Communiqué: L’Arménie résiste face à l’impérialisme turc (Octobre 9,2020)

Citation de la Semaine

« Survivre, telle est la loi des peuples » 

Soljenitsyne

President of Turkey Recep Tayyip Erdogan. News conference following Russian- Turkish talks.

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La Turquie jette de l’huile sur le feu au Haut-Karabakh
Ahmad Al-Khaled
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Aperçu de l’actualité

La Turquie jette de l’huile sur le feu au Haut-Karabakh
Ahmad Al-Khaled
Times of Israel, OCT 1, 2020

Au cours des dernières années, la politique étrangère agressive de la Turquie a touché tous les États qui demeurent dans la zone d’intérêt d’Ankara. La reprise du conflit dans la région du Karabakh a été considérée par le président turc Recep Erdogan comme un nouvel objectif pour ses ambitions impérialistes. Et c’est pourquoi l’État d’Arménie a été attaqué par la Turquie.

Le 27 septembre, l’Azerbaïdjan soutenu par la Turquie a lancé une opération militaire pour reprendre le contrôle des territoires contestés du Haut-Karabakh. Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a confirmé sur son compte Twitter la volonté d’Ankara de soutenir Bakou et de se battre pour ses intérêts, protégeant ainsi le principe « deux pays, une nation ».
 

Il a également appelé l’Arménie à retirer immédiatement ses troupes des territoires « occupés » du Karabakh. Dans le même temps, les médias et les réseaux sociaux ont commencé à diffuser des informations sur le déploiement d’équipements militaires turcs et de mercenaires de Syrie et de Libye en Azerbaïdjan.

Même avant le déclenchement des affrontements entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, le 19 septembre, des sources syriennes locales ont informé que la Turquie avait commencé à recruter des volontaires à Afrin, dans le nord de la Syrie, pour leur envoi dans la zone de conflit. Des mercenaires auraient été emmenés dans un camp d’entraînement dans la ville turque de Gaziantep, d’où ils ont été transportés vers la capitale azérie sous sous l’apparence de soldats turcs.

Selon Flightradar24, des avions turcs ont décollé de l’aéroport de Mitiga à Tripoli en Libye et ont atterri à Bakou. Les experts militaires supposent qu’un groupe de mercenaires a été envoyé par la Turquie en Azerbaïdjan pour participer aux combats contre les forces armées arméniennes.

Les activités ultérieures des mercenaires syriens peuvent être suivies via les médias sociaux régionaux. Les rapports indiquent que plus d’une douzaine de combattants, principalement des factions syriennes pro-turques Ahrar al-Sharqiyah et la division de Hamza, ont été tués lors d’affrontements au Karabakh.

Selon le journal britannique Guardian, les mercenaires syriens n’étaient pas destinés à participer au conflit en tant que force de combat, mais étaient «inscrits pour travailler comme gardes-frontières en Azerbaïdjan».

Malgré les excuses des autorités turques et les déclarations du président azerbaïdjanais Ilham Aliyev sur la non-ingérence de la partie turque dans le conflit du Karabakh, de nombreux éléments prouvent l’ingérence directe d’Ankara. Le dernier exemple de l’agression turque a été l’abattage d’un avion Sukhoi SU-25 appartenant à l’armée de l’air arménienne par un avion de combat turc F-16. En outre, Ankara a intensifié son soutien à Bakou avec des véhicules aériens sans pilote sophistiqués «Bayraktar».

Les véritables objectifs d’Erdogan dans le conflit du Karabakh restent flous, d’autant plus que l’intervention turque pourrait déclencher une nouvelle escalade et conduire la Russie à un engagement militaire.

Probablement si les parties opposées ne prennent pas de mesures pratiques vers une solution pacifique et n’empêchent pas l’ingérence étrangère, le monde peut être témoin d’un nouveau conflit de longue durée et de plus de victimes civiles.

Source Primaire

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Erdogan à l’assaut des Arméniens du Karabakh

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revuedesdeuxmondes.fr,SEP 28, 2020
C’est donc la guerre. Depuis dimanche 27 septembre, l’Azerbaïdjan soutenu par la Turquie, bombarde les Arméniens de la République d’Artsakh, République autonome du Haut-Karabakh, peuplée majoritairement d’Arméniens, ayant proclamé son indépendance en 1991. Bakou a lancé ses chars et aurait déjà progressé de trois kilomètres sur une bande de trente kilomètres environ. Côté arménien on déplore une soixantaine de militaires morts jusqu’à présent. Sans parler des civils qui fuient les zones de combat. La suprématie militaire de l’Azerbaïdjan dans ce conflit est indéniable : du simple au double en ce qui concerne l’aviation et les véhicules blindés.

