Communiqué Isranet
août 2007
Un service de l’I.C.R.J.
l ’Institut canadien de recherches sur le Judaïsme

Prof. Frederick Krantz, Directeur

Numéro 47 • vendredi le 27 septembre, 2002

Bethléem : quatre mois après le siège, la nativité et la désinformation revisitées
Jean-Marie Allafort
Proche-Orient.info, 25 septembre 2002

Jean-Marie Allafort, Français catholique, était parti pour Jérusalem il y a treize ans pour y étudier la pensée juive à l'université. Il y est resté et, depuis, il enseigne à son tour le judaïsme. Il est aussi le correspondant de plusieurs médias chrétiens. Il avait suivi de très près le siège de la Nativité, témoin de la désinformation orchestrée par le Patriarcat latin de Jérusalem et dont les journalistes s'étaient faits les complices, plus ou moins volontaires. Allafort est retourné à Bethléem voici quelques semaines, il raconte, et il évoque ce passé récent. Sans concession.

Le siège que Tsahal fait autour des bureaux de Yasser Arafat à Ramallah en ce moment même n'est pas sans rappeler celui de la Basilique de la Nativité de Bethléem, qui avait duré cinq semaines. Pourtant, il y a entre eux deux différences non négligeables : d'abord Tsahal, contrairement à ce qui se qui se passe à Ramallah, n'avait pas touché un seul des bâtiments du complexe du Lieu Saint. Ensuite, la couverture médiatique des deux événements est totalement différente. Si, pour le siège de Bethléem, les journalistes sont venus en nombre des quatre coins du monde, le siège de la Moukata ne semble pas, jusqu'à aujourd'hui, provoquer une émotion comparable, loin de là….

Je suis retourné cet été à Bethléem. La ville reprend peu à peu haleine. Les liturgies et les processions ont repris, alors que les réparations à l'intérieur du couvent orthodoxe ne sont pas encore achevées. Le centre ville, autrefois chrétien, est toujours désert et les quelques échoppes de souvenirs ouvertes rappellent au touriste isolé que cette cité fut l'une des plus visitées au monde, lors du Jubilée de l'an 2000.

En descendant à nouveau dans la grotte où selon la tradition Jésus est né, je me suis souvenu de ce vendredi 11 mai où, tout de suite après le départ des soldats israéliens de la Place de la mangeoire, je suis entré avec des dizaines d'autres journalistes dans la Basilique. Et je ne peux m'empêcher, une fois encore, de repasser dans ma tête le fil de ces événements qui avaient si peu à voir avec ce qu'on en avait répercuté des semaines durant….

Des ecclésiastiques n'ont pas hésité à fabriquer une version officielle

Le siège avait duré trente neuf jours. Il avait débuté le 1er avril, le lundi de Pâques. Des Palestiniens armés avaient forcé la porte du côté du couvent franciscain et s'étaient retranchés, avec leurs armes et de très nombreuses munitions, dans la Basilique. Ils étaient près de 240 – et parmi eux, le gouverneur de la ville Muhammad Al Madani - , qui avaient tout simplement pris d'assaut le Lieu Saint. Tous des musulmans, à l'exception de Tony Salman, l'avocat de la paroisse catholique de Bethléem. Dès l'annonce de l'entrée de blindés de Tsahal dans Bethléem, toutes les portes du complexe de la Nativité avaient été soigneusement fermées.

Et le jour même, certains ecclésiastiques n'hésiteront pas à fabriquer une version officielle qui sera retenue par les médias durant toute la crise. Cette version ? L'Eglise a accordé le droit d'asile aux Palestiniens, traqués par les Israéliens. Le Père Raed Abou Sarié, chancelier du Patriarcat latin de Jérusalem, deux mois après les événements, continuera lui même à soutenir cette version volontairement erronée des faits face aux caméras de télévision.

Pourtant, dès les premiers jours de la crise, la Custodie de Terre Sainte (les Franciscains gardiens des Lieux Saints en Israël, dans les Territoires palestiniens, en Jordanie et à Chypre) qui a la juridiction sur la Basilique de la Nativité avec les Orthodoxes et les Arméniens, publiera un communiqué sans équivoque : « Quelques organes de presse ont prétendu que c'était le patriarche latin de Jérusalem qui a offert le sanctuaire de la Basilique de la Nativité à un groupe de personnes désarmés. Ce compte-rendu des faits n'est pas conforme à la réalité. Comme chacun sait, le patriarche latin de Jérusalem n'a aucune part dans la direction de la basilique de la Nativité à Bethléem, laquelle, selon la loi internationalement reconnue, est exclusivement réservée, avec les patriarcats grec orthodoxe et arménien, à la Custodie de Terre Sainte. En outre, la situation problématique créée dans et autour de la Basilique est le résultat de l'introduction violente effectuée par les hommes armés qui se sont barricadés sur place. Les fausses informations ci-dessus aboutiraient non seulement à attribuer aux religieux des responsabilités qui ne sont pas les leurs mais aussi des choix qu'ils n'ont jamais fait.

Il est, bien sûr, instamment nécessaire de mettre fin rapidement à cette situation pour éviter le carnage et tous autres dommages, en assurant la sécurité de toutes les personnes concernées, qu'elles soient armées ou désarmées. » Ce communiqué de presse sera totalement occulté par les journalistes couvrant les événements….

Les sœurs de Ste Brigitte ont été agressées par des Palestiniens armés

Durant tout le siège, la désinformation connaîtra des records inégalés. Les nouvelles circuleront, nombreuses, étonnantes, souvent sans lien aucun avec la réalité des faits. Par exemple, le 4 avril, en milieu de journée, on apprendra de 'source sûre' qu'un prêtre salésien italien a été tué à Bethléem alors qu'il célébrait la messe au couvent Sainte Marie chez les Sœurs de Sainte Brigitte (situé non loin de la Basilique) et que plusieurs d'entre elles ont été blessées. Le journal de la mi-journée de France 3, se conclura sur cette information de dernière minute. Un char israélien aurait tiré un coup de canon vers l'Eglise en question…Sur l'Internet, Yahoo donnera une autre version : l'ecclésiastique, après avoir célébré la messe, en sortant de l'église, s'est interposé entre les soldats et les religieuses. Il a été tué et les religieuses ont été blessées. Certaines agences de presse écriront un éloge funèbre du prêtre défunt et n'hésiteront pas à raconter avec détails les circonstances de sa mort. Le premier ministre italien, Silvio Berlusconi, demandera immédiatement des explications au ministère des affaires étrangères israéliens qui ne pourra que répondre : cas inconnu. Vers le milieu de l'après midi, on apprendra enfin que le prêtre est bel et bien vivant et que les religieuses sont saines et sauves. Les agences de presse ne feront qu'un bref démenti et certains médias ne jugeront même pas utile de rectifier leurs fausses informations. Aujourd'hui, personne ne peut dire avec certitude qui a lancé la rumeur. Or la vérité est tout autre : les sœurs de Sainte Brigitte ont été victimes d'une agression de la part de Palestiniens armés qui ont forcé la porte de leur couvent pour se réfugier dans l'Eglise. Dès lors, il est intéressant de savoir comment la revue du patriarcat latin résume les événements : « Des Palestiniens réfugiés au couvent Sainte Marie des Sœurs de Ste Brigitte et ceux réfugiés dans l'église syrienne orthodoxe trouveront la voie libre, eux aussi, pour aller se réfugier dans la Basilique. Qui a facilité le refuge et laissé la voie libre vers la Basilique ? Une question qui restera sans
réponse. » (Jérusalem, bulletin diocésain du patriarcat latin, avril – juin 2002, p. 72)…..

