PESSAH

EXTRAIT DE SEPT ANNÉES À JÉRUSALEM PP. 140-141

Julien Bauer

Éditions du Marais, 2012

 

En raison des traditions religieuses, Pessah est le moment où l’on fait le plein de provisions, depuis le pain, azyme comme de bien entendu, jusqu’aux conserves, depuis le vin jusqu’à la viande, bref tout ce qui est lié à l’alimentation et à la boisson, à l’exception des produits qui contiennent de la levure. De ces achats qui suivent une logique, n’avoir que de la nourriture cacher pour Pâque, on est passé à la restauration et à l’hôtellerie, ce qui est moins évident. Les journaux sont remplis de publicités pour les traiteurs qui offrent toutes sortes de plats préparés, selon les coutumes culinaires les plus disparates, et qui font appel à la mauvaise conscience des hommes. Comment pouvons-nous, nous les hommes, alors que Pâque commémore l’Exode, la Sortie d’Égypte, la fin de l’esclavage, condamner nos femmes à être esclaves dans leurs cuisines, à y préparer des repas, surtout celui du premier soir, le Seder, pour des familles étendues. Depuis quelques années, une autre mode, impensable jusqu’alors tant en Israël que dans la diaspora, est de passer Pessah à l’hôtel. Tous les hôtels israéliens offrent des forfaits pour la période pascale. À Jérusalem, les hôtels sont pleins à craquer de touristes d’ailleurs en Israël et de l’étranger, quantité de Yérosélémitains vont passer Pâque dans des hôtels hors de Jérusalem, depuis la Galilée jusqu’à Eilat.

Qui dit nourriture dit ustensiles de cuisine qui, eux aussi, suivent des règles particulières pour Pessah. C’est donc le moment d’acheter batteries de cuisine, couverts, coutellerie, argenterie, etc. Nous avons précisé ailleurs que le Talmud recommande au mari d’acheter des vêtements pour sa femme lors des fêtes. Il n’est pas sûr que tous les Israéliens, encore moins les non religieux, connaissent ce passage du Talmud, mais il est difficile d’échapper à l’atmosphère festive, qui ressemble fort à ce que l’on peut constater dans les sociétés occidentales fin décembre, atmosphère qui incite à renouveler sa garde-robe, en particulier les vêtements de bonne qualité. Comme il y a de fortes chances que vous soyez invités, soit pour le Seder, soit un autre jour de Pâque, vous vous devez de faire une provision de cadeaux. Il n’est pas jusqu’aux marchands de meubles qui ne profitent de l’occasion pour vous rappeler que Pâque est le moment d’acheter tables, chaises, fauteuils, lits et autres bibliothèques. Cette frénésie d’achats est encouragée par une politique répandue d’étaler les paiements mensuels par cartes de crédit, sans imposer des coûts d’intérêt.

La commercialisation de Pâque, qui rappelle la commercialisation de Noël, s’accompagne néanmoins d’une caractéristique proprement israélienne et encore plus yérosélémitaine : un respect général des traditions religieuses. Même si les médias parlent de violation des coutumes, de Juifs qui se font un devoir de manger en public du pain pendant Pessah, les études et sondages sur le comportement des Israéliens vont dans le même sens :

l’immense majorité des Israéliens juifs célèbrent de façon le rituel pascal. Contrairement à Kippour, où la circulation automobile est inexistante, le soir de Pâque, surtout dans les quartiers non religieux, la circulation est dense, car des dizaines de milliers de personnes vont célébrer la soirée pascale,  le Séder, chez d’autres membres de leurs familles ou chez des amis. Le texte lu, aussi bien les passages qui sont récités que ceux qui sont chantés avant les repas, l’est par plus des trois quarts des gens. J’avais cru que les textes, lus ou chantés après le repas, connaitraient un sort plus limité et seraient plus ou moins oubliés. Il n’en est rien. À nouveau, la majorité des personnes interrogées, même si le pourcentage est plus faible, répondent qu’elles les respectent, au moins en partie.

