IN MEMORIAM POUR SARAH HALIMI

  

    

 

 

 

 

 

SARAH HALIMI : UN DÉNI D’ANTISÉMITISME

Gabriel Farhi      

ACTUJ, 18 juin, 2017 

 

          

«  Elle avait 65 ans, elle était directrice de crèche, juive. Sarah est morte le 4 Avril dernier à Belleville, battue à mort et défenestrée par un jeune musulman radicalisé. A l’indécence de ce meurtre s’ajoute l’indifférence ». Ces mots sont ceux d’une femme politique qui s’émeut de l’assassinat de Sarah Halimi dans la nuit du 3 au 4 Avril dernier. Cette femme politique n’est pas française, elle est belge et eurodéputée, elle s’appelle Frédérique Ries. Force est de constater que depuis cet assassinat précédé d’insultes antisémites quotidiennes, de torture puis de défénestration, la classe politique française a été silencieuse jusqu’au plus hautes autorités de l’Etat de la mandature précédente ou actuelle. Certes très rapidement le Procureur de Paris, François Molins a reçu des représentants de la communauté juive pour faire un point d’étape. Mais jusque là n’est pas reconnu la circonstance aggravante d’antisémitisme. Cette aberration et ce silence ont conduit 17 intellectuels à signer une tribune dans le Figaro pour dénoncer ce déni d’antisémitisme. Une tribune passée quasi inaperçue dans un timing électoral implacable.

 

 Il y a eu une publication sur les réseaux sociaux il  y a quelques jours qui a fait avancer la prise de conscience de la communauté nationale. Noémie Halioua, journaliste à Actualité Juive, avec des mots justes et émouvants s’est indignée du silence pesant après s’être entretenue avec le frère de Sarah Halimi. Cela l’a bouleversée. Puis les avocats de la famille de la victime ont donné une conférence de presse dont on aurait pu penser que l’onde de choc, après la révélation des circonstances, aurait été grandissante. Rien ou presque rien puisque l’on vous dit que c’est un fou ou un déséquilibré. Comme le dit Michel Onfray : "Si aujourd'hui on veut massacrer des gens, il suffit de plaider la folie."

 

Alors que va t-il se passer lorsque l’on sera sorti de cette longue période électorale dimanche prochain? Nous entrerons alors dans l’été et sa torpeur. Il nous faut hurler pour que le nom de Sarah Halimi ne soit pas relégué au rang des faits divers. On attend de nos responsables qu’ils organisent une, deux, des dizaines de marches blanches, qu’ils interpellent directement ceux qui peuvent agir sur le temps judiciaire qui ne doit jamais être une excuse. La mémoire de Sarah nous oblige et nous en sommes responsables.

 

 

 

SARAH HALIMI : 17 INTELLECTUELS APPELLENT

À CE QUE “QUE LA LUMIÈRE SOIT FAITE”

Times of Israel, 6 juin 2017

 

 

La justice doit encore se prononcer sur la responsabilité de l’assassin. Alain Finkielkraut, Élisabeth Badinter, Jacques Julliard, Marcel Gauchet ou encore Michel Onfray dénoncent dans cette tribune, publiée par le Figaro, que la justice n’ait pas qualifié d’emblée l’assassinat d’antisémite.

 

Selon eux, plusieurs faits plaident en ce sens : l’assassin, Kobili Traore, a crié à plusieurs reprises “Allah Akbar” alors qu’il torturait Sarah Halimi, et il a récité selon plusieurs témoins des sourates du Coran. Comme de nombreux autres terroristes, ajoutent-ils, “il a un passé de délinquant, un casier judiciaire très lourd”.

 

“Il ne pouvait ignorer la judéité de sa voisine, plaide cet appel. La retraitée était une femme pieuse qui portait la perruque caractéristique des juives orthodoxes. Ses petits-fils venaient lui rendre visite en kippa”.

 

Rejoignant les avocats, les 17 personnalités dénoncent “la chape de plomb” et le manque de médiatisation de cette affaire. Depuis une conférence de presse du 22 mai organisée par les avocats de la victime, de nouveaux articles de presse et d’émissions de télévision ou de radio relatent cette affaire.