Presque chaque jour, durant le siège de Bethléem, les journalistes parleront de la situation catastrophique à l'intérieur de la Basilique : les religieux et les Palestiniens étaient privés de toute nourriture et l'eau ne suffisait plus. Le supérieur général des Franciscains allait envoyer une missive dans le monde entier, en décrivant la situation des assiégés et demandant aux chrétiens de faire pression, dans leur pays respectif, auprès des ambassades israéliennes pour que cesse le siège. De cette lettre, il ressort que la responsabilité des événements incombe uniquement aux Israéliens. La Custodie de Terre Sainte présentera même un recours à la Haute Cour de justice d'Israël pour obliger Tsahal à nourrir les assiégés, tant la situation à l'intérieur était à la limite du supportable, prétendait-elle. La Haute Cour rejettera la demande.

Les Franciscains avaient des réserves pour six mois car l'opération était programmée

Les journalistes qui ont pénétré dans la Basilique à la fin du siège s'étonneront de l'abondance des restes de nourriture dispersés un peu partout. Le Custode de Terre Sainte, dans une conférence de presse improvisée près de la chapelle des Arméniens, nous expliquera que, depuis quelques jours, l'armée israélienne faisait passer de la nourriture pour les réfugiés comme pour les moines puisque l'issue de la crise était proche. En fait, après enquête, il s'avère que personne n'a jamais eu faim ni soif.

Les Franciscains avaient dans leurs réserves de quoi tenir un siège de six mois. Pourquoi ? parce que dans les milieux chrétiens de Bethléem, plusieurs mois avant les événements, des rumeurs avaient couru sur une prise de la Basilique de la Nativité par des miliciens palestiniens au cas où Tsahal entreprendrait une opération d'envergure. De plus, depuis le premier jour, l'armée israélienne faisait passer des repas et des boissons aux religieux et des cigarettes aux Palestiniens. Certes, les repas étaient peu variés, du riz ou des pâtes, mais de là à parler d'une situation catastrophique sur le plan humanitaire, il y a une grande marge. De même pour l'eau : si les réfugiés palestiniens n'ont pu se doucher, ils n'en ont jamais manqué. Le couvent est en effet doté de citernes qui, après les pluies d'hiver, étaient pleines. En dehors de la promiscuité à l'intérieur de la partie byzantine de la Basilique où les Palestiniens vivaient, le désagrément le plus notable fut la privation d'électricité.

Il est difficile de croire que l'intrusion des miliciens armés n'a pas été programmée. Lorsque Tsahal est arrivée sur la place de la mangeoire, face à la Basilique, les démineurs ont désamorcé une charge explosive de 3 kg et demi placée dans le système de canalisations.

En ce matin du vendredi 10 mai, la ville était encore sous couvre-feu et aucune âme ne semblait y vivre lorsque les premiers Palestiniens sortirent du Lieu Saint, sous l'œil de dizaines de caméras de télévision et le regard de centaines de journalistes qui s'étaient postés sur les toits donnant sur la Place de la mangeoire. De là, on pouvait suivre les mouvements : la sortie des Palestiniens, l'arrivée des responsables religieux et les préparatifs de l'armée israélienne en vue du retrait. Un journaliste s'évertuera à expliquer à ses téléspectateurs que les 13 palestiniens qui venaient de sortir ne sont pas des activistes dangereux mais de simples militants « qu'Israël accuse de terrorisme ». Cette formule sera reprise toute la journée par de nombreux médias. Si ces 13 Palestiniens ne sont pas des terroristes, on peut s'étonner qu'il ait été si difficile de leur trouver une terre d'accueil. Le Hamas, les Tanzim ou les Brigades des martyrs d'El Aqsa sont-ils vraiment des organisations caritatives ?

Vers midi, les responsables religieux qui, suivant le Statu quo (l'accord qui régit la vie des communautés chrétiennes depuis l'époque ottomane) sont les gardiens du Lieu Saint sont arrivés sur la Place de la Mangeoire : le patriarche orthodoxe, le patriarche arménien et le Custode de Terre Sainte. Avec eux, se pressaient des dizaines de Franciscains et de moines orthodoxes. De loin, c'était un peu la confusion. Les journalistes toujours postés sur les toits, essayaient de recueillir des informations. Lorsqu'on a appris par le porte parole de Tsahal que les agents américains chargés de l'inspection de la basilique venaient de découvrir une quarantaine de mines à l'intérieur du complexe de la Basilique, ç'a été la pagaille. La majorité écrasante des journalistes présents criaient à l'imposture et à la propagande. Pour eux, le scénario de la fin du siège était déjà écrit, et tout élément nouveau qui viendrait contrarier la version fabriquée était automatiquement éradiqué. Quelques jours plus tard, le Patriarche latin de Jérusalem, Michel Sabbah, interrogé sur ce point précis par des correspondants français soutiendra la thèse de la propagande israélienne.

À l'extérieur, les chefs religieux ne sont pas d'accord sur la façon de procéder pour réinvestir les lieux et pour faire le ménage. Le différend avait en fait commencé bien avant : les Orthodoxes et les Arméniens voulaient que les Israéliens soient encore présents pour la réinstallation des autorités religieuses dans la Basilique, alors que les latins (les catholiques occidentaux) auraient préféré que les Palestiniens aient déjà pris la relève. Cette attitude est caractéristique des approches divergentes entre les communautés chrétiennes. Alors que les latins font porter toute la responsabilité de la crise sur les Israéliens, les orthodoxes eux, n'hésitent pas à parler de violations et de sacrilèges de la part des Palestiniens. Les Arméniens ont raconté que leurs livres de prières et leurs objets liturgiques avaient été saccagés. Lorsque les journalistes sont entrés dans l'enceinte, les moines orthodoxes ont ouvert leur monastère pour montrer les dégâts causés par les occupants indésirables, alors que les Franciscains ont préféré fermer leur porte. Et comme par hasard, l'église latine Ste Catherine qui se trouve dans l'enceinte du lieu, était parfaitement propre, sans la moindre trace d'occupation : les bougies de dévotion brûlaient devant la statue de la Vierge et l'on aurait cru que rien se s'était jamais passé. Quand, à 18h28 précises, le dernier char israélien a quitté la place de la Mangeoire, les enfants qui attendaient dans les ruelles avoisinantes ont crié leur joie en hurlant pendant de longues minutes : 'Allah est fort'.

