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David Bensoussan: Isaïe – Lecture commentée

Isaïe – Lecture commentée

David Bensoussan, Le livre d’Isaïe, lecture commentée, Les Éditions Du Lys ISBN  978-2-922505-24-5  & Les Éditions du Marais, ISBN  978-2-923721-52-1, 278 p., 2014.

 

Comment aborder le livre d’Isaïe ? Ce livre abonde en réprimandes et en prophéties de malheur envers le peuple d’Israël, mais fait aussi état de la prophétie de retour d’exil, de la paix et de l’espoir messianique. Le vocabulaire est riche et la verve percutante. Les images fortes se succèdent à grand rythme avec grande intelligence. Le sarcasme et la révérence s’alternent. Les sujets et les thèmes abondent, les évènements historiques sont relatés dans des cadres géographiques précis. Cette profusion de thèmes enchevêtrés, de remontrances et d’espoirs de rédemption laisse le lecteur sur sa faim tant il est difficile de s’en faire une image d’ensemble qui soit précise et cohérente.

L’approche proposée dans la présente étude consiste à introduire le personnage dans son contexte historique. Dans une seconde partie, les thèmes qui parcourent le livre seront revus par le détail. Dans une troisième partie, les 66 chapitres formant le livre d’Isaïe sont résumés et commentés. Enfin, des remarques sur l’ensemble de l’œuvre suivent.

Il est important de préciser l’esprit dans lequel les thèmes du livre d’Isaïe sont analysés. Nous avons fait la lecture du livre d’Isaïe en tentant de la faire correspondre à l’histoire. Lorsque les spécialistes veulent diviser le livre d’Isaïe en auteurs distincts, ils ne s’accordent que sur les grandes lignes. En effet, la datation exacte de la rédaction du texte et sa partition attribuée à des auteurs ou à des époques différentes sont loin de faire l’unanimité des chercheurs. Aussi, vouloir attribuer les thèmes du livre d’Isaïe à des périodes historiques rigoureusement définies constituerait une tâche monumentale. Par contre, étudier les thèmes du livre d’Isaïe considéré comme un tout permet de mieux apprécier l’impact de ce livre au long des siècles. Tout comme l’approche documentaire de la Bible ne fait pas l’unanimité des chercheurs, nous considérons qu’en ce qui concerne les thèmes, c’est la Bible avec ses récits non linéaires, ses redondances et sa poésie qui a fasciné l’humanité jusqu’à ce jour. C’est donc cette lecture qui est proposée. L’esprit du texte en son entier tout comme celui de la Bible hébraïque dans sa totalité est celui qui a fait vibrer les commentateurs et de fait, ce sont les nombreuses interrelations entre les livres de la Bible hébraïque qui ont modelé des conceptions en propre et forgé l’échine de la résistance morale d’Israël pour faire face aux vicissitudes de l’histoire.

Isaïe invite ses auditeurs et ses lecteurs à s’imprégner de son rêve d’espoir, celui que l’on caractérise souvent d’espérance messianique. Une ère qui connaîtra la fin des souffrances, la rédemption d’Israël sur sa terre et une humanité unie en Jérusalem. Comment comprendre autrement la résistance du peuple juif au travers des exils difficiles, en dépit de l’enseignement du mépris de l’Église et de l’humiliation institutionnalisée de la Mosquée ? Les chapitres de consolation d’Isaïe ont représenté une lueur d’espoir unique en soi durant les persécutions du peuple juif. En lui ont résonné les versets d’Isaïe « Heureux ceux qui espèrent en Lui (30-18) », car « Il ne trompe jamais leur attente (49-23) » et ceux des autres prophètes qui, fut-ce même dans des moments terribles, le rassurèrent quant à son futur : « Oui, il y a de l’espoir pour ton avenir (Jérémie 31-16). » La droiture du peuple juif dut être remise en question de façon constante, car son absence expliquait la cause de ses malheurs et sa perfection représentait l’issue menant à la rédemption si tant attendue. En assumant le message d’Isaïe, le peuple juif a pris sur lui une responsabilité énorme, allégée seulement par la conviction qu’un jour il deviendrait une lumière pour les nations.

Le livre d’Isaïe est gravé dans la tragédie. Le génie d’Isaïe est d’avoir réussi à réinsuffler une énergie nouvelle basée sur un idéal de justice sociale et d’avoir ranimé les tisons de l’espoir de la rédemption d’Israël, espoir transcendé à la vision de paix et de justice universelles pour l’ensemble de l’humanité.

L’ISLAMISME CONDAMNÉ À DISPARAÎTRE ?

 

 

 

 

 

L'islamisme probablement condamné à disparaître

Daniel Pipes

The Washington Times, 22 juillet 2013

Adaptation française: Johan Bourlard

 

Pas plus tard qu'en 2012, les islamistes semblaient pouvoir coopérer en surmontant leurs nombreuses dissensions internes – religieuses (sunnites et chiites), politiques (monarchistes et républicains), tactiques (politiques et violentes), ou encore sur l'attitude face à la modernité (salafistes et Frères musulmans). En Tunisie, par exemple, les salafistes et les Frères musulmans (FM) ont trouvé un terrain d'entente. Les différences entre tous ces groupes étaient réelles mais secondaires car, comme je le disais alors, « tous les islamistes poussent dans la même direction, vers l'application pleine et sévère de la loi islamique (la charia) ».

 

Ce genre de coopération se poursuit à un niveau relativement modeste, comme on a pu le voir lors de la rencontre entre un membre du parti au pouvoir en Turquie et le chef d'une organisation salafiste en Allemagne. Mais ces derniers mois, les islamistes sont entrés subitement et massivement en conflit les uns avec les autres. Même s'ils constituent toujours un mouvement à part entière caractérisé par des objectifs hégémoniques et utopistes, les islamistes diffèrent entre eux quant à leurs troupes, leurs appartenances ethniques, leurs méthodes et leurs philosophies.

 

Les luttes intestines que se livrent les islamistes ont éclaté dans plusieurs autres pays à majorité musulmane. Ainsi, on peut observer des tensions entre sunnites et chiites dans l'opposition entre la Turquie et l'Iran due aussi à des approches différentes de l'islamisme. Au Liban, on assiste à une double lutte, d'une part entre sunnites et islamistes chiites et d'autre part entre islamistes sunnites et l'armée. En Syrie c'est la lutte des sunnites contre les islamistes chiites, comme en Irak. En Égypte, on voit les islamistes sunnites contre les chiites alors qu'au Yémen ce sont les houthistes qui s'opposent aux salafistes.

 

La plupart du temps, toutefois, ce sont les membres d'une même secte qui s'affrontent : Khamenei contre Ahmadinejad en Iran, l'AKP contre les Gülenistes en Turquie, Asa'ib Ahl al-Haq contre Moqtada al-Sadr en Irak, la monarchie contre les Frères musulmans en Arabie Saoudite, le Front islamique de libération contre le Front al-Nosra en Syrie, les Frères musulmans égyptiens contre le Hamas au sujet des hostilités avec Israël, les Frères musulmans contre les salafistes en Égypte, ou encore le choc entre deux idéologues et hommes politiques de premier plan, Omar el-Béchir contre Hassan al-Tourabi au Soudan. En Tunisie, les salafistes (dénommés Ansar al-charia) combattent l'organisation de type Frères musulmans (dénommée Ennahda).

 

Des différences apparemment mineures peuvent revêtir un caractère complexe. À titre d'exemple, essayons de suivre le récit énigmatique d'un journal de Beyrouth à propos des hostilités à Tripoli, ville du nord du Liban :

 

Des heurts entre les différents groupes islamistes à Tripoli, divisés entre les mouvements politiques du 8 Mars et du 14 Mars, sont en recrudescence. … Depuis l'assassinat, en octobre, du Général de Brigade Wissam al-Hassan, figure de proue du mouvement du 14 Mars et chef du service des renseignements, des différends entre groupes islamistes à Tripoli ont abouti à une confrontation majeure, surtout après le meurtre du cheikh Abdel-Razzak al-Asmar, un représentant du Mouvement d'unification islamique, quelques heures seulement après la mort d'al-Hassan. Le cheikh a été tué par balles… pendant un échange de tirs survenu lorsque des partisans de Kanaan Naji, islamiste indépendant associé à la Rencontre nationale islamique, ont tenté de s'emparer du quartier général du Mouvement d'unification islamique.