 

A ce jour, Kobili Traore est toujours interné en psychiatrie, et “la procédure pourrait le déclarer irresponsable pénalement lors de la commission de son acte,” explique l’ex-avocat général de Cour d’Assises Philippe Bilger. Les experts en psychiatrie n’ont pas encore rendu leurs expertises qui permettront de déterminer si oui ou non, Traore pourra être jugé selon sa responsabilité pleine et entière.

 

Selon les proches de la victime s’appuyant sur des témoignages nombreux de voisins, Traore aurait déjà fait preuve de duplicité, alors qu’il tenait par ailleurs des propos incohérents et manifestement délirants. Il aurait crié, peu avant de lancer Sarah Halimi du 3e étage “une femme va se suicider” afin de camoufler son acte, alors même que des voisins assistaient impuissants a la scène depuis un immeuble en vis-a-vis.

 

« Je refuse le facile prétexte de la folie pour un assassin qui a tenté de faire passer la défenestration de sa victime pour un suicide auprès des témoins impuissants à agir », avait déjà expliqué le président du Consistoire, Joël Mergui lors de la conférence de presse organisée par les avocats de victimes.

 

Ont signé cet appel : la philosophe Élisabeth Badinter, connue pour ses engagements pour le droit des femmes, et contre le voile, l’historien Georges Bensoussan au cœur d’une récente polémique pour ses propos sur l’antisémitisme dans le monde musulman, le professeur de science politique Laurent Bouvet, auteur de l’essai l’Insécurité culturelle, les philosophes Pascal Bruckner, Alain Finkielkraut, et Marcel Gauchet, la journaliste (Actualité juive) Noemie Halioua dont le journal avec le Times of Israël furent les premiers a se faire écho de l’affaire Halimi, l’Historien Jacques Julliard, la professeur de lettres Suzanne Julliard, la philosophe Alexandra Laignel-Lavastine, la professeur d’histoire-géographie Barbara Lefebvre, le sociologue Jean-Pierre Le Goff, la journaliste Sonia Mabrouk, le philosophe Michel Onfray, l’essayiste Céline Pina et la démographe Michèle Tribalat.

 

 

 

POUR ONFRAY, LE DÉNI ENTOURANT LE MEURTRE DE

SARAH HALIMI AURA DE LOURDES CONSEQUENCES

Times of Israel, 11 juin 2017

 

 

Scrutant de près l’actualité durant cette campagne présidentielle pour les besoins d’un livre en cours d’écriture, Michel Onfray s’est ébahit, dit-il, de n’avoir vu passer aucune actualité concernant le meurtre de cette femme juive défenestrée de son appartement dans le quartier de Belleville a Paris.

 

« Sarah Halimi est donc morte deux fois, du fait que son meurtre n’a pas reçu l’attention qu’il méritait », accuse Onfray. Celui qui a signé l’appel des 17 intellectuels pour « que la vérité soit dite dans l’affaire Sarah Halimi » pointe ceux qui, dans la presse ou ailleurs, n’ont pas rendu compte de cet événement, aveuglés par l’idée « que l’Islam est une religion de paix, de tolérance et d’amour. »

 

Il prédit une « vengeance du réel », par un retour des partis extrémistes a une échéance plus ou moins lointaine. S’il accuse les médias de dédouaner d’antisémitisme Kobili Traore, l’homme accusé du meurtre de Sarah Halimi, il se trompe en affirmant que des témoins l’ont entendu crier « sale juive ».

 

C’est justement sur ce point que se déploie tout l’effort des avocats de la famille Halimi. Me Buchinger a décidé de demander au juge d’instruction de qualifier ce meurtre de crime antisémite, malgré l’absence de preuves directes.