De nombreuses zones d'ombre demeurent, un jour les langues se délieront

En entrant dans la basilique dans la foulée, c'est d'abord l'émotion qui m'avait saisi…. Mes pas me conduisent tout de suite vers la grotte de la Nativité. Un moine orthodoxe tient une bougie, il n'y a pas d'électricité mais tout est intact et propre. Le Custode de Terre Sainte nous dira quelques minutes plus tard que la messe a été célébrée tous les jours dans la mangeoire suivant le statu quo. En remontant, c'est en revanche une véritable porcherie que nous découvrirons : les réfugiés ont dormi et mangé à l'intérieur de la basilique, un autel retourné a servi de table à manger ; d'après les odeurs, ils y ont fait aussi certains de leurs besoins… Il n'y a pas de très gros dégâts, seules les cellules des moines orthodoxes qui ont pris feu sont noircies, il y a des vitres brisées et des traces de balles dans les cours et les bâtiments de l'enceinte. Certains vitraux de la partie orthodoxe ont été brisés : ils servaient de mirador desquels les palestiniens tiraient sur les soldats israéliens. Un peu moins de trois quarts d'heure après notre entrée dans la basilique, les services de sécurité palestiniens avaient investi le complexe et nous avaient prié de quitter les lieux. Le lendemain, les traces les plus visibles du siège avait déjà disparu et avec elles, la possibilité d'une investigation méthodique. Encore aujourd'hui, de nombreuses zones d'ombre planent sur cet événement, et il faudra attendre patiemment qu'un jour les bouches se délient.

Le dimanche 12 mai, le cardinal Roger Etchegaray, envoyé spécial du Pape pour résoudre la crise, reviendra spécialement de Rome pour présider une messe solennelle dans l'Eglise Ste Catherine de Bethléem. Le patriarche latin de Jérusalem, Michel Sabbah, ouvrira la célébration par un réquisitoire contre Israël et un refus de condamner les attentats suicides, mettant ainsi la diplomatie vaticane dans une situation plus que délicate : « Juste en entrant dans cette église tout à l'heure, les médias m'ont demandé si vous condamnez les bombes suicidaires. La réponse, j'espère qu'elle est comprise : plus importante que toute déclaration ou toute condamnation est une action qui puisse mettre fin à toute manifestation de la violence. Car on a beau déclarer ou condamner tant que la racine du mal est là, la violence restera. La racine du mal c'est l'occupation précisément de cette terre palestinienne, c'est la privation de liberté de la population palestinienne et de cette population chrétienne ici présente aujourd'hui pour prier et pour recommencer un chemin difficile vers la justice et la paix. Ce dont nous avons besoin c'est d'une action qui déracine les racines du mal et mette fin à l'occupation qui ne fait que produire toutes sortes de violence, une action où la justice est nécessaire afin que tout le monde puisse jouir de la liberté et de la dignité humaine dans cette Terre Sainte. »

On a parlé durant toute la crise de propagande israélienne, mais qui osera dire que certains responsables chrétiens ont fait de l'Eglise un agent quasi officiel de la propagande palestinienne ? Les Palestiniens ont cyniquement utilisé la Basilique de la Nativité pour servir leurs propres intérêts politiques et ont violé, bien plus que les Israéliens, la sainteté du Lieu. Ils ont pénétré de force dans l'enceinte de l'église et se sont conduits comme des soudards. Que l'Eglise les accueille est une chose, mais qu'elle inverse les rôles et contribue à une distorsion de la vérité en est une autre.

(« Proche-Orient » est une association française à but non lucratif. Son but est d'éditer une information exclusivement professionnelle, complète, exacte et rigoureuse sur le Proche-Orient, ainsi que
sur les retombées de la situation régionale, en particulier du conflit israélo-palestinien. Son objectif général est d'aider à une meilleure compréhension du Proche-Orient et de ses
enjeux. Pour plus d'information, adressez demandes et questions à contact@proche-orient.info. Site Internet: www.proche-orient.info.)

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Le Communiqué Isranet essaie de diffuser une grande variété d’opinions sur Israël, le Judaïsme
et le Moyen-Orient. Les articles et documents reproduits expriment l’opinion de leurs auteurs et ne représentent pas nécessairement au point de vue de l’Institut.

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Numéro 46 • vendredi le 20 septembre, 2002

Israël face à la dérive islamiste
Robert Wistrich
Le Figaro, 17 septembre 2002

Une année après l'assaut meurtrier contre les tours jumelles de New York, les médias occidentaux font toujours preuve d'une grande réticence pour parler de l'antisémitisme musulman.

Cette réticence est encore plus étonnante eu égard au flot continu d'images virulentes qui s'étend du Maroc jusqu'aux pays du Golfe où les juifs sont présentés comme une force maligne -- comme agresseurs, usurpateurs, pécheurs, occupants, corrupteurs, infidèles et barbares. Selon les dirigeants arabes comme le président Assad de Syrie, Israël et les juifs sont « plus racistes que les nazis » ; et pour Saddam Hussein, « l'entité sioniste n'est qu'une pieuvre ou un cancer mortel qu'il faut éradiquer totalement ». Le même discours est tenu par l'actuel dirigeant de la République islamique d'Iran, Ali Khameini qui, en plus, n'hésite pas à soutenir une contrevérité historique, à savoir que les sionistes ont beaucoup exagéré l'ampleur de la Shoah.

On peut affirmer désormais que, pour la plupart de ces dirigeants arabes (sans parler de la « rue » arabe), il n'y a plus de différence réelle entre juifs et sionistes. L'idéologie antisémite arabomusulmane a sa propre logique au-delà du conflit territorial avec Israël. On ne doit pas la réduire à la propagande gouvernementale ni à l'instrumentalisation des stéréotypes importés de l'Occident. Les clichés qui ont caractérisé l'antisémitisme européen depuis les débuts du XXe siècle sont remontés à la surface, cette fois travestis dans une rhétorique islamiste.

II y a quelque mois seulement, les Protocoles des sages de Sion ont fait l'objet d'une série de trente épisodes pour la télévision arabe, réalisée en Égypte, avec un budget de plusieurs millions de dollars. Quatre cents interprètes y ont participé. Dans les bandes dessinées arabes, la diabolisation d'Israël et des juifs prend toute son ampleur. Ils sont présentés comme un peuple odieux, qu'il faut craindre et éliminer.


Visuellement, on représente le juif comme un homme courbé, au teint basané avec un long nez crochu et un aspect répugnant. Le judaïsme lui-même est dépeint comme une religion sinistre et immorale, fondée sur des cabales et des rites sanglants. Le but poursuivi ne vise pas seulement la délégitimation de l'État d'Israël, mais aussi la déshumanisation des juifs et du judaïsme. II s'agit d'un antisémitisme brutal qui va au-delà de la manipulation politique et devient un instrument puissant d'intoxication des esprits et d'incitation à la terreur et à la violence.

II y a un an, pendant la mal nommée « Conférence contre le racisme » à Durban, cette intoxication avait provoqué une orgie de haine contre Israël qui se trouvait accusé de génocide contre le peuple palestinien, de « purification ethnique », d'apartheid et d'être un « État raciste ». Le débat prévu sur l'antisémitisme fut supprimé, au profit d'une formule à la fois surréaliste et délirante qui élevait « les pratiques sionistes contre le sémitisme » au rang de d'expression majeure du racisme contemporain dans une inversion de la vérité digne des anticipations orwelliennes. Très symboliquement, un tract affiché au Palais des expositions de Durban présentait un portrait d'Adolphe Hitler avec la légende : « Si j'avais gagné la guerre, il n'y aurait pas eu...de sang palestinien versé. »

L'attaque terroriste contre le World Trade Center s'est produite trois jours seulement après ce déferlement de haine. La cible des terroristes islamiques, comme pour les délégués de Durban a été à la fois l'Amérique et l'Occident et aussi Israël et le peuple juif. A leurs yeux Wall Street et la ville de New York incarnaient non seulement le capitalisme financier et « les pouvoirs anonymes » de la globalisation mais aussi la pieuvre géante
du judaïsme cosmopolite dont le dessein serait de corrompre et détruire L'Islam !

