LA BARBARIE ISLAMIQUE S’AFFRONTE À LA LÉTHARGIE DE L’ONU

 

LA BARBARIE ISLAMIQUE

Guy Millière

dreuz.info, 19 juin 2012

Voici quelque temps, le gouvernement israélien a décidé de restituer les corps d’assassins à l’Autorité Palestinienne et au Hamas. Comme on pouvait s’y attendre, cette restitution a été prise comme un signe de victoire par les populations arabes sous le contrôle de l’Autorité Palestinienne comme par les populations arabes sous le contrôle du Hamas.

Le contraire eut été très étonnant. A chaque fois que des Israéliens sont assassinés, ces gens font la fête par milliers. Les rues de Ramallah et de Gaza City portent des noms d’assassins, qui sont considérés comme des héros ou, plus précisément, des « martyrs ». Les télévisions « palestiniennes » financées avec l’argent occidental sont des organes d’incitation à la haine antisémite et au meurtre. Les manuels scolaires « palestiniens » sont des instruments servant aux mêmes fins.

S’il fallait une preuve supplémentaire qu’aucune paix n’est possible avec le Hamas, bien sûr, mais aussi avec l’Autorité Palestinienne, on en disposerait ainsi. Mais faut-il une preuve supplémentaire ? Les preuves sont abondantes, et absolument accablantes, depuis longtemps. Ceux qui ne veulent pas voir sont des aveugles volontaires dont je ne peux m’empêcher de penser qu’ils sont imprégnés d’intentions aussi vomitives qu’inavouables.

Les gens qu’on nomme « Palestiniens » ne pourraient vivre en paix avec leurs voisins qu’après de nombreuses années passées en désintoxication, et ces années passées en désintoxication devraient être un préalable à toute forme de geste ou de déclaration. La désintoxication ne pourrait venir, bien sûr, qu’après un changement de régime à Gaza et dans l’Autorité Palestinienne.

Ce changement de régime devrait commencer par l’abolition du Hamastan de Gaza et par l’abolition de l’Autorité Palestinienne. Ces abolitions devront venir. Elles viendront tôt ou tard. Ceux qui pensent que des accords sont possibles avec le Hamas ou avec l’Autorité Palestinienne me font penser à ceux qui pensaient en 1938 qu’on pouvait s’entendre en Europe avec Adolf Hitler. Et ce n’est sans doute pas un hasard si Mein Kampf est un best seller dans une bonne part du monde arabe. Fort heureusement, le Hamas et l’Autorité palestinienne ont des moyens très réduits par rapport à ceux dont disposait Hitler.

Un changement de régime à Gaza et dans les territoires de Judée-Samarie occupés par l’Autorité Palestinienne serait un commencement en direction du règlement de la guerre musulmane contre Israël. Mais le règlement ne pourra venir tant qu’existera encore le mal, plus vaste, qui touche toutes les terres d’islam et une large part de la « communauté des croyants ». Et ce mal doit être regardé en face. Il existe une barbarie islamique qui touche depuis des années l’ensemble du monde musulman, et la barbarie « palestinienne » fait partie intégrante de la barbarie islamique. Les exemples de barbarie islamique sont trop nombreux pour qu’on les énumère. Il y faudrait des pages et des pages.

Faut-il rappeler les crimes innommables commis pendant des années par le GIA et le FIS en Algérie ? Faut-il évoquer les innombrables attentats commis par Al Qaida, qui ne se limitent pas aux attaques du 11 septembre 2001 ? Faut-il rappeler les actes abjects commis en Irak sous la dictature de Saddam Hussein et après la chute de celui-ci ? Faut-il dire, n’en déplaise à Bernard Henri Levy, que la Libye est passée des mains d’un dictateur brutal aux mains de hordes et de milices qui ont assassiné par centaines des noirs africains et mis en circulation des armes qui se retrouvent dans le Sinaï ? Faut-il décrire les meurtres commis par les talibans en Afghanistan, par des islamistes pakistanais en Inde ? Faut-il parler des scènes d’égorgements filmés en vidéo qui ont jalonnée la dernière décennie ? Faut-il parler des attentats multiples déjoués par les services de sécurité du monde entier ? Les attentats non islamiques sont des exceptions qui confirment la règle.

