L’HÉGÉMONIE DE GAUCHE DANS LES MÉDIAS

Volume no. VIII, No. 765 • 3 fev., 2017 • 3 février 2017

Jewish World

  

    

 

 

 

 


 

 

 

DERSHOWITZ: « LES MÉDIAS ET LA GAUCHE UTILISENT DES MOYENS NON-DÉMOCRATIQUES CONTRE NETANYAHU »

Jack Philip

JSS, 2 jan., 2017

 

 

Un éminent juriste juif américain et critique le président Obama a accusé la gauche et les médias israéliens d’avoir tenté de subvertir le gouvernement israélien, en enquêtant sur la famille Netanyahu dans le but d’annuler la victoire électorale du Premier ministre en 2015.

 

Le professeur Alan Dershowitz, un démocrate de longue date qui a soutenu Obama jusqu’à la résolution 2334 de l’ONU et qui est un fidèle partisan de l’État juif, a attaqué la récente résolution du Conseil de sécurité des Nations unies condamnant la présence d’Israël en Judée et Samarie.

 

Dans une interview publiée par le quotidien Israël Hayom publié dimanche, Dershowitz a visé la gauche israélienne et les médias pour ce qu’il a décrit comme « des tentatives d’utiliser les enquêtes policières en cours pour entraver le Premier ministre. »

 

« Ils ne peuvent pas le battre par des moyens démocratiques, alors ils essaient d’utiliser ces enquêtes et les médias pour l’expulser du pouvoir. »

 

«Je n’ai jamais vu une situation où les médias ont été si obsessionnellement concentrés sur ce qui semble être les détails les plus triviaux – comme de savoir si mettre ses meubles dans un garde-meuble lorsqu’on est élu Premier Ministre est légal ou non. Aux Etats-Unis, l’Etat paye pour tout. »

 

Judicial Watch, a déclaré qu’après les dernières vacances d’Obama à Hawaï, ses frais de voyage au cours des huit dernières années ont atteint plus de 96,9 millions de dollars.

 

L’épouse du Premier ministre, Sara Netanyahu, a été accusée de détournement de fonds publics après avoir acheté des meubles pour la résidence privée de la famille avec des fonds alloués au cabinet du Premier ministre. En outre, elle a même été accusée par les médias de ne pas avoir signalé avoir rendu des bouteilles consignées.

 

Si les allégations contre le Premier ministre et son épouse peuvent ou non être valables, a déclaré Dershowitz, elles ne doivent pas être utilisées pour saper un chef de gouvernement en exercice et l’empêcher de remplir ses fonctions, en particulier pendant une crise diplomatique comme celle créée par l’ONU ces derniers jours.

 

« Le Premier ministre doit maintenant travailler 24 heures sur 24 et sept jours sur sept. L’idée que le premier ministre va maintenant devoir être interrogé sur ce qui semble être des incidents relativement insignifiants, empêche vraiment la démocratie de fonctionner. ».

 

« L’idée qu’il doit maintenant prendre le temps de se préparer, avec des avocats, au lieu de défendre Israël, est folle. Je veux dire, si ce sont des accusations sérieuses, le délai de prescription peut être prolongé. Personne n’est au-dessus de la loi, nous sommes tous d’accord avec cela, mais il peut être tenu responsable après son départ du bureau. »

 

 

 

POURQUOI LES JOURNALISTES SONT DE GAUCHE

Fabrice Madouas

Valeurs, 12 juillet, 2012   

 

 

 

« On le subodorait. On le devinait à mille petits signes : les journalistes votent à gauche, sont de gauche et, naturellement, soutiennent la gauche. » Il faut avoir soit le goût de la provocation soit un certain courage pour être aussi catégorique sur un sujet aussi polémique. Fondateur de Reporters sans frontières (dont il a été secrétaire général jusqu’en 2008) et de la revue Médias, journaliste sur iTélé et Sud Radio, Robert Ménard ne manque ni de l’un ni de l’autre. Mais comme il sait qu’on ne peut briser un tabou sans s’exposer à la critique, il a pris soin de commander à l’institut Harris Interactive une enquête sur le vote de ses confrères – et des nôtres. Pas un sondage, car « cela coûte cher », admet-il dans l’entretien qu’il nous accorde, mais une consultation : « Il s’agissait d’interroger les journalistes présents sur Twitter », précise Jean- Daniel Lévy, directeur du département politique et opinion de Harris Inter active.

 

 

Cent cinq journalistes ont répondu à l’intégralité de cette enquête, publiée dans le dernier numéro de Médias. Ses résultats sont éloquents. « Les journalistes ayant pris part à la consultation déclarent un vote beaucoup plus marqué à gauche que le corps électoral français », constate Jean-Daniel Lévy. En tête, François Hollande – comme au premier tour, mais avec 10 points de plus que les Français ne lui en ont accordé. Le deuxième ? Jean-Luc Mélenchon (+ 8 points), devant Nicolas Sarkozy ( – 9). Marine Le Pen n’arrive qu’en sixième position, avec 3 %, soit six fois moins que le 22 avril. Hollande recueille 74 % des suffrages au second tour.

 

Cent cinq journalistes ne forment qu’un mince échantillon et l’on pourrait contester ces résultats si d’autres enquêtes, plus anciennes, n’allaient dans le même sens. Par exemple, le sondage réalisé par l’Ifop pour l’hebdomadaire Marianne en avril 2001, avant une autre élection présidentielle. À l’époque, 63 % des journalistes consultés avaient l’intention de voter à gauche (dont 32 % pour Lionel Jospin, qui fut éliminé dès le premier tour). La droite ne recueillait que 6 % des voix, les autres ne se prononçant pas. « Il faudrait être quelque peu naïf, après cela, pour s’étonner du fossé abyssal qui se creuse entre la caste journalistique et la population », concluait l’auteur de l’article, Philippe Cohen.

 

Les simulations électorales réalisées cette année dans plusieurs écoles de journalisme sont elles aussi intéressantes. Au Centre de formation des journalistes (CFJ), les étudiants de première année ont choisi, dans l’ordre : Hollande, Mélenchon, Bayrou. À l’École supérieure de journalisme (ESJ) de Lille : Hollande, Mélenchon, Joly. Au Celsa : Hollande, Mélenchon, Sarkozy et Bayrou (troisièmes ex æquo). La droite est éliminée dès le premier tour.

 

Directeur du CFJ depuis 2008 (et bientôt de Reporters sans frontières), Christophe Deloire souligne que ces consultations concernent moins de cinquante étudiants – l’effectif moyen d’une pro motion de ces écoles. « J’ai su, ajoute-t-il, que certains élèves avaient voté Sarkozy le jour de l’élection alors qu’ils avaient voté blanc à l’école. » Il rappelle aussi que « les étudiants en France sont assez largement de gauche » : ceux des écoles de journalisme ne se distinguent pas de leurs condisciples. Reste qu’ils se distinguent des Français quand ils en sont sortis.

