UNE NEGOCIATION A SENS UNIQUE

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Accord Iran : le butin est pour les menteurs

YAIR LAPID

16 juillet 2015

             

Les Iraniens mentent. Ce n’est même pas une insulte de dire cela à leur sujet. Le fait que les Iraniens mentent constamment est quelque chose de très connu dans la communauté des renseignements. Ils donnent également à leurs mensonges un justification théologique : quand vous pensez que vous êtes engagés dans un Djihad, une Guerre Sainte, un mensonge n’est pas un péché, c’est un outil.

 

Lorsque le ministre iranien des affaires étrangères, Mohammad Zarif, va chez Charlie Rose et déclare, droit dans les yeux, « l’Iran n’a jamais appelé à la destruction d’Israël », il sait que c’est un mensonge (tout autant que Charlie). L’Iran a appelé à la destruction d’Israël des centaines de fois, à tous les niveaux, du Guide Suprême Khamenei dans des conversations enregistrées, à travers le général Qasem Soleimani qui est en charge de la destruction d’Israël dans les gardes révolutionnaires. Mais Zarif s’en fiche parce qu’il sait que s’il ment avec assez de confiance (et il n’en manque pas), il y aura des gens pour le croire.

 

L’Iran a menti sur la construction du complexe d’enrichissement de Natanz, a menti à propos du réacteur de plutonium à Arak, a menti (aux Russes) lorsqu’ils ont annoncé, il y a dix ans, qu’ils suspendaient leur enrichissement d’uranium, a menti constamment aux inspecteurs de l’AIEA sur tout, du nombre de centrifugeuses au volume d’uranium enrichi à Fordo, et plus important encore, a menti lorsqu’ils ont déclaré au monde qu’ils n’essayaient pas de développer des armes nucléaires.

 

Bien sûr, ce sont les mensonges les moins inquiétants. Les mensonges les plus préoccupants sont ceux que nous ne pouvons pas publier, et ceux que nous ignorons sont encore plus inquiétants. Il ne fait aucun doute qu’ils ont menti dans le passé, qu’ils mentent maintenant et qu’ils continueront à mentir dans le futur. Pourquoi dans le futur ? Parce qu’il n’y a aucune autre explication pour le rejet catégorique, à travers les négociations, de vraies inspections de leur programme nucléaire.

 

Ignorons pendant un instant le flot constant de désinformation venant de Vienne et de Téhéran, et posons-nous une simple question : si les Iraniens veulent respecter l’acccord, pourquoi s’opposent-ils à ce que les inspecteurs puissent faire leur travail sans obstacles ? S’ils ne prévoient pas de mentir et de tricher cette fois-ci, alors les inspections vont seulement accélérer la levée des sanctions. Lors de mes conversations à la Maison Blanche et avec des sénateurs importants lors de ma visite à Washington le mois dernier, j’ai suggéré que les inspections soient mises au dessus de toutes les autres questions. J’ai expliqué qu’il n’y a pas de sens à insister sur d’autres détails de l’accord si les Iraniens tricheront de toute façon.

 

« Comme la plupart des Israéliens », je leur ai dit, « l’opposition et la coalition, je pense que c’est un accord terrible qui menace la paix dans le monde. Mais même si vous n’êtes pas d’accord, vous devez trouver un moyen de vous protéger de la possibilité que les Iraniens signent seulement pour la levée des sanctions et utilisent l’argent qui va affluer pour construire des armes nucléaires dans le dos du monde ».

 

Après tout, ils ont de l’expérience. Ils ont constuit deux réacteurs sans que personne ne le remarque (c’est l’opposition iranienne qui a parlé au monde à propos d’Arak et de Natanz), ils ont construit une deuxième génération de centrifugeuses sans que la communauté internationale ne s’en doute, enrichi de l’uranium à un haut niveau à Fordo sans que la communauté internationale ne le sache et constuit des missiles pouvant transporter des têtes nucléaires à Parchine sans que la communauté internationale ne le devine.

 

Au lieu « d’inspection surprises » sans pré-avertissement, ce qui aurait été l’exigeance minimum du groupe P5+1, un accord absurde (car il n’y a pas de mot plus poli) a été obtenu appelant à un « accès contrôlé ». Selon l’accord, les inspecteurs auront accès aux sites nucléaires avec un délai de 24 jours et sans accès libre aux installations.

