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L’ÉCHEC DE L’OCCIDENT DANS LA CONFRONTATION AVEC LES « FOUS D’ALLAH » : LE DÉCLIN DES USA

 

 

 

L’ÉCHEC DE L’OCCIDENT DANS

LA CONFRONTATION AVEC LES « FOUS D’ALLAH »
Freddy Eytan
le CAPE de Jérusalem,13 septembre 2012

 

Depuis les attentats spectaculaires du 11 septembre 2001 contre l’Amérique, le combat inlassable contre le terrorisme n’a pas cessé un seul jour, mais il a fallu plus de dix ans à la CIA pour réussir à tuer le chef commanditaire, le tristement célèbre Oussama Ben Laden.

En dépit du combat tous azimuts contre l’Axe du Mal, les islamistes de tous bords, chiites et sunnites, continuent sans crainte à dicter leur loi fanatique et à propager le culte de la mort. Ces groupes extrémistes tels qu’al Qaïda rêvent d’instaurer un sinistre objectif, à savoir un califat de l’Indonésie au Nigéria dont le centre serait al Qouds…

 

Ces « fous d’Allah » se permettent de  ravager, d’incendier et tuer tous les objectifs infidèles. Ces barbares ont franchi toutes les lignes rouges, couleur sang! Désormais, les ambassades, lieux sanctuaires des diplomates ne sont plus protégés, les lois internationales sont bafouées; les drapeaux des pays occidentaux dont celui de l’étoile de David sont piétinés et brûlés avec une haine féroce et devant des foules en délire.

 

 Après une longue décennie de confrontation nous constatons que les résultats sont néfastes. L’Occident a échoué dans sa politique et cet échec est cuisant sur tous les plans et dans tous les domaines. La peur d’affronter directement les « fous d’Allah » dépasse l’entendement. Des reportages éloquents diffusés ces jours-ci à la télévision israélienne prouvent que la crainte est criante. La perplexité sera toujours à double tranchant. Culpabilisée par la colonisation en Europe ou complexé par le racisme noir en Amérique, les deux continents hésitent à agir sans merci  pour des raisons également  mercantiles, par manque de leadership et surtout d’audace.

 

Le « Printemps arabe » transformé en révolte islamiste à la chaîne et les massacres quotidiens en Syrie, ont délaissé l’administration Obama perplexe, voire indifférente. Par manque de vision, par sous estimation du monde islamique et par l’absence de renseignements fiables, les Occidentaux et en particulier les  Américains ont laissé des fidèles  alliés et toute influence dans les Etats devenus islamistes. Plus grave encore, ils risquent ainsi de légitimer indirectement les « représailles »  des « fous d’Allah » contre la moindre  tentative d’éclairer les esprits et d’apporter des aspects et des versions différentes de l’Islam. Hier le déchainement était contre Salman Rushdie pour la publication de son roman « les versets sataniques », puis contre des caricatures du prophète Mahomet publiées dans la presse et notamment à la une de Charlie Hebdo, et récemment contre la diffusion d’un film insultant sur la vie du prophète.  

 

Certes, nous condamnons vigoureusement la provocation et nous devrions respecter toutes les religions, mais il est inadmissible que des extrémistes nous dictent leur loi en imposant un agenda  obscur et en nous empoisonnant la vie quotidiennement! Les barbares devraient savoir qu’en Occident et dans toutes les démocraties, les règles sont différentes et les hors la loi sont jetés en prison. La liberté d’expression est chez nous sacrée contrairement à ceux qui la qualifient de sacrilège!

 

En pleine campagne électorale, et au risque de perdre des voix, le président Obama a réagi timidement et sans vigueur après l’attaque contre le consulat américain à Benghazi. Il ne s’agit pas simplement de condamner, de renforcer les effectifs  et de promettre que justice sera faite. Les terroristes islamistes comprennent un autre langage. Rappelons qu’en juin 1982, Menahem Begin avait lancé son opération militaire contre l’OLP au Liban au lendemain de l’attentat contre notre ambassadeur à Londres Shlomo Argov. Et que le président Ronald Reagan n’a pas hésité en avril 1986 d’expédier 45 avions de chasse et larguer plus des bombes sur des casernes, camps militaires et aérodromes en Libye en apprenant que Kadhafi était responsable de l’attentat d’une discothèque fréquentée par des militaires américains à Berlin-Ouest. Ce fut une autre période où les terroristes tremblaient et n’osaient sortir de leurs trous. On respectait la force des Américains et la dissuasion l’emportait tout naturellement.

