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MONT DU TEMPLE: ENTRE COMPROMIS ET COMPROMISSION

Volume no. VIII, No. 787 • 3 aout, 2017 • 3 août 2017

Jewish World

  

    

 

 



 

CELA FAIT 50 ANS QU’ISRAËL A OPÉRÉ UN COMPROMIS FONDAMENTAL AU MONT DU TEMPLE

David Horovitz

Times of Israel, 18 Juillet 2017

          

Moins de trois jours. C’est le temps dont Israël dispose, au maximum, pour résoudre l’impasse des tensions qui sévissent sur le mont du Temple.

 

Si la question n’est pas résolue d’ici vendredi, lorsque des milliers de fidèles musulmans convergeront vers la Vieille Ville pour les prières du jour, nous devrons nous préparer à des violences bien pires que celles des affrontements, d’un niveau relativement faible, qui ont éclaté sur le site ces derniers jours.

 

C’est scandaleux, bien sûr. Mais établir cela ne résoudra rien. Il est scandaleux que, dans certaines parties du monde arabe, Israël se trouve ainsi fustigé pour avoir installé des détecteurs de métaux qui serviront à renforcer la sécurité sur le lieu le plus saint du monde pour les Juifs, et le troisième site le plus sacré pour les musulmans.

 

Ne veulent-ils donc pas la sécurité là-bas ? Il est scandaleux qu’un grand nombre de ceux qui critiquent Israël, soupçonné de vouloir « changer ostensiblement le statu-quo » au sein du complexe du mont du Temple/de la mosquée Al-Aqsa, le fassent sans mentionner avec la même vigueur l’attentat meurtrier qui a précipité le déploiement des détecteurs de métaux : vendredi, trois musulmans – des musulmans arabes israéliens – ont émergé du complexe, ont ouvert le feu et ont tué deux agents de la police des frontières qui assuraient leur service juste devant l’entrée.

 

Il s’est avéré que les victimes étaient des Druzes – une communauté monothéiste arabophone qui incorpore dans sa foi un grand nombre d’enseignements islamiques. Pour le dire crûment ici, des Arabes ont tué des Arabes dans un lieu saint. Les Juifs tentent de garantir que cela ne se reproduise pas et le monde arabe est furieux contre les Juifs… pour cette raison’

 

(Comme le montre la séquence ci-dessous, l’une des victimes tourne le dos au complexe au moment de l’arrivée des hommes armés : Il était là pour assurer la protection de ses meurtriers face à une éventuelle attaque extérieure).

 

Il est scandaleux que la Jordanie, qui occupait la Vieille Ville avant qu’Israël ne s’en saisisse en 1967, pays auquel Israël a permis de continuer à administrer le mont du Temple via le Waqf religieux depuis lors, puisse se trouver en tête des dénonciations publiques à l’encontre d’Israël.

 

La Jordanie devrait assurément être la première à réclamer une meilleure protection du site sacré. La Jordanie devrait assurément présenter ses excuses pour avoir refusé dans le passé de permettre l’installation de caméras de sécurité à divers emplacements sur le mont, dans le cadre des précautions qui avaient été vivement recommandées par Israël et qui auraient pu empêcher l’attentat de vendredi.

 

Il est scandaleux que le déploiement de détecteurs de métaux aux abords du complexe soit présenté – à mauvais escient – comme un changement au statu-quo qui a suivi l’année 1967 alors qu’Israël, depuis, a toujours assumé la responsabilité globale de la sécurité sur le site et alors que les événements survenus vendredi démontrent – de manière flagrante – l’impératif d’une sécurité améliorée.

 

    ‘Les gardiens religieux du troisième site musulman le plus saint de l’histoire abhorrent bien évidemment ce qu’ils appréhendent comme une soumission à ces points de contrôle supervisés par les Juifs bien plus qu’ils ne chérissent le droit de prier là-bas’

 

Il est scandaleux que les détecteurs de métaux soient considérés comme inacceptables alors que les sites religieux du monde entier sont sécurisés exactement de la même façon, et pour précisément – et malheureusement – des raisons qui s’avèrent être cruellement nécessaires.

 

La sécurité est élevée autour des sites fondamentaux de l’islam, de manière plus remarquable à la Mecque et à Médine. La sécurité est élevée, avec notamment des détecteurs de métaux, autour de la place du mur Occidental, située en dessous du mont du Temple, et dont le franchissement est imposé par Israël à tous les Juifs et à tous les non-Juifs qui y pénètrent.