 

Cet état de fragmentation rappelle les divisions que connaissaient, dans les années 1950, les nationalistes panarabes. Ces derniers aspiraient à l'unification de tous les peuples arabophones « du Golfe [Persique] à l'Océan [Atlantique] » pour reprendre l'expression d'alors. Malgré la grandeur de ce rêve, ses leaders se sont brouillés au moment où le mouvement grandissait, condamnant un nationalisme panarabe qui a fini par s'effondrer sous le poids d'affrontements entre factions toujours plus morcelées. Parmi ces conflits, on note :

 

-Gamal Abdel Nasser en Égypte contre les partis Baas (ou Ba'ath) au pouvoir en Syrie et en Irak.

-Le parti Baas syrien contre le parti Baas irakien.

-Les baasistes syriens sunnites contre les baasistes syriens alaouites.

-Les baasistes syriens alaouites jadidistes contre les baasistes syriens alaouites assadistes.

 

Et ainsi de suite. En réalité tous les efforts en vue de former une union arabe ont échoué – en particulier la République arabe unie rassemblant l'Égypte et la Syrie (1958-1961) mais également des tentatives plus modestes comme la Fédération arabe (1958), les États arabes unis (1958-1961), la Fédération des Républiques arabes (1972-1977), la domination syrienne du Liban (1976-2005) et l'annexion du Koweït par l'Irak (1990-1991).

 

Reflet de modèles bien ancrés au Moyen-Orient, les dissensions qui surgissent parmi les islamistes les empêchent en outre de travailler ensemble. Une fois que le mouvement émerge, que ses membres accèdent au pouvoir et l'exercent réellement, les divisions deviennent de plus en plus profondes. Les rivalités, masquées quand les islamistes languissent dans l'opposition, se dévoilent quand ils conquièrent le pouvoir.

 

Si les tendances à la fragmentation perdurent, le mouvement islamiste sera condamné, comme le fascisme et le communisme, à n'être rien de plus qu'une menace pour la civilisation, capable de causer des dommages considérables mais sans jamais pouvoir triompher. Ce frein potentiel au pouvoir islamiste, devenu manifeste seulement en 2013, ouvre la voie à l'optimisme mais pas à la complaisance. Même si les choses semblent meilleures qu'il y a un an, la tendance peut à nouveau s'inverser rapidement. La tâche ardue qui consiste à vaincre l'islamisme demeure une priorité.

 

Les Etats-Unis face aux Frères musulmans

Dore Gold

Le CAPE de Jérusalem, 17 juillet 2013

 

La grogne des manifestants du Caire contre l’administration Obama vient en grande partie du soutien présumé des Etats-Unis à la confrérie des Frères musulmans. Dans les images diffusées par CNN avant la chute du président Morsi, nous avons vu plusieurs pancartes marquées d’un « Obama cesse ton soutien au régime fasciste des Frères musulmans ! » La colère était également dirigée contre l’ambassadrice américaine en Egypte, Anne Patterson.

 

Cette colère avait déjà éclaté après le discours d’Anne Patterson prononcé le 18 juin dernier, quelques semaines seulement avant la destitution de Morsi. La représentante américaine avait voulu mettre un terme aux rumeurs de conspiration selon lesquelles le soutien de Washington aux Frères musulmans était à l’origine de la chute de Moubarak. Elle avait expliqué que « tous les pays du monde entretiennent des relations avec des opposants au régime car les chefs des partis de l’opposition peuvent un jour devenir les leaders du pays. » A la fin de son allocution, elle avait quelque peu désavoué les manifestations contre Morsi : « Mon administration doute que les démonstrations de rue soient préférables à des élections au suffrage universel ». Quelques jours plus tard, Anne Patterson rencontrait Mohammed Khairat al-Chater, le numéro deux de la confrérie musulmane.   

 

Cette rencontre et les propos de l’ambassadrice avaient provoqué un tollé général, la classe politique et la presse arabes y voyant une intervention américaine directe dans les affaires intérieures de l’Egypte. Le journal libanais Al Nahar citant des voix libérales égyptiennes fit remarquer que les Etats-Unis avaient évité à ce jour de condamner les méthodes totalitaires du président Morsi.

 

Le secrétaire d’Etat John Kerry avait rejeté catégoriquement ces accusations et affirmé avec force que Washington ne soutenait aucun mouvement ni parti politique. Toutefois, le Wall Street Journal a rappelé que la critique des Egyptiens remontait à la visite effectuée par Hillary Clinton au Caire au moment même où Morsi renforçait son pouvoir en affaiblissant la magistrature et les autorités judiciaires.

 

La politique américaine à l’égard des Frères musulmans a surpris les observateurs et les chancelleries, mais il serait injuste de dire que cette politique a commencé avec l’installation d’Obama à la Maison Blanche. Déjà, en 2007, la revue Foreign Affairs avait publié un article intitulé « Les modérés Frères musulmans ». En se basant sur des entretiens avec des dirigeants de la confrérie, les auteurs de l’article concluaient que les Frères musulmans agissaient dans le but d’éviter le djihad ; une affirmation contraire au texte publié sur le site officiel de la confrérie.

 

Ceux qui souhaitent collaborer avec la confrérie musulmane prétendent que celle-ci représente une alternative aux groupes djihadistes et à al-Qaida. Encore une erreur d’analyse puisque les Frères musulmans ont parrainé et hébergé au Soudan des dirigeants djihadistes tels que Ben Laden ou les leaders du Hamas. Dans les années 1990 ils avaient même permis l’ouverture de camps d’entraînement.

 

Le régime de Morsi n’est pas allé jusqu’à cette extrémité, mais il a amnistié des dirigeants djihadistes condamnés en raison de leur implication dans la tentative d’attentat contre le président Moubarak et dans le massacre commis à Louxor en 1997 (62 personnes avaient été tuées). Morsi avait aussi exigé que des membres de la confrérie musulmane et des combattants extrémistes intègrent l’Académie militaire. Rappelons enfin que les Frères musulmans ont collaboré étroitement avec le Hamas et n’ont pas agi énergiquement contre la multiplication des tunnels et le trafic d’armes.

 

En conclusion, sans prétendre que les Etats-Unis sont des sympathisants des Frères musulmans, nous affirmons qu’il existe au sein de l’administration, surtout depuis le départ de George W. Bush de la Maison Blanche, un courant de pensée qui pense très naïvement que les Frères musulmans forment un mouvement modéré.

 

Il est trop tôt pour savoir si ce courant de pensée survivra à la chute de Morsi et s’il s’imposera un jour à l’égard d’un autre pays dans le contexte du « printemps arabe ».

 

Critique littéraire :

Le judaïsme et l’environnement, par Jonathan Aichenbaum

Pierre Itshak Lurçat

upjf.org, 23 juillet 2013

   

Un petit livre érudit et pédagogique sur un sujet brûlant – Quelle meilleure période que l’été pour découvrir un livre consacré au judaïsme et à l’écologie, deux choses qu’on pourrait penser, à tort, très éloignées l’une de l’autre… J’avais lu il y a quelques années avec bonheur le beau livre du rabbin Alexandre Safran, Sagesse de la Kabbale, qui comporte de très belles pages sur les rapports entre l’homme et la nature et notamment sur l’analogie établie par la Kabbale entre l’homme et l’arbre.

 

« L’homme de la Kabbale – écrit le rav Safran – éprouve une grande émotion à la mort – violente – d’un arbre comme à la mort de son prochain : il apprend qu’il y a des moments où des voix traversent le monde d’un bout à l’autre, sans qu’on s’en aperçoive : au moment où l’on coupe un arbre fruitier et au moment où l’âme quitte le corps humain ».

