Vendredi, 27 aôut 2010 • Volume No. VIII, Issue No. 453

 

Iran : Les carottes sont-elles cuites?
Ephraim Asculai et Emily B. Landau
Jerusalem Post, 22 août, 2010

Les efforts de la communauté internationale pour faire face au programme nucléaire iranien sont bien connus. L'Occident, à travers le G3 d'abord (la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni) puis les Etats-Unis, a entamé un "processus diplomatique" qui n'a mené à rien. La Chine et la Russie jouent au yo-yo entre l'Iran et l'Occident, rechignant à faire preuve de fermeté à l'égard des provocations perpétuelles de Téhéran, et ne consentant qu'aux sanctions les plus clémentes du Conseil de sécurité. L'agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) continue d'interroger l'Iran sur l'aspect militaire de son programme nucléaire. Questions auxquelles le Régime refuse bien évidemment de répondre. Tout en continuant à installer et gérer des sources d'enrichissement d'uranium en cascades.

Les Iraniens essayent de gagner du temps. Et ils y arrivent. Personne sur leur route pour affirmer haut et fort que leur programme nucléaire a des ambitions militaires. La République islamique sait qu'elle est sur le point de parvenir à son objectif.

Une prise de conscience tardive

Mais le vent a tourné ces dernières semaines. La communauté internationale semble décidée à regarder les choses en face. Les avancées du processus de nucléarisation parlent d'elles-mêmes. Le Régime des mollahs maîtrise désormais le processus d'enrichissement de l'uranium. Le pays a accumulé suffisamment d'uranium enrichi à 3,5 % pour être en passe de produire de l'uranium à 90 %, c'est-à-dire adapté aux exigences militaires. De quoi alimenter au moins deux dispositifs nucléaires.

En février dernier, l'Iran a entamé la production d'uranium enrichi à 20 %, la dernière étape vers les 90 %. Le but est bientôt atteint. Le Régime a fait savoir qu'il avait accumulé près de 20 kilos d'uranium enrichi à 20 %. Ce n'est certes pas assez pour fabriquer une bombe, mais constitue la preuve que l'Iran maîtrise le processus. Quant aux raisons avancées par le Régime pour justifier cet enrichissement, elles sont hors de propos puisque la totalité du programme va à l'encontre des résolutions du Conseil de sécurité.

Devant de tels faits accomplis, les réactions internationales commencent à prendre de l'ampleur. Le 27 juin, le directeur de la CIA Leon Panetta déclarait à Washington que l'Iran avait probablement assez d'uranium faiblement enrichi pour deux bombes nucléaires, mais que la construction de ces deux bombes devrait prendre encore deux ans. Au même moment, à la commission du Sénat pour les relations internationales, William Burns, sous-Secrétaire d'Etat aux affaires politiques, expliquait que la politique américaine face à l'Iran est "simple" : "Nous devons empêcher Téhéran de développer des armes nucléaires. Nous devons également contrer ses actions déstabilisatrices dans la région et au-delà".

Puis, le 1er juillet, Barack Obama rappelait lors de la signature des sanctions à l'encontre de la République islamique : "Il ne doit pas y avoir de doutes. Les Etats-Unis et la communauté internationale sont déterminés à empêcher l'Iran d'acquérir des armes nucléaires."
Enfin, le 12 juillet, à l'occasion d'un communiqué inhabituellement ferme, Dimitri Medvedev affirmait que l'Iran était sur le point de se doter de l'arme atomique. Jusqu'à présent, les autorités russes se montraient assez prudentes sur le sujet, déclarant qu'il n'existait aucune preuve. Ce revirement du président russe est donc particulièrement notoire. Medvedev appelle dorénavant l'Iran à détailler les composantes militaires de son programme nucléaire.

L'inquiétude gagne le Proche-Orient

L'escalade de cette rhétorique coïncide avec un soutien plus fort que jamais à des sanctions envers l'Iran. Des experts pointent même certains indices qui pourraient présumer d'une possible action militaire. Si, il y a six mois, la tendance consistait à se demander comment maîtriser un Iran nucléaire, de plus en plus d'experts font état d'une possible guerre. L'occasion pour certains d'accuser Israël qui encouragerait les Etats-Unis à entamer une action militaire.