 

Cela fait longtemps que des détecteurs de métaux ont été placés à l’entrée de la porte Mughrabi, qui ouvre sur le mont du Temple – et qui est le seul point d’accès pour les visiteurs non-Juifs.

 

Et il est encore plus scandaleux que, depuis la réouverture par Israël du site dans la journée de dimanche, après quarante-huit heures de ratissage sécuritaire dus à l’attaque meurtrière de vendredi, les responsables du Waqf aient pris la tête de ce qui ressemble au boycott de leur propre lieu saint – insistant pour que les fidèles musulmans ne pénètrent pas au sein de la mosquée Al-Aqsa aussi longtemps que les détecteurs de métaux resteront en place.

 

Les gardiens religieux du troisième site le plus saint de l’histoire abhorrent évidemment ce qu’ils appréhendent comme étant une soumission à ces points de contrôle supervisés par les Juifs bien plus qu’ils ne chérissent le droit de prier là-bas.

 

Alors je vous soumets une simple idée. Un dialogue ?

 

Et si les responsables israéliens discutaient avec les responsables jordaniens pour tenter de trouver une manière d’aller de l’avant qui soit viable, en profitant de la conversation téléphonique entre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le roi Abdallah peu après l’attentat de vendredi ? Peut-être bien que de tels contacts battent d’ores et déjà leur plein. Et tandis qu’il est difficile de dire quelle formule pourrait être mise au point – Israël n’est pas disposé à supprimer les détecteurs de métaux, pas plus que le Waqf n’est disposé à reculer face à son refus de laisser les fidèles musulmans les franchir – il est plus qu’évident qu’aucune formule ne pourra émerger, à moins que tout le monde ne réfléchisse ensemble.

 

Netanyahu s’enorgueillit d’entretenir de chaleureuses relations avec le roi Abdallah qui assume la responsabilité totale du Waqf et qui, vendredi, a condamné l’attaque (même s’il a demandé la réouverture avant la condamnation). C’est un début utile lorsqu’on cherche, dans l’urgence, à restaurer le calme, et à le maintenir.

 

Pourquoi diable, peut-on s’interroger, Israël devrait négocier avec n’importe qui lorsqu’il s’agit des arrangements sécuritaires vitaux sur un site dont l’actuel statut, de plus, a été atteint grâce à des concessions d’une ampleur sidérante pour l’Etat juif, qui ont permis de trouver un compromis ? Israël, après tout, revendique sa souveraineté sur la Vieille Ville et empêche pourtant les Juifs de prier sur le mont, consentant à ce qu’une administration musulmane assure la gestion des lieux.

 

Et c’est là que se trouve la réponse. Israël a choisi de ne pas pleinement assurer son contrôle sur le mont du Temple en 1967 parce que l’état avait voulu éviter une guerre sainte avec le monde musulman en raison du caractère unique de ce site – le plus contesté et le plus incendiaire du pays. L’Etat juif a utilisé un prétexte très commode pour y dissuader la prière juive : le consensus rabbinique qui interdit aux Juifs de poser le pied sur le mont par crainte de souiller par inadvertance le saint des saints des temples bibliques.

 

Il a opté pour le compromis.

 

Aucune concession convenue par Israël lors de négociations visant à sortir de l’impasse actuelle ne peut s’approcher de près ou de loin du compromis le plus spectaculaire consenti il y a un demi-siècle, qui a vu la nation juive ressuscitée, ayant vaincu ses ennemis durant une guerre qui lui avait été imposée et ayant libéré le lieu le plus saint de son patrimoine religieux, renoncer à ses droits religieux là-bas, et les accordant aux représentants de ses ennemis défaits.

 

Et aucun compromis qui sera consenti par Israël aujourd’hui ne pourra se comparer dans ses retombées à l’impact de cet accord passé il y a 50 ans, qui a permis de donner de la vigueur à un narratif palestinien et musulman. Plus largement, en affirmant que les Juifs n’ont, en fait, aucune connexion avec le mont du Temple, aucune histoire ici, aucune légitimité là – et, a fortiori, aucune légitimité souveraine non plus en Israël.

 

Pourquoi la concession faite par le ministre Moshe Dayan le 10 juin 1967 a-t-elle attisé ce narratif mensonger ? Parce que – c’est ainsi qu’elle a été appréhendée dans une grande partie du monde musulman – les Juifs n’auraient pas pu – et n’auraient pu – renoncer à leur autorité sur le site s’il constituait véritablement le point focal physique le plus sacré de leur foi.

