UNE SOLUTION RÉALISTE AU CONFLIT INTERMINABLE

 

 

 

 

 

 

 

La solution du conflit exige impérativement une approche réaliste !

Zvi Tenney

Le CAPE de Jérusalem, 12 février 2013

 

A la veille de la visite en Israël du Président Obama, on entend de plus en plus de déclarations du genre faite il y a quelques jours par Hillary Clinton, à savoir, « qu’avec le renforcement en Israël des partis de centre-gauche après les dernières élections, il y avait à présent plus de chance de faire avancer une solution du conflit palestino israélien ». Ceux sont là des déclarations que l’on entend aussi bien en Europe qu’en Amérique.

 

Cela laisse sous-entendre clairement que la solution de ce confit dépend de la volonté israélienne de faire des concessions aux Palestiniens que seul le centre-gauche politique en Israël est disposé à faire.

 

N’est-ce pas là une vision aberrante quand on se souvient que les concessions quasi absolues faites par Ehoud Barak alors P.M., qui s’était engagé en Juillet 2000 à démanteler toutes les implantations, acceptant l’établissement d’un Etat palestinien sur 97 % de la Judée Samarie et 100 % de la bande de Gaza, n’ont abouti à rien , comme d’ailleurs celles réitérées dans le même sens en 2008 par le P.M. d’alors Ehud Olmert ?

 

N’est-ce pas curieux que toutes ces déclarations fassent fi également du fait que le démantèlement de toutes les colonies israéliennes dans la bande de Gaza et sa restitution totale aux autorités palestiniennes ont eu les résultats désastreux que l’on connaît ?

 

D’où provient ce refus obstiné de discerner la véritable et fondamentale cause de ce conflit palestino israélien, à savoir le refus arabe d’accepter l’existence d’Israël en tant qu’Etat du peuple juif ?

 

Pourtant même le Président Abbas considéré comme « modéré » a déclaré dernièrement haut et fort et sans ambages « qu’il n’acceptera jamais, même dans mille ans, un Etat juif au coté de l’Etat palestinien ». Les médias officiels et les manuels scolaires de l’Autorité palestinienne n’en font d’ailleurs pas un secret, loin de là.

 

Il est donc incompréhensible de voir les Européens nous pointer du doigt comme responsables de la prolongation du conflit et soutenir les Palestiniens, sans tenir le moindre compte du manque de leur implication à la réalisation de la « solution à deux Etats » et de leur refus de reconnaître Israël, en tant qu’Etat Juif.

 

Pire encore, les gouvernements européens continuent de transférer des fonds aux Palestiniens, même s’ils sont parfaitement conscients du fait que l’Autorité palestinienne – qui est dirigée par le Fatah et le Hamas – éduque des générations de jeunes gens à poursuivre la lutte contre Israël jusqu’à son anéantissement..

 

Il faut signaler à ce propos que des membres du Parlement européen ont dernièrement échoué dans leurs tentatives répétées de déterminer comment les fonds européens transférés généreusement aux Palestiniens sont utilisés et employés à financer le terrorisme, l’incitation antijuive et celle contre Israël. Un rapport interne élaboré par l’Union Européenne sur le sujet n’a pas eu permission d’être publié…..Et pour cause !

 

La question se pose donc pourquoi le Monde occidental, si soucieux de faire progresser un processus de paix dans notre région, ne s’occupe pas de ce refus palestinien de toute solution du conflit qui inclurait un Etat juif et préfère faire pression sur Israël qu’il s’obstine à considérer comme étant seul détenteur de la clef de la solution pacifique du conflit ?

 

Quel gouvernement pour Israël ?

Victor Perez

terredisrael.com, 14 février 2013

 

Les élections passées, chacun s’interroge sur la coalition qui régira pour les années à venir le quotidien israélien. Benjamin Netanyahou a reçu un mandat de vingt-huit jours pour rechercher le programme commun à une majorité de partis prêts à gouverner. Soit un minimum de soixante et un sièges de députés. Ainsi, Yesh Atid de Yaïr Lapid, Habayit Hayehudi de Nephtali Bennet, Shass et Yaadout Hatora, mais aussi Kadima et Hatnouah de Tsipi Livni seront probablement appelés à être dans le futur gouvernement autour du Likoud et d’Israël Beiteïnou. Soit une majorité parlementaire de quatre-vingt huit députés. De quoi asseoir cette nouvelle administration dans une réelle stabilité.

 

En sera-t-il ainsi ? C’est le vœu du Premier Ministre qui neutraliserait les appétits de chacune des composantes et de leurs chefs. A commencer par Yaïr Lapid qui se voit chef avant d’avoir préalablement connu les rugosités de son siège de député.

