Communiqué Isranet
mai 2008
Un service de l’I.C.R.J.
l ’Institut canadien de recherches sur le Judaïsme

Prof. Frederick Krantz, Directeur

Volume VII, Numéro 336 • vendredi le 30 mai 2008

À la recherche de l'impossible paix
Jacques Brassard
Le Quotidien, 21 mai 2008

Le 15 mai 1948, l'indépendance de l'État d'Israël était officiellement proclamée. Encore aujourd'hui, 60 ans plus tard, dans bien des milieux, de l'extrême gauche à l'extrême droite, au sein même de l'ONU et au coeur de plusieurs officines diplomatiques d'Occident, la remise en cause et la mise en doute (qui va jusqu'à la négation ) de la légitimité et du droit à l'existence de l'État d'Israël sont toujours très vivaces.

Pourtant, ce peuple indestructible, dont les racines en terre de Palestine sont millénaires, qui a subi conquêtes et déportations à travers les siècles et qui a été constamment l'objet de discriminations et de persécutions, a pleinement le droit, imprescriptible pourrait-on dire, de vivre sur cette minuscule portion du monde.

Un peu d'histoire

'Que sont devenus, écrit Daniel-Rops, les Hittites, les Hyksos, les Assyriens, les Parthes? Pourtant, tous ces peuples ont possédé de grands empires, dominé des territoires immenses. Il est arrivé qu'Israël fut réduit à une poignée d'hommes, mais ni l'Égypte, ni l'Assyrie, ni les coups de Babylone, ni les séductions grecques, n'ont pu faire disparaître cette semence, toujours prête pour de nouvelles germinations.' La dernière de ces germinations, c'est la création, en mai 1948, de l'État d'Israël. Dès lors, des milliers de Juifs, venant du monde entier, ont retrouvé leur antique patrie.

Mettons au rancart le mythe trop tenace de la spoliation des terres aux Arabes. 'Quiconque connaît l'histoire, écrit Guy Millière, dans 'Qui a peur de l'Islam', sait que les achats de terre se sont faits de façon contractuelle et que les terres désertiques vendues n'étaient pas mises en culture avant que les Juifs ne les cultivent.'

Israël a donc le droit fondamental d'exister, d'autant plus, ajouterais-je, qu'il ne fut constitué que du quart du territoire palestinien sous mandat britannique, les trois autres quarts ayant servi à la création de la Transjordanie, un autre État arabe et, en réalité, un véritable État palestinien.

L'époque d'après-guerre

Dès 1948, les États Arabes (Égypte, Syrie, Liban, Jordanie, Irak ) auraient pu cohabiter pacifiquement avec celui d'Israël, dans le respect mutuel et la reconnaissance réciproque. Malheureusement, les peuples arabes se sont abîmés dans un antisémitisme aussi virulent que celui des Nazis; ils ont été hantés par une seule et unique obsession, une idée fixe pathologique: détruire Israël et liquider les Juifs du Proche-Orient.

Soixante ans plus tard, la situation, loin de s'améliorer, s'est gravement détériorée. À la guerre de 1948, au cours de laquelle les armées de cinq États arabes se sont ruées sur Israël pour l'anéantir dès sa naissance, se sont succédées trois autres guerres (1956, 1967, 1973) , impliquant les mêmes armées et poursuivant le même objectif, soit la destruction de l'État hébreu.

C'est par suite de ces défaites humiliantes que les États arabes vaincus ont littéralement 'inventé' le peuple palestinien.

Avant, écrit Guy Millière, la 'Cisjordanie était une part de la Jordanie, Gaza une part de l'Égypte, les pays arabo-musulmans étaient en guerre contre Israël, non pour 'libérer le peuple palestinien' (on n'y avait pas encore pensé), mais pour jeter les Juifs à la mer et effacer Israël.'

Terrorisme

C'est alors que le terrorisme et les attentats-suicides ont succédé à la guerre classique. Nous avons assisté à un étrange renversement des rôles dans une large partie de l'opinion occidentale: l'agressé, c'est-à-dire Israël, se transfigurant en agresseur par la magie de la propagande palestinienne.

La paix est-elle possible dans un horizon prévisible? Oubliez cela et pour un bon moment! D'abord parce que la haine des Juifs est à son comble. Un sondage récent révélait que 84 % des Palestiniens approuvaient l'ignoble assassinat de 8 adolescents israéliens. Quatre-vingt quatre pour cent! Comment peut-on envisager la paix lorsque l'immense majorité du peuple en face de vous applaudit et se réjouit du meurtre de vos enfants?

Des négociations comme celles prévues par les Grands de ce Monde (Accord d'Annapolis) ne peuvent être, dans un tel climat, que de vains palabres. Israël ne doit pas perdre temps et énergie dans des pourparlers avec des terroristes. Israël doit se défendre avec vigueur et fermeté. Nous, les Occidentaux, devons le soutenir par tous les moyens. D'abord, parce que nous partageons avec Israël les mêmes valeurs civilisationnelles (liberté, démocratie, État de droit, égalité homme-femme, pluralisme politique). Mais, aussi, parce que, pour les Chrétiens, selon Jean-Paul II: 'Loin d'être une branche morte, les Juifs sont les frères aînés des Chrétiens. La foi juive est intrinsèque au christianisme'.

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Volume VII, Numéro 335 • vendredi le 23 mai 2008

Un tribunal français reconnaît le bien-fondé de la critique d’une mystification
Philippe Karsenty
Sur le site Pajamas Media, 21 mai 2008

Traduction française : Menahem Macina

Aujourd’hui, un tribunal français a estimé que je n’avais pas diffamé France 2 en disant que son reportage de presse était une supercherie mise en scène. J’ai été assigné en diffamation pour avoir refusé de me laisser bourrer le crâne.

Notre victoire d’aujourd’hui est une victoire pour la liberté – la liberté de penser et de dire ce que l’on pense ; la liberté de mettre en doute ce qu’on nous dit ; et la liberté de mettre en doute les déclarations solennelles des autres quand l’individu estime que son raisonnement est correct et que l’Etat et les médias gérés par lui, ainsi que toutes les institutions qu’ils représentent, ont tort.

Le mensonge de l’affaire al-Dura est un attentat contre notre faculté de penser, de critiquer, de juger, et en définitive de rejeter une information – spécialement le droit de rejeter une information sur laquelle nous fondons les présomptions auxquelles nous tenons le plus. L’une des présomptions à laquelle l’Europe tient le plus est qu’Israël est une entité cruelle, de type nazi, qui assassine délibérément des enfants arabes palestiniens. Qui plus est, des sondages effectués en Europe ont considéré qu’Israël constituait la plus grande menace pour la paix du monde, plus grande que l’Iran, la Corée du Nord, le Pakistan et la Syrie. L’imposture al-Dura est l’un des piliers sur lesquels reposent ces présomptions.

Il y a quelque ironie à ce que la personne privée que je suis aie dû faire un cours à l’une des chaînes les plus influentes de France pour démontrer qu’un enfant ne peut pas bouger, lever la tête, regarder la caméra et, malgré tout, être réputé "mort", dix bonnes secondes après que le présentateur nous ait dit : « l’enfant est mort ». Il suffisait de regarder la séquence même de France 2 pour comprendre que la scène était truquée.

