L’ÉTAT D’ISRAËL ET LES LENDEMAINS REMPLIS D’INCERTITUDES

 

 

 

L’ETAT D’ISRAËL

ET LES LENDEMAINS REMPLIS D’INCERTITUDES
Freddy Eytan
Le CAPE de Jérusalem, 10 octobre 2012

 

Les trois prochains mois sont imprévisibles mais décisifs pour l’Etat juif, le Moyen-Orient et la communauté internationale. Tout semble volatil et même  sur le dernier sprint dans la course à la Maison Blanche, le pronostic reste hasardeux.
 
Dés que la Knesset est dissoute et les élections anticipées sont proclamées le gouvernement de transition demeure maître du pays et fonctionne dans tous les domaines sans opposition aucune. Rappelons que Menahem Begin avait détruit la centrale nucléaire à Bagdad en pleine campagne électorale.
 
Durant ces quatre dernières années, Netanyahou n’a pas réussi à nous amener vers un havre de paix et ne nous a pas non plus lancé dans une guerre meurtrière comme ses prédécesseurs. Il a sauvegardé une certaine stabilité dans un environnement en turbulence islamique et face à une crise économique mondiale. Cette situation de ni guerre ni paix est surtout le résultat d’un refus arabe de reconnaître l’existence de l’Etat juif dans des frontières défendables et d’un constat d’échec de la politique américaine dans notre région. Certes le statu quo évite des conflits mais l’immobilisme politique risque également l’escalade. En dépit de la nouvelle donne géopolitique Netanyahou a eu aussi la sagesse de ne pas intervenir dans la révolte en Syrie et a maintenu des contacts permanents  avec le régime islamiste égyptien et le royaume hachémite tout en sauvegardant les deux  traités de paix  avec nos voisins.
 
Le gouvernement Netanyahou a aussi réussi à mettre le dossier iranien à l’ordre du jour mondial. Aujourd’hui nous constatons que sans sa détermination il est peu probable que la communauté internationale aurait imposé des sanctions contre le régime des ayatollahs.
 
Dans ce contexte, les semaines à venir seront focalisées uniquement sur la campagne électorale et il est difficile de savoir à ce stade qui dirigera la nouvelle  prochaine coalition malgré l’avantage certain de Netanyahou dans les sondages. Toutefois une certitude, les voix flottantes sont de plus en plus nombreuses et tout se jouera sur les indécis. La prochaine Knesset comptera de  nombreux partis et de nouveaux visages. Enfin, pour maintenir une cohérence gouvernementale et éviter des gaspillages budgétaires inutiles nous souhaitons que le prochain cabinet sera formé d’un minimum de ministres possible et décidera enfin de modifier le système électoral qui prouve à chaque échéance son incapacité de gouverner efficacement.

 

LE MANÈGE DES PALESTINIENS À L’ONU
Dore Gold
Le CAPE de Jérusalem, 10 octobre 2012

 

Lors de la dernière réunion plénière de l’Assemblée générale de l’ONU, le Président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a fait part de son intention de mettre en œuvre son initiative pour la reconnaissance de l’Etat palestinien comme membre non étatique de l’organisation onusienne. Cependant, rien n’indique comment cette décision sera prise puisque cette initiative a déjà échoué l’année dernière.
 
Dans ce contexte, la direction palestinienne aussi s’interroge et se demande si cette nouvelle démarche sert vraiment  leur propre intérêt.  Il y a quelques semaines seulement, le ministre palestinien des Affaires étrangères,  Riyad al Maliki, n’avait-il pas  déclaré que la démarche n’était pas encore dans l’ordre du jour des Nations-Unies. Et puis, que gagneraient-ils les Palestiniens si le Congrès américain décidait de mettre un terme à leur soutien, notamment  financier?
 
En fait, ces modifications  techniques dans la définition de la délégation palestinienne à l’ONU ne pourront offrir aux résidents de la Cisjordanie un sentiment de changement significatif sur le terrain. Quant au Hamas il en profiterait pour mettre au pilori l’Autorité palestinienne et continuera à se moquer éperdument des « réussites diplomatiques » de Mahmoud Abbas.
 
