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POLITIQUE AU MOYEN-ORIENT : L’ISLAMISME S’AFFRONTE À LA DÉMOCRATIE

 

 

 

 

 

La démocratie est incompatible

avec les intégristes et l’Islam politique

Freddy Eytan

Le CAPE de Jérusalem, 5 juillet 2013

 

L’Egypte plonge vers l’inconnu. L’incertitude s’aggrave dans la tourmente et le risque d’une guerre civile n’est toujours pas écarté. L’arrestation du guide spirituel de la confrérie des Frères musulmans, Mohammed Badie, et avec lui de centaines de ses partisans, rappelle l’époque lointaine des affrontements qui ont déferlé contre le régime du président Nasser et soulignons que Sadate, son successeur, avait été tué par les balles des islamistes.

 

Certes, nous suivons les événements en cours avec inquiétude mais nous ne pouvons apporter ni contribution ni intervenir, et laissons donc les Egyptiens décider eux mêmes de leur avenir.

 

Cependant, nous avons l’impression que dans ce théâtre de l’absurde nous assistons à une répétition de la chute de Moubarak. Il est incontestable que l’armée joue un rôle crucial et unique dans un monde arabe en ébullition. Contrairement à la Syrie les militaires en Egypte sont avec le peuple. Ils sont avant tout des patriotes sachant parfaitement maîtriser la situation mais ils savent aussi diviser pour régner.

 

Le brusque départ du président Morsi, élu pourtant légitimement par un certain processus démocratique, surprend et étonne les observateurs. Son départ de la scène était imprévisible il y a encore quelques jours, et prouve que le Proche-Orient est instable et peut changer rapidement de mains et de visages au grand dam des services de renseignement. Ils ne peuvent jamais suivre la cascade des événements politiques et religieux et le comportement des sociétés arabes déchirées entre la veille garde et les jeunes qui utilisent habilement les avantages magiques de l’Internet.

 

Au sein de l’administration Obama, au Quai d’Orsay et au Foreign Office, on avait cru que Morsi était le maître absolu de l’Egypte, le nouveau pharaon… Il existait selon les diplomates occidentaux un « islamisme soft » car les Frères musulmans représentent des « intellectuels pragmatiques » capables de gérer un pays démocratiquement. Eh bien, suite aux retombées du « Printemps arabe » déclenché en Tunisie, l’Occident se trompe toujours et ignore que nous vivons dans un Moyen-Orient imprévisible, où les intégristes islamiques sabotent systématiquement toute tentative de réconciliation avec le monde moderne et la civilisation judéo-chrétienne et sont incapables de gérer un Etat avec des valeurs démocratiques.

 

De même qu’avec les ayatollahs en Iran, la méconnaissance de la confrérie islamiste demeure totale et parfois grotesque ; elle se traduit par la confiance et la crédibilité que les médias et les chancelleries donnent à Tariq Ramadan, petit-fils du fondateur de ce mouvement intégriste. On retrouve également cette naïveté flagrante dans les salamalecs à l’égard du Qatar, qui diffuse une propagande sans scrupule, un soit-disant islamisme « light », par le biais de la chaîne al-Jazeera.

 

Bien entendu, nous n’allons pas verser de larmes pour le départ de Morsi, mais il faut toutefois reconnaître que ce dernier n’a pas abrogé le Traité de paix avec l’Etat juif, et a bien réussi l’épreuve durant l’opération « Pilier de défense » déclenchée par Tsahal en novembre dernier. Il a su maîtriser le Hamas et a pris des mesures adéquates contre des groupes terroristes dans le Sinaï. Cette politique devrait être suivie par ses successeurs car le djihad mondial et le Hamas n’ont jamais abandonné leur croisade, leur cruel combat au nom d’un Dieu méchant et rancunier. L’instabilité en Egypte et l’afflux des armes depuis le Soudan en passant par la Libye risquent de relancer le terrorisme aveugle et d’aggraver la lutte entre intégristes et laïcs de tous bords.

 

Nous devrions surtout poursuivre nos contacts directs avec l’état-major égyptien et leur service de renseignement pour éviter à tout prix l’escalade et un nouveau conflit frontalier.

 

Depuis 1979, nous avons respecté à la lettre les accords signés avec Le Caire et nous souhaitons vivement, dans notre propre intérêt, que le peuple égyptien sorte enfin de la crise, retrouve la stabilité politique, économique et touristique.

 

Enfin une réflexion à méditer : voilà déjà 34 ans que nous avons signé avec Anouar el-Sadate un solide traité de paix, mais les Egyptiens, par ignorance, ont malheureusement choisi une paix froide, haineuse et contre-productive. Certes, fort heureusement, ils ont refusé la guerre, mais imaginons leur situation actuelle si les relations avec l’Etat juif avaient été positives et constructives ? Le pays des pharaons plongé aujourd’hui dans la misère et le désespoir n’aurait-il pas été uni et prospère ? Un véritable grand pays arabe exemplaire ? Quel gâchis…!

 

 

La politique moyen-orientale d'Obama a-t-elle un sens ?

Sébastien Castellion

menapress.org, 9 juillet 2013

 

Pendant le week-end qui vient de s'achever, Washington a envoyé des signaux contradictoires face à la révolution qui a mis fin, en Egypte, mercredi dernier, au court règne (un an et trois jours de pouvoir) des Frères musulmans.

 

Les commentateurs ont rappelé que la loi américaine oblige de mettre un terme à la considérable aide d'Etat à l'Egypte (1,3 milliard de dollars par an) en cas de coup d'Etat. Certains hommes politiques, comme l'ancien candidat Républicain à la présidence John McCain, ont appelé à interrompre l'aide en rappelant que le régime Morsi avait été démocratiquement élu.

 

Lancé sans grande conviction, ce débat s'est rapidement enlisé. La loi évoquée par les commentateurs date de la guerre froide et n'a jamais eu pour autre objet que de permettre aux Etats-Unis d'interrompre leur aide à un pays dans lequel un régime ami est renversé ; que ce régime soit démocratique ou non n'est pas la question.

 

Samedi, le Président Obama est intervenu pour indiquer qu'il avait "demandé aux agences gouvernementales d'étudier les conséquences légales" de la suspension de la Constitution égyptienne sur l'aide américaine à l'Egypte.

 

Mais personne ne s'attend à une interruption de l'aide. Sous couvert d'examen juridique, les Etats-Unis ont simplement choisi d'utiliser la menace de fermer les robinets afin de faire pression sur l'Armée et d'influencer le déroulement des prochaines étapes.

 

Le président a ajouté que les Etats-Unis "ne soutiennent aucun groupe ou parti" en Egypte, mais insistent uniquement sur le respect de la démocratie.

 

Cette phrase était rendue nécessaire par les événements de la semaine, qui ont vu le peuple égyptien rejeter massivement le régime des Frères musulmans : les manifestations populaires qui ont précédé la chute du régime ont rassemblé entre 14 et 17 millions de personnes, ce qui en fait la plus grande "manif" de l'histoire humaine.

 

Mais si l'on observe l'histoire de la politique américaine sous Obama, la déclaration du président est un mensonge pur et simple. La politique de cette administration n'a rien à voir, depuis cinq ans, avec une quelconque neutralité. Elle consistait, au contraire, jusqu'à la semaine dernière, en une alliance délibérée entre les Etats-Unis et le mouvement islamiste extrémiste des Frères musulmans.

 

Cette alliance s'est d'abord manifestée en Egypte, où l'administration Obama avait brutalement poussé le Président Moubarak vers la sortie en 2011, et insisté pour que l'élection présidentielle de 2012 soit ouverte aux Frères (qui avaient initialement annoncé qu'ils ne présenteraient pas de candidat), puis, après sa courte victoire, Obama avait soutenu le Président Morsi jusqu'au bout. Il y a encore une semaine à peine, Obama était personnellement intervenu pour rappeler, malgré les immenses manifestations populaires, que Morsi était un "président légitime".

 

Cette connivence Obama-Frères musulmans s’est manifestée aux Etats-Unis mêmes, où, comme je l'ai rapporté il y a un mois dans ces colonnes, le président a fait reposer sa politique de "main tendue" aux musulmans sur un groupe de "conseillers" étroitement liés aux Frères.

 

Elle se manifeste aujourd'hui en Syrie, où Obama a décidé, après quelques mois d'hésitation, d'armer les rebelles anti-Assad, parmi lesquels les Frères occupent une place déterminante.

 

La première relève de la politique intérieure américaine. Pendant la campagne présidentielle de 2008, le parti Démocrate présentait le Président Bush comme le responsable d'une hostilité injustifiée entre le monde musulman et l'Amérique.

 

Obama, dans ce narratif, était celui qui rétablirait des relations de respect et d'amitié entre les deux civilisations. Dans le célèbre discours du Caire, le 4 juin 2009, le président – au rythme d'environ une contre-vérité historique par paragraphe, mais la paix n'a pas de prix –, avait développé le mythe d'un islam facteur de progrès historiques de la civilisation, avec lequel l'Amérique allait entamer un dialogue entre égaux, fondé sur la confiance.

 

Pour donner une traduction politique concrète à ce rapprochement, l'Amérique d'Obama avait besoin de montrer une rupture bien visible avec l'ère Bush – c’est-à-dire, en clair, un renversement d’alliances.

 

Les monarchies pétrolières du Golfe – un premier type d’alliés politiques de l'Amérique dans le monde arabe – étaient intouchables. D’abord, parce que les intérêts pétroliers sont encore trop sensibles pour l'économie américaine. Ensuite, parce que le fonctionnement même de ces régimes – fondé sur une gestion subtile des rivalités entre tribus et entre grandes familles – empêche l’apparition d’une véritable opposition politique. La plupart des opposants sont achetés dans le partage de la manne pétrolière ; les quelques irréductibles sont isolés et, à l’occasion, éliminés.

 

En revanche, les dictatures militaires héritières du nationalisme arabe du vingtième siècle – Egypte et Tunisie – étaient d’excellents candidats pour un renversement d’alliances. Ces dictatures, qui avaient commis le crime d’entretenir de bons rapports avec l’administration Bush, étaient très impopulaires. Fondées (à l’origine du moins) sur une idéologie non sur des liens tribaux, elles avaient vu apparaître, malgré tout leur appareil répressif, une opposition de nature, elle aussi, idéologique.

 

Les mouvements libéraux et démocrates manquaient cruellement de métier politique. Divisée en de multiples groupes, déchirée par les rivalités de personnes, privée d’outils d’influence dans les couches populaires, jamais vraiment formée à l’art de la lutte d’influence, du complot efficace et du rapport de forces, la mouvance libérale arabe ressemble davantage à un sympathique phénomène de salon qu’à un véritable mouvement politique.

 

Dans le camp islamiste, en revanche, le professionnalisme est indiscutable. Les Frères musulmans ont été spécifiquement créés en 1928 par Hassan al-Banna (le grand-père de Tariq Ramadan) afin de parvenir graduellement au pouvoir par l’infiltration graduelle des institutions, la distribution d’aide aux pauvres et une discipline de fer dans l’organisation interne.

 

Les mouvements salafistes – qui partagent avec les Frères l’objectif d’imposer la sharia au monde entier mais sont moins patients et plus prompts à recourir à la violence – sont moins habiles mais, eux aussi, bien disciplinés et bien implantés dans la population.

 

Face à cette situation, les Etats-Unis d’Obama auraient pu choisir, pour des raisons de principe, de soutenir malgré tout le camp libéral, en faisant l’effort de lui prodiguer la formation politique qui lui manquait. L’Amérique aurait pu, dans chaque pays, choisir un champion, puis utiliser ses ressources financières et organisationnelles pour unifier l’opposition libérale et la doter d’antennes dans les couches populaires.

 

Pourquoi cette politique n’a-t-elle pas été choisie ? D’abord, sans doute, à cause de son coût et du risque d’échec. Mais aussi et surtout, pour des raisons étroitement liées avec la vision du monde que partagent Obama et son équipe de proches conseillers. Cette vision du monde est la deuxième des trois raisons qui expliquent l’alliance d'Obama avec la fratrie islamiste.

 

La vision du monde du président a été analysée par l’universitaire américain d’origine indienne Dinesh D’Souza dans son ouvrage The Roots of Obama’s Rage (les raisons de la rage d’Obama) (Regnery Publishing, 2010). D’Souza y démontre, avec un grand luxe de citations et de détails, que l’idéologie d’Obama ne peut pas être réduite, comme tente de le faire une partie de la droite américaine, aux influences socialistes qu’il a subies, ni à ses origines musulmanes.

 

Le président ne semble pas s’intéresser particulièrement à la réduction de la pauvreté, qui est un objectif majeur pour les socialistes. Il a du respect pour la civilisation musulmane mais n’a pas hésité à multiplier massivement, par rapport à l’ère Bush, les attaques de drones contre les ennemis militaires de l’Amérique en terre d’islam, sans se soucier outre mesure des victimes civiles.

 

En revanche, Obama trouve sa cohérence dans ce que D’Souza appelle « l’idéologie anticolonialiste » : l’idée que la richesse de l’Amérique, et de l’Occident en général, trouve son origine dans la spoliation historique des plus pauvres et dans une injustice historique faite aux autres civilisations.

 

Pour les anticolonialistes, l’Occident a commis une faute originelle en intervenant dans les affaires des autres civilisations. Il doit, à l’avenir, montrer plus de respect pour le reste du monde, et surtout, éviter de lui imposer de l’extérieur ses valeurs et ses méthodes.

 

Pénétré qu'il est de cette idéologie, Obama ne pouvait pas accepter de soutenir, à grand coups de millions de dollars et de conseillers occultes, une opposition arabe libérale qu’il considère sans doute comme déjà trop « occidentalisée » pour être vraiment représentative de la diversité des cultures.

 

Au contraire, les Frères musulmans représentent pour le président la possibilité de se doter d’un allié authentiquement arabe, qui n’est teinté en principe d’aucune influence occidentale, doté de surcroît d’un soutien populaire conséquent et parfaitement organisé pour la poursuite du pouvoir.

 

Certes, l’idéologie des Frères exige aussi le refus de la démocratie, l’imposition de la sharia comme norme suprême, la persécution systématique des femmes, l’élimination d’Israël et la fin de toute influence américaine au Moyen-Orient. Plusieurs de ces objectifs sont inacceptables pour les Etats-Unis, et même pour leur président.

 

Mais Obama – sujet à l’illusion fréquente en Occident qui fait voir derrière chaque extrémiste un modéré rationnel dévoyé par les circonstances – a espéré qu’en soutenant les Frères, il s’attirerait leur gratitude et obtiendrait d’eux, sur toutes ces questions, une évolution vers des positions plus modérées.

 

Enfin, la troisième raison de l’alliance avec les Frères tient précisément à leur mode de fonctionnement, fondé sur l’infiltration patiente des institutions – dans le monde arabe, mais aussi en Occident. L'apparition soudaine de dizaines de « conseillers » proches des Frères autour d'Obama n'est pas seulement le fait d'un choix délibéré du président.

 

Elle traduit aussi l'habileté de l'organisation et son long exercice des méthodes de l'infiltration et de la dissimulation. Ces "conseillers" ne sont pas seuls, bien sûr ; des influences contraires existent aussi dans l'entourage du président. Mais leur existence a grandement facilité la mise en place d’une alliance entre les Frères et l’Amérique.

 

L’alliance entre l’administration Obama et les Frères musulmans n’a cependant jamais été complète ni parfaite. Au Moyen-Orient même, elle connaît deux exceptions.

 

D’abord, contrairement aux exigences et à la doctrine des Frères musulmans, Obama (après quelques hésitations en début de premier mandat) a confirmé la doctrine historique de l’Amérique concernant Israël : il veille autant que ses prédécesseurs à préserver la supériorité militaire de l’Etat hébreu sur tous ses voisins, seul moyen de garantir qu’ils ne menacent pas son existence.

 

Ensuite, il n’a jamais cherché à se rapprocher du Hamas, qui n’est autre que la branche palestinienne des Frères musulmans. Pour Obama comme pour Bush, le Hamas est un mouvement terroriste et l’interlocuteur privilégié dans les territoires palestiniens reste le Fatah de Mahmoud Abbas.

 

 

Éclaircissements sur la complexité du coup d'État en Égypte

Daniel Pipes

National Review Online, 5 juillet 2013

Adaptation française: Johan Bourlard

 

Les événements survenus en Égypte cette semaine appellent plusieurs réponses. En voici treize (en complément de mon article suggérant que Morsi a été destitué trop tôt pour discréditer l'islamisme comme il aurait dû l'être).

 

Morsi siégeait avec Sisi à sa droite, en signe d'autorité, mais on sait désormais qui détenait vraiment le pouvoir. Morsi était-il le président démocratiquement élu de l'Égypte ? Tous les comptes rendus journalistiques répondent par l'affirmative alors qu'il n'en est rien.

 

Morsi n'a jamais été aux commandes. De toute évidence, il ne contrôlait pas l'armée mais échappaient également à son contrôle la police, les services de renseignements, la justice et même la Garde présidentielle chargée de le protéger. Pour reprendre les termes d'un journal du Caire, « comme un signe du peu de contrôle exercé par M. Morsi sur la bureaucratie issue de l'ère Moubarak, les officiers de la Garde présidentielle… ont éclaté de joie en faisant flotter les drapeaux sur le toit du palais. » En d'autres termes, Morsi a toujours exercé ses fonctions avec la permission de l'État profond, à savoir les groupes mêmes qui ont organisé son « élection » en 2012.

 

Il n'y a que deux pouvoirs, l'armée et les islamistes. Cette triste réalité s'est confirmée à plusieurs reprises depuis le début des bouleversements dans le monde arabe, il y a deux ans et demi, et vient à nouveau de se confirmer en Égypte. Les libéraux, les laïcs et les gens de gauche ne comptent pas dans les moments difficiles. Pour eux, le défi majeur est d'acquérir un poids politique.

 

1952, 2011, 2013. À trois reprises, l'armée égyptienne a destitué des dirigeants en place à savoir un roi, un ancien général de l'armée de l'air et désormais, un représentant des Frères musulmans. Aucune autre institution en Égypte ne jouit d'un tel pouvoir. Que ce soit en 2011 ou aujourd'hui les manifestants dans les rues se sont félicités d'avoir destitué le président mais si l'armée avait été du côté de ces présidents et non des manifestants, l'ancien chef d'État serait toujours en fonction.

 

La gamme de produits de consommation de la marque Safi est l'un des centres de profit de l'armée égyptienne. L'Armée, une véritable société commerciale. Le corps des officiers de l'armée exerce un contrôle aussi étendu que malsain sur l'économie du pays. Cet intérêt surpasse tous les autres. Les officiers peuvent être en désaccord sur bien des points mais ils sont unanimes sur la nécessité de transmettre ces privilèges intacts à leurs enfants. Inversement, ce matérialisme signifie qu'ils feront alliance avec quiconque leur garantira ces privilèges comme ce fut le cas il y a un an avec Morsi (qui a ajouté de nouveaux avantages).

 

Gouverner en restant dans les coulisses. Pendant un an et demi, de février 2011 à août 2012, l'exercice direct du pouvoir par Mohamed al-Tantawi et le Conseil suprême des Forces armées (CSFA) s'est mal passé. Cela explique peut-être pourquoi le général Abdul-Fattah al-Sisi a immédiatement remis le pouvoir entre les mains d'un civil.

 

Les coups d'État ont changé. Le soir du 22 juillet 1952, le colonel Gamal Abdel-Nasser demanda à Anouar el-Sadate de venir du Sinaï au Caire. Mais Sadate, qui se rendit alors au cinéma avec sa famille, faillit faire échouer le renversement de la monarchie. Cette anecdote révèle deux changements de taille. D'une part les destitutions font maintenant partie d'une catharsis nationale alors qu'à l'époque il s'agissait de manœuvres qui s'opéraient dans l'ombre. D'autre part, ce sont désormais les hauts dirigeants de l'armée qui révoquent le chef de l'État et plus des officiers subalternes enflammés. En d'autres termes, en 2011, l'Égypte est entrée dans l'ère des coups d'État plus raffinés, à la Turque, trois des quatre coups ayant été réalisés par des chefs de l'armée et non par des officiers de second rang.