 

C’est dans une perspective différente de celle de la Kabbale que se situe le livre de Jonathan Aichenbaum. L’auteur enseigne en effet la politique de l’environnement à l’université Bar Ilan, et anime le cercle d’étude « Makom », consacré au judaïsme et à l’environnement. Son livre, nous dit la quatrième page de couverture, « répond de manière claire et argumentée aux questions essentielles qui concernent la perspective de la tradition juive sur la crise de l’environnement. L’homme a-t-il tous les droits sur la nature ? Quel équilibre entre développement économique et préservation des ressources et de milieux naturels ? La disparition d’espèces animales et végétales pose-t-elle un problème éthique ?, etc. » J’ajouterai que son livre montre de manière très convaincante que le judaïsme, loin d’être un corpus de textes vieillots, est une pensée vivante, qui apporte des réponses très claires aux questions les plus brûlantes que pose la « crise de l’environnement ».

 

Trop souvent, en effet, les médias occidentaux nous présentent l’écologie comme étant le combat exclusif de partis politiques très orientés (et souvent anti-israéliens, pour des raisons que le livre évoque). Or l’écologie, rappelle Jonathan Aichenbaum, est avant tout une question éthique qui, à ce titre, concerne tout Juif et tout homme conséquent.

 

Le Judaïsme et l’environnement est rédigé sous la forme de dialogues, qui rappellent les Dialogues de Platon. Ce choix audacieux de l’auteur donne à son propos une fluidité et une clarté remarquables, qui mettent en relief ses qualités de pédagogue. La double érudition de l’auteur – à la fois sur le thème de l’écologie, des questions qu’elle pose et des différents courants qui l’illustrent en Occident, et sur les sources juives – confère à ce livre relativement court une profondeur et une richesse qui donnent envie d’en savoir plus…

 

Je ne dirais pas que le lecteur reste sur sa faim, mais plutôt que, comme après un très bon repas, il pense déjà au prochain… J’attends donc avec impatience le prochain livre de Jonathan Aichenbaum et j’invite tous ceux qui s’intéressent au judaïsme, à l’écologie ou aux deux à courir acheter ce livre!

PAS FACILE D’ÊTRE JUIF EN TERRE PERSANE

 

 

 

 

 

Etre juif en terre persane

Pascale Bourgaux

upjf.org, 6 mai 2013

   

C'est le grand jour. Arvin, 13 ans, s'avance vers l'autel sculpté en bois et or. Les chants résonnent dans la synagogue. Fière et rayonnante dans son chemisier en soie rouge vif, sa mère verse une larme. Aujourd'hui, elle ne porte pas le foulard, pourtant obligatoire en République islamique, mais une fleur épinglée à son chignon. Car c'est un jour un peu particulier. Celui de la bar-mitsva de son fils. C'est ici, à Yussef Abad, quartier cossu du centre-nord de Téhéran, que se trouve la plus grande synagogue de la capitale. Les copains d'Arvin sont venus, tous scolarisés dans des écoles juives. Il en reste cinq à Téhéran, les dernières du pays. Elles subsistent grâce aux subventions du ministère de l'éducation. Le frère d'Arvin, lui, va à l'école publique, républicaine et islamique. "J'ai des amis juifs et des amis musulmans, ce n'est pas mal vu. Entre nous, la question de la religion ne se pose pas.

 

Après la cérémonie, les convives se retrouvent autour d'un buffet somptueux. Au menu : des mets traditionnels iraniens et… du vin. Le patriarche porte sous le bras son trésor : une bouteille de deux litres. "Ce vin a trente ans !", dit-il fièrement. Distillé à la maison, à l'ancienne. Et autorisé uniquement dans le cadre du culte. La bouteille s'arrête devant d'élégantes bourgeoises. Foulard en cachemire sur la tête, elles pourraient ôter leur voile, mais la présence d'hommes musulmans – l'interprète officiel et le photographe – les gêne. Des gobelets se tendent puis, au dernier moment, se ravisent. "Vous savez, c'est vraiment une exception liturgique…", précise l'une d'elles tout en refusant catégoriquement d'être photographiée et de poursuivre le dialogue. Face à notre obstination, elle lance : "Je suis conseillère de Khatami [président réformateur de 1997 à 2005, NDLR], je suis une figure publique. Alors si vous insistez, j'appelle la police !" Pas si simple d'être juif en Iran…

 

Reconnus comme minorité dans la Constitution de 1979, au même titre que les chrétiens et les zoroastriens, les juifs sont représentés au Parlement par un unique député. Dans ce grand hémicycle à la moquette verte, Ciamak Morsadegh siège parmi 289 autres élus, dont quelques femmes couvertes du long tchador noir et des mollahs coiffés du turban de la même couleur réservé aux sayyid, les descendants du Prophète. Quand il n'est pas au Parlement, Ciamak Morsadegh passe ses journées à l'hôpital juif de Téhéran, dont il est le directeur. Fondé sous le Shah, le lieu accueille désormais principalement des patients musulmans. "Cet hôpital est un symbole de la tolérance en Iran, dit-il d'emblée. Nous recevons l'aide du président Ahmadinejad. Et, nous, les médecins, nous travaillons quasi gratuitement, juifs, musulmans et chrétiens, tous unis pour le bien de la nation iranienne."

 

Une peinture idyllique dans un contexte où Israël menace régulièrement l'Iran de frappes ciblées sur ses sites nucléaires… Mais en cas de guerre, cette "nation iranienne" resterait-elle unie ? Les juifs combattraient-ils sous la bannière de la République iranienne ? "Bien sûr !, s'agace le député. Nous avons eu des martyrs, nous aussi, pendant la guerre Iran-Irak ! Qui veut détruire les intérêts nationaux est notre ennemi. Il n'y a pas de différences. Que ce soit Israël ou, auparavant, l'Irak. Nous sommes prêts à défendre notre pays contre l'OTAN, contre les Etats-Unis et contre Israël !" Malgré ces gages de patriotisme enflammés, la loyauté des juifs iraniens reste, aux yeux du régime, sujette à caution. Comme tous les autres jeunes hommes du pays, ils accomplissent leur service militaire, mais ne deviennent jamais officiers. Et si la communauté compte quelques rares hauts fonctionnaires, ils n'accéderont jamais à des postes de responsabilité gouvernementale.

 

Il en va de même pour les autres minorités iraniennes. Même si pour les juifs, la situation est plus complexe encore, à cause de l'antisionisme déclaré de l'Iran depuis la révolution islamique. Car le fond du problème, pour les ayatollahs, c'est bien l'existence même d'Israël, qu'ils utilisent comme thème "fédérateur" dans la région. En niant le droit d'exister à l'Etat hébreu et en se présentant comme le champion de la cause palestinienne, ce régime chiite parvient, depuis trente-quatre ans, à séduire la rue arabe, pourtant majoritairement sunnite. Il pousse d'ailleurs la logique jusqu'au bout en y interdisant les voyages. Tout Iranien, qu'il soit juif ou non, qui franchit des frontières présentées comme "illégitimes", est passible de cinq ans de prison.

 

Mais, comme souvent en Orient, quand il s'agit de la sphère privée, la règle n'est pas vraiment respectée. Le système est simple et connu de tous : les passagers prennent deux avions, en passant par une escale "alibi" comme la Turquie, et les douaniers israéliens apposent les cachets d'entrée et de sortie sur une feuille du passeport "volante". Ces voyages sont importants pour une communauté juive très éparpillée. Des 80 000 juifs présents à l'époque du Shah, il en reste à peine un huitième aujourd'hui : 8 500, recensent les statistiques officielles ; 10 000, rectifie l'Association nationale des juifs d'Iran, qui affirme que certains juifs vivent "cachés", préférant taire leur religion. Ce qui est sûr, c'est qu'il y a aujourd'hui plus de juifs iraniens en Israël et aux Etats-Unis qu'en Iran…

 

Ceux qui sont restés défendent donc soigneusement leur choix. "Dans les autres pays où il n'y a pas de menaces de frappes militaires, les juifs doivent beaucoup plus se protéger que nous. En France, par exemple, vous le savez bien, la communauté juive a eu beaucoup de problèmes, avance le président de l'association. En Turquie, en Egypte, les synagogues sont régulièrement attaquées, incendiées. Dieu merci, en Iran, aucune minorité religieuse n'a eu ce genre de problème. Et cela malgré l'hostilité qui existe entre l'Iran et Israël… En fait, l'Iran fait vraiment la différence entre le sionisme et le judaïsme."

