UNE CONFLAGRATION AVEC L’ IRAN EST-ELLE INÉVITABLE?

TIR DE ROQUETTE SUR LE HERMON:

NETANYAHOU MET DE NOUVEAU EN GARDE L’IRAN

I24, 21 jan. 2019

Au lendemain du tir de roquette de Syrie contre Israël imputé à l’Iran, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a une nouvelle fois prévenu la République islamique qu’Israël ne tolérerait aucune agression iranienne dans la région.

“L’armée de l’air a durement frappé des cibles iraniennes en Syrie”, a déclaré Netanyahou lundi après-midi lors de l’inauguration du nouvel aéroport d’Eilat.

“Nous agissons contre l’Iran et contre les forces syriennes qui les aident à nous attaquer. Celui qui essaie de nous atteindre, nous le frappons. Celui qui menace de nous exterminer en subira les conséquences”, a ajouté le Premier ministre.

Plus tôt lundi, un porte-parole de l’armée israélienne avait confirmé que les forces iraniennes présentes en Syrie étaient à l’origine du tir de roquette qui a visé la région du mont Hermon dimanche.

“Hier (dimanche), la force iranienne Al-Qods opérant en territoire syrien a lancé un missile sol-sol depuis le territoire syrien”, a affirmé l’armée israélienne dans un communiqué.

En représailles, l’armée israélienne a ciblé cette nuit des positions iraniennes en Syrie.

“Nous mettons en garde les forces armées syriennes contre toute tentative de nuire aux forces ou au territoire israéliens”, a précisé Tsahal.

Des avions de combat israéliens ont frappé des cibles militaires des forces iraniennes Al-Qods ainsi que des batteries de défense aérienne syriennes, a ajouté l’armée de l’Etat hébreu.

Des sites de stockage de munitions, de renseignement iranien et un camp d’entraînement militaire situés à l’aéroport international de Damas ont été visés par Tsahal.

Cette dernière a indiqué que des dizaines de missiles sol-air syriens avaient été tirés pendant le raid et qu’en réponse des batteries de défense locale avaient été visées par l’armée israélienne.

L’armée russe, alliée du régime syrien, a confirmé que des frappes israéliennes avaient touché la Syrie. Selon Moscou, quatre soldats syriens ont été tués et six blessés.

L’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) qui dispose d’un vaste réseau de sources dans la Syrie en guerre, a donné un bilan de 11 combattants tués dont au moins deux Syriens.

“En tirant vers le territoire israélien hier, l’Iran a de nouveau offert la preuve définitive de ses véritables intentions de s’implanter en Syrie, mettant en danger l’État d’Israël et la stabilité de la région”, a indiqué Tsahal dans un communiqué.

L’armée israélienne a ajouté qu’elle allait continuer ses opérations “avec détermination pour contrecarrer l’enracinement de l’Iran en Syrie”.

“En outre, les forces de défense israéliennes tiennent le régime syrien pour responsable de tout ce qui se passe en Syrie et le mettent en garde de ne pas prendre Israël pour cible”, a continué l’armée israélienne.

Tsahal a en outre précisé qu’Israël était prêt “à tout scénario” et que l’armée continuerait “à opérer pour défendre les civils israéliens”.

Si le système de défense anti-aérien Dôme de fer a réussi a intercepter le missile iranien tiré dimanche au-dessus du mont Hermon, face à la situation, la station de ski israélienne ne sera pas ouverte aux visiteurs lundi.

 

NETANYAHU RAILLE SOLEIMANI : « REGARDEZ L’ÉTAT DE VOS BASES EN SYRIE »

Times of Israel, 24 jan., 2019

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a conseillé mercredi au général iranien Qassem Soleimani d’examiner « l’état des bases iraniennes qu’il tente d’établir en Syrie » plutôt que « d’interférer dans les élections israéliennes ».

Netanyahu a semblé répondre à des informations non confirmées et parues dans un journal koweïtien selon lesquelles Soleimani, qui est à la tête des forces al-Quds des Gardiens de la révolution iraniens, aurait indiqué aux responsables de la république islamique que des frappes à l’intérieur du territoire israélien pourraient faire tomber Netanyahu lors du scrutin du 9 avril.

