Subscribe to our Daily Briefing

POURIME

Volume no. VIII, No. 770 • 10 mars., 2017 • 10 mars 2017

Jewish World

  

    

 

 

 

 

 

EXTRAIT : SEPT ANNÉES À JÉRUSALEM »,

MONTRÉAL, ÉDITIONS DU MARAIS, 2012, Page 95

                                                Prof. Julien Bauer

                 

Une fête à double date, l’une universelle, l’autre réservée à Jérusalem. Pourime, la Fête des sorts, commémore l’histoire d’Esther. Les Juifs, exilés de Judée, vivaient dispersés dans les cent vingt-sept provinces de l’Empire perse, « de l’Inde à l’Éthiopie » (Ester I : 1). Haman, le nouveau premier ministre, pays Assuerus, le monarque, pour obtenir le droit de tuer tous les Juifs pour se venger du fait que Mardochée, un leader juif, refusait de se prosterner devant lui. Mardochée ordonne à sa nièce, Esther, devenue épouse du roi, d’intervenir, même si c’est au péril de sa vie, pour sauver son peuple. Lors d’un repas dramatique, Esther dénonce Haman. Celui-ci est pendu, Mardochée le remplace, les Juifs qui s’attendaient à être massacrés sont sauvés et attaquent leurs ennemis. Le jour prévu par les sorts pour la tuerie  , le 14 Adar, devient la fête de Pourime. À Suze, la capitale, un jour supplémentaire de combats fait que les Juifs ne célèbrent que le 15 Adar. Mais me direz-vous, cette histoire est très belle, mais qu’a-t-elle à voir avec Jérusalem ? Pour les responsables religieux juifs, il était hors de question qu’une ville étrangère, Suze, ait la primauté sur Jérusalem avec l’expression Pourim de Zuze, le 15, et non Pourime tout court, le 14. Ils ont décrété que toutes les villes d’Israël qui étaient entourées de murailles à l’époque de la conquête de Canaan par Josué célébreraient le 15. Jérusalem, en faisant partie, célèbre donc Shoushane Pourime, le Pourime de Suze au lieu du Pourime courant. Le résultat est que les diverses coutumes, lecture du livre d’Esther, dons aux pauvres, cadeaux de nourriture et repas de fête se font à Jérusalem un jour après les autres villes. Que faire des villes qui selon toute vraisemblance avaient des murailles à l’époque de Josué : Hébron, Jaffa, Acco (St-Jean d’Acre), Safed et Tibériade. Elles célèbrent à la date générale, le 14, mais, au cas où, pour éviter toute erreur d’interprétation, elles lisent le Livre d’Esther le 15. Tout ce système, compliqué  - la majorité des Juifs n’y comprennent rien – et égalité avec Suze, puis dans un deuxième temps, suite à la disparition de Suze, assurer la primauté de Jérusalem sur toutes les cités. Je suggère, même si personne ne m’a demandé mon avis, de changer le nom de Pourime de Suze en Pourime à Jérusalem.

 

 

QU'EST-CE QUE POURIM ?

http://fr.chabad.org/library/article_cdo/aid/648677/jewish/Quest-ce-que-Pourim.htm

 

 

La fête de Pourim est célébrée chaque année le 14ème jour du mois hébraïque de Adar (fin de l’hiver/début du printemps). Elle commémore le salut miraculeux du peuple juif dans l’ancien Empire perse du complot ourdi par Haman pour « détruire, exterminer et anéantir tous les Juifs jeunes et vieux, enfants et femmes, en un seul jour. »

L’histoire en bref :

 

L’Empire perse du 4ème siècle avant l’ère commune s’étendait sur 127 pays et tous les Juifs en étaient les sujets. Après avoir fait exécuter son épouse, la reine Vashti, pour lui avoir désobéi, le roi Assuérus organisa un concours de beauté pour trouver une nouvelle reine. Une fille juive, Esther, trouva faveur à ses yeux et devint la reine – bien qu’elle refusât de divulguer quelle était sa nationalité.

 

Entre temps, l’antisémite Haman fut nommé premier ministre de l’Empire. Mordékhaï, le chef des Juifs (et le cousin d’Esther), défia l’ordre du roi en refusant de se prosterner devant Haman, qui portait l’effigie d’une idole sur sa poitrine. Celui-ci, exaspéré, convainquit le roi de promulguer un décret ordonnant l’extermination de tous les Juifs le 13ème jour de Adar – une date qui fut tirée au sort par Haman.

