Communiqué Isranet
février 2003
Un service de l’I.C.R.J.
l ’Institut canadien de recherches sur le Judaïsme

Prof. Frederick Krantz, Directeur

Numéro 69 • vendredi le 28 février 2003

Benny Morris, historien :
"L'opinion de l'Occident sur les Palestiniens
est liée à la pensée post-coloniale -
celle qui estime que le Noir et l'Arabe
ont toujours raison et l'Occidental toujours tort"

Marc Tobiass
Proche-Orient.info, 18 février 2003

Benny Morris est, en Israël, un des pères fondateurs du mouvement des nouveaux historiens - mouvement qui a obligé les Israéliens à revoir l'histoire officielle du sionisme, notamment face à leur responsabilité dans le problème des réfugiés palestiniens. Homme de gauche connu pour ses positions « dérangeantes », Benny Morris avait eu du mal à obtenir un poste dans une université israélienne avant d'être accueilli par le département d'histoire de l'Université de Beer Sheva. Spécialiste du conflit israélo-arabe, il a notamment publié « A History of the Zionist-Arab conflict, 1881-2001 » dont la traduction française paraît ces jours-ci aux éditions Complexe sous le titre « Aux Sources du conflit israélo-arabe ». Depuis le début de l'Intifada, cet historien radical a cependant adopté un discours très dur à l'égard des Palestiniens - du moins sur le refus d'Arafat à Camp David et sur le fait de parvenir à un règlement du conflit. Il en explique ici très précisément les raisons à Marc Tobiass.

Marc Tobiass : Votre nom est associé au post-sionisme, un courant de pensée qui a revisité l'histoire du sionisme et qui a engendré de vives controverses dans le pays. Vous aviez la réputation d'un intellectuel de gauche, aux positions particulièrement radicales. Or, il semble que vous ayez changé depuis ces deux dernières années, depuis le début de la seconde Intifada…

Benny Morris : Je n'ai pas changé d'un iota en ce qui concerne l'histoire générale du conflit. En revanche, je ne suis plus aussi optimiste quant à la possibilité de parvenir à un accord de paix avec les Palestiniens. Ce sont bien les Palestiniens qui ont rejeté à Camp David en l'an 2000 un compromis historique. Selon le plan Clinton, approuvé par le gouvernement israélien, les Palestiniens auraient eu 94 à 96% de la Cisjordanie, 100% de la bande de Gaza, la partie arabe de Jérusalem et la plupart des implantations auraient été démantelées. Un État palestinien aurait pu voir le jour, mais les Palestiniens l'ont refusé. Non seulement ils ont rejeté le compromis historique, mais ils ont déclenché une guerre contre Israël. Fin septembre 2000, ils ont ouvert le feu et initié une vague d'attentats terroristes sans précédent. Cela a été la réponse palestinienne à la proposition de paix israélo-américaine. Une tragique erreur historique de la part des Palestiniens. S'ils avaient été raisonnables, ils auraient accepté ce compromis qui leur permettait d'établir un État indépendant dans la bande de Gaza et la presque totalité de la Cisjordanie. Mais, ils y ont rajouté deux revendications :

D'abord le droit au retour en Israël des réfugiés palestiniens. Selon l'ONU, il y a 3,5 millions de réfugiés, 4 à 5 millions selon les Palestiniens. Si ces millions de réfugiés venaient en Israël, il y aurait automatiquement une majorité arabe, et Israël cesserait d'être un État juif. Ce retour des réfugiés implique en fait la destruction de l'État juif. Insister sur ce droit, c'est demander aux Israéliens de se suicider, autant dire qu'on ne veut pas la paix.

La seconde revendication concerne Jérusalem, et plus spécifiquement le Mont du Temple. Pour Israël, le Temple qui existait sur le Mont Moriah et qui a été détruit par les Babyloniens, puis par les Romains, est le cœur du peuple juif. Barak n'a pas demandé la souveraineté sur tout le Mont du Temple, vu la présence des mosquées sur les lieux, mais cela ne devait pas non plus l'empêcher de revendiquer certains droits sur le site. Dans cette perspective, Barak a proposé un condominium, une législation israélo-palestinienne conjointe sur le Mont du Temple. Arafat a dit non. Alors Barak a suggéré d'en confier le contrôle au Conseil de sécurité de l'ONU. Arafat a encore dit non. Il a ensuite été question de diviser la souveraineté entre le haut et le bas : aux Palestiniens, en surface, là où il y a les mosquées ; à Israël, les soubassements, là où il y a les vestiges du Temple à Israël. Nouveau refus d'Arafat qui exige une souveraineté pleine et entière sur tout le Mont du Temple. En fait, il signifie par là que les Juifs n'ont aucun lien avec le site et, par extension, aucune revendication légitime sur Jérusalem et sur la Palestine. Il sait que cette revendication - même partielle - des Juifs sur le Mont du Temple symbolise le droit des Juifs à la terre d'Israël. Aussi, lorsque Clinton dit à Arafat qu'il ne peut refuser ce lien, vu que les Juifs avaient leur Temple sur ce site, Arafat répond : « Quel Temple ? Il n'y a jamais eu de Temple juif ici, c'est une légende ». Et si c'est une légende, les Juifs n'ont alors aucun droit sur la Palestine. Pour Arafat, les Israéliens ont un État ici parce qu'ils sont les plus forts, mais ils sont comme les Croisés et finiront par en être chassés. Tout comme leur leader des années 30, le grand Mufti de Jérusalem Amin El Hadj Husseini, les Palestiniens d'aujourd'hui ont prouvé qu'ils ne veulent pas de compromis. Leur lutte n'a rien à voir avec une rébellion pour mettre fin à l'occupation israélienne des Territoires, du moins si, mais simplement en tant que première étape en vue de détruire Israël et de posséder toute la Palestine.

M. Tobiass : Si je vous comprends bien, vous n'avez rien modifié dans vos travaux d'historien, mais vos opinions politiques ont évolué. En 1988, vous vous êtes retrouvé en prison pour avoir refusé de faire votre période militaire de réserve à Naplouse . Vous n'êtes plus de gauche ?

B. Morris : Je me considère toujours comme un homme de gauche, pour la bonne raison que je crois que la seule solution, juste et modérée, est de diviser cette Terre en deux États …

M. Tobiass : …C'est ce qui devrait prévaloir objectivement pour résoudre le problème mais…

B. Morris : Mais le problème est que je ne crois pas que les Palestiniens veulent d'une telle solution. Ils ne veulent pas d'une solution à deux États. Ils veulent une solution à un seul État, et tant qu'ils persisteront dans cette voie, il n'y aura pas d'autre solution en perspective. Ce sera, soit toute la Palestine sous contrôle arabe, soit toute la Palestine sous contrôle juif. C'est ce qui se passera d'ici 50 ou 100 ans.

M. Tobiass : Est-ce dire que la démographie est l'arme absolue ?

B. Morris : Les Arabes ont en effet un taux de croissance démographique bien plus élevé que les Juifs. En revanche, les Juifs sont beaucoup plus forts militairement parlant. Qu'est-ce qui l'emportera, la démographie ou la force militaire ? Je ne sais pas.

M. Tobiass : Au-delà de votre probité d'historien, ne craignez-vous pas que vos travaux soient récupérés et utilisés par ceux qui veulent délégitimer Israël ?