Il y a là des analogies saisissantes avec le nazisme allemand. Les islamistes ont, comme leurs prédécesseurs d'il y a soixante ans, consciemment opté pour un culte de la mort. Ils ont transformé le motif du sacrifice et du martyre en quelque chose d'urgent, d'élémentaire, de pseudo-religieux, voire de mystique. Le fascisme islamiste comprend en effet la même aspiration totalitaire et pseudo-messianique à l'hégémonie mondiale que le nazisme allemand ou que le communisme soviétique. On ne peut pas séparer la guerre terroriste menée actuellement contre Israël et l'Occident de ses racines idéologiques dans le Djihad et des obsessions antijuives au sein du monde arabo-musulman. Ce n'est pas un petit détail de l'histoire ! II suffit de rappeler la joie avec laquelle les attaques meurtrières du 11 septembre contre les États-Unis furent accueillies dans le monde arabo-musulman, y compris dans les territoires sous l'Autorité palestinienne. Peu de temps après le massacre de Manhattan, le Mufti de Jérusalem appela ouvertement à la destruction d'Israël, de la Grande-Bretagne et des États-Unis. « Ô Allah, détruis l'Amérique, car elle est dirigée par les juifs sionistes... Allah peindra la Maison-Blanche en noir ! »

Malheureusement, l'actuelle vague d'attentats suicides musulmans, le terrorisme et l'antisémitisme (sous le masque « antisioniste ») semblent jouir d'un écho très favorable auprès des Palestiniens et d'un nombre toujours croissant d'Arabes et de musulmans. Le sommet du paroxysme antisémite est atteint quand tant de responsables arabomusulmans (pour ne pas parler des pourcentages très élevés des populations au Moyen-Orient) ont pu fermement imputer les attaques terroristes contre l'Amérique au Mossad israélien.

La théorie du complot juif a pignon sur rue chez les musulmans dans les pays occidentaux, y compris la France. Une partie des immigrés est influencée par la propagande antisémite de leurs pays d'origine. Leurs sentiments de haine ont été exacerbés par les images sans cesse véhiculées par les médias arabes et européens sur les événements du Proche-Orient et par un discours massivement critique à l'encontre d'Israël. Dans cette atmosphère extrêmement passionnelle on a entendu des cris « Mort aux juifs ! » dans les rues de Paris pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale. Durant de longs mois, pourtant, on n'a pas voulu parler de ces nouvelles formes d'antisémitisme et même aujourd'hui il y a encore des personnes qui font tout pour banaliser ces faits.

Les leçons qu'il faut tirer du cataclysme du 11 septembre sont sans doute nombreuses. Mais il est sûrement temps de prendre au sérieux et de lutter contre le nouveau fascisme islamiste, un mélange vraiment explosif d'antioccidentalisme, de fanatisme idéologique et de haine brutale contre les juifs qui sous-tend une partie de la pensée musulmane contemporaine. Cette dérive islamiste est en réalité une déformation tragique des
enseignements du Coran dont les valeurs universelles sont bafouées par ceux-là mêmes qui prétendent parler au nom d'Allah.

(Robert Wistrich, professeur d'histoire moderne à l'Université hébraïque de Jérusalem, est l'auteur de nombreux ouvrages dont "Hitler and the Holoucaust" [Weidenfeld, Londres] et "Nietzsche: Godfather of Fascism?" [Princeton University Press])

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Numéro 45 • vendredi le 13 septembre, 2002

Peur de la vérité?
9 septembre 2002

Ce lundi, à Montréal, l'intolérance et la haine de la liberté nous ont montré leur hideux visage: des manifestants pro-palestiniens, aveuglés par leur détestation d'Israël, ont forcé, par la violence, l'annulation de la conférence que devait donner à l'Université Concordia M. Benjamin Netanyahu, ancien premier ministre d'Israël.

Que, dans notre pays, la liberté d'expression d'une personne soit ainsi bafouée et qu'un de nos hôtes soit privé de son droit, élémentaire s'il en est, de s'exprimer ne peut que ternir notre réputation et est déjà injustifiable en soi. Que cela se passe dans le milieu universitaire l'est encore plus. Non pas parce que l'université serait un lieu plus digne d'être protégé qu'un autre, mais parce que cet événement est absolument le contraire de ce qu'elle est censée être, ce qu'elle tente d'être: une institution vouée à la réflexion, au débat d'idées, un lieu ouvert, où règne le pluralisme.

Au nom des valeurs qui fondent l'université, qui en sont l'essence même, et qui sont celles de tout intellectuel qui se respecte, les universitaires devraient exprimer leur indignation devant ce qui s'est passé à l'Université Concordia: si la liberté d'expression est chassée de l'université, où se réfugiera-t-elle? Si nous nous taisons quand elle est menacée, comment justifierons-nous les privilèges que la société nous accorde au nom, précisément, de la liberté universitaire?

Or, qu'est-ce que la liberté universitaire, sinon la liberté de penser, de chercher la vérité et de parler? La liberté de déplaire, de ne pas hurler avec les loups, de dire que le roi est nu et que, oui, le terrorisme est un mal. Les universitaires ont depuis longtemps accordé beaucoup d'importance à cette liberté. Il serait inconcevable qu'ils la laissent bafouer dans l'enceinte même où elle est censée s'exercer! Ils l'ont revendiquée -et obtenue- pour eux-mêmes, certes, mais ils ont en contrepartie le devoir de veiller à ce que leurs concitoyens (et leurs invités) puissent aussi jouir des droits que leur garantit notre pays.

C'est donc aussi en tant que citoyens d'un pays libre et démocratique, soucieux du respect des droits fondamentaux, que nous devons tous protester contre de tels agissements. Ils sont la négation des principes qui nous font vivre. Et c'est en tant que citoyens que nous demandons que les auteurs de ces actes injustifiables soient arrêtés et punis. Nous ne pouvons pas les laisser gagner: accepter cette victoire de l'intolérance, de la force sur le droit, ce serait reconnaître l’efficacité de ces comportements et, par le fait même, l’accroître. Ce serait nous mettre à la merci de tous ceux qui voudront utiliser cette arme contre nous. Ne nous faisons pas d'illusion: ils le feront! Et ce jour-là, nous regretterons notre liberté perdue.

Qu'est-ce qui les poussait, ces étudiants intolérants? Le désir de régner sans partage par la force? Sans doute et c'est là une des marques de la tentation totalitaire. Ils y ont cédé: ils ont imposé leur volonté par la force et la force l'a emporté, sous les applaudissements d'une foule hargneuse et fanatique, heureuse d'avoir triomphé si facilement. Ce que nous avons vu est terrible et nous fait honte: ce n'était pas une simple manifestation, c'était une émeute et des honnêtes gens ont été molestés et injuriés, sous les yeux impuissants de la police.

