Peut-On Combattre le Terrorisme? Quelques Réponses…

 

 

 

 

 

ÉLOGE DE LA LUTTE ANTITERRORISTE MUSCLÉE DE LA VILLE DE NEW YORK
Daniel Pipes
National Review Online, 13 septembre 2011
Version originale anglaise: In Praise of NYC's Muscular Counterterrorism
Adaptation française: Anne-Marie Delcambre de Champvert

 

Les organismes américains d'application de la loi ont généralement réagi au 11 septembre par une politique antiterroriste de faux-semblant. Ils continuent d'insister sur le fait que désigner l'islamisme comme l'ennemi crée le terrorisme, que la violence islamiste ne menace pas plus que celle des néo-nazis, celle des suprématistes raciaux, et celle tous les autres de ce genre, et que l'antiterrorisme implique principalement de prendre des mesures de bien-être telles que l'amélioration des droits civils, le vote de lois interdisant la discrimination, et la manifestation de bonne volonté envers les islamistes.

 

Et puis il y a le Département de la police de New York, une institution particulièrement incitée par le 11 septembre à renoncer à son ancien laxisme et à devenir sérieuse. La force qui avait mal géré les incidents terroristes antérieurs (par exemple, l'assassinat de Meir Kahane) s'est rapidement transformée en une exceptionnelle agence de lutte contre le terrorisme sous la direction remarquable de Raymond Kelly. (Andrew McCarthy l'appelle une «aubaine»). Contrairement à d'autres institutions d'application de la loi, le Département de la Police de New York nomme l'ennemi, reconnaît la menace prédominante de la violence islamiste, et a construit une solide entreprise de renseignement.

 

Le public a vu les premiers signes de ces changements en 2006, au cours du procès de Shahawar Martin Siraj, le Shahawar Matin Siraj trial. Le gouvernement a condamné Siraj, un immigré pakistanais en situation irrégulière ayant planifié de faire sauter une station de métro, sur la base d'informations provenant de deux espions musulmans du Département de la Police de la ville de New York: un informateur rémunéré de la police, Oussama Eldawoody, et un policier en civil agissant sous le pseudonyme d'infiltration «Kamil Pasha», Ce dernier a témoigné au sujet de son service qui était d'être une «caméra ambulante» parmi les musulmans vivant à Brooklyn, pour «observer, être les oreilles et les yeux» pour le Département de la Police de New York.

 

Christopher Dickey a fourni toutes les photos des réalisations du Département dans un livre de 2009, Sécurisation de la ville: à l'intérieur de la meilleure force d'antiterrorisme d'Amérique – Le Département de la Police de New York (NYPD). Maintenant, juste à temps pour le 10e anniversaire du 11 septembre, l'Associated Press a publié une série d'enquêtes fébriles réalisées par Adam Goldman sur les méthodes du Département, en se concentrant sur la coopération du Département de la Police de New York avec l'Agence centrale de renseignement, mettant ainsi le département sous une surveillance politique intense.

 

Goldman rapporte que le département a dépêché des agents dans les quartiers pakistanais et «leur a ordonné de chercher des raisons pour arrêter les voitures: excès de vitesse, feux arrière cassés, des stops brûlés, peu importe la raison. L'arrêt de la circulation a donné à la police l'occasion de fouiller pour trouver des mandats d'arrêt non exécutés, ou rechercher des suspects. Une arrestation pouvait être l'effet de levier nécessaire dont avait besoin la police pour persuader quelqu'un de devenir un informateur.» Le Département de la Police de New York a créé une Unité «The Terrorist Interdiction Unit» pour gérer ces informateurs, y compris les «crawlers», [ceux qui passent tout leur temps à la mosquée ou au café] «les piliers de mosquées», «les piliers de bistrot», les commerçants et les voisins curieux.

 

Il a créé l'Unité des services spéciaux pour gérer les opérations en dehors de la ville de New York, là où le Département de la ville de New York n'a pas compétence, et cela inclut plusieurs états américains et onze pays étrangers. L'effort a payé; par exemple, un officier musulman du Département de la Police de New York infiltré dans le New Jersey a eu un rôle majeur dans l'Operation Arabian Knight, l'arrestation de juin 2010 de deux musulmans du New Jersey qui ont plaidé coupable pour avoir projeté de rejoindre le groupe terroriste somalien al-Shabab et ensuite de tuer des soldats américains.

