ANTISÉMITISME: À DROITE OU À GAUCHE?

  

    

 

 

 

 

 

                     

L'APRÈS-GAZA: UN ANTISÉMITISME NOUVEAU                                                                        

Lise Noël                           

 

21 février 2009 

          

Exclue de la Tchétchénie de Poutine, de l'Ouzbékistan d'Islam Karimov ou de la Chine de Hu Jintao, qui tous oppriment des populations musulmanes, Amnistie internationale mène librement son enquête à Gaza. Avant même que cette dernière ne débute, le jugement de sa principale déléguée pour Israël et les territoires palestiniens paraît arrêté: «[Les Israéliens] qui ont donné les ordres, et même ceux qui ont appuyé sur la gâchette, ne devraient pas planifier de vacances à l'étranger.»

 

De son côté, l'Espagne du socialiste José Zapatero ne voit rien d'indécent à juger des

Israéliens pour leur rôle présumé dans des incidents survenus à Gaza en 2002, cette Espagne dont Léon Poliakov disait qu'elle pratiquait, quatre siècles après avoir expulsé ses Juifs et livré les «convertis» aux bûchers de l'Inquisition, «un antisémitisme sans Juifs». L'Espagne est typique de la gauche occidentale actuelle, adepte de ce que Michel Foucault qualifiait de «polyvalence tactique du discours», soit l'art de cibler indéfiniment la même victime tout en recyclant ses arguments selon les théories du jour.

 

Pour la première fois dans l'histoire, l'antisémitisme est devenu global. Passé de la droite à la gauche en Occident, il rejoint l'antijudaïsme de l'Islam radical. Distinct de l'antisionisme jusqu'à récemment, il va maintenant de pair avec lui.

 

L'antisémitisme nouveau est postmoderne. C'est un syncrétisme, un mélange disparate de causes justes et de prétentions totalitaires. Il défend pêle-mêle l'environnement, les pays sous-développés, l'islamisme et les idéaux égalitaires de la gauche; il professe le pacifisme dans le même souffle qu'il s'accommode de l'attentat suicide comme «arme des faibles»; il condamne la mondialisation sauvage et le capitalisme, mais aussi la «conspiration juive» comme concurrente des aspirations avouées des djihadistes d'établir une «République islamique» à l'échelle de la planète; il pourfend l'Occident et son appendice «impérialiste» Israël, dont l'existence même lui semble une violation intolérable de la «terre d'Islam», terre pourtant elle-même conquise par l'impérialisme arabe, puis musulman, à partir du VIIe siècle.

 

Polyvalent dans son discours syncrétique, l'antisémitisme du XXIe siècle regroupe tactiquement les mouvements les plus hétéroclites: l'islamisme radical (qu'il soit chiite, comme celui du Hezbollah ou d'Ahmadinejad, qui réclament l'anéantissement d'Israël, ou sunnite, à l'instar du Hamas, dont le but est de tuer tous les Juifs de la terre); la droite révisionniste, qui met en doute la réalité de l'Holocauste bien que l'Allemagne elle-même reconnaisse l'avoir perpétré et enseigne ce fait dans ses écoles; le mouvement altermondialiste, auquel appartiennent des Juifs de gauche, qui dénonce la protection excessive que recevrait Israël des États occidentaux, tout en disant ce pays trop petit (tiny) pour pouvoir résister à un boycottage qu'il appelle de tous ses voeux; des pacifistes de la trempe de ces Québécois qui prêchent la retenue aux Israéliens victimes des roquettes palestiniennes depuis huit ans mais qui, exaspérés après seulement quelques jours d'un blocus établi par les «Warriors» mohawks, lançaient des pierres sur les voitures évacuant des grands-mères amérindiennes de Kahnawake.

 

Il y a aussi les Chamberlain de notre époque, tel Jimmy Carter qui, n'ayant rien appris de la prise en otages des membres de l'ambassade américaine par Téhéran pendant sa présidence, affirme aujourd'hui croire en la parole du Hamas qui lui a promis de tenir un référendum à Gaza et en Cisjordanie, ce Hamas même qui massacra ses opposants du Fatah un an après avoir pris le pouvoir démocratiquement.

 

Jacques Brassard citait récemment Lénine, expert en manipulation s'il en est, qui se riait de ces idéalistes gauchisants, de ces «idiots utiles» qui ouvraient la voie aux bolcheviques. Ne savent-ils donc pas tous, ces Jimmy Carter obstinément crédules, ces altermondialistes et ces intellectuels juifs qui font carrière, avec pension à la clé, dans les universités et les médias d'un Occident qui leur laisse la liberté de le vitupérer sans représailles physiques; ne sont-ils donc pas conscients, ces pacifistes à l'abri de tout danger qui font payer par d'autres le prix de leur bonne conscience, ou ces militants gais qui dénoncent Israël à San Francisco aux côtés de partisans du Hamas pour qui Dieu les regarde «avec dédain»; ne se rendent-elles donc pas compte, ces féministes émues (avec raison) à la vue d'enfants palestiniens blessés, mais insensibles au fait que certains ont été recrutés comme soldats ou promis en bas âge à l'attentat suicide; sont-ils donc aveugles, ces défenseurs des droits et des libertés individuels si chèrement acquis depuis quatre siècles en Occident; ignorent-ils donc tous, ces militants et ces penseurs, qu'ils collaborent à leur propre oppression et qu'ils seront les premiers à être égorgés par des obscurantistes barbares dont ils épousent, avec un vague sentiment de culpabilité, la complainte misérabiliste qui leur fait préférer à l'effort de l'excellence un fanatisme menant au culte de la mort?