 

Président de l'Association nationale des juifs d'Iran, Homayoun Sameyah reçoit dans un vaste appartement, situé au deuxième étage d'un bâtiment officiel : le siège de son association, subventionnée par l'Etat, qui organise activités pour les jeunes, fêtes et concours. Comme la plupart de ses coreligionnaires, il sait que sa liberté a un prix : la prudence, voire le silence. Il avance donc à pas comptés sur des sujets aussi délicats que le négationnisme affiché du président ultraconservateur, Mahmoud Ahmadinejad. "Il y a eu des discussions et, malgré mon respect pour la présidence de la République islamique d'Iran, je pense, personnellement, que même s'il n'y avait eu qu'un seul juif tué pendant la deuxième guerre mondiale, à cause de son appartenance religieuse, l'acte est un crime et doit être condamné."

 

Une thèse que ce pharmacien peut défendre en public, avec une marge de manœuvre très limitée. "En Iran, la liberté d'expression existe. Il y a trois ou quatre jours, je parlais devant une assemblée d'étudiants bassidjis, donc très conservateurs. Lors de mon intervention, j'ai condamné le massacre des juifs pendant la seconde guerre mondiale et il n'y a pas eu de problème." Le professeur Sameyah insiste sur le mot "massacre", à défaut d'"holocauste", terme que réfute le régime des mollahs, l'utilisant plus volontiers au sujet des Palestiniens. "Mais il y a bien eu un massacre et un génocide pendant la deuxième guerre mondiale", conclut le pharmacien, audacieux.

 

Tous ne vont pas aussi loin, faute de maîtriser à la perfection l'art de la dialectique persane. La plupart fuient cette bataille sémantico-politique et évitent carrément le sujet. A Yussef Abad, la fête pour la bar-mitsva d'Arvin bat son plein, et le vin qui circule en petite quantité ne délie pas vraiment les langues. Lorsqu'on aborde la question avec un fidèle, il balbutie, tétanisé : "Nous n'avons pas beaucoup d'informations sur l'Holocauste. Cet événement s'est apparemment passé pendant la deuxième guerre mondiale. Comme nous étions en Iran, loin du conflit mondial, et que l'Iran était un pays neutre, nous ne pouvons pas savoir ce qui s'est passé en Allemagne." Pas facile décidément d'être juif en Iran.

 

 

Oui à la nouvelle initiative arabe ! Niet aux lignes de 1949 !

Freddy Eytan

Le CAPE de Jérusalem, le 2 mai 2013

 

Depuis les célèbres « Trois Non » prononcés par la Ligue arabe au sommet de Khartoum tenu juste après la guerre des Six Jours, fin août 1967, nous constatons que les chefs d’Etats arabes réalisent que l’Etat juif existe bien et qu’il sera impossible de le vaincre un jour sur le champ de bataille. En 1977, Anouar el Sadate avait bien compris ce message, conscient que seule la négociation et la fin de la belligérance pourraient aboutir à une paix viable. En effet, il a obtenu gain de cause en récupérant son territoire sans tirer un seul coup de feu. Quant aux chefs palestiniens, ils ratent à chaque fois les bonnes occasions diplomatiques et les grands rendez-vous de l’Histoire en rêvant toujours de la grande Palestine, de la « mer au fleuve ».

 

Certes, la fameuse déclaration de Khartoum proclamant : Non à la paix, Non à la négociation, et Non à la reconnaissance d’Israël est  devenue pathétique après plus de 4 décennies, mais elle sert toujours de slogan pour les saboteurs de la paix : le Hamas, le Hezbollah, l’Iran et les extrémistes islamistes.

 

Comment donc relancer le processus de paix sans aucune condition préalable comme l’exige très justement le gouvernement Netanyahou ? Et comment ne pas aussi prendre en considération la nouvelle donne sur le terrain puisque plus de 750 000 Israéliens vivent au-delà des frontières d’avant juin 67, notamment dans la périphérie de Jérusalem ? Le dossier est donc complexe et compliqué et pour certains demeure insoluble car le conflit n’est pas uniquement territorial ! Tant que les Palestiniens, le Hamas et le Fatah réunis, ne décideront pas de mettre un terme à la belligérance et ne reconnaîtront pas clairement et sincèrement l’existence de l’Etat juif sur sa terre trimillénaire et son droit légitime de se doter de frontières sûres et défendables, la paix avec les Arabes ne pourra jamais se réaliser ! Cette position est aussi partagée par la majorité des ministres du gouvernement et par une grande partie des Israéliens qui souhaitent certes la paix mais sont profondément déçus des accords précédents signés avec l’Autorité palestinienne, et surtout par les néfastes conséquences provoquées par le « printemps arabe ».

 

Cette tendance négative a été renforcée par les démarches diplomatiques unilatérales et la délégitimation systématiques de l’Etat juif au sein des instances internationales. Elles furent provocantes et contreproductives.

 

Dans ce contexte, comment sortir de l’impasse ? Nous apprécions bien entendu les dernières déclarations des chefs arabes et leur décision de gommer définitivement les déclarations de Khartoum, ainsi que leur volonté pragmatique pour des rectifications de frontières. Certes, il s’agit d’un pas significatif et dans la bonne direction, et nous disons OUI à la négociation et à la reprise du processus de paix, car c’est aussi notre propre intérêt. Toutefois, ce n’est sans doute pas une Ligue arabe divisée et impuissante devant les turbulences dans la région, et incompétente pour régler la crise syrienne qui pourra relancer le processus de paix. Ni non plus le Qatar qui a pris l’initiative car ses intérêts sont transparents et ne sont que mercantiles.

 

Notre conflit a lieu avec nos voisins les plus proches, avec les Palestiniens, et un règlement ne se fera qu’avec eux et par étapes. Tant que les Palestiniens ne se réveilleront pas de leur torpeur, qu’ils ne renonceront pas à leur revendication sur toute la Palestine et le « droit au retour », eh bien, une paix sincère et viable avec eux ne pourra pas voir le jour ! Nous rejetons avec force l’idée d’un Etat binational et nous espérons que les Américains et les Européens partagent notre conception et respectent notre droit légitime sur notre terre ancestrale. Soyons clairs, les pressions ou un diktat de leur part n’aboutiront à rien de positif et le résultat serait que le conflit perdurera de longues années encore.     

 

 

Google identifie désormais la Palestine en tant que pays

Le Figaro, 3 mai 2013

 

Sur la déclinaison palestinienne du moteur de recherche, le mot «Palestine» remplace la mention «Territoires palestiniens» qui apparaissait auparavant.

 

La diplomatie se joue aussi sur Internet: Google a décidé de remplacer le terme «Territoires palestiniens» par «Palestine» sur sa page palestinienne. Un choix pas anodin, qui irrite le ministère des Affaires étrangères israélien.

 

Le moteur de recherche américain offre des déclinaisons nationales de son interface. Les versions différent peu, en dehors de critères de recherche. La page de Google France, accessible à l'adresse google.fr, s'affiche en français avec la mention «France» au-dessous du logo de la firme. Le schéma est similaire pour la plupart des pays.

 

Sur le portail palestinien, le logo affichait auparavant «Territoires palestiniens», tel que les régions de Jérusalem-Est, de Cisjordanie et de la bande de Gaza sont dénommées depuis les Accords d'Oslo de 1991. Mais depuis le 1er mai, c'est la mention «Palestine» qui est lisible à l'adresse google.ps.

 

Ce changement de la mention du pays sur le portail palestinien fait suite à la décision prise par l'ONU, en novembre, de reconnaître la Palestine comme État observateur non-membre.. Elle était jusqu'alors «entité» observatrice. Cette reconnaissance a constitué un pas diplomatique supplémentaire vers la définition de la Palestine comme État.