Mon seul but était de corriger cette erreur. Mais, pour la presse française, c’était devenu un combat titanesque contre l’esprit critique et la liberté de pensée et d’expression. Pour moi, c’était devenu un combat pour le droit à ne pas se laisser bourrer le crâne par la presse française. Il y a seulement quelques semaines, une chaîne de télévision [Canal +] a produit un documentaire [1] "prouvant" que l’histoire de al-Dura est authentique. Tout d’abord, j’ai été assimilé à un négateur de l’Holocauste ; puis, aux éléments marginaux qui défendent la position, selon laquelle l’attentat du 11 septembre [2001] était un crime commis par des gens de l’intérieur. Moi, ainsi que d’autres qui partagent mon opinion sur cette histoire - dont Richard Landes -, avons été stigmatisés comme des extrémistes et des fanatiques dangereux. Pendant ce temps, les spectateurs observaient l’enfant "mort", exactement comme je l’ai décrit plus haut. Force m’est de conclure qu’en France, c’est l’esprit critique qui est mort ou mourant. Tout citoyen français devrait se plaindre de cette insulte à notre intelligence. En fait, très peu se plaignent, parce que le bourrage de crâne est efficace. Où sont les lettres de colère, adressées à la chaîne contre son absurde documentaire ? Les citoyens de France croient-ils maintenant qu’un enfant "mort" peut bouger ? Ou ont-ils tout simplement oublié comment penser et parvenir à leurs propres conclusions ?

Le droit de penser, de parler, de juger, d’accepter ou de rejeter les conclusions d’autres personnes, est au cœur même de ce que signifie être libre.

Il est temps, maintenant, pour France 2, de reconnaître qu’elle a créé et continue à perpétuer la pire calomnie antisémite de notre époque. Il est de la responsabilité du gouvernement et, en fin de compte, du président français, Nicolas Sarkozy – qui, dans les faits, est le président suprême de la télévision publique française –, de révéler enfin la vérité.

Philippe Karsenty est le fondateur et le président de Media-Ratings, une agence qui observe attentivement les organes de presse français enclins au parti pris anti-américain et anti-israélien.

Note du traducteur

[1] J’ai transcrit l’intégralité de ce documentaire ; voir "Canal+: Le Bon, la Brute et les Truands, panégyrique d'Enderlin et diabolisation de ses critiques".

Israël-sur-le-Saint-Laurent - En ce 8 mai, il y avait une marche anniversaire à Montréal
Guy Bouthillier
Le Devoir, le 17 et 18 mai 2008

Le hasard des calendriers fait bien les choses: ces jours derniers, dans nos journaux, il a été question de deux fêtes, l'une à La Rochelle autour d'un «400e», l'autre à Montréal, autour du «60e» d'Israël.

Je ne sais pas si tous s'entendaient, à La Rochelle, sur le sens à donner au «400e» de Québec, mais je sais qu'ici, en tout cas, les choses étaient parfaitement claires. Ce «60e» que l'on fêtait ce jour-là, c'était bien sûr la célébration d'un État avec ses victoires militaires (quel pays n'en compte pas?), et d'abord la première, en 1949, celle du combat pour l'indépendance, victoire sans laquelle ce pays n'aurait jamais été autre chose qu'un projet avorté, aujourd'hui rayé des cartes et des esprits.

C'était aussi -- et comment ne pas le saluer ici à Montréal -- la célébration d'un peuple et de sa langue, d'un peuple qui, pour mieux revivre, a fait revivre sa langue, celle des prophètes et des textes sacrés, véritable rescapée de l'Histoire, aujourd'hui redevenue langue de tous les jours. Célébration d'une population croissante -- 60 000 Juifs en 1920, 600 000 en 1948, 7 millions aujourd'hui --, parfaitement consciente des enjeux démographiques, et bien décidée à ce que le môle qu'elle s'est enfin donné ne soit jamais partagé. Enfin, c'était la célébration d'une société avec ses réussites, de celles qui se construisent patiemment, jour après jour, dans les laboratoires, dans les usines, dans les universités, réussites d'autant plus importantes pour un petit pays qu'elles permettent d'établir et de consolider des liens de tous ordres avec des pays de tous les continents, y compris avec le Québec, comme cela se pratique tous les ans un peu plus.

Un « Je me souviens » devenu « Zachor »

Mais au-delà de la partie visible des choses, dans cette célébration d'une naissance si longtemps espérée, il y avait d'abord l'hommage rendu à la mémoire qui n'avait pas oublié. Le plus immense des «Je me souviens», le plus profond «Zachor», plusieurs fois millénaire, gravé, celui-là, au plus vif et au plus secret des coeurs de chacun, véritable cordon ombilical qui, parce qu'il n'a jamais cessé d'unir les unes aux autres les générations successives apparemment dispersées, a accouché du pays. La mémoire, accoucheuse de pays et, pour cela, lien entre les hommes.

Remember, re-membrer: un peuple qui n'oublie pas garde ses membres et reste uni. Un peuple qui oublie se démembre et se délite.

Cette naissance, cette délivrance qu'on célébrait en ce jour précis du 60e anniversaire, c'était celle d'un peuple enfin sorti de l'exil. On l'oublie trop aujourd'hui, sans doute parce que, dans ces années-là, la trop provinciale province de Québec et les marguilliers qui lui servaient alors de chefs ne s'intéressaient pas encore à ces choses-là, mais la fondation de l'État d'Israël, en mai 1948, a d'abord été un acte d'affranchissement, l'un des tout premiers, avec l'Inde quelques mois plus tôt, en août 1947, dans ce long mouvement historique qui aura vu naître -- ou renaître -- tant et tant de pays venus joindre la voix de leur peuple à ce qu'on appelle, malgré tout, le «concert» des nations.

Dans le cas particulier du peuple juif, il s'est agi de sortir de l'exil, c'est-à-dire de ce lieu vague et imprécis où l'identité de l'homme et de son peuple dépend de ce que les autres veulent bien consentir à leur reconnaître, et qui, pour cette raison, reste toujours incertaine, souvent suspecte et parfois même coupable -- et, par conséquent, un jour, tôt ou tard, punie.

Jour de fête

C'était donc, ce jeudi 8 mai, dans les rues de Montréal, la fête du pays d'Israël. Dans cette foule, il y avait des Israéliens, de ceux qui vivent à Montréal, et d'autres qui avaient fait exprès des milliers de kilomètres pour venir dire aux manifestants ce qu'Israël, qui en est issu, doit aux collectivités juives de partout, notamment à celle de Montréal, en même temps que de redire ce qu'en retour ce pays leur apporte de fierté retrouvée, de confiance renouvelée et d'assurance donnée contre d'éventuels périls.

Mais dans cette foule, ce qu'il y avait surtout, nombreux et innombrables, c'était des hommes, des femmes, des jeunes -- beaucoup de jeunes -- de Montréal, c'est-à-dire de nos compatriotes, de nos voisins, de nos amis. Et s'ils étaient là, au milieu de la ville, dans cette immense expression de joie -- joie éclatante chez les jeunes, rassérénée et comme un peu étonnée encore chez les moins jeunes --, ce n'était pas d'abord pour proposer des réponses à des problèmes encore sans réponses, c'était tout simplement pour témoigner de ce qu'ils sont et de ce qu'ils portent dans leur coeur, dans le secret espoir que leur témoignage sera entendu de nous tous.

Tout ça exprimé au coeur de notre ville. Et nous resterions indifférents? Nous aurions tort. Pour nous, autant que pour eux.

Guy Bouthillier, professeur honoraire au département de science politique de l'Université de Montréal, est un ancien président de la SSJB de Montréal et du Comité de la Fête nationale du Québec.