 

N'ont-ils pas vu le témoignage de ce père qui fêtait, comme s'il s'agissait d'une noce, la mort de son fils dans un attentat suicide, ou celui de cette mère qui, après avoir embrassé son adolescent en route vers l'explosion qui le déchiquettera, se disait prête à sacrifier ses autres garçons si besoin était?

 

Ne saisissant pas que, pour les Juifs, vivre, surtout depuis l'Holocauste, constitue une forme de résistance, les islamistes y voient un signe de faiblesse. Choisissant la voie facile de chercher la cause des maux de leur société dans des «complots» de tous ordres, ils taxent les Juifs de parasitisme et, oubliant que ce 0,0024 % de la population mondiale gagne 18 % des prix Nobel (27 % aux États-Unis pour 2 % de la population du pays), ils les accusent de «ne rien produire».

 

Qu'on comprenne bien: il ne s'agit en aucune façon d'attribuer à l'ensemble des musulmans les convictions médiévales et les comportements violents des islamistes, dont ils sont les premiers à souffrir. Il n'est pas question non plus d'épargner à Israël les critiques qu'il mérite.

 

Mais il faut mettre fin à l'indignation sélective d'un altermondialisme qui trahit sa mission en s'acharnant sur ce pays démocratique, au détriment des innombrables victimes de régimes tyranniques qui soustraient systématiquement leur sort abominable à l'oeil des caméras. Et il s'impose de mettre un terme, non pas à la critique de l'Occident, mais à une haine suicidaire et porteuse de décadence qui, ne pouvant tolérer la vue d'imperfections, certes multiples et immenses, nous incite à nous faire les complices d'une idéologie mortifère dont le discours, apparemment favorable aux «damnés de la terre», peut séduire par son origine plus lointaine.

 

Ne répétons pas l'erreur des générations récentes qui ont succombé aux sirènes de l'URSS stalinienne, du Cuba castriste (répressif, bien que moins meurtrier) ou de la Chine maoïste, avant que n'ait pu se manifester au grand jour l'horreur des dizaines de millions de morts que les beaux appels à l'égalité avaient dissimulée.

 

 

 

L’ANTISÉMITISME DE GAUCHE N’A RIEN DE NOUVEAU

Daniel Hannan

Contrepoints, 1 aout, 2014

 

 

« Comment, en tant que socialiste, pouvez-vous ne pas être antisémite ? », demandait Adolf Hitler à ses partisans en 1920. Et personne ne considérait la question comme bizarre. L’antisémitisme était en ce temps compris comme partie prenante de l’ensemble du mouvement révolutionnaire contre les marchés, la propriété et le capital.

 

L’homme qui a forgé le terme de « socialisme », le révolutionnaire français du XIXème siècle Pierre Leroux, avait déclaré à ses camarades : « Quand nous parlons des Juifs, nous voulons dire l’esprit juif : l’esprit du profit, du lucre, du gain, de la spéculation ; en un mot, l’esprit du banquier ».

 

L’homme qui a popularisé le terme d’« antisémitisme » suivait une ligne similaire. Wilhelm Marr, un gauchiste radical allemand du XIXème siècle, n’a peut-être pas été le premier à utiliser ce mot, mais c’est lui qui l’a fait connaître d’une large audience, en l’approuvant : « L’antisémitisme est un mouvement socialiste, plus noble et plus pur encore dans sa forme que la sociale-démocratie » déclarait-il.

 

C’est prendre la mesure de la domination culturelle de la gauche aujourd’hui que de constater l’ampleur de la dissonance cognitive provoquée par le seul fait de citer ces mots. Pour le centenaire de l’Affaire Dreyfus en 1998, le premier ministre d’alors, Lionel Jospin, a affirmé négligemment une extraordinaire distorsion de la réalité, à savoir que « la Gauche était pour Dreyfus, et la Droite était contre lui ». Si quelques courageux radicaux ont en effet fait campagne pour l’officier juif lésé, de nombreux journaux et politiciens socialistes étaient fièrement antidreyfusards, sous prétexte que les « Juifs riches » manipulaient le système judiciaire contre les travailleurs ordinaires.

 

Comme l’écrivait le député socialiste, puis communiste, Pierre Myrens en 1911, « le Youtre est un Israélite par sa religion, un Juif par sa race, et, qui plus est, un capitaliste ! ». Cette ligne de pensée gauchiste française a été reprise avec enthousiasme dans la Syrie baassiste et, plus encore, en Algérie, avec des conséquences que nous voyons encore autour de nous.

