VICTOIRE DE ROHANI EN IRAN : CADEAU EMPOISONNÉ POUR L’OCCIDENT

 

 

 

 

 

 

La victoire de Rohani :

un cadeau empoisonné pour l’Occident

Freddy Eytan

Le CAPE de Jérusalem, 6 juin 2013

 

La victoire imprévue d’Hassan Rohani et la participation massive des Iraniens aux élections prouvent que les sanctions occidentales imposées à Téhéran sont douloureuses et efficaces. Le peuple iranien souhaite vraiment le changement et en a ras le bol de l’isolement de son pays dans l’arène internationale. Il a trop souffert de la politique désastreuse menée ces dernières années par le grotesque et l’extravagant illuminé Mahmoud Ahmadinejad.

 

En évitant de descendre dans la rue et d’affronter les Gardiens de la Révolution, les Iraniens pensent par un vote sanction populaire réussir à faire sortir leur pays de la quarantaine et pouvoir renouveler le dialogue régional et international. Cette approche naïve mais sincère est en fait l’idée manigancée par le Guide spirituel, l’Ayatollah Khamenei. Pour apaiser la grogne et la contestation, il a choisi avec la ruse et la manipulation un nouveau président qui aux yeux du monde arabe et des Occidentaux représente le compromis et une certaine modération par rapport à son prédécesseur et ses concurrents malheureux. Qu’on ne se trompe pas, Rohani fait partie de la classe religieuse chiite et agit en connivence avec le chef de l’Etat.

 

La communauté internationale, notamment la France et les Etats-Unis, s’est empressée de réagir favorablement à l’élection de Rohani comme s’il s’agissait de résultats démocratiques. Leurs réactions hâtives rappellent celles prononcées juste après les révoltes intervenues en Tunisie, en Libye et en Egypte, les qualifiants naïvement de « Printemps arabe »…

 

Certes, le peuple iranien n’est pas notre ennemi. L’Iran bouge lentement et dans le bon sens, et nous devons encourager la jeune génération, celle de Facebook et de Twitter, à intervenir dans les décisions gouvernementales et rejeter toute tentative des ayatollahs de plonger l’Iran dans l’obscurantisme du Moyen-âge, mais à l’évidence, l’Iran demeure une théocratie chiite et son souverain sera toujours considéré comme le représentant d’Allah jusqu’au jour où un véritable changement démocratique écartera définitivement tous les ayatollahs. D’ici là, vigilance et prudence obligent. Rohani sera jugé par ses actes, par ses réformes et son pouvoir de résister au guide spirituel. Un désaveu pourra également renforcer le désespoir, la frustration et la contestation dans les rues. 

 

Devant le cadeau empoisonné qu’offre ayatollah Khamenei à l’Occident, notre tâche se complique et nous laisse quasiment seuls dans notre combat existentiel. Nous devons poursuivre sans relâche notre objectif d’empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire, et prouver au monde que l’Iran change peut-être de tactique en cherchant à abolir les sanctions et à sortir de son isolement, mais son idéologie et son but n’ont pas changé de cap. La stratégie des ayatollahs demeure la même, à savoir « faire flotter l’étendard chiite au Moyen-Orient et libérer toute la Palestine des occupants sionistes par tous les moyens ». L’intervention iranienne en Syrie et la participation du Hezbollah aux côtés du régime d’Assad pour libérer ensuite le Golan et la Palestine font partie de cette stratégie chiite. Les Etats-Unis et l’Europe peuvent donner une certaine chance à Rohani mais doivent à tout prix éviter de tomber dans le piège tendu par des ayatollahs aux commandes depuis 1979. 

 

 

Israël-Autorité palestinienne :

des relations économiques en quête d’horizon politique

Nathalie Hamou

juif.org, 20 juin 2013

 

Avec le gel des négociations, le concept de «paix économique» a fait long feu. Très dépendante d’Israël, l’économie palestinienne peine à trouver des débouchés. Mais le secteur privé explore de nouvelles voies.