 

Le fascisme de l'armée. Hillel Frisch observe que la référence faite par al-Sisi à « la volonté du peuple », alors que le peuple est en fait profondément divisé, indique la vision intrinsèquement dictatoriale que Sisi et le CSFA ont du pouvoir. Ce constat, qui est juste, n'a toutefois rien de nouveau. Ce sont en effet des militaires qui gouvernent l'Égypte depuis 1952 avec une pompe antidémocratique.

 

Analogie avec l'Algérie. L'armée algérienne est intervenue dans le processus électoral en 1992, au moment où les islamistes apparaissaient en mesure de gagner les élections. Cette situation est comparable à celle que vit l'Égypte actuellement et n'exclut pas l'éventualité d'une guerre civile de plusieurs années. Cependant l'analogie manque de pertinence dans la mesure où l'Algérie n'a rien connu de comparable à l'Égypte avec l'opposition massive au pouvoir des Frères musulmans. Il serait surprenant de voir les islamistes égyptiens recourir à la violence après en avoir fait plusieurs fois l'expérience et après avoir considéré le nombre important d'opposants engagés contre eux.

 

Al-Sisi est-il de mèche avec les salafistes ? Il était frappant que Sisi invite Galal Morra parmi les quelques privilégiés conviés à l'annonce de la destitution de Morsi. Chose plus frappante encore, le plan d'action de Sisi correspond aux idées mêmes des salafistes. Ainsi, il n'a pas désigné d'homme de gauche comme Mohamed El Baradei comme chef du gouvernement intérimaire, et il n'a pas non plus supprimé la constitution islamiste actuelle mais l'a seulement suspendue.

 

Adli Mansour n'est-il qu'un homme de paille ? C'est ce que disent les spécialistes. Or ils disaient la même chose d'Anouar el-Sadate au lendemain de la mort inopinée de Gamal Abdel-Nasser en 1970. On avait vu par la suite qu'ils s'étaient trompés. Il se peut que Mansour soit éphémère mais il est trop tôt pour le savoir d'autant plus qu'il est quasiment inconnu.

 

Anne W. Patterson, « hayzaboon ». L'ambassadrice des États-Unis en Égypte a fait scandale en prenant parti pour les Frères musulmans. Objet d'aversion dans les rues du Caire et qualifiée de « vieille sorcière », elle n'a fait que récolter les fruits de sa trahison des valeurs fondamentales de l'Amérique.

 

Morsi et Patterson ont été l'un comme l'autre vilipendés. L'Arabie Saoudite va-t-elle financer l'Égypte ? David P. Goldman observe que la monarchie saoudienne craint les Frères musulmans en qui elle voit un concurrent républicain à son pouvoir et à son énorme soulagement face à l'expulsion de Morsi. Il émet l'hypothèse selon laquelle Ryad, qui dispose d'une réserve de 630 milliards de dollars, pourrait sans grands efforts fournir les dix milliards nécessaires chaque année pour préserver l'Égypte de la famine. C'est probablement la seule solution en vue pour une population égyptienne affamée. Mais la gérontocratie va-t-elle mettre la main au portefeuille ?

 

ISRAËL, PAYS PROSPÈRE

 

 

 

Israël, pays prospère

Daniel Pipes

The Washington Times, 5 juin 2013

Adaptation française: Johan Bourlard

 

 

Dans une déclaration typiquement maladroite, le Secrétaire d'État américain John F. Kerry a récemment déploré le fait que les Israéliens sont trop heureux pour mettre fin au conflit qui les oppose aux Palestiniens : « En Israël, les gens ne se lèvent pas chaque matin en se demandant si la paix sera pour demain car il règne dans le pays un sentiment de sécurité, de réussite et de prospérité. »

 

Si M. Kerry ne comprend pas les Israéliens (c'est la politique palestinienne du refus, et non la prospérité, qui les a poussés à abandonner la diplomatie), il a tout de même raison quand il dit que les Israéliens éprouvent « un sentiment de sécurité et… de prospérité » car ceux-ci sont d'une façon générale des gens heureux. Un sondage récent a révélé que 93 pour cent des Juifs israéliens sont fiers d'être israéliens. Il est vrai que l'armement nucléaire iranien constitue une menace et qu'une confrontation avec Moscou n'est pas impossible. Toutefois, la situation n'a jamais été aussi bonne. Faisons ici un état des lieux, non sans remercier Efraim Inbar de l'Université Bar-Ilan à qui nous devons une partie des informations données dans cet article.

 

Pour maintenir le renouvellement de la population d'un pays, les femmes doivent donner naissance à 2,1 enfants. Avec un taux de natalité de 2,65 enfants par femme, Israël est le seul pays avancé dépassant le seuil de remplacement (la France vient juste derrière avec un taux de 2,08 ; Singapour est le dernier avec un taux de 0,79). Alors que les Haredim et les Arabes expliquent en partie cette vitalité, les juifs laïcs en sont la clé.

 

· Pendant la récession des années 2008-2012, Israël a bénéficié d'une croissance de 14,5 pour cent du produit intérieur brut, enregistrant ainsi le taux de croissance économique le plus élevé de tous les pays de l'OCDE (les économies avancées ont au contraire connu dans leur ensemble un taux de croissance de 2,3 pour cent, avec 2,9 pour cent pour les États-Unis et moins de 0,4 pour cent pour les pays de la zone euro.). Israël investit 4,5 pour cent de son PIB dans la recherche et le développement, soit le taux le plus élevé de tous les pays.

 

· En raison des découvertes de gaz et de pétrole, Walter Russel Mead observe que « du point de vue des ressources naturelles, la Terre promise pourrait être … progressivement le pays le plus précieux et énergétiquement le plus riche au monde. » Autant de ressources qui renforcent la position d'Israël au niveau mondial.

 

La Syrie et l'Égypte étant confrontées à des problèmes internes, la menace que ces deux pays représentaient à une certaine époque pour l'existence d'Israël, a pour le moment pratiquement disparu. Grâce à des stratégies novatrices, les attaques terroristes ont été pratiquement éliminées. L'armée de défense d'Israël possède des ressources humaines exceptionnelles et se situe à l'avant-garde des technologies militaires. Quant à la société israélienne, elle a prouvé qu'elle était prête à affronter un conflit de longue durée. M. Inbar, qui est expert en stratégie, conclut que « l'écart entre la puissance d'Israël et celle de ses voisins arabes ne cesse de grandir ».

 

· La question diplomatique palestinienne qui a dominé la politique nationale pendant des décennies après 1967, a rétrogradé dans l'ordre des priorités. Ainsi, seuls 10 pour cent des Juifs israéliens considèrent les négociations de paix comme une priorité absolue. M. Kerry s'obstine sur cette question alors que, pour reprendre les termes d'un politicien, « débattre du processus de paix équivaut, pour la plupart des Israéliens, à débattre de la couleur de la chemise que vous porterez quand vous atterrirez sur Mars. »

 

· Même le dossier nucléaire iranien s'avère moins terrible qu'il n'y paraît. Étant donné la puissance tellement plus destructrice de l'arsenal nucléaire israélien et son système de missiles défensif en pleine croissance, Anthony Cordesman, spécialiste des questions militaires, prédit qu'un échange de tirs nucléaires causerait de lourds dommages à Israël mais détruirait la civilisation iranienne. « Le redressement de l'Iran est impossible, dans le sens normal du terme » L'obsession du gouvernement iranien conduira-t-elle celui-ci à risquer le tout pour le tout ?

 

· Les succès remportés par le mouvement du « boycott, du désinvestissement et des sanctions » sont plutôt maigres (Stephen Hawking a décliné l'invitation du président israélien ! Un organe des Nations Unies a adopté une nouvelle condamnation absurde). Israël entretient des relations diplomatiques avec 156 des 193 membres des Nations Unies. Considérant plusieurs paramètres, M. Inbar trouve que, globalement, « Israël est plutôt bien intégré. »

 

· Dans des enquêtes d'opinion publique aux États-Unis, première puissance mondiale et principal allié d'Israël, Israël bat régulièrement les Palestiniens à 4 contre 1. Et alors que les universités sont effectivement hostiles, je pose aux esprits torturés cette question : Où seriez-vous les plus forts, au Congrès américain ou sur les campus ? Poser la question, c'est y répondre.

 

· Les tensions entre Ashkénazes et Séfarades ont baissé avec le temps en raison des mariages mixtes combinés aux interpénétrations culturelles. La question de la non-participation des Haredim est finalement en cours de traitement.

 

· Les Israéliens ont apporté une contribution impressionnante sur le plan culturel, particulièrement en musique classique, ce qui a conduit un critique, David Goldman, à qualifier Israël de « superpuissance artistique de poche ».

 

Écoutez bien, antisionistes et antisémites, Palestiniens et islamistes, partisans d'extrême droite et d'extrême gauche : vous êtes en train de mener une bataille perdue d'avance. C'est l'État juif qui est en train de gagner. Comme le dit très justement en conclusion M. Inbar, « le temps semble jouer en faveur d'Israël ». Abandonnez donc votre lutte et cherchez un autre pays à tourmenter.

 

 

Crise en Syrie :

Israël se transforme en carrefour commercial du Proche-Orient

Zvi Tenney

identitejuive.com, 9 juin 2013

 

On apprend de sources douanières israéliennes que les combats en Syrie ont contraint les exportateurs de la région à éviter tout transit par ce pays. Désormais, les bateaux en provenance d’Europe ou de Turquie déchargent dans le port de Haifa les conteneurs destinés à la Jordanie ou à l’Irak.

 

Chaque jour, des centaines de camions immatriculés en Jordanie ou en Turquie, escortés de voitures de police israéliennes, circulent sur les routes du nord d’Israël, effectuant des allers-retours de 80 km entre Haïfa et un terminal à la frontière jordanienne.

 

Leur mission : transporter des marchandises jordaniennes, irakiennes et des pays du Golfe, qui sont ensuite acheminées par bateau vers la Turquie, assurant également le trafic en sens inverse.

 

Pendant les premiers mois de la guerre civile en Syrie, les entreprises de la région ont envisagé une voie de contournement par l’Irak, mais cette alternative a été abandonnée en raison, là aussi, de l’insécurité générale régnant dans ce pays. Le passage par l’Égypte s’est révélé, lui, trop long et trop coûteux.

 

Les responsables jordaniens et turcs se sont alors discrètement adressés à Israël pour ouvrir un corridor. Après quelques hésitations, en raison de possibles trafics d’armes ou d’infiltrations de commandos islamistes, Israël a donné son feu vert sous réserve de contrôles de sécurité très stricts.

 

“Ce système est désormais bien rodé. Si nous continuons au rythme actuel, nous pourrions arriver à 12 000 camions par an”, estime un responsable des douanes israéliennes, précisant :”C’est là une opération, très rentable. Les revenus tirés des taxes portuaires, des assurances, de la vente de carburants, pourraient atteindre l’équivalent de 50 millions d’euros par an “.

 

Mais, pour les diplomates israéliens, le principal bénéfice est avant tout politique, soulignant : “Nos voisins de la région, y compris des pays qui n’entretiennent pas de relations diplomatiques avec nous, tels que l’Irak ou l’Arabie saoudite, se rendent compte qu’Israël peut leur être utile, et c’est là pour nous, un constat inappréciable” .

 

POURQUOI LA LIGUE ARABE AVANCE À PAS DE TORTUE, ET PLUS : ISLAM CONTRE ISLAMISME

 

 

 

 

 

La Ligue arabe avance à pas de tortue

David Bensoussan

UQAM, 22 mai 2013

 

Fait peu connu : le Comité politique de la Ligue arabe regroupant sept pays proposa le gel des avoirs juifs en 1947, avant même l’indépendance d’Israël un an plus tard. La Ligue arabe rejeta la partition de la Palestine en deux états votée par l’ONU ; cinq armées arabes envahirent alors le nouvel État et furent défaites. Depuis, la Ligue arabe a appliqué un boycottage total d’Israël, sur les plans diplomatique, économique et culturel. Par la suite, d’autres pays nouvellement indépendants s’y joignirent et la Ligue arabe compte aujourd’hui 22 états.

 

L’adhésion à la Ligue arabe a obligé les nouveaux pays à souscrire à sa politique de boycottage. Ainsi, des pays modérés tels le Maroc et la Tunisie cessèrent toute relation ou contact avec Israël. On appliqua la censure des ouvrages ou des journaux qui présentaient Israël sous un aspect positif et on alla jusqu’à geler les échanges postaux. Or, ce boycottage total n’a fait que retarder un dialogue essentiel pour la compréhension mutuelle.

 

Le refus de normalisation des relations avec Israël a été réaffirmé par la Ligue arabe après la Guerre des Six Jours à Khartoum (non à la paix, non à la reconnaissance, non à la négociation). Le manque de soutien au plan de paix de Camp David II en 2000 fut une des raisons pour lesquelles Arafat décida de cesser les pourparlers et de se lancer dans une seconde intifada. En 2002, la Ligue arabe proposa une normalisation avec Israël en échange d’un retour aux frontières de 1967, la création d’un État palestinien avec Jérusalem-Est comme capitale et un règlement juste et équitable de la question des réfugiés palestiniens. Cette initiative de paix fut lancée en 2002 par l’Arabie saoudite suite aux évènements du 11 septembre 2001 : il était alors important de « redorer le blason » de ce pays d’où la majorité des terroristes furent issus. Ce plan basé sur le principe de la terre contre la paix fut réaffirmé en 2007. Il fut amendé en 2013 pour permettre des échanges de territoires mineurs et mutuellement agréés.

 

En 2002, la Ligue arabe fit appel à de nombreuses institutions internationales pour qu’elles soutiennent son plan de paix : les Nations Unies, les États-Unis, la Fédération russe, les États musulmans, l’Union européenne. Un seul pays ne fut pas appelé : Israël. Pourtant, bien des mesures devaient être prises par Israël en vue d’une solution de deux états. C’est pourquoi ce plan de paix donna à Israël l’impression d’un diktat (take it or leave it!) plutôt que celle d’une proposition de paix sincère.

 

L’enjeu des frontières sécuritaires et celui de la mise en pratique de la solution au problème des réfugiés constituent des obstacles majeurs. En effet, le lendemain de l’annonce du plan de paix de la Ligue arabe en 2002, un amendement vint préciser que la résolution 194 des Nations-Unies de 1948 – donnant aux réfugiés qui désirent retourner et vivre en paix la permission de revenir ou d’opter pour une compensation – devait être amendée par la résolution 14/224B de la Ligue arabe qui exige la reconnaissance du droit de retour des réfugiés palestiniens tout en ignorant la cause des réfugiés juifs des pays arabes.

 

L’année 2002 fut également l’année où fut lancée l’initiative complexe de la « Feuille de route » du Quartet réunissant l’ONU, les États-Unis, l’Union européenne et la Russie. Actuellement, le plan de paix de la Ligue arabe est dans les limbes en raison de la dissension interne des États membres – dissension exacerbée par la guerre civile en Syrie  – et par le manque d’unité au sein des Palestiniens : le Hamas à Gaza d’une part, le Fatah en Cisjordanie de l’autre. Comment prendre ce plan de paix au sérieux lorsqu’on sait que le retrait unilatéral du Liban et de Gaza a cédé la place à des organisations radicales qui ont saisi cette occasion pour bombarder Israël à tout vent ? Comment prendre ce plan au sérieux lorsque l’Égypte elle-même arrive difficilement à contrôler les groupes terroristes au Sinaï, que le Liban vit sous la dictature du Hezbollah et que l’Iran fait compétition à la Turquie pour aiguillonner le Hamas radical ?

 

En arrière-plan, la propagande de haine et d’enseignement de la haine notamment dans de nombreux médias électroniques arabes n’a jamais été aussi forte et a augmenté d’intensité depuis l’avènement du « printemps arabe. » Il est évident que cette haine va chercher ses racines dans des causes plus profondes qui ne se limitent pas à la résolution du conflit israélo-palestinien.

 

Le diplomate israélien Abba Eban avait coutume de dire : « les Arabes ne ratent jamais l’occasion de manquer une occasion. » Après plus de 50 ans d’immobilisme, la Ligue arabe s’est mise à avancer à pas de tortue avec… le retard d’une génération. Pour certains, la proposition de la Ligue arabe de 2002 a constitué une évolution sur le plan psychologique et relègue aux oubliettes la déclaration de Khartoum de 1967. Contrairement à la résolution 242 des Nations-Unies qui fait État de frontières sûres et reconnues dans le cadre d’un règlement du conflit, elle n’est accompagnée d’aucune garantie ou considération de sécurité. Pourtant, un simple coup d’œil sur la carte met en évidence l’importance du facteur de la sécurité dans tout règlement. La réalité est qu’il n’y a pas de solution instantanée à cette situation complexe. Il faut faire preuve d’imagination pour trouver la formule intermédiaire entre « céder des territoires pour obtenir la paix » et « obtenir la paix pour céder des territoires. » Une approche différente qui puisse rétablir la confiance des parties est nécessaire afin de collaborer à une solution graduelle et assurer que les considérations vitales de tout un chacun soient abordées dans l’aménité.

 

Islam contre islamisme

Daniel Pipes

The Washington Times, 13 mai 2013

Adaptation française: Johan Bourlard

 

Quels sont les motifs à la base des attentats du mois dernier à Boston et du projet d'attentat contre un train canadien de la compagnie Via Rail ?

 

Les gens de gauche et l'establishment offrent diverses réponses imprécises et éculées – telles que « l'extrémisme violent » ou encore la colère envers l'impérialisme occidental – indignes de toute discussion sérieuse. Les conservateurs, au contraire, s'engagent dans un débat interne animé et sérieux : alors que certains pensent que l'élément déclencheur est l'islam comme religion, d'autres avancent que la cause réside dans une variante extrémiste de la religion connue sous le nom d'islam radical ou islamisme.

 

En tant que participant à ce débat, je présente ici mon argumentation qui vise l'islamisme.

 

Le fait de voir le problème dans l'islam en tant que tel (comme c'est le cas d'ex-musulmanes comme Wafa Sultan et Ayan Hirsi Ali) souligne la suite logique observée depuis la vie de Mahomet et le contenu du Coran et du Hadith jusqu'à la pratique actuelle de l'islam. En accord avec le film Fitna de Geert Wilders, ils soulignent l'étonnante continuité entre les versets du Coran et les actions djihadistes. Ils citent les textes de l'islam pour démontrer l'importance capitale de l'idée de supériorité des musulmans, du djihad et de la misogynie et en concluent qu'une forme modérée de l'islam est impossible. Ils soulignent les propos du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdoğan raillant l'idée même d'islam modéré. Et posent finalement une question redoutable : « Mahomet était-il musulman ou islamiste ? » Enfin, ils soutiennent qu'en condamnant l'islamisme comme nous le faisons nous cédons face au politiquement correct ou à la lâcheté.

 

À cela, nous répondons : Oui, il existe certains éléments de continuité et les islamistes suivent assurément le Coran et le Hadith de façon littérale. Mais il existe aussi des musulmans modérés qui, il est vrai, n'ont pas la force quasi-hégémonique des islamistes. Par ailleurs, le fait de nier, comme l'a fait Erdoğan, l'existence d'un islam modéré met en évidence un singulier rapprochement entre les points de vues islamiste et anti-islam. Ajoutons que Mahomet était un musulman à part entière et non un islamiste puisque l'islamisme est un concept datant seulement des années 1920. Mais non, nous ne sommes pas des lâches quand nous présentons notre analyse telle qu'elle est. Et voici en quoi elle consiste :

 

L'islam est une religion née il y a quatorze siècles et est aujourd'hui la foi de plus d'un milliard de croyants de toutes tendances allant des soufis quiétistes aux djihadistes violents. Les musulmans ont enregistré des succès militaires, économiques et culturels entre environ 600 et 1200 de l'ère chrétienne. À cette époque, être musulman signifiait appartenir à une équipe qui gagne, un fait qui a largement inspiré aux musulmans l'idée d'associer leur foi à la réussite d'ici-bas. Ces souvenirs glorieux du Moyen Âge ne sont pas que de simples réminiscences : ils demeurent centraux dans la foi des croyants en l'islam et en eux-mêmes en tant que musulmans.

