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Communiqué Isranet Numéro 81 • vendredi le 30 mai 2003 Le Gouvernement israélien
adopte la feuille de route Le Gouvernement israélien
vient d'adopter la feuille de route. Douze ministres l'ont approuvée
et sept s'y sont opposés. Quatre autres se sont abstenus. -------------------------------------------------------------------------------- Les
14 observations d'Israël Parmi ces 14 points : pas
de passage à une phase suivante tant que la précédente
n'est pas entièrement appliquée - l'État palestinien
provisoire n'aura pas autorité à signer des alliances
de défense ni de coopération militaire - pas de discussions
avant l'accord final sur les implantations de Judée, Samarie
et à Gaza – référence aux seules résolutions
242 et 338 - pas de droit au retour pour les Palestiniens - accord direct
entre les deux parties… Numéro 80 • vendredi le 23 mai 2003 33% DES FRANÇAIS
SOUHAITAIENT Une entrevue avec l’intellectuel André Glucksmann n’a
cure qu’on lui ait accolé l’épithète
de “pro-guerre”. Ce grand intellectuel français,
qui est considéré comme l’un des philosophes européens
les plus célèbres de l’époque, ne fait pas
dans la dentelle. Pendant que la crise irakienne battait son plein,
il n’a cessé de critiquer très sévèrement
les positions de la France dans ce conflit. La position défendue
résolument par André Glucksmann est des plus minoritaires
dans un pays où 33% de la population souhaitaient la victoire
de Saddam Hussein. Cet intelllectuel “anti-politically
correct”, très réfractaire au “pacifisme européen
sot et aveugle”, a publié dans l’influent quotidien
anglo-saxon The Wall Street Journal (édition du 28 avril) un
article vitriolique, intitulé East versus West, dans lequel il
a mis en charpie les positions défendues par la France pendant
la crise irakienne. Un texte cinglant qui a suscité l’ire
de la “France chiraquienne bien-pensante”... (Elias Levy est journaliste au Canadian Jewish News.) ________________________________________
Le 16 mai, à Casabalanca,
cinq bombes humaines se font exploser presque simultanément en
divers endroits de la ville et font de nombreux morts et davantage encore
de blessés. Entre le 16 et le 19 mai, en Israël, des bombes
humaines se font exploser dans diverses villes du pays, tuant et blessant
plusieurs personnes. Voici les mots utilisés dans La Presse pour
rendre compte de ces attentats. En ce qui concerne le Maroc: «Attentats
terroristes à Casablanca». En ce qui concerne le premier
des attentats en Israël: «Un kamikaze se fait exploser à
Hébron». Pas question de terrorisme dans ce dernier cas,
ni dans cet article ni dans les autres. Pourtant, dans les deux séries,
les événements sont de même nature. De même
nature par la façon d'opérer: des explosions d'être
humains. De même nature par le type d'endroits où ces explosions
ont lieu: des lieux publics (centre commerciaux, restaurants, transports
en commun) très fréquentés. De même nature
par les cibles visées (visées, pas seulement atteintes):
des civils, hommes, femmes et enfants. (Professeur Annette Paquot
est directrice du département de langues, linguistique Numéro 79 • vendredi le 16 mai 2003 Est-il
permis de défendre l'Etat juif ? La nomination d'Abou Mazen au poste de premier ministre de Yasser Arafat offre à la paix au Proche-Orient une chance nouvelle à saisir absolument. Elle éclaire autrement la réalité des courants qui traversent la vie politique palestinienne en apportant la démonstration que le regard de nombreux Palestiniens portent sur le terrorisme, entretenu depuis si longtemps par quelques leaders corrompus qui leur servent d'autorité, peut être au moins aussi lucide que celui des soutiens d'Israël les plus épris de paix et de réconciliation. Si la nomination du nouveau premier ministre a fait l'objet de tractations si difficiles avec Arafat, c'est bien que les obstacles à la paix ne sont pas exclusivement israéliens et qu'imputer les raisons du conflit qui ensanglante la région à la seule politique conduite par Sharon relève de la stigmatisation, de même qu'il relève de la manipulation de réduire tous ceux qui condamnent avec force le terrorisme palestinien au carré des soutiens inconditionnels de cette politique. Parmi les procureurs d'Israël, qui prétendent forger la pensée de la gauche et des socialistes français sur la question du Proche-Orient, Pascal Boniface offre, dans Est-il permis de critiquer Israël ? (1), la démonstration la plus parfaite des perversions intellectuelles et politiques auxquelles les postures les plus partiales et les moins nuancées conduisent à coup sûr. Comme socialiste français, comme parlementaire européen, comme juif attaché viscéralement à la pérennité d'Israël mais aussi