Canadian Institute for Jewish Research
L'institut Canadien de Recherches sur le Judaisme
Strength of Israel will not lie

NON, L’ANTISÉMITISME D’EXTRÊME DROITE N’EST PAS MORT

PITTSBURGH: LA PIRE ATTAQUE ANTISÉMITE AUX ÉTATS-UNIS

L’Express, 28 oct, 2018

Avec onze morts et six blessés, la tuerie de Pittsburgh, samedi, est la plus grave attaque antisémite de l’histoire récente des États-Unis. Le pape François dénonce ce dimanche un “acte inhumain de violence”. “J’exprime ma proximité à la ville de Pittsburgh, aux Etats-Unis, et en particulier à la communauté juive, touchée hier par un terrible attentat”, a-t-il dit après la prière.

Le tireur, identifié par les autorités comme étant Robert Bowers, a fait irruption peu avant 10 heures dans la synagogue Tree of Life (Arbre de Vie) de Pittsburgh, une grande ville de Pennsylvanie.Il a crié “Tous les Juifs doivent mourir”, selon des médias, et a commencé à tirer sur les fidèles réunis en ce jour du chabbat, le repos hebdomadaire juif, pour une cérémonie marquant la naissance d’un enfant.

Vingt minutes après le premier tir, Robert Bowers s’est rendu. Souffrant de multiples blessures, il a été placé en garde à vue et hospitalisé. Il sera poursuivi, entre autres, pour crime antisémite et sera passible de la peine de mort, a déclaré le ministre américain de la Justice, Jeff Sessions.

La justice fédérale a peu après inculpé le tireur de 29 chefs d’accusation, dont 11 chefs d’utilisation d’une arme à feu pour commettre un meurtre et 11 chefs d’obstruction de l’exercice d’une religion ayant entraîné la mort.

“Le service était en cours quand on a entendu un grand bruit”, a raconté un membre de la congrégation, Stephen Weiss, 60 ans, au journal Tribune Review. “J’ai reconnu des tirs d’arme à feu”. Outre les 11 morts, six personnes ont été blessées, dont quatre parmi les forces de l’ordre. Aucun enfant n’a été tué. 

L’Anti-Defamation League (ADL), grande organisation américaine de lutte contre l’antisémitisme, a déclaré qu’il s’agissait “probablement” de “l’attaque contre la communauté juive la plus meurtrière de l’histoire des États-Unis”. À son arrivée sur les lieux, la police a dû ouvrir le feu pour appréhender Bowers, qui disposait d’un fusil d’assaut et d’au moins trois armes de poing quand il est entré dans la synagogue, selon les autorités.

“La scène est terrible à l’intérieur”, a confié devant les caméras le directeur de la sécurité publique de Pittsburgh, Wendell Hissrich, visiblement très ému. “C’est l’une des pires scènes de crime sur laquelle je me sois rendu, et j’ai été sur des accidents d’avion”, a-t-il déclaré.

La congrégation Tree of Life a été fondée il y a 150 ans à Pittsburgh. La synagogue se situe dans le quartier de Squirrel Hill, où se trouve le coeur de l’importante communauté juive de cette ville de Pennsylvanie.

La liste des victimes est en outre connue. La plus âgée s’appelle Rose Mallinger, elle avait 97 ans. Elle a perdu la vie au côté de Sylvan et Bernice Simon, 86 et 84 ans, Melvin Wax, 88 ans, et Joyce Fienberg, 75 ans. Ces cinq victimes étaient nés pendant la Seconde guerre mondiale quand six millions de Juifs ont été exterminés en Europe.