Les émeutiers ne pouvaient tolérer la tenue d'une simple conférence. Pourquoi? Pourquoi ne pas accepter que leur adversaire parle et, ensuite, argumenter et débattre? De quoi avaient-ils peur? D'entendre la vérité? Mais s'ils ne peuvent l'entendre, ne serait-ce pas qu'elle n'est pas à leur honneur? Ils défendent une cause, disent-ils. Celle des Palestiniens. Leur comportement d'aujourd'hui est-il à l'image de l'État qu'ils veulent pour eux? Cet État qu'ils prétendent vouloir construire là-bas garantira-t-il les libertés qu'ils foulent aux pieds ici? On nous permettra d'en douter.

Philippe Barbaud
Université du Québec à Montréal

Julien Bauer
Université du Québec à Montréal

Jean-Charles Chebat
HEC Université de Montréal

John J. Furedy
Université de Toronto

Claire Gélinas
Université du Québec à Montréal

Michael R. Marrus
Université de Toronto

Jean Ouellette
Université de Montréal

Annette Paquot
Université Laval

Michaël Laughrea
Université McGill

Reneo Lukic
Université Laval

Alexandre Sadetsky
Université Laval

Stephen Schecter
Université du Québec à Montréal

(L'article ci-dessus a aussi été publié dans l'édition d'aujourd'hui, 13 septembre, du journal Le Devoir.)

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Numéro 44 • vendredi le 6 septembre, 2002

Les mensonges antisémites qui nous menacent tous
Harold Evans
The Times, Londres, 28 juin 2002

L'antisémitisme répandu dans le monde musulman, des écoles à la presse, la télévision et Internet, non seulement rend la paix au Moyen Orient impossible, il fait aussi de nous tous des cibles.

Juste avant qu'il ne soit renvoyé dans ses buts par le Président Bush, Yasser Arafat a fait une offre extraordinaire, extraordinaire non parce qu'elle répondait à une demande spécifique que Bush allait faire, mais extraordinaire parce que Arafat reconnaissait l'horreur intrinsèque que représente l'endoctrinement de jeunes gens aveuglés pour qu'ils commettent des attentats suicides. Décrivant son plan de réformes de 100 jours, dans un mémorandum privé de six pages envoyé au Président Bush et aux capitales arabes, Arafat écrit qu'il "renoncera au fanatisme dans les programmes scolaires et répandra un esprit de démocratie, d'humanisme et d'ouverture".

On trouve beaucoup de choses sous la pierre qu'Arafat a soulevée. Le fanatisme a été instillé chez les assassins suicides et chez des millions de jeunes dans tous les pays arabes, sans que ne s'y intéressent ni les médias, ni les gouvernements, ni les universitaires, ni les églises dans le monde civilisé. Les écoles palestiniennes, financées par l'Europe, sont de vrais égouts à ciel ouvert en termes de haine répandue, non seulement contre Israël, mais contre tous les Juifs et tous leurs amis. Le Dr Ahmad Abu Halabiya, ancien recteur, en charge de l'université islamique de Gaza, définit le message : "Où que vous soyez, tuez les Juifs, les Américains qui sont comme eux et ceux qui les soutiennent."

Les leaders arabes viennent à Washington, Londres et Genève avec des formules de paix, pendant que, dans leurs pays, ils alimentent leurs populations d'appels à la haine similaires. Cela signifie que même si, par miracle, il y a un accord sur la forme d'un Etat palestinien, il n'y aura pas de paix au Moyen-Orient pendant une génération. Les Israéliens peuvent oublier ou pardonner les assassins-suicide ; les Palestiniens peuvent oublier les humiliations de l'occupation. Mais le conflit politique au sujet de la Palestine n'est qu'un des aspects du fanatisme fomenté. Il aboutit à la déshumanisation de tous les Juifs et il a été fabriqué et répandu dans tout le Moyen-Orient et l'Asie du sud-est avec une intensité et à une échelle sans précédents. C'est un phénomène assez nouveau dans le monde musulman. Il y avait plus de tolérance envers les Juifs dans l'empire de l'Islam que dans l'Europe chrétienne.

J'étais conscient, comme nous le sommes tous, que les Palestiniens haïssent l'état d'Israël. Ce qui m'a surpris, c'est la virulence de ce nouvel antisémitisme dans tous les pays musulmans. Il est délirant, vociférant, pervers, paranoïaque et n'a que des rapports lointains avec le conflit palestinien. L'espoir, le bromure habituel, semble n'avoir rien à voir avec la situation. La période de grands espoirs qui a suivi Camp David a connu
une montée rapide, et non une diminution, de la marée...

Quiconque parle de la Palestine ou du terrorisme parle dans le vide, car on ne peut rien comprendre sans une évaluation correcte de la manière dont les esprits ont été empoisonnés. Une seule attaque d'un skinhead contre une synagogue en Europe et c'est une information, mais rien sur les attaques répétées perpétrées chaque jour contre les Juifs, du Maroc au Caire et à Damas, de Bagdad à Téhéran, de la bande de Gaza à Karachi.

Le paradoxe est que le monde est interconnecté comme jamais auparavant alors que, de manière léthale, tant de dépêches sont aussi vides. Le fanatisme religieux qui a engendré et soutenu le terrorisme et qui dirige ce nouvel antisémitisme est insensible à la raison. Jonathan Swift avait formulé ce dilemme, il y a plus de 200 ans : "On ne peut convaincre quelqu'un par la raison d'abandonner quelque chose qu'il a adopté sans se baser sur la raison".

La meilleure illustration de ce que nous devons combattre est illustré par ce que les Juifs ont fait au World Trade Center. Chacun, dans le monde musulman, sait que le 11 septembre a été un complot juif destiné à préparer le chemin à l'opération militaire conjointe israélo-américaine non seulement contre Osama ben Laden et les
Talibans, mais aussi contre les militants islamiques en Palestine. Le jour de l'attentat, 4000 Juifs étaient absents du World Trade Center ; ils avaient été informés à l'avance.

Je pensais que ce marronnier diffamatoire avait depuis longtemps disparu comme il était venu, mais il m'a été répété, en toute sincérité, par un chauffeur de taxi pakistanais de New York, la semaine dernière ; ce qui prouve seulement que ce mensonge est maintenant une croyance musulmane indéracinable. Des millions et des millions de gens croient en ces sornettes, comme un sondage Gallup l'a montré, après avoir questionné des personnes dans neuf pays à majorité musulmane, le Pakistan, l'Iran, l'Indonésie, la Turquie, le Liban, le Maroc, le Koweït, la Jordanie et l'Arabie Saoudite, qui représentent à peu près la moitié de la population musulmane du globe.

Environ 67% considèrent l'attentat comme moralement injustifié, ce qui est quelque chose, mais pourquoi pas 100% ? On leur a aussi demandé s'ils croyaient que des groupes arabes avaient perpétré ces attentats. Ce n'est que chez l'allié de l'Occident, qu'est la Turquie, que la réponse a été majoritairement, mais faiblement, Oui : 46% contre 43%. Dans les huit autres pays musulmans, la population a rejeté l'idée que des Arabes ou Al-Qaïda aient été les responsables. J'insiste, ceci est un sondage qui date seulement d'il y a quelques mois, après que des millions de mots aient été prononcés par des reporters et après la projection des vidéos enthousiastes d'Osama ben Laden. Les majorités, au Pakistan, au Koweït, en Iran, en Indonésie sont écrasantes, au Pakistan seuls 4% des sondés reconnaissent que les tueurs sont des Arabes. Thomas Friedman, du New York Times, a rendu compte, le mois dernier, d'Indonésie, le plus grand pays musulman au monde, que personne, là-bas, ne doute qu'il s'agisse d'une conspiration du Mossad.

