DANS UN MONDE DE PLUS EN PLUS HOSTILE : HANOUKKA EST UN RAPPEL DE L’INCROYABLE COURAGE DU PEUPLE JUIF POUR DÉFENDRE JÉRUSALEM

 

 

 

La fête de Hanoukka :

un rappel de l’incroyable courage du Peuple Juif pour défendre Jérusalem

Souhail Ftouh

identitejuive.com, 12 décembre 2012

 

A partir de ce samedi 8 décembre au soir au dimanche 16 décembre 2012 le Peuple juif célèbre la fête de Hanoukka, une fête que l’on célèbre le 25 Kislev en commémoration de la victoire miraculeuse des Hasmonéens sur les Syro-Grecs dirigés par Antiochus Epiphane et de la ré-inauguration du saint Temple de Jérusalem avec le miracle de la fiole d’huile.

 

Cette coutume commémore la reconquête de l’Israël du IIè siècle avant J.C., dirigée à l’époque contre le roi gréco-syrien : Antochius. Il avait profané le Temple de Jérusalem et voulait imposer au Peuple Juif l’adoration de divinités grecques.

 

Judas Maccabée incita ses compatriotes juifs à se révolter. Une poignée de Juifs prend alors, en 165 avant Jésus-Christ, la tête d’une révolte contre le dictât cruel d’Antiochus. Après des mois de combats acharnés, ils réussirent à chasser les Syriens de Jérusalem, les armées grecques sont mises en déroute et les Juifs réinstaurent un service juif au Temple. Hanouka est célébrée en l’honneur de cette victoire.

 

C’était la victoire des faibles contre les forts : les Hasmonéens , armés par les enseignements de la Thora, se sont battus par idéal. Grâce à leurs prières, ils ont vaincu les épées, les javelots et les flèches. Ils ne souciaient ni de conquête, ni de butin. Leur seul désir était de libérer Jérusalem, de pouvoir, à nouveau, prononcer le Hallel et chanter la gloire divine. Ainsi, dès leur arrivée à Jérusalem, ils chassèrent les prêtres païens qui avaient fait des sacrifices à leurs idoles sur l’autel juif.

 

Grâce à une petite fiole d’huile, les Juifs victorieux ont pu de nouveau allumer la Menorah et adorer leur ville sainte.

 

En effet un autre miracle avait eu lieu ; une petite fiole contenant assez d’huile pour une seule journée qui avait été trouvée dans les débris du Temple de Jérusalem après sa destruction, avait miraculeusement permis d’illuminer le chandelier pendant huit jours… C’est pour cela que pendant Hanoukka, la fête des lumières, chaque famille juive est censée allumer une bougie d’un chandelier à huit branches, chaque soir de la semaine.

 

La fête de Hanoukka reste un rappel de l’incroyable courage du peuple juif pour défendre Jérusalem, site sacré pour le judaïsme. Quand on a la foi et qu’on porte dans son cœur l’amour pour cette ville qui touche le cœur des Juifs plus que d’autres, aucune force ne pourra arracher cette ville aux mains des Juifs. Une ville qui symbolise jusqu’à aujourd’hui l’héroïsme et le sacrifice sans lesquels Jérusalem n’aurait pu être réunifiée.

 

II y a une vérité qui est intangible ; le Peuple juif existe depuis plus de trois millénaires, il a traversé de multitudes d’épreuves, certaines nations ont essayé de le supprimer et elles ont généré beaucoup de malheurs pour le Peuple juif. Mais ces civilisations ont disparus depuis, mais ce peuple est toujours là.

 

Le Peuple Juif est le peuple le plus indestructible, après tout ce qui a été fait pour essayer de l’éteindre, Pogroms, Shoah, et je ne parle même pas des massacres au Moyen Age, mais les Juifs sont toujours là !

 

Si les prêtres juifs du Temple, les Cohanim à l’époque de Hanouka, se sont concentrés sur leurs forces spirituelles pour vaincre les troupes syriennes d’Antiochus c’est parce que jamais ils n’ont baissé la tête et jamais ils n’ont cédé au désespoir.

