Communiqué Isranet
juin 2003
Un service de l’I.C.R.J.
l ’Institut canadien de recherches sur le Judaïsme

Prof. Frederick Krantz, Directeur

Numéro 85 • vendredi le 27 juin 2003

La symétrie injurieuse
Michel Darmon
Le Figaro, 25 juin 2003

L'antijudaïsme qui se déchaîne depuis des années en milieu arabo-musulman, spécialement au Proche-Orient, plus particulièrement dans les territoires sous autorité palestinienne, est sans conteste le plus virulent que le monde ait connu depuis l'antijudaïsme de l'Allemagne hitlérienne dans les années qui ont précédé l'extermination des juifs. Il le dépasse même par son caractère obsessionnel comme si les dirigeants en cause, les médias, les enseignants n'avaient pas de messages plus importants que la haine d'Israël et des juifs dans leur ensemble à adresser à leur peuple, enfants compris.

Effectivement, ils n'en ont pas d'autres. Aujourd'hui comme hier, il s'agit pour ces dirigeants de détourner sur les juifs et sur Israël la colère des populations qu'ils oppriment et maintiennent dans la misère. Quand le discours public, des émissions de télévision aux manuels scolaires, incite à tuer les juifs, ce sont des générations d'adultes barbares, terroristes en puissance, que façonnent les dictatures arabo-islamiques.

Cet antijudaïsme meurtrier est une donnée majeure de la situation au Proche-Orient. Autre donnée majeure, bien plus grave : les grandes consciences politiques et morales du monde libre ne le condamnent pas haut et fort. Les diplomaties européennes, et particulièrement la nôtre, déculpabilisent même les coupables en invoquant de prétendues frustrations et humiliations des masses arabes. Une façon de faire retomber sur Israël (dont ces masses arabes ignorent en général tout) la responsabilité du conflit israélo-arabe. En cultivant les délires arabes au lieu de les calmer, l'Europe est un des principaux agents de conflictualisation et d'instabilité au Proche-Orient. Elle ne peut s'étonner d'avoir été tenue à l'écart du sommet de Charm-el-Cheikh le 3 juin.

Dans cette Europe comme au Proche-Orient, les forces ne manquent pas qui ont pour objectif la disparition de l'État d'Israël et, pour le moins, la fin de la souveraineté israélienne sur Jérusalem. Selon l'aveu même de dirigeants arabes, à commencer par Arafat quand il s'exprime dans sa langue, le conflit israélo-arabe (et non seulement israélo-palestinien) ne repose pas sur des problèmes de frontières, ni sur les présences juives en Cisjordanie. Le refus d'Israël est d'ordre existentiel. Henry Kissinger, grand connaisseur en géopolitique du Proche-Orient, vient d'écrire : «... les Palestiniens ne se divisent pas en de prétendus extrémistes et ceux qui aspirent à la paix... Au contraire, le clivage fondamental oppose ceux qui veulent aboutir à la destruction d'Israël en poursuivant la lutte actuelle et ceux qui estiment que, dans l'immédiat, la conclusion d'un accord est la meilleure stratégie pour rallier les forces nécessaires à cette fin».

A quoi peut conduire dans ces conditions un plan de paix conçu dans les bureaux des grandes administrations du Quartette (États-Unis, Union européenne, Fédération de Russie, Nations unies), dès lors qu'elles ignorent le constat d'un Kissinger ou feignent de l'ignorer ? Il y a dans la fameuse «feuille de route» des mots qui invitent «toutes les institutions officielles palestiniennes à mettre fin à l'incitation à la violence contre Israël». Le mot officielles, mis ici en gras, est fondamental, car il reconnaît le fait que l'enseignement de la haine a constitué un choix politique officiel de l'Autorité palestinienne. Mais la «feuille de route» comporte aussi une invitation exactement symétrique à l'intention d'Israël. Cette symétrie fait injure à la vérité. Elle fait injure à Israël qui n'a jamais pratiqué une politique d'État enseignant la haine à qui que ce fût. C'est pourquoi il importait
de rappeler cette donnée majeure que constitue l'antijudaïsme proche-oriental.

Cette symétrie abusive a des raisons : il ne faut faire aux dirigeants arabes aucun reproche qu'on ne fasse aussi à Israël ; il faut faire oublier leurs guerres d'agression, leur recours ou leur soutien au terrorisme, leur propagande fondée sur la haine ; il faut symétriser à tout prix les positions au départ des négociations, quitte à les fausser dans l'oeuf. Il faut prendre au sérieux les pions que les Arabes n'avancent que pour des raisons tactiques, les sachant a priori inacceptables pour Israël, le retour (qui n'en est pas un) de 3,7 millions de réfugiés par exemple. Les diplomates pensent peut-être que l'intérêt de la paix dans le monde passe par des malices de ce niveau et c'est ainsi que, trop souvent, ils mettent les peuples en péril. Sans surprise, cette clause des réfugiés, radicalement mortifère pour Israël, a été massivement repoussée le 25 mai par le gouvernement israélien auquel il a fallu six heures de réunion pour accepter, avec quatorze réserves «constituant une ligne infranchissable», a dit Sharon, de jouer le jeu de la «feuille de route».

Quoi qu'en ait dit le président Bush à Charm-el-Cheikh, rien, absolument rien, n'autorise à penser que la création d'un État palestinien mettra fin en profondeur à la haine et au terrorisme. Il est facile d'imaginer qu'un gouvernement palestinien ne s'interdira pas, quelles que soient ses promesses, de déclencher des hystéries revendicatives portant sur les dimensions de son État, sur l'absence de ressources, sur un problème d'eau, sur une communication Gaza-Cisjordanie ou autre couloir vers la mer ... Alors découvrira-t-on peut-être que la solution d'une fédération avec la Jordanie n'était pas absurde au point d'avoir dû disparaître, de façon d'ailleurs suspecte, de la table des négociateurs. Mais elle aurait privé la région d'un abcès de fixation qui, il faut le reconnaître, a bien servi les chantages politiques de la Ligue arabe au prix des souffrances si largement instrumentalisées de la population palestinienne.