 

«Nous changeons le nom de «Territoires palestiniens» en «Palestine» dans tous nos produits», a confirmé vendredi un porte-parole de Google à l'AFP. «Nous consultons une série de sources et d'autorités pour nommer les pays. Dans ce cas, nous suivons l'ONU, l'Icann (régulateur des noms de domaine sur internet, NDLR) l'ISO (Organisation internationale de normalisation, NDLR) et d'autres organisations internationales», a-t-il expliqué pour justifier ce choix.

 

Le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères a regretté cette décision. Il estime que «ce changement soulève des questions sur les raisons» qui ont poussé «une entreprise internet privée» à s'impliquer «dans la politique internationale, et d'une manière controversée».

 

Sur Twitter, beaucoup de messages ont salué l'initiative du géant d'Internet. Certains commentaires ironisaient néanmoins sur le fait que cette question diplomatique se joue sur le site. Un utilisateur se demande ainsi si «ces choses sont désormais de la responsabilité de Google?».

 

Une autre internaute s'interroge sur les prochaines mesures que pourrait prendre Google: «Et maintenant, qu'en est-il de la mise à jour de Google Maps, qui ne mentionne aucunement la Palestine?»

 

Ce n'est effectivement pas la première fois que la firme américaine est impliquée dans une polémique liée au conflit israélo-palestinien. Sur son service de cartographie Google Maps, une recherche de la mention «Palestine» fait apparaître les territoires palestiniens sans indiquer de nom d'État. Le service de vue satellite Google Earth a aussi été critiqué pour rendre inaccessible certains territoires occupés. Les équipes de Google avaient d'ailleurs dû faire face au mécontentement de responsables palestiniens avant de pouvoir se rendre sur place.

LA BRAVOURE MYTHIQUE DES JUIFS VS. L’ANTISÉMITISME DÉLIRANT EN TERRES D’ISLAM

 

 

 

 

 

 

 

Le mythe, la bravoure, et toujours l’audace

Dore Gold

Le CAPE de Jérusalem, 22 avril 2013

 

La semaine passée, nous célébrions la Révolte des Juifs contre l’Empire romain dirigée par Shimon Bar Kohva. Cette révolte historique qui s’est déroulée dans les années 132-135 de notre ère symbolise notre combat inlassable pour notre libération nationale. Au fil des ans, Bar Kohva est devenu un héros légendaire et une source d’inspiration pour les futures générations. Cependant, la défaite de Bar Kohva, le résultat néfaste de la rébellion, notamment la dévastation du pays et le nombre impressionnant des pertes humaines, ont déclenché un débat public sur l’utilité du combat contre une grande puissance. Ne serait-il pas dans les circonstances voué à l’échec et perdu d’avance ?

 

Le Premier ministre David Ben Gourion, comme d’ailleurs la majorité de sa génération, a décrit Bar Kohva comme un dirigeant courageux et audacieux, source d’inspiration pour la nouvelle jeunesse israélienne ; ces sabras et nouveaux immigrants qui ont participé en 1948 à l’effort de la guerre de l’Indépendance et l’établissement de l’Etat juif. Quant aux Révisionnistes, dirigés par Zeev Jabotinsky, ils décidèrent que le nom de leur mouvement de jeunesse soit pris de Bétar, la dernière forteresse de Bar Kohva. En 1982, Menahem Begin avait honoré les derniers survivants de la Révolte par une cérémonie militaire de Tsahal. Soulignons que le mouvement Bétar fut aussi inspiré par un autre héros légendaire, Joseph Trumpeldor.

 

Dans les années 70, Yehoshafat Harkavi, ancien chef du renseignement militaire, et spécialiste de la question palestinienne, est de ceux qui avait accusé Bar Kohva et ses partisans d’être responsables du désastre national qu’à provoqué leur révolte. Il avait évoqué leur naïveté flagrante et leur engagement irresponsable dans une guerre sans espoir contre l’Empire romain.

 

Sans aucun doute, la tactique de la terre brulée employée par les Romains, les pertes humaines et les dégâts commis suite à trois longues années de guerre furent monstrueux. Selon l’historien romain Dion Cassius, 985 villages juifs ont été pillés et détruits et plus de 580 000 Juifs ont été tués ! Après la révolte, l’empereur Hadrien avait interdit à tous les Juifs le libre accès à Jérusalem. L’Autorité religieuse de l’époque, les membres du Sanhédrin et notamment le célèbre Sage Rabbi Akiva, qui considérait Bar Kohva comme le messie, ont été torturés et exécutés par les Romains.  

 

Il faut dire que les opinions du général Harkavi ont influencé toute une génération de politiciens et d’hommes de lettres. L’ancien ministre des Affaires étrangères Shlomo Ben Ami, connu pour ses opinions sur la solution du problème palestinien, a souvent évoqué « l’érosion des mythes antiques ». Selon lui, il est possible de changer « l’obsession messianique » d’Israël dans les Territoires.

 

Certains historiens et observateurs prétendent également que les Juifs auraient dû se résigner après la destruction du Deuxième Temple et se contenter d’une identité spirituelle, comme la construction d’une Yeshiva par le Rabbin Yohanan Ben Zaccaï à Yavné. Selon eux, les Juifs de l’époque auraient pu ainsi bénéficier d’une certaine tolérance de la part des Romains. Mais en réalité, les Romains avaient manifesté haine et hostilité envers les Juifs en Judée mais également partout ailleurs dans les communautés de la diaspora.

 

Sous l’empereur Domitien (81-96) les armées romaines ont poursuivi tout dirigeant potentiel de la dynastie du roi David. Sous l’empereur Trajan (98-117) les forces romaines ont massacré des communautés juives installées en Mésopotamie, en Egypte, en Cyrénaïque (Libye) et à Chypre. Et 15 ans plus tard, l’empereur Hadrien interdit la circoncision et décide de construire un temple romain sous les décombres du Deuxième Temple détruit. Par tous les moyens, Rome a écrasé la volonté nationale du peuple juif et a déraciné toute présence hébraïque. Ainsi, Hadrien change le nom de Judée en Syrie-Palestine, et Jérusalem deviendra Aelia Capitolina.

 

Concernant la Révolte, l’un des grands mystères demeure dans la motivation extraordinaire de Bar Kohva et de ses compagnons de combattre courageusement contre pas moins de 12 légions romaines sur les 28 existantes au sein des provinces de l’Empire.

 

Dans le contexte d’aujourd’hui comment donc qualifier la Révolte ? Bar Kohva est-il vraiment un héros légendaire comme l’ont perçu les fondateurs de l’Etat d’Israël ? Le Professeur Yadin, ancien chef d’état-major de Tsahal mais aussi archéologue, a souligné la difficulté de juger rétrospectivement la sagesse de ceux qui ont combattu contre l’Empire romain. Dans cette période précise, il n’existait pas un seul historien de la trempe de Flavius Josèphe pour apporter un témoignage crédible.

 

En analysant les conséquences de la Révolte de Bar Kohva sur les questions politiques graves auxquelles Israël est confronté depuis sa création, Yadin estime que suite à un éventuel refus de la part du leadership de 1948 d’adopter une version héroïque, il est fort probable que Ben Gourion n’aurait pas proclamé l’indépendance d’Israël par crainte d’une invasion des Etats arabes qui possédaient une force militaire supérieure à celle du Yishouv. En outre, Israël n’aurait jamais déclenché une attaque préventive avant le déclenchement de la Guerre des Six Jours, au moment où l’Egypte, la Syrie et la Jordanie concentraient des forces considérables le long des frontières.

 

L’impact de la Révolte a marqué de son empreinte les générations futures. Enfin, n’oublions pas l’héroïsme dans l’Histoire des autres peuples. Celui de Sparte contre les Perses, des Américains contre les Mexicains à Alamo, ou la victoire des Russes sur les Allemands à Stalingrad.

 

En conclusion, deux mille ans se sont déjà écoulés depuis cette Révolte et le mythe est vivace et omniprésent. Le peuple juif est retourné à sa terre et a rétabli son propre Etat grâce à l’une de ses sources d’inspiration, celle de la bravoure et de l’audace exemplaires de Shimon Bar Kohva.   

