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Communiqué Isranet Numéro 30 • vendredi le 31 mai, 2002 Jeningrad: ce qu'ont dit les
médias britanniques Les actions d'Israël à Jénine ont été "tout aussi répugnantes" que l'attaque d'Oussama Ben Laden sur New York, le 11 septembre, écrivait le "Guardian" dans son éditorial de une, le 17 avril 2002. "Nous parlons ici de massacre, et de dissimulation de génocide", écrivait un éditorialiste en vue pour l' "Evening Standard", le principal journal londonien du soir, le 15 avril. "En plus d'une décennie de guerres, couverte en Bosnie, en Tchétchénie, en Sierra Leone, au Kosovo, j'ai rarement observé une destruction aussi délibérée, un tel irrespect de la vie humaine", écrivait Janine di Giovanni, correspondante du "Times" de Londres à Jénine, le 16 avril. Aujourd'hui, alors que même l'Autorité palestinienne a admis qu'il n'y a pas eu de massacre à Jénine, le mois dernier - certains comptes- rendus palestiniens parlent au contraire d'une "grande victoire contre les Juifs" dans un combat au porte-à-porte, qui a fait 23 morts chez les Israéliens -, il est important de jeter un autre regard sur la façon dont les médias internationaux ont rapporté le combat qui a eu lieu là-bas. Le décompte des morts ne fait pas encore l'unanimité. L'Autorité palestinienne revendique aujourd'hui 56 palestiniens tués à Jénine, dont la majorité étaient des combattants, selon la direction de l'organisation du Fatah de Yasser Arafat dans la ville. Les sources hospitalières palestiniennes à Jénine ont relevé un total de 52 morts. Le rapport de "Human Rights Watch" de la semaine passée fait également état de 52 Palestiniens tués. Israël reconnaît la mort de 46 Palestiniens, dont tous, sauf trois, étaient des combattants. Les sources médicales palestiniennes ont confirmé qu'au moins un de ces civils est décédé après le retrait d'Israël, le 12 avril, suite à l'explosion d'une bombe piégée que les combattants palestiniens avaient placée accidentellement en partant. Ainsi, depuis un mois, le porte-parole palestinien favori des médias, Saeb Erekat, - menteur patenté s'il en fût - a d'abord parlé de 3000 morts Palestiniens, puis de 500. Sans se soucier de vérifier, les médias internationaux ont tout simplement lapé ses chiffres. Les médias britanniques ont été particulièrement passionnels dans leurs reportages. Ils ont consacré page sur page, jour après jour, à des histoires de meurtres de masse, de fosses communes, d'exécutions sommaires et de crimes de guerre. Israël était invariablement comparé aux nazis, à Al Qaïda, et aux Talibans. Un reportage a même comparé les milliers de présumés disparus palestiniens aux "Disparus" d'Argentine. L'éventualité que l'affirmation de Yasser Arafat, selon laquelle les Palestiniens auraient enduré un "Jeningrad", puisse être...quelque peu exagérée, ne semble pas avoir été envisagée. (800.000 Russes sont morts pendant le siège de Léningrad, qui a duré 900 jours; 1.300.000 personnes sont mortes à Stalingrad). Collectivement, ces faux reportages ont été un affront à la vérité, comparable à la couverture infâme de Walter Duranty, dans le "New York Times", sur la famine infligée de main d'homme par Staline à des millions d'Ukrainiens, dans les années 1930. Dans les médias américains aussi, il y a eu des reportages pleins de malignité et diffamateurs à l'égard d'Israël - les propagandistes d'Arafat disposant de centaines d'heures à la télévision pour répandre leurs incroyables histoires sur les atrocités israéliennes - mais au moins quelques journalistes américains ont tenté d'être équitables. Le 16 avril, le reporter de "Newdays" à Jénine, Edward Gargan, écrivait: "Il y a peu de preuves suggérant que les troupes israéliennes ont commis un massacre aux dimensions alléguées par les officiels palestiniens". Molly Moore, du "Washington Post", écrivait: "aucune preuve n'est encore apparue qui corrobore les allégations des groupes palestiniens et des organisations d'aide, à propos de massacres à grande échelle ou d'exécutions". Comparons cela avec ce qui est paru dans les médias britanniques, ce même 16 avril. Sous le titre, "Parmi les ruines, la preuve évidente d'un crime de guerre", le correspondant à Jérusalem du "London Independent", Phil Reeves, commençait sa dépêche de Jénine sur ces mots: "Un monstrueux crime de guerre, qu'Israël a tenté de masquer pendant une quinzaine de jours, a finalement été mis au jour". Il poursuivait: "le fumet douceâtre et affreux de cadavres humains en décomposition est partout, preuve que c'est une tombe humaine. Les gens disent qu'il y a des centaines de cadavres enterrés sous les gravats". Reeves parlait de "champs de massacres", image plus souvent associée à Pol Pot, au Cambodge. Il oubliait de dire à ses lecteurs que les représentants d'Arafat, comme ceux d'autres régimes totalitaires qui entourent Israël, ont coutume de beaucoup mentir, il citait les Palestiniens qui parlaient de "meurtres de masse et d'exécutions". Reeves ne se souciait pas de citer une seule source israélienne dans son récit. Dans un autre reportage, Reeves n'éprouvait même pas le besoin de citer ses sources palestiniennes en écrivant sur les "atrocités israéliennes commises dans le camp de réfugiés de Jénine, où l'armée a tué et blessé des centaines de Palestiniens". A GAUCHE ET LA DROITE SE LIGUENT CONTRE ISRAËL Mais ce ne sont pas seulement les journalistes qui ont toléré cet hallali contre Israël. Le "Daily Telegraph", journal de droite - que certains au Royaume-Uni ont surnommé le "Daily Tel Aviv Ograph" parce ses éditoriaux sont souvent favorables à Israël - a été à peine moins trompeur dans la couverture des informations, arborant des titres tels que "des centaines de victimes ont été enterrées au bulldozer dans des fosses communes". Dans un article du 15 avril, intitulé "récits d'horreur du siège de Jénine", le correspondant du journal, David Blair, prenait pour argent comptant ce qu'il appelait "des comptes-rendus détaillés" par des Palestiniens, selon lesquels les "troupes israéliennes avaient exécuté neuf hommes". Blair citait une femme lui racontant que les Palestiniens étaient "déshabillés jusqu'aux sous-vêtements, fouillés, pieds et poings liés, placés contre un mur, et exécutés d'une balle dans la tête". Le jour suivant, 16 avril, Blair citait un "ami de la famille" de l'un des hommes prétendument exécuté: "les soldats israéliens l'ont déshabillé jusqu'aux sous-vêtements, l'ont poussé vers le mur, et l'ont exécuté". Il informait aussi les lecteurs du "Telegraph" que "les deux tiers du camp avaient été détruits" (en fait, comme la photo satellite l'a montré, la destruction a eu lieu dans une petite zone du camp). La presse britannique de "qualité" s'est exprimée avec une unanimité presque totale. Sam Kiley, de l' "Evening Standard", conjurait les témoins de parler de la "brutalité étourdissante et des crimes odieux" d'Israël. Janine di Giovanni, du "Times", suggérait que la mission, qu'Israël s'était fixée, de détruire les fabriques de bombes- suicide à Jénine (ville d'où provenaient, aux dires mêmes des Palestiniens, 28 "kamikazes" à la bombe) était un alibi pour Ariel Sharon afin d'inoculer la variole aux enfants. Suzanne Goldenberg, du "Guardian", écrivait: "l'échelle (de la destruction) dépasse presque l'imagination". Au cas où les lecteurs britanniques n'auraient pas saisi le message de leurs reporters, les éditorialistes l'énonçaient haut et clair. Le 17 avril, l'éditorial de une du "Guardian" comparait l'incursion israélienne à Jénine à l'attaque du World Trade Center du 11 septembre. "Jénine" écrivait le Guardian "c'était aussi repoussant dans ses détails, aussi porteur de détresse, et tout autant commis par l'homme". "Le camp de Jénine apparaît comme le théâtre d'un crime; Jénine a déjà cette aura d'infamie qui s'attache à un crime particulièrement notoire", poursuivait ce journal, naguère libéral, qui se targuait de son honnêteté - où l'un des précédents éditeurs arborait la devise: "Le commentaire est libre, les faits sont sacrés". Alors que les auteurs d'éditoriaux du "Guardian" comparaient l'Etat juif à Al Qaïda, les commentateurs de l'"Evening Standard" comparaient tout simplement le gouvernement israélien aux Talibans. Le 15 avril, A. N. Wilson, l'un des éditorialistes majeurs de l'"Evening Standard", accusait Israël "d'empoisonner les sources d'eau" (libelle rappelant étrangement d'anciens mythes judéophobes) et il écrivait: "il s'agit ici de massacres, et de dissimulation de génocide". Il tentait aussi de monter les