Les diplomates font aussi preuve de beaucoup de prétention en annonçant que «le but est un règlement définitif et complet du conflit israélo-palestinien d'ici à 2005». On voudrait y croire, mais dès lors qu'il faut du temps pour que passent ou évoluent des générations barbarisées, on peut craindre que la «feuille de route» rejoigne dans la
poussière les plans Rogers, Tenet, Mitchell, ... qui, eux aussi en leur temps, ont occupé le devant de la scène internationale.

Entorse à la fausse symétrie déjà dénoncée, l'Autorité palestinienne doit, aux termes de la «feuille de route», «réitérer le droit d'Israël à exister en paix et en sécurité», un droit qui n'est contesté à aucun autre État du monde. C'est une concession aussi forte que de reconnaître à un homme le droit de respirer. «Les États arabes, écrit Henry Kissinger, demandent à Israël de céder un territoire conquis, quelque chose de tangible donc, en échange de son droit même à l'existence, c'est-à-dire d'un acte révocable » (La Nouvelle Puissance américaine, Henry Kissinger, Fayard, 2003).

Le voeu le plus ardent que l'on puisse former est qu'on se soit ici trompé et, sait-on jamais, qu'il sorte du bon, du juste et du vrai, du courage aussi, d'un plan qui en contient si peu. Encore faudrait-il que les Palestiniens mettent un terme aux attentats comme ceux qui viennent encore de frapper à Hébron, à Jérusalem, à Afoula ... Il doit finir le temps où Israël doit payer pour vivre.

(Michel Darmon, ingénieur général du Génie maritime [Cr],
est président de France-Israël - Alliance Général Koenig)

Début de la page

Numéro 84 • vendredi le 20 juin 2003

MOUDJAHIDIN
La longue liaison des Moudjahidin
du peuple iranien avec Saddam Hussein

Homayoon Amouzgar
Proche-Orient.info, 20 juin 2003

L'organisation de ces opposants "islamo-marxistes" à l'Iran, créée au milieu des années 60, est issue du Mouvement de Libération iranienne dirigé alors par Mehdi Bazargan qui allait devenir le premier Premier ministre de la République islamique. Pour améliorer ses relations avec l'Iran, au moment où Iran-Irak se livraient une guerre sans pitié - le gouvernement français avait fortement encouragé certains des membres de l'organisation terroriste à quitter le territoire français où ils étaient implantés. Certains sont partis pour Bagdad, d'autres sont restés en France et en Europe. Human Rights Watch les a notamment accusés de faire du trafic humain. Récit.

Pendant que le président iranien, Mohammad Khatami, se dirige vers le podium pour prononcer son discours au sommet du millénium de l'ONU, ce 6 septembre 2000, un groupe d'Iraniens manifestent contre lui devant l'immeuble new-yorkais des Nations unies. Ces Iraniens sont des membres de l'Organisation des Moudjahidin du Peuple Iranien (OMPI), un groupe placé par Madeleine Albright dans la première liste d'organisations terroristes du département d'État américain en 1997, puis en 1999. En dépit de ce fait, l'OMPI bénéficie du soutien d'une bonne partie du Congrès américain. En témoigne le message signé par les deux sénateurs républicains du Missouri qui a été lu devant la foule de manifestants en délire. Le nom d'un des sénateurs ? John Ashcroft, qui, en tant que ministre de la Justice, va devenir un des pilliers de la lutte anti-terroriste de l'administration Bush.

Presque trois ans plus tard, l'OMPI est dans une situation bien moins enviable. La guerre éclair en Irak a entraîné la chute du régime de leur principal bailleur de fonds, Saddam Hussein. Et le 17 juin, la police et la gendarmerie françaises ont mené des raids contre des sites de l'OMPI, y compris contre ce que Nicolas Sarkozy a appelé leur « QG mondial » à Auvers-sur-Oise, un complexe de 8.000 mètres carrés constitué d'une trentaine de bâtiments.

Les réactions ont été mitigées. L'Iran (et les Etats-Unis) ont applaudi l'arrestation de plus de 150 Moudjahidin, ou Monafeqin comme les appelle le régime islamique. Parmi ces arrestations, Maryam Rajavi, qui avec son mari Massoud a dirigé l'OMPI jusqu'à son « élection » par le Conseil national de la Résistance iranienne, une façade politique contrôlée par les Moudjahidin, comme présidente intérimaire d'un Iran libéré.

D'autres ont accusé la France de se plier aux exigences de l'Iran en envoyant une force massive contre un groupe d'opposition démocratique. Alors que des experts ont comparé le groupe à une secte stalinienne.

L'organisation a toujours déchaîné des réactions. Créée au milieu des années soixante, elle est une faction du Mouvement de Libération Iranienne dirigé alors par Mehdi Bazargan qui allait devenir le premier Premier ministre de la République islamique. Les membres de l'OMPI, majoritairement des étudiants, ne se reconnaissaient pas dans l'opposition modérée de Bazargan au régime du chah. Ils ont pris comme modèle les guérillas cubaines et algériennes. Et ils se sont façonné une idéologie marxiste et islamiste qui voulait sortir l'Islam de son contexte historique et l'utiliser comme une feuille de route vers une société sans classe.

Le seul leader d'envergure à avoir survécu à son emprisonnement dans les geôles du chah, Massoud Rajavi, a pris les rênes du pouvoir de cette organisation au début des années soixante-dix. Ce fut une décennie sanglante pour l'organisation et ses victimes, notamment des militaires et civils américains en Iran.

Dès les prémices de la révolution islamique qui déposa le chah en 1979, Rajavi manifeste un soutien total à l'Ayatollah Ruhollah Khomeini. Dans la même année, il applaudit la prise de l'ambassade américaine qui a durablement interrompu les relations diplomatiques entre les deux pays. L'ardeur révolutionnaire de son groupe pour les exécutions sommaires le met – encore une fois – en conflit avec Bazargan, Premier ministre sans pouvoir, qui était incapable de tempérer le « règne de la terreur ». Cette différence d'opinion ne représentait qu'un petit obstacle pour Rajavi. Mais il allait affronter un adversaire bien plus redoutable.