 

Il a également créé L'Unité de données démographiques pour «dresser la carte ethnique là où habitent les communautés dans une aire qui couvre les trois États [du New Jersey, du Connecticut et de New York]» et envoyer des policiers en civil pour collecter les informations, les rakers, [les «ratisseurs» d'informations] pour tenir à l'œil les musulmans. Composée de 16 officiers [aux compétences linguistiques multiples; parmi eux il en est qui parlent l'arabe, le bengali, l'hindi, le punjabi et l'ourdou, l'unité dresse la liste de 29 «ascendances présentant un intérêt», toutes essentiellement musulmanes, y compris l'une qui est décrite comme ascendance «musulman noir américain». En tout, le Département de la Police de New York a identifié 263 de ce qu'il appelle «les points chauds [dûs à l'appartenance] ethnique(s)» de la ville, ainsi que 53 «mosquées qui posent problème».

 

Les rakers remplissent des rapports quotidiens sur la vie dans les quartiers musulmans de New York. Goldman et son coauteur Matt Apuzzo remarquent qu'ils «ont visité les librairies et les cafés, les entreprises et les clubs islamiques. La Police a cherché les entreprises qui ont attiré certaines minorités, comme les compagnies de taxi embauchant des Pakistanais.» Ils se sont occupés individuellement des personnes, continue Goldman: «Si un collecteur d'informations remarquait un client [dans une librairie ethnique] regardant la littérature [musulmane]radicale, il pouvait aborder le propriétaire du magasin et voir ce qu'il pouvait apprendre. La librairie ou même le client, pouvaient faire l'objet d'un examen plus approfondi.»

 

Goldman et l'Associated Press, c'est clair, méprisent les tactiques du Département de la police de New York et espèrent les neutraliser. Mais ces tactiques ont protégé New York de treize complots terroristes qui ont échoué ou été contrecarrés, le commissaire de police divisionnaire Kelly s'y tient, et elles recueillent un large soutien politique. Le maire de la ville de New York Michael Bloomberg a fait l'éloge du Département de la Police de New York pour son «très bon travail» et John Brennan, conseiller antiterroriste de Barack Obama, a salué son «travail héroïque.» Le Député américain Peter King (Républicain de New York) a recommandé ses méthodes comme un modèle [à suivre] pour le gouvernement fédéral.

 

King a raison: toutes les autres organisations occidentales d'application de la loi devraient adopter l'approche de la «meilleure force antiterroriste de l'Amérique.»

 

LA DÉPRAVATION DES NATIONS UNIES
Isi Leibler
france-israel.org, 15 septembre 2011

 

Le 20 septembre, la vaste majorité des 193 pays membres des Nations Unies vont probablement «reconnaître» un État palestinien.

 

La "reconnaissance" ne sera pas accompagnée de mises en garde sur le démantèlement des organisations terroristes de l'AP comme les 'Brigades des Martyrs d'Al-Aksa' ou la fin de l'incitation à la haine et au meurtre de Juifs et d'Israéliens qui envahit tous les niveaux de la société palestinienne. Il n'y aura aucune demande de démilitarisation. Pas plus que les négociations de l'AP pour s'unir avec le Hamas génocidaire ne seront entravées. Les Palestiniens ne seront pas obligés de reconnaître Israël comme un État juif et continueront d'exiger le droit des Arabes d'y retourner.

 

La reprise de négociations avec Israël est improbable parce que les Palestiniens réalisent que leurs objectifs peuvent être plus efficacement atteints en faisant monter la pression internationale sur nous pour que nous fassions davantage de concessions unilatérales – et nous démanteler par étapes.

 

Cet épisode sera suivi par Durban III, un festival de haine soutenu par l'ONU conçu pour délégitimer et diaboliser l'État juif. Le principal participant sera le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, qui a prédit récemment que la reconnaissance par l'ONU d'un État palestinien représentera la première étape vers l'élimination inévitable de l'État juif. Comme les précédentes réunions en 2001 et 2009, cette soi-disant «conférence antiraciste» se concentrera essentiellement sur le crachat de venin sur Israël.