Je persiste à dire que tous les musulmans ne sont pas coupables, mais je dois rappeler que les coupables de la barbarie islamique sont musulmans. Et je dois dire que la barbarie islamique est le danger principal aujourd’hui sur la terre. La barbarie islamique passera et s’éteindra. Elle est stérile et destructrice, et ne peut donc que passer et s’éteindre. Ce qui importe est de veiller à ce qu’elle fasse le moins de dégâts possible avant qu’elle passe et s’éteigne. Ce qui importe est de ne se faire aucune illusion à son égard. Strictement aucune illusion. Ce qui importe est de l’appeler par son nom et de ne pas avoir à son égard des attitudes à géométrie variable, en considérant, par exemple, que la barbarie « palestinienne » peut être dissociée du reste de la barbarie islamique.

Nous sommes dans une guerre planétaire et multiforme. Nous devons la voir comme telle. Et, puisque c’est à l’ordre du jour, nous devons voir que ce qui se passe présentement en Syrie relève aussi de la barbarie islamique. J’avais écrit au début de l’intervention contre le régime Kadhafi en Libye que le choix serait entre la peste et le choléra. Le choléra Kadhafi a perdu, la peste a gagné.

Je dis qu’en Syrie, le choix est à nouveau entre la peste et le choléra. Le moment où des modérés auraient pu émerger est passé. Le choix est désormais entre le régime Assad et ses meurtres de masse, et un pouvoir passant aux mains des Frères musulmans, et des meurtres de masse. C’est abominable.

C’est la barbarie islamique qui est abominable. 

LA CRISE SYRIENNE

ET LE RÔLE INSIGNIFIANT DE L’ONU

Dore Gold

Le Cape de Jérusalem, 19 juin 2012

La crise syrienne est la troisième preuve d’une série d’échecs de l’ONU. Durant ces deux dernières décennies, l’Organisation des Nations-Unies a  échoué dans ses tentatives  d’empêcher des massacres. Son incapacité flagrante d’intervenir au moment voulu dans les crises au Rwanda et en Bosnie. De nombreux éditorialistes évoquent même la faillite de l’organisation en raison de son cuisant échec d’accomplir l’un de ces principaux objectifs pour lesquels elle a été créée.

En 1994, le commandant des forces onusiennes au Rwanda, le général Romeo Delair, a expédié un message urgent au siège de l’ONU à New York. S’appuyant sur des informations crédibles, il alarmait que les dirigeants du pays, originaires de la tribu Hutu, avaient l’intention de commettre des massacres contre les Tutsis. Kofi Annan, alors chargé des Forces de la paix au sein de l’ONU, avait répondu en priant le commandant Delair de s’abstenir de toute ingérence. .. Et quelques mois plus tard…plus de 800 mille Rwandais sont massacrés!

L’échec de l’ONU se poursuivra  avec le déclenchement de la guerre en Bosnie, le cœur de l’Europe. Le Conseil de sécurité de l’ONU avait créé « une zone de sécurité » située dans les environs de la ville Srebrenica afin de garantir la sécurité aux musulmans bosniaques. Le Commandant local des Forces de l’ONU a assuré sa protection en ces termes: « croyez-moi, je vous promets de ne plus jamais vous quitter ». .. Et quelques temps plus tard, en juillet 1995, l’armée serbe- bosniaque  attaque l’enclave de Srebrenica et massacre plus de 8000 musulmans!

 Ainsi, à chaque fois que l’ONU est mise à l’épreuve, à chaque fois que ses forces pour le maintien de la paix dans le monde souhaitent protéger des populations en détresse elles échouent dans leur mission. Aujourd’hui, l’ONU affronte une « nouvelle Srebrenica »… Depuis mars 2011, une guerre civile se déchaîne en Syrie, mais en raison du veto imposé par les Russes et par les Chinois ce n’est qu’en mai 2012, seulement après  le massacre d’une centaine de civils dont de nombreux enfants à Houla, que le Conseil de Sécurité  condamne le régime d’Assad sans toutefois prendre des mesures adéquates.