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Volume VII, Numéro 334 • vendredi le 16 mai 2008

L'autre Nakba
Pierre Lévy et Jean-Charles Chebat
Le Devoir, mardi 13 mai 2008

Il est d'usage pour les rhéteurs de la cause palestinienne de parler de la Nakba, c'est-à-dire la «catastrophe» en arabe, soit, selon eux, la création d'Israël et l'exil des Palestiniens. Cet exil aurait été causé par les violences faites aux Palestiniens dans la guerre qui opposa cinq armées arabes à un embryon d'armée israélienne et qui finit par l'établissement de lignes de cessez-le-feu de Rhodes en 1949.

Premier point que nous voulons faire: cet exil fut largement causé par les dirigeants arabes eux-mêmes. Sûrs de leur victoire, les rois et dictateurs arabes, dont les armées étaient largement équipées, financées et entraînées par les Britanniques, pensaient ne faire qu'une bouchée de ces quelques milliers de Juifs, mal armés et mal entraînés. Quelque 600 000 Arabes ont quitté le territoire confié par la Société des Nations (SDN, ancêtre de l'ONU) aux Britanniques, la province ottomane de Palestine, par peur d'être perçus comme des traîtres par les frères de la Ligue arabe.

Le mensonge
Début 1949, Émile Ghoury, homme d'État libanais et dernier président chrétien de la Ligue arabe, écrivait dans son discours de démission qu'il refusait de continuer à vivre avec le mensonge selon lequel les Israéliens avaient chassé leurs concitoyens arabes. Ghoury disait que le temps était venu que les États frontaliers d'Israël assument la responsabilité d'avoir demandé que les Israéliens et les Arabes palestiniens quittent leurs domiciles pour des raisons militaires tactiques, afin de permettre aux armées arabes de faire pleuvoir la dévastation sur les seuls Juifs. La promesse était que les Arabes reviendraient «d'ici deux semaines après avoir mis les Juifs à la mer».

Cinquante ans plus tard, le 19 mars 2001, Fouad Abu Higla, éditorialiste régulier du quotidien de l'Autorité Palestinienne, Al Hayat Al Jadida, écrivait un article pour le Sommet arabe, critiquant les États arabes pour une série d'échecs. L'une d'entre elles était que les dirigeants arabes avaient forcé les Arabes du mandat britannique à quitter leurs terres en 1948.

La leçon ne semble pas avoir été apprise. Nasrallah, le leader du Hezbollah a fait, en août 2006, très exactement le même appel au départ: il exigeait que les Arabes vivant dans la région de Haïfa quittent d'urgence leurs domiciles plutôt que de subir les bombardements du Hezbollah.

Un élément mis de côté
Mais, en 1948, le scénario ne se déroula pas comme les dirigeants arabes l'avaient prévu. Tout d'abord, plusieurs milliers d'Arabes, chrétiens et musulmans, druzes et autres, refusèrent d'écouter ces voix étrangères: ils restèrent sur place. Eux et leurs descendants sont aujourd'hui un million deux cent mille citoyens de l'État d'Israël, soit près de 20 % de sa population. C'est le premier aspect de la «Nakba» que les rhéteurs supposés pro-palestiniens mettent systématiquement de côté dans leurs prétendues démonstrations.

Ensuite et surtout, contre toute attente, les Israéliens ont battu les cinq armées arabes. Un expert militaire français de l'époque, prédisait, sans que d'ailleurs cela émeuve concrètement aucun État de cette Europe où l'on venait de découvrir les camps d'extermination nazis, «les Juifs sont foutus».

Présence et culture
Il est un deuxième aspect tout aussi important: l'autre «Nakba», celle subie par les Juifs vivant dans les pays arabes. 900 000 Juifs vivaient après la Seconde Guerre mondiale dans les pays aujourd'hui membres de la Ligue arabe. De ces 900 000 Juifs il ne reste pratiquement rien, sinon quelques milliers, surtout au Maroc. Rien de leur présence physique, rien de leur culture: des synagogues dévastées, des cimetières en ruine. Leur longue et fertile histoire est entièrement passée sous silence par les manuels d'histoire officiels des pays arabes.

Les Juifs se sont établis dans ces pays des siècles avant l'invasion arabo-musulmane du VIIe et VIIIe siècle. Sur un plan ethnique, le Maghreb a été -- faut-il le rappeler? -- berbère (amazigh), punique, romain et même germain (vandale) avant d'être arabe. Sur un plan religieux, il a été animiste, polythéiste, juif et chrétien longtemps avant d'être musulman.

Le petit royaume judéo-berbère établi autour de Bougie (dans l'actuelle Algérie) résista 70 ans à l'invasion arabo-musulmane, en particulier sous la conduite d'une femme, la Kahena. Les Juifs avaient établi une communauté en Tunisie depuis sans doute des millénaires sur l'île de Djerba. Que dire de ceux d'Égypte, présents au moins depuis l'époque grecque? Et des Juifs de l'actuelle Irak, qui y furent transplantés après la destruction du premier Temple de Jérusalem, soit six siècles avant l'ère chrétienne et qui y vécurent jusqu'aux persécutions du Baas!

Pogroms
Les pogroms, en particulier ceux de 1945 à Constantine (Algérie) ou celui de Bagdad commis à l'instigation du Mufti de Jérusalem, Al-Husseini avec les encouragements de ses alliés nazis, ont fait prendre les menaces antisémites très sérieusement par les communautés juives. Ces pogroms se situent dans une tradition des pogroms antisémites (mais aussi antichrétiens) à travers l'Empire ottoman.

Les juifs qui ont quitté le monde arabe dans les années 1950-60 ont été pour la plupart obligés d'abandonner leurs biens avec l'active complicité des institutions judiciaires locales. Ils ont trouvé refuge principalement en Israël, mais aussi en France et au Canada. Ils ont pu retrouver là des occasions de développement et une vie normale, malgré une profonde déchirure personnelle et collective.

Aucun d'eux n'est aujourd'hui à la charge des programmes sociaux des Nations unies. Ils n'ont pas alimenté de partis totalitaires et ne commettent pas d'attentats suicide. C'est sans doute parce qu'ils ne se sont pas livrés à la politique du pire que l'expulsion et le dépouillement sans scrupules dont ils ont été victimes sont systématiquement oubliés.

Il y a aujourd'hui un million deux cent mille arabes (musulmans et chrétiens) sur la terre d'Israël, soit deux fois plus que le nombre de ceux qui en sont partis. En revanche, s'il faut le redire, il n'y a plus de Juifs dans les pays de la Ligue arabe. Il est grand temps que l'on rende justice à ces Juifs déracinés de leurs terres ancestrales. Qui le fera?

(Pierre Lévy est Professeur à l'Université d'Ottawa; Jean-Charles Chebat est Professeur à HEC-Montréal )

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Volume VII, Numéro 333 • vendredi le 9 mai 2008

Souligner le 60e anniversaire de l'État d'Israël
Motions présentée conjointement par M. Lawrence Bergman, député du Parti libéral du Québec, M. Simon-Pierre Diamond, député de l’Action démocratique du Québec et M. Sylvain Simard, député du Parti Québécois
L’Assemblée nationale (Quebec), 7 mai 2008

M. Bergman: M. le Président, je sollicite le consentement de cette Assemblée afin que soit présentée, conjointement avec les députés de Marguerite-D'Youville et de Richelieu, la motion suivante:

«...l'Assemblée nationale du Québec salue le 60e anniversaire de la fondation de l'État d'Israël;

«...les soixante ans d'Israël [sont] l'occasion de célébrer le retour du peuple juif au sein du concert des nations, les nombreuses réalisations culturelles, économiques et scientifiques d'une société libre, démocratique et épanouie, ainsi que les relations privilégiées entretenues par les gouvernements québécois et israélien;

«[Par la même occasion, il convient de réaffirmer] le soutien indéfectible des Québécoises et des Québécois aux efforts de paix du gouvernement d'Israël et de l'Autorité palestinienne, ainsi qu'à la création future d'un État palestinien démocratique en paix avec son voisin israélien....