 

Une dissonance majeure apparut vers 1800, lorsque les musulmans commencèrent, sans s'y attendre, à perdre des guerres, des marchés ainsi que le leadership culturel face aux Européens occidentaux. Cette situation perdure actuellement, alors que les musulmans occupent les dernières places de pratiquement tous les classements. Ce changement a provoqué à la fois une grande confusion et une grande colère. Que s'est-il passé, pourquoi Dieu a-t-il apparemment abandonné Ses fidèles ? Cette insoutenable divergence entre les exploits de l'âge pré-moderne et l'échec de l'époque contemporaine a provoqué un traumatisme.

 

À cette crise les musulmans ont réagi de trois façons différentes. Il y a d'abord les laïcs qui veulent voir les musulmans abandonner la charia (la loi islamique) et imiter l'Occident. Il y a ensuite les apologistes qui imitent également l'Occident mais affirment, en faisant cela, qu'ils suivent la charia. Il y a enfin les islamistes qui rejettent l'Occident au profit d'une application intégrale et rétrograde de la charia.

 

Les islamistes détestent l'Occident en raison de son identification à la chrétienté, l'ennemi juré historique, et de son énorme influence sur les musulmans. L'islamisme pousse à rejeter, vaincre et soumettre la civilisation occidentale. Malgré ce désir, les islamistes assimilent les influences occidentales, y compris le concept d'idéologie. En effet, l'islamisme représente la transformation de la foi islamique en idéologie politique. Islamisme désigne précisément une version de l'utopisme radical teintée d'islam, un -isme comme les autres -ismes, comparable au fascisme et au communisme. Singeant ces deux mouvements, l'islamisme, à titre d'exemple, se réfère abondamment aux théories du complot pour interpréter le monde, à l'État pour réaliser ses ambitions et à la force brutale pour atteindre ses objectifs.

 

Soutenu par 10 à 15 pour cent des musulmans, l'islamisme s'appuie sur des cadres dévoués et compétents dont l'impact va bien au delà de leur cercle limité. Il constitue une menace pour la vie civilisée en Iran, en Égypte et pas seulement dans les rues de Boston mais aussi dans les écoles, les parlements et les tribunaux occidentaux.

 

Quant à nous, notre question redoutable est la suivante : « Que proposez-vous pour vaincre l'islamisme ? » Ceux qui font de l'islam dans son ensemble leur ennemi ne succombent pas seulement à l'illusion du simplisme et de l'essentialisme mais se privent également d'outils pour le vaincre. Nous qui nous focalisons sur l'islamisme voyons la Seconde Guerre mondiale et la Guerre froide comme des modèles pour réfréner le troisième totalitarisme. Nous pensons que l'islam radical est le problème et que l'islam modéré est la solution. Nous travaillons avec les musulmans anti-islamistes pour vaincre un fléau commun. Et nous triompherons de cette nouvelle variante de la barbarie de sorte qu'une forme moderne de l'islam puisse voir le jour.

 

La Russie de Poutine alimente la guerre en Syrie :

le dilemme du gouvernement Netanyahou

Freddy Eytan

Le CAPE de Jérusalem, 18 mai 2013

 

La dernière rencontre de Benjamin Netanyahou avec Vladimir Poutine n’a pas réussi à dissiper les graves préoccupations israéliennes et il semble que la Russie soit déterminée à poursuivre ses livraisons d’armes sophistiquées à la Syrie et à soutenir, coûte que coûte, le régime de Bachar el-Assad.

 

Depuis la « Guerre Froide », la politique étrangère du Kremlin n’a pas vraiment évolué. L’ex-Union soviétique possède l’art de faire monter les enchères et de raviver la tension dans le monde, mais à ce jour, elle n’a pas disposé de moyens opérationnels pour mettre un terme aux crises régionales ou faire progresser un processus de paix équitable. Rappelons pour mémoire les conflits armés dans notre région : la campagne de Suez en 1956, la guerre des Six Jours en 1967, la guerre du Kippour de 1973, les invasions américaines en Irak, et les célèbres discours belliqueux des chefs du Kremlin brandissant sempiternellement l’arme nucléaire.

 

Les Russes menacent à chaque fois d’intervenir directement mais reculent devant les complications éventuelles d’un conflit armé et se replient toujours face à l’intransigeance de certains présidents américains, tels que J.F. Kennedy, Richard Nixon ou Ronald Reagan.

 

Dans les discussions diplomatiques et même lors des débats universitaires, les soviétologues ne seront jamais unanimes sur les réelles intentions du Politburo. En réalité, à l’intérieur des murailles du Kremlin, Poutine, comme ses prédécesseurs, laisse planer le mystère et demeure une véritable énigme.

 

A l’évidence, la crise syrienne n’est plus un conflit local ! Elle s’est transformée au fil des dernières semaines en une confrontation planétaire qui rappelle la « Guerre Froide » entre les deux superpuissances. L’échec de la Russie de ne pouvoir intervenir dans la chute de Kadhafi en Libye a été cuisant et humiliant pour Poutine. Les opérations de l’OTAN, en particulier celles de la France, ne pourront plus se reproduire avec Assad en Syrie. Ce pays est le dernier bastion des Russes dans notre région et Moscou considère le régime laïc d’Assad comme un allié précieux et un Etat stratégique face à la montée en puissance des Islamistes dans le monde arabe et les tentatives hégémoniques de l’Iran. Toute l’armée syrienne est équipée de matériel soviétique et dans la ville côtière de Tartous, les Russes abritent une importante base navale. Les deux pays sont liés par 6 milliards de dollars de contrats d’armements signés ces dernières années, et la Russie qui a perdu plusieurs contrats au profit des fabuleux accords signés avec les Américains tient à maintenir la livraison de ces nouvelles armes pour des raisons à la fois économiques et géostratégiques. Contrairement à l’avis des Occidentaux et d’Israël, ces armes sont qualifiées par le Kremlin de défensives, destinées à protéger des sites stratégiques en Syrie et à éviter toute intervention étrangère. 

 

Toutes les démarches du gouvernement israélien pour annuler la vente de ces armes dangereuses, notamment des missiles de croisière supersonique ainsi que des missiles antiaériens, ont été hélas vouées à l’échec. Pourtant, nos relations bilatérales avec la Russie sont au beau fixe, et la visite officielle de Poutine en juin 2012 en Israël fut apparemment une grande réussite.

 

Dans la lignée de sa conduite intransigeante, nous constatons que Moscou persiste et signe, alimente ainsi la guerre en Syrie et risque considérablement d’enflammer toute la région.

 

Devant la faiblesse de l’administration Obama et l’impuissance des Occidentaux à intervenir sur le terrain ou instaurer une zone d’interdiction de survol depuis des navires en mer, l’Etat juif est placé devant un grand dilemme, se trouvant dans l’obligation de poursuivre à la fois ses démarches diplomatiques mais surtout devant se défendre par tous les moyens possibles dont dispose Tsahal. Il s’agit effectivement de lignes rouges que les Russes ne devraient pas franchir. Nous devons à tout prix contrer l’utilisation de ces nouvelles armes russes par le régime d’Assad, par le Hezbollah iranien ou toute autre organisation terroriste.

 

Les dangers sont donc existentiels et les derniers raids en territoire syrien prouvent que le gouvernement Netanyahou est déterminé à protéger ses citoyens même au risque d’un affrontement involontaire avec la Russie de Poutine.

UNE SOLUTION RÉALISTE AU CONFLIT INTERMINABLE

 

 

 

 

 

 

 

La solution du conflit exige impérativement une approche réaliste !

Zvi Tenney

Le CAPE de Jérusalem, 12 février 2013

 

A la veille de la visite en Israël du Président Obama, on entend de plus en plus de déclarations du genre faite il y a quelques jours par Hillary Clinton, à savoir, « qu’avec le renforcement en Israël des partis de centre-gauche après les dernières élections, il y avait à présent plus de chance de faire avancer une solution du conflit palestino israélien ». Ceux sont là des déclarations que l’on entend aussi bien en Europe qu’en Amérique.

 

Cela laisse sous-entendre clairement que la solution de ce confit dépend de la volonté israélienne de faire des concessions aux Palestiniens que seul le centre-gauche politique en Israël est disposé à faire.

 

N’est-ce pas là une vision aberrante quand on se souvient que les concessions quasi absolues faites par Ehoud Barak alors P.M., qui s’était engagé en Juillet 2000 à démanteler toutes les implantations, acceptant l’établissement d’un Etat palestinien sur 97 % de la Judée Samarie et 100 % de la bande de Gaza, n’ont abouti à rien , comme d’ailleurs celles réitérées dans le même sens en 2008 par le P.M. d’alors Ehud Olmert ?

 

N’est-ce pas curieux que toutes ces déclarations fassent fi également du fait que le démantèlement de toutes les colonies israéliennes dans la bande de Gaza et sa restitution totale aux autorités palestiniennes ont eu les résultats désastreux que l’on connaît ?

 

D’où provient ce refus obstiné de discerner la véritable et fondamentale cause de ce conflit palestino israélien, à savoir le refus arabe d’accepter l’existence d’Israël en tant qu’Etat du peuple juif ?

 

Pourtant même le Président Abbas considéré comme « modéré » a déclaré dernièrement haut et fort et sans ambages « qu’il n’acceptera jamais, même dans mille ans, un Etat juif au coté de l’Etat palestinien ». Les médias officiels et les manuels scolaires de l’Autorité palestinienne n’en font d’ailleurs pas un secret, loin de là.

 

Il est donc incompréhensible de voir les Européens nous pointer du doigt comme responsables de la prolongation du conflit et soutenir les Palestiniens, sans tenir le moindre compte du manque de leur implication à la réalisation de la « solution à deux Etats » et de leur refus de reconnaître Israël, en tant qu’Etat Juif.

 

Pire encore, les gouvernements européens continuent de transférer des fonds aux Palestiniens, même s’ils sont parfaitement conscients du fait que l’Autorité palestinienne – qui est dirigée par le Fatah et le Hamas – éduque des générations de jeunes gens à poursuivre la lutte contre Israël jusqu’à son anéantissement..

 

Il faut signaler à ce propos que des membres du Parlement européen ont dernièrement échoué dans leurs tentatives répétées de déterminer comment les fonds européens transférés généreusement aux Palestiniens sont utilisés et employés à financer le terrorisme, l’incitation antijuive et celle contre Israël. Un rapport interne élaboré par l’Union Européenne sur le sujet n’a pas eu permission d’être publié…..Et pour cause !

 

La question se pose donc pourquoi le Monde occidental, si soucieux de faire progresser un processus de paix dans notre région, ne s’occupe pas de ce refus palestinien de toute solution du conflit qui inclurait un Etat juif et préfère faire pression sur Israël qu’il s’obstine à considérer comme étant seul détenteur de la clef de la solution pacifique du conflit ?

 

Quel gouvernement pour Israël ?

Victor Perez

terredisrael.com, 14 février 2013

 

Les élections passées, chacun s’interroge sur la coalition qui régira pour les années à venir le quotidien israélien. Benjamin Netanyahou a reçu un mandat de vingt-huit jours pour rechercher le programme commun à une majorité de partis prêts à gouverner. Soit un minimum de soixante et un sièges de députés. Ainsi, Yesh Atid de Yaïr Lapid, Habayit Hayehudi de Nephtali Bennet, Shass et Yaadout Hatora, mais aussi Kadima et Hatnouah de Tsipi Livni seront probablement appelés à être dans le futur gouvernement autour du Likoud et d’Israël Beiteïnou. Soit une majorité parlementaire de quatre-vingt huit députés. De quoi asseoir cette nouvelle administration dans une réelle stabilité.

 

En sera-t-il ainsi ? C’est le vœu du Premier Ministre qui neutraliserait les appétits de chacune des composantes et de leurs chefs. A commencer par Yaïr Lapid qui se voit chef avant d’avoir préalablement connu les rugosités de son siège de député.

 

Il va de soi que rien ne garantit actuellement que tous ces partis acceptent de siéger dans un tel gouvernement, dirigé de surcroît par un Netanyahou qui fut, pour la plupart de ces partis, hué lors de la campagne électorale. Il ne leur restera plus alors qu’à tenter de subsister dans l’opposition avant de voir fondre, lors de nouvelle élections, leur nombre d’élus, ou de disparaître de l’horizon politique pour n’avoir rien apporté à leurs électeurs. Les partis Kadima et Hatnouah particulièrement.

 

Si Shass et Yaadout Hatora ont une base d’électeurs solide qu’ils retrouveront qu’ils soient dans la majorité ou l’opposition ils ont tous deux un intérêt vital à siéger au gouvernement. On les y verra donc siéger !

 

Il n’en est pas de même avec Yesh Atid et Habayit Hayehudi. Deux partis voguant sur un mécontentement momentané et n’ayant donc rien de pérenne pour l’instant. Ce qui les incitera à accepter le programme commun proposé par le Premier ministre plutôt que de pousser leur intransigeance et de risquer de connaître le même sort que le parti Kadima, mouvement politique qui passa, dans la dernière législature, de la posture de premier parti du parlement avec vingt-huit députés à péniblement deux, ou encore celui du parti Shinouï de Tommy Lapid passant de quinze à zéro élus et du parti des retraités, surprise des élections de 2006 et disparu en 2009.

 

Il y a donc de fortes probabilités pour que ce gouvernement, soutenu par quatre-vingt huit députés, voit le jour. Si ce n’est dans le temps imparti, le délai supplémentaire légal de quatorze jours permettra d’affiner les positions de chacun.

 

Ainsi, Benjamin Netanyahou pourra sereinement proposer une loi pour le service militaire pour tous sans que les religieux ne puissent s’y opposer ni mettre en danger la coalition formée, continuer les constructions dans les implantations sans que Yesh Atid et Hatnouah n’y voient une quelconque obstruction à un processus de paix que par ailleurs Habayit Hayehudi ne soutient pas. Chaque parti faisant le mort lors d’une loi lui déplaisant.

Si l’on peut considérer que cette façon de faire est jouer l’un contre l’autre, il n’en reste pas moins qu’une majorité du peuple israélien verra dans ce gouvernement de rassemblement le respect de ses choix.

 

Ce qui démontrera que le scrutin proportionnel est le système respectueux par excellence des désidérata du peuple israélien. Un système que l’on nomme démocratie.

 

La Turquie abandonnerait-elle l'Occident ?

Daniel Pipes

The Washington Times, 6 février 2013

Adaptation française: Anne-Marie Delcambre de Champvert

 

Ls récentes mesures prises par le Gouvernement de la Turquie suggèrent qu'il se pourrait qu'il soit prêt à laisser tomber le club des démocraties de l'OTAN pour une bande russe et chinoise d'États autoritaires.

 

À partir de 2007, le gouvernement d'Ankara a fait une demande, trois fois sans succès, pour faire partie en tant que membre invité de l'organisation de coopération de Shangaï (ou OCS, officieusement connue comme les Cinq de Shanghai). Fondée en 1996 par les gouvernements russe et chinois, en compagnie de trois (et en 2001 d'un quatrième) anciens Etats soviétiques d'Asie centrale [le Kazakhstan, le Kirghizstan, le Tadjikistan et l'Ouzbékistan (NDLT)], l' OCS a très peu retenu l'attention de l'Occident, même si elle a de grandes ambitions de sécurité militaire et d'autres aspirations, y compris la création éventuelle d'un cartel du gaz. En outre, elle offre une solution de rechange au modèle occidental, de l'OTAN, pour la démocratie, et pour le remplacement du dollar américain comme monnaie de réserve. Après ces trois refus, Ankara a demandé le statut de «partenaire de dialogue» en 2011. En juin 2012, il a gagné et sa demande a été approuvée.

 

Un mois plus tard, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a fait un communiqué sur ses dires au président de la Russie Vladimir Poutine : «Allez, acceptez-nous dans les Cinq de Shanghai [en tant que membre à part entière] et nous allons changer d'avis sur l'Union européenne." Erdoğan a repris cette idée le 25 janvier , notant les efforts turcs toujours au point mort pour rejoindre l'Union européenne (UE): "[Si vous agissez] en tant que Premier ministre d'un pays de 75 millions de personnes", a t-il expliqué, "vous commencez à chercher des alternatives. C'est pourquoi j'ai dit à Mr. Poutine l'autre jour: «Allez, prenez-nous dans les Cinq de Shanghai, faites-le, et nous allons dire au revoir à l'UE. Pourquoi ces atermoiements ?" Il a ajouté que l'OCS "est beaucoup mieux, est beaucoup plus puissante [que l'UE], et nous partageons des valeurs en commun avec ses membres."

 

Le 31 janvier, le ministère des Affaires étrangères a annoncé son plan pour passer au niveau supérieur d'«État observateur» à l'OCS. Le 3 février Erdogan a réitéré la remarque précédente, en disant: «Nous allons chercher d'autres possibilités,» et il a loué le "processus de démocratisation" du groupe de Shanghai tout en dénigrant l'«islamophobie» européenne. Le 4 février , le président Abdullah Gül est allé dans le sens opposé, en déclarant que "L'OCS n'était pas pas une alternative à l'UE …. La Turquie veut adopter et mettre en œuvre les critères de l'UE."

 

La manœuvre feinte d'aller vers l'OCS rencontre des obstacles importants: si Ankara mène l'action pour renverser Bachar al-Assad, l'OCS soutient fermement le leader syrien assiégé. Les troupes de l'OTAN viennent juste d'arriver en Turquie pour l'équiper de batteries de missiles Patriot protégeant ce pays contre des missiles de fabrication russe de la Syrie [Ankara a demandé à l'OTAN de déployer des missiles Patriot le long de la frontière turco-syrienne qui s'étend sur 820 kilomètres (NDLT)]. Plus fondamentalement, les six membres de l'OCS dans leur totalité s'opposent fermement à l'islamisme que soutient Erdogan. Peut-être, par conséquent, Erdogan a-t-il mentionné l'adhésion comme membre de l'OCS seulement pour faire pression sur l'Union européenne, ou comme discours symbolique destiné à ses partisans.

 

Les deux sont possibles. Mais je prends le long flirt de six mois au sérieux pour trois raisons. Tout d'abord, Erdoğan a établi un record de franc-parler, ce qui conduit un auteur d'articles, un auteur-clé, Sedat Ergin , à qualifier la déclaration du 25 janvier d'Erdogan comme étant peut-être la «plus importante» déclaration de politique étrangère qu'il ait jamais faite.

 

Deuxièmement, comme le journaliste turc [auteur de chroniques paraissant régulièrement] Kadri Gürsel, le souligne,« Les critères de l'UE exigent de la part de la Turquie [que soient respectés] la démocratie , les droits de l'homme , les droits syndicaux, les droits des minorités, l'égalité entre les sexes, la répartition équitable des revenus, la participation et le pluralisme. L'OCS en tant qu'union de pays dirigés par des dictateurs et des autocrates n'exigera aucun de ces critères d'adhésion. " Contrairement à l'Union européenne, les membres de Shanghai ne feront pas pression sur Erdoğan pour qu'il libéralise mais ils encourageront les tendances dictatoriales qui sont en lui et que tant de Turcs redoutent déjà.

 

Troisièmement, l'OCS correspond bien à son impulsion islamiste qui le pousse à défier l'Occident et à rêver d'une solution de rechange. L'OCS, avec russe et chinois comme langues officielles, a un ADN profondément anti-occidental et ses réunions sont hérissées de sentiments anti-occidentaux . Par exemple, lorsque le président iranien Mahmoud Ahmedinejad s'est adressé au groupe en 2011, personne ne refusa sa théorie du complot à propos du 11 septembre selon laquelle [cet attentat] ne serait qu'un coup monté de l'intérieur par le gouvernement des USA "comme un prétexte pour envahir l'Afghanistan et l'Irak et pour tuer et blesser plus d'un million de personnes. " De nombreux bailleurs de fonds font écho à l'analyste égyptien Galal Nassar dans son espoir qu'en fin de compte l'OCS "aura une chance de régler la compétition internationale à son avantage." A l'inverse, comme un fonctionnaire japonais a noté, "L'OCS est devenue un bloc rival de l'alliance américaine. Elle ne partage pas nos valeurs."

