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L’ISLACCOMMODATION DÉRAISONNABLE

 

 

LE QUOTIDIEN LA PRESSE FLIRTE AVEC L’ISLAMISME
Dépêche 

Postedeveille.ca, 23 avril 2012

L'équipe de Poste de Veille répond à l'article d'Anabelle Nicoud Le Québec flirte avec Marine Le Pen paru dans La Presse du 21 avril dans lequel elle associe Poste de Veille à la «toile brune» qui inciterait à la violence.

 

Parcourir Poste de Veille permet aux lecteurs de lire un nombre significatif d’articles et de chroniques réfutant l’opinion éditoriale du quotidien La Presse telle qu’exprimée par certains de ses éditorialistes et de ses chroniqueurs.

 

C’est que Poste de Veille, dans le souci d’informer objectivement ses lecteurs, s’est donné le mandat de rétablir les faits chaque fois qu’un grand quotidien ou un grand diffuseur s’adonne à la désinformation. L’édition de La Presse du samedi 21 avril ne fera pas exception, il s’agit cette fois d’un reportage signé Anabelle Nicoud et dont le titre est «Le Québec flirte avec Marine Le Pen».

 

Dès l’introduction l’intention de l’auteur est mise en évidence: discréditer les blogues qui informent le public sur l’islamisme et les risques qu’il incarne pour les sociétés occidentales. En guise de rapprochement, trois éléments chocs ont été utilisés dans le même paragraphe: la mention de l’extrême droite européenne, celle d’Anders Breivik le tueur norvégien d’extrême droite et l’expression «toile brune» en référence aux chemises brunes nazies, de sinistre mémoire, dont le rôle était d’intimider et de violenter les adversaires politiques. On peut donc affirmer qu’Anabelle Nicoud n’y est pas allée avec le dos de la cuillère ou comme on dit au Québec «elle en a beurré épais». Le procédé bien connu de reductio ad Hitlerum ne l’a pas rebutée, ce qui dénote chez elle un certain amateurisme. En effet, elle a, sans s’en apercevoir et dès les premières phrases, dévoilé son parti-pris et soulevé des doutes sur son objectivité.

 

L’auteur du reportage ne le dit pas explicitement mais de toute évidence elle considère les craintes que suscite l’islam radical comme non fondées. S’il en avait été autrement elle se serait donné la peine d’investiguer la question pour savoir si les auteurs des blogues ont de bonnes raisons de s’inquiéter. L’égalité des sexes, les droits des femmes, la laïcité dans l’espace public, la démocratie, la liberté d’expression, les droits des homosexuels, la paix sociale etc. sont-ils menacés par l’islam radical? Cette question Anabelle Nicoud ne s’est pas donnée la peine de se la poser et elle n’y a pas répondu dans son reportage, cependant elle laisse entendre que ceux qui soulèvent cette question dans leurs blogues ne sont que des «chemises brunes» virtuelles qui incitent à la violence. L’auteur a emprunté ici l’un des procédés de l’extrême gauche, l’inversion des responsabilités: le danger ne vient pas du fascisme islamique mais de ceux qui tirent la sonnette d’alarme à son sujet!

 

L’auteur associe islamophobie et judéophobie pour mieux discréditer les blogues qui informent le public sur l’islam radical et les forfaits dont il se rend responsable. Jihadwatch, Atlas Shrugs, Gates of Vienna, Riposte laïque, etc., qu’elle mentionne ne s’intéressent aucunement aux juifs sauf quand ces derniers subissent des menaces et des préjudices de la part des islamistes. D’autres groupes, les homosexuels, les coptes, les bahaïs, les ahmadis par exemple, sont également ciblés par l’islamisme, ils obtiennent par conséquent une couverture adéquate dans ces blogues faute d’en obtenir dans les grands médias écrits et télévisés.

 

Mais l’auteur ne se donne pas la peine de définir l’islamophobie, s’agit-il pour elle d’une haine aveugle, d’une peur irraisonnée ou d’une crainte légitime et justifiée de l’islamofascisme? On ne sait trop, ce qu’on constate toutefois c’est qu’elle s’en sert dans un sens péjoratif, imitant en cela l’Ayatollah Khomeiny qui a inventé cette expression pour discréditer ceux qui dénonçaient la tyrannie islamique imposée brutalement aux Iraniens.

 

Madame Nicoud n’explique pas pourquoi il n’existe pas de blogues qui mettent en garde contre le christianisme, l’hindouisme, le bouddhisme, l’animisme ou, tant qu’à y être, contre l’islam alaouite, l’islam ismaélite ou l’islam soufi. Serait-ce parce que ces religions ou ces branches de l’islam ne constituent aucun danger pour notre société? Ou parce que leurs adeptes s’y intègrent facilement et ne cherchent pas à en faire une copie conforme de celle qu’ils ont quittée?

 

L’auteur ne souffle mot des blogues islamistes haineux qui pullulent sur le web, certains de leurs auteurs vivent au Québec. Ces sites ne se contentent pas de semer la haine des non-musulmans, ils vont plus loin et incitent leurs lecteurs à s’enrôler pour le jihad mondial. C’est ainsi que nombre de jihadistes en Afrique du Nord, en Somalie, en Irak, au Yémen, en Tchétchénie et en Afghanistan ont été recrutés en Occident. Et que dire des complots jihadistes fomentés à partir d’internet au cœur même du Québec, ne sont-ils pas de nature à inspirer à madame Nicoud un peu d’islamovigilance? L’auteur ne nous dit pas pourquoi La Presse détourne les yeux quand des conférenciers islamistes sont invités dans nos universités pour endoctriner les jeunes musulmans et les inciter à ne pas s’intégrer dans notre société. Leur enseignement serait-il à ce point conforme aux principes du multiculturalisme défendu par La Presse?

