![]() |
|||||||||||
|
Communiqué Isranet
Numéro 60 • vendredi le 27 decembre, 2002 FRANCE : L'université
Paris VI demande le non-renouvellement de l'accord universitaire Union
européenne - Israël Le conseil d'administration de
l'université Pierre et Marie Curie (Paris VI) vient de voter
une motion demandant à l'Union européenne de ne pas renouveler
son accord-cadre de coopération universitaire avec Israël,
a annoncé jeudi Paris VI. A
ce sujet,une lettre envoyé au J'ai appris que le Conseil d'administration
de Paris VI vient de voter une motion demandant à l'Union européenne
de ne pas renouveler son accord-cadre de coopération universitaire
avec Israël. En tant qu'universitaire, je tiens à vous exprimer
la vive indignation que m'inspire cette décision. Au nom des valeurs qui doivent
être non seulement celles de tout intellectuel, mais aussi celles
de toute personne soucieuse du respect des droits fondamentaux, j' exprime
ma solidarité et mon soutien à tous nos collègues
israéliens, si injustement traités par votre motion. En
tant Veuillez agréer, Monsieur le Président, mes salutations distinguées. Annette Paquot La
honte de l'Europe Nous reproduisons de nouveau
cet article, déjà paru dans notre Communiqué Isranet
du 19 avril dernier [Oriana Fallaci, La honte de l'Europe, Panorama,
12avril 2002] car nous pensons vraiment que le message qu'il transporte
mérite d'être répété. Je trouve honteux qu'on manifeste
en Italie pour des individus habillés en kamikazes qui lancent
contre Israël des injures scandaleuses, en brandissant des photos
de dirigeants israéliens avec une svastika sur le front, et qui
incitent à la haine contre les Juifs. Et qui vendraient leur
propre mère pour voir à nouveau les Juifs dans des camps
de concentration, dans les chambres à gaz, dans les fours crématoires
de Dachau, de Mathausen, de Buchenwald et de Bergen-Belsen. Le Communiqué
Isranet essaie de diffuser une grande variété d’opinions
sur Israël, le Judaïsme Numéro 59 • vendredi le 20 decembre, 2002 Abou
Mazen, à Gaza : Dernièrement, Mahmoud Abbas (dit Abou Mazen), Secrétaire du comité exécutif de l’OLP, considéré comme le numéro 2 de l’Autorité palestinienne, après Yasser Arafat, a parlé aux chefs des « Conseils populaires » des camps de réfugiés de la bande de Gaza. Il critique dans son discours la militarisation de l’Intifada et s’étend sur la question des réfugiés palestiniens. Son discours a été publié dans Al-Hayat, quotidien en arabe édité à Londres. En voici quelques extraits : L’échec
de l’Intifada Mais ce qui est arrivé ces deux dernières années… se résume à la destruction totale de tout ce que nous avons accompli [sous Oslo] et avant. Nous vivons en dessous de seuil de la pauvreté à Gaza et dans la rive Ouest ; notre peuple se sent perdu, souffre de famine et d’autres maux. Cette situation est due au fait que plusieurs personnes ont répondu aux provocations israéliennes, faisant dévier l’Intifada. Ils se sont mis, comme jamais avant, à utiliser les armes et les moyens se trouvant à leur disposition, des mortiers, des grenades, d’autres moyens encore, à tirer à partir des habitations et dans les quartiers… Ces activités s’apparentent à une bataille militaire, non à un soulèvement populaire exprimant la colère du peuple, et contre lequel nul ne peut rien. Comme vous pouvez constater, chaque jour, toutes les villes de la rive Ouest sont soumises à des tentatives de destruction dues à l’exploitation par les Israéliens d’opérations qui à mon avis ne sont ni nécessaires, ni efficaces. … Nous aurions dû saisir l’occasion du 11 septembre, quand Abou Ammar [Arafat] a déclaré : ‘Je suis contre le terrorisme’. Les Etats-Unis ont alors dit : ‘C’est l’homme qu’il nous faut’, et l’ont applaudi. Un moment plus tard, Sharon est apparu pour dire : ‘Comment pouvez-vous applaudir Arafat ? Vous vendez Israël !’ , et ils lui ont répondu : ‘Tais-toi !’ Mais le pire des scénarios a ensuite eu lieu, la situation se détériorant et les erreurs s’additionnant, encourageant Sharon à poursuivre ses agressions… » Toutes les factions palestiniennes devraient accepter la « hunda » [trêve] « Maintenant, c’est nous qui subissons toutes les pressions : on nous accuse de ne rien faire et d’être à l’origine de toutes les opérations. Cela parce que nous avons tenu nos langues face à la terreur, ce qui nous ramène au contrôle insuffisant que nous avons de la situation. Malheureusement, nous ne sommes pas tous du même avis à Gaza. Entamons donc le dialogue pour essayer de s’entendre, d’abord avec le Fatah, puis avec les autres organisations [de l’OLP] – Le FPLP et le Front Démocratique – ainsi que le Hamas et le Djihad [islamique], afin de pouvoir définir notre destination. Grâce au dialogue, nous trouverons une formule qui nous convient, une formule d’hunda [trêve] qui nous permettra de défendre notre Etat… Nous ne pouvons pas réaliser ce but par la force. C’est le devoir du nouveau gouvernement de choisir la voie, de l’annoncer au peuple et de persuader ce dernier du bien fondé de son choix. Il restera ça et là des opposants aux consensus palestinien. Nous essayerons de les pousser à placer les intérêts palestiniens supérieurs au-dessus de leurs intérêts personnels, par la force s’il le faut. » Notre méthode a
échoué Ils ont dit : ‘Nous voulons libérer Jérusalem et les territoires occupés’, et tout ce qu’ils ont obtenu, c’est que les territoires libérés à la suite des négociations soient réoccupés par la force. Il ne nous reste plus que la bande de Gaza, et nous espérons la sauver avant qu’il ne soit trop tard… » Cessez l’action
militaire Les investissements en provenance de l’étranger sont retournés d’où ils venaient, aux quatre coins du monde. Avec les fonds qui nous étaient accordés, nous avons pu construire quelques chose : nous avions des rues, des hôtels, des immeubles, des écoles et des universités. Mais une grande partie des fonds est repartie, et la question qui se pose est : ‘Pourquoi ?’ C’est une tragédie. Nous devons nous demander pourquoi. Certaines organisations palestiniennes ne veulent pas véritablement de l’Autorité palestinienne. Elles veulent la détruire pour prendre sa place… Pourquoi le Fatah a-t-il participé à cela ? Avons-nous bâti notre patrie pour nous mettre en guerre [les uns contre les autres] ?… Au symposium de Ramallah, on a dit que notre peuple faisait preuve de patience et de détermination. J’ai répliqué que notre peuple en avait assez. Le peuple veut manger, sentir que sa vie et ses biens sont en sécurité…. La manifestation des marmites et des casseroles à Gaza – pourquoi le peuple est-il sorti ainsi équipé ? De toute évidence pour nous dire : ‘Nous voulons manger’… Nous n’avons toujours pas de ministère ou d’institut avec un budget clairement défini... Je m’y connais un peu en gestion financière : chaque sou qui entre devrait être incorporé au budget général et aucun sou ne devrait sortir sans autorisation. Quand nous aurons obtenu cela, nous aurons franchi avec succès la première étape [vers la réforme]. Parallèlement, on doit mettre fin aux ordres de paiement venant de tous côtés. Je sais que certains de nos ambassadeurs n’ont pas été payés. Nous ne demandons pas de cesser l’Intifada : nous demandons de la canaliser et d’en ôter l’aspect négatif, notamment le phénomène de militarisation. Nous pouvons organiser des manifestations et des marches. Mais je n’aime pas le mot ‘tuerie’. Verser le sang de qui ? Le sang de nos enfants, de vos enfants ? C’est ce que j’ai dit au symposium des Tanzim à Ramallah, auquel ont participé des commandants et des dirigeants du Fatah. Ils se sont fâchés contre moi, m’ont critiqué en me disant : ‘Il y a des limites à ne pas franchir’… Aujourd’hui, nous devons, au nom de nos intérêts, cesser [ces agissements] et nous donner une chance. Puissions-nous gagner ! Tuer n’est pas notre passe-temps favori. Nous avons un but à atteindre… » Le retour était
possible grâce à Oslo L’ « initiative arabe
[saoudienne] » incluait le droit de retour Les Arabes israéliens doivent
nous aider à faire chuter ou mettre en place des gouvernements