Erdogan a promis un « soutien total du peuple turc à ses frères azerbaïdjanais ». « Avec tous nos moyens », a-t-il précisé sur Twitter. Parmi ces « moyens » l’envoi de mercenaires syriens islamistes payés par l’État turc, unis sous la bannière de l’ANS (Armée nationale syrienne). Ceux-là même qu’Erdogan avait envoyés à la rescousse de Faïez Sarraj, chef du gouvernement de Tripoli pour repousser Haftar, chef de l’Armée nationale en Libye. Ceux-là même qui avaient pourchassé les Kurdes en Syrie : le 15 septembre 2020, un rapport des enquêteurs de la Commission indépendante internationale sur la Syrie dans le cadre de l’ONU, a dénoncé leurs exactions contre les populations kurdes : tortures, viols, assassinats, pillages systématiques, rackets, déplacements forcés, appropriations forcées de propriétés civiles, détentions arbitraires et enlèvements… On peut sans peine imaginer ce qui se produira lorsqu’ils pénètreront en territoire arménien.

« Ce qui se joue dans cette région montagneuse du Caucase ne peut se comprendre qu’en revenant à l’origine du conflit. Il ne s’agit pas d’une aventure « séparatiste » et donc enfreignant le cadre légal juridictionnel. »

Erdogan fait ce qu’il dit et dit ce qu’il fait. Comme Hitler. Il ne cache pas son ambition de restaurer la grandeur turque. Celle de l’empire ottoman. Jusqu’à la Libye. Jusqu’à la Grèce dont il n’hésite pas à violer les eaux territoriales pour tenter de s’approprier les réserves de gaz. Tant qu’on ne l’arrête pas, il avance. Le conflit qui oppose depuis trente ans Arméniens et Azéris sur la question du Haut-Karabakh est aussi « son » conflit, sa cause, sa mission sacrée. Pour la Turquie (et cela bien avant l’arrivée d’Erdogan), l’Azerbaïdjan est plus qu’un peuple frère turcophone. « Iki devlet, bir Millet » ont l’habitude de dire Bakou et Ankara : « Deux États, une nation ».

Ce qui se joue dans cette région montagneuse du Caucase ne peut se comprendre qu’en revenant à l’origine du conflit. Il ne s’agit pas d’une aventure « séparatiste » et donc enfreignant le cadre légal juridictionnel. Le Haut-Karabakh, territoire dont nul ne discute la continuité arménienne depuis l’Antiquité, avait été rattaché en 1923 à la République socialiste d’Azerbaïdjan avec le statut d’oblast autonome. De par la Constitution soviétique, ce statut lui donnait le droit de demander démocratiquement son rattachement à l’Arménie. Ce que fit le parlement de la région autonome en 1988, à la faveur de la perestroïka. Il faut dire que pendant plus de cinquante ans, les Arméniens du Karabakh avaient été traités par les Azerbaïdjanais comme des citoyens de seconde zone, leur région ne bénéficiait d’aucun plan de développement économique, sans parler de l’impossibilité de pratiquer leur langue et leur culture. De grandes manifestations pacifiques eurent lieu, demandant ce rattachement conforme à la loi soviétique. Un affront insupportable pour les Azerbaïdjanais.

En février 1988, à Soumgaït, puis en 1990 à Bakou, des unités en civils se déchaînent contre les Arméniens. Plus de deux cents maisons incendiées, des dizaines de magasins pillés, des centaines d’innocents traînés dans les rues, battus. D’autres torturés. Certains brûlés vifs. Les massacres à Soumgaït dureront trois jours et trois nuits. Trois Nuits de cristal. Sylvie Kaufmann écrit dans Le Monde : « On parle désormais de “pogrom” pour qualifier les atrocités de Soumgaït, en Azerbaïdjan, où des gangs d’Azéris sont tombés à bras raccourcis sur les membres de la communauté arménienne fin février. Au point que le bilan officiel de trente-deux morts paraît dérisoire ». Effectivement le bilan fut beaucoup plus lourd.

