COMMUNIQUÉ ISRANET

Août 2002

Numéro 43/ Numéro 42/ Numéro 41/ Numéro 40/ Numéro 39/


          Numéro 43                                          Vendredi, 30 août, 2002

COMMUNIQUÉ ISRANET
Un service de L’I.C.R.J.
L’Institut canadien de recherches sur le Judaïsme

Professeur Frederick Krantz, Directeur
B.P. 175, succursale H
Montréal, Québec H3G 2K7
Courriel :
cijr@isranet.org
Internet : http://www.isranet.org
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Interview exclusive d’Ariel Sharon

“Ce n’est pas l’heure des compromis”

Eric Laurent

Le Point, 23 août, 2002

 

   Ariel Sharon nous a reçus lundi 19 août en début de soirée pour un entretien de plusieurs heures  à son domicile de Balfour Street, la résidence des Premiers ministres israéliens à Jérusalem, transformée en véritable camp retranché. 

 

   Les années et les tensions semblent n’avoir aucune prise sur cet homme de 73 ans. “C’est une de mes très rares soirées calmes, a-t-il confié avec humour. D’habitude, je me couche à  2 h 30 du matin et je suis debout à 5 h 30.” Lorsque nous l’avons quitté à 23 heures, il se préparait à un long entretien téléphonique avec Condoleezza Rice, chef du Conseil national de sécurité de la Maison-Blanche et principal conseiller de politique étrangère du président Bush.

 

   Détendu, l’oeil vif, se laissant parfois aller à quelques souvenirs personnels, il formule avec une parfaite courtoisie, dans cet entretien avec Le Point, ses nombreuses certitudes, il évoque le non-avenir d’Arafat et détaille le plan de règlement iraélo-américain, l’éventualité d’une intervention américaine contre l’Irak et la réplique israélienne en cas d’attaque de son territoire.  – E.L.

 

LE POINT: Monsieur le Premier ministre, vous avez confié qu’à vos yeux le conflit actuel avec les Palestiniens constitue la prolongation de la guerre d’indépendance de 1948. Qu’entendez-vous par là?

 

ARIEL SHARON: Nous sommes en guerre. Cela doit être dit très clairement. La situation que nous affrontons aujourd’hui est celle d’une guerre. Nous sommes un pays de 6 millions d’habitants. Dans un pays de 60 millions d’habitants comme la France, le pourcentage équivalent des victimes du terrorisme, depuis deux ans, se chiffrerait à 6 000 morts et à 45 000 blessés. En l’élargissant à l’échelle de l’Union européenne, le nombre de tués atteindrait 41 000 et celui des blessés 282 000. C’est énorme.

 

   Cette guerre terroriste a commencé il y a cent vingt ans. Mes grands-parents, mes parents, mes fils ont tous dû y faire face. Nombreuses sont les familles qui ont vécu cette situation depuis cinq ou six générations. Et cela n’a absolument rien à voir avec notre présence à Jérusalem. Depuis 1860, les juifs sont la communauté la plus importante de Jérusalem. À Hébron, allez au cimetière et vous verrez des tombes juives vieilles de deux cents ans. À Gaza, les juifs vivent depuis près d’un siècle. Je pourrais multiplier les exemples. La guerre que j’évoque est un affrontement dont les débuts remontent à l’Empire ottoman et qui s’est poursuivi sous le mandat britannique jusqu’à aujourd’hui.

 

LE POINT: Et le moyen d’y mettre fin?

 

ARIEL SHARON: De nombreux efforts ont été accomplis pour aboutir à un règlement politique, mais tous ont échoué jusqu’à maintenant.

 

LE POINT: Il existe une interrogation quant à vos intentions. Vous avez confié: “En échange de la paix, je suis prêt à faire des concessions douloureuses.”  Jusqu’où êtes-vous prêt à aller?

 

ARIEL SHARON: Ce serait une erreur de parler de compromis ou de les envisager au moment où prédomine la terreur. Ce n’est pas encore l’heure d’engager des pourparlers politiques et d’esquisser les contours des futurs compromis. Je voudrais souligner un point très important : Israël n’a jamais cherché l’affrontement mais a gagné toutes les guerres qu’il a livrées. Or je ne connais aucun autre pays vainqueur qui soit prêt

à des compromis territoriaux, à céder, comme nous sommes disposés à le faire, une part de notre territoire qui est une composante essentielle du berceau et de la nation du peuple juif.

 

   Il y a trois ans, j’ai rencontré le pape à l’occasion des fêtes du nouveau millénaire. Au cours de nos discussions, je lui ai dit: “Je suis juif, ce qui pour moi est le plus important; je suis membre d’un gouvernement juif installé à Jérusalem, la capitale du peuple juif depuis plus de trois mille ans et qui est aujourd’hui la capitale unifiée de l’Etat d’Israël.” Jean-Paul II m’a écouté, puis, après un long silence, a répondu : “La terre d’Israël est sainte pour les juifs, les chrétiens et les musulmans, mais elle a été promise seulement aux juifs.” Quelque temps après, recevant en audience ma femme, il lui a reformulé cette distinction entre “terra sancta” et “terra promissa”. C’est pourquoi venir maintenant à la table des négociations et dire: “Voilà ce que pourait être la frontière” serait de mon point de vue une erreur.

 

LE POINT:  Avec le recul, quel regard portez-vous sur les accords d’Oslo, que vous avez toujours critiqués?

 

ARIEL SHARON: Oslo, selon moi, a été la plus tragique des erreurs. Pour deux raisons: d’abord, les accords conclus étaient si compliqués qu’il était difficile d’assumer et de mettre en oeuvre le calendrier élaboré; ensuite, ces accords, implicitement, plaçaient la sécurité d’Israël entre les mains des Palestiniens. Ces deux facteurs conjugués ne pouvaient conduire qu’à des drames et des bains de sang, ce qui impose aujourd’hui de trouver une nouvelle solution.

 

LE POINT: Qui aurait quel contour?

 

ARIEL SHARON: Nous y travaillons avec les États-Unis. J’ai rencontré à six reprises le président Bush au cours des douze derniers mois et le plan avancé par le président américain est proche de nos propositions. De mon point de vue, l’échéancier est moins important que la situation qui prévaudra sur le terrain, dans la région. Un tel plan devrait s’articuler autour de trois phases. Phase 1: lutte et démantèlement, de la part des Palestiniens, de toutes les infrastructures et logistiques utilisées pour la violence et la terreur. Puis passage à la phase 2, reposant sur la coopération et l’interdépendance à partir de projets conjoints. Je souhaiterais qu’il existe une véritable “contiguïté” entre les zones palestiniennes sans qu’il soit indispensable à leurs habitants de franchir  des barrages et des contrôles établis à  l’heure actuelle pour des raisons évidentes de sécurité. Enfin, la phase 3 aborderait la question des frontières “finales” entre Israël et Palestiniens. Voilà dans ses grandes lignes le plan que nous avons discuté avec l’administration américaine. Mais tout cela exige de la part des Palestiniens de réelles réformes.

 

LE POINT: Dans quel domaine?

 

ARIEL SHARON: Dans plusieurs domaines, et les plus importants devraient concerner les services de sécurité et le domaine des finances. Les Américains ont sur ces sujets une position très claire: l’organisation en matière de sécurité ne doit plus dépendre d’Arafat. Aussi longtemps qu’il contrôlera plus d’une dizaine d’organisations qui sont autant de vecteurs de la terreur, rien ne changera. Les services de sécurité devront être ramenés

à trois sous l’autorité d’un seul responsable et placés sous l’autorité de leur ministre de l’Intérieur. Les services jordaniens et égyptiens pourraient coopérer à une telle organisation, qui pourrait être coiffée par les Américains.