 

Les fondateurs des Nations Unies, qui après la défaite du nazisme, ont adopté la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, n'auraient jamais pu entrevoir que l'organisation qu'ils ont créée deviendrait contrôlée par des dictatures et des tyrannies et serait transformée en une plateforme de promotion du génocide.

 

Cela a été illustré par le représentant libyen servant de président de l'assemblée Générale de l'ONU en 2009, suivi en juillet de la même année par le Qatar avec l'Iran comme vice-président; le président génocidaire iranien Mahmoud Ahmadinejad s'est adressé de façon répétée à l'Assemblée Générale comme un hôte honorable; la Corée du Nord, proliférateur connue d'armes nucléaires, a été élue pour présider la Conférence sur le Désarmement; et l'Iran, trop fameuse pour la lapidation de femmes pour adultère, a été nommée à la Commission de l'ONU sur le Statut des Femmes. 

 

Mais rien ne surpasse l'étrange Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU, dont 80 % des membres, selon l'index de 'Freedom House' de 2010, est composé de pays «non libres» ou partiellement libres. Sans surprise, des canailles sont nommées à des positions d'autorité. Ainsi nous avons Richard Falk, le rapporteur spécial de l'ONU sur les droits de l'homme dans les territoires palestiniens, qui a déclaré que les USA ont soutenu et exécuté les attaques du 11 septembre 2001, et qui a aussi récemment mis en ligne un dessin animé antisémite sur son site Internet. Son Comité consultatif est présidé par la marocaine Halima Warzawi, qui avait auparavant bloqué une tentative de condamnation de Saddam Hussein pour avoir gazé 30.000 Kurdes.  Il comprend aussi le suisse Jean Ziegler, qui a fait l'éloge de  Fidel Castro et du dictateur du Zimbabwe Robert Mugabe; il est le cofondateur du «Prix Khaddafi International pour les Droits de l'Homme» – dont les récipiendaires comprennent le négationniste de l'Holocauste Roger Garaudy, Louis Farrakhan et Hugo Chavez.

 

Le bavardage sur les droits de l'homme initié par des États tyranniques qui infligent de monstrueuses injustices à leur propre peuple représente l'hypocrisie ultime. Les exemples abondent: la Libye a mis en avant une motion «pour mettre fin à toutes formes de discrimination raciale»; l'Iran a appelé les USA  à assurer l'application de la loi humanitaire internationale; La Chine a exigé de mettre fin à la «force excessive par des organes d'application de la loi»; et la Corée du Nord a appelé à l'interdiction de la torture.

 

Dans ce Conseil des Droits de l'Homme dégénéré de l'ONU, un environnement de pogrom domine, avec 70 % de toutes les résolutions dirigées contre Israël.

 

Cela s'applique aussi à l'Assemblée Générale, où la diabolisation, la délégitimation et l'attribution de tous les malheurs du monde à l'État juif sont une réminiscence du Moyen Age, où l'on reprochait aux Juifs d'être la source principale de tous les maux auxquels l'humanité était confrontée.

 

Daniel Pipes estime que le nombre total de morts dans les conflits mondiaux depuis 1950 dépasse 85 millions.

 

Les 50.000 morts du conflit arabo-israélien comptent ainsi pour moins de 0.05 % du total. A ce jour, alors que des centaines de milliers de gens à travers le monde sont massacrés ou se voient refuser les droits humains élémentaires, l'ONU hypocrite n'a pas commandé de rapport d'une quelconque Commission Goldstone pour enquêter sur de tels massacres, mais elle consacre sans vergogne la plus grande part de son énergie à condamner les implantations israéliennes ou les constructions dans la Jérusalem juive.

 

Hélas, d'abord du fait de la 'Real Politik', les pays de l'Europe des «lumières» – dont le sol  est gorgé de sang juif depuis 2.000 ans, avec la culmination de l'Holocauste –sont au mieux, enclins à s'abstenir, mais plus récemment, ils ont adopté des résolutions anti-israéliennes primaires.

 

Aussi comment devons-nous répondre au vote à venir sur l'État palestinien? Nous devons nous mettre d'accord ensemble sur le fait que nous ne parviendrons jamais à la justice aux Nations Unies. La combinaison de pays islamiques, d'États voyous et de dictatures garantit que les résolutions les plus extrémistes contre Israël seront toujours largement soutenues.