Les plus jeunes victimes de cette fusillade sont des frères, David et Cecil Rosenthal, âgés de 54 et 59 ans. Richard Gottfried, 65 ans, Jerry Rabinowitz, 66 ans, Irving Younger, 69 ans et Daniel Stein, 71 ans, ont également été abattus par le tueur. Il y a également six blessés dont quatre membres des forces de l’ordre

Le FBI a indiqué que Bowers n’était pas connu jusqu’alors des services de police. Mais il est apparemment l’auteur d’une série de posts antisémites en ligne, notamment sur le site Gab.com, où des théories conspirationnistes s’affichent couramment. Le site annonce d’ailleurs ce dimanche sa fermeture temporaire.

Une citation en haut de la page de Bowers déclarait ainsi: “Les Juifs sont les enfants de Satan”, selon des captures d’écran de son compte, à présent suspendu, réalisées par le groupe SITE, qui surveille les mouvements extrémistes.

La tuerie de Pittsburgh a suscité de nombreuses réactions à l’étranger. Le Premier israélien Benjamin Netanyahu a déploré une attaque “antisémite horrible”. Berlin, Ottawa, Paris et l’ONU ont aussi condamné l’attentat.

 

 

TRUDEAU DÉNONCE UNE «ATTAQUE ANTISÉMITE HORRIBLE»

Agence France-Presse, 27 oct., 2018

Le premier ministre canadien Justin Trudeau a qualifié d’«attaque antisémite horrible» la fusillade qui a fait plusieurs morts samedi dans une synagogue de Pittsburgh, en Pennsylvanie.

« Aujourd’hui, les Canadiens sont de tout cœur avec la communauté juive de Pittsburgh qui a subi une attaque antisémite horrible alors qu’elle priait. Puissent les familles des personnes tuées trouver du réconfort, et puissent les blessés se rétablir complètement et rapidement. » a déclaré M. Trudeau sur son compte Twitter.

«Nous devons faire front commun contre toute cette haine, cette intolérance, cet antisémitisme et cette violence», a souligné de son côté la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland, se disant «horrifiée» par la fusillade.

 

 

L’ANTISÉMITISME N’EST PAS QU’ISLAMISTE

Jacques Benillouche

Octobre, 2018

Il n’y a pas de nouvel antisémitisme, c’est le même qui prend ses quartiers d’hiver pour réapparaître plus sournoisement à travers la critique du sionisme, de la politique israélienne et qui se pare de la défense du droit international au sein du mouvement BDS. Il est vrai qu’il se distingue de l’antisémitisme traditionnel fondé sur la haine du Juif, sur le principe que les Juifs sont une race inférieure, sur l’idée qu’ils sont à l’origine d’un complot juif mondial qui permet le contrôle économique du capitalisme. Mais les antisémites historiques ont été de tout temps issus de l’extrême-droite politique même s’ils sont à présent rejoints par l’extrême gauche raciste qui n’a pas démérité dans ce domaine et par les islamistes sanguinaires.

 Alors de nouvelles déductions sont établies ; puisque l’antisémitisme est la haine du Juif et qu’être juif c’est être sioniste donc il est facile d’être antisémite quand on est antisioniste. Et là est l’erreur de croire que tous les Juifs sont sionistes car la judéité n’établit pas forcément un lien avec l’État d’Israël. Beaucoup de Juifs ne s’identifient pas avec Israël pour des raisons qui leur sont propres et il faut noter que le sionisme n’était pas à l’origine une émanation religieuse mais issu d’idéologies nationalistes, voire marxistes. Les religieux, au début opposés à la création d’un État juif, l’ont rejoint tardivement. 

 Les Américains sont des spécialistes du paradoxe qui permet d’être à la fois sioniste et antisémite. Ainsi, le leader des ultra-conservateurs, Richard Spencer, se déclare comme un sioniste blanc : «empli d’un sentiment national et identitaire, et compte tenu de l’histoire et des épreuves du peuple Juif, vous devriez respecter quelqu’un comme moi, qui éprouve des sentiments d’appartenance identiques en tant que blanc. Je veux que nous ayons une patrie sûre pour nous et rien que pour nous. Juste comme vous voulez une patrie sûre pour Israël». Mais cela ne l’empêche pas d’affirmer par ailleurs que «les Juifs sont largement surreprésentés dans ce que l’on peut appeler l’establishment».