à la reconnaissance d'un Etat palestinien, je ne peux que trouver haïssable un ouvrage qui entretient la haine en tentant de prouver que la violence serait systématiquement et presque par essence israélienne, alors que la souffrance ne serait que palestinienne, transformant par là même le terrorisme en avatar de cette souffrance, au point de le légitimer par un prétendu désespoir. Sur ces postures avantageuses, prises par ceux dont le silence des cabinets de travail ne sera jamais rompu par le choc des bombes qu'on accroche à la ceinture des jeunes Palestiniens fanatisés par l'éducation à la haine du juif, je veux dire simplement ma pensée et le sens du combat à mener. La question de savoir si l'on peut critiquer Israël n'a d'intérêt que pour autant qu'on commence par reconnaître qu'Israël est d'abord effectivement critiqué. A Paris, à Durban ou à Tel-Aviv. Car Israël est d'abord critiqué par lui-même, c'est d'une démocratie dont on parle, une démocratie dont les gouvernements sont démocratiquement élus au terme de débats qui ont la violence des confrontations les moins complaisantes, une démocratie dont certains leaders historiques ont payé de leur vie le choix qu'ils avaient su faire de la paix. Israël est aussi critiqué
dans le monde, et pour des raisons qui ne tiennent pas seulement à
sa politique, qui renvoient simplement à la légitimité
de son existence. Y en a-t-il d'autres dans ce cas ? Enfin, Israël
est critiqué par certains intellectuels et médias occidentaux,
qui, consciemment ou non, voient dans leur posture systématiquement
pro-arabe, le moyen de solder à bon compte les dettes de leur
passé colonial en réduisant la question du Proche-Orient
à l'occupation des territoires par Israël. Ceux-là
mêmes qui reprochent aux juifs de ne pas avoir su dépasser
la Shoah sont ceux qui témoignent d'une incapacité à
dépasser la relation qu'ils entretiennent à leur propre
histoire coloniale. Et lorsque Pascal Boniface, dans une note interne
aux dirigeants socialistes, préconise qu'on arbitre en faveur
du vote beur, au détriment du vote juif, pour des raisons qui
empruntent davantage à la prégnance de la démographie
qu'à celle de la morale, il apporte une Pour Pascal Boniface, comme pour d'autres dont il exprime la pensée dans l'outrance, la question n'est donc pas de savoir si l'on peut critiquer Israël, puisque tout dans les faits apporte témoignage qu'Israël est volontiers accusé, mais elle est de savoir si l'on peut critiquer davantage Israël, en faisant reposer sur lui tous les péchés qu'en langage populaire on lui prête aisément. Et si, dans la démonstration, l'idée de sa supériorité militaire, institutionnelle - et pourquoi pas démocratique -, pouvait le faire percevoir aux yeux du monde comme plus arrogant, alors sa défense face au terrorisme qui frappe aveuglément ses enfants pourrait aussi se révéler condamnable. C'est par cet enchaînement des choses que le terrorisme palestinien tend à devenir légitime. Dès lors, je comprends pourquoi la condamnation de l'incitation à la haine des juifs dans les manuels scolaires palestiniens, outils d'une pédagogie financée par l'Union européenne, justifie aux yeux de Pascal Boniface mon excommunication de la gauche et du Parti socialiste. C'est que ce combat contre la haine et pour la paix entre les Palestiniens - qui ont le droit de forger la conscience de leurs enfants autrement que dans l'apologie de la violence - et Israël interdit un procès instruit seulement à charge. Il ne faut pas unilatéraliser la critique afin de ne pas alimenter les haines unilatérales. De ce point de vue, c'est une
étrange perversion de l'esprit que de trouver hautement condamnable
la dénonciation d'un enseignement dispensé en forme d'incitation
à la haine, et d'ériger cette condamnation en faute morale
justifiant ainsi un procès en excommunication digne des méthodes
les plus pernicieuses des tribunaux les plus expéditifs, puis
d'inférer de cette position qu'elle constitue un soutien inconditionnel A ceux qui pensent comme Pascal Boniface, à ceux qui trouveront dans son ouvrage de quoi alimenter leur pensée, il faut rappeler que le courage de Rabin ou de Sadate ne tolérait aucune complaisance à l'égard du terrorisme de la désespérance, car la guerre se poursuit aussi longtemps qu'il est des intellectuels pour porter des haines légitimes. * Député au Parlement européen (PS). _____________________________ (1) Robert Laffont. Numéro 78 • vendredi le 9 mai 2003 Force
du faible, faiblesse du fort Israël a contre lui la force
de l'évidence. L'impressionnant étalage de sa force militaire
fait paraître indécente l'évocation d'une faiblesse
du fort de la même façon qu'une population démunie
et assiégée empêche de comprendre la force du faible.
