Communique: Coronavirus: une pandémie d’ampleur biblique (Mar 20,2020)

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Citation de la Semaine
« Le virus est le dernier prédateur de l’homme. » 
Robin Cook
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Coronavirus : la guerre contre un ennemi invisible

Freddy Eytan
Le CAPE de Jérusalem, 3/15/20

Le gouvernement Netanyahou se trouve aujourd’hui dans l’obligation de prendre des décisions très graves pour assurer, sans aucune exception, la santé de tous les citoyens israéliens et la sécurité de l’Etat juif. Il vient de décréter l’état d’urgence en annonçant plusieurs mesures et une série de nouvelles restrictions afin de lutter efficacement contre la propagation du coronavirus. Depuis, toutes les institutions éducatives et tous les centres commerciaux sont fermés, à part les supermarchés et les pharmacies. Les restaurants et les salles de restauration des hôtels, les théâtres, les cinémas, et les salles de sport sont également fermés avec les bars, les pubs et les boîtes de nuit… Tout rassemblement de groupes de plus de dix personnes est aussi interdit.
 

C’est clair, dans les jours et les semaines à venir, notre pays sera partiellement paralysé et risque de plonger dans une crise sociale et économique profonde.

Cependant, nous devrions être confiants et toujours espérer des jours meilleurs. Depuis la création de l’Etat d’Israel, les Israéliens ont réussi à affronter de nombreuses crises économiques et des conflits armés. En 1967, la guerre des Six Jours fut gagnée grâce à l’unité du peuple représentée dans le cadre d’un gouvernement d’union nationale. En 1984, la crise économique et l’inflation galopante, furent aussi gérées et jugulées convenablement durant plus de six ans, en raison d’un mariage forcé entre le Likoud d’Itzhak Shamir et le parti travailliste de Shimon Pérès.

La peur, l’anxiété et le vent de panique qui véhiculent ces jours-ci surtout au sein des réseaux sociaux devraient cesser. Certes, ne prenons pas les choses à la légère et dans l’indifférence, mais de temps en temps, il est préférable de mettre les problèmes à leur juste proportion, de rendre certains dangers dérisoires et présenter la réalité de manière à en dégager les aspects plaisants et insolites. Même durant la terrible Shoah les Juifs ont su s’exprimer avec humour.

En réalité, notre nouvel ennemi concerne toute la planète. Contrairement au terrorisme, il n’a pas de stratégie précise, ne possède pas d’arme, ni idéologie, mais demeure dangereux et parfois mortel. Ce nouveau virus n’a pas de remède ni de vaccin, inconnu des médecins et des savants, il est surtout invisible. Comme toute maladie incurable, le combat est donc tous azimuts surtout dans la prévention et la recherche. Dans ce domaine, Israël demeure le fer de lance, d’ores et déjà des laboratoires s’attèlent à trouver un remède efficace. Le gouvernement devrait investir tous les fonds possibles pour encourager la recherche et coordonner la marche à suivre avec des instituts étrangers.

Pour pouvoir réussir et gagner cette nouvelle guerre contre un ennemi invisible, toute la population devrait être solidaire et soutenir le gouvernement. Dans ce contexte, les querelles politiques devraient être mises aux vestiaires. Balayer la haine et les rancunes et prouver un fort leadership, être responsable de sa conduite en véhiculant des messages positifs. Dans cette nouvelle guerre, la cause est suffisante pour que chacun soit responsable de tous.

L’inaction et l’immobilisme de l’opposition comme les critiques virulentes sont inutiles et risquent toujours d’augmenter les dangers. Pour pouvoir garantir notre défense immunitaire et assurer la bonne marche de notre pays nous devrions changer à la fois de stratégie et de tactique et surtout modifier notre train de vie.

En dépit de la diversité d’opinion et des divergences profondes entre Gauche et Droite, Arabes et Juifs, laïcs et religieux, le gouvernement devrait être dirigé par un Premier ministre bien expérimenté qui devrait mettre ses facultés en accord avec la sagesse, la raison et le pragmatisme. Il devrait être soutenu par des ministres de l’opposition et être parfaitement conscient du lourd fardeau national, en évitant des décisions partisanes et extrémistes.

Tous ensemble donnons corps et âme pour notre pays sachant que les cruciales décisions sont prises parfois tout seul.

L’année 2020 s’annonce imprévisible tant sur l’avenir de notre pays que sur les affaires internationales. Cette fois-ci, tous les continents et les peuples sont concernés.