 

La retenue d’Israël, – sa realpolitik religieuse, en d’autres termes, – a été considérée comme une preuve de notre illégitimité. Et de notre duplicité. Nous n’avons pas été les libérateurs sur leur terre, nous avons été les intrus, à qui il fallait résister jusqu’à ce que nous retournions d’où nous venions.

 

Pourquoi évoquer encore une fois aujourd’hui cette histoire remontant à des dizaines d’années ? Pourquoi se focaliser sur la tolérance israélienne remontant à un demi-siècle et sur des décennies de délégitimation de la part des musulmans, alors que nous essayons de venir à bout des dangers immédiats qui planent sur le mont du Temple ?

 

Parce que c’est pourtant bien de cela qu’il s’agit.

 

Israël a fait un choix il y a 50 ans. L’Etat juif a choisi de ne pas insister sur la liberté religieuse des Juifs au mont du Temple. En fait, le pays a choisi de ne pas insister sur la liberté religieuse sur le mont du Temple, point.

 

Israël s’est reporté sur les sensibilités musulmanes en raison de ses intérêts plus larges, qui visaient (toujours le cas) à oeuvrer à la normalisation de sa présence souveraine dans un Moyen-Orient hostile – toujours hostile.

 

Cela a-t-il été une erreur historique ? Eh bien, peut-être que oui, ou peut-être qu’il s’agissait d’un impératif vital, susceptible de sauver la nation. Il s’agit, sans aucun doute, d’une question qui mérite d’être examinée.

 

Mais le fait est que, aujourd’hui, en ce moment, malgré les fausses et nombreuses affirmations du contraire proférées sans relâche dans le monde musulman, il n’y a aucune indication qui montrerait l’intention du gouvernement de Netanyahu de revenir sur cette décision fondamentale, aucun signe qu’il aurait l’intention d’affirmer une pleine souveraineté sur le mont du Temple.

 

Auquel cas, l’Etat juif a moins de trois jours, au maximum, pour trouver un arrangement avec lequel les deux parties pourront s’accommoder- ajoutant un réglage supplémentaire à ce qui a été la plus cruciale des concessions consenties il y a 50 ans.

 

 

UNE VICTOIRE PALESTINIENNE SUR LE MONT DU TEMPLE

Daniel Pipes

Times of Israel, 31 juillet 2014

 

Samedi, le parti du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, le Fatah, a annoncé que la « campagne pour Jérusalem a effectivement commencé et ne s’arrêtera pas avant la victoire palestinienne et la libération des lieux saints de l’occupation israélienne. » Le Fatah a exigé le retrait des détecteurs de métaux et autres dispositifs à l’entrée de la mosquée Al-Aqsa située sur le Mont du Temple. Une semaine plus tôt, deux policiers israéliens ont été tués par des terroristes qui avaient caché leurs armes dans la mosquée.

 

La déclaration du Fatah était illogique et hypocrite. Malgré le fait que, dans les pays à majorité musulmane, de nombreuses mosquées recourent aux mêmes dispositifs de sécurité dans le but de protéger les fidèles, les touristes et la police, M. Abbas a réussi à contraindre le gouvernement israélien à les enlever tout en détournant l’attention attirée par les assassins des policiers et en alimentant les craintes d’un affrontement religieux aux conséquences incalculables.

 

La crise du Mont du Temple fait apparaître avec une singulière clarté trois facteurs qui expliquent la raison pour laquelle 80 % des Palestiniens continuent de croire qu’ils peuvent éliminer l’État juif : la doctrine islamique, l’aide internationale et la timidité israélienne.

 

L’islam porte en lui l’exigence selon laquelle tout pays tombé un jour sous contrôle musulman devient comme un héritage qui doit inévitablement retomber en possession des musulmans. Cette idée a conservé toute sa force : pensons au rêve d’Oussama Ben Laden de restaurer l’Andalousie et à l’espoir que nourrit le président turc Recep Tayyip Erdoğan de regagner une influence sur les Balkans. Quant aux Palestiniens, ils ne cessent de croire en l’effondrement, d’ici quelques dizaines d’années, de l’État juif.

 

Une confrontation au sujet du Mont du Temple ravive tout particulièrement cette attente car, bien plus que la population locale, elle anime les passions d’une part importante du 1,6 milliard de musulmans dans le monde.