 

Les élections professionnelles en fournissent un autre indice. Les dernières ont eu lieu en juin. Le Syndicat national des journalistes (SNJ) a recueilli la majorité absolue des suffrages (51,3 %), devant la CGT et la CFDT. Or, même si ce ne fut pas toujours le cas, ses prises de position classent aujourd’hui le SNJ nettement à gauche : il figure parmi les fondateurs de l’Union syndicale Solidaires, adepte d’un « syndicalisme de luttes ». « Les salariés, les chômeurs, les retraités n’ont pas à faire les frais du désastre économique et social dans lequel nous ont plongés les politiques néolibérales et les marchés financiers », pouvait-on lire en janvier dans un communiqué de Solidaires, relayé par le SNJ sur son site.

 

À cette inclination pour la gauche, on peut trouver des raisons historiques et générationnelles – au moins jusqu’au début des années 2000. « L’histoire de la presse française n’est faite que de jeunes qui ont tâté de la politique et qui ont pour politique suivi dans le journalisme, expliquait en 2002 un journaliste du Monde cité dans un livre de Christophe Nick, les Trots kistes (Fayard). De 1960 à 1980, les militants étaient tous à l’extrême gauche. À une certaine époque, chaque groupuscule avait son quotidien ou son hebdomadaire. Des centaines de journalistes se sont ainsi formés sur le tas », avant d’être accueillis au sein d’autres rédactions, celle de Libération d’abord, puis du Monde – entre autres.

 

Ce n’est pas le résultat d’une stratégie d’entrisme, expliquait un ancien de la LCR et de Libé, Basile Karlinsky : « La réalité, c’est que le trotskisme, sans le vouloir ni le savoir, a réussi à être une (pas trop mauvaise) école de journalisme. » Parce qu’ils avaient dans leur bagage politique trois outils très efficaces pour s’imposer au sein des rédactions : « une appréhension intellectuelle du monde », le sens de l’organisation et « le goût du pouvoir

 

symbolique », soulignait Yves Roucaute dans Splendeurs et Misères des journalistes (Calmann-Lévy). Cette génération, qui avait 20 ans en 1968, est en train de passer la main, mais elle a fait école en faisant carrière sans rien abdiquer de ses convictions libertaires.

 

D’autres complètent cette approche historique par des éléments sociologiques et culturels. « Les journalistes se rapprochent des catégories sociales et intellectuelles les plus intégrées à la culture de gauche, les enseignants et les chercheurs », note le politologue Roland Cayrol dans la revue Médias. « Les étudiants qui présentent notre concours sont, pour beaucoup, issus de cursus d’histoire, de lettres, de sciences politiques. Des catégories sociales plutôt orientées à gauche », constate Christophe Deloire, du CFJ. Ce que confirment diverses enquêtes parues sur les étudiants de Sciences Po – dont beaucoup deviennent journalistes.

 

« La sensibilité politique des étudiants de Sciences Po se situe assez nettement dans le camp de la gauche. Ce positionnement s’accompagne d’un répertoire de valeurs privilégiant l’universalité, le libéralisme culturel, ainsi que la tolérance et l’ouverture aux autres », écrivait la sociologue Anne Muxel en 2004. Le règne de Richard Descoings n’y a évidemment rien changé. Les étudiants de Science Po ont, eux aussi, organisé une simulation électorale avant la présidentielle : François Hollande devance Nicolas Sarkozy de douze points au premier tour et l’écrase au second avec 63,6 %des voix.

 

En France, « les grands journalistes sont souvent issus des mêmes écoles que beaucoup de responsables gouvernementaux », remarquait l’ambassade des États-Unis dans une dépêche diplomatique révélée par WikiLeaks. « S’il y a une homogénéité du milieu, au niveau des dirigeants, c’est pour des raisons internes de formation, d’éducation, de milieu social, de mode de vie », avançait Régis Debray, en 2005, dans la revue Médias. Cette connivence intellectuelle favorise la diffusion d’un credo qu’on ne peut discuter sans risquer l’excommunication – comme l’a montré la condamnation d’Éric Zemmour. Laurent Fabius en a résumé les articles d’une formule éclairante : « La politique est une éthique, les droits de l’homme sont la jeunesse du monde et l’antiracisme est l’âme de la France. »

 

Nul ne conteste que « les droits de l’homme, dans leur acception classique, demeurent un appréciable instrument de lutte contre l’arbitraire des pouvoirs », écrit Élisabeth Lévy dans les Maîtres censeurs. Mais leur manipulation par des minorités réputées opprimées (culturelles, sexuelles, ethniques) menace d’éclatement une société privée de transcendance. « Voué au ministère des justes causes et des bons sentiments, le “machiavélisme du bien” [selon l’expression du philosophe Marcel Gauchet] n’en est pas moins un machiavélisme », conclut Élisabeth Lévy. Et, serait-on tenté d’ajouter, un manichéisme auquel la droite s’est soumise de peur d’être rejetée dans le camp du mal. Une nouvelle illustration en est fournie par la polémique sur la “droitisation” de l’UMP, récusée par d’ex-ministres de Nicolas Sarkozy. Pourtant, la droite ferait bien de méditer cette réflexion : « Les valeurs défendues par l’intelligentsia exercent un ascendant sur toute la société. L’enseignement, la culture ou l’information ne sont jamais neutres », rappelle Jean Sévillia, écrivain et journaliste. À l’inverse, « la gauche valorise le combat politique et la controverse intellectuelle – donc le journalisme – tandis que la droite a déserté le champ des idées pour les métiers de la finance. Les valeurs d’argent l’ont emporté sur le bien commun, l’esprit bourgeois a eu raison des idéaux », analyse le journaliste Marc Baudriller, auteur des Réseaux cathos (Robert Laffont).

 

Où l’on voit qu’il est nécessaire à la droite, pour reconquérir le terrain des idées, non seulement de ferrailler contre la gauche mais de batailler aussi contre la tentation de sérieux qui l’a gagnée. En opposant à l’esprit bourgeois (bohème ou non) cet “esprit français” que la bienséance commandait autrefois d’opposer aux fâcheux ? C’est le remède que préconisait le philosophe Philippe Muray et qu’appliquent certains humoristes – ceux qu’on n’entend pas souvent sur le service public. « Comment se fait-il que, quand l’Europe de l’Est s’est libérée, tous les gens n’aient pas foncé vers l’est ? », demande Gaspard Proust. Une question à soumettre aux étudiants en journalisme.