 

La véritable puissance du Peuple d’Israël repose donc sur sa foi incandescente et son amour d’Hachem. Cette flamme lui a permis de vaincre tous les ennemis et toutes les servitudes. Aujourd’hui encore, la force du Peuple juif réside dans sa foi concernant la terre d’Israël et Jérusalem comme capitale une et indivisible. Malgré tous les discours de haine qu’on véhicule contre eux, le courage des Juifs est toujours intact pour défendre leur petit morceau de terre. C’est d’ailleurs ce même courage qui a transformé ce désert en un beau pays.

 

Les deux mille ans d’exil ont appris au Peuple juif à être en adhésion avec ce pays et à savoir que leurs enfants seront toujours prêts à se battre car ils sont simplement déterminés à survivre. Aujourd’hui heureusement Israël est suffisamment fort pour se défendre devant le matraquage systématique et le bourrage de crâne incessant des nouveaux nazis qui contestent Jérusalem comme capitale définitive d’Israël.

 

La liberté d’Israël sera toujours un fait, car les Israéliens d’aujourd’hui ne toléreront pas que les monstres soient vainqueurs. Tout comme leurs ancêtres, les Hasmonéens, ils portent toujours cette flamme qui leur a permis de vaincre tous leurs ennemis et toutes les servitudes.

 

Aussi souhaitons-nous à la veille de Hanoukka, un nouveau commencement pour Israël pour UN Seul et Même Roi, le Saint béni d’Israël.

 

Très joyeuse fête de Hanoukka. Que la lumière de ces bougies illumine tous nos cœurs !

 

(Ftouh Souhail, avocat et journaliste tunisien, est connu pour avoir publié plusieurs articles à l’appui d’Israël dans divers médias)

 

Réflexions sur Hanoucca

Guy Millière

dreuz.info, 12 décembre 2012

 

C’est présentement la fête juive de Hanoucca.

 

Je suis depuis des années très proche et très respectueux de tout ce qui concerne le judaïsme et le peuple juif, et je suis, depuis des années, particulièrement sensible à la signification de Hanoucca. J’y suis un peu plus sensible cette année dans la mesure où je me suis rendu voici peu à Nice pour une cérémonie décernant des Menoras d’or, organisée par le B’nai Brith. J’ai eu l’honneur d’être l’un des récipiendaires, et j’ai désormais chez moi, en bonne place, la Menora qui m’a été remise.

 

Je suis particulièrement sensible à la signification de Hanoucca parce que c’est une fête qui renvoie à un soulèvement au sein du peuple juif en un moment où son identité et sa survie en tant que peuple juif étaient menacées. Le soulèvement, on le sait, était celui des Maccabées contre l’hellénisation forcée infligée au peuple juif par les Séleucides, au deuxième siècle avant l’ère chrétienne. Ce soulèvement a sauvé le peuple juif et son identité. Il n’a pas empêché les déchirures ultérieures, la dispersion, les conquêtes de la région par d’autres empires, mais il a constitué un marqueur crucial.

 

Je suis particulièrement sensible à la signification de Hanoucca parce que nous sommes en un temps où, une fois de plus, l’identité et la survie du peuple juif sont menacés.

 

En disant cela, je pense à Israël, bien sûr. Et je sais qu’Israël est un pays fort et solide, à même de résister à ceux qui aspirent à le détruire, qu’ils utilisent les voies directes du djihad et parlent comme les dirigeants du Hamas ces jours derniers à Gaza, ou qu’ils utilisent des voies plus indirectes et plus sournoises, tels les dirigeants de l’OLP devenue l’Autorité palestinienne.