 

Aujourd’hui nous vivons dans un monde où les voyous dictent leur lois et les shérifs tremblent avant de tirer sur la gâchette. Comment ne pas traiter de casus belli l’assassinat de l’ambassadeur et trois autres diplomates américains, ainsi que la mise à sac et à feu du consulat à Benghazi? La défaillance des services américains n’est-elle pas flagrante? Les autorités libyennes ne sont-elles pas responsables du fiasco sécuritaire dans un pays toujours plongé dans le chaos total?  Décidément, l’Amérique  est méconnaissable et s’est bien affaiblie durant ces dernières  décennies, en fait, depuis l’époque de l’administration Carter, lors de la prise d’otages des diplomates à l’ambassade des Etats-Unis à Téhéran par les ayatollahs et en connivence avec l’OLP d’Arafat. Le prestige et l’influence des pionniers du Far-West se trouvent hélas en déclin.

 

Pour l’Etat juif qui demeure le plus fidèle des alliés cela est grave et très inquiétant. Devant la menace la plus dangereuse du siècle, celle de la bombe atomique des ayatollahs, nous devons rapidement en tirer des leçons.

 

USA/ DÉCLIN ET DESTIN
Michel Gurfinkiel
Valeurs Actuelles, 30 août 2012

 

L’Amérique a beau être la plus jeune des grandes puissances – trois cent quatre-vingt douze ans en prenant la traversée de la Mayflower, en 1620, comme point de départ, deux cent trente-six ans en ne retenant que la Déclaration d’Indépendance, en 1776 -, elle est hantée par l’idée du déclin. Sans doute en raison d’un abus de lectures bibliques. L’Ancien Testament, en effet, ne cesse de mettre en garde les heureux de ce monde : s’ils trahissent l’Alliance, leur chute sera à la mesure de leur ascension.
 
Jusqu’à présent, l’Amérique a toujours surmonté ses épreuves. Et déjoué ses rivaux. La Russie lui avait infligé en 1957 le « choc du spoutnik »  mais en 1969, douze ans plus tard, c’est la mission Apollo qui se pose sur la Lune. Après le Vietnam, la stagflation, les années Carter : l’ère Reagan. La guerre froide ? Au bout de quatre décennies, elle la gagne. Le défi asiatique (« confucéen ») des années 1980 : effacé par la contre-attaque de la Silicon Valley dans les années 1990. Les attentats hyperterroristes du 11 septembre 2001 : vengés par des guerres éclair en Afghanistan et en Irak. Les enlisements dans ces deux pays, au milieu des années 2000 : corrigés par la stratégie du « Surge » et le recours aux drones.
 
Mais depuis 2008, le doute s’installe. Pour faire face à une crise financière subite, les Américains élisent pour la première fois un président noir, le démocrate Barack Obama. Il est jeune, élégant, éloquent : on veut voir en lui la synthèse de Franklin Roosevelt, John Kennedy et Martin Luther King. Las, il échoue. L’économie ne repart part, l’emploi s’effondre, la dette publique triple. Ses réformes sociales ne convainquent pas. Sa politique étrangère est minée par d’étranges contradictions : activisme militaire et passivité diplomatique ou géopolitique, maintien des priorités de l’ère Bush et main tendue aux ennemis, notamment dans le monde islamique. L’un dans l’autre, quatre « années perdues ».
 
Comment interpréter cette situation ? Effet mécanique des idées fausses ou approximatives que professe l’administration actuelle ? C’est ce qu’affirment officiellement les républicains. Ainsi que leur candidat, Mitt Romney, qui joue la carte des idées « vraies » et « claires » en choisissant pour colistier le congressman (député fédéral) Paul Ryan, théoricien et même « théologien » du conservatisme économique et stratégique.
 
De nombreux auteurs étayent cette analyse. Les plus radicaux : Aaron Klein et Brenda Elliot. Leurs ouvrages – The Manchurian President, Red Army (« Le président-robot », « L’Armée rouge américaine ») – figurent en permanence sur la liste des best-sellers du New York Times. Selon eux, Obama a été mis en orbite par des réseaux crypto-communistes infiltrés au sein du parti démocrate. Il aurait tenté de mettre en place une politique quasi-marxiste dès 2009. L’échec de son parti aux élections de mi-novembre, en 2010, l’aurait contraint à une politique plus modérée, en vue d’une réélection  en 2012 qui lui permettrait de reprendre son programme initial. C’est le scénario exposé dans Fool Me Twice (« Moque toi une seconde fois de moi »), le tout dernier livre du tandem, qui vient de paraître.
 
Hugh Hewitt, dans The Brief against Obama (« Le Dossier contre Obama »), met en cause la médiocrité personnelle du président actuel, personnage « sous-dimensionné » par rapport aux exigences du moment : « Obama disait en 2008 : Yes we can ! (Oui nous le pouvons). C’est triste à dire, mais non, il ne pouvait pas. »  Le réquisitoire est précis, minutieux, implacable. Et plein d’humour.
 