«Merci, M. le Président.

Le Vice-Président (M. Chagnon): Je vous remercie, M. le député de D'Arcy-McGee. Est-ce qu'il y a consentement pour débattre de cette motion?

M. Fournier: Il y a consentement pour l'adopter sans débat, M. le Président.

Mise aux voix

Le Vice-Président (M. Chagnon): Consentement pour l'adopter sans débat. Alors, est-ce qu'elle est adoptée?

Des voix: Adopté.

Le Vice-Président (M. Chagnon): La motion est adoptée.

(M. Lawrence Bergman est député du Parti libéral du Québec; M. Simon-Pierre Diamond est député de l’Action démocratique du Québec; M. Sylvain Simard est député du Parti Québécois)

Ce jour-là, 14 mai 1948, à Tel Aviv...
Jean-Marie Allafort, Cecile Pilverdier
Sur le site de "Un écho d’Israël", May 7, 2008

A partir du vote du plan de partage de la Palestine à l’assemblée générale de l’ONU, le 29 novembre 1947, les Juifs sont confiants. Ils savent qu’ils auront un pays et que les Anglais mettront fin à leur mandat sur la Palestine le 15 mai (qui tombe cette année un shabbat). Ce plan est rejeté par les Britanniques et les Arabes. Les heurts et les émeutes se multiplient. Dès la fin du mois d’avril 1948, la Hagana permet la levée du siège de Jérusalem, prend Haïfa et Safed, reliant ainsi les localités juives. Dans ce même temps les Britanniques accélèrent le rythme de leur évacuation, supprimant ainsi les services comme la poste, les transports ferroviaires et le téléphone.

C’est alors que l’Assemblée générale sioniste établit un Conseil national de 37 membres, formé de tous les partis, dirigé par David Ben Gourion. Un comité exécutif de 13 membres est mis en place. Ce sera le premier gouvernement provisoire après la proclamation de l’Indépendance.

Le 11 mai, Moshé Sharet revient des Etats-Unis où il vient de rencontrer Georges Marshall, le ministre américain des Affaires étrangères. Marshall lui avait dit :

« Ne créez pas d’Etat, on vous égorgerait et nous ne pourrions pas vous aider. »

Le comité central du Mapaï était réuni à Tel Aviv et attendait la venue de Sharet. Reuven Shiloah, qui sera le premier patron du Mossad, était venu attendre Moshé Sharet, en jeep, à l’aéroport. Shiloah lui explique que Ben Gourion veut le voir immédiatement. Sharet refuse. Il doit parler au comité central du Mapaï et rapporter les propos de Marshall. Shiloah ne lui laisse pas le choix et Sharet se retrouve au deuxième étage de la maison du dirigeant. Il transmet les paroles du chef de la diplomatie américaine et ajoute : « Je pense que Marshall a raison ».

Ben Gourion se lève, ferme la porte à clé et se tourne vers son futur ministre des Affaires étrangères : « En partant d’ici, tu iras rapporter les propos de Marshall au comité central du Mapaï, mais les quatre derniers mots que tu viens de dire, tu ne les prononcera pas, sinon tu ne sortira pas d’ici. »

Sharet s’exécuta et, le soir même, il se prononça publiquement pour la proclamation de l’Indépendance.

Le 12 mai, le comité exécutif décide que l’Indépendance sera proclamée deux jours plus tard. La discussion a duré 13 heures, de midi à une heure du matin. Les nouvelles militaires du Goush Etsion qui viennent de tomber sont alarmantes.

Lorsque Haïm Weizmann est contacté à New York pour en recevoir l’annonce [celle de l’Indépendance], il répond, en yiddish : « Qu’attendent-ils, ces idiots ! »

Puis, rencontrant le Président Truman, il déclare : « Monsieur le Président, notre peuple a le choix entre l’établissement d’un Etat indépendant, ou l’extermination. Je suis convaincu que votre décision sera inspirée par des raisons morales ».

Il reste 48 heures pour les préparatifs : la rédaction de la déclaration, la cérémonie et les invitations. La proclamation aura lieu le vendredi à 16 heures, avant l’entrée du shabbat.

Pour le lieu, on choisit le Musée de Tel Aviv, l’une des premières maisons juives de la ville, qui appartenait, depuis 1910, à Meïr Diezengoff, futur maire de Tel Aviv, et qui était devenue le lieu de rendez-vous des écrivains et artistes. W. Churchill et A. Einstein y avaient été reçus.

Zeev Sharef, plus tard secrétaire du cabinet de Ben-Gourion, est nommé responsable de la préparation de la cérémonie. Dans la salle, il ne devait y avoir que des ornementations juives : un portrait de Herzl et un tableau de Chagall représentant un juif portant un rouleau de la Tora. Tout se précipite : un menuisier construit une estrade, on emprunte des chaises dépareillées dans un café proche, un tapis chez un marchand, un micro d’un magasin de musique, et les deux drapeaux, de chaque côté du portrait de Herzl, sont lavés.

350 invitations sont envoyées. Le texte, écrit et réécrit plusieurs fois, est voté à l’unanimité, au second tour, une heure avant la déclaration. On n’a pas le temps de le mettre au propre. Dépassé par les événements, Sharef se trouve encore dans le bâtiment du Fonds National Juif, avec, en mains, le texte de la déclaration. Tout est parfaitement organisé, il a simplement oublié de prévoir un taxi pour lui. Il arrête le premier véhicule de passage ; le jeune qui est au volant, sans permis de conduire, refuse de le prendre en stop. Il veut être chez lui pour entendre la déclaration d’Indépendance à la radio. Sharef lui rétorque alors : « Si vous ne m’amenez pas au Musée, vous ne pourrez pas l’entendre, parce qu’elle est là, dans ma main ».

Sur l’estrade, siègent onze membres du Gouvernement Provisoire, avec Ben Gourion au centre, et, plus bas, 14 membres du Conseil national. Deux membres du Gouvernement Provisoire et 10 du Conseil sont absents. A 16 heures, Ben Gourion frappe la table de son marteau, on entonne le chant de la HaTikva.

Après la lecture de la déclaration, Ben Gourion lit le dernier paragraphe : « Confiants dans le Tsour (roc) d’Israël, nous signons cette déclaration sur le sol de la patrie, dans la ville de Tel Aviv, en cette séance de l’Assemblée provisoire de l’Etat, tenue la veille du shabbat, 14 mai 1948. »

Le moment de signer arrivé, Moshe Sharet aide à maintenir le parchemin, le texte tapé à la machine étant attaché avec une agrafe. Au nouveau rouleau calligraphié plus tard, les signatures seront attachées au fil et à l’aiguille ! 37 personnalités, représentant toutes les composantes du peuple en Israël, ont signé cette déclaration. On peut ainsi voir la signature de rabbins orthodoxes, à côté de celles de communistes athées. Seules deux femmes (Golda Meïr et Rachel Cohen, représentante de l’organisation Wizo) ont signé le précieux document. Certains ne le paraferont que quelques jours après la cérémonie, à laquelle ils n’ont pu participer.