 

La plupart des principaux dirigeants musulmans et des grandes institutions islamiques ont soutenu la position du Fatah sur les mesures de sécurité prises au Mont du Temple. Face au consensus pro-palestinien, les voix musulmanes discordantes sont rares. Les Palestiniens se réjouissent d’incarner le rôle du fer de lance de cette gigantesque armée.

 

L’illusion de puissance qui anime les Palestiniens bénéficie d’un soutien international considérable. L’UNESCO a coutume d’adopter des résolutions critiques visant Israël. L’Université de Columbia abrite un machin appelé Centre pour les études palestiniennes.

 

Les grandes sociétés comme Google et les grands organes d’information comme la BBC affirment qu’il existe un pays appelé Palestine. L’aide étrangère a créé une pseudo-économie palestinienne qui, en 2016, a connu un taux de croissance phénoménal de 4,1 %.

 

Dans le cadre de la crise du Mont du Temple, le gouvernement américain, les Européens et pratiquement tous les autres se sont alignés pour soutenir la demande du retrait des détecteurs de métaux ainsi que des caméras high-tech et de tout dispositif destiné à prévenir des attentats djihadistes.

 

Le Quartet pour le Moyen-Orient a salué « le fait que le Premier ministre israélien a assuré que le statu quo sur les lieux saints à Jérusalem serait maintenu et respecté. » Ce genre de soutien quasi-unanime pousse assez facilement les Palestiniens à se croire plus forts que l’État juif.

 

Les services de sécurité israéliens, timides, évitent de prendre des mesures qui pourraient irriter les Palestiniens. Cette méthode douce résulte non pas d’un idéalisme béat mais bien d’une opinion exagérément négative selon laquelle les Palestiniens seraient d’incorrigibles fauteurs de troubles.

 

Dès lors, la police, les services de renseignement et l’armée s’accordent pour faire tout ce qui peut maintenir le calme et pour rejeter toute initiative destinée à priver les Palestiniens de fonds, à les sanctionner plus sévèrement ou à empiéter sur leurs nombreux privilèges.

 

Les services de sécurité israéliens savent que l’Autorité palestinienne continuera à inciter et à consentir au meurtre tout en cherchant à délégitimer et à isoler l’État d’Israël. Toutefois, ils préfèrent à l’évidence vivre avec de telles épreuves plutôt que de punir M. Abbas, de réduire son statut et de risquer une nouvelle intifada.

 

L’effondrement de l’Autorité palestinienne et le rétablissement d’un contrôle direct israélien constituent le cauchemar des services de sécurité. M. Abbas le sait et le fiasco de cette semaine démontre qu’il n’hésite pas à exploiter les craintes israéliennes pour faire progresser son rêve d’affaiblir et finalement d’éliminer l’État juif.

 

 

LE MONT DU TEMPLE, DERNIER REFUGE DE LA NÉGATION D’ISRAËL

David Bensoussan

28 juillet 2017

 

L’islam se considère comme la vraie religion. Il tolère cependant la présence des peuples du Livre, les juifs et les chrétiens, moyennant une taxe spéciale et un statut second. Tant que le statut de leurs minorités a été interprété avec souplesse, les pays arabes ont pu prospérer. Ce fut dans une Espagne ouverte où les diplomates, les généraux et les ministres pouvaient être musulmans, chrétiens ou juifs que s’est développé l’un des grands moments des civilisations que l’on a qualifié d’âge d’or.

 

Les pays arabes sont les héritiers de cette civilisation épanouie des Maures du Moyen-âge. Après la découverte de l’Amérique par les Européens, cette civilisation a régressé en tombant dans la léthargie et dans l’immobilisme. La reprise de contact avec l’Europe quatre siècles plus tard fut brutale : la conquête de l’Algérie, le démantèlement de l’Empire ottoman ont montré la supériorité technique et militaire de l’Occident.

 

La réaction arabe au contact renouvelé avec les Européens alla du rejet total de l’Occident et des valeurs qu’il représente à l’appel au progrès et à la modernisation des sociétés arabes.

Les interprétations orthodoxes de l’islam rejettent les autres expressions de l’islam qui ne cadrent pas avec leur credo. La renaissance d’Israël est perçue comme un revers de l’islam.

 

Le panarabisme n’a généralement pas voulu faire de place aux droits de ses minorités. Le sort des minorités juive, kurde ou kabyle a connu des moments dramatiques. Israël a servi de motif de mobilisation des masses. Nasser en fit son cheval de bataille panarabique et échoua.