Selon l’article paru dans al-Jarida, Soleimani aurait déclaré au cours d’une réunion avec le conseil de sécurité nationale suprême organisée lundi à Téhéran que Netanyahu cherchera probablement à attiser les tensions le long de la frontière entre l’Etat juif et la Syrie pour renforcer sa popularité lors des élections.

Il aurait également appelé à lancer trois missiles en réponse à chaque frappe aérienne israélienne en Syrie.

L’article a cité une « source informée » en Iran.

« Plutôt que d’intervenir dans les élections, Suleimani devrait regarder l’état des bases iraniennes qu’il s’efforce d’établir en Syrie », a écrit Netanyahu sur Twitter, se référant aux frappes récentes de l’armée de l’air israélienne qui ont pris pour cible des infrastructures iraniennes en Syrie.

Netanyahu a juré de « continuer à combattre l’Iran aussi longtemps que je serai Premier ministre ».

Dimanche, l’Etat juif aurait commis une rare attaque diurne contre des cibles iraniennes en Syrie. En réponse, l’Iran a lancé un missile sol-sol en direction du nord du plateau du Golan, qui a été intercepté par le système de défense anti-aérienne du Dôme de fer au-dessus de la station de ski du mont Hermon, selon l’armée israélienne.

Quelques heures après, lundi avant l’aube, les avions israéliens ont lancé des frappes de représailles contre des cibles iraniennes aux abords de Damas et contre les batteries de défense ayant ouvert le feu sur les appareils israéliens à l’origine des attaques, a indiqué l’armée.

Vingt-et-une personnes ont été tuées lors des raids israéliens, lundi au petit matin, dont 12 combattants iraniens, a indiqué mardi un observatoire de la guerre syrienne basé au Royaume-Uni.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme, 12 personnes tuées appartenaient aux Gardiens de la révolution islamique iraniens, six étaient des combattants militaires syriens et les trois autres étaient des ressortissants non-syriens.

Israël a mené, ces dernières années, des centaines de frappes aériennes en Syrie contre des cibles liées à l’Iran qui, aux côtés de ses groupes mandataires et de la Russie, se bat pour défendre le président syrien Bashar al-Assad.

 

TIR SUR LE GOLAN: L’IRAN CHERCHE À DISSUADER ISRAËL ET POURRAIT NE PAS Y ARRIVER

Avi Issacharoff

Times of Israel, 21 janvier 2019

L’attaque israélienne sur le territoire syrien tôt lundi matin a été l’une des plus importantes de ces dernières années, et certainement la plus importante depuis la frappe aérienne de Tsahal en septembre dernier, au cours de laquelle les défenses aériennes syriennes ont abattu un avion espion russe et tué ses 15 membres d’équipage.

La tension que cet incident a suscitée entre Moscou et Jérusalem a conduit à limiter les activités israéliennes sur le territoire syrien, et toute action dans l’espace aérien syrien attribuée à Israël à la suite de cet incident a été vigoureusement condamnée par le Kremlin.

L’opération de lundi, donc, n’était pas juste une autre attaque aérienne. Israël envoyait un message non seulement à Damas mais aussi à Moscou pour faire savoir que les attaques à la roquette comme celle de dimanche contre la station de ski du Hermon (qui a été contrecarrée par le Dôme de fer) ne resteraient pas sans réponse.

La roquette syrienne, que l’armée a attribuée à l’Iran, a été tirée par l’un des groupes pro-iraniens opérant en Syrie, probablement une milice chiite soutenue par les Gardiens de la Révolution islamique et son bras expéditionnaire, la Force Al-Qods, commandé par Qassem Soleimani. L’attaque a été menée à la suite d’un raid aérien dans la région de Damas, le dimanche matin, attribué à Israël.