Chrétiens contre les Juifs, en accusant Israël de vouloir "brûler plusieurs bâtiments appartenant à l'Eglise", et en émettant une assertion encore plus incroyable, selon laquelle "beaucoup de jeunes Musulmans de Palestine sont les enfants de Chrétiens Anglicans, éduqués à St-Georges, de Jérusalem, qui percevaient l'insuffisance de la foi trop modérée de leurs parents pour combattre l'oppresseur". Puis, avant de consacrer un article occasionnel au montant du salaire de la nourrice de Catherine Zeta-Jones, Wilson écrivait: "La semaine dernière, nous avons vu des troupes israéliennes détruire des monuments vénérables à Naplouse: l'endroit où Jésus parla à la femme samaritaine, auprès du puits. C'est l'équivalent de la destruction des Bouddhas géants par les Talibans". (Peut-être Wilson a-t-il oublié que le seul monument détruit à Naplouse, depuis qu'Arafat a lancé sa guerre contre Israël, en septembre 2000, fut l'ancien site de la tombe de Joseph, pulvérisé par la foule palestinienne, tandis que les forces de sécurité d'Arafat laissaient faire). D'autres commentateurs se sont lancés dans la thématique de l'Holocauste, la retournant contre Israël. Yasmin Alibhai-Brow, un important éditorialiste de l'"Independent", écrivait, le 15 avril: "Je suggère que Sharon soit jugé pour crimes contre l'humanité...et soit condamné pour avoir ainsi avili l'héritage profondément important de l'Holocauste, qui devait en finir pour toujours avec des nations qui se transforment en machines de meurtres ethniques". Beaucoup de commentaires hostiles étaient dirigés contre les USA. " Pourquoi, au nom de Dieu, M. Powell ne peut-il faire ce qui est décent et exiger une explication sur les événements extraordinaires et sinistres qui ont eu lieu à Jénine? Doit-il vraiment s'abaisser lui-même de cette manière? Pense-t-il que rencontrer Arafat, ou refuser de le faire ait priorité sur l'énorme massacre qui a frappé les Palestiniens?", écrivait Robert Fisk, dans l'"Independent". SOUILLER L'ETOILE DE DAVID AVEC DU SANG Les politiciens ont marché sur les traces des attaques des médias. Dans un discours au Parlement, le 16 avril, Gerald Kaufman, ancien député travailliste, et ancien ministre des Affaires étrangères du "cabinet noir", déclara qu'Ariel Sharon était un "criminel de guerre" qui dirigeait un "gouvernement répugnant". Tandis que ses collègues parlementaires opinaient de la tête, Kaufman, qui est juif, affirma que "les méthodes barbares contre les Palestiniens", que l'armée israélienne était supposée avoir utilisées, "éclaboussaient de sang l'étoile de David". Parlant au nom du parti d'opposition conservatrice, John Gummer, ancien membre du cabinet ministériel, fustigea également Israël. Il déclara qu'il basait son apostrophe sur "l'évidence qui est devant nous". Peut-être Gummer se référait-il aux nouvelles manipulées qu'il avait pu voir et que répandait la correspondante de la BBC, Orla Guerin. Ou peut-être l'évidence provenait-elle du compte-rendu donné par Ann Clwyd, députée travailliste, qui, de retour d'une mission- éclair d'information à Jénine, déclara au parlement qu'elle avait la "voix rauque" et que c'était entièrement dû à la poussière soulevée par les chars israéliens. Clwyd s'était jointe à une théorie de personnages importants qui paradaient à travers Jénine - des membres du Parlement européen, des dirigeants de l'Eglise américaine, Iren Khan, la secrétaire générale d'Amnesty International, Bianca Jagger, ex-femme de la légende de la Pop-Music, Mike Jagger. La voix de Clwyd n'était pas suffisamment rauque pour l'empêcher d'appeler tous les Etats européens à rappeler leurs ambassadeurs d'Israël. Pour ne pas être surpassés par les politiciens, des universitaires britanniques distingués allèrent plus loin. Tom Paulin, qui enseigne la littérature du XIXe et du XXe siècles à l'Université d'Oxford, affirma que les Juifs nés aux USA et vivant sur la rive Occidentale (du Jourdain) devraient être "tués par balles". "Ce sont des nazis, des racistes" disait-il, ajoutant (bien qu'on pût penser que c'était inutile après son commentaire précédent): "je n'éprouve envers eux que de la haine". (Paulin est aussi l'un des commentateurs régulier, en matière d'art, de la chaîne de télévision BBC. La BBC déclare qu'elle continuera de l'inviter, même après ces remarques; l'Université d'Oxford n'a entrepris aucune action à son encontre). SEULEMENT UN TEMOIN? En les examinant de plus près, les "faits" sur lesquels nombre de reportages des médias sont basés - "faits" qui, sans aucun doute, ont contribué à inspirer des remarques aussi haineuses que celles de Paulin - révèlent un scandale plus grand encore. Les médias britanniques paraissent avoir fondé beaucoup de leurs preuves de "génocide" sur un seul individu: "Kamal Anis, un laboureur" ("Times"), "Kamal Anis, 28 ans" ("Daily Telegraph"), "un homme calme, d'allure triste, appelé Kamal Anis" ("Independent"), et se référent à la même victime présumée - "les restes calcinés d'un homme [nommé] Bashar" ("Evening Standard"), "Bashar est mort en agonisant", "un homme connu seulement sous le nom de Bashar vivait ici" ("Daily Telegraph"). L'"Independent": "Kamal Anis vit les soldats israéliens empiler 30 cadavres sous une maison à demi effondrée. Quand la pile fut complète, il firent passer le bulldozer sur la maison, recouvrant les corps avec ses ruines. Puis ils aplatirent la zone avec un tank". Le "Times": "Kamal Anis déclara que les Israéliens avaient nivelé la zone; il les vit empiler des cadavres dans une fosse commune, la recouvrir de terre, puis rouler dessus pour l'aplatir". Bien entendu, comme on peut le voir à partir des rapports suivants, les journalistes britanniques n'ont pas parlé aux mêmes témoins palestiniens que les journalistes américains. Le "Los Angeles Times": à Jénine, les Palestiniens "ont décrit une bataille furieuse, maison par maison, dans laquelle les soldats israéliens ont affronté des Palestiniens armés, mêlés à la population civile du camp". Le "Boston Globe": A la suite de longs entretiens avec des "civils et des combattants", à Jénine, "aucun d'eux n'a relaté avoir vu un grand nombre de civils tués". D'autre part, se référant à la mort de soldats israéliens à Jénine, Abdel Rahman Sa'adi, un "lanceur de grenades du Djihad islamique", déclara au Globe: "ce fut un massacre des Juifs, pas des nôtres". Quelques membres de la presse américaine ont également mentionné la vidéo filmée par l'armée israélienne (et diffusée à la télévision israélienne) montrant des Palestiniens en train de déplacer des cadavres de gens décédés auparavant de mort naturelle, et non durant les combats de Jénine, dans des cimetières de la périphérie du camp, pour fabriquer une "preuve" avant la mission d'enquête de l'ONU, désormais annulée. Mais si les lecteurs européens ne croient pas les journalistes américains, peut-être sont-ils prêts à croire le témoignage donné par la presse arabe. Prenons, par exemple, la longue interview d'un fabricant de bombes palestinien, Omar, dans le principal journal égyptien, Al Ahram. "Nous avions plus de 50 maisons piégées autour du camp (de Jénine)" déclara Omar. "Nous choisissions de vieux bâtiments vides et les maisons des hommes recherchés par Israël, parce que nous savions que les soldats les chercheraient; nous découpions des tubes de larges canalisation d'eau et les emplissions d'explosifs et de clous. Puis nous les placions à environ tous les 4 mètres, à travers les maisons - dans les placards, sous les éviers, dans les sofas... Les femmes sortaient dire aux soldats que nous étions à court de munitions et étions partis. Les femmes alertaient les combattants lorsque les soldats atteignaient les zones piégées". Ce qui est peut-être le plus choquant, cependant, c'est que la presse britannique ait refusé d'écouter les Israéliens eux-mêmes - une société dotée d'une des démocraties les plus vigoureuses et autocritiques du monde. Voici les mots de Kenneth Preiss, professeur à l'Université Ben Gourion: "Veuillez informer les reporters qui tentent de découvrir si l'armée israélienne essaie de "dissimuler un massacre" de Palestiniens, que l'armée citoyenne d'Israël comprend des journalistes, des parlementaires, des professeurs, des docteurs, des activistes des Droits de l'homme, des membres de tous les partis politiques, et toutes sortes d'autres personnes, qui sont à portée de vue et à portée de téléphone mobile de leur domicile et des bureaux de rédaction. Si les plus légères infractions s'étaient produites, il y aurait immédiatement eu des manifestations devant