 

C’est au tour de l’Iran chiite de brandir le drapeau anti-israélien pour ses propres visées hégémoniques sachant qu’il fait encore effet sur les masses arabes. C’est ainsi que l’Iran a réussi à déstabiliser encore plus la région et a accéléré la destruction de la Syrie, de l’Irak et du Yémen, Obsédée par sa lutte contre l’affirmation kurde, la Turquie d’Erdogan participe au hallali.

 

Établir des mesures de sécurité au mont du Temple est tout ce qu’il y a de plus sensé, d’autant plus que des armes y ont été cachées. Ces mesures existent dans les pays musulmans. Mais, derrière les manifestations récentes visant à faire revivre les guerres de religion, se cachent d’autres motivations.

 

Les pays sunnites ont compris qu’ils avaient besoin d’Israël pour parer à la menace iranienne. La collaboration militaire entre l’Égypte et Israël est à son meilleur. Les pays du Golfe et l’Arabie s’affichent de plus en plus aux côtés d’Israël. C’est la raison pour laquelle les radicaux de l’islam, l’Iran et la Turquie essaient d’agiter le spectre de la guerre de religion pour miner le rapprochement entre Israël et les pays sunnites du Golfe et déstabiliser encore plus les pays sunnites.

 

Le sort des Juifs des pays arabes a varié selon les pays. Il fut dramatique en Irak. Les Juifs d’Égypte eurent 24 heures pour quitter le pays. D’autres pays arabes ont tenté une approche différente. Le Maroc et la Tunisie ont été conscients de ce que l’ostracisme à divers degrés envers leur minorité juive leur a fait perdre l’apport culturel et économique essentiels de leur minorité juive. Ces pays doivent cependant composer avec un islamisme radical ou un panarabisme présent en leur sein. Ils entretiennent des rapports officieux avec Israël alors qu’une collaboration ouverte permettrait d’accélérer leur développement. Le non-dit est encore de rigueur dans les pays arabes, ce qui facilite les efforts de déstabilisation des islamistes et des gouvernements iranien et turc.

 

Les moyens utilisés pour lutter contre Israël furent nombreux : boycott économique, guerres, propagande haineuse, et prise en otage de l’agenda des Nations unies et de l’UNESCO pour faire passer des résolutions des plus insensées.

 

Envers et contre tout, Israël continue de prospérer. Le président Sadate a balayé les tabous en établissant la paix entre Israël et l’Égypte. Il n’en tient qu’aux autres de suivre son exemple pour le bien même de l’ensemble des pays belligérants.

 

 

 

17 TAMOUZ ET 9 AV

akadem

 

 

Le 17 Tamouz

 

On ne mange ni ne boit depuis le matin du 17 Tamouz (lever du soleil) jusqu’à la tombée de la nuit.

La tradition juive associe ce jour à plusieurs événements qui vont tous dans le même sens et marquent

le début d’un processus de destruction.

 

C’est ce jour que Moïse brisa les premières Tables de la Loi à la suite du péché du veau d’or. Bien plus

tard,  le  sacrifice  quotidien  fut  interrompu  lors  du  siège  de  Jérusalem  par  les  romains.  Une  première brèche apparut ce jour-là dans les murailles de la ville sainte. Enfin, Apostomos installa une idole dans le Temple et brûla un rouleau de la Torah, toujours un 17 Tamouz.

 

On constatera que tous ces évènements marquent symboliquement une perte du sens. La Tora serait

devenue  trop  faible  dans  le cœur des juifs pour les empêcher de chuter. La faute du veau d’or en

particulier marque l’incapacité de sortir de soi-même  et  de  rompre  le  cercle  (veau  et  cercle  sont  le

même mot en hébreu) de la pensée limitée pour s’élever vers autre chose, la Tora céleste... Cet échec

n’est pas historique mais guette tout un chacun au quotidien, que ce soit dans le narcissisme occidental,

le dogmatisme intellectuel, ou encore chez les juifs dits "religieux" engoncés dans leurs certitudes...

 

Chacun est donc concerné et doit briser le petit cercle de son propre veau d’or.

 

La période des trois semaines

 

Cette période est marquée par plusieurs restrictions. Durant les trois semaines suivantes, jusqu’au 9 Av, la tradition demande d’éviter d’acheter de nouveaux vêtements deprononcer la bénédiction "

 

Chéhé’héyanou

"

(par exemple pour un fruit nouveau). On ne se coupe pas les cheveux et l’on ne célèbre pas de mariage. On évite également de passer en jugement car la période est considéré comme néfaste.