israéliens Quand j’ai parlé pour la première fois [aux Arabes israéliens], en termes clairs et sincères, ils se sont fâchés. Je leur ai dit : ‘Vous avez fait une grosse erreur en vous laissant porter par la rue et les sentiments, [refusant] d’agir la tête froide. Vous auriez pu nous aider d’une autre façon, en employant d’autres moyens. N’oubliez pas que vous avez la citoyenneté israélienne, et c’est là votre force ; c’est grâce à elle que vous pourrez nous protéger : votez la ‘non-confiance’ dans les gouvernements israéliens. Vous pourrez provoquer un changement de gouvernement grâce à vos membres de la Knesset. C’est comme cela qu’Itzhak Shamir a perdu le pouvoir ; le parti travailliste avait alors 56 membres à la Knesset, et les Arabes avaient de 5 à 6 mandats.’ S’ils avaient sérieusement participé aux élections, comme pour les élections municipales, ils auraient pu obtenir de 15 à 18 mandats et empêcher la mise en place d’un gouvernement dont nous ne voulons pas. Quand Rabin a envisagé l’expropriation de terres à Jérusalem, les députés arabes ont menacé de voter contre lui, ce qui l’a fait revenir sur sa décision. ‘Vous, Arabes, citoyens d’Israël, pouvez beaucoup faire [en agissant] rationnellement au niveau politique, sans courir après les illusions et la démagogie.’ Les conséquences de leur [attitude négative] ont été extrêmement néfastes. » Israël doit accepter
le droit de retour (1) Al-Hayat (Londres), le 26 novembre 2002 ________________________________________________________________ Le Communiqué
Isranet essaie de diffuser une grande variété d’opinions
sur Israël, le Judaïsme Numéro 58 • vendredi le 13 decembre, 2002 Les
nouveaux visages du terrorisme: Un juge expérimenté Jean-Louis Bruguière lutte depuis plus de vingt ans avec la même ténacité contre le terrorisme, depuis cette effroyable journée d'août 1982 où des tueurs palestiniens ont arrosé les passants à la mitraillette, rue des Rosiers, à Paris - son premier dossier antiterroriste. Il instruira, ensuite, les affaires les plus sensibles de la République, n'hésitant pas à affronter la Libye, après l'explosion d'un avion d'UTA, en 1989 (170 morts), ou l'Iran des mollahs, à la suite de l'assassinat de l'ancien Premier ministre du chah Chapour Bakhtiar, en 1991, à Suresnes (Hauts-de-Seine). Devenu, en 1986, patron du pool des juges antiterroristes, il comprend la dimension politique du phénomène. Après les attentats de 1995, il suit les dossiers des activistes algériens du GIA et sera l'un des premiers à pressentir l'imminence d'un terrorisme islamiste international. Ses méthodes, parfois critiquées avant le 11 septembre 2001, font aujourd'hui autorité. Et le système français, qu'il personnifie, est envié par la plupart des Etats occidentaux, qui s'y intéressent de près. Les nouveaux visages du
terrorisme Depuis le 11 septembre 2001, le niveau de la violence terroriste d'origine islamiste n'a pas décru. En cette fin d'année 2002, la menace paraît même s'alourdir et les mises en garde se multiplient en Europe ou aux Etats-Unis. Elles sont malheureusement fondées. Il est indéniable que la menace terroriste -- celle d'Al-Qaeda et de la mouvance islamiste radicale qui la sous-tend -- est prégnante. Sa propagation nous surprend et nous inquiète. Sa forme se diversifie comme se développe son terrain de lutte. Nul ne peut, aujourd'hui, en présager le terme. Les attentats aux Etats-Unis, ceux de Djerba et de Karachi contre nos ressortissants, l'opération au Koweït, l'attentat au Yémen contre le pétrolier Limburg, les bombes de Bali, ainsi que, sans doute, les attentats de Mombasa (Kenya), s'inscrivent dans un processus évolutif. Tous les indicateurs que nous
avons à notre disposition laissent présager la poursuite
des actions terroristes. Et le territoire européen -- déjà
ciblé en décembre 2000 par un projet d'attentat visant
la ville de Strasbourg -- ne sera pas épargné. Même
s'il est impossible de prévoir la date ou le lieu de survenance
d'un attentat en l'absence d'éléments d'enquête
précis. Les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis ont La guerre de Cent Ans
des temps modernes Les services antiterroristes
occidentaux sont aux prises avec un ennemi polymorphe aux structures
éclatées, qui se trouve à la fois partout et nulle
part. Certes, le cour d'Al-Qaeda se situe dans la région pakistano-afghane
-- où nombre de ses responsables se trouvent encore. Mais Al-Qaeda
n'est qu'un catalyseur d'une mouvance plus large. La menace est à
présent planétaire et les «combattants du jihad»
se dissimulent à l'intérieur des pays-cibles: ils recrutent
aux marges de nos métropoles dans ces «zones grises»
où vivent des populations marginales, certaines en situation
irrégulière. Elles constituent un terrain particulièrement
favorable à la constitution de réseaux. Al-Qaeda tend
à les récupérer et à les contrôler
pour mener à bien ses desseins: la propagation du «jihad»
par des attentats ciblés. Dans sa vision planétaire de