Qui serait assez naïf/fou/malintentionné/égaré pour disséminer de tels mensonges? Le flux provient de sources officielles, journaux et télévisions dans les pays arabes, écoles et mosquées subventionnées par les gouvernements, éditorialistes arabes, caricaturistes, religieux et intellectuels, sites Web qui mènent à un infini d'iniquité. L'apparence de modernité dans les médias arabes est illusoire. Plus importante que la présence de hardware est l'absence de software, l'idée d'une presse libre farouchement indépendante et autocritique. CNN filmera les dommages causés par les bombes américaines en Afghanistan ; al-Jazeera et les stations du Moyen-Orient ne rêveraient même pas de parler des veuves et des orphelins, dont les êtres chers ont été déchiquetés par les assassins-suicide. Un Arabe critique de l'Amérique et de la coalition a toujours le dernier mot. Comment des gens peuvent-ils être aussi réceptifs à la désinformation ? C'est simple, la théorie du complot simplifie un monde complexe. L'absence de preuves est en elle-même preuve de complot...

Mais il existe une autre explication à la puissance des mensonges aujourd'hui. C'est l'aura d'authenticité apportée par la technologie, par Internet. John Daniszewski, du Los Angeles Times, demanda à une rédactrice de La Nation à Islamabad, Ayesha Haroon, pourquoi elle voyait en Israël le coupable. "Il est fort possible qu'il y ait eu intention délibérée de nuire en le publiant", admit-elle. "Je pense aussi que cela a à voir avec l'Internet. Quand vous voyez quelque chose sur l'écran d'un ordinateur, vous avez tendance à croire que c'est vrai." Là, dans notre nouvelle magie, est la source de bien des misères. Selon Friedman, un Indonésien, qui visitait la place forte islamique de Yogyakarta, fut effrayé par la marée montante de la volonté de djihad contre les Chrétiens et les Juifs. Les utilisateurs d'Internet ne représentent que 5% de la population, mais ces 5% répandent des rumeurs sur les Juifs à tous les autres. "Ils disent, 'Je l'ai appris sur Internet'. Ils pensent que c'est la Bible."

La calomnie qui accuse les Juifs morts dans le World Trade Center, et que des millions de personnes perçoivent comme la réalité, doit sa notoriété originelle, dès septembre 2001, à un site Web appelé InformationTimes.com, "un service d'information et de presse indépendant", dont l'adresse était le Building de la Presse à Washington. J'ai eut l'idée de demander à son rédacteur en chef, Syed Adeeb, quelles étaient ses preuves. Il m'a dit que sa source était la station de télévision Al Manar au Liban. Quand je lui demandai s'il avait le moindre scrupule à relayer Al Manar, alors que c'est l'organe de propagande du groupe terroriste Hezbollah, dont l'objectif est de "mener une guerre psychologique efficace contre l'ennemi sioniste", la réponse d'Adeeb fut : "Mais c'est une station très populaire." Il est clair que Adeeb croyait en sa propre histoire. Quand je mentionnais que des Juifs étaient morts dans les tours, il accepta qu'un ou deux aient pu mourir, mais il trouvait suspect que personne ne put lui dire combien exactement.

Il avança qu'il était un citoyen américain, et que certains de ses meilleurs amis étaient Juifs. La vision du monde d'Adeeb parle d'elle-même dans ses titres : "Des Israéliens possesseurs de matériel explosif ont été arrêtés à Washington" ; "La mafia israélienne contrôle le Congrès des Etats-Unis" ; "Des terroristes hindous fous menacent l'Amérique" ; "Le FBI et la CIA devraient enquêter sur le lobby israélien " ; "Des soldats israéliens
barbares violent et torturent 86 femmes à Naplouse en Palestine".

Je m'enquis de la source de l'histoire du viol, et il me cita Lynne Jones, le membre travailliste du parlement britannique pour la circonscription de Birmingham Selly Oak. Après vérification il apparaît que le Dr Jones a en effet mis en circulation cette rumeur d'atrocité, en citant un e-mail d'un certain Anthony Razook, de Naplouse, mais avec la prudence nécessaire en disant que "ce rapport n'avait pas encore été vérifié". De telles
réserves disparaissent dans le retraitement sans fin de l'information.

Il fut un temps où de telles histoires circulaient seulement sur des torchons ronéotypés transportées par vélo et qui ne voyaient jamais la lumière du jour. Aujourd'hui, les Magiciens d'Oz comme Adeeb ont un mégaphone pour délivrer leurs messages à un monde crédule, avec la fausse authenticité de la voie électronique...Aujourd'hui un mensonge peut aller jusqu'à la planète Mars et en revenir avant que quiconque ne soit même à moitié réveillé. Le résultat final de ces titres incendiaires et de la propagation irréfléchie de ces sortes d'emails est Danny Pearl, torturé et massacré sauvagement parce qu'il était Juif et reporter.

Trop souvent, malheureusement, avec les meilleures intentions du monde, les reportages et les commentaires, en Occident, aboutissent naïvement à renforcer l'antisémitisme. Israël est soutenu comme, selon l'expression de Lénine, une corde soutient un pendu. Le même poids est donné à l'information en provenance des Etats policiers, qui sont des menteurs avérés, qu'à l'information en provenance d'une démocratie, qui pratique une
vigoureuse autocritique. L'attitude commune, pétrie de bons sentiments, est qu'il est équitable d'agir ainsi, comme si la vérité se trouvait dans un vide moral, comme si elle pouvait être mesurée au mètre, comme un bout de tissu. Cinq millions de Juifs en Israël sont une minorité vulnérable entourée par 300 millions de Musulmans, gouvernés, dans leur vaste majorité, par des régimes autoritaires, Etats quasi policiers qui, en plus de 50 ans, n'ont jamais cessé d'essayer de l'éliminer par la guerre et le terrorisme. Ils font taire toute opposition, tout reportage critique, ils dirigent des systèmes judiciaires répressifs et des écoles d'intoxication, ils ont échoué à mettre en ouvre toute mesure de justice sociale ou politique, ils détournent la frustration de la rue vers le bouc émissaire du sionisme, et ils génèrent et financent le terrorisme international. Et pourtant, c'est Israël qui est considéré avec scepticisme et parfois avec hostilité.

Prenons la bataille de Djénine. La présomption des meilleurs journaux et celle d'heures après heures de reportages télévisés en Europe, dans leur recherche frénétique de nouvelles, a été que les histoires palestiniennes de 3.000 tués et enterrés dans des fosses communes secrètes étaient vraies, bien que ceux les propageaient, comme Saeb Erekat, aient une réputation de menteurs avérés. Le Guardian s'est même laissé aller à écrire, dans un éditorial, que les attaques d'Israël sur Djénine ont été "tout aussi répugnantes" que les attaques d'Osama ben Laden sur New York, le 11 septembre.