 

Reprocher au Premier ministre Benyamin Netanyahou l'état des affaires publiques parce qu'il n'est pas parvenu à un «plan» est tout simplement de la démagogie politique primitive. Quel «plan» au-delà de concessions unilatérales suicidaires pourrait être conçu pour satisfaire les Palestiniens? Mais nous ne devons pas paniquer. Malgré la politique actuelle du président Barack Obama de négociation et de conciliation avec les extrémistes et les États islamiques, les USA empêcheront presque certainement le conseil de Sécurité de l'ONU d'imposer des sanctions et des boycotts contre Israël. 

 

Contrairement aux remarques hystériques récentes du ministre de la défense Ehud Barak, cela n'est pas un "tsunami diplomatique", et nous devons prendre avantage de la plateforme de l'ONU pour porter le dossier d'Israël à nos amis et alliés.

 

Nous devons garder à l'esprit que l'Assemblée Générale de l'ONU peut faire des proclamations, mais elle ne peut pas «créer» un État ou changer le statut sur place. A côté de cela, en l'absence de la protection de Tsahal à l'AP corrompue – un Hamastan génocidaire la chasserait – situation que même la plupart des pays européens ne souhaitent pas imposer à la région.

 

Aujourd'hui, la plupart des Israéliens accepteraient un État palestinien – à condition que les Palestiniens  répondent aux questions mentionnées dans le paragraphe liminaire de cet article. Jusqu'à ce qu'Abbas veuille bien reconnaître l'État juif et renoncer au «droit de retour», même Obama sera obligé d'exercer le veto américain au Conseil de Sécurité. Et si les Palestiniens recourent à la violence – Abbas a appelé à une «résistance populaire du type du Printemps Arabe» – nous devons nous préparer à vaincre nos adversaires comme nous l'avons fait dans le passé.

 

Du côté positif, il y a des grondements au Congrès des États Unis reflétant une frustration fondamentale pour les 7.7 milliards de $ de fonds prélevés sur les contribuables américains et fournis à l'ONU, en dépit du fait que les objectifs originaux et nobles de l'Organisme mondial ont été inversés et qu'il a été transformé en une organisation dépravée.

 

Ileana Ros-Lehtinen, présidente de la puissante Commission des Affaires Etrangères du Parlement au Congrès, maintient que l'ONU n'a plus aucune crédibilité comme force de paix au Moyen-Orient. Elle s'oppose «au paiement par les USA d'un cinquième des factures de l'ONU pour ses activités anti-israéliennes  comprenant le Conseil des Droits de l'Homme, une galerie de voyous dominée par des transgresseurs des droits de l'homme qui en use pour ignorer les véritables abus et s'attaquer à la place de façon incessante à Israël».

 

Elle remarque que «à l'ONU, l'argent parle et la rétention [d'information] fonctionne», remarquant qu'en 1989 Yasser Arafat pressa pour être membre à l'ONU en tant qu' «État palestinien», mais son initiative fut stoppée aussitôt quand l'administration de George H.W. Bush (le père) menaça de couper le financement des USA à toute entité de l'ONU qui augmenterait le niveau du statut de la mission palestinienne.

 

Elle a conclu qu'avec l'administration Obama refusant d'augmenter le financement américain pour défendre les intérêts des USA, le Congrès doit combler le fossé. Ainsi le 30 août, avec 57 co-signataires, elle a soumis le projet de loi de Réforme, de Responsabilité et de Transparence des Nations Unies, qui mettra fin aux contributions des USA à toute entité de l'ONU élevant le statut de la mission palestinienne.

 

La loi demandera aussi que les USA se dissocient et cessent de financer le Conseil des Droits de l'Homme jusqu'à ce qu'il abroge sa résolution anti-israélienne permanente. La loi gèlera les contributions aux activités de l'ONU liées au rapport diffamatoire Goldstone et au festival de haine de Durban, et elle suspendra le soutien à l'UNWRA jusqu'à ce qu'elle ait cessé d'employer des terroristes.

 

Ros-Lehtinen a déclaré qu'elle promouvait cette résolution «au nom de notre allié Israël et de toutes les démocraties libres, au nom de la paix et de la sécurité. Et afin de parvenir à une ONU qui respecte ses principes fondateurs». […]

 

…[L]e fait qu'une telle résolution puisse être soumis par la présidente de la Commission des affaires étrangères du congrès démontre une frustration croissante par rapport à l'ONU, qui pourrait plus tôt que prévu conduire à une confrontation  avec cette odieuse organisation.