B. Morris : Le problème se pose en effet, mais je ne peux pas m'y laisser prendre. En tant qu'historien, mon problème c'est la vérité. Mon sentiment est néanmoins que mon travail ne délégitime pas Israël : il indique simplement qu'Israël, tout comme les autres pays, les autres peuples, a fait de bonnes et de mauvaises choses. Ce qui est normal. Une partie de la France a collaboré avec les nazis, je ne dis pas que c'est bien, mais c'est ce qui se passe dans la vie réelle. Les gens font des choses méchantes et funestes. Et Israël a fait beaucoup moins de choses malfaisantes que la plupart des pays. De ce point de vue, son dossier est plutôt bon quand on le compare à celui des autres pays, d'autant plus qu'aucun pays n'a vécu dans les circonstances d'Israël.

De fait, mon travail est aussi utilisé par les gens qui préconisent l'expulsion de tous les Arabes d'Israël. Ces gens disent que mes études montrent que Ben Gourion soutenait le transfert, en tout cas que cette idée existe dans le courant principal de la pensée politique, et qu'ils ne sont donc pas des marginaux. Cela dit, mes livres sont aussi utilisés par les anti-sionistes. Les gens y prennent et citent ce qu'ils veulent bien que mes travaux ne soient pas destinés à légitimer ou à délégitimer quoi que ce soit, mais à dire ce qui s'est passé. Les Arabes ont peut être l'habitude d'historiens qui mentent sur leur histoire, mais les gens civilisés devraient savoir ce qu'est la véritable histoire de leur pays et de leur nation.

M. Tobiass : Comment, en tant qu'Israélien de gauche, voyez-vous la situation actuelle ? Pensez-vous que Sharon pourra parvenir à un arrangement, sinon à la paix ?

B. Morris : Je ne crois pas que Sharon soit un homme de paix. Cela dit, le vrai problème n'est pas Sharon mais bien Arafat et les Palestiniens. Tant qu'ils n'accepteront pas l'existence d'Israël dans les frontières d'avant 1967, il n'y aura pas de paix. Cela ne fait donc aucune différence que ce soit la gauche de Barak ou la droite de Sharon qui dirige le pays. Ces deux camps réagiraient de la même manière face au terrorisme et au « rejet » palestinien. Je pense que, dès que les Israéliens verront que les Palestiniens veulent réellement la paix, ils éliront un gouvernement de gauche pour y parvenir. Sinon ils continueront à élire quelqu'un pour les combattre.

M. Tobiass : Êtes-vous pour un retrait unilatéral d'Israël des Territoires ?

B. Morris : Dans certaines circonstances, je serais en faveur d'un retrait de Cisjordanie et de Gaza. Mais il ne s'agit là que d'une position tactique. Je ne pense pas que cela entraînerait la paix. Les Arabes interpréteraient cette mesure comme un signe de faiblesse, et cela ne ferait que les renforcer dans la poursuite du terrorisme. Cela dit, ce serait peut-être mieux d'effectuer ce retrait pour apaiser l'opinion publique et les gouvernements occidentaux. Mieux également pour notre conscience et pour celle des Occidentaux. Cependant, il est fort possible que, si nous procédions à un retrait unilatéral, nous soyons ensuite obligés de reconquérir les Territoires pour enrayer la poursuite des attaques et du terrorisme palestinien.

M. Tobiass : Vous avez déclaré dans une interview que l'Autorité palestinienne est le royaume virtuel du mensonge. Comment expliquez-vous que les journalistes occidentaux accordent autant de crédit à la propagande palestinienne ?

B. Morris : Ces journalistes ne sont pas nécessairement des extrémistes de gauche ou pro-arabe, mais ils répondent à la demande de leur rédaction et de leur pays. Ce comportement est lié à la pensée moderne post-coloniale, celle qui estime que le Noir, l'Arabe, le représentant du tiers-monde a toujours raison et l'Occidental toujours tort. Un Américain, un Britannique ou un Israélien, peu importe, doit nécessairement avoir tort quand il est confronté à un représentant du tiers-monde.

M. Tobiass : Un schéma que l'on retrouve maintenant dans la crise irakienne ?

B. Morris : Oui, en partie, bien que pour l'instant personne ne fait vraiment l'éloge de Saddam Hussein, mais ça viendra certainement. Pour la pensée moderne post-coloniale, Israël ne peut qu'avoir tort face aux Palestiniens qui représentent le tiers-monde. Pourtant, depuis le début de cette Intifada, je crois que les Juifs ont raison de se défendre, et que les torts sont du côté des Arabes, même si le Juif est l'occupant. Ce n'est pas rapporté comme cela dans les médias à cause de la pensée coloniale, du sentiment de culpabilité de la France, de la Belgique et d'autres pays sur la manière dont ils ont traité les peuples du tiers-monde. Un traitement abominable. La conduite des Français en Algérie était cent fois pire que celle des Israéliens dans les Territoires. De fait, les anciens pays colonisateurs compensent en adoptant des positions pro-arabes. Mais cela n'explique pas tout. Il y a aussi les intérêts économiques. Les pays européens ont un grand besoin du pétrole arabe, et le monde arabe représente un énorme marché pour l'Europe. Ils doivent contenter les Arabes, Israël est évidemment bien moins important de ce point de vue. Il y a aussi une part d'antisémitisme, on l'a remarqué dans les dernières déclarations officielles en provenance de France et de Belgique. Et puis, il y a de grosses minorités musulmanes dans ces pays, notamment en France. Le pouvoir électoral d'un bon demi-million de juifs pèse très peu par rapport à celui de 5 ou 6 millions de musulmans. Un chiffre qui représente aussi un énorme potentiel de troubles. Tous ces éléments et ces intérêts conjugués se reflètent dans l'attitude de ces pays par rapport au conflit israélo-palestinien et se traduisent aussi en termes journalistiques.

M. Tobiass : Comment vous-situez-vous aujourd'hui face au post-sionisme ?

B. Morris : En 1988, j'ai publié un article dans le magazine juif américain « Tikkun » qui soulignait l'existence d'une nouvelle vague historiographique en Israël. Nouvelle vague qui ébranlait la vieille historiographie du sionisme officiel. C'est dans cet article que j'ai commencé à me référer aux nouveaux historiens par opposition aux anciens ; des termes adoptés ensuite dans les débats académiques. Durant les années 90, certains de ceux qu'on appelait les nouveaux historiens en Israël et d'autres intellectuels à l'étranger ont commencé à dire qu'on assistait non seulement à l'émergence d'une nouvelle historiographie, mais à une nouvelle vision israélienne de l'entreprise du sionisme. C'est ce mouvement que l'on a appelé le post-sionisme.

Pour ma part, je n'ai jamais accepté d'endosser ce qualificatif. Beaucoup de gens ont commencé à utiliser ce terme en soulignant que les post-sionistes n'étaient en fait que des anti-sionistes qui avaient du mal à se reconnaître ainsi. Pour resituer le débat, il faut se rappeler que dans les années 80 Israël commençait à exister au-delà et en dehors de l'idéologie. On assistait à un glissement des valeurs : l'État devenait moins important, il était supplanté par l'intérêt et la pensée individuels. Tout cela évidemment sous l'influence du post-modernisme et, plus généralement, de la culture occidentale, moins nationaliste et moins idéologique qu'autrefois. Il y avait donc un courant de pensée post-sioniste auquel s'identifiaient des nouveaux historiens ; mais pas moi, car je me suis toujours senti sioniste. J'ai toujours crû que la création de l'État d'Israël était juste, moralement justifiée et politiquement correcte. Et qu'il est juste que cet État continue d'exister car, si toutes les nations ont un État, puisque c'est comme cela que le monde est divisé, alors les Juifs méritent tout aussi leur État. Cela dit, c'est vrai qu'il y a des post-sionistes et des nouveaux historiens qui ne partagent pas cette croyance.