 

Mordékhaï galvanisa les Juifs et les convainquit de se repentir, de jeûner et de prier D.ieu. Pendant ce temps, Esther invita le roi et Haman à participer à un festin. Lors de ce festin, Esther révéla au roi son identité juive. Haman fut pendu, Mordékhaï fut nommé premier ministre à sa place et un nouveau décret fut promulgué, donnant au Juifs le droit de se défendre contre leurs ennemis.

 

Le 13ème jour de Adar, les Juifs prirent les armes et vainquirent leurs agresseurs, en tuant de nombreux. Le 14 Adar, il se reposèrent et célébrèrent leur victoire et le miracle de D.ieu.

Les pratiques de Pourim :

 

a) Écouter la lecture de la Méguila (le Livre d’Esther), qui relate l’histoire du miracle de Pourim. b) Donner des dons d’argent aux pauvres. c) Envoyer des cadeaux de nourriture à ses amis. d) Un joyeux festin de Pourim.

En outre, les enfants ont l’habitude de se déguiser à Pourim.

 

 

POURIM, C’EST QUOI?

 

Contexte historique

 

Les livres de Daniel (chap. 1-9) et d’Ezra (chap. 1-6) nous donnent le contexte du récit de la Meguila. Ce fut au Ve-IVe siècle av., époque où le peuple juif, déjà exilé en Babylonie, avait perdu sa souveraineté et son sanctuaire et était exilé en Babylonie. Cet empire était tombé aux mains des Perses et s’étendait de l’Inde à l’Ethiopie. Cyrus avait donné la permission aux Juifs de retourner en Israël (qui se trouvait également sous sa domination) et d’y reconstruire le Temple. Une partie du peuple s’y était rendue et, dans des conditions difficiles, avait jeté les fondations du sanctuaire. Sous le règne d’Assuérus, les Samaritains, intriguant contre les Juifs, les accusèrent de vouloir se révolter contre la Perse ; le roi prêta foi à ces accusations et fit arrêter la construction du Temple. Les travaux ne purent être repris qu’au temps de Darius.

 

L’histoire de Pourim se situe donc à une époque où une partie du peuple juif se trouvait en Israël attendant de pouvoir réédifier le Temple ; l’autre était dispersée dans l’empire perse. A Suze, lieu de résidence d’Assuérus, il y avait également une communauté juive : c’est là où notre récit se déroule.

 

Histoire de Pourim

 

La troisième année de son règne, lorsque son trône est consolidé, Assuérus donne un festin durant cent quatre-vingts jours et y convie les satrapes et les notables des cent vingt-sept provinces de son royaume. A la fin de ces festivités, il invite pendant une semaine tous les habitants de Suze à un nouveau festin. Le dernier jour, le roi ordonne à sa femme, la reine Vachti, de paraître devant tous les hommes pour montrer sa beauté. Vachti refuse. Le roi consulte les Sages et l’un d’entre eux, s’appelant Memoukhan (d’après la tradition orale, c’est Aman), lui conseille de répudier la reine. Il prétend notamment que la conduite intolérable de Vachti pourrait devenir un précédent fâcheux pour les autres femmes qui seraient, elles aussi, incitées à manquer de respect à leur mari. Le conseil de Memoukhan est suivi et, en outre, des ordonnances sont expédiées dans tout le royaume exigeant le respect du mari dans tous les foyers.

 

Assuérus, cherchant une nouvelle reine, fait réunir plusieurs belles jeunes filles. Parmi celles-ci, Esther, la seule à ne faire aucun effort pour plaire au roi, attire les sympathies de tous et est choisie. C’est une orpheline juive, nièce et pupille de Mardochée. Elle devient reine et, suivant le conseil de son tuteur, ne fait pas connaître son origine. Elle continue à garder contact avec lui, et suit ses instructions et ses conseils.

 

Mardochée découvre un complot contre le roi et l’en prévient par le truchement d’Esther. Le fait est consigné dans le livre des Annales ; aucune récompense ne lui est donnée.

 

Assuérus élève Aman, descendant d’Agag (roi des Amalécites), au plus haut rang de la hiérarchie. Tout le monde doit se prosterner devant lui. Mardochée refuse.

