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Communiqué Isranet
février 2002
Un service de l’I.C.R.J.
l ’Institut canadien de recherches sur le Judaïsme

Prof. Frederick Krantz, Directeur

Numéro 17 • vendredi le 22 février, 2002

Un intellectuel égyptien en soutien à la paix
Institut de Recherche Médiatique du Proche-Orient (MEMRI)
Dépêche spéciale--N° . 169, 29 décembre, 2000

Depuis l'irruption de la violence israélo-palestinienne en septembre 2000, les voix soutenant les négociations avec Israël dans le camp de la paix égyptien ont diminué significativement, alors que les déclarations anti-israéliennes dans les media égyptiens ont augmenté. L'avocat de la paix Amin-Al Mahdi est un des très rares journalistes à continuer à prôner la négociation avec Israël. Voici des extraits d'un article récent d’Al-Mahdi, publié dans le quotidien londonien de langue arabe Al-Hayat.[1]

L'Extrémisme Arabe Empêche une Paix Réelle

"...Arafat avait besoin d'un paravent arabe [pour pouvoir accepter les propositions de Camp David]. Mais ce paravent fut lent à venir-- et Arafat commença, une fois de plus, à parler d'une guerre d'indépendance, comme quelqu'un se tirant une balle dans le pied."

"Ce fut la dernière version de [nombreuses] occasions de paix manquées dans [l'histoire du] problème palestinien. Il était clair dès le début que les manifestations qui ont éclaté dans le monde arabe ne contrariaient pas outre mesure les gouvernements arabes. Dans certains pays arabes, les manifestants qui dévastèrent et incendièrent des biens publics et blessèrent grièvement des dizaines d'agents des forces de l'ordre n'encoururent même pas de poursuites."

"Dans cette atmosphère, les slogans fondamentalistes champignonnèrent, alors que la justice, l'humanisme et les droits de l'homme étaient abandonnés. Le président d'un pays arabe [Iraq] exigeait des terres adjacentes à Israël afin de pouvoir prendre le commandement de la guerre pour la libération de la Palestine; le président d'un autre pays arabe [Syrie] demanda que soient annulés tous les accords arabes avec Israël; un troisième président [du Yémen] demanda qu'un djihad soit lancé pour libérer Jérusalem et les terres palestiniennes de la rivière [le Jourdain] jusqu'à la mer [Méditerranée]. Le chef d'un certain parti politique égyptien déclara qu' ‘Israël doit être jeté à la mer’ -- une déclaration qui fut retouchée par la presse égyptienne pour donner : ‘le sionisme doit être jeté à la mer’; un des chefs du Fatah déclara même : ‘L'Intifada doit être exportée partout à travers le monde arabe afin de renverser les dirigeants traîtres, de telle sorte que la Palestine puisse être libérée.’ En effet, ils sont arabes."


"Ainsi, soumis à un inimaginable cercle vicieux, les Arabes reproduisent infatigablement et désespérément le même moment historique depuis cinquante ans. La première fois fut le 14 mai 1948, quand ils rejetèrent le plan de partage de la Résolution 181, qui conduisit le jour suivant à la guerre [de 1948], et nous connaissons le reste de l'histoire. La seconde fois fut le 4 juin 1967, quand l'Egypte ferma le golfe d'Aqaba aux bateaux [israéliens]-- un acte qui se termina par la guerre des 6 jours, et nous connaissons aussi le reste de l'histoire. La troisième fois, ce furent les opérations suicides de mai 1996 en Israël, après lesquelles Natanyahou arriva au pouvoir. Après chacun de ces moments historiques, les gémissements arabes suivirent rapidement."

Intifada 87 contre Intifada 2000

Al-Mahdi critique la croyance répandue selon laquelle le combat d'aujourd'hui est similaire à l'Intifada de 1987. Il met en évidence les différences existant entre "l'Intifada" de 1987 et "la guerre" de l'an 2000 :

1. "L'Intifada de 1987 aida à diviser le public israélien entre camp de la paix et camp de la guerre. La guerre de l'an 2000, au contraire, a unifié la société israélienne.


2. L'Intifada de 1987 se focalisa sur les droits de citoyenneté, sur la justice et l'humanisme; la plupart des slogans de la guerre de l'an 2000, au contraire, sont religieux et confus.

3. L'Intifada de 1987 rassembla d'écrasants soutiens internationaux alors que la guerre de l'an 2000 est conduite au milieu d'une sorte d'isolement [international].


4. Au cours de l'Intifada de 1987, Israël était perçu comme seule partie coupable et les Palestiniens comme seule victime; dans le portrait médiatique de la guerre actuelle, au contraire, les deux parties sont coupables, même si c'est à des degrés différents.

5. L'Intifada de 1987 éclata en réaction au contexte de l'occupation, alors que la guerre de l'an 2000 éclata dans des territoires sous contrôle palestinien, après plusieurs accords de paix, et en pleine époque de négociations sur le statut permanent.