l'affrontement intercommunautaire, Ben Laden cherche à globaliser
la lutte. La récupération de la cause palestinienne s'inscrit
dans cette perspective. Nul doute qu'il cherchera également à
tirer profit des effets induits, en termes de déstabilisation
sur l'opinion publique arabo-musulmane, d'un éventuel conflit
en Irak. De cet affrontement, dont le 11 septembre serait le révélateur,
naîtrait l'apocalypse rédemptrice, qui, seule, permettrait
de recouvrer la «pureté» de l'islam originel, celui
que pratiquaient les maîtres de Kaboul. Cet objectif destructeur
et sans concession promet un L'indifférence
des nations Pour avoir travaillé sans discontinuer sur ces réseaux, le dispositif français de lutte contre le terrorisme a pu assister à cette mutation capitale qui s'est opérée à bas bruit dans l'indifférence des Etats. Stratégie et état
de la menace Ces réseaux éclatés, principalement basés en Europe, disposent d'une très large autonomie d'action. Ils sont à même de concevoir et de réaliser, sans l'intervention d'Al-Qaeda, des opérations terroristes, principalement sur le territoire européen. Ces dernières seront en tant que de besoin récupérées par la communication d'Al-Qaeda. Les menaces pesant actuellement sur l'Europe proviennent clairement de ces réseaux constitués de moudjahidin très mobiles se déplaçant entre l'Europe, la zone pakistano-afghane et, maintenant, le Caucase. Néanmoins, certains d'entre eux, qui ont effectué dans le passé des stages paramilitaires en Afghanistan, peuvent, à l'occasion de leurs déplacements ou par personne interposée, entretenir des liens avec Al-Qaeda ou avec ce qu'il en reste. Les services antiterroristes éprouvent donc une extrême difficulté à découvrir l'existence de ces groupes et à identifier leurs mécanismes. Mais, indépendamment des relations individuelles, cette autonomie ne signifie pas pour autant qu'il n'existe pas une planification des attentats. Les «directives» peuvent emprunter des circuits compliqués, notamment à l'aide de relais au sein de la communauté islamiste, en particulier au Royaume-Uni. De même, les messages attribués à Ben Laden, enregistrés sur cassette audio, diffusés par les médias, ne sont pas sans incidence sur l'évolution de la menace. Ils peuvent, sans receler pour autant de messages codés, constituer une incitation à l'action ou, à tout le moins, entretenir une mobilisation des réseaux. Ben Laden et son état-major maîtrisent parfaitement l'arme de la communication. Il mondialise son message et se sert des médias pour propager la terreur, qu'il s'agisse de la télévision, de la radio ou d'Internet. Il sait que les pays démocratiques ne contrôlent pas la presse, et il manipule cette liberté fondamentale en la dévoyant à son profit. Ce qui lui permet de s'approprier les médias de l'adversaire pour propager son message. L'arme médiatique valorise le message de terreur délivré par les attentats. Chaque objectif est choisi pour frapper l'opinion. Mais aussi en fonction de sa symbolique. L'opération de Djerba visait tout à la fois un pays jugé apostat, mais avait aussi pour buts de récupérer la cause palestinienne en ciblant une synagogue et de frapper l'économie tunisienne en s'en prenant au tourisme. L'assassinat des employés des chantiers navals à Karachi, par une opération suicide, est un signe direct adressé à notre pays. La France, qui s'est associée à l'attaque militaire contre l'Afghanistan, et qui est aux avant-postes dans la lutte contre l'islamisme radical, constitue une cible pour Al-Qaeda. Parallèlement, cette attaque contribue à déstabiliser le régime pakistanais, qui soutient les Etats-Unis. Autre preuve de la détermination contre la France, l'attentat contre le pétrolier Limburg au Yémen. Le navire avait été repéré et l'attaque n'a pas été portée au hasard, mais au niveau d'une cuve remplie de pétrole brut. Bien que non directement lié à Al-Qaeda, le carnage de Bali procède également de la même stratégie. Après la zone d'influence traditionnelle d'Al-Qaeda, c'est l'Asie qui est atteinte. Ces trois attentats délivrent eux aussi un message fort. Sont visés la «luxure occidentale», les boîtes de nuit, les lieux de plaisir dans cette île de l'archipel, qui, avec les Célèbes, a résisté à l'islamisation. Mais c'est également l'économie indonésienne qui est déstabilisée. Toute la région du Sud-Est asiatique, y compris l'Australie, se