 En février 2012, une nouvelle initiative de l’ONU dirigée par l’ancien Secrétaire général Kofi Annan et mandatée par la Ligue arabe échoue également et embarrasse fortement l’Occident. Dans ce contexte, il est clair que la raison principale de tous ces échecs   découle des intérêts des pays membres de l’organisation. L’ONU refuse d’adopter la morale et de condamner vigoureusement les responsables des massacres ou prendre contre eux des mesures efficaces.

 Le 28 mai dernier, le Wall Street Journal a même qualifié l’ONU « de collaborateur » pour avoir permis le massacre de Houla, et celui de Srebrenica en 1995. C’est sans doute une sévère critique, mais elle est justifiée par un argument essentiel que nous ne pouvons ignorer : l’ONU est une organisation dont les attentes de protection au sein des populations en détresse et regardant la mort en face sont quasiment immenses. En réalité, la déception est si profonde que l’impuissance de l’organisation onusienne.

 Si l’ONU est incapable de prendre des décisions pour éviter des génocides, et ne distingue pas entre assassins et victimes, est-il juste et possible  de lui attribuer  sérieusement un poids moral quelconque à ces déclarations au sujet du conflit israélo-palestinien ? La crise syrienne n’est-elle pas éloquente? N’illustre-t-elle pas la perte d’autorité morale qu’avait jadis l’ONU? Israël doit réaliser la situation néfaste et répliquer dans ce sens à chaque fois qu’un fonctionnaire officiel de cette organisation ose nous condamner injustement. 

LA MALTRAITANCE SYMBOLIQUE DES JUIFS

Shmuel Trigano

upjf.org, 17 juin 2012

L’antisémitisme ne se résume pas aux actes violents qui peuvent frapper les Juifs dans la rue mais il comprend aussi un climat général d’inimitié et d’exécration touchant plus que les Juifs et l’État d’Israël : le judaïsme et la culture juive, l’identité juive elle même. De l’inimitié, on est en règle générale au courant, sauf les inconscients qui sont nombreux, y compris parmi les Juifs qui se sentent par principe coupables ou ont un compte à régler avec leurs origines. La scène médiatique est la scène de cette inimitié. Elle se manifeste par une hostilité de principe à Israël ou à la communauté juive quand elle sort de son image de « victimes de la Shoah » (on aura remarqué qu’elle est ou bien « martyre » ou bien « agressive » : ce sont ses 2 images autorisées).

Le scénario d’interprétation des événements du Moyen Orient est prêt avant même que les événements n’arrivent. Ils sont alors construits pour répéter la même histoire et l’enraciner encore plus dans les consciences. Son trait principal repose sur la culpabilité essentielle d’Israël, son illégitimité et sa criminalité : à Djénine, à Gaza il y a eu un génocide et l’État d’Israël souffre d’un racisme institutionnel qui tient à l’essence même de son existence. Ce mythe est omniprésent et il est partagé autant par la classe politique que l’opinion publique. Les perpétrateurs d’actes antisémites y puisent implicitement la raison et la légitimité de leurs actes.

Par contre, de l’exécration, l’opinion juive commune est moins consciente car elle se développe dans la littérature, les essais, les magazines, l’université. Il faut aussi, dans ces milieux, avoir l’esprit aiguisé pour la percevoir car elle concerne le judaïsme comme religion, pensée, culture, société. Ce domaine met en jeu, pourrait-on dire, le prestige de l’identité juive, son honneur, sans compter la vérité historique et la compétence académique.

Or ce sont les lieux mêmes de la production culturelle qui sont touchés. Il faut savoir par exemple que, dans les universités, les Instituts d’études politiques, c’est un discours qui accrédite la version palestinienne des faits qui est la référence, sans aucune confrontation possible avec d’autres thèses, et cela remonte jusqu’au Collège de France. Des générations d’étudiants qui, plus tard, assumeront des responsabilités politiques, sont ainsi formées, nourries d’une version viciée de l’histoire.

Plus généralement, sur le plan du destin étudiant, choisir un sujet de doctorat en rapport avec les Juifs (en quelque matière que ce soit) équivaut aujourd’hui à un suicide professionnel car cela vous condamne à être exclu en premier des jurys de sélection pour les rares postes universitaires au concours, sous prétexte de particularisme, d’étroitesse d’esprit ou de choix « idéologique » (« religieux »). On n’étudie pas les choses juives comme on étudie l’Amérique latine, ou le monde… arabe.