La révolution avait été menée par plusieurs groupes et bon nombre d'intellectuels croyaient avoir trouvé en Khomeini le symbole parfait pour leur mouvement. Ils allaient l'envoyer dans la ville sainte de Qom après la chute du chah. C'était une erreur. Khomeini n'a en effet aucune intention d'abandonner le pouvoir. Il contrôle alors la rue et n'accepte rien d'autre que l'instauration d'une République islamique – avec des institutions élues, certes, mais soumises au « velayateh faqih », l'autorité religieuse suprême. Le désaccord de Rajavi à ce sujet a déchaîné des exactions contre l'OMPI.

Il s'échappe en France, laissant derrière lui sa femme, assassinée par le régime en 1982, et des cadres de son organisation, qui ont connu la même sort. Il devient ainsi, plus que jamais, le leader incontesté des Moudjahidin.

En 1981, il fonde le Conseil national de la Résistance iranienne avec Abolhassan Bani Sadr, le premier président de la République islamique qui avait été déchu peu auparavant et s'était exilé en France. Rajavi a épousé la fille de 18 ans de Bani Sadr pour sceller leur union politique, mais les deux hommes se sont séparé quelques années plus tard. Son mariage précipité s'est terminé en divorce, victime de la realpolitik.

L'OMPI s'engage de son côté dans des actions avec des victimes bien réelles. En deux attentats à la bombe au QG du Parti de la République islamique et au bureau du Premier ministre en 1981, l'organisation a tué le président de la plus haute instance juridique du pays, l'Ayatollah Mohammad Behechti, le Président Mohammad Ali Rajai et le Premier ministre, Mohammad Javad Bahonar.

La culte de la personalité de Rajavi prend de l'ampleur et il trouve enfin le partenaire idéal pour être à ses côtés : Maryam Qajar Azedanlou. Le seul obstacle : elle est déjà mariée à l'un de ses lieutenants. Leur mariage en France en 1985 pourrait être considéré comme le fruit d'une banale affaire entre deux adultes qui passent beaucoup de temps ensemble. Sauf que le couple a voulu donner une dimension altruiste et politique à son union en annonçant que c'était « une des plus importantes décisions révolutionnaires et idéologiques des Moudjahidin ». L'ex-mari était présent à la cérémonie.

Le gouvernement français, cherchant à améliorer ses relations avec l'Iran, a fortement encouragé l'OMPI à quitter le pays. Les Rajavi et certains supporters sont partis pour Bagdad au moment où l'Irak et l'Iran se livraient une guerre sans pitié. L'OMPI a formé son aile militaire, l'Armée Nationale de la Libération (ANL) en 1987 et Maryam Rajavi est devenu son commandant en chef adjoint. L'ANL compte entre 5.000 et 10.000 partisans aujourd'hui.

L'aile militaire de l'OMPI, 5.000 à 10.000 personnes,
combat l'Iran aux côtés de l'armée irakienne

L'ANL a décidé de combattre les forces iraniennes aux côtés de l'armée irakienne. Pour les familles impuissantes qui regardaient partir leurs fils au front, cette décision de l'OMPI était insoutenable et impardonnable. Cette erreur a probablement éliminé toutes les chances de l'OMPI d'obtenir un soutien populaire en Iran.

Mais le nombre élevé de ses combattants donne à l'OMPI une capacité indéniable de nuisance contre le régime iranien, qui a montré une susceptibilité aiguë à son sujet. Pendant le voyage du Président Khatami en France en octobre 1999, le gouvernement français a arrêté des membres de l'OMPI pour prévenir tout incident embarrassant ou dangereux. Et à l'occasion de sa rencontre historique avec Tony Blair, le ministre iranien des Affaires étrangères, Kamal Kharrazi, n'a pas pu s'empêcher d'évoquer le sujet : « l'OMPI bénéficie d'une liberté sur le territoire britannique, et ceci est inacceptable », a-t-il dit aux journalistes.

Pendant la dernière guerre en Irak, l'OMPI a plus intelligemment déclaré sa neutralité. Mais il n'est pas certain que cet acte suffise à endiguer la perte d'influence de l'organisation.

Lorsque les forces américaines sont entrées en Irak, des dizaines de membres et de sympatisants de l'OMPI se sont dirigés vers la frontière jordanienne.

Les États-Unis étaient alors face au problème incontournable d'un cessez-le-feu avec l'ALN. Le général Vincent Brooks du commandement central américain était très embarrassé pour essayer d'expliquer les pourparlers de son pays avec un groupe terroriste lors de sa conférence de presse quotidienne : « On va les considérer comme tels, jusqu'à ce que cela change, » a-t-il répondu à une question sur l'éventuel statut de prisonnier de guerre pour les combattants de l'ALN. « Néanmoins, nous sommes en train de négocier afin de définir quels seront les conditions, les statuts et la façon dont ils vont être traités. »

Et à Washington, en réponse à un journaliste qui demandait si les commandants américains avaient demandé que le nom de l'OMPI soit enlevé de la liste des organisations terroristes, le porte-parole du département d'État, Richard Boucher, a dit : « Nous considérons les Moudjahidin du peuple comme une organisation terroriste. […] Ils ont été désarmés en Irak. Nous les avons empêchés de commêtre d'autres actes terroristes, et nous continuons à les considérer comme un groupe terroriste à cause de leurs actes dans le passé. »

Le cessez-le-feu qui a finalement été négocié suscite beaucoup de questions. Est-ce que les États-Unis tentaient une solution pragmatique en essayant de calmer la situation en Irak ? Utilisaient-ils l'OMPI comme un contrepoids face aux brigades Badr envoyées par l'Iran en Irak ? L'OMPI serait-elle devenue une monnaied'échange dans de futures négociations avec l'Iran ?

Le cessez-le-feu a pu paraître encore plus incongru pour certains observateurs quand on sait qu'un rapport a été publié par la Maison-Blanche le 12 septembre 2002, le jour où George W. Bush s'est adressé à l'assemblée générale des Nations unies pour obtenir son soutien dans son action contre l'Irak. Ce rapport, intitulé « Une décennie de tromperies et de défis : le Défi de Saddam Hussein envers les Nations unies » illustre les violations de l'Irak des résolutions du Conseil de Sécurité de l'ONU. « L'Irak est un des sept pays qui ont été désignés par le secrétaire d'État comme des États soutenant le terrorisme international. La résolution 687 interdit à Saddam Hussein de commettre des actes terroristes ou de soutenir le terrorisme ou de permettre à des organisations terroristes d'opérer en Irak. Saddam continue de violer ces résolutions… L'Irak abrite des groupes terroristes y compris l'OMPI ». Aucune mention n'est faite d'Al-Qaida dans ce document.