M. Tobiass : Est-on responsable de l'exégèse de son œuvre, de la manière dont on est interprété ? La question s'était posée dans les années 60-70 en Europe par rapport à Marx et au marxisme en général, avec toutes les dérives que nous avons connues.

B. Morris : Je ne sais pas ce qu'il en est des intellectuels en général, mais seulement des historiens. Les historiens ont pour responsabilité d'écrire la vérité, c'est la seule valeur importante qu'ils doivent respecter. Reconstruire le plus fidèlement et le plus précisément possible le passé, notamment à partir de documents. Ils ne doivent pas se soucier des implications politiques de leurs travaux. Dès qu'un historien commence à se dire qu'en écrivant ceci ou cela, il risque de servir ou desservir une cause, qu'il va, par exemple, aider Arafat ou Israël, il commence à déformer l'histoire. On ne doit pas faire de l'histoire à partir d'opinions politiques. J'ai évidemment des opinions, mais je ne pense pas que ce que j'écris en tant qu'historien doit les alimenter ou être guidé par elles. Certains nouveaux historiens ne sont pas d'accord avec moi sur cette question. Ilan Pappé (professeur à l'université de Haïfa « The making of the Arab-Israeli Conflict, 1947-1951 »), par exemple, estime qu'il n'y a pas quelque chose qui serait de l'objectivité historique, que l'on pourrait appeler la vérité. Selon lui, chaque historien écrit à partir de ses opinions politiques, des buts qu'il s'est fixés. Je crois qu'il a complètement tort, car on ne pourrait plus alors faire de la « bonne » histoire.

M. Tobiass : En tant que nouvel historien - terme que vous avez inventé -, en quoi votre histoire diffère-t-elle de l'histoire officielle du sionisme ?

B. Morris : C'est essentiellement une question de perspective. Les historiens officiels du sionisme ont modelé leur histoire afin de montrer que le mouvement sioniste et l'État d'Israël avaient toujours raison, qu'ils étaient droits, justes et vertueux, qu'ils n'avaient jamais rien fait de mal. Et que, par conséquent, les adversaires et les ennemis du sionisme, notamment les antisémites et les Arabes, avaient tort aussi bien moralement que politiquement. Ca, c'était la manière d'écrire l'histoire dans les années 1950, 60 et 70. Ce que j'ai fait à partir de 1988, c'est de montrer un autre pan de cette histoire. Les sionistes ont parfois commis des erreurs, des actes immoraux, mais il n'y a rien d'anormal en cela, cela ne devrait pas pour autant remettre en question le sionisme. Cela veut tout simplement dire qu'il y avait aussi des côtés noirs dans le sionisme, comme dans tous les mouvements d'indépendance nationale qui luttent pour la création de leur État. Des gens se font tuer, les dirigeants commettent des erreurs et des injustices. Tout ça me paraît historiquement normal.

M. Tobiass : Oui, mais quels étaient les points fondamentaux de divergences ?

B. Morris : Dans mon livre sur la naissance du problème des réfugiés palestiniens, j'ai battu en brèche aussi bien les récits du sionisme officiel que ceux des Arabes sur les causes du problème des réfugiés en 1948. De fait, le terme de personnes déplacées serait plus approprié pour parler de ces réfugiés car la majorité d'entre eux ont été déplacés d'un endroit de Palestine à un autre, toujours en Palestine. La question est donc de savoir pourquoi il y a eu alors 700 000 réfugiés ? Selon la version sioniste des faits, les Arabes sont partis volontairement, ou bien ils ont reçu l'ordre de leurs dirigeants de partir dans le cadre d'une campagne contre Israël. Les dirigeants arabes leur ont demandé de partir pour qu'il n'y ait plus de civils arabes sur les champs de bataille, et aussi pour pouvoir dire ensuite que ce sont les Israéliens qui les ont chassés, ce qui servirait à justifier une invasion de la Palestine par les armées des pays arabes. Selon la version officielle des Arabes, les Israéliens ont systématiquement expulsé tous les Arabes, conformément à un programme idéologique bien établi. Ils profitaient de la guerre pour expulser les Palestiniens.

Les documents accessibles en Israël à partir du début des années 80 révèlent une situation bien plus mitigée, bien plus complexe. Il n'y a pas eu de politique israélienne d'expulsion systématique de tous les Palestiniens, mais il y a eu beaucoup d'expulsions et il y a eu aussi des atrocités qui ont provoqué la fuite des Arabes. Cela dit, il y a eu aussi des ordres lancés par les dirigeants arabes - au niveau local - appelant les villageois à partir, notamment à faire évacuer les femmes, les enfants et les vieillards. Le résultat a été que les hommes restés derrière ont été beaucoup moins motivés pour défendre leur village et qu'ils sont également partis dès les premiers troubles. Les documents révèlent aussi que la majorité des réfugiés sont partis du fait des actions militaires des milices juives. Il faut se remettre dans le contexte, la Haganah lançait des attaques contre des villes et des villages arabes qui servaient de bases à la guérilla, aux forces arabes de combat, tout comme les Kibboutzim servaient de base pour les Juifs au cours de la première moitié de la guerre. Les villages constituaient donc des cibles légitimes en cette période de guerre entre deux communautés civiles qui avaient des milices, et comme la milice juive était beaucoup plus forte que la milice arabe, les villageois préféraient s'enfuir lors des attaques.

M. Tobiass : Quels ont été les autres points de désaccords ?

B. Morris : Un autre débat s'est engagé pour déterminer ce qui avait décidé les Arabes à faire la guerre. Avaient-ils l'intention de détruire l'État juif ? Là, il y a un problème, parce qu'il faut distinguer les différents Arabes et les différentes périodes. Les Arabes palestiniens ont attaqué le Yishouv (la communauté juive de Palestine) à la fin de 1947 pour empêcher l'émergence d'un État juif, et cela en violation avec la résolution de partition de l'ONU. Les États arabes, eux, ont envahi la Palestine en mai 1948, et tous n'ont pas attaqué Israël pour les mêmes raisons. Tous, certainement, ne voulaient pas de l'existence d'Israël. Ils auraient été heureux de la destruction de cet État. Mais, tout prouve que les Jordaniens sont entrés en Palestine, non pour attaquer Israël, mais pour annexer les territoires qui devaient constituer l'État arabe de Palestine selon le plan de partition. De fait, la plupart des batailles israélo-jordaniennes de 1948 ont été initiées par Israël. Les Jordaniens n'attaquaient pas le territoire de l'État d'Israël.

On a dit aussi que les Libanais ont attaqué Israël, c'est tout simplement un mensonge diffusé par les Libanais pour affirmer qu'ils avaient pris part à l'invasion arabe, mais les Libanais n'ont jamais traversé la frontière. Il y a eu une invasion syrienne, égyptienne, irakienne et jordanienne. Les Syriens et les Égyptiens ont attaqué les territoires israéliens ; les Jordaniens et Irakiens ont surtout voulu capturer les zones palestiniennes, mais sans attaquer Israël. Les Irakiens n'ont attaqué que deux localités israéliennes durant toute la guerre.