Le discrédit s’exerce en premier, bien sûr, sur le judaïsme dont la destruction symbolique est joyeusement perpétrée dans livres, magazines, compte-rendus de presse, sauf rarissimes exceptions. Si vous examinez dans le détail la place qui est reconnue au judaïsme et la façon de le traiter (notamment dans toute cette presse sur les religions – en fait, au départ, presse catholique – produisant nombre de numéros spéciaux sur religions, spiritualités et civilisations), vous remarquerez le traitement défavorable dont il est l’objet (souvent mis en œuvre par des spécialistes juifs). Par contre, l’islam y occupe une place centrale et abusive.

On a l’impression que le refoulé du tabou sur l’islam, à base de menaces de terreur, se déverse sur le judaïsme, moins « dangereux » et au plus bas de son prestige. Toute une gamme d’intellectuels juifs et de chercheurs est objectivement bannie de cette presse. On n’y rend compte ni de leurs travaux, ni de leurs interventions. La chose est réitérée depuis maintenant 10 ans au point que l’on se dise qu’il doit y avoir une liste noire qui écarte les auteurs non complaisants avec le discours de rigueur, le scénario des médias en matière juive. La chose est statistiquement démontrable, tant pour l’écrit que l’audio-visuel (les radios et TV publiques sont au sommet). L’atmosphère d’inimitié n’est pas le résultat d’une série de hasards.

Mais il y a aussi l’édition généraliste. Certes, elle est en crise en générale et le lectorat juif exigeant est très limité, en dessous du seuil de rentabilité commerciale pour une grande maison d’édition, mais les possibilités de publication de livres à thèmes judaïques (exceptée la marée en rapport avec la Shoah) se restreint de plus en plus. Il faut comparer, là aussi, avec le déluge éditorial concernant l’islam qui est le critère d’évaluation.

Ceci dit, ces dernières années a fleuri une littérature d’un genre très spécial qui dépeint pseudo critiquement le judaïsme comme religion, sous des traits conjuguant cruauté, violence et tromperie, parfois paganisme. La religion de l’Israël antique serait la source de toutes les violences, du génocide, de la haine de l’autre, de la cruauté sacrée. La semaine dernière, Le Point a publié 3 pages de plaidoyer de Michel Onfray pour défendre le cinquième livre (Qui est Dieu ?) d’une série très violente sur le judaïsme de Jean Soler où notamment il statue sur son côté sanguinaire et haineux. Michel Onfray cite une phrase de ce livre : « le nazisme de Mein Kampf est le modèle hébraïque auquel ne manque même pas Dieu » qui nous renseigne sur sa teneur.

La façon dont il prévient la remarque qui s’impose devant un tel discours montre bien la pirouette rhétorique la plus répandue pour exclure le point de vue juif : « l’accusation d’antisémitisme est celle qui accueille le plus souvent ses recherches. Elle est l’insulte la plus efficace pour discréditer le travail d’une vie et l’être même d’un homme ». Ainsi la boucle est bouclée entre ce que pense Al Djazira et ce que pense une certaine France : le « génocide de Gaza » était inscrit dans le judaïsme et l’État d’Israël est nazi.

Tant que les Juifs ne défendront pas leur honneur, tant qu’ils ne seront pas jaloux de leur réputation, on ne voit pas comment ni pourquoi cesserait leur maltraitance, leur rudoiement symbolique. Cette maltraitance est le premier pas vers le coup qu’on leur portera.

On ne peut se contenter de tirer cette seule leçon générale de la réalité. C’est ici aussi l’occasion de constater le degré de démission du judaïsme français face aux défis qui se pressent à son horizon. Ces questions devraient en premier lieu concerner le rabbinat français. Mais où sont les rabbins ? Où est le Grand Rabbin ? Il n’est pas possible que s’institue le partage entre ceux iraient toujours au charbon et ne récolteraient que la réprobation et ceux qui pontifieraient sur la scène de « l’éthique » et du politiquement correct.

Article additionnel (veuillez cliquer sur le titre pour accéder au lien) :

 

LE RETOUR HUMANITAIRE DE LA CROISADE
Shmuel Trigano

À partir d’une chronique sur Radio J, 1er juin 2012