Que nous ayons largement effacé ces faits de notre mémoire collective est très révélateur des préjugés politiques modernes. Dans la formulation puérile qui semble dicter nos définitions, « de gauche » signifie bon et « de droite » signifie mauvais, donc, puisque l’antisémitisme est mauvais, il doit être de droite. Ce raisonnement n’est pas tenu que par des septuagénaires moralement arrogants ; curieusement, il a conquis une grande part de nos discours publics.

 

Il est vrai, bien sûr, qu’il y a toujours eu des Juifs socialistes. Mais, et cela peut être difficile à comprendre aujourd’hui, sans doute plus encore pour des non-Juifs, certains d’entre eux étaient bel et bien antisémites. Je ne veux pas dire par là qu’ils voulaient nuire aux autres personnes d’origine juive. En fait, ils voyaient la religion de leurs parents comme retardée et superstitieuse, un fardeau qui aurait confiné les Juifs dans leurs shtetl tandis que l’Europe embrassait les Lumières. L’émancipation religieuse, espéraient-ils, mènerait à une assimilation complète et à la disparition du concept même de judéité. Ce qui frappe toutefois, c’est la rapidité avec laquelle ce sentiment pouvait basculer vers des slogans anti-Juifs.

 

Karl Marx lui-même en était assez typique, dont les écrits sur « La question juive » ont, eux aussi, été remisés loin du souvenir populaire. Petit-fils de deux rabbins, toutes les religions lui déplaisaient, mais il réservait au judaïsme une véhémence qu’on ne trouve jamais dans ses écrits sur le christianisme (à propos duquel il pouvait être assez sentimental, bien qu’il déplore sa corruption par « l’esprit juif »). En 1844, ce parasite odieux écrivait :

 

    L’essence du judaïsme et la racine de l’âme juive sont l’opportunité et l’intérêt personnel ; le Dieu d’Israël est Mammon, qui se manifeste dans la soif de l’argent. Le judaïsme est l’incarnation des attitudes anti-sociales.

 

Quelques apologistes ont tenté de faire valoir que leur patriarche ne désignait par là que quelques riches financiers juifs et non les Juifs en général, mais leurs excuses ne tiennent pas. Écoutez donc ce que Marx et Engels ont écrit des Juifs de Pologne, alors les plus pauvres et les plus opprimés de toute l’Europe : « Le Juif-usurier polonais triche, fausse ses poids, rogne ses pièces, se livre de façon routinière à l’escroquerie ».

 

Je pourrais continuer, mais je trouve tout cela de très mauvais goût, et je l’espère vous aussi. Il suffit de dire que, peut-être pour la première fois de sa brillante carrière d’écrivain à contre-courant, Brendan O’Neill sous-estime l’affaire quand il se demande : « La gauche est-elle antisémite ? Hélas elle se dirige dans cette direction. ».

 

rené antisémitisme de gaucheJe n’ai jamais cru que critiquer la politique israélienne, ou même d’ailleurs avancer que l’ensemble de ce territoire devrait être palestinien, vous rend anti-juif. On peut être antisioniste sans être le moins du monde antisémite. Et, même si presque personne ne l’indique, l’inverse est aussi vrai. Hannah Arendt a noté comment, à son procès, Adolf Eichmann, qui avait lu quelques tracts sionistes et appris des rudiments d’hébreu et de yiddish, a avancé non sans une certaine sincérité que, en cherchant à éliminer les Juifs d’Europe, il espérait réaliser la vision d’un État juif en Palestine. De même, quand le père du sionisme, Théodore Herzl (avec sa barbe à l’Assyrienne) protesta auprès de fonctionnaires du Tsar contre les pogroms, il lui fut répondu qu’ils étaient destinés à donner à « votre peuple » un coup de pouce dans la bonne direction.

 

Beaucoup de gens sont préoccupés, ce qui est compréhensible, par les pertes civiles à Gaza, ou sont plus généralement pacifistes, ou soutiennent par défaut l’outsider, sans être du tout antisémites. Les partisans d’Israël font le raccourci parfois un peu rapidement ; mais là encore, ils ont de bonnes raisons. La détestation que Marx avait du judaïsme n’est pas restée confinée à ses livres ampoulés. Elle a trouvé une expression dans les campagnes antisémites des régimes du Comecon : les purges des Juifs par les communistes polonais, les simulacres de procès menés en Tchécoslovaquie et en Hongrie contre des « espions israéliens », le « complot des blouses blanches » de Staline qui accusait des médecins juifs de conspirer pour assassiner les dirigeants communistes, et qui a été conçu comme prélude à la déportation de masse des Juifs soviétiques en Sibérie (heureusement, le vieux monstre est mort avant de mettre son plan à exécution, et Khrouchtchev a abandonné cette idée). Dans tous ces cas, « Sioniste » a été utilisé comme un mot cache-sexe pour « Juif ». Il n’est guère surprenant que, en entendant les héritiers idéologiques du Parti Communiste dénoncer le sionisme, de nombreux Juifs y voient des sous-entendus.