Il y a beaucoup d'autres indications que l'OMPI et le régime irakien travaillaient en symbiose. Des rapports perturbants montrent que Rajavi a fait emprisonner des membres mécontents de son organisation à la célèbre prison de Abu Gharib et les a parfois renvoyés vers l'Iran. L'association Iran-Interlink basée en Grande Bretagne a enregistré l'histoire de Mohammad Hossein Sobhani, un ancien membre de l'OMPI qui dit avoir été détenu dans les prisons de Saddam et renvoyé en Iran dans des échanges de prisonniers de guerre . Il donne les noms de 33 Mujahedin qui étaient avec lui à Abu Gharib et de 48 camarades qui sont retournés en Iran.

En 1991, l'OMPI aide l'Irak à supprimer les Chiites et les révoltes kurdes

Un article de Charles Recknagel de RFE/RL cite un rapport du Département d'État américain, « Le Terrorisme mondial en 2001 » qui affirme que « en 1991 l'OMPI a aidé le gouvernement irakien à supprimer les Chiites et les révoltes kurdes dans le Nord et le Sud de l'Irak. Depuis, l'OMPI a continué à opérer des actions de sécurité intérieure pour l'Irak ». Kamran al-Karadaghi, le directeur adjoint de « Radio Free Irak », se souvient de discussions avec des commandants kurdes en 1993 disant qu'ils avaient combattu contre des membres de l'OMPI.

Dans une interview avec « Jane's Intelligence Review » de Londres en Juillet 2001, un ancien général des services secrets irakiens, Wafik al Samara'ai, indique que « le commandement de l'OMPI et les officiels irakiens tenaient régulièrement des réunions et que leur groupe recevait des fonds substanciels de l'Irak. Même après la guerre du Golfe, l'OMPI recevait environ 7 million de dollars par mois de Bagdad ».

L'OMPI a été accusée de financement occulte. En 2002, le FBI a démembré une organisation d'Iraniens qui transféraient des fonds collectés à l'aéroport de Los Angeles à l'OMPI. Cet argent était supposé aller à des enfants dans le besoin.

La « Charity Commission » de Grande Bretagne, une agence gouvernementale britannique chargée de superviser l'intégrité des organisations caritative a publié un rapport accablant pour une des façade de l'OMPI. Ce rapport montre comment après une longue investigation pendant laquelle des documents ont été délibérément détruits, l'agence a découvert que 5 millions de livres étaient envoyés par an par l' « Iran Aid Charity », qui avait été ostensiblement créée pour aider les réfugiés iraniens et les iraniens nécessiteux dans leur propre pays, vers un compte bancaire unique en Allemagne. « les enquêteurs n'ont pas réussi à établir suffisamment de détails sur la personne du détenteur du compte pour confirmer que cette personne était appropriée pour gérer de telles sommes d'argent. Les directeurs de l' « Iran Aid Charity » ont déclaré avoir des références sur lui, mais n'ont jamais voulu les montrer aux enquêteurs ».

Les impostures financières et le culte de la personnalité créé par le couple Rajavi ne sont pas les seuls éléments qui rappellent les pratiques sectaires. Selon plusieurs associations familiales de Grande Bretagne, qui indiquent avoir écrit au ministre des Affaires étrangères, Jack Straw, Rajavi a refusé à ces familles de visiter leurs parents dans les camps de Mujahedin en Irak.

Ces membres avaient l'interdiction de contacter leurs familles sans supervision. Un rapport non officiel affirme que Hossein Mahoufi, un gradé de l'OMPI, a été jugé récemment pour avoir utilisé sans permission un téléphone pour appeler sa famille en Allemagne et Amnesty International en Grande Bretagne pour obtenir de l'aide et sortir du camp.

Rajavi a toujours refusé de donner à leur famille, les noms des membres de son organisation décédés pendant les récentes guerres en Irak.

Le groupe a également été accusé de recruter des enfants et de faire du trafic humain. Human Rights Watch dit ainsi « des rapports montrent que des enfants de moins de 18 ans ont été recrutés en Suède pour des camps de l'OMPI […]. Nous avons régulièrement eu des rapports non-confirmés que l'OMPI réalise un trafic d'enfants depuis des camps en Irak vers l'Europe et l'Amérique du Nord ».

Une campagne est en cours pour compiler tous ces rapports afin de pouvoir poursuivre Rajavi en Europe.

On ne peut nier que Rajavi est un leader charismatique : « J'ai été à un de ses meetings à l'Université de Téhéran pendant l'été 1979 », écrit Ali Moayedian, un Iranien basé à San Francisco. « Je dois dire que sa voix était captivante. J'ai eu de la chance en partant d'Iran rapidement après, sinon, si j'avais écouté un autre de ses discours, j'aurais peut-être aussi rejoint les rangs de l'OMPI ! »

Malgré toutes ces descriptions négatives, il ne fait aucun doute que les membres de ce groupe ont souffert sous le régime iranien. Un rapport américain de 2001 sur les droits de l'homme en Iran affirme « les observateurs des droits de l'homme et des exilés indiquent que nombreux sont ceux qui ont été exécutés pour des affaires criminelles, comme des narcotrafiquants, qui étaient en fait des dissidents politiques. Et les supporters d'organisations politiques interdites, comme les Mujahedin du peuple, sont parmi les plus nombreux ».

Un autre rapport montre « en 1999, un journaliste d'investigation a indiqué que les officiers des services secrets étaient responsables des meurtres de trois ministres évangéliques en 1994, alors que ce sont trois femmes, membres de l'OMPI qui ont été accusées. »

En août dernier, le Conseil national de Résistance a révélé l'existence de deux installations nucléaires secrètes en Iran, à Natanz et Arak. Cette information a été utilisée par le Directeur de l'Agence internationale de l'Énergie atomique, Mohamed Elbaradei, pendant ses inspections sur l'Iran en février 2003. L'OMPI affirme également l'existence de deux autres usines d'enrichissement d'uranium et un vaste programme d'armes chimiques et biologiques.