 

Les démarches turques en vue de devenir membre du groupe de Shanghai mettent en évidence l'adhésion maintenant ambivalente d'Ankara dans l'Organisation du Traité Atlantique Nord, nettement symbolisée par l'exercice sans précédent des forces aériennes conjointes turco-chinoises de 2010. Compte tenu de cette réalité la Turquie d'Erdogan n'est plus un partenaire digne de confiance pour l'Occident mais ressemble plus à une taupe introduite dans le saint des saints[espion au cœur de la maison de l'Occident (NDLT)]. Si elle n'est pas expulsée, elle devrait au moins être exclue temporairement de l'OTAN.

METTRE DE L’ORDRE DANS LE PROCHE-ORIENT

 

 
 
 
 
 
 
Un «code de conduite» pour mettre de l’ordre au Proche-Orient 
Dore Gold
terredisrael.com, 30 janvier 2013
 
 
Visites du président des États-Unis en Israël
 
Pres. Barack Obama (1) – mars 2013 (planifiée)
Pres. George W. Bush (2) – janvier 2008, mai 2008
Pres. Bill Clinton (4) – octobre 1994, octobre 1995, mars 1996, décembre 1998
Pres. Jimmy Carter (1) – mars 1979
Pres. Richard Nixon (1) – juin 1974
 
En 1996, j’étais conseiller diplomatique du Premier ministre Benyamin Netanyahou. Je fus invité par le Royaume hachémite de Jordanie à un forum international à Amman. L’un des invités de marque était l’ancien Secrétaire d’Etat américain, Henry Kissinger, avec lequel j’ai eu le privilège de m’entretenir longuement. A cette époque, le processus de paix était au point mort suite à des attentats spectaculaires et l’explosion de bombes humaines dans les villes israéliennes.
 
Orfèvre des dossiers de la région et brillant diplomate, Kissinger m’avait suggéré d’adopter une autre approche : « Vous devez absolument appliquer “un code de conduite”! » me dit-il avec conviction.
 
Honnêtement, j’ignorais la signification de son idée. J’ai donc décidé dès mon retour à Jérusalem de lire les quatre volumes de ses Mémoires pour en pouvoir discuter par la suite. J’avais espéré trouver le terme « code de conduite » dans l’index de ses livres, mais il ne figurait pas.
 
En parcourant les Mémoires, j’ai compris qu’il faisait allusion aux négociations qu’il avait entreprises avec l’Union soviétique sur la limitation des missiles stratégiques. Ces discussions ont abouti finalement à la signature du Traité Salt 1. Toutefois, il fallait l’appliquer à la lettre étant donné que Moscou a voulu étendre ses opérations militaires dans le Tiers monde, en Angola, et dans le sud-est de l’Asie. Kissinger a donc élaboré un document intitulé « Les principes de base dans les relations russo-américaines».
 
Selon lui, si Moscou agissait selon ce code de conduite, Washington pourrait examiner au fur à mesure ses intentions réelles au rythme des progrès accomplis et ainsi la Détente entre les deux superpuissances serait établie.
 
Pourra-t-on également appliquer l’idée du code de conduite élaboré par Kissinger au Proche-Orient ? Peut-on formuler un ensemble de règles pour les négociations futures avec les Palestiniens et ainsi savoir en temps réel si le processus de paix avance vraiment et quand l’Autorité palestinienne viole ses engagements ? Des questions particulières telles que l’incitation à la violence, le soutien aux organisations terroristes et leur hébergement, le contact avec des institutions internationales pour entreprendre des initiatives anti- israéliennes devraient être traitées sérieusement, en plus des questions clé à l’ordre du jour comme l’avenir des frontières, le problème des réfugiés ou l’avenir des implantations.
 
Pour pouvoir établir un code de conduite, il est impératif d’obtenir le soutien de Washington qui servirait de juge entre les deux parties.
 
Aujourd’hui, plus que jamais le code de conduite est nécessaire en raison des turbulences dans le monde arabe et de la montée de leaders identifiés aux Frères musulmans. En Syrie, par exemple, la chute d’Assad pourrait amener au pouvoir des courants Salafistes plus extrémistes encore qu’Al Qaïda.
 
En établissant des critères objectifs à un code de conduite acceptable et soigneusement planifié, nous pourrions suivre de près l’évolution des évènements. Il pourrait servir d’outil efficace pour distinguer entre les différents dirigeants, entre ceux qui obéissent à ses principes et les pays voyous qui l’ignorent.
Dans ce contexte, les “bons” seront autorisés à bénéficier du commerce international, du transfert technologique et même de la vente d’armes légale. 
 
Rappelons que l’idée de Kissinger a été incorporée dans un document de principe lors de la Conférence de sécurité en Europe en 1975 mieux connu sous le nom de Déclaration d’Helsinki. Ceux qui ont appliqué les principes ont été invités à participer à l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).
 
Dans le cadre de l’accord de paix avec la Jordanie en 1994, Israël a souhaité une organisation similaire au Moyen-Orient et la suite est bien connue. Les nouveaux dirigeants dans notre région ne répondent pas aux normes internationales minimales et leur politique accélère un processus négatif qui mène au chaos et risque de déclencher un conflit armé nouveau dans la région.
 
Le choix de Chuck Hagel comme ministre de la Défense?
Daniel Pipes
danielpipes.org, 28 janvier 2013
Adaptation française: Anne-Marie Delcambre de Champvert
 
Trois réflexions viennent à l'esprit alors que le Sénat des États-Unis se prépare à examiner le 31 janvier prochain la nomination de Chuck Hagel pour le poste de ministre de la Défense:
 
(1) C'est quand même très étrange que Barack Obama ait nommé un politicien sans renom, sans aucun projet de loi important revêtu de son nom, sans réalisations administratives, et sans grandes idées, au poste extrêmement important de ministre de la Défense. C'est d'autant plus curieux que Hagel n'est connu que pour ses opinions dans deux domaines, celui de la politique étrangère et celui de la défense, lesquelles opinions consistent à être souple sur l'Iran et hostile à Israël. Cela envoie certainement un message fort à Israël.
 
(2) Ce fut consternant de constater que, après avoir au début manifesté un certain scepticisme, les institutions juives américaines ont laissé passer la nomination de Hagel. Il semblerait que, pour elles, l'accès [à une telle fonction permettant de rencontrer des gens comme le président et d'autres politiciens (NDLT)] l'emporte sur d'autres considérations.
 
(3) En revanche, l'association les Chrétiens Unis pour Israel (CUFI), a publié un communiqué exprimant son opposition à [la nomination de] Hagel en raison de son «aveuglement inacceptable devant la plus grande menace de notre époque», à savoir l'Iran et le Hezbollah. En outre, le CUFI a annoncé qu'au moins 400 leaders chrétiens se rendront au Capitole cette semaine pour faire pression sur les représentants de l'ensemble des 100 sénateurs.
 
Commentaire: Bizarre que le CUFI soit là fort actif et que le Comité des Affaires Publiques Israélo-Américaines – American Israel Public Affairs Committee [AIPAC: le Comité des Affaires publiques israélo-américaines, groupe de pression né en 1951 et visant à soutenir Israël(NDLT)]) – reste silencieux.
 
Journée Internationale du Souvenir de la Shoah : l’enseignement s’impose
Ftouh Souhail
terredisrael.com, 26 janvier 2012
 
Une cérémonie de la Journée Internationale du Souvenir de la Shoah au Parlement européen a été organisée hier à Bruxelles.
 
Ce jour du souvenir est marqué le 27 janvier, le jour où il y a 67 ans, l’Armée Rouge a libéré le camp d’extermination d’Auschwitz.
 
L’Iran et l’antisémitisme actuel en Europe étaient les sujets principaux de la cérémonie de la Journée Internationale du Souvenir de la Shoah au Parlement européen à Bruxelles.
 
En marge de la cérémonie au Parlement européen à Bruxelles pour la Journée internationale de commémoration de la Shoah, le président du Congrès juif européen (CJE) Moshé Kantor a été décoré de la Légion d’honneur.
 
Ce 27 janvier marque le jour anniversaire inoubliable de la libération du camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau par les troupes soviétiques en 1945. La destruction systématique par les nazis des communautés juives d’Europe a coûté la vie à quelques six millions d’hommes, de femmes et d’enfants.
 
Le 27 janvier 1945, l’Armée Rouge entrait dans le principal camps d’extermination nazi, y découvrant 7 500 rescapés à bout de forces. Certains ayant réussi à se procurer des armes se sont révoltés contre les derniers SS. Entre le printemps 1942 et l’hiver 1945, 1,5 million de détenus ont été exterminés à Auschwitz.
 
60 ans plus tard, une résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies a institué le 27 janvier « Journée internationale de commémoration en mémoire des victimes de la Shoah ». Cette date correspond à l’anniversaire de la libération d’Auschwitz-Birkenau, le plus grand camp nazi de concentration et d’extermination.
 
Cette Journée devait être l’occasion de nous rappeler qu’il importe d’agir résolument aux premiers signes avant-coureurs d’un climat favorable au génocide.
 
Selon un sondage réalisé par l’institut allemand Forsa, à l’occasion de la Journée internationale à la mémoire des victimes de la Shoah, le 27 janvier et rendu public mercredi par le magazine Stern, environ un cinquième (21%) des Allemands âgés de 18 à 29 ans, ne savent pas qu’Auschwitz était un camp d’extermination, Par ailleurs, environ un tiers de l’ensemble des sondés (31%) ne sait pas où situer Auschwitz et 40% des Allemands souhaiteraient pouvoir tirer un trait sur le passé.
 
Ces chiffres très alarmants révèlent que la majorité des jeunes sondés a une connaissance sommaire des deux guerres mondiales, tandis qu’une importante minorité ignore complètement l’essentiel.
 
Dans les pays arabes la situation est catastrophique. La totalité des populations n’ont reçus aucune formation sur l’enseignement de la Shoah. Plus que que six décennies après que les nazis aient assassiné 6 millions de Juifs, les arabes musulmans continuent de nier les faits historiques.Il y a peu d’empathie chez les arabes pour les victimes juives. Certains arabes essayent bêtement de comparer l’Holocauste au conflit israélo-palestinien.
 
Dans un nouveau projet lancé en décembre 2010, Yad Vashem offre des séminaires pour les enseignants arabes, dans l’espoir de faire changer les mentalités… Mais les organisateurs ont bien conscience de la difficulté de la tâche. «Nous avons réussi à ouvrir une fenêtre – pas une porte», a déclaré Dorit Novak, éducateur en chef à Yad Vashem. «Nous devons ouvrir la porte et entamer ce dialogue.
 
L’enseignement de la Shoah est l’un des domaines étudiés les plus unificateurs du système scolaire israélien. En Israel, l’Université de Haifa présente un nouveau projet international : un programme de Master pour l’étude de la Shoah, pour les jeunes étudiants se spécialisant dans l’Holocauste. Ce programme unique sera lancé en octobre 2012.
 
Les fraises sauvages
Norman Manea, écrivain, Prix Nelly Sachs, 2011
Discours prononcé à l'Université Alexander Ioan Cuza à Jassy (Roumanie)
à l'occasion de la remise du titre Doctor Honoris Causa, mai 2012
 
 
cliquez sur lien ci-dessous :
 

ENJEU CRUCIAL : COMBATTRE LA ‘PALESTINISATION’ DES UNIVERSITÉS IRAÉLIENNES

 

 

 

 

 

 

Combattre la ‘palestinisation’ des universités israéliennes, un enjeu crucial

Pierre Itshak Lurçat

upjf.org, 7 janvier 2013

 

 

« Des milliers d’étudiants israéliens sont dégoûtés par la ‘palestinisation’ des sciences sociales et refusent la réécriture de l’histoire du sionisme et la dissimulation des découvertes archéologiques considérables… » écrit Dror Eidar ce shabbat dans Israel Hayom. Ce qu’il appelle palestinisation des sciences sociales est un phénomène sans doute peu connu des amis d’Israël dans le monde, qui tentent souvent de combattre la dé-légitimation de l’Etat juif, sans savoir que beaucoup des principaux acteurs de cette dé-légitimation agissent à l’intérieur même de l’université et du monde académique israélien…

 

Si l’on veut un exemple récent de ce phénomène, il nous est fourni par Dror Ben Yemini dans les colonnes de Makor Rishon ce shabbat, à propos du film de propagande « Jénine Jénine », qui a été récemment projeté aux étudiants du collège Beit Berl par la professeur Mikhal Hakham, connue pour ses opinions d’extrême-gauche (elle soutient le Hamas et le boycott universitaire d’Israël !).

 

C’est dans ce contexte que Dror Eidar salue la décision du ministre de l’Education, Gidéon Sar, de faire du centre universitaire d’Ariel en Samarie une université à part entière, décision qui peut selon lui jouer un rôle important dans le rééquilibrage de la vie intellectuelle en Israël, trop souvent polluée par les représentants de la tendance antisioniste…

 

« On aurait du mal à exagérer l’importance de la proclamation officielle de l’université d’Ariel, cette semaine », écrit Dror Eidar. « Pour la première fois depuis de nombreuses années une nouvelle université est fondée, la huitième, et elle l’est par un gouvernement conservateur, dans la capitale de la Samarie.

 

Du point de vue historique, ce geste est plus important que toutes les constructions réalisées par le gouvernement sortant en Judée-Samarie. Cela constitue une déclaration d’indépendance du gouvernement Likoud face à l’establishment des anciennes élites, précisément sur un sujet le plus sensible : la contestation de l’hégémonie culturelle et académique de la gauche israélienne, au moyen de la création d’une alternative universitaire et culturelle ».

 

Dror Eidar point du doigt un aspect essentiel de la vie politique en Israël, dont l’importance a souvent été négligée par la droite, depuis le début de l’implantation sioniste en Eretz-Israël il y a plus d’un siècle : celui du combat culturel et idéologique. Pour comprendre les tenants et les aboutissants de cet affrontement, il faut relire le livre important de Yoram Hazony, L’Etat juif. Sionisme, post-sionisme et destins d’Israël dont j’avais ainsi rendu compte au moment de sa parution en France :

 

L’auteur, qui dirige le Centre Shalem à Jérusalem, tente de répondre à la question suivante : « comment l’idéal de l’Etat juif qui, quarante ans auparavant, était un axiome politique et moral pour presque tous les Juifs du monde… a pu être si rapidement ruiné au sein du leadership culturel de l’Etat juif lui-même ? » Ou en d’autres termes, comment les élites israéliennes ont-elles trahi l’idéal sioniste ? La réponse à cette question cruciale, Hazony la trouve notamment au sein de l’intelligentsia et de l’université israélienne, qui ont toujours abrité de nombreux intellectuels hostiles au sionisme politique, avant même la création de l’Etat juif.

 

C’est en effet un petit groupe de professeurs juifs allemands, réunis autour de Martin Buber, qui ont fondé en 1925 l’université hébraïque de Jérusalem, laquelle a formé plusieurs générations d’intellectuels et de politiciens israéliens. Pour comprendre l’importance de cette institution dans la vie politique israélienne, on se contentera de citer les chiffres suivants : 25% des membres de la Knesset ont étudié à l’université hébraïque, ainsi que douze des quinze juges actuels à la Cour suprême, et quatre anciens Premiers ministres… On aurait du mal à trouver une université aussi influente en France ou ailleurs.

 

Pour Buber et ses amis du Brith Shalom, l’idéal d’une entente judéo-arabe passait avant la réalisation des aspirations nationales juives en terre d’Israël. C’est pourquoi ils s’opposèrent au programme sioniste et prônèrent, anticipant sur les intellectuels post-sionistes actuels, la création d’un Etat binational. Un facteur clé du succès du Brith Shalom et du courant post-sioniste réside, selon Hazony, dans le peu d’intérêt porté au combat intellectuel par les tendances dominantes du sionisme, de droite comme de gauche. Alors que le sionisme travailliste mettait l’accent sur le développement agricole et les implantations juives, les partisans du sionisme « révisionniste » de Menahem Begin se consacraient à la lutte armée contre l’Angleterre (et contre les Arabes). Mais ni l’un ni l’autre n’ont su évaluer l’importance essentielle du combat d’idées, laissant le champ libre aux partisans de l’Etat binational.

 

Employer la tactique de la guerre froide pour s'attaquer à l'Iran

Daniel Pipes

The Washington Times, 9 janvier 2013

Adaptation française: Anne-Marie Delcambre de Champvert

 

Alors que les Américains cherchent à trouver une alternative au choix difficile et peu réjouissant, consistant soit à accepter que le leadership enragé de l'Iran possède des armes nucléaires ou bien, pour empêcher cela, bombarder ses installations nucléaires, un analyste propose une troisième voie possible à laquelle on peut croire. Fait intéressant, c'est inspiré par une politique qui ne date pas d'hier et qui visait un ennemi différent – il s'agissait de moyens utilisés par l'administration Reagan pour manipuler l'Union soviétique – mais ce modèle, que l'on jugera démodé et peu probable aujourd'hui, offre un prototype utile.

 

Abraham D. Sofaer, un ancien juge de district et conseiller juridique du Département d'Etat, maintenant «senior fellow*» [directeur de recherche (NDLT)] à la Hoover Institution, soutient dans Taking On Iran : Strength, Diplomacy and the Iranian Threat Se battre contre l'Iran: la force, la diplomatie et la menace iranienne (Hoover Institution, 2013) que depuis la chute du shah durant l'administration Carter, Washington "a répondu à l'agression iranienne par des sanctions inefficaces et des avertissements et des condamnations vaines."

 

Jamais, depuis 1988, note-t-il, le gouvernement américain n'a concentré son attention sur la force militaire iranienne qui protège tout particulièrement l'ordre islamique du pays et le plus souvent fomente des attaques à l'étranger, force diversement appelée les Pasdaran ou Sepah en persan et le Corps des Gardiens de la Révolution iranienne CGRI, ou IRGC en anglais. Cette force d'élite d'environ 125.000 hommes, créée en 1980, joue un rôle démesuré dans la vie politique et économique de l'Iran. Elle possède sa propre armée, sa propre marine et ses propres unités de forces aériennes, elle contrôle les programmes de missiles balistiques, et elle participe au contrôle sur le programme nucléaire du pays. Elle utilise les Basijis[une force paramilitaire iranienne fondée par Khomeyni (NDLT)], qui veille à l'application stricte de la morale islamique à la population iranienne. Ses forces militaires sont plus importantes que les forces armées régulières. Sa force Qods [littéralement Jerusalem Force (NDLT)] d'environ 15.000 agents propage la révolution de Khomeiny à l'étranger via l'infiltration et l'assassinat. Son personnel possédant des titres universitaires occupe maintenant des postes clés au sein du gouvernement iranien.

 

Le Corps des Gardiens de la Révolution iranienne (CGRI) a joué un rôle de premier plan dans l'attaque contre des Américains, leurs alliés et leurs intérêts, surtout si l'on inclut les substituts et partenaires classiques du CGRI, tels que le Hezbollah, le Hamas, le mouvement Moqtada al-Sadr, même les talibans et Al-Qaïda. Les hauts faits du CGRI comprennent le bombardement en 1983 contre la caserne des Marines et contre l' ambassade des USA au Liban, les bombardements de 1992 et 1994 des cibles juives en Argentine, le bombardement en 1996 des casernes Khobar en Arabie Saoudite, la tentative de 2011 pour tuer l'ambassadeur saoudien à Washington, et l'approvisionnement du Hamas avec des missiles pour sa guerre de 2012 avec Israël (qui sont déjà en cours de réapprovisionnement).

 

Dans l'ensemble, les attaques du CGRI ont causé la mort de plus de 1.000 soldats américains , de nombreux membres de plusieurs autres forces armées et de non-combattants. Le gouvernement américain a condamné le CGRI comme un soutien d'Etat du terrorisme et l'a désigné comme un responsable de la prolifération d'armes de destruction massive.

 

Par confrontation, il entend "l’éventail complet des options disponibles contre le CGRI". Il soutient que les forces américaines en ont le droit et devraient le faire, à savoir cibler les usines et les installations de stockage pour les armes, les installations liées au CGRI (bases, ports, camions, avions, navires), les livraisons d'armes sur le point d'être exportées, et les unités du CGRI. L'objectif de Sofaer n'est pas seulement de stopper la violence du CGRI, mais aussi de «saper la crédibilité et l'influence de ce CGRI, et aider à convaincre l'Iran de négocier sérieusement» sur son programme d'armement nucléaire.

