est une violation des droits de l'embryon. » Les
associations de femmes présentes se sont uniquement inquiétées
de la non représentativité des femmes dans le panel interculturel.
Le MRAP qui co-anime avec Interfaith International la sous-commission
sur le racisme et les discriminations de la Coordination des ONG de
l'ONU à Genève, n'a pas daigné prendre la parole
non plus sur les thèmes du racisme et de la limitation de la
liberté d'expression. La LICRA et les organisations de défense
des droits humains tels que la FIDH, Amnesty, Human Rights Watch n'ont
pas défendu d'avantage ces valeurs. Il faut dire qu'elles n'ont
rien dit non plus sur les violations des droits humains que subit la
rapporteure spéciale de l'ONU, Sigma Huda pour qui une dizaine
d'organisations de femmes se sont mobilisées le 8 mars dernier.
Quant à la situation au Tibet, cela semble être vraiment
le cadet des soucis du Conseil dont la 7ème session doit se terminer
le 28 mars. »
Source : http://malkamarcovich.canalblog.com/archives/2008/03/20/8395316.html
Lien vers le blog : http://malkamarcovich.canalblog.com/
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