Cependant, il est assez courant que même ces déclarations de l'OMPI – entouré depuis plus de deux décennies de scandales et rumeurs – sont remises en question. Il a été suggéré que l'OMPI a dévoilé ces faits sur les programmes nucléaires iraniens pour écarter l'attention mondiale des programmes irakiens. Ces analystes disent que l'OMPI n'a jamais montré une aversion totale contre les armes de destruction massive. En particulier, l'organisation n'a jamais fait de commentaire public contre l'utilisation par l'Irak d'armes chimiques contre les troupes iraniennes ou contre les Kurdes. Et, chaque fois, l'OMPI travaillait main dans la main avec l'armée irakienne.

(« Proche-Orient » est une association française à but non lucratif. Son but est d'éditer une information exclusivement professionnelle, complète, exacte et rigoureuse sur le Proche-Orient, ainsi que sur les retombées de la situation régionale, en particulier du conflit israélo-palestinien. Son objectif général est d'aider à une meilleure compréhension du Proche-Orient et de ses enjeux. Pour plus d'information, adressez demandes et questions à contact@proche-orient.info.)

Début de la page

Numéro 83 • vendredi le 13 juin 2003

Lettre d'information de l'Ambassade d'Israel en France
Attentat à Jérusalem

Le 11 juin dans l'après-midi, le terrorisme a une nouvelle fois frappé les citoyens israéliens en plein coeur de Jérusalem. Un terroriste, déguisé en Juif orthodoxe, s'est fait exploser dans un autobus de la ligne 14 en plein centre ville de Jérusalem. 16 personnes ont trouvé la mort dans cet attentat et plus de 100 personnes ont été blessées dont 27 grièvement. Sur les 16 victimes, 11 seulement ont pu être identifiées pour le moment. Il s'agit de Tamar Ben Eliyahu, 20 ans, Alexander Kazaris, 77 ans, Roi Eliraz, 22 ans, Tzipora Pasakovich, 54 ans, Sultan Rene Malka, 67 ans, Elsa Cohen, 70 ans, Zvi Cohen, 39 ans, Yaffa Mualem, 65 ans, Alan Bir, 47 ans, Martin Tita, 75 ans et Ogania Berman, 50 ans.

Affirmer que cet attentat n'a eu lieu qu'en réaction à la tentative d'élimination du n°2 du Hamas, Abdelaziz Rantissi revient à se méprendre sur la réalité des faits sur le terrain. C'est ignorer les deux attentats commis le 8 juin dernier à Hébron et Erez, dans lesquels 5 israéliens ont été tués, ainsi que les nombreuses tentatives d'attentats déjouées quotidiennement par les forces de sécurité israéliennes. Pour la seule journée du 9 juin, soit la veille de la tentative d'élimination de Rantissi, Israël a du faire face à 53 alertes terroristes simultanément, dont la moitié émanant du Hamas. Depuis le sommet d'Akaba, le 4 juin dernier, Israël a intercepté 10 terroristes suicide, dont un garçon de 16 ans.

Le 11 juin, dans un entretien accordé au quotidien Al-Arham, Rantissi a notamment affirmé : « « La Palestine s'étend de la mer Méditerranée au Jourdain et il n'y a pas de place pour des non-Palestiniens. Nous ne pouvons libérer toute la Palestine à présent et c'est pourquoi nous acceptons les « étapes de libération », mais ceci ne signifie pas que nous renonçons à la Palestine de la Méditerranée au Jourdain. Nous accepterons l'Etat selon les frontières de 1967 ou même moins que 1967, si ce n'est pas au détriment du reste de la Palestine. Si ça devait l'être, nous le refuserions. »

--------------------------------------------------------------------------------

Un responsable de l'Autorité palestinienne:
'Le président Bush est la tête du serpent (…) L'Amérique continue de s'enfoncer dans un marécage putride dont elle ne sortira que vaincue'

L'Institut de Recherche Médiatique du Proche Orient (MEMRI)
Dépêches spéciales - No. 517, Juin 5, 2003

Dans sa chronique au quotidien de l'Autorité palestinienne Al-Hayat Al-Jadida
(3 juin 2003), Adli Sadeq, vice-ministre des Affaires étrangères de l'Autorité palestinienne, critique vivement le président américain George W. Bush, qualifié de «tête du serpent» de l'invasion. Voici quelques extraits de l'article:

L'arrivée de la tête du serpent

«Le sommet arabo-américain se réunit aujourd'hui avec la participation de la tête du serpent de l'invasion américaine de l'Irak, et la tête du serpent de l'oppression américaine des Palestiniens et des Arabes. Il se pourrait que l'arrivée de la tête du serpent devienne une nouvelle occasion pour les représentants des régimes arabes présents au sommet de comprendre qu'ils n'arriveront à rien en cherchant à apaiser les Etats-Unis et à consentir [à leurs exigences] (…)

Ce Bush atterrit à Charm El-Cheikh avec une arrogance affichée, comme s'il avait réalisé la ‘victoire des braves' en Irak. Mais la logique et la raison nous disent qu'il n'est pas un héros et qu'il ne fait pas partie des courageux vainqueurs qui remportent les vraies batailles, livrées à armes égales. Face à lui, de simples Irakiens se sont battus dans des villages reculés, aux portes de leurs villes et de leurs déserts, pour défendre leur pays, sans tenir compte de l'oppression, de la tyrannie et de la souffrance endurées entre les mains d'un régime ‘familial' arriéré et répressif [en référence à Saddam et son fils], ni de l'inégalité des forces, des quantités de munitions tirées sur leurs villes et leurs centres de population.»