Il convient de souligner que sur le plan juridique la levée du niveau diplomatique de la représentation palestinienne à l’ONU d’un statut « d’observateur » au statut  » d’Etat observateur non-membre » ne conduirait pas à l’établissement d’un Etat palestinien. Des nouveaux Etats comme le Kosovo et le Soudan-Sud ont été créés suite à la proclamation de leur indépendance, et seulement après une reconnaissance officielle de plusieurs  pays ils se sont adressés à l’ONU pour pouvoir devenir membres.
 
En mai 2011, Mahmoud Abbas avait publié un article dans le « New York Times » expliquant ses motifs et en révélant que son but n’était pas que politique mais « d’internationaliser le conflit sur le plan juridique », et de se fait il espérait entraîner Israël devant les instances   internationales.
 
Les Palestiniens ont adopté cette stratégie depuis  janvier 2009 quand  le ministre de la Justice de l’Autorité palestinienne a transmis au procureur de la Cour pénale internationale(CPI) Luis Moreno Ocampo, une déclaration reconnaissant le pouvoir juridique « dans les paramètres de la Palestine » sans préciser ses frontières. La missive  a été faite conformément au processus réservé aux pays sollicitant l’intervention de la Cour internationale, et c’était au procureur de décider si l’Autorité palestinienne était considérée pour cette fin comme Etat.
 
Ce n’est qu’après trois longues années de délibérations que le procureur Ocampo  répondra en affirmant qu’il n’avait pas le pouvoir de décider si l’Autorité palestinienne est considérée comme Etat et que la question devrait être soumise au secrétariat général  de l’ONU.
 
Les Palestiniens auront tort de penser que leur nouveau statut leur serait accordé automatiquement. Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki Moon a déclaré récemment que « l’espoir du peuple palestinien d’adhérer à l’ONU date en effet depuis longtemps, mais la procédure et sa  mise en œuvre devraient être le résultat d’accords conclus lors de négociations et dans le cadre d’un processus de paix au Proche-Orient. »
 
En outre, l’initiative de Mahmoud Abbas  pourrait aboutir à un résultat à double tranchant car sa demande devrait  reconnaître un Etat incluant la bande de Gaza, et par conséquent  il serait directement responsable des tirs de roquettes lancés sur les villes et villages israéliennes.
 
 Mahmoud Abbas et ses proches conseillers sont apparemment inquiets par la définition israélienne  de la Cisjordanie comme « territoire disputé » et de ce fait les revendications territoriales israéliennes comme palestiniennes sont légitimes. Par conséquent, les Palestiniens pourront demander d’inclure dans leur proposition à l’ONU une clause déterminant les lignes d’avant juin 1967 comme des frontières futures de l’Etat palestinien, et  probablement  ils réussiront à obtenir le soutien de la plupart des pays membres de l’ONU, à l’exception des Etats-Unis et Israël.
 
Rappelons que les lignes d’avant juin 1967 n’ont jamais été reconnues comme frontière internationale, et elles étaient en fait des lignes d’armistice de 1949. La  résolution 242 du Conseil de sécurité adoptée après la guerre des Six Jours, n’a pas appelé Israël à se retirer complètement de ces lignes d’armistices d’avant guerre.
 
Au fil des ans, la résolution 242 est devenue la pierre angulaire du processus de paix au Moyen-Orient et a servi de base aux accords de paix signés entre Israël, l’Egypte, et la Jordanie. Le 1er septembre1975 les Etats-Unis ont transmis à Israël des garanties affirmant qu’ils s’opposeraient à toute initiative visant à modifier les résolutions 242 et 338.
 
En conclusion, la démarche palestinienne à l’ONU nous semble bien suspecte. Les changements techniques dans le statut de la délégation de l’OLP dans le Palais de verre ne pourront changer la situation sur le terrain et donc n’auront qu’un faible impact sur la rue palestinienne.
L’intervention de cette semaine aura donc un prix pour Israël : elle dispose d’environ six mois pour persuader Obama ou Romney d’émettre l’ultimatum, ou elle devra livrer bataille toute seule. Je désirais que vous ayez conscience de ce nouvel élément lorsqu’il s’agira d’observer l’évolution des choses. L’environnement stratégique a changé depuis mercredi dernier.