 

Madame Nicoud fait siennes les affirmations d’Oyvind Strommen à l’effet qu'avant de tuer 77 personnes, Anders Behring Breivik s'est nourri des idées propagées sur les réseaux internet de l'extrême droite européenne et américaine. Il soutient par là que les informations objectives qu’il a récoltées ici et là l’ont décidé à commettre son crime. Il s’agit là d’affirmations dénuées de fondements et dont le but premier est de salir ceux qui défendent des opinions et des positions opposées aux siennes. Bat Yeor, Mark Steyn ou Robert Spencer cités par Breivik sont reconnus pour le sérieux de leur travail et de leur documentation, ils n’affirment rien sans preuve bien démontrée. On ne peut, sans mauvaise foi, les accuser d’inciter à la haine ou à la violence.

 

…Oyvind Strommen et tous ceux qui soutiennent sa thèse dont Anabelle Nicoud auraient dû accorder aux islamistes qui massacrent sans discernement, le même traitement réservé à Breivik, à savoir questionner les références sur lesquelles ils se basent pour accomplir leurs crimes haineux

 

Pour être équitable et faire preuve d’objectivité, Oyvind Strommen et tous ceux qui soutiennent sa thèse dont Anabelle Nicoud auraient dû accorder aux islamistes qui massacrent sans discernement, le même traitement réservé à Breivik, à savoir questionner les références sur lesquelles ils se basent pour accomplir leurs crimes haineux. Ces références sont le coran et la sunna de Mahomet, les jihadistes les citent ouvertement pour justifier leurs attentats meurtriers. En effet les textes sacrés des musulmans incitent explicitement au meurtre des infidèles, et pourtant à aucun moment les bien-pensants comme Strommen n’ont dénoncé le coran ou la sunna de Mahomet. Peut-on parler ici de deux poids deux mesures, d’indignation à géométrie variable ou d’aveuglement volontaire?

 

Les lecteurs de La Presse avaient droit à un examen objectif du contenu des blogues qui s’opposent à l’islam radical, en effet dénoncer et condamner sans preuves à l’appui est contraire à l’objectivité la plus élémentaire. Nous pouvons même aller plus loin et affirmer que l’objectivité implique d’informer le public d’une manière équilibrée sans prendre parti et laisser le public juger par lui-même. Or l’auteur n’a rien exposé du contenu des blogues et en ce qui concerne Poste de Veille dont elle parle, elle a choisi de passer sous silence les nombreux articles rédigés par des musulmans modernistes tels que Tarek Fatah, Salim Mansur, Tawfik Hamid, Sami el Beheiri, Amil Imani et bien d’autres qui dénoncent le fanatisme islamique et pour qui nos quotidiens, dont La Presse, ne font preuve d’aucun intérêt.

 

Mais il y a plus quand l’auteur mentionne que: Le site espère inciter ses lecteurs à «passer à l'action», elle fait délibérément usage de guillemets et omet de préciser qu’il s’agit d’action citoyenne. Plus loin dans le reportage elle rapporte les propos d’Oyvind Strommen pour qui «les idées défendues sur la «toile brune» sont virtuelles, mais ne devraient pas être banalisées: leur potentiel de violence, lui, est bien réel.» C’est avec cette phrase que le reportage se termine, et il s’agit là du message que l’auteur cherche à transmettre aux lecteurs. Madame Nicoud aurait pu, sans porter de jugement explicite ou implicite, conseiller aux lecteurs de se faire une idée par eux-mêmes, en allant faire un tour sur les sites qu’elle mentionne dans son reportage. Elle ne l’a pas fait, elle a gardé le silence sur le contenu des blogues, se contentant de les traiter de chemises brunes virtuelles et de sites d’extrême droite.

 

Il sied mal à un journal qui se veut objectif et respectable de condamner sans preuves et sans appel des citoyens qui s’imposent le devoir d’informer le public d’ici et d’ailleurs. Le geste est d’autant plus déplorable qu’il s’apparente à une tentative d’éliminer la concurrence émanant d’individus qui ne disposent pas de moyens comparables à ceux d’un grand quotidien. Mais ce qui est encore plus révoltant c’est le fait que le quotidien La Presse discrédite des opinions contraires aux siennes, sans analyse objective, sans s’astreindre au débat d’idées, sans étayer ses arguments, en un mot sans se donner la peine de réfuter les thèses qu’il ne partage pas.

 

Paresse intellectuelle ou manque flagrant de professionnalisme chez les journalistes de La Presse? Arrogance ou sentiment de supériorité morale qui les dispense d’accomplir honnêtement leur travail? Désir inavoué de maintenir les lecteurs dans leur giron? Volonté de défendre par n’importe quel moyen le multiculturalisme que les Québécois rejettent de plus en plus? Telles sont les questions qu’il convient de se poser après la lecture du reportage d’Anabelle Nicoud.

 

Mais il est également approprié de s’interroger sur le pourquoi du succès de blogues tels que Poste de Veille. Si la presse écrite et électronique faisait convenablement son travail et informait objectivement les gens, si elle ne cherchait pas à leur inculquer par des moyens contestables ce qu’ils doivent penser, les blogues n’auraient jamais vu le jour. S’ils existent et s’ils ont du succès c’est parce qu’ils inspirent confiance et répondent à un besoin. Tant que les grands médias se réfugieront dans le déni et persisteront dans la même voie, les blogues continueront de prospérer et d'attirer un nombre sans cesse croissant de lecteurs.