À propos des exactions qui eurent lieu en janvier 1990 à Bakou, voici ce qu’on peut lire dans un document de l’ONU* : « Pendant 5 jours, en janvier 1990 à Bakou, capitale d’Azerbaïdjan, on a tué, torturé, pillé, humilié les représentants de la communauté arménienne. Les femmes enceintes et les enfants étaient agressés, les fillettes violées sous les yeux de leurs parents ; sur le dos de leurs victimes, les massacreurs gravaient au fer rouge la croix chrétienne. Les gens étaient poursuivis simplement pour leur foi chrétienne. »

« Le conflit du Karabakh, c’est l’histoire d’un nettoyage ethnique raté. »

À la suite de quoi, les Arméniens du Haut-Karabakh décidèrent d’assurer leur défense. Au début avec des pétoires et des fourches. Puis rapidement aidés par les unités de la République arménienne voisine, pourtant exsangue suite au tremblement de terre de 1988. C’est ce que ne leur pardonnent pas l’Azerbaïdjan et la Turquie : avoir résisté plutôt que de s’être laissé égorger sans rien dire. Dans la bonne tradition du dhimmi chrétien en terre d’islam, ce que fut le statut des Arméniens dans l’empire ottoman. Les Arméniens ont payé cher en 1915 : 1 500 000 victimes lors du génocide perpétré par la Turquie. Le discours idéologique nationaliste panturc n’a jamais cessé depuis. Et la coalition islamo-nationaliste d’Erdogan a repris le flambeau de ce discours xénophobe anti-kurde, anti-arménien, anti-grec, sans vergogne ni complexe. Qui peut reprocher aux Arméniens de se méfier ? De se défendre ?

En 1994, après plusieurs années d’une guerre qui fit trente mille victimes, face à une armée azerbaïdjanaise bien supérieure, les forces arméniennes ont remporté une vraie victoire. Elles contrôlent non seulement le Karabakh mais aussi la bande de territoire azerbaïdjanais qui sépare le Karabakh de l’Arménie, assurant ainsi son désenclavement et son rattachement de facto. Depuis, des négociations ont été menées mais n’ont jamais abouti. On demande aux Arméniens de restituer ces territoires non arméniens, occupés illégalement. Ce qu’ils veulent bien faire à condition que le statut du Haut-Karabakh soit garanti. Ce que l’Azerbaïdjan refuse. Pas de paix possible. Juste un statu quo. Dans les conflits modernes, il ne s’agit plus tant de gagner les guerres que de ne pas les perdre. C’est ce que les Arméniens ont fait, garantissant leur sécurité. Le conflit du Karabakh, c’est l’histoire d’un nettoyage ethnique raté.

« Les officiels turcs et azéris ne cessent de renvoyer la faute du conflit sur le dos des Arméniens, de les accuser de violer le droit international. En réalité ils revendiquent le droit à l’autodétermination. »

L’Arménie vit depuis vingt-cinq ans avec cette épée de Damoclès. Les Russes arment les deux camps. Mais beaucoup mieux l’Azerbaïdjan, pays riche en pétrole, qui peut se payer plus d’avions, plus de missiles, plus de chars, plus de drones. Si le conflit se prolonge, Moscou est en position d’arbitre. Poutine est désormais le juge de paix incontournable dans la région. Nikol Pachinian, le Premier ministre arménien porté au pouvoir par la révolution de velours en 2018, n’est pas exactement un homme à lui. Le maître du Kremlin pourrait espérer qu’il soit déstabilisé par ce conflit. D’un autre côté, la politique agressive de la Turquie l’agace. L’arrivée en Azerbaïdjan, proche de la Russie, de mercenaires islamistes à la solde des Turcs n’est pas non plus pour lui plaire.

Erdogan, quant à lui, pense qu’il peut remporter une victoire assez facile et très populaire contre les Arméniens du Haut-Karabakh. Il vient d’être « bloqué » dans ses visées expansionnistes en Méditerranée. L’achat de dix-huit rafales vendus par la France à la Grèce est pour lui un camouflet. Une victoire turco-azérie contre les Arméniens enverrait un message fort.

Les officiels turcs et azéris ne cessent de renvoyer la faute du conflit sur le dos des Arméniens, de les accuser de violer le droit international. En réalité ils revendiquent le droit à l’autodétermination. Et la bande de territoire entre la République du Karabakh et l’Arménie n’est que temporairement occupée. Le temps de trouver un statut juridique internationalement reconnu à la République du Karabakh qui garantisse la sécurité de ses habitants. Comme le résumait Andreï Sakharov, dissident soviétique, prix Nobel de la paix, lorsque débuta le conflit du Karabakh. « Pour les Azéris c’est une question d’orgueil national, pour les Arméniens c’est une question de survie. » Les militaires azéris sont-ils prêts à mourir en nombre pour ce bout de territoire qui n’a jamais été ni azéri, ni turc, qu’ils n’ont jamais habité et qu’ils n’habiteront jamais ?

