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Vendredi, 5 février 2010 • Volume XIV, Number 423 L’Europe cherche à diviser Jérusalem Selon les accords d’Oslo signés en septembre 1993, l’avenir de Jérusalem serait l’une des questions à l’ordre du jour dans les futures négociations sur le statut final et permanent. Dans le cadre de leur mandat, les Suédois ont influencé les ministres européens des Affaires étrangères pour qu’ils reviennent sur les déclarations antérieures et qu’ils reconnaissent clairement Jérusalem-Est comme la capitale du futur Etat palestinien en jugeant d’avance le résultat des négociations en cours. Lorsque les ministres européens des Affaires étrangères se sont réunis le 8 décembre dernier, ils ont publié une déclaration qui n’a que partiellement atténué le projet suédois. La nouvelle référence mentionne que l’Etat palestinien serait composé de « la Cisjordanie et de Gaza avec comme capitale Jérusalem Est », et que Jérusalem serait en sorte “la future capitale de deux Etats.” La déclaration de l’Union Européenne a insisté pour que l’Union européenne « ne reconnaisse aucun changement dans les frontières d’avant 1967 » sans l’accord des parties. Pourtant, en déclarant que les lignes de 1967 sont une frontière politique, l’Union européenne ignore qu’elles ne sont que des lignes d’armistice et non une frontière internationale reconnue. En fait, la Résolution 242 du Conseil de Sécurité a déjà reconnu que les lignes d’avant 1967 pourraient être modifiées. En déclarant leur soutien pour que Jérusalem Est soit intégrée dans un Etat palestinien, les Suédois laissent croire aux conseillers de Mahmoud Abbas qu’ils pourront refuser des négociations bilatérales avec Israël tout en laissant intervenir une tierce partie à leur avantage. Aujourd’hui, Israël joue un rôle crucial dans la protection des Lieux saints. Demain, si les Etats européens, accordent la protection des lieux saints du christianisme aux Palestiniens ne risquent-ils pas de les offrir à un régime islamiste sous la tutelle du Hamas? La proposition suédoise a été soutenue à l’origine par la Grande Bretagne, la Belgique, l’Ireland, le Luxembourg et Malte. Lorsque les ministres européens des Affaires étrangères se sont réunis le 8 décembre dernier, ils n’ont fait aucune référence explicite à cette proposition. Du point de vue israélien la déclaration de l’UE reste fondamentalement en contradiction avec la politique du gouvernement appelant à maintenir la ville unie, néanmoins, la déclaration de l’UE est compatible avec les déclarations politiques antérieures sur Jérusalem et ne contiennent pas les références exigées par le projet suédois. Tout accord sur l’avenir de Jérusalem doit être atteint par la négociation. Quelques heures après la publication de la déclaration européenne, le porte- parole du département d’Etat Phillip Crowley a souligné : « nous sommes conscients de la déclaration de l’UE, mais notre position sur Jérusalem est claire: la question du statut final, devrait être traité dans le cadre d’une négociation directe et officielle entre les protagonistes. » Il est clair que Washington a mis des réserves sur la déclaration de l’UE et sur ses ambigüités flagrantes et il est absurde que les Palestiniens l’interprètent comme un soutien acquis à leur cause en déclarant unilatéralement la création d’un Etat palestinien avec Jérusalem Est comme capitale. Dans le plan de partage de 1947 –Résolution 181 de l’Assemblée générale de l’ONU, toute la ville de Jérusalem était supposée être une entité internationale durant une décennie et sous l’administration des Nations Unies. Après dix ans, les résidents de Jérusalem pourront voter selon leur choix: appartenir à l’Etat juif ou à l’Etat arabe. Cette entité internationale a été désignée en latin « corpus separatum » ou entité séparée. Le 1er mars 1999, l’Allemagne qui était présidente de l’Union