 

Poste de Veille

PARDONNER AUSCHWITZ AUX JUIFS
David Ouellette

Davidouellette.net, 8 avril 2012

Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale et de la découverte des camps d’extermination nazis, la philosophe juive allemande Hannah Arendt consignait cette réflexion dans une lettre à son ancien maître Karl Jaspers:

 

Ces crimes, il me semble, ne peuvent être appréhendés juridiquement et c’est justement ce qui fait leur monstruosité. […], cette culpabilité, contrairement à toute culpabilité criminelle, dépasse et fracasse tout ordre juridique. […] Cette culpabilité est toute aussi inhumaine que l’innocence des victimes. Les hommes ne peuvent absolument pas être aussi innocents qu’ils l’étaient, tous ensemble, devant les fours à gaz. On ne peut absolument rien faire humainement et politiquement avec une culpabilité campée au-delà du crime et une innocence au-delà de la bonté et de la vertu. Car les Allemands sont accablés par des milliers ou des dizaines de milliers ou des centaines de milliers qui ne peuvent être punis de manière adéquate au sein d’un système légal; et nous Juifs sommes accablés par des millions d’innocents, en raison desquels chaque Juif aujourd’hui se perçoit comme l’innocence personnifiée. [Hannah Arendt/Karl Jaspers Briefwechsel, 1926-1969 / Lotte Kohler et Hans Saner (éd.), Munich, 1985]

 

Plusieurs années plus tard, le psychanalyste israélien Zvi Rex cristallisera le ressentiment engendré par le sentiment de culpabilité incommensurable liée à la destruction des Juifs d’Europe dans cette formule lapidaire: «Les Allemands ne pardonneront jamais Auschwitz aux Juifs». Un antisémitisme, non pas en dépit, mais à cause d’Auschwitz, parce que par leur survie et leur simple présence, les Juifs se désincarnent pour ne devenir qu’un rappel lancinant des crimes perpétrés à leur endroit.

 

Le revers de cet antisémitisme à cause d’Auschwitz est un philosémitisme tout aussi répréhensible, quoique moins répandu. Le philosémitisme projette sur les Juifs une innocence et une vertu inhumaines, mais se retourne rapidement en antisémitisme, dès lors que les Juifs sont perçus comme étant en deçà de cette attente inhumaine.

 

C’est à la formule de Rex que j’ai immédiatement songé en lisant l’étrange coup de gueule travesti en poème du prix Nobel de littérature Günter Grass. Publié cette semaine dans plusieurs journaux internationaux, le poème de la “conscience morale” de l’Allemagne d’après-guerre, lui qui à l’automne de sa vie a levé le voile sur son passé de Waffen-SS, prétend briser un tabou. Lequel? Le tabou qui l’a longtemps prévenu de critiquer Israël en tant qu’Allemand sous peine de passer pour un antisémite. Et la critique? Israël, croit Grass, planifie l’ “extinction du peuple iranien” et “menace une paix mondiale déjà fragile”. Pourquoi? Parce que l’ancien nazi ne voudrait pas devenir un “survivant” du génocide qui vient; tourmenté par son passé nazi, Grass voit dans la dénonciation d’un génocide imaginaire israélien l’occasion de déboulonner l’ “innocence et la vertu inhumaine” attendue des Juifs après la Shoah et de se dérober du fardeau intolérable de la “culpabilité inhumaine” des crimes nazis.

 

De l’extrême-gauche à la droite libérale allemande en passant par l’arc-en-ciel idéologique de la presse européenne, plusieurs soupçonnent Grass d’antisémitisme larvé, voire décomplexé. Mais la critique qui retient davantage mon attention est celle de la projection de son propre sentiment de culpabilité pour Auschwitz sur l’État d’Israël. “Schuldverschiebung und Selbstentlastung“, dénonce le prestigieux hebdomadaire Die Zeit, “transfert de culpabilité et auto-exonération“. “Schuldverrechnung eines Rechthabers“, “virement de culpabilité opiniâtre”, critique aussi l’hebdomadaire Der Spiegel. Le quotidien autrichien Die Presse y voit un mal qui est loin d’affecter le seul auteur du poème: «Grass n’est évidemment pas l’unique intéressé politique en Allemagne (ou en Autriche) qui s’occupe obsessivement d’Israël, qui consacre une bonne partie de son potentiel de protestation au pays. Qui, comme Grass dans un passage particulièrement perfide, reproche à l’État d’Israël de vouloir éliminer un peuple (dans ce cas-ci, le peuple iranien)». Pour le grand critique littéraire allemand Frank Schirrmacher, le poème est un «torchon de ressentiment». «Le débat devrait porter sur la question de savoir s’il est justifié de faire du monde entier la victime d’Israël seulement pour qu’un homme de 85 ans puisse faire la paix avec sa propre biographie», conclut-il sévèrement.

 

Nul besoin d’être allemand ou autrichien pour retourner la Shoah contre Israël et les Juifs. Tourmenté par le sentiment coupable de sa propre survie à Auschwitz, l’écrivain Primo Levi ne fut-il pas le premier à céder à la tentation de faire expier aux Juifs leur statut involontaire de victimes absolues en érigeant Israël en bourreau absolu et ses ennemis au Moyen-Orient en victimes absolues lorsqu’il déclara que «tout le monde est le Juif de quelqu’un, et aujourd’hui les Palestiniens sont les Juifs des Israéliens»? Pensons au philosophe juif français Edgar Morin qui s’exclamait dans Le Monde que «les juifs victimes de l’inhumanité montrent une terrible inhumanité». Au prix Nobel de littérature portugais José Saramago qui pontifiait en 2002: «Ce qui arrive en Palestine est un crime que l’on peut arrêter. Nous pouvons le comparer à ce qui est arrivé à Auschwitz».