Des logiques difficilement conciliables s’affrontent dans ce conflit. Le droit démocratique (la majorité a voté de manière écrasante le rattachement à l’Arménie) contre le droit diplomatique. Le droit d’un peuple à l’autodétermination contre le principe d’intangibilité des frontières. Le droit du peuple arménien à vivre en sécurité sur la terre qui a toujours été la sienne contre les velléités expansionnistes panturques. Il ne reste plus beaucoup de Chrétiens en Orient. Ils sont partis d’Irak, de Syrie, ils partent du Liban conquis par le Hezbollah. Le nettoyage se poursuit à bas bruit. En toute « légalité ». Les Arméniens sont militairement très désavantagés. Mais ils n’ont plus rien à perdre. Et du courage à revendre. C’est leur plus grand atout. Mais le seul.

Source Primaire

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 Le jeu dangereux d’Erdogan dans le Caucase

jforum.fr,6 octobre 2020

Erdogan veut gagner toujours plus d’influence, Poutine est prudent et le traite d’une «main douce et légère»: la Turquie se tient «de tout cœur» aux côtés de l’Azerbaïdjan dans les batailles contre l’Arménie, et l’appel des dirigeants de la Russie, des États-Unis et de la France à un cessez-le-feu immédiat est accueilli avec mépris. Macron : « Ankara envoie des mercenaires dans le Caucase, nous en avons la preuve »
Erdogan veut gagner toujours plus d’influence, Poutine est prudent et le traite d’une «main douce et légère»: la Turquie se tient «de tout cœur» aux côtés de l’Azerbaïdjan dans les batailles contre l’Arménie, et l’appel des dirigeants de la Russie, des États-Unis et de la France à un cessez-le-feu immédiat est accueilli avec mépris. Macron : « Ankara envoie des mercenaires dans le Caucase, nous en avons la preuve »

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a vivement critiqué aujourd’hui (jeudi 1er octobre) l’annonce conjointe de la Russie, des États-Unis et de la France, appelant à un cessez-le-feu immédiat dans les batailles dans le Caucase du Sud, qui ont éclaté cette semaine entre les forces arméniennes et les forces azerbaïdjanaises.
En savoir plus sur les batailles dans le Caucase: • Guide: Quelle bataille se profile au Haut-Karabakh? • Manifestations en Arménie: Israël vend des armes à l’Azerbaïdjan • La Turquie et la France s’affrontent sur les combats dans le Caucase

Erdogan, dont le pays est venu en aide à l’Azerbaïdjan musulman, a déclaré dans un discours au parlement à Ankara que l’Arménie doit se retirer du Haut-Karabakh, la région qui est au centre d’un conflit de plusieurs décennies entre les deux pays. Il a déclaré que seul un tel retrait permettrait une paix durable.
« Étant donné que les États-Unis, la Russie et la France négligent ce problème depuis près de 30 ans, il est inconcevable qu’ils soient impliqués dans les efforts de cessez-le-feu », a déclaré Erdogan. Vladimir Poutine, Donald Trump et Emanuel Macron se sont prononcés pour une cessation immédiate des hostilités entre les parties et ont exhorté l’Arménie et l’Azerbaïdjan à « s’engager sans délai à une reprise de négociations importantes, à mener de manière décente et sans conditions ».
Les États-Unis, la Russie et la France dirigent conjointement le Groupe de Minsk, qui opère sous les auspices de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe. Après la désintégration de l’Union soviétique, dans cette région montagneuse, enclavée au sein de l’Azerbaïdjan, il y a une majorité de résidents chrétiens arméniens, et bien que depuis cette guerre, elle soit dirigée de manière autonome par les forces séparatistes arméniennes soutenues par l’Arménie, elle n’est pas reconnue par le monde comme un État indépendant. Excepté par l’Arménie elle-même.

