Communique – UNE SOIREE RICHE EN REBONDISSEMENTS- 12 AVRIL 2019

UNE SOIREE RICHE EN REBONDISSEMENTS

A JUBILATION, LE LIKUD EST PASSE PAR TOUTES LES EMOTIONS

Raphel Ahren

Times of Israel, 10 Avril 2019

D’un optimisme à toute épreuve à une anxiété soudaine, en passant par l’incertitude, avant le soulagement et la jubilation, les partisans du Likud réunis au palais omnisports de Kvutzat Shlomo de Tel Aviv sont passés par toutes les émotions dans la nuit de mardi à mercredi alors qu’ils attendaient les résultats des élections. Il semblerait que Benjamin Netanyahu soit en route pour un cinquième mandat de Premier ministre.

Pendant des jours, Netanyahu et d’autres militants du Likud faisaient passer le message que le parti perdrait face à Kakhol lavan de Benny Gantz. Certains présumaient que cette campagne, volontairement alarmiste, visait à siphonner les votes aux autres partis de droite et à renforcer le Likud ; d’autres craignaient que la décennie de gouvernance de Netanyahu soit sur le point de s’achever.

En arrivant dans la salle mardi soir, on ignorait encore s’il pouvait effectivement crier victoire. Il était encore en train de rassembler les électeurs de droite, les exhortant à voter pour éviter que le gouvernement de droite ne s’effondre.

Vers 18 heures, les techniciens ont testé les feux d’artifice installés sur l’estrade où Netanyahu devait apparaître plus tard dans la soirée, mais au regard de la campagne « gevalt » (appel au secours) du Premier ministre, qui donnait la victoire à Kakhol lavan, on pouvait se demander pourquoi ils préparaient une fête de victoire.

Quelques minutes avant que les trois principales chaînes de télévision ne publient leurs sondages de sortie des urnes, certains commençaient réellement à s’inquiéter.Amir Ohana, le premier député du Likud à arriver à la soirée électorale du parti à Tel Aviv a dit avoir été « très optimiste » mais que désormais, « les rumeurs qui circulent ne sont pas bonnes ».Une vingtaine de minutes plus tard, à 22 heures, les premiers résultats donnaient entre 33 et 36 sièges au Likud, et 36 à 37 à Kakhol lavan, même si Netanyahu restait en meilleure position pour former une coalition.

La réaction des personnes présentes dans la salle était silencieuse. Ce n’était peut-être pas la victoire franche qu’ils espéraient. Mais si les militants ont été déçus des résultats face à ceux de Kakhol lavan, ils se sont efforcés de ne pas le montrer.« Je me sens très bien ! », a déclaré Racheli Ben Ari-Sakat, qui dirige la section Likud à Raanana. « Je ne suis pas du tout déçue, j’ai toujours pensé que nous pouvions faire mieux que les prédictions des sondages. »La quasi-totalité des militants du Likud réunis dans la salle mardi soir ont évoqué un sentiment similaire, même si l’ambiance est restée modérée pendant de longues heures, tout particulièrement si on la compare aux soirées électorales du Likud lors des élections précédentes.

En 2015 et en 2013, d’immenses drapeaux fendaient l’air, au milieu d’acclamations à la sortie des premiers résultats. Mardi soir, à l’annonce des premières estimations, tout le monde est resté de marbre.

La musique résonnait dans la salle quasi-vide à l’annonce des résultats. Deux minutes plus tard, un militant du Likud se met à scander « Bibi, Bibi », mais s’arrête quelques secondes après. « Les gars, ce n’est qu’un sondage de sortie des urnes », crie-t-il aux caméras de la télévision qui l’entourent. « En 1996, nous nous sommes couchés avec [Shimon] Peres et nous sommes réveillés avec Netanyahu ».L’assistant d’un député du Likud déambule avec un drapeau du parti enroulé.« Non, je n’ai pas envie de l’agiter, c’est ça le problème », dit-il.

Même à 1 heure du matin, alors que les résultats actualisés étaient favorables au Likud, l’ambiance était presque morose. Quand l’arrivée de Netanyahu, depuis Jérusalem, a été annoncée, la musique s’est amplifiée, et deux guitaristes ont chanté en l’honneur du chef du parti, mais le public ne montrait guère d’entrain.