 

   L’autre problème crucial concerne la mainmise de Yasser Arafat sur l’ensemble des finances palestiniennes. Là encore, il doit en être écarté. Il contrôles les finances des organisations terroristes. Il est d’ailleurs très important que le Japon et l’Union européenne, qui sont les principaux baîlleurs de fonds de l’Autorité palestinienne, cessent de transférer de l’argent qui pourrait être utilisé par Arafat, ce qu’ils font actuellement. Je rencontre des Palestiniens occupant des postes de responsabilité qui tous comprennent que la situation actuelle conduit au désastre et que les souffrances des Palestiniens sont la conséquence de la politique d’Arafat.

  

LE POINT: Considérez-vous toujours que le départ d’Arafat est un un préalable a toute négociation et à tout règlement?

 

ARIEL SHARON: C'est une erreur absolue de vouloir prsénter les choses comme un problème personnel entre lui et moi. Mais retirez-lui la sécurité et les finances et il n’est plus rien.

 

LE POINT: Que ferez-vous si en 2003 Yasser Arafat est réélu president de l’Autorité palestinienne ?

ARIEL SHARON: La fonction présidentielle pourrait être symbolique et il devrait y avoir la création d’un poste de Premier ministre à la tête d’un gouvernement sur lequel le président n’exercerait aucun contrôle. Ce Premier ministre aurait notamment sous son autorité le ministre de l’Intérieur, responsable de l’organisation de la sécurité. Quand j’ai discuté de cette organisation, j’ai évoqué la création d’un poste de “chief executive officer” pour les réformes, élu par le Parlement palestinien et qui jouerait le role d’écran, de tampon entre le gouvernement palestinien et Arafat, qui ne devrait plus avoir le moindre droit de regard sur les accords ou transactions financières, ni sur les services de sécurité.

 

LE POINT: Comment réagissez-vous face au désespoir de plus en plus grand qui gagne la population palestinienne?

 

ARIEL SHARON: Des contacts entre nous et des responsables palestiniens sont maintenus. J’ai confié au ministre des Affaires étrangères, Shimon Peres, la responsabilité de tout l’aspect humanitaire. Je suis moi-même à la tête de ce groupe, qui se réunit une fois par semaine et qui regroupe les ministres des Affaires étrangères, de la Défense et des Finances. Nous faisons de gros efforts pour contribuer à aider la population qui n’est pas impliquée dans les actions terroristes. Quelques mois après mon élection au poste de Premier ministre, Arafat m’a téléphoné et je lui ai déclaré très clairement que j’établissais une distinction très nette entre, d’une part, les Palestiniens qui souhaitent seulement pouvoir rapporter de quoi nourrir leurs familles et dont je faciliterai l’existence par tous les moyens et, d’autre part, les terroristes et leurs soutiens. Je lui ai dit: “Si vous le voulez vraiment, vous pouvez les combattre, vous avez signé suffisamment d’accords en ce sens. Je ne suis pas votre conseiller militaire, mais je peux vous faire une suggestion: concentrez vos forces dans les zones sensibles et nettoyez-les de tous les terroristes.”

 

LE POINT : Soutenez-vous clairement toute intervention militaire des États-Unis contre l’Irak?

 

ARIEL SHARON: Nous soutiendrons toute décision américaine, mais nous n’exercerons aucune pression d’aucune sorte, que ce soit pour annuler ou avancer la date d’une éventuelle action. Je l’ai dit clairement au président Bush au cours de ma dernière visite à Washington: “C’est entièrement votre décision.”

 

LE POINT: Certains experts du Pentagone ont confié qu’en cas d’attaque irakienne contre Israël au moyen d’armes non conventionnelles l’État hébreu pourrait répliquer en utilisant l’arme atomique contre l’Irak.

 

ARIEL SHARON: Nous avons pris toutes les précautions nécessaires. Nous ne serons jamais les premiers à utiliser des armes de destruction massive, mais naturellement, je le répète, nous avons pris toutes nos précautions. Je pense que le mieux actuellement est d’en parler le moins possible tout en étant prêt à agir immédiatement.

 

LE POINT: Quelle est la situation la plus dure que vous ayez eu à affronter depuis que vous êtes au pouvoir?

 

ARIEL SHARON: Voir des civils, notamment des enfants, pris pour cibles par des terroristes qui se transforment en bombes humaines. Ceux qui décident de faire exploser un bus scolaire rempli de jeunes garçons et filles, ou encore de tuer dans une discothèque, ne commettent pas seulement un crime, un crime contre l’humanité, mais aussi quelque chose d’insultant pour l’espèce humaine.

 

   J’ai reçu des appels de chefs d’État s’inquiétant de la situation d’Arafat dans son QG de Ramallah. On se montrait préoccupé par la “difficulté” de ses conditions d’existence et certains de mes interlocuteurs proposaient même de lui envoyer des bougies pour qu’il puisse s’éclairer. On parlait de lui envoyer des bougies, maies personne ne m’a demandé, pas même une seule fois, des nouvelles des deux petites filles dont les parents avaient été tués en pénétrant dans un magasin de jouets, ou de cette vieille femme de 83 ans qui avait miraculeusement survécu a un attentat, ou encore de cette femme qui a perdu son mari et ses deux enfants. Quelle hypocrisie!

 

LE POINT: Au fond, croyez-vous vraiment, fondamentalement, a une paix avec le monde arabe?

 

ARIEL SHARON: Je pense que oui, mais avant que nous nous lancions sur la voie de compromis vraiment importants, les Arabes doivent renoncer à leur volonté d’anéantir Israël et accepter l’idée que les juifs ont le droit de vivre et d’habiter dans le pays où ils sont nés et qui est leur patrie. Le fond du problème est que les Arabes n’ont pas encore reconnu ce droit des juifs à vivre en sécurité et en paix. Ce conflit finira immédiatement et vraiment lorsqu’on sera passé d’une paix formelle à une paix réelle et qu’ils auront admis les conditions que je viens d’énumérer…. 

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Le Communiqué Isranet essaie de diffuser une grande variété d’opinions sur Israël, le Judaïsme
et  le Moyen-Orient. Les articles et documents reproduits expriment l’opinion de leurs auteurs et ne représentent pas nécessairement au point de vue de l’Institut.
 


          Numéro 42                                          Vendredi, 23 août, 2002

COMMUNIQUÉ ISRANET
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L’Institut canadien de recherches sur le Judaïsme

Professeur Frederick Krantz, Directeur
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Arafat rejette le blâme sur l'autre
David Berger
La Presse, 18 août, 2002

   En offrant à Yasser Arafat une tribune pour réclamer l'intervention du Canada et du premier ministre Chrétien [La Presse [Montréal], 10 août], vous lui avez permis d'entretenir l'illusion qu'un règlement du conflit israélo-palestinien proviendra de l'extérieur plutôt que par des actions des Palestiniens et Israéliens eux-mêmes. En même temps, vous lui avez permis de nier toute responsabilité pour le désastre que vit son peuple et le peuple israélien et de rejeter le blâme sur l'autre.

    Arafat dit qu'il veut sauver la Paix des braves signée avec son partenaire Yitzhak Rabin. Il dit: «Malgré nos différences (avec Hamas), nous offrons de dialoguer avec eux et avec tous les autres groupes palestiniens.»

   Et il ajoute: «D'ailleurs, nous avons convaincu Hamas et son chef, le cheik Yassine, pour que cessent les attentats suicide. La boucherie qui a ciblé Gaza et un haut dirigeant de Hamas, sa femme et son enfant... a été organisée pour saboter cet accord.»

   Arafat souligne qu'il a réussi à empêcher plusieurs attentats suicide, et pour illustrer ses efforts, observe que ceux qui ont assassiné le ministre israélien du Tourisme sont maintenant en prison.