Le conflit dans la région a éclaté à plusieurs reprises au fil des années en batailles sanglantes, mais la série de combats qui a commencé dimanche cette semaine est la pire depuis la guerre qui s’est terminée en 1994, une guerre au cours de laquelle environ 30 000 personnes ont été tuées. Jusqu’à présent, plus de 100 personnes ont été tuées dans des batailles dans le cycle actuel, mais le nombre exact de victimes est inconnu, car l’Azerbaïdjan ne révèle pas combien de ses soldats ont été tués, tandis que les forces arméniennes du Haut-Karabakh ne disent pas combien de civils ont été tués. Les deux parties s’accusent mutuellement du déclenchement des hostilités.
La déclaration féroce de la Turquie contre l’appel international à un cessez-le-feu dans le Caucase du Sud fait craindre dans le monde que la Russie, qui est considérée comme un allié de l’Arménie (malgré ses bonnes relations avec l’Azerbaïdjan), soit entraînée dans la guerre – exacerbant la situation dans une région stratégique où circulent oléoducs et gazoducs vers les marchés mondiaux.

Un soutien sincère

L’insistance turque symbolise également le renforcement de la position d’Ankara dans la région, tandis que la Russie a du mal à exercer son influence et à forcer la fin rapide des combats. En 2016, par exemple, Moscou a joué un rôle clé en mettant fin à une série de combats entre les parties, après seulement quatre jours. Mais depuis quatre ans, Ankara a resserré ses liens avec l’Azerbaïdjan, avec des investissements dans le pays et du gaz qu’elle lui a acheté. Avec le déclenchement des hostilités cette semaine, Erdogan a déclaré que la Turquie soutiendrait son allié «avec toutes les ressources et de tout son cœur», et son ferme soutien à Bakou semble renforcer la détermination – et la ténacité des Azéris.

Les experts de la région estiment que le soutien turc encourage les Azéris qui espèrent reprendre des territoires précédemment perdus au profit des forces arméniennes (environ 13% du territoire azéri). « L’Azerbaïdjan a plus ou moins le soutien explicite de la Turquie, et je pense qu’il se sent beaucoup plus en sécurité et capable de gérer un conflit prolongé », a déclaré Lawrence Brors, un expert de la région du Caucase au London Chatham House Research Institute. « L’Azerbaïdjan est moins enclin pour le moment, ou moins sensible, aux tentatives de la Russie d’imposer la paix« , a ajouté Burrs. «On a le sentiment que les services de la Russie ne sont pas nécessaires pour le moment à Bakou.
Dans un contexte de fort soutien turc à Bakou, l’Arménie a accusé cette semaine Ankara d’envoyer des mercenaires en Azerbaïdjan pour la rejoindre dans les batailles. L’Observatoire syrien des droits de l’homme, un groupe d’opposition dont les rapports sur la Syrie sont crédibles, a déclaré cette semaine qu’Ankara avait envoyé 300 rebelles du nord de la Syrie dans la région.
La Turquie le nie, mais aujourd’hui le président français Emmanuel Macron a rejoint la liste des accusateurs. Il a déclaré, avant de participer au sommet avec les dirigeants européens à Bruxelles, que Paris avait des « preuves » que des jihadistes syriens s’étaient rendus au Haut-Karabakh et avaient traversé la frontière du nord de la Syrie vers la Turquie par la ville de Gaziantep [ancien point de chute des djihadistes de l’EI]. « C’est un fait nouveau et très sérieux qui change la donne », a déclaré Macron.

L’intervention de la Turquie dans les batailles du Caucase est également frustrante à Moscou, où les Russes semblent s’être associés aujourd’hui, bien que prudemment et pas directement, aux accusations contre Ankara que la Turquie envoie des mercenaires combattre aux côtés des Azéris. Le ministère russe des Affaires étrangères a publié une déclaration condamnant la présence de combattants syriens et libyens dans la région et a exigé le retrait immédiat des «terroristes et mercenaires étrangers». La déclaration russe n’indiquait pas explicitement que la Turquie était celle qui avait envoyé ces combattants, mais les Russes semblent l’avoir pointée du doigt.

Le tango que dansent Poutine et Erdogan

Neil Melvin, chercheur sur la sécurité internationale au RUSI Research Institute de Londres, estime qu’il existe deux scénarios possibles pour le développement du conflit dans le Caucase. Alors qu’il dit que l’Azerbaïdjan a peu de chances d’infliger une défaite écrasante aux forces arméniennes, il peut accumuler suffisamment de réalisations tactiques pour lui permettre de déclarer la victoire et les utiliser comme monnaie d’échange dans les négociations futures.
L’autre possibilité, et pire encore, est que le conflit s’intensifie et mènera peut-être même à l’intervention d’autres pays. Dans un tel cas, il ne semble pas que, dans les semaines à venir au moins, les États-Unis seront disposés à intervenir seuls, à la lumière de l’élection présidentielle du 3 novembre. La Russie, en revanche, pourrait intervenir si ses tentatives de mettre fin aux combats par des moyens diplomatiques continuent d’échouer.