les bureaux du Premier ministre". SEUL UN INTELLECTUEL PEUT ETRE AUSSI STUPIDE George Orwell fit un jour la remarque à un compagnon de route communiste avec lequel il avait une controverse: "Vous devez être un intellectuel. Il n'y a qu'un intellectuel pour dire quelque chose d'aussi stupide". La pertinence de cette observation vaut également au Moyen-Orient. Jusqu'à présent, seuls les tabloïdes non intellectuels ont saisi la différence essentielle entre le vrai et le faux, la différence entre une intention délibérée de tuer des civils, comme ce fut le cas, sur ordre du président Arafat, durant les quatre décennies passées, et les morts non intentionnelles de civils, au cours de batailles légitimes. Des deux côtés de l'Atlantique, les journaux à grand tirage ont corrigé les mensonges des journaux censés leur être supérieurs. Le 17 avril, l'éditorial du "New York Post" titrait: "Le massacre qui n 217; a pas eu lieu". A Londres, le plus populaire des quotidiens britanniques, le "Sun", publiait (le 15 avril) un long éditorial soulignant que: "Les Israéliens sont mortellement effrayés. Ils n'ont jamais vraiment cru l'Angleterre - et avec les gens que nous employons au ministère des Affaires Etrangères, pourquoi diable le devraient-ils?" Des pays d'Europe en sont encore "à nier l'assassinat de toute leur population juive", ajoutait le "Sun", et il est temps de dénoncer la théorie de la conspiration selon laquelle les Juifs "dirigent le monde". Le titre de l'éditorial du "Sun" était "La foi juive n'est pas une religion malfaisante". On pourrait penser qu'un tel titre n'est pas nécessaire au XXIe siècle, en Angleterre, mais apparemment ce n'est pas le cas. On peut espérer qu'une réflexion honnête effectuée sur leurs propres reportages par les journalistes européens et américains qui sont authentiquement motivés par le désir d'aider les Palestiniens (à l'opposé de ceux dont la motivation primaire est de diaboliser les Juifs), les aidera à réaliser que la propagation des mensonges des propagandistes d'Arafat ne contribue en rien aux aspirations légitimes des Palestiniens ordinaires; au même titre que le fait de rabâcher les mensonges de Staline n'a pas aidé les Russes ordinaires. (Tom Gross est ancien reporter
du "London © National Review Online, 13 mai 2002. --Traduit de l'anglais par Norbert Lipzyc pour reinfo-Israel.com. Le Communiqué
Isranet essaie de diffuser une grande variété d’opinions
sur Israël, le Judaïsme Numéro 29 • vendredi le 24 mai, 2002 Les
réformes d'Arafat ! 22 "ministres" palestiniens, cédant en cela à une pression montante, ont remis leurs lettres de démission à Yasser Arafat. Au moment où on parle d'élections, de démocratie et de séparation du pouvoir juridique du pouvoir politique, c'est vraiment la moindre des choses. Oui mais ces lettres de démission ne sont pas signées. Elles sont accompagnées d'un message oral de la part des ministres, demandant au Chairman de désigner ceux d'entre eux qui doivent signer leurs lettres. Et le Chairman n'en a désigné aucun et n'en désignera aucun. Arafat parle de réformes mais il les assortit de conditions qui font qu'elles n'auront jamais lieu ! C'est du bluff. Tout ce que ce bonhomme dit n'est que du bluff manipulateur, qui n'a pour but que d'enfoncer son peuple, de nous ensevelir avec lui dans ses rêves mégalomaniaques. Ca n'est pas facile d'être un Palestinien équilibré par ces jours de grande folie. Dans certaines parties de "notre territoire", on a décapité et pendu des gens par les pieds pour beaucoup moins que ce que je viens d'écrire. Tous ceux qui se permettent un regard critique sur notre propre tragédie sont des traîtres. Non, c'est encore faux ! Tous ceux qui ne participent pas au renforcement des objectifs de la propagande dictés par les conseillers d'Arafat sont des traîtres. Même les dérangés de l'Islam fanatique, dont les lecteurs ne connaissent rien de la violence physique et du racisme rhétorique, disent parfois la vérité. Les conseillers d'Arafat, les ministres palestiniens et leur chef, jamais ! C'est pour eux comme un jeu. Une fois, Abu Amar leur a dit, en ma présence, que la vérité ça n'existait pas, que la vérité c'était une affaire de foi et qu'il était possible de faire croire aux gens - surtout aux occidentaux - tout ce qu'on avait besoin qu'ils croient. Les Palestiniens, nous, nous sommes des soldats - comme chez les Israéliens - aimait à répéter notre timonier. Juste que le gouvernement israélien protège la vie de ses administrés et que ce qui nous sert de gouvernement, considère que la mort de chacun d'entre nous (les shahyds) - pas la leur, aucun ministre et aucun conseiller n'a même été blessé pendant l'opération israélienne - constitue un argument médiatique, lorsqu'il est porté à la connaissance de l'étranger. Hitler avait transformé des jeunes de 14 ans en soldats, pour sauver sa peau, du moins voulait-il le croire, Arafat a transformé chacun d'entre nous en balle de fusil. Et dans une croisade idiote, parce que démesurée, parce qu'en l'état des forces en présence, nous n'avons pas une chance sur un milliard de défaire les Israéliens ! Alors, après chacune de nos provocations, chaque sacrifice débile d'un martyr débile, on attend la riposte des juifs. Bien sûr avons-nous peur des coups perdus mais à vrai dire, il y en a peu. Malgré tous les efforts de nos leaders et des Imams pour en faire des démons, tout le monde sait bien, ici, que les soldats israéliens n'en sont pas ; c'est même, comme disait mon grand-père, qui avait connu beaucoup de jougs étrangers, la force d'occupation la plus civilisée, après les Britanniques, à avoir jamais investi cette contrée. Une des raisons qui nous maintiennent - nous les Palestiniens équilibrés - dans une situation d'extrême embarras, c'est que toute expression de la situation dramatique qui règne chez nous est immédiatement mise à profit par les nombreux extrémistes d'entre les Israéliens. Nous avons le choix insupportable, soit de laisser notre avenir pourrir devant nos yeux sans rien faire, soit d'alimenter la propagande de nos pires ennemis ! Tous n'ont pas la rigueur morale de mes collègues de la Ména, à propos desquels je sais qu'ils convoitent une situation dans laquelle j'entrerai dans mes droits. Au point où nous en sommes arrivés, beaucoup d'entre mes voisins d'ouest, et je le sais bien, exploitent le déballage du grand bordel qui est le nôtre afin de montrer à l'extérieur que nous sommes tous des gens infréquentables et que nous soutenons tous peu ou prou le terrorisme. Leur objectif, à ces Israéliens qui constituent un gros tiers de leur population, à en croire les dernières statistiques, consiste à démontrer que nous sommes trop désespérés pour ne jamais vivre en bon voisinage avec nous. Dans la continuité des faits, la dérive de notre mouvement national sert leurs intérêts et chaque attentat renforce leurs arguments. Ces gens-là, les Olmert, Livnat, Naveh, Hanagbi, Rivlin et toute la clique de Maledet (Moledet Ndlr.), du Mafdal et leurs amis n'ont jamais voulu la paix, preuve en est, qu'ils tenaient le même discours avant la deuxième Intifada, bien avant les attentats suicides. Mais je ne peux pas m'en prendre à eux. En hiver 2000, lorsque Barak a été élu, ils ne représentaient qu'une minorité marginale et montrée du doigt par les autres Israéliens. C'est la décision stratégique d'Arafat qui les a remis au goût du jour et cette décision stratégique, infiniment machiavélique, prévoyait le recentrage de la politique israélienne plus près de ces extrêmes. Même s'ils se haïssent copieusement, les islamistes et Arafat d'un côté et les Israéliens annexionnistes de l'autre sont des alliés stratégiques. Ceux-ci exploitant la propagande de ceux-là et vice-versa. Les premiers prétendent que les juifs veulent annihiler le peuple palestinien et qu'il faut donc les chasser jusqu'au dernier et les seconds affirmant, que les Palestiniens veulent tous l'éradication d'Israël et qu'il est alors nécessaire de démanteler tout ce qui pourrait nous garantir une émancipation étatique. La dernière chose qu'Arafat veut, c'est une solution pacifique du conflit. L'avant-dernière, c'est la création d'un Etat palestinien issu d'un compromis avec Israël. Son objectif à court terme, l'objectif stratégique de l'Intifada, c'est de forcer la communauté des nations à envoyer des troupes d'interposition entre nous et les Israéliens, en nous forçant tous à prendre des poses de martyrs pour ce faire et en provoquant les réactions forcées des Israéliens, si nécessaire par les attentats-suicides, afin