A mesure que la nuit avançait, de plus en plus de drapeaux du Likud étaient visibles (et même un à l’effigie du président américain Donald Trump avec son slogan de campagne « Make America Great Again ») et certains ont commencé à danser en scandant « Bibi, roi d’Israël ».La plupart des militants affirmaient désormais qu’ils étaient plus que ravis du résultat de ces élections, même si des relents de déceptions ternissaient l’ambiance.« Merveilleusement bien ! » a répondu Moshe Levy, après qu’un journaliste lui a demandé comment il se sentait. « Les résultats définitifs seront encore meilleurs. Les vrais résultats sont toujours meilleurs que les sondages de sortie des urnes pour nous. »

Certains étaient tout de même disposés à admettre que les choses ne s’étaient pas passées comme ils l’avaient espéré. « Je suis émue. J’attends les bonnes nouvelles », a déclaré Yael Weissman, de Givatayim, une banlieue en périphérie de Tel Aviv. « Je pense que Netanyahu finira par être Premier ministre. Si ce n’est pas le cas, Israël aura tout perdu. Il a été le meilleur dirigeant que ce pays n’ait jamais eu. »Le militant pro-implantation Elie Pieprz, de l’implantation Karnei Shomron, a reconnu que « c’est un peu décevant, par rapport à la dernière fois ».

En fait, si le Likud obtient 35 sièges ou plus, ce serait le meilleur résultat pour le parti depuis 2003, lorsqu’il a remporté 38 sièges sous Ariel Sharon.Selon Pieprz, la morosité qui régnait dans la salle n’était pas due aux résultats de l’élection, mais à la mauvaise gestion de la campagne.

« Toute la campagne manquait d’enthousiasme », a-t-il dit. « Ce qui s’est passé, c’est que la gauche a implosé, et nous nous sommes retrouvés avec la droite, et un parti centriste. Et le Likud devait en faire davantage pour contrer Gantz. Mais Gantz n’a pas été impliqué. Il n’a pas dit grand-chose pendant la campagne, n’a pas donné à Netanyahu de quoi l’attaquer. Je pense que c’était intelligent de sa part ».

Ce n’est que vers 1 heure et demie du matin que le porte-parole de Netanyahu a diffusé des vidéos du Premier ministre en route vers Tel Aviv, alors que les chaînes de télévision mettaient à jour leurs résultats, très clairement en faveur d’une victoire du Likud, et c’est alors que l’ambiance a radicalement changé.La fête a commencé quand Netanyahu est entré dans la salle, à 2 heures et une minute, très précisément.

Alors que les projections indiquaient que le Premier ministre – diminué par une campagne difficile et sous la menace de trois inculpations – maintiendrait son parti au pouvoir à la Knesset, Netanyahu lui-même semblait quelque peu désorienté aux côtés de son épouse Sara, après un baiser.

« C’est la nuit d’une incroyable, incroyable victoire », a-t-il dit face à un public en liesse. « Quand avons-nous décroché tant de sièges ? Je ne m’en souviens même pas. »C’était « une immense victoire, presque impossible à obtenir », a déclaré Netanyahu.Et alors qu’il saluait la foule, les pyrotechniciens ont lancé les feux d’artifice derrière lui, signes d’une victoire jubilatoire, exactement comme prévu depuis le départ.

NETANYAHU A GAGNE, TOUS LES AUTRES ONT PERDU- OU PRESQUE

Raoul Wootliff

TIMES OF ISRAEL, 10 Avril 2019

1. Netanyahu a gagné, (presque) tous les autres ont perdu.

Alors que l’un des trois premiers sondages télévisés suggérait que le leader de Kakhol lavan Benny Gantz avait réalisé un « bouleversement » historique et était prêt à renverser le Premier ministre Benjamin Netanyahu après 10 années consécutives au pouvoir, les résultats finaux ont montré le contraire. Non seulement le leader du Likud a obtenu les sièges et le soutien dont il a besoin pour diriger la prochaine coalition, mais il a également reçu un certain nombre d’autres cadeaux électoraux.

Alors que le Likud et Kakhol lavan ont obtenu chacun 35 sièges à la Knesset, le bloc de droite composé principalement des membres actuels de la coalition est confortablement en tête avec 65 à 55 sièges lors du décompte final des voix. Mais le succès du Likud s’est fait aux dépens non seulement du principal rival de Netanyahu, Gantz, mais aussi de plusieurs partis de droite qu’il se réjouit de voir affaiblis, même s’il en a besoin pour former une coalition.