 

Il en expliquait les raisons au Times of Israël : « Les témoins, au nombre de cinq ou six, ont entendu beaucoup de paroles islamistes. Mais le mot juif n’a pas été entendu par les témoins, il l’a traité de tous les noms mais pas de juive, ou de ‘sale juive’ non, ce qui ne veut pas dire que pendant les moments de torture et de barbarie, il ne l’a pas fait. »

 

« D’autre part, le caractère islamiste est en effet très clair : le fait de traiter cette pauvre femme de Satan (“Sheitan”), de réciter des sourates du Coran, de crier Allah Akbar… Il voulait très certainement tuer une infidèle. »

 

« Alors pourquoi je parle d’antisémitisme ? Car il savait qu elle était juive. Très clairement. Elle habitait juste au-dessus de l’appartement de sa mère. Et des accrochages avaient déjà eu lieu. Il n’est pas allé par hasard chez la seule juive religieuse de l’immeuble. » Pour les avocats de la famille Halimi, ce faisceau de preuves ne laisse que peu de place au doute.

 

 

 

Actualité 

 

 

 

LA SUISSE VEUT MIEUX SURVEILLER LE FINANCEMENT

OCTROYE AUX GROUPES PALESTINIENS

Times of Israel, 16 juin, 2017

 

 

 

Le ministre des Affaires étrangères suisse a promis de renforcer la supervision par son ministère des fonds octroyés aux groupes palestiniens après que les législateurs ont adopté des motions critiques à ce sujet.

 

Didier Burkhalter a fait cette promesse durant un débat survenu au sein du Sénat suisse mardi, après l’adoption par la Chambre haute fédérale de certaines dispositions d’une motion passée devant la Chambre basse au début de la semaine, a annoncé la station de radio suisse RFJ.

 

« Nous allons prendre une série de mesures » pour empêcher l’utilisation des fonds suisses pour des activités considérées comme propices à inciter la haine contre les Juifs et Israël, a déclaré Burkhalter. Les contrats sur la coopération avec des organisations non-gouvernementales seront réexaminés et contiendront des stipulations plus explicites et la révision des « risques politiques » sera renforcée et détaillée dans un rapport adressé au gouvernement fédéral, a-t-il ajouté.

 

Le gouvernement suisse aura un rôle plus actif dans la supervision de la dépense des fonds sur le terrain au niveau mondial « et plus particulièrement au Moyen Orient où le risque d’abus est élevé », aurait dit le ministre.

 

Même si Burkhalter a reconnu que les termes actuels de financement d’un certain nombre d’ONG palestiniennes et israéliennes devaient être réexaminés, il a souligné que « la Suisse ne soutient en aucune manière les organisations incitant à la haine et à l’antisémitisme, ou les organisations associées au mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement et Sanctions) contre Israël. »

 

La motion réclamant une « meilleure supervision du financement des ONG au Moyen Orient » adoptée par le Sénat est une version plus douce de la motion approuvée en début de semaine par la Chambre basse, a indiqué RFJ. Elle a omis la référence explicite au rejet de BDS, qui était présente dans le texte de la Chambre basse.

 

Selon l’organisation NGO Monitor, basée en Israël et qui examine les financements des ONG considérées comme hostiles à l’Etat juif et à certaines des politiques de son gouvernement, ce vote à la Chambre basse représente la toute première fois qu’un pays européen adopte une législation mettant un terme au financement d’ONG qui véhiculent des discours d’incitations à la violence et à la haine, ciblant spécifiquement l’antisémitisme.

 

Le ministère des Affaires étrangères a dans le passé refusé de réviser ou même de dévoiler des informations concernant le financement d’organisations dont les activités se consacrent au conflit israélo-palestinien et à Israël.

 

C’est Christian Imark, législateur de la Chambre basse, qui a proposé la résolution originale. Les reportages réalisés par Dominik Feusi, journaliste de Beisler Zeitung, ont été déterminants pour placer cette question au cœur des débats en Suisse, a affirmé NGO Monitor.

 

Samedi, le ministère des Affaires étrangères a indiqué avoir lancé un audit du Secrétariat de droit international humanitaire et des droits de l’Homme, premier mécanisme de financement utilisé par la Suisse, avec le Danemark, la Suède et les Pays-Bas.

 

Le Secrétariat a versé plus de 14 millions de dollars à des ONG entre 2014 et 2016, dont 7,3 millions de dollars de financement de base attribués des associations impliquées dans des campagnes BDS contre Israël, selon NGO Monitor.