 

 

SCOOP HORRIFIÉ DE LA REVUE MÉDIAS :

« 74 % DES JOURNALISTES VOTENT À GAUCHE »…

Franz Peultier

Acrimed, 22 juin, 2012

 

 

Incroyable révélation en couverture de la revue Médias, le 14 juin : « 74 % des journalistes votent à gauche ! » Un résultat explosif obtenu… en interrogeant 105 détenteurs de la carte de presse présents sur le réseau social Twitter. Après des décennies d’omerta, voilà que la vérité éclate enfin, confirmant ce que chacun soupçonnait en son for intérieur. Mais si les journalistes votent à gauche, pourquoi, contrairement à ce que suggère ce pseudo « scoop », les grands médias penchent-ils à droite ?

 

À l’appui de cette couverture, un sondage, ou plutôt une « consultation » menée par Harris Interactive, dont un article rend compte sur six pages. Et qui de mieux, pour rédiger cet article, que Jean-Daniel Lévy, « directeur du département opinion & corporate de Harris Interactive ? » Inutile de dépenser 5,90 €, vous pouvez retrouver l’intégralité de son analyse ici en PDF.

 

Le chapeau de ce gros dossier l’annonce sans ambages : « Oui, l’immense majorité, les trois quarts des journalistes penchent à gauche. Avec les conséquences qu’on imagine...  » Dès lors, il revient au lecteur d’imaginer les conséquences, puisque Médias ne prend pas la peine de démontrer, ne serait-ce qu’avec un seul exemple, que les journalistes de gauche produisent une information de gauche. En guise d’« analyse », on se contentera d’un court article de Roland Cayrol, sondologue de l’institut CSA, qui s’applique à paraphraser brièvement ce que son compère Lévy développe longuement.

 

Pour connaître la position de la défense (car Médias prétend être une revue exemplaire en matière d’équilibre des opinions), le lecteur devra se ravir d’un entretien d’une page avec Christophe Deloire, directeur du Centre de formation des journalistes (CFJ) de Paris, mis en demeure d’expliquer ce fait pour le moins édifiant : 100 % des étudiants de son école auraient voté à gauche lors d’une consultation interne !

 

Mais le plus gros du morceau se trouve sans surprise dans la « consultation » qui justifie l’existence de ce dossier. En l’espèce, la revue Médias, qui nous propose, selon les mots de son directeur, Robert Ménard [1], de porter « un regard lucide et vigilant sur tous les médias », a dû oublier de porter ce même regard sur ce sondage, d’où elle tire comme enseignement, dans son éditorial, que « les journalistes votent à gauche, sont de gauche et, naturellement, soutiennent la gauche ».

 

La chose qui saute aux yeux en effet, lorsque l’on consulte la méthodologie de cette « consultation », c’est la taille de l’échantillon : 105 personnes... sur près de 37 000 détenteurs d’une carte d’identité de journaliste professionnel. Un échantillon pléthorique donc, qui plus est recruté sur le réseau social Twitter, où, comme chacun sait, tous les journalistes de France sont présents. Dans sa note explicative, Harris Interactive ne prend même pas la peine d’expliquer si une quelconque recherche de représentativité a guidé la constitution de son échantillon. Il suffit, pour sauver les apparences, de parler d’une « consultation » et non d’un sondage, mais que l’on interprétera comme un sondage.

 

Mais qu’importe la méthode tant qu’on a les résultats : preuve en est que cette consultation a été aussitôt reprise par un Renaud Revel ravi de s’exclamer, sur son blog : « 74 % des journalistes ont voté François Hollande ! » Le chroniqueur médias de L’Express n’a pas jugé utile d’informer ses lecteurs des moyens par lesquels ce constat a été dressé. Il en a été de même pour le site Internet Atlantico.

 

Nous pourrions donc nous arrêter au fait que cette consultation n’est qu’un simulacre pour déclarer nul et non avenu son résultat. Mais il serait dommage de ne pas relever que ce chef-d’œuvre de twittologie vient couronner plusieurs mois d’un campagne menée tambour battant par des militants de droite sur Internet. On se souvient peut-être que Nicolas Sarkozy a orienté sa campagne de réélection vers la critique des médias, en remettant en cause les règles du Conseil supérieur de l’audiovisuel et en s’estimant victime d’une campagne contre sa personne ; ses militants lui ont tout naturellement emboîté le pas en tentant de démontrer que les journalistes français n’étaient que de vulgaires gauchistes. Et qui mieux qu’Eric Brunet, auteur du visionnaire essai (et désormais culte) Pourquoi Sarko va gagner, pouvait porter cette utile vérité dans les médias ?

 

Pour pouvoir dire que les journalistes sont de gauche, rien de tel qu’un sondage : n’ayant pas encore sous la main celui de la revue Médias, les militants de droite invoquaient alors un autre sondage, paru dans Marianne en 2002, selon lequel 80 % des journalistes se disent de gauche ou votent à gauche – les versions varient, pour la simple raison qu’on ne trouve aucune trace de ce sondage sur Internet, si ce n’est l’utilisation qui en a été faite [2]

 

Admettons cependant que les résultats de cette consultation soient (approximativement) exacts : après tout, il ne serait guère étonnant que Hollande ait obtenu une large majorité des votes des journalistes au second tour de l’élection. Admettons également, en outre, que le vote pour Hollande soit un vote profondément motivé par des convictions de gauche et non par l’hostilité à Sarkozy. Supposons même que la majorité de cet électorat ne s’aligne pas sur les éminences du journalisme qui ont soutenu l’ex-futur président non pas pour son progressisme mais pour son « réalisme ». Et que ce même électorat de twitteurs, toutes catégories de journalistes confondues, ne se reconnaisse pas dans l’invitation cordialement adressée par nos éditocrates au nouveau président de gouverner à droite. Admettons tout cela : la majorité de journalistes serait donc de gauche.

 

Et alors ? Qui peut croire un seul instant que ce sont ces opinions qui guident l’orientation éditoriale des titres ? Que l’on peut ainsi amalgamer des journalistes d’information, dont 40 % travaillent dans la presse spécialisée et ne pèsent pour rien dans les productions du journalisme politique, avec les chroniqueurs et éditorialistes dont les bavardages envahissent les colonnes et les écrans et qui, eux, ne se signalent pas uniformément par leurs penchants pour la gauche ? Il est peu probable que la revue Médias se pose un jour ou l’autre les bonnes questions [3] : pourquoi, si les journalistes sont majoritairement de gauche, la plupart des médias le sont-ils si peu ?