C'est pourquoi le souci historien est aux sociétés ce
que l'analyse est au sujet, il permet de parler au lieu d'être
parlé et dupé par l'écume des choses. (Georges Bensoussan est professeur d'histoire, en détachement au Centre de documentation juive contemporaine. Le Centre d'Information et de Documentation sur la Démocratie au Moyen-Orient existe à Bruxelles depuis 25 ans.) Numéro 77 • vendredi le 2 mai, 2003 LA
LIBERTÉ DE LA PRESSE S’USE QUAND ON LA DESSERT La presse française étant libre et variée, on pourrait imaginer que les événements du Moyen-Orient y sont rapportés et analysés avec une grande diversité d’opinions. On pourrait… En effet, la loi du 29 juillet 1881 précise que « la presse est libre sauf à répondre des abus qui sont commis en son nom ». La société française étant elle-même pluraliste, la très grande majorité de sa presse d’information générale ne prétend pas à l’objectivité, mais affirme clairement son identité idéologique, dont l’acuité varie avec celle de l’engagement politique. Ainsi L’Humanité, quotidien du Parti Communiste français en est réduite à lancer des souscriptions pour ne pas disparaître, quand le parti qu’elle représente, a vu, en une trentaine d’années le nombre de ses électeurs divisé par six. Elle est là, la cohérence, plus que dans la ligne du parti ! De la même façon observe-t-on de moins en moins de différence entre des médias qui s’affirmaient de droite et d’autres qui se revendiquaient de gauche. Comme les Français, qui ont témoigné massivement, en mai 2002, de leur désintérêt pour la politique, la presse française a opté pour la tiédeur. En ce qui concerne la couverture du conflit au Moyen-Orient, à l’exception notable du Figaro, la totalité des médias français a adopté un point de vue non pas tiède mais très chaleureusement et inconditionnellement pro-palestinien. Au point qu’un quotidien aussi prestigieux que Le Monde fait l’impasse pendant plusieurs mois (de juillet à novembre 2002) sur la publication du Rapport d’Amnesty International qui qualifie les attentats terroristes palestiniens de « crimes contre l’humanité », alors que le même quotidien consacrait à la même époque (août 2002), pendant plusieurs jours d’affilée, différents articles, éditoriaux et analyses à un site Internet juif raciste absolument confidentiel. On peut imaginer que Le Monde applique une ligne éditoriale en phase avec ses options philosophiques, lesquelles pourraient être ainsi décrites : un journal de gauche ne peut que soutenir le faible contre le fort, l’individu contre l’état, le pauvre contre le riche, le Sud contre le Nord. L’Islam symbolisant désormais ce que représentait le prolétariat avant la chute du mur de Berlin, il est logique de le choisir contre le monde judéo-chrétien, auquel est attachée la double culpabilité du capitalisme et du colonialisme. Le Palestinien étant le pauvre de l’Islam, il est une victime au carré et donc celui que, par définition, tout « honnête homme » et a fortiori tout journal de gauche se doit de défendre envers et contre tout. Si ce raisonnement est applicable à la presse de gauche, il n’est pas valable pour les journaux d’un autre bord ni pour les médias audiovisuels dont le fonds de commerce n’est pas l’opinion mais l’information. Pourquoi, alors, une telle unanimité ? L’Agence France
presse L’AFP, Agence France Presse, représente une intéressante exception française par rapport à ses homologues d’autres nationalités. Contrairement à feue l’agence Tass, service de propagande de l’Union Soviétique baptisé « agence de presse », l’AFP n’appartient pas au gouvernement français. Cela a été le cas, mais depuis 1991, il n’est plus actionnaire qu’à 50%. En revanche, les abonnements des différentes administrations françaises représentent 45% du chiffre d’affaires de l’agence. Comment, dans ces conditions, l’AFP peut-elle respecter une charte qui stipule qu’elle doit fournir une information respectant des obligations « d'exactitude, d'équilibre et d'objectivité » ? Une objectivité d’autant plus acrobatique dans le cas du Moyen-Orient que l’AFP s’enorgueillit d’être la première agence de presse en langue arabe (son service en Arabe a été inauguré le 1er janvier 1969) alors qu’elle n’a qu’un seul client en Israël : le ministère des Affaires Etrangères. Cela nuit-il à son impartialité ? On peut l’imaginer. Clément Weill-Raynal, Président de l'Association des "journalistes juifs de la presse française", s’est livré à une étude sémantique des dépêches de l’AFP traitant du conflit au Moyen-Orient. Il constate que sur une centaine de dépêches, les seules fois où le terme « extrémiste » est employé, c’est à propos de juifs, d’israéliens et le plus souvent de « colons ». Ainsi « Des extrémistes juifs manifestent devant l’esplanade des Mosquées » (AFP 10/04/2001, 19h33), « Des centaines de jeunes juifs extrémistes crient ‘’mort aux Arabes’’ (…) en face de la discothèque de Tel Aviv où un attentat a fait 19 morts dans la nuit, dont le kamikaze porteur de la bombe » (AFP 02/06/2001, 20h46). On remarque ainsi que les manifestants qui réagissent à la mort de 19 civils sont des extrémistes, alors que l’auteur de l’attentat terroriste est un « kamikaze ». On remarquera surtout que la première information, celle qui compte donc le plus dans la hiérarchie de l’émetteur, est la réaction, l’effet, et que la cause de la réaction, elle, n’arrive que dans un deuxième temps. Il ne s’agit pas là de subtilités mais d’un véritable cryptage de l’information : les dépêches d’agence sont toutes formatées de la même manière ; elles répondent à une série de questions : « quoi », et s’il y a plusieurs réponses, elles sont hiérarchisées de la plus importante à la plus bénigne, « quand », « où », « comment » et éventuellement « pourquoi ». Si l’on fait abstraction
des a priori idéologiques qui fondent la hiérarchisation
de cette dépêche précise, on ne peut que constater
qu’un attentat ayant fait 18 victimes doit être, pour une
agence de presse, plus important que la manifestation de centaines de
jeunes, quel que soit le slogan qu’ils crient. Or ce qui est présenté
est l’inverse. Imaginons, justement, l’inverse, mais dans
le choix des protagonistes. A-t-on déjà vu l’AFP
titrer On notera enfin, que même si au « où ? » répond « en face d’une discothèque », il n’est nulle part précisé que les victimes sont des civils, adolescents de surcroît. Ce n’est pas faire un procès d’intention que de constater que l’AFP nous donne en revanche l’âge de toutes les victimes palestiniennes et formule souvent leur description de manière à ce qu’on les imagine civils, même quand il s’agit d’hommes en armes. Toujours dans le domaine des choix sémantiques, on peut lire « Un militant du groupe radical Djihad Islamique a été tué par les Israéliens » (AFP 23/07/2001, 20h56) ou « Le chef spirituel de la Résistance Islamique (Hamas) appelle les Arabes à fournir des armes» (AFP 05/04/2001, 18h06). Mais en revanche, « La police israélienne a arrêté trois extrémistes juifs qui tentaient de s’infiltrer sur l’esplanade des mosquées ». Allaient-ils commettre un attentat ? Non : suite de la même dépêche : « Ces extrémistes y revendiquaient le droit d’y prier » (AFP 21/05/2001, 14h50)… Une comparaison a été faite, le 11 juin 2002, des dépêches de trois agences de presse, l’AFP, Associated Press (américaine) et Reuters (anglaise) sur le Moyen-Orient. La conclusion est que « l’AFP use volontiers d’un ton pessimiste et pratique le dénigrement systématique des efforts entrepris par Israël en faveur de la paix », alors que « Associated Press met plus volontiers l’accent sur l’intransigeance des candidats au suicide palestiniens et sur les victimes israéliennes », ce dernier aspect étant également souligné par Reuters, qui « met en exergue les exécutions sommaires des Palestiniens soupçonnés de 'collaboration' par les leurs ». Pendant ce temps, l’AFP ne parle que de l’encerclement d’Arafat par Israël (sans jamais en mentionner les raisons) et ne cite les victimes israéliennes qu’au regard d’autres victimes, palestiniennes, et en reprenant la terminologie palestinienne : «Attaque contre une colonie juive de Cisjordanie: quatre morts, trois blessés » (AP) samedi 8 juin 2002, 13h01. « Attaque d'une colonie