 

Ces jours-ci, toutefois, ce ne sont pas que des sous-entendus. Écoutez les manifestants du mouvement Occupy dans ce clip. Lisez cet article glaçant d’un journal chaviste au Venezuela. Pire encore, considérez les slogans chantés par les foules à travers l’Europe en attaquant des boutiques juives. Méditez ces déclarations honteuses que Yad Vashem, l’organisation qui s’occupe de la mémoire de la Shoah, s’est senti obligé de déplorer. Il ne s’agit plus d’Israël, là, si jamais ça l’a été un jour. Il s’agit de quelque chose de bien plus ancien et ignoble.

 

Nos opinions politiques reflètent souvent nos traits de caractères. Si vous êtes une personne généreuse et optimiste, si vous prenez plaisir à voir autrui réussir, alors vous avez de bonnes chances d’être réjoui par l’histoire du peuple juif, leurs succès envers et contre tout, leur contribution intellectuelle démesurée à l’humanité. Loin de décrier les réussites commerciales et financières, vous les reconnaissez comme une source de bonheur pour chacun.

 

Si, au contraire, vous êtes déterminé à voir tout échange comme une forme d’exploitation, tout succès comme l’échec de quelqu’un d’autre, tout commerce comme une arnaque, alors les mêmes impulsions qui vous font détester Israël pourraient bien vous rendre antisémite. C’est une maladie tragique, une forme de jalousie existentielle, et elle remonte, à en croire le Livre d’Esther, à au moins 2500 ans :

 

    Aman leur exposa la splendeur de sa fortune et la multitude de ses enfants, et comment le roi l’avait distingué et élevé au-dessus des grands et des officiers royaux ; et Aman ajouta : « Bien plus, je suis le seul que la reine Esther ait invité avec le roi au festin qu’elle a préparé ; et demain encore je suis convié par elle avec le roi. Mais tout cela est sans prix à mes yeux, tant que je vois ce juif Mardochée assis à la porte du roi.

 

 

 

L’EXTRÊME DROITE EN A RÊVÉ, L’EXTRÊME GAUCHE L’A FAIT

Gérard Bensussan

Liberation, 22 juillet 2014

 

 

 

Après les violentes manifestations de la dernière semaine, où des synagogues ont été attaquées sans vergogne, je voudrais revenir sur ce qui me paraît relever d’une forclusion généralisée et retracer, très sommairement, la généalogie d’un phénomène singulier, inquiétant, attristant – auquel divers éléments (les déclarations d’un élu écolo du 93 ou encore les récents propos de Gianni Vattimo) ajoutent encore un affligeant relief. Il est clair désormais que les extrêmes droites dieudonnéisées ou soralisées sont parvenues à intégrer, à leurs discours et pratiques, des pans idéologiques entiers de provenance d’extrême gauche.

 

Un premier point : il est de peu d’intérêt de s’indigner contre le déferlement antisémite et de le faire dans l’habituelle rhétorique sans pensée, c’est-à-dire bien-pensante, de l’«antifascisme» militant, si l’on n’est pas capable de méditer encore et à nouveau l’effet de choc produit, il y a quelques années, par les développements badiousiens sur les «portées du mot «juif». Ce texte constitue un tournant – dont on peut mesurer l’effet de brèche. Lorsqu’on écrit, en dépit de tout bon sens, que «le nom de juif» est «une création politique nazie» sans référent préexistant, qu’il constitue une invention hitlérienne au service de l’extermination, quand on affirme que «juif» est désormais le signifiant-maître des nouveaux aryens, que les Israéliens sont tout sauf juifs (à la limite le seraient seuls Spinoza, Marx, Freud et quelques autres Ehrenjuden !), quand on claironne qu’Israël est un pays antisémite, quand on pose avec une telle assurance «ontologique» tant de sottises, on donne à la logique diabolique du retournement, soit de la perversion, le statut d’une figure de pensée : non seulement les «juifs» ne sont pas juifs, mais ils sont, eux, les véritables nazis. Et, par voie de «conséquence», ceux qui les combattent, ici, là-bas, sont d’authentiques antinazis, courageux et exposés à la vindicte haineuse et meurtrière des juifs-nazis ou des nazis-juifs.

 

Cet ectoplasme de pensée est devenu, en quelques années, un topos de l’idéologie et de l’action d’extrême gauche, décliné sous tous les registres et tous les tons. On ne le doit pas, me semble-t-il, à la seule force de conviction de Badiou (ses hypothèses, sur ce point précis, sont vraiment indigentes), mais à une conjoncture, à un climat, à un état des forces politiques, à une sinistre mutation. L’analyse politique, «l’analyse concrète d’une situation concrète», comme nous disions jadis et naguère, doit s’entendre et se pratiquer comme une pensée des circonstances de l’agir. Autrement, la politique n’est plus une politique, mais un principe d’indétermination abstrait qui distribue une même substance (le capital, par exemple) sous des accidents divers mais substantiellement identiques, la démocratie et le fascisme, les CRS et les SS, Gaza et le ghetto de Varsovie. Sous ce préalable et cette mémoire, que s’est-il passé, il y a quelques mois, politiquement, culturellement, idéologiquement autour de «l’affaire» Dieudonné ? Que recèle et que montre ce «moment» insigne ?