6. Comme résultat de l'Intifada de 1987, l'OLP entra dans les territoires occupés : la guerre de l'an 2000, au contraire, a dépouillé l'entité palestinienne. Les infrastructures, les institutions et les symboles de l'Autorité Palestinienne ont été détruits, et l'existence même d'Arafat a été compromise. La guerre a ouvert la porte à la désintégration de la société palestinienne et du gouvernement, en faisant des entités locales, tribales et fondamentalistes.

7. L'Intifada de 1987 était un combat populaire dans tous les sens du terme. Les opérations militaires étaient réduites au minimum. Dans la guerre actuelle se trouvent au contraire de nombreuses forces armées et organisées comme la police, l'appareil de sécurité préventive, les appareils de sécurité et de renseignement, les Tanzim et les milices armées du Fatah.


8. Le caractère civil de l'Intifada de 1987 plaça sur le devant de la scène l'élite culturelle et politique qui menait le public; dans la guerre actuelle, au contraire, le statut de personnalités militaires ou sécuritaires comme Muhammad Dahlan, Marwan Bargouti, Hajj Isma'il Nasser et Tawfiq Tirawi a été promu...

9. Le nombre de morts et de blessés en cinq ans d'Intifada est égal au nombre de pertes des six [premières] semaines de la guerre de l'an 2000."


Le Fascisme Mène le Conflit

Al-Mahdi fait plusieurs observations à propos du rôle de la culture politique arabe dans les violences actuelles :

a. "La raison principale de la visite de Sharon à Al-Aqsa était son désir de saper l'accord de paix avec les Palestiniens. Les Arabes, cependant, sont allés dans le sens de Sharon. Ainsi, ils adhérèrent à l’une des règles primordiales du conflit au Moyen-Orient : l'alliance indirecte entre forces d'expansion sioniste et fascisme arabe...


b. Il existe une autre alliance entre régimes politiques autoritaires et forces fascistes représentant à la fois l’idéologie pan-arabe et l’idéologie religieuse [islamiste].

c. L'histoire nous enseigne que l'objectif des accords de paix arabes avec Israël n'a jamais été d'atteindre une paix véritable menant à la démocratie, la modernisation, le développement et la coopération régionale. Le véritable objectif a été et continue d’être de résoudre les crises [internes]-- de camoufler l'incapacité des régimes arabes à s'adapter à la vie moderne et de justifier les ambitions territoriales dans la région...


d. Le leadership palestinien a démontré qu'il faisait peu de cas d'un fait historique de base : les accords de paix avec Israël ont toujours tourné à l'avantage des Arabes-- les guerres ont conduit les Arabes à des pertes et des défaites, alors que tous les gains [arabes] ont été atteints par des négociations.

e. Le sommet arabe tenu au Caire a délivré un important message de paix. [2] Cependant, au même moment, les media arabes lancèrent une guerre et créèrent une atmosphère de violence en utilisant des slogans fondamentalistes...


f. Il est temps de passer en revue le comportement du leadership palestinien en temps de crise, des événements de septembre 1970 [en Jordanie], à ceux du Liban, sa position dans la guerre du golfe, et finalement l'établissement de 11 appareils de sécurité sur 450 kilomètres carrés [de territoires palestiniens] au cours de la première étape de la mise en place de l'entité palestinienne. En d'autres termes, un autre état policier arabe a été fondé, avec ses habituelles bandes mafieuses...

g. Les politiciens et media arabes ont exagéré l'ampleur de la réussite et la victoire de la résistance libanaise[Hezbollah]... venant d’un simple succès tactique sur un front de petite taille, et qui n’eut aucune espèce d’influence sur l'équilibre des forces dans la région. Cette exagération fut la raison de la reviviscence de la mentalité guerrière dans les esprits arabes.


h. Alors que le monde devient unipolaire et que les USA remplissent les rôles diplomatiques, politiques et économiques dans tout le monde arabe, des voix s'élèvent, appelant au boycott des marchandises américaines, à la rupture des relations avec Washington, et même au déclenchement d'une guerre contre les Etats-Unis. [Ces cris] sont devenus un rituel folklorique rappelant l'usage du Tam-Tam en Afrique..."

La Paix a Besoin de la Démocratie Arabe

"L'esprit arabe s'est révélé maintes fois comme étant simplement un esprit religieux. Ainsi, d'une action rationnelle, [le combat pour] les droits des Palestiniens s'est mué en une expression de haine et de violence. Les émotions politiques ont pris la place de la raison; la glorification du suicide, du meurtre et l'absence de respect pour la vie humaine sont devenus [des valeurs] primordiales...La mentalité arabe n'a pas réalisé que même des accords de paix imparfaits sont préférables à la guerre. En effet, de tels accords n'octroient pas tous les droits ou une paix parfaite : la vraie paix, c’est la démocratie, la coexistence, le développement et la modernisation-- autant de choses auxquelles les régimes autoritaires arabes ne sont pas prêts...."

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[1] Al-Hayat (London- Beyrouth), le 6 décembre 2000.
[2] Référence aux résolutions du sommet arabe qui ignorent les appels à la guerre des facteurs extrémistes du monde arabe, et à une prise de position claire du président égyptien contre la guerre avec Israël.

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Le Communiqué Isranet essaie de diffuser une grande variété d’opinions sur Israël, le Judaïsme et le Moyen-Orient. Les articles et documents reproduits expriment l’opinion de leurs auteurs et ne représentent pas nécessairement au point de vue de l’Institut.

