Communiqué Isranet
décembre
2003
Un service de l’I.C.R.J.
l ’Institut canadien de recherches sur le Judaïsme
Prof. Frederick Krantz,
Directeur
Numéro 112 •
mercredi le 31 decembre 2003
Les Débordements du Fondamentalisme
Islamique
David Bensoussan
Les dures réalités
de l'extrémisme islamique dont l'on commence à prendre
conscience depuis l'attentat du 11 septembre contre les tours du World
Trade Center nous forcent à contempler les rapports entre la
chrétienté et l'islam sous un angle plus global. Il convient
également de cerner les foyers de tension entre populations musulmanes
et chrétiennes et de repérer ceux dans lesquels le militantisme
islamiste extrémiste constitue un facteur de déstabilisation.
Qui a dit que les guerres
de religion étaient terminées ?
Il aura peut-être fallu que les fanatiques islamistes
exportent leur action contre l'Amérique pour que l'on réalise
qu'il existe un problème dont l'ampleur est inquiétante.
Il va sans dire que les islamistes militants ont, chacun dans leur pays,
des raisons différentes de se lancer dans le terrorisme. C'est
la raison pour laquelle on pourrait avancer que les insatisfaits de
tout bord se sentent libres de reprendre à leur compte avec grande
facilité la lecture des textes islamiques selon une vision totalitaire
afin de justifier leur action. La chrétienté a eu son
mouvement de réforme protestant qui a relativisé certains
des dogmes de l'église. Le judaïsme a eu également
un mouvement de réforme qui a conservé essentiellement
le message humanitaire de la Bible. Ces mouvements ont appris à
coexister ensemble et non sans peine. Dans l'islam, un seul mouvement
de réforme profonde a pris place en Turquie, mais il n'a pas
fait tâche d'huile. Bien qu'il existe des courants dans l'islam,
tout comme la division entre sunnites et chiites qui remonte aux discordes
historiques relatives à la succession du Prophète, il
n'y a pas dans les temps présents de pensée critique qui
ne soit automatiquement traitée d'hérésie.
Le silence des élites
intellectuelles, politiques, et économiques quant à la
dérive actuelle de l'Islam a de quoi inquiéter. Dans de
nombreuses dictatures et démocraties contrôlées
des pays islamiques, la majorité modérée du monde
islamique ne s'exprime pas ouvertement ou a peine à s'opposer
au discours des extrémistes qui prétendent s'exprimer
au nom de la foi absolue. Mais il n'en demeure pas moins que dans de
nombreux pays islamiques, il existe une répression féroce
des polices et services secrets contre les militants islamiques extrémistes
et cet état de choses accentue encore plus l'absence de dialogue
et le manque de confiance entre modérés et extrémistes.
Le militantisme islamique est loin d'être éteint et il
semble qu'il soit encore difficile pour beaucoup de populations musulmanes
de séparer politique et religion. D'où la facilité
relative de la manipulation et de la dérive des animosités
envers des facteurs périphériques à l'islam. La
différence entre musulmans de Dar el islam et les non musulmans
de Dar el harb est parfois sous-jacente et parfois cause de sérieux
conflits dont il est crucial d'en connaître les tenants et les
aboutissants. Dans bien des cas, il semble que la cohabitation des religions
soit à réinventer.
Une rivalité séculaire
La rivalité entre l'islam et la chrétienté n'est
pas nouvelle. St-Paul propagea le message d'amour du christianisme et
cette religion finit par devenir religion d'état dans l'Empire
romain. Depuis, politique et religion n'ont fait qu'un dans le monde
chrétien pendant plusieurs siècles. Quant à l'islam,
il s'est imposé d'emblée par la force, mettant fin au
règne des Byzantins au Moyen Orient et à une Afrique du
Nord partiellement christianisée. Les peuples conquis avaient
alors le choix entre l'épée ou la conversion. Durant plusieurs
siècles, chrétienté et islam s'affrontèrent
sur plusieurs fronts. L'Espagne fut l'un d'entre eux: Après sept
siècles d'occupation musulmane, elle tomba aux mains des chrétiens
en 1492 et ces derniers finirent par en chasser les Maures. Les Croisades
durèrent près de deux siècles, soit de 1095 à
1291 et les Croisés durent se replier de la Terre Sainte après
les victoires de Saladin. Pour sa part, l'Empire Ottoman se lança
à l'assaut de l'Europe sud-orientale: En 1453, Constantinople
tomba aux mains des Ottomans et Vienne fut assiégée par
eux en 1529. Toutefois, après un dernier assaut Ottoman contre
Vienne en 1683, l'Empire ottoman commença par céder du
terrain. Les Russes avancèrent alors et finirent par atteindre
la Mer Noire et le Caucase.
La Renaissance allait lancer
l'Europe sur la voie du progrès culturel et technologique. La
majorité des pays arabes passèrent sous contrôle
ottoman et, pour la plupart, sombrèrent dans une longue léthargie.
Le contact avec l'Occident fut souvent marqué par d'âpres
négociations de rançons de captifs chrétiens avec
les pirates de la Méditerranée. Au XIXe siècle,
avec l'avènement des forces coloniales françaises, britanniques
et italiennes, les pays arabes se virent confrontés à
la supériorité technologique de l'Occident. Le ressentiment
contre l'occupation coloniale, l'envie de rattraper l'Occident et la
confrontation à la réalité du modèle occidental
de séparation de l'église et de l'état, et à
celle des valeurs laïques par rapport aux valeurs religieuses allaient
engendrer tout un bouleversement dans ces pays dans lesquels la foi
se veut absolutiste. La décolonisation fut l'occasion de se confronter
à la vie moderne et cette transition ne se fit pas sans heurts.
Les foyers de guerre à
la périphérie de l'islam
Cette analyse ne serait pas complète si l'on ne tenait
pas compte des différents foyers de guerre à la périphérie
de l'islam de par le monde de nos jours, mettant en cause musulmans
et non musulmans. Les luttes d'influence dans le monde musulman sont
la source d'interventions de régimes puissants: la Turquie laïcisée,
l'Arabie saoudite qui finance l'érection de milliers de mosquées
de par le monde, le Pakistan qui veut avoir son mot à dire en
Afghanistan et ailleurs, l'Iran qui veut exporter sa révolution
islamique et l'Indonésie qui constitue le plus important des
pays musulmans. Dans plus d'un cas, des conflits sont alimentés
par trois facteurs majeurs: l'argent d'Arabie saoudite, les armes et
les conseillers de l'Iran de même que les anciens combattants
de l'Afghanistan.
En Asie:
La guerre des Moujahiddine afghans contre l'occupation russe
de l'Afghanistan se solda par une victoire sans précédent
contre une superpuissance. Cette victoire fut obtenue grâce à
la ferveur des islamistes, les fonds saoudiens et la technologie américaine.