trouve aujourd'hui confrontée à la menace islamiste. Enfin, après les tours du World Trade Center et le Pentagone, symboles de la puissance économique et militaire américaine, Al-Qaeda et ses affidés s'en prennent au pétrole, autre clef de l'économie mondiale, mais aussi à l'industrie du tourisme à Bali et au Kenya. Face à cette évolution de la menace islamiste, nous ne pouvons évidemment pas exclure que des attentats soient perpétrés en Europe. L'Europe et la France Néanmoins, en raison de leurs attaches d'origine, mais aussi du fait des facilités offertes par les pays d'accueil, ces microstructures terroristes sont restées pour la plupart en Europe. Al-Qaeda a très vite compris le parti qu'elle pouvait tirer de cette situation. Dans ses camps d'entraînement -- entre l'enseignement coranique et le maniement des armes -- étaient dispensés des cours sur les possibilités offertes par la liberté de circulation au sein de l'espace Schengen. De la sorte, l'Europe demeure une base privilégiée pour la mouvance islamiste. Jouant des différences de législation entre les différents Etats de l'Union, dotés de faux documents d'identité, les membres de ces réseaux se déplacent rapidement d'un pays à l'autre. Faisant usage de nombreux alias, ils sont difficilement repérables; ces cellules sont d'autant plus polymorphes que leurs membres n'ont pas de fonction définie. Le même individu peut un jour s'adonner à des activités de financement, le lendemain se livrer à un trafic de faux documents et, par la suite, faire partie d'un commando opérationnel. De même, la référence nationale est rarement invoquée. Seul compte l'attachement au concept messianique du jihad. En 1998, des membres du GSPC (2), une organisation algérienne issue du GIA, et du Takfir wal Hijra, une secte salafiste, organisations pourtant rivales, avaient conçu le projet de frapper la France à l'occasion de la Coupe du monde de football. L'arrestation simultanée d'une centaine de membres présumés de ces mouvements dans cinq pays européens, au cours du mois de mai, a permis d'éviter des attentats. De même, le passage d'une organisation à une autre est fréquent. Des membres du GIA passent au GSPC pour adhérer ensuite au Takfir avant de rejoindre la mouvance Al-Qaeda. Ainsi, d'anciens membres du GSPC, condamnés pour des faits de terrorisme en France, ont été arrêtés par les Américains en Afghanistan, ou ont trouvé la mort à Tora Bora. D'autres islamistes, pour certains anciens membres du GIA, liés à la mouvance Al-Qaeda, ont été arrêtés à Francfort, en décembre 2000, alors qu'ils projetaient de commettre un attentat à Strasbourg. Les contours très mouvants de cette menace ont pu être cernés par les multiples enquêtes conduites par la section judiciaire antiterroriste depuis 1993. Dans ce cadre, 250 personnes ont été arrêtées et mises en examen en France, depuis 1993, et plusieurs centaines de perquisitions opérées. Nous disposons ainsi d'une masse documentaire très précieuse et d'une connaissance actualisée de l'évolution de ces réseaux. La présence, dans notre pays, d'un «dispositif de veille» mis en place par tous les acteurs de la lutte antiterroriste et notre capacité de réaction policière et judiciaire ont joué un rôle déterminant en matière de prévention. Mais cela ne suffit pas pour nous mettre à l'abri d'opérations terroristes. Des facteurs de risque perdurent. Les réseaux islamistes n'ont pas désarmé et l' «effet 11 septembre» a amplifié le recrutement d'adeptes du jihad. Sur la scène internationale, le problème palestinien et la perspective d'une intervention militaire en Irak alourdissent la menace. La mouvance islamiste se montre plus mobile. D'autres filières apparaissent et le Caucase pourrait, demain, devenir un nouvel Afghanistan. Une vigilance accrue est de mise, d'autant plus que se profilent de nouvelles méthodes d'action comme l'emploi d'armes chimiques ou bactériologiques. Mais, sur ce point, nous ne disposons d'aucune information précise et, surtout, documentée. Ne cédons pas à une inquiétude qui ferait le jeu de l'adversaire. Réaction et riposte Toutefois, l'action militaire ne peut suffire. Il faut organiser et renforcer les «modes civils» de la riposte, c'est-à-dire les activités de renseignement et l'action policière et judiciaire. Les Etats démocratiques se doivent de privilégier ce mode de riposte dans