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Numéro 16 • vendredi le 15 février, 2002

Rencontres Bush-Sharon: La visite clé fut la première
John Podhoretz
The Weekly Standard, 18 février 2002

Le premier ministre Ariel Sharon a rendu visite à la maison Blanche de Bush pour la quatrième fois la semaine dernière. Le premier sujet de la visite de Sharon était le sort et l'avenir du patron de l' autorité palestinienne, Yasser Arafat. Arafat est sous arrestation virtuelle dans la bande de Gaza depuis décembre. Un acte d' humiliation calculé qu'Israël a entrepris avec l'accord de l'administration Bush. Arafat n' a plus été à la Maison Blanche depuis le départ du président Clinton, un changement drastique pour le leader étranger qui fit plus d'apparitions au 1600 Pennsylvania avenue [adresse de la Maison Blanche] durant l'administration précédente que sous toutes les autres.

Les relations entre les USA et Israël ont connu un profond changement depuis les deux derniers mois. Le Département d'État ne restreint plus Israël dans la foulée des attaques terroristes palestiniennes sur des civils. Le blâme sur l'état désastreux des relations israélo-palestiniennes est placé fermement sur le dos de l'Autorité Palestinienne et de Yasser Arafat. Durant son discours sur l'État de l'Union, le président a ajouté les groupes de terreur palestiniennes, le Hezbollah et le Hamas sur la liste des organisations terroristes considérées comme ennemies des USA. La cause ostensible de la nouvelle ligne dure américaine a été la tentative des palestiniens de faire entrer en fraude 50 tonnes d'armement depuis l' Iran, incluant des missiles qui pouvaient bombarder les villes israéliennes, à bord du navire Karine A. Mais durant les mois qui précédèrent la saisie du navire en janvier, Arafat avait déjà empoisonné les relations entre Colin Powell et son envoyé personnel, Anthony Zinni en mentant sur les arrestations de terroristes palestiniens qui furent tués subséquemment alors qu'ils roulaient en liberté sur les routes de Gaza ou de Cisjordanie.

Le tournant en ce qui concerne Arafat a été si brusque, et le ton du gouvernement des USA a été si blessé, qu'il y a certainement d'autres trahisons que nous ne connaissons pas.

Cependant le changement opéré en faveur d'Israël ne peut encore être un simple résultat d'une pique ou d'un choc à la vision des autorités palestiniennes s'armant jusqu'aux dents. Ce changement peut aussi être vu comme le sens propre de la mission de Bush qu' il assume à la suite du 11 Septembre. Les Palestiniens ont engagé une guerre de basse intensité contre Israël depuis presque un an quand Al Quaeda frappa les USA. La conviction profonde de Bush que le terrorisme pose une menace à l'ordre civilisé autour du monde ne peut coexister avec une politique rhétorique traitant des rapports entre une démocratie occidentale et une organisation terroriste déguisée en légitime autorité politique.

Mais les racines de la détermination de Georges W Bush de se tenir aux côtés d'Israël ont été plantées le 1er décembre 1998 quand le gouverneur du Texas était en Israël lors de sa première visite. Ariel Sharon était alors le ministre des affaires étrangères du gouvernement de Benjamin Netanyahu ,et ce jour là il emmena Bush et trois autres gouverneurs républicains en hélicoptère.

Le haut point de la visite d'un dignitaire étranger en Israël consiste en un long tour de Yad Vashem, le mémorial de l'Holocauste de Jérusalem. Les hommes politiques israéliens ont toujours cru au pouvoir magique de la visite de Yad Vashem et de son pouvoir à convaincre les ignorants ou les américains ne connaissant pas de la grandeur de la souffrance des Juifs au cours du siècle passé, et de là, de la nécessité d'un État Juif.

Mais le moments le plus éclairant du voyage de Bush fut son vol en hélicoptère avec Sharon. Sharon n'essaya à aucun moment de mettre en valeur le rôle de victime des Juifs. A la place il montra à George W. Bush et aux autres gouverneurs les simples faits géographiques d'Israël et en fit un argument au sujet des menaces stratégiques et tactiques pesant sur les Juifs à ce moment et dans le futur.

Depuis les airs, une leçon puissante fut donnée au sujet de la géographie implacable du moyen orient et cela ne dura que des minutes. L'État Juif est si petit qu'à certain points il n'y a que 9 miles entre la mer Méditerranée et la Cisjordanie. Il est souvent difficile pour les Américains de comprendre qu'Israël est si petit en regard de la place qu'il prend dans l'actualité internationale. Mais Bush le Texan l'a bien compris. Il a une fois plaisanté dans un discours à l'AIPAC (Comité des Affaires Publiques Amérique-Israël) en disant que certaines chemins privatifs dans les jardins de maisons au Texas sont plus grands.

Les frontières israéliennes avec le Liban au nord sont sous la menace constantes du groupe terroriste Hezbollah. Au nord-est on trouve la frontière avec la Syrie Juste en dessous, la Jordanie, étroite et faible et au delà l'Iran et l'Iraq, grandes et aventureuses. L'Iran paie les Hezbollah pour menacer Israël. Les missiles Scud irakiens tirés sur Israël mettaient 12 minutes pour atteindre leur cible durant la guerre du Golfe.