 

Il a signifié, aux naïfs, dont je suis, une surprise, une prise inattendue dans le retour d’un contenu refoulé, comme si du coup l’affaire Dieudonné venait inscrire une césure, un retournement (une quenelle ?), une «libération» du discours raciste – expression dont on voit bien qu’elle indique un dé-foulement de ce qui aura été originairement réprimé, la liquidation violente d’instances de censure désuète, comme balayées par une vague immense.

 

Pour la première fois depuis très longtemps, le pavé parisien a retenti en janvier, puis de nouveau ces jours-ci, de cris de haine et de mort, «mort aux juifs», «juifs hors de France». Rien de neuf d’une certaine façon, simplement, au contraire, un retour à la normale, la restauration publique et politiquement assumée d’une très ancienne détestation après une brève interruption d’une cinquantaine d’années – d’où l’effet de souffle d’une parole «libérée». Mais le progressisme «spontané» qui gouverne de façon pavlovienne notre saisie des événements politiques avait persuadé que le temps de ce vieil antisémitisme européen était aussi révolu que la lampe à huile ou l’aéroplane de grand-papa. Or, il ne suffit pas d’avoir établi l’inanité philosophique de ce progressisme pour en avoir fini avec les illusions et aveuglements qu’il provoque et charrie.

 

Il convient, peut-être, de se remémorer le mot de Lénine à propos de l’antisémitisme. Ce dernier, disait-il, est «éternellement nouveau». C’est dire que sa pérennité même ne se peut qu’à la condition de son renouvellement et que ses avatars signalent moins d’authentiques différences que des modulations temporalisées d’une même continuité «éternelle». Le «moment» Dieudonné, sa «nouveauté», la pensée qui l’autorise, ses retombées en cascade obligent à regarder en face la nécessité, douloureuse, d’avoir à penser les extrêmes droites dans leur intime connexion avec les extrêmes gauches.

 

Je me souviens d’une génération, celle des grands aînés, Sartre («pas un Français ne sera en sécurité tant qu’un juif, en France et dans le monde entier, pourra craindre pour sa vie») ou Blanchot («la renaissance de l’Etat d’Israël, ainsi que la conscience plus vive que nous avons de ce qu’est une condition d’oppression peuvent nous faire avancer») – génération pour laquelle le soutien au mouvement d’émancipation nationale du peuple palestinien pouvait aller avec un attachement inconditionnel à l’existence de l’Etat d’Israël. Ceci semblera aux plus jeunes incongru ou intenable. C’est qu’entre-temps, et l’intervention badiousienne joue un rôle crucial à cet égard, sous le couvert d’un antisionisme parfois furieux, l’extrême gauche, ou plutôt une certaine extrême gauche, pas toute, mais presque, aura contribué à redonner à l’antisémitisme le plus plat une légitimité dont la vieille extrême droite rêvait et que le gauchisme aura donc fait ou refait. Car il est vrai aussi qu’il renoue ainsi avec les courants antisémites les plus forcenés, de Proudhon à Dühring en passant par beaucoup d’autres, qui ont toujours été implantés dans les mouvements socialistes européens. C’est là que se profile, selon moi, une menace croissante, à en juger par la nature de certains propos venus de l’«islamo-gauchisme», pour utiliser une expression sans doute trop indéterminée. Le péril, c’est que la jonction finisse par se produire entre une extrême gauche «antisioniste» et l’antisémitisme d’extrême droite (ce que plusieurs manifestations récentes ont partiellement réussi dans la rue et ce dont elles sont le prodrome voire le premier symptôme effectif). Si cette condensation devait parvenir, comme force politique, à rassembler la jeunesse déshéritée, ou une partie d’entre elle, alors les conséquences en seraient vraiment redoutables.

 

 

 

L’ANTISÉMITISME DE GAUCHE, CETTE MATRICE

PARMI D'AUTRES DE L’ANTISÉMITISME ISLAMISTE

Marc Crapez

Atlantico, 8 mai, 2017

 

 

L’antisémitisme de gauche a été l’une des matrices de l’antisémitisme islamiste. Insultes, intimidations, violences et terrorisme, engendrent un sentiment de vulnérabilité, indéniable et inadmissible. Comme l’explique le journaliste Gideon Kouts : « En Israël aussi, il y a beaucoup d’insécurité mais elle n’est pas du même ordre. Là-bas, les juifs se sentent appartenir à une société qui subit le même sort. En France, les forces armées patrouillent devant les écoles juives –  pas devant les autres18 ».

En France, nombre d’écrivains classés à gauche sont peu ou prou antisémites, tels Jules Vallès, Georges Darien, Hugo, Zola, Maupassant, Renard, Gide, Duhamel, Genet. Ailleurs, l’étude de Victor Teboul, Mythe et images du Juif au Québec, publiée en 1975, montre dans maints romans québécois des stéréotypes antisémites.