le respect des droits fondamentaux. C'est la voie dans laquelle s'est engagée la France en 1986. La centralisation à l'échelon parisien des poursuites, de l'enquête et du jugement des faits de terrorisme constitue, de nos jours, la clef du dispositif de lutte antiterroriste français. Un système aujourd'hui envié par certains de nos partenaires et qui a fait la preuve de son efficacité. Celle-ci réside également, corollaire de la centralisation, dans la spécialisation des magistrats, qui, au fil des ans, ont pu acquérir une réelle connaissance du fonctionnement des réseaux. S'inscrivent aussi dans cette recherche d'efficacité la création d'une Division nationale antiterroriste, d'une section antiterroriste au sein de la Brigade criminelle de la préfecture de police de Paris. Et surtout, l'engagement de plus en plus déterminant de la DST dans la conduite des enquêtes judiciaires. Cette synergie est un gage majeur d'efficacité. Une coopération
judiciaire insuffisante La France, pour sa part, a privilégié la démarche judiciaire avec son dispositif centralisé. Mais, face à la mondialisation de la menace, la réponse ne peut être qu'internationale. Et, à ce jour, la riposte des Etats occidentaux n'est pas à la mesure de l'enjeu. La France en première
ligne Imprudence américaine -------------------------------------------------------------------------------- Les attentats antioccidentaux en 2002 8 mai: Karachi (Pakistan). 14 juin: Karachi. 6 octobre: Yémen. 8 octobre: Koweït. 12 octobre: Bali (Indonésie). 26 octobre: Moscou (Russie). 28 novembre: Mombasa
(Kenya). -------------------------------------------------------------------------------- Avis: Le Centre Global de Recherche
en Relations Internationales (GLORIA) est heureux de vous présenter
son journal MERIA (Revue du Moyen-Orient en Relations Internationales).
Le journal MERIA propose gratuitement, en _______________________________________________________________ Le Communiqué
Isranet essaie de diffuser une grande variété d’opinions
sur Israël, le Judaïsme Numéro 57 • vendredi le 6 decembre, 2002 Du
Kenya à l’UNESCO, (Paris)--Des assassins-suicidaires islamistes tuent des touristes israéliens à Mombassa au Kenya et font sauter leur hôtel. Au Kenya également, d’autres assassins tentent d’abattre à l’aide de missiles un avion israélien chargé de 261 passagers. Le même jour en Israël, des bombes humaines palestiniennes tuent six civils et en blessent quatorze, pour la seule raison qu’ils sont israéliens. Tragique coïncidence, le lendemain 29 novembre, jour du 55ème anniversaire du vote de la résolution de l’Onu créant au Proche-Orient un État juif et un État arabe, (ce dernier refusé par la Ligue arabe), l’Unesco célèbre une Journée Internationale de Solidarité avec le Peuple Palestinien et présente une exposition pro-palestinienne « offerte par Médecins Sans Frontières ». L’ambassadeur syrien auprès de l’Unesco, président du Groupe arabe, est l’un des invitants. Israël est ainsi frappé à la fois dans sa chair et dans sa légitimité. La machine mondiale à broyer le peuple juif tourne bien. Il appartient aux dirigeants politiques du monde libre de mesurer leurs responsabilités pour le passé et pour l’avenir. Courage Israël ! Ta force est nécessaire à ta sécurité. Elle est nécessaire au bon état du monde. -------------------------------------------------------------------------------- Mombasa
: les leçons d'un double attentat Combien de massacres seront-ils nécessaires pour que les bien-pensants ouvrent les yeux ? Quand Manhattan fut touché par les avions civils transformés en bombes volantes de Ben Laden, certains, à gauche, avaient estimé que Manhattan l'avait bien cherché. Un maître à penser de l'antimondialisation avait déclaré limiter sa compassion aux seules victimes «sans papiers» du World Trade Center... Finesse gauchiste oblige ! Mais maintenant ? Après Karachi, après le carnage de Bali ? Et si les missiles de Mombasa avaient atteint leur cible ? Qui aurait été le responsable ? Ariel Sharon ? Est-on capable de penser cette déferlante meurtrière en sortant des catégories de lecture qui prétendent que c'est là l'effet d'un Sud meurtri par le capitalisme et d'un monde arabe torturé par le sionisme ? Est-on capable d'identifier ce terrorisme autrement que par cette expression qui ne veut rien dire : «terrorisme international» ? Il