VOUS AVEZ DIT LES PHARAONS?

 

 

L'EXODE CHRÉTIEN
Lysiane Gagnon
La Presse, 7 Janvier 2012

Prédiction pour 2012: un immense exode de chrétiens arabes. Cela nous concerne directement car le Canada sera une destination d'accueil, et ces migrants pourront réclamer, à bon droit, le statut de réfugié.

 

On estime que depuis mars dernier, quelque 95 000 d'entre eux ont quitté l'Égypte, chassés par les pogroms dont est victime la minorité copte, avec une violence redoublée depuis la chute de Moubarak. C'est un cas particulièrement tragique de nettoyage ethnico-religieux, les 10 millions de coptes (10% de la population) constituant la plus ancienne communauté autochtone du pays, une communauté qui existait à l'ère pharaonique, des siècles avant la conquête arabo-musulmane.

 

Il n'y a aucun doute que la montée de l'islamisme radical en Égypte va accroître le nombre de réfugiés. La communauté chrétienne irakienne, elle aussi enracinée depuis toujours sur cette terre, a déjà fondu de moitié. Les chrétiens étaient 1 million dans les années 90, mais 500 000 ont choisi l'exil à cause des violences sectaires qui ont suivi l'invasion américaine.

 

La prochaine vague de réfugiés viendra de Syrie, où les chrétiens sont au nombre de 850 000 (6% de la population). Cette minorité, active et prospère, a toujours vécu sous l'aile protectrice du régime alaouite, les dictatures du Proche-Orient ayant eu ceci de particulier qu'elles protégeaient les minorités religieuses, réservant leurs foudres aux islamistes militants. Quand les sunnites prendront le pouvoir en Syrie (ce n'est probablement qu'une question de temps), un autre exode est à prévoir car les rebelles sunnites ne cachent pas leur hostilité envers les chrétiens.

 

La montée de l'islamisme en Égypte était prévue. Ce qui ne l'était pas, c'était celle des salafistes, la minorité ultraradicale qui a recueilli 20% des voix aux dernières élections. Ils formeront une force politique avec laquelle tant les militaires que les Frères musulmans devront composer. Certains de leurs chefs ont déjà révélé leurs couleurs.

 

Incroyable mais vrai, dans ce pays dont le tourisme est (ou plutôt était) la principale ressource, les salafistes en ont contre les vestiges pharaoniques, ces dynasties ayant le tort d'avoir existé avant la conquête arabo-musulmane. Bref, les pharaons étaient des mécréants dont les œuvres sont suspectes. Pire, ce qui reste de leurs sculptures et de leurs monuments funéraires représente souvent des figures humaines, une forme d'art interdite par le Coran.

 

Il est donc question, dans les cercles salafistes, de recouvrir les monuments pharaoniens, et encore est-ce là une approche… modérée, comme s'en vantait récemment l'un de leurs chefs: Nous ne sommes pas des talibans, disait-il, faisant allusion au dynamitage des grands bouddhas pré-islamiques d'Afghanistan. Nous nous contenterons de les recouvrir de cire (sic).

 

Tant qu'à tout recouvrir, on recouvrira aussi d'étoffes les touristes féminines qui s'aventureraient à Giza et sur les rives du Nil: elles devront se camoufler de la tête aux pieds. On ne nous dit pas ce que l'on ferait du fabuleux patrimoine du musée du Caire, mais des fanatiques se sont fait la main en incendiant, le 17 décembre, la bibliothèque de l'Institut du Caire, fondé par Bonaparte, qui contenait plus de 200 000 manuscrits irremplaçables.

 

Il est probable que le nouveau régime résistera aux visées antipharaoniques des salafistes, tant est nécessaire la reprise du tourisme. Mais bon, cela illustre un état d'esprit. L'obscurantisme a commencé à s'implanter. L'ancien ministre et chroniqueur Joseph Facal, habitué d'Alexandrie, rapporte que les hôtels de la ville ont cessé de diffuser CNN et TV5 au profit d'émissions religieuses.

 

Cette année, on pourra mieux mesurer l'ampleur et la nature de la montée islamiste, une fois les élections terminées et une nouvelle constitution élaborée. Les salafistes en ont contre les vestiges de l'ère pharaonique, ces dynasties ayant le tort d'avoir existé avant la conquête arabo-musulmane.

LE TEMPS DU PRINTEMPS ARABE DES POLITICIENS EST VENU
David Bensoussan
Isranet.org, 13 Janvier 2012

Interrogé par la journaliste Barbara Walters du réseau de télévision ABC sur les condamnations de la Syrie pour sa répression sanguinaire des manifestants, le président syrien Bachir Al Assad a froidement répondu :

 

  • L’ONU n’est pas une institution crédible.
  • Vous y avez pourtant un ambassadeur.
  • L’ONU n’est qu’un jeu auquel nous nous livrons.

 

L’attitude du président syrien est révélatrice. Pour lui, l’ONU n’est qu’un forum sans valeur intrinsèque. C’est tout au plus une farce à laquelle son pays participe.

 

En effet, il y a longtemps que l’ONU n’est plus crédible: Les pays de l’ex bloc socialiste y ont voté en bloc durant des décennies. La majorité des pays arabo-musulmans ont fait et continuent de faire de même. Pour les dictateurs du Moyen-Orient, l’ONU est un exutoire idéal qui a longtemps servi à noircir toujours plus Israël et permis de la sorte de continuer de subjuguer leurs masses. La lutte contre Israël a longtemps été le ciment qui a servi à combler les fissures de la profonde dissension qui prévaut entre les pays du Moyen Orient.