 

Courroucé contre Mardochée, Aman veut exterminer tous les Juifs. Au mois de Nissan, il procède à un tirage au sort qui désigne le 13 Adar comme date propice au massacre. Il persuade le roi de donner son accord, lui offre même une somme énorme en échange des pleins pouvoirs. Ils lui sont remis et un décret royal publié dans tout l’empire annonce que la population entière doit se tenir prête à la date susdite.

 

Mardochée fait dire à Esther d’intercéder auprès du roi pour sauver son peuple. Après quelques hésitations, elle accepte mais lui demande de faire décréter d’abord un jeûne de trois jours dans la communauté juive de Suze.

 

Le troisième jour, Esther, au péril de sa vie (ne peut se présenter devant le roi que celui qui y est appelé), invite le roi et Aman à une fête intime. Au cours du banquet, Assuérus lui demande ce qu’elle désire et Esther ne répond pas. Elle invite pour le lendemain le souverain et Aman à un nouveau festin et promet à cette occasion de faire connaître au roi sa requête.

 

Aman sort du banquet royal gonflé d’orgueil et de joie. Croisant Mardochée qui ne s’incline pas devant lui, il est pris d’une fureur irrésistible. La nuit même, il érige une potence et attend le lever du jour pour recevoir du roi l’autorisation d’y pendre Mardochée.

 

La même nuit, Assuérus, ne comprenant rien à la signification du dîner offert par Esther, est inquiet et ne parvient pas à s’endormir. Il ordonne à ses serviteurs de lui lire les Annales. Comme par hasard, le livre est ouvert à la page où est consigné le bienfait de Mardochée.

 

Le roi veut le récompenser au plus tôt.

 

A l’aube, Aman se présente devant le souverain qui, ne lui laissant pas le temps de formuler sa requête, veut connaître quelle rétribution il proposerait pour un homme de mérite. Aman, croyant qu’il s’agit de lui-même, propose qu’on le fasse chevaucher en tenue royale dans la capitale pendant qu’un dignitaire proclamerait à ses côtés : “Voilà ce qui se fait pour l’homme que le roi veut honorer !” Assuérus dit à Aman que les honneurs sont destinés à Mardochée et que le dignitaire sera Aman en personne. L’ordre est exécuté.

 

Sans avoir eu le temps de se remettre de sa honte, Aman doit se rendre au festin d’Esther. Au cours du banquet, Esther révèle au roi qu’elle est juive et accuse Aman de tramer un complot contre la reine et son peuple. Assuérus, sous l’effet de la surprise, est pris d’une rage folle (il avait déjà donné son accord à Aman). Dans son désarroi, il quitte la salle. Aman, saisi de panique implore la pitié d’Esther et trébuche sur le divan. Le roi revient et, croyant qu’Aman fait la cour à la reine, se fâche de plus belle. Un serviteur révèle qu’Aman avait préparé une potence pour Mardochée (qui avait sauvé la vie du roi) et, immédiatement, le bourreau y est pendu.

 

Assuérus, apprenant que Mardochée est l’oncle de la reine, le nomme premier vizir à la place d’Aman.

 

Sous l’influence d’Esther et de Mardochée, le roi établit de nouveaux décrets proclamant le 13 Adar comme journée d’autodéfense pour les Juifs. Le 14 Adar, lendemain de la victoire, devient, à la place d’un jour de deuil, un jour de fête. Tous ces faits sont consignés par Mardochée et Esther dans un mémoire s’intitulant la Meguila (le rouleau) d’Esther.

 

La fête de Pourim :

 

Pourim se fête le 14 Adar (dernier mois du calendrier juif) pour les villes ouvertes, et le 15 Adar pour les villes qui étaient entourées d’une enceinte dans l’Antiquité. C’est que, dans toutes les villes, la bataille se termina le 13, tandis qu’à Suze, qui était une ville fortifiée, la bataille ne se termina que le 14. Jérusalem est parmi les villes qui fêtent Pourim le 15.

 

“Pourim” signifie en perse “sorts”. Cela en souvenir du sort qu’Aman avait consulté pour fixer la date d’extermination des Juifs.

 

Les rites de la fête sont :

 

- cadeaux aux amis (sous forme de mets) ;

 

- cadeaux aux pauvres (sous toutes les formes) ;

 

- lecture soir et matin de la Meguila, récitation d’une prière de remerciement dans la ’amida et le birkath hamazone ;

 

- grands festins arrosés de vin et de boissons ;

 

- réjouissances de toutes sortes.