d'augmenter notre souffrance hautement médiatisée. Sa prétendue réforme et son mea culpa sont à mourir de rire - si déjà il faut mourir, autant mourir de rire - Arafat n'à aucune intention de changer quoi que ce soit dans son royaume, il n'a pour but que de nourrir la même finalité. Il a d'abord parlé de réformes urgentes, puis d'élections urgentes, ensuite il a dit que les élections ne pourraient se tenir sous la domination israélienne et finalement, je vous le promets pour les jours à venir, il va déclarer que "les élections sont urgentes et nécessaires mais elles ne pourront se dérouler que sous la protection de contingents étrangers." Le next step de sa tactique consiste à générer de gros incidents durant les élections et à forcer les Israéliens à une riposte de grande envergure. Son next next step, c'est de mêler les observateurs électoraux à cette embrouille militaire et d'obtenir l'envoi d'une force d'interposition conséquente. L'objectif, enfin, c'est d'obtenir un Etat par la force, la ruse (Arafat cite fréquemment à ce propos les ruses employées par le prophète Mahomet dans sa guerre contre les infidèles) et l'interposition des occidentaux, sans avoir accepté la fin du statut de guerre avec les juifs et sans même avoir concédé le moindre compromis. Le problème, mon problème, celui de mon peuple, c'est que, comme la plupart des tyrans visionnaires, Arafat n'a pas prévu d'alternative à son plan et qu'il est en train de lui sacrifier nos dernières richesses et nos dernières valeurs. D'abord il a fait de nous un peuple de menteurs, de personnes qui s'engagent sur un projet de paix sans n'avoir jamais pensé le mener à terme. Le "grand mensonge" nécessite que nous jouions tous la comédie et que nous soutenions tous des arguments de crétins. Le Chairman a fait de nous tous des Nabil Shaath, des types qui présentent bien, qui ont un anglais éduqué mais qui s'abaissent à soutenir des scénarios incroyables, qu'Alice refuserait au Pays des Merveilles. Comment croyez-vous que je me sente, ou Sari Nusseibah, ou Abu Ala, lorsqu'on entend Shaath parler sur CNN de milliers de morts lors du "massacre" de Djénin et que quelques jours après, au milieu de notre humiliation, on présente les images d'un acteur, d'un acteur palestinien et arabe, qui se relève lorsqu'il tombe de son cercueil ? Le Chairman a fait de nous des exhibitionnistes de nos morts et de notre douleur véritable, des marchants de sentiments intimes, juste pour servir son plan. Et si par hasard - mais surtout tant que les Américains refuseront de marcher dans sa combine et personne ne dit qu'ils y marcheront une fois - son plan venait à échouer, c'en sera fait non seulement de nos aspirations nationales mais nous barboterons aussi dans la plus dense des misères matérielle et morale. Pour ceux qui l'ignorent, nous avons déjà beaucoup perdu de notre héritage, nous qui étions considérés par les Arabes comme le peuple le mieux éduqué parmi eux. Aujourd'hui c'est déjà le chaos. La Palestine n'est pas un Etat, elle n'est pas non plus une Autonomie. En vérité, je vis dans le plus grand système étatique mafieux du monde. Bien sûr, nous avons élu démocratiquement des instances soi disant démocratiques mais elles ne remplissent qu'un rôle figuratif de simulacres, elles sont amputées de toute fonction réelle. Notre système est un vizirat. Sous le roi Arafat, s'étale la toute puissance du conseiller économique Mukhmad Rachid et de ses assistants. A part de faire tomber la neige, ce trésorier de la Cosa Nostra possède presque tous les pouvoirs et en tous cas ceux de l'Assemblée nationale palestinienne et ceux de tous les ministres. Il est l'ami le plus proche du raïs parce qu'il connaît tous ses secrets. Le mieux gardé, le plus conséquent, réside dans le plan d'épargne de Sa Majesté le roi de Palestine et dans l'emploi du racket des pays arabes et de celui des Etats de l'Union Européenne. Ils donnent pour l'éducation et pour le développement de la Palestine mais Rachid et Arafat ont déjà détourné entre 7 et 20 milliards de dollars issus des deniers de cette récolte ! Le pire c'est que Mukhmad Rachid, sous le couvert confortable du service de la cause, a corrompu chaque portion saine de notre société. J'avais, par exemple, toujours ressenti un respect certain pour Fayçal El-Husseini, le délégué de l'Autonomie pour les questions de Jérusalem, décédé d'une crise cardiaque lors d'un déplacement dans le Golfe. Les Israéliens qui ont investi la Maison de l'Orient, qui était la représentation officieuse de Palestine à Jérusalem-Est, ont découvert et publié des documents effarants sur l'entreprise maffieuse dirigée par Husseini. Comme moi, d'autres intellectuels palestiniens ont consulté ces documents comptables, pour savoir si là aussi, et comme on nous avait demandé de le prétendre avant même de consulter les papiers, il s'agissait de faux fabriqués par les juifs. A mon tour de vous dire que si ce sont des faux, je veux bien être exilé de cette terre que j'aime le plus au monde ! A l'Orient House, on tenait une double comptabilité. Une première pour la galerie, pour faire croire qu'on achetait des propriétés pour les soustraire à la mainmise des juifs et une seconde, la vraie, afin de gérer les placements et le détournement de centaines de millions de dollars qui ont transité par cette officine de complaisance. Le pire, comprenez-moi, c'est que pendant que ces escrocs se vautrent dans l'épargne et les richesses, les Palestiniens meurent presque de faim et de frustrations dans une précarité extrême. Dans mon village, près de (censuré pour raison de sécurité), je connais de nombreuses familles qui se nourrissent exclusivement de pain et de quelques rares légumes moisis depuis des mois que durent ces privations. Mon oncle, tailleur de pierres réputé dans tout le Moyen Orient, n'a pas reçu la moindre commande depuis plus de cinq mois et tout sourire a disparu de nos rues désormais misérables. De vent de réforme, il n'y en a pas vraiment. La population ne sait plus quoi penser et elle est par trop divisée, pour exprimer une opposition cohérente. En fait de pression, elle vient surtout de l'Egypte, et des USA, qui se rendent compte que la situation actuelle est un pari désastreux qui hypothèque tout espoir de progrès. La seule différence entre la situation qui prévaut actuellement et les précédentes, c'est que des pays arabes ont lâché Arafat, faisant comprendre qu'il n'est plus le représentant internationalement écouté des Palestiniens. En Cisjordanie et à Gaza, Arafat et ses conseillers ont créé des dizaines de structures militaires, militantes et politiques et au moins un poste de leader par structure. Officiellement, pour ce qu'ils en ont dit, il s'agissait d'une tactique destinée à tromper l'ennemi. Si une structure était démantelée, les autres, constituées indépendamment et sous un cloisonnement absolu, continuaient de fonctionner. Dans la réalité quotidienne, cette tactique a donné le jour à une nébuleuse incontrôlable de pouvoirs et bien plus encore de barons ambitieux. Dans notre réalité, presque chacun de ces pouvoirs possède des zones géographiques d'influence, des miliciens armés, des QG, des laboratoires de fabrication d'armes, des Mercedes, des business et des trames de jugement (ça n'a rien à voir avec des tribunaux). Or, la convocation du dernier sommet de Sharm El-Cheikh, auquel Arafat n'avait pas été convié, a donné des espérances aux dizaines de baronets du système arafatien. Tous parlent de réformes, de refontes et de lutte contre la corruption mais à y regarder de plus près, chacun propose les changements qui le rapprocheraient du pouvoir suprême. Au Fatah, par exemple, on parle beaucoup ces jours de réforme financière (entendez par là le remplacement de Mukhmad Rachid par un gars à eux) et d'un cabinet d'experts de 15 membres (avec une majorité à eux aussi), qui remplacerait tous les ministres, les secrétaires et les conseillers pourris jusqu'à l'os. Muhamad Dahlan, le chef des forces de la sécurité préventive dans la bande de Gaza prône l'unification des forces de sécurité. C'est exactement ce que demande également Jibril Rajoub, son homologue pour la Cisjordanie, étant bien entendu que chacun se voit lui-même à la tête de ces forces réunifiées ! Loin de s'émouvoir de cette effervescence - Yasser Arafat sait qu'il n'est fort que dans la division de ses subalternes - le raïs a décidé de créer des comités d'observation des problèmes de sa république bananière. Ces comités sont censés lui remettre des propositions de réformes, à la fin de leurs