Pendant des jours, Netanyahu et d’autres militants du Likud avaient fait passer le message que le parti pourrait perdre contre Kakhol lavan de Gantz. Certains ont supposé que la campagne dite du « gevalt » était un stratagème alarmiste visant à détourner les votes des autres partis de droite et à pousser les électeurs du Likud vers les bureaux de vote, tandis que d’autres craignaient réellement que la décennie au pouvoir du Premier ministre ne prenne fin. En fin de compte, il a empêché une victoire de Kakhol lavan et a sévèrement réduit le pouvoir de négociation de ses partenaires de coalition les plus probables, Koulanou passant de 10 à 4, les huit sièges de HaBayit HaYehudi étant remplacés par les cinq sièges de l’Union des partis de droite, et Yisrael Beytenu passant de 6 lors des dernières élections à 5 cette fois.

De plus, il a vu le parti Zehut de l’ancien membre du Likud Moshe Feiglin – qui avait menacé de ne pas le recommander comme Premier ministre – et HaYamin HaHadash de Naftali Bennett – une épine dans son pied droit – n’ont pas réussi à entrer à la Knesset, avec plus de 97 % des votes comptabilisés. (HaYamin HaHadash espère toujours être sauvée par les votes des soldats.)Les seuls partis autres que le Likud à avoir augmenté leur part de voix sont les partis ultra-orthodoxes Shas et YaHadout HaTorah, qui sont passés de six et sept sièges respectivement à huit chacun. Si Netanyahu peut forger une alliance forte avec Shas et YaHadout HaTorah, sans doute en leur promettant le contrôle des questions religieuses et étatiques, ses petits alliés de droite pourraient être presque neutralisés au sein de la coalition, surtout par rapport au désormais puissant Likud.

2. Gabbay du Parti travailliste devrait-il apprendre de Netanyahu ?

De tous les partis qui ont perdu des sièges et le pouvoir relatif à la Knesset, aucun n’est comparable au Parti travailliste. Le parti qui a gouverné Israël pendant les trois premières décennies s’est effondré, passant des 24 sièges qu’il avait remportés dans le cadre de l’Union sioniste lors des élections de 2015 à seulement six, la pire performance en 71 ans d’histoire.Compte tenu de l’histoire du Parti travailliste qui s’est retourné contre ses dirigeants après des échecs électoraux, le président du parti, Avi Gabbay, est tout à fait certain d’être confronté au même sort que ses 13 prédécesseurs depuis 1992 – sinon immédiatement, voire dans un avenir très proche. Pour le moment, cependant, l’ancien ministre de Koulanou ignore les appels anonymes à se retirer, en imputant le mauvais résultat au parti Kakhol lavan, qui a détourné une partie importante de la base du Parti travailliste. Il a raison. Le Parti travailliste a mené une campagne pitoyable composée de messages confus et extrêmement déroutants, attaquant le Likud et Kakhol lavan de la droite et de la gauche, tout en n’arrivant pas à présenter un message cohérent sur les raisons pour lesquelles les électeurs devraient le suivre. Mais Gabbay n’a pas causé l’effondrement des 18 sièges (même avec son éviction impopulaire en direct de la n°2 du parti, Tzipi Livni, qui a brisé l’Union sioniste). Gantz l’a fait. L’échec de Gabbay a été son incapacité à récupérer le terrain perdu.

S’il y a un espoir pour lui, et en fait pour le Parti travailliste, il pourrait le trouver en s’inspirant de nul autre que Netanyahu. Lors des élections de 2006, le dirigeant du Likud a également conduit son parti au pire résultat de son histoire, passant de 38 sièges à seulement 12. Lui aussi a été accusé d’avoir mené une campagne faible et a dû répondre à des appels à la démission. Mais, comme pour Gabbay, ce n’était pas entièrement la faute de Netanyahu. Il faisait face à un ancien général décoré de Tsahal à la tête d’une faction centriste nouvellement formée qui a balayé la carte politique avec de nombreux électeurs du Likud (à savoir Ariel Sharon et son parti Kadima). Ça vous dit quelque chose ?

Malgré la perte écrasante et personnellement embarrassante de Netanyahu, trois ans plus tard, il remporta 27 sièges et le poste de Premier ministre, qu’il occupe toujours une décennie plus tard. Gabbay n’est pas Netanyahu, et le Likud de 2003 n’est pas le Parti travailliste de 2019. Mais il peut encore y avoir de l’espoir pour le parti jadis vénérable qui a fondé Israël, et même pour son dirigeant en difficulté.