Malgré toutes les difficultés et les menaces, nous sommes les seuls de la planète à pouvoir toujours compter sur notre foi et sur la solidarité inébranlable des communautés juives. Ne perdons jamais l’espoir pour des jours meilleurs et demeurons toujours vigilants et souriants quoi qu’il arrive.

https://jcpa-lecape.org/coronavirus-la-guerre-contre-un-ennemi-invisible/

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« Barsi », l’économiste qui mène la lutte drastique d’Israël contre le coronavirus

Moshe Bar Siman Tov, 43 ans, premier non-médecin à diriger le ministère de la Santé, répond aux critiques avec une stratégie visant à empêcher le coronavirus d’envahir les hôpitaux
 

Par HAVIV RETTIG GUR 12 mars 2020, 
 

Ses amis et collègues l’appellent « Barsi », un surnom pour un homme modeste, le genre d’homme qui aime porter des vestes de sport grises sur des chemises grises. Mais ne vous laissez pas tromper par ses manières et son air doux. Moshe Bar Siman Tov, l’homme de pointe d’Israël dans la lutte pour ralentir la propagation du coronavirus, est considéré comme l’un des gestionnaires les plus impitoyables et les plus compétents de la bureaucratie de l’État israélien. Son parcours professionnel, tout comme sa gestion de la crise du coronavirus, raconte une histoire qui en dit long sur la résistance et le succès de l’État juif au fil des ans – et, peut-être, sur sa dépendance excessive à l’égard de puissants bureaucrates.

L’homme de 43 ans est le premier non-médecin à occuper le poste de directeur général du ministère israélien de la Santé, le plus grand professionnel de santé publique du pays. Il est plutôt un économiste, et un économiste d’un genre particulier. « Barsi » est un membre et le symbole d’une petite sous-section de l’administration israélienne surnommée « les jeunes du Trésor » par le reste de la bureaucratie de l’État.

Il s’agit d’équipes de jeunes économistes dans la vingtaine et la trentaine qui travaillent sur des graphiques et des chiffres au sein du département des budgets du ministère des Finances. Il est difficile d’exagérer leur influence démesurée, ou leur sens démesuré de l’autonomie. Le département des budgets, chargé de planifier et de suivre le budget de l’État, se qualifie lui-même de « commando de la fonction publique ». Il estime qu’il est le seul à protéger la nation contre les effets catastrophiques des déficits galopants, qu’il est le seul à protéger les intérêts fiscaux du public lorsque tous les autres – politiciens, militants, voire le public lui-même – conspirent pour mettre la nation sur la voie d’une Grèce ou d’un Venezuela.

Moshe Bar Siman Tov a été élevé dans un foyer religieux, mais il est maintenant laïc. Pourtant, il possède une foi presque religieuse dans le rôle vital que les économistes purs et durs peuvent et doivent jouer dans le secteur public, en faisant les choix difficiles mais responsables que les responsables politiques et les groupes d’intérêt souvent ne font pas. C’est une foi qu’il partage avec d’autres « jeunes du Trésor » (il a un jour protesté contre le fait qu’il n’est « plus si jeune » lorsqu’un journaliste lui a lancé cette phrase en pleine figure) et avec les responsables de la planification professionnelle d’autres organismes gouvernementaux.

En 2015, lorsqu’il est devenu le premier non-médecin à diriger le ministère de la Santé, l’Association médicale israélienne a fait appel de cette nomination devant la Cour suprême de justice, affirmant que son manque d’expertise médicale le rendait particulièrement inapte à ce poste. Le gouvernement a répondu en affirmant qu’un économiste n’était pas moins apte à gérer le système de santé qu’un médecin.

Le tribunal a pris le parti du gouvernement et confirmé la nomination. Mais même s’il a refusé d’intervenir, le juge Elyakim Rubinstein a écrit qu’il « espère que l’expérience réussira… et que le système de santé et le public bénéficieront tous des compétences que le nouveau directeur-général possède dans les domaines de l’économie et de la réglementation de la santé ».

Une chose est sûre : les patrons directs de Bar Siman Tov, le ministre de la Santé Yaakov Litzman et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, estiment que l’expérience a été un succès retentissant et ont montré qu’ils étaient prêts à prendre des mesures drastiques et impopulaires à l’instigation de Moshe Bar Siman Tov. Il est, à son tour, célèbre dans les couloirs du gouvernement pour avoir soutenu vigoureusement des collaborateurs qui s’attirent des critiques pour des décisions impopulaires mais, selon lui, justifiées.

Il représente donc une sorte d’apothéose de l’influent bureaucrate israélien, une strate du gouvernement qui, de l’avis de beaucoup, mérite beaucoup de crédit pour les réalisations et les forces stupéfiantes d’Israël, mais qui suscite des inquiétudes quant à son influence écrasante sur la prise de décision.