 

Plus près de chez nous, pensons à Victor-Lévy Beaulieu pour qui la Seconde Guerre du Liban illustrait l’extériorisation d’une prétendue pulsion génocidaire ancrée dans l’essence même du judaïsme: «de l’assassinat sélectif à la guerre totale, du génocide à l’extermination absolue, les armes du droit judaïque ne connaissent pas la mesure (…) Que sont donc ces guerres contre la Palestine et le Liban, sinon des guerres d’extermination, sinon des génocides odieux». Ou encore à Pierre Vadeboncoeur qui, dans un article intitulé Guernica bis en référence à la destruction de cette ville espagnole par l’aviation nazie, écrivait dans Le Devoir, au lendemain de la Seconde Guerre du Liban, que «le traitement des Juifs dans les pays chrétiens à travers les siècles et finalement l’Holocauste furent des crimes pour lesquels il n’y aura pas de rémission même dans mille ans. Le peuple juif n’aura jamais fini de demander réparation». Ce même quotidien hurlait «Israël ne se défend pas, il extermine» pendant la guerre de Gaza de 2009.

 

Alors qu’on ne cesse de reprocher aux Juifs le chantage à Auschwitz, c’est surtout l’inverse qui est vrai. Il n’y a pas de manifestation “pour la paix” sans assimilation de l’étoile de David à la croix gammée. «Les Juifs n’ont-ils donc rien appris de la Shoah?» est devenu un lieu commun de la “critique” d’Israël et de la démesure avec laquelle on nazifie non seulement les “crimes de guerre” imputés à l’État juif, mais l’existence nationale des Juifs. Et c’est là un cruel paradoxe de la condition juive; pour ceux qui ne pardonnent pas Auschwitz aux Juifs, la restauration de l’existence nationale du peuple juif, qui devait l’émanciper de sa condition d’exception, sert de prétexte pour cimenter l’exception juive.

Shabat Shalom et Yom Haatsmaout à tous nos lecteurs!

 

DHIMMIFICATION DU CANADA ET DÉMONISATION D’ISRAËL

 

 

TARIQ RAMADAN ET SALAH BASALAMAH SUR LA CHARIA,
LES ACCOMMODEMENTS RAISONNABLES ET LES AGORAS CITOYENNES

Dépêche

Pointdebasculecanada.ca, 20 avril 2012

En 2004, dans une interview accordée à un périodique égyptien, Tariq Ramadan critiqua les leaders musulmans opérant au Canada parce qu’ils avaient ouvertement promu la charia et les tribunaux islamiques. Ramadan leur reprocha de «manquer de créativité» en révélant ouvertement la nature des objectifs qu’ils poursuivaient. Le terme charia étant «perçu de façon négative par les Occidentaux», déclarait Ramadan, il valait mieux ne pas en parler ouvertement «pour le moment», précisa-t-il. Ramadan suggéra plutôt d’utiliser le cadre légal canadien actuel («un des plus ouverts dans le monde») pour faire passer discrètement les principes de charia un à un. C’est cette approche qui incita les islamistes à faire des pressions pour la mise en place d’accommodements raisonnables dans les années qui suivirent.

 

EXTRAIT DE L’INTERVIEW DE TARIQ RAMADAN À EGYPT TODAY:

 

(Traduction PdeB) Dans leur combat pour mettre en place des tribunaux islamiques appelés à trancher des conflits domestiques, les musulmans du Canada ont démontré un manque de créativité. Dans le cadre des lois en vigueur au Canada, ils ont une grande marge de manœuvre pour proposer un contrat islamique. Ces tribunaux islamiques ne sont pas nécessaires. Tout ce que ces tribunaux réussissent à accomplir, c’est de mettre en évidence que les musulmans ont des lois particulières et, pour le moment, ce n’est pas la façon dont nous voulons être perçus. Nous devons démontrer que notre façon de penser est universelle, que nous pouvons vivre dans le cadre des lois et qu’il n’y a pas de contradiction.

 

Il est préférable pour les musulmans d’étudier le cadre légal en vigueur au Canada, un des plus ouverts dans le monde, et d’élaborer des solutions islamiques qui peuvent s’ajuster à la réalité canadienne. Le mot charia est perçu de façon négative par les Occidentaux. C’est inutile de mettre l’accent là-dessus.

 

Dans un article publié le 5 novembre 2009 par le National Post, Tarek Fatah a commenté le programme de Tariq Ramadan en ces termes:

 

(Traduction PdeB) (Tariq Ramadan) n’était pas opposé à l’introduction de la charia au Canada; il ne croyait simplement pas que c’était le bon moment de le faire. Dans ses propres mots, les musulmans démontraient «un manque de créativité». Il suggéra qu’au lieu de réclamer ouvertement la charia, les islamistes devraient tenter de l’introduire en catimini dans le cadre légal déjà existant.

 

Ça me rappelle la doctrine de la taqiyya, une méthode que les islamistes utilisent pour dissimuler leurs véritables intentions dans le but de paraître inoffensifs à leurs adversaires et les inciter à baisser la garde.

 

Salah Basalamah: Des «agoras citoyennes» pour discuter des «questions qui fâchent»

 

Dans une interview accordée à une publication syndicale du Québec en 2010, Salah Basalamah, un proche de Tariq Ramadan, a promu un «complément» à l’approche des accommodements raisonnables. Basalamah a proposé d'organiser des rencontres («agoras citoyennes») au niveau des quartiers, des villes et des régions du Québec lors desquelles les citoyens seraient invités à soulever les «questions qui fâchent». Basalamah précisa que ces rencontres devraient se dérouler «loin des médias et des tribunaux».