 

Je veux répéter les choses très clairement : les Iraniens ont exigé et obtenu le droit à superviser la supervision. Les inspecteurs pourront seulement entrer dans un site après que les Iraniens aient eu 24 jours pour cacher leurs activitiés et ne seront même pas libres de marcher librement pour essayer de découvrir des mensonges. Comme si ce n’était pas assez absurde, selon les plus récentes fuites de Vienne, ils sont revenus là dessus parce que c’était trop intrusif. En d’autres termes, ils nous disent : ‘Nous allons évidemment tricher, alors ne nous rendez pas la tâche plus difficile que cela doit être’.

 

Le seul espoir qu’il nous reste est qu’avant que les sénateurs américains ne lèvent les sanctions, ils disent aux négociateurs : « Si vous croyez dans cet accord, alors vous n’aurez pas de problème à insister sur les inspections suprises. Sans cela, nous ne pourrons pas enlever les sanctions ». Pourquoi ? Parce que l’accord ne vaut pas le papier sur lequel il est écrit si nous ne forçons pas les Iraniens à arrêter de mentir.

 

 

BARACK OBAMA N’A PAS LU MACHIAVEL

Shraga Blum

I24, 16 Juillet 2015

 

Dans son ouvrage "Discours sur la première décade de Tite-Live", Machiavel écrivait : "Il faut que le législateur suppose par avance que tous les hommes sont méchants et qu’ils sont prêts à mettre en œuvre leur méchanceté toutes les fois qu’ils en ont l’occasion". C’est le fil qui relie Munich de 1938 à Vienne de 2015. La superposition de ces deux événements historiques telle qu’elle est soulignée par les dirigeants israéliens actuels n’est certes pas exacte sur tous les points – fort heureusement – mais il est indéniable qu’il y a des similitudes frappantes qui tiennent moins de la conjoncture internationale que de la psychologie humaine et du cynisme politique.

 

Sans avoir vécu la période des accords scélérats signés entre Hitler, Mussolini, Daladier et Chamberlain, on peut aisément s’imaginer l’effet qu’ils ont eu auprès de populations encore traumatisées par la Grande Guerre. Dans un documentaire d’époque, le commentateur français, enthousiaste, décrit l’arrivée dans la capitale bavaroise de Chamberlain "acclamé comme celui qui avec une inlassable volonté vient d’être l’un des plus grands artisans de la paix".

 

Il parle "d’une même volonté de paix qui semble animer ces hommes qui tiennent en leurs mains la destinée du monde". Puis, la voix empreinte de solennité il conclut : "Ainsi, à Munich, est né un immense espoir, et après des délibérations qui durent jusqu’à une heure fort avancée de la nuit, les quatre chefs de gouvernement établissent les bases d’un plan commun qui va permettre le règlement du problème germano-tchèque". Ce problème sera effectivement "réglé" l’année suivante mais pas de la manière dont l’imaginaient les dirigeants des démocraties, et avec la terrifiante suite que l’on connaît. Ce qui entraînera cette réaction surréaliste du Premier ministre britannique Neville Chamberlain : "Tout se serait bien passé si Hitler ne nous avait pas menti"!

 

Au moment de la signature des accords, une minorité, dont Winston Churchill, dénonçait la trahison et annonçait la catastrophe. Mais elle était considérée avec mépris et comme un ramassis de rabat-joie. Ce furent toujours des minoritaires qui annoncèrent les catastrophes. En 1930, déjà, alors que le parti nazi n’avait recueilli que 18% des sièges au Reichstag, le député radical-socialiste français Henry Franklin-Bouillon prévenait que "l’Allemagne se préparait à défier la France et conquérir l’Europe". Cet ennemi juré du pacifiste Aristide Briand fut naturellement raillé et hué dans l’hémicycle du Palais-Bourbon.

 

Mardi, les images en provenance de Vienne et de Washington montraient ces mêmes expressions de lâche soulagement et d’espoir naïf ou factice sur les visages de ceux qui ont capitulé devant l’Iran après des années de négociations. "Une ère nouvelle", "la victoire de la diplomatie", "une occasion unique", "un tournant dans les relations internationales", tant de termes qui résonnent comme un air connu mais qui annoncent de lourds nuages.