 

Certes, on peine à saisir la raison pour laquelle la Maison Blanche n’adresse pas le carton jaune à Khamenei sans tarder. Le rapport de force est tel, entre les USA et la "République" Islamique, que point n’est besoin d’attendre que Téhéran ait terminé la phase d’enrichissement moyen – à 20 pour cent – pour agir. Un simple avertissement public de la part d’Obama, du genre "vous avez jusqu’au quinze octobre pour cesser toute activité liée au développement de l’arme atomique !" suffirait, à notre sens, à persuader les Iraniens d’arrêter.

 

Il est même inutile de préciser ce qui se passerait s’ils n’obtempéraient pas, cela pourrait intervenir plus tard.
 
Depuis notre rocher au vent, que les rigueurs de l’automne ont jusqu’à présent épargné, nous n’entrevoyons pas non plus de retombées négatives pour l’Amérique et pour le président-candidat au cas où il délivrerait cette mise en garde. Au contraire, il marquerait des points face à son rival Républicain en faisant enfin preuve de fermeté.
 
Lorsque, ce printemps, les Iraniens avaient menacé de bloquer la passe d’Ormuz si les Yankees envoyaient un nouveau porte-avions dans le golfe arabo-persique, les Américains en envoyèrent deux et les Perses n’entreprirent rien de suicidaire.
 
La Ména avait disséqué cet incident à l’époque et en avait tiré les leçons ; Netanyahu en a fait de même mercredi, mais Washington n’a toujours pas pris la mesure de son adversaire.
 
Sûr, au micro de l’Assemblée Générale, deux jours avant le chef de l’exécutif israélien, le président US avait assuré, pour la cinquième fois, qu’il n’autorisera pas l’Iran à posséder des armes nucléaires et qu’il fera tout ce qui est indispensable pour l’en empêcher.

Hier aussi, lors d’un entretien téléphonique, M. Obama a réitéré l’engagement de son pays pour la sécurité d’Israël, et, pour la sixième fois, la même promesse qu’à Manhattan. A en croire un communiqué officiel de la Maison Blanche, les deux pays partageraient les mêmes points de vue au sujet de cette crise.

 

A entendre ces promesses, on devrait se sentir rassuré. Elles sont à la fois nécessaires et suffisantes, alors pourquoi avons-nous autant de difficultés à accorder notre confiance à l’homme le plus puissant de la planète ? Pourquoi continuons-nous à penser qu’il n’adresse ces paroles rassurantes que dans un souci électoraliste, pour attirer à lui les nombreux Américains qui se soucient du bien-être d’Israël ?

A cause de ces "bruits" dont Obama s’est plaint ; pour les brimades qu’il avait infligées au Président Pérès, l’une des personnalités les plus consensuelles de la planète, lors d’une visite à la Maison Blanche ; à cause de son refus de rencontrer Binyamin Netanyahu, alors que celui-ci se trouve à New-York, et que la menace nucléaire persane risque, à tout moment, de plonger le Moyen-Orient dans un conflit régional.

 

Et parce que Susan Rice, l’ambassadrice étasunienne à l’ONU, n’a pas jugé nécessaire d’être présente lors de l’intervention de mercredi du président du Conseil hébreu, que cela n’a pas pu se décider sans l’accord personnel du président, et que Mme Rice est pressentie pour remplacer Hillary Clinton au Département d’Etat en cas de succès électoral d’Obama en novembre.

 

Mais surtout, si nous ne pouvons pas placer notre confiance en M. Obama, c’est parce qu’il ne nous semble pas assimiler l’étendue du péril que constituerait, non plus uniquement pour Israël, mais pour les USA et l’ensemble du monde libre, une "République" Islamique d’Iran possédant l’arme atomique.

Parce que le candidat Démocrate paraît graviter dans un univers virtuel fort éloigné de celui que nous nous efforçons d’étudier sans relâche. Et qu’il nous donne l’impression de vouloir superposer ses visions au monde, en ne rechignant pas à employer son extraordinaire puissance politique et médiatique afin d’y parvenir.
 
Par exemple, le pensionnaire de la Maison Blanche fait montre d’une peine certaine pour accepter l’idée de l’existence d’un terrorisme islamique, pour en parler, et, a fortiori, pour le combattre. Et il a distribué les ordres pour que, dans son administration, on emboîte son pas.
 