 

L’Égypte nassérienne voua une lutte systématique contre le régime saoudien et envahit le Yémen pour y instaurer une république. L’Irak et la Syrie furent des ennemis jurés, chaque pays  promouvant sa propre interprétation du socialisme baathiste. La Syrie et la Jordanie furent sur le point d’entrer en guerre au début des années 70. L’intervention syrienne au Liban eut au départ comme objectif d’y réduire l’influence irakienne et son ingérence musclée dans les affaires libanaises se perpétue encore aujourd’hui. Le Maroc et l’Algérie eurent un conflit frontalier qui dure encore au travers de la problématique du Sahara espagnol. La Libye s’est engagée dans de multiples alliances et s’est brouillée avec pratiquement tous les pays arabes. L’Iran chiite a un contentieux séculaire avec l’islam sunnite et essaie de brandir la lutte contre Israël pour étendre son influence au Moyen-Orient, cherchant par tous les moyens à déstabiliser la région en surarmant la Syrie, le Hezbollah au Liban et le Hamas à Gaza.

 

Et l’ONU dans tout cela? L’ONU est devenue une chambre de résonnance pour le matraquage de propagande anti-israélienne à laquelle les dirigeants arabes ne croient même pas. Ce faisant, ils imposent un langage péjoratif qui est repris dans les médias occidentaux lorsqu’ils veulent relater la réalité onusienne, quand bien même ce langage n’est qu’une distorsion grossière et sans nuance de la vérité.

 

Le printemps arabe a eu un caractère endogène et ce fut la première fois que les masses arabes n’accusèrent pas Israël de tous les maux de la terre. Il n’en demeure pas moins qu’il subsiste une inquiétude à l’effet que la nouvelle présence des partis islamistes au pouvoir ne les incite à opter pour les mêmes schèmes de propagande des dictateurs évincés. Le discours et le ton de la Turquie dirigée par un parti islamiste dit «modéré» sont un signe préoccupant, compte non tenu du fait que des dizaines de journalistes y sont emprisonnés. Si les pays arabes ne se défont pas de l’aride politique d’accusation d’Israël savamment entretenue depuis les années cinquante et des initiatives de boycottage économique et culturel, les conditions de confiance nécessaires pour faire des concessions réciproques en voie de l’obtention d’une paix durable ne se matérialiseront pas.

 

Pourtant, le temps est venu pour un printemps arabe des politiciens du Moyen-Orient. Se concrétisera-t-il?   

 

(L’auteur est professeur de sciences à l’Université du Québec)

LA MONTÉE DU HAMAS – «MORT AUX JUIFS!»
Khaled Abou Toameh
france-israel.org, 13 Janvier 2012
Adaptation Française: Elie Fitoussi

La frénésie islamiste qui balaie actuellement le monde arabe a vu le Hamas devenir un acteur légitime et reconnu dans l'arène palestinienne et internationale.

 

Le premier ministre du Hamas Ismaïl Haniyeh a commencé la semaine dernière une tournée dans un certain nombre de pays arabes et islamiques, où il a jusqu'ici été reçu comme un héros et où des slogans ont été scandés «Mort aux Juifs!» Dans les pays qu'il a visité à ce jour – le Soudan, la Turquie et la Tunisie – Haniyeh a été reçu comme le «Premier ministre palestinien.»

 

Les dirigeants de ces trois pays ont traité Haniyeh comme s'il était un guerrier légendaire musulman qui a déclaré le djihad [guerre sainte] aux infidèles. Le Premier ministre du Hamas, dont le mouvement a pris le contrôle de la bande de Gaza par un coup «d'état» violent en 2007, a également été invité à prononcer des sermons et des discours devant des milliers de partisans dans les trois pays.

 

C'était la première fois qu'Haniyeh quittait la bande de Gaza depuis 2007.
Le tour d'Haniyeh n'aurait pas été possible s'il n'y avait pas la montée en puissance des islamistes et leur victoire écrasante lors des récentes élections législatives. [Jusqu’au changement de régime…] en Égypte, en Tunisie [et] en Libye, des personnages comme Haniyeh étaient persona non grata.

 

Si quelque chose que le «printemps arabe» a jusqu'ici renforcé c'est le Hamas au détriment de l'autre camp palestinien moins radical. Naturellement, la visite de Haniyeh a rendu furieux les «modérés» de l'Autorité palestinienne en Judée-Samarie, dont les représentants commencent à réaliser que les changements dans le monde arabe ne sont pas en leur faveur.

 

C'est pourquoi le président palestinien Mahmoud Abbas s'est empressé de déposer une protestation à l'adresse des nouveaux dirigeants tunisiens sur l'accueil enthousiaste qu'ils ont réservé à Haniyeh. Abbas, n'a jamais reçu un accueil triomphal et ce dans n'importe quel pays arabe.

 

Jusqu'à récemment, la plupart des pays arabes boycottait le Hamas. Mais maintenant, de nombreux dirigeants arabes sont en compétition pour savoir qui embrassera le Hamas plus fort que l'autre. Reconnaissant la puissance grandissante du Hamas et de son influence, le Secrétaire de la Ligue arabe Nabil Elarabi a demandé l'aide du chef du Hamas Khaled Mashaal pour convaincre le dictateur syrien Bashar Assad d'arrêter le massacre de son peuple.

 

La demande en a fait sourciller plusieurs dans le monde arabe, où les commentateurs politiques se sont précipités pour dénoncer la Ligue arabe d'avoir considéré le Hamas comme possible médiateur auprès d'Assad. Comme l'a fait remarquer un analyste, «Meshaal est affilié avec les régimes syrien et iranien. Il adore le régime syrien à tel point que lors d'un voyage à Téhéran, il embrassa la main du chef spirituel de l'Iran pour le remercier de soutenir Assad.»

 

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