 

On imagine la scène d’ici. Un restaurateur est convoqué par un groupe d’islamistes à cette rencontre, cette soi-disant agora citoyenne. Sa vente d’alcool constituant une «question qui fâche», on l’avise qu’il doit cesser de vendre de l’alcool. Vous ne voudriez quand même pas fâcher vos voisins islamistes. N’est-ce pas? Tout ça «loin des médias et des tribunaux», comme l’a prévu Basalamah. Imaginez l’intimidation à laquelle ce genre de meetings ouvrirait la porte. Vous servez de la nourriture durant le Ramadan. Vous devez vous expliquer. Vous ne portez pas le voile. Vous devez vous expliquer. Vous décorez votre maison pour Noël. Vous devez vous expliquer. Toutes des «questions qui fâchent» vos voisins islamistes.

 

Dans son livre Le droit de traduire (Presses de l’Université d’Ottawa, 2009), Salah Basalamah présente Tariq Ramadan comme son «frère d’armes intellectuel». Dans un colloque auquel participait Salah Basalamah à Montréal en 2008, l’organisateur Peter Leuprecht, un ancien doyen de la Faculté de droit de McGill l’a présenté comme le «représentant de Tariq Ramadan ici au Canada». (Le Devoir [Montréal], 13 septembre 2008, p. G11)

 

Lors d’un passage à Dallas en juillet 2011, Tariq Ramadan a incité ses supporteurs à coloniser les États-Unis «avec notre compréhension de l’islam, avec nos principes». Ramadan a également préfacé un des recueils de fatwas de Youssef Qaradawi, le guide spirituel des Frères Musulmans. Il l’a présenté comme «un des exégètes de l'islam les plus importants» à s'être prononcé sur la question des attitudes et des comportements que les musulmans doivent adopter lorsqu'ils vivent en Occident. (Radical Reform, New York, Oxford University Press, 2009, pp. 31 et 326)

 

En raison de ses «appel(s) à la haine et à la violence», Youssef Qaradawi a récemment été interdit de séjour en France. En 2007, Salah Basalamah a endossé ce même Qaradawi qui incite les musulmans à conquérir l’Occident et qui présente Hitler comme un envoyé d’Allah venu punir les juifs. En 2002, Basalamah a été choisi par Qaradawi pour traduire un de ses livres.

RÉPLIQUE À AGNÈS GRUDA
David Ouellette 

davidouellette.net, 19 avril 2012

 RÉPLIQUE À AGNÈS GRUDA

 

Cette lettre a été soumise le 19 avril 2012 pour publication au quotidien La Presse.

 

Agnès Gruda juge excessif l’interdit de séjour qui pèse sur l’écrivain allemand Günter Grass en raison de son brûlot accusant Israël de velléités génocidaires à l’endroit du peuple iranien («La politique de la frontière fermée», La Presse, 19 avril 2012). Sa critique est légitime et partagée par de nombreux Israéliens et amis d’Israël.

 

En revanche, il est tout aussi excessif d’extrapoler à partir des cas de Grass, de Noam Chomsky et de Mairead Maguire que le gouvernement israélien pratique une «politique de la frontière fermée» à l’endroit de ses détracteurs et des sympathisants des Palestiniens.

 

En effet, malgré l’incessante campagne de délégitimation d’Israël, le gouvernement israélien affiche une attitude plutôt pragmatique face à ses détracteurs. Pensons, notamment, à l’écrivain portugais José Saramago qui assimila odieusement Ramallah à Auschwitz sans pour autant être déclaré persona non grata. Ou à Donald Bostrom, l’auteur suédois de l’infâme fabrication voulant qu’Israël se livre au trafic d’organes palestiniens, qui fut néanmoins reçu en Israël peu après la parution de cette calomnie pour participer à une conférence de journalistes.

 

De même, le militant antisioniste notoire Noam Chomsky n’est pas interdit de séjour en Israël. Certes, un fonctionnaire israélien lui avait interdit d’entrer en Cisjordanie en 2010, mais fut néanmoins rapidement réprimandé par le porte-parole du premier ministre israélien pour avoir «outrepassé son autorité». Le gouvernement israélien avait même invité Chomsky à se présenter de nouveau à la frontière, l’assurant qu’ «il n’y a aucun changement dans notre politique» à son égard. Chomsky déclina l’invitation, l’occasion étant trop belle pour ne pas jouer le faux martyr de la liberté d’expression.

 

Aussi n’est-ce pas en raison de ses idées, à savoir l’assimilation de l’État juif au régime nazi, que la «pacifiste» Mairead Maguire, a été interdite de territoire, mais à cause de ses deux tentatives de violer l’embargo militaire israélo-égyptien contre le Hamas, une mesure de défense légitime et conforme au droit international, selon les conclusions d’un comité d’enquête du Secrétaire général de l’Onu rendues publiques en septembre dernier.

 

Mme Gruda erre aussi sur la nature de la controverse et de l’indignation suscitées non seulement en Israël, mais en Allemagne et ailleurs en Europe, par le brûlot de Günter Grass. Loin d’avoir «cassé tout un tabou» en posant la question du droit moral des Allemands de critiquer les politiques de l’État juif, Grass a défoncé une porte ouverte. Quiconque est familier de l’Allemagne n’ignore pas que la presse, la société civile et la classe politique allemandes ne se privent pas plus de critiquer Israël que tout autre pays occidental.

 

En fait, si les propos de Grass ont choqué, à tel point que le militant social-démocrate Grass est désormais exclu des activités électorales du parti auxquelles il participait depuis quatre décennies, c’est parce que l’ancien nazi tente grossièrement de s’alléger la conscience en accablant gratuitement l’État juif d’ambitions génocidaires envers le peuple iranien. Selbtsentlastung et Schuldverschiebung, auto-exonération et transfert de culpabilité, sont les expressions qui revenaient le plus souvent dans la presse allemande pour dénoncer l’antisémitisme larvé du texte de Grass.