Autre controverse : tout le monde revendique le rôle du faible, de la victime. Les Juifs ont toujours dit qu'ils étaient alors les plus faibles, les moins nombreux et les victimes de l'attaque arabe. C'est vrai, Israël a été victime de l'attaque arabe, mais Israël était plus fort que les Palestiniens au cours de la première période de la guerre, et a été ensuite plus fort que les armées arabes. Les armées arabes n'ont été les plus fortes qu'au début de la seconde période, soit en mai et juin 1948. Deux mois pendant lesquels elles étaient mieux armées, mieux équipées qu'Israël ; elles disposaient notamment d'avions. Mais dès qu'Israël a reçu des armes tchèques, le rapport de force a basculé.

M. Tobiass : Pourquoi n'y a-t-il pas eu de paix à la fin de la guerre ?

B. Morris : Avi Shlaim a particulièrement travaillé sur cette question. Selon lui, Israël n'avait pas vraiment envie de faire la paix avec les Arabes en 1949, essentiellement avec la Jordanie et la Syrie, les deux pays qui ont fait des propositions en ce sens. Israël n'aurait pas été prêt à payer le prix réclamé, à savoir d'importantes concessions territoriales et le retour des réfugiés sur son territoire. Un point de vue qui contredit la version officielle israélienne des faits selon laquelle les Arabes ne voulaient pas faire la paix, contrairement à Israël. L'image qui se dégage des documents n'est pas aussi nette que le prétend Avi Shlaim, elle permet toutefois certaines remises en question. Il ne serait pas faux non plus de dire que les Arabes ne voulaient pas faire la paix, exception faite du Roi Abdallah de Jordanie - mais à l'encontre de son cabinet. L'Égypte et l'Irak ne voulaient certainement pas de la paix. La Syrie, elle, avait une position plus ambiguë, mais d'aucuns estiment que ses propositions de paix n'étaient que tactiques.

M. Tobiass : Pour revenir au problème des réfugiés palestiniens, peut-on résumer les choses en disant qu'il n'y a eu ni fuite, ni expulsion, mais que seule la guerre a été à l'origine du problème ?

B. Morris : S'il n'y a pas eu de politique systématique d'expulsion lors du départ des réfugiés, la politique a cependant été de ne pas les laisser revenir à partir de l'été 1948. D'un autre côté, si les Arabes avaient accepté le plan de partition, s'ils n'avaient pas fait la guerre, il n'y aurait pas eu non plus de problème de réfugiés palestiniens. De ce point de vue, on peut dire que les Arabes en sont responsables. On peut aussi remonter plus haut et dire que s'il n'y avait pas eu de sionisme, il n'y aurait pas eu de guerre et pas de réfugiés. Tout dépend d'où l'on démarre.

M. Tobiass : C'est comme l'œuf et la poule ?

B. Morris : Si on dit : pas de sionisme, alors pas de réfugiés, c'est comme si l'on affirmait qu'il n'y aurait pas dû y avoir d'État juif. Ce que je n'accepte pas.

M. Tobiass : Vous savez que l'opinion, en France, est globalement pro-palestinienne. Comment croyez-vous que votre livre y sera reçu ?

B. Morris : J'espère d'abord qu'il sera lu, parce qu'il s'agit d'un rapport objectif du conflit - ni pro-palestinien, ni pro-sioniste. C'est en tout cas ce qu'ont affirmé la majorité des critiques qui ont lu ce livre en Italie et aux États-Unis. Et puis, j'espère aussi que le lecteur français y trouvera une occasion d'apprendre peut-être quelque chose sur le conflit, qu'il en aura ensuite une meilleure compréhension, que cela lui permettra d' en avoir une approche plus équilibrée.


(« Proche-Orient » est une association française à but non lucratif. Son but est d'éditer une information exclusivement professionnelle, complète, exacte et rigoureuse sur le Proche-Orient, ainsi que sur les retombées de la situation régionale, en particulier du conflit israélo-palestinien. Son objectif général est d'aider à une meilleure compréhension du Proche-Orient et de ses enjeux. Pour plus d'information, adressez demandes et questions à contact@proche-orient.info.)

Début de la page

Numéro 68 • vendredi le 21 février 2003

Réplique à Yves Claudé, Marc-André Cyr
et Anne Laperrière -- Puisque les intellectuels
ne le font pas, que Dieu bénisse Israël

Stephen Schecter
Le Devoir, 20 février 2003

Dans les réponses à mon texte paru dans Le Devoir du 25 janvier, intitulé «Le fascisme de gauche à l'UQAM et ailleurs», on peut lire un certain nombre d'affirmations sur Israël et sur ma personne qui ne font que confirmer, hélas, la thèse que j'ai avancée. Ainsi, le sociologue Yves Claudé parle de la «démocratie version Sharon» et «des politiques colonisatrices de l'État d'Israël». L'étudiant Marc-André Cyr qualifie les résultats des élections récentes en Israël d'«élection des génocidaires» et m'accuse de soutenir «le colonialisme d'Israël».

Et ma collègue Anne Laperrière ajoute que mon opinion lui «apparaît être celle d'une frange importante mais extrême de la communauté juive nord-américaine». Bien qu'elle avoue ne pas avoir suivi mes cours, qui ne portent pas sur le conflit au Moyen-Orient, elle insinue que j'y présente une version unilatérale du conflit. C'est cela, selon elle, qui explique pourquoi j'ai été la cible de slogans racistes à l'UQAM le 16 janvier 2003. Ce genre d'analyse est bien connu. Il s'agit de rendre la victime responsable du tort qu'on lui inflige.

Mme Laperrière, comme tous les autres répondants, ne prend pas la peine de dire un mot au sujet des aspects sociologiques, historiques ou politiques du conflit au Moyen-Orient ni de discuter des analyses que j'ai publiées dans les pages du Devoir à deux reprises l'an dernier.

Il suffit apparemment que je sois juif et que mes analyses ne blâment pas Israël pour la situation dans laquelle ce pays se trouve pour qu'on me range, comme on le fait avec Israël, parmi les coupables. Les lecteurs du Devoir comprendront donc que j'estime nécessaire de corriger de nouveau certains préjugés mensongers qui circulent à propos d'Israël, préjugés repris dans les textes se voulant une réponse au mien.

Il n'y a pas de démocratie version Sharon, tout comme il n'y a pas de démocratie version Chrétien : il y a seulement la démocratie tout court. Dans une démocratie, il y a, au minimum, un gouvernement et une opposition, des élections libres, la protection juridique des citoyens contre l'exercice arbitraire du pouvoir par le souverain. En Israël, comme au Canada, il y a tout cela et bien davantage, notamment la possibilité pour les individus et les groupes de faire entendre leur voix sur la scène publique.

Si M. Sharon et son parti, le Likoud, ont été élus avec le plus grand nombre de voix depuis la tenue d'élections en Israël, on peut estimer qu'ils représentent la majorité de la population israélienne. En effet, sondage après sondage, tout indique que celle-ci réagit avec courage et sagesse aux attaques terroristes parrainées par l'Autorité palestinienne. D'un côté, la majorité des Israéliens se disent prêts à céder des territoires conquis lors de la guerre des Six Jours contre un accord de paix sécuritaire. De l'autre, n'ayant aucune confiance dans le leadership palestinien actuel, ils se disent également prêts à se défendre contre la violence palestinienne en utilisant ce que tout pays utilise pour se protéger : les forces armées.