Les Etats-Unis ne sont sortis sains et saufs d'Irak que grâce à la trahison des militaires irakiens

«Ces Irakiens auraient pu être à l'origine d'une crise majeure pour Bush, son Administration et son commandement militaire (…) ces derniers se sont sortis sains et saufs d'une telle crise que grâce à la trahison (…) de ceux que Saddam a autorisés à gouverner d'une main de fer (…)

Ce Bush n'a pas remporté une impressionnante victoire. Il ne s'est pas montré sincère dans ses promesses d'un Irak démocratique gouverné par son propre peuple. En outre, il ne s'est pas comporté en digne homme de confiance avec ses histoires d'armes de destruction massive. Il est peu probable que W. Bush entendra s'exprimer des opinions claires et courageuses à Charm El-Cheikh, qu'ilentendra dire que les Arabes ont encore quelques comptes à régler (…), [des forces] de résistance cachées au cœur de la société irakienne dont le but est d'expulser les envahisseurs vaincus (…)»

La construction d'un empire américain aux objectifs impérialistes, déguisé en guerre contre le terrorisme

«Le paradoxe est que Bush se présentera au sommet de Charm El-Cheikh comme quelqu'un dont le but ultime est de combattre le terrorisme, et que tous [les représentants arabes] se diront en leur for intérieur que leurs stratégies n'ont pas été conçues pour servir la création d'un empire américain aux buts impérialistes, déguisé en guerre contre le terrorisme (…) Bush ne trouvera personne pour lui dire franchement que la politique américaine mène au désastre et que c'est par vengeance que certains jeunes Arabes et musulmans se sont fait sauter. Tant que les régimes arabes obéiront à Washington sans raison valable, et tant que Washington appuiera les actes criminels et l'agression exercés contre l'honneur et les ressources des [autres] nations, la terreur continuera sans que l'Amérique sache comment l'éliminer (…)»

Nous envions le cran de Bush, qui atterrit avec arrogance en terre arabe

«Nous envions la capacité de Bush à atterrir avec arrogance en terre arabe, lui qui est la tête du serpent de la méprisable invasion de l'Irak (…) Il n'a triomphé que grâce aux trahisons internes du commandement [militaire] de Saddam (…) et après deux semaines de forte résistance de la part d'Irakiens qui ne détenaient que des armes rouillées.»

L'Amérique continue de s'enfoncer (…) dans un marécage putride

«Nous sommes sûrs que Bush usera de tactiques d'intimidation contre les régimes arabes et que face aux problèmes, il pèsera de tout son poids pour toujours faire adopter la solution la plus répressive qui soit. Il vaudrait mieux, et il serait plus rationnel pour les représentants arabes à Charm El-Cheikh, de tenter de le convaincre que c'est lui qui devrait avoir peur, que ce sont eux qui pourraient se montrer effrayants. C'est lui qui devrait avoir peur de l'avenir, parce que son expérience en Irak n'est pas brillante et que l'Amérique continue de s'enfoncer dans un marécage putride, d'où elle ne se sortira que vaincue et mauvaise perdante»

--------------------------------------------------------------------------------

La presse égyptienne officielle sur les Etats-Unis
et le président Bush à la veille des sommets
de Charm El-Cheik et d'Aqaba

L'Institut de Recherche Médiatique du Proche Orient (MEMRI)
Dépêches spéciales - No. 512, Mai 30, 2003

A la veille de l'arrivée du président américain George W. Bush au Moyen-Orient à l'occasion des sommets de Charm El-Cheikh et Aqaba, les journaux égyptiens officiels ont redoublé de critiques à l'égard des Etats-Unis et du président Bush. Voici quelques extraits de ces articles:

Bush est comme Saddam: un meurtrier, un tyran et un oppresseur

Mohammed Nafie écrit dans Al-Gumhuriya: «Il a été prouvé que Bush et Saddam sont les deux faces d'une même pièce: ce sont tous deux des meurtriers, des oppresseurs et des tyrans, des dictateurs qui tournent le dos au droit international et à ses normes.

Mais Saddam Hussein est plus courageux que le président américain dans la mesure où il a montré au monde son affreux visage sans le maquiller, tandis que Bush change de masque à chaque heure de la journée, avec le savoir-faire d'une star hollywoodienne. Il passe son temps à jouer sur la scène internationale le rôle du bon ange envoyé sur terre pour faire régner la paix, la sécurité et l'amour jusqu'aux confins les plus reculés du globe, pour conquérir Bagdad et remplacer ses nuits obscures (…) par un lumineux matin, sur lequel rayonne le soleil de la liberté.

Le choc a été rude quand il est devenu clair que l'enfer de Saddam est le paradis promis par Bush. Celui qui avait coutume d'abattre des dizaines de personnes de son pistolet a fait place à celui qui étrangle des centaines de personnes à l'aide d'une corde de soie! Saddam décapitait les personnes alors que Bush 'décapite' leurs moyens de subsistance.

L'Administration américaine a décidé de dissoudre l'armée irakienne et le système de sécurité, contribuant ainsi à licencier 400 milles employés. Elle a dissout les ministères de l'Information et de la Défense, les tribunaux militaires et la Sécurité nationale, qui comptaient cent milles employés. Cela signifie que le responsable de l'Administration civile [Paul Bremer] a signé le décret d'affamer un demi-million de familles!!

Le monde était remonté contre Saddam parce qu'il ne respectait pas la loi et ne se pliait pas aux règles internationales, mais la communauté internationale n'a rien dit quand Bush a défié les Nations unies - ses lois et ses normes -, frappant l'Irak avant même l'épuisement de toutes les options pacifiques. Saddam a volé le Koweït, mais Bush vole actuellement l'Irak (…) Nous languissons déjà l'époque de Saddam, quand nous la comparons à celle de Bush. Saddam s'est révélé à tous comme un despote malveillant et sanguinaire, tandis que Bush s'est habillé en ange blanc, convainquant tout le monde qu'il est bon et investi d'une mission angélique, que son but est de les sauver du mal, de mettre fin à leur humiliation et de les nourrir. Et puisqu'il s'agit là d'une bonne action divine, il n'a besoin ni de remerciements, ni de récompense! Ils se sont aperçus à temps que l'ange et le diable sont une seule et même personne accomplissant une double tâche: Saddam les nourrissait de poison dont les ingrédients figuraient clairement sur le flacon, alors que Bush leur administre le poison mélangé à du miel!!» [1] ....

L'annulation des sanctions imposées à l'Irak doit pousser le peuple irakien à se battre contre les Américains

Un éditorial d'Al-Ahram, premier quotidien égyptien, financé par le gouvernement, explique que les Irakiens «n'ont d'autre choix» que de se battre pour expulser les forces américaines, précisant que le parti Baath irakien ne devrait pas se soustraire au combat: «(…) Vu la situation, le peuple irakien n'a d'autre choix que de se battre pour son indépendance, plutôt que d'attendre le soutien international, dont on peut raisonnablement penser qu'il ne se concrétisera pas.