en Cisjordanie, trois Israéliens tués » (Reuters,
08/06/2002, 12h42). Si l’AFP nourrit chroniquement la presse française avec des opinions plutôt que des faits et des interprétations manichéennes d’un conflit qu’elle ne replace jamais dans son contexte, il faut probablement y voir l’écho de la politique française. Celle-ci, de droite ou de gauche, a toujours eu, selon le mot d’Alain Finkielkraut, « une forte tendance à se réclamer de la justice pour mieux s'incliner devant la force » La meilleure preuve en est que, malgré les nombreuses déclarations des porte paroles palestiniens (publiées dans la presse arabe et diffusées sur la chaîne Palestinienne) concernant la planification de la deuxième Intifada par Arafat dès juillet 2000 il n’y pratiquement plus que deux organismes au monde qui continuent de marteler que la visite d’Ariel Sharon au Mont du Temple a déclenché cette « manifestation populaire spontanée». Ce sont l’AFP et le Quai d’Orsay. De Jéningrad à
Jenisoara La presse française n’est pas la seule à avoir une attitude non seulement partiale, mais anti-professionnelle à ce sujet, et l’explication avancée par Pilar Rahola sur la presse espagnole peut être transposée à la France sans changer une virgule : « Aujourd'hui il faut se faire justicier, de gauche et si nécessaire antisémite pour être crédible. (La presse en est) arrivée au point ou, par exemple, Sharon est toujours coupable d'être coupable alors qu'Arafat est un personnage probe, innocent, un vieux résistant infatigable, une figure héroïque, une sorte de Gandhi, (…) bien qu'il s'agisse en réalité du chef d'une oligarchie qui a plein de sang sur les mains. Les comptes-rendus du Proche-Orient s'accompagnent toujours de professions de foi qui amplifient la culpabilité des juifs et des Israéliens et qui occultent totalement la culpabilité des Palestiniens. Israël n'est pas un pays qui essaye tant bien que mal de survivre depuis 50 ans, mais un pays réduit à une seule image : un pays qui occupe les Territoires et dont la vocation est de rendre misérable la vie des pauvres Palestiniens. » Il est incontestable que la presse hexagonale a avalé les énormités qu’on lui a présentées avec un total manque de discernement, voire avec gourmandise, au point de remiser toute forme d’esprit critique ou même de bon sens élémentaire. Qui, en effet, peut croire à l’existence de 5000 victimes tombées après des combats sanglants dans les ruelles d’un quartier dont la surface au sol est sensiblement égale à celle de la Place de la Concorde à Paris ? Il faut, pour adhérer à la théorie du massacre, refuser d’ouvrir les yeux sur un élément aussi basique que la géométrie ou l’arithmétique : dans un carré de 100 mètres de côté occupé par un dédale de bâtiments, combien doit-on faire entrer de civils palestiniens pour arriver à dénombrer 5000 cadavres au bout de dix jours ? Mathématiquement, cela fait deux cadavres au mètre carré. Est-ce vraisemblable ? Ou alors, il faut refuser d’admettre que toute l’action se passait dans ce quartier dont les photos aériennes (disponibles sur Internet) attestaient pourtant qu’il était le seul théâtre des opérations. Pourquoi les médias occidentaux et français en particulier n’ont-ils jamais remis en cause leurs certitudes après avoir, eux-mêmes, diffusé les images de ce cadavre palestinien accompagné au cimetière par des pleureuses, qui tombait de sa civière, y remontait par ses propres moyens, retombait et s’enfuyait à toutes jambes ? Le mea culpa qui avait suivi Timisoara a-t-il suffi une fois pour toutes aux médias pour qu’ils ne se sentent plus obligés de vérifier leurs sources, de faire état des fraudes quand ils en sont témoins, ou de présenter des excuses quand ils en ont été victimes ? Le Nouvel Observateur qui s’était déjà, quelques semaines plus tôt, illustré en « oubliant les guillemets » d’un racontar présenté comme un fait avéré (le prétendu viol systématique des femmes palestiniennes par les soldats israéliens), est exemplaire de cette attitude en général et de l’hystérie qui a sévi pendant les combats de Jénine. Après que le camp de Jénine ait été évacué, mais avant que les Palestiniens ne ramènent le chiffre de leurs victimes de 3000 à 500, puis à 52, le Nouvel Observateur du 3 mai 2002 sous le titre : « les survivants racontent », ouvrait ses colonnes au récit verbatim des habitants. S’il pouvait ressortir une incertitude sur la fiabilité du contenu de l’article, elle ne s’appliquait pas au témoignage des « victimes ». En effet, après avoir mentionné que « le gouvernement israélien affirme qu’il n’y a eu ni exécutions sommaires ni utilisation de boucliers humains », formulation qui met en garde le lecteur contre l’éventuelle tentation d’être dupe d’un mensonge aussi grossier, le magazine précisait que « plusieurs organisations humanitaires et les témoins que nous avons interrogés disent le contraire ». Parmi les exactions imputées aux Israéliens, la mort des neuf enfants d’Abou Ali qui déclarait : "Ça sent la mort ici ; je suis sûr que tous mes enfants sont enterrés sous les décombres. Revenez dans une semaine, et vous verrez les cadavres". Trois semaines plus tard, le rédacteur en chef du journal israélien Haaretz, Hanoch Marmari, lors d’une conférence à Bruges, en Belgique, racontait s’être renseigné sur les enfants d’Abou Ali, qui étaient, tous les neuf, en parfaite santé. Lorsqu’il en a informé le Nouvel Observateur, Marmari s’est vu répondre que l’affaire était classée : la rédaction ne trouvait plus le sujet suffisamment intéressant pour en tirer même une brève. Mohammed Al-Dura : symbole du néo-négationnisme Mohamed Al-Dura, un enfant palestinien de 12 ans, est mort en direct, le 29 septembre 2000, « sous les balles de l’armée israélienne », selon l’accusation gratuite portée par un journaliste de France 2, Charles Enderlin, qui n’avait pas assisté à la scène, mais qui se référait à 50 secondes des 27 minutes d’images tournées par son caméraman palestinien, Talal Abou Rahma, et au commentaire de celui-ci. L’enfant est ainsi devenu le symbole de l'Intifada, le martyr palestinien majuscule, dont le sang doit être vengé par les musulmans et la mémoire sanctifiée par tout l’Occident. Parallèlement, Tsahal a vu se fortifier, par la grâce de ces images, sa réputation d’un ramassis de nazis sanguinaires prenant plaisir à assassiner des enfants de sang-froid. Cet épisode de l’Intifada ne peut pas être étranger à la transformation de la conférence de l'ONU, à Durban, en croisade antisémite, ni à la multiplication par cent des attentats antisémites en France dans les mois qui ont suivi. Pourquoi, un jour de grève générale, alors que Gaza était sous le coup d’une « opération ville morte », le père de Mohammed a-t-il décidé d’aller acheter une voiture avec son fils ? Pourquoi y avait-il, au carrefour de Netzarim, ce jour-là, un caméraman palestinien qui attendait, l’objectif braqué pendant 45 minutes sur l’enfant et son père ? Pourquoi, alors que des dizaines de civils (palestiniens) se trouvaient à ce carrefour, les Palestiniens ont-ils soudain décidé d’attaquer une position israélienne ? Pourquoi, alors que ces civils couraient en tous sens, le père et le fils sont-ils restés immobiles pendant 45 minutes ? Comment, compte tenu des emplacements respectifs de l’enfant et de son père d’une part, des snipers palestiniens et de la position israélienne qu’ils attaquaient d’autre part, a-t-on pu conclure que l’enfant avait été tué par des balles israéliennes, sans expertise balistique ni autopsie de la victime ? Comment se fait-il que l’agence Reuters ait reçu le reportage de l’enterrement de Mohammed Al-Dura une première fois la veille de sa mort et une seconde fois une heure avant celle-ci ?