 

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Mais je dois constater que la propagande anti-israélienne, le travail de sape incessant mené par de multiples falsificateurs et opportunistes sans éthique ni honneur, ont porté leurs fruits : l’Europe est désormais, essentiellement, à l’exception d’un pays près, un continent anti-israélien, en position de dhimmitude avancée, prêt à se vendre pour une poignée de dollars venus du Qatar ou d’un autre émirat, pétrifié par la peur de l’islam et de l’islamo-terrorisme. Les Etats-Unis sont en train de fléchir, et les positions « pro-palestiniennes » progressent chez les Démocrates de manière inquiétante.

 

Je dois constater aussi que le futur s’annonce sombre pour les Juifs en Europe, ce qui signifie que le futur s’annonce sombre pour l’Europe elle-même.

 

Je dois noter que nous sommes très peu à défendre encore certaines valeurs pourtant essentielles et que, parce que nous le faisons, nous sommes insultés, condamnés au boycott et aux marges qui, dans un contexte de type totalitaire, constituent la dissidence (dois-je le dire : en Union soviétique, on appelait déjà les défenseurs du droit naturel des êtres humains, de la liberté de parole et de pensée et des idéaux juifs et chrétiens des « fascistes », comme le fait, par exemple, le Nouvel Observateur aujourd’hui en France).

 

Je dois constater en outre, et cela me consterne et me révolte, que le présent est moins sombre pour les Juifs aux Etats-Unis, mais qu’une part majeure de ceux-ci se conduisent comme ceux qui se soumettaient à l’hellénisation au temps des Séleucides. Ceux-là ont voté pour Barack Obama. Ceux-là peuvent parler comme Rahm Emanuel ou comme les membres de J Street, cette association créée pour contrer l’AIPAC et qui se situe sur la gauche de Shalom Arshav, et à hauteur de paillasson pour dignitaire crapuleux de Ramallah. Ceux-là fêtent Hanoucca en ce moment sans discerner, semble-t-il, qu’ils trahissent chaque jour l’esprit de Hanoucca. Ceux-là fêtent Hanoucca sans comprendre que l’esprit de Hanoucca devrait impliquer qu’ils ouvrent les yeux, qu’ils regardent ce qui est en train de se passer en Europe et ce qui est en train de se passer au Proche-Orient.

 

Ceux-là ne semblent pas voir que lorsqu’Israël est isolé, Israël est menacé, et que lorsqu’Israël est menacé, c’est le peuple juif et le judaïsme qui sont menacés. Ils ont la possibilité et les moyens de se lever, et ils ne se lèvent pas.

 

Je n’ai pas à les juger et je ne les juge pas. Je dirai seulement qu’ils ont renoncé. Et j’ajouterai comme Norman Podhoretz l’a fait en écrivant Why Jews Are Liberal, qu’ils ne sont plus juifs, et ont choisi une autre voie. Pas très digne, à mes yeux.

 

J’ajouterai que si Israël est un pays fort et solide, il existe aussi en Israël des gens qui, bien au delà de ce qui sépare la droite de la gauche, se conduisent eux-mêmes comme s’ils n’étaient plus juifs et comme s’ils avaient eux suivi une autre voie, pas très digne elle-même. Un auteur les a décrit comme constituant la « république de Tel Aviv », par comparaison avec la république de Weimar, en laquelle des intellectuels qui se pensaient brillants, dissertaient au nom de grands principes abstraits, sans voir que l’enfer était à leur porte. Les membres de la république de Tel Aviv sont dignes des intellectuels de Weimar. Les pires parmi eux peuvent aller jusqu’à écrire, comme Shlomo Sand, que le peuple juif n’existe pas ou que la terre d’Israel n’a jamais existé. Je vois en eux, et je l’écris, des ennemis de l’intérieur pour Israël, des gens qui contribuent à la propagande anti-israélienne et au travail de sape incessant des falsificateurs et opportunistes que j’évoquais plus haut.

 

J’espère en l’émergence de descendants spirituels des Maccabées, des gens qui, sans nécessairement prendre les armes, se dresseront : parce qu’ils verront, précisément, qu’Israël, le peuple juif et le judaïsme sont menacés. Aujourd’hui. En cet instant. Il en existe en Israël. Il en existe en Europe et en Amérique du Nord.