Si bien que, longtemps après que les services de renseignement US eurent avisé le président de ce qu’à Benghazi, c’étaient des terroristes de la mouvance Al-Qaeda qui avaient assassiné l’ambassadeur américain, au terme d’une opération dûment planifiée pour commémorer le 11 Septembre, les porte-parole d’Obama continuèrent, plusieurs jours durant, à affirmer le contraire.

 

Susan Rice et Hillary Clinton en tête, prétendirent sur presque toutes les chaînes TV d’Amérique que Christopher Stevens, ainsi que trois autres fonctionnaires US avaient trouvé la mort suite à une manifestation spontanée contre le film islamophobe qui avait mal tourné. Susan Rice utilisa le terme d’ "accident".
 
Naturellement, cet incident, survenant en période électorale, fait scandale de l’autre côté de l’Atlantique, avec des élus Républicains qui demandent la démission de Susan Rice. Et d’autres, qui expliquent que le candidat-président ne saurait endosser la réalité, puisque, dans sa propagande électorale, il prétend avoir… éradiqué Al-Qaeda.
 
Or, dans ces conditions de distorsion des faits, les auteurs de l’assassinat et ceux qui l’ont planifié coulent des journées paisibles au Maghreb, sans que le bras puissant de l’Amérique ne se soucie de leur donner la chasse.
 
D’autre part, Barack Obama persiste à présenter les régimes issus des printemps arabes comme des "amis des Etats-Unis", en dépit de tous les efforts que ces régimes consentent pour lui démontrer le contraire. 

Il s’obstine à voir dans ces printemps un succès, et parmi les nouveaux dirigeants islamistes, des partenaires en puissance, en marche vers la démocratie et le progrès.
 
Il n’a ostensiblement rien à faire de la préservation des intérêts politiques, stratégiques et économiques du pays qu’il dirige, dans ces régions où les USA, sous sa présidence, ont perdu pied.

 

Nulle part Obama n’envisage l’urgence d’endiguer l’avancée islamiste ; c’est à croire qu’il se réjouirait presque de l’avènement de l’islam radical au détriment de ce que l’on considérait jusqu’à maintenant comme les intérêts essentiels de Washington.
 
Dans la même foulée, il ne démontre aucune empathie pour le sort des femmes dans ces contrées soumises à la Charia, aux excisions et aux viols en groupe, pour le destin des minorités, à l’instar des chrétiens, des Kurdes et des alaouites, pour le recul des droits de l’Homme et le sort terrible des homosexuels.

 

L'AUTOPSIE DES PROTESTATIONS
À PROPOS DE MAHOMET

Daniel Pipes
National Review Online, 2 octobre 2012
Adaptation française: Anne-Marie Delcambre de Champvert

 

Alors que les foules musulmanes se dispersent et que les missions diplomatiques américaines reprennent leurs activités normales, voici trois considérations finales sur les émeutes qui ont débuté le 11 septembre dernier et tué une trentaine de personnes:

 

Le film a vraiment eu de l'importance: le gouvernement d'Obama de façon malhonnête a éludé la responsabilité pour le meurtre des quatre Américains en Libye en affirmant que l'attaque était une protestation imprévisible et hors de tout contrôle contre la vidéo «l'innocence des musulmans». En réaction, des analystes de premier plan ont conclu que la vidéo n'avait joué pratiquement aucun rôle, quel que soit le lieu. . Barry Rubin méprise la vidéo comme étant une «excuse bidon pour la manifestation» en Egypte. Michael Ledeen reproche au gouvernement son affirmation selon laquelle «les attaques contre les Américains ne sont pas du tout des attaques contre les Américains, mais des attaques contre une vidéo». «Il ne s'agit pas d'une vidéo», écrit Andrew McCarthy, «pas plus que des épisodes similaires ces dernières années n'ont eu lieu à propos des caricatures, des ours en peluche, des incendies accidentels de Corans, etc» . Hussein Haqqani rejette les protestations comme une «fonction de la politique, pas de la religion." Pour Victor Davis Hanson, la vidéo et les incidents similaires «ne sont rien de plus que des prétextes lamentables pour orienter la fureur parmi leurs masses ignorantes et pauvres, à des moments opportuns, contre les États-Unis, et ainsi gagner en puissance.» Lee Smith spécule que «blâmer la vidéo fait partie d'une campagne de diplomatie publique complexe» Cliff Kinkaid appelle carrément la vidéo "une diversion destinée à sauver la présidence Obama."
 