 

Les choses sont complexes. Les paradoxes abondent. Il n’y a pas toujours de logique d’ensemble, ni de solidarité entre les victimes de discrimination ou, du moins, de groupes plus ou moins lésés à certains moments historiques. Une thèse s’intitule « Retorica de la Misoginia Y El Antisemitismo En la Ficcion Medieval ». Mais cette association ne va pas toujours de soi. Historiquement, on pourrait s’attendre à ce que les fortes personnalités féminines, généralement féministes, se soient opposées au racisme… mais on trouve, en réalité, de très nombreux exemples en sens inverse ! Mentionnons, par ailleurs, Gide et Genet, qu’on pourrait qualifier d’écrivains homosexuels à tendances antisémites.

 

Outre les changements en cours de route (ainsi Georges Darien, qui a cessé d’être antisémite), on pourrait énumérer des cas de figure qui ne sont pas seulement des exceptions confirmant la règle : des racistes non antisémites (Gobineau) ; des antisémites non racistes (Zola) ; des xénophobes antiracistes (Barrère) ; des racistes théoriques mais pas effectifs (Jules Verne véhicule tous les poncifs antisémites et certains négrophobes, mais prend position contre l’esclavage à l’occasion de la guerre de Sécession et quoiqu’antidreyfusard plaide pour la révision). Sans oublier les racistes effectifs non-théoriciens, voire censément anti-antisémites. Bernard Lewis formule un paradoxe qui, dit-il, peut surprendre, sinon choquer. À savoir qu’il est parfaitement possible de haïr et de persécuter les Juifs sans nécessairement être antisémite.

 

 

 

Actualité 

 

 

 

GAD ELMALEH AU CHABAD DE MONTREAL :

RETROUVAILLES ET RETOUR AUX SOURCES

Charles Lugassy

Times of Israel, 18 mai, 2017

 

 

 

C’est un Gad volubile, enthousiaste et manifestement heureux de retrouver les siens, qui s’est produit lundi 15 mai 2017 au Centre Chabad de Cote St Luc à Montréal, Canada.

 

Devant un parterre trié sur le volet, soirée bénéfice oblige, Gad a révélé combien sa tendre enfance au Maroc avec le Rabbin Raskin père, avait été un moment charnière dans sa jeunesse.

 

Déjà à l’époque, il imitait le Rabbin Raskin à l’accent Yidish prononcé qui s’évertuait à réclamer des enfants, qu’ils accomplissent des mitsvot. Qui ne se souvient du fameux chant (WE WANT MASHIAH NOW) entonné, à l’époque, dans plusieurs langues notamment le judeo-arabe.

 

Gad a même gratifié l’audience, de sa version en arabe du We want Mashiah Now, en fin de spectacle. Un spectacle au demeurant donné dans un cadre convivial voire familial et où le stand-up comic s’est livré à une discussion à bâtons rompus avec l’audience, comme on le ferait au tour d’un verre de thé à la menthe.

 

C’est un Gad conscient de ses origines juives marocaines, qui s’est produit devant un auditoire fortement composé de séfarades marocains et de quelques ashkénazes venus supporter l’œuvre du Rabbin Raskin de Cote St Luc.

 

Il a longuement fait état de son installation à New-York et a ainsi produit un spectacle bilingue passant, allègrement de l’anglais au français. Un anglais bien articulé, sans accent et qu’il maitrise parfaitement bien qu’il s’en défende.

 

Il a aussi rappelé son passage à Montréal durant son adolescence où il a fréquenté l’école séfarade Maimonide, le Cegep St Laurent et même l’Université de Montréal.

 

Gad qui s’exprime en arabe marocain, en hébreu, en français et en anglais, a rappelé qu’il avait effectué son premier voyage à New-York à l’occasion d’une visite du Rabbi Loubavitch Menachem Schneerson, depuis Montréal ,voyage au cours duquel le Rabbi lui avait remis un dollar.

 

Le Rabbin Raskin de Montréal lui a remis notamment un encadrement de cette visite au Rabbi à New-York ainsi qu’une paire de Tefilines pour l’encourager à les porter. Il a déclaré qu’il le ferait BLI NEDER…

 

Gad Elmaleh a innové en matière de show STAND UP COMIC… En ce qu’il a marqué une pause durant son spectacle pour inviter l’audience à lui poser des questions : c’est généralement inusité en ce sens que les stand up comic préfèrent ne pas se faire interrompre durant leur show afin de ne pas perdre le fil des idées. Mais lui, n’a pas hésité à échanger avec l’assistance, tant il se sentait en terrain de connaissance, voire presque en famille !

 

Ce qui ressort de ce spectacle d’une heure au Centre Chabad de Montréal, spectacle offert par Gad, c’est qu’il a effectué une espèce de retour aux sources et des retrouvailles avec un milieu qui lui est familier. C’est un Gad attaché à ses origines juives séfarades marocaines, versé dans la connaissance de la Torah et qui nous a dévoilé un aspect de sa personnalité peut être un peu méconnue.