 

Leader iranien :

"les juifs se livrent à la sorcellerie"

Juif.org, 2 mai 2013

 

Un dirigeant iranien avec des liens étroits avec le "guide suprême" Ali Khamenei a récemment accusé les juifs de se livrer à la sorcellerie et de l'employer contre l'Iran, a rapporté l'Institut de Recherche Médiatique du Moyen-Orient (MEMRI).

 

"Les juifs nous soumettent actuellement à un procès sans précédent. Comme vous le verrez dans le Coran, le roi Salomon régnait sur le monde… et D.ieu a commandé à un groupe de sorciers de venir contre lui. Les juifs ont les plus grands pouvoir en sorcellerie, et ils en font usage," a déclaré Mehdi Taeb.

 

"Toutes les mesures qui ont été prises contre nous proviennent des sionistes. Les Etats-Unis sont un outil entre leurs mains. Jusqu'à présent, ils n'ont pas utilisé les pleins pouvoirs de leur sorcellerie contre nous. La sorcellerie était le dernier moyen auquel ils ont eu recours au cours de l'ère Ahmadinejad, mais ils ont été vaincus," a-t-il dit. "Cette capacité des juifs a été éliminée par l'Iran. Il y a cinq ans, ils ont essayé de chasser Ahmadinejad par ce moyen."

 

En outre, le site Rasanews.ir, qui est associé aux séminaires religieux de Qom, a affiché un article paru en mars affirmant que les juifs chérissent la connaissance de la sorcellerie, la transmette de génération en génération, et croient qu'elle peut être utilisée pour contrôler l'humanité, la nature et les décisions de D.ieu.

 

"Les juifs ont toujours eu tendance à recourir à la divination, une pratique qui a ses racines dans l'astronomie, l'astrologie et la sorcellerie, qu'ils ont ramassé quand ils se joignirent à divers peuples dans le cours de l'histoire," dit l'article traduit par MEMRI.

 

"Les juifs pensent que régner sur les hommes, sur la nature et les traditions divines ne peut être atteint que par le biais de la sorcellerie. Ils croient qu'il est possible de conquérir la nature et de contrôler le monde, et même de contrôler les décisions de D.ieu, en utilisant les méthodes de sorcellerie," ajoute-t-il.

 

Comprenne qui pourra :

Malgré les attentats,

les USA restent massivement plus antisémites qu’islamophobes

Chemi Shalev

Ha’aretz, 2 mai 2013

 

Même après les attentats de Boston, l’antisémitisme est bien plus répandu aux Etats-Unis que l’islamophobie, estime Abe Foxman, le directeur de l’Anti-Defamation League (ADL, ou Ligue anti-diffamation). Agé de 73 ans, il est depuis 26 ans à la tête de cette organisation fondée en 1913. Dans un entretien accordé à Ha’Aretz, il explique que l’ADL n’est pas près d’être désœuvrée. » Il y a 10 fois plus d’actes commis à l’encontre des Juifs que des musulmans », explique Abe Foxman. « Cela ne signifie pas que les musulmans ne subissent aucune hostilité, mais même après les événements qui ont touché Boston, on ne voit pas d’attaque contre des mosquées, on ne voit personne manifester dans la rue. C’est un phénomène unique dans ce pays, presque un miracle. On n’assisterait jamais à une situation similaire en Europe. » Et de poursuivre : « Lorsque la population a applaudi l’arrestation des terroristes à Boston, aucune répercussion négative ne s’est produite. Il s’est passé la même chose après le 11 septembre – nous étions si inquiets à l’époque que nous avions publié une annonce dans le New York Times dont le message était ‘On ne lutte pas contre la haine par la haine’. Pourtant, rien de tout cela n’a eu lieu, ni à l’époque ni aujourd’hui. Et cela rend dingues les islamophobes. Cela les rend fous.

 

S’en prendre aux musulmans est-il beaucoup plus acceptable dans la presse généraliste que de s’attaquer aux Juifs ? Un représentant au Congrès américain propose par exemple que les autorités tiennent un fichier pour surveiller l’ensemble de la communauté musulmane.

« Je ne crois pas qu’il s’agisse d’islamophobie », répond Abe Foxman. « C’est une réaction naturelle, qu’elle soit sage ou non. Je pense toutefois que c’est un problème aux Etats-Unis, mais aussi ailleurs. Il suffit de jeter un œil du côté de la France, de Londres ou d’Amsterdam : la plupart des incidents ont été commis par des membres de la communauté musulmane qui ont immigré dans ces pays et ne se sont pas intégrés ».

 

« Tout comme après le 11 septembre, les Américains se demandent actuellement comment trouver un équilibre entre la sécurité et la liberté d’expression. Faut-il traquer les communautés ethniques ? Faut-il surveiller les mosquées ? Ce ne sont pas des atteintes portées contre les musulmans, mais des actions motivées par la peur, par la volonté de se sentir en sûreté et en sécurité. »

 

« Le sentiment anti-juif est bien plus développé que celui contre les musulmans, car l’antisémitisme est ancré très profondément dans l’histoire, les traditions, l’Eglise, chez les parents comme les amis », affirme Abe Foxman. « Selon notre dernier sondage [qui date de 2011], 15 % des Américains sont foncièrement antisémites. Ce chiffre atteignait 30 à 35 % dans les années 1960, mais encore aujourd’hui, il concerne 40 millions de personnes. Et je pense que l’on ne fera pas mieux : la situation actuelle ne s’améliorera pas. »

 

Malgré la baisse des pourcentages dans leur ensemble, deux éléments faisant partie de l’indice de l’ADL sur les sentiments antisémites sont restés constants : un tiers des Américains continuent de reprocher aux Juifs d’avoir exécuté Jésus et un tiers considèrent que les Juifs américains sont plus fidèles à Israël qu’aux Etats-Unis. « Oui, les Juifs peuvent habiter, voyager, étudier n’importe où, épouser qui ils veulent et pratiquer la profession de leur choix. Socialement, nous avons réussi, mais nous restons le peuple qui a tué Jésus et à qui on ne peut vraiment pas faire confiance. »

 

Il signale deux groupes démographiques chez qui l’antisémitisme reste très répandu, les populations africaines-américaines et latino. Selon l’ADL, 30 à 40 % des Africains-Américains sont antisémites depuis plus de 40 ans, un phénomène qu’Abe Foxman attribue à leur « absence de représentant ».

 

« La dernière fois qu’un dirigeant africain-américain a dénoncé l’antisémitisme, c’était Martin Luther King Jr., pour qui c’était un péché. Actuellement, Louis Farrakhan est le seul qui représente cette population. Il sait rassembler 20 000 personnes plusieurs fois par an et il affiche clairement son antisémitisme. Pire, nombreux sont ceux qui nient l’existence de cette animosité, ce qui signifie que nous n’avons pas d’interlocuteur parmi eux. »

 

Quant à la communauté latino-américaine, Abe Foxman estime qu’elle « prend de plus en plus d’ampleur ». La mauvaise nouvelle, précise-t-il, c’est que presque 50 % des immigrés latinos sont « gravement infectés », selon son expression, « à cause de l’Eglise – la Nostra Ætate du Vatican [déclaration qui absout les Juifs de la culpabilité collective pour la mort du Christ] n’est pas arrivée jusqu’à Mexico – ainsi que de l’ignorance et des stéréotypes. »

 

La fin du judaïsme en terres d’Islam: une modélisation

Schmuel Trigano

octobre 2009

*À conserver pour référence* 

 

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Book Review: Liebman, Laura Arnold. Messianism, Secrecy and Mysticism: A New Interpretation of Early American Jewish Life

Book Review by Prof. Ira Robinson,

Academic Fellow, CIJR

Department of Religion,

Concordia University

 

Liebman, Laura Arnold.  Messianism, Secrecy and Mysticism: A New Interpretation of Early American Jewish Life. (London and Portland, OR: Vallentine Mitchell, 2012).  xxviii + 388 pages.  ISBN: 978 0 85303 833 7.