 

Plus précisément, 15 des 24 bénéficiaires de base et 11 des 20 bénéficiaires de subventions venues soutenir des projets dans cette période étaient des soutiens du BDS, a annoncé le groupe dans une déclaration mardi.

 

 

 

 

NETANYAHU DEMANDE QUE L’AP CONDAMNE

L’ATTENTAT DE JÉRUSALEM

Times of Israel, 18 juin, 2017

 

 

 

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a demandé samedi que l’Autorité palestinienne (AP) condamne l’attentat terroriste de Jérusalem commis par trois Palestiniens, qui ont poignardé à mort Hadas Malka, garde-frontière de 23 ans.

 

« Le Premier ministre demande que l’Autorité palestinienne condamne l’attentat, et attend que la communauté internationale le fasse aussi », a indiqué un communiqué de son bureau. Vendredi soir, le Fatah a déclaré dans un communiqué que la mort des trois terroristes, qui ont attaqué en deux lieux de la Vieille Ville de Jérusalem, était un « crime de guerre ».

 

Avigdor Liberman, le ministre de la Défense, a sèchement répondu à la déclaration du Fatah, affirmant qu’elle « montre qu’il n’y a pas de partenaire [pour la paix] de l’autre côté. » Liberman a rendu hommage à Malka, 23 ans, qui a tenté de prendre son arme et a combattu contre son attaquant pendant qu’il la poignardait, pour la « détermination et le courage » avec lesquels elle a agi. Elle était « une inspiration pour nous tous », a-t-il dit.

 

Le président Reuven Rivlin a lui aussi rendu hommage à Malka samedi. « Mon cœur est avec la famille de Hadas, la gardienne de nos murs, pendant ces moments difficiles de profond chagrin, a dit Rivlin. Que sa mémoire soit bénie. »

 

« Je donne de la consolation et de l’aide à sa famille, et je remercie profondément tous ceux qui combattent héroïquement et résolument pour la paix de nos citoyens », a dit Rivlin. Malka a été enterrée à minuit et demi samedi soir, à Ashdod. Elle laisse derrière elle ses parents, ses trois sœurs et ses deux frères. « Nos pensées vont à cette combattante courageuse, qui, d’après ses photographies, semblaient pleine de joie de vivre, et effectuer le service était important pour elle », a dit Rivlin.

 

Il a également rendu hommage aux forces de sécurité israéliennes. « La réactivité de nos forces [de sécurité] nous permet de continuer à vivre ici, à Jérusalem, et dans tout le pays, une vie de sécurité et de routine face aux forces assassines des organisations terroristes », a ajouté Rivlin, promettant qu’Israël « poursuivra tous ceux qui aident le terrorisme, où qu’ils soient. »

 

 

 

 

JARED KUSHNER EN VISITE OFFICIELLE EN ISRAËL EST ALLÉ VISITER LA FAMILLE DE LA SOLDATE ISRAÉLIENNE HADAS MALKA POUR LUI PRÉSENTER SES CONDOLÉANCES

Europe Israel, 21 juin 2017

 

 

 

En visite en Israël pour redémarrer une nouvelle initiative de paix entre Israël et les Palestiniens, le conseiller spécial et gendre de Trump visite en compagnie de David Friedman, la famille de la major sergent Hadas Malka qui a été assassinée dans une attaque terroriste de Jérusalem; Kushner a déclaré que le président américain lui a demandé d’exprimer ses condoléances au nom des États-Unis.

 

L’un des principaux conseillers et beau-fils du président Donald Trump, Jared Kushner, en voyage en Israël mercredi matin est allé rendre visite à la famille de la MSG de 23 ans. Hadas Malka, qui a été assassiné vendredi dernier lors d’une fusillade combinée avec des coups de couteau dans la vieille ville de Jérusalem.

 

Un ami proche de la famille Malka a déclaré que la durée de la visite a duré environ une demi-heure. « Il a offert ses condoléances à la famille endeuillée  a déclaré l’ami. « Kushner a déclaré que le président Donald Trump lui-même lui a demandé d’exprimer ses condoléances au nom des États-Unis ».

 

 

 

 

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