européenne a remise par l’intermédiaire de son ambassadeur une note verbale au ministre israélien des Affaires étrangères qui stipule que « l’UE réaffirme sa position déclarée concernant le statut particulier de Jérusalem comme corpus separatum. » Historiquement parlant, la Résolution 181 a été dépassée par les événements. Les résolutions ultérieures de l’ONU ont fait depuis référence aux accords d’armistice signés en 1949. Rappelons que pendant la guerre d’Indépendance, Jérusalem a été attaquée par trois armées arabes, et l’ONU a échoué à mettre en œuvre sa propre résolution sur l’internalisation et l’application du corpus separatum. Jérusalem a été défendue par les forces israéliennes naissantes- et non pas par l’ONU. En conséquence, le Premier ministre David Ben Gourion a déclaré qu’Israël considérait les références de la Résolution 181sur Jérusalem comme « nulles et non avenues » et cette position a été depuis celle de tous les gouvernements israéliens jusqu’à ce jour. Depuis la Déclaration de Venise en 1980, les Européens ont condamné et rejeté les mesures unilatérales israéliennes dans le but de réunifier la ville sainte. Toutefois et depuis 2002, ils font partie des responsabilités du Quartet, avec les Etats-Unis, la Russie, et le Secrétariat de l’ONU. Ils se trouvent dans l’obligation d’aider les parties à parvenir à une solution négociée au conflit israélo-palestinien. Le Ministre des Affaires étrangères suédois Carl Bildt n’est-il pas conscient que dans la déclaration du 9 novembre 2008, les membres du Quartet ont accepté le principe que « les tiers ne devraient pas intervenir dans les négociations bilatérales ». Ainsi, en violant les principes du Quartet, les Suédois sapent la crédibilité européenne et Israël pourra dire très justement: qui a besoin du Quartet si ses membres ne respectent pas leurs obligations ? Plutôt que de rendre les négociations plus faciles, la dernière initiative européenne les rend plus difficiles et encourage l’unilatéralisme Palestinien. Malheureusement, l’initiative suédoise n’a fait que renforcer la revendication des Palestiniens que tout gel de colonisation s’applique également à Jérusalem Est, ce qui réduit les chances que les négociations reprennent aussitôt. La Suède est devenue un pays particulièrement problématique pour Israël et l’Europe. Le 17 août 2009, le quotidien suédois Aftonbladet a publié un article abject sur l’armée israélienne; alors que de nombreux médias en Suède ont condamné l’article du journal, le gouvernement suédois a refusé de prendre position. Lorsque l’ambassadeur suédois à Tel Aviv, Elisabeth Borin a exprimé son dégoût de l’article, le gouvernement suédois a décidé de prendre distance de la déclaration de son représentant. Depuis cet événement les relations israélo-suédoises demeurent tendues et son gouvernement expose actuellement des signes d’hostilité croissants aux positions israéliennes. En conclusion, le gouvernement israélien devrait faire un effort diplomatique considérable pour souligner ses droits légitimes à Jérusalem et son rôle de protecteur des lieux saints. Les arguments soutenant une Jérusalem unifiée doivent être soulevés pas tous les ambassadeurs israéliens et dans toutes les capitales. Le peuple juif a rétabli sa majorité à Jérusalem en 1864, bien avant le mandat britannique. La ligue des Nations a crée Jérusalem comme partie du foyer national du peuple juif. N’est-il pas ironique que les Européens, qui se souviennent de la chute du mur de Berlin en 1989 comme un tournant historique pour leur continent, prônent désormais une nouvelle division de Jérusalem entre deux Etats distincts. Si le gouvernement israélien ne fera pas un effort concerté pour protéger ses droits à Jérusalem, alors même nos alliés les plus proches pourront supposer que l’Etat juif pourrait accepter un jour la politique que l’Europe propose. Amnesty International : Amnésie des vrais coupables à Gaza Amnesty international a publié un document intitulé « La suffocation: la Bande de Gaza assiégée par le blocus d’Israël ». Elle affirme que les Gazaouis souffrent terriblement du “siège” tout en occultant la réalité sur le terrain et la nature des relations entre Israël et Gaza. Tout d’abord, rappelons qu’avant la situation actuelle, des milliers de roquettes ont été tirées et de nombreux attentats suicides ont été perpétrés par des terroristes du Hamas contre des villages de la région et cibles israéliennes. Cette vague terroriste, sans précédent, a duré plus de huit ans et a nécessairement entraîné des sanctions économiques. Toutefois, comme le note le dernier rapport du ministère de la Défense, l’aide humanitaire à Gaza a augmenté de près de 900% par rapport à 2008. En dépit de ces données, les perpétuels détracteurs d’Israël tel qu’Amnesty International, font bruit et mêmes tapages, en critiquant vertement la situation humanitaire, et en la qualifiant de “terrible”. Cette manière de brosser un faux tableau de la situation générale à Gaza, n’est pas nouvelle, et passe sous silence les véritables raisons des circonstances dont vivent les résidents de la bande de Gaza. Déjà en 1996, les prédictions alarmantes ont évoqué “une crise humanitaire imminente”. En l’an 2000, certaines ONG et notamment Amnesty international, ont condamné Israël en soulignant que l’Etat juif est responsable de « la crise et de la catastrophe humanitaire” dans la Bande de Gaza. Depuis, cette terminologie reviendra souvent et durant toutes ces années jusqu’à ce jour le même vocabulaire figurera dans les rapports. Pour mieux comprendre les enjeux de la situation, il convient de mentionner deux faits inconnus du grand public: -Premièrement, les gisements de gaz situés sur la bande côtière de Gaza (certifiés par le « British gaz ») représentent environ deux milliards de dollars. Un chiffre estimé avant même la hausse vertigineuse des prix du pétrole au cours de ces dernières années. Si le gouvernement du Hamas stabilise la situation politique, les habitants de Gaza pourront alors récolter les fruits des gisements de gaz. Ainsi, ils pourront atteindre un niveau de vie de classe moyenne. -Deuxièmement, la population de Gaza est relativement en bonne santé et instruite. En fait, les indicateurs classiques du niveau de vie dans la bande de Gaza constituent une position relativement forte. L’espérance de vie est de 72.34 ans plus qu’en Russie (65.94), plus qu’aux Bahamas (65.72) que l’Inde (69.25) que l’Ukraine (68.06) et que l’Est de Glasgow (Ecosse) où l’espérance de vie pour les hommes n’est que de 69.3. De même, le taux de mortalité infantile (21.35 décès/1000 naissances) est beaucoup plus faible qu’en Angola (182.31 décès/1000 naissances) que l’Iran 36.93/1000, ou le Brésil (26.67/100). Le fait le plus étonnant et contrairement à ceux que les médias prédisent en niant toute chance d’un avenir meilleur, l’alphabétisation à Gaza s’élève à 92.4%. Ce taux est beaucoup plus élevé qu’en Inde (47.8%) qu’en Egypte (59.4%) et même que dans la riche péninsule de l’Arabie Saoudite. (70/8%) Alors qu’Israël est présenté comme coupable de tous les maux de Gaza, Amnesty international ne mentionne pas le succès électoral du Hamas, intervenu avant le coup d’Etat qui a renversé l’autorité palestinienne de Mahmoud Abbas. Le Hamas a été élu par une majorité absolue et pourtant n’a pas caché son fanatisme religieux ou les méthodes qu’il utiliserait en cas de la prise du pouvoir. La charte du Hamas est claire et explicite sur ses intentions d’utiliser de tous les moyens et notamment les plus violents pour détruire Israël et afin d’obliger ses citoyens d’accepter la loi islamique palestinienne. Le Hamas déclare sans ambages qu’aucun compromis ne serait envisageable. De ce fait, les électeurs de la bande de Gaza étaient conscients