On commence à entendre ça et là qu'"une bombe iranienne serait pire que de bombarder l'Iran". Même dans les pays du Golfe. Selon des rapports, démentis par la suite, l'Arabie Saoudite serait prête à fermer les yeux dans le cas où Israël utiliserait son espace aérien pour une frappe militaire sur les installations nucléaires iraniennes. Et l'ambassadeur des Emirats arabes unis aux Etats-Unis aurait déclaré que son pays ne peut pas vivre avec une bombe iranienne. Et qu'une action militaire serait donc préférable.
A l'annonce du quatrième round de sanctions, l'Iran a réagi plus violemment que d'habitude. Le 7 juillet, Ali Akbar Salehi, à la tête de l'Organisation atomique de l'énergie iranienne, enfonçait alors le clou et déclarait que les nouvelles sanctions internationales "peuvent ralentir" le programme iranien, mais en aucun cas y mettre un terme. Déclaration de fait ? Geste politique ? Quoi qu'il en soit, les Iraniens ont les cartes en main pour continuer leur programme d'enrichissement, et la portée réelle des sanctions est loin d'être claire.

Les Etats-Unis agiront-ils ?

Mais la question qui se pose est de savoir si cette nouvelle prise de conscience de la communauté internationale conduira à d'autres mesures plus concrètes et efficaces. Au-delà de la rhétorique, tout dépend d'Obama.

Désormais, il semblerait que la prochaine étape pour le président américain soit de prolonger en septembre (une date déterminée par les Iraniens, non par lui) une tentative de dialogue avec l'Iran. Mais l'absence de stratégie américaine en ce sens ne laisse pas présumer d'un possible accord lors de ces négociations. Aussi étrange que cela puisse paraître, Obama semble lui aussi jouer avec le temps. En dépit d'un ton plus alarmiste dans les médias, rien ne prouve qu'il envisage sérieusement de détruire les installations nucléaires et les missiles iraniens.

Alors, que fera l'Iran dans le futur ? Si d'autres sanctions ne sont pas décrétées, et que les mesures actuelles n'ont pas l'effet escompté, le Régime continuera à enrichir de l'uranium. Et ce dans des quantités sans cesse croissantes, et dans le cadre d'objectifs militaires. Convaincu que le président américain n'envisage pas d'action radicale, l'Iran va encore chercher à gagner du temps.

Mais si Téhéran devait sentir un durcissement de la situation, plusieurs options s'offriraient alors à elle. Le pays pourrait annoncer qu'il ne se considère pas tenu par les obligations internationales. Il pourrait également proposer de modifier son statut de signataire du TNP pour passer à celui d'Etat doté de l'arme nucléaire. Ou tout simplement se retirer du TNP. Enfin, l'Iran pourrait expulser les inspecteurs de son territoire et procéder à des tests nucléaires souterrains avec du matériel produit clandestinement.

En clair, les chances sont minimes pour que l'Iran accepte de se plier aux exigences de la communauté internationale. Que les Etats-Unis envisagent l'action militaire relève déjà de la spéculation. Quoi qu'il en soit, la situation laisse à penser que l'Iran n'est plus loin de son objectif—qu'il vise depuis 2002. En atteignant les 20 % d'enrichissement, l'Iran en est à 90 % du processus pour un enrichissement à des fins militaires.

(Ephraïm Asculai a travaillé avec la Commission israélienne pour l'énergie atomique durant plus de 40 ans. Emily Landau est chercheuse et directrice du programme de contrôle d'arme et de sécurité régionale à l'INSS.)

 

Réflexions sur un centre islamique dans [le quartier] Lower Manhattan
Daniel Pipes
National Review Online, 16 août 2010
Adaptation française: Anne-Marie Delcambre de Champvert

Quelques observations:

  • La Cordoba House (ou Park51) a été annoncée au début d'avril ; cela demeure un sujet de débat quatre mois plus tard, et pas seulement au niveau local mais au niveau national, ce qui montre que l'islam aux États-Unis devient un thème populiste.