Mais ces antisémites croient partager avec Israël l’islamophobie en oubliant que 20% des Israéliens sont musulmans ou druzes. Enfin, la politique stricte menée à l’égard des migrants noirs, qui ont traversé la frontière égyptienne, leur sert de modèle. Israël ne peut effectivement intégrer tous les migrants érythréens et soudanais entrés illégalement et les encourage à quitter le pays avec un petit pactole.

Alors, le sionisme et l’antisémitisme coïncident ou se chevauchent. Malgré une distinction pourtant claire, il est devenu admis que la critique d’Israël est une forme d’antisémitisme. On ne peut que condamner les discours de haine et les crimes contre les Juifs, observés aux Etats-Unis et l’antisémitisme des partis politiques européens d’extrême-droite. L’antisémitisme d’extrême-droite n’a jamais disparu et il est même alimenté par des officines juives sous couvert de défense d’Israël. Des soi-disant défenseurs juifs de la communauté française s’affichent aux côtés d’une extrême-droite qui n’a jamais caché ses relents d’antisémitisme mais que l’on apprécie pour son attitude anti-arabe. Sous prétexte d’entendre un discours pro-israélien à l’Assemblée nationale, on adoube des militants qui n’ont qu’une hâte, casser ensuite du Juif. 

Gilles-William Goldnadel se veut intransigeant avec l’islam radical mais il montre beaucoup d’indulgence avec la droite antisémite : «Je ne vois pas pourquoi Marine Le Pen et Monsieur Mélenchon ne seraient pas invités au dîner du CRIF alors que Monsieur Hamon l’est». En fait il a fait part de ses inquiétudes quant à ce qu’il juge être une «hémiplégie intellectuelle et morale d’une partie du CRIF, extrêmement sévère envers le Front National et extrêmement indulgente envers l’extrême gauche». Mais il ne se rend pas compte qu’il dédiabolise ainsi ceux qui se sentent des alliés d’Israël uniquement par opportunisme.

On ne cesse de parler du nouvel antisémitisme qui est issu de l’opposition au sionisme et à l’État d’Israël et émanant simultanément de l’extrême gauche, de l’extrême droite et de l’islam fondamentaliste. Mais tous ces extrêmes n’ont rien innové et ils n’hésitent pas à recycler les anciens préjugés antisémites, jadis axés sur la religion, comme le rejet du Christ par les Juifs déicides, ou sur une prétendue race juive. En s’appuyant sur la critique d’Israël, ils banalisent la signification de la haine du Juif. Cet antisémitisme est un nouveau phénomène regroupant une coalition de gauchistes bruyamment opposés à la politique d’Israël et d’antisémites d’extrême-droite, partisans de la destruction d’Israël, qui ont été rejoints par des millions de Musulmans qui ne cachent plus leur haine d’Israël et des Juifs en général.

Le terme de Juif semble banni du vocabulaire de certains dirigeants politiques comme s’il exprimait une injure ou un soutien inavoué à Israël. Ainsi le président français Macron a publié : «Tristesse et pensées pour celles et ceux qui sont tombés à Pittsburgh lors de la fusillade. Nous sommes avec le peuple américain, une nouvelle fois endeuillé». Il n’ose pas parler pas de Juifs pour ne pas choquer ses amis arabes alors que l’attentat visait ouvertement des fidèles juifs dans une synagogue. Pour lui, le terme de juif est banni. C’est à se demander s’il ne faudrait pas remettre à nouveau au goût du jour l’expression «d’Israélite» pour ne pas choquer. Le président français semble nous avoir entendu puisqu’il a fait une déclaration complémentaire du bout des lèvres : «Je condamne avec force cet acte odieux d’antisémitisme à Pittsburgh. Mes pensées pour les victimes et mon soutien à leurs proches».