 

Pourquoi les grands médias ont-ils unanimement considéré, tout au long de la campagne, que la rigueur était incontournable ? Pourquoi les grands médias ont-ils tous défendu la contre réforme des retraites imposée par le gouvernement Sarkozy à l’automne 2010 ? Pourquoi ont-ils, puisqu’ils sont de gauche, présenté Jean-Luc Mélenchon (par exemple, puisqu’il fut le seul candidat de la gauche de la gauche à avoir eu, pour un temps, leur attention), comme le défenseur d’un programme « archaïque », « irréaliste » et autres clichés que nous avions relevés ?

 

« Tous les médias sont-ils de droite ? », demandions-nous, dans le livre publié à la suite de l’élection présidentielle de 2007 [4]. Et la réponse tombait dès les premières lignes : « évidemment non, si l’on s’en tient aux orientations éditoriales qu’ils affichent ». Mais c’était pour mieux souligner que, par les pratiques journalistiques qui les dominent (sondologie, personnalisation, mépris des petits candidats, formulation des problèmes), ils émoussent le conflit démocratique et se comportent, alternance mise à part, en gardien du statu quo. De gauche ?

 

Notre légendaire générosité nous pousse donc à proposer aux animateurs de la revue Médias, pour leurs activités futures, quelques pistes de réflexion : - La détention des grands médias par de grands groupes, médiatiques ou non, soumis aux lois du marché est-elle sans effet sur les orientations éditoriales ?

 

- Tous les journalistes sont-ils logés à la même enseigne ? La dichotomie profonde entre, d’un côté, le corps journalistique « de base », corvéable, soumis à la fois aux pressions salariales et à celles du lectorat et de ses sources, à qui il rend directement des comptes, et, d’un autre côté, le corps journalistique « d’en haut », celui qui s’exprime sur les plateaux de télévision, qui donne son avis dans les colonnes des journaux et qui ordonne au premier de traiter l’information comme on le lui demande, quitte parfois à changer lui-même le message d’un article ou d’un reportage. Point intéressant de la « consultation » de Médias : 63 % des journalistes interrogés estiment que « ce n’est pas un problème » de travailler dans un média d’une autre sensibilité politique que la leur. Que veulent-ils dire ? Ni la question, ni la réponse ne permettent de le savoir. Si, étant de gauche, servir de rouage ne leur pose aucun problème, on est en droit de s’inquiéter. Mais s’il s’agit de motifs alimentaires, heureusement, serait-on tenté de dire, qu’ils acceptent, sans quoi travailler tout court pourrait devenir un problème.

 

- Pourquoi nombre de journalistes sont-ils si individualistes ? La sociologie du corps journalistique lui-même, composé majoritairement de personnes issues de la petite bourgeoisie, ayant adhéré, parce que c’est l’image que les journalistes veulent avoir d’eux-mêmes, à l’idée que le métier de journaliste est une « vocation » qui nécessite de ne pas « compter ses heures » comme un fonctionnaire. Nombre de ces journalistes ne font pas grève car c’est honteux de faire grève. Les mêmes ne se mobilisent pas collectivement, sauf en cas de péril majeur, sur leur emploi, car c’est à chacun de se débrouiller. Et pour « réussir », c’est-à-dire gravir les échelons qui leur permettront d’accéder à un emploi stable et confortablement rémunéré, les journalistes les plus moutonniers acceptent de se soumettre aux idées de leurs supérieurs. Des désirs qui sont souvent des ordres [5].

 

Tout cela « avec les conséquences qu’on imagine » et qui ne sont pas précisément celles que suggère la revue Médias, sans oser les formuler, et qui sont fortement éloignées de la propension d’une majorité d’entre eux à voter à gauche, parce que celle-ci n’a pas les conséquences qu’on « imagine » sur les pratiques journalistiques que, de gré ou de force, ils mettent en œuvre.

 

« Lire entre les lignes », voilà le beau projet fièrement affiché sur la couverture de chaque numéro de Médias [6]. S’agit-il d’un défi lancé au lecteur qui peut tenter, si cela l’amuse, de déceler tous les mensonges et les omissions contenus dans cette revue qui tente de dissimuler un positionnement politique derrière une pseudo-étude ?

 

 

 

RADIO-CANADA : LA « MAL-BIAISEE »

Magali Marc

Journal de Montreal, 19 fev., 2012

 

 

 

L’ombudsman de Radio-Canada, Pierre Tourangeau, réprimandait sévèrement vendredi dernier la société d’État et sa correspondante au Moyen-Orient Ginette Lamarche au sujet de récents reportages sur Israël.

 

À la suite de cinq plaintes déposées par Honest Reporting Canada, un organisme réclamant une couverture médiatique honnête envers l’État d’Israël, Tourangeau conclut « que les cinq reportages qui ont fait l’objet de la plainte ne respectent pas l’une ou l’autre des valeurs d’exactitude, d’équilibre et d’impartialité des Normes et pratiques journalistiques de Radio-Canada ». Il parle même « d’apparence de partialité » et va à la limite de ce que son mandat d’ombudsman lui permet pour inviter la direction de l’information à avoir une discussion de fonds avec sa journaliste Lamarche « sur ses arguments et ses constats ».

 

Mme Lamarche n’en est tristement pas à ses premières frasques. En novembre dernier, dans trois autres décisions, à la suite de plaintes cette fois-là du Centre consultatif des relations juives et israéliennes toujours contre cette même journaliste controversée, l’ombudsman établissait le même constat.

 

Radio-Canada devra d’ailleurs avouer qu’une citation dans un de ses reportages était fabriquée de toutes pièces. La source mentionnée, un dénommé simplement Maurice, n’aurait en fait jamais dit ce que Lamarche rapportait.

 

Diffuser de l’information sur le conflit le plus médiatisé du monde n’est pas une mince tâche. Malheureusement, pratiquement aucun autre Québécois n’a le privilège d’être payé pour habiter là-bas et rapporter ici ce qui se passe dans cette région.

 

Quand le biais journalistique de gauche s’exprime quotidiennement sur les ondes de la société d’État au sujet des enjeux nationaux, il existe au moins un contrepoids dans l’ensemble des autres médias pour permettre aux auditeurs de voir les deux côtés de la médaille et de se faire une idée. Tel n’est pas le cas quand l’actualité nous provient de Tel Aviv ou de Jérusalem.

 

Autant il faut saluer la diligence de l’ombudsman radio-canadien dans ce dossier, autant il faut questionner le laxisme de la direction de la même boîte qui refuse de sanctionner la journaliste délinquante. Les hauts dirigeants de la Société Radio-Canada cautionnent-ils les propos désobligeants, le parti pris propalestinien et les pratiques douteuses de leur employée Lamarche? Tant que la direction de la SRC restera muette et continuera de diffuser les reportages d’une journaliste en croisade, la question restera pertinente.