La cérémonie a duré 32 minutes. Dans tout le pays, les danses et les pleurs de joie éclatent.

Yediot Aharonot et Maariv décident d’une édition spéciale conjointe, pour l’occasion. Le journal titre: « Dernier jour du gouvernement étranger ».

Les enfants le vendront dans les rues de Tel Aviv, mais sans succès. Les nouveaux Israéliens sont occupés à faire la fête et à se préparer à la guerre...

Israël/ Un livre qui balaie les mythes
Laurent Muraiwiec
Texte repris du site de l’Institut Jean-Jacques Rousseau

« Le Roman d'Israël » (Editions du Rocher). 307 pages, 19,90 euros.

S'il ne faut lire qu'un seul livre à l'occasion du 60e anniversaire de l'Etat hébreu, c'est assurément celui-ci. Dans son "Roman d'Israël", Michel Gurfinkiel résume quatre mille ans d'histoire juive et deux cents ans de sionisme - et renverse les uns après les autres tous les mythes de la propagande totalitaire arabe.

Ce qui me frappe le plus dans la « couverture » médiatique d'Israël et du conflit arabo-israélien, tout comme dans les vues qu'expriment sans cesse les hommes politiques et les intellectuels européens sur ce sujet, c'est un extraordinaire degré d'ignorance. En règle générale, les soi disant « experts » n'ont lu que deux ou trois livres, qui leur ont livré un « background » vite bâclé. L'histoire du Proche-Orient moderne, à leurs yeux, commence en 1948, sinon même en 1967.

Ils ne savent rien du judaïsme, de l'histoire du peuple juif, et s'en fichent royalement : les pires, à cet égard, étant ceux qui, d'origine juive proche ou lointaine, mettent un malin plaisir à mépriser la culture ou la religion de leurs parents et grands-parents.

Ils ne savent rien non plus de la théologie et de la jurisprudence musulmanes, de l'histoire de l'Orient depuis l'Hégire, des géopolitiques des Empires islamiques, et préfèrent s'en tenir à des clichés : la splendeur de l'Espagne musulmane - al-Andalus ! - ou la tolérance extrême que l'islam aurait constamment manifestée envers les autres « religions du Livre »…

Cet analphabétisme mène, fatalement, à des analyses sans relief ou des « décryptages » qui tournent à vide. Ils ont cru successivement à la modernisation de l'Egypte sous Nasser et à la symbiose islamo-chrétienne au Liban, au caractère laïque de l'Irak baathiste et à l'élan démocratique de l'Iran khomeiniste, à l'ancrage pro-américain du wahhabisme saoudien ou à la volonté de paix de Yasser Arafat. Ils ont été sincèrement surpris par l'effondrement de leurs rêves. Ce qui ne les a nullement empêchés de continuer à vaticiner, en termes toujours plus tranchants.

A contrario , ce qui fait le prix de l'ouvrage de Michel Gurfinkiel, Le Roman d'Israel, c'est le souci de la profondeur historique, de la longue durée, de la perspective, de l'aventure humaine. Le lecteur y découvre successivement les itinéraires des Hébreux, des Judéens, des Juifs, du judaïsme, de l'Israël ancien et de l'Israël moderne. Il rencontre les Juifs de Babylone, d'Alexandrie, les Ladinos expulsés d'Espagne, les foules du Yiddishland, la Palestine véritable – la juive et non celle qui fut inventée pour les besoins de la cause soviéto-arabe. Il y trouvera de grands éléments de la théologie qui éclaire cette longue saga, une histoire rapide du sionisme – ce pelé, de galeux, d'où venait tout le mal - et l'histoire en miroir déformé de la haine arabo-musulmane envers les dhimmi , les inférieurs, les tributaires, les « protégés ». Il y trouvera que l'origine exclusive et unique du « conflit israélo-palestinien » est arabo-musulmane. J'exagère ? Lisez.

Le lecteur y trouvera également des indices, des traces, des développements qui permettront à qui est pourvu d'imagination et de curiosité de reconstituer en plus large l'immense histoire du est celle des Juifs, tant Michel Gurfinkiel s'est plongé avec bonheur chez les grands historiens et en a souvent tiré la substantificque moelle.

Reprenons, donc : apprenez ce qu'est Amalek, l'empire du Mal absolu, tiré des mystérieux Amalékites de la Bible, et pourvu de ces incarnations vouées à la destruction totale du peuple d'Israel ; que c'est l'Islam d'Espagne qui inventa le rouelle jaune, signe distinctif obligatoire, que les Nazis reprirent après divers tueurs de Juifs du Moyen Age ; que Friedrich Nietzsche, auquel on fait souvent une mauvaise réputation, fit de l'antisémitisme un cas d'exclusion de l'intelligentsia européenne, alors que le libertaire de gauche Proudhon écumait de rage antijuive permanente, comme d'ailleurs Blanqui, Fourier, Jules Guesde, la fine fleur du socialisme français.

Découvrez comment au Moyen Orient, les Jordaniens firent sauter à la dynamite le vieux quartier juif (« Jérusalem-Est ») et même la vieille synagogue – ce qui permet aujourd'hui aux imbéciles de parler de la « Jérusalem arabe » et de s'insurger contre les « implantations » ; qu'en 1939, les 450 000 Juifs de Palestine représentaient le tiers des habitant, alors même que l'infâme gouvernment britannique, qui violait ainsi tous ses engagements internationaux, restreignait massivement l'immigration depuis des années , alors que cette population avait crü de 600 pour cent au cours du XIXe siècle, de 500 pour cent entre 1914 et 1939, et que c'est elle, et l'intense activité économique qui était sienne, qui attira une grande partie de la populations arabe venue de Syrie, du Liban et de « Jordanie » ; que les Mamelouks d'Egypte avaient antérieurement conduit une politique systématique de destruction de la côte méditerranénne pour dissuader de futurs Croisés, ce qui ruina le « pays du miel et du lait » , en faisant ce paysage lunaire que décrivent les voyageurs du XIXème siècle.

Apprenez que c'est Yehudah Alkalaï, né en 1798 à Sarajevo, qui le premier énonça le besoin et l'idée d'un Etat juif en Terre promise, suivi de son tout juste senior Zvi Hirsch Kalischer, né en 1795, de Moses Hess dont le livre de 1862 Rome et Jérusalem fit date, puis de Leo Pinsker. La ruée des Juifs vers la Terre promise précède d'un siècle la Shoah !

Et Lord Shaftesbury, homme d'Etat anglais, qui se fit l'infatigable partisan du retour d'Israël dans sa patrie, d'écrire en 1853, « La Grande Syrie [Liban, Syrie, Israel, Jordanie d'aujourd'hui] est une terre dépourvue de NATION, qui a grand besoin d'une nation sans terre », ce que confirment les données démographiques d'alors. La judéophobie contemporaine, de l'extrême-gauche à l'extrême-droite, et ses « décrypteurs », journalistes, pseudo-historiens et idéologues, attribuent cette citation à David Ben Gourion, en y voyant d'ailleurs un appel à l'éviction des Arabes, alors qu'il plaidait précisément pour la coexistence.