La proximité de centres de peuplement arabes et juifs rend clairement insoutenable l'idée d'une pure séparation entre les deux peuples. La majeure partie de l'eau qui alimente Israël provient du territoire qui selon la logique des accords d'Oslo deviendrait l'État Palestinien.

Et les arguments selon lesquels Jérusalem pourrait être facilement divisée est un non sens quand vous voyez des quartiers juifs comme Gilo et Maale Adumim depuis les airs. Ils furent construits sur des territoires jordaniens avant 1967 et les Palestiniens les appellent des colonies, mais les comparer à des redoutes constituées de quelques maisons au sommet d'une colline judéenne est ridicule. Ces quartiers sont tellement imbriqués dans la Jérusalem juive qu'il est presque inconcevable de considérer qu'ils puissent être rétrocédés aux Palestiniens.

Bush refusa de répondre aux journalistes durant ce voyage mais ses compagnons de voyage, le futur président du Comité républicain Marc Racicot, et le futur ambassadeur au Canada, Paul Celluci, le firent. Ils déclarèrent qu'ils étaient stupéfaits de voir comme Israël était petit et combien grand était le monde arabe et la population arabe entourant Israël.

La relation soudée entre Bush et Sharon ce jour là peut être une des amitiés les plus inattendues de notre époque, particulièrement si on considère l'attitude de la première Administration Bush envers le sionisme musclé représenté aujourd'hui par Sharon. Mais il n'est pas exagéré de penser que la réaction de Bush aux événements du 11 septembre fut aussi influencée par ce qu'il vit depuis l'hélicoptère de Sharon ce jour là.

L'Amérique a appris le 11 septembre qu 'il n'existe pas de forteresse protégée dans un monde dangereux, même pour une nation entourée de deux océans. C'était tout le message de Sharon sur la position d'Israël trois ans auparavant. Il n'est pas étonnant qu'il résonne particulièrement pour une Amérique, et pour une Administration, plus triste, mais plus avertie que celles qui l'ont précédée.

--Traduit de l'anglais par Marc Delcour spécialement pour "Reponses-Israel" (http://fr.groups.yahoo.com/group/Reponses-Israel).

(John Podhoretz est éditorialiste pour le New York Post.)

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Quelle Autorité Palestinienne?
Editorial
The New Republic, 18 février 2002

Yasser Arafat est l'un des derniers grands survivants de son époque, mais il a peut-être survécu à son propre symbole. Politiquement parlant, il se survit à lui-même. Il est le simple gardien d'un lieu où la politique palestinienne n'a pas encore émergé. Il tient sa marginalisation, son impuissance historique, non simplement des tanks israéliens qui l'entourent à Ramallah, mais en ne méritant pas de contreparties, à cause de son échec à livrer à la justice les Palestiniens qui ont assassiné un ministre israélien en exercice, et pas simplement à la rancune tenace d'Ariel Sharon contre lui. Il doit son impuissance à l'échec de n'avoir délivré à son peuple qu'un sens putride de l'injustice, un apitoiement de soi-même grand comme la Palestine.

Arafat a été condamné à être un marginal de l'histoire contemporaine, de par son propre parcours. Sa condamnation n'est pas le seul fait de l'état d'Israël. La chose réellement remarquable au sujet de l'isolement physique et diplomatique de Yasser Arafat, c'est le soutien qu'il obtient de la part du gouvernement des États-Unis et le fait que les gouvernements de la plupart des pays arabes n'expriment pas d'oppositions ni de colère. L'homme semble avoir atteint les limites de sa flexibilité maximum. Il est très satisfaisant d'observer ce spécialiste de l'esquive, un homme qui exploite les faiblesses de chacun, ne plus réussir à fuir, et ne plus trouver aucune indulgence. Lors de la réunion de l'an 2000 à Camp David, et ensuite en 2001 à Taba, il s'est vu offrir presque tout, et le refusa. Peut-être comptait-il sur la faculté d'oubli du monde, mais étrangement, personne n'a oublié.

Et cependant il est important de penser au delà de la diabolisation de Yasser Arafat, car ce n'est pas la fin de l'histoire. L'histoire est plus impitoyable que ça. Car il y a Arafat, et il y a le peuple palestinien. La déconsidération d'Arafat est justifiée, mais elle entraîne le danger de réduire l'analyse du conflit israélo-palestinien à une différence de perception d'un seul homme. Ce qui est réellement inquiétant dans ce conflit n'est pas de savoir si Arafat est sur le chemin de la paix. Ce qui est réellement inquiétant, c'est que la persistance du conflit entraînera l'impossibilité d'une réconciliation israélo-palestinienne.