Certains experts israéliens ont soutenu que l’attaque iranienne était une réponse à la fin apparente de la politique d’ambiguïté de longue date d’Israël, en vertu de laquelle les responsables israéliens se sont abstenus de revendiquer explicitement des attaques aériennes et autres opérations militaires menées au cours des années dans ce pays.

Mais c’est peut-être une vision naïve. Il n’y a aucune raison de supposer que les tirs de roquettes en provenance de Syrie ont été déclenchés simplement par l’interview d’un chef d’état-major sortant ou par un commentaire du Premier ministre à propos des frappes en Syrie.

Les Syriens eux-mêmes ont rendu publique chaque frappe israélienne dans leurs propres médias, et la supposée politique d’ambiguïté d’Israël (un vestige de la frappe du réacteur nucléaire syrien en 2007) ne constitue plus depuis un bon moment qu’un slogan. Il ne façonne certainement plus la réponse de Damas aux attaques israéliennes. La réalité de la couverture de l’actualité en ligne a radicalement changé au cours des 12 dernières années, et il n’est plus possible de dissimuler des frappes aériennes importantes, en particulier celles effectuées à Damas, la capitale syrienne.

Les tirs de roquettes sur Israël depuis la Syrie sont vraisemblablement une tentative iranienne de créer un nouvel équilibre des forces sur le front israélo-syrien – en espérant qu’une attaque israélienne en territoire syrien entraînera des tirs sur le territoire israélien. En d’autres termes, il s’agirait d’un nouvel effort de dissuasion à l’encontre d’Israël.

Pourtant, ceux qui ont tiré la roquette essayaient clairement d’éviter d’être entraînés dans une guerre plus vaste, sinon ils auraient lancé des dizaines de projectiles. L’objectif, semble-t-il, était de commencer à construire une nouvelle architecture de dissuasion, tout en limitant les risques de provoquer une confrontation plus large.

Lundi après-midi, il restait à voir comment les Syriens ou les Iraniens réagiraient, à leur tour, à la réaction inattendue et forte d’Israël. Bien que les observateurs des droits de l’homme affirment que 11 personnes ont été tuées lors des frappes israéliennes lundi matin, quatre d’entre elles seraient des soldats syriens et le reste peut-être des Iraniens, et bien que le chef des forces aériennes iraniennes eut juré la « destruction » d’Israël lundi, il est encore trop tôt pour savoir si Bashar el-Assad et ses alliés iraniens comptent réagir.

La télévision russe, quant à elle, a rendu compte de la frappe et expliqué comment elle s’est déroulée. Mais à partir de lundi midi, il n’y a pas eu de condamnation du Kremlin. C’est un changement radical par rapport aux attaques précédentes attribuées à Israël ces derniers mois. Il se peut que la Russie tente à présent de réduire la tension avec Jérusalem qu’elle s’efforce depuis des mois d’attiser. Les deux armées ont même échangé des délégations récemment, des responsables israéliens se rendant à Moscou et une délégation militaire russe se rendant en retour en Israël la semaine dernière. Moscou semble essayer de remettre ses relations avec Israël sur les rails.

La réponse limitée de la Syrie, jusqu’à présent, à la frappe aérienne israélienne se comprend mieux en prenant en compte les problèmes stratégiques plus larges auxquels elle est confrontée.

Premièrement, malgré l’annonce récente du président américain Donald Trump concernant le retrait des forces américaines de Syrie, il semble que Washington n’ait pas l’intention de retirer complètement ses troupes dans l’est du pays au cours des prochains mois. Il est possible que ce retard soit dû à l’opposition du secrétaire d’État Mike Pompeo et du conseiller à la sécurité nationale John Bolton. Quoi qu’il en soit, pour l’instant, les forces américaines continueront d’opérer dans la zone d’al-Tanef, où les frontières syrienne, irakienne et jordanienne se rejoignent.