  • Les politiciens qui soutiennent le centre islamique, notamment le maire de New York Michael Bloomberg paient un prix politique pour leur position.

  • Comme dans le cas des hijabs français ou des minarets suisses, c'est en fait s'acharner sur un problème très visible, mais purement symbolique. Qu'est-ce que la victoire apporterait, au juste? Je préfère mettre l'accent sur, disons, la pénétration islamiste des services de sécurité.

  • Fayçal Abdul Rauf et Daisy Khan ont montré qu'ils n'étaient pas prêts à des heures de grande écoute; les enquêtes en cours ont de plus en plus révélé combien ce sont des islamistes peu recommandables.

  • Comme Raymond Ibrahim le souligne, le grand débat sur ce centre islamique a causé un tort considérable à la cause islamiste licite.

Et ma position sur cette controverse? Alors que les musulmans ont tout à fait le droit de construire une mosquée près de Ground Zero, cette initiative transporte avec elle l'odeur caractéristique du triomphalisme islamique. Plus important encore, Les antécédents douteux de [l'imam] Abdul Rauf et de ses associations sont une raison suffisante pour craindre que son centre ne propage l'idéologie islamiste. Par conséquent, on devrait lui interdire d'ouvrir.

 

Illusion d'un monde unique
Ayaan Hirsi Ali
Le Monde, 24 août, 2010
Adaptation française: Gilles Berton

Qu'ont en commun les controverses entourant le projet de construction d'une mosquée à deux pâtés de maisons de Ground Zero, l'expulsion du Maroc de missionnaires américains en début d'année, l'interdiction des minarets en Suisse l'année dernière et la récente interdiction du port de la burqa en France ?

Ces quatre événements sont présentés par les médias occidentaux comme des problèmes de tolérance religieuse. Or ce n'est pas de cela qu'il s'agit. Ce sont en réalité des symptômes de ce que Samuel Huntington (1927-2008), professeur à Harvard, appelait le "choc des civilisations", et notamment celui entre islam et Occident.

Pour ceux qui ne se souviennent que du côté frappant de la formule, il est utile de rappeler brièvement l'argumentation d'Huntington. Le monde de l'après-guerre froide était composé, expliquait-il, de grands blocs représentant sept ou huit civilisations historiques, parmi lesquelles les cultures occidentale, musulmane et confucéenne étaient prédominantes.

L'équilibre des forces entre ces blocs, écrivait-il, est en train de changer. L'Occident décline en termes de pouvoir relatif, l'islam explose démographiquement et les civilisations asiatiques—notamment la Chine—sont en pleine ascension économique. Huntington expliquait aussi que l'on assiste actuellement à l'émergence d'un ordre mondial fondé sur les civilisations dans lequel les Etats qui partagent des affinités culturelles coopéreront entre eux et se regrouperont autour des Etats les plus puissants de leur civilisation.

Les prétentions universalistes de l'Occident l'amènent de plus en plus à entrer en conflit avec d'autres civilisations, les plus graves désaccords étant ceux l'opposant à l'islam et à la Chine. Aussi la survie de l'Occident dépend-elle de la volonté des Américains, des Européens et des autres Occidentaux de réaffirmer le caractère unique de leur civilisation occidentale—et de s'unir pour la défendre contre sa remise en cause par des cultures non occidentales.

Le modèle d'Huntington, notamment après la chute du communisme, n'était guère populaire. L'idée en vogue était celle du titre de l'essai écrit en 1989 par Francis Fukuyama, The End of History and the Last Man (La Fin de l'histoire et le dernier homme, Flammarion, 1992), selon lequel l'ensemble des Etats finiraient par converger autour de la norme institutionnelle unique de la démocratie capitaliste libérale et ne se feraient plus jamais la guerre. Le pendant conservateur de ce scénario optimiste était le monde "unipolaire" où régnerait l'hégémonie incontestée des Etats-Unis. Ces deux visions nous promettaient un Monde unique.