La controverse concernant Arafat ne doit pas faire oublier la réalité, qui est la proximité d'une guerre civile dans la communauté palestinienne. Au cours de la dernière décennie, la culture politique des Palestiniens a subi une transformation spectaculaire. La suprématie du nationalisme palestinien laïc n'est plus. Les laïques ont été submergés par les tenants du jihad islamique, et par les intoxiqués d'Allah, qui haïssent Israël ; et il n'a pas aidé les laïcs, qui ne virent en Oslo, qu'une occasion de s'enrichir eux-mêmes. Ils échouèrent dans leur but d'être une opposition au Hamas, au Djihad islamique, pour lesquels le Hezbollah représente le brillant modèle de la manière de penser et d'agir contre l'État juif.

Qui sont les Palestiniens? Sont-ils des nationalistes en quête de garanties et de dignité, ou sont-ils des millénaristes qui recherche vengeance et délivrance? Aspirent-ils à la sainteté ou au statut d'État? Désirent-ils aller au paradis ou à l'Organisation Mondiale du Commerce? On se rappellera les dernières années de gouvernement de Yasser Arafat comme la période pendant laquelle la direction palestinienne essaya d'esquiver ces questions. La stérilité de la situation actuelle des Palestiniens est la conséquence directe d'une direction qui pense pouvoir prêcher la modération le matin et le martyr le soir, une direction qui a transmis un désordre redoutable de la pensée morale et politique de la rue palestinienne.

Israël peut faire la paix avec les Palestiniens, Israël doit faire la paix avec les Palestiniens, mais pas avant que les Palestiniens ne décident de leur identité. S'identifient-ils à Abou Mazen et à sa logique diplomatique, ou sont-ils partisans de Wafa Idris et de sa bombe suicidaire? (suicidaire mais aussi meurtrière : l'auto-immolation de ces zélotes palestiniens fascinent tellement les médias que ces médias oublient quelquefois d'indiquer que ces gens sont aussi des meurtriers.) Yasser Arafat aime à croire qu'il est le symbole de tous les palestiniens, mais il ne peut les représenter tous avec cohérence. Et c'est l'incohérence de sa politique qui l'a conduit à Ramallah où il subit un petit siège. Il y a une guerre - quelquefois armée - entre Palestiniens, et cette guerre ne peut-être dissimulée par la guerre entre Israéliens et Palestiniens. Arafat refuse de prendre parti dans ce conflit interne, et ainsi il n'a aucun projet à offrir aux Palestiniens, ce qui revient à dire qu'il n'a aucun projet pour le futur des relations israélo-palestiniennes. Il est fini, mais la lutte pour une identité palestinienne n'est pas terminé ; et c'est cette lutte qui impose à Israël moins un engagement de paix qu'une obligation de vigilance.

--Traduit de l'anglais par Maurice Zajdenweber spécialement pour "Reponses-Israel" (http://fr.groups.yahoo.com/group/Reponses-Israel)

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Powell dit qu'Arafat assume la responsabilité du Karine-A
Centre d'Information et de Documentation sur Israël
et le Moyen-Orient (CID), 15 février 2002

(Reuters) - Le secrétaire d'Etat américain Colin Powell a déclaré que Yasser Arafat avait assumé la responsabilité, au nom de son gouvernement, d'une livraison d'armes interceptée par Israël en janvier.

"Il m'a adressé une lettre voici trois jours au sujet de Karine-A, en assumant la responsabilité, non une responsabilité personnelle mais en tant que président de l'Autorité palestinienne", a dit Powell à une sous-commission de la Chambre des Représentants.

Washington presse Arafat de faire la chasse aux militants et de découvrir celui ou ceux qui sont derrière l'affaire Karine-A, un bâtiment intercepté en Mer Rouge et qui transportait 50 tonnes d'armement, dont des roquettes Katioucha et des explosifs...

Powell a ajouté qu'Arafat élaborait "quelques listes" de personnes que les Etats-Unis et Israël voulaient voir derrière les barreaux. "Nous voulons en voir certains en prison, et vraiment en prison et non pas de retour dans la rue trois jours plus tard".

La violence doit diminuer, a affirmé Powell, montrant une certaine compréhension vis-à-vis de la position israélienne qui en fait un préliminaire à la reprise du dialogue.

"Il [le Premier ministre israélien Ariel Sharon] doit la sécurité à son peuple et jusqu'à ce qu'il obtienne un certain degré de sécurité, à savoir que des bombes n'explosent plus et qu'on ne passe pas son temps dans les cortèges funéraires, il ne peut ni ne veut, et c'est compréhensible, poursuivre des négociations de nature politique", a expliqué Powell.

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Numéro 15 • vendredi le 8 février, 2002

Le nouveau fascisme islamiste
Robert Wistrich
Arutz-7 News Service, 3 février 2002

Les positions du fondamentalisme musulman à l’égard du judaïsme sont de plus en plus radicales, racistes et même fascistes, par exemple le Mouvement islamique en Israël, qui nie tout lien entre le peuple juif et le Mont du Temple.

Depuis la Guerre des Six Jours, on assiste à une montée de l’intégrisme islamiste ayant pour but la transformation radicale du monde musulman et le Djihad global. Son ambition est de transformer le monde à l’image de l’Islam. Cet Islam est avant tout conçu contre l’Occident et les Juifs jouent un rôle assez diabolique et maléfique dans la vision d’ensemble des intégristes musulmans. Cette vision apocalyptique se traduit dans les faits par la violence et la terreur. La religion, et plus particulièrement l’Islam, est aujourd’hui annexée par un excès totalitaire et par une volonté d’atteindre une utopie par la force et la terreur. Ce terrorisme est centré sur la foi, qu’il manipule jusqu’au cynisme, et sacrifie des enfants et des jeunes au martyre et à la mission sacrée en promettant le paradis de l’au-delà.