 

Actualité 

 

NETANYAHU EN VISITE OFFICIELLE À OMAN, UNE PREMIÈRE DEPUIS DES ANNÉES

Times of Israel, 26 oct., 2018

 

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a effectué vendredi une rarissime visite à Oman où il a été reçu par le sultan d’Oman Qabous ben Saïd, malgré l’absence de relations diplomatiques entre Israël et ce pays arabe, ont indiqué ses services.

Il s’agit de la première visite du genre depuis 1996, ont précisé les services de M. Netanyahu dans un communiqué.

Cette visite est « un pas important dans la mise en oeuvre de la politique du Premier ministre Netanyahu visant à approfondir les relations avec les pays de la région en se servant des avantages d’Israël dans les domaines de la sécurité, de la technologie et dans le secteur économique », dit le communiqué.

La dernière visite d’un dirigeant israélien à Oman remonte à 1996, lors de la visite de Shimon Peres.

Parmi les pays arabes, Israël entretient des relations diplomatiques officielles avec l’Egypte et la Jordanie.

Les Netanyahu ont été invités à Oman par le sultan, qui dirige l’Etat du Golfe depuis 1970, « après de longs contacts entre les deux pays », indique le communiqué.

Dans une déclaration conjointe publiée par Jérusalem et Mascate, les deux dirigeants ont discuté des « moyens de faire avancer le processus de paix au Moyen-Orient ainsi que de plusieurs questions d’intérêt commun concernant la réalisation de la paix et de la stabilité au Moyen-Orient ».

A Mascate, Netanyahu et son épouse étaient accompagnés du directeur du Mossad, Yossi Cohen, du conseiller à la sécurité nationale, Meir Ben-Shabbat, du directeur général du ministère des Affaires étrangères, Yuval Rotem, du chef du personnel du Premier ministre, Yigal Horowitz, et du secrétaire militaire du Premier ministre, le Brigadier Général Avi Bluth.

Cette « importante visite démontre une entente profonde et une coopération grandissante entre Israël et des partenaires régionaux », a tweeté Yuval Rotem.

La visite de Netanyahu intervient quelques jours à peine après que le président de l’Autorité palestinienne (AP), Mahmoud Abbas, s’est lui-même entretenu avec le sultan à Mascate.

Les deux dirigeants avaient discuté « des derniers développements liés à la question palestinienne » et des relations bilatérales, lisait-on sur le site officiel de l’AP, Wafa.

Netanyahu évoque depuis des années le réchauffement des relations entre Israël et le monde arabe, citant non seulement l’Iran comme ennemi commun, mais également l’intérêt de nombreux pays de coopérer avec Israël sur les questions de sécurité, de défense et du développement de son industrie de haute technologie.

« Vous ne devez pas sous-estimer aujourd’hui l’ouverture et la soif [de normalisation avec Israël] du monde arabe », avait-il déclaré jeudi lors de l’inauguration d’un centre pour l’innovation, en compagnie du vice-président chinois, Wang Qishan.

« Un certain nombre de pays voisins se rapprochent d’Israël à cause de l’innovation et sont en train de normaliser leurs relations, ce qui est un pas vers la paix. Ils veulent nos innovations, pas seulement pour des questions de sécurité », disait-il, « ils les veulent pour l’eau, la santé, les technologies de l’information, l’énergie solaire, ils les veulent pour tout ». « C’est une aubaine pour la paix », ajoutait-il.

« Nous avons toujours cru que nous ouvririons les portes de la paix avec le monde arabe au sens large si nous résolvions le problème palestinien », disait-il, mais il est « peut-être plus vrai que si vous vous ouvrez au monde arabe et que vous normalisez vos relations avec eux, cela finira par ouvrir la porte à la réconciliation et à la paix avec les Palestiniens ».

Oman, un pays d’environ quatre millions et demi d’habitants situé sur la côte sud-est de la péninsule arabique, est depuis longtemps l’un des rares États arabes à ne pas avoir fui les relations ouvertes avec Israël.