Le pas essentiel pour les forces politiques irakiennes doit être la création d'un corps national incluant toutes les factions politiques irakiennes, sans exclure aucun groupe politique [en référence au parti Baath] afin d'expulser les colonisateurs (…) Si les forces irakiennes nationales réussissent à mettre en place une organisation de ce type, celle-ci pourrait faire office de gouvernement provisoire, remplaçant les forces de l'occupation. Elle pourrait aussi devenir un véritable corps dirigeant pour le peuple irakien dans sa lutte pour la liberté et l'indépendance (…) Voilà [quel devrait être] le principal objectif des forces nationales irakiennes, lesquelles devraient manifester la plus grande sagesse et la plus grande aptitude au pardon (…) plutôt que [le désir] de vengeance (…)» [2] ...
_____________________________
[1] Al-Gumhuriya (Egypte), le 29 mai 2003, cité dans Al-Qods Al-Arabi (Londres), le 30 mai 2003.
[2] Al-Ahram (Egypte), le 28 mai 2003.

Début de la page

Numéro 82 • vendredi le 6 juin 2003

LE SOMMET D'AKABA (4 juin 2003)

Le sommet réunissant les Premier ministre israélien et palestinien s'est tenu le 4 juin à Akaba. En clôture, le roi Abdallah, l'hôte de cette conférence, a affirmé que « Tous les efforts que nous déploierons seront bénéfiques mais seuls les deux peuples pourront réellement régler le conflit qui les oppose et mettre fin à l'effusion de sang». Mahmoud Abbas a quant à lui affirmé qu'une nouvelle occasion se présentait, grâce à l'initiative des Américains et du Quartet, et qu'elle permettrait «aux deux Etats de coexister». Il a poursuivi : «Il faut faire cesser l'Intifada armée et utiliser des moyens pacifiques pour atteindre notre objectif... ». Il s'est enfin engagé à interrompre l'incitation à la haine et à appliquer des réformes au sein de l'Autorité Palestinienne.
De son côté, Ariel Sharon a annoncé que son pays était disposé à accepter l'existence d'un Etat palestinien, à condition qu'il vive en bon voisinage avec Israël, qu'il mette fin au terrorisme et qu'il fasse cesser l'incitation à la violence. Il a indiqué que son gouvernement avait adopté la feuille de route et avait l'intention de l'appliquer. Enfin, George Bush a declaré : « Tout peuple a le droit de vivre en paix. Nous avons fait aujourd'hui le premier pas pour atteindre cet objectif. En travaillant avec acharnement, avec foi et courage, nous pourrons instaurer la paix au Proche-Orient». (Newsletter n°31 de l'Ambassade d'Israel en France)

--------------------------------------------------------------------------------

Discours du Premier Ministre Ariel Sharon

J'aimerais remercier sa Majesté le roi Abdallah, qui a organisé cette réunion, et exprimer la reconnaissance d'Israël envers le président Bush pour sa présence ici avec le Premier ministre Abbas et moi-même. Merci.

En tant que Premier ministre d'Israël, berceau du peuple juif, ma responsabilité suprême est la sécurité du peuple et de l'État d'Israël. On ne peut pas faire de compromis avec la terreur, et Israël, avec toutes les nations libres, continuera de combattre le terrorisme jusqu'à sa défaite finale.

En dernière analyse, la sécurité permanente ne peut s'obtenir que par la paix, et la paix durable par la sécurité. Aujourd'hui, une nouvelle chance de paix se profile entre Israéliens et Palestiniens.

Israël, au même titre que d'autres pays, appuie fermement la vision exprimée par le président Bush le 24 juin 2004 de deux États, Israel et un État palestinien, vivant côte à côte dans la paix et la sécurité. Le gouvernement et le peuple d'Israël se réjouissent de pouvoir renouer des négociations directes pour concrétiser ce projet, en suivant la procédure indiquée dans la feuille de route telle qu'elle a été adoptée par le gouvernement israélien.

L'intérêt d'Israël n'est pas de gouverner les Palestiniens, mais qu'ils se gouvernent eux-mêmes dans leur propre État. Un État palestinien démocratique et vivant parfaitement en paix avec Israël favorisera le bien-être et la sécurité à long terme d'Israël en tant qu'État juif. Néanmoins, aucune paix n'est concevable sans l'abandon et l'élimination du terrorisme, de la violence et de tout ce qui l'encourage. Nous travaillerons aux côtés des Palestiniens et d'autres États pour combattre le terrorisme, les incitations à la violence de tous ordres et la violence elle-même. Tandis que toutes les parties concernées rempliront leurs obligations, nous nous efforcerons de restaurer une vie normale pour les Palestiniens, d'améliorer la situation humanitaire, de reconstruire la confiance et d'avancer dans le sens du projet du président (Bush). Nous agirons en respectant les droits de l'homme et la dignité de tous.

Nous pouvons aussi assurer nos partenaires palestiniens que nous comprenons l'importance d'une continuité territoriale à l'intérieur de la Cisjordanie pour un État palestinien viable. La politique d'Israël dans les Territoires assujettie à des négociations directes avec les Palestiniens reflètera cette réalité.

Nous acceptons le principe selon lequel aucune action unlilatérale des parties concernées ne peut faire préjuger du résultat de nos négociations.

En ce qui concerne les implantations illégales, je souhaite redire qu'Israël est une société de Droit. Donc, nous commencerons immédiatement à les démanteler.

Israël veut la paix avec tous ses voisins arabes. Israël est prêt à négocier en toute bonne foi avec tous les partenaires possibles. Dans un contexte de relations normalisées, je suis certain qu'ils trouveront en Israël un voisin et un peuple engagé dans la défense de la paix et de la prospérité pour tous les peuples de la région...

(Diffusé par Dina Sorek, Ministre-conseiller
à l'information près l'Ambassade d'Israël à Paris.)

--------------------------------------------------------------------------------

Discours du Premier Ministre Palestinien Mahmoud Abbas

J'aimerais remercier le roi Abdullah qui est notre hôte aujourd'hui. Je remercie pour leur déclaration de soutien le président Moubarak, le roi Abdullah, le roi Hamad et le prince royal Abdullah qui se sont rencontrés hier en Egypte. Merci aussi au Premier Ministre Sharon pour sa présence parmi nous en Jordanie. Et mes remerciements les plus sincères au président Bush, qui est venu d'encore plus loin pour notre paix à tous.