Cette culture, plus que tout autre facteur, peut permettre d’expliquer comment Israël a été capable de prendre des mesures aussi radicales face à la menace du coronavirus, et de les mettre en œuvre malgré l’opposition véhémente des grandes entreprises, des syndicats influents et de certains hommes politiques de haut rang.

Les moments de crise peuvent être révélateurs. Certains critiques ont affirmé que la réaction excessive d’Israël à l’épidémie était due aux besoins des responsables politiques israéliens en matière de campagne électorale. Mais un regard sur la situation aux États-Unis ou en Italie suggère que la classe politique, laissée à elle-même, aurait probablement préféré une approche plus laxiste et moins perturbatrice sur le plan économique.

Toute tentative de comprendre la réponse d’Israël à des crises telles que celle que nous connaissons actuellement doit tenir compte du pouvoir, de l’influence et de la culture de la fonction publique de l’État, qui est sûre d’elle et puissante. Les bureaucrates israéliens, qui jouissent de la confiance et de l’aversion de la classe politique du pays, ont prouvé qu’ils étaient capables de prendre des mesures décisives en cas de crise.

Le temps nous dira si les mesures énergiques et de grande envergure décidées par Moshe Bar Siman Tov seront justifiées par les événements et si elles seront enviées par d’autres pays dans le monde – ou si elles auront causé des dégâts radicalement inutiles, soulevant de nouvelles questions sur le pouvoir considérable de la bureaucratie d’État du pays.

https://fr.timesofisrael.com/barsi-leconomiste-qui-mene-la-lutte-drastique-disrael-contre-le-coronavirus/

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Israël: le Shin Bet autorisé à traquer les porteurs du coronavirus grâce à leur téléphone portable
i24NEWS, 15 mars 2020
 

Il n’y aura pas de ‘Big Brother’ en Israël”

Le gouvernement israélien a approuvé une mesure qui permettra au Shin Bet (Service de sécurité intérieure israélien) de suivre les mouvements des porteurs du coronavirus, en utilisant leurs données de téléphone portable ainsi que d’autres technologies, a déclaré dimanche le ministre des Transports.

Cette proposition, qui accordera au Shin Bet le pouvoir légal de surveiller l’ensemble de la population, a soulevé des préoccupations importantes quant à ses conséquences sur la vie privée.

“Nous avons approuvé – après sept heures de consultations et de discussions approfondies – un mécanisme visant à bloquer électroniquement la propagation du coronavirus”, s’est félicité Bezalel Smotrich dans un tweet.

“Je peux vous assurer sans équivoque qu’il n’y a pas et qu’il n’y aura pas de ‘Big Brother’ en Israël, même dans le cadre d’un événement extrême comme celui auquel nous sommes confrontés actuellement”, a-t-il assuré.

Disant cela, M. Smotrich se référait au roman de George Orwell, 1984. L’expression”Big Brother” est aujourd’hui utilisée pour qualifier toutes les institutions ou pratiques portant atteinte aux libertés fondamentales et à la vie privée des populations ou des individus.

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Coronavirus: le président R. Rivlin s’entretient avec M. Abbas et appelle à la coopération

i24NEWS, 18 mars 2020
La coopération entre nous est vitale pour assurer la santé des Israéliens et des Palestiniens”

Le président israélien Reuven Rivlin s’est entretenu mercredi après-midi au téléphone avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas au sujet de la pandémie de coronavirus, appelant les deux parties à coopérer pour faire face à la maladie.

“Le monde est confronté à une crise qui ne fait pas de distinction entre les personnes ou leur lieu de résidence”, a expliqué M. Rivlin, selon son bureau.

“La coopération entre nous est vitale pour assurer la santé des Israéliens et des Palestiniens”, a-t-il assuré.

Le chef de l’Etat a ajouté qu’il était prêt à aider à mettre en place tous les efforts et toute la coordination nécessaires pour lutter contre la pandémie.

“Notre capacité à travailler ensemble en temps de crise témoigne également de notre capacité à travailler ensemble à l’avenir pour notre bien à tous”, a-t-il poursuivi.

Les accès aux territoires de Cisjordanie administrés par l’Autorité palestinienne ont été fermés pour limiter la propagation du nouveau coronavirus, ont indiqué mercredi les autorités israéliennes et palestiniennes.

A Gaza, le point de passage avec Israël est fermé depuis plusieurs jours, a indiqué Yotam Shefer, à la tête du département international du Cogat, l’organisme israélien chargé des activités civiles dans les Territoires.