 

C’est le moment notamment d’amorcer le retour intérieur vers une vie plus spirituelle. C’est le moment

d’amorcer un processus de Techouva qui nous mènera jusqu’aux fêtes de Tichri.  (Roch Hachana  et Kipour).

 

La crise spirituelle

 

17 Tamouz et 9 Av

 

La période de trois semaines allant du 17 Tamouz au 9 Av représente une période de deuil et de restrictions, entourée par deux jeûnes commémoratifs.

 

Le début du mois d'Av

 

Durant les neuf jours qui précèdent le 9 Av, on ne mange pas de viande et on ne boit pas de vin. En fait, le principe de la restriction va en augmentant au fur et à mesure que l’on s’approche de la date fatidique du 9 Av.

 

Jeûne du 9 Av –Ticha beAv

 

Ce jeûne situé au cœur de l’été (juillet -août) est le plus important de tous après Kipour. Ce  jeûne  est  très  ancien,  il  était  déjà  pratiqué  durant  la  période  du  deuxième  Temple  et  marquait  la destruction du premier Temple (-586). Cependant, le deuxième Temple ayant été détruit en 70 à une date   proche   (également   durant   le   mois   d'Av),   on   associe   au   9   Av   les   deux  destructions   et symboliquement l’exil en général.

 

La michna (Taanit 4:6) associe cinq évènements dramatiques à la date du 9 Av. La faute des explorateurs au moment de la sortie d’Egypte. (Nombres chapitres 13-14)

 

La destruction du Premier Temple en -586

La destruction du Second Temple en 70

L’échec de la révolte de Bar Ko'hba, qui s'acheva sur la destruction de la forteresse de Betar.

Jérusalem labourée symboliquement par les romains en signe de destruction totale.

La  tradition juive associe à cette date toutes sortes d’évènements dramatiques par la suite (Talmud brûlé à Paris, expulsion d’Espagne, etc...). Certains de ces évènements ont effectivement eu lieu le 9  Av (le  plus  surprenant  est  le  début  de  la  guerre  de  14-18), d’autres n’ont rien à voir mais lui sont

associés pour   des   raisons   symboliques.   Parfois les  persécuteurs  des   juifs   la  choisissaient en connaissance de cause.

 

 

 

 

JÉRUSALEM: DES MILLIERS DE FIDÈLES DANS LA VIEILLE VILLE POUR TISHA BEAV

I24, 31 juillet 2017

 

 

 

Plusieurs milliers de fidèles se sont rassemblés lundi soir devant le mur des Lamentations, dans la Vieille ville de Jérusalem, pour marquer Tisha Beav, jour de deuil commémorant notamment la destruction des deux Temples juifs.

 

Il s'agissait du premier grand rassemblement juif dans la Vieille ville depuis les violences provoquées ces deux dernières semaines par la tentative de mise en place par Israël de nouvelles mesures de sécurité à l'entrée du Mont du Temple après le meurtre de deux policiers israéliens.

 

Des unités de police supplémentaires ont été mobilisées pour assurer la sécurité pendant les 24 heures de jeûne qui commençaient lundi soir et qui voient traditionnellement des milliers de Juifs affluer devant le mur des Lamentations, le lieu le plus sacré du judaïsme, a indiqué un porte-parole de la police.

 

Le mur des Lamentations à Jérusalem, également appelé Mur occidental, ou HaKotel en hébreu, est un vestige du second temple de Jérusalem. Le Temple fut cependant détruit en 70 après J.-C., lors de la guerre judéoromaine. Le pan toujours visible aujourd'hui constitue la partie inférieure du mur de soutènement de l'esplanade, qu'Hérode avait fait agrandir lors des travaux.

 

Parmi les milliers de fidèles rassemblés se mêlaient des Juifs non religieux et des Juifs religieux, reconnaissables grâce aux kippas et aux chapeaux pour les hommes et aux vêtements longs pour les femmes, venus souvent accompagnés d'enfants en bas âge.

 

"Je ne suis pas vraiment religieuse mais c'est important pour moi de venir ici pour cette commémoration, ce jour de deuil", a expliqué Leora Kaufman, une Israélienne de 25 ans. "Tisha Beav est aussi un rappel de la nécessité de rester unis".

 

Ticha Beav, littéralement le 9 (Tisha) du mois de Av dans le calendrier hébraïque, est le jour le plus funeste pour les juifs: c'est la date de la destruction de leurs deux Temples, par les Babyloniens en 587 avant J.-C. puis par les Romains en l'an 70, et de l'expulsion des juifs d'Espagne en 1492.