 

Par négociations il veut dire de parler à Téhéran à propos des questions en suspens, plutôt que d'essayer de le punir en gardant une réserve distante. Sofaer cite James Dobbins, ancien envoyé spécial américain en Afghanistan, qui exprime un point de vue semblable: «Il est temps d'appliquer à l'Iran les politiques qui ont gagné la guerre froide, ont libéré du Pacte de Varsovie, et ont réuni l'Europe: la détente et l'endiguement, la communication chaque fois que c'est possible, et la confrontation en cas de besoin. Nous avons parlé à la Russie de Staline. Nous avons parlé à la Chine de Mao. Dans les deux cas, une plus grande dénonciation publique mutuelle a changé leur système, pas le nôtre. Il est temps de parler à l'Iran, sans condition, et complètement. " Plus largement, avec Chester A.Crocker, un autre ancien diplomate américain, Sofaer voit la diplomatie comme "le moteur qui convertit l'énergie brute et la puissance tangible en résultats significatifs en politique."

 

Se confrontant et négociant simultanément, Sofaer s'attend à ce que ceci arrivera à mettre beaucoup de pression sur Téhéran afin d'améliorer son comportement en général et éventuellement que cela l'amènera à arrêter le programme nucléaire, tout en gardant disponible l'hypothèse d'une frappe préventive "si tout le reste échoue. "

 

L'ancien secrétaire d'Etat George P. Shultz, dans sa préface à Taking on Iran, qualifie l'idée de Sofaer «une alternative qui aurait dû être mise en place il y a longtemps.» En effet, il est bien trop tard pour répondre aux atrocités du CGRI avec le langage de la force, le seul langage que les dirigeants iraniens comprennent – et laquelle idée a l'avantage supplémentaire d'éviter éventuellement de plus grandes hostilités.

 

La vision ultra-extrémiste du chef palestinien

Le CAPE de Jérusalem, 6 janvier 2013

 

Le 4 janvier dernier, Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne et chef de l’OLP et du mouvement Fatah, a présenté lors de son discours célébrant l’anniversaire de la création du Fatah une doctrine ultra-extrémiste. Sa vision politique présente une source inquiétante d’inspiration au peuple palestinien.

 

En fait, Abbas s’est engagé à poursuivre la lutte terroriste tracée par ses prédécesseurs et notamment par le Mufti de Jérusalem, Hajj Amin al-Husseini, tristement connu pour son alliance stratégique avec l’Allemagne nazie.

 

Dans le cadre des festivités en honneur du Fatah, les martyrs des Brigades Al-Aqsa, branche militaire du mouvement palestinien, ont organisé des défilés, fusil d’assaut en bandoulière, dans les villes d’Hébron et de Bani Na’im, et dans le camp des réfugiés Kalandia situé au nord de Jérusalem.

 

Ceux qui croyaient qu’Abbas allait poursuivre une voie plus modérée juste après la résolution onusienne du 29 novembre 2012, élevant le statut de la mission d’observation de l’OLP à un Etat observateur, sont sans doute très déçus par ce discours extrémiste.

 

Abbas n’a pas préparé son peuple à la paix et en fait reprend une rhétorique belliqueuse perpétuant et même escaladant le conflit.

 

Le dernier discours de Mahmoud Abbas est d’une grande importance car il s’est adressé directement aux militants du mouvement, qui sont son principal soutien.

 

Dans son allocution, Abbas évite toute mention de compromis historique avec Israël. Il ne mentionne pas la formule « la paix contre les territoires », ni la création d’un Etat palestinien aux côtés d’Israël, ni non plus la reconnaissance même de l’Etat d’Israël, Etat-nation du peuple juif.

 

Au contraire, Abbas a choisi de souligner que le mouvement Fatah n’a pas changé depuis le jour de sa création le 1er janvier 1965, et que le peuple palestinien persiste dans la lutte armée.

 

Abbas s’est abstenu de fixer des lignes rouges pour « la lutte palestinienne ». Il n’a pas condamné les actes de violence et n’a pas non plus dénoncé les organisations terroristes et leurs dirigeants. Ils demeurent selon lui des partenaires égaux pour la lutte palestinienne et la réalisation de la plateforme idéologique.

 

Dans ses propos, il a maintes fois insisté sur des mots clé, à savoir : « rêve », « objectifs nationaux », « justice historique ». Autrement dit, cela signifie: la réalisation du « rêve au retour » des millions de réfugiés palestiniens et leurs descendants.

 

En conclusion, l’objectif est purement et simplement « la destruction de l’Etat d’Israël ».

LA BANDE GAZA, LE GRAND JOUR DES PALESTINIENS ET L’IMPOSTURE MAHMOUD ABBAS

 

 

 

 

 

 

La bande de Gaza n'est pas la clé, le couloir de Philadelphie l'est

Daniel Pipes

National Review Online, 27 novembre 2012

Adaptation française: Anne-Marie Delcambre de Champvert

 

La deuxième guerre entre le Hamas et Israël du 10 au 21 novembre a inspiré un vaste débat sur les droits et les torts, avec chaque côté lançant un appel au grand bloc indécis (19 pour cent des Américains selon CNN/ORC, 38 pour cent, selon Rasmussen). Israël est-il un Etat criminel qui n'a pas le droit d'exister, et encore moins de déployer des forces? Ou est-ce une démocratie libérale moderne avec la règle de droit qui protège à juste titre des civils innocents? La morale conduit ce débat.

 

Pour toute personne sensible, il est évident que les Israéliens sont à 100 pour cent justifiés de se protéger contre les attaques gratuites. Une caricature de la première guerre Hamas-Israël de 2008-09 montrait symboliquement un terroriste palestinien tirant de derrière un landau de bébé contre un soldat israélien se tenant, lui, devant un landau de bébé.

 

Plus difficile est la question de savoir comment empêcher de nouvelles guerres entre Israël et le Hamas. Un peu d'histoire: si les Israéliens sont à 100 pour cent justifiés de se protéger, leur gouvernement assume également la totale responsabilité pour la création de cette crise qu'il s'est infligée à lui-même. Plus précisément, il a fait deux retraits unilatéraux peu judicieux en 2005:

 

 •De Gaza: Ariel Sharon a été réélu au poste de Premier ministre en janvier 2003, en partie en se moquant d'un rival qui avait demandé le retrait unilatéral de tous les habitants et des soldats israéliens de Gaza; puis, inexplicablement, en novembre 2003, il a adopté cette même politique et l'a mise en vigueur en août 2005. J'ai baptisé ceci à ce moment-là, "l'une des pires erreurs jamais réalisées par une démocratie."

 

 •Depuis le couloir de Philadelphie: Sous la pression américaine, en particulier de la secrétaire d'Etat américaine, Condoleezza Rice, Sharon a signé un accord en septembre 2005, intitulé «Dispositions convenues», à savoir que les forces israéliennes se retiraient du couloir de Philadelphie,une zone de 14 kms de long et 100 mètres de large entre Gaza et l'Egypte. La malheureuse "Mission d'union européenne de surveillance à la frontière au point de passage de Rafah" (EUBAM Rafah) a pris leur place.

 

Le problème était que les autorités égyptiennes avaient promis dans leur traité de paix de 1979 avec Israël (III, 2) d'empêcher les «actes ou menaces de belligérance, d'hostilité ou de violence», mais en fait elles avaient autorisé la contrebande massive d'armements à Gaza via les tunnels. Selon Doron Almog, un ancien chef du Commandement Sud d'Israël au début de 2004, «la contrebande a une dimension stratégique» car elle implique des quantités suffisantes d'armes et de matériel «pour transformer Gaza en aire de lancement pour des attaques de plus en plus profondes contre Israël même.»

 

Almog a estimé ces politiques «un pari risqué» de la part du régime de Moubarak et un "profond danger stratégique" qui pourrait "mettre en péril l'accord de paix israélo-égyptien et menacer la stabilité de toute la région." Il a attribué le laxisme égyptien à un mélange de vues anti-sionistes parmi l'administration et à des sentiments anti-sionistes du public égyptien prêts à ce qu'on leur donne libre cours.

 

Sharon avec arrogance a signé les «arrangements convenus», contrairement à la forte opposition de l'establishment de la sécurité d'Israël. Bien sûr, en enlevant cette épaisseur de protection israélienne, une "augmentation exponentielle"» dans l'arsenal de Gaza de façon prévisible a suivi, aboutissant aux missiles fajr-5 qui ont atteint ce mois-ci Tel-Aviv.

 

Pour permettre à des soldats israéliens d'empêcher de façon efficace l'ensemble des armes d'atteindre la bande de Gaza, David Eshel de Defense Update a argumenté pour la reprise par l'armée israélienne du couloir de Philadelphie et l'augmentation de ses dimensions en en faisant une «ligne de sécurité complètement stérile d'environ 1.000 mètres», même si cela signifie avoir à faire déménager environ 50.000 habitants de Gaza. Fait intéressant, Ahmed Qurei de l'Autorité palestinienne, en privé avait approuvé des mesures semblables en 2008.

 

Almog va plus loin: notant la profonde implication de l'Iran dans la bande de Gaza, il préconise de faire du couloir de Philadelphie un no man 's land en l'élargissant d'à peu près 10 kms. Ce qui serait parfait, m'écrit-il, le corps des ingénieurs de l'armée des USA construirait cet obstacle de lutte contre la contrebande et l'armée américaine aurait un rôle continu de police de la frontière. Deuxième choix, les Israéliens font cela seuls. (L'accord Gaza-Jéricho de mai 1994 encore opérationnel établit une «Zone d'installation militaire» sous le contrôle total d'Israël – en fait, le couloir de Philadelphie – qui fournit à Jérusalem la base juridique pour reprendre cette frontière cruciale.)

 

En revanche, Michael Herzog, ancien haut fonctionnaire au ministère de la Défense d'Israël, me dit qu'il est trop tard pour Israël pour reprendre le couloir de Philadelphie; que la pression internationale sur l'Egypte pour arrêter le flux d'armes vers la bande de Gaza est la solution. De même, l'ancien ambassadeur Dore Gold soutient les «arrangements» américano-israéliens pour écarter les nouvelles armes.

 

Je suis sceptique quant à un rôle américain efficace, militaire ou diplomatique; seuls les Israéliens sont incités à terminer définitivement les transferts d'armes. Les gouvernements occidentaux devraient signaler au Hamas qu'ils encourageront Jérusalem à répondre à la prochaine attaque de missiles en reprenant et en élargissant le couloir de Philadelphie, de cette façon empêchant plus d'agression, de tragédie humanitaire et de crises politiques.

 

Quelques anniversaires du Grand Jour des Palestiniens

Caroline Glick

upjf.org, 5 décembre 2012

 

Avec les nations d’Europe et le reste du monde alignés pour soutenir la demande de l’OLP de recevoir le statut d’Etat non membre à l’Assemblée Générale de l’ONU, il vaut bien la peine de noter deux anniversaires d’évènements liés mais oubliés. Bien sûr, chacun connaît évidemment l’anniversaire – le 29 novembre 1947 était le jour où l’Assemblée Générale des Nations Unies (UNGA) adopta le plan recommandant la partition du Mandat Britannique sur la Palestine en un Etat juif et un Etat arabe. Les Juifs acceptèrent le plan. Les Arabes – aussi bien localement et régionalement – le rejetèrent. Les Arabes locaux qui ne devinrent désignés comme « Palestiniens » que 25 ans plus tard, répondirent à la résolution 181 de l’UNGA par une guerre terroriste contre les Juifs. Leur guerre était commandée par des maîtres terroristes irakiens et libanais et soutenue par l’armée britannique et sa Légion Arabe de Transjordanie.

 

Le 15 mai 1948, cinq armées arabes étrangères envahirent l’Etat juif tout juste déclaré dans l’intention ouverte d’annihiler tous les Juifs. Voyons maintenant une paire d’anniversaires moins connus.

 

Les 28 novembre 1941, le chef religieux et politique des Arabes palestiniens et l’un des dirigeants les plus influents du monde arabe, Hadj Amin el Husseini rencontra Adolf Hitler à Berlin. Husseini avait courtisé les nazis juste après que ceux-ci parvinrent au pouvoir en 1933. Husseini fut obligé de fuir le Mandat Britannique en 1937 quand il élargit sa quatrième guerre terrorisfte contre les Juifs, qu’il entama en 1936 pour y entraîner les Britanniques aussi.

 

Il s’enfuit au Liban, puis en octobre 1939, il s’enfuit en Irak. En avril 1941, il fomenta un coup d’Etat pro-nazi en Irak. Alors que les Britanniques – avec l’assistance discrète des Juifs du territoire d’Israël – étaient enclins à entrer à Bagdad pour restaurer le gouvernement pro-britannique, Husseini lança le Farhud, un pogrome de trois  jours contre les Juifs de Bagdad, qui se tint pendant les fêtes de Shavouot. 150 juifs furent assassinés. Un millier fut blessé et 900 foyers juifs furent détruits.

 

Avec son coup d’Etat manqué et les Juifs assassinés, Husseini s’échappa en Iran  pro-nazie à l’époque, puis en octobre, en Allemagne via l’Italie. (Il fut exfiltré d’Iran sur un vol de la force aérienne italienne, et fut fêté par Mussolini quand il atterrit en Italie).

 

Il  arriva à Berlin et deux semaines et demie plus tard, il eut un long entretien en privé avec Hitler. Là, le 28 novembre 1941, deux mois avant la Conférence de Wanseee, lorsque le haut commandement allemand reçut les premiers ordres d’annihiler la communauté juive d’Europe, Hitler dit à Husseini qu’il avait l’intention d’éradiquer le Peuple juif de la surface de l’Europe.

 

Husseini resta à Berlin jusqu’à la fin de la guerre et servit d’agent nazi. A Berlin, il diffusait des diatribes quotidiennes vers le monde arabe sur la radio allemande à ondes courtes. Husseini exhortait particulièrement à tuer les Juifs au nom d’Allah et faisait cause commune avec les nazis qui les délivreraient des Juifs, des Britanniques et des Américains.

 

En 1943 Husseini organisa la Division SS ‘Hazhar’ des musulmans bosniaques. Sa division exécuta le massacre de 90 pourcent de la communauté juive bosniaque de 12,000 âmes.

 

In 1920 Husseini inventa personnellement ce qui fut plus tard connu sous le nom de mouvement national palestinien. Il dessina son identité sur la seule motivation de détruire la présence juive sur la Terre d’Israël.

 

Pendant la guerre, Husseini utilisa ses émissions pour former la conscience politique et religieuse du monde musulman en fusionnant la haine islamique antijuive avec l’antisémitisme annihilationiste nazi. Alors que la plus grande part de l’idéologie antisémite nazie a été discréditée dans l’Europe de l’après-guerre, elle demeurait le thème ayant la plus grande résonance dans la politique arabe depuis la Deuxième Guerre Mondiale.

 

En 1946, alors que ses compagnons criminels nazis étaient jugés à Nuremberg, Husseini fit un retour triomphal en Egypte où il fut accueilli comme un héros de guerre par le roi Farouk, les ‘Frères Musulmans’ et les jeunes officiers de l’armée égyptienne qui opérèrent la fusion du national socialisme nazi avec l’islamisme des ‘Frères Musulmans’ et s’emparèrent du pouvoir en Egypte après avoir déposé le roi Farouk en 1951.

 

L’attachement farouche du fondateur du nationalisme palestinien au génocide de la communauté juive nous amène au second anniversaire notable mais oublié que nous avons traversé ce mois-ci.

 

Le 12 novembre 1942, les Britanniques dirigeaient des forces  – avec le soutien massif mais jamais rapporté d’un commando juif et d’unités du génie de la Terre d’Israël –  et vainquirent ‘l’Afrika Corps’ conduit par le général Rommel dans la seconde bataille d’El Alamein. Avec cette défaite allemande, le spectre de l’occupation allemande du Moyen-Orient était écarté. Husseini et Himmler avaient planifié que sous l’occupation allemande, les Arabes étendraient l’Holocauste aux 800.000 Juifs du monde arabe et aux 450.000 Juifs de la Terre d’Israël. A cette fin, les Allemands avaient organisé l’unité Afrika des Einzatzgruppen rattachée à l’armée de Rommel. Sous le commandement du lieutenant colonel Walter Rauff, elle avait pour tâche d’assassiner les Juifs vivant dans les zones qui devaient passer sous occupation allemande.

 

Il tombe bien qu’hier, pour l’anniversaire de la réunion entre Hitler et Husseini, l’Allemagne ait annoncé qu’elle ne s’opposerait pas à la tentative des héritiers de Husseini de recevoir la reconnaissance de l’ONU d’un Etat palestinien qui cherche la destruction d’Israël. 

 

Plus ça change, plus c'est la même chose.

 

 

L’imposture Mahmoud Abbas

Guy Millière

menapress.org, 2 décembre 2012

 

 

Voici quelques jours à peine, Israël recevait une pluie meurtrière de roquettes et de missiles lancés depuis Gaza. Qu’ils n’aient pas fait davantage de morts et de destructions relève des capacités de défense d’Israël et non de la volonté de ses ennemis. L’Etat hébreu a répliqué comme il le fallait, en détruisant les caches d’armes dont disposaient les tireurs.

 

Israël s’est, bien sûr, attiré la réprobation du reste du monde, et les diplomates européens et américains se sont rendus à Jérusalem et au Caire afin que cessent les hostilités.

 

Le Hamas a bénéficié d’un armistice dont il sort conforté, puisque, désormais, des négociations sont menées avec lui et qu’il a obtenu des aménagements quant aux contrôles stricts exercés par Israël sur Gaza.

 

Mohammed Morsi, qui a joué les entremetteurs entre diplomates occidentaux et dirigeants du Hamas, est lui aussi sorti renforcé de la situation. Il s’est, depuis, arrogé les pleins pouvoirs en Egypte, et les émeutes qui en ont résulté ne recevront aucun soutien des Occidentaux, cela va de soi.

 

Mahmoud Abbas et l’Autorité Palestinienne ont été décrits comme affaiblis, ici ou là. Et il est exact qu’ils incarnent une version de la lutte contre l’existence d’Israël qui n’a pas semblé prédominante ces derniers temps.

 

Mais il ne faut pas en rester aux apparences : on peut compter sur le président de l’AP pour jouer sa propre partition.

 

Et il faudrait se décider à en finir avec le discours ressassé à l’envi, selon lequel Abbas et l’Autorité Palestinienne seraient les gentils « modérés » avec lesquels il serait possible de s’entendre, alors que le Hamas incarnerait le méchant « radical ».

 

Le Hamas est une organisation djihadiste, islamiste, terroriste, génocidaire, prônant la destruction d’Israël et l’anéantissement du peuple juif, c’est entendu. Mais Mahmoud Abbas et l’Autorité Palestinienne valent-ils mieux ?

 

Ils ne sont pas djihadistes et islamistes, tout au moins pas officiellement.

 

Ils n’ont rien contre le terrorisme et n’ont cessé de le pratiquer jusqu’à ce que, grâce à la barrière de sécurité, que les gauchistes européens détestent tant puisqu’elle les empêche de jouir du spectacle quotidien d’enfants juifs assassinés, les attentats suicides deviennent quasiment impossibles. 

 

Ils sont génocidaires et usent simplement d’une stratégie différente : celle de la diabolisation d’Israël. Ils utilisent pour cela tous les moyens de propagande dont ils peuvent se doter et recourent à tous les relais dont ils peuvent disposer. Et ils rencontrent, grâce à cette stratégie et ces relais, un succès certain.

 

La plus récente étape de ce succès a été l’obtention, jeudi 29 novembre dernier, à l’Assemblée générale des Nations Unies, du statut d’Etat observateur, statut depuis lequel ils peuvent espérer obtenir davantage.

 

Ils ont reçu l’assentiment des deux tiers des pays de la planète, dont celui de la plupart des Etats européens, y compris de la France, qui s’est placée en chef de file.

 

Ils peuvent s’appuyer sur une horde imbécile de journalistes pratiquant docilement l’aveuglement volontaire, mais aussi sur un ramassis d’intellectuels « antisionistes » ou adeptes hypocrites d’un « processus de paix », qui, au fil des ans, s’est soldé par une guerre redoublée contre Israël.