L'auteur fait également justice de la fable d'une continuité historique ininterrompue de la présence arabe en Palestine. Les villages « palestiniens » qui font tant pleurnicher les bonnes âmes, avec leurs vergers et leurs oliviers souillés par les vilains soldats israéliens, furent créés ou recréés au XVI ou XVIIème siècle par les Ottomans en important des Yéménites ou en fixant les clans bédouins. Ce n'est pas négligeable, mais on est fort loin des Cananéens, des Philistins… ou des Chrétiens et des Juifs qui en furent les habitants historiques.

Les Arabes de Terre sainte – que nul n'appelait alors Palestiniens, appellation réservée aux Juifs – ne manquaient pas au début du XXème siècle de nationalistes qui préconisaient une alliance anti-ottomane avec les Juifs de l'Empire, comme Salim Nadjar en 1908 ou en 1913 Daoud Barakat, rédacteur en chef d'al-Ahram, le grand quotidien égyptien.

Successeur de Shaftesbury, Lord Balfour émit la fameuse déclaration de 1917 en faveur du « Foyer National Juif ». Ce que le lecteur ne sait pas, c'est que la Société des Nations lui emboîta le pas, et les deux chambres réunies du Congrès des Etats-Unis, conduits par le sénateur républicain Henry Cabot Lodge. Il ne sait rien non plus de la constitutions d'une manière de société secrète anglo-arabe qui se chargea de mettre sur pieds et de mobiliser une milice armée arabe afin de conduire les pogroms, dans le but de démanteler l'organisation juive de la Palestine, tant la haine des Juifs , le mort n'est pas trop fort, animait une grande partie de l'Establishment britannique.

A lire le livre de Michel Gurfinkiel, on assistera en effet aux violents pogromes déchaînés par le Mufti Hadj Amin al-Husseini, l'Amalécite arabe du siècle passé, en 1920, en 1929, et les massacres d'Arabes (2 000 morts au bas mot dont une moitié de civils) qu'il déclencha contre ses coreligionnaires pour gagner un pouvoir total, à la manière hier d'Arafat ou aujourd'hui du Hamas si cher au cœur de Jimmy Carter, et des éditoriaux du Monde . On sera témoin des faits et gestes d'Ezzedine al-Qassam, soufi syrien proche des Frères musulmans de l'Egyptien Hassan al-Banna, proche du Mufti, et d'après lequel sont nommés, aujourd'hui, les missiles lancés sur le sud d'Israël.

On observera également comment le monde, après une révulsion initiale devant les lois raciales nazies, s'habitua tout proprement à l'horrible persécution, au point qu'en 1939, la Terre entière était une « planète interdite aux Juifs » – le moindre des complices n'étant pas Franklin Roosevelt. « Surtout, Mein Führer, il ne faut pas qu'un seul Juifs survive », dit al-Husseini, et Hitler de répondre : « Pas un seul ». Ah ! l'innocence arabo-musulmane dans le Crime de l'Holocauste ! Leur coup réussit presque en Europe ; si Rommel avait pris Le Caire, il aurait réussi au Moyen Orient.

Faute de cela, les pays arabes et islamiques expulsèrent 900 000 juifs dont les communautés prédataient souvent l'Hégire et les premiers califes. Et on nous parle des « réfugiés » palestiniens, dont, Gurfinkiel le note, la « condition » est devenue « héréditaire et inextinguible ». En 1949, Mohammed Salah ed-Din, ministre égyptien des Affaires étrangères, déclara, résumé et symbole : « Quand nous demandons le retour des réfugiés arabes en Palestine, nous entendons par là un retour en tant que maîtres et non en tant qu'esclaves [sic]. Le but de ce retour est de détruire Israël. »

Voilà ce qu'apprendra le lecteur, et bien plus. Voilà un livre qui a la richesse modeste et abondante. Voilà un balayeur de clichés. Lecteur, s'il vous plaît, lisez !

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Volume VII, Numéro 332 • vendredi le 2 mai 2008

Première historique: le Chef d'Etat-major israélien en tête de la marche d'Auschwitz
Ezra HaLevy
Israel National News, 30 avril 2008

Traduction française : Menahem Macina pour upjf.org

Le commandant suprême de l’Armée de Défense d’Israël a visité le cimetière juif de Varsovie, en Pologne, où les Juifs morts dans le Ghetto de Varsovie ont été enterrés. Selon le compte-rendu, Ashkenazi est resté debout en silence quelques instants, puis il a dit :

« La réponse à ce que nous voyons ici, c’est nous, l’Etat d’Israël, Tsahal et la victoire. »

Ashkenazi s’est entretenu avec des Juifs qui continuent à vivre en Pologne et a visité la synagogue de Nozyk. Il s’est également rendu au mémorial de l’insurrection de Varsovie, situé à l’emplacement de la maison qui servait de poste de commandement à Mordechai Anielewicz, le commandant local de l’insurrection juive contre les nazis.

Quelques remarques d’Ashkenazi :

« En ce lieu, Mordechai Anielewicz ne faisait pas que se cacher des nazis, il combattait aussi. Il convient que les soldats de Tsahal apprennent l’histoire de ce soulèvement. C’est pourquoi nous sommes venus pour admirer et saluer les héros, qui, malgré les réalités et la disproportion des forces, et le fait qu’ils étaient des civils sans entraînement, se sont dressés, et ont agi et combattu. Aujourd’hui nous évoquons ces principes et normes morales.

Ils savaient qu’ils n’avaient aucune chance de l’emporter, mais ils n’en ont pas moins combattu. C’est de l’héroïsme… L’importance de la victoire est une norme pour l’Armée de Défense d’Israël et une part centrale de son action, à côté de la mémoire et de l’étude de l’Holocauste. »

Le Chef d’Etat-major de Tsahal sera à la tête de milliers de jeunes hommes pour la Marche annuelle des Vivants, au camp de concentration d’Auschwitz, jeudi. C’est la première fois qu’un commandant de Tsahal mènera cette marche.

Accompagnent Ashkenazi : le Grand Rabbin de Tsahal, le Général de Brigade, Avichai Ronsky, qui a récité la prière El Malei Rahamim, le chef du Corps de l’Enseignement de Tsahal, le Général de Brigade, Eli Shermeister et le Porte-Parole de Tsahal, le Général de Brigade, Avi Benayahu.

Accompagnent également le Chef d’Etat-major : le sergent-major Tal Shabbat, qui fut grièvement blessé alors qu’il dirigeait des opérations anti-terroristes à Beit Hanoun, capitale des tirs de roquettes du nord de Gaza, en novembre 2006. Le caporal Ro’i Granitza, blessé durant la Seconde Guerre du Liban par une roquette tirée contre son char, fait également partie de la délégation.

Ashkenazi rencontrera aussi des officiels de la Défense polonaise durant sa visite. Des forces de sécurité, tant israéliennes que polonaises, sont déployées dans toute la région, en prévision de tentatives d’attentat contre le Chef d’Etat-major de Tsahal.

La Tunisie honore la mémoire de la Shoah
Souhail Ftouh
Harissa.com, 25 Avril 2008

Une grande première, une initiative unique et sans précédent : pour la première fois dans l'histoire, un représentant d'un pays arabe prendra part à une conférence internationale sur l'Holocauste à Jérusalem.

Le 28 avril, Ahmed el-Abassi, représentant de la Tunisie dans l'Autorité Palestinienne, interviendra lors de l'ouverture de la conférence qui se tiendra pendant trois jours à l'Institut Yad Ben Zvi à Jérusalem, et qui aura pour thème « le sort des Juifs d'Afrique du Nord pendant la Deuxième Guerre Mondiale. » En tout, 21 chercheurs d'Israël, d'Europe et des Etats-Unis participeront à la Conférence. C'est la première fois dans l'histoire, qu'un diplomate tunisien prend part à un tel événement (1).