 

Les grandes puissances, menées par les Etats-Unis de Barack Obama, ont voulu signer un accord avec un Etat qui prouve tous les jours qu’il est animé d’intentions des plus malveillantes : extrémisme religieux, régime autoritaire, hégémonie régionale, soutient à des organisations terroristes, antisémitisme, négationnisme, programme nucléaire militaire etc. Les écoles de diplomatie rajouteront sans doute un jour à leur programme cette page comme un exemple-type de négociations entre un pays décidé et rusé face à des nations désunies dont les digues sont tombées les unes après les autres tant elles désiraient en finir.

 

Le postulat de départ du président américain, qui puise ses sources dans l’aile gauche du parti démocrate, est que la politique du dialogue et de la main tendue envers des pays agressifs et malveillants serait payante et non la confrontation. Il s’agit non seulement d’un pari très risqué mais aussi d’une tactique qui a déjà maintes fois prouvé qu’elle entraîne l’effet inverse. Les dirigeants de pays totalitaires – religieux de surcroit – n’ont pas les mêmes schémas de pensée que les démocraties : ils respectent et craignent ceux qui leur tiennent tête mais méprisent ceux qui se montrent faibles et leur font des ronds de jambe.

 

Toutes les assurances apportées par le président américain ainsi que les signatures des ministres des Affaires étrangères sur les pages de l’accord de Vienne seront inutiles dès le moment où le régime iranien prendra la décision de passer à l’étape suivante de sa stratégie à long terme. En attendant, comme il l’a fait toujours fait, ce pays violera ces accords centimètre par centimètre et à pas feutrés, sourire aux lèvres, face à un Occident qui n’a plus la force ni l’envie de défendre ses valeurs…                

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IL EST TEMPS DE S'AVOUER LA VERITE SUR L'IRAN

EMMANUEL NAVON

22 Juillet 2015

 

Les réactions israéliennes à l'accord nucléaire avec l'Iran ont été pavloviennes et politiques. Maintenant que l'accord est un fait accompli (malgré la mince chance qu’une majorité de deux tiers au Congrès s’y oppose), notre énergie serait plus sagement dépensée à réfléchir à la stratégie d’Israël dans la réalité créée par l’accord.

 

Il a toujours été illogique d’attendre des États-Unis (sans parler de la Russie et de la Chine) qu’ils mènent les négociations avec l'Iran sur la base des intérêts et des préoccupations d'Israël. Dans le monde réel, les pays ne mènent pas de leur politique étrangère en fonction des intérêts des autres (sauf si vous croyez aux Protocoles des Sages de Sion). Ceux qui s’indignent que les Etats-Unis n’aient pas pleinement endossé la position d'Israël font preuve de la même naïveté que celle dont ils accusent le Président Obama.

 

Il n’existe pas de pays qui ait mit fin à son programme nucléaire contre sa volonté. Israël, l'Inde, le Pakistan et la Corée du Nord ont développé leur programme nucléaire malgré l'opposition des États-Unis. Saddam Hussein n'a pas reconstruit de centrale nucléaire après la frappe militaire israélienne de 1981 parce qu’il n’avait pas les moyens de commander une nouvelle centrale du fait de la guerre avec l'Iran, mais l'Irak aurait pu à terme restaurer sa capacité nucléaire s’il l’avait voulu. En 1989, l'Afrique du Sud a volontairement démantelé son arsenal nucléaire, mais elle bâtit cet arsenal en dépit de l’opposition et des pressions de la communauté internationale. Mouammar Kadhafi annonça publiquement en 2003 qu'il mettrait fin à son programme nucléaire parce qu'il craignait une frappe américaine après l'invasion de l'Irak. Mais sans cette crainte (probablement infondée), la Libye aurait poursuivi son programme nucléaire.

 

L’Iran, en revanche, n'a pas l'intention d'abandonner ses ambitions nucléaires. Contrairement à l'Irak, acheta une centrale nucléaire clé-en-main de la France, l'Iran est un pays hautement sophistiqué avec une expertise nucléaire avancée. Le bombardement des sites nucléaires iraniens n’effacera pas l’expertise nucléaire acquise par l’Iran. Si l’Amérique avait quitté les pourparlers, le régime des sanctions se serait probablement effondré à cause des Russes et de la Chine. L'Amérique n’était pas seule à négocier avec l'Iran, et les termes de l'accord dépendaient également de des Russes, des Chinois et des Européens. L'Amérique aurait sans doute pu négocier plus habilement. Mais affirmer que l'Amérique a renoncé volontairement à son effet de levier sur l'Iran et sur ses partenaires de négociation défie la logique. Par ailleurs, l’accord ne rend pas caduque l'option militaire. Au contraire: une frappe militaire post-accord serait plus légitime et plus efficace.