 

QUELLES SONT LES DIFFÉRENCES ENTRE LES PÂQUES JUIVES ET CHRÉTIENNES?

Maurice-Ruben Hayoun

Huffingtonpost, feb. 4, 2015

 

A l’approche des célébrations pascales, tant chez les Juifs que chez les Chrétiens, il n’est pas inutile de dire un mot de la divergence d’interprétation de cette fête chez les uns et chez les autres. Le récit vétéro-testamentaire de l’Exode est univoque mais les adeptes de l’Eglise primitive, tout juifs qu’ils étaient, l’ont interprété dans un autre sens, celui de la Résurrection tout en s’appuyant sur des versets prophétiques. Donc en restant dans le cadre juif, quoique non rabbinique.

L’Exode, d’une part, tel que le relate la Bible hébraïque, et la Résurrection de Jésus, telle qu’elle se lit dans les Evangiles, d’autre part, sont des événements majeurs de l’Histoire sainte. En termes de sociologie religieuse, on pourrait, avec tout le respect nécessaire à l’adresse des fidèles des deux religions, parler de “mythes fondateurs” qui gisent à la base même de la foi. Comme le recommandait Ernest Renan dans son Histoire des origines du christianisme, il ne sert à rien de bannir la légende puisqu’elle est la forme que revêt nécessairement la foi de l’humanité.

Alors que la fête juive de Pâque, Pessah, renvoie à un épisode biblique unique, la sortie d’Egypte, la tradition juive et la tradition chrétienne en font des lectures très différentes. Chacune voit dans cette célébration pascale un épisode crucial de son vécu religieux.

Résumons brièvement les récits bibliques tels qu’ils se lisent dans le second livre de Moïse qui a d’ailleurs donné son nom à cet Exode d’Egypte: après sa révélation à Abraham, Dieu lui promet une innombrable descendance qui sera réduite à l’esclavage en Egypte mais qui ressortira renforcée de l’épreuve. Aguerris par une épuisante traversée du désert, ces enfants d’Israël hériteront de la Terre promise où ils pourront couler des jours heureux…

Cette vision idyllique de l’histoire de l’Israël ancien est conforme à la vocation de la Bible qui n’est pas un livre d’histoire mais défend plutôt une conception théologique du devenir historique. Cela s’appelle une téléologie, du terme grec telos qui renvoie dans le contexte judéo-chrétien à un dessein divin, conçu avant même la création de l’univers. Pour quelles raisons la Providence divine a-t-elle choisi de précipiter les Hébreux dans le creuset égyptien pour les en extraire après quelques siècles de souffrances, on ne le saura jamais.

Mais si nous adoptons une approche anthropologique et sociologique, l’explication suivante s’impose à l’esprit: l’Egypte ancienne, bien que dépourvue de toute tradition esclavagiste antérieure, est considérée ici comme la quintessence de l’impureté, une sorte de laminoir impitoyable, un creuset apte à contribuer à la fondation de l’ancien l’Israël; le moule implacablement sélectif de l’esclavage fera émerger une nation nouvelle qui s’est donné une langue, forgé une destinée et construit une vision de l’univers. Le cadre de l’histoire sainte est désormais tracé: un peuple, Israël, une foi, le monothéisme, et une patrie, la Terre promise.

La pédagogie du livre de l’Exode consiste dans l’émergence d’une conscience nationale chez un peuple d’anciens esclaves, soudés par la souffrance.

Aujourd’hui, les historiens s’accordent sur l’existence d’un exode progressif mais ne reprennent pas en tout point les récits bibliques. L’intention fondamentale des rédacteurs bibliques est transparente: faire de l’Exode l’événement national fondamental du peuple d’Israël, sa première apparition sur la scène de l’histoire universelle. En somme, un peuple ayant chèrement acquis sa liberté et qui, désormais, se pose en s’opposant. On voit ici aussi la tension polaire existant entre la mémoire du peuple qui interprète de manière spécifique les événements fondateurs de son histoire, et l’Histoire universelle proprement dite, censée garder trace de ce qui s’est vraiment passé… Nous sommes en présence de la sempiternelle opposition entre la mémoire et l’Histoire.