 

Ils n’ont, faut-il le rappeler, jamais reconnu l’existence d’Israël en tant qu’Etat du peuple juif et n’ont jamais renoncé au « droit au retour » de « réfugiés » partis cinq cent mille il a soixante-cinq ans et qui veulent revenir cinq millions, ce qui signifierait la fin d’Israël.

 

Ils n’ont jamais abandonné ce qu’ils appellent la « résistance » et la « lutte armée ». Et nombre de rues de Ramallah portent le nom de « martyrs ».

 

Ils ne sont pas djihadistes et islamistes, certes. Mais ils sont aussi laïques que je suis bonne sœur et comptent dans leurs rangs une organisation appelée, précisément, la Brigade des martyrs d’al Aqsa. 

 

Leurs media, presse écrite, radio, télévision, ne cessent d’appeler à la haine antijuive et au meurtre.

 

Les discours de Mahmoud Abbas, comme ceux des autres dirigeants de l’Autorité Palestinienne, sont porteurs d’une falsification de l’histoire selon laquelle le « peuple palestinien », qui n’a existé et n’a été cité nulle part avant la fin des années 1960, aurait été chassé de sa terre lors de la renaissance d’Israël. Ils emploient, pour désigner la naissance d’Israël, le mot naqba, calqué délibérément sur le mot Shoah, aux fins d’établir un répugnant parallélisme entre le sort des Juifs à Auschwitz et le sort du « peuple palestinien ».

 

Ni Mahmoud Abbas ni l’Autorité Palestinienne ne veulent d’un Etat à côté d’Israël. Lorsqu’ils disent paix en anglais, ils emploient un autre mot en arabe, le plus souvent houdna, qui ne signifie pas paix, mais désigne une trêve avant que le combat ne reprenne. 

 

Sur les cartes géographiques de l’Autorité Palestinienne, Israël n’existe pas, sur son emblème non plus. 

 

Ce que veulent Mahmoud Abbas et l’Autorité Palestinienne n’est même pas, sans doute, un Etat à la place d’Israël. Ils mènent leur entreprise de démolition et entendent continuer sur cette voie. Ils sont grassement rémunérés et subventionnés pour cela. 

 

Ils sont même reçus avec les honneurs à Paris, à Washington et ailleurs, ce qui n’est pas le cas, pour le moment, des dirigeants du Hamas.

 

Il existe entre eux et les dirigeants du Hamas une vieille hostilité. Mais il existe aussi une forme de complémentarité. Le Hamas a joué le rôle du méchant « radical », et on l’a apaisé ces derniers jours. Mahmoud Abbas et l’Autorité Palestinienne sont affublés du rôle de gentils « modérés », et on vient de les apaiser aussi. Mais ils ne sont ni gentils ni modérés.

 

Mahmoud Abbas et l’Autorité Palestinienne servent, à ceux qui sont emplis de la haine des Juifs et d’Israël, à se doter d’un artifice qu’ils s’efforcent de décrire comme présentable.

 

Mais Mahmoud Abbas et l’Autorité palestinienne s’avèrent, en réalité, loin d’être pas présentables. Ils sont aussi ignobles et aussi hideux que les dirigeants du Hamas.

                                                              

Ils ont entretenu des relations conflictuelles avec le groupuscule terroriste, mais si l’islam radical continue à s’étendre au Proche-Orient, et il est très vraisemblable qu’il en soit ainsi, je ne serais pas surpris si les deux entités venaient à se rapprocher.

 

Après les propos gravissimes du Grand Rabbin de France,

l’émigration en Israël n’est plus une option, c’est une  conclusion !

Arnold Lagémi

ICRJ, 3 novembre 2012

 

Sur « France info », Gilles Bernheim est sorti de la réserve habituelle des Grands Rabbins de France, pour tenir des propos d’une extrême gravité : « La sécurité des Juifs de France est de plus en plus menacée. »

 

Ces paroles ont le mérite d’être claires, sans équivoque et sans ambiguïté. Elles vont à contre-courant des habituels reproches adressés aux rabbins, durant des périodes cruciales,  en critiquant leur indifférence aux dangers immédiats menaçant les Juifs.

 

Que Bibi Netanyaou insiste sur la nécessité de la Alyah, n’est pas surprenant parce que,  c’est le « parcours obligé » pour un Premier Ministre Israélien en visite dans les communautés de l’exil.

 

Mais que le Grand Rabbin de France, Chef spirituel de la deuxième Communauté juive du monde, confirme que les conditions d’existence en France ne sont plus en mesure de garantir et protéger la sécurité des Juifs, est d’abord un constat d’incapacité des divers gouvernements, obligeant à douter, non de la volonté de l’exécutif de remédier à cet état de faits, mais de son pouvoir réel à modifier cette réalité,  sans  recourir à des moyens coercitifs que, pour diverses raisons, il ne mettra pas en œuvre.

 

Prenons conscience que les divers Grands Rabbins de France n’ont jamais tenu, même à la veille de la Shoah pareils discours ayant valeur de mise  en garde.

 

Saluons le courage, voire l’audace de cet homme, pourtant  discret qui, cependant, n’a pas hésité  à considérer que la situation des Juifs de France,  relevant du Pikouah Nefech, aucun motif ne pouvait justifier que le Grand Rabbin se tût. (Pikouah Nefesch : permission de suspendre l’application des règles de la Thora quand la vie est menacée.)

 

Une information de cette importance énoncée par le « Premier Juif de France » transforme radicalement l’appréciation des faits, en supprimant l’aspect optionnel de la Alyah pour le transformer en obligation.

 

NB/ A cette rencontre, Mr François Hollande, Président de la République, devait affirmer une inquiétude qui authentifie les propos de Gilles Bernheim: « La sécurité des Juifs est une « cause nationale. » Peut-on être plus clair?

 

LE CONFLIT ENTRE LE HAMAS ET ISRAËL : L’OCCIDENT SE SOUMET À L’ISLAM RADICAL

 

 

 

 

LE TOURNANT ISLAMISTE DE LA TURQUIE, 10 ANS PLUS TARD
Daniel Pipes
The Wall Street Journal, 13 novembre 2012
Adaptation française: Anne-Marie Delcambre de Champvert

 
La Turquie est-elle – en raison de sa taille, de son emplacement, de son économie et de son idéologie islamiste sophistiquée, en passe de devenir le plus grand problème de l'Occident au Moyen-Orient?
 
Une décennie tumultueuse s'est écoulée depuis que le Parti Justice et Développement a d'abord été élu au pouvoir le 3 novembre 2002. De façon presque inaperçue, le pays est sorti de l'ère pro-occidentale commencée par Mustafa Kemal Atatürk (1881-1938) et est entré dans l'ère anti-occidentale de Recep Tayyip Erdoğan (né en 1954).

Les élections de 2002 ont suivi 10 ans de va-et-vient entre des gouvernements faibles de centre-droit et de centre-gauche. Les années 1990 ont aussi vu d'abord le Premier ministre islamiste , Necmettin Erbakan, au pouvoir, pendant un an avant son éviction par un "soft" coup d'Etat militaire en 1997. Rétrospectivement, cette période a marqué l'intervalle entre la mort en avril 1993 de Turgut Özal, l'imposant ancien premier ministre et président, et Mr. Erdoğan devenant premier ministre en 2003.
 
Ce fut un temps d'occasions politiques manquées, de mauvaise gestion économique et de corruption endémique. La période fut marquée par le scandale de Susurluk de 1996-dans lequel l'enquête sur un banal accident de la route provincial conduit à des révélations de liens du gouvernement avec la mafia et les assassinats parrainés par l'État – et de réponse inepte du gouvernement à un séisme de 1999, dévoilant des profondeurs jusque-là inconnues d'incompétence et d'insensibilité.
 
De telles failles ont incité les électeurs à se tourner vers le parti Justice et Développement fraîchement formé, connu sous le nom de l'AKP, moins pour sa politique islamiste que pour ses promesses d'adhésion à l'Union européenne, de meilleure démocratie et de plus de libertés. Aidé par un système politique original obligeant les partis à obtenir 10% des voix pour entrer au Parlement, l'AKP a remporté 34% des voix et contrôlé 66% des sièges en 2002.
 
L'électorat a apparemment été encouragé par les résultats – en particulier des réformes de style européen et la Chine -comme croissance économique- et l'AKP a été récompensé avec 47% des voix en 2007 et 50% en 2011. La popularité a permis à Mr. Erdoğan d'enraciner lui-même, son parti et son idéologie
 
Plus important encore, Mr. Erdoğan a mis à l'écart l'establishment militaire (Ultime autorité politique de la Turquie depuis l'époque d'Atatürk) et le reste de son état profond -les services de renseignement, la magistrature, la police et leurs alliés criminels. Le gouvernement de l'AKP a également infirmé l'héritage d'Atatürk de recherche en Occident de l'inspiration et du leadership.
 
L'effondrement quasi total des forces anti-islamistes-Atatürkistes, socialistes, occidentalisation, armée et autres, est le développement le plus surprenant de la dernière décennie. Les dirigeants de l'opposition ont fait guère plus que dire «non» aux initiatives de l'AKP, offrant peu de programmes positifs et souvent adoptant des positions encore pires que celles de l'AKP (comme la promotion des politiques pro-Damas et pro-Téhéran). De même, des intellectuels, des journalistes, des artistes et des militants critiquèrent et se plaignirent, mais ils n'ont pas réussi à proposer une vision alternative, non-islamiste.
 
Aussi l'AKP entame sa deuxième décennie au pouvoir avec Mr. Erdoğan chantant victoire à une réunion du parti à propos d' "un début historique" et dominant le pays comme aucun autre politicien turc n'a fait depuis Atatürk.
 
Le principal défi qui se pose à lui est de se restreindre et de ne pas se précipiter. Pourtant, il y a des signes qui montrent qu'il fait justement cela – s'aliénant les non sunnites, les minorités non turcophones; empruntant trop; introduisant la charia dans la pratique trop vite; modifiant la constitution, et sapant l'armée en emprisonnant son ancienne direction. Sur le plan international, il flirte avec une impopulaire guerre avec la Syrie et préside toujours des relations tendues avec l'Iran, l'Irak et Chypre. Une alliance avec Israël, autrefois florissante, s'est évanouie.
 
Si la Turquie il y a un an semblait à Newsweek et à d'autres la «nouvelle superpuissance» du Moyen-Orient, l'ambition, excessive de Mr. Erdoğan – souvent attribuée à un rêve de reprendre le pouvoir et le prestige de l'Empire ottoman (1200-1923)- pourrait être en train de montrer les limites de l'influence turque. Se distanciant de l'OTAN, entourée d'Etats de plus en plus antagonistes, secouée par des crises internes, Ankara se trouve de plus en plus isolée et plus éloignée du statut de grande puissance.

Erdoğan devrait perdre l'approbation électorale, s'il cherche à adopter des moyens non démocratiques pour rester au pouvoir. Il a exposé cette trajectoire avant même de devenir premier ministre, en faisant cette célèbre déclaration que «la démocratie est comme un tramway. Lorsque vous arrivez à votre arrêt, vous descendez.» Sa mentalité proto-dictatoriale peut déjà être vue dans les mesures contestant le pouvoir judiciaire indépendant, entretenant des théories du complot absurdes pour mettre prison ses opposants, emprisonnant d'innombrables journalistes et distribuant des amendes ridicules aux sociétés de médias hostiles. Ces manières autocratiques grossissent de plus en plus au fil du temps.
 
Après une décennie de pouvoir relativement démocratique, des crises menaçantes- économique, syrienne, et avec la minorité kurde de Turquie- peuvent signaler le moment pour M. Erdoğan de sauter du tramway de la démocratie. Comme l'AKP sort ses crocs, on peut s'attendre à ce que la République de Turquie continue à rejeter au loin l'Occident et vienne à ressembler de plus en plus à ces régimes répressifs, stagnants et hostiles qui caractérisent le Moyen-Orient musulman. Et c'est là qu'il faudra bien regarder pour voir si les dirigeants occidentaux perçoivent les changements et agissent en conséquence, ou s'ils continuent à s'accrocher à une vision du pays d'Atatürk qui n'est plus.

L’OCCIDENT SE SOUMET AU HAMAS ET À L’ISLAM RADICAL
Guy Millière
dreuz.info, 21 novembre 2012

 

La façon dont les grands médias européens rendent compte de la réaction d’Israël à l’agression lancée par le Hamas n’est pas surprenante. Elle est imprégnée du relativisme moral qui imprègne l’atmosphère : l’agresseur et l’agressé sont placés sur un plan d’équivalence.

 

Le fait qu’il y ait, d’un côté, un pays démocratique qui entend vivre en paix et de l’autre une entité totalitaire imprégnée de haine destructrice, d’antisémitisme et de volonté de tuer n’importe pas une seule seconde. C’est à peine s’il est dit qu’Israël n’a fait que riposter à des tirs de roquettes et de missiles incessants depuis trois ans et qui se sont accélérés au cours des jours qui ont suivi la réélection de Barack Obama.
 
L’attitude des dirigeants politiques européens n’a pas été surprenante, elle non plus. Après avoir approuvé la volonté israélienne de se défendre face au Hamas, ils ont mis en garde Israël, chacun à leur manière, contre le risque d’une riposte « disproportionnée », puis ils se sont agités pour trouver une possibilité de trêve et de retour aux négociations. Comme ils se refusent à dialoguer directement avec le Hamas, ils sont passés par l’intermédiaire de Mahmoud Abbas, qui n’a aucune prise sur la situation, et du gouvernement égyptien. Nul ne peut douter que derrière les apparences, des pressions ont été exercées sur le gouvernement israélien. Les signes d’amitié de dirigeants européens envers Israël sont, en général, aussi sincères que les baisers de la mort donnés par des dirigeants mafieux à ceux qu’ils veulent assassiner ou faire assassiner.
 
L’attitude de l’administration Obama a été, tout bien pesé, du même ordre que celle des dirigeants européens, et si elle a pu sembler un peu plus chaleureuse que celle des dirigeants européens, c’est que le peuple américain reste plus favorable à Israël que les peuples européens. Obama ne pouvait faire autrement que soutenir Israël: imaginez, un Président des Etats Unis soutenant le Hamas !
 
Obama, à la différence des dirigeants européens, n’a pas parlé de risque de riposte « disproportionnée », mais c’est tout comme : il a déclaré qu’une action militaire au sol serait sans doute malencontreuse et malvenue. Il n’a, comme les dirigeants européens, pas entamé de dialogue direct avec le Hamas, mais il est passé par les mêmes intermédiaires qu’eux. Avec une différence : il a derrière lui ce qui reste du poids des Etats-Unis. Et nul ne peut douter qu’il a lui-même exercé des pressions sur le gouvernement israélien. Avec une différence là encore : les Etats-Unis étaient jusqu’à une période récente le principal allié d’Israël, et ces pressions sont dès lors de l’ordre d’un lâchage. L’armée israélienne peut avoir besoin de pièces de rechange pour le matériel militaire d’origine américaine dont elle dispose, et il suffit que ces pièces de rechange ne soient pas fournies, ou pas fournies à temps, pour que les conséquences soient préoccupantes.
 
Avec Barack Obama, les Etats-Unis rejoignent le relativisme moral à l’européenne, les Etats-Unis, comme les Européens, ne font plus vraiment la différence entre Israël et ses ennemis, tout comme ils ne font plus vraiment la différence entre démocratie et totalitarisme.
 
Hillary Clinton vient d’être dépêchée par Barack Obama au Proche-Orient, sans aucun doute pour accentuer les pressions américaines et pour obtenir une « trêve ».
 
Cela doit être dit : une « trêve » dans la situation présente serait un moment de répit très provisoire pour Israël. Le Hamas considérerait qu’il a obtenu une victoire, car il aura montré avoir disposé de capacités de tirer en direction de Tel Aviv et de Jérusalem. Il aura montré aussi qu’il est devenu un interlocuteur avec lequel on parle, même indirectement. Il gardera le pouvoir sur Gaza, malgré les destructions. Il pourra se réapprovisionner en armes dès lors que la frontière avec l’Egypte restera sous contrôle égyptien, donc sous le contrôle des Frères musulmans dont le Hamas est la branche « palestinienne ». Il pourra se préparer pour la prochaine guerre. Il aura affirmé son ascendant sur le « mouvement palestinien », et d’ailleurs, très significativement, des dirigeants du Fatah, principale composante de l’Autorité palestinienne n’ont pas manqué d’affirmer leur soutien aux actions du Hamas ces derniers jours.
 
La seule issue favorable pour Israël serait celle venant après une défaite sans appel du Hamas, ce qui impliquerait bien davantage de destructions à Gaza.
 
Elle serait aussi celle impliquant une reprise de contrôle par Israël de la frontière entre Gaza et l’Egypte.
 
Une prise de contrôle de Gaza par Israël serait une entreprise complexe et coûteuse financièrement et en vies de soldats israéliens.
 
L’idée, évoquée ici ou là, d’une prise de contrôle de Gaza par Israël aux fins de remettre le pouvoir à Gaza à Mahmoud Abbas me semble absolument absurde : Mahmoud Abbas est aussi crapuleux et sanguinaire que les dirigeants du Hamas, et il a infiniment moins de crédibilité qu’eux aux yeux de la population arabe.
 
Je crains qu’Israël soit acculé à une issue défavorable. Israël est présentement entouré d’ennemis. Les deux seuls pays ayant des frontières avec Israël n’ayant pas été pris en main par l’islam radical sont la Syrie ou le combat se mène entre islamistes chiites et islamistes sunnites, et la Jordanie, où les Frères musulmans sont aux portes des palais gouvernementaux.
 
La façon dont les grands médias européens rend compte de la situation n’est pas surprenante, non. Elle n’en est pas moins absolument indigne.
 
Quand on place l’agresseur et l’agressé sur un plan d’équivalence, on collabore avec la main de l’agresseur contre l’agressé. Et en l’occurrence, les grands médias européens collaborent. Ils sont complices des tirs contre Israël, des assassinats d’Israéliens et des destructions en Israël, tout comme ils sont complices de la mort de ceux que le Hamas utilise comme boucliers humains.
 
Quand on ne rappelle pas que le Hamas est une organisation terroriste, génocidaire, totalitaire imprégnée de haine, d’antisémitisme et de volonté de tuer, on ment sur ce qu’est le Hamas et on contribue à lui donner une légitimité qu’il ne mérite en rien. On aveugle les populations sur le danger incarné par le Hamas, et on ne permet pas de comprendre la nécessité d’en finir avec celui-ci.
 
La façon dont les dirigeants européens parlent de riposte « disproportionnée », font pression pour une « trêve », parlent de « négociations » fait d’eux aussi des complices du Hamas, du terrorisme, des intentions génocidaires contre Israël, du totalitarisme et de l’antisémitisme qui règnent à Gaza, de la volonté de tuer qu’on injecte dans la tête des Arabes de Gaza et dans celle des Arabes de Judée-Samarie.
 
La façon dont l’administration Obama et Obama lui-même se comportent constitue un reniement de toutes les valeurs éthiques qui ont été au cœur des valeurs américaines est une trahison de ce qui a pu souder l’alliance entre les Etats-Unis et Israël. Le fait que les deux interlocuteurs primordiaux de l’administration Obama et d’Obama lui-même aient été, en cette période, Mohamed Morsi et Recep Tayyip Erdogan, deux islamistes aussi haineux que le Hamas, est significatif.
 
C’est, ces derniers jours, tout le monde occidental qui a volé au secours du Hamas et qui est venu agir pour préserver les positions de celui-ci et de ses alliés.
 
C’est, ces derniers jours, tout le monde occidental qui s’est soumis au Hamas et à ses alliés.
 
Préserver les positions du Hamas et de ses alliés, et ainsi se soumettre, c’est se placer au service d’un projet de destruction d’Israël et d’extermination du peuple israélien. C’est se mettre au service, bien au delà du Hamas, de l’islam radical qui est en train de broyer le monde musulman et qui contamine peu à peu le reste du monde.
 
L’Europe, elle, est déjà tombée, et les artisans de sa déchéance sont aux postes de commande, entraînant les populations vers un suicide collectif qui vient peu à peu.
 