Ce fait limite toute réponse iranienne, car il laisse en place un obstacle majeur à l’achèvement par l’Iran de son corridor terrestre de Téhéran à la côte méditerranéenne du Liban, et limite ainsi le transfert vers la Syrie d’équipements iraniens importants dont il aurait besoin pour faire face à un conflit avec Israël. Jusqu’à présent, ni les Gardiens de la Révolution ni la force Al-Qods n’ont réussi à amener en Syrie des avions, hélicoptères, chars ou missiles avancés destinés aux forces iraniennes. Les efforts se poursuivent pour expédier des armes de précision à la Syrie, mais un important retranchement iranien sur le territoire syrien a, pour le moment du moins, été repoussé.

Le deuxième élément limitant la réponse à Israël est le conflit croissant en Iran, où la lutte entre les conservateurs du régime et le camp relativement modéré du président Hassan Rouhani pour le contrôle de la politique du pays à l’égard de la Syrie.

Le premier groupe, qui comprend les dirigeants des Gardiens de la Révolution et de la force Al-Qods, appelle à un approfondissement et à un élargissement de l’engagement de l’Iran en Syrie, tandis que le second appelle à une politique « Iran d’abord » alors que de nouvelles sanctions américaines risquent d’affaiblir encore davantage une économie déjà fragile.

Une troisième question concerne la Turquie. Après l’annonce par Trump d’un retrait américain imminent, le président turc Recep Tayyip Erdogan a préparé ses forces à une attaque terrestre contre les milices kurdes du nord-est de la Syrie qui avaient été protégées parce qu’elles étaient alliées aux Etats-Unis dans la guerre contre l’Etat islamique.

Mais la politique américaine a brusquement changé, une fois de plus – et, bien sûr, peut encore changer sans préavis, étant donné l’imprévisibilité du président américain – et Erdogan a dû faire face non seulement à un retard dans le retrait américain promis, mais aussi à une rhétorique agressive de Washington condamnant une attaque turque contre les groupes qui ont combattu loyalement aux côtés des États-Unis pendant toute la guerre civile syrienne.

Erdogan hésite. Il a compris, et pour l’instant semble encore comprendre, qu’une attaque contre les Kurdes est une chose ; une confrontation directe avec les forces américaines dans la région en est une autre.

La réaction ferme d’Israël aux tirs de roquettes de dimanche suggère qu’Israël croit que ses opposants en Syrie sont limités par tous ces facteurs, ce qui donne à Israël une excellente occasion de faire en sorte que les moyens militaires dont dispose l’Iran si près de la frontière du Golan soient démantelés. Le silence de la Russie et le soutien manifeste des États-Unis, sans parler de la lenteur de la Syrie et de l’Iran à fournir leurs propres réponses, donnent à penser que l’évaluation est peut-être correcte.

 

 

ACTUALITÉ

 

 

“LES JUIFS NE SONT PLUS EN SÉCURITÉ DANS RUES D’EUROPE” (HERZOG AU PARLEMENT EUROPÉEN)

I24, 23 jan, 2019

Le président de l’Agence juive, Isaac Herzog, a averti mercredi le Parlement européen à Bruxelles que, malgré les efforts déployés pour lutter contre l’antisémitisme, la haine des Juifs était en hausse et que les Juifs n’étaient plus en sécurité dans les rues d’Europe.

“Nous ne pouvons plus ignorer le fait que les Juifs sont une fois de plus menacés dans les rues d’Europe”, a déclaré Herzog à l’occasion de la Journée internationale de la commémoration de la Shoah organisée par le Parlement européen.

“L’antisémitisme en Europe est aujourd’hui une crise qui fait rage. Une fois de plus. Et cela doit s’arrêter (…) Nous sommes confrontés à l’une des périodes les plus sombres de l’histoire juive en Europe de ces derniers années. Il y a beaucoup trop d’exemples à citer”, a déclaré Herzog.

“Lorsque 90% des Juifs européens déclarent que l’antisémitisme a augmenté dans leur pays d’origine, nous comprenons qu’il s’agit d’un fléau”, a-t-il ajouté, faisant allusion à un rapport de l’Union européenne publié en décembre 2018.

Isaac Herzog a exhorté l’Europe à s’unir dans la lutte contre l’antisémitisme, et invité tous les États à se joindre aux 18 membres qui ont déjà adopté la définition de l’antisémitisme de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste.