flotte dans l'air du temps une jubilation à pouvoir de nouveau penser le monde de manière bipolaire et à traiter de «réactionnaire» qui tente de sortir de ce conformisme archaïque. Ce retour du gauchisme bien pensant trouve sa raison d'être en France, en particulier dans l'échec de la gauche réformiste. La figure repoussoir d'une extrême droite menaçante après le 21 avril dernier a redonné des ailes à tous ceux pour qui l'incantation du «fascisme ne passera pas» tient lieu de pensée magique. Cette disqualification de toute critique des effets pervers du «progressisme» s'accompagne de son corollaire international dénonçant l'ennemi américain. Afficher son mépris sinon sa haine de l'Amérique, contre cet allié à la fois trop puissant et trop bête, trop «simpliste», est devenu le lieu commun d'un anti-impérialisme sur le retour. De José Bové à Maxime Gremetz, de Le Pen à Besancenot, c'est l'éventail politique des extrêmes qui est atteint par le syndrome du cocorico antiaméricain, comme s'il y avait dans cette affaire d'Irak l'opportunité d'une revanche intellectuelle. Les Américains ne sont pas des angelots, et l'idéologie de ceux qui construisent la politique de l'équipe Bush exaspère à plus d'un titre. Penser le monde comme un vaste marché et réduire l'humanité au statut alternatif de consommateur et de producteur ne fonde pas un projet de société acceptable. Or il se trouve que le modèle démocratique américain ne se réduit pas à la caricature qui fait de Dallas le centre de l'univers. Les USA, avec tous leurs défauts, valent mieux que tous les totalitarismes et leurs nostalgiques laudateurs. Qui au bout du compte est intervenu en Bosnie, au Kosovo ? Qui a libéré l'Afghanistan du joug taliban ? Les Européens ? La Ligue arabe ? Faut-il oublier le soldat Ryan ? C'est bien Manhattan qui a subi l'attentat le plus meurtrier de l'histoire, ce sont trois mille Américains qui ont été assassinés dans les tours du World Trade Center. Quelle aurait été la réaction de la France si les tours de la cathédrale de Strasbourg avaient été détruites par le groupe islamiste qui projetait de le faire ? Il suffit de lire Ben Laden dans le texte pour estimer que la riposte américaine en Afghanistan contre les talibans et al-Qaida a constitué une oeuvre de salubrité planétaire. Aurait-on déjà oublié le sort qui était fait aux femmes afghanes ? Aurait-on déjà oublié que Daniel Pearl fut assassiné au Pakistan, après que ses assassins lui ont fait avouer son crime : il était juif ? Aurait-on oublié qu'en Algérie ce sont des émules version GIA de mollah Omar qui massacrent, tous les jours, dans l'indifférence du monde ? Est-on capable de prendre la mesure de la menace irakienne ? Pourquoi proposer, comme une certaine presse après le 11 septembre, un renversement des causes : c'est l'Amérique qui serait responsable de ce qu'elle a subi, c'est sa politique écrasant les pauvres qui a engendré la haine dont elle est l'objet... Bref, c'est Ben Laden, l'enfant adultérin de la CIA, qui se retourne contre son créateur... Quant à Israël n'en parlons même pas. José Bové, qui a tout compris de l'Orient compliqué, a pu penser que c'était le Mossad l'auteur des attentats antijuifs commis en France. «A qui profite le crime ?», questionna l'antimondialiste fromager. On rêve face à cette régression mentale. Quelle est cette nouvelle imbécillité intellectuelle qui hurle au racisme ou au procès fait à l'islam dès lors que l'on tente d'analyser le goulag islamiste ? On pouvait penser que les attentats contre le World Trade Center auraient enfin ouvert des yeux. Mais les mécanismes qui étaient à l'oeuvre au temps des beaux jours de la pensée stalinienne sont de retour ! On aurait pu penser, de même, que la succession d'attentats commis en Israël par les bombes humaines palestiniennes aurait engendré un réflexe d'effroi et de répulsion. On aurait pu penser qu'ils auraient ouvert les yeux sur les intentions réelles de ceux qui explosent au milieu des convives un soir du Seder de Pessah. On aurait pu penser, qu'en France, les jeunes issus de l'immigration maghrébine auraient été contaminés par le virus de l'esprit critique plutôt que par celui du fanatisme. On aurait pu penser que ces jeunes-là auraient pu trouver dans la République un cadre pour leur propre émancipation. Et qu'a-t-on vu venir ? Une vague de haine antijuive a