Les Etats-Unis sont-ils tombés ? Ils sont, en tout cas, entre de très mauvaises mains et, dès lors, en une très dangereuse posture.
 
Hitler, Staline, Mao, Ben Laden, si l’enfer existe, ont toutes les raisons de se réjouir. Leurs disciples au présent, chez les Frères musulmans et à al Qaida, au Hamas ou au Hezbollah, dans l’Autorité Palestinienne ou en Iran, ailleurs encore, ont toutes les raisons de se réjouir aussi.
 
Les femmes et les hommes qui savent encore la différence entre le bien et le mal se battent en Israël ou se battent au côté d’Israël, car ils savent où se situe le bien, et où se situe le mal.

LE CONFLIT ENTRE LE HAMAS ET ISRAËL
Johnathan D. Halevi
Le CAPE de Jérusalem, 26 novembre 2012

 

•Le conflit entre Israël et le Hamas n’a pas commencé avec des tirs de roquettes mais avec une activité terroriste constante  le long de la frontière. Depuis le déclenchement du « Printemps arabe » le Hamas estime que l’équilibre des forces entre le monde arabo-musulman et Israël a bien changé.

 

 •L’Egypte dirigé par la confrérie des Frères musulmans considère le Hamas comme partenaire stratégique. Ainsi, c’est par le biais du régime égyptien que le Hamas est sorti de son isolement et pourra bénéficier un jour d’un dialogue direct avec les Etats-Unis et l’Europe.

 

 •Libérer la Palestine « du fleuve à la mer » est selon le Hamas un objectif réaliste à atteindre puisque le “Printemps islamiste” a redécoupé la carte géopolitique du Moyen-Orient. Dans ce nouveau contexte, il estime que l’Etat juif est en détresse et encore plus isolé, alors que la Turquie et l’Egypte progressent au sein du monde arabe sunnite.

 

 •Le Hamas considère que les cycles de violence ne sont qu’une  étape dans une longue guerre d’usure. Les dirigeants à Gaza  espèrent ainsi éroder la dissuasion israélienne et préparer  les masses populaires arabes à un front militaire commun  pour libérer toute la Palestine.

 

 •Malgré les frappes  militaires de Tsahal, le Hamas sort renforcer après la trêve car il a réussi a lancé des missiles vers Tel Aviv et Jérusalem. Ses nouvelles capacités offrent au Hamas un soutien unanime dans le monde arabe. L’aide financière pour la reconstruction de Gaza permettrait au Hamas de reconstruire les dégâts mais aussi développer davantage son infrastructure militaire et se préparer au prochain round.
 
L’Egypte, naguère, alliée proche des Etats-Unis et favorable à l’Autorité palestinienne à Ramallah est devenue islamiste et dirigée par les Frères musulmans, proches du Hamas.
 
Le Hamas a réussi également sur le plan politique interarabe. Son Premier ministre, Ismail Haniyeh, a été reçu tel un chef d’Etat  dans les principales capitales arabes et à Téhéran. L’émir du Qatar vient d’achever une visite historique en confirmant la légitimité au gouvernement Hamas.
 
Bien que le Hamas ait tenté de dissimuler le rôle de l’Iran dans la construction de l’infrastructure militaire à Gaza, ce rôle a été confirmé et reconnu officiellement par le Djihad islamique. Les missiles Fajr-5 et d’autres armes sophistiquées ont été acheminées par  l’Iran et le Hezbollah.
 
Le rôle iranien révèle aussi  le dénominateur commun qui existe entre l’islam shiite radical et l’islam sunnite extrémiste. Les deux courants  sont capables de surmonter leurs divergences profondes et coopérer sur la base d’intérêts communs, à savoir la lutte contre Israël, le prolongement du “Printemps islamiste”, et la chasse contre l’influence occidentale dans toute la région.
 
Face à cette nouvelle donne inquiétante, et devant  la transformation de la bande de Gaza en une entité terroriste équipée d’une vaste infrastructure militaire  et des armes sophistiquées, la nécessité vitale de l’Etat juif  à des frontières défendables et son besoin  vital, même à l’ère des missiles, pour un contrôle permanent de certaines zones clé en Cisjordanie se confirme. Il est évident qu’un retrait aux frontières d’avant juin 1967 entraînerait l’Etat juif à affronter un autre front  terroriste qui pourrait avec l’aide de l’Iran et du Hezbollah et peut-être aussi de l’Egypte menacer gravement l’existence d’Israël.
 
Enfin, nous constatons que la communauté internationale  évitant à tout prix une opération militaire israélienne de grande envergure a en réalité accordé une certaine immunité au Hamas.

 

LA MENACE DE L’ISLAM EN OCCIDENT

 

 

 

 

LA MENACE DE L’ISLAM EN OCCIDENT
Zvi Tenney
terredisrael.com, 27 octobre 2012

 

On apprend qu’une étude récente de l’Ifop pour Le Figaro montre que la montée du communautarisme des musulmans accentue leur rejet par l’opinion française. Voici quelques chiffres: 60 % pensent que cette religion a désormais « trop d’importance », 63 % rejettent le voile, 89 % rejettent le voile à l’école, 68 % estiment que les musulmans « refusent de s’intégrer à la société française », 52% constatent « Les trop fortes différences culturelles », 43% considèrent l’Islam comme une menace…

 

C’est là un sondage qui montre que malgré les efforts démultipliés d’un certain nombre de politiques pour faire passer la pilule de “l’Islam, pseudo religion de paix”, malgré l’offensive tout azimut pour tenter de vendre au français l’idée “des bienfaits de l’Islam” en inventant des découvertes que l’Islam n’a jamais faites, malgré la dhimmitude de plus en plus flagrante d’une grande partie des médias qui omettent systématiquement de citer les noms de criminels dès qu’ils ont une consonance musulmane, les français ne sont pas dupes et perçoivent de plus en plus négativement cette religion.

 

Ils ne peuvent que constater qu’il ne se passe pas une journée sans que les informations relatent des crimes, attentats, exactions commis dans le monde au nom de l’Islam, sans que des actes criminels de plus en plus violents soient perpétrés en France par des musulmans, sans que partout sur le territoire français les signes ostensibles d’un Islam radical s’affichent de façon provocatrice (femmes voilées, burkas, djellabas, barbus,…).
 
Ils constatent en fait que malgré les efforts des politiques et des médias pour masquer cette vérité flagrante, les musulmans sont majoritairement responsables de l’insécurité en France et dans le monde occidental en général,(y compris évidemment en Israël) et sont responsables de la montée de l’antisémitisme en Occident.
 
D’ailleurs Thierry Desjardins, journaliste et reporter, Directeur général adjoint du Figaro a déjà publié en juillet dernier un article à propos de cette menace de l’Islam où il mentionne entre autres :

« …..Il serait grand temps que nous nous apercevions enfin qu’une nouvelle guerre de religion a éclaté et, cette fois, à l’échelle planétaire….
 
….On a bien l’impression que ce siècle qui commence va voir le déchaînement sans pitié d’un Islam renaissant, voulant dominer le monde et effacer la civilisation chrétienne (j’ajouterais, » la civilisation judéo chrétienne » représentée également par Israël et les Juifs).

Cette haine du chrétien (et j’ajouterais « du Juif ») dépasse de beaucoup tous les problèmes de la foi. Les islamistes veulent en fait abattre la civilisation occidentale, la démocratie, le capitalisme, ce qu’ils appellent le « néo-colonialisme », la parité hommes-femmes, les Droits de l’Homme, le progrès tel que nous le concevons.
 
Le XXème siècle a été marqué par l’affrontement Est-Ouest, le bloc communiste contre les pays « libres ». Marx, Lénine et Staline se sont effondrés d’eux-mêmes sous les incohérences, bien souvent monstrueuses, de leur idéologie. Mais ils ont aussitôt été remplacés par Allah et son Prophète.
 
Le Coran a pris la place du Communisme, le drapeau vert de l’Islam celle du drapeau rouge, les imams prédicateurs des mosquées celle des commissaires politiques.
 
Le XXIème siècle sera une guerre sans merci car les foules immenses du Tiers-monde islamisé (et des banlieues de nos grandes métropoles) sont autrement plus dangereuses que ne l’ont jamais été les chars du Pacte de Varsovie…., Ne continuons pas à nous boucher les yeux, à parler de « l’amitié islamo-chrétienne », d’un « Islam à l’occidentale », de « la cohabitation harmonieuse des trois monothéismes ».
 
Soyons intransigeants avec les règles de notre laïcité…. S’il y a une leçon qu’il ne faut jamais oublier c’est bien celle de Munich, Churchill avait dit : »Ils ont préféré le déshonneur à la guerre et ils auront les deux »…..Il ne faut jamais tenter de pactiser avec ceux qui vous ont déclaré la guerre. »

 

….C’est là un artcle des plus lucide….Alors pourquoi cette hostilité de l’Occident vis-à-vis d’Israël et de sa lutte contre ce monde musulman qui refuse son droit d’exister, un refus qu’Eric Marty définit en ces termes : « L’un des scénarios – et pas le moindre, de la guerre que livrent les Palestiniens aux Israéliens a pour noyau métaphysique l’effacement absolu de l’être juif en tant qu’insupportable rival parce que dépositaire de l’origine. » ?
 
…Pourquoi l’Occident ne comprend-t-il pas la véritable et profonde raison du conflit palestino-israélien qui n’est autre que cette haine de l’Islam pour l’Occident (et donc pour sa tradition judéo-chrétienne) dont parle Thierry Desjardins ?

 

LES ISLAMISTES DÉCHAÎNÉS
Daniel Pipes
The Washington Times, 19 septembre 2012
Adaptation française: Anne-Marie Delcambre de Champvert

 

Quand les musulmans descendent dans la rue dans près de 30 pays pour se livrer à des violences anti-occidentales plus ou moins fortes, quelque chose d'important est en cours. Quelques réflexions sur ce que cela peut bien signifier:
 
Le jugement de Rushdie a pris des proportions endémiques [s'est propagé comme un virus (NDLT)]: le coup de maître de l'ayatollah Khomeiny en 1989 pour imposer une fatwa de condamnation à mort sur Salman Rushdie s'est maintenant répandu et est devenu la réponse de routine- des islamistes à ce qu'ils perçoivent comme étant des insultes. En disant à l'Occident ce qui peut et ne peut pas être dit à propos de l'islam, Khomeiny a cherché à imposer la loi islamique (la charia) sur ce point. La dernière vague de violence a surtout pris la forme de manifestations et de violences contre les bâtiments de l'Occident (diplomatiques, commerciaux, éducatifs) en Afghanistan, Bahreïn, Bangladesh, Chine, Egypte, Inde, Indonésie, Iraq, Israël et l'Autorité palestinienne, Koweït, Liban , Libye, Malaisie, Maroc, Nigéria, Pakistan, Qatar, Soudan, Syrie (y compris les rebelles soutenus par les Américains), Tunisie, Turquie et Yémen ainsi que l'Australie, la Belgique, la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni. Jusqu'à présent, environ 30 personnes ont perdu la vie. Les gouvernements iranien et égyptien tous les deux veulent mettre la main sur les cinéastes de l'innocence des musulmans, un film anti-Mahomet sur YouTube, qu'ils rendent responsables de la violence.

 

Les provocations anti-islamiques se sont multipliées: Rushdie n'avait aucune idée où il mettait les pieds, comme il l'explique dans un livre publié cette semaine. D'autres, comme les soldats américains qui ont brûlé des Corans en Afghanistan au début de 2012, sans même le vouloir ont déclenché des troubles islamistes. Mais le pasteur Terry Jones de Floride, le groupe derrière le film l'innocence des musulmans, et l'hebdomadaire français Charlie Hebdo, ainsi que des groupes anti-islamiques au Canada et en Espagne, ouvertement veulent agacer les musulmans. Ainsi militants islamistes et militants anti-Islam ont développé une relation de symbiose où l'un excite l'autre.
 
Des individus tiennent le gouvernement en otage: Quand Jones a parlé de brûler des exemplaires du Coran en 2010, il a reçu des appels émanant de gens aussi importants que le commandant des forces américaines en Afghanistan, les secrétaires d'Etat et de la défense, le procureur général et le président des États-Unis, tous le suppliant de renoncer. La semaine dernière, le président de l'état-major interarmées a décroché son téléphone pour discuter avec lui. Jamais auparavant des individus pris au hasard n'auraient pu diriger la politique comme ceci. Un humoriste français Jean-Jacques Sempé a un dessin en 1989 qui caricature cette inversion des choses: on voit Rushdie qui tape comme un fou sur sa machine à écrire sous le regard des quinze policiers qui le protègent des islamistes, un Bobby hurlant dans son talkie-walkie: «Fermez les aéroports! Il veut écrire le deuxième volume! " Si Rushdie n'a jamais écrit un volume deux, Jones revient à plusieurs reprises sous les projecteurs.
 
Les gouvernements veulent mettre un frein à la liberté d'expression: Plus inquiétant encore que les appels à Jones a été la suggestion de la Maison Blanche à Google, propriétaire de YouTube, qu'il «examine si [l'innocence des musulmans] porte atteinte à leurs conditions d'utilisation." (Google l'a laissé disponible, sauf dans quatre pays.) Bien que les arguments sur la nécessité de se censurer pour ne pas exciter le monstre islamiste et mettre en péril des vies américaines peut sembler raisonnable, de tels apaisements invitent seulement à plus de rage, d'intimidation et de violence.
 
Une séparation croissante des civilisations: Le célèbre choc des civilisations n'existe pas; en fait, une séparation des civilisations est en cours. Cela prend de nombreuses formes, depuis les enclaves uniquement musulmanes en Occident, jusqu'à ce qui concerne le mariage, l'économie, l'éducation, la culture, les médias, le divertissement, les voyages, les sites Web, et même le chronométrage du temps [par opposition au temps de la Mecque]. Combien de touristes, par exemple, s'exposeront au soleil sur les plages tunisiennes ou visiteront les antiquités égyptiennes dans un avenir proche?
 
"Obama, nous aimons Oussama": C'est ce que la foule chantait dans le centre de Sydney, en Australie. Pendant ce temps les islamistes afghans, indiens, pakistanais brûlaient en effigie Barack Obama. Une telle haine d'Obama est d'autant plus remarquable compte tenu des liens nombreux de l'enfance d'Obama avec l'islam, son discours de 2007 prédisant que sa présidence serait témoin d'une amélioration majeure dans les relations avec les musulmans, de ses efforts acharnés pour gagner l'opinion musulmane en vue de devenir président, et la réaction initialement favorable des musulmans à son égard. En fait, sa réputation a chuté au point qu'il est aussi impopulaire ; voire même plus impopulaire que George W. Bush.

Impact minimal sur les élections présidentielles américaines: Les sondages montrent que l'attitude des électeurs envers Obama et Mitt Romney a à peine bougé au cours des six derniers mois, ce qui suggère que le saccage des islamistes aura peu d'impact sur les résultats des élections.
 
La civilisation occidentale en jeu: les aspirations islamistes croissent en fin de compte avec l'amélioration des communications et l'affaiblissement des gouvernements du Moyen-Orient, posant une question existentielle aux Occidentaux: Allons-nous maintenir notre civilisation historique malgré leur défi, ou allons-nous accepter la domination musulmane et ce statut de seconde classe qu'est le statut de dhimmi?
 
En somme, les islamistes veulent imposer la charia, les Occidentaux sont divisés, et l'affrontement des volontés ne fait que commencer.

 

Y-A-T-IL VRAIMENT UN ACCORD
ENTRE LES ETATS UNIS ET L’IRAN ?

Dore Gold
Le CAPE de Jérusalem, 28 octobre 2012

 

Les deux pays ont démenti catégoriquement les “révélations” parues récemment dans le “New York Times” selon lesquelles l’Iran et les Etats-Unis mènent des négociations directes sur l’avenir du programme nucléaire. Toutefois, Téhéran se servira de ces informations pour ébranler le consensus concernant les sanctions qui lui sont appliquées.
 
Se basant sur des “sources officielles au sein de l’administration d’Obama”, le quotidien américain précise que les Iraniens ont insisté sur le fait que les négociations devraient avoir lieu après les élections présidentielles en Iran.
 
Cependant dans le même article nous pouvons lire un démenti formel de la Maison Blanche et qu’aucun accord n’a été discuté et conclu. Tommy Victor, porte parole du Conseil national de Sécurité, a précisé dans un communiqué: “les Etats Unis et l’Iran n’ont jamais convenu de tenir des négociations directes ou des réunions quelconques après les élections aux Etats Unis”.
 
Est-il possible que des hauts fonctionnaires de l’administration transmettent à l’un des journaux les plus influents des Etats-Unis une information et dans la même veine d’autres responsables disent exactement le contraire?
 
La chaîne de télévision NBC a proposé sa version en affirmant que des négociations entre les Etats Unis et l’Iran ont bien eu lieu mais par le biais d’un canal indirect et secret (Back Channel) dont le but d’établir un lien direct entre les deux pays. Par définition, les pourparlers “Back Channel” sont des négociations non officielles où les fonctionnaires de l’Etat ne sont pas impliqués et seuls des universitaires, des anciens officiers militaires et des diplomates à la retraite y participent. Ainsi, elles permettent aux gouvernements de démentir leur existence.
 
Ce n’était pas la première fois que ce genre de pourparlers a eu lieu entre les Etats-Unis et l’Iran. Le 4 mai 2003, l’ambassadeur helvétique à Téhéran, Tim Goldimn (en raison de l’absence de relations diplomatiques, c’est la Suisse qui est en charge des intérêts américains) avait envoyé une missive à son homologue en poste à Washington selon laquelle l’Iran serait disposé à une réconciliation avec les Etats-Unis. Cette initiative a été transmise sans délai au département de l’Etat. Nous apprenons par la suite que la proposition iranienne a été rédigée par l’ambassadeur d’Iran en France dont la sœur est mariée au fils d’Ayatollah Khamenei.
 
A cette époque, nous étions après l’invasion américaine en Irak et le gouvernement iranien craignait que le président Bush s’apprête à attaquer également leur pays après avoir vaincu Saddam Hussein. De ce fait, des indications sur de proches négociations avec les Américains éviteraient toute attaque future de l’Occident.
 
La missive de l’ambassadeur helvétique surnommée “le fax de Goldimn”, a trouvé son chemin dans les médias. Nicolas Kristof du “New York Times” avait critiqué vivement l’administration Bush pour ne pas avoir accepté l’offre iranienne. Condoleeza Rice a tout de suite démenti en affirmant qu’elle n’avait jamais vu la proposition de Téhéran. Cependant, le département d’Etat a examiné attentivement le document en s’interrogeant sur les réelles intentions de Téhéran? Richard Ermitage, ancien Secrétaire d’Etat-adjoint a déclaré au journal “Newsweek” qu’il n’était pas capable de savoir quelle est la part de vérité de la proposition iranienne et n’y a-t-il pas une certaine imagination de la part de l’ambassadeur suisse.
 
Quatre ans plus tard, Hussein Shariatmadari, porte parole personnel d’Ayatollah Khamenei a affirmé que le fax en question n’a jamais eu l’approbation du guide spirituel. Cette affaire explique parfaitement les inconvénients et les complications de mener un dialogue entre les pays sans la participation active des autorités officielle compétentes.
 
Les Iraniens ont déjà manifesté leur talent de pouvoir exploiter à leur avantage des informations de ce type.
 
En fin de compte, l’Iran a bien accepté en 2003 d’entreprendre des négociations officielles avec des représentants européens pour un objectif plus limité, à savoir réduire les pressions internationales et empêcher que le Conseil de Sécurité de l’ONU adopte des résolutions contre lui durant plus de trois ans. Téhéran a exploité les négociations pour semer également la zizanie entre les Américains et ses alliés européens.

L’ÉTAT D’ISRAËL ET LES LENDEMAINS REMPLIS D’INCERTITUDES

 

 

 

L’ETAT D’ISRAËL

ET LES LENDEMAINS REMPLIS D’INCERTITUDES
Freddy Eytan
Le CAPE de Jérusalem, 10 octobre 2012

 

Les trois prochains mois sont imprévisibles mais décisifs pour l’Etat juif, le Moyen-Orient et la communauté internationale. Tout semble volatil et même  sur le dernier sprint dans la course à la Maison Blanche, le pronostic reste hasardeux.
 