Pour le peuple palestinien, le fait d’avoir un leader comme Arafat est une véritable tragédie. Depuis le début de sa carrière, Arafat n’a eu qu’un seul rêve, celui de détruire l’État d’Israël et de créer sur ses ruines un État qui ne serait qu’un État policier, dominé par une clique qui exploite son propre peuple. Il a mené son propre peuple à la ruine et tous ceux qui, en Israël, ont voulu voir en lui un partenaire ont commis une des plus lourdes erreurs de l’histoire.

Il y a quelques jours, Arafat déclarait aspirer à mourir en Shaïd. Il y a chez lui un symbolisme profondément islamiste, même s’il s’exprime essentiellement dans les moments de crise où il se trouve le dos au mur. Dans le mouvement palestinien national, la coopération entre le Fatah et le Hamas a toujours existé malgré une certaine divergence de vues. L’ennemi reste commun et il y a des symboles islamiques, il y a la culture populaire de l’Islam, qui est bien enracinée dans les masses, et il y a toute cette terminologie de Shaïd, de martyre, qui doit libérer Jérusalem. Les Palestiniens partagent également l’idéal, qui est plutôt celui du Hamas, selon lequel toute la terre de Palestine est une terre sacrée, qu’on ne peut en aucun cas compromettre.

D’après les sondages, une grande majorité de Palestiniens soutiennent les missions suicides et peu d’Arabes sont prêts à accepter un pacte avec Israël. Tout le monde a aujourd’hui connaissance de ce qui est enseigné au sujet d’Israël et des Juifs dans les écoles et les Arabes ne se cachent pas du message prêché dans les mosquées. C’est cet endoctrinement qui produit les missions suicides, les dévastations et les tragédies auxquelles nous assistons.

D’autre part, je ne crois pas que les intellectuels musulmans d’Occident aient progressé dans leur prise de conscience. De manière plus générale, il est évident que la classe intellectuelle d’Europe a une part de responsabilité très lourde dans la façon dont elle a banalisé le sujet du terrorisme. En ce qui nous concerne, nous les Juifs, le plus grave est que nous ayons totalement occulté le sujet de l’antisémitisme islamiste comme s’il n’était pas important. Ces derniers temps seulement, il refait surface, mais la tendance à nier la réalité persiste. En France, par exemple, le gouvernement et les médias contestent la présence d’antisémitisme même quand des agressions sont commises contre des synagogues et contre des Juifs.

Les discours anti-mondialistes d’une certaine gauche européenne fusionnent en quelque sorte avec l’islamisme radical dans leur critique de l’Occident, des États-Unis, du monde capitaliste et impérialiste. Une partie du soutien apporté aux Palestiniens provient d’images très simplistes (comme, par exemple, les pierres face aux fusils ou des jeunes qui, dans leur lutte pour leur émancipation et leur indépendance, font face à des hélicoptères tirant des missiles) rapportées sans explication par les médias, qui éliminent toujours le contexte et qui ne rappellent jamais les agressions provenant des Palestiniens . Dans ce contexte, de nombreuses personnes peuvent imaginer que les Palestiniens sont les victimes innocentes de « l’agression », de l’oppression et de « la tyrannie » israéliennes. Durant des années, on a entendu que l’extrémisme islamiste et l’antisémitisme ne sont que la conséquence du conflit, alors que même si l’État d’Israël n’existait pas, on constaterait les mêmes éléments de radicalisme islamiste et de terrorisme. Mais ce n’est pas par hasard s’ils s’en prennent aux Juifs, c’est parce qu’il y a des sources coraniques, religieuses islamistes et racistes, où le Juif est totalement méprisé et déshumanisé. L’État d’Israël et le peuple juif y sont véritablement diabolisés.

Dans le modèle européen du fascisme des années 1930-40, on retrouve le culte de la virilité et du machisme, qui sont très forts chez les islamistes. La divinisation de la mort et de la violence des fascistes et des islamistes est identique. Leur antisémitisme se base de la même manière sur des théories du complot de Juifs maléfiques et sataniques, qui veulent dominer le monde. Les islamistes radicaux sont également portés par une sorte de modernisme réactionnaire où ils adoptent et emploient la technologie moderne pour leurs projets de violence et où, dans un même temps, leur idéal utopique est tout à fait réactionnaire. Ils veulent revenir au VIIe siècle (premier siècle de l’Islam), aux temps où l’Islam dominait le monde. Le militantisme composé de guerre et de politique, le plaisir de détruire et le côté suicidaire de leurs actes de terrorisme sont des éléments très fascistes.

La seule solution à cette radicalisation ne peut venir que du monde musulman, dans lequel les éléments modérés et rationnels sont plutôt faibles. Les Européens, les Israéliens et même les États-Unis, qui ont écrasé les Talibans, ne peuvent anéantir le courant fanatique islamiste dans tout le monde arabe. La mutation qui s’est produite à l’intérieur du monde musulman doit se régler à l’intérieur de ce monde et ce sera sans doute très long.