3. Bennett a dit qu’il voulait renforcer Netanyahu. Il l’a endurci

La prédiction la plus curieusement exacte de la stratégie électorale de Netanyahu est venue d’un reportage de Kan publié dimanche soir, selon lequel le Premier ministre était non seulement convaincu de pouvoir gagner le plus de sièges et un bloc majoritaire de droite, mais qu’il souhaitait en particulier écarter un de ses partenaires actuels dans la coalition. La déconfiture de HaYamin HaHadash – tombant apparemment en dessous du seuil électoral alors que d’autres partis qui étaient plus bas dans les sondages pendant la campagne sont entrés au Parlement pour maintenir la majorité de droite – était donc soit une incroyable coïncidence ou une machination politique absolument incroyable parfaitement exécutée à terme par Netanyahu. En rompant avec le parti sioniste religieux HaBayit HaYehudi au début de la campagne pour créer le parti HaYamin HaHadash avec Ayelet Shaked, Bennett a déclaré qu’il espérait renforcer le bloc de droite en attirant des électeurs plus nombreux – et plus divers. Dans un compliment déguisé, il a également dit qu’il espérait renforcer Netanyahu en devenant une force politique importante qui pourrait le pousser vers la droite, tout en le soutenant comme Premier Ministre.

Au lieu de renforcer l’un ou l’autre, il a durci les deux. Alors que HaBayit HaYehudi faisait soudainement face à un effondrement, Netanyahu a élaboré un plan compliqué pour former une liste d’Union des partis de droite qui comprenait la faction extrémiste Otzma Yehudit. Et Rafi Peretz, le dirigeant nouvellement nommé de HaBayit HaYehudi, a été contraint d’accepter Bezalel Smotrich, dirigeant de l’Union nationale, comme son numéro deux. Bennett n’est certainement pas de gauche, mais il commence à ressembler un peu à l’élément kahaniste de l’Union des partis de droite.En même temps, utilisant sa campagne pour attaquer Netanyahu par la droite, lui reprochant d’avoir accepté un cessez-le-feu avec le Hamas deux semaines seulement avant le jour des élections, Bennett est devenu une nouvelle cible de la colère du Premier ministre et, finalement, la principale victime de sa campagne « gevalt » soigneusement dirigée. (Encore une fois, à moins que les soldats ne lui fournissent un coup de pouce de dernière minute).

4. Feiglin a été la surprise des élections – en ne parvenant pas à entrer

Presque tous les chefs de parti ont promis tout au long de la campagne que la leur serait « la surprise des élections ». Au cours du dernier mois de la campagne, la revendication la plus convaincante du titre est venue du parti Zehut de Moshe Feiglin – un parti ultra-nationaliste quasi-libertaire centré sur la philosophie dogmatique de son chef idéologue. Au départ, le parti n’a pas réussi à franchir le seuil électoral dans les sondages qui ont même accepté de l’inclure, mais il a constaté une hausse perceptible de popularité après sa promesse de légaliser le cannabis. Les sympathisants semblaient indifférents aux positions économiques libertaires de Zehut ou à la politique de sécurité radicale et à motivation religieuse, qui demandait expressément l’annexion de la Cisjordanie, le démantèlement de l’Autorité palestinienne, l’encouragement des Palestiniens à partir et l’installation des bâtiments du gouvernement sur le Mont du Temple.

Le parti cherchait également à semer le doute dans les calculs de la coalition, en ne s’engageant ni à soutenir Netanyahu ni à soutenir Gantz. Et alors que les sondages finaux ont révélé qu’il obtiendrait de 5 à 7 sièges dans les derniers jours avant les élections, Feiglin a déclaré qu’il exigerait que lui-même ou un autre membre de son parti soit nommé au poste très convoité de ministre des Finances. En fin de compte, après tout le battage médiatique (et peut-être à cause de cela), la grande surprise de Zehut fut qu’il échoua complètement : à passer le seuil électoral et entrer à la Knesset ; prendre le contrôle du Trésor ou de tout autre ministère ; et, comme son chef l’avait promis, réorganiser la politique israélienne.La défaite de Feiglin démontre la différence entre l’ampleur et la profondeur du soutien : Beaucoup de gens l’ont en quelque sorte soutenu, mais en période de crise, pas assez pour voter pour lui. (Ou peut-être que les sondages se sont trompés sur lui).