 

Il va de soi que rien ne garantit actuellement que tous ces partis acceptent de siéger dans un tel gouvernement, dirigé de surcroît par un Netanyahou qui fut, pour la plupart de ces partis, hué lors de la campagne électorale. Il ne leur restera plus alors qu’à tenter de subsister dans l’opposition avant de voir fondre, lors de nouvelle élections, leur nombre d’élus, ou de disparaître de l’horizon politique pour n’avoir rien apporté à leurs électeurs. Les partis Kadima et Hatnouah particulièrement.

 

Si Shass et Yaadout Hatora ont une base d’électeurs solide qu’ils retrouveront qu’ils soient dans la majorité ou l’opposition ils ont tous deux un intérêt vital à siéger au gouvernement. On les y verra donc siéger !

 

Il n’en est pas de même avec Yesh Atid et Habayit Hayehudi. Deux partis voguant sur un mécontentement momentané et n’ayant donc rien de pérenne pour l’instant. Ce qui les incitera à accepter le programme commun proposé par le Premier ministre plutôt que de pousser leur intransigeance et de risquer de connaître le même sort que le parti Kadima, mouvement politique qui passa, dans la dernière législature, de la posture de premier parti du parlement avec vingt-huit députés à péniblement deux, ou encore celui du parti Shinouï de Tommy Lapid passant de quinze à zéro élus et du parti des retraités, surprise des élections de 2006 et disparu en 2009.

 

Il y a donc de fortes probabilités pour que ce gouvernement, soutenu par quatre-vingt huit députés, voit le jour. Si ce n’est dans le temps imparti, le délai supplémentaire légal de quatorze jours permettra d’affiner les positions de chacun.

 

Ainsi, Benjamin Netanyahou pourra sereinement proposer une loi pour le service militaire pour tous sans que les religieux ne puissent s’y opposer ni mettre en danger la coalition formée, continuer les constructions dans les implantations sans que Yesh Atid et Hatnouah n’y voient une quelconque obstruction à un processus de paix que par ailleurs Habayit Hayehudi ne soutient pas. Chaque parti faisant le mort lors d’une loi lui déplaisant.

Si l’on peut considérer que cette façon de faire est jouer l’un contre l’autre, il n’en reste pas moins qu’une majorité du peuple israélien verra dans ce gouvernement de rassemblement le respect de ses choix.

 

Ce qui démontrera que le scrutin proportionnel est le système respectueux par excellence des désidérata du peuple israélien. Un système que l’on nomme démocratie.

 

La Turquie abandonnerait-elle l'Occident ?

Daniel Pipes

The Washington Times, 6 février 2013

Adaptation française: Anne-Marie Delcambre de Champvert

 

Ls récentes mesures prises par le Gouvernement de la Turquie suggèrent qu'il se pourrait qu'il soit prêt à laisser tomber le club des démocraties de l'OTAN pour une bande russe et chinoise d'États autoritaires.

 

À partir de 2007, le gouvernement d'Ankara a fait une demande, trois fois sans succès, pour faire partie en tant que membre invité de l'organisation de coopération de Shangaï (ou OCS, officieusement connue comme les Cinq de Shanghai). Fondée en 1996 par les gouvernements russe et chinois, en compagnie de trois (et en 2001 d'un quatrième) anciens Etats soviétiques d'Asie centrale [le Kazakhstan, le Kirghizstan, le Tadjikistan et l'Ouzbékistan (NDLT)], l' OCS a très peu retenu l'attention de l'Occident, même si elle a de grandes ambitions de sécurité militaire et d'autres aspirations, y compris la création éventuelle d'un cartel du gaz. En outre, elle offre une solution de rechange au modèle occidental, de l'OTAN, pour la démocratie, et pour le remplacement du dollar américain comme monnaie de réserve. Après ces trois refus, Ankara a demandé le statut de «partenaire de dialogue» en 2011. En juin 2012, il a gagné et sa demande a été approuvée.

 

Un mois plus tard, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a fait un communiqué sur ses dires au président de la Russie Vladimir Poutine : «Allez, acceptez-nous dans les Cinq de Shanghai [en tant que membre à part entière] et nous allons changer d'avis sur l'Union européenne." Erdoğan a repris cette idée le 25 janvier , notant les efforts turcs toujours au point mort pour rejoindre l'Union européenne (UE): "[Si vous agissez] en tant que Premier ministre d'un pays de 75 millions de personnes", a t-il expliqué, "vous commencez à chercher des alternatives. C'est pourquoi j'ai dit à Mr. Poutine l'autre jour: «Allez, prenez-nous dans les Cinq de Shanghai, faites-le, et nous allons dire au revoir à l'UE. Pourquoi ces atermoiements ?" Il a ajouté que l'OCS "est beaucoup mieux, est beaucoup plus puissante [que l'UE], et nous partageons des valeurs en commun avec ses membres."