 

Au lieu de faire le job pour lequel les contribuables le paient grassement et assurer l’intégrité de son organisation, le président-directeur général de CBC/Radio-Canada, Hubert T. Lacroix, préférait utiliser cette semaine sa tribune devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain pour continuer ses attaques déloyales contre ses concurrents privés, en plus de se glorifier publiquement sur l’exactitude et la pertinence du radiodiffuseur public. Pas un mot évidemment sur le biais idéologique qui contamine Radio-Canada.

 

De telles flagorneries de Lacroix apportent simplement de l’eau au moulin de ceux et celles, de plus en plus nombreux, qui réclament non pas seulement de petites coupures de 10 % à Radio-Canada, mais carrément sa privatisation au plus vite ou l’élimination de son financement public de plus de 1,1 milliard de dollars annuellement.

 

 

FAKE NEWS, FAUSSES INFOS, JOURNALISTES MALHONNETES…

BONNE NOUVELLE, LES MEDIAS MENTENT !

Jean-Patrick Grumberg

                                                Dreuz, 27 jan., 2017

 

 

CNN annonçait que Donald Trump venait de signer un ordre exécutif. En réaction, une personne écrivait : «CNN, site de Fake News, je vais attendre la confirmation par un média sérieux.»

 

   

Pendant la campagne électorale, CNN a fait passer à Hillary Clinton des questions d’un débat pour la primaire présidentielle.

   

Après la victoire de Donald Trump, CNN a fait la promotion d’un dossier calomnieux fabriqué de toutes pièces contre Trump dont même le très à gauche New York Times n’a pas voulu, sentant le faux à plein nez. En 2010, je les ai attrapé en train de remplacer leurs journalistes israéliens du bureau de Jérusalem par des journalistes arabes et européens anti-israéliens.

 

CNN accusée de Fake News, loin de corriger le tir, s’est entêtée. Vous n’imaginez pas à quel point j’en suis heureux…

 

Lors d’une conférence de presse, lors d’un échange qui restera dans les annales, le Président Trump s’en est pris au journaliste de CNN, et l’a vertement remis à sa place : «votre organisation est terrible, vous incarnez les Fake News» :

 

Le 20 janvier, soit le jour même de l’entrée en fonction du nouveau président, Zeke Miller, un minable journaliste du Time comme vous en avez des centaines en France, affirmait que Donald Trump avait retiré la statue de Martin Luther King du bureau ovale– et il mentait, une simple photo suffit à démasquer le malhonnête : La gravité de l’accusation tenait dans le très pervers sous-entendu raciste de la manœuvre et le mal était fait.

 

Aucun des médias qui s’étaient jetés sur la Fake News n’ont publié de démenti, ils se sont contentés de ne plus en parler (Miller n’a jamais non plus présenté ses excuses à Donald Trump, et les médias ont fait un nouveau mensonge en prétendant qu’il s’est excusé auprès du Président).

 

Puis il y eut les fausses photos d’un parc à moitié vide comparé à un parc bondé pour Obama, le jour de l’investiture de Trump, destinées à montrer qu’il n’est pas un président légitime…

 

Pour les journalistes français, la chose est entendue : toute info qu’ils décident de ne pas publier– ce qui arrive quotidiennement– est une Fake News.

 

Beaucoup se lamentent de cette vicieuse attaque des médias traditionnels dirigée contre internet et ceux qu’ils appellent la « fachosphère ». Je vais maintenant vous livrer mon secret, pourquoi je me réjouis de tout cela.

 

En 2010, quand nous avons vu apparaître les premières enquêtes montrant que les Français n’ont plus confiance dans les médias, j’ai ressenti une certaine inquiétude. Tout chef d’entreprise sain d’esprit aurait convoqué sa rédaction et demandé un plan de redressement pour reconstituer le seul capital dont dispose une entreprise de presse : sa crédibilité.

 

En ce début d’année, Dreuz a besoin financièrement de votre soutien, cliquez sur : Paypal.Dreuz, et indiquez le montant de votre contribution. Ils ne l’ont pas fait. Ils ont continué à mentir, à désinformer, à cacher l’info comme si de rien n’était, comme avant.

 

Chaque année depuis, les enquêtes confirment la défiance du public envers la presse constatée les années précédentes. Chaque année, rien ne se produit, ils continuent sur leur lancée, indifférents – ou impuissants à changer leur trajectoire.

 

J’en suis venu à conclure que les journalistes, pour des raisons multiples dont l’arrogance et la déconnexion du réel ne sont pas les moindres, sont incapables de comprendre le mal qu’ils se font à eux-mêmes en dissimulant ce que nous sur internet publions, et en distordant toujours dans la même direction les mêmes informations.

 

J’en suis venu à conclure qu’ils se suicident sous nos yeux. Et je ne ressens rien d’autre dans mon cœur qu’une immense joie à voir cette bête immonde qui fait tant de mal, la presse, se suicider sous nos yeux.

 

 

 

ACTUALITÉ

 

 

LA COMMUNAUTE JUIVE SOLIDAIRE APRES L’ATTENTAT A LA MOSQUEE DE QUEBEC

Times of Israel, 30 jan, 2017

 

 

Suite à l’attaque meurtrière visant une mosquée canadienne, faisant 6 morts et 8 blessés, Reuben Poupko, co-président du Centre consultatif des relations juives et israéliennes-Québec (CIJA-Québec), s’est exprimé au nom des institutions juives canadiennes.

 

« La communauté juive est horrifiée par la fusillade meurtrière à la mosquée de Sainte-Foy. Rien ne justifie le meurtre d’innocents civils assemblés dans un lieu de culte. Nos pensées accompagnent les victimes et leurs proches, de même que tous nos concitoyens de foi musulmane ».

 

Le Congrès juif mondial a aussi condamné l’attaque. Son président, Ronald Lauder, l’a qualifiée d’ « attaque horrible » et a appelé « ceux qui ont perpétré cet acte odieux de meurtre de masse » à être « traduits en justice ».

 

« Nous ne devons pas être intimidés par le terrorisme, mais chérir notre liberté, y compris la liberté de culte. Nous devons nous défendre les uns les autres et nous devons nous soigner les uns les autres : une communauté religieuse après l’autre, un pays après l’autre. Le fléau du terrorisme ne sera pas vaincu si nous ne sommes pas unis dans notre volonté de le vaincre, » a écrit Lauder dans une déclaration.

 

Les six personnes décédées dimanche dans l’attaque à l’arme à feu d’une mosquée de Québec étaient toutes des Canadiens binationaux, a indiqué lundi le vice-président du Centre culturel islamique de Québec, Mohamed Labidi.

 

« Il y a deux Marocains, un ou deux Algériens, un Tunisien et peut-être deux (personnes originaires) de l’Afrique sub-saharienne », a déclaré M. Labidi en marge d’une rencontre avec les autorités. A Alger, le ministère des Affaires étrangères a confirmé la mort de deux Algériens dans un communiqué cité par la télévision d’État.