délibérations. Le hic, c'est que c'est déjà la quatrième fois qu'Arafat convoque de tels comités, même qu'une fois j'ai participé à (censuré par raison de sécurité). Et je peux témoigner - et même accepter une discussion contradictoire sur ce sujet - qu'aucune des conclusions des comités antérieurs n'a été prise en compte par Arafat. Abu Amar, qui est passé maître dans l'art de se présenter médiatiquement comme l'antithèse de ce qu'il est vraiment - un démocrate, un artisan de la paix, un opposant à la terreur, un bienfaiteur de son peuple, un modéré, un être humain et ouvert et maintenant, un réformateur - est quand même largement affaibli par l'isolement politique dans lequel le tiennent les régimes arabes. Cet affaiblissement du tyran se traduit par un climat de très grande insécurité dans la rue palestinienne, en fait, par une véritable guerre des gangs ! La semaine dernière, des miliciens (probablement du Fatah) ont attaqué à l'arme automatique la propriété de Mukhmad Rachid, criblant ses murs d'impacts de balles, avant de s'apercevoir finalement que leur victime n'était pas chez elle. Craignant pour son ami, Yasser Arafat l'avait chargé d'une mission pseudo diplomatique auprès de l'Administration américaine. Ce genre de coups de main s'est multiplié ces dernières semaines, introduisant une grande fébrilité chez les baronets. Dans les territoires de l'Autonomie, soumis au mensonge d'Etat dont j'ai parlé plus haut, personne n'est plus en sécurité. Les cas ne sont pas rares, où un groupuscule abat un rival encombrant, en faisant ensuite porter le chapeau par les Israéliens. Dans un pays où les morts assistent en marchant à leurs propres funérailles, c'est roupie de sansonnet. Et dans cette situation, le rôle des Palestiniens équilibrés n'est pas clair. Entre l'accusation de traîtrise à la patrie, passible de la peine capitale devant les "tribunaux" d'Arafat - la situation de l'instance juridique est la plus insupportable de tout le système arafatien - et le risque de servir la propagande de ceux des Israéliens qui veulent nous priver ad aeternam de nos droits, le sentier est remarquablement étroit. Il pourrait pourtant en être autrement, si de façon tout ce qu'il y a de plus pratique, les occidentaux nous aidaient. Je veux dire, s'ils favorisaient les quelques centaines de Palestiniens "propres" et lucides, qui représentent le seul espoir véritable de faire évoluer les choses dans le sens du compromis. Il suffirait pourtant de pas grand-chose, simplement que le nouveau ministre des affaires étrangères français reçoive le Professeur Nusseibah en grandes pompes à Paris ou que M. Straw et M. Fischer montrent publiquement et ostensiblement qu'ils ont entrepris un dialogue de fond avec Sari et ses amis. Le même conseil vaut certainement pour M. Sharon, même s'il est inhabituel de conseiller ses ennemis. Pour lui, la symbolique Nusseibeh est dérangeante sur sa droite annexionniste, des rencontres en pleine lumière avec des Palestiniens équilibrés - beaucoup ont lieu dans la pénombre - feraient la démonstration qu'il envisage sérieusement de vivre en paix au côtés d'un Etat palestinien démocratique et responsable. C'est à croire parfois que l'Occident n'est pas très futé, car la variante voudrait dire que la prolongation à l'infini du conflit judéo-arabe a plus d'aspects positifs que négatifs pour ces gouvernements. Histoire peut-être de vendre des armes et de construire des routes à dix fois le prix qu'elles coûtent en Europe ? © Metula News Agency Le Communiqué
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sur Israël, le Judaïsme Numéro 28 • jeudi, 16 mai, 2002 L'I.C.R.J. est heureux de vous faire parvenir le communiqué Isranet de la semaine ce jeudi, au lieu du vendredi habituel. Nous souhaitons à nos lecteurs une bonne fête de Chavouot. Guerre
et paix d'Ariel Sharon La défaite d’Ariel Sharon au comité central du Likoud est une énorme victoire. Si l’on observe la scène israélienne et la scène internationale, le Premier ministre israélien a gagné sur les deux tableaux. Et Benyamin Netanyahou, vainqueur en trompe-l’œil, apparaît comme un enfant de chœur dans l’art de la manœuvre. A peine retombés les hourras et les huées de dimanche soir en effet, les Israéliens ont fait savoir au monde, à travers les instituts de sondage, qu’ils soutiennent massivement leur chef de gouvernement. Pas son rival, champion toutes catégories de l’ego. Après dix huit mois de guerre, au sortir de l’opération Rempart et de la soirée Likoud, les choses sont désormais claires. Les Israéliens veulent, certes, la sécurité. Depuis l’élection de Sharon, bien que le monde soit resté sourd et aveugle à leur constance de peuple démocrate et cultivé, ils ne cessent d’ailleurs de dire et de redire qu’il est le seul, à leurs yeux, à pouvoir l’assurer. Mais ils exigent aussi très majoritairement la paix, c’est-à-dire l’incontournable création d’un État palestinien dont les modalités restent à définir. Contrairement, ici encore, aux observateurs - qui ne l’ont tout simplement pas répercuté - ils ont écouté et entendu les déclarations sans ambiguïté que Sharon a faites là-dessus à trois reprises en sept mois, et de la manière la plus publique : sur les chaînes de télévision israéliennes et américaines. Quiconque gardait raison ne pouvait pas penser un seul instant que, chef du gouvernement, il parlait en l’air, d’autant que ses propos allaient contre son camp. Contrairement à ce que tout le monde affirmait : « Sharon ne dit rien », Sharon disait tout. Si les Israéliens restent aujourd’hui unis derrière ce général qu’ils n’adorent pourtant pas, c’est qu’avec ténacité, - bloc de nationalisme juif indifférent à la mondialisation de la haine dont il est l’objet, donnant ainsi l’exemple – il a su assumer la guerre et préparer des négociations. Elles vont bientôt s’ouvrir, dans les relents du 11 septembre et une forte odeur de pétrole. Mais Israël ne s’y présentera pas, cette fois-ci, dans la position d’incommensurable faiblesse qui était la sienne, à Camp David et à Taba. Les « concessions douloureuses » que Sharon a évoquées avec courage dès le soir de son investiture, le 6 Février 2001, et à tant de reprises depuis, ne se feront ni dans l’humiliation, ni dans la peur. Assuré du soutien contraint de la gauche - qu’il paralyse pour la seconde fois en se dirigeant vers la paix qu’elle appelle de ses vœux sans jamais la trouver -, le Premier ministre pourra de surcroît se prévaloir, alors, d’une forte opposition dans ses propres troupes pour tenter de limiter ces compromis. Ce ne sera pas son moindre succès tactique que d’utiliser sa défaite au Comité central en argument de poids. D’autant que, dès lundi matin, après la folle nuit likoudnik, toutes les grandes places diplomatiques de la planète, Etats-Unis en tête bien sûr et même, à son cœur défendant, l’Europe, l’ont désormais consacré comme seul interlocuteur respectable. Car Benyamin Netanyahou, faisant le choix en ce moment précis d’incarner le refus de la création d’un État palestinien – option à tort ou à raison évocatrice de paix politique et religieuse – s’est de lui-même extrême-droitisé. Donc, exclu. On l’a vu voilà deux jours, ce fut politicien contre chef d’État, petite histoire contre l’Histoire. Elisabeth Schemla est journaliste
et auteur de « Ton rêve est mon cauchemar - -------------------------------------------------------------------------------- Nous reproduisons ci-dessous une lettre de David Ouellette, chercheur adjoint au CIJR, publiée le 6 mai dernier dans La Presse. M. Pratte, Je souhaite répondre à votre éditorial intitulé « La verité pourrit à Jénine », publié le 2 mai. Selon moi, vous avez omis plusieurs faits. Vous laissez entendre comme la majorité de vos confrères que des maisons du camp de Jénine ont été rasées par les bulldozers israéliens sans rapporter que Hamas admet aux médias arabes et se vente d’avoir piégé ces mêmes maisons à la bombe. (1) Al-Sharq Al-Awsat (Londres), 7 avril, 2002. (2) Al-Shaab (Egypte), 19 avril, 2002. Parler de « Ground Zero » est absolument grotesque dans ce contexte. La mission d’enquête des Nations-Unies comprend nul autre que M. Cornelio Sommaruga, ancien président de la Croix-Rouge Internationale, qui, quand la Présidente de la fédération américaine de la Croix-Rouge, Mme Bernadine Healy lui demanda pourquoi la Croix-Rouge refusait d’admettre Magen David Adom (l’équivalent de la Croix-Rouge ou du Croissant-Rouge en Israël), répondit: “If we're going to have the shield of David, why would we not have to accept the swastika?”. Le Secrétaire de Nations-Unies, M. Kofi Hannan, ignore-t-il vraiment le parti pris de M. Sommaruga à l’endroit d’Israël ? D’autre part, cette mission d’enquête ne comprenait aucun expert militaire ou en contre-terrorisme. Comment Israël peut-il croire en la compétence de civils sans expérience militaire de produire un rapport vraisemblable, crédible et objectif? Pourquoi le Secrétaire général de l’ONU a-t-il refusé d’étendre le mandat de la mission d’enquête aux infrastructures terroristes qu’abritait ce camp de réfugiés administré par l’ONU? Vous n’ignorez certainement pas que des porte-parole de la Commission des droits de l’homme des Nations-Unies ont accusé Israël de massacre à Jenin avant que ne soit annoncée la constitution d’une commission d’enquête (!). En intégrant des jurés partiaux et des incompétents en matière militaire, il est clair que M. Hannan a voulu s’assurer que le rapport d’enquête corresponderait aux accusations hâtives et non fondées de plusieurs membres de l’ONU… En taisant ces faits, vous semblez contribuer au lynchage médiatique généralisé d’Israël. En êtes-vous conscient? Sincèrement, Le Communiqué