Or, ce filtre de la conscience religieuse se confond avec le regard que nous portons sur les faits: il fonde une identité qui forme à son tour une opinion. Marguerite Yourcenar écrivait en substance dans les Mémoires d’Hadrien que le passé est le souvenir que les événements anciens laissent dans notre mémoire.

Comme chacun sait, le nom de la fête de Pessah, proviendrait, selon l’étymologie biblique qui est populaire et nons savante, d’un verbe signifiant passer, surmonter, enjamber. Dieu a enjambé les demeures des fils d’Israël afin de leur épargner les plaies qui se sont abattues sur les Egyptiens. Au plan symbolique que je veux privilégier, ce serait donc un rituel de passage d’un état à un autre, de l’esclavage à la liberté, en l’occurrence. D’où la traduction anglaise de Pâque par pass over(Passover).

Le texte biblique parle du sacrifice pascal offert à Dieu. La tradition juive a donc mis cette fête du sacrifice en relation avec la sortie d’Egypte, afin de lui fournir un enracinement de premier ordre dans l’histoire d’Israël. On peut discerner derrière ce rite la pratique d’un peuple de pasteurs qui marquent l’avènement du printemps par un grand rassemblement autour d’un repas professionnel, sacralisé par la suite en repas communiel… Dès lors, la tradition juive ultérieure a fait de la sortie d’Egypte l’acte de naissance du peuple d’Israël en tant que tel, un peuple qui brisa les chaînes de l’esclavage, se fraya un chemin vers son Dieu à travers un lieu aussi inhospitalier que le désert et finit par recevoir le Décalogue dont il fit don à l’humanité.

Après la Passion, l’Eglise primitive, qui ne comptait alors en son sein que des Juifs profondément enracinés dans la tradition ancestrale, revisita son histoire dans laquelle elle projeta son vécu religieux immédiat.

Or, ce qu’elle venait de vivre, à savoir la crucifixion, c’est-à-dire un véritable drame, ne pouvait sonner le glas de son espérance: si les sources juives anciennes avaient relié le sacrifice pascal à la sortie d’Egypte eu égard au caractère fondateur de cet événement, les judéo-chrétiens, c’est-à-dire l’Eglise encore juive, pouvait, elle aussi, décider de puiser dans son nouveau terreau un autre événement, tout aussi important aux yeux du judaïsme ancien, la Résurrection. Ces hommes ne pouvaient se résoudre à la disparition de leur rêve. Vu la proximité de la fête de Pâque et la terrible déception qui s’était abattue sur les Apôtres et les disciples, la fête prenait une autre dimension et devenait celle de la Résurrection et Jésus, l’agneau pascal, l’objet même du sacrifice.

Ce qui est frappant, ce n’est pas tant la profonde divergence des interprétations d’un même événement ou d’une même solennité par deux traditions devenues différentes, que le fait suivant: les adeptes de l’Eglise naissante ont puisé, encore et toujours, dans le terreau du judaïsme, le leur, celui qui les a toujours nourris, pour procéder à cette substitution.

Il existe dans le livre du prophète Osée un passage très expressif qui contient tous les ingrédients de la Résurrection, telle que les Evangiles la conçoivent au sujet de Jésus. Osée (6 ;2) exhorte au retour vers Dieu et s’écrie: “Il nous fera revivre après deux jours; au troisième jour il nous ressuscitera et nous revivrons devant lui…”

Comme la communauté de Jérusalem baignait dans un environnement exclusivement juif et que des hommes tels que Jacques étaient de fins lettrés, est-il concevable que ces Juifs profondément religieux aient ignoré un tel verset prophétique? Or le verset d’Osée commence par évoquer les blessures subies et que Dieu vient justement guérir…

Tout ceci montre bien que cette idée de Résurrection a germé dans un terreau juif dont Jésus est le produit; mais nous voyons aussi ce qui sépare l’histoire de la mémoire: là où les Juifs, demeurés fidèles à l’enseignement de la synagogue ne retenaient de la Pâque que la sortie d’Egypte, en somme la fête de la liberté et l’abolition de l’esclavage, d’autres Juifs, désireux de renouveler leur religion par l’intermédiaire de Jésus, jugent que sa crucifixion a nécessairement un sens, qu’elle avait été voulue par Dieu afin de rédimer une humanité pécheresse… C’est un total déplacement de sens, un changement absolu de perspective.