 

Elle serait plus légitime parce que si l'Iran viole l'accord, l'Amérique et Israël auront un argument plus solide (bien que sans doute pas de résolution du Conseil de sécurité) pour bombarder les sites nucléaires iraniens. Elle serait plus efficace parce que le régime d'inspection, bien que partiel et imparfait, fournira des renseignements supplémentaires et précieux aux Occidentaux sur le programme nucléaire de l'Iran.

 

Si l'Iran respecte l'accord (un scénario peu probable, compte tenu du comportement passé de la République islamique), alors l'Amérique et Israël auront plus de temps pour affiner leurs plans et préparation militaires. Une fois que l'Iran atteindra le seuil nucléaire, Israël ne sera pas sans défense grâce à son propre (et non déclaré) arsenal nucléaire. Il est possible qu’Israël devra alors revoir sa politique d'ambiguïté nucléaire. Qu’Israël révise ou non cette politique, il bénéficie d'un fort effet dissuasif vis-à-vis de l'Iran, quelles que soient les spéculations académiques sur la rationalité ou l’irrationalité des Ayatollahs.

 

La comparaison ad nauseam avec les Accord de Munich de 1938 est donc inappropriée. La Tchécoslovaquie était incapable de se défendre et la France n'honora par l’alliance qui la liait à ce pays. Édouard Dalladier, le Président du Conseil français, n’était pas un naïf et il savait que l'accord était une erreur, mais il ne pensait pas que la France pouvait se battre seule contre l’Allemagne. En septembre 1938, la France et la Grande-Bretagne eurent vaincu l'Allemagne et Hitler eût été renversé (le général Hans Oster et le capitaine Friedrich Wilhelm Heinz avaient comploté un coup d'État contre Hitler pour éviter la guerre). En 1938, une action militaire contre l'Allemagne eût renversé Hitler et mis un terme aux agressions allemandes. Aujourd'hui, une action militaire contre l'Iran permettrait de gagner du temps, mais pas de mettre fin aux ambitions nucléaires de l'Iran.

 

Quant au lobbying d'Israël au Congrès, c’est une stratégie perdante: si Israël parvient à convaincre les deux tiers du Congrès de voter contre l'accord, les autres membres du Conseil de sécurité iront de l'avant avec la levée des sanctions de toute façon, tandis que faire respecter l'accord sans l'Amérique sera presque impossible (entre autres parce que l'Occident perdrait sa majorité de trois sur cinq au sein de la commission mixte créée par l'accord). Inversement, si Israël ne parvient pas à construire une telle majorité, il n’aura abouti à rien et sera accusé d'ingérence politique.

 

De Machiavel à Kissinger, les philosophes et les hommes d'État de l'école réaliste partagent un profond scepticisme (ou pessimisme) tant sur la nature humaine que sur la capacité de l'homme à forger la réalité. Le gouvernement israélien serait bien avisé de ne pas oublier les deux faces du réalisme.

 

 

LE PIEGE A MENSONGES DU BDS

BEN DROR YEMINI

20 Juillet 2015

 

Voici près d’un siècle, ma grand-mère quittait Sanaa, la capitale du Yémen, pour Israël. Elle ne savait pas ce qu’était la Palestine. Aucun pays ne répondait à ce nom. Il y avait un Empire ottoman. Ma grand-mère s’est enfuie avec mon père, alors bébé, en raison de la « loi des orphelins », alors en vigueur à l’époque. Veuve, venant de perdre son mari, elle aurait été forcée de se convertir à l’Islam en restant au Yémen.

 

J’ai pensé à ma grand-mère en lisant l’interview d’Omar Barghouti dans Le Monde du 02/07.2015, au sujet des Juifs des pays arabes. A-t-il seulement conscience de ce qu’il avance ? N’a-t-il jamais entendu parler des persécutions endurées par les Juifs des pays arabes pendant des siècles ? Le sulfureux statut de « dhimmi » lui dit-il quelque chose ? Est-il au courant des pogroms (the Farhood, Bagdad, 1941; Libya, Tripoli, 1945, 1948; Yemen, Aden, 1948; Morocco, Djerada, 1948; Syria, Aleppo, 1947), des accusations de meurtre rituel au sein de la population musulmane à l’encontre des Juifs ? (Syria, Damascus, 1840; Iran, Shiraz, 1910) Des pogroms qui ont eu lieu bien avant la création de l’état d’Israël, avant même les prémisses du sionisme politique.