des implications sur leurs conditions de vie et les conséquences d’une mise en place d’une administration fondamentaliste dirigée par le Hamas. Lorsque Israël a permis le passage des marchandises et les a fournis aux citoyens de Gaza, des preuves palpables démontraient que le Hamas utilisait les cargaisons à des fins terroristes. Le ciment, par exemple, qui figure dans les plaintes successives d’Amnesty international n’a pas été destiné pour la reconstruction des écoles mais pour renforcer les tunnels de contrebandes et les bunkers militaires. La prise de position d’Amnesty international soulignent des références au droit international, mais en réalité n’indique pas une seule clause spécifique violée ; En outre, cette organisation utilise le terme « punition collective », alors qu’il n’y avait aucune intention de la part des autorités israéliennes de punir les Gazaouis. Contrairement aux allégations, aucun pays n’est engagé à ouvrir ses frontières. Israël n’a aucune obligation légale de commercialiser avec cette région. Il peut empêcher l’introduction de convois commerciaux ou de fermer ses frontières selon les circonstances sécuritaires, même si ces mesures servaient de « punition » au terrorisme du Hamas. L’exécution de sanctions économiques comme l’arrêt de fourniture de combustible et de l’électricité ne comprend pas une utilisation de la force militaire et elle est considérée comme une mesure complètement juridique. Elle fait partie intégrale et elle est une réponse aux attaques contre Israël à partir de la bande de Gaza, et elle est légitime malgré les effets fâcheux sur une partie de la population palestinienne. L’utilisation de sanctions économiques et autres sanctions non militaires comme moyen de punir des actes internationaux illégaux ou un comportement incorrect est connue dans le droit international comme outil de représailles. Nous savons que chaque pays peut utiliser des représailles. En effet, il est reconnu que les Etats peuvent aller au-delà de représailles et exercer des raids non militaires, où des contremesures qui peuvent être dans d’autres circonstances, considérées comme illégales (comme la suspension des accords aériens). Aucune des opérations israéliennes ne comprend l’imposition de punitions de nature criminelle ou de violation du principe de distinction et de proportionnalité. Les dirigeants d’Amnesty international indiquent souvent leur souhait de parvenir à des efforts productifs pour aboutir à une paix au Moyen Orient sans pouvoir interdire au Hamas le lancement de tirs de roquettes et de mortiers. En fait, sa position réduit les chances de paix et augmente la violence et l’affrontement. Le vrai coupable dans cette tragédie est et demeure le mouvement terroriste-Hamas. Israël fait des efforts non négligeables pour améliorer la situation dans la bande de Gaza, tandis que le Hamas manipule l’opinion locale et internationale dans le cadre d’une propagande bien orchestrée. Contrairement aux rapports d’Amnesty, Israël n’a épargné aucun effort pour empêcher une crise humanitaire à Gaza. Israël a créé un bureau de coordination des affaires humanitaires, où des représentants de l’armée israélienne et des représentants gouvernementaux travaillent jour et nuit afin de répondre aux besoins humanitaires. Le colonel Nir Pérès, ancien commandant du ministère de la Coordination, a donné un exemple de cette machination: Au début de l’année 2008, suite à une attaque du terminal de carburant de Nahal Oz, Israël a décidé de suspendre la fourniture du combustible. Mais avant que l’interdiction de la fourniture n’entre en vigueur, Israël a rempli au maximum toutes les réserves possibles de carburant. En réalité, le Hamas a refusé de se servir de ce carburant et a exigé les centaines de Gazaouis à faire la queue dans les stations de service et équipés de bidons d’essence vides pour pouvoir créer un climat