Pendant la Seconde Guerre mondiale, deux régimes séparés opéraient simultanément en Tunisie. D'une part, le pays était sous mandat français, mais jouissait parallèlement de son propre gouvernement indépendant. Toutefois, pendant six mois - de novembre 1942 à mai 1943 - le pays s'est trouvé contrôlé par le régime Nazi.

La Tunisie, à l'époque du protectorat français, est le seul pays d'Afrique du Nord à avoir connu l'Occupation. Les lois de Vichy étaient en vigueur depuis 1940 ; mais c'est en 1942 que les troupes allemandes font leur arrivée brutale en Tunisie. Comme l'écrira Albert Memmi, l'histoire du monde rattrape violemment les Juifs de Tunisie.

Tout juste arrivé à Tunis (2), les nazis appliquèrent le même système qu'en Europe : rationnements, port de l'étoile jaune dans les villes , réquisitions, spoliations, numerus clausus, amendes infligées aux communautés, le tout sous les bombardements intensifs des forces alliées. Le jour de la rafle, 2 000 hommes furent arrêtés, que les allemands iront parfois ramasser jusque dans les synagogues (3).
En six mois d'occupation, de décembre 1942 à mai 1943, sur une population de 85 000 Juifs, 4 000 hommes seront envoyés aux travaux forcés dans des camps - sans compter les « Tunisiens de France » qui seront déportés à Auschwitz. Le grand organisateur, est le colonel Walter Rauff, qui dirige les troupes SS. Il s'est déjà fait un nom : il était le concepteur des chambres à gaz mobiles - où les gaz d'échappement étaient rejetés à l'intérieur du camion, provoquant ainsi la mort par asphyxie de cinquantaine de personnes -, c'est lui : 100 000 victimes en Ukraine, Biélorussie, Yougoslavie. Durant ces terribles six mois d'occupation, des jeunes hommes de la communauté étaient conduits vers l'un des plus grands Camps de Travail forcé du coté de Bizerte (au nord de la Tunisie). Les familles des travailleurs forcés, quand à elles, subissaient l'humiliation et toute l'injustice de l'occupant nazie.

Bien que les Nazis n'avaient pas le temps nécessaire d'exterminer la population juive locale et d'appliquer la "Solution finale" en Tunisie, grâce essentiellement à la résistance de la communauté locale et du gouvernement tunisien indépendant, des milliers de Juifs ont été arrêtés et contraints de porter l'Etoile jaune. Les Juifs tunisiens furent également contraints de payer des amendes et ils étaient systématiquement maltraités physiquement.

En Tunisie il y'avait des justes parmi les nations qui ont sauvés des juifs (le règne du roi Moncef Bey) durant l'occupation allemande. Tous les hommes de 18 ans et plus de confessions juifs, furent contraints, raflés et expédiées dans des camps pour l'accomplissement du « travail obligatoire » avec les conséquences quand pourraient imaginées !

Mais dans la ville de Grombalia, (à 40 kilomètres au sud de la capitale Tunis) certains ont pu être sauvé par des habitants loyaux qui leur offraient un logement et de la nourriture, jusqu à la libération. Les justes sont effectivement des braves et le temps qui passe valorisera leurs actions d'avantage avec un réel espoir de servir d'exemple et de modèle pour un avenir de paix et d'entente entre tous les hommes (4).

Le Bey de Tunis avait aussi une attitude courageuse dans cette période sombre de l'histoire de notre pays. Moncef Bey n'a pas favorisé la moindre propagande antijuive comme le firent les autorités de Vichy. Le souverain tunisien, Moncef Bey, monté depuis peu sur le trône avait assuré que les juifs étaient des tunisiens comme les autres. A la période de l'occupation nazie, il n'avait certes aucune possibilité d'empêcher les Allemands de se prendre à la Communauté Juive. Malgré l'antisémitisme de certains de ses sujets, il n'eut jamais une attitude hostile à l'égard des juifs tunisiens et, très habilement, il refusa de collaborer avec l'occupant allemand.

Aujourd'hui, nous tenons à rendre hommage à ce prince, dont les juifs de Tunisie ont honoré la mémoire après son décès, parce que son comportement contrastait avec celui de la quasi-totalité des gouvernements Vichystes des pays occupés. Pendant que le maréchal Pétain et son administration favorisaient la chasse aux juifs, un prince musulman témoigna sa sympathie envers ses sujets juifs.

En cette période où des campagnes haineuses envers les juifs se développent dans des pays musulmans, il est bon de rappeler que, si le judaïsme tunisien a survécu à l'un des plus grands dangers de son histoire, c'est en partie au moins à un prince musulman qu'il le doit.
Après 65 ans de ces faits, et parce que la compassion et l'engagement envers nos compatriotes juifs sont un devoir moral, le représentant officiel de la Tunisie à la conférence internationale sur l'Holocauste organisée à Jérusalem, interviendra pour rappeler ce triste épisode de notre histoire et les grandes souffrances de la communauté juive de ce pays.

Durant trois jours, la conférence qui s'ouvrira le 28 avril à l'institut Yad Ben Zvi, abordera le sort des Juifs d'Afrique du Nord pendant la Seconde guerre mondiale. Ahmed el-Abassi, représentant de la Tunisie auprès de l'autorité palestinienne, apportera lors de cette conférence internationale sur l'Holocauste un témoignage édifiant sur le sort des Juifs tunisiens, sous l'occupation allemande, qui reste un drame inestimable pour ce pays. Il sera ainsi le premier représentant d'un pays arabe et musulman à évoquer la Shoah (5).

Si les allemands ont échoué , en quelques mois d'occupations, à effacer des siècles de présence juive en Tunisie, aujourd'hui l'attachement des juifs tunisiens à cette terre fait qu'ils ne peuvent rester indifférents devant cette première participation tunisienne à une conférence internationale sur l'Holocauste.

Le président Ben Ali, qui contrairement à tant d'autres, s'est toujours montré bienveillant et amical vis à vis de la communauté juive, témoigne aujourd'hui de sa solidarité pour le sujet et sa reconnaissance des peines et souffrances qu'a endurées la communauté juive tunisienne sous l'occupation allemande.

La participation tunisienne, à cette conférence internationale, est à inscrire dans les annales: Elle montre que la Tunisie s'est engagée, comme l'ensemble des pays civilisés, à s'assurer que le monde n'oubliera jamais l'horreur de l'Holocauste.