Les États Unis étaient alors fort heureux de bloquer l'Union
soviétique qui était le rival à contrer à
tout prix pendant la guerre froide. L'Afghanistan fut par la suite abandonné
à son sort. Livrés à eux-mêmes, les combattants
afghans endurcis allaient se retrouver dans différents points
chauds de la planète.
Dans les anciennes républiques
communistes soviétiques d'Asie Centrale, la compétition
d'influence est féroce entre la Turquie dont l'affinité
avec les populations est grande, l'Arabie Saoudite et l'Iran dont le
régime soutient l'islamisme chiite différent de l'islamisme
saoudien wahhabite. Les islamistes du Tadjikistan se sont livrés
à une guerre sanguinaire contre les partisans de Moscou.
Au Proche-Orient, le conflit
israélo-arabe a donné lieu à quatre guerres majeures.
La guerre civile au Liban a opposé musulmans et chrétiens.
Durant les cinq dernières décennies, l'Inde et le Cachemire
se sont livrés à trois guerres. Au Bengladesh, les Bouddhistes
se plaignent de discrimination de la part de la majorité musulmane.
Il y eut de nombreuses émeutes
de musulmans contre les Chinois dans la Malaisie et l'Indonésie
à majorité musulmane, ce qui n'a pas été
le cas en Thaïlande (pays à majorité bouddhiste)
et aux Philippines (pays à majorité catholique) où
les Chinois sont nombreux . Des groupes musulmans du Sud de la Thaïlande
sont en révolte contre le gouvernement bouddhiste. Aux Philippines,
ce sont les Moros musulmans qui luttent contre les Philippins catholiques
dans ce pays. En Indonésie même, les Timoriens catholiques
luttent contre le gouvernement musulman.
En Europe:
La Bosnie mit les musulmans contre les catholiques croates
et les serbes orthodoxes. Les Croates étaient soutenus par l'Allemagne
et les Serbes par la Russie. La couverture aérienne américaine
permit de mettre fin aux atrocités qui s'y déroulaient
et ce fut également l'occasion de faire appel aux ressources
financières des saoudiens, aux conseillers iraniens et à
d'autres groupuscules tels les Hezbollah.
Les musulmans de la Tchétchènie
se révoltèrent contre la Russie en 1995 et furent écrasés
dans un grand bain de sang. Dans le Caucase, Arméniens chrétiens
et Azéris musulmans se sont livrés à des guerres
jusqu'à épuisement.
En Afrique:
En Éthiopie, les Oromos musulmans sont en guerre contre
les Amharis chrétiens et l'Éthiopie à majorité
chrétienne est engagée dans une longue guerre contre l'Érythrée
à majorité musulmane. Le gouvernement soudanais se livre
à une guerre de génocide dans le Sud du Soudan chrétien
et animiste. Au Nigeria, les tribus Fulani-Haussas musulmanes qui sont
majoritaires dans le pays, sont en conflit avec les tribus chrétiennes
du Sud. Par ailleurs, la tension est grande entre l'île de Zanzibar
à majorité musulmane et la population de Tanzanie du continent.
Ce tableau serait incomplet si
l'on ne précisait pas l'énorme ampleur des pertes en vies
humaines dans ces guerres de religion depuis les deux dernières
décennies : 50 000 à 200 000 en Bosnie, 50 000 en Croatie,
30 à 50 000 en Tchétchènie, 100 000 au Tadjikistan,
20 000 au Cachemire, 200 000 au Timor oriental, 100 000 au Liban et
un demi million à 2 millions au Soudan.
Parmi les nombreux conflits inter
musulmans des dernières décennies, la guerre irako-iranienne
a fait près d'un million de morts. Le massacre des Kurdes d’Irak
sous la présidence de Saddam Hussein fit près de 100 000
victimes kurdes. L'invasion du Koweït par l'Irak se solda par 50
000 morts. Les troupes jordaniennes tuèrent près de 20
000 Palestiniens quand l'OLP voulut y faire la loi. La répression
du gouvernement syrien contre ses propres citoyens extrémistes
à Hama a fait 25 000 morts. En Algérie, la guerre civile
a fait plus de 150 000 morts et l'opposition du front islamique a recruté
un nombre important d'anciens combattants de l'Afghanistan. Cette liste
est loin d'être exhaustive…
Les alliés des
Occidentaux
Les relations entre l'Occident et l'islam ne sont pas systématiquement
antagonistes. Il existe de nombreux pays modérés qui entretiennent
d'excellents contacts avec l'Occident. Mais il reste que des problèmes
de surpopulation, d'absence de démocratie et le manque d'infrastructures
pour donner espoir aux générations manquantes font qu'il
se trouve beaucoup de frustrés qui ne voient aucun espoir d'avenir
et qui versent dans l'extrémisme.
Il arrive même que des pays
arabes se rallient à l'Occident. Ainsi, la guerre du Golfe rassembla
une coalition qui incluait des pays arabes : Il faut préciser
cependant que, en échange à leur ralliement à la
coalition anti-irakienne, la dette extérieure de l'Égypte
fut effacée et la Syrie se vit en mesure de continuer à
contrôler le Liban. Quand Saddam Hussein fut acculé au
pied du mur, il chercha à faire diversion en tentant de rallier
d'autres à sa cause. Il lança des missiles contre Tel
Aviv et de plus, alla jusqu'à identifier son régime jusque
là fort séculier à la cause de l'islam. Mais il
ne fut pas suivi. Après l'attentat contre le World Trade Center,
une nouvelle coalition se forma. Le Pakistan jusque là protecteur
des Talibans se rallia à l'Occident et les sanctions économiques
qui avaient été imposées par les États Unis
en raison du développement d'armes atomiques par ce pays furent
levées. En outre, force est de constater que lorsque les dirigeants
des pays arabes ont condamné les agissements de Bin Laden qui
ne s'est pas gêné pour déclarer ouvertement la guerre
sainte contre les chrétiens, ils l'ont fait du bout des lèvres
seulement.
Les minorités juives
et chrétiennes
Il faut mentionner que les problèmes existant à la périphérie
de l'islam ne signifient pas qu'il n'en est point au sein même
des pays pratiquant l'islam. Ainsi, dans beaucoup de pays arabes, bien
des minorités religieuses ont disparu: Les Juifs qui durant plusieurs
siècles durent vivre dans un état d'insécurité
quasi-permanent et qui devaient se soumettre au statut humiliant de
dhimmis quittèrent les pays arabes lorsque les puissances coloniales
qui avaient aboli dans les faits ce statut réservé aux
non-musulmans se retirèrent de ces mêmes pays. Suite à
la guerre civile au Liban, des centaines de milliers de chrétiens
libanais se sont exilés. Par ailleurs, des incidents sporadiques
viennent montrer que le sort des chrétiens coptes en Égypte
n'est pas des plus enviables.