 

 

 

ACTUALITÉ

 

 

LA ‘SEMAINE DE L’APARTHEID ISRAELIEN’

INTERDITE A L’UNIVERSITE DE TOULOUSE

Times of Israel, 5 mars, 2017

 

 

epuis 2014, la Semaine contre l’apartheid israélien (Israeli Apartheid Week-IAW) donnait rendez-vous aux contempteurs d’Israël sur le campus de l’université du Mirail à Toulouse.

 

Recevez gratuitement notre édition quotidienne par mail pour ne rien manquer du meilleur de l'info   Inscription gratuite!

 

Mais cette année, le président de l’université Jean-Jaurés, où la manifestation devait avoir lieu cette année, a refusé d’accorder son autorisation pour l’utilisation de l’amphithéâtre prévu pour la manifestation. L’Union des étudiants toulousains a signalé pour sa part qu’elle maintenait la manifestation en dépit de l’interdiction.

 

L’IAW est un mouvement qui organise des événements similaires dans une cinquantaine de pays et qui a pour but, rappelle la Dépêche, citant le site de l’IAW, de « sensibiliser l’opinion sur le système d’apartheid d’Israël contre le peuple palestinien ».

 

Le but de ces événements est aussi de « renforcer l’adhésion au mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) ».

 

Selon le site, ce genre d’événements se tient dans 225 villes à travers le monde.

 

Il prévoit de célébrer cette année les 100 ans de la résistance palestinienne « depuis l’acceptation de la Déclaration Balfour ».

 

L’ambassadrice d’Israël en France, Aliza Bin-Noun a écrit aux maires de neuf villes à travers la France leur demandant d’annuler les manifestations organisées par le mouvement pro-palestinien de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS), a annoncé vendredi le ministère des Affaires étrangères.

 

Bin-Noun a déclaré que les événements sont susceptibles de causer des troubles à l’ordre public, inciter à la haine et à la violence contre Israël et la communauté juive, tout en rappelant l’aspect illégal des appels au boycott.

 

 

 

EN PLEINE VAGUE ANTISÉMITE, CUOMO MONTRE “SA SOLIDARITÉ” EN VENANT EN ISRAËL

Times of Israel, 5 mars, 2017

 

 

 

Andrew Cuomo, le gouverneur de New York, est arrivé dimanche en Israël pour une visite qu’il a décrite comme un geste de solidarité déclenché par les actes antisémites dirigés contre les Juifs américains, notamment contre les cimetières et les centres communautaires juifs des Etats-Unis.

 

« Je veux dire au peuple d’Israël et je veux dire à la communauté juive de New York que vous n’êtes pas seuls, et chaque personne de l’État de New York ayant suffisamment de décence et de compréhension de ce que veut dire être New-Yorkais est avec vous en ce moment », a-t-il déclaré.

 

Cuomo a dénoncé les incidents locaux et nationaux de profanation et de menaces, affirmant qu’ils étaient répugnants » et faisant ainsi écho à un discours prononcé ce même jour au centre communautaire juif Sidney Albert d’Albany.

 

Dans un contexte de vandalisme antisémite et d’alertes à la bombe visant les communautés juives dans tout le pays, le président Reuven Rivlin a déclaré au gouverneur de New York Andrew Cuomo dimanche que les Etats Unis doivent toujours rester un endroit sûr pour les Juifs.

 

“A l’époque de l’Holocauste, il y avait peu de lieux qui étaient sûrs pour les Juifs. Les Etats Unis étaient alors un îlot de sécurité rare. Nous ne devons jamais, jamais, laisser changer cela », a dit Rivlin.

 

“Votre arrivée en Israël à ce moment est un signal extrêmement important, celui que le peuple et le gouvernement américains ne laisseront pas l’antisémitisme l’emporter », a indiqué Rivlin au gouverneur.

 

« Notre reconnaissance va au président [américain Donald] Trump qui a condamné les attaques – et nous sommes profondément touchés par le geste du vice-président [Mike] Pence, qui est allé donné un coup de main – et qui a prêté aussi sa voix – pour réparer les pierres tombales qui avaient été brisées », a ajouté Rivlin, évoquant la visite de Pence dans un cimetière juif situé à proximité de St. Louis, dans le Missouri, qui avait été vandalisé.