 

Le grand Mufti de Jérusalem, Hadj Amin El Husseini, l’un des leaders arabes palestiniens durant les décennies qui ont précédé la création de l’Etat d’Israël en 1948, collaborait avec les nazis et a même vécu à Berlin, sous l’auspice d’Hitler, pendant la Seconde Guerre mondiale. Husseini est allé jusqu’à planifier l’extermination des Juifs des pays arabes. Et Husseini a systématiquement refusé tout compromis, tourné le dos à tout compromis avec les Juifs en Terre sainte. Il était l’un des opposants les plus farouches à la proposition de partage de l’ONU en 1947. Il porte une responsabilité considérable dans la Nakba dont parlent les Palestiniens (la défaite des Arabes pendant la guerre de 1948). Et Husseini était un fervent militant du boycott des produits juifs, que ce soit en Palestine sous mandat Britannique ou en Allemagne après l’arrivée des nazis au pouvoir. Barghouti, désormais à la tête d’un mouvement de boycott, ignorerait-il ces faits bien qu’ils fassent partie de l’histoire du conflit Israélo-Arabe ? J’en doute.

 

La principale revendication du mouvement BDS est le « droit au retour ». À notre époque, un droit doit être universel sinon, ce n’est plus un droit, mais une revendication particulière. Ainsi, en Europe, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, plus de vingt millions de personnes ont été déplacées, expulsées de leurs maisons. Parmi elles, des millions d’Allemands de Tchèques, de Hongrois, de Polonais de Roumains et d’Ukrainiens. Existe-t-il une personne sérieuse pour réclamer, par exemple, le droit de retour des Polonais expulsés d’Ukraine ? L’application d’un tel droit créerait le chaos dont ni l’Europe, ni le Moyen Orient  n’ont besoin. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, Churchill déclarait devant le Parlement britannique : « L’expulsion est la méthode la plus appropriée et aussi celle qui est la plus stable. Il n’y aura pas de mélanges de populations qui provoqueraient des conflits interminables… Un bon nettoyage sera effectué, je ne m’alarme pas pour autant de ces expulsions-là ». Une déclaration épouvantable, conforme au point de vue de l’époque.

 

C’est ce qui s’est produit lors de chaque conflit. Entre autres, entre Grecs et Turcs, Hindous et Pakistanais, entre la Russie et la Finlande. Il y avait plus de 52 millions de réfugiés pendant la première moitié du siècle dernier. Combien d’entre eux ont bénéficié d’un « droit au retour » ? Aucun. Je ne vois donc pas quel droit évoque Barghouti. Il oublie évidemment au passage les centaines de milliers de Juifs expulsés des pays Arabes où ils vivaient pourtant depuis des siècles en raison de ce même conflit. Ces derniers n’ont pas connu de « droit au retour », leurs biens spoliés ne leur seront jamais rendus, tout comme ceux des réfugiés Allemands, Polonais, Thèques, Ukrainiens Slovaques ou Hongrois. Pourquoi les Palestiniens devraient être différents ?

Plus de 200.000 Grecs sont devenus réfugiés, leurs biens confisqués, à la fin du conflit entre la Chypre et la Turquie dans les années 1970. Ces réfugiés se sont tournés vers les instances juridiques internationales pour voir leurs revendications rejetées, tout comme celles des réfugiés des années 1940. Omar Barghouti, pourtant au fait des lois sur les réfugiés, connait-il ces précédents ?

 

Le problème avec le mouvement BDS est qu’il est une véritable catastrophe pour le conflit Israélo-arabe en général et pour les Palestiniens en particulier. Car les dirigeants BDS expriment, en employant le langage des droits de l’homme, leur véritable but; à savoir la négation du droit des Juifs à l’autodétermination. Barghouti veut éradiquer l’existence même d’Israël en tant qu’État juif. Cela pourrait s’appeler un « politicide ». Il invite les Juifs à vivre en harmonie, avec le statut de minorité, sous un régime arabe ou musulman. Est-ce bien sérieux ? En regard du contexte régional actuel, ou un bain de sang gigantesque déchire le Moyen Orient, avec des massacres où chaque tribu, minoritaire ou non, massacre d’autres tribus en raison de leur différence, la proposition de Barghouti relève carrément de la science-fiction.