 

Si en cette Journée du souvenir de la Shoah il est une leçon à retenir de l’affligeant spectacle d’un grand écrivain qui se discrédite en projetant sur les Juifs les crimes des nazis, c’est la démesure des «critiques» dont Israël est l’objet, même lorsqu’un régime négationniste comme celui de Téhéran menace l’État juif d’annihilation.

 

David Ouellette
Directeur associé, affaires publiques (Québec)
Le Centre consultatif des relations juives et israéliennes

LES AFFABULATIONS D’UN ANTISIONISTE OBSESSIONNEL:
LA NOSTALGIE DES ATTENTATS

Pierre K. Malouf
fr.princearthurherald.com, 14 avril 2012

La haine comme facteur de lutte, la haine intransigeante envers l’ennemi, qui pousse au-delà des limitations naturelles de l’être humain et le transforme en une efficace, sélective et froide machine meurtrière. -Ernesto Che Guevara

 

KATZ LES PRÉFÈRE SOUMIS

 

Des membres de la Jewish Defense League canadienne (JDL) sont allés manifester contre le maire Gendron à Huntingdon. M. Katz s’en offusque et évoque pour condamner cet organisme le massacre commis par Baruch Goldstein en 1994,  qui mena en Israël à l’interdiction des mouvements Kach et  Kahane Chai — du nom du rabbin Meir Kahane (1932-1990).  Contrairement à ce qu’affirme M. Katz, la Jewish Defense League  ne se trouve pas sur la liste des organisations terroristes du Département d’État américain. Son existence est légalement reconnue aux États-Unis comme elle l’est au Canada. Il va sans dire que toute action violente éventuellement exercée par la JDL ou par tout autre organisation juive ou non-juive, doit être sévèrement condamnée lorsqu’elle se produit. De fait, aucun geste illégal ou violent n’a été perpétré à Huntingdon, mais nous ne pouvons reprocher à M. Katz de s’alarmer.

 

MENTIR POUR AVOIR RAISON

 

La description par M. Katz des conditions de vie des habitants de la Cisjordanie et de Gaza n’est pas entièrement fausse — une horloge arrêtée a raison deux fois par jour — mais nous serions mieux disposés à en débattre avec lui s’il ne basculait dans l’outrance en qualifiant l’occupation par Israël des territoires contestés de Judée-Samarie de «régime de terreur». Même un organisme violemment anti-israélien comme l’Association France Palestine Solidarité, est plus mesuré dans ses jugements que le PAJUste en chef. M. Katz ne dit pas un mot du boom économique, certes fragile, qui s’est produit ces dernières années en Cisjordanie, ni des dizaines de milliers de Palestiniens ayant ou non le statut de réfugiés qui continuent de travailler en Israël ou dans les implantations de Judée-Samarie. Les embêtements subis aux points de contrôle constituent certes un problème sérieux et ont pour la population de Cisjordanie des conséquences fâcheuses,  mais qualifier leur existence (indispensable) de «régime de terreur» nous ramène à la pensée de Talleyrand: «Tout ce qui est excessif est insignifiant».

 

En ce qui touche la bande de Gaza, nous nous apitoyons en compagnie de M. Katz sur le sort des Gazaouis soumis à la dictature du Hamas: «S’il y a bien une “Gaza-strophe”, la responsabilité en revient aux fanatiques islamistes inaptes à gouverner, n’ayant cure du bien commun, et dont la seule préoccupation est de tuer des Juifs tout en faisant appliquer de plus en plus strictement la charia, construisant ainsi à Gaza, progressivement, un émirat islamique.»

 

Aux problèmes qui assaillent les Palestiniens et les Israéliens, M. Katz ne voit qu’une seule issue: la disparition d’Israël comme État juif, c’est-à-dire un État ou les Juifs forment la majorité. Qu’importe que tous les citoyens d’Israël, et en particulier la minorité arabe, jouissent de droits égaux, il faut qu’Israël disparaisse. Dans aucun pays arabe les Arabes ne jouissent des libertés civiles et du niveau de vie qui sont les leurs en Israël. Et ça c’est intolérable!

 

M. Katz souffrant d’antisionisme obsessionnel, rien d’autre ne le préoccupe que l’existence de cet État juif. Il ne lui viendrait jamais à l’esprit de crier au meurtre parce que la Norvège est un État norvégien, la France un État français, le Japon un État japonais, la Turquie un État ottoman, l’Iran un État persan. Le seul pays au monde qui subit les foudres de M. Katz, le seul pays qui ne devrait pas exister, c’est Israël. Le seul peuple au monde qui n’aurait pas le droit d’avoir un pays c’est le peuple juif, peuple dont M. Katz se targue de faire partie, en supposant qu’il admette l’existence d’un tel peuple, ce dont je doute fortement, car M. Katz est probablement un disciple de Shlomo Sand, le crétin qui affirme que le peuple juif n’existe pas. Évidemment, un peuple qui n’existe pas ne mérite pas d’avoir un pays.  Rappelons néanmoins que ce peuple qui n’existe pas a accepté en 1947 le plan de création de deux États séparés et que les Arabes — ne parlons pas des Palestiniens, car ce peuple n’existait pas encore —  l’ont refusé. Or le nouvel État juif aurait été peuplé de 558 000 Juifs qui auraient cohabité avec 405 000 Arabes! L’État arabe voisin aurait compté 800 000 Arabes et un millier de Juifs, la zone internationale (Jérusalem) 100 000 Juifs et 105 000 Arabes. Conséquence: les Arabes ont déclenché contre le nouvel État une guerre d’extermination. Mais qui accuse-t-on de racisme?