Le président du Congrès juif européen, Moshe Kantor, dont le discours a été lu lors de la cérémonie (il n’a finalement pas pu assister à l’événement), s’est également montré pessimiste sur le présent et l’avenir des Juifs européens, évoquant la possibilité que des Juifs quittent l’Europe face à la montée des extrémismes.

Kantor a lui aussi évoqué le sondage réalisé en décembre auprès des Juifs vivant au sein de l’Union européenne, qui indiquait que 38% d’entre eux avaient envisagé d’émigrer parce qu’ils ne se sentaient pas en sécurité, du fait qu’ils soient juifs.

“Si les Juifs quittent l’Europe, la question n’est pas de savoir ce que deviendront les Juifs”, a déclaré Kantor, notant que l’existence d’Israël garantissait leur survie, “mais ce que deviendra l’Europe”.

 

 

L’ANTISÉMITISME « RELÈVE LA TÊTE »

EN FRANCE, DÉPLORE LE PRÉSIDENT ISRAÉLIEN

Times of Israel, 24       jan., 2019

Le président israélien Reuven Rivlin a déploré mercredi que l’antisémitisme « relève la tête » en France, lors d’une rencontre avec Emmanuel Macron qui l’a assuré de sa « détermination » à « poursuivre le combat » contre ce fléau.« Sur notre territoire, nous ferons tout pour que l’antisémitisme recule », a déclaré le président français devant la presse après avoir reçu à l’Elysée son homologue israélien au deuxième jour de sa visite en France.

Il a affirmé sa « détermination » à « poursuivre (notre) combat contre l’antisémitisme, qui constitue la négation même des valeurs de notre République ».

  1. Rivlin a brièvement évoqué ce sujet en déclarant que « malheureusement, nous sommes témoins » que « l’antisémitisme relève la tête hideuse » en France.

Le gouvernement français s’était alarmé à l’automne d’un bond de près de 70 % des actes antisémites sur les neuf premiers mois de 2018, ce qui avait poussé les institutions juives à réclamer des « moyens spécifiques » contre ce « cancer qui gangrène la société ».

Les deux présidents ont loué la solidité des relations entre Israël et la France, qui assument toutefois « leurs désaccords sur certains sujets », selon Emmanuel Macron. Il a notamment cité le nucléaire iranien ou la « progression » de la présence israélienne en Cisjordanie, qui nourrit « des cycles de violence sans fin ».

« Je suis très ému de vous accueillir ici dix ans après le dernier accueil officiel d’un président israélien ici en France. Lors de la création de l’État d’Israël, sous la forte direction de sa génération fondatrice, la France est devenue le puissant défenseur du droit de l’État d’Israël d’exister en toute sécurité et nos deux pays ont construit une confiance mutuelle fondée sur des valeurs de pluralisme. »

« Israël est un terrain fertile pour la technologie qui est admirée dans le monde entier et montre la voie à de nombreuses autres. Ce succès pourrait donner à penser que les grands défis sont derrière nous et pourtant, je suis sûr que nous ne sommes en réalité qu’au début. Le monde d’aujourd’hui est confronté à des défis extrêmement difficiles et nous devons créer un monde plus stable face à la terreur djihadiste et unir nos forces pour la combattre. »

Le chef de l’Etat français a par ailleurs exprimé sa « préoccupation » après la récente découverte de tunnels creusés par le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah à la frontière entre le Liban et Israël.

« Si nous sommes menacés depuis le Liban, nous ne pourrons rester silencieux », a averti M. Rivlin, pour qui ce pays « doit savoir qu’il ne pourra pas se sentir innocent si des missiles étaient lancés » vers Israël. « Nous le disons clairement : il faut freiner l’agressivité du Hezbollah », a-t-il ajouté.