 

Un peu la rançon de la gloire : son ascension dans les hautes sphères du monde artistique donnait l’impression qu’il avait pris ses distances par rapport à ses origines séfarades marocaines : il n’en est rien comme il l’a habilement démontré durant son dernier spectacle au Centre Chabad.

 

Certes, Gad par sa notoriété a-t-il évolué dans des milieux non-juifs, mais il reste qu’on a senti un grand sentiment d’appartenance à la fois au judaïsme mais aussi au Maroc, son pays natal.

 

Gad Elmaleh est à l’heure actuelle, l’un des plus grands humoristes français et il a décidé de développer davantage sa notoriété en prenant d’assaut le géant américain : SKY IS THE LIMIT.

 

Durant tout le spectacle, il n’a cessé de clamer son admiration pour les mouvements Chabad et particulièrement celui du Maroc qu’il a fréquenté durant sa jeunesse.

Aussi, l’auditoire a-t-il eu droit au fameux clivage ashkenaze-séfarade… pour les dons aux synagogues…

 

Bref un retour aux sources empreint de cordialité, chaleur et un passage obligé avant de retrouver son univers artistique qui le mènera en tournée en Europe, aux Etats-Unis et au Canada prochainement.

 

Pour finir en apothéose sa tournée québécoise, Gad Elmaleh a été décoré par le Premier Ministre du Québec Philippe Couillard de l’insigne de Chevalier de l’Ordre National du Québec. Il avait été nommé Chevalier en 2014 mais, n’avait pu recevoir son insigne.

 

De passage au Québec pour le spectacle Bonne fête Montréal, qui célèbre les 375 ans de la métropole, l’humoriste et comédien a été officiellement accueilli au sein de l’Ordre.

 

Parmi les récipiendaires de ce titre, notons, Patrick Bruel, Isabelle Boulay et Kent Nagano. Il faut enfin souligner, que ce genre de titre est décerné à « des personnalités éminentes qui ont contribué à l’édification d’une société québécoise créative, innovante et solidaire ».

 

 

 

QUÉBEC SIGNE UN ACCORD COMMERCIAL DE 6 MILLIONS AVEC ISRAËL

Martin Croteau

La Press, mai, 2017

 

 

Le gouvernement Couillard approfondira ses relations bilatérales avec Israël, aujourd’hui, en signant une entente de coopération dotée d’une enveloppe de 6 millions. L’accord sera signé ce matin lors d’une rencontre du premier ministre Philippe Couillard avec le ministre israélien de l’Économie et de l’Industrie, Eli Cohen.

 

Il s’agit de la troisième entente bilatérale entre le Québec et l’État hébreu. La première a été conclue en 1997 par le gouvernement de Lucien Bouchard afin de resserrer les liens en matière de science, de technologies, de culture et d’éducation. La seconde, signée en 2007, visait à faciliter les collaborations dans différents secteurs économiques.

 

La troisième entente cible spécifiquement les relations en matière de recherche et d’innovation technologique. C’est la première qui prévoit des investissements gouvernementaux. Québec et l’Autorité d’innovation d’Israël débloqueront 3 millions chacun pour financer des projets de recherche. On calcule que le programme générera des investissements de 12 millions.

 

Le premier ministre a officiellement lancé sa mission économique en Israël, hier soir. Il avait prévenu la veille que le voyage avait davantage pour but de découvrir le modèle économique israélien que de signer des contrats. Mais les participants rencontrés hier se sont dits convaincus que le voyage entraînerait des retombées.

 

« Est-ce qu’on va voir ces avantages dans une semaine ? Non. Mais je suis convaincu que dans trois, cinq ou dix ans, on va voir que le mariage entre les entreprises israéliennes et québécoises va produire des fruits. Sinon, je ne serais pas ici. »

— L’homme d’affaires Mitch Garber

 

Celui qui est bien connu pour sa participation à l’émission Dans l’œil du dragon brasse des affaires en Israël, et s’est beaucoup impliqué dans la préparation de la mission au cours des derniers mois. Il a mis plusieurs entreprises en contact avec des entrepreneurs locaux.

 

Hubert Bolduc, de Montréal International, visite le pays pour la quatrième fois en huit mois. Il a bon espoir de voir des ententes se conclure, car la présence de politiciens peut s’avérer un précieux coup de pouce.

 

« Ça nous permet d’ouvrir des portes qu’on ne serait peut-être pas capables d’ouvrir si on n’était pas accompagnés par des hommes et des femmes politiques, a-t-il dit. Et ça permet possiblement, dans certains cas, de conclure des ententes qu’on a déjà entamées dans des missions précédentes. »

 

Philippe Couillard fera aujourd’hui un crochet en territoire palestinien, le seul de sa mission en Israël. Il rencontrera à Ramallah le premier ministre de l’Autorité palestinienne, Rami Hamdallah, et le ministre des Finances, Shukri Bishara. Lors de cette visite, l’Université Concordia signera un accord avec l’Université de Bethléem sur la mobilité étudiante.