Nous Tunisiens, avions et possédons toujours cet esprit de tolérance et d'amitié pour tous, c'est pourquoi, nous nous souvenons toujours des peines et souffrances qu'a endurées la Communauté juive tunisienne sous l'occupation allemande. Il faut garder l'espoir que d'autres pays s'inspireront de la politique de la Tunisie pour faire rayonner la paix dans le monde.
Ftouh Souhail, Tunis

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(1) C'est ce qu'a annoncé le porte-parole du mémorial de la Shoah Yad Vashem, Iris Rosenberg, le mercredi 2 avril. « C'est la première fois qu'un représentant des Arabes musulmans est recruté pour sensibiliser le monde arabe au Moyen-Orient sur la question. » Le porte-parole du Musée de l'Holocauste à Jérusalem a considéré que : « Sa présence exprime sa solidarité pour le sujet et la reconnaissance des peines et souffrances qu'a endurées la Communauté juive tunisienne sous l'occupation allemande ». Extrait d'un article paru le 6 Avril, dans la rubrique ?Daily Israel Report' d'Arutz Sheva, traduit par Claude Lesselbaum.
(2) Les Allemands qui étaient refoulés d'Egypte après El Alamein et Tobrouk sont arrivés à la capitale Tunis, le 8 novembre 1942.
(3)Durant le Rafle des Juifs de Tunis, un jour du 9 décembre 1942 (le 2 Tevet 5703) quelques 2 000 juifs furent arrêtés. Des centaines d'entre eux avaient trouvé la mort et plusieurs d'entre eux en trouvé la route de la déportation.
(4) L'an dernier, un Tunisien Khaled Abdelwahhab a été le premier Arabe à recevoir le titre de « juste des Nations » par le Mémorial de la Shoah Yad Vashem.
(5) Plus récemment, cette année, le Musée de l'Holocauste de Yad Vashem a lancé un site Internet en langue arabe, pour sensibiliser le monde Arabe sur la question de l'extermination des Juifs par les Nazis et pour combattre la négation de l'Holocauste. Le Prince Hassan de Jordanie a enregistré un discours sur vidéo pour l'inauguration du site Internet .

Le mythe de la modération palestinienne
Michael Freund
The Jerusalem Post, le 29 avril 2009

Traduction française: Menahem Macina

George W. Bush est bien connu pour maltraiter la langue anglaise, mais il s’est surpassé, la semaine dernière.

Assis à côté de Mahmoud Abbas à la Maison Blanche, Bush s’est répandu et pâmé à propos du dirigeant palestinien qu’il accueillait, le décrivant en des termes habituellement réservés aux héros et aux saints.

« Le Président est un homme de paix »,

a assuré Bush au troupeau de journalistes présents.

« C’est un homme déterminé. Il rejette l’idée de recourir à la violence pour atteindre ses buts, ce qui le distingue d’autres gens de la région. »


Alors que, contrairement à l’habitude, la grammaire de Bush a été correcte, ce jour-là, ce n’était absolument pas le cas de sa description d’Abbas. Car même un survol superficiel des explosions verbales du président palestinien, au cours des derniers mois, révèle un homme qui ne mérite pas du tout une telle louange.

  • Le 1er mars, Abbas a eu le culot d’insulter la mémoire des six millions de Juifs assassinés par les nazis, quand il a déclaré que les opérations anti-terroristes de Gaza étaient « pires que l’Holocauste ». (Jerusalem Post, du 2 mars).
  • Et dans un entretien avec le journal jordanien Al-Dustur, le 28 février, Abbas s’est vanté d’avoir été le premier Palestinien à tirer sur Israël après la naissance de l’OLP, en 1965.
  • Ce prétendu « homme de paix » s’est glorifié du fait que son mouvement – le Fatah – a entraîné des terroristes, et il n’a pas exclu de reprendre la « lutte armée » contre Israël à l’avenir.
  • Et il y a seulement trois semaines, Abbas prévoyait de décerner la distinction honorifique Al Quds – la plus haute décoration de l’OLP - à deux femmes terroristes palestiniennes qui avaient pris part au meurtre d’Israéliens (Radio d’Israël, 16 avril). La cérémonie avait été annulée après avoir fait l’objet d’une large diffusion dans les médias.

Faut-il encore évoquer le refus du président palestinien, l’an dernier, de reconnaître Israël comme un « Etat juif » ?

  • Ceci montre, à l’évidence, ce qu’il y a de trompeur dans l’entêtement de Bush à traiter Abbas comme un dirigeant raisonnable et intelligent sur lequel on peut compter pour sceller un accord de paix. En réalité, le président palestinien a démontré, à plusieurs reprises, qu’il était un impulsif immodéré. Pourtant cela ne semble pas empêcher Washington de lui accorder le titre envié de dirigeant "modéré", avec lequel Israël peut traiter.
  • "Le gouvernement d’Abbas, modéré et soutenu par les Occidentaux, a le contrôle de la Cisjordanie", expliquait, pour notre utilité, l’agence Associated Press, dans une récente dépêche (25 avril).
  • Selon Reuters (24 avril), Abbas est "un modéré pro-occidental".
  • Et lundi [28 avril], l’Agence France Presse évoquait le "président palestinien modéré, Mahmoud Abbas", comme si l’appellation de "modéré" faisait partie intégrante de ce titre.

Toute cette honteuse flagornerie du gangster en chef palestinien pose une simple question, rarement soulevée : pourquoi y a-t-il une insistance aussi généralisée à faire croire faussement au public qu’Abbas est un dirigeant "modéré", qui incarne la majorité des Palestiniens ?

La question n’a rien d’académique. En fait, elle va directement au cœur de la politique des gouvernements américain et israélien.

En fin de compte, tout le fondement intellectuel de l’idée d’accorder un Etat aux Palestiniens repose sur l’hypothèse douteuse qu’une majorité d’entre eux sont des gens réellement raisonnables et épris de paix. Il est dommage que toutes les preuves disponibles semblent indiquer le contraire.

La semaine dernière, par exemple, le Centre de Jérusalem pour les Médias et les Communications, d’obédience palestinienne, a publié les résultats d’une enquête qui révèle qu’une majorité de Palestiniens (50,7%), approuvent les attentats-suicide à l’explosif contre des civils israéliens.

Ce résultat corrobore les précédents sondages, qui ont toujours démontré que les Palestiniens soutenaient massivement le terrorisme anti-israélien. En effet, le mois dernier, le Centre Palestinien de Recherches et d’Enquêtes Politiques, dont le siège est à Ramallah, a constaté qu’un pourcentage étonnant de 84% des Palestiniens, approuvaient l’affreux assassinat, en forme d’exécution, de 8 adolescents israéliens par un terroriste palestinien, dans la Yeshiva Mercaz HaRav de Jérusalem.

Et [toujours selon ces sondages] avec un écart de 64% contre 33, soit près de deux contre un, les Palestiniens étaient favorables aux attaques incessantes de roquettes contre les villes et les agglomérations israéliennes.

Ces faits bruts, dans leur froideur, constituent un grave problème pour les partisans du processus de paix, ne serait-ce que parce qu’ils confirment que l’idée même de la modération palestinienne est un mythe. C’est un fruit de l’imagination, une quête d’un mirage qui ressemble peu à la réalité. En fin de compte, ce n’est pas comme si une infime minorité de Palestiniens approuvaient le meurtre de Juifs. La plupart d’entre eux l’approuvent. Et vouloir que ce ne soit pas le cas ne fait pas qu’il en soit ainsi.

Alors, cessons de nous faire des illusions. Donner un Etat aux Palestiniens, alors qu’une majorité d’entre eux veulent notre mort, est à la fois dangereux et irresponsable. C’est une recette pour la catastrophe, et cela ne servira qu’à créer encore un autre Etat radical et parrainant la terreur dans la région.

Et cessons d’appeler Mahmoud Abbas un "modéré". Quiconque refuse de reconnaître Israël comme un "Etat juif", tourne l’Holocauste en dérision, et menace de revenir à la violence, ne mérite certainement pas un tel qualificatif. Au contraire, appelons Abbas pour ce qu’il est réellement. Car

  • il ressemble à un extrémiste,
  • parle comme un extrémiste,
  • et agit comme un extrémiste.
  • Il y a donc toutes les chances pour qu’il en soit un.

Et plus important encore : commençons à le traiter comme tel.

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