 

Et je suis résolument à leur côté.

 

J’espère que des gens qui ne sont pas Juifs, comme moi, sauront discerner que, dès lors qu’Israël, le peuple juif et le judaïsme sont menacés, c’est ce qui fonde l’humanité en l’être humain, et ce que la civilisation occidentale a en elle de plus fécond et de plus grand, qui se trouve menacé.

 

Je suis résolument à leur côté aussi. Leur combat est mon combat, et c’est le combat que je mène depuis des années déjà.

 

Les dictateurs, c'est mieux que les islamistes élus

Daniel Pipes

The Washington Times, 11 décembre 2012

Adaptation française: Anne-Marie Delcambre de Champvert

 

Qui est le pire, le Président Mohamed Morsi, l'islamiste élu cherchant à appliquer la loi islamique en Egypte, ou le président Hosni Moubarak, l'ancien dictateur déchu pour avoir tenté d'initier une dynastie? De façon plus générale, un ordre libéral, démocratique a-t-il plus de possibilités d'émerger avec des idéologues islamistes qui triomphent par la voie des urnes ou avec des dictateurs cupides qui n'ont en vue que leur propre survie et leur exercice du pouvoir?

 

Les actions récentes de Morsi fournissent une réponse, établissant que les islamistes sont encore pires que les dictateurs.

 

Cette question a été soulevée dans un débat intéressant pour le compte de Intelligence Squared US au début d'octobre lorsque Reuel Marc Gerecht, de la Fondation pour la Défense des Démocraties, et Brian Katulis, du Centre pour le Progrès Américain, ont soutenu que "les islamistes élus c'est mieux que les dictateurs" , tandis que Zuhdi Jasser, du Forum islamique américain pour la démocratie, et moi-même, soutenions le contre-argument. Eh bien, personne n'a vraiment argumenté «pour» personne. L'autre équipe n'a pas approuvé les islamistes, nous n'avons pas, bien sûr, célébré les dictateurs. La question était plutôt quel type de gouvernant est le moindre de deux maux, et peut se battre pour imposer la démocratie.

 

Katulis a blâmé les dictatures pour favoriser «les sortes d'idéologies» qui ont conduit au 11 septembre et Gerecht a insisté sur le fait que les juntes militaires, et non les islamistes, sont généralement «le vrai danger …. La seule façon que vous avez d'obtenir un ordre plus libéral dans le Moyen-Orient c'est à travers les gens de religion» qui votent pour avoir les islamistes au pouvoir. Katulis a fait valoir que les élus islamistes changent et se transforment, devenant de moins en moins idéologiques et plus pragmatiques ; ils évoluent en réponse à la prise de conscience de la rudesse de la politique qui les fait retomber sur terre pour se concentrer sur les «besoins essentiels» tels que la sécurité et l'emploi.

 

En Irak, Gerecht a affirmé avoir observé «un véritable raz –de- marée de gens qui étaient autrefois des islamistes purs et durs qui …sont devenus des démocrates assez profondément convaincus, pour ne pas dire libéraux». Quant à l'Egypte, il a noté d'un ton approbateur, mais de façon inexacte que "Les Frères musulmans ont de graves débats internes parce qu'ils n'ont pas compris comment gérer [leur succès]. Or nous ce que nous voulons c'est qu'ils règlent la question en se disputant pour aller de l'avant»

 

Jasser et moi avons répondu à ce catalogue d'inexactitudes (les juntes militaires ont conduit au 11 septembre?) et de vœux pieux , prenant leurs désirs pour des réalités (les vrais croyants feront des compromis sur leurs objectifs? Une immense vague, véritable raz-de-marée, d'islamistes irakiens sont devenus libéraux?) en affirmant d'abord que les idéologues sont «des dictateurs cortico-dépendants»qui ne se modèrent pas en atteignant le pouvoir, mais se préparent à attaquer, construisent les bases pour rester indéfiniment au pouvoir. Deuxièmement, les idéologues négligent les questions mêmes sur lesquelles nos adversaires ont mis l'accent- la sécurité et l'emploi – en faveur de l'application des lois islamiques. Les dictateurs cupides, en revanche, faute d'idéologie et de vision, n'ont pas une vision de la société et peuvent donc être convaincus de s'orienter vers le développement économique, les libertés personnelles, un processus politique ouvert, et la règle de droit (par exemple, la Corée du Sud).