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sur Israël, le Judaïsme Numéro 27 • vendredi le 10 mai, 2002 La
bataille de Jénine: Rapport palestinien Ces derniers temps, les médias arabes se sont longuement étendus sur le " massacre " qu'aurait perpétré l'armée israélienne à Jénine. Parallèlement, de nombreux témoignages de commandants des factions palestiniennes à Jénine ont été publiés par la presse arabe, aussi bien pendant qu'après les affrontements. En voici des extraits: L'opposition aux Forces de Défense Israéliennes Le cheik Jamal Abu Al-Hija, commandant des Brigades Izz Al-Din Al-Qassem (du Hamas) au camp de réfugiés de Jénine, a révélé au site du Hamas, au cours d'une interview, que les membres des différentes factions, " rejoints par des volontaires des forces de sécurité palestiniennes ", s'étaient préparés à l'éventualité d'une incursion israélienne. (1) Le cheik Abu Al-Hija a fourni des précisions supplémentaires au cours d'un entretien téléphonique accordé à Al-Jazira, la chaîne télévisée du Qatar, affirmant: " [Nous avons placé] des engins explosifs sur les routes et dans les maisons; une surprise attend les forces de l'occupation. En divers endroits, des affrontements opposent moudjahidin (2) et forces de l'occupation... Les forces de l'occupation, prises de panique, fuient le camp de Jénine. Mais elles intensifient [leur action] en ayant recours à des bulldozers, des avions et des tanks contre le camp. Les combats se déplacent de quartier en quartier, comme dans une guérilla. Les moudjahidin utilisent des fusils automatiques, des engins explosifs et des grenades... " (3) Al-Sharq al-Awsat, quotidien arabe diffusé à Londres, a cité le cheik Abu Al-Hija en ces termes: " Les forces de combat de toutes les factions du camp ont été équipées en ceintures d'explosifs et en grenades. " (4) Le cheik Abu Al-Hija a déclaré à l'hebdomadaire jordanien Al-Sabil: " Les moudjahidin ont assiégé une maison où se trouvaient neuf soldats sionistes, l'ont bombardée de grenades et de bombes jusqu'à ce que toute la maison soit en feu, avec les soldats de l'occupation dedans. Des témoins ont affirmé que les forces de l'occupation en ont extrait leurs soldats carbonisés et brûlés. " (5) Des cartables bourrés d'explosifs Abu Jandal, commandant du djihad islamique au camp de Jénine, (6) a été interviewé à plusieurs reprises par Al-Jazira au cours des combats. Dans l'un de ces entretiens, Abu Jandal a déclaré: " C'est le deuxième jour consécutif que les forces israéliennes de l'occupation essaient [de pénétrer dans le camp] avec des hélicoptères Apache et des tanks. Mais la détermination des combattants, qui ont juré au début de la bataille qu'ils ne laisseraient pas [Tsahal] se rapprocher du camp, protège l'honneur de la nation... Il y a eu des tentatives [d'avancement] par plusieurs parcours différents, mais tous étaient bloqués. Le fait est que nos combattants sont passés à l'attaque; aujourd'hui, nous avons lancé l'offensive. Le commandant de l'unité israélienne a été tué ce matin, à cinquante mètres de l'endroit d'où je vous parle. Moi, commandant de la bataille du camp de Jénine, ai choisi de m'appeler " martyr Abu Jandal ", parce que tous les combattants qui m'entourent sont des martyrs. Croyez-moi quand je vous dis qu'il y a des enfants postés dans des maisons à côté de ceintures d'explosifs... Aujourd'hui, un enfant est venu me trouver avec son cartable; je lui ai demandé ce qu'il voulait. Il m'a dit: 'Au lieu de livres, je veux un engin explosif, pour attaquer...' " Quand on lui a demandé combien de temps ses hommes pourraient faire face aux forces israéliennes, munis qu'ils étaient de leurs seules armes légères, Abu Jandal a répliqué: " Non. Ce n'est pas vrai. Nous possédons l'arme de la surprise. Nous possédons l'arme de l'honneur. Nous possédons l'arme divine, l'arme d'Allah qui se tient à nos côtés. Nos armes sont meilleures que les leurs. C'est moi qui suis dans le vrai, et je place ma foi en Allah, alors qu'eux placent leur foi dans un tank. " (7) Le cheik Abu Al-Hija a lui aussi affirmé: " Certains jeunes remplissaient résolument leurs cartables d'engins explosifs " (8) En une autre occasion, le cheik Abu Al-Hija s'est montré hésitant quant au nombre exact de victimes israéliennes: " Il est difficile de transmettre des données exactes et nous ne pouvons évaluer [le cours de] la bataille en comptant les pertes ennemies. Mais le fait que l'ennemi ait rapporté le nombre de 24 morts et 130 blessés confirme que ses pertes ont été importantes. La liste de l'armée de l'occupation ne comporte que le nom des victimes juives, omettant les Druzes et des soldats du Lahad [l'armée du Sud Liban] qui ont participé à toutes les incursions et continueront de le faire à l'avenir. Nous estimons que les pertes ennemies sont beaucoup plus importantes. " (9) Al-Sharq al-Awsat rapporte qu'à Jénine, une Palestinienne du nom d'Ilham Ali Dasouqi s'est fait sauter au milieu de soldats israéliens, faisant ainsi deux morts et six blessés. Le journal cite une source des Brigades de martyrs d'Al-Aqsa, qui explique: " Elle a suivi la voie de Nasser Uweis " qui, selon le même journal, se serait fait sauter à Naplouse, à proximité des soldats. (10) Uweis, commandant des Brigades de martyrs d'Al-Aqsa (dépendantes du Fatah) en Samarie, a toutefois été arrêté quelques jours plus tard: il semble que les rapports annonçant sa mort au cours d'un attentat suicide aient été conçus pour faciliter son évasion. L'hebdomadaire Al-Ahram, subventionné par le gouvernement égyptien, a publié une interview d'Omar, jeune manchot artificier du Djihad islamique, connu pour être " ingénieur ", qui raconte comment les Palestiniens ont truffé Jénine d'engins piégés, avec la participation des femmes et des enfants: (11) " Il est membre du Djihad islamique, mais affirme qu'à Jénine, toutes les factions étaient fidèles a une seule et même cause: la libération ou la mort...: 'De tous les combattants de la rive Ouest, nous étions les mieux préparés', dit-il, ajoutant: 'Nous avons commencé à mettre notre plan à exécution: piéger les envahisseurs de l'armée et les faire sauter à partir du moment où les tanks israéliens se retireraient de Jénine, le mois dernier.' " Le journal précise: " Omar et les autres 'ingénieurs' ont créé des centaines d'engins explosifs, puis ont soigneusement décidé de leur emplacement: 'Nous avions plus de 50 maisons piégées autour du camp. Nous avons choisi de vieux immeubles vides et les maisons de ceux qui étaient recherchés par Israël, nous doutant que les soldats israéliens tenteraient de les retrouver', raconte Omar, poursuivant: 'Nous avons sectionné des conduites d'eau, bourrant d'explosifs et de clous les morceaux coupés. Puis nous les avons placés à quatre mètres de distance les uns des autres, en truffant les maisons -- [il y en avait] dans les placards, les lavabos, les canapés.' Les combattants espéraient invalider les tanks de l'armée israélienne en plaçant des bombes beaucoup plus puissantes dans les poubelles de la rue. D'autres explosifs ont été cachés dans les voitures des hommes de Jénine les plus recherchés. Reliées à des fils électriques, les bombes étaient déclenchées à distance, grâce au courant fourni par la batterie d'une voiture. D'après Omar, tous dans le camp, enfants compris, savaient où se trouvaient les explosifs, ce qui annulait le risque de victimes parmi les civils. Ce fut le seul point faible du plan: 'Nous avons été trahis par les espions qui se trouvaient parmi nous', dit-il. Plus d'un tiers des bombes ont eu leurs fils électriques coupés par les soldats accompagnés de collaborateurs: 'Sans ces espions, les soldats n'auraient jamais pu pénétrer dans le camp. Une fois qu'ils étaient dedans, il était beaucoup plus difficile d'en assurer la défense.' " " Que pouvez-vous dire de l'explosion et de l'embuscade de mardi dernier, qui ont fait treize morts parmi les soldats? 