Dans le sillage de Philo d’Alexandrie, l’exégèse patristique est allée dans la même direction en allégorisant la prescription majeure de la fête pascale: la consommation de pain azyme qu’elle interprète comme une exhortation à la modestie et à l’humilité. Alors que le pain levé, couramment consommé, évoque un cœur humain gonflé d’orgueil. Quant à l’Egypte ancienne transformée en berceau de l’esclavage, Philo d’Alexandrie nous invite à n’y voir que l’allégorie d’un espace dénué de spiritualité et d’amour du prochain.

Car, au fond, n’est-ce pas là le véritable enseignement de cette double célébration de la Pâque? Même un pasteur luthérien comme J. G. Herder relevait que “notre humanité n’est qu’un état transitoire, le bouton d’une fleur qui doit éclore et aboutir à une sorte d’humanité divine…” Tel devrait être l’enseignement éthique de la commémoration de la Pâque, juive et chrétienne: l’abolition de toutes formes d’esclavage, le bannissement de la souffrance et la foi en un avenir meilleur, c’est-à-dire une sorte de résurrection. Herder écrivait aussi que le plus beau rêve de la vie future est que nous jouirons, un jour, dans une humanité fraternelle, du commerce de tous les sages, de tous les justes… Quand on veut préserver son être de l’oubli éternel, on recourt à la résurrection.

Et Ernest Renan lui fit écho en expliquant que la résurrection pourrait être entendue comme la poursuite de la vie dans le cœur de ceux qui vous aiment.

Mais je voudrais laisser le dernier mot à ce grand philosophe allemand, Franz Rosenzweig, mort en 1929 et auteur de l’Etoile de la rédemption où écrivait en conclusion ceci:

Devant Dieu, tous deux, Juif et Chrétien, sont par conséquent des ouvriers travaillant à la même œuvre. Il ne peut se priver d’aucun des deux. Entre eux, il a de tout temps posé une inimitié et néanmoins, il les a liés ensemble dans la réciprocité la plus étroite. Tel est le vrai message de Pessah et de Pâque.

 

Actualité 

 

 ASSASSINAT DE MME MIREILLE KNOLL HY”D:

UN SECOND SUSPECT INTERPELLÉ PAR LA POLICE

Shraga Blum

LPH Info, 26 mars, 2018

 

Depuis la découverte macabre du corps lacéré et calciné de Mme Mireille Knoll hy”d, la police judiciaire de Paris était à la recherche d’un second individu suspecté d’avoir participé au meurtre de l’octogénaire. Il a été localisé au centre de Paris grâce à son téléphone portable. On ne sait rien sur son identité pour l’instant. Vendredi, immédiatement après cette découverte, un premier suspect d’origine arabe qui connaissait bien la victime avait été arrêté.

Le Parquet refuse toujours de confirmer le crime antisémite et dit “n’écarter aucune hypothèse”. Mais pour les responsables des institutions juives cette hésitation n’a pas de sens et il ne fait aucun doute quant aux mobiles du ou des meurtriers, d’autant plus que la malheureuse victime avait reçu des menaces explicites. Françis Kalifa, président du CRIF écarte toute hypothèse crapuleuse: “Il n’y avait rien à voler chez cette vieille dame modeste qui vivait depuis 60 ans dans ce HLM et qui ne possédait ni argent ni bijoux”, note-t-il avec raison. Par ailleurs la manière acharnée dont Mme Knoll a été assassinée indique clairement un crime motivé par la haine. Françis Kalifa, qui s’est déjà entretenu dimanche avec les autorités judiciaires et le président de la République Emmanuel Macron, souhaite que la transparence soit faite sur cette affaire le plus rapidement possible “afin de ne pas tomber dans les mêmes errements que dans l’affaire Sarah Halimi où il a fallut attendre onze mois à la justice pour reconnaître le caractère antisémite de cet assassinat”.