de pénurie de carburant. Ce n’est que plus tard que des journalistes ont révélé la supercherie et une fois de plus le Hamas a induit en erreur les médias, et les défenseurs des droits humanitaires. En conclusion, nous recommandons à Amnesty international de focaliser ses efforts pour les personnes vraiment nécessiteuses et ne pas apporter leur « aide humanitaire » aux mouvements qui imposent leur terrorisme à leurs voisins. En fait, les Gazaouis ont obtenu, per capita, la plus grande aide internationale jamais accordée à autre entité à travers le monde. Les 900 millions de dollars qui ont été promis par la secrétaire de l’Etat Clinton afin de construire à nouveau la bande de Gaza, pourraient avoir un meilleur impact pour atténuer les souffrances des milliers d’Haïtiens vivant sous les décombres et dans des conditions désespérées. Les résidents d’Haïti n’auraient sans doute pas utilisé cette aide étrangère pour lancer des roquettes, de mortiers ou des kamikazes, contre la République dominicaine, leur voisine. "Plus jamais ça" ? Le 27 janvier dernier on commémorait la chute du camp d’extermination d’Auschwitz et le souvenir de la Shoah. Shimon Peres a pris la parole en hébreu au Bundestag, à Berlin. Binyamin Netanyahu a prononcé un discours sur le site même où plus d’un million de Juifs sont morts, dans des conditions bien plus qu’atroces. Les mots « plus jamais çà » ont à nouveau retenti. Ces mots, aujourd’hui bien plus encore qu’hier, devraient être entendus sur la planète entière. Ils devraient l’être dans le monde arabe, où le négationnisme ne cesse de gagner du terrain et où les thèses de Robert Faurisson, de Roger Garaudy, et d’autres personnages tout aussi rances circulent largement. Ils devraient l’être chez ceux qu’on appelle les Palestiniens, et dont le père spirituel, Amin Al Husseini, a si largement contribué à l’entreprise génocidaire nazie, qu’il semblerait que c’est dans ce qui restait de son appartement en Allemagne, au temps du Reich, qu’on a trouvé quelques-uns des plans des lieux où s’édifiaient autrefois chambres à gaz et fours crématoires. Ils devraient l’être à Téhéran où, si Ahmadinejad se rasait la barbe et ne gardait qu’une moustache, on pourrait le prendre pour le descendant authentique de l’infect Adolf. Ils devraient l’être en Europe, tout particulièrement en Europe, car c’est sur le sol européen que le Crime a été commis, par des Européens, sur ordre et décision d’Européens. Et chacun sait (ou devrait savoir) que si une part majeure de ces Européens criminels portaient les uniformes vert de gris de la Wehrmacht, certains portaient d’autres uniformes, voire pas d’uniformes du tout, comme nombre de simples collaborateurs et autres délateurs. Malheureusement, le monde arabe reste négationniste. Avec la montée de l’islam radical, le négationnisme s’épand bien au-delà de lui, dans les terres d’islam, jusqu’en Turquie ou en Malaisie, en Indonésie, au Pakistan. Malheureusement aussi, à moins que je ne doive dire, logiquement, ceux qu’on appelle « les Palestiniens » continuent à avoir des dirigeants qui sont les descendants intellectuels d’Amin al Husseini, qui raisonnent comme lui, et qui recourent à une propagande dont il n’y a pas même besoin de chercher l’origine, puisqu’elle est souvent indiquée, et que Mein Kampf, du côté de Ramallah, reste un ouvrage qui se vend très bien. A Téhéran, même s’il ne se rase pas la barbe, Ahmadinejad continue à parler comme un descendant authentique d’Hitler, tout en faisant tuer, violer, torturer, mutiler des centaines d’Iraniens qui ne se reconnaissent ni nazis ni islamistes. Et il prépare des armes atomiques en rêvant de finir le travail commencé par celui qui lui sert de source d’inspiration principale. Qui n’est ni Allah ni Khomeiny. Quant à l’Europe : elle oublie, dirai-je. Elle pratique une sorte de service minimum. Elle commémore, parce qu’il faut