5. Les Arabes n’ont pas été emmenés en bus par la gauche. Peut-être qu’ils auraient dû l’être

Le 17 mars 2015, dernier jour des élections, Netanyahu, invoquant sa crainte de perdre l’élection au profit de l’Union sioniste d’Isaac Herzog, a tristement mis en garde contre les Arabes qui « affluent en masse » vers les bureaux de vote, en étant « transportés en bus par la gauche ». Il s’est ensuite excusé pour cette accusation incendiaire, qui a été qualifiée de raciste par la gauche israélienne et dans le monde entier. Au cours de la campagne électorale actuelle, le Premier ministre a de nouveau utilisé l’épouvantail arabe israélien, déclarant à plusieurs reprises qu’un gouvernement de gauche soutenu par des Arabes serait catastrophique pour Israël. Et les bureaux de vote n’étaient ouverts que depuis quelques heures mardi, lorsqu’il est apparu que des militants affiliés au Likud avaient apporté quelque 1 200 caméras cachées dans les bureaux de vote des villes arabes dans ce que le parti a qualifié de tentative pour empêcher la fraude électorale.

L’effondrement de la Liste arabe unie, parti réunissant les quatre principales factions arabes israéliennes qui se sont scindées en deux partis rivaux pour ces élections, a certainement contribué cette fois-ci à une perte totale de trois sièges pour le secteur arabe. Mais beaucoup ont cité le sentiment que, indépendamment de la politique interpartis, leurs votes n’avaient pas d’importance. Les citoyens arabes d’Israël représentent environ 20 % de la population générale, mais dans la politique israélienne, ils sont généralement dépeints comme des traîtres, et leur opposition à un État sioniste est considérée comme irrémédiable. Par conséquent, aucun parti arabe n’a jamais fait partie d’une coalition gouvernementale et, dans cette tradition, pratiquement tous les partis du courant dominant en lice mardi ont exclu de manière préventive un partenariat avec eux, y compris Kakhol lavan.

La mauvaise performance des partis arabes, combinée aux faibles résultats du centre-gauche travailliste et du Meretz de gauche, a effectivement mis fin aux perspectives de Kakhol lavan de former une coalition, et amélioré celles de Netanyahu, donnant plus de sièges à la Knesset aux alliés de droite et ultra-orthodoxes du Likud.Pour que le centre-gauche ait une chance réaliste de remporter les élections en Israël aujourd’hui, il faudrait peut-être qu’il accepte au moins certains des partis arabes comme de véritables partenaires et qu’il ne se plaigne pas seulement des injustices auxquelles le secteur arabe fait face. Politiquement, un tel partenariat pourrait potentiellement égaler le soutien de facto de la droite par les partis ultra-orthodoxes (qui s’opposent aussi, soit dit en passant, à l’idée d’un État sioniste). Après tout, cette alliance ultra-orthodoxe de droite de longue date, dans ces élections, comme dans beaucoup d’autres auparavant, garantit à la droite une voie plus facile pour former une coalition. D’autre part, certains députés et ex-députés arabes se sont farouchement et activement opposés aux principes fondamentaux d’Israël (ce qui n’est pas le cas des politiciens ultra-orthodoxes). Toute alliance de ce type devrait donc être examinée très attentivement, faute de quoi l’attrait du centre-gauche serait encore réduit, au lieu d’être renforcé.

LES DIRIGEANTS DU MONDE FELICITENT NETANYAHOU POUR LE RESULTAT DES ELECTIONS

I24NEWS, 10 Avril 2019

Le président américain Donald Trump a estimé mercredi que les résultats des élections législatives israéliennes, qui donnent l’avantage à son “ami” Benyamin Netanyahou, augmentaient les chances d’aboutir à la paix au Proche-Orient. “Je pense que nous avons une meilleure chance d’aboutir maintenant que Bibi a gagné”, a déclaré M. Trump, en évoquant le plan de paix sur lequel ses équipes travaillent depuis son arrivée au pouvoir et dont le contenu est à ce jour tenu secret.

Le chancelier autrichien Sebastian Kurz a tenu mercredi à être un des premiers dirigeants à féliciter le Premier ministre pour son succès aux législatives de mardi.”Les résultats officiels doivent encore être publiés mais une chose est claire: vous avez – une nouvelle fois – recueilli la confiance du peuple d’Israël avec des nombres records”, a-t-il indiqué sur son compte twitter. 