   Arafat n'a pas mentionné que, dans les accords d'Oslo, il a reconnu le droit d'Israël d'exister en paix et sécurité, a renoncé à l'utilisation du terrorisme et d'autres actes de violence et a accepté d'assumer la responsabilité pour tous les éléments de l'OLP et son personnel afin d'assurer leur adhésion, prévenir les écarts et discipliner ceux qui ne respectaient pas ces engagements.

   C'est la stratégie d'Arafat depuis le début de l'Autonomie palestinienne de dialoguer avec Hamas. Combien d'Israéliens doivent mourir avant qu'Arafat ne comprenne l'échec de sa stratégie? Pourquoi La Presse n'a-t-elle pas rappelé à Arafat que dès le début son partenaire Yitzhak Rabin a été déçu de son manque de fermeté avec les extrémistes? Pourquoi La Presse n'a-t-il pas daigné suggérer à Arafat que ce dirigeant d'Hamas, sa famille et son entourage seraient vivants aujourd'hui s'il l'avait emprisonné?  Également il se peut que de nombreux Israéliens seraient vivants s'il avait fait preuve de plus de courage.

   La Presse aurait pu poser à Arafat les questions suivantes sur la guerre qui se poursuit depuis presque deux ans :

   - Pourquoi Arafat n'a-t-il pas assumé la responsabilité pour les éléments de Fatah qui sont parmi les chefs de file de cette guerre?

   - Pourquoi Arafat a-t-il permis à des enfants d'être les premières victimes de cette guerre? La Presse aurait pu citer Paul Valéry qui disait: «Qu'est la guerre? Dans la guerre, des gens qui se connaissent envoient ceux qui ne se connaissent pas à tuer et à mourir. Mais ceux qui se connaissent restent chez eux en toute sécurité.»

   - Pourquoi n'a-t-il pas demandé à ses 50 000 policiers en uniforme et armés jusqu'aux dents d'intervenir pour arrêter la violence dès les premières semaines?

   - Pourquoi se plaît-il à cultiver une image d'impuissance quand il contrôle une telle force? Imaginez, 50 000 policiers armés dans une population de trois millions! Pour fins de comparaison, notons que le Canada ne possède qu'à peu près 7500 troupes de combat!

   Arafat ne reconnaît-il pas que c'était une grande erreur de sa part de permettre la militarisation de l'Intifada, erreur que plusieurs de ses proches collaborateurs ont reconnue?

   Pourquoi La Presse n'a-t-elle pas daigné évoquer les mots et les preuves du président Bush qui a dit qu'Arafat a été impliqué dans le terrorisme («trafics in terrorism»)?

   Pourquoi après deux ans de guerre, 2000 morts, plusieurs milliers de blessés -- pourquoi après la dévastation de l'économie palestinienne et après que la haine et les passions ont été enflammées dans la région et dans le monde entier -- pourquoi Arafat dit-il maintenant qu'il accepterait les propositions du président Clinton de décembre 2000?

   Devant sa responsabilité, Arafat ne devrait-il pas céder sa place à d'autres? D'autant plus qu'il refuse de comprendre l'évidence que la paix se fera au Moyen-Orient entre Israéliens et Palestiniens, non pas à Washington, à Ottawa, ou en Europe.

   Donc, le Canada se doit d'appuyer le président Bush et sa politique qui repose sur des principes et objectifs valables. M. Bush affirme que la responsabilité première pour faire la paix revient aux Israéliens et Palestiniens. Aussi, il sait que ce sont les leaders qui font l'Histoire et affirme donc que ceux qui ne sont pas capables ou qui refusent d'assumer leurs responsabilités doivent partir.

   Le président Bush a aussi adopté une attitude non équivoque sur le terrorisme et a défendu le droit d'Israël à se défendre lorsque les Palestiniens ne font pas l'effort nécessaire.

   De plus, M. Bush est allé beaucoup plus loin que ses prédécesseurs en appuyant un État palestinien et il a énoncé un objectif politique clair: deux États vivant en paix, l'un à côté de l'autre. Le prince Firas de la Jordanie soutient que la position du président Bush sur cette question équivaut à une «Déclaration Balfour» palestinienne.

   Malheureusement, le président Bush a de la difficulté à expliquer pourquoi ces principes sont importants et pourquoi ils méritent l'appui de la communauté internationale. L'administration Bush démontre également une certaine faiblesse sur le plan des tactiques.

   En exigeant le départ d'Arafat, le président Bush apporte trop d'attention à la personne d'Arafat, plutôt que de se concentrer sur l'échec de son leadership. De plus, on n'entend plus parler de la conférence internationale que l'administration américaine favorisait au printemps. (...)

 
(L'auteur a été ambassadeur du Canada en Israël.)

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          Numéro 41                                          Vendredi, 16 août, 2002

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E     X     T     R     A     ! PARUTION SPECIALE À L’OCCASION DE LA
LEVÉE DE FONDS ANNUELLE DE L’ICRJ
 
 
L’ICJR CÉLÈBRE 14 ANNÉES “EXTRA!” ORDINAIRES

L’Institut Canadien de Recherches sur le Judaïsme est une ressource sans pareil, la seule fondation éducative pro-Israël à but non lucratif totalement indépendante. La vocation première de L’ICRJ est d’apporter quotidiennement une analyse des événements en Israël, au Moyen-Orient, ou sur tous sujets ayant rapport avec le judaïsme en général. Cette analyse s’adresse en particulier à nos campus universitaires et à la communauté juive et non juive au sens large du terme.
 

  
L’ICJR A 14 ANS: AIDEZ-NOUS A FAIRE NOTRE PART
DANS LA LUTTE QUE MÈNE ISRAEL
CONTRE LE TERRORISME PALESTINIEN

Frederick Krantz
 
   Au moment où l’Institut Canadien de Recherches sur le Judaïsme célèbre sa 14ème campagne annuelle de financement,  Israël et le monde juif, traversent un des plus sombres moments de son histoire.  L’ ICJR à été fondé en 1988 durant la première Intifada par un groupe très déterminé d’universitaires au curriculum académique impressionnant et ainsi que d’autres personnes provenant de toutes les branches de la société afin de répondre aux assauts négatifs continuels des médias à l’encontre d’Israël.
 
   Aujourd’hui l’ ICJR est un institut unique en son genre, indépendant, avec une réputation internationale, respecté en tant qu’organisation et centre de recherche pro-Israël. L’Institut est connu pour son objectif initial soit, rapporter la vérité au sujet d’Israël aujourd’hui virtuellement en état de guerre. Rapporter la vérité aux médias, aux étudiants ainsi qu’à la communauté juive et non juive constitue plus que jamais un des objectifs les plus cruciaux de l’Institut.

   La situation actuelle d’Israël est en quelque sorte plus critique qu’elle ne l’était en 1988. La guerre du Golf a eu lieu et a prit fin, Saddam Hussein est toujours au pouvoir, probablement plus près de la possession d’armes nucléaires (nous savons qu’il possède déjà un arsenal chimique et biologique) qu’avant 1991. Le processus de paix lui, déjà moribond bien avant l’an 2000, est maintenant complètement mort et cela déjà depuis plus de 2 ans, depuis qu’Arafat a rejeté le plan de paix mis de l’avant à Camp David (et à Taba) par le premier ministre d’alors, Ehud Barak. Arafat n’a même pas daigné faire une contre-offre. Arafat a organisé et soutient toujours la présente campagne de terreur contre Israël.
 