 

UN PEUPLE ET UN PAYS QUI N’AURAIENT PAS LE DROIT DE SE DÉFENDRE

 

Bruce Katz ne rend pas qu’un petit hommage à Stéphane Gendron en comparant ce dernier au journaliste du réseau CBS,  Edward R. Murrow, qui, dans les années 50, eut le courage — il ne fut pas le seul —  de s’opposer au tristement célèbre sénateur Joseph McCarthy, qui voyait des communistes partout.  M. Katz voit grand: hisser Gendron à la hauteur de Morrow, c’est pincer les flancs d’une colline montérégienne pour en élever la cime au niveau de l’Éverest. Si l’article de M. Katz n’avait pas été publié le 1er mars, il aurait pu devenir un beau poisson d’avril. Personne n’avait compris que Gendron était un homme d’une telle envergure et nul n’avait saisi, sauf Bruce Katz, que Gendron ne récusait pas l’existence «de quelques millions de civils israéliens», mais du «régime politique d’Israël, lequel impose un système d’apartheid particulièrement brutal aux Palestiniens sous occupation depuis plusieurs décennies.»  Ces bouts de phrase sont extraits de l’article de Katz, que vous avez sans doute déjà lu, sinon empressez-vous de le faire.  Veuillez m’en croire, je suis vraiment désolé de devoir faire la publicité d’une telle bouillie pour les chats!

 

Katz n’aurait donc rien à reprocher à ces millions de Juifs qui forment la majorité de la population de ce pays qu’il exècre et voudrait voir disparaître. Sa haine ne vise que l’État que ce peuple a créé et le gouvernement qu’il porte démocratiquement au pouvoir, État et gouvernement  auxquels ces millions de civils israéliens confient la responsabilité de les protéger contre des voisins hostiles, dont l’un des objectifs avoués est de les exterminer — voir la charte du Hamas. Ainsi, ce «mur de l’apartheid»  qui avait pour but quand il fut décidé de l’ériger en 2002, de protéger la population israélienne contre les terroristes qui multipliaient les attentats depuis le déclenchement de la Deuxième Intifada, constituerait un  crime dont le peuple israélien devrait être exonéré, l’accusation ne visant que le gouvernement élu par ce même peuple?! M. Katz nous prend vraiment pour des imbéciles.  Un gouvernement qui n’aurait pas pris en 2002 les mesures qui s’imposaient après la série d’attentats commis depuis octobre 2000 aurait commis un crime contre ses propres citoyens!

 

Année 2000: un lynchage (de deux soldats, à Ramallah) et 3 attentats, 8 morts et 79 blessés.

Année 2001: 14 attentats, 99 morts, 900 blessés. Comme disait si bien le père Staline, «un mort, c’est une tragédie; un million de morts, c’est une statistique».

Raffinons donc les statistiques afin de donner un meilleur aperçu de la tragédie. Voici le portrait de l’année 2002:

 

27 janvier : Attentat de l'infirmière Wafa Idriss à Jérusalem, 1 mort et 150 blessés

16 février: Attentat-suicide en Cisjordanie, 3 morts et 30 blessés.

18 février : Attentat-suicide vers Jérusalem, 1 mort.

2 mars : Attentat-suicide à Jérusalem, 11 morts et 50 blessés.

9 mars : Attentat-suicide à Jérusalem, 11 morts et 54 blessés.

20 mars : Attentat-suicide près d’Afoula, 7 morts et 30 blessés.

21 mars : Attentat-suicide à Jérusalem, 3 morts et 86 blessés.

27 mars : Attentat de l’hôtel Park de Netanya, 29 morts et 140 blessés[5]

29 mars : attentat-suicide par une femme de 18 ans, Ayat al-Akhras, à Jerusalem, 2 morts

31 mars : Attentat-suicide au restaurant Matza à Haïfa, 15 morts et 40 blessés.

1er avril : Attentat-suicide à Jérusalem, 1 mort.

4 avril : Attentat-suicide dans un café à Tel-Aviv, 1 mort et 30 blessés.

10 avril : Attentat-suicide à l'est d’Haïfa, 8 morts et 22 blessés..

12 avril : Attentat-suicide d'une femme à Jérusalem, 6 morts et 104 blessés.

7 mai : Attentat-suicide au sud de Tel-Aviv, 15 morts et 55 blessés.

19 mai : Attentat-suicide à Netanya, 3 morts et 59 blessés.

22 mai : Attentat-suicide à Rishon LeZion, 2 morts et 40 blessés.

27 mai : Attentat-suicide à Petah Tikva, 2 morts et 37 blessés.

5 juin : Explosion d'un bus près d’Afoula, 17 morts et 38 blessés.

11 juin : Attentat-suicide à Herzliva, 1 mort et 15 blessés.

18 juin : Attentat de Patt Junction à Jérusalem 19 morts et 74 blessés.

19 juin : Attentat-suicide au nord de Jérusalem, 7 morts et 50 blessés.

17 juillet : Double attentat-suicide à Tel-Aviv, 5 morts et 40 blessés.

31 juillet : Explosion dans la cafétéria de l'université de Jérusalem, 9 morts et 85 blessés.

4 août : Attentat-suicide près d’Haïfa, 9 morts et 50 blessés

4 août : Un terroriste ouvre le feu à Jérusalem, 2 morts et 17 blessés.

4 août : Des terroristes ouvrent le feu sur une voiture, sur la route de Ramallah, 2 morts, 1 blessé (un enfant de 3 ans)

18 septembre : Attentat-suicide à Umm al-Fahm, 1 mort et 3 blessés.

21 octobre : Explosion d'une bombe de plus de 100kg vers Tel-Aviv, 14 morts et 50 blessés.