Une cohabitation à
redéfinir
La présence de nombreuses minorités musulmanes
en Occident force ces dernières à se confronter à
la modernité. Le choc des cultures est parfois tel que l’on
assiste à des replis sur une certaine orthodoxie religieuse,
voire même au retour à un certain discours politique d’intolérance,
celui qui a souvent été un facteur non négligeable
dans la décision d’émigrer de son pays d’origine.
La liberté peut donner le vertige. Partagés entre un manque
de désir d’intégration réel de leurs minorités
musulmanes et la tentation de récupérer politiquement
le vote musulman, les pays d’Europe tiennent souvent un langage
qui, à prime abord, se veut complaisant envers ledit discours
d’intolérance mais qui en fait résulte ultimement
en un rejet des valeurs libérales, voire même à
la remise en question de la fondation même des démocraties
occidentales. Trop souvent, les modérés de l’islam
se retrouvent pris en étau entre les extrémistes musulmans
et la complaisance du discours occidental envers ces derniers. C’est
aux musulmans qu’il revient de redéfinir leur propre auto-émancipation
dans un monde en mutation, à l’abri des slogans simplistes
ou des manipulations politiques et de se faire une place dans la société.
Le succès de leur intégration pourrait déminer
le message des intégristes islamistes.
L’auteur est vice-président
de la Communauté sépharade du Québec.
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Numéro
111 M• mercredi le 24 decembre 2003
Discours
du Premier Ministre Ariel Sharon
upjf.org, 18 décembre, 2003
…Tous nous avons tous la tâche de modeler le visage de l'Etat
juif et démocratique d'Israël--un Etat dans lequel le fardeau
est réparti de manière égale, et où les
droits et les devoirs sont partagés par toutes les couches de
la population, au moyen des différentes formes de service national.
Un Etat doté d'un système d'éducation excellent
et efficace, qui forme une jeune génération imprégnée
des valeurs et de la fierté nationales, capable d'affronter les
défis du monde moderne. Un pays dont l'économie est adaptée
au marché global moderne du XXIe siècle, où le
produit par habitant dépasse les 20.000 dollars, à égalité
avec celui de la plupart des pays européens développés.
Un Etat qui accueille les immigrants, un centre national et spirituel
pour tous les Juifs du monde et un pole d'attraction pour les milliers
d'entre eux qui immigrent chaque année…
Comme tous les citoyens israéliens, j'aspire à la paix.
J'attache une importance suprême à la prise de toutes les
mesures qui permettront de progresser vers la résolution du conflit
avec les Palestiniens. Cependant, à la lumière des autres
défis auxquels nous sommes confrontés, si les Palestiniens
ne font pas un effort identique pour la solution du conflit--je n'ai
pas l'intention de les attendre indéfiniment.
Il y a sept mois, mon gouvernement a approuvé la 'Feuille de
Route' vers la paix, basée sur le discours du Président
George Bush, en juin 2002. C'est un programme équilibré
pour un progrès par étapes vers la paix, à laquelle
Israël et les Palestiniens se sont engagés. Une totale et
honnête exécution du programme est la meilleure manière
de réaliser une paix véritable. La 'Feuille de Route'
est le seul plan politique accepté par Israël, les Palestiniens,
les Américains et la majeure partie de la communauté internationale.
Nous sommes disposés à procéder à son exécution:
deux Etats--Israël et un Etat palestinien--vivant côte à
côte dans la tranquillité, la sécurité et
la paix.
La 'Feuille de Route' est un plan clair et raisonnable, et il est donc
possible et impératif de le mettre en application. La conception
sur laquelle repose ce plan est que seule la sécurité
mènera à la paix. Et dans cet ordre-là. Sans l'établissement
d'une totale sécurité--dans le cadre de laquelle les organisations
de terreur seront démantelées--il ne sera pas possible
de réaliser une paix véritable, une paix pour des générations.
C'est l'essence même de la 'Feuille de Route'. La conception opposée,
selon laquelle la signature d'un accord de paix créera la sécurité
à partir de rien, a été déjà testée
dans le passé et a lamentablement échoué. Et tel
sera le sort de tout plan qui favorise cette conception. Ces plans trompent
le public et suscitent de faux espoirs. Il n'y aura pas de paix avant
l'éradication de la terreur.
Le gouvernement que je dirige ne fera pas de compromis sur la réalisation
de toutes les phases de la 'Feuille de Route'. Il incombe aux Palestiniens
d'extirper les groupes terroristes et de créer une société
respectueuse des lois, qui lutte contre la violence et la provocation…Le
monde est aujourd'hui unanime à demander clairement aux Palestiniens
d'agir pour mettre un terme au terrorisme et réaliser des réformes.
Seule une transformation de l'Autorité palestinienne en une autorité
différente permettra de progresser dans le processus politique.
Les Palestiniens doivent remplir leurs obligations. Leur pleine et complète
execution--à la fin du processus--mènera à la paix…
Concurremment à la demande faite aux Palestiniens d'éliminer
les organisations de terreur, Israël prend--et continuera à
prendre--des mesures pour améliorer, de manière significative,
les conditions de vie de la population palestinienne. Israël supprimera
les interdictions d'accès à certaines zones et les couvre-feu,
et réduira le nombre de barrages routiers; nous améliorerons
la libre circulation de la population palestinienne, en ce compris le
passage des personnes et des marchandises; nous augmenterons le nombre
d'heures durant lesquelles ils sera possible de franchir la frontière
internationale; nous permettrons à un grand nombre de négociants
palestiniens de nouer des relations commerciales et économiques
normales et régulières avec leurs partenaires israéliens,
etc. Toutes ces mesures on pour but de permettre circulation meilleure
et plus libre de la population palestinienne non impliquée dans
la terreur. En outre, sous réserve de coordination sécuritaire,
nous transférerons aux Palestiniens la responsabilité
de la sécurité de villes palestiniennes. Israël fera
tous les efforts pour aider les Palestiniens et faire progresser le
processus.
Israël honorera les engagements qu'il a pris. Je me suis engagé
envers le Président des Etats-Unis à ce qu'Israël
démantèle les avant-postes non autorisés. J'ai
l'intention de mettre en application cet engagement. L'Etat d'Israël
est un Etat de droit, et la question des avant-postes ne fait pas exception…
Israël honorera tous ses engagements en ce qui concerne la construction
dans les implantations. Il n'y aura pas de construction au-delà
de la ligne des constructions existantes, aucune expropriation de terre
pour la construction, aucun avantage économique particulier,
ni création de nouvelles implantations.