 

Pense avait aidé les bénévoles sur place à redresser les stèles qui avait été renversées.

Vendredi, Cuomo avait déclaré au New York Times que montrer son soutien à la communauté juive locale ne suffisait pas pour réprimer le phénomène croissant.

 

« La base, c’est celle-ci : il y a eu une vague d’antisémitisme, et elle a été profondément perturbante pour les membres de la communauté juive, a-t-il déclaré. Oui, vous pouvez descendre à la synagogue d’en bas, mais si vous êtes vraiment sincère, vous en faites plus, vous agissez plus audacieusement. Et les actes devraient être proportionnels aux griefs. »

New York compte la plus grande population juive au monde après Israël. Cuomo, déjà venu en Israël en 2014, a indiqué que sa visite se concentrerait sur le développement des collaborations économiques, technologiques et sécuritaires avec les dirigeants israéliens. La visite est payée par l’état de New York, sur une initiative de 2015 pour des visites commerciales au Mexique, au Canada, en Italie, en Chine et à Cuba.

 

Le gouverneur s’arrêtera également au mur Occidental et rencontrera le maire de Jérusalem, Nir Barkat, qui sera accompagné d’un groupe de dirigeants commerciaux.

 

La visite de moins de 24 heures a lieu quelques jours après l’annonce de la police de New York d’une hausse de 94 % des actes antisémites dans la ville de New York en 2017 par rapport à la même période de 2016.

 

Ce chiffre s’inscrit dans une hausse de 55 % du nombre de crimes de haines commis dans la ville. Pendant les deux premiers mois de 2017 et la première semaine de mars, 35 actes antisémites ont été signalés, contre 18 pendant cette période de 2016.

 

La police de New York a également annoncé dimanche qu’elle enquêtait sur la profanation d’un cimetière majoritairement juif de Brooklyn. Il s’agirait de la deuxième profanation d’un cimetière juif en une semaine, après la découverte de cinq pierres tombales renversées au cimetière de Rochester jeudi matin.

 

Cuomo avait alors publié un communiqué annonçant une « tolérance zéro » pour de telles attaques.

 

 

 

 

ANTIOBIOTIQUES : LES RECHERCHES DE SLUSKY

POURRAIENT SAUVER DES MILLIONS DE VIES

Victor Wishna

4 mars, 2017

 

 

Joanna Slusky place un tube à essai dans un agitateur incubateur, fait basculer un commutateur et l’ensemble commence à frémir. Tout comme elle.

 

« Je suis excitée », dit-elle, désignant un autre gadget dans le laboratoire, un engin qui permet de remuer des solutions en utilisant une bobine magnétique et une barre de métal. « C’est pas formidable, ça ? »

 

C’est vraiment formidable – ça l’est tellement que même un spécialiste en psychologie peut lui-même ressentir cette excitation. Le travail réalisé par Slusky au sein de l’Université du Kansas, où elle est professeur assistante en biosciences moléculaires et en biologie informatique, pourrait bien servir à sauver des millions de vie.

 

Une protéine qu’elle a créée semble être l’une des réponses les plus prometteuses jamais trouvées à la menace croissance des bactéries résistantes aux antibiotiques. Ce fléau infecte actuellement 2 millions d’Américains par an – 23 000 d’entre eux y succombent, selon le Centre pour le contrôle et la Prévention des maladies.

 

Certains responsables mondiaux de la Santé s’attendent à ce qu’à l’horizon 2050, la résistance aux antibiotiques, si elle devait persister, soit à l’origine d’un plus grand nombre de décès que toutes les formes combinées de cancer au niveau du globe.

 

L’innovation de Slusky a attiré l’attention de la Fondation Gordon et Betty Moore, basée en Californie, à Palo Alto, qui au mois de novembre l’a désigné parmi les cinq plus grands inventeurs-chercheurs de sa catégorie. Elle recevra en tant que tel 825 000 dollars sur trois ans pour financer ses recherches, dont 50 000 dollars par an de la part de l’Université du Kansas.

 

C’est un moment important pour les perspectives de la santé mondiale et c’est un résultat remarquable qui a été enregistré par cette biochimiste juive de 37 ans, qui ne s’était jamais considérée comme une « scientifique inventeur », – un terme qu’elle admet avoir, eh bien, inventé.