Il faut le dire et le redire : en Israël, on n'entend pas d'appel à une guerre sainte contre l'Autorité palestinienne ou contre les pays arabes avoisinants. Et pourtant, dans la presse et dans les déclarations gouvernementales de ces pays, on peut lire jour après jour des appels incendiaires et racistes en faveur d'une guerre totale contre Israël, contre les juifs, contre les États-Unis et contre l'Occident. Il est à noter également qu'en Israël, même un leader politique arabe qui avait encouragé la poursuite de l'intifada actuelle lors de sa visite dans un pays ennemi, la Syrie, a été autorisé par la Cour suprême d'Israël à se présenter aux élections. Comment alors les intellectuels occidentaux osent-ils dire qu'Israël est une société raciste qui pratique l'apartheid ?

Du côté palestinien
Du côté palestinien, la donne est exactement l'inverse. Il y règne un gouvernement dictatorial et corrompu : détournement de fonds provenant de l'extérieur, expropriation arbitraire d'entrepreneurs, monopole d'Arafat et de ses proches sur la production et la distribution de biens essentiels comme le ciment et le gaz avec, comme conséquence désastreuse, le non-développement d'une classe moyenne indépendante capable de défier l'OLP et le Fatah. Il y règne un pouvoir totalitaire, arbitraire et complètement non transparent.

L'Autorité palestinienne est divisée entre un conseil législatif qui représente les Palestiniens en Cisjordanie et la bande de Gaza et un conseil national qui a déclaré l'OLP seul représentant légitime du peuple palestinien, créant ainsi une structure de double pouvoir. Ce type de structure est reproduit dans les diverses fonctions qu'Arafat occupe lui-même : président de l'Autorité palestinienne, chef de l'OLP et chef du Fatah, qui tient sous son contrôle les brigades al-Aqsa et les brigades Tanzim, elles-mêmes responsables des attaques terroristes contre Israël.

Il existe aussi le Front national et islamique, qui regroupe le Fatah, les brigades Tanzim, le Hamas et le Jihad islamique et qui coordonne leurs activités. Il n'est alors pas surprenant que le gouvernement d'Arafat en arrive à dénoncer en public les attaques terroristes qu'il organise par ailleurs. Dernièrement, par exemple, le Fatah, par l'entremise de ses brigades al-Aqsa, a revendiqué la responsabilité des explosions homicides à Tel-Aviv le 5 janvier 2003. La direction politique du Fatah a démenti cet aveu, mais un des dirigeants du bras militaire du Fatah l'a répétée sur les ondes de la station de télévision al-Jazira.

C'est ainsi que l'Autorité palestinienne mène une politique de duplicité constante avec la conséquence dramatique que personne en Israël n'a confiance dans ses déclarations. Et qui peut en blâmer les Israéliens ? Qui plus est, l'Autorité palestinienne émet et cautionne des déclarations appelant à la destruction de l'État d'Israël. Sur le site Internet du Fatah, par exemple, on peut lire que le but de la lutte armée est le démantèlement d'Israël, qualifié d'entreprise sioniste et auquel on refuse la reconnaissance de tout droit légitime sur ce territoire. Ce n'est pas pour rien qu'Arafat a nommé cette intifada -- que ses proches reconnaissent avoir organisée bien avant la visite de Sharon à la mosquée du Temple -- l'intifada al-Aqsa.

Refuser toute légitimité à la présence juive à Jérusalem fait partie de la stratégie palestinienne, qui va jusqu'à nier que les juifs y ont déjà été présents. Elle fait de même avec Hébron, oubliant que les juifs en ont été chassés en 1929 après une émeute arabe et faisant ainsi oublier au monde que les juifs y résidaient depuis 3000 ans. Lorsque des intellectuels du monde occidental participent à ces mensonges, comme ils l'ont fait à la conférence contre le racisme organisée par les Nations unies à Durban et qui s'est transformée en délire raciste contre Israël, ils ne rendent aucun service à la paix au Moyen-Orient. Au contraire, ils ne font qu'encourager les Palestiniens dans leurs délires et leurs mensonges.

Que dire, par ailleurs, des sermons prononcés dans les mosquées palestiniennes et diffusés sur les ondes de la radiotélévision palestinienne ? Le 12 avril 2002, par exemple, le cheik Ibrahim Madhi, clerc employé par l'Autorité palestinienne, a prononcé un sermon priant Allah d'annihiler les juifs, encourageant les Palestiniens à multiplier leurs attaques homicides contre Israël et promettant à son auditoire de retourner un jour en conquérants dans les villes israéliennes.

D'autres sermons dans les mosquées de Gaza comprennent des prières pour que le toit du parlement israélien tombe sur ses députés ou des propos sommant les fidèles à tuer les juifs partout où ils se trouvent. Il faut bien comprendre que des paroles semblables prononcées sur les ondes de Radio-Canada mèneraient leurs auteurs directement en prison.

Ce genre de discours est financé et encouragé par les autorités palestiniennes et trouve un écho dans leurs propres discours. Le 3 janvier 2003, Farouq al-Qaddoumi, chef du bureau politique de l'OLP et secrétaire général du comité central du Fatah, déclarait dans une entrevue publiée par le journal israélien Kul al-Arab qu'il n'y avait jamais eu de différence entre eux et le Hamas, que le problème des réfugiés est plus important que celui d'un État palestinien et que, de toute façon, le fond du conflit réside dans la création de l'État d'Israël par les Nations unies.

Ce discours est congruent à l'attitude tragique du leadership palestinien actuel, qui croit avoir déjà fait tous les compromis nécessaires en acceptant, à l'occasion et pour le moment, le cantonnement d'Israël à l'intérieur des frontières d'avant 1967. Lorsqu'on commence des négociations en disant qu'il n'y a rien à négocier, on se dirige vers un avenir suicidaire. Il n'est pas anodin que l'arme de prédilection des Palestiniens soit l'homicide suicidaire. C'est l'aboutissement d'une politique basée sur l'idéologie, le mensonge et le racisme. L'histoire de l'Allemagne nazie est là pour nous le rappeler, mais il apparaît que la mémoire n'est pas longue chez les intellectuels.

À la lecture de ces quelques faits -- il y en a bien d'autres, hélas, comme le fait que l'Autorité palestinienne ait décidé de nommer un tournoi de soccer à Tulkharm en l'honneur du terroriste qui a commis le massacre de la pâque juive l'an dernier à Netanya --, on peut, je l'espère, comprendre mon désarroi lorsque je constate de la part de mes étudiants et de mes collègues le même type de discours que celui qu'Israël entend du côté palestinien.

C'est un discours qui démonise Israël, l'essentialise comme l'incarnation du mal et prépare ainsi la légitimation de sa destruction. Si le simple fait de souligner que cela fait partie du problème au Moyen-Orient me range parmi «une frange extrême de la communauté juive», je dois conclure qu'aux yeux de mes collègues, nous, les juifs, sommes le mal et que je devrais me taire.

Mais comme l'a dit Edmund Burke, le mal entre dans le monde lorsque les hommes de bonne volonté se taisent. J'attends que d'autres intellectuels que moi et surtout d'autres intellectuels non juifs prennent la plume pour venir à la défense d'Israël, le seul État du peuple juif -- et non de la religion juive -- au monde. Il semble pour le moment qu'au contraire, l'existence même de cet État justifie que non seulement des Palestiniens mais aussi des intellectuels occidentaux déclarent que la saison de la chasse aux juifs est bel et bien ouverte. Quelle honte !

(Stephen Schecter est professeur titulaire au département
de sociologie de l'Université du Québec à Montréal.)