   Bombes humaines, attaque à la roquette et Kalachnikovs (dont la plupart ont été fournies initialement par Israël !) ont remplacé les pierres et les blocs de bétons de la première Intifada. Plus de 600 Juifs (pas moins que 29 depuis le 22 juillet) et 1500 Palestiniens ont perdu la vie dans cette guerre d’usure. Les médias, en général, et plus particulièrement ceux d’Europe, ne semblent pas avoir tiré de leçons des attaques palestiniennes passées ou actuelles. Les organisations juives interpellent toujours CNN et la BBC au sujet de la couverture réalisée par leurs correspondants en Israël, les campus universitaires sont devenus un lieu hostile envers les juifs et Israël. L’Europe est témoin d’une vague de propos et d’attaques antisémites inégalée depuis l’accession du nazisme au pouvoir en Allemagne dans les années 30 du siècle passé.

   D’autre part, le terrible événement tragique survenu le 11 septembre 2001 et la guerre totale à l’échelle mondiale menée par la nouvelle administration de George W.Bush, guerre qui a commencé par l’attaque sur Bin Laden et Al-Qaeda en Afghanistan, constitue une nouvelle réalité. Les Saoudiens, grands argentiers des groupes islamo-terroristes, sont passés sous une surveillance qui n’avait que trop tardé et le Pakistan, quoique malgré lui, coopèrent dans la lutte à finir contre le terrorisme d’Al-Qaeda.  Aujourd’hui l’Amérique et Israël sont associés dans cette lutte au terrorisme, la stratégie de l’administration Bush  passant de « Arafat reste, un État palestinien d’abord, la paix ensuite» à une proposition plus réaliste « Arafat quitte, d’abord un État Palestinien démocratique, la paix ensuite».

   Le grand tapage que font les Américains sur une éventuelle attaque en vue d’un
« changement de régime » en Iraq, qui changerait certainement la carte géopolitique du Moyen-Orient, semble réellement planifié, est peut-être plus imminente qu’on ne le pense. Même les Russes, sous l’administration Poutine coopèrent, ils abandonnent l’Iraq et augmentent la production pétrolière pour parer à toute interruption iraquienne et possiblement à un embargo de l’Arabie Saoudite et des autres émirats du Golf, au cas où la guerre éclaterait.
 
   Il est devenu évident que les attaques terroristes palestiniennes sont le produit d’une culture profonde de la mort, exprimée par le populaire culte du « suicide »-martyre, issu d’une haine irrationnelle des juifs fortement ancrée en eux. Ils expriment principalement une forme fanatique d’intentions génocidaires que l’on retrouve dans certains des médias de masse des pays arabo-musulmans.
 
   Cette intention, compte tenu la présence d’armes chimiques, biologiques, d’armes potentiellement  nucléaires et de missiles balistiques à longue portée, constitue un danger radical et imminent non seulement pour Israël, mais aussi pour tout le monde occidental, l’Europe et les Etats-Unis.
 
   Dans les présentes circonstances, un État palestinien n’est certainement pas à l’horizon. Bien qu’Arafat seul ne soit pas en mesure de détruire Israël, il cause des dommages cruels et pourrait déclencher une détérioration radicale de la situation qui mènerait à un dangereux conflit régional.
 
   En de pareilles circonstances, notre inlassable soutien à Israël, l’expression miraculeuse de la renaissance du peuple juif après 2000 ans d’exil et la tragédie de l’Holocauste, demeure crucial. Nous, à l’ICRJ, sommes fiers de pouvoir faire notre part et d’assurer ce soutien. Nous vous prions de participer à cet effort par l’entremise de votre généreuse contribution, de manière à ce que notre travail au sein de la communauté, avec les étudiants et dans les médias puisse se poursuivre.

   Nous vous prions de nous aider à vous aider, soyez généreux. [Des reçus pour fins d’impôts seront émis pour toute contribution.]
 
(Prof. Frederick Krantz est le  Directeur de l’ Institut Canadien de Recherches
sur le Judaïsme, et Editeur du magazine trimestriel ISRAFAX ainsi que
de la série de communiqués quotidiens Isranet-Briefings .)
 


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Développement humain dans le monde arabe :
Une étude des Nations unies

L'Institut de Recherche Médiatique du Moyen-Orient (MEMRI)
Enquête et analyse / Monde arabe - N° 104, 28 juillet 2002

Sous les auspices communs du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et du Fonds arabe pour le développement social et économique, une récente étude intitulée Rapport 2002 sur le développement humain dans les pays arabes (Créer des opportunités pour les générations futures) a évalué le développement humain dans 22 pays arabes de façon franche pour ne pas dire tranchée. (1)

Méthodologie des principales découvertes

   Le PNUD a coutume de mesurer l’Index de développement humain selon les quatre variables suivantes : l’espérance de vie, l’alphabétisation chez les adultes, le taux d’inscrits dans les établissements d’enseignement et le Produit Intérieur Brut par tête d’habitant. (2) Ce rapport dépasse les critères traditionnels du PNUD en ce qu’il évalue le développement humain sur la base de trois " insuffisances " : le manque de liberté, le statut inférieur de la femme et le manque d’instruction relatif au revenu. (3)

I - L’absence de liberté

   Bien que la liberté soit, de l’avis général, un concept difficilement quantifiable, les auteurs du rapport ont conclu, en se basant sur des critères d’évaluation utilisés dans le monde entier, que les pays arabes ont le plus faible index de liberté au monde, plus faible même que celui de l’Afrique subsaharienne. Les critères ou indicateurs employés ont été appliqués à divers aspects du processus politique, des libertés civiles, des droits politiques et de l’indépendance des médias. Les données indiquent aussi que la région arabe "  figure en dessous de toutes les autres régions pour ce qui est de la liberté d’expression et de la responsabilité [devant le public] ". (4)

II — Le statut des femmes

   Si l’on peut noter un progrès de l’intégration des femmes à l’enseignement du primaire, leur statut reste inférieur aux normes admises, leur participation à la vie politique étant est très limitée, à peine plus élevée que celle des femmes de l’Afrique subsaharienne, lesquelles demeurent au bas de l’échelle. Alors que les femmes représentent 50% de la population, leur pourcentage au Parlement arabe est de 3.5. Un autre indice du faible pouvoir des femmes est le bas niveau d’études atteint, défini par le taux élevé d’illettrisme, lequel place les pays arabes tout au bas de l’échelle. Le rapport estime qu’environ 65 millions d’Arabes sur une population totale de 280 millions sont illettrés. Parmi eux, deux tiers sont des femmes. (5)

III — Le faible niveau d’instruction relatif au revenu

   Le rapport souligne l’utilisation insuffisante et inefficace des ressources humaines dans la région, due à des systèmes éducatifs inadaptés et au taux important d’illettrisme — mentionné plus haut. Un enseignement inadapté signifie un mauvais accès à l’acquisition des connaissances. Le rapport se réfère au nombre d’hôtes Internet pour 1000 comme indicateur de l’accès à la connaissance, concluant que les pays arabes ont le plus bas niveau d’accès aux Technologies d’information et de communication, plus bas encore que l’Afrique subsaharienne. (6) Le rapport attribue ce piètre accès à l’absence de politique nationale d’information qui " définirait des buts et des priorités, coordonnerait les différents secteurs et proposerait des choix stratégiques pour la création d’une infrastructure et le développement des ressources humaines et de l’information. " (7)

   Un autre indice de l’accès insuffisant à la connaissance est le peu de fonds octroyés à la Recherche et au Développement. Les frais qu’ils ont occasionnés comme pourcentage du PIB étaient de simplement 0.4% pour le monde arabe en 1996, contre 1.26% en 1995 au Cuba, 2.35% en 1994 en Israël et 2.9% au Japon. (8)