 

Grandissant dans un foyer juif pratiquant du New Jersey, Slusky a su très tôt qu’elle voudrait être une scientifique. Ceci largement grâce à sa mère – physicienne au sein des laboratoires Bell Labs et qui a été l’une des première femmes à obtenir un Doctorat en physiques à Princeton — qui a réussi à faire de la science « un amusement », confie Slusky à JTA.

 

“Il y a eu un voyage en voiture qui est devenu l’une de nos histoires de famille”, raconte-elle. Le sujet de conversation, c’était : ‘Que voudriez-vous faire quand vous serez grands ?’ Ma mère a décrit comment, en tant que scientifique, elle tire au laser sur des cristaux. Mon père est un avocat accrédité, et il nous a raconté comment il parlait aux gens et écrivait des choses. Et j’ai dit ‘OK, je veux être scientifique.’ Et mon frère a dit : ‘Est-ce que les garçons aussi peuvent-être scientifiques ?’ »

 

Slusky a fréquenté des externats orthodoxes et conservateurs et a toujours fait Shabbat et respecté la casheroute. Elle indique que son identité a été forgée par la tradition juive et par son travail.

 

« C’est quelque chose auquel je pense beaucoup”, dit-elle. « Je pense que la science répond fondamentalement à la question du ‘comment’, et que le judaïsme répond à celle du ‘pourquoi’, et ces choses ne sont pas contradictoires pour moi. Ce sont les deux facettes de la même pièce. Elles s’imbriquent ».

 

Le premier emploi de Slusky dans les sciences, au niveau technique, a été en tant que baby-sitter – à l’âge où elle était au lycée – pour les enfants d’un professeur en génétique moléculaire.

 

Lorsqu’il a appris qu’elle s’intéressait à la biochimie, il l’a mise en contact avec le Docteur Terri Goss Kinzy de la Rutgers University. Elle a travaillé dans son laboratoire pendant deux étés.

 

A partir de là, après avoir passé un diplôme en chimie à l’université de Princeton et pour vivre davantage son engagement dans le judaïsme, elle a suivi un an de cours d’enseignement juif à l’Institut Drisha, à New York, dans l’Upper West Side à Manhattan.

 

Puis elle a poursuivi son doctorat en biochimie et en biophysiques moléculaire à l’Université de Pennsylvanie, accomplissant son travail de post-doctorante à l’Université de Stockholm, en Suède, et au centre de recherche sur le cancer, le Fox Chase Cancer Center de Philadelphie. Elle a rejoint la faculté de l’Université du Kansas en 2014.

 

Tout au long de son parcours, Slusky a découvert le remodelage protéique qui est l’étude – et l’application – de la relation entre le séquençage en acides aminés et les structure des protéines 3D qui en résultent.

 

Peu de temps après avoir établi son laboratoire au sein de l’Université du Kansas, alors qu’elle enquêtait sur ce qu’elle qualifie de question « scientifiquement intéressante » portant sur les interactions protéine-protéine, elle a créé une nouvelle protéine – mais l’a finalement mise à l’écart.

 

 “Et là, à travers les conversations que j’ai eues avec des collègues au sujet de la résistance aux antibiotiques, je me suis dit :’Je me demande si cette protéine que j’ai dans le congélateur pourrait rendre une bactérie sensible aux antibiotiques’”, se rappelle-t-elle. « Le but entier de mon travail est, au lieu de fabriquer de nouveaux antibiotiques, de faire en sorte que les anciens fonctionnent aussi bien que les nouveaux ».

En raison de ce que certains attribuent à trop de prescriptions ou trop d’usage dans l’agriculture, les antibiotiques aujourd’hui sont présents dans l’eau et dans le sol où les bactéries peuvent développer une résistance.

 

Tandis que certains résistent en raison de la mutation des protéines qui sont la cible des bactéries ou de la modification de l’antibiotique lui-même, le problème est, plus largement, lorsqu’un antibiotique ne parvient plus à atteindre sa cible en raison de ce que l’on appelle une « pompe à efflux » – essentiellement une protéine qui repousse les antibiotiques hors de la membrane de la bactérie. Et la protéine découverte par Slusky inhibe cette pompe.