Début de la page

Numéro 67 • vendredi le 14 février 2003

Pour la guerre
Arno Klarsfeld
Le Monde, 13 février 2003

Je suis pour la guerre contre l'Irak parce qu'on m'a enseigné au lycée que, si la France s'était dressée pour empêcher Hitler en 1936 de remilitariser la Rhénanie, il n'y aurait sans doute pas eu de seconde guerre mondiale.

Je suis pour la guerre contre l'Irak parce qu'on m'a aussi enseigné qu'Edouard Daladier, rentrant de Munich, où il avait humilié la France en signant cette paix qui sacrifiait la Tchécoslovaquie et voyant la foule parisienne l'acclamer, avait glissé à l'oreille du secrétaire général du Quai d'Orsay : "Quels cons !"

Je suis pour la guerre contre l'Irak parce que, si Saddam Hussein disposait de l'arme atomique qu'il cherche par tous moyens à acquérir, il l'enverrait aussitôt sur Tel-Aviv pour détruire l'Etat d'Israël et la confierait à des terroristes pour la faire exploser à New York.

Je suis pour la guerre contre l'Irak parce qu'il est de l'intérêt vital des démocraties d'imposer la démocratisation au monde arabe par la force, comme les Alliés ont réussi à le faire en Allemagne et au Japon.

Je suis pour la guerre contre l'Irak parce que la paix entre Israéliens et Palestiniens ne pourra émerger que d'une victoire totale contre le terrorisme et d'une amorce de démocratisation du monde arabe.

Je suis pour la guerre contre l'Irak parce que les dictatures agressives et expansionnistes comme celle de Saddam Hussein règlent leurs conflits externes comme elles règlent leurs conflits internes : par la violence. Entre elles et les démocraties il ne peut y avoir d'entente réelle.

Je suis pour la guerre contre l'Irak parce qu'il devrait être du devoir de la France de faire bloc derrière une nation qui lui a permis de remporter la première guerre mondiale, de ne pas devenir nazie, d'être dans le camp des vainqueurs à la fin de la seconde guerre mondiale et ensuite de ne pas être subjuguée par l'impérialisme soviétique.

Je suis pour la guerre contre l'Irak au nom des droits de l'homme, parce que Saddam Hussein est aussi le bourreau de son peuple et du peuple kurde et qu'il a mis en place une terreur policière si efficace qu'un renversement populaire ou même un putsch semblent impossibles, sauf en cas de situation exceptionnelle, telle la guerre.

(Arno Klarsfeld est avocat.)

--------------------------------------------------------------------------------

Retour à la raison
Bret Stephens
Jerusalem Post, 11 février 2003

Jeudi 6 février, François Zimeray, parlementaire français de l’Union européenne, a recueilli les 178 signatures requises pour l’ouverture d’une commission d’enquête sur l’utilisation de l’aide financière apportée par la Commission européenne à l’Autorité palestinienne.

Vendredi 7 février, l’Office européen anti-fraudes (OLAF) a ouvert sa propre enquête sur le sujet. Cette décision a été ‘saluée’ par Chris Patten, membre de la Commission des relations externes, dans une lettre adressée à Armin Laschet, parlementaire allemand auprès de l’Union européenne.

Ces initiatives de l’Union européenne, ou tout au moins celles de Messieurs Zimeray, Laschet et leurs alliés, méritent d’être acclamées.

Voilà maintenant plusieurs années que ceux-ci mènent une bataille bien solitaire pour montrer où atterrit l’argent des impôts européens après avoir été collecté à des fins humanitaires pour l’AP.

Une lutte solitaire, parce que selon Patten, “il n’y a jusqu’ici aucune preuve qui tend à soutenir les affirmations selon lesquelles les versements de l’UE seraient utilisés pour financer le terrorisme”.

Il ne nous reste plus qu’à espérer que l’OLAF et la commission de Zimeray fassent mieux que Patten et son équipe.

Cela fait des années que Patten insiste sur le fait que l’Autorité palestinienne, loin de financer la terreur, essayait en réalité de la briser. Patten est même allé jusqu’à ignorer des preuves affirmant le contraire, ou encore jusqu’à prétendre que ces preuves étaient d’une manière ou d’une autre non concluantes.

Le Karine A ? D’après ce que nous savons, la commission n’a jamais émis le verdict selon lequel le bateau était lié d’une quelconque façon à l’Autorité palestinienne, et le fait que le capitaine était un officier de marine de l’AP n’y a fait aucune différence.

Et le fait que le Fatah cautionne et finance la terreur ? Apparemment, aux yeux de Patten, le Fatah n’est qu’un parti politique, qui, de plus, ne possède aucun lien avec l’AP ou avec Arafat.

Et en ce qui concerne l’incitation à la violence sur la télévision palestinienne, cette dernière étant financée par l’Union européenne ? “Lorsque nous installons des canalisations d’eau, nous ne vérifions pas si l’eau profite aux terroristes du Hamas”, répondait à l’époque un représentant de l’UE en toute désinvolture.

Il semble que Patten prenne ses désirs pour des réalités. Etant donné qu’il ne peut authentifier aucun document établissant un lien direct entre l’AP et le terrorisme, il ne tient pas à ce qu’une relation de ce type soit même insinuée.

Le fait que l’armée israélienne ait découvert ce genre de documents l’année dernière ne semble pas avoir excité sa curiosité. D’autre part, il ne paraît pas trop s’inquiéter du fait que la réforme de l’AP figure toujours au programme de l’UE, bien que l’AP se dise être un régisseur consciencieux de l’argent de l’UE.

Enfin, Patten ne semble pas admettre la possibilité que, l’argent étant fongible, les millions versés pour les salaires des représentants de l’AP puissent permettre de financer d’autres opérations. Comme les 15 millions de dollars qui ont été nécessaires pour équiper le Karine A avec des missiles Katyousha et des kilos d’explosifs C-4.

Il n’est donc pas surprenant qu’Israël ne prenne tout simplement pas au sérieux l’UE lorsqu’elle tente jouer un rôle de médiateur dans le conflit.

Si vous n’êtes pas disposés à reconnaître ce qui est l’évidence même -- c’est-à-dire que l’AP est clairement liée au terrorisme ou que son administration est corrompue -- dans ces conditions, vous ne pouvez pas être pris au sérieux. Cela n’a rien à voir avec la question de savoir si un Etat palestinien est une idée viable ou non. Il s’agit de faire preuve d’une certaine capacité d’analyse et de maturité dans la manière de gérer les faits.

Il en va de même pour le débat au sujet de l’Irak. Le problème avec la position de la France et de l’Allemagne ne concerne pas la légitimité des questions qui mettent en cause l’attrait et la nécessité de la guerre, le consensus international, des inspections renforcées, et ainsi de suite. Le problème est que ni l’Allemagne ni la France ne traitent ces questions consciencieusement.

Il n’est donc pas sérieux pour ces pays d’essayer de vendre l’idée de ‘contenir’ l’Irak alors qu’ils ont passé le plus gros de ces dix dernières années à essayer d’affaiblir les sanctions de l’ONU et à approuver l’absence des inspecteurs.

Il n’est pas sérieux d’insister pour que les Etats-Unis obtiennent une résolution du Conseil de Sécurité offrant à l’Irak une dernière chance de remplir ses obligations en matière de désarmement, pour simplement gagner du temps, alors qu’il est évident que l’Irak fait fi de ses obligations.

Il n’est pas sérieux pour la France d’ergoter sur ‘l’unilatéralisme’ des Etats-Unis, puis de s’imposer ensuite de façon unilatérale en Côte d’Ivoire.