Le président Obama, à sa façon, croit en un Monde unique. Dans le discours qu'il a prononcé au Caire en 2009, il appelait à une nouvelle ère de compréhension entre l'Amérique et le monde musulman. Il évoquait un monde fondé sur "le respect mutuel et (...) sur la vérité selon laquelle l'Amérique et l'islam ne sont pas contradictoires et ne doivent pas rivaliser. Au contraire, ils partagent des principes communs". Le président américain espérait que les musulmans modérés s'empresseraient d'accepter cette main tendue. Il ne resterait plus alors qu'à éliminer la minorité extrémiste, telle qu'Al-Qaida.

Bien entendu, les choses ne se sont pas déroulées comme prévu. Et le comportement récent de la Turquie constitue une illustration parfaite de la futilité de cette approche et de la supériorité du modèle d'Huntington. Selon la vision du Monde unique, la Turquie est un îlot de modération musulmane dans un océan d'extrémisme. C'est sur la base de cette analyse que plusieurs présidents américains successifs ont pressé l'Union européenne d'accepter d'intégrer la Turquie dans ses rangs.

Cette illusion vient de voler en éclats. Il y a un an, le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan félicitait pour sa réélection l'Iranien Mahmoud Ahmadinejad, qui n'avait conservé la présidence que grâce à une fraude manifeste. Puis la Turquie se rangea aux côtés du Brésil pour entraver les efforts américains visant à renforcer les sanctions imposées par l'ONU pour stopper le programme nucléaire iranien. Tout récemment enfin, la Turquie a sponsorisé la "flottille humanitaire" destinée à briser le blocus israélien de Gaza et à offrir au Hamas une victoire sur le plan des relations publiques.

Certes, il reste à Istanbul des laïques qui continuent de révérer l'héritage d'Atatürk. Mais ils ne contrôlent aucun des ministères clés et l'emprise qu'ils exerçaient sur l'armée est en train de s'effriter. Aujourd'hui à Istanbul, on évoque ouvertement une "alternative ottomane" qui renvoie à l'époque où le sultan régnait sur un empire s'étendant de l'Afrique du Nord au Caucase.

Si l'on ne peut plus compter sur la Turquie pour se rapprocher de l'Occident, vers quel autre pays du monde musulman peut-on se tourner ? Tous les pays arabes sauf l'Irak—une démocratie précaire créée par les Etats-Unis—sont dirigés par des despotes de tout acabit. Et les groupes d'opposition qui bénéficient d'un soutien significatif parmi les populations locales sont tous dirigés par des organisations islamistes, telles que les Frères musulmans égyptiens.

En Indonésie et en Malaisie, les mouvements islamistes réclament la généralisation de la charia. En Egypte, le temps d'Hosni Moubarak est compté. Et si les Etats-Unis soutiennent l'installation de son fils à la présidence, le reste du monde musulman aura tôt fait d'accuser l'administration Obama d'adopter deux poids, deux mesures—si l'on procède à des élections en Irak, pourquoi ne pas en organiser en Egypte ? Or en cas d'élections libres et transparentes, une victoire des Frères musulmans n'est pas à exclure. Algérie, Somalie, Soudan ? Il est difficile de citer un seul Etat à majorité musulmane qui se comporte en accord avec le scénario du Monde unique.

Le plus grand avantage du modèle huntingtonien des relations internationales est qu'il reflète le monde tel qu'il est, et non tel que nous aimerions qu'il fût. Il nous permet de distinguer nos amis de nos ennemis. Et il nous aide à identifier les conflits internes aux différentes civilisations, en particulier la rivalité historique entre Arabes, Turcs et Perses pour la domination du monde islamique.

Diviser pour régner ne peut pourtant pas constituer notre seule politique. Nous devons prendre conscience que la progression de l'islam radical résulte pour une bonne part d'une puissante campagne de propagande. D'après un rapport de la CIA rédigé en 2003, les Saoudiens ont investi durant trois décennies au moins 2 milliards de dollars par an pour propager leur version fondamentaliste de l'islam. La réaction de l'Occident pour promouvoir sa propre civilisation a été négligeable.