Joël Mergui, président du Consistoire de France est du même avis: “C’était une femme juive, connue comme telle. La similitude avec l’affaire Sarah Halimi est frappante. Il est essentiel qu’on sache quel était le mobile. Et que le mobile antisémite soit recherché. Un assassinat de ce type ne peut pas être un fait divers dont on ne parle pas. Car c’est générateur d’une grande inquiétude dans la communauté et d’incompréhension.”

 

 

ISRAËL: LA DÉPUTÉE TAMAR ZANDBERG REMPORTE LES PRIMAIRES DU PARTI DE GAUCHE MERETZ

I24, 22 mars, 2018

La députée Tamar Zandberg a remporté jeudi soir les primaires du parti de gauche Meretz avec 71% des voix, et remplacera Zehava Gal-On, qui a abandonné la course après avoir dirigé le parti pendant six ans.

“Il se passe quelque chose au sein du parti Meretz”, a déclaré Zandberg dans son discours après sa victoire.

“Meretz revient à grands pas et nous ferons partie de la révolution dont le peuple d’Israël a besoin,” a-t-elle ajouté.

Avi Bouskila, ancien secrétaire général du mouvement Peace Now, était en deuxième position avec 28,5% des voix. Le taux de participation n’a été que de 53,6% parmi quelque 31.679 électeurs, et 16.954 votants.

Mme Zandberg a promis que le parti, qui occupe actuellement 5 sièges à la Knesset (Parlement israélien), obtiendra 10 places aux prochaines élections.

“La politique israélienne peut être un champ de mines cruel et les grandes batailles sont encore à venir, mais je suis sûre que vous les mènerez avec honneur et détermination”, a déclaré Zehava Gal-On.

Elle commence sa carrière politique en 2003, comme assistante parlementaire de Ran Cohen, député du parti, et occupe ce poste jusqu’en 2008. Aux élections législatives de 2013, elle est sixième sur la liste Meretz, et réélue en 2015.

 

 

ISRAËL/MEETING DU LIKOUD: “NOUS SOMMES IMBATTABLES” (BENYAMIN NETANYAHOU)

I24, 22 mars, 2018

 

“Le sentiment d’injustice est l’une des raisons pour lesquelles nous devons nous soutenir les uns les autres”, a lancé le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou lors d’un discours prononcé jeudi soir devant quelque 2000 militants du Likoud à l’approche des fêtes de la Pâque juive.

“Nombre d’entre nous entendent ce que nous subissons dans les médias et se rendent bien compte que les dés sont pipés, qu’il s’agit d’une chasse aux sorcières”, a poursuivi Netanyahou.

“Ils savent qu’ils ne peuvent pas nous battre par des moyens démocratiques, alors ils choisissent d’exercer une pression constante sur les institutions judiciaires pour nous faire tomber par d’autres moyens”, a-t-il dénoncé.

La police a recommandé en février l’inculpation de M. Netanyahou dans deux dossiers de corruption présumée. Une troisième affaire, dite Bezeq, du nom du grand groupe israélien de télécommunications, pourrait également s’avérer particulièrement dangereuse pour le Premier ministre, au pouvoir depuis près de 12 ans au total.

“Ils cherchent mais ils ne trouvent rien et ils ne trouveront rien parce qu’il n’y a rien à trouver”, a réitéré le premier ministre jeudi soir, blâmant ses opposants.

La plupart des ministres et députés du Likoud, ainsi que des représentants du groupe à l’étranger étaient présents au meeting du parti, auquel participaient également le maire de Jérusalem, Nir Barkat et l’ancien ministre de l’Intérieur Gideon Sa’ar.

Jusqu’à présent, les chefs de file de la coalition gouvernementale, dont Moshé Kahlon, chef du parti Koulanou (centre droit), se sont gardés de se dissocier du Premier ministre. Ils ont dit attendre la décision du procureur général d’inculper ou non Netanyahou.