 

Il existe une seule solution au conflit Israélo-Palestinien : le respect du droit des Palestiniens à l’autodétermination, à côté du respect du droit des Juifs a l’autodétermination. Le mouvement BDS, opposé à cette solution, pérennise le problème. Les Juifs en Israël ne veulent pas devenir une minorité au Moyen Orient. Ils en ont assez. Ils regardent ce qui advient aux autres minorités de la région, indépendamment même des massacres devenus monnaie courante sous l’ère du Djihad global. Ils voient ce qui se produit pour les Coptes en Égypte, ils ont vu ce qui est arrivé aux musulmans noirs au Darfour.

 

C’est pourquoi le mouvement BDS est, en premier chef, le plus grand ennemi des Palestiniens. Ce mouvement se bat contre Israël, et non pour les Palestiniens. Il maintient les Palestiniens dans le statut de réfugié. Il les enfonce encore davantage dans les sables mouvants d’un statut méprisable, cultivant l’espoir chimérique d’un imaginaire « droit au retour ». Ceux à qui la paix importe doivent faire attention à ce piège à mensonge, tissé par les adeptes du mouvement BDS.

 

 

ALEX JORDANOV, JOURNALISTE D’INVESTIGATION : « MERAH NE PREVOYAIT PAS INITIALEMENT DE VISER L’ECOLE OZAR HATORAH

Steve Nadjar

Actualité Juive, 22 Juillet 2015

 

Actualité Juive : Vous relevez avec beaucoup de minutie le nombre d’impairs, de ratés, de pistes non exploitées par la police et les renseignements pour arrêter Mohammed Merah avant qu’il ne soit trop tard. Comment expliquez-vous une telle série de mauvais choix ?

 

Alex Jordanov : Il y a des rivalités en haut de l’appareil policier et de la pyramide administrative française. C’est souvent de l’ego mal placé, des intérêts particuliers, et malheureusement cela a coûté la vie à des enfants et des militaires. On a dit que Merah était sorti et rentré de son appartement sans que personne ne le rencontre. Je peux révéler à Actualité Juive que ce n’est pas exact ! D’après les policiers toulousains sur place, quand Merah revient de sa virée nocturne après avoir appelé France 24, certains le reconnaissent, d’autres hésitent… La période électorale est également à prendre en compte. Il est de notoriété publique que les conseillers de Nicolas Sarkozy se sont posé des questions sur l’impact des attentats sur la campagne. J’imagine qu’à gauche c’était pareil. Le pouvoir a également privilégié pendant les trois premiers jours la piste de l’extrême droite. C’était une idée grotesque.

 

A.J.: Vous citez également l’incroyable témoignage du directeur du contre-espionnage toulousain devant le juge.

 

Alex J. : C’était la personne, avec « Hasan » l’agent traitant, qui connaissait le mieux Merah. Il a proposé son aide et demandé  à plusieurs reprises aux magistrats de pouvoir accéder aux réunions de crise après les meurtres de militaires. On le lui refusera.

 

A.J.: « Un pistolet israélien qui a tué des Israéliens, des Juifs » se réjouira Merah devant les policiers après la tuerie de l’école Ozar Hatorah. Vous montrez pourtant que l’établissement ne devait pas au départ être ciblé…

 

Alex J. : Merah avouera en effet qu’il ne prévoyait pas initialement de viser l’école. Il voulait ce jour-là « taper » des militaires qui n’étaient finalement pas chez eux et il a trouvé un « plan B ». Il connaissait bien sûr l’école, mais lorsqu’il sort de chez lui à l’aube, ce 19 mars 2012, il ne prévoit pas de l’attaquer. Il avait une dent contre les militaires. Pour un des théoriciens d’Al Qaïda, Abou Moussab Al Souri, il faut viser les Juifs mais pas les synagogues, les événements sportifs et les « apostats » militaires et policiers. Ozar Hatorah était donc potentiellement sur la liste d’Al Souri. Les frères Tsarnaïev à Boston en 2013, Nemmouche à Bruxelles l’année suivante, Coulibaly en janvier : ils ont tous suivi cette liste. C’est le djihad « low cost ». On frappe souvent, « petit », pour créer un impact médiatique puissant et récurrent. Il faut dégoûter les Occidentaux, les pousser à l’affrontement.