Je saisis cette occasion pour lancer un appel aux Palestiniens et répéter,
comme je l'ai dit à Aqaba: il n'est pas dans notre intérêt
de vous gouverner. Nous aimerions que vous régissiez vous-mêmes
votre pays. Un Etat palestinien démocratique, en contiguïté
territoriale avec la Judée et la Samarie, et viable sur le plan
économique, qui aura des relations normales de tranquillité,
de sécurité et de paix avec Israël. Abandonnez le
chemin de la terreur et, ensemble, arrêtons l'effusion de sang.
Avançons ensemble vers la paix…
Nous espérons que l'Autorité palestinienne fera sa part.
Toutefois, si, dans quelques mois, les Palestiniens continuent encore
à négliger ce qui leur incombe dans la mise en oeuvre
de la 'Feuille de Route', alors, Israël procédera à
une mesure unilatérale de sécurité en se séparant
des Palestiniens.
Le but du «Plan de Désengagement» est de réduire
la terreur…et de donner aux citoyens israéliens un niveau
maximum de sécurité. Le processus de désengagement
mènera à une amélioration de la qualité
de la vie et contribuera à renforcer l'économie israélienne…
Les mesures unilatérales qu'Israël prendra, dans le cadre
du «Plan de Désengagement», seront entièrement
coordonnées avec les Etats-Unis… Ces étapes renforceront
la sécurité pour les résidents d'Israël et
allègeront la pression sur Tsahal et les forces de sécurité,
dans l'accomplissement des tâches difficiles auxquelles ils sont
confrontés. Le «Plan de Désengagement» a pour
but d'assurer une sécurité maximum et de réduire
au minimum les frictions entre Israéliens et Palestiniens.
Nous sommes intéressés à mener des négociations
directes, mais nous n'avons pas l'intention de laisser les Palestiniens
prendre en otage la société israélienne. Je l'ai
déjà dit--nous ne les attendrons pas indéfiniment.
Le «Plan de Désengagement» inclura le redéploiement
des forces de Tsahal sur de nouvelles lignes de sécurité
et un changement de déploiement des implantations, pour réduire
autant que possible le nombre d'Israéliens qui se trouvent en
plein coeur de la population palestinienne. Nous tracerons des lignes
temporaires de sécurité et Tsahal sera déployé
le long de ces lignes. La sécurité sera assurée
par le déploiement de Tsahal, la clôture de sécurité
et d'autres obstacles matériels…
Cette réduction des frictions passera par l'étape extrêmement
difficile qui consistera à modifier le déploiement de
certaines implantations. Je voudrais répéter ce que j'ai
dit dans le passé: Dans le cadre d'un futur accord, Israël
ne restera pas dans tous les lieux où il se trouve aujourd'hui.
La relocalisation des implantations se fera, en premier lieu, pour tracer
la ligne de sécurité la plus efficace possible, créant
de la sorte cette déconnexion entre Israël et les Palestiniens.
Cette ligne de sécurité ne constituera pas la frontière
permanente de l'Etat d'Israël; toutefois, tant que l'exécution
de la 'Feuille de Route' ne sera pas reprise [par les Palestiniens],
Tsahal sera déployé le long de cette ligne. Les implantations
qui seront délocalisées sont celles qui ne seront pas
incluses dans le territoire de l'Etat d'Israël dans le cadre de
tout accord permanent à venir. En même temps, dans le cadre
du «Plan de Désengagement», Israël renforcera
son contrôle sur les secteurs du Territoire israélien qui
feront indissociablement partie de l'Etat d'Israël dans tout futur
accord…
Israël va accélérer considérablement la construction
de la barrière de sécurité. Aujourd'hui, nous pouvons
déjà la voir se dessiner. La réalisation rapide
de la barrière de sécurité permettra à Tsahal
de supprimer des barrages routiers et d'alléger la vie quotidienne
de la population palestinienne non impliquée dans la terreur.
Afin de permettre aux Palestiniens de développer leurs secteurs
économiques et commerciaux, et pour garantir qu'ils ne dépendront
pas exclusivement d'Israël, nous envisageons, dans le cadre du
«Plan de Désengagement», de permettre--en coordination
avec la Jordanie et l'Egypte--un passage plus libre des personnes et
des marchandises par des franchissements de la frontière internationale,
tout en prenant les précautions de sécurité nécessaires.
Je voudrais souligner que le «Plan de Désengagement»
est une mesure de sécurité et non une mesure politique.
Les mesures qui seront prises ne changeront pas la réalité
politique entre Israël et les Palestiniens, et ne leur ôteront
pas la possibilité de revenir à l'implémentation
de la 'Feuille de Route', ni de parvenir à un règlement
[mutuellement] consenti.
Le «Plan de Désengagement» n'empêche pas l'exécution
de la 'Feuille de Route'. C'est plutôt une mesure qu'Israël
prendra, à défaut d'autre option, afin d'améliorer
sa sécurité. Le «Plan de Désengagement»
ne sera mis en ouvre qu'au cas où les Palestiniens continueraient
à traîner les pieds et à remettre à plus
tard l'exécution de la 'Feuille de Route'. Évidemment,
du fait du «Plan de Désengagement», les Palestiniens
recevront beaucoup moins qu'ils n'auraient reçu par le biais
des négociations directes prévues par la 'Feuille de Route'…
Ces trois dernières années, les organisations terroristes
palestiniennes nous ont imposé une dure épreuve. Leur
projet de briser le moral de la société israélienne
n'a pas réussi. Les citoyens israéliens ont réussi
à colmater les brèches, à se soutenir l'un l'autre
et à s'épauler, à se porter volontaires et à
collaborer… J'ai confiance que, tout comme nous sommes parvenus
à surmonter les défis du passé, nous ferons bloc
et réussirons aujourd'hui.
Nous serons toujours guidés par les mots du premier ministre
David Ben Gourion, qui déclarait, au lendemain de la Déclaration
d'Indépendance: «En ces jours, notre but est seulement
de construire l'Etat d'Israël avec amour et foi, dans la fraternité
juive, et de le défendre de tout notre coeur, et aussi longtemps
que ce sera nécessaire. Nous sommes encore au fort d'une bataille
difficile, qui se déroule sur deux fronts: politique et militaire…
Ce que nous avons réalisé, c'est montés sur les
épaules des générations précédentes
que nous l'avons fait, et en préservant notre précieux
héritage, celui d'une petite nation qui a supporté la
douleur et les tribulations--une petite nation qui n'en est pas moins
grande et éternelle par son courage, sa vision d'avenir, sa foi
et sa vertu.»
Je crois aussi beaucoup à la résistance de cette petite
nation courageuse, qui a supporté la douleur et les tribulations.