 

Ramallah et Jérusalem parviendront-elles à relancer leur coopération économique ? Tel est du moins le souhait des ministres des finances israélien et palestinien qui ont annoncé dimanche 16 juin leur intention de renforcer leurs liens. A l’issue d’une rencontre organisée après plusieurs mois d’interruption, Yaïr Lapid et son homologue de l’Autorité Palestinienne, Shoukri Bishara, ont décidé de rétablir les réunions régulières sur des questions techniques « comme les points de passage (…), la fourniture de carburants, d’électricité et d’eau aux Palestiniens et le financement des soins des Palestiniens dans les hôpitaux israéliens », selon un communiqué palestinien.

 

Un changement de climat qui n’augure pas forcément d’un réchauffement majeur… Signe des temps, lors de la conférence annuelle « Facing Tomorrow » qui se tient du 18 au 20 juin à Jérusalem à l’initiative du Président de l’Etat hébreu, Shimon Pérès, fervent défenseur d’une solution à deux Etats, un seul intervenant palestinien a figuré au menu des deux journées. A en croire les organisateurs de la manifestation à laquelle assistent Bill Clinton ou encore Tony Blair, des invitations ont bien été envoyées côté palestinien, mais les intéressés ont décliné. « A l’heure où le processus de paix reste au point mort (Ndlr : depuis septembre 2009), aucune figure palestinienne ne peut prendre le risque de cautionner un semblant de normalisation avec Israël », souffle un observateur.

 

D’évidence, les relations économiques entre Israël et les Territoires palestiniennes, régies par les Accords de Paris (1994), n’ont jamais cessé d’exister. Au point que l’économie palestinienne reste largement dépendante d’Israël. L’an dernier, les exportations de produits industriels et agricoles de l’Autorité palestinienne (Cisjordanie) vers l’Etat hébreu, se sont élevées à 550 millions de dollars, soit environ 76% du total. Tandis que les exportations israéliennes (secteurs industriels et agricoles, hors marchandises en simple transit) ont atteint 670 millions de dollars, sur un total supérieur à 40 milliards. « Simplement, il existe une tension entre la sphère publique et privée », note Dan Catarivas, responsable des relations internationales au sein de l’Association des Industriels israéliens.

 

De fait, le politique interfère régulièrement sur les échanges entre les deux entités. Ces derniers mois, l’Autorité palestinienne a ainsi connu une crise budgétaire, en raison du désengagement des bailleurs de fonds de certains pays arabes ; mais aussi, du fait de la saisie pendant quatre mois des taxes collectées par Israël pour le compte des Palestiniens, suite à la décision de Mahmoud Abbas de demander un statut d’Etat observateur aux Nations-Unies.

 

Plus généralement, c’est le concept de « paix économique », cher au premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, qui semble avoir fait long feu. « Depuis quatre ans, les officiels palestiniens font valoir que la paix économique risque de se substituer à la paix politique et l’ont rejetée, poursuit Dan Catarivas. Ils essayent de réduire les relations économiques avec Israël car à leurs yeux, ces échanges ne font que cautionner l’occupation israélienne. Mais dans les faits, ce raisonnement ne tient pas. Ce qui ne veut pas dire qu’il ne faille pas explorer des voies pour réduire la dépendance de l’économie palestinienne à l’égard d’Israël ».

 

A en croire ce responsable, les Palestiniens n’ont pour l’heure pas d’autre choix que d’acheter des produits de base israéliens. Pour autant, Israël fournit du travail à plus de 30.000 Palestiniens dans ses zones industrielles, et à 22.500 autres dans ses implantations situées au-delà de la ligne verte, à un niveau salaire trois à quatre fois plus élevé que celui versé par les employeurs palestiniens.