 

This book reacts strongly to the way early North American Jewish history was conceptualized by American Jewish historians of the last century.  Concentrating her special criticism on Jacob Rader Marcus, one of the most distinguished historians of the field in that era, Laura Arnold Liebman asserts that Marcus “argued vociferously against mysticism and religious enthusiasm of any kind” on the part of the first Jewish settlers in North America, and that, for him, “mass migration—not religious practice—was at the heart of American Jewish history”. (282)  In their treatment of Judaism, these historians often did not care to go too far beyond the statement of the eighteenth-century American Jew, Haym Salomon, who famously noted in a letter home to Europe that there was “wenig Yiddishkeit” [very little Judaism] in America.

 

Liebman argues to the contrary.  She proceeds to retell the story of the earliest North American Jews and gives it an entirely new perspective.  In so doing, she is inspired by the recent work of Jonathan Sarna, which emphasizes the religious history of North American Jewry.  The author reframes her account of these Jews in several important ways.  In the first place, she rightly broadens the stage so that the reader is confronted by important evidence not merely from the generally miniscule Jewish settlements in seventeenth and eighteenth century North America, but also from the generally better populated and more prosperous Jewish communities in Suriname, Curaçao, Jamaica, and Barbados.  She also brings us to the European centers, Amsterdam and London, which furnished the New World settlements with their spiritual and material sustenance.  She speaks, in other words, of a relationship between key port cities in the Atlantic World of the seventeenth and eighteenth centuries that was crucial for the development of Jews and Judaism in the Western Hemisphere.

 

The author brings to bear a wide variety of evidence, both documentary and material, to interpret the lives of these Jews.  She analyzes the physical evidence of mikvehs and argues for their ubiquity in Jewish settlements made up largely of mercantile families that could afford the expense of creating these ritual pools.  Contrary to previous understandings, she strongly argues that “the needs of the mikveh drove the location of the synagogues, rather than vice versa, in the Jewish Atlantic World.” (50) She speaks of the synagogues that were built and the spiritual significance of their architecture.  Once again, she argues against the commonly held idea that the synagogues of this era were architecturally derivative from contemporary church architecture and posits a reverse influence.  She depicts extended Jewish families, which often included African-American slaves, whose complex and ambivalent relationship to Judaism is given considerable emphasis.  She carefully interprets the Jewish cemeteries and the intricate religious symbolism of their tombstones, the ways in which these Jews manufactured and imported kosher food, and much else.

 

In all her analysis, the leitmotif is Jewish spirituality, and how contemporary Jewish religious concerns were internalized and expressed by the early North American Jews.  Her basic argument is that one cannot understand these Jews and the communities they built without paying close attention to the theological issues of the era.  It was in this era, for instance, that kabbalistic ideas became truly popular and exercised tremendous influence on ordinary Jewish men and women.  Why should this not be true of Jews in America?  The great religious conflict in Judaism of that era was the seventeenth century messianic movement of Shabbetai Zvi and its eighteenth century aftermath.  What indeed must Jews in America have thought of this conflict?

 

As one can tell from her title, Liebman thinks of these Jews as oriented toward Messianism, though she cannot always satisfactorily define what that means.  She also often calls them “kabbalists”.  It is here that the author somewhat overreaches.  Not everyone influenced by popularized Kabbalistic ideas is a “kabbalist”.  While Liebman makes the case that there was considerably more Judaic learning in the New World in this era than most historians have assumed, the only direct link to the elite intellectual tradition of kabbala is the three volumes of the Zohar in the possession of the eighteenth century itinerant rabbi Hayyim Carigal.

 

Despite this caveat, Liebman’s rereading and reframing of early American Jewish history is an important contribution to a reorientation of our understanding of the origins of American Judaism.

 

Ira Robinson

Academic Fellow, CIJR

Department of Religion, Concordia University

 

 

HAPPY TU B’AV! REMEMBER OUR HISTORY (ALEPPO CODEX), AVOID DIVISIONS, GRASP OUR FUTURE

 

Being a confident Zionist isn’t merely an expression of a political worldview or Jewish values. It’s an approach to life that can permeate and improve all aspects of our lives, especially our relationships: with our bosses, our family members—and especially our romantic partners.

 

In honor of Tu B’Av on August 3, sometimes called the Jewish Valentine’s Day, but actually the day celebrating the beginning of the grape harvest in Temple times, when the single girls of Jerusalem would dance in the vineyards at Shiloh dressed in white and meet their mates.…

(Orit Arfa: How Being A Confident Zionist Can Help You Find A Mate—see On Topic link)

 

TU B’AV. A GOLDEN OPPORTUNITY

Larry Domnitch

Israel National News, August 03, 2012 4:51 PM

 

Tu B’Av, the fifteenth day of the month of Av, is a day on the calendar which heralds good tidings.  The Talmudic sage Shimon Ben Gamliel states that “there were not such fortunate days for the Jewish people as much as Yom Kippur and the fifteenth of Av.” (Mishna, Taanit 4:8) Yom Kippur, the Day of Atonement is a day of hopeful anticipation that favorable judgment will be granted by the Almighty. Tu B’Av, which falls six days after the fast mourning the destruction of the Temples in Jerusalem, Tisha B’Av, signifies the theme of restoration.

 

One such event suggestive of this theme occurred during the Israelite Kingdom in Biblical times on Tu B’Av. During the reign of an ancient king of Israel, the people were offered the opportunity to reconnect with their spiritual base and the heart of the Jewish people—Jerusalem.

 

The political ambitions of Yeravam Ben Nevat who reigned over the kingdom of Israel 928-908 BCE, caused a destructive split of the ten-tribe Israelite kingdom from Judea. When Yeravam Ben Nevat participated in a failed revolt against King Solomon, he fled to Egypt and then returned upon hearing of the King’s death.

 

Solomon’s son, and heir to the throne, Rechavam, levied high taxes to support the nation’s many building projects. High taxation, whether in ancient or modern times, will most often leave a political leader with a popularity problem. The ambitious Yeravam seized upon the chance for power.

 

He approached the young king, and addressed the peoples’ grievances; “Your father made our yoke hard. Now lighten your father’s hard work and his heavy yoke which he placed upon us, and we shall serve you.” Rechavam sought out his father’s advisors, who advised that he respond in a conciliatory and respectful manner in order to win the people’s loyalty.  Rechavam unwisely disregarded their council and chose to listen to his own younger advisors who recommended that he respond with callousness and assert his authority.

 

 He harshly told the people, “I shall add to your yoke, my father flogged you with whips and I will flog you with scorpions.” As a result, the ten tribes of Northern Israel seceded from the House of David. The nation was now divided between Judea in the south and the Israelite kingdom of the ten tribes to the north.

 

As king of the newly separated kingdom of Israel, Yeravam’s true motives became clear. Well aware that the thrice annual pilgrimage to the capital city of Jerusalem located within the kingdom of Judea would sustain the people’s ties to the Judean capital of-Jerusalem, he prohibited those pilgrimages. He set up two altars; one in the city of Dan and the other in Beit El, resembling the golden calves fashioned by the Israelites at Mount Sinai. These altars would be used for idolatrous practices as those resembling the heathen practices of the Gentiles around them.

 

Along with establishing Temples in the Northern kingdom, he sought to sever the people’s ties to Jerusalem. Well aware of the people’s continued devotion to the Holy City, Yeravam closed off those roads leading to Jerusalem, and stationed guards to prevent passage.

 

For generations to come, the people of the Israelite Kingdom traveled to Dan and Beit El where they immersed themselves in the ways of the heathen. When the king of Israel Hoshea Ben Elah, (732-722 BCE) ascended the throne, he broke ranks with his predecessors and removed the guards posted on the roads, opening Jerusalem to pilgrims from the Northern kingdom. The day this was officially done was Tu B’Av.

 

That gesture had great significance. It could have sparked a national revival; a reconnection of the people to their eternal capital. It could have led to a reunion of the kingdoms of Israel and Judah.

 

However, it turned out to be a lost opportunity. The king offered the people the option to go to Jerusalem, but did not mandate its requirement. After generations of journeys to the Temples in the North, the people were immersed in their idolatrous ways and distanced from the spirituality of Jerusalem. The opportunity that had availed itself on that Tu B’Av did not come to fruition.

 

Hoshea would be the last king of Israel. His rule. which was subject to several invasions. would be dealt its final blow by the Assyrian, who would disperse the ten tribes, who were then lost to the Jewish people.