'On les y a attirés', dit-il, 'Nous avons tous cessé de tirer et les femmes sont sorties dire aux soldats que nous étions à court de balles et que nous quittions les lieux.' Puis les femmes ont prévenu les combattants que les soldats avaient atteint l'endroit piégé. 'Quand les officiers supérieurs ont compris ce qui se préparait, ils ont crié dans les porte-voix qu'ils voulaient un cessez-le-feu immédiat. Nous les avons laissé venir à la rescousse de leurs hommes, puis avons ouvert le feu. Certains des soldats étaient si choqués et effrayés qu'ils se sont mis, par erreur, à courir vers nous.' " Jamel Huweil, l'un des commandants des Brigades de martyrs d'Al-Aqsa du camp de Jénine, a informé le quotidien arabe Al-Hayat, diffusé à Londres, que " quatre soldats israéliens ont été tués et [des Palestiniens] se sont saisis de leurs armes automatiques. Les jeunes, avec leurs engins explosifs, ont aussi mis hors service quatre tanks israéliens. " (12) Raïd Abbas, combattant issu de Front Démocratique de Libération de la Palestine (FDLP) du camp de Jénine, a rapporté au même quotidien: " Tous les combattants avaient juré de se battre jusqu'au bout... Nous n'avions d'autre choix que de nous battre, et tous les combattants ont pris leur décision en fonction. Ce que l'on raconte sur des combattants qui se rendent est complètement faux. Si c'était vrai, comment expliquer que deux soldats israéliens aient été tués lundi matin? Nous estimons que leurs pertes sont beaucoup plus importantes que ce qu'ils en disent. Nous nous battons à très peu de distance les uns des autres. Toutes leurs tentatives de rapprochement ont échoué; nos combattants se font sauter devant eux et placent des engins explosifs sur les routes. La situation est terrible. Les forces de l'air [israéliennes] poursuivent leurs bombardements. Il y a quelques instants, ils ont envoyé plusieurs missiles qui ont mis le feu aux maisons. " (13) Tous les Palestiniens interviewés ont insisté sur leur volonté de se battre jusqu'à la mort, même aux derniers moments de la bataille. Les propos du cheik Abu Al-Hija sont rapportés par Al-Bayan, quotidien des Emirats Arabes Unis, en ces termes: " A l'issue de ces jours de détermination et de résistance exceptionnelle, les combattants de Jénine réitèrent leur devise: 'Non à la capitulation -- oui à la victoire ou au martyre.' Notre force vient de ce que nous soyons de vrais moudjahidin affrontant les nouveaux nazis. " (14) Des sources palestiniennes non identifiées ont ajouté: " Les combattants du camp sont à court de munitions et ont opté pour le martyre. Ils se battent avec des couteaux et des pierres, se font sauter devant les soldats de l'occupation. " (15) Haj Ali, l'un des commandants des Brigades d'Al-Qods du Djihad islamique, a déclaré que la résistance continuait avec la même intensité et ne permettrait pas aux soldats de l'occupation de s'emparer du camp. (16) Civils et combattants Parmi les Palestiniens interviewés, certains ont évoqué la participation de la population civile aux combats. Toutefois, les rapports se contredisent sur la question du départ des civils: Le cheik Abu Al-Hija affirme: " Les jeunes aussi ont joué un rôle déterminant dans le soulèvement. Ils ont refusé de quitter le camp avant l'incursion, et ont pour la plupart été arrêtés par les forces de l'occupation... On n'a demandé à personne de rester ni de partir; les combattants n'ont donné aucune instruction aux résidents. Ces derniers ont fait leur choix comme ils l'entendaient. Certaines femmes ont dû rester dans le camp pour servir les combattants. Les résidents se sont comportés de façon honorable: ils étaient décidés à rester sur place, à traverser toutes les épreuves aux côtés des moudjahidin et à les servir. ...Quand des moudjahidin se retrouvaient à court de munitions, ils sautaient dans les tanks pour arracher leurs armes aux soldats qui s'y cachaient. Il y a donc eu des combats à mains nues avec les soldats sionistes. Certains jeunes remplissaient résolument leurs cartables d'engins explosifs; certains garçons sont restés quatre jours sans manger ni boire. Bien que les femmes aient su à quel point la situation était dure, elles ont, pour la majorité, préféré rester pour préparer à manger aux moudjahidin, leur amener à boire au risque de perdre la vie, et remonter le moral des combattants -- ce qui les a beaucoup renforcés dans leur détermination. " (17) D'autres Palestiniens ont toutefois rapporté que la plupart des civils avaient quitté le camp de réfugiés: Abd El-Salam, commandant des membres du Hamas dans le camp de Jénine, a déclaré que femmes, enfants et personnes âgées avaient quitté le camp, et que les combattants comptaient se battre jusqu'à ce que soit versée la dernière goutte de sang. (18) Abu Muhammad a, pour sa part, rapporté à Al-Jazira, de Jénine: " A chaque tentative de rapprochement de Tsahal, une surprise les attend: l'un des immeubles du camp de Jénine explose. Alors ils se ruent pour récupérer les cadavres et les blessés israéliens, se retirent, puis font venir des bulldozers qui détruisent sans discernement les maisons, que leurs habitants se trouvent ou non chez eux. Ils ont fait partir la plupart des civils [du camp de réfugiés], mais il reste quand même un grand nombre de civils dans le camp. " (19) Raïd Abbas, commandant du FDLP, a précisé que les Israéliens " ont détruit plusieurs maisons. Ils essaient d'assouvir leur vengeance sur les civils. L'armée évacue de force [les résidents du] camp afin de se rapprocher le plus possible des combattants. " (20) Parallèlement, le Djihad islamique a annoncé que son commandant à Jénine, Muhammad Tawalbeh, avait empêché les civils de quitter le camp. Le site Internet du Djihad islamique a annoncé la mort de M. Tawalbeh, alors que ce dernier faisait sauter sa maison piégée en présence de soldats israéliens, le 6 avril. Le commentaire suivant accompagne l'annonce de sa mort: " Tawalbeh avait déjoué toutes les tentatives de l'occupation visant à évacuer les résidents, car les Israéliens auraient alors facilement pu détruire le camp et avec, les combattants. " (21) L'avenir de la lutte Le cheik Abu Al-Hija a insisté sur le fait qu'il fallait tirer les leçons de la bataille du camp de réfugiés de Jénine: " Nous sommes fiers [de cette bataille], et nous espérons qu'elle servira d'exemple aux autres villes, afin que là-bas aussi les résidents se préparent matériellement et psychologiquement à l'affrontement. Nous devons apprendre de cette bataille, et je souhaite que l'opposition de ces quelques dizaines de combattants à l'armée la plus arrogante de la région serve de leçon aux armées arabes. Les peuples arabes doivent tirer la leçon de telles victoires pour ne pas rester prisonniers de régimes qui leurs refusent [l'exercice de] leurs droits les plus élémentaires. Le camp a reçu un coup dur, mais même si ce coup nous avait tués, il n'aurait pas eu raison de la résistance armée. Dans peu de temps ses rangs se rempliront [de nouveau], quand une nouvelle génération se chargera du soulèvement, brandissant de nouveau notre drapeau. Ceci n'est ni la première bataille, ni la dernière. Notre peuple ne se calmera que quand sa terre sera libérée et indépendante. " (22) Abu Ahmed, l'un des dirigeants des Brigades de martyrs d'Al-Aqsa à Jénine, a déclaré à un journaliste d'Al-Intiqad, hebdomadaire du Hezbollah, au cours d'un entretien téléphonique: " La résistance palestinienne va perpétrer d'autres opérations comme l'opération martyre de Haïfa, pour montrer qu'elle existe toujours, qu'elle conserve sa force et sa capacité en dépit des coups [reçus]. L'opération martyre d'Andalib Taqatqah [à Mahané Yehouda, marché de Jérusalem] prouve la capacité des Brigades [martyres d'Al-Aqsa] à frapper l'entité [sioniste] à n'importe quel moment, n'importe où... Les opérations martyre ont été inventées pendant l'occupation sioniste de la rive Ouest, et il importe peu que les [forces] se trouvent dans les villes ou à l'extérieur des villes. " (23) Ali Safouri, commandant des Brigades d'Al-Qods