Une enquête diligentée par l’armée israélienne, menée par une commission indépendante et dirigée par un physicien civil, spécialiste en balistique, conclut que nulle balle israélienne ne pouvait atteindre l’enfant à l’endroit où il se trouvait avec son père. On sait aujourd’hui qu’il ne s’est rien passé ce jour-là, sinon le tournage de saynettes de propagande destinées aux médias occidentaux. Pourtant la chaîne française qui est à l’origine de la pseudo-culpabilité israélienne s’obstine à ne même pas vouloir visionner le documentaire dont les conclusions s’opposent à celles de son journaliste, comme elle avait refusé de diffuser le film allemand. Il a fallu une manifestation sous ses fenêtres, le 2 octobre 2002, pour que s’exprime Olivier Mazerolle, son directeur de l'information : « Si j'avais trouvé dans le film d'Esther Shapira un élément concret de nature à apporter une autre lecture de l'affaire Al-Dura, je l'aurais évidemment passé », déclarait-il lors d’une interview donnée au site Internet www.proche-orient.info. Quant au contenu du film tourné par la MENA, il ne pourra pas influencer M. Mazerolle dans un sens ou dans l’autre tant qu’il n’aura pas accepté de le voir… Le point de vue d’un intellectuel palestinien jette, justement, sur cette polémique, un éclairage très différent de ce que croient y apporter les médias français avec leur a-priori inconditionnellement pro-palestinien et leur soutien non moins inconditionnel à leur confrère Charles Enderlin devenu un héros : Sami el-Soudi s’élève avec véhémence contre les « faux amis des Palestiniens vivant dans les démocraties libérales. » Il considère que les médias européens en général et français en particulier encouragent « les pitreries propagandistes orchestrées, régies, par les leaders corrompus qui nous gouvernent et qui nous enfoncent dans une impasse stratégique, chaque jour un peu plus avant. » El-Soudi estime que cette bienveillance systématique relève d’un racisme à l’envers qui se traduit par une moindre exigence vis-à-vis des Palestiniens que des autres peuples « Mettez-vous donc à ma place, ou à celle de dizaines d’autres intellectuels palestiniens, que votre promptitude à avaler les manœuvres infantiles de M. Arafat et de son entourage plonge chaque fois dans l’embarras et dans le ridicule. », demande-t-il aux thuriféraires de l’Autorité Palestinienne qui sont légion dans les rédactions françaises. Et de donner comme exemple la honte qui l’a saisi, lorsqu’ont été diffusées « les images, reprises par toutes les télévisions du monde, qui montraient le mort de Jénine remontant sur sa litière par ses propres moyens ! » Pourquoi la presse occidentale est-elle plus royaliste que le roi ? L’affaire Daniel
Mermet : « là-bas si j’y suis » ou «
ils sont partout » ? Après plusieurs « reportages » consacrés à la vision de M. Mermet des « exactions israéliennes » dans les Territoires (« témoignages » de présumées victimes, commentaires négatifs d’Israéliens d’extrême gauche), Daniel Mermet a choisi, parmi les nombreux messages laissés sur le répondeur de « Là-bas si j’y suis », de diffuser des propos particulièrement orduriers à l’encontre du peuple juif, ce qui lui a valu d’être accusé de « propos antisémites et d’incitation à la haine » par plusieurs organisations de défense des droits de l’homme (LICRA, Avocats sans frontières…). Le répondeur de « Là-bas si j’y suis » reçoit certainement de nombreux messages chaque jour et la présentation qui avait été faite du nazi israélien sans scrupule écrasant sous la botte les attachantes colombes palestiniennes a permis aux antisémites d’extrême droite de se déculpabiliser : le négationnisme ne consiste pas seulement à prétendre que la Shoah n’a pas existé, mais aussi à la banaliser en cherchant à démontrer que les victimes d’hier font la même chose ou pire à d’autres victimes aujourd’hui. À la suite du procès dont il est sorti acquitté (12 juillet 2002), Daniel Mermet n’en a pas moins continué à bénéficier d’une large compassion confraternelle dans l’ensemble