 

Le Congrès est le phare brillant dans la difficulté actuelle à laquelle nous nous faisons face. A long terme, alors que le public américain perd de plus en plus ses illusions au sujet de l'attitude obséquieuse de l'administration Obama envers l'ONU décadente et partiale, il y a l'espoir que l'intervention du congrès réussira en définitive dans l'usage de l'influence des USA pour mettre fin à un comportement aussi scandaleux.  

 

Pendant ce temps, nous devons rester résolus et tenir fermes.

 

VIVE L’OCCIDENT?
Mathieu Bock-Côté
Le Journal de Montréal, 15 septembre 2011

Paradoxal: alors que la commémoration des attentats du 11 septembre aurait dû inspirer un peu partout une sympathie renouvelée pour les États-Unis, c’est plutôt à une flambée d’antiaméricanisme que nous assistons. Un concours est lancé: c’est à qui relativisera le plus les attentats.

 

La formule revient en boucle: 3000 morts, ce n’est rien! Certains vont plus loin: les Américains l’auraient bien cherché. L’Amérique n’est-elle pas coupable d’exactions bien plus considérables, et cela, sur une base quotidienne?

 

J’ai même entendu récemment à la radio qu’on ne saurait distinguer clairement entre les agresseurs et les agressés dans le cas du 11 septembre. Et il y a quelques jours, des zozos ont profité du 11 septembre pour bruler dans les rues de Montréal le drapeau américain. L’antiaméricanisme est la seule forme de xénophobie socialement acceptable.

Ce que ne parviennent pas à comprendre ces fins esprits, c’est que c’est l’Occident dans son ensemble qui était visé. D’ailleurs, dans les années qui ont suivi, plusieurs grandes métropoles ont été la cible du terrorisme. Londres et Madrid, notamment. Chaque fois, on visait les civils. Chaque fois, on voulait créer la terreur, en tuant au hasard. On sait aussi que Montréal a déjà été sur la liste, soit dit en passant.

 

Pourquoi les sociétés occidentales sont-elles habitées par un tel sentiment de culpabilité? On connaît la chanson. L’Occident serait raciste. Il serait sexiste. Puis homophobe. Impérialiste et colonialiste. Oui, tout cela! Sans oublier que l’Occident détruirait la planète en saccageant l’environnement. Faites l’histoire des derniers siècles, il n’y aurait qu’un responsable: l’Occidental bedonnant. Coupable!

 

Les juges les plus implacables du monde occidental sont souvent occupés à faire les yeux doux aux tyrans d’ailleurs dans le monde. Ce qu’ils condamnent chez nous, ils l’excusent chez les autres. Au temps de la guerre froide, ils étaient les premiers à se faire payer le voyage dans les paradis communistes qui étaient pourtant d’implacables tyrannies bureaucratiques.

 

Nos sociétés ne sont évidemment pas parfaites. Mais elles ne sont certainement pas responsables de tout le mal du monde. La mauvaise conscience est un fantasme destructeur. Bien au contraire, il serait temps de redécouvrir les vertus de la civilisation occidentale. De se rappeler qu’elle mérite d’être défendue contre ceux qui la dénigrent abusivement.

 

Pensons seulement à la liberté d’expression et à la démocratie. La première est souvent contestée, la seconde devrait être prise plus au sérieux. Pourtant, grâce aux deux, les sociétés occidentales ont créé les conditions des progrès scientifiques, économiques, politiques et moraux de notre temps. La société occidentale est une société de liberté.

 

C’est ce qui exaspère les fanatiques qui voudraient voir leurs dogmes régner partout sur terre. Nous réclamons en Occident le droit de contester tous les dogmes. Et nous savons à quel point ce droit est fondamental. Les fins esprits qui détestent leur propre civilisation à l’abri de sa démocratie devraient se le rappeler.

 

Dix ans après le 11 septembre, il ne sert à rien de se rougir les genoux en jouant à la pénitence. L’autocritique? Oui. La haine de soi? Non. L’heure est peut-être venue d’une saine fierté occidentale. Au Québec, cela nous ferait du bien.