 

A.J.: Comment caractériseriez-vous la haine antijuive de Merah ?

 

Alex J. : Son frère Abdelkader n’a pas du tout apprécié que l’aîné, Abdelghani, soit marié à une femme qu’ils considéraient « juive », alors que techniquement celle-ci était catholique. Il y avait, dans les cercles autour de Merah, son oncle, son frère, un entourage qui lui rappelait en permanence la haine à avoir contre les Juifs.

 

A.J.: Le livre dévoile d’ailleurs une chose incroyable : son frère Abdelkader avait tenté dans le passé de se convertir au judaïsme…

 

Alex J. : C’était un délinquant, spécialisé dans le trafic de stupéfiants. Un des hommes les plus dangereux du quartier toulousain des Izards. On le surnommait « Ben Laden »… Un jour, il décide  de « se laver » de qui il est. Il rencontre alors un rabbin qui lui explique le long processus de conversion dans le judaïsme. Cela l’a rapidement découragé. Il s’est également intéressé à la Bible, trop contradictoire à son goût.

 

 

BLANC MESNIL: UNE FAMILLE JUIVE VICTIME D'UNE GRAVE AGRESSION ANTISEMITE

I24, 16 Juillet 2015

 

Une famille juive a été agressée jeudi matin dans son pavillon du Blanc Mesnil (région parisienne) par trois individus qui sont entrés dans la résidence par effraction, a révélé le BNVCA (Bureau National de Vigilance contre l'Antisémitisme).

 

Dans une interview exclusive accordée à i24news, le président l'ONG Samy Ghozlan a livré les détails de cette agression à caractère antisémite. "Vers 5 heures du matin, trois hommes armés et cagoulés sont entrés par effraction dans le pavillon de cette famille juive. Ils ont séquestré, violemment molesté, et attaché les trois membres de la famille, un père, une mère et leur fils, avant de leur dérober de l'argent et de s'enfuir", a-t-il affirmé. "Le caractère antisémite de cette agression est indiscutable. Les agresseurs ont reconnu les objets de culte juifs qui étaient disposés dans l'appartement. A chaque fois qu'ils les frappaient, ils disaient : 'vous êtes juifs, vous avez de l'argent, on est venu chez vous parce que vous avez de l'argent'".

 

Les auteurs qui selon les premiers éléments de l'enquête seraient d'origine africaine, auraient volé 2.500 euros, le véhicule de la famille. Ils auraient également pris les clés de la bijouterie de la famille, qui se trouve à Paris dans le dixième arrondissement. Selon Samy Ghozlan, les victimes ont été très traumatisées et très marquées par cette agression. "Le fils a eu une vingtaine de points de suture, la mère a été atteinte à l'œil. L'agression a été très violente".

 

Les trois victimes étaient toujours hospitalisées jeudi soir et l'enquête n'a pas encore parmi de retrouver les auteurs de l'agression. "Cette attaque rappelle singulièrement l'agression commise récemment à Créteil. Le cliché du "juif et l'argent" reste très présent", a ajouté le président du BNVCA. En décembre dernier, trois hommes armés avaient fait irruption au domicile d'une famille juive, à Créteil. Ils avaient réclamé de l'argent, violé une jeune fille et attaché un jeune homme.

 

Dans un communiqué publié dans la journée, le BNVCA affirme "redouter que le fléau de l'antisémitisme se développe de plus en plus. Alors que l'Etat a pris des mesures pour protéger les édifices, les synagogues, les centres communautaires, les écoles juives (…) nous constatons que les cibles des antijuifs, sont de plus en plus les enfants juifs portant kippa attaqués dans la rue, les commerces juifs, leurs clients et désormais des familles juives dans leur propre domicile."

 

LA TECHNOLOGIE ISRAELIENNE VIENT AU SECOURS DES EAUX SACREES DU GANGE.

Times of Israel, 22 Juillet 2015

 

Le Gange est une rivière de plus de 2 500 kilomètres de long qui traverse le nord de l’Inde. Sacrée pour les Hindous, elle fournit un tiers des besoins en eau de la population indienne explique Haaretz.