Aussi répugnantes ? Quelque chose nous aurait-il échappé? Quelque provocation américaine d'Osama, comparable au meurtre continu de femmes, d'enfants, de malades et de vieillards israéliens? Y avait-il, dans le World Trade Center, une menace comme la fabrication de bombes à Djénine, connue fièrement chez les Palestiniens sous le nom de Capitale du Suicide ? En fait, il n'y a eu ni massacre, ni fosses communes. Human Rights Watch a, depuis, établi le bilan à 54 morts, incluant, selon leurs calculs, 22 civils, les Israéliens disent 3 civils. Certains militants palestiniens clament même que Djénine fut une victoire, du fait de la mort de 23 soldats israéliens.

Bien sûr, la presse se devait de rendre compte des allégations palestiniennes de massacre; elle avait le droit de poser des questions et d'exprimer son inquiétude dans ses éditoriaux. Mais la vérité ne résidait pas dans l'équilibre entre des affirmations contradictoires, et l'hystérie générale n'y contribua en rien. Des articles aussi sensationnalistes que ceux-là demandent une rigueur encore plus grande dans les comptes-rendus, une retenue de langage, un soin scrupuleux dans les titres, une citation correcte des sources et, par-dessus tout, un sens aigu de la responsabilité : "génocide" est trop tragique quand il est réel, pour être dévalué par un usage à la petite semaine. Décrire des meurtriers-suicide comme des "martyrs", comme un titre britannique récent l'a fait, c'est approuver les actes des barbares. Les Palestiniens peuvent appeler leurs terroristes des martyrs s'ils le désirent, c'est de la diffamation envers les martyrs de l'histoire qui ont donné leur vie pour sauver les autres, non pour tuer au hasard, ou pour obtenir des récompenses financières pour leurs familles. Les mots, a dit Churchill, sont les seules choses qui durent éternellement. Nous devrions tous avoir une attention aussi grande concernant le pouvoir explosif des mots que celle que nous attendons lorsqu'on examine nos bagages dans des aéroports.

Je rejette le sophisme selon lequel poser ce questionnement représente une excuse pour tout ce qui se fait sous le couvert de la lutte contre l'antisémitisme. Il n'est pas antisémite de poser des questions sur Djénine, pas plus que ce n'est être anti-presse que de poser des questions à propos de la manière de rendre compte. Ce n'est pas être antisémite que de rendre compte de mauvais traitements infligés aux Palestiniens et de protester contre eux. Ce n'est pas être antisémite que de se poser la question de savoir si le passé de Sharon ne serait pas incompatible avec ses promesses pour le futur. Ce n'est pas être antisémite que de déplorer la longue occupation, même si celle-ci a été provoquée par les leaders arabes qui ont instigué et perdu trois guerres.

C'est ETRE antisémite que de diffamer l'Etat d'Israël en le traitant comme une abstraction diabolique, n'étant tolérant qu'envers le Juif comme individu, mais pas envers le Juif comme membre d'une collectivité. C'est être antisémite que d'inventer des outrances venimeuses. C'est être antisémite que de condamner constamment, en Israël, ce que vous ignorez ou approuvez partout ailleurs. Il est, par-dessus tout, antisémite de
déshumaniser le judaïsme et le peuple juif de manière à inciter à son extermination et à justifier celle-ci. C'est ce que nous avons vu, des milliers et des milliers de fois, à une échelle incroyable.

L'Union Européenne a récemment voté l'attribution supplémentaire de millions à l'Autorité palestinienne. Aussi corrompue soit-elle, on a de la sympathie pour le soulagement de la pauvreté et des misères de la population, mais n'aurait-il pas fallu assortir cette attribution de la condition que l'AP cesse d'utiliser l'argent européen pour sa propagande raciste dans ses écoles, ses mosquées, sa télévision et sa radio, dans ses rassemblements politiques et dans les camps d'été ? Le fanatisme auquel Arafat offre de renoncer, en tant que monnaie d'échange, pas en tant que principe moral, est le fanatisme stimulé par son Autorité Palestinienne qui, parmi d'autres "lumières", produit des films éducatifs montrant des petites filles chantant leur détermination à devenir des martyres. Le degré atteint par l'infection est apparu clairement à l'Université Al-Najah, dans la ville de Naplouse, où les étudiants ont monté une installation intitulée "L'Exposition du Café Sbarro".

Le Café Sbarro est une pizzeria où un terroriste-suicide palestinien a assassiné 15 personnes durant leur repas. L'exposition, selon Associated Press et les médias israéliens, incluait des tranches de pizza et des morceaux de corps dispersés dans la pièce. Les murs étaient peints en rouge pour montrer le sang éclaboussé.

On s'obstine à chercher de la santé mentale dans cette image, spécialement dans le Service de Psychiatrie de l'Université Ein Shams, au Caire. Là, le Dr Adel Sadeq, qui préside aussi l'Association arabe des Psychiatres, déclare en ce qui concerne les attentats-suicide : "En tant que psychiatre professionnel, je peux dire que le
sommet de la béatitude arrive vers la fin du décompte : dix, neuf, huit, sept, six, cinq, quatre, trois, deux, un. Quand le martyr atteint 'un' et explose, il a le sentiment de voler, car il sait avec certitude qu'il n'est pas mort. C'est une transition vers un autre monde, plus beau. Personne, dans le monde occidental, ne sacrifie sa vie pour sa patrie. Si sa patrie coule, il est le premier à quitter le navire. Notre culture est différente. C'est la seule arme arabe et quiconque dit autre chose est un conspirateur.".

Patient suivant, SVP! Les caricatures du Juif, dans le monde musulman, suivent toutes les mêmes stéréotypes ennuyeux; les Juifs sont sales, ont le nez crochu, sont rapaces, ce sont des parasites vindicatifs et intrigants. Ce sont des barbares qui répandent délibérément le vice, les drogues et la prostitution, et qui empoisonnent l'eau. Voici quelques-uns de leurs mensonges : les autorités israéliennes ont injecté à 300 enfants palestiniens le virus du SIDA durant les années d'intifada ; Israël a empoisonné les Palestiniens avec de l'uranium et des gaz inervants ; Israël distribue du chewing gum et des chocolats contenant de la drogue, de manière à rendre les femmes corrompues sexuellement ; les Juifs utilisent le sang des Gentils pour fabriquer les matzoth de Pâques (Al-Ahram, Le Caire). En avril dernier, des étudiants de l'unisersité d'Etat de San Francisco ont placardé une affiche montrant un bébé "égorgé selon les rites juifs, avec un permis administratif américain."

Incroyablement, les médias arabes et musulmans, et derrière eux leurs états, ont ressuscité le faux russe, les Protocoles des Sages de Sion. Ce prétendu document occulte, qui ressemble à une idée trop ridicule rejetée pour le scénario du film de Mel Brooks "Les Producteurs", est le plan sioniste secret par lequel les Juifs sataniques vont conquérir et dominer le monde. Ce plan a été abattu de plus de lances que le cour de Dracula, dans ses multiples avatars cinématographiques, et néanmoins ce faux bizarre a encore cours dans le monde musulman. Une série de 30 épisodes, ayant coûté plusieurs millions de dollars, a été produite en Egypte par la Radio-Télévision arabe. Avec 400 acteurs ! Et ce n'était pas une satire.