des médias français. Notamment parce que, feint-il de regretter, les juifs ont fini par obtenir l’inverse de ce qu’ils cherchaient : «et c'est le pire », explique-t-il à Libération du13 septembre 2002, « au bistrot du coin, on vient me dire : 'vous avez raison, les juifs, on en a marre’. » Il est intéressant de noter que c’est précisément la diffusion de cette phrase qui lui avait valu le procès… La cause est devenue l’effet : quelle magie, la radio ! Quant à la remarque, elle lui a peut-être été faite au bistrot, mais elle ressortait aussi clairement d’une lettre de félicitation reçue d’un nostalgique de Vichy, ce que Mermet s’est bien gardé de mentionner : « Sous le Gouvernement du Maréchal Pétain, mon père a fait son devoir dans la Division Charlemagne, dans l’espoir de purger la France de la racaille qui l’avait envahie. Ma mère (qui était
alors sa fiancée) peut s’enorgueillir d’avoir débarrassé
Paris de plusieurs familles de ces parasites en signalant leur présence
illégale aux Autorités. Vous avez démontré que les youpins font aux palestiniens le génocide qu’ils prétendent avoir subi des Allemands. Tout le monde vous a entendu et tout le monde vous donne raison. Car c’est Vrai ! Vous avez d’autant plus de mérite que vous avez contre vous une forte partie : ils possédaient l’argent, les banques, l’influence. Ils ont compris que cela ne suffisait pas et ils tiennent aujourd’hui les médias. Mais vous avez su contrecarrer leur puissance en utilisant une méthode que nous avions mise au point : faire dire les vérités les plus embarrassantes contre les youtres par l’un d’entre eux. » Cette convergence d’antisémitisme entre l’extrême droite et l’extrême gauche ne se rencontre que sur le conflit israélo-palestinien et sur un sujet connexe : l’opposition à la guerre contre l’Irak. Notons que dans les manifestations européennes « pacifistes » qui ont eu lieu depuis septembre 2002 en France et en Angleterre, les banderoles exigeant « la liberté pour la Palestine » étaient plus nombreuses que celles réclamant la paix. Notons que plus la guerre approchait, plus les manifestants « pacifistes » devenaient violents, au point, le 22 mars 2003, d’agresser deux adolescents juifs aux cris de « il y a des juifs là-bas », « Allah hou akbar » et autres déclarations guerrières : « Nous, les musulmans, nous pouvons marcher la tête haute, mais eux [les juifs] doivent se cacher. Le Coran dit qu’on peut faire subir ce qu’on a subi… » Cette unanimité des mots d’ordre et la violence qui en découle ne sont pas fortuites. Ce sont les mêmes à Londres et à Paris et il est pour le moins étrange de voir pacifistes de gauche, anti-mondialistes et autres verts au coude à coude avec extrémistes religieux islamistes et partisans du front National réclamer « la paix pour l’Irak et la liberté pour la Palestine », reproduisant une contradiction interne dans laquelle les médias français sont également empêtrés. La presse française, souvent de gauche, ferme les yeux sur des dictatures pratiquant l’esclavage et la ségrégation envers les femmes, défend des pays où les dirigeants, quand ils sont élus, recueillent 100% des suffrages, rend compte d’un sommet de la francophonie sans mentionner qu’il se déroule dans un pays où l’anti-occidentalisme est officiel, et où un journaliste juif est confiné dans sa chambre d’hôtel… pendant que la moitié des discours officiels se tiennent en Arabe. Mais elle ne manque pas une occasion de vilipender la seule démocratie de tout le Moyen Orient. La seule, il est vrai, où les journalistes sont libres de circuler, la seule qui possède une presse elle-même libre et critique, la seule où les informations sont disponibles même quand elles sont défavorables au gouvernement, la seule qui ne punit ni ne menace les journalistes étrangers. Il était une fois une presse libre, qui n’avait à répondre que des abus commis en son nom, et qui s’était usée à force d’avoir servi, au sens où l’on « sert la voix de son maître »…
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