Et il n’est pas sérieux pour l’Allemagne d’insister sur l’application de la Résolution 1441, mais de se plaindre des sérieuses conséquences qu’impliquerait cette résolution au cas où l’Irak refuserait d’obtempérer.

Heureusement, comme avec la question du financement de l’AP, il semble qu’à l’horizon perce une lueur de changement d’attitude.

“Nous demandons à Saddam Hussein de répondre rapidement aux requêtes de la communauté internationale”, a déclaré la semaine dernière le ministre français des Affaires étrangères, Dominique de Villepin.

Les Allemands sont de plus en plus conscients que la position radicale contre la guerre de Gerhard Schroeder mène le pays vers un isolement diplomatique, qui a pu récemment se remarquer dans une phrase grinçante du Secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, reléguant l’Allemagne, au même titre que Cuba et la Libye, aux rangs des farouches opposants à la guerre, sans faire de distinction.

Même la gauche britannique a semblé convaincue par la présentation de Powell aux Nations unies : 59% des personnes interrogées lors d’un sondage Internet effectué par le Guardian pensent que le Secrétaire d’Etat américain a présenté “un dossier convaincant pour une action militaire contre l’Irak”.

Rien de tout cela ne laisse présager un véritable changement d’attitude de la part de l’Europe -- au moins de la part de “la vieille Europe”, selon l’expression pertinente de Rumsfeld.

Mais cela indique tout de même que les Européens commencent à reconnaître qu’une politique étrangère basée sur des désirs qui passent pour des réalités et sur une affectation morale ne fera que contribuer au caractère continuellement irréaliste et hors-sujet de leur position en tant qu’acteurs sérieux de la scène internationale.

Début de la page

Numéro 66 • vendredi le 7 février 2003

Sermon du vendredi sur la télévision irakienne :
« Bush est le Dracula de cette génération »

L'Institut de Recherche Médiatique du Moyen-Orient (MEMRI)
Dépêches spéciales - No. 464, 3 février 2003

Voici des extraits d’un sermon du vendredi délivré le 31 janvier 2003 à la mosquée d’Um Al- Maarik ["Mère de toutes les batailles"] de Bagdad et diffusé sur la télévision irakienne. Le prédicateur, le cheik Abd El-Latif Humaym, a basé son sermon sur l’histoire de Jafar ibn Abi Taleb, rapportée par la tradition islamique : Compagnon du prophète Mahomet, il perdit les bras à la bataille de Muta l’opposant aux Byzantins. Allah le dédommagea au ciel en lui accordant des ailes pour remplacer ses membres manquants. Depuis ce jour, il est appelé « Jafar l’ailé » :

« Ô musulmans, sur le chemin de la mosquée, je me suis souvenu de l’histoire du martyre de Jafar ibn Abi Taleb à la bataille de Muta…

« Il se trouvait à la tête de trois milles hommes du prophète Mahomet, et se battait contre plus de deux cent milles cavaliers byzantins, lesquels défendaient l’un des plus grands empires de l’époque. Il s’est aperçu que la bannière de Mahomet était sur le point de tomber des mains de Zayed ibn Al-Haritha…

« Il s’est rué comme une flèche vers la bannière, s’en est saisi et a commencé à se battre comme s’il formait à lui seul une armée. Sa jument ne lui facilitant pas la tâche, il s’en est départi, entreprenant de se battre sans monture.

« Les Byzantins l’ont encerclé, et de leurs épées l’ont blessé à la main droite. Il a donc attrapé la bannière de la main gauche. Ils lui ont tranché la main gauche. Il a alors serré la bannière entre ses deux moignons. Son devoir était, à ce moment-là, de ne pas laisser la bannière de Mahomet toucher terre et être piétinée par le galop des cavaliers ennemis.

« En s’effondrant, il serrait encore entre ses deux moignons la bannière du prophète Mahomet, qu’il planta dans le sable.

« [Abdallah ibn Umar, un autre des hommes du Prophète Mahomet, dit] : ‘Je suis allé trouver Jafar en fin de journée. Il était étendu sur le dos. Je lui ai proposé à boire mais il m’a dit : ‘Je jeûne’… Il est mort avant le coucher du soleil, sans avoir rompu le jeûne. Il est mort en martyr… Son corps était criblé de plus de 90 marques de coups d’épées et de flèches, mais il n’en avait reçu aucun dans le dos.’

« Cette bataille est un exemple: la gloire, la mort, la bravoure, le martyre et le sacrifice la caractérisent ; la vérité se trouvait aux prises avec le mensonge, le monothéisme avec l’idolâtrie, la foi avec l’absence de foi et la tyrannie.

« Voilà comment les hommes du prophète Mahomet se sont conduits dans leur combat contre les forces de l’arrogance, contre ceux qui vénèrent des personnes plutôt qu’Allah.

« Même si la fin de l’histoire de Jafar est triste et douloureuse au niveau terrestre, [elle ne l’est pas] pour Allah, qui l’a placé au sommet de la foi… Mes frères, tout le monde meurt pour une raison différente, mais tout le monde n’atteint pas une pareille victoire [en mourant].

« Cette histoire, une parmi tant d’autres histoires islamiques du même type, m’est venue en tête alors que je réfléchissais à la difficulté des circonstances actuelles, qui nous opposent aux forces de l’incroyance et de l’idolâtrie… L’idole sioniste américaine [‘Taghut’] est un Barbare armé jusqu’aux dents qui ressemble… au vampire Dracula.

« Oui, Bush est le Dracula de cette génération ; il suce le sang des peuples.

« Ô Jafar, sors de ton tombeau pour crier Allah Akbar…

« Ô Jafar, dresse-toi pour l’Irak… Ô Saddam, frappe-les de ton épée acérée et brûle les armées infidèles… Ô Allah, soutiens les moudjahidin en Irak et en Palestine… Ô Allah, soutiens Saddam et les Irakiens… Ô Allah, retourne contre eux-mêmes ceux qui nous veulent du mal, à nous et notre religion, notre nation et notre dirigeant. Ô Allah, occupe-toi des Juifs, des sionistes et des Américains, car ils ne peuvent rien contre
Toi… »
___________________________
(1) Télévision irakienne, le 31 janvier 2003

--------------------------------------------------------------------------------

Le quotidien conservateur officiel répond
aux libéraux en Iran : « Ceux qui défendent la réforme, la liberté, la démocratie et les droits de l’homme…portent atteinte à l’islam. »

L'Institut de Recherche Médiatique du Moyen-Orient (MEMRI)
Dépêches spéciales - No. 463, 31 janvier 2003

Dernièrement, le quotidien conservateur Jomhuri-ye Eslami, (1) porte-parole du guide suprême Ali Khamenei, s’est insurgé contre les appels des libéraux iraniens à la démocratie, la réforme et les droits de l’homme. Jomhuri-ye Eslami a accusé ceux en Iran qui défendent ces droits de s’élever contre l’islam. Le journal les assimile en outre aux ennemis de la Révolution islamique d’Iran, estimant que leurs appels s’apparentent à ceux de « Bush, Sharon et Jack Straw [ministre britannique des Affaires étrangères] ». Pour appuyer ces arguments, le journal cite la lettre de l’ayatollah Khomeyni, datée de 1989, adressée à l’ancien président soviétique Mikaël Gorbatchev. Voici quelques extraits de l’article :

L’Union soviétique s’est effondrée parce qu’elle n’a pas pris Khomeyni au sérieux
« La lettre de l’imam Khomeyni est l’un des grands documents politiques et religieux de ce siècle ; c’est d’autant plus vrai que ses prévisions se sont avérées justes en ce qui concerne l’effondrement du communisme, les pertes encourues par l’Union soviétique tandis qu’elle essayait d’imiter l’Occident et le durcissement des relations entre l’Union soviétique et ses alliés. Quand l’URSS s’est effondrée, Gorbatchev a été remplacé par Ieltsine. La situation nationale était mauvaise ; Gorbatchev a reconnu qu’il en était responsable, ayant refusé d’écouter l’imam Khomeyni.