 

 

 

 

Actualité 

 

 

 

UNE EX-CAPTIVE DE L'EI ESTIME QU'ISRAËL EST

UN SYMBOLE D'ESPOIR POUR LES YÉZIDIS

Emily Gatt

I24 26 juillet 2017

 

 

Il y a moins de cinq ans, Nadia Murad Basee Taha était une adolescente normale vivant dans le village de Kocho, dans la région de Sinjar en Irak. Mais sa vie a changé pour toujours quand, en août 2014, elle fut capturée par le groupe terroriste Etat islamique et vendue comme esclave sexuelle, au côté de milliers d'autres femmes et filles yézidies.

 

Après être parvenue à s'échapper des griffes du groupe djihadiste, Nadia est devenue la voix des souffrances du peuple yézidi, en témoignant en 2015 devant le Conseil de sécurité des Nations Unies sur les atrocités commises par l'EI.

 

Mardi, Nadia a terminé une visite de cinq jours en Israël co-organisée par l'organisation humanitaire IsraAID, l'association pour le combat du génocide, et le bureau israélien de la Société pour le développement international (SID). Cette visite fait partie d'une tournée mondiale de deux ans au cours de laquelle Nadia milite auprès de différentes gouvernements pour que les crimes perpétrés par l'EI contre les Yézidis soient formellement reconnus comme un génocide.

 

Lors de son dernier jour en Israël, et devant le public enthousiaste de la salle de conférences au Musée du peuple juif, qui se trouve sur le campus de l'Université de Tel Aviv, Nadia a établi de solides parallèles entre les souffrances du peuple yézidi et celles des Juifs pendant la Shoah

 

"[L'histoire du peuple juif] est une histoire unique, et pourtant, une partie d'elle fait écho aux expériences de ma propre communauté. Comme les Juifs, les Yézidis ont une histoire millénaire. Malgré les récentes persécutions, nos deux peuples ont survécu", a affirmé Nadia.

 

"Depuis trois ans, l'EI a volé la paternité de l'histoire des Yézidis. Mais nous ne les laisserons pas écrire notre avenir. Mon voyage en Israël m'a montré qu'après l'oppression et le génocide, une communauté peut émerger plus fort ", a-t-elle déclaré.

 

Les Yézidis sont une vieille ethnie issue de la minorité kurde dont les croyances religieuses intègrent des éléments du christianisme et de l'islam. En 2014, on comptait environ un million de Yézidis vivant dans le monde, dont 700.000 concentrés dans la région des monts Sinjar au nord-ouest de l'Irak, près de la frontière syrienne.

 

Lors de la conquête par l'Etat islamique de régions entières en Syrie et en Irak, les djihadistes ont lancé le 4 août 2014 une offensive sur Sinjar avec l'objectif manifeste d'éliminer les Yézidis, considérés comme des "kfirs ou "non-croyants", et qu'ils ont fini par tuer, asservir ou encore convertir.

 

"Je me souviens avoir entendu les rumeurs concernant ces terroristes qui détestaient mon peuple et nous considéraient comme des adorateurs du diable", s'est rappelée Nadia.

 

"Ce jour-là [4 août 2014], et ceux qui ont suivi, l'EI a tué des hommes et des femmes âgés, y compris six de mes neuf frères, ainsi que ma mère (...) Ils ont piégé des milliers de personnes qui ont fui sur le mont Sinjar sans eau, ni nourriture. L'EI avait planifié à l'avance d'asservir les femmes et les enfants yézidis dans le cadre de leur stratégie visant à détruire notre communauté. Et donc, des milliers d'entre nous ont été enlevés et transportés vers des entrepôts et des prisons", a-t-elle raconté. "Mais je me suis échappée".

 

Nadia s'est ensuite installée en Allemagne dans le cadre d'un projet gouvernemental spécial pour les femmes et les enfants vulnérables. Elle a témoigné des crimes des djihadistes devant le Conseil de sécurité de l'ONU en décembre 2015, puis représentée par l'avocat spécialiste des droits de l'homme, Amal Clooney, elle a commencé à plaider pour que les combattants de l'EI soient traduits en justice pour les crimes contre sa communauté.

 

En 2016, elle a été nommée ambassadrice de bonne volonté de l'UNDOC pour la dignité des survivants de la traite des êtres humains, puis pressentie pour le prix Nobel de la paix. La même année, une commission indépendante a officiellement déclaré que les crimes de l'EI contre les Yézidis constituaient un génocide.