27 octobre : Attentat-suicide en Cisjordanie, 3 morts et 20 blessés.

4 novembre : Attentat-suicide à Kfar Saba, 2 morts et 70 blessés.

15 novembre : Trois grenades lancées dans un groupe à Hebron, 12 morts et 15 blessés.

21 novembre : Attentat-suicide dans la banlieue de Jérusalem, 11 morts et 50 blessés.

Total pour  2002 : 33 attentats, 238 morts, 1 505 blessés. 

 

L’année 2003 fut, si l’on ose dire, un peu plus calme: il y eut 16 attentats faisant 143 morts et 729 blessés. Puis, la construction du mur progressant — mais il ne s’agit d’un mur que sur moins de 4% de son tracé —, il devint de plus en plus difficile pour les terroristes palestiniens de s’infiltrer en Israël pour s’y faire péter la fiole.  En 2004, il y eut 10 attentats, qui firent  97 morts et 473 blessés.  La mort de Yasser Arafat, le 11 novembre 2004, puis l’arrivée au pouvoir de Mahmoud Abbas, le 16 janvier 2005, changèrent la donne sans faire complètement cesser les attentats.  Il y en eut encore sept en 2005, qui firent 20 morts et 221 blessés, puis quatre entre janvier et avril 2006, qui firent 17 morts et 68 blessés.  L’attentat suivant ne se produisit que l’an dernier.  Le 3 mars 2011,  une bombe explosa près d'un autobus à la gare routière de Jérusalem et fit un mort et 31 blessés.  Puis, dans la nuit du 11 au 12 mars 2011, à Itamar, cinq membres de la famille Fogel furent assassinés à l’arme blanche: Oudi, 36 ans, Ruth, 35 ans, Yoav, 11 ans, Elad, 4 ans, Hadas, 3 mois. Les médias occidentaux parlèrent à leur sujet de «cinq colons juifs». Les coupables, un lycéen et un étudiant, ont déclaré avoir tué le bébé parce qu’il pleurait.  «L’un des assassins, Amjad Mahmad Awad, a transfiguré rituellement son acte en affirmant avoir voulu “mourir en martyr”.»  

 

Dans son article, comme dans chacune de ses interventions publiques, Bruce Katz s’émeut à juste titre des morts parmi les Palestiniens, sauf quand elles sont provoquées par les Palestiniens eux-mêmes, soit qu’il s’agisse de kamikazes, soit qu’il s’agisse de vieillards, de femmes et d’enfants utilisés comme boucliers humains. Dans ces cas-là, le très volubile chef PAJUste observe un pudique silence-radio.  Il faut constater qu’il est à cet égard beaucoup plus discret que ses amis du Hamas: «Pour le peuple palestinien, la mort est devenue une industrie dans laquelle excellent les femmes et tous les habitants de ce pays: les vieillards y excellent, les combattants du jihad y excellent, les enfants y excellent. En conséquences [les Palestiniens] ont créé un bouclier humain de femmes, d’enfants, de vieillards et de combattants du jihad contre la machine de guerre des sionistes, comme s’ils disaient à l’ennemi sioniste: “Nous désirons la mort, tout comme vous désirez la vie”.»  Cette déclaration de Fathi Hamad, qui représente le Hamas au Conseil législatif de l’autorité palestinienne, date de février 2008. Voyez Hamad vociférer  sur YouTube: http://www.youtube.com/watch?v=g0wJXf2nt4Y. Édifiant, n’est-ce pas?

 

Quand se produisit le massacre d’Itamar, il y a un peu plus d’un an, Katz et ses camarades de PAJU harcelaient à chaque samedi depuis octobre 2010 des marchands de chaussures de la rue Saint-Denis. Face à des contre-manifestants qui les accusèrent un certain samedi de soutenir des égorgeurs d’enfants — j’assistais à la scène — ces bonnes âmes se contentèrent de détourner le regard, de hausser les épaules ou de ricaner cyniquement. Qu’est-ce qu’un PAJUste peut bien avoir à foutre d’un mort israélien, s’agirait-il d’un bébé de trois mois! La capacité d’indignation de M. Katz est à la mesure du tout petit trou percé dans une banderole dénonçant l’apartheid israélien à travers lequel il contemple le monde et s’en fait une image. Les attentats-suicides contre les civils israéliens, les milliers de roquettes lancés sur Israël depuis la bande de Gaza, M. Katz n’en a cure, on peut même présumer qu’il n’est même pas au courant. L’homme n’est pas méchant… Décollez un instant votre œil du petit trou qui vous sert d’objectif, M. Katz. Peine perdue…

 

Jamais M. Katz ne prononcera une parole pour dénoncer le Hamas, dont il partage les objectifs sans apparemment en approuver les méthodes. Car le chef de PAJU se targue d’utiliser  des moyens non-violents en adhérant à la campagne BDS qui, tout comme les attentats-suicide, les roquettes et les égorgements, est motivée par la haine et a  pour but la destruction d’Israël. M. Katz a beau se mouiller tout habillé tout en essayant de ne pas trop se salir, son pacifisme hypocrite ne leurre personne, car l’eau bénite dont il s’asperge est contaminée.

 

Ne nous étonnons donc pas que cet homme soit au désespoir parce qu’Israël ose barrer la route aux kamikazes-assassins recrutés par ses copains du Hamas, du Fatah, du Djihad islamique ou du Hezbollah. M. Katz n’en a rien à foutre des  «quelques millions de civils israéliens», sinon il admettrait que la barrière de protection est un mal nécessaire. M. Katz, nous vous avons compris: vos dénonciations du «mur de l’apartheid» ne parviennent pas à dissimuler la  nostalgie des attentats qui vous anime.