Israël a durci mardi les mesures destinées à freiner la propagation du virus, interdisant notamment les déplacements “non essentiels”.

A ce jour, 433 contaminations ont été recensées en Israël, et 44 dans les Territoires.
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Le régime iranien survivra-t-il au coronavirus?

By  Marc
FORUM.FR, Mar 18,2020

Flambée de l’inflation. Renforcement du mécontentement intérieur. Une crise environnementale en expansion. Même avant l’éclosion du nouveau coronavirus ces dernières semaines, le régime iranien se débattait sous le poids des problèmes intérieurs qui menaçaient de plus en plus de saper l’intégrité de la République islamique. Avec l’avènement de COVID-19, cependant, les choses sont devenues bien pires pour le régime iranien – à tel point qu’il n’est pas déraisonnable de penser que le régime iranien pourrait s’écrouler sous le poids de ses propres contradictions internes. En effet, pour les ayatollahs iraniens, le coronavirus représente un véritable événement qu’on puisse qualifier de «cygne noir».  Le terme, popularisé par l’érudit Nassim Nicholas Taleb dans son  livre du même nom en 2008, fait référence à un événement improbable qui ne peut être raisonnablement prévu, mais qui a des conséquences profondes – et potentiellement catastrophiques -. C’est ce que le COVID-19 est pour l’Iran.

Les problèmes commencent avec la santé défaillante de la classe dirigeante iranienne. Les échelons supérieurs de la direction iranienne sont massivement vieillissants et infirmes, et le coronavirus fait des ravages dans cette cohorte. Au 4 mars, le  Washington Post  avait éclairé que la maladie avait affligé «environ deux douzaines de députés et au moins 15 autres personnalités actuelles ou anciennes». Ce chiffre a considérablement augmenté depuis lors, tout comme le nombre de victimes de haut niveau en République islamique. À ce jour, le virus est réputé avoir coûté la vie à Mohammad Mirmohammadi, conseiller du chef suprême Ali Khamenei, à l’ancien vice-ministre des Affaires étrangères Hossein Sheikholeslam, aux parlementaires Mohammad Ali Ramezani Dastak et Fatimeh Rehber, et au moins trois autres fonctionnaires. L’ayatollah Hashem Bathaei-Golpaygani, membre de l’Assemblée des experts iraniens , est décédé lundi des suites d’un coronavirus. On peut certainement s’attendre à plus dans les prochains jours.

Mais le coronavirus a imposé un coût politique encore plus élevé au régime, car il a révélé que l’élite cléricale dirigeante du pays est incompétente et déconnectée. Le pays est maintenant en proie à une profonde crise politique et sanitaire. Elle a été provoquée, non seulement, par l’incapacité du gouvernement iranien à contenir correctement la propagation du virus, mais aussi par sa complicité à dissimuler et à minimiser sa véritable portée.

Selon l’Université Johns Hopkins, l’Iran occupe le troisième rang mondial – derrière la Chine, le point d’origine de la maladie, et l’Italie – pour le nombre d’infections au coronavirus. Mais le nombre de cas iraniens de la maladie actuellement signalés (qui s’élève à plus de 10 000 à ce jour) est probablement une sous-estimation flagrante. Compte tenu des données disponibles sur les cas documentés – y compris des incidents très médiatisés d’infection de politiciens iraniens – des observateurs extérieurs disent  que le nombre réel de cas de coronavirus en Iran pourrait en fait être dans des ordres de grandeur plus élevés.

Le régime iranien, bien sûr, a fait tout son possible pour minimiser l’étendue réelle de la crise qui ravage actuellement le pays. Mais des vidéos virales et des publications sur les réseaux sociaux de personnes souffrant de coronavirus s’effondrant dans les rues du pays et de professionnels de la santé iraniens plaidant pour une assistance internationale ont brossé un tableau très différent du monde. À la suite de la dernière erreur politique directe du régime – la destruction accidentelle le 8 janvier d’un avion de ligne civil ukrainien à Téhéran  – la réponse bâclée du gouvernement iranien au coronavirus renforce le fait que ses dirigeants sont déconnectés, dissociés de la réalité et simplement incompétents .

Mais le coronavirus n’est pas seulement un défi politique pour les ayatollahs iraniens. C’est aussi un coup dur pour leur légitimité idéologique. Les centres religieux du pays (comme la ville sainte de Qom) sont devenus des épicentres d’infection. Et la réponse extrêmement lente du régime à la propagation de la maladie dans ces endroits a encore mis en évidence le décalage entre l’establishment religieux du pays et le reste de sa population. En effet, comme le note Mehdi Khalaji du Washington Institute, ces dernières années, les responsables religieux iraniens «ont rejeté sans compromis la médecine moderne et promeuvent la« médecine islamique »en tant que véritable science inspirée de la connaissance divine.» Aujourd’hui, cette politique a des conséquences désastreuses sur la santé globale du pays.