Cependant les eaux du Gange sont très polluées malgré l’importance des pèlerins hindous qui viennent s’y tremper chaque année.

 

Selon le site internetTakepart.com, le Gange fait partie des 11 rivières les plus polluées au monde.

Ainsi un budget a été mis en place par le Premier ministre Narendra Modi de près de 700 000 dollars pour financer son nettoyage.

 

Une délégation israélienne d’experts composée d’entreprises privées mais également de spécialistes du gouvernement devrait être envoyée en Inde pour leur venir en aide et proposer un projet de dépollution des eaux.

 

 

UN CHEF ETOILE CHEZ MACDONALD

Times of Israel, 21 Juillet 2015

 

Le chef israélien Moshik Roth, 2 étoiles au guide Michelin, signe une collaboration avec les fast-foods américains MacDonald rapporte le site Happy in Tel-Aviv. En plus de ravir les palais des gourmets en tout genre, il ravira également le palais des végétariens. En effet, les recettes élaborées par Moshik Roth, spécialiste de la cuisine moléculaire, sont toutes composées à base de tomate.

 

Les trois recettes actuellement disponibles : le Hamburger, le Crispyburger et les Nuggets, dans son menu Mc Tomato, donnent l’impression de déguster une succulente viande fumée. Le « steak » végétarien est en réalité constitué d’un mélange de tomate, de betterave, de laitue et de fromage. Ces recettes sont, pour le moment, disponibles au MacDonald qui se situe sur la Tayelet de Tel-Aviv (81 rue HaYarkon). En fonction de son succès, la collaboration pourrait prendre forme à travers Israël.

 

 

UNE JEUNE ISRAELIENNE "NOUVEAU VISAGE" DE CHRISTIAN DIOR

I24, 11 Juillet 2015

 

Une jeune adolescente israélienne de 14 ans originaire de Holon est devenue la nouvelle égérie de l'une des grandes maisons de couture françaises, Christian Dior, rapporte samedi le site Time of Israel. Grande blonde aux yeux bleus, Sofia Mechetner, fille d'immigrants originaires d'ex-Union soviétique, a ouvert la Fashion Week à Paris la semaine dernière, alors qu'elle n'avait jusqu'alors aucune expérience dans le mannequinat.

 

Dans la maison familiale et modeste de la banlieue de Tel Aviv où elle vit avec sa mère et ses deux jeunes frères et sœurs, le quotidien de Mechetner est pourtant bien éloigné des lumières du monde de la mode. Sa mère enchaîne les petits boulots : elle est femme de ménage, et prodigue des soins pour les personnes âgées. Sofia, elle, doit s'occuper de son frère et de sa sœur lorsqu'ils rentrent de l'école.

 

La chaîne israélienne Arutz 2 a accompagné Sofia pendant plusieurs jours avant la Fashion Week de Paris. Dans un reportage diffusé vendredi soir, on voit Sofia cuisiner des repas, nettoyer et plier le linge pour sa famille alors que sa mère est absente. Elle partage une chambre avec son frère et sa sœur, et n'a que peu d'amis, expliquant être gênée par la modestie de leur appartement. Sa mère, elle, dort sur le canapé du salon.

 

Mechetner est tombée dans le monde du mannequinat par accident. C'est une série de coïncidences qui l'a amenée à signer chez Dior, pour sa première expérience dans le mannequinat. L'adolescente, dont la ressemblance avec Kate Moss lorsque celle-ci était plus jeune est frappante, a été découverte en Israël par l'agence de mannequins Roberto, dont le propriétaire, conquis par son regard, a décidé de tenter de la présenter aux grandes marques de la mode à Paris.

 

Repérée par le designer de Dior, la maison de couture lui a proposé de devenir son "nouveau visage", pour près d'un million de shekels. Plusieurs jours après la proposition, Sofia a suivi un cours intensif pour apprendre à marcher sur une piste avant d’ouvrir le dernier défilé de Dior. Interrogée sur ce qu'elle comptait faire avec tout cet argent, Sofia a dit en riant: "Je pense que nous allons acheter un appartement où j'aurais ma propre chambre".

 

Analyse: des empreintes turques dans le sable du Sinaï?: Jacob Wirtschafter, I24, 21 juillet, 2015

 

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