 

Le 31 janvier, le ministère des Affaires étrangères a annoncé son plan pour passer au niveau supérieur d'«État observateur» à l'OCS. Le 3 février Erdogan a réitéré la remarque précédente, en disant: «Nous allons chercher d'autres possibilités,» et il a loué le "processus de démocratisation" du groupe de Shanghai tout en dénigrant l'«islamophobie» européenne. Le 4 février , le président Abdullah Gül est allé dans le sens opposé, en déclarant que "L'OCS n'était pas pas une alternative à l'UE …. La Turquie veut adopter et mettre en œuvre les critères de l'UE."

 

La manœuvre feinte d'aller vers l'OCS rencontre des obstacles importants: si Ankara mène l'action pour renverser Bachar al-Assad, l'OCS soutient fermement le leader syrien assiégé. Les troupes de l'OTAN viennent juste d'arriver en Turquie pour l'équiper de batteries de missiles Patriot protégeant ce pays contre des missiles de fabrication russe de la Syrie [Ankara a demandé à l'OTAN de déployer des missiles Patriot le long de la frontière turco-syrienne qui s'étend sur 820 kilomètres (NDLT)]. Plus fondamentalement, les six membres de l'OCS dans leur totalité s'opposent fermement à l'islamisme que soutient Erdogan. Peut-être, par conséquent, Erdogan a-t-il mentionné l'adhésion comme membre de l'OCS seulement pour faire pression sur l'Union européenne, ou comme discours symbolique destiné à ses partisans.

 

Les deux sont possibles. Mais je prends le long flirt de six mois au sérieux pour trois raisons. Tout d'abord, Erdoğan a établi un record de franc-parler, ce qui conduit un auteur d'articles, un auteur-clé, Sedat Ergin , à qualifier la déclaration du 25 janvier d'Erdogan comme étant peut-être la «plus importante» déclaration de politique étrangère qu'il ait jamais faite.

 

Deuxièmement, comme le journaliste turc [auteur de chroniques paraissant régulièrement] Kadri Gürsel, le souligne,« Les critères de l'UE exigent de la part de la Turquie [que soient respectés] la démocratie , les droits de l'homme , les droits syndicaux, les droits des minorités, l'égalité entre les sexes, la répartition équitable des revenus, la participation et le pluralisme. L'OCS en tant qu'union de pays dirigés par des dictateurs et des autocrates n'exigera aucun de ces critères d'adhésion. " Contrairement à l'Union européenne, les membres de Shanghai ne feront pas pression sur Erdoğan pour qu'il libéralise mais ils encourageront les tendances dictatoriales qui sont en lui et que tant de Turcs redoutent déjà.

 

Troisièmement, l'OCS correspond bien à son impulsion islamiste qui le pousse à défier l'Occident et à rêver d'une solution de rechange. L'OCS, avec russe et chinois comme langues officielles, a un ADN profondément anti-occidental et ses réunions sont hérissées de sentiments anti-occidentaux . Par exemple, lorsque le président iranien Mahmoud Ahmedinejad s'est adressé au groupe en 2011, personne ne refusa sa théorie du complot à propos du 11 septembre selon laquelle [cet attentat] ne serait qu'un coup monté de l'intérieur par le gouvernement des USA "comme un prétexte pour envahir l'Afghanistan et l'Irak et pour tuer et blesser plus d'un million de personnes. " De nombreux bailleurs de fonds font écho à l'analyste égyptien Galal Nassar dans son espoir qu'en fin de compte l'OCS "aura une chance de régler la compétition internationale à son avantage." A l'inverse, comme un fonctionnaire japonais a noté, "L'OCS est devenue un bloc rival de l'alliance américaine. Elle ne partage pas nos valeurs."

 

Les démarches turques en vue de devenir membre du groupe de Shanghai mettent en évidence l'adhésion maintenant ambivalente d'Ankara dans l'Organisation du Traité Atlantique Nord, nettement symbolisée par l'exercice sans précédent des forces aériennes conjointes turco-chinoises de 2010. Compte tenu de cette réalité la Turquie d'Erdogan n'est plus un partenaire digne de confiance pour l'Occident mais ressemble plus à une taupe introduite dans le saint des saints[espion au cœur de la maison de l'Occident (NDLT)]. Si elle n'est pas expulsée, elle devrait au moins être exclue temporairement de l'OTAN.