Dés que la Knesset est dissoute et les élections anticipées sont proclamées le gouvernement de transition demeure maître du pays et fonctionne dans tous les domaines sans opposition aucune. Rappelons que Menahem Begin avait détruit la centrale nucléaire à Bagdad en pleine campagne électorale.
 
Durant ces quatre dernières années, Netanyahou n’a pas réussi à nous amener vers un havre de paix et ne nous a pas non plus lancé dans une guerre meurtrière comme ses prédécesseurs. Il a sauvegardé une certaine stabilité dans un environnement en turbulence islamique et face à une crise économique mondiale. Cette situation de ni guerre ni paix est surtout le résultat d’un refus arabe de reconnaître l’existence de l’Etat juif dans des frontières défendables et d’un constat d’échec de la politique américaine dans notre région. Certes le statu quo évite des conflits mais l’immobilisme politique risque également l’escalade. En dépit de la nouvelle donne géopolitique Netanyahou a eu aussi la sagesse de ne pas intervenir dans la révolte en Syrie et a maintenu des contacts permanents  avec le régime islamiste égyptien et le royaume hachémite tout en sauvegardant les deux  traités de paix  avec nos voisins.
 
Le gouvernement Netanyahou a aussi réussi à mettre le dossier iranien à l’ordre du jour mondial. Aujourd’hui nous constatons que sans sa détermination il est peu probable que la communauté internationale aurait imposé des sanctions contre le régime des ayatollahs.
 
Dans ce contexte, les semaines à venir seront focalisées uniquement sur la campagne électorale et il est difficile de savoir à ce stade qui dirigera la nouvelle  prochaine coalition malgré l’avantage certain de Netanyahou dans les sondages. Toutefois une certitude, les voix flottantes sont de plus en plus nombreuses et tout se jouera sur les indécis. La prochaine Knesset comptera de  nombreux partis et de nouveaux visages. Enfin, pour maintenir une cohérence gouvernementale et éviter des gaspillages budgétaires inutiles nous souhaitons que le prochain cabinet sera formé d’un minimum de ministres possible et décidera enfin de modifier le système électoral qui prouve à chaque échéance son incapacité de gouverner efficacement.

 

LE MANÈGE DES PALESTINIENS À L’ONU
Dore Gold
Le CAPE de Jérusalem, 10 octobre 2012

 

Lors de la dernière réunion plénière de l’Assemblée générale de l’ONU, le Président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a fait part de son intention de mettre en œuvre son initiative pour la reconnaissance de l’Etat palestinien comme membre non étatique de l’organisation onusienne. Cependant, rien n’indique comment cette décision sera prise puisque cette initiative a déjà échoué l’année dernière.
 
Dans ce contexte, la direction palestinienne aussi s’interroge et se demande si cette nouvelle démarche sert vraiment  leur propre intérêt.  Il y a quelques semaines seulement, le ministre palestinien des Affaires étrangères,  Riyad al Maliki, n’avait-il pas  déclaré que la démarche n’était pas encore dans l’ordre du jour des Nations-Unies. Et puis, que gagneraient-ils les Palestiniens si le Congrès américain décidait de mettre un terme à leur soutien, notamment  financier?
 
En fait, ces modifications  techniques dans la définition de la délégation palestinienne à l’ONU ne pourront offrir aux résidents de la Cisjordanie un sentiment de changement significatif sur le terrain. Quant au Hamas il en profiterait pour mettre au pilori l’Autorité palestinienne et continuera à se moquer éperdument des « réussites diplomatiques » de Mahmoud Abbas.
 
Il convient de souligner que sur le plan juridique la levée du niveau diplomatique de la représentation palestinienne à l’ONU d’un statut « d’observateur » au statut  » d’Etat observateur non-membre » ne conduirait pas à l’établissement d’un Etat palestinien. Des nouveaux Etats comme le Kosovo et le Soudan-Sud ont été créés suite à la proclamation de leur indépendance, et seulement après une reconnaissance officielle de plusieurs  pays ils se sont adressés à l’ONU pour pouvoir devenir membres.
 
En mai 2011, Mahmoud Abbas avait publié un article dans le « New York Times » expliquant ses motifs et en révélant que son but n’était pas que politique mais « d’internationaliser le conflit sur le plan juridique », et de se fait il espérait entraîner Israël devant les instances   internationales.
 
Les Palestiniens ont adopté cette stratégie depuis  janvier 2009 quand  le ministre de la Justice de l’Autorité palestinienne a transmis au procureur de la Cour pénale internationale(CPI) Luis Moreno Ocampo, une déclaration reconnaissant le pouvoir juridique « dans les paramètres de la Palestine » sans préciser ses frontières. La missive  a été faite conformément au processus réservé aux pays sollicitant l’intervention de la Cour internationale, et c’était au procureur de décider si l’Autorité palestinienne était considérée pour cette fin comme Etat.
 
Ce n’est qu’après trois longues années de délibérations que le procureur Ocampo  répondra en affirmant qu’il n’avait pas le pouvoir de décider si l’Autorité palestinienne est considérée comme Etat et que la question devrait être soumise au secrétariat général  de l’ONU.
 
Les Palestiniens auront tort de penser que leur nouveau statut leur serait accordé automatiquement. Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki Moon a déclaré récemment que « l’espoir du peuple palestinien d’adhérer à l’ONU date en effet depuis longtemps, mais la procédure et sa  mise en œuvre devraient être le résultat d’accords conclus lors de négociations et dans le cadre d’un processus de paix au Proche-Orient. »
 
En outre, l’initiative de Mahmoud Abbas  pourrait aboutir à un résultat à double tranchant car sa demande devrait  reconnaître un Etat incluant la bande de Gaza, et par conséquent  il serait directement responsable des tirs de roquettes lancés sur les villes et villages israéliennes.
 
 Mahmoud Abbas et ses proches conseillers sont apparemment inquiets par la définition israélienne  de la Cisjordanie comme « territoire disputé » et de ce fait les revendications territoriales israéliennes comme palestiniennes sont légitimes. Par conséquent, les Palestiniens pourront demander d’inclure dans leur proposition à l’ONU une clause déterminant les lignes d’avant juin 1967 comme des frontières futures de l’Etat palestinien, et  probablement  ils réussiront à obtenir le soutien de la plupart des pays membres de l’ONU, à l’exception des Etats-Unis et Israël.
 
Rappelons que les lignes d’avant juin 1967 n’ont jamais été reconnues comme frontière internationale, et elles étaient en fait des lignes d’armistice de 1949. La  résolution 242 du Conseil de sécurité adoptée après la guerre des Six Jours, n’a pas appelé Israël à se retirer complètement de ces lignes d’armistices d’avant guerre.
 
Au fil des ans, la résolution 242 est devenue la pierre angulaire du processus de paix au Moyen-Orient et a servi de base aux accords de paix signés entre Israël, l’Egypte, et la Jordanie. Le 1er septembre1975 les Etats-Unis ont transmis à Israël des garanties affirmant qu’ils s’opposeraient à toute initiative visant à modifier les résolutions 242 et 338.
 
En conclusion, la démarche palestinienne à l’ONU nous semble bien suspecte. Les changements techniques dans le statut de la délégation de l’OLP dans le Palais de verre ne pourront changer la situation sur le terrain et donc n’auront qu’un faible impact sur la rue palestinienne.
L’intervention de cette semaine aura donc un prix pour Israël : elle dispose d’environ six mois pour persuader Obama ou Romney d’émettre l’ultimatum, ou elle devra livrer bataille toute seule. Je désirais que vous ayez conscience de ce nouvel élément lorsqu’il s’agira d’observer l’évolution des choses. L’environnement stratégique a changé depuis mercredi dernier.

 

Certes, on peine à saisir la raison pour laquelle la Maison Blanche n’adresse pas le carton jaune à Khamenei sans tarder. Le rapport de force est tel, entre les USA et la "République" Islamique, que point n’est besoin d’attendre que Téhéran ait terminé la phase d’enrichissement moyen – à 20 pour cent – pour agir. Un simple avertissement public de la part d’Obama, du genre "vous avez jusqu’au quinze octobre pour cesser toute activité liée au développement de l’arme atomique !" suffirait, à notre sens, à persuader les Iraniens d’arrêter.

 

Il est même inutile de préciser ce qui se passerait s’ils n’obtempéraient pas, cela pourrait intervenir plus tard.
 
Depuis notre rocher au vent, que les rigueurs de l’automne ont jusqu’à présent épargné, nous n’entrevoyons pas non plus de retombées négatives pour l’Amérique et pour le président-candidat au cas où il délivrerait cette mise en garde. Au contraire, il marquerait des points face à son rival Républicain en faisant enfin preuve de fermeté.
 
Lorsque, ce printemps, les Iraniens avaient menacé de bloquer la passe d’Ormuz si les Yankees envoyaient un nouveau porte-avions dans le golfe arabo-persique, les Américains en envoyèrent deux et les Perses n’entreprirent rien de suicidaire.
 
La Ména avait disséqué cet incident à l’époque et en avait tiré les leçons ; Netanyahu en a fait de même mercredi, mais Washington n’a toujours pas pris la mesure de son adversaire.
 
Sûr, au micro de l’Assemblée Générale, deux jours avant le chef de l’exécutif israélien, le président US avait assuré, pour la cinquième fois, qu’il n’autorisera pas l’Iran à posséder des armes nucléaires et qu’il fera tout ce qui est indispensable pour l’en empêcher.

Hier aussi, lors d’un entretien téléphonique, M. Obama a réitéré l’engagement de son pays pour la sécurité d’Israël, et, pour la sixième fois, la même promesse qu’à Manhattan. A en croire un communiqué officiel de la Maison Blanche, les deux pays partageraient les mêmes points de vue au sujet de cette crise.

 

A entendre ces promesses, on devrait se sentir rassuré. Elles sont à la fois nécessaires et suffisantes, alors pourquoi avons-nous autant de difficultés à accorder notre confiance à l’homme le plus puissant de la planète ? Pourquoi continuons-nous à penser qu’il n’adresse ces paroles rassurantes que dans un souci électoraliste, pour attirer à lui les nombreux Américains qui se soucient du bien-être d’Israël ?

A cause de ces "bruits" dont Obama s’est plaint ; pour les brimades qu’il avait infligées au Président Pérès, l’une des personnalités les plus consensuelles de la planète, lors d’une visite à la Maison Blanche ; à cause de son refus de rencontrer Binyamin Netanyahu, alors que celui-ci se trouve à New-York, et que la menace nucléaire persane risque, à tout moment, de plonger le Moyen-Orient dans un conflit régional.

 

Et parce que Susan Rice, l’ambassadrice étasunienne à l’ONU, n’a pas jugé nécessaire d’être présente lors de l’intervention de mercredi du président du Conseil hébreu, que cela n’a pas pu se décider sans l’accord personnel du président, et que Mme Rice est pressentie pour remplacer Hillary Clinton au Département d’Etat en cas de succès électoral d’Obama en novembre.

 

Mais surtout, si nous ne pouvons pas placer notre confiance en M. Obama, c’est parce qu’il ne nous semble pas assimiler l’étendue du péril que constituerait, non plus uniquement pour Israël, mais pour les USA et l’ensemble du monde libre, une "République" Islamique d’Iran possédant l’arme atomique.

Parce que le candidat Démocrate paraît graviter dans un univers virtuel fort éloigné de celui que nous nous efforçons d’étudier sans relâche. Et qu’il nous donne l’impression de vouloir superposer ses visions au monde, en ne rechignant pas à employer son extraordinaire puissance politique et médiatique afin d’y parvenir.
 
Par exemple, le pensionnaire de la Maison Blanche fait montre d’une peine certaine pour accepter l’idée de l’existence d’un terrorisme islamique, pour en parler, et, a fortiori, pour le combattre. Et il a distribué les ordres pour que, dans son administration, on emboîte son pas.
 
Si bien que, longtemps après que les services de renseignement US eurent avisé le président de ce qu’à Benghazi, c’étaient des terroristes de la mouvance Al-Qaeda qui avaient assassiné l’ambassadeur américain, au terme d’une opération dûment planifiée pour commémorer le 11 Septembre, les porte-parole d’Obama continuèrent, plusieurs jours durant, à affirmer le contraire.

 

Susan Rice et Hillary Clinton en tête, prétendirent sur presque toutes les chaînes TV d’Amérique que Christopher Stevens, ainsi que trois autres fonctionnaires US avaient trouvé la mort suite à une manifestation spontanée contre le film islamophobe qui avait mal tourné. Susan Rice utilisa le terme d’ "accident".
 
Naturellement, cet incident, survenant en période électorale, fait scandale de l’autre côté de l’Atlantique, avec des élus Républicains qui demandent la démission de Susan Rice. Et d’autres, qui expliquent que le candidat-président ne saurait endosser la réalité, puisque, dans sa propagande électorale, il prétend avoir… éradiqué Al-Qaeda.
 
Or, dans ces conditions de distorsion des faits, les auteurs de l’assassinat et ceux qui l’ont planifié coulent des journées paisibles au Maghreb, sans que le bras puissant de l’Amérique ne se soucie de leur donner la chasse.
 
D’autre part, Barack Obama persiste à présenter les régimes issus des printemps arabes comme des "amis des Etats-Unis", en dépit de tous les efforts que ces régimes consentent pour lui démontrer le contraire. 

Il s’obstine à voir dans ces printemps un succès, et parmi les nouveaux dirigeants islamistes, des partenaires en puissance, en marche vers la démocratie et le progrès.
 
Il n’a ostensiblement rien à faire de la préservation des intérêts politiques, stratégiques et économiques du pays qu’il dirige, dans ces régions où les USA, sous sa présidence, ont perdu pied.

 

Nulle part Obama n’envisage l’urgence d’endiguer l’avancée islamiste ; c’est à croire qu’il se réjouirait presque de l’avènement de l’islam radical au détriment de ce que l’on considérait jusqu’à maintenant comme les intérêts essentiels de Washington.
 
Dans la même foulée, il ne démontre aucune empathie pour le sort des femmes dans ces contrées soumises à la Charia, aux excisions et aux viols en groupe, pour le destin des minorités, à l’instar des chrétiens, des Kurdes et des alaouites, pour le recul des droits de l’Homme et le sort terrible des homosexuels.

 

L'AUTOPSIE DES PROTESTATIONS
À PROPOS DE MAHOMET

Daniel Pipes
National Review Online, 2 octobre 2012
Adaptation française: Anne-Marie Delcambre de Champvert

 

Alors que les foules musulmanes se dispersent et que les missions diplomatiques américaines reprennent leurs activités normales, voici trois considérations finales sur les émeutes qui ont débuté le 11 septembre dernier et tué une trentaine de personnes:

 

Le film a vraiment eu de l'importance: le gouvernement d'Obama de façon malhonnête a éludé la responsabilité pour le meurtre des quatre Américains en Libye en affirmant que l'attaque était une protestation imprévisible et hors de tout contrôle contre la vidéo «l'innocence des musulmans». En réaction, des analystes de premier plan ont conclu que la vidéo n'avait joué pratiquement aucun rôle, quel que soit le lieu. . Barry Rubin méprise la vidéo comme étant une «excuse bidon pour la manifestation» en Egypte. Michael Ledeen reproche au gouvernement son affirmation selon laquelle «les attaques contre les Américains ne sont pas du tout des attaques contre les Américains, mais des attaques contre une vidéo». «Il ne s'agit pas d'une vidéo», écrit Andrew McCarthy, «pas plus que des épisodes similaires ces dernières années n'ont eu lieu à propos des caricatures, des ours en peluche, des incendies accidentels de Corans, etc» . Hussein Haqqani rejette les protestations comme une «fonction de la politique, pas de la religion." Pour Victor Davis Hanson, la vidéo et les incidents similaires «ne sont rien de plus que des prétextes lamentables pour orienter la fureur parmi leurs masses ignorantes et pauvres, à des moments opportuns, contre les États-Unis, et ainsi gagner en puissance.» Lee Smith spécule que «blâmer la vidéo fait partie d'une campagne de diplomatie publique complexe» Cliff Kinkaid appelle carrément la vidéo "une diversion destinée à sauver la présidence Obama."
 
Je respecte et apprends beaucoup de tous ces écrivains, mais je ne suis pas d'accord avec eux en ce qui concerne la vidéo. Oui, individus, organisations et gouvernements ont aiguillonné les foules – en effet, il aura toujours un instigateur qui mobilise les musulmans contre une déclaration, un texte, un dessin ou une vidéo incriminés. Mais ce serait une erreur de ne voir la foule que seulement comme l'instrument de conflits d'intérêts (comme les salafistes contre Frères musulmans en Egypte) ou d'impératifs politiques américains. La rage dirigée contre la vidéo était sincère, réelle et durable.
 
La personne de Mahomet a acquis un caractère de quasi sainteté-parmi les musulmans et ne peut pas être critiquée, encore moins moquée. L'orientaliste allemande Annemarie Schimmel a fait remarquer (dans son étude de 1985 sur la vénération du prophète Mahomet) que sa personnalité est , à part le Coran, «le centre de la vie des musulmans». L'indignation des musulmans s'agissant des insultes envers sa personne est sincère; notons, par exemple, la section tristement célèbre 295-B du Code pénal pakistanais, qui punit toute diffamation de Mahomet, même involontaire, par l'exécution du coupable. Ces règlements trouvent tellement de soutien[de la part du public]que deux éminents politiciens, Salman Taseer et Shahbaz Bhatti, ont été assassinés en 2011 simplement pour avoir exprimé leur opposition aux lois pakistanaises sur le blasphème. Le meurtre commis à leur encontre n'avait rien à voir avec l'Occident et n'était certainement pas une diversion dans une campagne présidentielle américaine.

 

Obama contre Morsi: Les présidents américain et égyptien ont présenté des vues radicalement différentes sur la liberté de blasphémer dans leur discours à l'ONU la semaine dernière. Barack Obama a insisté sur le fait qu '«en 2012, à une époque où n'importe qui avec un téléphone mobile peut propager des vues insultantes à travers le monde juste en cliquant sur un bouton, l'idée que nous pouvons contrôler la circulation de l'information est obsolète. La question, alors, est comment nous réagissons. Et sur ceci nous devons être d'accord qu'il n'y a pas de discours qui justifie la violence aveugle ". Mohamed Morsi est en désaccord: «Les obscénités publiées récemment dans le cadre d'une campagne organisée contre le caractère sacré islamique sont inacceptables et exigent une position ferme. Nous avons la responsabilité dans ce rassemblement international d'étudier comment nous pouvons protéger le monde de l'instabilité et de la haine.». En bref, chaque partie a une approche et une méthode (la liberté d'expression contre l'interdiction du blasphème) qu'elle estime fondamentales pour son identité et la promotion d'un certain respect. Depuis l'édit de Khomeiny contre Salman Rushdie en 1989, chaque côté a l'intention d'imposer sa manière d'être à l'autre côté, ce qui laisse à penser que cet affrontement de volontés ne fait que commencer.
 
Les tendances:m'étant penché sur ce conflit depuis l'époque de Khomeiny, je suis à même de constater trois tendances principales. Tout d'abord, les musulmans de plus en plus se donnent comme impératif politique de préserver la sainteté de Mahomet. Deuxièmement, les élites et les gouvernements occidentaux (c'est.-à-dire les journalistes, les avocats, les intellectuels, les artistes) sont devenus de plus en plus timides, au fil du temps, face à la fureur islamiste, toujours prêts à s'excuser, à apaiser et à calmer. A titre d'exemple épouvantable, il faut voir les épanchements, le 11 septembre passé, de l'ambassade des USA au Caire, alors que la foule faisait rage à l'extérieur. Troisièmement, les non-élites occidentales ont de plus en plus répondu aux islamistes avec une attitude du genre «vous voulez être-insultés-et-bien prenez cela!! attitude qui comprend le fait de brûler le Coran, les annonces de "la défaite du Djihad"», les agressives caricatures offensantes françaises, et la promesse de publication de films de Mahomet.
 
La combinaison de ces trois points me conduit à prévoir que le conflit sur les valeurs continuera à s'échauffer.