 

THE FUTURE OF YOUNG ISRAELIS
Manfred Gerstenfeld

Jerusalem Center for Public Affairs, Aug. 2, 2012

 

When Israelis say, “I worry about my grandchildren’s future,” this has a radically different dimension than similar concerns expressed in many other countries. Europeans’ current anxiety about the future derives mainly from darkening social and economic prospects. A number of Europeans are also apprehensive about climate change. For Israelis, physical survival is a prime matter, often over and above their many other concerns.

 

Israeli society faces mortal risks from parts of the Muslim world, where extreme anti-Semitic hate mongering is massive. Israel is threatened with a second Holocaust, for which the ideological basis is being laid today. The Islamic world has substantial components…which promote the genocide of Israel and Jews.…

 

Current Palestinian society is permeated with sympathy for the most criminal major Muslim movement, Al Qaeda. People who see a “peace agreement” as an interim stage toward the annihilation of Israel, are unreliable partners to make concessions to. In view of future unforeseeable radical changes in the Middle East, true peace is however not totally impossible in this century.…

 

Of the Israeli generations growing up, many will serve in the army and part of them will risk their lives. Once one’s life is at stake, everything else becomes secondary. The very different past experiences of Israel and other societies indicate that Israelis live in a reality and have worldviews which differ from those of other societies.

 

Having served in the army means that one cannot live a life as fully dominated by individualism as is possible in Europe. One can understand that for instance, from Prime Minister Netanyahu’s words which he said on 2012 National Memorial Day, “When you hear the siren tonight, we will turn into one family and the citizens of Israel will be united in our remembrance.”…

 

In Israel, due to the ups and downs of the economy and the political situation, few people outside government services assume that their employment is life-long. Percentage-wise, this has helped to cultivate many more people in Israel with well-developed flexible minds and attitudes to deal with unexpected situations.…

 

Many Israeli youngsters realize—contrary to many Westerners—that they owe much to society and that what Israeli society owes to them has its limits. At the same time, Israel’s unity is threatened in very different ways by major segments of two growing parts of the population: Israeli Arabs and the Ultra-Orthodox as well by much smaller but far more vociferous groups of extreme leftists.…

 

The threat of seeing one’s country destroyed is far from theoretical in Israel. In this type of reality, what should one advise Israeli youngsters who grow up in present-day society with vulnerabilities of a very different nature than European ones? Firstly, to continue informal learning during one’s whole active life. One should invest in one’s brain as much as possible. That will be the main portable source of one’s knowledge in crisis situations.

 

Israelis should learn as many skills as possible – preferably those which can also be used abroad. Furthermore, it is necessary to learn to speak proper English, which will remain the lingua franca of this century. Spending a few years abroad in one’s youth can be extremely useful for one’s future, wherever that may be. In an uncertain Israeli environment, the important skill of improvisation will be frequently required.…

 

Murphy’s Law is not necessarily valid. Not everything which can go wrong will go wrong. If Israel continues to flourish in the remarkable way it has done so far, the same skills will come in very handy in finding a place in Israeli society.

 

In Israel as elsewhere, there will be a small number of people who are extraordinarily talented. If they have reasonable emotional intelligence, their future in increasingly complex societies will offer them unprecedented opportunities. The overall complexity of future day-to-day life and technological advances will lead to the exclusion of many more people from the mainstream in advanced countries than is the case today.

 

To cope with this complexity, one will need knowledge of far more than basic numeracy and literacy. The extremely talented and flexible few have many more chances in opaque environments than in transparent ones. They will be able to find interesting openings in Western societies no matter what may happen. The same will be true in Israel as well.

 

(Manfred Gerstenfeld is a member of the Board of the Jerusalem Center for Public Affairs,
of which he has been Chairman for twelve years.
)

 

THE MYSTERIOUS FATE OF MAIMONIDES’ BIBLE

Matt Nesvisky

Jerusalem Report July 10/2012

 

Three cheers for Matti Friedman, a Jerusalem-based journalist who honed his reporting chops at the Associated Press, The Jerusalem Report and elsewhere, and who in his first book got his teeth into a terrific story and investigated and reported it as thoroughly as possible.…

 

This is all the more remarkable considering how hard the facts were to come by—and in view of how many sources were either circumspect, stingy, deceptive or otherwise unreliable when it came to revealing the truth. So let’s begin with what is known.

 

The so-called Aleppo Codex is nothing less than the oldest extant copy of the Jewish Bible. Created by rabbinical scholars in Tiberias around 930 C.E., the codex (which simply means a book, as opposed to a scroll) consisted of some 500 bound parchment leaves with three columns of handwritten Hebrew text on each side. The pages contained the Torah, the Writings and the Prophets, as well as important marginalia.…Some years after its creation, the codex was purchased by a wealthy Karaite and transferred from Tiberias to Jerusalem.

 

Shortly thereafter, in 1099, the Crusaders sacked Jerusalem. Subsequently, hundreds of sacred Jewish manuscripts, including the codex, were ransomed from the new masters of Jerusalem and conveyed to the prominent Jewish community of Fustat, just outside of Cairo. The most notable member of that community, none other than Maimonides, used the Tiberias text as the basis of his great legal code, the Mishna Torah.

 

Maimonides died in 1204, and during a period of turmoil in Cairo in the 14th century, his library was transferred to what was then considered one of the greatest centers of Jewish scholarship, Aleppo, Syria. (Maimonides had even dedicated his famous Guide to the Perplexed to his star pupil, Joseph ben Judah, a notable resident of Aleppo.) The Jews of Aleppo soon began referring to what we know as the Aleppo Codex as the “Crown” of its manuscript collection. It was locked away in an iron safe in a grotto of the community’s central synagogue and rarely brought to light.

 

There the Aleppo Codex remained until the riot in the city that followed the UN vote for partition of Palestine in November 1947. The synagogue and much of its contents were put to the torch. And this is where contemporary history becomes much murkier than ancient history. The venerable Aleppo Jewish community eventually fled from a now-hostile Syria and scattered—to the new Jewish state, to Latin America, to New York City, and elsewhere.

 

Somewhere along the line some Aleppo rabbis took it upon themselves to see that the revered codex, which had been zealously maintained in the central synagogue for centuries, should be spirited out of the country. The codex was duly smuggled to Turkey by a Jewish merchant, transferred to a Jewish Agency agent there, and eventually delivered to Jerusalem’s Ben-Zvi Institute, a scholarly academy headed by Yitzhak Ben-Zvi, who would become Israel’s second president.

 

Lengthy litigation before a Jerusalem rabbinical court then ensued over who should have custodianship of the codex—the State of Israel or the Aleppo Jews now in Israel. After four years an out-of-court compromise was worked out on that issue—but a much more contentious issue remained—the startling fact that fully 40 percent, or some 200 pages, of the priceless Aleppo Bible, including virtually all of the Five Books of Moses, were missing.

 

It is this mystery that forms the focus of Matti Friedman’s four-year investigation.…Friedman does an exemplary job of hacking his way through the various thickets that surround the Aleppo Codex.… He doggedly pursues and interviews just about everybody still alive who is connected in some manner to the codex, and he makes his own discoveries and astute observations in dusty libraries and record offices. As a good journalist, he is cautious about drawing conclusions or expressing opinions, but when he does, he makes sure he is on a firm foundation.

 

Which is not to say Friedman is a mere gatherer of facts for a good story. Consider the feeling revealed in his concluding paragraphs: “The Hebrew Bible, of which our codex was the most perfect copy, the one used by Maimonides himself, was meant to serve humans as a moral compass. Its story is a tragedy of human weakness. The book was the result of generations of scholarship in Tiberias, of the attempt to arrive at a perfect edition of the divine word. It was a singular accomplishment and a testimony to the faith of the men who created it. It was desecrated…

 

“We might file this tale between Cain and Abel and the golden calf, parables about the many ways we fail: A volume that survived one thousand years of turbulent history was betrayed in our times by the people charged with guarding it. It fell victim to the instincts it was created to temper and was devoured by the creatures it was meant to save.”