 

Elle n’est pas la première à tenter cela mais les efforts qui ont précédé avaient porté sur différentes protéines présentes dans la pompe à efflux, souvent avec des résultats toxiques. Ce qui distingue cette protéine, c’est qu’elle cible la membrane extérieure de la protéine – une caractéristique absente de toutes les cellules humaines qui ne sont donc aucunement vulnérables à une attaque intentionnelle. La protéine de Slusky devrait donc être non-toxique et plus efficace contre la bactérie.

 

L’appel aux travaux d’application émanant de la Fondation Moore — créée par Gordon Moore, le cofondateur d’Intel Corp— est survenu peu de temps après la découverte de Slusky. Les fonds permettront à la jeune femme d’agrandir son laboratoire tandis que la publicité pourrait attirer davantage l’intérêt et les investisseurs, l’aidant à établir suffisamment de données pour préparer la protéine en vue d’éventuels essais cliniques – et la possibilité de l’émergence d’un traitement approuvé et efficace dans les vingt prochaines années.

 

“C’est tout simplement fantastique”, dit-elle des distinctions et du potentiel de vies sauvées. « Et avec un peu de chance, ça fera boule de neige”.

 

Toutefois, Slusky sait qu’il reste beaucoup de travail à accomplir – sauf, bien sûr, les jours de Shabbat, qu’elle respecte ainsi que sa famille. Slusky et son époux, David, professeur assistant en économie à l’Université du Kansas, et leur fille, encore jeune, sont des membres actifs de leur synagogue conservatrice dans les faubourgs de Kansas City.

 

Lors du dernier Shavuot, Slusky a donné un cours consacré à la Torah et à la science. Parmi d’autres sujets, elle s’est intéressée à la philosophie « d’émerveillement radical » promue par Abraham Joshua Heschel face au monde naturel miraculeux qui nous entoure.

 

Slusky a expliqué que c’était la science qui lui donnait ce sentiment d’admiration – que ce soit lors d’enseignements informels délivrés parmi les étudiants et les chercheurs dans son personnel, en aidant une salle comble de jeunes à découvrir pour la première fois l’aventure de la biochimie ou en travaillant toute seule dans son laboratoire.

 

“Les subtilités des interactions protéine-protéine et la découverte de nouveaux éléments dans ce domaine est ce qui me procure cet émerveillement radical, qui est un sentiment fondamentalement religieux”, explique-t-elle.

 

« Je pense aussi avoir une responsabilité face au monde, que mon obligation est de porter le fardeau de l’autre. Et que si j’ai l’opportunité de faire ça à une échelle globale, alors c’est vraiment très excitant ».

 

Nous vous souhaitons une excellente et joyeuse Fête de Pourime!

 


 


 

Le “Communiqué Isranet” est également disponible via courriel.


Invitez vos collègues, amis et votre parenté à visiter notre site web pour plus d'informations sur notre Institut Canadien de Recherches sur le Judaïsme.
Pour vous joindre à notre liste de distribution, ou pour vous désabonner, visitez-nous au http://www.isranet.org/.
L’hebdomadaire « Communiqué Isranet » est un service d’ICRJ. Nous espérons qu’il vous sera utile et que vous encouragerez notre travail pédagogique en envoyant une contribution quelconque -- déductible d'impôt -- [s'il vous plaît envoyez une information chèque ou VISA / MasterCard pour ICRJ (voir page de couverture pour l'adresse)]. Tous les dons comprennent une adhésion-abonnement à notre revue trimestrielle imprimée respecté ISRAFAX, qui sera envoyée à votre domicile.
Le « Communiqué Isranet » tente de transmettre une grande variété d'opinions sur Israël, le Proche-Orient et le monde juif à des fins d’enseignement et de recherche. Les articles reproduits et documents expriment les opinions de leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de l'Institut Canadien de Recherches sur le Judaïsme.

 

COMITÉ D'ÉDITION

Prof. Julien Bauer, Éditeur Prof. Julien Bauer, Éditeur (L'institut Canadien de Recherches sur le Judaïsme)

Prof. Frederick Krantz, Director Prof. Frederick Krantz, Director (L'institut Canadien de Recherches sur le Judaïsme)

Student Intern, Assistant Editor Student Intern, Assistant Editor (The L'institut Canadien de Recherches sur le Judaïsme)

Rob Coles (Canadian Institute for Jewish Research) Rob Coles (Canadian Institute for Jewish Research)

Connect with CIJR | Isranet.org

Become a fan on Facebook Follow us on Twitter Feed from us via RSS Receive News & Briefings via e-mail