Quant à James Mann, passé du Los Angeles Times à l’Ecole des Relations internationales de l’université Johns Hopkins, il s’en tient dans The Obamians (« Les Obamiens ») à une analyse plus classique. D’après lui, les contradictions et les échecs de l’administration Obama tiennent à son caractère composite. Il y aurait, d’une part, les proches d’Obama, issus de l’extrême-gauche démocrate, et d’autre part les caciques du parti, de sensibilité centriste, ralliés à lui par opportunisme. Après avoir suivi les premiers, avec des résultats négatifs, Obama aurait finu par se rapprocher des derniers – et de leur tête de file Hillary Clinton – depuis 2010.
 
Mais certains républicains pensent qu’Obama et son administration ont tellement aggravé la crise américaine qu’un simple retour à l’orthodoxie conservatrice en 2013 ne suffirait pas. Et un autre secteur de l’opinion américaine, républicains et démocrates confondus, ose poser la question d’un déclin structurel – indépendamment de ce qu’Obama fait ou ne fait pas.
 
Cette question est double : le succès d’une nation tient-il à des facteurs objectifs et quantifiables (la situation géographique, la masse critique humaine, la technologie) ou à des facteurs subjectifs et inquantifiables (la culture, les valeurs, l’identité) ?
 
Et d’autre part, si l’on souscrit au second point plutôt qu’au premier, l’Amérique des années 2010 est-elle encore l’Amérique ? Ou bien, dans une proportion croissante, un autre peuple ?
 
Au pays du Premier Amendement, cet addendum à la constitution qui prescrit une liberté totale d’opinion et d’expression, de telles questions sont aujourd’hui quasiment taboues. Victor Davis Hanson, professeur de lettres classiques et historien militaire, est l’un des rares intellectuels conservateurs ayant à la fois le courage et le talent de les poser. Dans Mexifornia, paru en 2003, il s’interrogeait par exemple sur la reconquête démographique de l’Ouest américain par le Mexique.
 
Le fait est que si Obama a été élu par une nette majorité d’Américains en 2008. Mais aussi que sa majorité était plus nette dans certaines communautés que d’autres. Il obtenait 95 % des suffrages au sein de la communauté noire (ce qui se comprend de soi-même). Mais il l’emportait également chez les Hispaniques (66 %), les Asiatiques (63 %), les Amérindiens (58 %). Les communautés hindoue et sikhe avaient voté démocrate à plus de 60 %. Chez les Américains originaires du Moyen-Orient islamique, il l’avait emporté à 60 %. On a pu parler d’un vote « non-blanc » massif en sa faveur. Chez les Blancs, il n’y a guère eu que les juifs non-orthodoxes pour le soutenir de la même façon.
 
Ces pesanteurs décideront peut-être également du scrutin présidentiel de 2012. De même qu’elles pèsent de plus en plus lourd dans les scrutins européens, notamment en France. Derrière la crise tout court, la crise d’identité.

 

COMBIEN DE JUIFS AMÉRICAINS SONT-ILS PRÊTS

À "POUSSER ISRAËL SOUS LES ROUES DE L’AUTOBUS" ?
Guy Millière
dreuz.info, 9 septembre 2012

 

Deux mois de campagne vont encore s’écouler avant le 6 novembre, date à laquelle on saura si Barack Obama sera réélu, ou si Mitt Romney le remplacera. Pour l’heure, après les conventions Républicaine et Démocrate, les sondages indiquent une élection très serrée. La décision finale se jouera dans une poignée d’Etats, parmi lesquels l’Ohio, la Virginie, le Colorado et la Floride.
 
Il peut paraître surprenant que le scrutin s’annonce si étroit entre les deux candidats, si l’on regarde les données économiques et sociales. Celles-ci consacrent en effet l’échec écrasant de la présidence Obama.
 
On peut être surpris, en outre, par le décalage entre certains chiffres, qui indiquent d’un côté un net pessimisme de la population américaine et la certitude majoritaire au sein de celle-ci, que le pays va dans la mauvaise direction (pourquoi persister si la direction est mauvaise ?), et qui indiquent, en parallèle, une bonne cote de popularité personnelle de Barack Obama. Comme si l’homme était perçu comme sympathique tandis que sa politique est rejetée.
 
Les explications que l’on peut donner à cette dichotomie tiennent au fait que nombre de gens ne s’informent pas, ou très peu, et votent en fonction de la tête du candidat et de ce qu’il semble être : Obama s’est placé en position de symbole d’une Amérique post-raciale, ce qui constitue un atout immense parlant en sa faveur.
 