 

 

LA LUNE DE MIEL ISRAÉLIENNE DE DONALD TRUMP

Pascale Zonszain     

ACTUJ, 24 mai 2017

 

Israël ne pouvait pas rivaliser avec la débauche d'ors et de fastes que l'Arabie Saoudite avait déployée pour impressionner son hôte américain. Même la plus luxueuse suite de l'hôtel King David ne pouvait éblouir le président milliardaire, qui a peut-être vu le chantier de la maison du président, dissimulée à la va-vite derrière des palissades, ou les fissures des dernières pluies de l'hiver dans les murs de la cour de la résidence du Premier ministre. Mais comme l'a reconnu une journaliste américaine qui suivait la visite présidentielle, la première vision qui saisit en arrivant de Riyad, ce sont les soldates israéliennes en jupe portant un fusil sur le tarmac de l'aéroport Ben Gourion, « une chose qu'on ne verra jamais en Arabie Saoudite ».

 

   Ce qui est certain, c'est que les habitants de Jérusalem, eux, ont été bluffés par le spectacle que leur a offert le président américain. Rues bouclées, barricades le long des trottoirs, magasins et cafés fermés partout où passait, toutes sirènes hurlantes, la gigantesque caravane de dizaines de véhicules de sécurité, israéliens et américains, qui composait le cortège présidentiel, comme une parade de cirque. Un petit goût de « show » à l'américaine, pour tous ceux qui n'étaient pas conviés aux cérémonies officielles. Ce qui n'empêchait pas les passants de se dévisser la tête pour tenter d'apercevoir Melania, mais surtout Ivanka et son petit chapeau, à travers les vitres blindées des deux monstrueuses limousines américaines.

 

La visite de Donald Trump en Israël était attendue comme un nouveau chapitre. Le nouveau chef de la Maison Blanche allait-il surprendre, rassurer ou revenir dans le chemin balisé de décennies de politique américaine au Proche-Orient ? Sur le style, pas de doute, le président des Etats-Unis est en rupture avec ses prédécesseurs. Il ne dédaigne pas le franc-parler qu'il préfère au langage diplomatique. La paix entre Israël et les Palestiniens n'est plus un enjeu stratégique mais un « deal », peut-être « le plus compliqué du monde ». En homme d'affaires avisé, il ne veut pas imposer un programme de négociations mais plutôt convaincre les parties de ce qu'elles ont à gagner en concluant un accord.

 

Donald Trump que l'on ne connaissait pas aussi sensible à la spiritualité, a invoqué le Très-Haut dans toutes ses interventions, comme il l'avait fait en Arabie Saoudite. Sa visite au Kotel a favorablement impressionné les Israéliens. Il a été le premier président américain en exercice à se rendre sur le site le plus important du judaïsme. Même si sa visite avait un caractère privé, l'image forte du président Trump touchant les pierres du Kotel a fait le tour du monde.

 

Mais surtout, le chef de la Maison Blanche n'a pas hésité à changer la donne. « Il faut sortir des faux choix, entre le soutien à Israël ou aux Etats arabes. Non. Nous devons former une coalition », a affirmé Donald Trump dans son dernier discours au Musée d'Israël. La visite du président américain en Arabie Saoudite puis en Israël s'articule sur une nouvelle doctrine : celle d'une dynamique des intérêts communs, opposée à une stagnation sur les anciens clivages. Pour le président Trump, comme il l'a dit à Riyad, il faut trouver le dénominateur commun, celui du « combat du bien contre le mal ». Le camp du bien réunissant idéalement tous ceux qui rejettent l'extrémisme, le terrorisme islamiste et les ambitions hégémoniques de l'Iran. Il est convaincu que l'alliance des Arabes sunnites modérés avec Israël, parce qu'ils sont confrontés aux mêmes menaces, peut débloquer la situation et à terme conduire à une paix régionale. Les dirigeants iraniens « qui appellent à la destruction d'Israël » sont désignés comme les ennemis et le président américain en fait le serment, ils n'obtiendront pas l'arme nucléaire, « pas avec Donald J. Trump ! ». Apparemment, il considère aussi que les accords de vente d'armement pour près de 400 milliards de dollars conclus avec l'Arabie Saoudite, ne seront pas incompatibles avec l'engagement américain pour la sécurité d'Israël.

 

Devant le public israélien, le chef de la Maison Blanche n'a pas hésité à se mettre en avant pour faire oublier le souvenir mitigé laissé par Barack Obama. « Le partenariat sécuritaire entre les Etats-Unis et Israël sera plus fort que jamais. Et vous allez voir la différence avec mon administration. Une belle et grande différence ! », affirme le président Trump, qui souligne que la coalition régionale qu'il appelle de ses vœux, passera par « la reconnaissance du rôle vital de l'Etat d'Israël ». Ce que l'on retiendra enfin de cette visite étonnante, c'est que ni à Jérusalem avec les leaders israéliens, ni à Bethleem avec Mahmoud Abbas, Donald Trump n'a évoqué la solution à deux Etats. Mais cela signifie aussi qu'après les accolades et les embrassades, le président américain attend que tout le monde se mette sérieusement au travail.

 

 

Shabbat Shalom!
 

 

 

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