« Vous ne le savez peut-être pas, mais à l’heure actuelle, un satellite franco-israélien innovant et révolutionnaire survole l’espace. Le satellite – Venus – est le résultat d’une coopération entre l’Agence spatiale israélienne et l’Agence spatiale française. Il étudie les effets du changement climatique et de l’activité humaine sur notre planète. Aujourd’hui, mes amis, la coopération entre nous, à l’instar de Venus, fait tomber les barrières et aide non seulement nos pays, mais l’ensemble de l’humanité.”

« La véritable amitié est la capacité de continuer à approfondir le discours et la coopération, et à accepter de ne pas être d’accord parfois. Je suis venu ici au nom du peuple israélien pour vous remercier de cette amitié et pour moi-même et mon épouse Nechama, je voudrais vous remercier, Monsieur le Président, et vous, Madame la Première Dame, pour votre chaleureuse et amicale hospitalité, » a conclu le président israélien.

Rivlin avait plus tôt dans la journée prôné le dialogue interreligieux auprès de représentants de la communauté musulmane de France.

Sa visite à Paris marque le 70ème anniversaire des relations diplomatiques franco-israéliennes et intervient quelques jours avant la journée internationale à la mémoire des victimes de la Shoah, le 27 janvier.

  1. Rivlin doit notamment visiter une base de l’armée de l’air française et sera accompagné du commandant de l’armée de l’air, le Major-général Amikam Norkin.

Il rencontrera la maire de Paris, Anne Hidalgo, et assistera à un événement marquant les 70 ans d’Israël.

Il inaugurera l’exposition « Au-delà du devoir : des diplomates reconnus Justes parmi les nations » aux côtés du chef de la diplomatie, Jean-Yves Le Drian.

 

ISRAËL: OBSÈQUES DE L’ÉTUDIANTE ASSASSINÉE EN AUSTRALIE

I24, 23 janvier 2019

Les obsèques d’Aya Masarwa, l’Israélienne de 21 ans assassinée en Australie la semaine dernière, ont eu lieu mercredi dans le village arabe de Baqa al-Gharbiyye dans le nord d’Israël.

Cet assassinat, qualifié d'”horrible” par la police australienne, a soulevé une vive émotion en Australie et des veillées ont été organisées pour honorer la mémoire d’Aiia Maasarwe qui y étudiait depuis un an.

“J’apprécie le soutien de tous ces gens, dans le monde entier et aussi dans ma ville, je vois ainsi toute l’humanité”, a affirmé le père d’Aiia, Saeed Maasarwe, très ému, alors que l’ambassadeur d’Australie en Israël Chris Cannan se trouvait à ses côtés.

Aya Masarwa a été violée et assassinée près de son Université à Melbourne, où elle suivait un cursus pour apprendre l’anglais.

“Elle avait de grands rêves”, a déclaré sa soeur Nur, qui avec Aya, avait remporté une bourse pour étudier en Chine.

Aya a par la suite participé à un échange d’un an à l’Université de La Trobe à Melbourne et était au téléphone avec sa sœur lorsqu’elle a rencontré son agresseur vers minuit en rentrant d’un spectacle.

De jeunes garçons vêtus de mauve ont déployé de grandes banderoles noires sur lesquelles se détachaient en lettres blanches des messages en arabe et en anglais comme: “Il est temps de dire: ++arrêtez de tuer les femmes++” ou “Les femmes ont le droit de vivre en paix”.

La foule a ensuite suivi le cercueil jusqu’à la mosquée puis au cimetière.

Quelques heures auparavant, le maire de la ville Khaled Abou Moukh et le député arabe israélien Ahmad Tibi avaient accueilli le cercueil à l’aéroport avec le père de la jeune fille.

Dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux, Ahmad Tibi a déclaré qu’Aiia Maasarwe était désormais la fille de tous les Arabes israéliens.

La police australienne avait lancé un appel à témoin afin de rassembler un maximum d’éléments pour faire avancer l’enquête.

Les diplomates israéliens à Canberra et le département du ministère pour les Israéliens à l’étranger s’étaient efforcés de ramener le corps de la jeune femme en Israël pour l’enterrer au plus vite.

 

Nous vous souhaitons Shabbat Shalom!