A la différence d’autres dans la région, Oman n’a pas participé aux conflits armés entre les pays arabes et Israël.

En 1994, le Premier ministre Yitzhak Rabin s’était rendu à Oman et avait été accueilli par le sultan. En 1995, quelques jours après l’assassinat de Rabin, le Premier ministre par intérim, Shimon Peres, avait accueilli le ministre des Affaires étrangères omanais, Yusuf Ibn Alawi, à Jérusalem.

En janvier 1996, Israël et Oman ont signé un accord sur l’ouverture réciproque de bureaux de représentation commerciale.

« Oman pense que l’étape en cours conduira à des progrès continus dans le processus de paix et à une stabilité accrue dans la région », avait alors déclaré le ministère israélien des Affaires étrangères à l’époque, précisant que son rôle principal serait « de développer des relations économiques et commerciales réciproques » avec Oman, ainsi que la coopération dans les domaines de l’eau, de l’agriculture, de la médecine et des communications. »

Quatre mois plus tard, Peres s’était rendu à Oman pour y ouvrir officiellement des « bureaux de représentation commerciale en Israël ».

Dirigé par une petite équipe de trois diplomates israéliens, le bureau de Mascate fonctionnait « comme une ambassade ordinaire – sans le drapeau israélien », selon un responsable israélien en poste dans la mission.

Les liens déclarés avec Oman n’ont pas duré plus de cinq ans. En octobre 2000, après la deuxième Intifada, les dirigeants omanais ont senti que l’opinion publique s’était retournée contre Israël. Ils ont alors suspendu leurs relations et fermé la mission.

Le ministère israélien des Affaires étrangères avait exprimé ses regrets face à cette décision, soulignant que la cessation des contacts et du dialogue ne faisait rien pour faire avancer le processus de paix entre Israéliens et Palestiniens. « En temps de crise, il est particulièrement important que les lignes de communication entre les pays restent ouvertes », a déclaré le ministère.

Malgré la fermeture de la représentation israélienne située rue Al-Adhiba à Mascate, le gouvernement omanais a discrètement encouragé les diplomates israéliens à rester dans les parages, tant que les relations entre les deux pays restaient secrètes.

 

 

A DUBAÏ, UN MINISTRE ISRAÉLIEN LIKUD

PLAIDE EN ARABE POUR LA PAIX ET LA SÉCURITÉ

Times of Israel, 30 oct., 2018

 

Un ministre israélien a plaidé mardi pour « la paix et la sécurité » lors d’une rare intervention durant une conférence internationale aux Emirats arabes unis (EAU).

« La paix et la sécurité, accompagnées de progrès économique et scientifique, sont la garantie pour l’avenir de nos générations futures », a dit le ministre israélien des Communications, Ayoub Kara, dans un discours en arabe lors de cette conférence internationale sur les télécommunications à Dubaï.

Membre du Likud, le parti de droite du Premier ministre Benjamin Netanyahu, M. Kara, un druze, a affirmé que « la priorité fondamentale » de son pays était « le renforcement des relations économiques et la coopération scientifique » avec les Etats du monde.

Lundi, la ministre israélienne de la Culture et des Sports, Miri Regev, avait posté sur sa page Facebook une vidéo d’elle visitant la grande mosquée Cheikh Zayed à Abou Dhabi, capitale des Emirats, en soulignant qu’il s’agissait de la « première visite » du genre « d’un ministre israélien ».

Vêtue d’une abaya rouge et d’un voile blanc, elle était entourée d’hommes portant la tenue traditionnelle émiratie.

Elle était arrivée jeudi aux Emirats pour accompagner l’équipe nationale de judo au Grand Chelem d’Abou Dhabi. Dimanche, le judoka israélien Sagi Muki a reçu une médaille d’or alors que retentissait l’hymne israélien, là aussi une première.