   Le rapport se réfère aussi à la situation de la jeunesse en tant que sous-ensemble de l’acquisition de la connaissance. Sur la base d’enquêtes conduites dans un certain nombre de pays, 51% de jeunes appartenant à la tranche d’âge supérieure ont exprimé leur désir d’émigrer dans d’autres pays, en raison de leur " insatisfaction face aux conditions actuelles et aux perspectives d’avenir dans leurs pays d’origine ". Ainsi, " le fossé entre les aspirations et leur réalisation a dans certains cas engendré détachement, apathie et insatisfaction. " (9)

   Ces découvertes ont conduit le Dr Rima Khalaf, administratrice adjointe du PNUD et directrice du Bureau régional des Etats arabes à éveiller l’attention face à ces " insuffisances qui, si elles persistent, deviendront insurmontables aux Arabes ". (10) Il n’est guère étonnant que le rapport ait reçu un accueil mitigé de la part des médias égyptiens : " Soit c’est la presse qui n’est pas libre, soit… le rapport n’est pas suffisamment intéressant ". (11)

Problèmes de croissance économique

   Le Produit Intérieur Brut de tous les Etats arabes réunis était de 531.2 milliards de dollars en 1999 — moins que celui d’un seul pays européen (à titre d’exemple, le PIB de l’Espagne s’élevait à 595.5 milliards). Entre 1975 et 1998, le PIB réel dans le monde arabe est passé de 256.7 milliards en 1975 à 445.7 milliards de dollars en 1998, en prix constants. Le rapport indique toutefois d’importantes fluctuations de la courbe de croissance par sous-périodes (8.6% entre 1975 et 1980 ; 0.7% entre 1982 et 1990 ; 3.8% entre 1990 et 1998). Ces fluctuations reflètent essentiellement l’activité du marché du pétrole dont dépend le monde arabe. (12)

   Si l’on prend en considération la croissance de la population, le revenu réel par tête d’habitant pour la période s’étalant entre 1985 et 1998 a connu une croissance très lente, d’environ 0.5% par an — " en fait, une situation de quasi-stagnation ". (13) L’économiste libanais Samir Sabah, qui écrit au quotidien arabe Al-Hayat, édité à Londres, a précisé qu’avec un tel taux de croissance, il faudrait 140 ans (les statistiques indiquent qu’il faut en fait 144 ans !) au citoyen arabe pour doubler son revenu. (14) Dans le domaine de l’agriculture, une personne possédait en 1970 une moyenne de 0.40 hectares de terres cultivées, moyenne qui est passée à 0.24 hectares en 1988. (15)

   Les " macro variables critiques " affirme le rapport, sont encore en dessous de la norme dans les domaines de l’emploi, l’économie, la productivité et les exportations autres que le pétrole. Avec une moyenne de 15%, le chômage dans les pays arabes connaît l’un des taux les plus élevés des pays en voie de développement ". Le rendement commercial est par ailleurs resté faible, la région étant encore relativement fermée. Dans certains pays, les tarifs sont élevés et les barrières non-tarifaires demeurent importantes. (16)

   Le rapport, se basant sur les données de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel, indique que la productivité du travail industriel était en 1990 considérée comme équivalente à celle de 1970, " proche des niveaux européens et japonais. " Le rapport parvient à la conclusion inévitable que " face à la hausse de la productivité des autres pays, cela correspond à un déclin significatif. " (17)

   L’insuffisance générale des variables macroéconomiques est concomitante à l’incapacité grandissante de l’Etat à encourager une rapide croissance et à répondre aux exigences de développement humain dans des domaines clé comme la santé et l’éducation. Toutefois, " les dépenses gouvernementales en tant que pourcentage de PIB sont plus élevées que dans d’autres régions en voie de développement. " (18)

La dimension israélienne

   Alors que le rapport exclut Israël de ses analyses, il ne l’épargne pas de critiques sévères portant sur " l’occupation illégale de terres arabes " (19) Il attribue tous les disfonctionnements politiques, sociaux et économiques du monde arabe à l’occupation de la rive Ouest de Gaza. Le rapport affirme que " l ‘occupation jette un voile sur la vie politique et économique de toute la région. " Sans données tangibles susceptibles d’étayer ces affirmations, le rapport conclut que " de toutes ces façons, l’occupation gèle la croissance, la prospérité et la liberté dans le monde arabe ".  (20)

   Pour des raisons qui leur sont propres, les auteurs du rapport ont ignoré deux des événements qui ont le plus déstabilisé le Moyen-Orient ces deux dernières décennies, et dont les répercussions se font encore sentir aujourd’hui. L’un est la guerre Iran-Iraq et l’autre l’invasion du Koweït par son voisin du Nord. Il est difficile de croire que la pauvreté d’un pays riche en pétrole comme l’Arabie Saoudite résulte de l’occupation de la rive Ouest de Gaza. Il y a tout juste quelques jours, le quotidien Al-Qods al-Arabi racontait l’histoire des nécessiteux de Riad, capitale d’Arabie Saoudite, qui attendent à l’entrée des palais princiers dans l’espoir que quelques gouttes d’eau potable s’échappent de leurs robinets. (21)

Conclusion

   Le Développement humain a été défini dans le rapport comme un " processus d’élargissement des choix. " (22) Toutefois le rapport, élaboré par des universitaires arabes, montre que les choix se rapportant à des secteurs vitaux comme la santé, l’éducation, l’égalité des sexes et principalement la participation et la direction politiques, ne se développent pas assez rapidement et, dans certains domaines et en comparaison avec d’autres régions du monde, régressent. Pour reprendre les termes de l’éditorial du quotidien koweïtien Al-Watan sur le rapport, " Les Nations Unies : Les Arabes vivent encore au Haut Moyen-Âge ". (23) C’est l’auteur principal du rapport qui résume le plus clairement la situation: " Une personne qui n’est pas libre est pauvre. Une femme qui n’a aucun pouvoir est pauvre. Et une personne qui n’a pas accès à la connaissance est pauvre. " (24)

* Le Dr Nimrod Raphaeli est chargé des analyses du programme d’études économiques du Moyen-Orient pour MEMRI. (24)

____________________________________

1. Les 22 pays couverts par le rapport égalent en nombre les pays membres de la Ligue arabe
2. Rapport, p. 15
3. Rapport, p 17
4. Cit. Loc.
5. Rapport, pp. 3 et 28
6. Rapport, p. 29
7. Rapport, p. 77
8. Rapport, p. 65
9. Rapport, p. 30
10. Hebdomadaire Al-Ahram On-Line, 11-17 juillet 2002
11. " Une personne qui n’est pas libre est pauvre ", Hebdomadaire Al-Ahram On-Line, 11-17 juillet 2002
12. Rapport, pp. 85-86
13. Rapport, p. 88
14. Al-Hayat, le 28 juin 2002
15. Al-Hayat, le 28 juin 2002
16. Rapport, p. 4
17. Rapport, p. 88
18. Rapport, p. 5
19. Rapport, p. 1
20. Rapport, p. 2
21. Al-Qods al —Arabi, le 16 juillet 2002
22. Rapport, p. 15. Ce n’est bien sûr pas une nouvelle idée. Dans les années 1950 déjà, Arthur Lewis, célèbre économiste et Prix Nobel, a différencié riches et pauvres non par leur degré de bonheur mais par l’étendue de choix dont disposent les uns et sont privés les autres.
23. Al-Watan, le 3 juillet 2002
24. Nader Fergany, principal auteur de Rapport sur le Développement dans les pays arabes (2002), dans une interview de l’hebdomadaire Al-Ahram On-Line, 11-17 juillet 2002

 


Poèmes publiés par un hebdomadaire
arabe américain :  
" Oui, je suis un terroriste "
et " Bush est un singe "

L'Institut de Recherche Médiatique du Moyen-Orient (MEMRI)
Dépêche Spéciale  - N° 407,  7 août 2002