“Félicitations au Premier ministre Netanyahou pour l’excellent résultat aux élection nationales d’hier”, a-t-il ajouté. M. Kurz, qui comme le dirigeant israélien appartient au camp conservateur, gouverne l’Autriche depuis fin 2017 en coalition avec le parti d’extrême droite FPÖ. 

Le Premier ministre de l’Inde Narendra Modi a lui aussi félicité son « ami Bibi » en anglais et en hébreu sur les réseaux sociaux.  “Mon cher ami Bibi, Félicitations! Vous êtes un grand ami de l’Inde et je suis impatient de continuer à travailler avec vous pour porter notre partenariat bilatéral vers de nouveaux sommets”, a-t-il écrit. 

Le ministre italien de l’intérieur, Matteo Salvini, a été le troisième à féliciter Benyamin Netanyahou avec son message “Bon travail de l’ami Bibi et je salue le peuple d’Israël”.  Matteo Salvini, est à la tête de la Ligue, un parti politique italien d’extrême droite, était venu en Israël pour une visite officielle de deux jours en décembre dernier, où il avait rencontré le Premier ministre. 

ACTUALITE

LES PALESTINIENS DENONCENT LA DECISION DE AIRBNB DE RENONCER A SE RETIRE DES IMPLANTATIONS DE CISJORDANIE

i24NEWS 11 Avril 2019

“Cette décision signale la négation systématique du droit inaliénable du peuple à l’autodétermination” La décision d’Airbnb de ne pas exclure les implantations juives de Cisjordanie de ses listes de logements a été condamnée mercredi par les Palestiniens qui ont accusé la start-up de contribuer à la “perpétuation du régime israélien”. “Cette décision signale la complicité de la société avec la négation systématique du droit inaliénable du peuple palestinien à l’autodétermination”, a déclaré le négociateur en chef palestinien Saeb Erekat dans un communiqué. La plateforme de location saisonnière Airbnb a annoncé mardi qu’elle revenait sur sa décision d’opérer dans les implantations juives de Cisjordanie, ce qui a eu pour effet notamment la fin des poursuites engagées contre elle.

“Nous comprenons la complexité de ce sujet”, a souligné dans un communiqué Airbnb, qui peu après l’annonce de sa décision l’année dernière avait été traduit en justice en Israël et aux Etats-Unis, où des plaignants juifs américains l’accusaient de discrimination religieuse. Si la plateforme va donc continuer à accepter des offres de location en Cisjordanie, elle a en revanche indiqué qu’elle ne tirerait “aucun bénéfice” de l’activité dans l’ensemble de la Cisjordanie et que l’argent serait reversé à une organisation humanitaire à but non lucratif opérant dans différentes parties du monde.

TRUMP LOUE LE << TRES BON TRAVAIL>> DU PRESIDENT SISSI EN EGYPTE

AFP

Times of Israel, 10 Avril,2019

 Je pense qu’il fait un très bon travail », a lancé Donald Trump, interrogé dans le Bureau ovale sur les efforts de son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi pour se maintenir au pouvoir après la fin de son deuxième mandat en 2022. L’ex-chef de l’armée égyptienne a destitué son prédécesseur islamiste Mohamed Morsi en 2013 avant d’être élu à la présidence un an plus tard.

« Les relations entre l’Egypte et les Etats-Unis n’ont jamais été aussi bonnes », a assuré M. Trump, sans mentionner à aucun moment la question des droits de l’homme.

C’est la deuxième fois que l’homme fort du Caire était reçu par M. Trump à la Maison Blanche. Il n’avait jamais été invité par Barack Obama.

Plusieurs amendements à la constitution égyptienne de 2014 doivent être prochainement soumis à référendum. Cette réforme permettrait de renforcer les pouvoirs de l’exécutif et de l’armée, et au chef de l’Etat de se maintenir à la tête du pays au-delà de 2022, année de la fin de son deuxième mandat.

Avant la rencontre, l’ONG Human Rights Watch (HRW) avait exhorté les Etats-Unis à ne pas donner leur feu vert à ce projet de réforme constitutionnelle « qui accorde à l’armée des pouvoirs très abusifs et institutionnalise davantage l’autoritarisme ». Amnesty International a également appelé les alliés de l’Egypte, en particulier les Etats-Unis, à ne pas « rester silencieux » face à ce projet.