Notre civilisation n'est pas indestructible : elle doit être activement défendue. C'est la principale leçon d'Huntington. Le premier pas pour remporter la victoire dans ce choc des civilisations est de comprendre la façon dont la partie adverse mène son combat—et de nous débarrasser de l'illusion du Monde unique.

 

Tony Blair : une prise de conscience tardive?
Ftouh Souhail
Drzz.info, 27 août, 2010

Lors d’un discours prononcé au Centre Interdisciplinaire d’Herzliyya, ce mardi 24 août 2010, Tony Blair a dénoncé la campagne actuelle de « délégitimation d’Israël ».

Tony Blair a affirmé que « la meilleure réponse à ceux qui cherchent à délégitimer Israël réside dans l’ouverture, la droiture et la créativité des Israéliens eux-mêmes ». « Mon conseil est celui de garder et de cultiver cet esprit », a ajouté l’ancien Premier ministre britannique.

Tony Blair a décrit : « la délégitimation d'Israël comme un affront à l'humanité ! » (1).

Cette réaction est d’autant plus louable et inattendue qu’elle provient d’un ancien Premier ministre d’un pays généralement pro – arabe.

La sympathie pro palestinienne est en effet très forte en Grande Bretagne. C’est dans ce pays que la campagne "antisioniste" de boycott contre Israël et la stigmatisation de la seule démocratique de la région sont les plus forts en Europe. C’est aussi dans ce pays que l’on a poussé à l’extrême la complaisance envers les Palestiniens, au point que chaque déclaration publique sur le Proche Orient, à Downing Street, est associée aux mots «occupation israélienne ».

C’est ici encore ou les médias sont généralement de gauche et bêtement pro palestiniens, basculant dans la malhonnêteté intellectuelle et le parti-pris idéologique anti-israélien. En Grande Bretagne, la machinerie de propagande islamiste fonctionne à merveille parce qu’elle s’appuie sur une assisse financière musulmane forte.

Alors, comment se fait-il que Tony Blair parle de la diabolisation et la délégitimation d’Israël, alors que son pays soutient sans ambiguïté le boycott des produits israéliens, le boycott académique de ses universités et le désinvestissement ?

En décembre 2009, les Britanniques, toujours zélés lorsqu’il s’agit de boycotter Israël, ont décidé de marquer de façon claire les produits en provenance des « colonies » de Judée Samarie et du plateau du Golan. Le Gouvernement britannique a conseillé à tous les supermarchés, épiceries et autres magasins vendant des produits importés de localités juives de ces régions d’Israël, de coller une étiquette bien visible, afin d’informer les clients. Une telle mesure n’a jamais été prise contre un autre pays !

En juillet 2009, c’est aussi la Grande Bretagne qui a décidé de suspendre les ventes d’une certaines catégories d’armes à Israël, à la suite de la guerre à Gaza au début de l’année. Cette évolution a représenté une réelle victoire pour la coalition Stop Arming Israel qui a commencé sa campagne pour un embargo sur les armes livrées à Israël par la Grande Bretagne. Cette décision était prise sous l’effet des pressions de "groupes extraparlementaires et organisations non gouvernementales" proche des milieux anti-israéliens.

Alors, avant de parler de « la délégitimation d’Israël », les anglais devraient plutôt reconnaître la souveraineté juive sur l’ensemble du territoire historique d’Israël, et aussi respecter le droit légitime de l’Etat Juif à se défendre contre les attaques palestiniennes qui visent sa population. Les anglais devraient aussi commencer à mettre en quarantaine ceux qui prônent la haine des Juifs et le boycott d’Israël. Le choix résolument pro palestinien a beaucoup nuit à l’image de la Nation Britannique.

Je pense néanmoins bien souvent à l’Histoire de cette nation et à ses héros, comme Winston Churchill. Ce qui me désole, c’est de voir que les citoyens britanniques ne sont généralement pas au courant de ce qui se passe dans leur pays, parce que les médias se taisent quand ils devraient s’exprimer.