bien, mais on sent de divers côtés que le cœur n’y est pas. Au moment de la diffusion de la série télévisée Holocauste, il y eut une sorte de réveil assez vaste des consciences européennes. Ce réveil dura jusqu’à la sortie en salle du film Shoah de Claude Lanzmann, peut-être jusqu’à ce que Steven Spielberg réalise La liste Schindler. Depuis, ce réveil est passé. On voit poindre des traces de plus en plus insistantes d’irritation face au fait que certains ont l’impudence de rappeler ce qui s’est passé voici trois générations à peine. On entend dire que l’Europe n’en est plus là, que les Européens d’aujourd’hui ne sont pas coupables de ce que les Européens d’hier ont pu faire, ou que l’Europe, désormais, c’est la paix, la fraternité, les droits de l’homme. On entend aussi monter une musique insidieuse qui, pour ce qui me concerne, me donne la nausée et dont je trouve les traces de plus en plus fréquentes dans les blogs et les commentaires qui suivent les articles publiés dans la grande presse. La Shoah, suggère-t-on, n’a pas été un Crime unique et singulier, les nazis n’ont pas tué que des Juifs et, surtout : Israël ! Israël, disent les uns, n’a pas à « profiter de la Shoah » pour tenter de justifier ses exactions. Israël, notent les autres, « se comporte comme les tortionnaires nazis ». J’en passe, avant de glisser de la nausée au besoin de déglutir. Je le dis comme je le pense : l’oubli que je vois poindre en Europe me semble très malsain. L’irritation qui accompagne le rappel du passé me semble nauséabonde. Se souvenir que des Européens, qui se croyaient très civilisés, ont pu commettre le plus abject de tous les Crimes contre l’humanité, devrait permettre non seulement de garder les faits en mémoire, mais aussi de préserver l’humilité, le scrupule, et une compréhension de ce que l’éthique ne peut pas être à géométrie variable, et de ce que la connaissance doit impérativement servir de garde-fou contre le dogme. Je l’ajoute : tous les discours sur la paix, la fraternité et les droits de l’homme, s’ils sont tenus dans l’abstrait, sans être irrigués par le rappel humble de ce qui fut et de ce qui est, et par l’ancrage de ce qu’on dit ou écrit dans l’humilité, le scrupule et une éthique sans géométrie variable, me semblent proches de l’imposture. La paix n’existe que si on se donne les moyens pour qu’elle existe et si on étudie suffisamment pour discerner qu’elle n’est pas une notion qui flotte dans l’air comme un ballon de baudruche, mais quelque chose qui implique vigilance, opiniâtreté et conscience de ce qu’il y a des gens contre qui il faut parfois se battre. Ce qui vaut pour la paix vaut pour la fraternité et pour les droits de l’homme. Je le précise : la musique insidieuse qui monte et me donne la nausée est tissée de relativisme et de falsifications, et relativisme et falsification s’insinuent, précisément, lorsque l’oubli monte et que l’imposture s’installe. Je pourrais rappeler pourquoi la Shoah a été un Crime sans équivalent, expliquer que si les nazis n’ont pas tué que des Juifs, seuls les Juifs ont été victimes d’une campagne exterminationniste systématique. Je pourrais exposer en détail pourquoi les comparaisons avec la traite d’esclaves sont ineptes et ont à l’examen autant de consistance qu’une dent creuse. Je pourrais narrer, en historien, un siècle d’histoire du Proche-Orient pour répondre aux imbécillités énoncées et écrites sur Israël et sur plus de soixante ans de guerre arabe contre Israël. Je sais que je ne convaincrais que les convaincus et que les autres passeraient leur chemin, avec l’arrogance niaise et inquiétante de celui qui s’imagine tout savoir, simplement parce qu’il a parcouru un tract ramassé sur un trottoir sale. Israël, futur membre de l’UE ? Lors de sa visite, le Premier ministre italien, Silvio Berlusconi, n’a cessé de rappeler son envie de voir Israël rejoindre l’Union européenne (UE). Lorsqu’il l’a déclaré debout devant la Knesset mercredi, tout le monde a applaudi. Ils ont applaudi, même si chacun sait que ça n’arrivera sans doute jamais. D’abord parce que l’UE ne veut pas de nous, mais aussi parce que nous ne voulons pas nécessairement rejoindre ce club. Mais nous avons applaudi. Nous avons applaudi même s’il ne s’agit que de paroles en l’air, simplement pour le symbole. Israël n’est pas - pour le dire poliment - dans le “hit parade” européen ce mois-ci. Il est diabolisé par certains (je pense à la presse suédoise), accusé de crimes de guerre par d’autres (je pense aux Britanniques), ou encore raillé par d’autres (je pense aux Irlandais). Et malgré cela, le leader italien nous rend visite. Il clame que nous sommes des frères et qu’ils nous veulent avec eux… Pour une nation qui se sent mise à l’écart et accusée par la terre entière, de tels mots font chaud au cœur et doivent être applaudis. Mais ne soyez pas dupes. Israël n’est pas si pressée de rejoindre l’UE. En fait, Israël n’a jamais exprimé officiellement son désir de devenir membre de l’UE. Ce n’est pas que personne n’en ait jamais émis l’idée. En 2002, Binyamin Netanyahou, alors ministre des Finances, avait demandé à Berlusconi de considérer ce projet. A l’époque, l’idée faisait des étincelles dans l’imagination de certains députés, et les dossiers étaient prêts pour une évaluation de la question par le ministère des Affaires étrangères. Mais à l’époque, il n’était pas dans l’intérêt d’Israël de se conformer au libéralisme de l’UE : liberté de mouvement de population, de marchandises, de capitaux et de services. Israël, en raison de considérations de sécurité, n’est pas prêt à accorder la libre entrée et sortie de tous les Européens, en Israël. Pas maintenant, pas tout de suite. Une question de souveraineté Ces dossiers restaient très techniques. Mais, quelques questions étaient traitées plus poétiquement. La question de l’indépendance par exemple. Après 2000 ans d’exil, le peuple juif a finalement gagné son combat pour l’indépendance en 1948. Il s’est trouvé un drapeau, un hymne, et - non sans efforts - a gagné sa souveraineté politique. Israël ne semble pas être à même d’abandonner une partie de sa souveraineté et de se fondre dans une organisation plus large. C’est pourtant - dans une certaine mesure - ce qu’implique le statut de membre de l’UE. Rejoindre l’UE signifierait qu’Israël a le devoir de s’aligner sur la politique étrangère, industrielle, économique et agricole de l’Union. Pour caricaturer, si les Européens décident que les agriculteurs israéliens ne peuvent faire pousser qu’un seul type de poivrons rouges, il faudrait s’y conformer. Et comme le dit Miguel Moratinos, le ministre des Affaires étrangères espagnol : “Est-ce que quelqu’un peut sérieusement imaginer [le ministre des Affaires étrangères Avigdor] Lieberman travailler sous l’autorité du Haut représentant [Catherine] Ashton [- nouvelle responsable des Affaires étrangères de l’UE -] ?” Dans la même idée, il semble extrêmement difficile d’imaginer que les Européens nous laissent intégrer leur club tant que durera le conflit avec les Palestiniens et les Arabes. Il suffit de regarder la difficulté qu’a eue Israël à entretenir des relations normales avec l’UE - processus d’ailleurs interrompu pendant l’opération Plomb durci - pour imaginer à quel point il serait difficile de remplir les critères pour prétendre à un statut de membre... Il est presque impensable de croire que l’UE voudrait intégrer l’Etat hébreu tant que nous n’aurons pas retrouvé les frontières d’avant 1967, incluant le Golan et Jérusalem-Est. Les mots de Berlusconi sont donc bien des mots. Rien de plus. Certes se sont de jolis mots mais, à l’heure actuelle, l’adhésion à l’UE est aussi probable que la nomination d’Israël en tant que 51e Etat américain.
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