Je respecte et apprends beaucoup de tous ces écrivains, mais je ne suis pas d'accord avec eux en ce qui concerne la vidéo. Oui, individus, organisations et gouvernements ont aiguillonné les foules – en effet, il aura toujours un instigateur qui mobilise les musulmans contre une déclaration, un texte, un dessin ou une vidéo incriminés. Mais ce serait une erreur de ne voir la foule que seulement comme l'instrument de conflits d'intérêts (comme les salafistes contre Frères musulmans en Egypte) ou d'impératifs politiques américains. La rage dirigée contre la vidéo était sincère, réelle et durable.
 
La personne de Mahomet a acquis un caractère de quasi sainteté-parmi les musulmans et ne peut pas être critiquée, encore moins moquée. L'orientaliste allemande Annemarie Schimmel a fait remarquer (dans son étude de 1985 sur la vénération du prophète Mahomet) que sa personnalité est , à part le Coran, «le centre de la vie des musulmans». L'indignation des musulmans s'agissant des insultes envers sa personne est sincère; notons, par exemple, la section tristement célèbre 295-B du Code pénal pakistanais, qui punit toute diffamation de Mahomet, même involontaire, par l'exécution du coupable. Ces règlements trouvent tellement de soutien[de la part du public]que deux éminents politiciens, Salman Taseer et Shahbaz Bhatti, ont été assassinés en 2011 simplement pour avoir exprimé leur opposition aux lois pakistanaises sur le blasphème. Le meurtre commis à leur encontre n'avait rien à voir avec l'Occident et n'était certainement pas une diversion dans une campagne présidentielle américaine.

 

Obama contre Morsi: Les présidents américain et égyptien ont présenté des vues radicalement différentes sur la liberté de blasphémer dans leur discours à l'ONU la semaine dernière. Barack Obama a insisté sur le fait qu '«en 2012, à une époque où n'importe qui avec un téléphone mobile peut propager des vues insultantes à travers le monde juste en cliquant sur un bouton, l'idée que nous pouvons contrôler la circulation de l'information est obsolète. La question, alors, est comment nous réagissons. Et sur ceci nous devons être d'accord qu'il n'y a pas de discours qui justifie la violence aveugle ". Mohamed Morsi est en désaccord: «Les obscénités publiées récemment dans le cadre d'une campagne organisée contre le caractère sacré islamique sont inacceptables et exigent une position ferme. Nous avons la responsabilité dans ce rassemblement international d'étudier comment nous pouvons protéger le monde de l'instabilité et de la haine.». En bref, chaque partie a une approche et une méthode (la liberté d'expression contre l'interdiction du blasphème) qu'elle estime fondamentales pour son identité et la promotion d'un certain respect. Depuis l'édit de Khomeiny contre Salman Rushdie en 1989, chaque côté a l'intention d'imposer sa manière d'être à l'autre côté, ce qui laisse à penser que cet affrontement de volontés ne fait que commencer.
 
Les tendances:m'étant penché sur ce conflit depuis l'époque de Khomeiny, je suis à même de constater trois tendances principales. Tout d'abord, les musulmans de plus en plus se donnent comme impératif politique de préserver la sainteté de Mahomet. Deuxièmement, les élites et les gouvernements occidentaux (c'est.-à-dire les journalistes, les avocats, les intellectuels, les artistes) sont devenus de plus en plus timides, au fil du temps, face à la fureur islamiste, toujours prêts à s'excuser, à apaiser et à calmer. A titre d'exemple épouvantable, il faut voir les épanchements, le 11 septembre passé, de l'ambassade des USA au Caire, alors que la foule faisait rage à l'extérieur. Troisièmement, les non-élites occidentales ont de plus en plus répondu aux islamistes avec une attitude du genre «vous voulez être-insultés-et-bien prenez cela!! attitude qui comprend le fait de brûler le Coran, les annonces de "la défaite du Djihad"», les agressives caricatures offensantes françaises, et la promesse de publication de films de Mahomet.
 
La combinaison de ces trois points me conduit à prévoir que le conflit sur les valeurs continuera à s'échauffer.