Nous sommes tous conscients que ce moment est important. Une nouvelle opportunité s'ouvre pour la paix, une opportunité basée sur la vision du président Bush et la feuille de route du Quartette, acceptée sans aucune réserve de notre part. Son but est que deux États – Israël et la Palestine – puissent vivre côte à côte dans la paix et la sécurité. Il s'agit d'un processus de négociations directes qui vise à mettre fin au conflit israélo-palestinien, à résoudre les questions de statut permanent , et à mettre un terme à une occupation instaurée en 1967 sous laquelle les Palestiniens ont durement souffert. En même temps, nous n'ignorons pas la souffrance des Juifs au cours de l'Histoire. Il est temps que tous ces malheurs cessent.

Au même titre qu'Israël doit assumer ses responsabilités, nous, Palestiniens, remplirons nos obligations afin que cette entreprise réussisse. Nous sommes prêts à faire notre part et allons commencer dès maintenant.

Soyons francs. Il n'y a pas de solution militaire à notre conflit. Nous réitérons notre dénonciation du terrorisme et de la violence envers les Israéliens où qu'ils se trouvent et répétons que nous y renonçons. Ce genre de méthode est incompatible avec notre foi religieuse et nos traditions morales et constitue un dangereux obstacle à la création d'un État souverain et indépendant. Il est aussi en contradiction avec le genre d'État que nous voulons construire, fondé sur le Droit et les droits de l'homme.

Nous n'épargnerons aucun effort et utiliserons toutes nos ressources pour mettre un terme à la militarisation de l'Intifada, et nous RÉUSSIRONS. L'Intifada armée doit cesser. Nous devons employer des moyens pacifiques pour mettre un terme à l'occupation et à la souffrance des Palestiniens et des Israéliens et pour établir notre Etat palestinien. Nous insistons sur notre détermination à remplir l'engagement que nous avons pris envers notre peuple et la communauté internationale : avoir une loi souveraine, une autorité politique unique, ne laisser les armes qu'entre les mains de ceux qui sont chargés de faire respecter la loi et l'ordre, établir le multipartisme politique dans un cadre démocratique. Nous nous sommes fixé un objectif clair, l'arrêt total de la violence et du terrorisme, et nous le poursuivrons fermement et sans compromis.

Nous nous associerons à part entière à la guerre internationale menée contre le terrorisme et demandons à nos partenaires d'empêcher qu'une assistance militaire ou financière ne parvienne à ceux qui s'opposent à cette position. Nous le faisons pour respecter notre engagement envers les intérêts du peuple palestinien, et en tant que membres de la famille humaine.

Nous agirons aussi vigoureusement contre l'incitation à la violence et à la haine quelles que soient leur forme ou le forum où elles s'expriment. Nous prendrons des mesures pour qu'aucune de ces incitations n'émanent des institutions palestiniennes. We must also reactivate and reinvigorate the U.S.-Palestinian-israeli anci-incitement commitee (ndlr. Nous publions cette phrase en anglais, car elle n'est pas traduisible : au mot à mot, elle signifie « Nous devons aussi réactiver et revigorer les comités anti-violence américano-israélo-palestiniens »)

Nous continuerons à travailler pour faire régner la loi et consolider l'autorité du gouverment dans les institutions palestiniennes responsables. Nous souhaitons construire un État démocratique qui constituera une addition de qualité à la communauté internationale. Toutes les forces de sécurité de l'Autorité palestinienne contribueront à cet effort et travailleront de concert à la réussite de nos objectifs. Notre avenir national est en jeu et nous ne laisserons personne le mettre en danger.

Nous nous sommes attachés à appliquer ces mesures parce qu'elles sont d'intérêt national. Pour réussir, il doit se produire une amélioration visible dans la vie des Palestiniens. Les Palestiniens doivent vivre dans la dignité. Les Palestiniens doivent pouvoir se déplacer pour aller au travail ou à l'école, rendre visite à leur famille et mener une vie normale. Les Palestiniens ne doivent pas craindre pour leur vie, leurs propriétés ou leurs moyens d'existence.

Nous nous réjouissons d'avoir l'assistance de la communauté internationale et insistons sur sa nécessité - en particulier, nous demandons aux États arabes de nous aider dans nos efforts. De même, nous insistons sur la nécessité d'un fort mécanisme de surveillance piloté par les Américains et sommes heureux de pouvoir en disposer. Ensemble, nous pouvons atteindre notre but : une Palestine indépendante, viable et souveraine, vivant en bon voisinage avec tous les Etats de la région, y compris Israël.

(Copyright Proche-orient.info pour la traduction.
Traduit de l'anglais par Catherine Ianco)

Début de la page

Conseil editorial
Prof. Frederick Krantz, Editeur (Concordia Univ.)
Prof. Julien Bauer (Univ. du Québec à Montréal)
Ori Bauer (Chercheur Associé, ICRJ)
Baruch Cohen (Directeur de recherches, ICRJ)
Jacqueline Douek (Assistante Directrice, ICRJ)
Jean-Claude Léon (Communauté Sépharade du Québec)
Prof. Jean Ouellette (Univ. de Montréal)
Prof. Annette Paquot (Univ. Laval)
Edmond Silber (Chercheur Associé,ICRJ)

Encouragez vos collègues, amis et parents à consulter notre site Web pour obtenir de plus amples informations sur le Communiqué Isranet. Pour vous joindre à notre liste d’envoi ou pour vous désabonner, contactez-nous à : http://www.isranet.org/.

Le Communiqué Isranet hebdomadaire est un service de l'ICRJ. Nous espérons que vous le trouvez utile et que vous l'appuierez et seconderez notre travail d'éducation pro-Israël, en faisant une contribution déductible d'impôts d'un minimum de 36.00 $ [veuillez envoyer un chèque ou votre information VISA/Mastercard à l'ICRJ (voir l'en-tête pour l'adresse)]. Tout don comprend un abonnement de membre à notre périodique reconnu, ISRAFAX, qui vous sera livré à domicile par la poste.


CIJR
Daily Briefing &
Communiqué