 

Et voilà, Morsi et les Frères musulmans ont suivi exactement notre scénario. Depuis qu'il a pris le pouvoir en août, Morsi (1) a mis à l'écart l'armée, s'est ensuite concentré sur l'enracinement et l'expansion de sa suprématie, notamment en émettant une série d'ordres le 22 novembre par lesquels il s'arrogeait des pouvoirs autocratiques et en répandant les théories du complot sioniste à propos de ses adversaires. Il a ensuite (2) donné un coup de boutoir par une constitution orientée islamiste le 30 novembre et a appelé à un brusque référendum le 15 décembre. Absorbé par ces deux tâches, il a pratiquement ignoré les multiples problèmes qui affligent l'Egypte, en particulier la crise économique imminente et le manque de fonds pour payer la nourriture importée.

 

La prise de pouvoir de Morsi a stimulé les Egyptiens anti-islamistes pour unir leurs forces comme c'est le cas dans le «Front de salut national» et se confronter aux islamistes dans les plus violents combats de rue jamais vus en six décennies, le forçant à retirer partiellement ses ordres du 22 novembre. Ironie du sort, après avoir habilement mis de côté l'armée en août, le fait pour Morsi d'avoir été trop loin a créé des circonstances qui ont renvoyé l'autorité ultime aux généraux, qui peuvent intervenir pour ou contre lui. En choisissant des sympathisants des islamistes comme officiers supérieurs et en offrant des privilèges militaires renforcés dans le projet de constitution, il a, selon toute vraisemblance gagné leur soutien. La loi martiale est probablement pour bientôt

 

En seulement trois mois, Morsi a montré qu'il aspirait à de plus grands pouvoirs dictatoriaux que ceux de Moubarak et que son régime laissait présager être une calamité encore plus grande pour l'Egypte que ne le fut Moubarak. Il a parfaitement justifié le point de vue de Jasser et mon point de vue: c'est mieux d'avoir des dictateurs que des islamistes élus. Comme je l'ai noté dans le débat, les Occidentaux devraient claquer la porte au nez aux dictateurs idéologiques comme les islamistes tout en faisant pression sur les dictateurs cupides pour permettre [le développement] de la société civile. Cela offre la seule porte de sortie de la fausse alternative entre les deux formes de tyrannie.

 

La diplomatie israélienne face à une réalité unilatérale

Dore Gold

Le CAPE de Jérusalem, 9 décembre 2012

 

Jusqu’à ce jour, l’Etat d’Israël a focalisé sa politique sur la nécessité de faire avancer les négociations de paix avec les Palestiniens, et de ce fait, Jérusalem a fait de nombreuses concessions. Aujourd’hui, à la lumière de la résolution en faveur des Palestiniens adoptée à l’ONU, l’Etat juif devrait résister à ne pas résister à ses revendications légitimes pour assurer sa sécurité.

 

La direction palestinienne avait répandu au cours des derniers mois une rumeur selon laquelle Mahmoud Abbas reprendrait le chemin de la négociation juste après le vote de l’ONU. Certains observateurs avaient même écrit qu’il renoncerait aux conditions préalables qu’il avait imposées en 2009, à savoir: le gel de la construction dans les implantations et notamment dans les quartiers juifs de Jérusalem. Ainsi, les Palestiniens ont présenté leur initiative aux Nations-Unies comme un tremplin positif et constructif vers la bonne voie.