De plus, les grands media américains sont très largement aux mains de la gauche, et, comme en 2008, ne jouent plus leur rôle d’informateurs et se transforment en propagandistes au service de la campagne du président-candidat.
 
Enfin, l’une des explications découle de ce que Barack Obama s’est constitué des clientèles électorales.
 
D’une part, on trouve les Américains qui vivent de l’assistance sociale et qui sont incités à voter pour qui reconduit une telle aide. Il faut dire que le nombre de pauvres a littéralement explosé sous Obama, tout comme le nombre de personnes placées en invalidité permanente sous des prétextes spécieux. Le nombre de bénéficiaires de bons d’alimentation (food stamps) a augmenté de plus de trente pour cent, passant de trente-deux millions de personnes à plus de quarante-sept millions aujourd’hui.
 
D’autre part, il y a les minorités. Obama recevra massivement les bulletins des Afro-Américains, appartenant lui-même à cette communauté. Il récoltera aussi les votes de plus de soixante pour cent des Hispaniques, se présentant comme celui qui régularisera la situation des immigrants clandestins.
 
Barack Obama recevra aussi, sans doute, une majorité nette du vote de la communauté juive américaine. Là, l’explication est bien plus difficile à apporter.
 
J’ai consacré des articles dans ces colonnes à ce sujet. Norman Podhoretz, dans son livre « Why Jews Are Liberal? »(Pourquoi les Juifs sont-ils libéraux ?) (éditions Doubleday, 352p., 2009, 27$), explique que nombre d’Israélites américains ont changé d’allégeance et sont désormais bien moins juifs que membres d’une gauche qui se veut « progressiste », et qui accorde plus d’importance à l’avortement tardif et au mariage gay qu’à l’avenir d’Israël. Il n’en reste pas moins qu’il existe là une anomalie consternante ; cette année, davantage que lors des présidentielles précédentes.
 
De fait, Barack Obama représente sans aucun doute le président des Etats-Unis le plus anti-israélien depuis 1948. Nul besoin d’énoncer à nouveau les raisons illustrant ce propos. Je les ai déjà évoquées à plusieurs reprises, en détail, notamment dans mon dernier livre, « Le désastre Obama » (éditions Tatamis, 200p., 2012, 15€).
 
De fait, aussi, le parti Démocrate, dans son ensemble, se trouve entraîné dans une dérive gauchiste par le président américain, et s’avère désormais nettement anti-israélien.
 
Si des preuves supplémentaires devaient être apportées à cette mutation, elles l’ont été lors de la convention Démocrate de Charlotte.
 
Premier élément. La plate-forme du parti Démocrate ne mentionne plus, à la différence de ce qui était en vigueur en 2008, les dangers terroristes auxquels Israël est confronté – ce qui est logique, puisque, lors des réunions du Global Counter-terrorism Forum (Forum Mondial Anti-terroriste), cénacle créé par l’administration Obama pour lutter contre le terrorisme à l’échelle planétaire, Israël a été exclu des débats et jamais cité.
 
Le programme ne mentionne plus non plus le fait que le retour des « réfugiés palestiniens » se ferait dans un futur Etat palestinien, position qui était déjà très minimaliste, et laisse ouverte la possibilité d’un droit au retour comprenant le territoire israélien, qui est celui demandé par l’Autorité Palestinienne.
 
Elle n’avançait plus que Jérusalem devait être reconnue comme la capitale d’Israël, jusqu’à ce qu’advienne une improvisation très significative. Discernant que l’omission du nom de Jérusalem, ainsi que celle de Dieu, au sein de la plate-forme, faisait scandale. Aussi, mercredi après-midi, Antonio Villaraigosa, co-président du Democratic National Committee (Comité Démocratique National), a fait voter par acclamations la réintroduction du mot « Jérusalem » dans le texte. Le moins qu’on puisse dire est que ces acclamations ont été houleuses et ont montré une forte hostilité à l’encontre d’Israël dans la salle.
 
Deuxième élément. Debbie Wasserman Schultz, co-présidente du Democratic National Committee, a déclaré, lors d’une interview, que les positions des Républicains concernant Israël, favorables à une reconnaissance de Jérusalem comme capitale, et soutenant le gouvernement israélien dans la crise présente face à l’Iran, étaient désavouées par le gouvernement hébreu.
 
L’ambassadeur d’Israël aux Etats Unis, Michael Oren, a aussitôt démenti. Debbie Wasserman Schultz a alors rétorqué que le journaliste l’avait citée faussement ; à la suite de quoi, ledit journaliste a aussitôt diffusé l’enregistrement de l’interview. Qu’une responsable importante du parti Démocrate se comporte ainsi vis-à-vis d’Israël et procède à un double mensonge est assurément inquiétant.