J'ai confiance que, cimentés par la puissance de notre foi, nous
sommes en mesure de réussir, quelle que soit la voie que nous
aurons choisie…
(Merci a Menahem Macina
de l' l'UPJF pour sa traduction.)
_________________________
Israël-Palestine, au-delà
des illusions
Nissim Zvili
Le Figaro, 20 décembre, 2003
Les Palestiniens continuent de
piétiner dans le terrorisme. Et ce, malgré les apparences.
On pourrait croire que le Djihad et le Hamas ont cessé de lancer
leurs attaques, or il n'en est rien. Depuis octobre, une vingtaine d'attentats
suicides auraient pu être perpétrés en Israël,
ils ont été déjoués.
Dans les médias internationaux, lorsqu'un attentat ne réussit
pas, on n'en parle pas. Pourtant les Israéliens sont loin d'être
tranquilles. Le calme apparent est superficiel: il n'est pas dû
à une décision stratégique palestinienne qui serait
d'abandonner la politique du massacre. De toute façon, même
si l'Autorité palestinienne reconnaît que cette politique
est désastreuse pour son intérêt, elle n'est pas
prête à s'imposer pour changer de cap. Au Caire, le premier
ministre palestinien n'est pas parvenu à obtenir des organizations
terroristes qu'elles renoncent à commettre des attentats contre
la population israélienne. L'Autorité palestinienne a
donné au Hamas et au Djihad islamique un droit de veto sur la
paix au Proche-Orient.Ils en ont usé. Ils ont dit non.
Ils ont dit non parce que le but d'un terroriste n'est pas de faire
la paix, mais d'assassiner des civils. Demander leur avis au Hamas et
au Djihad, les consulter plutôt que les combattre, c'est pécher
par naïveté ou même par inertie: demander à
un terroriste s'il faut arrêter de commettre des attentats, c'est
pour lui abandonner sa raison d'être.
Ils ont dit non, ensuite, parce qu'ils ne sont pas libres de dire oui.
Pourquoi taire ce que chacun sait? Pourquoi feindre de croire que les
organisations terroristes tirent toute leur puissance de la colère
de la rue palestinienne, et tout leur argent de dons et de legs d'ordre
caritatif? Ils ont dit non, parce que le Hamas est contrôlé
et financé par l'Iran, le Djihad islamique par la Syrie. L'Iran
et la Syrie veulent continuer d'utiliser le terrorisme pour atteindre
des buts politiques. Une des raisons, si ce n'est la raison essen-tielle,
qui nous empêche de parvenir à la paix.
J'entends l'objection: la seule façon de contrôler les
terroristes serait de les convaincre par la négociation de cesser
leurs crimes. On aimerait bien. Mais à cette objection, je réponds
que, même si le premier minister palestinien était parvenu
à un accord avec les terroristes, ils ne l'auraient pas respecté.
A preuve, pendant la fameuse hudna (la trêve qu'ils avaient acceptée
au début de l'été) Israël a subi de nombreux
attentats, et en a déjoué plus de soixante!
La vérité est que, pour faire la paix, il faut être
deux, et qu'aujourd'hui Israël est seul à la vouloir mais
n'a pas d'interlocuteur. Car enfin, de deux choses l'une: ou bien l'Autorité
palestinienne peut empêcher les attentats, et alors, pourquoi
ne le fait-elle pas? Ou bien elle ne le peut pas, et alors comment Israël
pourrait s'en remettre à elle pour faire la paix? La sécurité
des citoyens israéliens est et restera la condition sine qua
non; seule la paix enfin restaurée donnera à la région
l'état ultime de sécurité dont elle a besoin.
Impuissante ou complice? Peu importe, le constat reste le même:
l'Autorité palestinienne s'est montrée incapable d'imposer
quelque loi que ce soit aux terroristes. Elle aurait pu le
faire. Elle a sous ses ordres 43000 hommes en armes. Où sont-ils?
Que font-ils? A quoi servent-ils? On ne peut pas attribuer constamment
à Israël la responsabilité de cette tyrannie anarchique
qui régit les territories palestiniens: si l'Autorité
palestinienne est indigne de son nom, c'est d'abord à elle d'en
tirer les conclusions.
L'intérêt de mon pays n'est pas, comme certains le croient,
d'avoir affaire à une société palestinienne morcelée,
divisée, sans structure, sans autorité, sans police…
Nous aurions ardemment préféré avoir en face de
nous une Autorité véritablement constituée, avec
un gouvernement digne de ce nom, capable de combattre les groupes d'assassins,
et désireux de travailler avec nous pour assurer notre paix à
tous.
Au début de son histoire, Israël a eu à relever un
défi du même ordre: il a dû démanteler les
groupes armés juifs incontrôlés. Mais la différence
était que nous avions, à notre tête, non pas un
chef de guerre corrompu, mais un homme d'Etat, David Ben Gourion, déterminé
à exiger et à obtenir que quiconque portait une arme devait
rejoinder l'armée régulière.Ben Gourion était
convaincu qu'il s'agissait là d'une question de survie pour un
Etat naissant de ne laisser aucune place à des milices armées.
Sa profonde détermination l'amena même au point de donner
l'ordre de faire couler un navire (l'Altaléna) qui s'apprêtait
à livrer des armes à ces milices. C'est dire.
Le jour où l'Autorité palestinienne cessera d'organiser
ou de tolérer la livraison illégale d'armes, nous pourrons
lui faire confiance. Mais ce jour semble loin. Dans la réalité
actuelle, nous nous trouvons face à une inaction totale palestinienne
qui bloque le chemin vers la paix.
Comme dans n'importe quelle démocratie qui se respecte, jamais
nous ne transi-gerons sur la sécurité de nos citoyens:
pour notre sécurité mais aussi pour leur tranquillité,
leur dignité et pour la prospérité de part et d'autre.
Nous voulons que les Palestiniens deviennent un peuple souverain, c'est-à-dire
responsable des actes de ses dirigeants.
Si l'autorité palestinienne continuait de n'accepter ni l'indépendance
de son peuple, ni l'existence du nôtre, Israël serait amené
à agir unilatéralement et se défendrait avec la
conscience de lutter pour sa survie. Pour les Israéliens, autant
que pour les Palestiniens, ce serait une libération. La véritable
paix sera le résultat d'un accord.
La feuille de route, approuvée par les gouvernements palestinien
et israélien et par la communauté internationale, demeure
pour nous le seul document capable d'ouvrir la voie à une négociation
sérieuse. Or, elle prévoyait, comme première étape,
le désarmement des milices palestiniennes et le gel des implantations,
ce qui serait un signe de bonne volonté de la part des deux gouvernements.
En attendant, à moins qu'enfin l'Autorité palestinienne
ne consente à respecter la feuille de route et à désarmer
les terroristes, Israël est seul responsable des moyens de protéger
ces citoyens. En sachant, au demeurant, qu'une paix stable et durable
est le meilleur bouclier de defense qui soit.