Le cours des événements dans le Caucase du Sud sera influencé par la réponse de la Russie au comportement turc. La Russie et la Turquie, on le rappellera, se sont retrouvées dans le passé aux côtés des divers camps dans les conflits régionaux, comme ceux de la Syrie et de la Libye. Mais les dirigeants des deux puissances ont une relation pragmatique qui leur a permis de surmonter les crises précédentes, comme la chute d’un avion russe abattu par les Turcs à la frontière syrienne en 2015.
« Poutine a essayé ces dernières années de danser un tango avec Erdogan sur le terrain de la politique anti-américaine« , déclare l’analyste russe Dmitri Arushkin. « Il essaie de séparer la Turquie de l’OTAN, de lui vendre des armes, de lui vendre du gaz russe et ainsi de suite », ajoute-t-il. « En ce sens, Poutine est sensible quand il s’agit d’Erdogan, et le savoir échapper à sa main est problématique. »

Le chercheur Melvin estime que l’inclusion de la Turquie dans les pourparlers est le moyen le plus efficace d’un cessez-le-feu immédiat, mais une telle décision obligerait la Russie à reconnaître que son influence dans ce domaine stratégique s’est affaiblie, par rapport à l’influence croissante d’Ankara. « C’est peut-être le but ultime de la stratégie d’Erdogan: utiliser le conflit comme tremplin pour un rôle régional plus large pour la Turquie », déclare Melvin. « Mais c’est un jeu très dangereux. »

Pendant ce temps, les combats entre Arméniens et Azéris se poursuivent sur le terrain, avec un incident international au cours duquel deux journalistes français ont été blessés lors d’un bombardement azéri du village de Bangorno Karbach. Les deux journalistes, du journal Le Monde, ont été grièvement blessés et ont reçu des soins médicaux locaux, alors qu’en France on s’emploie désormais à les renvoyer rapidement dans leur pays.
Un autre journaliste qui était avec eux, de France 24, a déclaré que le groupe avait photographié des maisons qui avaient été bombardées au début des combats dimanche: « C’est arrivé lorsque nous avons regardé les décombres des bombardements. Nous avons entendu la roquette et elle est tombée directement au sol. L’attaque a duré environ une minute. »

Un incident inhabituel dans les combats a été enregistré ce soir lorsque l’Arménie a signalé la chute de quatre drones près de sa capitale, Yarban, en dehors des zones de combat du Haut-Karabakh, « dans le ciel de la capitale ».
Source Primaire

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Aperçu de l’actualité

 Jérusalem est notre ville », déclare le président turc Erdoğan

Le président turc a déclaré devant les députés, à Ankara, que le peuple palestinien vivait dans la capitale “depuis des millénaires”

RAPHAEL AHREN
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Le président turc Recep Tayyip Erdoğan a laissé entendre jeudi que Jérusalem appartenait à la Turquie, en référence au fait que la ville avait été sous le contrôle de l’Empire ottoman pendant une grande partie de l’ère moderne.

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 Plus jamais ça », écrit le ministre des Affaires étrangères émirati à BerlinTimes of Israel, 6 octobre 2020Les ministres israélien et émirati ont choisi le mémorial de la Shoah de la capitale allemande pour leur toute première entrevue

Une rencontre inédite et symbolique : les chefs de la diplomatie israélien et émirati se sont rencontrés pour la première fois mardi, au Mémorial de la Shoah à Berlin, nouvelle étape de la normalisation entre les deux pays.
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Simhat Torah

Aux Origines de Simhat Torah
Les célébrations de Simhat Torah ne sont pas mentionnées dans le Talmud. Celui-ci ne connaît que le « second jour de Chemini Atseret » (au cours duquel Simhat Torah est célébrée en dehors d’Israël. La fête apparaît pour première fois dans un livre de la période des Guéonim, qui recense les différences entre les rites et coutumes de Babylone et de la terre d’Israël : « Les gens de l’Est [de Babylonie] font Simhat Torah chaque année, lors de la fête de Souccot et dans chaque état, dans chaque ville, on lit la même paracha.

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<<Nous souhaitons à tous nos lecteurs et amis que Simhat Torah soit une source de joie » 

Julien Bauer, Bernard Bohbot