Ces visites avaient été précédées de celle de M. Netanyahu au sultanat d’Oman, vendredi dernier. Il s’agissait du premier voyage dans ce pays d’un dirigeant israélien depuis 1996.

Parmi les pays arabes, Israël n’a à ce jour de relations diplomatiques qu’avec l’Egypte et la Jordanie.

De leur côté, des responsables palestiniens se sont inquiétés d’une « normalisation » des relations entre Israël et les pays arabes, ces derniers ayant historiquement fait du règlement de la question palestinienne la condition d’une normalisation avec l’Etat hébreu.

 

ISRAËL/MUNICIPALES: LES PREMIERS

RÉSULTATS APRÈS UNE PARTICIPATION RECORD

I24, 31 octobre 2018

Les élections municipales israéliennes se sont achevées mardi soir avec un taux de participation record, 54% contre 50,9% lors du précédent scrutin en 2013. Le maire sortant de Tel Aviv, Ron Huldai a été réélu avec 47% des votes enregistrés jusqu’à présent, entamant alors son 5ème mandat.

“Nous avons encore beaucoup à faire pour les habitants de Tel Aviv”, a déclaré Huldai peu après l’annonce des résultats.”Je remercie les habitants pour leur confiance [en moi] et toute mon équipe, qui a fait un travail formidable”, a-t-il salué.

Ses principaux adversaires, Assaf Zamir et Assaf Harel ont obtenu respectivement 34,2% et 12,1% des voix.

“Il est clair que nous serons l’un des partis les plus influents de la ville dans les années à venir”, a cependant affirmé Assaf Harel.

Avec un taux de 44.7% de participation à Tel Aviv, le ministre de l’Intérieur Aryeh Deri s’est réjoui “du succès obtenu par le ministère dans l’amélioration de la participation électorale et de la manière professionnelle avec laquelle il a organisé les élections.”

A Jérusalem, la participation avoisinant les 35% était en très légère hausse par rapport aux précédents scrutins.

Les conseillers municipaux, Moshe Lion et Ofer Berkovitch, s’affronteront toutefois pour un second tour le 13 novembre, car aucun des deux candidats n’a reçu les 40% des suffrages nécessaires pour l’emporter au premier tour.

Au vu des premiers résultats, l’homme d’affaires Moshe Lion (centre droit) aurait remporté 33,3% des voix, Ofer Berkovitch, (le fondateur du mouvement social Hitorerut et seul candidat laïc) 28,8%, Zeev Elkin (droite) 19,8%, le maire adjoint Yossi Daitch (ultra-orthodoxe) 17,2 %, et l’ancien avocat de la ville, Avi Salman 0,8%.

“En politique, il faut savoir perdre”, a déclaré Elkin qui est arrivé en troisième position. “Je félicite les deux vainqueurs.”

Il a déclaré qu’il coopérerait pleinement avec “celui qui remportera le second tour.”

Haïfa

A Haïfa, la candidate de l’opposition, Einat Kalisch Rotem, (parti travailliste) est entrée dans l’histoire en battant le maire sortant, Yona Yahav et en devenant la première femme élue à la tête de l’une des plus grandes villes d’Israël, où les habitants ont voté à hauteur de 47%.

“C’est une grande victoire pour Haïfa”, a déclaré le chef du parti travailliste Avi Gabby. “Einat a prouvé qu’avec un travail acharné et de la détermination, les suffrages pouvaient avoir un impact. Bonne chance à notre maire et à tous les habitants de Haïfa.”

Avec 57% des votes, elle a battu Yahav, qui aurait remporté environ 35% des suffrages après 15 ans de mandat.

Kalisch Rotem a notamment reçu le soutien de la communauté ultra-orthodoxe de la ville.

En outre, les résultats finaux montrent qu’une série d’accusations de corruption contre des maires en poste ont eu peu d’impact sur les électeurs, tous les municipaux qui font l’objet d’investigations criminelles semblent susceptibles de conserver leur siège.

Nous vous souhaitons Shabbat Shalom!