(Nissim Zvili est l’Ambassadeur
d'Israël en France.)
Joyeuse fête a tous!
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Numéro
110 • vendredi le 19 decembre 2003
La
vraie bataille commence aujourd'hui
ANTOINE BASBOUS
Le Figaro, 16 décembre 2003
Un Nuremberg du baassisme s'impose.
Pour la paix du monde, pour servir de précédent régional
et pour la paix des vingt-cinq millions d'Irakiens usés par trente-cinq
années de dictature. Naturellement, c'est au peuple irakien lui-même
qu'il reviendra de juger Saddam. Mais comme les Irakiens n'ont ni l'expérience
ni l'expertise nécessaires à la bonne tenue des débats,
le Conseil de sécurité de l'ONU devra désigner
des juges internationaux pour venir à leur secours. Mais, en
tout état de cause, le verdict final devra être irakien,
car il importe que le jugement de ce dictateur, les concernant en premier
chef, ne leur échappe point. C'est, pour le peuple irakien, le
seul moyen de recouvrer la paix intérieure et la sérénité.
Oui, il faut qu'un procès
ait lieu afin que les Irakiens puissent enfin exorciser le traumatisme
consécutif à des années de terreur et de violences
sanguinaires et bénéficier d'une thérapie de choc
élargie au niveau national. Ce procès public, équitable,
devra soumettre tous les dignitaires de l'ancien régime à
la loi internationale. Le peuple irakien doit enfin pouvoir comprendre
les rouages et la dynamique du pouvoir saddamien, les mécanismes
de la tyrannie et de la répression féroce qui se sont
abattues sur lui.
Pour comprendre les mécanismes
d'un tel tyran, son instinct prédateur, les experts devront se
pencher du côté de sa petite enfance. Orphelin battu et
malmené par son beau-père, recueilli par son oncle maternel
et soumis à une pauvreté inouïe dans son village
de al-Oja, à proximité de Tikrit, l'ambitieux Saddam a
commencé à se faire respecter dès lors qu'il sut
rendre coup pour coup aux autres enfants. Toute sa vie s'est jouée
sur un rapport de force exercé sans limites ni aménité,
sans aucun sens de la justice, éliminant tous ceux qui pourraient
s'attaquer à lui, à ses proches, à ses institutions.
Ce mécanisme de cruauté préventive et permanente
a hélas fait des émules, essaimé parmi ses proches
et son armée de seconds.
C'est pourquoi il est fort à
craindre que les saddamiens ne pourront jamais se satisfaire de l'humiliante
reddition sans résistance de leur chef si redouté. Celui
qui faisait trembler un peuple entier n'a tiré aucune balle,
n'a pas même tenté de se battre pour se défendre.
Il n'a pas même eu l'élémentaire dignité
de se suicider. Le découvrir ainsi clochardisé avec sa
barbe et ses cheveux hirsutes, se laissant docilement examiner la tête
et la denture par un médecin américain va dégoûter
et décourager tous ces hommes qui, si longtemps, ont suivi le
dictateur tant par crainte que par appât du gain et du pouvoir.
Les baasistes vont enfin comprendre que ce chef, redouté de toutes
leurs fibres, n'était qu'une hyène, s'acharnant sur les
faibles sans pour autant faire preuve de courage au moment critique.
Que vont-ils faire désormais ? Il est fort à parier qu'ils
chercheront à quitter l'Irak. Les fortes sommes d'argent dont
ils disposent auront du mal à faciliter un exil d'autant plus
délicat qu'aucun État, en ce moment, ne prendra le risque
de défier les Américains ragaillardis par la capture de
Saddam.
Ce coup de force ne doit pas
nous faire oublier l'enjeu principal du conflit, l'islamisation du Moyen-Orient.
Certes, cette capture, aboutissement de huit mois de traque, va momentanément
donner une bouffée d'oxygène aux Américains. Cet
élan de joie provisoire partagé par le peuple irakien
enfin libéré de la peur du tyran ne doit pas faire oublier
que les partis islamistes ont toujours le vent en poupe. Leur doctrine
continue de fonctionner. Ben Laden aurait ordonné le transfert
de 350 combattants d'Afghanistan vers l'Irak, les candidats au suicide
kamikaze ne manquent pas, toutes les opérations ciblant les forces
américaines en Irak furent vraisemblablement perpétrées
par des hommes de Ben Laden.
La composante irakienne de l'opposition
armée va certes décliner, mais l'autre frange de ce pôle
combattant, s'inscrivant dans la durée et voulant faire de l'Irak
une terre de djihad a de beaux jours devant elle. L'offensive de Ben
Laden va se poursuivre et s'accélérer, peut-être
même fédérer les mécontents qui disposent
toujours de 4 000 km de frontières poreuses dans lesquelles pourront
s'infiltrer de nouvelles vagues de kamikazes continuant à frapper
les cibles américaines et alliées et faisant de l'Irak
l'Afghanistan des États-Unis. Une perspective d'autant plus redoutable
que le territoire irakien peut facilement recueillir les moujahidins
de toutes origines, situé qu'il est au coeur du Moyen-Orient,
non loin d'une Arabie Saoudite accessible non par une, mais six frontières
peu contrôlées. L'Irak est en train de devenir une nouvelle
terre de djihad. C'est tout l'enjeu de la véritable bataille
qui commence au lendemain de la capture de Saddam.
(Antoine Basous est le fondateur
et directeur de l'Observatoire des pays arabes.)
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Numéro
109 • vendredi le 12 decembre 2003
Le
discours de Mahathir
encourage l'ignorance parmi les musulmans
MEMRI, 8 decembre 2003
«'Bien que relativement
petite de taille, la communauté juive est devenue une force,
et nous [musulmans] ne pouvons la combattre par la seule force, [mais
devons aussi le faire] par notre intelligence (...) Nous avons aujourd'hui
besoin de canons, de missiles, de bombes, d'avions de combat, de tanks
et de destroyers pour nous protéger.'
Tels sont quelques-uns des propos contenus dans le discours de [l'ancien]
Premier ministre malais Mahathir Mohamad, prononcé à l'ouverture
de la Conférence des pays islamiques, où il a demandé
aux musulmans d' 'utiliser leur intelligence' et de 'recourir à
la science et à l'éducation' pour mener la guerre contre
les Juifs, dont il a affirmé qu'ils 'gouvernent le monde'. Les
dirigeants des pays musulmans présents à la conférence
se sont tous levés pour l'applaudir.