 Al-Watan, " hebdomadaire national arabe américain " publié en langue arabe à Washington D.C., San Francisco et New York, a pour objectif de fournir aux Américains arabes et musulmans " les nouvelles les plus actuelles, les plus fiables et les plus complètes sur les problèmes politiques, économiques, socioculturels et éducatifs qui concernent la communauté arabe américaine dans ses relations avec la société américaine en général… dans un esprit de bonne entente…, joignant les efforts des organisations américaines musulmanes dans le but de promouvoir les succès de la communauté et de renforcer son influence grâce à une participation active à la vie politique, médiatique, sociale et éducative. "

 Al-Watan a récemment publié deux poèmes intitulés " Oui, je suis un terroriste " et " Le singe ", ce dernier étant accompagné d’une représentation de George W. Bush accolée à celle d’un chimpanzé hurlant. Ce poème décrit Bush comme un singe adoré de certains dirigeants arabes. Voici les poèmes :

 Oui, je suis un terroriste
Ahmed Matar (1)

 L’Occident crie de peur
Quand je fais d’une boîte d’allumettes un jouet,
Alors qu’eux font de mon corps un gibet,
Prenant pour corde mes nerfs.
L’Occident panique le jour où je leur annonce
Qu’ils ont déchiré ma djellaba
Alors que c’est eux qui m’ont forcé à avoir honte de ma culture,
A clamer ma joie et mon ravissement
Quand ils me violent.
L’Occident est profondément peiné de me voir adorer
Un [seul] Dieu dans le calme de mon alcôve de prières (2)
Alors qu’[à partir] des poils de leurs manteaux à queue (3) et de la poussière de leurs chaussures,
Ils pétrissent un millier d’idoles qu’ils placent au sommet de tas d’excréments…,
Pour que je devienne leur esclave
Et que je m’adonne avec eux
Aux rituels des mouches.
Et lui, et eux me battront si je déclare refuser.
Si j’évoque en leur présence le parfum des fleurs et de l’herbe, ils me crucifient,
M’accusant de terrorisme !
Admirables sont toutes les actions de l’Occident, et de ses queues. (4)
En ce qui me concerne, tant que je serai apparenté à la liberté,
Toutes mes actions seront considérées comme du terrorisme.

***

Ils ont détruit mon monde,
Qu’ils récoltent donc ce qu’ils ont semé !
Si sur mes lèvres et dans les cellules de mon sang,
La mondialisation de la destruction a donné des fruits,
Je le dis, le l’écris, je le dessine,
Je le grave sur le front de l’Occident
A l’aide de mon soulier de bois :
Oui, je suis un terroriste !
Un tremblement de terre a ses raisons.
Si vous les comprenez, vous comprendrez [aussi] les miennes.
Je ne porterai pas de stylo, mais [sortirai] mes griffes,
Je n’aiguiserai pas des idées, mais mes dents,
Je ne serai jamais gentil
Tant que je ne verrai pas la loi de la jungle
Et tous ses adeptes
Retourner à la jungle.
Oui, je suis un terroriste.
Dès à présent, je conseille à tout indicateur
Qui me suit en aboyant
De se revêtir d’un tank
Parce que je vais lui fracasser la tête, si jamais il frappe à ma porte.

 

Le singe
Nasser Thabet (5)

 Un singe gouverne le monde
De Washington à la Chine.
Ce n’est pas grave,
Sauf
Que les Arabes en font le prophète de notre ère.
La prostitution revêt plusieurs formes.

***

Les Arabes disent : " Il deviendra bientôt un être humain "
Je dis : " Vous pouvez attendre des années et des siècles. "

***

 Ils m’ont fait perdre mon sang-froid en déclarant :
" Quel homme juste !
J’ai crié comme un fou :
" Connaît-il seulement le langage de la raison et du droit  "

***

Il [le singe] leur a dit ce jour-là qu’il allait prononcer son grand discours.
Ils sont restés assis sur leurs chaises comme des enfants à attendre pendant des années…
Le maudit singe n’est pas venu.
Ils ont dit : " Il n’y en a pas pour longtemps. Il a des raisons que nous ne connaissons pas."
Et pourtant, le maudit singe n’est pas venu.
Ils ont laissé tout leur honneur aux toilettes
Continuant à attendre [des paroles de] sagesse du fou.
Ils ont abandonné leurs enfants, leurs sujets à leur situation difficile, et leur honneur.
Mais le maudit singe n’est pas venu.
Les jours ont passé,
Plus lourds à porter que Sharon.
Il dit : " Les pressions [exercées] sur Sion se sont intensifiées. "
Est-il concevable que des enfants idiots munis de pierres l’ébranlent
Quand c’est lui [Sharon], le pauvre [homme] trompé
Mort aux enfants de Palestine,
Mort à vous, tous les Arabes de ce monde ;
Vous devriez être comme des mules exprimant leur joie à coups de pattes.
Votre honneur ne vaut pas plus qu’une boîte de sardines.
Ô ! Arabes de ce monde,
Quand Sharon vous crache dessus…
C’est lui qui a tort.
Et vous — malgré votre faiblesse — êtes des " terroristes ".
Ils ont dit, un sourire niais recouvrant leurs moustaches :
" Que ferons-nous de la salive de votre pauvre petit Sharon  "
" Qu’elle fasse office de cadeau pour les vacances, de don charitable, de dette ! "

***

On a demandé aux dirigeants [arabes] : " Vos excellences, que pensez-vous du discours du singe  "
Ils tremblent de joie :
" Il est merveilleux d’honnêteté et d’émotion ;
Il est des plus éloquents de par son vocabulaire et son style enlevé.
Merci au maudit singe. "

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(1) www.watan.com/Kalam43.htm, le 24 juillet 2002
(2) " Mihrab " en arabe : alcôve de prière dans une mosquée, indiquant la direction de la Mecque
(3) En référence aux dirigeants arabes favorables aux occidentaux
(4) En référence aux " manteaux à queues "
(5) www.watan.com/adab7.htm, le 17 juillet 2002

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Le Communiqué Isranet essaie de diffuser une grande variété d’opinions sur Israël, le Judaïsme
et  le Moyen-Orient. Les articles et documents reproduits expriment l’opinion de leurs auteurs et ne représentent pas nécessairement au point de vue de l’Institut.
 


          Numéro 39                                          Vendredi, 2 août, 2002

COMMUNIQUÉ ISRANET
Un service de L’I.C.R.J.
L’Institut canadien de recherches sur le Judaïsme

Professeur Frederick Krantz, Directeur
B.P. 175, succursale H
Montréal, Québec H3G 2K7
Courriel :
cijr@isranet.org
Internet : http://www.isranet.org
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Interview du commandant
de la branche armée du Hamas Salah Sh'hadeh
L'Institut de Recherche Médiatique du Moyen-Orient (MEMRI)
Dépêche Spéciale / Autorité Palestinienne - N° 403, 23 juillet 2002

Le site  « Islam on line » [
www.islam-online.net/arabic/politics/2002/05/article25.shtml, le 29 mai 2002] a affiché un entretien de Salah Sh'hadeh, commandant de « l'unité Izz al-Din al-Qassem » (branche armée du Hamas) abattu aujourd'hui par les forces israéliennes. Nous vous proposons des extraits de l'interview :

Comment sélectionnez-vous les candidats aux opérations martyre ?
   Sh'hadeh: Le choix se fait en fonction des quatre critères suivants : d'abord, l'adhérence aux préceptes religieux. Ensuite, nous nous assurons que le jeune martyr obéit à la volonté de ses parents et est aimé des siens, que sa mort ne portera pas atteinte à la vie familiale : le candidat ne doit pas être le chef de famille et doit avoir des frères, car nous ne voulons pas démunir [la famille] d'un fils unique. Troisièmement, son aptitude à remplir la tâche qui lui incombe et à en saisir la gravité. Quatrièmement, il faut que son martyre encourage d'autres personnes à agir de même et renforce l'amour du djihad dans le cour de la population. Nous privilégions toujours les candidats célibataires. La direction régionale de la branche militaire du Hamas propose son candidat, proposition qui peut être acceptée ou refusée.