Mais, a prévenu le ministre des Finances Moshé Kahlon jeudi dernier sur la deuxième chaîne de télévision israélienne, “si un procès est ouvert contre le Premier ministre, il ne pourra plus remplir ses fonctions (…) Il se lèvera et il partira ou ce sont les autres partis qui s’en iront”.

Le gouvernement de M. Netanyahou a également survécu la semaine dernière à une crise aiguë grâce à un compromis provisoire sur le service militaire des Juifs ultra-orthodoxes, qui a permis le vote du budget.

Il est cependant soupçonné d’avoir favorisé la crise en vue de provoquer des législatives anticipées dont son parti, le Likoud (droite), était donné vainqueur dans les sondages.

Une victoire aurait renforcé la position politique de M. Netanyahou dans l’optique d’une éventuelle inculpation. Mais il n’aurait pas réussi à réunir une majorité pour que le scrutin ait lieu en juin.

 

 

TRUMP SIGNE LE PROJET DE LOI QUI RÉDUIT LES FONDS À L’AUTORITÉ PALESTINIENNE

Eric Cortellessa   

Times of Israel, 25 mars 2018

 

Le président américain Donald Trump a promulgué vendredi une loi qui supprime une partie de l’aide aux Palestiniens jusqu’à ce qu’ils mettent fin aux allocations aux terroristes et aux familles des agresseurs abattus, alors qu’il a approuvé un projet de loi de dépenses globales de 1,3 trillion de dollars.

Le Taylor Force Act, qui porte le nom d’un ancien officier de l’armée américaine poignardé à mort par un terroriste palestinien lors d’une visite à Tel Aviv, a été inclus dans les mesures législatives.

La loi mettra fin au financement de l’Autorité palestinienne par les États-Unis jusqu’à ce que Ramallah cesse de verser de tels paiements. Mais il comporte trois exceptions, ce qui permet aux États-Unis de financer les programmes palestiniens de vaccination des enfants et de l’eau, ainsi que les hôpitaux de Jérusalem-Est.

« Je pense que c’est un message puissant de la part des Etats-Unis qui change les règles », a dit Netanyahu au commencement de la réunion hebdomadaire de son cabinet dans son bureau de Jérusalem, dimanche à propos de la loi.

Il a dit que cette loi privera l’Autorité palestinienne de « millions de dollars utilisés pour investir dans le soutien au terrorisme et à la culture des familles de terroristes et des assassins eux-mêmes ».

Vendredi matin, Trump a tweeté qu’il « envisageait » d’opposer son veto au projet de loi budgétaire, puisqu’il n’incluait pas le financement complet du mur frontalier entre les États-Unis et le Mexique, mais il a ensuite organisé une conférence de presse annonçant qu’il le signerait.

Jusqu’à vendredi, Trump n’avait pas encore explicitement déclaré s’il signerait le projet de loi Taylor Force, bien qu’un fonctionnaire de la Maison Blanche ait déclaré au Times of Israel en juillet que le président soutenait son objectif principal.

L’un des auteurs du Taylor Force Act, le sénateur Lindsey Graham, républicain de Caroline du Sud, a remercié la famille et les amis de Taylor Force, qui ont fait pression sur le Congrès pour faire adopter le projet de loi et l’inclure dans le projet de loi global.

« J’apprécie vraiment le travail acharné de la famille Force et des nombreux amis de Taylor Force qui ont clairement indiqué au Congrès que la pratique du #PaytoSlay doit être arrêtée », a-t-il tweeté, quelques heures avant que Trump ne la promulgue.

L’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas l’a condamné et s’est engagée à continuer à payer les familles de « martyrs et prisonniers ».

Yusef al Mahmoud, porte-parole du gouvernement de l’AP à Ramallah, a déclaré que les Etats-Unis auraient plutôt dû appeler à « mettre fin à l’occupation et à la souffrance du peuple palestinien ».

Le Congrès, a-t-il ajouté, devrait également conditionner l’aide à Israël à « la fin de son occupation et de ses colonies [sic], car c’est l’occupation qui est responsable de tuer notre peuple et de le jeter en prison ».