Chacun ne peut qu'approuver l'appel de Mahathir à 'adopter la
science et l'éducation', et nul, dans le monde libre et civilisé,
ne désire voir un cinquième de l'humanité croupir
dans l'obscurité de l'ignorance - vu que son ignorance cause
plus de tort au monde qu'à [cette partie de l'humanité].
Le problème est que cette déclaration est venue de la
bouche d'un homme qui ne comprend pas le sens du mot 'science' (...)
Quand un dirigeant musulman (...) encourage les musulmans à adopter
la science dans le seul but de devenir meilleurs et plus forts que les
Juifs, les chrétiens, les bouddhistes et les autres, et d'anéantir
les Juifs, il ne pousse pas les musulmans à se raccrocher à
la science, mais bien à l'ignorance, dans un bond inconsidéré
en arrière (...)
Quand Louis Pasteur passait ses jours et ses nuits à chercher
un remède contre la rage, il le faisait pour l'Homme, tous les
hommes, et non pour prouver qu'il valait mieux que les Juifs ou les
musulmans. Et cela est vrai de tous les chercheurs occidentaux, qu'ils
soient chrétiens ou juifs, et il ne fait aucun doute que c'est
également vrai de tous les chercheurs musulmans. En rédigeant
ses ouvrages médicaux, Ibn Sina (...) n'a pas dit que son but
était d'être supérieur aux Juifs, aux chrétiens
ou aux Hindous (...) Et quand les présidents d'universités
occidentales s'adressent à leurs étudiants, ils leur répètent
que le niveau scientifique supérieur auquel ils vont accéder
leur permettra [aux étudiants] de contribuer à la construction
d'un monde meilleur - et non d'être supérieurs aux musulmans
ou à d'autres.»
Le complexe des musulmans face aux Juifs est né avec l'islam.
«Les musulmans arabes ne sont pas les seules victimes de ce 'complexe
juif' (...) Même un musulman vivant sur la plus lointaine des
îles souffre de ce complexe, qui n'est pas né avec la formation
du mouvement sioniste, ni avec la création de l'Etat d'Israël,
mais avec de la création de l'islam lui-même.
Pour être justes, nous devons souligner qu'en Occident aussi,
ils ont souffert de cette maladie, mais avec une différence :
les racines de la maladie, chez les Occidentaux, n'étaient pas
religieuses, mais humaines, tandis que chez les musulmans elles étaient
et demeurent d'ordre religieux et venant d'Allah. Il n'est donc pas
surprenant qu'il ait été plus facile aux Occidentaux qu'aux
musulmans de se débarrasser de cette maladie. Chez ces derniers,
elle est devenue maligne et ne peut plus être enrayée que
par une injonction divine qui 'abrogera' l'ancienne injonction d'Allah
(...)
'Les Juifs dirigent le monde' est le refrain de tous ceux qui ne parviennent
pas à suivre le courant et à utiliser leur esprit comme
le font les Juifs. Les Juifs n'ont jamais dirigé le monde. Ils
ont survécu dans ce monde, bien qu'étant minoritaires,
et malgré les persécutions subies tout au long de l'histoire.
Ils sont devenus marchands, chercheurs, médecins, avocats ; certains
se sont enrichis tandis que d'autres gens ordinaires parmi eux ont travaillé
dur pour gagner leur pain quotidien et subvenir à leurs besoins.
Ils se sont entraidés, ont vécu en communauté,
se regroupant, non dans le but de diriger le monde mais de continuer
à vivre, en tant que minorité, face à une majorité
qui n'a jamais cessé d'essayer de les détruire.
Si ce fondement de l'existence juive les avait conduits à diriger
le monde (...), ils l'auraient bien mérité, parce qu'ils
n'ont pas passé leurs jours et leurs nuits à se demander
s'il est légitime qu'un musulman ou un chrétien les salue
en premier, ou s'il est permis à un musulman d'exprimer ses voeux
à un chrétien à l'occasion de festivités
le concernant. [Au lieu de cela], les Juifs se sont consacrés
à l'étude et au travail, et c'est grâce à
ces fondements de leur existence qu'ils se sont maintenus.
Mahathir Mohamad a exhorté les musulmans à se 'raccrocher
à la science' afin de produire des canons, des missiles, des
bombes, des avions de combat, des tanks et des destroyers pour se défendre
- mais pour se défendre contre qui ? Contre quelques malheureux
14.000.000 [de Juifs] qui ont réussi, tout au long de l'histoire
et par le seul moyen de leur esprit, à se protéger de
la persécution et de l'extermination ?!
Les musulmans n'ont pas besoin de missiles, de tanks et de canons pour
se débarrasser de leur 'complexe juif'. Ce complexe se résoudra
de lui-même quand les musulmans seront disposés à
ne plus regarder le monde à travers un filtre religieux. La croyance
musulmane qui veut que le monde entier forme un front contre l'islam
est fondée (...) Et comment ne le serait-elle pas, quand les
musulmans eux-mêmes posent sur le monde un regard exclusivement
religieux ? »
Les musulmans sont coupables d'avoir érigé une barrière
de séparation culturelle.
«Partout dans le monde, et en Israël aussi, des gens, des
politiciens, des dignitaires religieux chrétiens et juifs manifestent
pour témoigner leur solidarité envers les Palestiniens
et les Arabes. En contrepartie, que se passe-t-il du côté
arabe et islamique ?
Ce ne sont pas les Israéliens qui ont élu Sharon Premier
ministre israélien mais bien les Arabes et les musulmans.
Le jour où l'on entendra parler de marches spontanées
dans les rues des pays arabes et musulmans pour condamner les opérations-suicide
et les attentats terroristes prenant pour cibles des innocents, en Israël
et ailleurs, et pour demander que soient poursuivis ceux qui les encouragent,
sera le jour où cette barrière s'effondrera, sans su'il
soit nécessaire de recourir à la moindre hache.
Le jour où nous entendrons [dire] qu'un dirigeant arabe a tenu
un discours fervent devant son peuple pour lui dire que le temps est
venu de se tourner vers les Israéliens et de coopérer
avec eux à la création d'une paix juste dans la région,
pour nous et pour eux, Sharon démissionnera pour aller ouvrir
un café à Tel-Aviv.
Le jour ou nous apprendrons qu'un imam a tenu dans une mosquée
un sermon informant les fidèles que la forme de culte la plus
élevée consiste à aller serrer la main de ses voisins
juifs et chrétiens, ou à aller jeter des rameaux d'olivier
[en direction des dits voisins], à la place des pierres, alors,
la barrière de séparation tombera d'elle-même et
les Israéliens transformeront leurs tanks en socs de charrues
pour construire et Israël, et la Palestine.
Et alors le souvenir de Mahathir et des gens de son espèce disparaîtra
dans la poubelle de l'histoire.»