déferlé dans un étonnant silence de la société française. Il aura fallu de graves faits de violence pour que l'appareil médiatico-politique en prenne conscience, tant le conformisme idéologique ambiant était incapable de penser cette émergence. Dans les collèges et lycées, les «jeunes des banlieues» font des crises d'asthme dès que les mots «juif» ou «Israël» sont prononcés, et, lorsqu'ils veulent enseigner l'histoire de la Seconde Guerre mondiale, des enseignants n'arrivent plus à faire cours, parce qu'ils sont mis en demeure, par certains de leurs élèves, d'«équilibrer» le sort des Juifs européens sous le nazisme par celui des Palestiniens aujourd'hui. La pensée magique est bien là, celle qui nous dit que quand il fait trop chaud au mois d'août à Damas c'est la faute à Israël, que le trou dans la couche d'ozone c'est aussi la faute à Israël. Ce qui est nouveau c'est que ce soit en son nom que des «intellectuels et artistes» pétitionnent et incitent au boycott de tout Israël, faisant de tout Israélien un colon fanatique. L'antisionisme et l'antiaméricanisme constituent les deux matrices du nouveau progressisme des imbéciles. C'est à l'abri de la lutte antimondialisation que l'antiaméricanisme radical avance. C'est à l'abri de l'antiaméricanisme que l'anti-israélisme radical avance. C'est à l'abri de l'anti-israélisme que l'antisémitisme avance désormais légitimé et auréolé des vertus de la défense des droits de l'homme, des pauvres et des opprimés. Cette machine de guerre avait déjà fonctionné à Durban, à la fin de l'été 2001, où, à l'abri d'une conférence des Nations unies contre le racisme, la plus limpide haine des juifs s'était affichée. Aucune leçon n'a été tirée de Durban, pas plus que de la destruction du World Trade Center. Mus par des réflexes pavloviens, des nigauds sans mémoire hurlent à la mort de l'Amérique et d'Israël, dénoncés comme épicentre du mal mondial. Il y a fort à craindre que cet aveuglement se perpétue car il correspond à cet amour de la haine pour celui qui incarne la causalité providentielle de sa propre impuissance. La culture du ressentiment est fondatrice des discours sur l'humiliation et rend impossible tout esprit de réforme à l'intérieur du monde arabo-musulman. Son retour vers la modernité est au prix d'un regard critique de la camisole que l'islamisme impose aux musulmans et au mouvement national palestinien. Ce n'est pas aider la Palestine, le monde arabe et musulman que de les conforter dans cette immaturité. Mais les porteurs de miroirs ont toujours tort. -------------------------------------------------------------------------------- Lettre
à Le Devoir Monsieur, Madame: Je me demande
quel danger pour la démocratie canadienne représenterait
un appui à Israël. Les démocraties , que je sache,
ne se font pas la guerre. Contrairement à ce que M. Leclerc exprime
en conclusion de son texte (Le Devoir, 2 decembre) , nous pouvons et
nous devons être solidaires de la communauté qui représente
le mieux les valeurs démocratiques auxquelles nous pensons M. Leclerc justifie le terrorisme palestinien en laissant supposer qu'il est engendré par la violence d'Israël. Ce pays est aux prises avec une guerre qu'il n'a pas voulue et défend son existence. Mais votre chroniqueur ne peut contempler cette dure réalité et préfère renvoyer les protagonistes dos à dos sous prétexte de neutralité. Les défenseurs d'Israël ne cachent pas les erreurs et bavures engendrées par une guerre impitoyable. Les femmes et les enfants de Palestine, dont je n'envie pas le sort, peuvent quand même vaquer à leurs occupations, malgré de sévères et cruelles restrictions, sans crainte d'être victimes d'attentats de la part des Juifs israéliens. Les gens d'ici n'hésitent plus à exprimer ouvertement leur judéophobie. Nos concitoyens juifs sont de bons citoyens et ils méritent que nous les épaulions. La tradition du Devoir pèse lourd dans l'autre sens. J'ajouterai que l'article de M. Leclerc est mal informé aveuglé qu'il est par son plaidoter tiers-mondiste en faveur du partenaire dont il admet lui-même qu'il recourt au terrorisme.Si j'étais juif et habitant Montréal, je serais insulté. Pire: je commencerais à craindre pour mes enfants. (Jean Ouellette est professeur
à l'Université de Montréal Le Communiqué
Isranet essaie de diffuser une grande variété d’opinions
sur Israël, le Judaïsme
|
|