 

« Ce sont tous des citoyens canadiens, ce sont tous des Québécois, des Canadiens », a insisté M. Labidi au sujet des personnes décédées. Le président américain Donald Trump a téléphoné lundi au Premier ministre du Canada Justin Trudeau pour lui présenter ses condoléances après la fusillade de dimanche dans une mosquée de Québec, qui a fait six morts et huit blessés.

 

« Le président Trump a transmis ses condoléances au Premier ministre et à la population du Canada à la suite de la fusillade tragique survenue au Centre culturel islamique de Québec, situé dans la ville de Québec, et lui a offert toute aide jugée nécessaire », a indiqué le bureau du Premier ministre dans un communiqué. L’attaque a été qualifiée « d’attentat terroriste », par Justin Trudeau.

 

« La diversité est notre force et, en tant que Canadiens, la tolérance religieuse est une valeur qui nous est chère », a souligné Justin Trudeau qui devait se rendre à Québec lundi en fin d’après-midi pour une veillée avec toutes les communautés religieuses, la classe politique et la société civile.

 

Le chef du gouvernement canadien avait samedi lancé un message de rassemblement et d’unité en promettant d’accueillir les réfugiés « indépendamment de leur foi ». Des propos qui se démarquaient de la politique américaine après la décision du président Donald Trump d’interdire l’entrée des Etats-Unis aux ressortissants de sept pays musulmans.

 

Quatre des plus grandes mosquées des Pays-Bas ont indiqué lundi avoir décidé de fermer leurs portes pendant la prière. La Mosquée bleue d’Amsterdam et les mosquées As-Sunnah de La Haye, Essalam de Rotterdam et Omar Al Farouk d’Utrecht « se sentent forcées » de fermer leurs portes pendant les prières, ont-elles affirmé dans un communiqué. Des caméras de sécurité supplémentaires ont été installées aux alentours de la mosquée d’Amsterdam, ont-elles ajouté. Ces quatre mosquées rassemblent chaque jour des milliers de fidèles.

 

« C’est décevant que des mesures drastiques de sécurité doivent êtres mises en place », a affirmé à l’AFP Saïd Bouharrou, porte-parole du Conseil néerlandais des mosquées (RMMN). « Une mosquée est un bâtiment ouvert qui devrait être accessible à n’importe quelle heure du jour pour toutes les personnes en recherche de paix et de calme ». Les directeurs des mosquées restent en contact étroit avec les services néerlandais de lutte contre le terrorisme (NCTV), a-t-il ajouté.

 

La police québécoise a annoncé lundi qu’un seul des deux jeunes hommes interpellés après une fusillade meurtrière à la mosquée de Québec dimanche était « considéré comme suspect », le second étant entendu « comme témoin ». Les premières informations de la police faisaient état de deux hommes cagoulés qui ont tiré à l’intérieur de la mosquée dimanche soir, faisant six morts et huit blessés.

 

Une personne avait été interpellée près de la mosquée, un deuxième avait appelé le numéro d’urgence pour se rendre et avouer avoir participé à la tuerie, avait expliqué Denis Turcotte, inspecteur de la ville de Québec.

 

 

 

ISRAËL SE RÉJOUIT DU SOUTIEN APPORTÉ PAR LE NOUVEAU MONDE ANGLO-SAXON

Raphael Ahren

Times of Israel, 28 jan., 2017

 

 

 

 

Les relations d’Israël avec le monde anglo-saxon connaissent un renouveau. Si le Premier ministre Benjamin Netanyahu adore évoquer les relations bourgeonnantes avec le monde arabe, dans les mois et les années à venir, c’est un nouveau triumvirat de pays anglophones qui semble vouloir dorénavant former le cœur du soutien international qui est apporté à l’état juif.

 

La première et la plus importante indication de cette tendance est, bien sûr, le changement qui survient à la Maison Blanche.

 

L’administration de Donald Trump a fait largement part de ses intentions de faire taire les différends entre Washington et Jérusalem qu’Obama avait commencé à rendre publics, promettant d’amener tout son soutien aux politiques menées par Netanyahu. De plus, le Royaume-Uni, ces dernières semaines, s’est aligné de manière surprenante et remarquable avec Jérusalem, défiant les Européens et même le consensus mondial.

 

C’est l’Australie qui vient compléter ce trio. Le pays montre depuis longtemps une amitié exceptionnelle pour Israël mais cet engagement a pris, depuis, encore davantage d’ampleur, lorsque le pays s’est opposé aux mesures anti-israéliennes épousées par le reste du monde.

 

Le Canada est un quatrième pays anglophone à se présenter comme farouchement loyal envers Israël. Mais contrairement aux Etats Unis, au Royaume Uni et à l’Australie, il est resté silencieux face aux développements diplomatiques dramatiques de ces dernières semaines.

 

Deux pays restent bizarrement à l’écart de cette tendance : L’Irlande et la Nouvelle-Zélande, dont les relations avec Jérusalem restent tendues. Face à un Iran chiite en pleine ascension et toujours aussi agressif et face à la menace représentée par le terrorisme djihadiste sunnite, de nombreux gouvernements arabes ont adouci leur inimitié jurée envers l’état juif.

 

Mais ces liens, qui se concentrent principalement sur la coopération sécuritaire et le partage de renseignement, resteront dans la clandestinité dans un avenir proche dans la mesure où les leaders arabes ne souhaitent guère officialiser leurs relations avec Jérusalem en l’absence d’un accord de paix israélo-palestinien.

 

La possible relocalisation de l’ambassade américaine à Jérusalem pourrait encore compliquer le quasi-rapprochement – très salué – entre le monde arabe et Israël. L’Union européenne reste le plus grand partenaire commercial d’Israël et certaines indications semblent montrer que les liens entretenus par les pays européens avec Israël s’amélioreront en 2017.

 

Mais la position de l’UE sur le processus de paix, en particulier ses objections véhémentes à l’expansion des implantations et aux démolitions israéliennes des constructions que l’Union a pu financer en Cisjordanie, continuera à dominer les interactions bilatérales et fera probablement de l’ombre à toute vraie détente entre les deux parties.

 

Même l’Allemagne, qui est l’allié le plus proche d’Israël sur le continent, a fait part de son doute quant à la volonté d’Israël d’aboutir à une solution à deux États. En comparaison, les nations anglophones majeures semblent prêtes, en 2017, à renforcer leurs alliances avec Israël – et elles sont déjà fortes – indépendamment des événements en Cisjordanie.