 

"Lorsque l'EI a pris le pouvoir, les femmes ont été les premières à souffrir. Les filles de moins de neuf ans ont été vendues sur des marchés d'esclaves et brutalement violé", a ajouté Nadia. "Il y a aujourd'hui beaucoup de filles dans les camps de réfugiés, qui ont survécu au génocide et qui sont prêtes à témoigner et raconter ce qui leur est arrivé", a-t-il souligné.

 

Mais jusqu'à maintenant, trop peu a été fait pour traduire les auteurs de ces crimes devant la justice. "Pendant deux ans, j'ai parlé à des politiciens, à des chefs religieux et à des commissions, les appelant à la reconnaissance et à la justice. Mais la communauté internationale n'a toujours pas agi pour protéger les Yézidis, ou pour traduire les auteurs devant la justice", a-t-elle regretté.

 

Près de 3.000 Yézidis sont encore prisonniers de l'EI tandis que des milliers d'autres vivent dans des camps de réfugiés de fortune sur les côtés grecques, où des organisations comme IsraAID pourvoient à leurs besoins fondamentaux et leur apporte un soutien psychologique.

 

C'est aussi grâce au travail d'IsraAID avec les réfugiés yézidis dans le camp en cours d'évacuation de Petra, en Grèce, que le co-directeur de l'organisation, Yotam Polizer, s'est rendu compte qu’Israël pouvait jouer un rôle important dans la cause yézidie.

 

"Contrairement aux réfugiés syriens qui ont vu notre logo avec l'étoile de David et étaient peut-être confus, les Yézidis nous ont accueillis avec d'énormes sourires. Ils ont dit que pour eux que c'était un lien naturel", a déclaré Polizer. Dans les camps, ajoute-t-il, il est devenu clair que les Yézidis ne voulaient pas notre soutien financier, mais nos conseils".

 

En Israël, Nadia a visité Yad Vashem et le Musée de l'histoire du peuple juif, a rencontré des députés israéliens, ainsi que le président de l'Université de Tel Aviv pour réfléchir à la possibilité de voir des étudiants yézidis venir étudier en Israël.

 

"Comme les Juifs, les Yézidis ont montré une résilience face à l'oppression. S'accrocher à son identité peut être une force de résistance. Chaque fois que nous pratiquons une coutume traditionnelle ou que nous en défendons une autre, nous refusons de laisser nos tortionnaires être plus forts que nous", a-t-elle affirmé.

 

Lors d'un rassemblement à la Knesset lundi soir, Nadia a exhorté les députés israéliens à reconnaître officiellement le génocide des Yézidis et à adopter un projet de loi présenté par la députée de l'Union sioniste Ksenia Svetlova, également à la tête du lobby pour le renforcement des relations entre l'État hébreu et le peuple kurde.

 

"Si le projet de loi est adopté, Israël rejoindrait d'autres pays qui ont reconnu officiellement que ce que nous avons enduré est un crime. En effet, le crime le plus odieux", a affirmé Nadia mardi devant les étudiants de l'Université de Tel Aviv. Après elle, Svetlova a affirmé croire qu'Israël peut faire beaucoup pour favoriser la cause des Yézidis.

 

"La première chose que nous devons faites est commémorer et reconnaître", at-elle déclaré.

 

"Plus jamais ça. C'est la devise de notre pays qui a été construit sur les cendres de la Shoah. Pour moi (...) Il est évident que 'Plus jamais ça' n'est pas valable seulement pour les Juifs. Ça l'est aussi pour les autres nations et pour les autres peuples", a ajouté Svetlova.

 

Avec l'armée irakienne qui reprend petit à petit sur les derniers bastions de l'EI dans le pays, Nadia espère bientôt pouvoir revenir dans son village de Sinjar et poursuivre son rêve d'étudier le maquillage artistique et d'ouvrir son propre salon.

 

"Il n'y a pas un jour qui se passe, sans que je pense à ma famille, à notre maison et à ce qui m'est arrivé. Toute ma vie est devenue un souvenir. Ca me suit tout le temps", a-t-elle soupiré.

 

Avant de quitter Israël, Nadia a livré un dernier message aux étudiants: "Merci d'avoir donné aux Yézidis un exemple pour savoir comment rester liés à notre histoire et à notre patrimoine tout en façonnant notre avenir".

 

Nous vous souhaitons Shabat Shalom!

 

 

 


 


 

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