Ce sont les "Protocoles" qui inspirent au mouvement islamique Hamas l'enseignement qu'ils prodiguent à leurs enfants, selon lequel les Juifs contrôlent la richesse et les médias de masse du monde. Selon le Hamas, et quiconque dans ses classes, ou dans la rue, questionnera sur ce qu'ils disent, les Juifs sont les instigateurs délibérés des révolutions française et russe, et également de la Première Guerre Mondiale, et ce dans le but de détruire le califat musulman et de créer la Ligue des Nations, "pour pouvoir régner sur le monde par son intermédiaire".

Soit dit en passant, quand j'ai effectué une vérification sur le site Palestine Watch, pour rendre compte de ce qu'ils disaient au monde sur la propagande israélienne, je n'ai rien trouvé, mais le site écrivait que le Hamas ne cherche que la paix dans la dignité, oubliant seulement de mentionner que l'objectif premier du Hamas est la destruction de l'Etat d'Israël.

En plus du volume et de l'intensité de la campagne multimédia globale, il y a eu un inquiétant changement de direction politique. La frustration arabe, suite à la reconnaissance de l'Etat d'Israël, après la Deuxième Guerre Mondiale a été exprimée pendant des décennies sous la forme de la question suivante : "Pourquoi les Arabes devraient-ils donner aux Juifs une compensation pour l'Holocauste, qui a été perpétré par les Européens?".

Aujourd'hui, le thème est que l'Holocauste est une invention sioniste. Il est exprimé avec une véhémence surprenante qui n'a d'égale que son mépris pour le savoir.

Un éditorialiste typique de Al-Akhbar, le quotidien gouvernemental égyptien, écrivait, le 29 avril : "Toute cette question (l'Holocauste), comme bien des savants français et britanniques l'ont prouvé, n'est rien de plus qu'un énorme complot israélien destiné à extorquer de grosses sommes au gouvernement allemand en particulier et
aux autres pays européens. Personnellement, au vu de ce conte imaginaire, je dois me plaindre auprès de Hitler, lui disant même : 'Si seulement tu l'avais fait mon frère, si seulement cela s'était réellement produit, le monde pousserait un soupir de soulagement d'être débarrassé du mal qu'ils causent et de leurs péchés'."

Hiri Manzour dans le journal officiel palestinien : "Le chiffre de six millions de Juifs brûlés dans les camps nazis d'Auschwitz est un mensonge", une supercherie avancée par les Juifs dans le cadre de leurs "opérations de marketing" internationales.

Seif al-Jarawn dans le journal palestinien Al-Hayat al-Jadida : "Ils ont concocté des histoires horribles de chambres à gaz, où Hitler, clament-ils, les aurait brûlés vivants. La presse a été inondée d'images de Juifs abattus en masse. ou poussés dans des chambres à gaz. La vérité est qu'une telle persécution maligne a été inventée par les Juifs."

Il est clair qu'il s'agit là d'une tentative cohérente de miner la base morale sur laquelle repose l'état d'Israël, adoptée par un grand nombre de gens soi disant modérés. L'ancien Président d'Iran, Ali Akbar Hashemi-Rafsanjani, a déclaré sur Radio Téhéran : "Une bombe atomique effacerait Israël sans laisser de trace, alors que le monde islamique ne subirait que des dommages et ne serait pas détruit par la réplique nucléaire israélienne."

L'intelligence de toute cette campagne antisémite est sa stupéfiante perversité: les médias arabes et musulmans et les mosquées décrivent les Israéliens comme des Nazis, le très conciliant Barak comme le faucon Sharon sont affublés de svastikas et de crocs dégouttant de sang, et médias et mosquées propagent la même judéophobie
qui prépara la voie à Auschwitz. Comment pouvez-vous parler à quelqu'un qui ne parle qu'en se tenant sur la tête et qui hurle tout le temps ? Des gens, en Occident, qui adoptent les mêmes métaphores meurtrières sur Israël - et je l'ai souvent entendu lors de mes récentes visites en Europe -, peuvent être considérés comme des clowns dans leur propre pays, mais ce n'est pas là que les choses se passent. Ce sont des handicapés sur
le plan moral, mais ils cautionnent les menteurs malveillants du Moyen-Orient.

En comparaison avec la fantasmagorie que je viens de décrire, le fait que, sans exception, les livres scolaires palestiniens fournis par l'Autorité Palestinienne, financés par l'Europe, n'aient aucune place sur leurs cartes pour l'Etat souverain d'Israël, aucune mention de ses cinq millions d'habitants juifs, aucune reconnaissance pour les liens historiques des Juifs avec Jérusalem, semble de peu d'importance.

L'exigence palestinienne d'un Etat est irrécusable, et avec un leadership plus sage un tel Etat aurait prospéré depuis des années. Il est tragique que cette cause soit maintenant défendue si impitoyablement par l'usage du mot Juif comme incitation extrémiste à la haine de l'Amérique et de l'Occident. C'est cela le djihad. Il nous vise tous, nous les Européens qui "ressemblons" aux Américains parce que nous croyons en la démocratie
de liberté et sommes infectés de culture américaine. Mais ses premières victimes sont les Palestiniens et les masses frustrées du monde musulman. Leurs leaders les ont conduits dans l'ignominie durant trois guerres. Ils ont échoué à réformer leurs sociétés corrompues et incompétentes. Il est facile de détourner le désespoir et la colère de la rue contre Israël et les Juifs qui, soi disant contrôlent l'Occident, mais la terreur et la haine empoisonnent toute société qui l'encourage ou la tolère.

Lorsque Bernard Lewis observa, il y a 16 ans, que l'antisémitisme devenait partie de la vie intellectuelle arabe, "presque comme cela s'était produit en Allemagne nazie", il ajouta l'idée réconfortante qu'il n'avait pas la qualité viscérale de l'antisémitisme de l'Europe centrale et de l'est, en ce qu'il était "encore largement politique et idéologique, intellectuel et littéraire", sans animosité personnelle profonde ni résonance populaire, qu'il était exploité cyniquement par les dirigeants arabes et les élites, une arme polémique à jeter lorsqu'elle ne sera plus nécessaire.

Mais c'était avant l'explosion électronique actuelle de haine, avant le lavage de cerveau que j'ai brièvement décrit, avant le 11 septembre. Les habitudes d'esprit qui ont tendance à approuver la terreur s'enracinent dans le monde musulman, avec le consentement de l'Europe, né de sa léthargie et de ses préjugés: les Palestiniens qui dansèrent de joie, le 11 septembre, et les étudiants qui organisèrent l'exposition sanglante des assassinats de la pizzeria ne faisaient pas partie d'al-Qaïda, mais leur acceptation de la terreur comme substitut de la politique n'augure rien de bon pour le futur de leur pays ni pour les possibilités de dialogue politique pacifique dans tout Etat arabe.

(Harold Evans est un journaliste réputé, tant en Europe qu'en Amérique.
Il a été rédacteur en chef du Sunday Times et du Times, de Londres, Directeur
de la rédaction du Daily News, de New York, de l'Atlantic Monthly et du
magazine US News & World Report. Cet article du Times est la version
allégée d'une conférence destinée au 30ème anniversaire de l'association
"Index on Censorship" [la censure à l'index].)

--Traduction française de Norbert Lipszyc pour reinfo-israel.com: http://fr.groups.yahoo.com/group/Reponses-Israel.

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