 

Le président élu Trump a fait campagne via une plate-forme radicalement pro-israélienne, qui comprend non seulement la reconnaissance de Jérusalem comme capitale de l’état juif mais également la relocalisation de l’ambassade là-bas.

 

Il a également dénoncé l’accord sur le nucléaire passé avec l’Iran et la résolution 2334 du Conseil de Sécurité de l’ONU, dont Obama a permis l’adoption le mois dernier. De plus, il a nommé plusieurs fervents partisans d’Israël à des postes de haute-responsabilité au sein de son administration, parmi lesquels certains sont de farouches défenseurs des entreprises d’implantation.

 

“Nous ne pouvons pas continuer à laisser l’état d’Israël être traité avec tant de dédain et d’irrespect. Ce pays avait auparavant un grand ami auprès des Etats Unis », avait tweeté Trump le mois dernier, « et ce n’est plus le cas maintenant. Le début de la fin a été cet horrible accord sur le nucléaire avec l’Iran, et maintenant, c’est l’ONU ! Garde ta force, Israël, le 20 janvier arrive vite !”

 

La Première ministre britannique, Theresa May et son homologue australien, Malcolm Turnbull, ont également entrepris récemment des démarches surprenantes et même peu orthodoxes pour afficher leur soutien à Israël.

 

Le ministère britannique des Affaires étrangères avait pourtant aidé à esquisser la Résolution 2334 qui qualifiait les activités d’implantations comme illégales et le Royaume Uni avait même voté en sa faveur le 23 décembre. Toutefois, certains éléments indiquent que May n’avait pas connaissance des spécificités de la résolution, ou des raisons qui avaient poussé Israël à la considérer comme inacceptable.

 

Après le long discours prononcé par le le secrétaire d’Etat John Kerry, le 28 décembre, au cours duquel il a justifié l’abstention des Etats Unis, condamné, une fois encore, les implantations et proposé des paramètres susceptibles de définir un accord de paix entre les Israéliens et les Palestiniens, le 10 Downing Street a émis un communiqué très rare dans son contenu dénonçant le positionnement adopté par le diplomate américain sortant.

 

“Nous ne pensons pas qu’il soit approprié d’attaquer la composition du gouvernement démocratiquement élu d’un allié”, avait indiqué un porte-parole de May.

 

Les implantations “sont loin d’être le seul problème dans ce conflit. Et en particulier, le peuple d’Israël mérite de vivre à l’écart de la menace du terrorisme, qu’elle a dû gérer depuis trop longtemps”.

 

La défiance de Londres face au positionnement adopté par la communauté internationale a continué, lorsque les Britanniques ont refusé de signer la déclaration de conclusion conjointe d’une conférence consacrée à la paix à Paris, qui appuyait une solution à deux états et appelait les deux parties à relancer les négociations.

 

Alors que le texte était bien plus modéré que celui de la Résolution du Conseil de Sécurité et qu’il reprenait des positions auxquelles souscrit le Royaume Uni, le Foreign Office a critiqué la conférence pour son organisation inopportune à quelques jours de la prise de fonction de la nouvelle administration américaine et en raison aussi de l’absence des Israéliens comme des Palestiniens.

 

Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères britannique a déclaré que le sommet de Paris risquait de durcir les positionnements des Palestiniens lors des négociations “à un moment où nous devrions encourager les conditions propices à la paix”. Même de grands observateurs des relations israélo-britanniques se sont avoués surpris. “J’ai été estomaqué”, a déclaré pour sa part Jonathan Hoffman, ancien vice-président de la Fédération Sioniste du Royaume Uni, à JTA.

 

Il a affirmé que ces propos représentaient un « moment décisif dans les relations israélo-britanniques et un changement énorme par rapport à tout ce que j’ai pu voir auparavant ». Elevant encore la barre, le Royaume Uni a bloqué, lundi, l’initiative de la France qui voulait faire adopter le communiqué final de la conférence de Paris par le Conseil des Affaires étrangères de l’UE.

 

Les Palestiniens ont réagi avec consternation. « Nous attendions du Royaume Uni en particulier de jouer un rôle efficace dans le système international en rejetant l’occupation israélienne et ses entreprises d’implantations », a déclaré lundi dans la soirée le Secrétaire général de l’Organisation pour la Libération de la Palestine Saeb Erekat.

 

“Le Royaume Uni devrait revoir ses positions en exigeant qu’Israël prenne ses responsabilités et en soutenant les initiatives palestiniennes et internationales”, a-t-il ajouté.

 

« Il est temps de mettre un terme à cette injustice historique qui a frappé notre peuple qui fêtera bientôt l’anniversaire de la tristement célèbre Déclaration Balfour ».

 

(Le mois dernier, May avait qualifié la Déclaration Balfour – qui a marqué le soutien apporté par Londres à la création d’un état juif dans la Palestine mandataire – comme étant « l’une des lettres les plus importantes de l’Histoire”.) De nombreux responsables et analystes européens interprètent les initiatives inhabituelles prises par May comme étant finalement moins liées à Israël qu’au désir de se rapprocher de Trump.

 

“C’est de la folie. Il y a seulement trois semaines, les Britanniques ont appuyé la Résolution 2334 du Conseil de Sécurité des Nations Unies [critiquant] les implantations, ils ont voté en sa faveur et maintenant, ils bloquent des Résolutions sur le même sujet au Conseil des Affaires européennes », a déclaré un diplomate de la commission européenne à Haaretz.

 

« Avec tout le respect que je dois aux Britanniques, c’est impossible de diriger une politique étrangère selon les tweets de quelqu’un ». Le Royaume Uni, qui a voté l’année dernière sa sortie de l’Union européenne, ne craint plus de défier le consensus européen sur la question du Moyen Orient.

 

Et en effet, sa nouvelle politique vis-a-vis du processus de paix peut être considérée comme une initiative de réaffirmer l’identité du Royaume Uni en tant que nation souveraine poursuivant une politique étrangère indépendante. “Ils commencent à se sentir sentir seuls”, a déclaré un haut-responsable européen au Times of Israel.

 

L’Australie a longtemps été un ami inconditionnel d’Israël. Le pays s’est tout d’abord distingué du reste du monde au début de l’année 2014, lorsque la ministre des Affaires étrangères Julie Bishop a refusé lors d’un entretien accordé au Times of Israel de qualifier d’illégales les implantations israéliennes. Le mois dernier, Canberra a une fois encore rompu avec le consensus international en étant le seul pays dans le monde, à part Israël, à condamner la Résolution 2334 du Conseil de Sécurité de l’ONU.

 

Bishop a affirmé que l’Australie se serait probablement opposée au texte et le Premier ministre Malcolm Turnbull — qui a des origines juives – l’a ultérieurement dénoncé comme étant “biaisé” et profondément troublant.