Comment rendez-vous compte du grand nombre de jeunes qui figurent sur vos listes de martyrs ? Est-ce un signe de mauvaise santé mentale, ou du désir de fuir la frustration et le désespoir que connaissent les Palestiniens ?
    Le nombre de ces jeunes reflète la bonne santé [mentale] de ces derniers ainsi que la compréhension de la société palestinienne, non le dévoiement où la volonté de fuir le désespoir et la frustration. Les candidats au djihad sont nombreux ; ils sont prêts à sacrifier leur âme, qui est le bien le plus cher de l'homme. Il existe une immense différence entre faire un don en argent ou en biens et faire don de soi à Allah pour permettre le
bonheur du peuple, lui épargner tourment et détresse. Malgré tout cela, nous ne pouvons satisfaire tous les candidats vu que le nombre de cibles est limité et que l'ennemi que nous cherchons à atteindre est bien protégé.
   Le fait qu'une partie de nos jeunes ne suive pas scrupuleusement les ordres et opère d'elle-même, sans instructions officielles de la branche militaire montre que la nation entière mène maintenant le djihad et se trouve au seuil de la libération, refusant l'humiliation et la soumission.
   L'esprit du djihad et ce courant d'enfants-martyrs sont mal exploités. Nous n'encourageons personne à pénétrer les implantations sans être convenablement armé. Bien que ce phénomène soit en lui-même positif, il nécessite un suivi, afin de rendre les enfants conscients de leurs actes et de leur permettre d'intégrer une section spécialisée de la branche militaire, où ils recevront une éducation militaire qui leur apprendra à distinguer entre ce qu'il faut faire et ne pas faire, à décider quand devenir martyr et quand user de son arme.

Comment la branche militaire choisit-elle sa cible ?
   Nos groupes d'observation suivent les allées et venues des patrouilles israéliennes et surveillent les faits et gestes de l'ennemi à la frontière. Nous tirons profit de la moindre faille qui apparaît dans la barrière de sécurité de l'ennemi. Après quoi nous définissons notre cible et notre façon de mener l'attaque, qui ne sera pas la même si nous avons affaire à des colons, à une position militaire, à des véhicules de l'armée, etc. La cible est filmée, puis le film est montré à un comité nommé par le « personnel général des opérations militaires ». Une fois la cible approuvée, l'auteur de l'opération martyre suit un entraînement. Après qu'un groupe de spécialiste a approuvé le plan [d'attaque], déterminé les facteurs de réussite et d'échec, l'opération peut être lancée.

Au nom de quelles règles choisissez-vous vos cibles ? Comment jugez-vous le meurtre de citoyens israéliens ?
   Nous ne prenons pas pour cible les enfants, les personnes âgées, les lieux de culte, bien que ces lieux de culte soient la cause du meurtre de musulmans. Nous n'avons pas pris pour cible les écoles, parce que nous ne commanditons pas le meurtre d'enfants. Pareil pour les hôpitaux, qui représentent pourtant une cible facile. Nous agissons conformément aux principes du djihad. Notre slogan est : Nous ne nous battons pas contre les Juifs parce qu'ils sont juifs, mais parce qu'ils occupent notre terre. Si nous tuons un enfant, c'est un accident.

Combien coûte une opération martyre ?
   Le coût est variable. Les attaques perpétrées à l'aide d'armes automatiques coûtent le prix de l'arme et du matériel : au moins 250 balles et une moyenne de dix grenades. Mais certaines opérations sont beaucoup plus onéreuses : elles comprennent le transport [du martyr]..., l'achat d'une voiture, le payement des collaborateurs juifs. Certaines opérations coûtent vraiment cher : entre 3 500 et 50 000 dollars ; tout dépend de la cible.

Comment avez-vous développé ces armes qui distinguent les brigades Izz al-Din al-Qassem, comme les [missiles] Al-Qassem 1 et 2 et les [roquettes] Al-Bana ?
   Nous disposons de scientifiques spécialisés dans l'élaboration d'armes. Ils étudient et font des essais sur la roquette Al-Bana, qui est une combinaison du RPG et du LAW [arme anti-tank légère], différant de l'Al-Qassem 2 en ce qu'elle a été conçu spécialement contre des blindés d'épaisseur moyenne. Les grenades sont fabriquées pour répondre aux besoins de la branche et de ses membres. Elles ont prouvé leur efficacité ; même le
ministère sioniste de la Défense reconnaît que ce sont de puissantes grenades. Toutes les grenades et roquettes sont fabriquées sur place, grâce à des procédés simples. Les explosifs contenus dans les Al-Qassem 1 et 2 et les Al-Bana sont conçus à partir de simples matières premières. Les femmes peuvent [même] les confectionner chez elles.

Comment sont organisées les Brigades Izz al-Din al-Qassem ?
   Les Brigades sont une petite armée soumise aux décisions politiques, comme toutes les armées du monde. Elles comprennent toutes les divisions d'une armée et sont structurées de façon semblable. Nous sommes des soldats. Les politiciens ne nous disent pas :
« Faites comme ci ou comme ça » et « menez telle ou telle opération » : le dispositif politique est souverain, mais lié au dispositif militaire. Ainsi les décisions nationales passent avant les décisions militaires, sans pour autant empiéter sur ces dernières. Le succès d'une opération ne se définit pas par le nombre de morts, mais par le fait qu'elle ait été [correctement] exécutée et atteint sa cible. Une opération ne peut réussir sans une bonne préparation. Le nombre de morts dépend de la volonté d'Allah.

Quels sont les obstacles rencontrés par les Brigades Al-Qassem ?
   Les principaux obstacles sont le manque d'armes de qualité, tels les missiles anti-aériens et les missiles à longue portée. Un autre obstacle de taille est le brouillard qui entoure la position de l'Autorité nationale [palestinienne]. L'Autorité ne prend pas clairement position sur la question des opérations militaires, ce qui engendre une certaine confusion.
   Est-elle pour ou contre ces opérations? Se définit-elle comme l'Autorité de la libération nationale ou de l'autonomie ? Ces sujets sont source de confusion pour nombre de guerriers du djihad. De plus, ces dealers d'armes qui nous sucent le sang ont décidé une hausse du prix des armes, de sorte que le prix d'un M-16 s'élève maintenant à 5000
dollars, et que chacune de ses balles revient à 1 dollar 50 ; un Kalachnikov coûte 2000 dollars et chacune de ses balles 4 dollars. La branche militaire a réussi à relever le défi de la carence en armes grâce aux dons de gens qui veulent soutenir le djihad pour Allah. Le mouvement a aussi réussi à fabriquer une partie des armes moyennes, réduisant ainsi les
frais. Le coût d'une roquette [fabriquée par le mouvement] coûte moins d'1% de ce que nous aurions à payer si nous devions l'acheter.

 
Victimes civiles: il n’est pas nécessaire de s’excuser

 Ralph Peters
Wall Street Journal, 25 juillet 2002 
 
   Récemment, cette semaine, Israël a réussi à tuer Salah Shéhadé, un des chefs les plus féroces du Hamas, ainsi qu’un de ses lieutenants. Une dizaine de Palestiniens ont péri lors de cette attaque, y compris des membres de la famille de Shéhadé. Si regrettables qu’aient été ces pertes civiles, elles n’en étaient pas moins justifiées. Un dirigeant terroriste s’est servi de parents et de voisins comme de boucliers, et ils sont morts avec eux. C’est Shéhadé qui est responsable de leur mort, et non Israël.
 