 

Le 12 novembre dernier, suite à une rencontre avec les ministres des Affaires étrangères de la ligue arabe, Mahmoud Abbas déclare : « nous sommes prêts à reprendre les pourparlers ». Selon le correspondant de l’agence Reuters au Caire, à la veille du vote à l’Assemblée générale, il avait promis de revenir sans délai à la table des négociations.

 

En fait, Mahmoud Abbas n’a pas voulu reprendre le processus de paix sachant parfaitement que durant cette dernière décennie il n’a pas réussi à arriver à un accord avec Israël.

 

Déjà en 2009, il avait révélé au « Washington Post » que même la généreuse proposition finale de l’ancien Premier ministre Ehoud Olmert ne pouvait aplanir les divergences pour pouvoir parvenir à un accord de paix. Abbas sait aussi que de véritables négociations avec Israël exigeraient en revanche des concessions palestiniennes. Cependant et depuis 2006, le Hamas est devenu une force montante dans la vie politique palestinienne. Il s’est renforcé après la chute du président Hosni Moubarak au détriment du Fatah et de l’Autorité de Mahmoud Abbas.

 

En observant la conduite des Israéliens et des Palestiniens nous constatons que chaque partie agit sur un plan diplomatique différent. Les Israéliens représentant divers partis politiques se sont préoccupés par la réussite des négociations. Ils ont essayé de comprendre ce qui est nécessaire pour les Palestiniens pour parvenir à un accord et souvent ils ont proposé des concessions préalables.

 

Ainsi, lorsque les Palestiniens ont exigé un retrait total de la Cisjordanie vers les lignes d’avant juin 1967, des hommes politiques israéliens ont suggéré d’offrir aux Palestiniens un territoire de la même dimension, sans aucun rapport avec le tracé final de la frontière. Cette flexibilité était destinée à prouver un acte de bonne volonté et présentait l’Etat d’Israël aux yeux de la communauté internationale comme capable de faire des concessions majeures.

 

Malgré tout, Mahmoud Abbas a adopté une approche unilatérale, et déjà en janvier 2009, lorsqu’Ehoud Olmert était toujours au pouvoir, le ministre palestinien de la Justice s’est directement adressé à la Cour pénale internationale demandant de définir l’Autorité palestinienne comme Etat. Nul ne le doute qu’il visait déjà l’ONU.

 

Ainsi, Mahmoud Abbas exige depuis des conditions préalables sachant que les Israéliens les rejetteront par avance. Il est conscient que l’approche unilatérale servira d’outil à long terme pour sensibiliser les chancelleries et en particulier les occidentaux.

 

C’est bien pour cette raison là qu’il na jamais abandonné l’option onusienne et a transformé l’Assemblée générale en tribune pour pouvoir adopter des résolutions hostiles à Israël.

 

En fait, Mahmoud Abbas combine divers éléments pour délégitimer l’Etat d’Israël et le lien historique indéfectible du peuple juif à Jérusalem et à sa terre trois fois millénaire. Un ouvrage officiel publié récemment par l’Autorité palestinienne met en relief le terme « colonialisme » lorsque qu’on se réfère à Israël, et cela afin de déterminer le sionisme comme un mouvement « raciste » et non un projet d’autodétermination et indépendance du peuple juif.

 

Dans ce contexte, Israël devrait « changer de disquette » car la tactique antérieure qui était peut être bonne pour une période déterminée lors des négociations ne peut correspondre aux intérêts israéliens dans un scénario d’unilatéralité.

 

Israël ne sera pas non plus en mesure de mener une campagne internationale contre un retour aux lignes d’avant juin 1967 sans qu’il n’explique les dangers qui pourraient s’abattre sur lui.

 

En conclusion, Israël aura du mal à obtenir un consensus au sein de la communauté internationale sur la nouvelle construction autour des blocs d’implantations, s’il n’explique pas clairement et systématiquement qu’il existe en Cisjordanie certaines zones auxquelles l’Etat juif ne pourra jamais renoncer!