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Numéro
108 • vendredi le 5 decembre 2003
Le
bradage de Genève
Charles Krauthammer
Washington Post, 28 novembre 2003
[Traduction française de Menahem Macina pour upjf.org]
Lundi, un accord de paix sera
signé par des Israéliens et des Palestiniens. Cet "accord
de Genève" a fait l’objet de beaucoup d'attention.
Et sa signature sera saluée avec grande sensation. Des journalistes
sont acheminés, par avion, de plusieurs points du monde par le
gouvernement suisse. Jimmy Carter sera à la tête d'une
théorie de dignitaires étrangers. L'ambassade des Etats-Unis
à Berne enverra un observateur.
Chose tout à fait singulière: l'accord est signé
non par des autorités israéliennes et palestiniennes,
mais par deux personnes sans aucun mandat.
Côté palestinien, le négociateur est l'ancien ministre
de l'information, Yasser Abed Rabbo, dont on dit, au moins, qu’il
a l'oreille de Yasser Arafat. Quant à la partie israélienne,
elle est menée par Yossi Beilin, un homme dont la position politique
dans son propre pays est si basse, qu’elle ne s’est pas
traduite par un mandat de député. Après avoir contribué
à la ruine de son parti travailliste, Beilin l'a abandonné
pour le parti d’extrême gauche, Meretz, qui a causé
ensuite tant de dégâts dans la dernière élection,
que Beilin est désormais un simple citoyen.
Il y a une raison au fait qu’il est l’un des politiciens
israéliens les plus discrédités et critiqués.
Il était l'idéologue et l'architecte principal de la "paix"
surfaite qu'Israël s’est laissé refiler en 1993. Ces
accords d'Oslo ont valu à Israël une décennie de
la pire terreur qu’ait connue toute son histoire.
Maintenant, Beilin remet ça. De son côté, le Secrétaire
d'Etat, Colin Powell, a adressé une lettre à Beilin et
à Rabbo exprimant sa satisfaction de leur effort, et il envisage
maintenant de les rencontrer.
C'est scandaleux. Israël est une démocratie, et cet accord
a été négocié au mépris du gouvernement
d'Israël, démocratiquement (et massivement) élu.
Si un simple citoyen américain négociait un traité
de son cru, il pourrait aller en prison en vertu du décret Logan
[1]. Si un Israélien le fait, il a droit à une tape dans
le dos de la part du Secrétaire d'Etat.
D'ailleurs, cette "paix" est entièrement hallucinatoire.
On en écrit comme si Oslo n’avait jamais eu lieu. La partie
palestinienne réitère des engagements solennels de reconnaissance
d’Israël, de renonciation à la terreur et à
l'incitation anti-israélienne, etc. -- toutes choses déjà
promises à Oslo. Ces promesses sont tellement lettre morte aujourd'hui,
que la partie palestinienne en marchande encore ouvertement les détails,
comme si les Israéliens avaient oublié qu'en échange
de ces engagements, il y a 10 ans, Israël avait reconnu l’OLP,
l’avait fait revenir de son exil tunisien, avait créé
une Autorité palestinienne, lui avait permis d’avoir une
armée équipée de 50.000 fusils, et avait invité
le monde à donner des milliards à cette nouvelle Autorité.
Arafat a empoché chaque concession israélienne, il a transformé
son territoire en camp retranché, puis a lancé une sale
guerre de terreur qui a duré plus de trois ans et tué
plus de 1.000 Israéliens. C'est "Lucy et le football"
[2], une fois encore, et le même choeur des illusionnistes qui
ont tant applaudi Oslo -- Jimmy Carter, Sandy Berger, Tom Friedman --
applaudit à nouveau. Cette fois, cependant, la reddition israélienne
coupe tellement le souffle qu’elle fait apparaître Oslo
comme raisonnable.
Un Etat palestinien, bien entendu. Évacuation de toute implantation
juive de la nouvelle Palestine, bien entendu. Nouvelle division de Jérusalem,
bien entendu. Mais ce n'est pas assez. Beilin renonce à l’ultime
symbole du lien juif à la terre et au fondement de sa revendication
: le coeur de l'Etat juif durant les 1.000 années qui ont précédé
la destruction romaine, l’objet de l’attente juive ardente
de la poésie et de la prière durant les 2.000 années
postérieures -- le Mont du Temple. Et Beilin ne l’abandonne
pas simplement à une autorité internationale neutre, par
exemple. Il le donne à une Palestine souveraine. Les Juifs le
visiteront par pure condescendance arabe.
Non content d’avoir renoncé à l'âme d'Israël,
Beilin renonce également à son corps. Non seulement il
ramène Israël à ses frontières de 1967, arbitraires
et indéfendables, mais il le fait sans aucune garantie sérieuse
de sécurité.
La Palestine promet de ne pas se procurer ni acheter davantage d'armes
que spécifié dans quelque annexe au traité. C'est
une plaisanterie. Oslo avait aussi défini des limitations détaillées
concernant les armements palestiniens, et personne n'a même fait
semblant de les imposer. L'année dernière, une cargaison
illégale massive est arrivée d'Iran sur le Karine A. Qu’a
fait le monde à son sujet ? Rien.
Aujourd'hui, au moins, Israël a encore le contrôle des frontières
de la Palestine. Sous Beilin, c’en sera fini. La Palestine sera
libre d’acquérir autant d'armes meurtrières qu'elle
le voudra.
Et concernant la question cruciale, sur laquelle insistent même
les Israéliens les plus pacifistes -- à savoir, que les
Palestiniens n’aient pas le droit de submerger Israël de
réfugiés arabes -- l'accord est carrément ambigu.
Les tiers (dont, entre autres, l’hostile Syrie irrédentiste
et sa marionnette du Liban) peuvent donner une idée exacte du
nombre de Palestiniens qui reviendront en Israël, et la base de
calcul du nombre qu’on imposera à Israël d’accepter
sera la moyenne mathématique!
Ce n'est pas un traité de paix, c’est un avis de suicide
-- rédigé par un simple citoyen, au nom d'un pays qui
l'a complètement rejeté sur le plan politique. Qu'il ait
pu bénéficier de quelque encouragement de la part des
Etats-Unis ou de son Secrétaire d'Etat est un déshonneur.
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Conseil
editorial
Prof. Frederick Krantz,
Editeur (Concordia Univ.)
Prof. Julien Bauer (Univ. du Québec
à Montréal)
Ori Bauer (Chercheur Associé, ICRJ)
Baruch Cohen (Directeur de recherches, ICRJ)
Jacqueline Douek (Assistante Directrice, ICRJ) |
Jean-Claude Léon
(Communauté Sépharade du Québec)
Prof. Jean Ouellette (Univ. de Montréal)
Prof. Annette Paquot (Univ. Laval)
Edmond Silber (Chercheur Associé,ICRJ) |
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