Le porte-parole a déclaré que les « martyrs et les prisonniers sont, aux yeux de notre peuple, des symboles sacrés de liberté et de lutte et d’opposition à l’humiliation et à la capitulation ».

Le sénateur Bob Corker, l’un des principaux parrains du projet de loi, a déclaré que l’Autorité palestinienne a instauré des incitations pécuniaires pour les actes de terrorisme en versant des allocations mensuelles pouvant atteindre 3 500 dollars aux Palestiniens qui commettent des actes de violence et à leurs familles.

Le montant du versement dépend de la durée de la peine d’emprisonnement infligée pour le crime, a-t-il expliqué.

Taylor Force était un étudiant en MBA à l’Université de Vanderbilt au Tennessee et un diplômé de West Point qui était en visite en Israël en mars 2016 lorsqu’il a été tué. Force était de Lubbock, Texas. Ses parents vivent en Caroline du Sud.

Graham a déclaré que l’Autorité palestinienne a fait l’éloge du tueur de Force en tant que « martyr héroïque ». Il estime que l’Autorité palestinienne a déboursé 144 millions de dollars en « paiements de martyrs » au fil des ans.

L’adoption de l’acte est susceptible de provoquer davantage l’Autorité palestinienne, qui a refusé de rencontrer les responsables de l’administration depuis que Trump a reconnu en décembre Jérusalem comme capitale d’Israël et a mis en place des plans pour déplacer l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem.

La Maison Blanche dit qu’elle se prépare actuellement à publier son plan de paix israélo-palestinien très attendu dans un proche avenir, mais elle n’a pas donné de calendrier précis sur la date exacte.

C’est une autre étape que les Palestiniens considéreront comme punitive après que les États-Unis ont réduit le financement de l’agence des Nations Unies qui s’occupe des réfugiés palestiniens.

L’administration Trump a annoncé en janvier qu’elle réduirait de 65 millions de dollars le financement de l’agence de secours de l’ONU pour les Palestiniens cette année. Mais l’agence a dit que la réduction réelle était d’environ 300 millions de dollars parce que les États-Unis avaient laissé entendre à l’agence qu’elle fournirait 365 millions de dollars en 2018.

Les États-Unis ont été le plus grand donateur de l’UNRWA, fournissant près de 30 % de son budget. En annonçant les réductions en janvier, le Département d’État américain a déclaré qu’il voulait des réformes au sein de l’agence, ce qu’Israël a vivement critiqué.

L’agence, le plus ancien et le plus grand programme de secours de l’ONU au Moyen-Orient, fournit des soins de santé, de l’éducation et des services sociaux à environ 5 millions de Palestiniens en Cisjordanie, dans la bande de Gaza, en Jordanie, en Syrie et au Liban. Ce sont les réfugiés ou les descendants des centaines de milliers de Palestiniens qui ont fui ou ont été forcés de quitter leur foyer pendant la guerre qui a conduit à la création d’Israël en 1948.

Israël se plaint depuis longtemps que l’UNRWA, contrairement au UNHCR, ne fixe aucune limite à la reconnaissance des réfugiés, permettant à plusieurs générations de descendants, y compris ceux qui sont nés dans d’autres pays ou qui sont citoyens de ces pays, de continuer à être considérés comme des réfugiés à perpétuité.

Depuis, l’ONU a reçu des promesses de dons de près de 100 millions de dollars pour l’UNWRA de la part du Qatar, du Canada, de la Suisse, de la Turquie, de la Nouvelle-Zélande, de la Norvège, de la Corée, du Mexique, de la Slovaquie, de l’Inde et de la France.

 

DES CHERCHEURS ISRAÉLIENS CRÉENT DES NANO-GOUTTES POUR SE PASSER DE LUNETTES

Shoshanna Solomon

Times of Israel, 19 mars, 2018

 

Des chercheurs israéliens affirment qu’ils ont mis au point une méthode « révolutionnaire » pour améliorer la vue et se débarrasser des lunettes et des lentilles de contact, ce qui, selon eux, pourra être fait à la maison avec un smartphone, un petit appareil laser et des gouttes oculaires spéciales.