 

Mais les choses ne se sont pas arrêtées là. Comme le Royaume Uni, Canberra n’a envoyé dimanche qu’une maigre délégation à la conférence de paix de Paris et a fait part de ses inquiétudes sur le communiqué conjoint émis au terme de l’événement.

 

En revanche, à l’instar de Berlin, Canberra a fait part de son inquiétude suite aux récentes annonces de Jérusalem de construire en Cisjordanie et à Jérusalem Est. « Le gouvernement australien est inquiet de la récente et importante annonce sur les implantations de Cisjordanie. Nous continuons à appeler les deux parties à éviter les actions unilatérales qui diminuent les perspectives d’une solution négociée à deux états », a déclaré Julie Bishop.

 

Ce positionnement a été vivement critiqué par l’OLP. “Nous sommes en fait très contrariés par l’Australie”, qui se tient “du mauvais côté de la loi”, a expliqué Hanan Ashrawi, une haut-responsable de l’organisation. Il est « choquant que l’Australie décide de se tenir à l’écart du consensus mondial ».

 

Erekat, secrétaire-général de l’OLP, a appelé l’Australie à “corriger cette erreur” et à reconnaître l’état de Palestine. “Les vrais risques qui menacent la paix résident dans de tels positionnements qui offrent l’impunité à Israël et l’encouragent à continuer ses entreprises d’implantations illégales sur la terre de Palestine”, a-t-il expliqué.

 

Canberra n’a pas hésité à répondre aux critiques d’Erekat, notant que “la position de l’Australie est, depuis très longtemps, qu’un état palestinien ne pourra être créé qu’à travers des négociations directes avec Israël. Ni Israël ni l’Autorité palestinienne n’étaient représentées à la Conférence de Paris”. Netanyahu a de bonnes raisons d’être ravi à la perspective de travailler aux côtés de trois dirigeants majeurs du monde anglo-saxons, prêts à nager à contre-courant.

 

Malgré les enquêtes de corruption actuellement menées contre lui, il prévoit d’être le Premier ministre en place à se rendre le mois prochain en Australie pour remercier le pays pour son soutien sans faille.

 

Il aurait également prévu un déplacement à Washington pour s’y entretenir avec Trump au début du mois février et, au vu des récentes initiatives prises par Theresa May, personne ne serait étonné s’il devait se rendre également à Londres à un moment ou à un autre.

 

 

 

MONT DU TEMPLE : LES PALESTINIENS RÉCLAMENT DES EXCUSES APRÈS LES PROPOS DU CHEF DE L’ONU

Times of Israel, 30 jan., 2017

 

 

Les responsables palestiniens réclament des excuses après une déclaration faite à la radio israélienne par le nouveau chef des Nations unies, qui a affirmé que le temple qui avait été détruit par les Romains était un temple juif.

 

Il est « complètement clair que le temple que les romains ont détruit à Jérusalem était un temple juif », a souligné le secrétaire-général de l’ONU Antonio Guterres vendredi à la radio israélienne lors d’un entretien avec le correspondant de la station à New York. Le dirigeant des Nations unies a également déclaré que « personne ne peut nier le fait que Jérusalem est une ville sainte pour trois religions aujourd’hui », dont le judaïsme.

 

Adnan al-Husseini, ministre des Affaires de Jérusalem au sein de l’Autorité palestinienne, a indiqué au service de presse chinois Xinhua que Guterres “a ignoré la décision de l’UNESCO qui considérait la mosquée Al-Aqsa comme un patrimoine islamique pur ». Il a également ajouté que Guterres “a violé toutes les coutumes légales, diplomatiques et humanitaires. Il est allé au-delà de sa fonction de secrétaire général… Et il doit présenter ses excuses au peuple palestinien ».

 

Guterres a également indiqué à la radio israélienne qu’il n’initierait pas de nouveau processus de paix entre Israël et les Palestiniens. Il a toutefois affirmé qu’il privilégiait une solution à deux états et qu’il accepterait d’apporter son aide pour le processus de paix si on le lui demandait.

 

Face à la colère de l’Autorité palestinienne, la vice-ministre des Affaires étrangères israélienne, Tzipi Hotovely, a pour sa part salué les propos du nouveau chef de l’instance internationale.

 

« Je salue le secrétaire-général de l’ONU pour avoir dit la vérité en ce qui concerne le mont du Temple et la connexion historique du peuple juif à la ville de Jérusalem, » a déclaré Hotovely dans un communiqué. « Vous ne pouvez pas couper le lien profond de 3 000 ans qui existe entre le peuple d’Israël et Jérusalem ».

 

 

 

LA TENSION MONTE ENTRE LES USA ET L’IRAN

Claire Dana-Picard

LPH, 2 fev., 2017

 

 

 

Sur le dossier iranien, le nouveau président  américain Donald Trump adopte une politique totalement opposée à celle de son prédécesseur. Barack Obama, rappelons-le, après avoir signifié à l’Iran que les USA n’abandonnaient pas l’option militaire contre lui, avait changé de direction en signant en 2015 le fameux accord sur le nucléaire, aux côtés des autres grandes puissances.

 

Donald Trump a clairement indiqué que la politique américaine vis-à-vis de l’Iran serait désormais différente. Des journalistes lui ont demandé jeudi soir s’il envisageait une intervention militaire contre l’Iran suite aux essais de missiles balistiques effectués cette semaine par le régime de Téhéran. Il a répondu : ‘Nous n’excluons aucune option’.

 

Cette déclaration n’engage à rien, admettons-le. Mais au cours de la journée, la tension serait montée entre l’administration Trump et le gouvernement iranien. Ali Akbar Velayati, conseiller spécial de l’ayatollah Ali Khamenei, guide ‘spirituel’ de l’Iran, aurait déclaré que ‘l’Iran ne cèderait pas aux menaces inutiles des Américains exprimées par un homme sans expérience après les tirs des missiles effectués dimanche par la République islamique ’.

 

Dans la soirée, le porte-parole de la Maison Blanche Sean Spicer a évoqué la question, affirmant que ‘le gouvernement américain ne se tairait pas devant les essais de missiles balistiques réalisés par l’Iran et devant d’autres actions hostiles’. Trump lui-même a écrit dans l’après-midi sur Twitter que ‘l’Iran avait été mis en garde officiellement’.

 

De son côté, Téhéran a prétendu que ces nouveaux essais ne constituaient pas une violation des accords signés avec les grandes puissances en 2015. Ali Akbar Velayati a ajouté : « Ce n’est pas la première fois qu’un homme inexpérimenté menace l’Iran. Mais l’Iran n’a besoin de l’autorisation d’aucun pays pour assurer sa défense’.

 

 

Shabbat Shalom!
 


 

 

 


 


 

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