(Robert Wistrich, professeur d’histoire juive à l’Université Hébraïque
de Jérusalem, est spécialiste de l’antisémitisme et de l’Holocauste)


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Les médias arabes à propos du discours sur « l'état de l'Union »:
Bush rappelle Hitler, Ben Laden et Shylock

L'Institut de Recherche Médiatique du Proche-Orient (MEMRI)
Dépêche Spéciale, No. 341, 5 février 2002

Le discours sur « l'état de l'Union » prononcé par le président des Etats-Unis George W. Bush le 29 janvier 2002 a suscité de vives réactions de la part des médias arabes, (...) en particulier son affirmation selon laquelle l'Iran, l'Irak et la Corée du Nord représentent "l'axe du mal" dans le monde. Salameh Ahmad Salameh, chroniqueur pour le quotidien gouvernemental égyptien Al-Ahram, déclare : "Le président Bush a tenu des propos en tout similaires à ceux de Ben Laden dans ses cassettes vidéo" (1) tandis que Galal Duweidar, directeur du quotidien gouvernemental égyptien Al-Akhbar, compare le président des Etats-Unis à Shylock. (2).

Abd Al-Bari 'Atwan, directeur du quotidien londonien de langue arabe Al-Qods al-Arabi, a réagi encore plus durement, comparant le président Bush à Hitler. Dans un article intitulé "Un Président Impétueux et Vulgaire," 'Atwan écrit :

"Le président américain George Bush, dont tout le monde connaît la témérité et l'inexpérience, est apparu dans son 'Discours sur l'Etat de l'Union' (...) comme un leader assoiffé de sang et rongé par l’envie de déclarer la guerre à la moitié du monde pour satisfaire son besoin de vengeance et obéir entièrement à l'écœurante incitation [à la violence] israélienne qui découle des intérêts de l'Etat hébreu - même si [pour satisfaire] ces intérêts, il faut détruire le monde entier."

"Le triangle du mal évoqué par le président américain ne représente pas une menace véritable pour la sécurité et les intérêts des Etats-Unis - alors que les côtés de ce triangle, principalement irakiens et iraniens, compromettent les aspirations expansionnistes d'Israël (...)."

"Le président Bush voudrait déclarer la guerre à l'Irak et l'Iran parce que ces derniers cherchent à obtenir des armes de destruction de masse. Ce faisant, il ne voit pas les armes qui s'accumulent dans l'arsenal israélien (...). Il ne voit pas non plus [les ADM] des arsenaux chinois, russes et indiens (...)."

"Le discours enflammé du président Bush nous rappelle les discours du Nazi Adolf Hitler. Ses menaces adressées à l'Iran et l'Irak nous rappellent celles qu'Hitler a adressées à la Pologne et à la Tchécoslovaquie. C’est pourquoi le monde entier doit se mobiliser pour l'arrêter et stopper ses actions téméraires avant qu'il ne sombre dans des guerres destructrices qui feront de la première et de la deuxième guerre mondiales des petites batailles."

"C'est le discours d'un président battu qui joue au président triomphant. La guerre américaine contre le terrorisme en Afghanistan n'a, jusqu'ici, remporté que des victoires mineures sans rapport avec le prix élevé que les Etats-Unis ont eu à payer, et auront peut-être encore à payer pour atteindre leurs objectifs (...)."

"Le président Bush profère des menaces pour dissimuler cette réalité, passer sur les pertes politiques et les pertes en vies humaines qui n'ont pas été rendues publiques en Afghanistan (...)."

"Il a essayé de terrifier les pays arabes et islamiques, insistant sur l'Iran qui arrive mieux que quiconque à contrecarrer ses conspirations en Afghanistan. Mais Ali Khamenei, le dirigeant suprême d'Iran, a ridiculisé ces menaces, rappelant au président américain les pertes humiliantes que son pays a essuyées après s’être essayé au complot contre l'Iran."

"Avec ces menaces idiotes, le président Bush a accompli le miracle de rapprocher l'Iran et l'Irak – ce que beaucoup avant lui avaient tenté de faire sans y parvenir. Il a créé un front global contre la politique de terreur injustifiée qu'il mène."

"L'Irak et l'Iran ne sont pas les talibans, pas plus que la Corée du Nord. Ils ont un armement de pointe, une expérience culturelle vielle de milliers d'années qui trouve ses racines dans les profondeurs de l’histoire. Si ces deux pays étaient attaqués, leur destin serait différent de celui des talibans."

"Si le président américain a perdu l'esprit à cause des actes d'un seul homme comme Ben Laden - le leader d'une organisation dont les membres sont au plus quelques centaines, dans quel état serait-t-il s'il devait faire face à une alliance de l'Iran, l'Irak, la Corée du Nord, la Syrie, le Hamas, le Djihad [islamique] et le Hezbollah - qui ont tous une histoire riche en combats et en guerres (...) et une expérience 'effrayante' des opérations accomplies à l'étranger ?"