 

Reste que la rhétorique est bel et bien en train de changer. Lors du dernier Forum économique mondial, qui s’est tenu fin mai sur la rive jordanienne de la mer morte, quelque 300 hommes d’affaires palestiniens et israéliens, à l’origine de l’initiative « Briser l’impasse », ont appelé leurs dirigeants à se rassoir à la table des négociations : un préalable selon eux à la relance de la coopération économique. Ce qui n’empêche pas nombre d’opérateurs du secteur privé de travailler ensemble malgré le « Mur » qui les sépare. A l’image de l’entreprise israélienne Mellanox, qui fait de l’outsourcing avec des programmeurs de Ramallah. Selon PITA, qui chapeaute le secteur high tech palestinien, pas moins de 500 ingénieurs de Cisjordanie, s’inscrivent déjà dans ce schéma…

 

 

Un Etat palestinien serait en

contradiction avec la Charte de l’ONU

Zvi Tenney

terredisrael.com, 19 juin 2013

 

Voici quelques remarques à ce sujet émises dernièrement par des juristes en droit international qui pourraient surprendre nombreux….Certes cela ne peut changer la perception courante et actuelle du conflit, mais il n’empêche qu’il est intéressant d’avoir ces remarques en mémoire, surtout quand on pense à la solution de ce conflit en coopération avec la Jordanie.

 

L’ONU a dans sa Charte la résolution 80 qui, lorsqu’elle a été votée, a officieusement été appelée la « clause du peuple juif « , car elle conserve intacts tous les droits accordés aux Juifs par le Mandat britannique pour la Palestine, même après l’expiration dudit mandat les 14/ 15 mai 1948.

 

Cette résolution 80 de la charte de l’ONU a force de traité international car la Charte des Nations Unies dans son entier est un traité international. Appliquée à la Palestine, elle explique que les droits qui ont été donnés aux Juifs sur la terre d’Israël ne peuvent être modifiés d’aucune façon, sauf si un accord de tutelle entre les États ou parties concernés avait transformé le mandat en tutelle, ou en « territoire sous tutelle ».

 

En vertu du chapitre 12 de la même Charte, l’ONU avait une fenêtre de trois ans pour cela, entre le 24 Octobre 1945 (date où la Charte des Nations Unies est entrée en vigueur) et le 14/15 mai 1948, date où le mandat a expiré, et l’Etat d’Israël a été proclamé.

Comme aucun accord de ce type n’a été passé pendant ces trois ans, les droits donnés aux juifs sous le mandat britannique sur la Palestine ont force exécutoire, et l’ONU se doit de respecter cet article 80 qu’elle n’est d’ailleurs pas autorisée à modifier.

 

L’ONU n’a donc aucune possibilité de transférer ou de reconnaître le transfert d’une partie des droits qui ont été donnés au peuple juif sur la Palestine à une entité non juive, en l’occurrence, à l’Autorité palestinienne. Tous les juristes de l’ONU le savent, et buttent sur cette résolution incontournable.

 

Parmi les plus importants des droits conférés aux Juifs, figurent ceux de l’article 6 du Mandat qui reconnaît aux Juifs le droit « d’immigrer librement sur la terre d’Israël et d’y établir des colonies de peuplement « . Ce droit, comme mentionné plus haut, est totalement protégé par l’article 80 de la Charte des Nations Unies .Il faut rappeler que sous le mandat britannique, toute la Palestine était réservée à l’établissement du foyer national juif et du futur Etat juif indépendant, en confirmation de ce qui avait été décidé lors de la conférence de paix de San Remo en Avril 1920.

 

Aucune partie de la Palestine concernée par le mandat britannique (soit la Cisjordanie, après la création de la Jordanie), n’a été donnée pour la création d’un Etat arabe.

 

Les droits des Arabes à l’autodétermination leur ont été accordés ailleurs : en Syrie, en Irak, en Arabie, en Egypte, en Afrique du Nord et en Jordanie (après l’accord spécial modifiant le dit Mandat comme mentionné plus haut). Il a été créé en conséquence 21 Etats arabes sur un immense territoire qui va du golfe Persique à l’océan Atlantique.

 

Il n’y a donc aucune possibilité de créer un Etat arabe supplémentaire indépendant en Cisjordanie, territoires de la Palestine mandataire réservée à l’autodétermination juive.

 

Créer un tel état sur ces terres attribuées aux juifs serait illégal en vertu de l’article 80 de la Charte des Nations Unies, et outrepasserait l’autorité juridique que l’ONU s’est elle-même donnée…Et cela, en dépit de sa tendance et de sa volonté politique !