Le régime iranien survivra-t-il intact à la crise actuelle? C’est possible. Mais il n’est pas hors de portée de penser que, avant de suivre son cours, le coronavirus pourrait finir par accomplir ce que des années d’actions occidentales n’ont pas pu faire : provoquer l’effondrement du régime clérical à Téhéran. Après tout, il a déjà réussi à démolir les derniers vestiges de la légitimité du régime.
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Un virologue israélien appelle les chefs d’Etat à calmer une « panique inutile »

TIMES OF ISRAEL STAFF

TIMES OF ISRAEL, 15 mars 2020
Dimanche, un éminent virologue israélien a exhorté les dirigeants du monde à calmer leurs citoyens au sujet de la pandémie de coronavirus, en disant que les gens étaient plongés dans une panique inutile.

Le professeur Jihad Bishara, directeur de l’unité des maladies infectieuses à l’hôpital Beilinson de Petah Tikva, a déclaré que certaines des mesures prises en Israël et à l’étranger étaient très importantes, mais le virus n’est pas transmis par l’air, la plupart des personnes infectées se rétabliront sans même savoir qu’elles étaient malades, les groupes à risque sont maintenant connus, et la panique générale est inutile et exagérée.

« Je suis dans ce domaine depuis 30 ans », a déclaré M. Bishara lors d’une interview sur la Douzième chaîne. « J’ai vécu le MERS, le SRAS, Ebola, la première guerre du Golfe et la seconde, et je ne me souviens de rien de tel. Il y a une panique inutile et exagérée. Il faut calmer les gens. »
 

« Les gens pensent qu’il y a une sorte de virus, qu’il est dans l’air, qu’il va nous attaquer tous, et que celui qui sera attaqué va mourir », a-t-il déclaré.

« Ce n’est pas du tout comme ça. Ce n’est pas dans l’air. Tout le monde [qui est infecté] ne meurt pas ; la plupart d’entre eux vont aller mieux et ne sauront même pas qu’ils étaient malades, ou auront un peu de glaires ».

Mais en Israël et dans le monde entier, « tout le monde panique – les dirigeants, via les médias, et le grand public – qui à leur tour commencent à stresser les dirigeants. Nous sommes entrés dans une sorte de cercle vicieux ».
 

Il a exhorté le public à intérioriser le fait que « nous parlons d’un virus qui n’est pas aéroporté. L’infection se fait par transmission de gouttelettes… Ce n’est que si vous êtes proche d’une personne qui a le virus, et que vous absorbez sa salive lorsqu’elle éternue ou tousse, que vous pouvez tomber malade. Et si vous ne respectez pas alors les règles d’hygiène personnelle », principalement en vous lavant les mains.

Il a déclaré que le virus ne semblait pas « trop intelligent » – contrairement à la grippe, « qui est très intelligente, elle change, s’adapte, et elle infecte les gens par leurs voies respiratoires ».

M. Bishara a déclaré que certaines des mesures sévères prises en Israël – qui a pratiquement fermé ses frontières, limité les rassemblements à 10 personnes au maximum, fermé tous les établissements d’enseignement, et fermé les centres commerciaux, les restaurants et les lieux de divertissement et de culture – étaient motivées par la prise de conscience, reconnue par les dirigeants, que le système de santé israélien allait céder sous toute nouvelle pression.

Une quarantaine à domicile a été ordonnée pour « tous ceux qui sont passés par une personne qui a pu être infectée par une autre », a-t-il protesté, « parce qu’ils savent que notre système de santé ne peut plus supporter de subir de nouvelles pressions, car nous sommes constamment sollicités à l’extrême ».

Se référant au verrouillage national de l’Italie, il a déclaré que « la quarantaine est une précaution efficace, mais il doit y avoir une utilisation tempérée. Vous pouvez verrouiller tout un pays, mais il existe d’autres moyens ».
 

À ce stade, a-t-il dit, « nous savons comment le virus se comporte, comment il se propage et quels groupes sont en danger. Nous savons maintenant que ce virus est surtout dangereux pour les personnes âgées, les personnes ayant des antécédents de maladies chroniques et les personnes immunodéprimées ».

Appelant les dirigeants israéliens « qui apparaissent tous les soirs à 20 heures pour annoncer toutes sortes de mesures, dont certaines très importantes », il a déclaré qu’ils devraient « avant tout rassurer les gens »