"Le président américain joue avec le feu. Il est comme un déséquilibré à qui ont aurait donné un fusil et qui se trouverait sur le point de sortir dans la rue pour tirer à vue sur les passants. C’est pourquoi les personnes avisées de ce monde doivent l'arrêter sans attendre et lui reprendre son arme avant qu'il ne soit trop tard."

"J'admets avoir ressenti de la douleur et de la déception en voyant les représentants du peuple américain [le Congrès] applaudir le président Bush et soutenir ses menaces. Cela causera sans aucun doute beaucoup de tort aux intérêts de leur électorat et conduira leur pays à la faillite, si ce n’est à l'effondrement. L'axe du mal dans le monde n'est pas l'Iran, l'Irak et la Corée du Nord ; c'est l'Amérique et Israël (...)". (3)

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(1) Al-Ahram (Egypte), 2 février 2002.
(2) Al-Akhbar (Egypte), 1er février 2002. Anis Mansour, chroniqueur d'Al-Ahram, avait qualifié la semaine précédente le traitement américain des prisonniers en provenance des talibans à Guantanamo Bay de « pire que le traitement des Juifs et des opposants chrétiens par Hitler ». Voir la Dépêche Spéciale 340 de MEMRI.
(3) Al-Qods al-Arabi (Londres), 1er février 2002.

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Le Communiqué Isranet essaie de diffuser une grande variété d’opinions sur Israël, le Judaïsme et le Moyen-Orient. Les articles et documents reproduits expriment l’opinion de leurs auteurs et ne représentent pas nécessairement au point de vue de l’Institut.

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Numéro 14 • vendredi le 1 février, 2002

La notion de "cycle de la violence" est un mensonge moyen-oriental
Yossi Klein Halevi
Los Angeles Times, January 23, 2002

Il n'y a pas de "cycle de la violence".

D'un côté il y a des fanatiques religieux qui sont violents et odieux mais sont discrédités par le grand public et répudiés par la plupart des dirigeants religieux. De l'autre, il y a des fanatiques religieux qui sont violents et odieux et sont célébrés par le grand public comme des saints.

Un côté est prêt à un compromis pour la paix et a abandonné son rêve de posséder entièrement la terre contestée. L'autre côté insiste sur la propriété absolue de toute la terre. Un côté est prêt à ne plus se disputer sur l'histoire pour donner la priorité à l'avenir. L'autre côté continue à mener des guerres médiévales contre des infidèles.

Un côté est arrivé à la conclusion difficile que les deux côtés dans ce conflit qui dure depuis des décennies ont infligé et souffert des injustices. L'autre côté maintient qu'il est seul a avoir souffert l'injustice et attribue tous les torts à son ennemi.

Un côté croit qu'il s'agit d'un conflit tragique entre deux mouvements nationaux légitimes. L'autre côté maintient que c'est un conflit entre des indigènes et des intrus étrangers.

Un côté avait tellement assez d'être un "occupant" qu'il a donné le pouvoir à son ennemi mortel, a armé ses forces terroristes et lui a offert une souveraineté partagée sur sa ville capitale. L'autre côté râle contre l'injustice d'une occupation à laquelle l'occupant a proposé de mettre fin.

Un côté a accepté des compromis internationaux pour une solution paisible au conflit du Proche Orient, à commencer par la Commission Peel en 1937, en passant par le Plan de partage de l'ONU en 1947, par Camp David en 2000 et Taba en 2001. L'autre côté a répondu à chacun de ces compromis par le terrorisme et la guerre, puis se plaint au monde de l'injustice de ses défaites.

Un côté s'est tourné vers son dirigeant dur actuel seulement après que son dirigeant pour la paix est revenu des négociations avec la guerre comme contre proposition. L'autre côté n'a jamais produit une direction engagée au compromis.

Un côté enseigne des chants de paix à ses enfants. L'autre côté enseigne des chants de sang et de feu à ses enfants.

Un côté maintient des média libres qui critiquent leur propre gouvernement et armée et relate les souffrances de l'autre côté. L'autre côté maintient des média contrôlés qui dit à son peuple que l'Holocauste n'a jamais eu lieu et que le 11 septembre était un coup bien mérité contre les États Unis.

Un côté s'angoisse et débat quand son armée commet un acte immoral. L'autre côté danse dans la rue quand on commet des atrocités en son nom.

Un côté tente d'empêcher des morts civils pendant les batailles. L'autre côté définit la bataille comme une guerre contre des civils.

Un côté produit des mères qui protestent contre l'envoi de leurs fils à la guerre. L'autre côté produit des mères qui vantent les morts par suicide de leurs fils terroristes et déclarent leur accord pour sacrifier encore davantage de fils pour la cause.

Cela ne s'appelle pas un cycle de violence.

--Traduction de Bernice Dubois spécialement pour "Reponses Israel" (http://fr.groups.yahoo.com/group/Reponses-Israel).

(Yossi Klein Halevi est le correspondant en Israel de The New Republic
et fait partie de l'équipe de rédaction du Jerusalem Report. Son dernier
livre est "At the Entrance to the Garden of Eden: A Jew's Search for G-d
with Christians and Muslims in the Holy Land".)

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