 

«L'antisémitisme en 2010 est pire qu'en 1910»
Une interview de Prof. Wistrich de l'Université Hébraïque de Jérusalem

Gil Shefler
Jerusalem Post, 26 août, 2010

Le professeur Robert S. Wistrich, directeur du Centre International pour la Recherche sur l'Antisémitisme au nom de Vidal Sassoon à l'Université Hébraïque, et auteur d'un livre récemment publié à ce sujet et intitulé « Obsession Compulsive: L'Antisémitisme », considère que le monde devient de jour en jour plus dangereux pour les juifs.

"L'antisémitisme change sans arrêt de forme et cela fait sa force", explique-t-il. " Toutes les indications montrent une hausse continue et claire dans le nombre d'attaques documentées contre des juifs." Wistrich affirme que durant la dernière décennie, on a pu constater que des "fils" de haine contre les juifs se sont tissés et ont créé une alliance impie entre l'extrême-droite, l'extrême-gauche et l'islam fondamentaliste. "Ce qui m'a laissé l'impression la plus choquante durant cette dernière décennie est la fusion entre l'antisémitisme classique et un nombre de courants secondaires tels que l'anti-américanisme, l'islam fondamentaliste, et la délégitimation internationale de l'état d'Israël. Il ne s'agit pas de quelque chose de nouveau, mais de l'aggravation de quelque chose d'existant. La coopération entre ces facteurs est devenue beaucoup plus claire."

"En comparaison avec ce que nous avons vécu ces dix dernières années, l'année 1910 était un paradis", dit-il sans aucune hésitation. "Il y a eu un potentiel grave d'antisémitisme en 1910, mais les juifs vivaient alors dans un environnement relativement stable. Comme le disait Stefan Zweig, c'était une ère où régnait un sentiment de sécurité." Le cas sortant de l'ordinaire à cette période fut la Russie tzariste; ce grand bastion de l'antisémitisme, où les juifs furent forcés de vivre sous la discrimination institutionnelle dans le cadre des limitations de résidence et où ils furent victimes de pogromes périodiques. L'antisémitisme en 1910 en Russie était pire que celui de nos jours, avoue-t-il – mais cela n'est pas de même pour les pays occidentaux. "Aujourd'hui, même dans les sociétés les plus développées et les plus démocratiques, les juifs ne se sentent pas dans une situation confortable", dit-il. "La véritable différence est que l'antisémitisme d'aujourd'hui n'est pas moins fréquent qu'en 1910, cependant l'Etat d'Israël fournit un puissant bouclier et un facteur de dissuasion. Mais la dissuasion n'est pas parfaite et l'Etat d'Israël représente en lui-même un facteur d'encouragement de l'antisémitisme."

"Il y a un ressentiment commun contre Israël et l'Amérique, qui provient le plus souvent de la pensée antisémite. Il s'agit d'une situation qui existait déjà dans les années 70-80, et qui a pris de l'importance suite à la révolution islamique. Nous sommes les témoins d'un assaut qui est en fait contre l'Occident, alors qu'Israël et les juifs servent d'objectif de substitution de cette attaque." Wistrich nie être pessimiste. Il préfère se définir en tant que "prudent optimiste". De manière ironique, le seul espoir du combat contre l'antisémitisme est dans les mains des élites. Dans le passé, celles-ci détestaient les juifs arrogants et avaient peur d'eux, mais de nos jours, elles comprennent leurs erreurs passées. "C'est le signal de l'éveil tardif d'une partie des élites politiques en ce qui concerne l'antisémitisme", dit-il. "Il y a plusieurs voix minoritaires dans le monde arabe. Il s'agit aujourd'hui de voix sans conséquence mais elles ne le resteront pas pour toujours. Pour cela, un effort long et concentré sera nécessaire. Mais il faut commencer quelque part."

 

 
À propos
Drzz.info, 27 août 2010 
Guy Millière

L’abandon de l’Irak et la « stratégie Obama »

Islamisation.fr, 23 août 2010 

Le projet de mosquée de Ground Zero est islamiste: les preuves (2ème partie)

YnetNews, 12 août 2010
Guy Bechor

Obama abandonne le Moyen-Orient

Menapress.org, 24 août 2010
Guy Millière

Iran : le point de non-retour

jss.news, 25 août, 2010

Geert Wilders redonne à la Jordanie ses couleurs historiques: la Palestine!

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