« Après les premiers changements consécutifs à l’arrivée de Gorbatchev au pouvoir, l’imam Khomeyni… a envoyé une délégation à Moscou [en janvier 1989] avec un message écrit à l’attention de Gorbatchev. Dans cette missive historique, l’imam Khomeyni, désignant l’hostilité du système communiste pour la religion et Dieu et comptant sur le discernement et le réalisme de Gorbatchev, déclarait :

‘Vous réussirez si vous vous écartez du chemin emprunté par vos prédécesseurs – lesquels se sont éloignés de Dieu et de la religion. Leur courant de pensée a causé un tort important au peuple soviétique. Vous devez savoir qu’il n’existe qu’une seule façon de résoudre les problèmes de ce monde : se tourner vers la vérité. Le principal problème de votre pays n’est pas celui du capital, de l’économie ou de la liberté. Votre véritable problème est l’absence d’une authentique foi en Dieu.’

« C’est avec ce message que l’imam Khomeyni s’est adressé à un Gorbatchev siégeant au sommet d’un système non-religieux : en condamnant l’opposition à la religion, l’essence [même] du matérialisme. Il est parfaitement clair que lutter contre la tendance religieuse [de l’homme] est inutile, celle-ci étant une composante humaine inextinguible. »

Khomeyni a invité Gorbatchev à adopter l’islam
« Après avoir invité Gorbatchev et toutes les autres personnes naturellement portées vers Dieu et aspirant à [boire à] la fontaine de la vérité, de la force et de la spiritualité, l’imam Khomeyni a proposé à Gorbatchev d’adopter l’islam, seule voie capable de sortir l’homme de la détresse morale :

‘Maintenant que nous avons évoqué ces problèmes préliminaires, je vous suggère de vous informer sérieusement sur l’islam -- non parce que l’islam et les musulmans ont besoin de vous, mais parce que l’islam peut soulager et sauver le peuple, et résoudre les problèmes de toutes les nations.’

« En prenant la lourde responsabilité de guider les autres dans le chemin des prophètes et des messagers de Dieu dans son historique Lettre éternelle, et de répandre le tohid [monothéisme] en évitant le matérialisme, l’imam Khomeyni s’est adressé à ceux qui, en défendant la séparation des pouvoirs, essaient de taire la tendance naturelle des masses à se tourner vers Dieu.

« Aujourd’hui, 14 ans après la rédaction de cette lettre historique, il se trouve malheureusement dans cet Etat [l’Iran] des personnes pour s’élever contre cette pensée indéniablement juste et progressiste. Leur hypocrisie et leurs tergiversations politiques sont de mauvais augure pour la religion. Ces personnes, qui peuvent à juste titre être qualifiées de ‘restes politiques du siècle dernier’, ont entrepris de mettre en œuvre le principe de la séparation des pouvoirs…

« Des slogans tels que ‘la religion est l’opium du peuple’ ou ‘la religion et la politique sont deux choses distinctes’ ont vu le jour il y a quatre-vingt ans, en même temps que le communisme. Après que Khomeyni eut écrit cette lettre à Gorbatchev, ces slogans ont été enterrés à jamais dans leur lieu de naissance.

«Il est malheureux de constater qu’ils émergent aujourd’hui de la bouche de personnes qui ont bénéficié de la glorieuse Révolution islamique d’Iran… et qui ont occupé des postes à responsabilité -- grâce à la Révolution islamique, et sous les sages directives de Khomeyni. Malgré cela, ces personnes remettent en question l’essence de ces principes.

« Avant la victoire de la Révolution, dans l’un de ses premiers messages dénonçant le diabolique complot colonialiste de séparation des pouvoirs, l’imam Khomeyni luttait [déjà] contre cette tendance au dévoiement. C’était à Paris : l’agent américain [le Dr Shapur] Bakhtiar [Premier ministre iranien en 1978] suggérait sournoisement de séparer la religion de l’Etat afin de préserver le régime démoniaque du Shah, en ces termes : ‘Si les autorités religieuses le souhaitent, [nous pouvons mettre sur pied] une enclave indépendante à Qom, sur le modèle du Vatican.’ Ces propos peuvent être considérés comme la plus vicieuse des tentatives pour tromper le peuple et lui enseigner que la religion et la politique sont deux choses distinctes. Mais l’imam [Khomeyni] rétorqua :

« …L’islam ne se limite pas au culte, à l’étude, à l’application [de décrets]. L’islam est politique et ne peut donc pas être écarté des affaires politiques. L’islam est un grand gouvernement, un seul grand royaume. L’islam est un régime, un régime politique.’ »

Les Iraniens qui défendent la réforme, la liberté et les droits de l’homme s’élèvent contre l’islam
« Ceux qui en Iran aujourd’hui font entendre les slogans de la réforme, de la liberté, du développement politique, de la démocratie et des droits de l’homme… s’élèvent contre la religion [l’islam]… Avec leurs théories colonialistes diaboliques, ils appellent à la séparation des pouvoirs et apportent leur soutien à ceux qui y sont favorables. Ils devraient comprendre que ce faisant, ils se détourent de la voie de l’imam Khomeyni… Peut-être ces personnes ne réalisent-telles pas que leurs propos anti-religieux, hostiles aux valeurs islamiques, sont semblables à ceux qui sortent de la bouche de gens comme Bush, Sharon, Jack Straw et d’autres responsables politiques de régimes colonialistes dictatoriaux. »
______________________________
(1) Jomhuri-ye Eslami (Iran), le 1er janvier 2003

Début de la page

Conseil editorial
Prof. Frederick Krantz, Editeur (Concordia Univ.)
Prof. Julien Bauer (Univ. du Québec à Montréal)
Ori Bauer (Chercheur Associé, ICRJ)
Baruch Cohen (Directeur de recherches, ICRJ)
Jacqueline Douek (Assistante Directrice, ICRJ)
Jean-Claude Léon (Communauté Sépharade du Québec)
Prof. Jean Ouellette (Univ. de Montréal)
Prof. Annette Paquot (Univ. Laval)
Edmond Silber (Chercheur Associé,ICRJ)

Encouragez vos collègues, amis et parents à consulter notre site Web pour obtenir de plus amples informations sur le Communiqué Isranet. Pour vous joindre à notre liste d’envoi ou pour vous désabonner, contactez-nous à : http://www.isranet.org/.

Le Communiqué Isranet hebdomadaire est un service de l'ICRJ. Nous espérons que vous le trouvez utile et que vous l'appuierez et seconderez notre travail d'éducation pro-Israël, en faisant une contribution déductible d'impôts d'un minimum de 36.00 $ [veuillez envoyer un chèque ou votre information VISA/Mastercard à l'ICRJ (voir l'en-tête pour l'adresse)]. Tout don comprend un abonnement de membre à notre périodique reconnu, ISRAFAX, qui vous sera livré à domicile par la poste.


CIJR
Daily Briefing &
Communiqué