du Djihad islamique dans le camp de Jénine, a révélé sur le site Internet du Djihad islamique, au début des affrontements: " Nous réservons des surprises à l'ennemi. Nous sommes décidés à lui rendre en double [ce qu'il nous a infligé] et à lui donner une leçon qu'il ne sera pas prêt d'oublier. Nous allons l'atteindre en profondeur: à Jérusalem, à Haïfa et Jaffa, partout. Qu'ils soient les bienvenus: nous avons préparé, spécialement pour eux, un cimetière dans le camp de Jénine. Nous avons juré sur les martyrs d'instaurer le couvre-feu sur les villes sionistes et de venger chaque goutte de sang versé sur notre terre sacrée. Nous appelons les soldats de Sharon à lui désobéir parce qu'une incursion dans le camp de Jénine ..., la capitale des [opérations] martyre, serait leur dernière action avant de mourir. " (24) Dans une interview accordée à Al-Manar, la chaîne de télévision du Hezbollah, le Dr Ramadan Abdallah Shalah, dirigeant du Djihad islamique, a tenu les propos suivants: " Les combattants du camp de Jénine nous ont dit qu'il s'agissait d'une bataille où l'on 'frappe sans fuir', qu'ils se battaient jusqu'à la dernière goutte de sang et jusqu'à la dernière balle -- et c'est [effectivement] ce qu'ils ont fait. L'ennemi sioniste s'imagine qu'il nous prépare un Massada palestinien, que nous avons décidé de nous suicider, mais nous lui disons qu'il se trompe: nous ne créons pas un Massada palestinien mais une Karbala (25) palestinienne, qui hâtera [l'avènement du] deuxième Massada juif... jusqu'à ce que l'entité sioniste cesse d'exister... Aujourd'hui a eu lieu la renaissance du camp de Jénine, non sa destruction... " (26) ______________________________ Notes: Le Communiqué
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sur Israël, le Judaïsme Numéro 26 • vendredi le 3 mai, 2002 La
convergence des totalitarismes La percée des candidats trotskistes réunis et de candidats se revendiquant de mouvances ultra-radicales dites « anti-mondialisation » atteste hélas de la bonne santé, en France, des idéologies totalitaires d'extrême gauche. Le plus choquant n'est pas tant le fait que des adeptes de la révolution permanente soient si nombreux, mais surtout que l'extrême gauche apparaisse si « sympathique », banalisée, légitimée, même. Il est vrai que José Bové, Laguiller, Besancenot ou encore Toni Negri en Italie (idéologue des Brigades rouges et des « anti-mondialisation »), en tant que pseudo-défenseurs des « opprimés », des sans-papiers, ou des « martyrs palestiniens », se positionnent systématiquement du côté des victimes, même si leurs maîtres à penser (Lénine, Trotski, Mao, Pol Pot, etc.) furent de cyniques bourreaux. En fondant leur identité et leur propagande sur la lutte contre le « fascisme » et le « racisme », les adeptes du totalitarisme rouge n'auront certes jamais l'air aussi terribles que les « fascistes » gris. Et pourtant... Les événements qui ont marqué l'actualité récente - attentats islamistes, insécurité, actes antijuifs -, sont pour les auteurs de cet article l'occasion de démythifier l'extrême gauche, dont nous savons par ailleurs qu'elle est éminemment totalitaire et agressive dans ses slogans, ses méthodes et ses buts (Carlos, Action directe, Brigades rouges, Armée rouge, etc.). La gauche radicale ne cesse,
en effet, de mettre de l'huile sur le feu, sous couvert d'antisionisme,
lorsqu'elle relaye les thèses les plus violentes et éculées
des islamistes et des propalestiniens les plus antijuifs. Ainsi, la
très pacifiste Arlette était-elle en tête de cortège
de la manifestation propalestinienne du 23 mars aux côtés
de militants de la LCR, d'anarchistes et de fondamentalistes musulmans
agitant des drapeaux du Hezbollah et hurlant des « Allah ou Akbar
» et des « mort à Israël ». Pendant ce
temps, José Bové, de retour de Ramallah, où les
militants « anti-mondialisation » qui avaient sévi
à Gênes s'étaient posés en « boucliers
humains » pour protéger Yasser Arafat, accusait les services
israéliens d'avoir fomenté les actes antisémites
perpétrés en France, en vertu de l'habituelle théorie
du complot : « à qui profite le crime ? ». On rappellera
d'ailleurs que c'est une frange de l'ultra-gauche (Vieille Taupe) qui
développa les thèses négationnistes dans les années
70-80, l'un des buts avérés étant de délégitimer
l'Etat d'Israël. Dans la même logique, c'est toute une partie
de l'extrême gauche (comme d'ailleurs de l'extrême droite),
qui relaya, peu après les attentats du 11 septembre, l'intox,
lancée par le Hamas, selon laquelle la CIA et le Mossad auraient
perpétré les attentats antiaméricains, afin de
« justifier une vaste ratonnade internationale contre les Ici, la palme de l'outrance revient
à l'intellectuel propalestinien Michel del Castillo qui osait
dire, alors que les cadavres du World Trade Center étaient encore
sous les décombres : « Je ne deviendrais jamais un Américain.
[...] En semant la mort chez le Satan américain, Ben Laden ne
poursuit aucun but politique. Il s'imagine livrer un combat spirituel
avec, fatalement, des armes disproportionnées, parce que toute
la puissance se trouve du côté de l'adversaire [...]. Nous
devinons ce que Dostoïevski eût dit et pensé de Ben
Laden, des fous de Dieu : ce n'est pas une bête féroce.
C'est un homme [...], mon semblable. » Quant à Toni Negri,
il avait déclaré que « sa compassion » n'allait
« que pour les sans-papiers » disparus avec les Twin Towers.
Inutile de revenir sur les Lorsque l'intellectuel communiste
portugais José Saramago déclare, de retour de Palestine
: « Ramallah, c'est Auschwitz » ; lorsque José Bové
affirme que la campagne qui est menée par le gouvernement Sharon
contre le terrorisme palestinien s'apparente « aux actes commis
par les nazis » pendant la Seconde Guerre mondiale, lorsque les
adeptes de Trotski et de Marx soumettent continuellement Israël
à la reductio ad Hitlerum, lorsque En participant à ce type de réduction, les intellectuels d'extrême gauche ne font que relayer la traditionnelle propagande négationniste et participent au vaste mouvement de nouvelle judéophobie - si bien analysée par Pierre-André Taguieff et William Goldnadel -, que l'on voit se manifester aussi bien lors d'attaques antijuives en France ou en Belgique qu'à l'occasion de saccages de synagogues à Kiev ou avec les attentats kamikazes antijuifs à Tel-Aviv ou en Tunisie. En fait, si des Michel del Castillo, des José Bové ou des trotsko-lénino-marxistes accablent systématiquement l'Etat hébreu puis se permettent de justifier, nier ou minimiser les actes antijuifs en France comme la barbarie islamiste, c'est en fait parce que la gauche radicale n'aime les juifs que lorsque ceux-ci sont non seulement déjudaïsés (Marx, La Question juive), mais surtout réduits à l'état de diasporas passives incapables de se défendre et dont la douleur peut être instrumentalisée à l'envi dans le but cynique de délégitimer l'idée même d'Etat-nation par essence « fasciste ». Inversement, le juif est considéré comme son pire ennemi dès lors qu'il revendique lui aussi son droit à un foyer national, à la souveraineté et à la sécurité. En termes clairs, Israël est l'Etat à qui l'on pardonne le moins d'être un Etat souverain, d'où la focalisation et la surmédiatisation du conflit israélo-palestinien au détriment d'autres dossiers mille fois plus dramatiques comme la guerre civile algérienne, laquelle mobilise étrangement bien moins les passions dans les banlieues et les coulisses de la LCR ou de LO... Rappelons-nous le slogan CRS=SS.
Rappelons-nous également l'autre slogan soixante-huitard «
il est interdit d'interdire » puis l'impératif de «
révolution permanente » des trotskistes, et nous comprenons
alors à la fois pourquoi le Mouvement de l'immigration et des
banlieues (MIB), les Jeunesses révolutionnaires européennes
(JRE) ou Droit au logement (DAL) excitent les jeunes beurs et les sans-papiers
contre l'ordre établi et A ce titre, la recrudescence
de l'extrême gauche nous paraît aussi grave que celle de
l'extrême droite. Qu'il s'agisse de l'Italie, où les «
nouvelles Brigades rouges » ont déclenché une nouvelle
série d'attentats puis contracté une alliance avec les
mouvements islamistes ; de la France, où se dessine une alliance
idéologique rouge-vert, voire rouge-brun-vert, particulièrement
inquiétante autour des thèmes de l'antisionisme et du (Alexandre del Valle est
l'auteur de Guerres contre l'Europe (Syrtes, 2001). Le Communiqué
Isranet essaie de diffuser une grande variété d’opinions
sur Israël, le Judaïsme
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