   Une fois de plus, une grande partie du monde a adopté deux poids deux mesures en accusant Israël de barbarie pour avoir causé la mort de civils au cours d’une opération militaire, tandis que les centaines de civils israéliens tués intentionnellement par Shéhadé et ses subordonnés sont passés sous silence. Pour les Européens en particulier, les vies juives ne comptent pas davantage aujourd’hui qu’en 1944.
 
   Pourquoi la communauté internationale ne réagit-t-elle pas lorsque les terroristes palestiniens prennent des civils pour cible, alors que chaque mort accidentelle causée par Israël est considérée comme un crime contre l’humanité ?
 
   Mais le réflexe antisémite européen ne compte plus vraiment puisque, de nos jours, les Européens n’ont plus la puissance, la volonté ni le courage de prendre des mesures contre leur propre fanatisme. L’administration Bush, par contre, devrait cesser de courtiser les régimes arabes corrompus et reconnaître qu’Israël se bat pour sa survie, qu’Israël fait preuve de beaucoup de retenue et que sa lutte contre le terrorisme est tout aussi légitime que la sienne. Au lieu de critiquer la politique d’Israël, nous devrions plutôt l’étudier.
 
   Récemment, nos propres forces [c’est un Américain qui écrit] ont été fortement critiquées pour avoir causé la mort de civils en Afghanistan. Certaines factions afghanes, avec leurs motivations complexes, ont dit que nous avons attaqué une innocente fête de mariage. Bien entendu, les médias internationaux ont vite fait de déplorer la malveillance américaine (malgré le fait que nous ayons renversé un régime politique monstrueux et conquis un pays réputé impossible à prendre, tout en limitant les pertes civiles à quelques centaines de personnes). Même si les vidéos de combat montrent bien que l’on a ouvert le feu sur nous en premier, nous nous sommes quand même confondus en excuses, et nous avons promis de prendre davantage de mesures de précaution à l’avenir.
 
   Tout comme pour les Israéliens, notre riposte militaire était justifiée. Ce sont les excuses qui n’ont pas de sens.
 
   La guerre contre le terrorisme doit être menée intelligemment, mais les terroristes eux-mêmes doivent être poursuivis sans remords. Lorsque des terroristes essaient de se cacher au sein de la population civile, nous devons les poursuivre sans hésiter. Nous ne devons leur accorder aucun havre. Si les terroristes se cachent derrière leurs voisins, c’est à eux que l’on doit reprocher la mort de civils. S’ils tentent d’utiliser leur famille comme protection, c’est à eux que l’on doit reprocher la mort de leurs proches. Le monde doit comprendre que lorsque des civils permettent à des terroristes de se servir d’eux, ces civils deviennent des cibles militaires légitimes. Il ne s’agit pas ici d’avoir de belles manières diplomatiques. Il s’agit d’une lutte pour exterminer des monstres.
 
   Au début de ce mois, on a dénoncé les Israéliens lorsqu’ils ont parlé d’un projet de déportation des familles des terroristes de la Cisjordanie à Gaza. Bien sûr, les Européens et notre propre Gauche en déroute ont commencé à comparer ce plan aux trains de la mort vers Auschwitz. L’incurable nostalgie européenne pour la Conférence de Wannsee (où, en 1942, les Allemands ont élaboré les moyens pour mettre en oeuvre la «solution finale») permet d’une certaine façon de comprendre la haine des Européens envers Israël. Par contre, l’enthousiasme dont la Gauche américaine fait preuve lorsqu’elle compare les survivants de l’Holocauste à ses auteurs est aussi malhonnête qu’il est de mauvais goût.
 
   Les Israéliens ont commencé à établir un lien crucial : les terroristes et leurs familles. En effet, au Proche-Orient, les armées arabes sont peu efficaces parce que leurs soldats ne ressentent pas un attachement profond envers leur État. Dans le monde Arabe, et dans certaines cultures qui lui sont associées, la loyauté s’exprime avant tout envers la famille. Devant l’inévitable, les Israéliens, et nous-mêmes Américains, devons être prêts à poursuivre les terroristes par le biais de leurs familles.
 
   Bien entendu, nos conventions démodées rendent cette proposition anathème. Ainsi, lorsque nous avons à faire avec une culture où seules la foi et la famille comptent pour nos ennemis, nous nous entêtons à combattre leurs gouvernements et à négocier avec des organisations politiques qui ne sont rien moins que des groupes de voyous affublés de représentation diplomatique. Nous perdons notre temps.
 
   En attendant, peu de critiques d’Israël protestent lorsque les mères et les pères palestiniens font l’éloge des suicides macabres de leurs enfants, ou acceptent de l’argent taché de sang en provenance de Riyad ou de Bagdad. On se rend compte de la force de la famille au Proche-Orient lorsque l’on regarde de plus près tous les kamikazes. Aucun d’entre eux n’était le proche d’un chef du Hamas ou d’un leader d’une autre faction palestinienne. Les kamikazes utilisés pour perpétrer des assassinats de masse en Israël proviennent toujours de familles marginales. Les leaders terroristes n’enverraient pas plus leurs propres fils et filles comme kamikazes qu’ils n’iraient eux-mêmes.
 
   Si vous ne pouvez tuer votre ennemi, alors menacez ce qui lui est cher. Forcez-le à se dévoiler et à vous affronter. Aujourd’hui, nous n’avons pas l’audace de faire cela. Demain, par contre, nous y serons peut-être obligés.
 
   Entre-temps, pendant que les États-Unis apprennent lentement le vrai sens de la guerre contre le terrorisme, les Israéliens continuent de se battre contre la vision arabe de l’anéantissement des Juifs. Israël fera ce qui est nécessaire, de la façon la plus humaine possible. Mais quoi qu’Israël fasse ou ne fasse pas, quels que soient sa réussite et le soin qu’il prend d’éviter des pertes civiles, il sera détesté par ceux qui applaudissent les ennemis de l’humanité, ceux qui vivent en sécurité à Strasbourg, à Stockholm ou sur le campus de Harvard.
 
   Les critiques continuent à prétendent que les attaques contre les terroristes ne sont sans effet, puisque les résultats ne sont pas instantanés. Mais la guerre contre la terreur est une guerre d’usure et elle ne peut être gagnée qu’après des décennies. Il se peut qu’il faille attendre des années avant de voir les résultats pratiques des efforts qu’Israël fait aujourd’hui. De toutes façons, rien n’est pire que la lâcheté et l’inaction.
 
   Ces mêmes critiques vous diront qu’en tuant des civils au cours de leurs attaques, Israël ou les Américains font de ces civils des ennemis. C’est absurde. Les civils qui protègent les ennemis d’Israël ou ceux des États-Unis sont déjà anti-Israël et anti-Américains. Par contre, si nos attaques contre les maîtres de la terreur sont perçues comme inévitables, ces mêmes civils se retourneront contre les terroristes qui essaient de se servir d’eux comme boucliers. Cela c’est déjà produit en Afghanistan.
 
   Les terroristes et leurs partisans doivent comprendre qu’ils ne pourront se cacher nulle part. Ni dans leurs maisons, ni dans les églises ou les mosquées, ni dans des pays étrangers. Cette guerre doit être menée sans compromis. Il s’agit avant tout d’une lutte de volontés. Toute excuse est une forme de capitulation.

(M. Peters, officier de l’armée à la retraite, est l’auteur de
Beyond Terror : Strategy in a Changing World, Stackpole, 2002. )
 
--Traduction par Renée Levy pour reinfo-israel.com (www.reinfo-israel.com).

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