La technologie a été mise au point par des chercheurs du Shaare Zedek Medical Center à Jérusalem et de l’Institut de nanotechnologie et de matériaux avancés de l’Université Bar-Ilan.

« Nous voulons modifier la vision et corriger les types d’erreurs de réfraction », a déclaré le Dr David Smadja, ophtalmologiste qui a mis au point ce qu’il appelle les Nano-Drops en collaboration avec le professeur Zeev Zalevsky, de la Faculté d’ingénierie Kofkin de Bar-Ilan, et le professeur Jean-Paul Moshe Lellouche, chef du département de chimie de Bar-Ilan.

Les erreurs de réfraction se produisent lorsque la lumière n’est pas focalisée avec précision sur la rétine en raison de la forme de l’œil. Les types d’erreur réfractive les plus courants sont la myopie, l’hypermétropie, l’astigmatisme et la presbytie – une hypermétropie tardive. Le marché mondial de la lunetterie devrait atteindre 167 milliards de dollars en 2026, selon Statista.

Les chercheurs israéliens ont trouvé un moyen de remodeler la cornée, qui représente 60 % de la puissance optique de l’œil. Ils ont essayé leur système sur les yeux de porcs morts, qui ont un système optique très similaire à celui des humains.

« Nous avons obtenu une correction de 3 dioptries« , dit Smadja. La dioptrie est la mesure optique utilisée pour mesurer la vision. « Cela signifie que quelqu’un qui a besoin de lunettes de lecture pourrait maintenant s’en passer », dit-il.

La technologie en cours de développement comporte trois étapes.

La première étape exige que les patients mesurent leur vue à l’aide de leur smartphone. Il y a déjà un certain nombre d’applications qui font cela, a dit Smadja. La deuxième étape exige que les patients utilisent une deuxième application – en cours de développement par les chercheurs – qui aurait un dispositif laser clippé sur le smartphone.

Ce dispositif délivrera des impulsions laser à l’œil en moins d’une seconde qui gravera une forme peu profonde sur la cornée pour aider à corriger son erreur de réfraction. Lors de la dernière étape, les Nano-Drops – composés de nanoparticules non toxiques de protéines – sont introduits dans l’œil et activent la forme, corrigeant ainsi la vision du patient.

« C’est comme lorsque vous écrivez quelque chose avec du carburant sur le sol et que le carburant s’assèche, puis vous jetez une flamme sur le carburant et le feu prend la forme de l’écriture », explique Smadja. « Les gouttes activent le motif. »

La technologie, contrairement aux opérations laser actuelles qui corrigent la vue, n’enlève pas les tissus et est donc non invasive, et elle convient à la plupart des yeux, élargissant ainsi le champ d’action des patients qui peuvent corriger leur vision, a-t-il expliqué.

Les trois chercheurs ont travaillé ensemble sur le projet après que Smadja a dit qu’il avait un « rêve » de se débarrasser de ses lunettes. « J’ai dit qu’on devait faire quelque chose, alors on a fait un brainstorming ensemble et en quelques heures, on a eu cette idée. »

Dans l’expérience sur les porcs, l’effet de la vision corrigée a duré deux heures. Les chercheurs recueillent maintenant des fonds pour faire des expériences sur des porcs ou des lapins vivants et pour suivre l’effet des gouttes sur une plus longue durée. Ils espèrent, a dit Smadja, tester la technologie sur des humains à l’été 2019.

Les résultats ont été brevetés par le département de commercialisation de l’Université Bar-Ilan et les chercheurs songent à mettre sur pied une nouvelle entreprise pour poursuivre le développement du produit. Il y a déjà un certain nombre d’investisseurs qui ont exprimé leur intérêt pour la technologie, a déclaré Smadja.

 

En raison de la fête de Pessah, le prochain communiqué sera publié le vendredi 13 avril 2018.

Le Communiqué isranet vous souhaite de vivre avec votre famille

et vos amis une Fête de la Liberté mémorable. Hag cacher VeSameah!